CATHEDRALE DE NANTES (Loire-Atlantique), CATHEDRALE SAINT-PIERRE-ET SAINT-PAUL, CATHEDRALES, EGLISE - CHAPELLE, EGLISE CATHOLIQUE, MONUMENTS HISTORIQUES, NANTES (Loire-Atlantique)

Cathédrale Saint-Pierre-et-Saint-Paul de Nantes

cathédrale Saint-Pierre-et-Saint-Paul de Nantes

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La cathédrale Saint-Pierre-et-Saint-Paul (appelée aussi localement « cathédrale Saint-Pierre ») est une cathédrale catholique située place Saint-Pierre, à Nantes (Loire-Atlantique). C’est la cathédrale du diocèse de Nantes, siège de l’évêque de Nantes. Sa construction s’est étalée sur 457 ans, de 1434 à 1891, mais ces délais n’altèrent en rien la qualité ni la cohérence de son style gothique. Elle est classée monument historique depuis 1862.

Actuellement, le siège épiscopal est vacant. Dans l’attente de la nomination d’un nouvel évêque par le Saint-Siège, le diocèse est régi par un ecclésiastique qui porte le titre d’administrateur apostolique.

La cathédrale est touchée par les bombardements de Nantes, une bombe en 1944 atteint la sacristie de la cathédrale et endommage considérablement l’abside et trois chapelles. Durant les travaux de restauration, un incendie se déclare le 28 janvier 1972, et détruit la plus grande partie de la toiture. La restauration de l’édifice dure jusqu’en 1985. Un nouvel incendie détruit l’orgue, la verrière du XVe siècle de la façade Ouest et divers éléments du mobilier, le 18 juillet 2020.

 

Histoire

Les édifices antérieurs

Le site aurait été initialement occupé par un temple druidique dédié à Janus ou « Bouljanus ».

Par la suite, trois édifices religieux chrétiens ont précédé l’actuelle cathédrale sur les mêmes lieux :

une basilique bâtie au ive siècle ;

une première cathédrale, bâtie au vie siècle ;

une deuxième cathédrale romane, bâtie au xie siècle.

L’édifice actuel est bâti à l’emplacement de cette dernière, en l’absorbant peu à peu.

Saint-Clair et la première église

Une tradition légendaire fait remonter au iiie siècle l’arrivée de saint Clair, premier évêque de la ville, venu de Rome en possession d’un clou qu’il affirme provenir de la croix qui supporta le martyre de saint Pierre. Il aurait fait édifier une chapelle pour abriter la relique qu’il dédie à saint Pierre et saint Paul. Historiquement, on trouve effectivement trace d’un oratoire à l’ouest de la ville, sur les coteaux de Saint-Similien

Mais c’est au ive siècle qu’une première véritable église est implantée, cette fois à l’est, là où les futurs bâtiments de la cathédrale se succèderont. Cet édifice est implanté près de l’enceinte gallo-romaine, et ce choix va en conditionner le développement ultérieur : le chevet de l’église étant très proche des remparts, l’extension de la future cathédrale a été par la suite en butte à ce problème. Sous cette basilique sont creusées trois petites cryptes. Elle durera jusqu’au vie siècle, où le besoin d’accueillir des fidèles plus nombreux poussera à l’établissement d’une première véritable cathédrale.

 

La première cathédrale

Église Saint-Jean-du-Baptistère

La cathédrale diffère de l’église paroissiale nommée « Saint-Jean-du-Baptistère » édifiée au ive ou ve siècle sur son côté nord, et dont les vestiges furent mis au jour lors des fouilles menées par le chanoine Durville, entre 1910 et 1913. Cette église, qui était aussi le siège du doyenné de la « chrétienté », c’est-à-dire de la partie du diocèse qui s’étendait entre la Loire, le diocèse d’Angers et le cours de l’Erdre, se composait d’une nef coupée par un transept débordant, sans abside, mais était de dimension suffisante pour recevoir durant le xe siècle « tout le peuple chrétien de la cité ».

Comme son nom l’indique, l’édifice renfermait un baptistère et, de fait, deux piscines baptismales ont été retrouvées dans la nef. L’une de ces piscines, datant du ive siècle, formait un bassin octogonal de côtés inégaux de 0,60 à 0,71 mètre de longueur, pour un diamètre de 1,56 mètre et une profondeur d’environ 1 mètre. L’autre, du vie siècle, consistait en un bloc circulaire de maçonnerie d’un diamètre de 3,65 m pour 0,70 m de profondeur, dans lequel s’enfonçait une excavation octogonale, en briques, qui constituait, à proprement parler, la cuve baptismale.

Le chevet de l’église fut détruit, vers la fin du ixe siècle, tandis que la nef disparut avant la fin du xve siècle, entre 1469 et 1486, pour faire place au collatéral nord de la cathédrale.

La cathédrale

La construction de la première cathédrale débute au vie siècle, à l’initiative de l’évêque Evhemerius, Evhémérus ou Eumélius II (527-549). Elle est consacrée en 567 ou 568 ou même le 30 septembre 580 par son successeur, Félix Ier (550-582).

Cet édifice avait trois nefs, avec trois portiques correspondant en façade, et était surmonté d’une tour carrée surmontée d’une lanterne en forme de dôme. La cathédrale fait alors l’admiration de Venance Fortunat, évêque de Poitiers, qui la décrit en ces termes :

D’une hauteur élevée s’étend une triple nef
dédiée à Dieu, sous le vocable des Apôtres.
Autant parmi les saints leur gloire prédomine,
Autant dépasse les autres le faîte de cette église.
En son milieu se dresse en hauteur une tour élancée.
L’ouvrage d’abord carré s’élève en forme de rotonde.
On dirait une forteresse, soutenue par des arcs,
qui monte à une hauteur stupéfiante.
Elle domine l’édifice, comme le sommet d’une montagne.
Des figures de pourpre y représentent des êtres vivants :
Peintures qui semblent vivre par un effet de l’art
Quand le soleil mouvant vient les colorer à travers la toiture d’étain…

Fortunat évoque par ailleurs la lumière des toits « couverts de métal » ; les lambris intérieurs et le toit étaient couverts d’étain, issu probablement des mines proches de Piriac-sur-Mer et Pénestin

Outre les descriptions dithyrambiques d’observateurs (Fortunat, Albert le Grand), diverses fouilles aux xixe siècle et xxe siècle attestent également de la richesse et de la magnificence de l’église d’Evhémérus et de Félix, ce qui en fit sans doute une cible de choix pour les Normands au cours des ixe et xe siècles.

Ainsi le 24 juin 843, lors d’une invasion normande, l’évêque Gohard y est massacré avec ses paroissiens. L’évêque Fulquerius ou Foucher procède à une restauration et à un renforcement entre 897 et 906, mais en 919 l’église est à nouveau pillée lors d’un nouveau raid, et cette fois considérablement incendiée. Il faut attendre la fin du xe siècle pour que l’édifice soit reconstruit, à l’initiative du duc Guérec. De cette époque daterait le noyau de la crypte médiévale. Un ambitieux projet de reconstruction, probablement dû à l’évêque Benoît de Cornouaille entre 1079 et 1111, est abandonné après la construction de départs d’un bras sud du transept.

La cathédrale romane

Pour rebâtir la cathédrale, le choix est fait de ne pas détruire la crypte de Guérec. Celle-ci n’étant pas souterraine il faut alors surélever le sol pour établir le chœur. La nef, probablement dotée de collatéraux, aurait été couverte de trois coupoles faites de blocages, à l’image de la cathédrale du Puy. L’hypothèse généralement retenue établit la période de construction après 1130. Il n’y a pas de certitudes concernant l’aspect extérieur et les détails de cette cathédrale. À la fin du xiie siècle le chœur est modifié, étape la plus achevée de l’église romane. En 1415, un incendie entraîne la démolition d’une tour carrée, au xvie siècle puis au xviie siècle les ébauches du bras sud du transept sont supprimées, en 1733 le chœur roman est aplani, l’ensemble est détruit en 1876. De cette époque, il ne subsiste au xxie siècle que la crypte située sous le chœur, et quelques chapiteaux conservés au musée Dobrée. L’un des chapiteaux conservés au musée Dobrée présente un personnage barbu à deux paire d’yeux, vêtu d’un pagne. Il est entouré d’un sphynx à tête humaine et d’un dragon dont la queue se termine par une tête crachant du feu.

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Personnage barbu

 

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sphynx

 

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dragon

 

La cathédrale actuelle

Première phase de construction

La construction de l’édifice actuel est initialement conduite par Guillaume de Dammartin, dont les liens avec Guy de Dammartin ou Jean de Dammartin (architecte de la cathédrale de Tours) ne sont que suppositions, puis par Mathurin Rodier, sous l’impulsion du duc de Bretagne Jean V et de l’évêque Jean de Malestroit, qui posent la première pierre le 14 avril 1434.

Le milieu du xve siècle est en effet une période propice au lancement de tels projets, la Bretagne ayant retrouvé une prospérité commerciale suffisante grâce à une politique diplomatique opportuniste et habile qui lui permet de rester relativement à l’écart des déchirements européens de l’époque, notamment entre les royaumes de France et d’Angleterre.

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Blason du chapitre de la cathédrale de Nantes.

De plus, l’établissement d’une aussi imposante cathédrale, et l’implication qu’y met le pouvoir ducal, participent à la légitimation de ce pouvoir dans un contexte difficile à la suite des guerres de succession du duché de Bretagne. Nantes n’est pas la seule ville à bénéficier de cette volonté politique de Jean V : citons, par exemple, le chantier similaire de la façade de la cathédrale de Quimper, initié dix ans plus tôt en 1424.

Le portail central qui orne la façade est achevé en 1481, pour les grand-messes. Henri IV la franchira en 1598, lors de son passage à Nantes pour y signer l’Édit de Tolérance.

Si la façade est achevée dès la fin du xve siècle, les tours ne le sont qu’en 1508 ; la nef et les collatéraux le sont également au début du xvie siècle, mais la voûte gothique de la nef, le bras sud du transept et les arcs-boutants sont terminés au xviie siècle. Un projet d’achèvement du xviie siècle (dont il reste une maquette) envisageait d’ajouter un transept ainsi qu’un chevet court, adossé aux remparts.

Révolution et Empire

Sous la Révolution, la cathédrale est utilisée comme poste d’observation militaire lors du siège de Nantes en 1793. Une tour de bois de 10 mètres de hauteur est construite sur la tour sud, et la surveillance est assurée au moyen d’un télescope. Les décisions militaires sont prises en fonction des renseignements ainsi obtenus.

Dans cette période, elle est transformée en arsenal et en écurie, puis un arrêté départemental de 1794 la consacre officiellement à la célébration des fêtes publiques (ce à quoi doit également servir le grand-orgue)

La cathédrale est menacée de destruction en 1796, et il est envisagé de prolonger la « rue du Département » (devenue rue du Roi-Albert) en droite ligne jusqu’à la « rue Brutus » (rue Prémion) face au château. L’intervention, en tant qu’expert, de Mathurin-Julien Grolleau, évite la destruction de l’édifice. Il rédige un rapport où il stipule que la cession de l’église ne peut se faire qu’à la condition que le bâtiment ne subisse aucune modification de structure extérieure, et rappelle l’importance d’un observatoire aussi élevé à Nantes, qu’il aurait été coûteux de construire si la cathédrale était détruite.

Le 25 mai 1800, l’explosion d’une poudrière dans la tour des Espagnols du château des ducs de Bretagne entraîne d’importants dommages sur l’aile sud de la cathédrale.

Par la suite, l’observatoire est maintenu, pour les études astronomiques, et pour les besoins de l’école d’hydrographie, qui forme les officiers de marine aux nouvelles techniques de navigation. La tour en bois présente rapidement des signes de vétusté13, et, la cathédrale ayant retrouvé sa vocation religieuse, n’est pas située à un endroit adapté à un usage civil intensif. L’observatoire est déplacé en 1823 dans la tour de la « maison Graslin », rue Molière.

Achèvement

La démolition des murailles à l’est de la ville permit l’achèvement de la cathédrale au xixe siècle: le bras nord du transept et le chevet sont entrepris en 1840, le vieux chœur roman est abattu à partir de 1876 et l’ancienne tour de la croisée du transept en 1886. Après 457 années de travaux, la cathédrale est enfin inaugurée le 25 décembre 1891 par Mgr Le Coq.

Les lustres de la nef sont réalisés vers 1870 par François Evellin, et classés en 1994 au titre objet des Monuments historiques.

Restaurations et incendies

Bombardements de 1944 et incendie de 1972

Les violents bombardements du 15 juin 1944 conduisent également à des travaux de restauration de l’édifice qui sont presque achevés lorsque, le 28 janvier 1972, se déclenche dans les combles un gigantesque incendie (dû à la mauvaise manipulation d’un chalumeau par Clair Brevet, ouvrier couvreur soudant un chéneau) qui embrase la toiture. Les pompiers parviennent à maîtriser le sinistre, mais la charpente est largement détruite, et de nombreux autres dommages sont à déplorer. Les suites judiciaires qui seront données à cette affaire après huit ans de procédure concluront à la responsabilité de l’État (et non celle de l’entreprise nantaise Rineau Frères) qui sera finalement condamné à payer les dégâts. Les juges reprocheront en effet à l’État de ne pas avoir fait nettoyer la poussière (matière très inflammable) qui s’y était accumulée depuis des décennies avant d’y envoyer des ouvriers. Après cet incendie, les cathédrales Saint-Maurice d’Angers et Saint-Julien du Mans avaient été dépoussiérées.

Restaurations

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La façade restaurée de la cathédrale.

À la suite du sinistre accidentel de 1972, d’importants travaux de restauration sont entrepris. La charpente en bois d’origine est remplacée par une structure en béton (seuls les liteaux retenant les ardoises sont en bois). La technique et les matériaux utilisés pour la reconstruction de la charpente ont permis la réouverture du chœur de l’édifice dès 1975, lors d’un office solennel, mais il a fallu encore attendre dix ans pour la reconstruction d’un chœur provisoire et 2013 pour son achèvement définitif. Son aspect actuel est dû à une rénovation complète due aux architectes Jean-Marie Duthilleul et Bruno Ferré. Mgr Jean-Paul James, inaugure le nouveau chœur le 12 mai 2013.

On profite également des travaux pour reconstituer le décor de la façade ouest, telle que celle-ci se présentait à l’origine au xve siècle (cette opération prend fin en septembre 2008).

Il est envisagé d’effectuer après cette phase des travaux similaires, notamment sur la façade est de la tour sud, puis sur le portail du transept nord (côté Porte Saint-Pierre), et enfin sur le chevet.

Incendie de 2020

Un nouvel incendie se déclenche le 18 juillet 2020 vers 7 h 45, dont les flammes sont visibles à travers les vitraux principaux de la façade. Grâce à l’intervention de 104 pompiers, le feu est circonscrit vers 10 h du matin. Trois départs de feu ont été repérés, un au niveau de l’orgue et un de chaque côté de la nef. La piste d’un incendie criminel est évoquée par Pierre Sennès, procureur de la République de Nantes, qui confie une enquête en ce sens à la police judiciaire. Un premier bilan de l’incendie fait état de la destruction totale du grand orgue de tribune, datant du xviie siècle, d’un affaiblissement dangereux de la tribune qui le supporte et de la destruction probable des ultimes vitraux datant de la fin du xve siècle, contemporains d’Anne de Bretagne. Le tableau Saint Clair guérissant les aveugles d’Hippolyte Flandrin aurait aussi été réduit en cendres.

Une enquête pour incendie volontaire a été ouverte.

L’édifice

Architecture

La cathédrale présente les dimensions suivantes :

hauteur de l’édifice : 63 mètres (Notre-Dame de Paris : 69 mètres) ;

longueur intérieure : 103 mètres (Notre-Dame de Paris : 130 mètres) ;

hauteur de la nef sous voûtes : 37,5 mètres (Notre-Dame de Paris : 33 mètres).

La façade de la cathédrale de Nantes est encadrée de deux tours assez massives, au sommet en terrasse. Elle présente quelques particularités remarquables, comme la présence d’une chaire extérieure prévue pour prêcher aux foules assemblées sur la place, ou encore l’organisation en cinq portails aux voussures richement décorées, trois centraux et deux latéraux. Les portails sont respectivement dédiés, du nord au sud, aux Enfants nantais (les martyrs Donatien et Rogatien), à saint Pierre, au Jugement Dernier, à saint Paul et enfin à saint Yves ; les sculptures des voussures ont une fonction historiographique, en fonction du personnage auquel le portail est dédié.

Éléments remarquables

On peut y admirer le tombeau et les gisants du duc François II de Bretagne et de son épouse Marguerite de Foix (parents d’Anne de Bretagne) exécutés au début du xvie siècle par Michel Colombe et Jean Perréal. Considéré comme un chef-d’œuvre de la sculpture française, il établit un lien entre les époques (du Moyen Âge vers la Renaissance) et les régions (le style italien côtoie et s’unit harmonieusement au style français). Ce tombeau de marbre, que Michel Colombe a mis cinq ans à réaliser (1502-1507), est décoré des douze apôtres et de quatre femmes, figures allégoriques des vertus cardinales de force, prudence, tempérance et justice. Il est installé dans la cathédrale en 1817.

L’édifice abrite également le cénotaphe du général de Lamoricière, monument érigé en 1878 en hommage papal aux services rendus par cet enfant du pays nantais.

Tableaux

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Saint Clair guérissant les aveugles. Hippolyte Flandrin

Saint Clair, premier évêque de Nantes, guérissant les aveugles par Hippolyte Flandrin en la cathédrale Saint-Pierre et Saint-Paul de Nantes.

La cathédrale compte plusieurs tableaux :

Descente de Croix d’André Mineaux (1956).

Série de saintes et de saints de Joachim Sotta, xixe siècle.

Saint Clair guérissant les aveugles d’Hippolyte Flandrin. Ce tableau a été détruit lors de l’incendie du 18 juillet 2020.

Christ en croix, atelier de Charles de La Fosse ?

La Remise des clefs à saint Pierre de Charles Errard dit l’ancien.

L’Adoration des Mages de Mathurin Bonnecamp, dans la sacristie.

Saint Charles Borromée communiant les pestiférés de Milan, de Jean-Baptiste-François Désoria.

Saint Clair rendant la vue à un aveugle, de Jean-Baptiste Mauzaisse.

La Crucifixion avec la Vierge et saint Jean, d’Édouard Hauser.

La Vierge aux anges, de Charles Doussault.

L’Ensevelissement de la Vierge, de Charles-Auguste Van den Berghe.

Le Martyre de saint Donatien et saint Rogatien, de Théophile-Auguste Vauchelet.

La Descente de Croix, d’Étienne-Barthélémy Garnier.

Ex-voto, Vincent Vidal.

La Communion des apôtres, Jules-Élie Delaunay.

La Tempête apaisée, François Donné.

Saint Jean-Baptiste, François Lemoyne.

Vitraux

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Anne de Bretagne (XVè siècle)
Vitrail de la façade de la cathédrale de Nantes Certainement détruit dans l’incendie
Photo : Selbymay (CC BY-SA 4.0)

La création des 500 m2 de vitraux modernes (1978-1988) est confiée à Jean Le Moal, ainsi qu’à Anne Le Chevallier.

Cénotaphes

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Tombeau de François II de Bretagne.

 

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Gisant de François II de Bretagne.

 

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La Prudence.

 

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Cénotaphe du général de Lamoricière.

 

Événements

C’est devant la cathédrale, place Saint-Pierre, que Nicolas Fouquet   est arrêté par d’Artagnan le 5 septembre 1661 sur ordre de Louis XIV.

Cryptes

La cathédrale comporte deux cryptes :

une crypte romane du xie siècle datant de l’époque de la deuxième cathédrale. Elle est formée d’un martyrium rectangulaire s’achevant en abside entourée d’un couloir déambulatoire qui s’achève en cul-de sac. Au centre du martyrium, quatre épaisses colonnes romanes à chapiteaux et imposte portaient la voûte qui retombait sur les colonnes engagées dans le mur. Le chœur de la cathédrale romane étant surélevé par rapport au reste de l’édifice, la voûte romane a été détruite pour aplanir le sol pendant la construction du chœur néo-gothique et remplacée par le plafond plat actuel. Le long de l’abside, le sol est creusé d’un couloir auquel on accède par un escalier à chaque extrémité. Le couloir-déambulatoire à colonnes engagées permettait de voir les reliques exposées dans le martyrium par les trois fenestrellae percée dans le mur épais. Des objets de culte y sont exposés : ciboires, calices, encensoirs. On peut y voir la crosse de Mgr Fournier, évêque de Nantes de 1870 à 1877, réalisée par François Evellin en 1870, et classée en 1982 au titre objet des monuments historiques.

Plus bas, la vaste crypte du xixe siècle fut créée pour soutenir le nouveau chœur. Quatre salles qui y sont ouvertes retracent l’histoire de la cathédrale.

Cloches

La cathédrale contient une sonnerie de 8 cloches de volée électrique en lancé-franc et en super-lancé, situées dans la tour sud :

Cloche 1 : Jeanne Antoinette ; 2,04 m de diamètre ; 5650 kg ; fondue en 1842 (ou 1843) par Bollée Frères (Le Mans) ; FA#2

Cloche 2 : Françoise Thérèse ; 1,83 m de diamètre ; 4010 kg ; fondue en 1841 par Guillaume-Besson (Angers) ; SOL#2

Cloche 3 : Joséphine ; 1,61 m de diamètre ; 2945 kg ; fondue en 1842 (ou 1843) par Bollée Frères (Le Mans) ; LA#2

Cloche 4 : Julie Félicité ; 1,57 m de diamètre ; 2431 kg ; fondue en 1841 par Guillaume-Besson (Angers) ; SI2

Cloche 5 : Marie Françoise ; 1,39 m de diamètre ; 1675 kg ; fondue en 1841 par Guillaume-Besson (Angers) ; DO#3

Cloche 6 : Perrine Marie ; 1,24 m de diamètre ; 1200 kg ; fondue en 1841 par Guillaume-Besson (Angers) ; RÉ#3

Cloche 7 : Émilie ; 1,11 m de diamètre ; 870 kg ; fondue en 1841 par Guillaume-Besson (Angers) ; FA3

Cloche 8 : Louise ; 1,03 m de diamètre ; 690 kg ; fondue en 1841 par Guillaume-Besson (Angers) ; FA#3

Dans une des baies de la tour sud (côté ouest) est suspendue un carillon d’Horloge de 12 cloches fixes, fondues en 1843 par Bollée Frères (Le Mans), d’un poids total de 1209 KG et donnant les notes suivantes : SOL#3 – LA#3 – SI3 – DO#4 – RÉ#4 – FA4 – FA#4 – SOL#4 – LA#4 – SI4 – DO5 – DO#5

Outre cet ensemble campanaire de 20 cloches, la cathédrale contient également une cloche (actuellement déposée) :

 

Donatienne ; 0,65 M de diamètre ; ? KG ; fondue en 1829 par SARRAZIN (Nantes) ; DO#4

Orgues

Les grandes orgues

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Les documents témoignent de la présence d’un orgue dans la cathédrale dès le xve siècle, époque à laquelle l’édifice est érigé. L’orgue à l’origine de l’instrument actuel est l’œuvre de Jacques Girardet pour la partie centrale et le positif, et date de 1619. Les parties latérales sont dues au facteur Adrien Lépine au siècle suivant (1768), puis c’est François-Henri Clicquot, facteur du Roi, qui refait cet orgue à neuf en 1784. Il est alors doté de 49 jeux, répartis sur 5 claviers manuels et un pédalier.

À la Révolution française, l’organiste Denis Joubert sauve l’orgue neuf de la vente ou de la destruction en le faisant participer aux fêtes révolutionnaires qui se déroulent à la cathédrale. En 1833, le Chapitre confie à Geiger, facteur de Nantes, le soin de relever le grand orgue. Mais le travail reste incomplet, avant d’être achevé en 1893.

Le 15 juin 1944, l’orgue subit des dégâts à la suite d’un violent bombardement sur Nantes. Un dommage de guerre affecté à l’instrument permet d’envisager une restauration. La manufacture Beuchet-Debierre, de Nantes, s’occupa du chantier et l’inauguration du nouvel instrument a lieu le 21 novembre 1971. Le nombre de jeux est alors porté à 74.

Lors de l’incendie qui se produit en 1972, Joseph Beuchet, alors à la tête de la manufacture, et ses ouvriers risquent leur vie pour bâcher l’instrument afin d’éviter des dégâts trop importants : cette opération permit d’abriter l’instrument de l’eau des pompiers qui, si elle s’était introduite dans les tuyaux, aurait rendu l’orgue hors d’usage. Des travaux doivent néanmoins être réalisés à la suite de cet incendie.

Les titulaires de cet orgue sont actuellement Michel Bourcier, Mickaël Durand et Marie-Thérèse Jehan. Félix Moreau (1922-2019) en a été titulaire de 1954 à 2013, puis titulaire honoraire jusqu’à son décès survenu le 24 février 2019.

La composition du grand orgue, avant sa destruction, était la suivante :

I. Grand-Orgue
C–c6
61 notes
II. Positif
C–c6
61 notes
III. Récit
C–c6
61 notes
IV. Bombarde
C-c6
61 notes
Pédale
C-g3
32 notes
Montre 16
Bourdon 16
Montre 8
Flûte harmonique 8
Principal 8
Diapason 8
Bourdon 8
Grosse Quinte 5 1/3
Prestant 4
Flûte 4
Grosse Tierce 3 1/5
Quinte Flûte 2 2/3
Quarte 2
Doublette 2
Tierce 1 3/5
Grosse Fourniture 2 à 4 rgs
Fourniture 4 rgs
Cymbale 4 rgs
Cornet (dessus)
1ère Trompette 8
2ème Trompette 8
Clairon 4
Montre 8
Salicional 8
Bourdon 8
Prestant 4
Flûte douce 4
Nasard 2 2/3
Doublette 2
Tierce 1 3/5
Larigot 1 1/3
Piccolo 1
Fourniture 4 rgs
Cornet (dessus)
Trompette 8
Clairon 4
Cromorne 8
Quintaton 16
Principal 8
Flûte 8
Bourdon 8
Gambe 8
Voix céleste 8
Prestant 4
Flûte 4
Doublette 2
Nasard 2 2/3
Quarte 2
Tierce 1 3/5
Doublette 2
Plein Jeu 4 rgs
Cymbale 4 rgs
Bombarde acoustique 16
Trompette 8
Clairon 4
Hautbois 8
Voix humaine (tremblant) 8
Violoncelle 8
Cornet (dessus)
Bombarde 16
Trompette 8
Clairon 4
Hautbois
Soubasse 32
Soubasse 16 (par extension)
Basse 8 (par extension)
Flûte 16
Flûte 8
Flûte 4
Principal 16
Principal 8
Principal 4
Principal 2
Doublette 2
Plein Jeu 4 rgs
Bombarde acoustique 32
Bombarde 16
Trompette 8
Clairon 4

Commandes aux pieds :

Accouplements II/I, III/I, IV/I, III/II, IV/II, IV/III,

Tirasses I, II, III, IV,

Tutti/Renvoi Pédale,

Tutti Anches, Appels Anches Pédale, Anches I, Anches II, Anches III, Anches IV,

+/-, Crescendo (programmable), Plénum, Tutti général, Trémolo III

Expression par bascule (récit).

Commandes digitales :

Tirasses I, II, III, IV,

Accouplements II/I, III/I, IV/I, III/II, IV/II, IV/III,

Tutti Pédale, I, II, III, IV,

Tutti général, Mutations, Anches,

Mixtures Pédale, I, II, III, IV,

Anches Pédale, Anches I, Anches II, Anches III, Anches IV,

Combinateur (depuis 2006).

La traction des jeux et des notes est électropneumatique, la console en fenêtre.

 

Les grandes orgues

320px-Grandes_orgues_de_la_cathédrale_de_Nantes_(détail)

Détail

 

320px-Grandes_orgues_de_la_cathédrale_de_Nantes

Vue de la tribune

 

L’orgue de chœur

800px-Nantes_(44)_Cathédrale_Saint-Pierre-et-Saint-Paul_-_Intérieur_-_Orgue_de_chœur_-_01

Les cérémonies ordinaires sont généralement accompagnées par l’orgue de chœur, aussi appelé « petit orgue », qui n’en est pas moins le plus grand orgue d’accompagnement de France. Achevé par Louis Debierre en 1897, il est doté de 31 jeux. Également endommagé par les bombardements de 1944 puis par l’incendie de 1972, il est restauré puis rendu à ses fonctions en 1985. La partie instrumentale de l’orgue est classée au titre des monuments historiques depuis le 2 décembre 1987. La composition en est la suivante :

I. Grand-Orgue
C–g5
56 notes
II. Positif
C–g5
56 notes
III. Récit
C–g5
56 notes
Pédale
C-f3
30 notes
Bourdon 16
Montre 8
Bourdon 8
Flûte harmonique 8
Montre douce 4
Plein-jeu IV
Trompette 8
Salicional 8
Bourdon 8
Prestant 4
Doublette 2
Cornet II-V
Fourniture IV
Trompette 8
Clairon 4
Flûte traversière 8
Cor de nuit 8
Gambe 8
Voix céleste 8
Flûte octaviante 4
Octavin 2
Trompette 8
Basson-hautbois 8
Cromorne 8
Clairon 4
Contrebasse 16
Soubasse 16
Dolce 8
Basse 8
Flûte 4
Bombarde 16

Combinaisons par cuillères :

Appel grand orgue

Tutti tirasses

Tutti copulas

Tutti quanti

Fonds de 8

Fonds de 8 et 4

Fonds de 16, 8 et 4

Fonds et mixtures

Anches récit

Anches positif et grand orgue

Expression récit par bascule

Octave aigüe

Combinaisons

Combinaisons par tirettes dans les bras de claviers :

Tirasse grand orgue

Tirasse positif

Tirasse récit

Copula récit / grand orgue

Copula récit / positif

Copula positif / grand orgue

Trémolo récit

Traction électrique.

Orgue détruit par un incendie potentiellement criminel le 18 juillet 2020

orgue-cathedrale-nantes

Cinéma

La cathédrale de Nantes apparaît dans plusieurs scènes du film Une chambre en ville de Jacques Demy, réalisé en 1982, ainsi que dans le film Cessez-le-feu d’Emmanuel Courcol, sorti en 2017

 

Galeries

Vues extérieures

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De nuit.

 

800px-Nantes_Cathédrale_Saint_Paul_Saint_Pierre_portail_renové_1163

Détails de la façade occidentale en 2008, après restauration.

 

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Vue de la façade de la cathédrale en HDR.

 

Détails

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Saint Pierre trônant au milieu du portail restauré.

 

Tympan sud.

Vues intérieures

 

Nantes-saint_Pierre

Le chœur.

 

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Chapelle dédiée à la bienheureuse Françoise d’Amboise.

 

Nantes_Cathédrale_Saint_Pierre_et_Saint_Paul_tribune_buffet_orgues_candélabre_1228

Orgue au-dessus de l’entrée principale, tribune, buffet et candélabre après restauration.

 

800px-Cathédrale_de_Nantes_-_clé_de_voûte_travée_sud

Clé de voûte de la travée sud.

 

Nantes-empire_britannique

Plaque commémorative aux combattants de l’Empire britannique morts en 1914-1918.

 

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La nef

 

 

Bibliographie

Charles Marionneau, Peintures de la cathédrale Saint-Pierre de Nantes et tableau d’autel par Charles Errard. 1618-1622, dans Réunion des sociétés des beaux-arts des départements à la Sorbonne du 15 au 19 avril 1884, typographie E. Plon, Paris, 1884, p. 156-163

Martine Bey et Louis Grodecki (dir.), Les vitraux du Centre et des Pays de la Loire, Corpus vitrearum : Recensement des vitraux anciens de la France, vol. 2, Paris, Éditions du Centre national de la recherche scientifique, 1981, 335 p. . 281.

Marie-Christine Bocquet, La cathédrale de Nantes, Patrimoine des Têtes en l’air, 2010.

Eusèbe Girault de Saint-Fargeau, Histoire Nationale et Dictionnaire Géographique de toutes les communes du département de la Loire-Inférieure, Paris, Nantes, Baudouin Frères, 1829, 147 p.

Jean-Marie Guillouët, Les Portails de la cathédrale de Nantes : un grand programme sculpté du xve siècle et son public, Rennes, Presses universitaires de Rennes, coll. « Art et société », 2003, 303 p.

Jean-Paul James (dir.), Jean Bouteiller, Hervé Chouinard, Marcel Launay et Michel Leroy (directeurs scientifiques) et al.Nantes, Strasbourg/Paris, La Nuée Bleue/DNA, coll. « La Grâce d’une Cathédrale », 2013, 393 p.

Jean-Michel Leniaud, Gilles Bienvenu, Pierre Curie, Véronique Daboust, Dominique Eraud, Catherine Gros, François-Charles James, Odette Riffet et al. (photogr. Patrice Giraud, Denis Pillet), Nantes, la cathédrale : Loire-Atlantique, Nantes, Inventaire général des monuments et des richesses artistiques de la France ; commission régionale Pays de la Loire, coll. « Images du patrimoine » (no 100), 1991, 64 p.

Martial Monteil, « Les édifices des premiers temps chrétiens (ive – viie siècle de notre ère) à Nantes », dans Hélène Rousteau-Chambon (dir.) et al.Nantes religieuse, de l’Antiquité chrétienne à nos jours : actes du colloque organisé à l’université de Nantes (19-20 octobre 2006), Département d’histoire et d’archéologie de l’université de Nantes, coll. « Bulletin de la Société archéologique et historique de Nantes et de la Loire-Atlantique » (no hors série), 2008, 268 p. p. 29-38.

Félix Moreau, Le Grand-Orgue de la Cathédrale de Nantes, Nantes, brochure auto-éditée, 2005, 81 p.

Jean-Baptiste Russon et Donatien Duret, La Cathédrale de Nantes, Savenay, Roumegoux, 1933, 145 p.

Olivier Sauzereau (préf. Jacques Gapaillard), Nantes au temps des observatoires, Nantes, Coiffard éditions, 2000, 120 p. .

Pierre Curie, « Les peintures de la cathédrale Saint-Pierre de Nantes », In Situ revue des patrimoines, no 26,‎ 2015

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