CELA S'APPELLE L'AURORE, ECRIVAIN FRANÇAIS, EMMANUEL ROBLES (1914-1995), LITTERATURE FRANÇAISE, LIVRE, LIVRES, LIVRES - RECENSION

Cela s’appelle l’aurore : un roman d’Emmanuel Roblès

Cela s’appelle l’aurore

 Emmanuel Roblès 

Paris, Cercle du bibliophile de Paris, 1964. 256 pages.

 

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Description du produit

Emmanuel Roblès Cela sappelle l’aurore Le Club du Bibliophile 1964–Luigi Valorio n’est pas le premier à se prendre au piège d’un joli minois masquant un coeur sec d’enfant gâtée ni à s’attacher à une autre répondant mieux à ses aspirations quand il s’aperçoit de son erreur. Il ne serait pas le premier à vivre entre deux femmes, mais le pourra-t-il ? Cette question l’obsède en relisant les lettres où sa jeune épouse Angola annonce son retour. Angola ne s’est jamais plu à Salina, en Sardaigne, où son mari est médecin. Elle ne rêve que de mener à Naples auprès de son père son existence mondaine de jeune fille – au point qu’elle a dépéri et que ‘Luigi l’a envoyée se soigner dans les Alpe s. Clara est alors entrée dans sa vie. S’en séparer ? Impensable. Et pourtant… Hantée par ce dilemme, presque en état second, il court d’un malade à l’autre. Sinon, il aurait ôté son arme à Sandro Galli qui menace de tuer son patron Gorzone si sa femme Magda meurt – ou mieux plaidé sa cause auprès de ce Gorzone, qui sait ? Magda meurt, Sandro tue Gorzone et se réfugie chez Luigi juste avant l’arrivée d’Angola. Les risques encourus sont énormes, mais c’est dans l’épreuve que se jugent les caractères ? et chacun aura donné sa mesure quand s’achève le beau roman d’Emmanuel Roblès.

 

Impressions de lecture

Luigi Valerio est médecin dans une petite ville perdue de Sardaigne et il soigne presque gratuitement ses clients qui sont tous d’un milieu pauvre comme Sandro ou Pietro. Mais s’il est apprécié de ses patients il est malheureux en ménage : quelques années auparavant, il a épousé Angela, fille d’un riche Napolitain, qui se révèle plutôt comme une femme enfant et qui s’ennuie terriblement dans cette île où elle ne trouve aucun divertissement ; alors tant son mari l’envoie en cure dans les Alpes. En son absence, il s’est épris de Clara, la jolie veuve habitant la maison voisine. Dans les bras de Clara, il découvre l’amour, un amour qui le réconforte au milieu des tracas que lui causent ses patients et qui se révèle bien plus que la tendre affection qu’il éprouve pour sa jeune épouse. Mais il doit faire face au retour de cette dernière qui se fait de plus en plus proche. Alors comment concilier le fait de devoir vivre entre deux femmes : sa femme et sa maitresse. C’est l’un des thèmes de ce roman qui ressemnble – mais qu’en apparence – à tant de roman d’amour.

Mais il y a bien plus et c’est ce qui fait tout l’intérêt de ce livre. Médecin, Valerio soigne Magda, la femme de son ami Sandro : il tente de la sauver mais il n’y parviendra pas. Magda meurt  et fou de douleur et de chagrin son mari abat le fort peu sympathique  Gorzone qui, dans sa grande jalousie (parce qu’il n’a pas pu obtenir la jolie et jeune Magda), n’a cessé de maltraiter le couple. Pour Valerio, lorsque Sandro vient se réfugier chez lui après le meurtre, la solution est vite trouver : il cachera Sandro car, depuis qu’il connait Clara, il sait jusqu’où peut aller l’amour et un amour peut pousser quelqu’un.
Que va-t-il advenir de tous ces secrets : la liaison avec Clara, Sandro caché dans l’ancienne chambre de bonne…? Qui sait quoi de tous ces secrets : la bonne ? l’inspecteur de police ? Les habitants du village ? Les découvrira-t-on?  Comment cela va-t-il finir pour tous les protagonistes du roman ?
Ainsi, Luigi Valerio se montre certes un homme infidèle envers sa femme, mais il y a sa soif d’absolu, sa volonté de vivre suivant ses valeurs et c’est tout cela qui le rend sympathique et que l’on arrive pas à lui en vouloir de tromper sa femme, de cacher un criminel dans sa maison sa volonté de vivre selon ses valeurs, suscite la sympathie et l’admiration. Il en est de même pour Sandro ou Pietro, deux hommes perdus
C’est le drame qui se joue dans ce livre qui rend cet ouvrage poignant et qui fait que l’on prend fait et cause pour les personnages. Même si l’histoire ne finit pas comme l’on souhaiterait malgré le triomphe de l’amour on se laisse emporter par ce petit livre haut en couleur.

®Claude-Marie T.

 

 

L’auteur : Emmanuel Roblès:

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Emmanuel Roblès est un écrivain français né à Oran (Algérie) en 1914 et décédé à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine) en février 1995..

D’une famille ouvrière, il est reçu à l’Ecole Normale d’Alger.

Il obtient de faire son service militaire à Blida, puis à Alger où il se lie aux jeunes écrivains groupés autour du libraire-éditeur Edmond Charlot qui vient de publier « L’Envers et l’Endroit » d’Albert Camus.

Il s’inscrit à la Faculté des Lettres pour préparer une licence d’espagnol tout en collaborant à « l’Alger républicain » dont Albert Camus est rédacteur en chef et qui publiera « la Vallée du paradis« . Ce roman d’Emmanuel Robles (le second après l’Action) parut en feuilleton sous le pseudonyme d’Emmanuel Chênes.

La guerre oblige Emmanuel Robles à cesser ses études et il devient interprète auxiliaire de l’armée, puis officier-interprète jusqu’à ce que le général Bouscat, commandant l’air en Afrique du nord, le nomme correspondant de guerre en 1943. Cette période est pour lui très mouvementée et lui vaut, en particulier, les émotions fortes de plusieurs accidents d’avion.

Après la guerre il s’efforce de vivre de sa plume à Paris et collabore à divers quotidiens et hebdomadaires: Le Populaire, Gavroche, Combat, Aviation Française, etc. Repris pas la nostalgie d’Alger, il y retourne en 1947 et fonde une revue littéraire « Forge ».

Durant cette année 1947, et sous le coup de l’émotion soulevée par les évènements de mai 1945 en Algérie, il écrit « Les Hauteurs de la ville« , roman qui obtient le Prix Fémina l’année suivante. Il écrit également sa première pièce « Montserrat« .

Parallèlement à sa création littéraire, Robles voyage beaucoup. De son séjour au Mexique en 1954, il a rapporté le thème de son roman « Les Couteaux » et de son voyage au Japon en 1957, celui de son récit « L’homme d’Avril« .

Il se tournera ensuite vers le cinéma: il collaborera avec Luis Buñuel pour Cela s’appelle l’Aurore et Lucchino Visconti pour l’adaptation de l’Etranger de Camus ainsi que pour des dialogues et des adaptations télévisées.

Source : Wikipédia

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BRUNO DUMONT, CHARLES PEGUY, FILM JEANNE, FILMS, FILMS FRANÇAIS, JEANNE, JEANNE D'ARC (1412-1431)

Film Jeanne de Bruno Dumont

Jeanne

Bruno Dumont

Avec Lise Leplat-Prudhomme, Fabrice Luchini, Annick Lavieville plus

Sortie le 11 septembre 2019.

Durée : 2h 18 mn

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SYNOPSIS ET DÉTAILS

Année 1429. La Guerre de Cent Ans fait rage. Jeanne, investie d’une mission guerrière et spirituelle, délivre la ville d’Orléans et remet le Dauphin sur le trône de France. Elle part ensuite livrer bataille à Paris où elle subit sa première défaite. 
Emprisonnée à Compiègne par les Bourguignons, elle est livrée aux Anglais. 
S’ouvre alors son procès à Rouen, mené par Pierre Cauchon qui cherche à lui ôter toute crédibilité. 
Fidèle à sa mission et refusant de reconnaître les accusations de sorcellerie diligentées contre elle, Jeanne est condamnée au bûcher pour hérésie.

Les aventures de Jeanne

Jeanne est la suite de Jeannette et les deux films forment une adaptation d’une pièce de Charles Péguy. Si Jeannette était un film “chantant”, telle une comédie musicale, Jeanne est cette fois un film d’action, psychologique, dialogué, parce que porté aux débats des Batailles et au suspens d’un Procès. « Charles Péguy est un auteur que j’ai découvert assez récemment et j’ai été très impressionné par son écriture, notamment, son chant, sa musicalité. Lorsque j’ai commencé à avoir l’idée de réaliser un film musical, je cherchais un texte réellement propice, aussi je me suis rapproché naturellement de lui et de sa pièce de théâtre Jeanne d’Arc comme d’un livret », confie le réalisateur Bruno Dumont.

Adapter Péguy

Le film précédent de Bruno Dumont, Jeannette, racontait l’enfance de Jeanne d’Arc et était l’adaptation de la première partie de la pièce de Charles Péguy, qui s’appelle Domrémy. Jeanne en est la suite et adapte les deux autres parties : les Batailles et Rouen. « La difficulté littéraire que l’on peut attribuer parfois à Péguy ne me faisait plus peur parce que l’adaptation cinématographique et musicale apportée me permettait alors d’y remédier et d’établir un équilibre inédit : si ce que dit Péguy est parfois fort profond, obscur, c’est ici contrebalancé par la cinématographie des actions, les chansons et la musique qui donnent au tout un accès simple, facile, comme léger et non diminué de ses forces », relate le cinéaste.

Jeanne d’Arc, je m’en fiche !

« Pour le dire franchement, moi, Jeanne d’Arc, je m’en fichais un peu », assène Bruno Dumont, “Charles Péguy   me l’aura, disons « révélée ». Lorsque Péguy écrit sa Jeanne, il est pleinement athée… Il a 24 ans et il est socialiste, universaliste, anticlérical, idéaliste : ça se sent très bien dans son texte qui, à l’oeuvre de pourfendre l’Église chrétienne, attaque davantage toute “église”, c’est à dire tout dogmatisme… Par ailleurs, Jeanne est une héroïne historique et nationale de la Guerre de Cent Ans, elle transporte naturellement et universellement avec elle un pays et un peuple tout entier. L’histoire de Jeanne d’Arc est ainsi un théâtre qui porterait bien l’humanité toute entière au travers d’un récit national, historique et incarné. »

Le choix de Christophe

Selon Bruno Dumont, Jeanne rend compte d’une expérience du temps présent, où l’objectif est de faire entrer le spectateur, l’élever, l’aspirer vers quelque chose qui, certes, nous dépasse, mais infuse. Cependant il faut trouver la bonne balance avec lui, s’adapter à la modernité dans laquelle il vit, chercher une connexion. « Lorsque je fais le choix de Christophe, par exemple, pour composer la partition et interpréter une chanson, ou lorsque je choisis la jeune Lise Leplat-Prudhomme, qui a dix ans, pour incarner une Jeanne adolescente à la fin de sa vie, cela participe des liens que je tisse avec notre présent : rechercher des analogies et des correspondances. Idem pour le procès, où les rôles ont été distribués à des universitaires, théologiens, professeurs de philosophie ou de lettres, tous très à l’aise avec cette matière finalement et déjà connectés à elle. Je voulais que l’on ajoute à cette “orchestration” cinématographique générale, la ligne claire de mélodies, de rythmes et d’harmonies musicales qui fasse fleurir davantage sa compréhension et sa portée. »

Démythifier Jeanne d’Arc

Bruno Dumont souhaitait démythifier le plus possible la légende de Jeanne d’Arc. « Je suis un grand admirateur de L’Evangile selon saint Matthieu de Pasolini, qui replace le sacré exactement là où il faut : au cinéma. Je pense que l’expérience artistique est la source de l’expérience spirituelle et que pour atteindre cela, Dieu est un très bon personnage, une bonne histoire. Le Christ est très propice, très favorable au cinéma de ce point de vue ! C’est aussi pour cela qu’il ne faut pas tant se séparer des bondieuseries, ce serait bien dommage : il faut au contraire remettre Dieu dans son théâtre… au cinéma ! Le cinéma peut satisfaire nos vénérations profondes et la superstition cinématographique n’est que poétique, c’est à dire comme étant enfin remise à sa place. Comme tout art, le cinéma nous émancipe et nous affranchit de l’aliénation religieuse. »

Incarner Jeanne

On aurait imaginé que Jeanne Voisin, qui jouait Jeanne à 15 ans à la fin du premier volet, reprenne le rôle. Or, Bruno Dumont l’a confié à Lise Leplat-Prudhomme, qui dans ce même film incarnait Jeanne enfant. « Aucune actrice incarnant Jeanne d’Arc dans l’histoire du cinéma n’a eu l’âge exact de Jeanne, ses 19 ans à sa mort. Renée Falconnetti avait 35 ans, Ingrid Bergman 39 ans… Pour preuve, au besoin, que ce n’est pas l’exactitude historique qui est recherchée… Lise a 10 ans. Un concours de circonstances a heureusement fait que l’actrice qui jouait Jeanne adolescente dans Jeannette ne puisse reprendre le rôle qui, en effet, lui était dévolu… Mais l’idée de prendre Lise s’est imposée comme une révélation. Quand on a vu aux essais ce qu’elle rendait en armure, on a compris qu’elle avait mystérieusement quelque chose d’extraordinaire, une expression très unique de l’enfance et de l’innocence. »

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Revue  de presse 

28 CRITIQUES PRESSE

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Cahiers du Cinéma

 par Stéphane du Mesnildot

Plus que jamais le cinéma de Dumont s’affirme comme cette langue étrangère inouïe à l’intérieur du cinéma français.

 

La Septième Obsession

 par Adrien Valgalier

Vibrant et poignant, « Jeanne » est le film le plus bouleversant de Bruno Dumont.

 

Sud Ouest

 par Sophie Avon

C’est aussi singulier que puissant.

 La critique complète est disponible sur le site Sud Ouest

 

20 Minutes

 par Caroline Vié

Le public pousse un soupir de surprise charmée au moment de l’apparition de Christophe, un moment de grâce visuelle et musicale dans la cathédrale d’Amiens.

 

Bande à part

 par Benoit Basirico

Après une Jeannette dansante et insouciante, ce second volet paraît plus austère et plus théâtral, mais il s’avère plus sensible et majestueux.

 La critique complète est disponible sur le site Bande à part

 

Culturebox – France Télévisions

 par Lorenzo Ciavarini Azzi

L’opiniâtreté à toute épreuve de « Jeanne » se lit dans son regard perçant, merveilleusement saisi par le cinéaste. Epoustouflante Lise Leplat Prudhomme.

 La critique complète est disponible sur le site Culturebox – France Télévisions

 

Dernières Nouvelles d’Alsace

 par Nathalie Chifflet

Touché par la grâce, le film s’accorde à la voix nocturne cristalline, sophistiquée, soufflée et énigmatique, de Christophe. Son chant est un miracle, ainsi soit Jeanne.

 La critique complète est disponible sur le site Dernières Nouvelles d’Alsace

 

Elle

 par La Rédaction

Chaque plan du réalisateur est d’une époustouflante beauté.

 

La Croix

 par Céline Rouden

Et puis il y a Jeanne et sa toute jeune interprète Lise Leplat Prudhomme, 12 ans, déjà à l’affiche de Jeanette. (…) Elle y est étonnante d’assurance et de maturité. Et son regard sombre, filmé en gros plan, nous restera longtemps en mémoire.

 La critique complète est disponible sur le site La Croix

 

Le Dauphiné Libéré

 par Jean Serroy

Bruno Dumont, lui aussi fidèle à lui-même et à sa petite interprète, offre sa vision de Jeanne d’Arc dans des images naïves et naturelles, où la transcendance se sent dans son incarnation terrestre et où quelque chose court dans la banalité même des êtres et des choses : la grâce.

 

Le Figaro

 par Marie-Noëlle Tranchant

Avec toujours beaucoup de liberté, Bruno Dumont poursuit son adaptation de Charles Péguy. Sous une gangue rugueuse, son film s’apparente à un joyau très pur.

 La critique complète est disponible sur le site Le Figaro

 

Le Monde

 par Jacques Mandelbaum

Tout ici fait signe vers un ailleurs qui le transcende, le film lui-même semble s’être fait enluminure.

 La critique complète est disponible sur le site Le Monde

 

Le Nouvel Observateur

 par Xavier Leherpeur

Les idées fusent, comme ce ballet équestre qui devient une chorégraphie. Pourtant mille fois vus et entendus, ces procès trouvent ici un nouvel écho, à la fois historique et mystique.

 La critique complète est disponible sur le site Le Nouvel Observateur

 

Les Fiches du Cinéma

 par Marion Philippe

Deux ans après Jeannette, Bruno Dumont adapte de nouveau le drame de Péguy dans un film déroutant et touchant, porté par la jeune Lise Leplat-Prudhomme. Un formalisme poétique en adéquation parfaite avec le mysticisme de son héroïne.

 La critique complète est disponible sur le site Les Fiches du Cinéma

 

L’Humanité

 par Sophie Joubert

Depuis la Vie de Jésus, la frontalité du cinéma de Bruno Dumont divise, qu’il filme le duo de flics empotés de la série P’tit Quinquin ou la revanche des pauvres bouffant littéralement les riches dans Ma loute. Cette Jeanne rebelle et inflexible, qui refuse jusqu’au bout de se soumettre à la loi des hommes et de l’Église, n’échappera pas à la règle. Tant mieux.

 La critique complète est disponible sur le site L’Humanité

 

Libération

 par Guillaume Tion

Malgré une certaine torpeur, Jeanne réussit à nous faire percevoir le personnage le plus commenté et documenté de l’histoire française d’une manière inédite, et qui trouve des échos tout aussi inédits dans notre monde contemporain saturé de super-héroïsme.

 La critique complète est disponible sur le site Libération

 

Ouest France

 par Michel Oriot

Dans le rôle-titre, on découvre un extraordinaire petit bout de femme de dix ans à peine, qui sublime la geste de la Pucelle par sa pureté, sa foi et sa grâce.

 

Positif

 par Eithne O’Neill

Si le dispositif orthodoxe de légendes à l’écran date les événements du 8 mai 1429 à sa mort le 30 mai 1431, « Jeanne » en est la transposition libre et incantatoire.

 

Première

 par Thomas Baurez

Les juges en habits de gala pérorent, complotent, s’interrogent. Il y en a un, dont on ne voit pas les traits cachés sous une capuche, mais dont la voix fluette et gracile trahit l’identité : c’est Christophe, le chanteur ici acteur, dont on entend à plusieurs reprises des chansons originales d’une puissance folle. Sublime !

 La critique complète est disponible sur le site Première

 

Télé Loisirs

 par La rédaction

Porté par une bouleversante comédienne de dix ans et les mélodies de Christophe, le texte y résonne avec une poésie inédite.

 

Télérama

 par Samuel Douhaire

Après un premier volet déroutant sur la bergère de Domrémy, la suite étonne et détonne. Avec de grandes scènes burlesques et les chansons de Christophe.

 La critique complète est disponible sur le site Télérama

 

Transfuge

 par Serge Kaganski

« Jeanne » est un film d’une beauté qui a plus à voir avec Goya qu’avec l’omniprésente esthétique publicitaire de notre époque.

 

Voici

 par Lola Sciamma

Une expérience toujours aussi barrée et radicale.

 

La Voix du Nord

 par Christophe Caron

Les mélodies de Christophe (sublimes) introduisent des instants de grâce avant que l’émotion ne se dissipe, perdue dans les méandres d’une transcendance qui renâcle parfois à livrer ses clés. Bruno Dumont produit un cinéma qui élève et qui malmène.

 La critique complète est disponible sur le site La Voix du Nord

 

Le Journal du Dimanche

 par Stéphanie Belpêche

Un objet singulier.

 

Le Parisien

 par La Rédaction

Sur le socle d’une pièce de Charles Péguy, le cinéma de Bruno Dumont fréquente une autre planète de récit. Il travaille directement sur l’os, ne cherche aucun relief à ses dialogues. La jeune Lise Leplat Prudhomme, qui incarne Jeanne, y accomplit en tout cas une étonnante performance.

 La critique complète est disponible sur le site Le Parisien

 

Les Inrockuptibles

 par Murielle Joudet

Après Jeannette, Dumont continue son récit de la vie de Jeanne d’Arc, avec une suite plus austère, mais toujours intense.

Critikat.com

 par Thomas Grignon

Ce schématisme est d’autant plus regrettable que Dumont se montre toujours capable, au détour d’une scène, de faire du champ-contrechamp un espace d’expérimentation fondé sur un art des contrastes inattendus.

 La critique complète est disponible sur le site Critikat.com

 

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La sublime “Jeanne” de Bruno Dumont

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Le cinéaste fasciné par la figure de Jeanne d’Arc sublime le texte de Charles Péguy dans une mise en scène épurée. Son film, porté par la musique du chanteur Christophe, a reçu la mention spéciale du jury Un certain regard lors du dernier festival de Cannes.

Disons le franchement, la perspective d’aller voir le deuxième volet de l’adaptation du Jeanne d’Arc de Charles Péguy par Bruno Dumont nous laissait circonspect. La première partie consacrée à l’enfance de la bergère de Domrémy, présentée il y a deux ans à la Quinzaine des réalisateurs, et traitée à la manière d’un opéra-rock, confinait à la farce. Elle actait une nouvelle manière tragico-absurde adoptée par son auteur depuis Ma Loute, son précédent long-métrage et les aventures de P’tit Quinquin, série réalisée pour Arte.

Rien de tout ça dans le Jeanne, présenté samedi sur la Croisette dans la section Un certain regard. Le cinéaste nordiste, à l’univers si singulier, revient à une forme d’épure qui était la marque de ses débuts et laisse ici toute sa place au magnifique texte de Charles Péguy. Mais Bruno Dumont, éternel scrutateur de la part sombre de notre humanité, y apporte sa touche personnelle pour apporter au récit « quelque chose de plus universel et de plus contemporain », ainsi qu’il l’a expliqué avant la projection du film.

La caméra s’élève au diapason de l’âme de Jeanne

En grand formaliste fasciné par le sacré, Bruno Dumont sublime le texte de l’écrivain par une mise en scène quasi-élégiaque. Les dunes du littoral nordiste battues par le vent servent d’écrin théâtral aux comédiens du cru, tous non professionnels – à l’exception de Fabrice Luchini faisant une brève apparition dans le rôle de Charles VII.

Un splendide ballet de chevaux, filmé du ciel illustre métaphoriquement la bataille livrée aux Anglais. La caméra, au diapason de l’âme pure de la pucelle d’Orléans, s’élève sans cesse vers les nuages et les voûtes de la cathédrale d’Amiens (on ne peut s’empêcher de penser à celles de Notre-Dame), où se tient le procès de Jeanne. Résonne alors la voix pure et cristalline du chanteur Christophe et les mots de Péguy, procurant aux spectateurs un pur moment de grâce.

Et puis il y a Jeanne et sa toute jeune interprète Lise Leplat Prudhomme, 12 ans, déjà à l’affiche de Jeanette. Le choix était audacieux pour incarner la jeune femme de 19 ans promise au bûcher. Elle y incarne « la jeunesse, la beauté et l’innocence » selon les mots de Bruno Dumont, face aux contingences du pouvoir politique et spirituel qui la jugent. Elle y est étonnante d’assurance et de maturité. Et son regard sombre, filmé en gros plan, nous restera longtemps en mémoire.

 

https://www.la-croix.com/Culture/Cinema/Cannes-2019-sublime-Jeanne-Bruno-Dumont-2019-05-18-1201022829

 

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La “Jeanne” intemporelle de Bruno Dumont

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Deux ans après, « Jeannette », l’enfance de Jeanne d’Arc, tirée de « Domrémy », la première partie de Jeanne d’Arc, la pièce de Péguy, Bruno Dumont adapte les deux autres parties, « Les Batailles » et « Rouen » et livre avec ce « Jeanne » un film enthousiasmant, passionnant et singulier.

Dès le début, on sait que le pari est gagné. En tous les cas, que cette nouvelle adaptation de la vie de Jeanne d’Arc au cinéma, malgré les ombres tutélaires de Dreyer ou Bresson qui dominent la filmographie, ne pourra être à côté de la plaque. On le sait, dès le premier regard de Lise Leplat-Prudhomme vers la caméra. Regard noir d’une intensité, d’une profondeur et d’une force inouïes, qui semble protéger un secret, celui d’une intériorité qui restera à jamais inviolée. Choisir une gamine de dix ans pour jouer le rôle de Jeanne à la fin de sa vie est un pari payant, car au fond, qu’est-ce qui peut le plus faire penser à la fronde de Jeanne face à ses juges que le regard qui ne baisse pas les yeux d’une pré-adolescente, encore dans l’innocence de l’enfance, mais déjà projetée vers la femme qu’elle sera en plénitude ?

Disons-le d’emblée, cette Jeanne doit infiniment à la présence inflexible de ce jeune corps féminin, faisant face aux assauts de vieillards cacochymes essayant de la faire craquer par leurs questions théologiques, ainsi qu’à ce regard qui, quand il ne transperce pas ses contradicteurs, regarde fixement, sans se lasser, vers le Ciel, dans un dialogue dont on ne saura rien, mais dont la caméra nous transmet la lumière, en écho au psaume 33 (« Qui regarde vers lui resplendira, sans ombre ni trouble au visage »).

Une Jeanne intemporelle

Le film assume pleinement ce décalage d’âge avec celui de la Pucelle, comme il assume les décalages historiques. Non pas que le texte de Péguy, scrupuleusement respecté, ne soit pas totalement vrai, mais l’image et le son viennent nous proposer de sortir Jeanne de son XVe siècle pour nous permettre de la voir tel qu’elle est dans notre mémoire nationale, à savoir intemporelle. Trois exemples l’illustrent bien. 

Tout d’abord, la scène du procès tournée non à Rouen, mais dans la cathédrale d’Amiens où l’on voit de manière anachronique les juges en grande tenue se prosterner devant le maître-autel baroque. N’y voyons pas une erreur du réalisateur, mais bien une manière de nous dire, filmant ces inclinaisons engoncées devant les ors somptueux, qu’il ne s’agit pas tant de dévotion à Dieu qu’au pouvoir auquel renvoie un art baroque contemporain de la monarchie absolue. De même pour le bunker de Normandie servant de cadre à la prison de Jeanne, il nous parle de l’intemporalité des prisons dans lesquelles les vies humaines sont empêchées de se déployer et convoque en filigrane les atrocités du XXe siècle. Quant à l’anachronisme, le plus étonnant, la musique de Christophe qui chante une chanson face à la caméra, elle vient renforcer le sentiment que Jeanne est notre contemporaine. À noter que la composition est splendide, très inspirée spirituellement, en résonance avec la prose polyphonique de Péguy et accompagne Jeanne comme un chœur de tragédie grecque.

 Dans la lignée de Péguy

Que dit ce film sur Jeanne, dans la lignée du texte de Péguy ? Que Jeanne lutte contre une Église qui se constitue à cet instant comme un système de pouvoir, vendu au temporel (anglais en l’espèce), utilisant toutes les forces de l’université pour écraser une faible jeune fille. L’alternance de saisissants gros plans (qui font penser à Dreyer avec une force comique en plus) vers les acteurs (dont beaucoup sont des professeurs d’université, rompus aux joutes oratoires) et de plans d’ensemble en contre-plongée, réduisant les protagonistes du procès à des pions otages d’un système dévorant, cette alternance met en lueur les passions de l’âme (Dumont ne condamne pas les juges dont on perçoit les failles dans les regards) et la mécanique implacable d’un outil de pouvoir qui a perdu le sens de sa mission.

La modernité de cette Jeanne est dans cette idée péguyste qui a inspiré la réalisation de Dumont, que l’histoire est cyclique. Toujours et toujours, les structures de pouvoir finissent par vénérer le pouvoir jusqu’à l’idolâtrie. À cet égard, la prétention des juges de Jeanne à « l’aider » à se sauver jusqu’à nier, au nom de son salut, son droit au secret et la liberté de sa conscience, est une tentation de mainmise sur les esprits qui a longtemps habité l’Église et à laquelle aucune institution ne saurait échapper.

 La religion prise au sérieux

La Jeanne de Péguy fut écrite par un écrivain socialiste n’ayant pas encore vraiment réalisé son rapprochement avec le christianisme. Dumont la prend au sérieux, comme il prend au sérieux tant la religion dans ses folies humaines que la foi dans sa transcendance lumineuse. Rien de tel qu’un réalisateur athée pour filmer la foi et ce n’est pas un hasard si le dernier plan du film fait écho à la manière dont Pasolini filma la mort de Jésus sur la croix dans son Évangile selon saint Matthieu. Cette distance est peut-être celle de l’incroyant face à la foi, mais plus encore celle du cinéaste ouvert à ce qui réside au plus profond de l’âme et qui sait que l’on ne s’approche du sacré qu’avec une infinie délicatesse.

 Site Aleteia

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CHINE, MAO ZEDONG (1893-1976), REVOLUTION CULTURELLE (1966-1976)

La Révolution culturelle en Chine (1966-1968)

18 août 1966 – 27 janvier 1968

Révolution culturelle en Chine populaire

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Le 18 août 1966 débute la Révolution culturelle prolétarienne. Planifiée par Mao Zedong (73 ans), fondateur du régime communiste et de la Chine dite populaire, elle vise à restaurer son autorité sur le Parti communiste chinois (PCC) après l’échec dramatique du « Grand Bond en avant » (1958-1961).

 

Vive la révolution permanente !

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Mao, qui est toujours le président du Parti, mobilise la jeunesse lycéenne de Pékin et Shangai contre le président de la République Liu Shaoqi et Deng Xiaoping.

Ceux-ci représentent l’aide droite pragmatique au bureau du PCC. Ils sont accusés de « révisionnisme » et se voient reprocher de sacrifier l’idéologie aux impératifs du redressement économique. Deng Xiaoping est soumis à une rééducation forcée et Liu Shaoqi meurt en prison.

Emportés par leur élan, les jeunes de toutes conditions sociales se rassemblent sous l’étiquette de « Gardes rouges ». Ils brandissent le Petit livre rouge des Pensées du président Mao, un recueil de formules prudhommesques que tout bon révolutionnaire se doit d’apprendre par coeur et répéter à tout propos.

Ils multiplient les réunions politiques et les rassemblements de masse, s’expriment par dazibaos (affiches manuscrites) et bousculent au sens propre et au sens figuré les institutions du pays.

Dans les deux années qui suivent, ils lynchent à mort leurs maîtres et les supposés « représentants de la bourgeoisie ». Ils saccagent aussi les temples, les monuments patrimoniaux ou encore les magasins en relation avec l’ordre ancien. Ils brûlent des livres anciens.

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Humilié, le grand écrivain Lao She choisit de se suicider plutôt que de se rendre à une convocation de la police. 

Étrangement, la Révolution culturelle séduit par ses outrances une frange de la jeunesse estudiantine (et bourgeoise) d’Occident. Les représentants des droites européennes, comme Alain Peyrefitte ou Valéry Giscard d’Estaing, n’échappent pas à la « maolâtrie » ambiante !

 

Fiasco meurtrier

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Le 27 janvier 1968, Mao décide enfin de mettre fin aux turbulences de la Révolution culturelle. Sur son ordre, le chef de l’armée Lin Biao expédie dix-sept millions de jeunes « Gardes rouges » dans les campagnes et les confie aux mauvais soins des paysans. Beaucoup deviendront du coup des opposants déterminés au maoïsme…

En septembre 1971, Lin Biao, connu comme l’auteur du Petit Livre Rouge et le dauphin de Mao, est, bien que malade, soupçonné par ce dernier de vouloir le renverser. Il s’écrase en avion en tentant de s’enfuir en URSS.

Les troubles ne s’arrêtent pas pour autant. Ils se prolongent jusqu’à la mort de Mao, le 9 septembre 1976, du fait du conflit entre sa femme Jiang Qing, qui tente de relancer la Révolution culturelle, et le Premier ministre Zhou Enlai.

La Révolution culturelle se solde en définitive par plusieurs millions de victimes et un profond recul de l’économie du pays, qui ne pèse plus que 3 à 4% de l’économie mondiale. Malgré ce bilan accablant, il n’est pas sûr que ses laudateurs occidentaux et en particulier français aient reconnu s’être trompés.

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https://www.herodote.net/18_ao_t_1966_27_janvier_1968-evenement-19660818.php

APPARITIONS DE LA VIERGE MARIE, MARIOLOGIE, RENE LAURENTIN (1917-2019), VIERGE MARIE

-René Laurentin (1917-2019), spécialiste de la Vierge

 

René Laurentin

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L’abbé René Laurentin, né le 19 octobre 1917 à Tours (Indre-et-Loire) et mort le 10 septembre 2017dans le 7e arrondissement de Paris, est un prêtre, théologien et exégète français, spécialiste notamment des apparitions mariales.

Il a été longtemps chroniqueur religieux au Figaro. Il a écrit de nombreux livres sur les apparitions mariales dans le monde. Il a publié plus d’une centaine d’ouvrages.

Ancien expert au Concile Vatican II, membre de l’Académie théologique pontificale Pontificia Academia Mariana Internationalis de Rome, professeur à l’université catholique de l’Ouest, il est « visiting professor » dans plusieurs universités d’Amérique et d’Italie.

  

Biographie

Né le 19 octobre 1917 à Tours, René Laurentin est le fils de Maurice Laurentin, architecte et de Marie Jactel. C’est le frère de la journaliste Menie Grégoire.
Il entre au séminaire des Carmes à l’Institut catholique de Paris en 1934. Il y obtient ses grades de licencié en philosophie thomiste avec Jacques Maritain en même temps que sa licence en philosophie à la Sorbonne en 1938. Il est en contact avec Henri Bergson, comme le relatent ses Mémoires.

Au terme de sa première année de théologie (1937-1938), il fait son service militaire. Officier d’infanterie pendant la guerre, il est fait prisonnier en 1940 et passe 5 ans en captivité, dont une partie dans la forteresse de Königstein. Il enseigne l’hébreu à l’université de son oflag et s’initie à la mariologie sous la direction du Père Génévois, dominicain (o.p.).

Ordonné prêtre le 8 décembre 1946, il commence à préparer ses trois thèses (ès lettres et théologie) sur la Vierge Marie en parcourant les principaux pays d’Europe (1946-1947). Le 7 juin 1952, il soutient deux thèses de doctorat sur Le Sacerdoce de la Vierge Marie (Paris, Lethielleux, 1952). Le 9 février 1953, il soutient sa thèse de théologie, présidée par Mgr Blanchet : Cum singulari prorsus laude. La même année, il publie la première édition de son Court traité sur la Vierge Marie (cinq éditions successives). Il est nommé professeur à la faculté de théologie à l’Université catholique d’Angers en 1955.

Consulteur à la commission théologique préparatoire au Concile Vatican II (1960), puis expert au Concile (1962-1965).

Journaliste professionnel, il a écrit près de 2 000 articles dont la moitié au Figaro où il est chroniqueur religieux (1963).

En 1978, il a fondé Chrétiens Magazine avec Christian Ravaz.

C’est un mariologue (études de la Vierge Marie) et un spécialiste des apparitions. Il a abondamment publié sur le cas d’Yvonne-Aimée de Malestroit (Yvonne Beauvais), sur laquelle un décret du Saint-Office avait interdit de publier. Rome l’a autorisé en 1981 à rouvrir le dossier. Il poursuit méthodiquement sa réhabilitation.

 

Critiques

Le père Laurentin s’est attiré de nombreuses critiques, notamment pour son traitement des apparitions mariales de Medjugorje. On lui reproche non seulement de manquer de discernement dès lors qu’il est persuadé d’être en présence de manifestations de la Vierge ou autres mais également de ne pas hésiter à minimiser voire à passer sous silence ou carrément falsifier des faits qui seraient de nature à invalider la réalité de ces manifestations5. Alors que dans certains de ses ouvrages, il prenait position pour des apparitions ou des révélations, l’Église a pris par la suite des positions condamnant sans ambiguïté ces manifestations, comme ce fut notamment le cas de Vassula Ryden.

 

 

Études et diplômes

Études secondaires à l’institut Sainte-Marie de Cholet ;

Licencié en philosophie scolastique Institut catholique de Paris, 1938 ;

Docteur en théologie de l’Institut catholique de Paris, 9 février 1953, « cum singulari prorsus laude » ;

Docteur ès lettres (Sorbonne de Paris, 7 juin 1952, mention très honorable).

 

Académies

Membre de l’Académie mariologique internationale des Franciscains – Rome (1955) ;

Membre de l’Académie mariologique salésienne (1988) – Théologique de Rome (1989) ;

Membre associé de l’Académie internationale Greci-Marino (Vercelli) ;

Membre de l’Académie des docteurs d’État.

 

Fonctions

Professeur à l’université catholique de l’Ouest ;

Visiting professor à l’Institut catholique de Paris, en plusieurs universités italiennes et américaines dont l’University of Dayton, Ohio et l’Institut pontifical catéchétique d’Arlington ;

Vice-président de la Société française d’études mariales (1962-1997).

 

Décorations et distinctions

L’abbé René Laurentin a reçu le Prix de la culture catholique7 le 25 octobre 1996 : « René Laurentin a exercé une profonde influence également dans la culture religieuse de l’Italie dont il parle la langue, et dans laquelle il est écouté et apprécié, tout comme d’ailleurs dans sa France natale. Il a mis son énergie de prêtre catholique au service d’un apostolat moderne, à la recherche d’une apologétique pour notre temps. Face aux attaques portées à la foi, tant par le rationalisme incrédule, que par un certain “spiritualisme” sentimental, ce chrétien s’est battu pour le caractère raisonnable du fait de croire ».

Il est également :

officier de la Légion d’honneur (2002) ;

Croix de guerre 1939-1945 (deux citations) ;

Prix de l’Académie française :

en 1954, Prix Ferrières pour sa thèse Marie, l’Église et le sacerdoce, sur examen de Paul Claudel,

en 1958, Prix Véga et Lods de Wegmann, pour Lourdes : documents authentiques,

en 1979, Prix Cardinal Grente, pour La vie de Bernadette (600 000 exemplaires),

en 1983, Prix Broquette-Gonin (littérature) pour Les Évangiles de l’Enfance) ;

Marian Award de l’University de Dayton pour son œuvre sur la Vierge (1964) ;

Prix Wlodzimierze Pietrzak (Varsovie) décerné pour l’ensemble de son œuvre (1974) ;

Prix œcuménique Sapienza (Italie) (1984) ;

Prix Magnificat pour son œuvre théologique décerné à Manille par Mme Cori Aquino (1987) ;

Plume d’or des amitiés Franco-Yougoslaves (1988) ;

Prix de culture catholique remis à Bassano di Grappa (Italie, Vénétie) (1996).

Le 30 avril 2009, Benoît XVI le promeut « monseigneur René Laurentin, prélat de sa Sainteté »

  

Œuvres du Père Laurentin

 

Le Père René Laurentin a écrit près de 160 livres.

Ouvrages de mariologie

Le titre de corédemptrice, étude historique Éditions Lethielleux (1951)

Iconographie du sacerdoce de la Vierge, Thèse secondaire de doctorat ès lettres – inédit (1952)

Marie, l’Église et le sacerdoce : I Étude historique – II Étude théologique – Éditions Lethielleux (1953)

Court traité sur la Vierge Marie – Éditions Lethielleux (1953) – Éditions François-Xavier de Guibert (2009)

Notre Dame et la messe – Éditions Desclée de Brouwer (1954)

Le mystère de la naissance virginale – Tirage privé (1955)

La question mariale – Éditions du Seuil (1963)

Marie, Mère du Seigneur – Éd. Desclée (1984)

Vie de Marie – Éditions François-Xavier de Guibert (1987)

Une année de grâce avec Marie – Éd. Fayard (1987)

Je vous salue Marie – Éd. Desclée de Brouwer (1988)

Le vœu de Louis XIII – Éditions François-Xavier de Guibert (1988)

Un avent avec Marie vers l’an 2000 – Éd. Fayard (1990)

Retour à Dieu avec Marie : de la sécularisation à la consécration – Éditions François-Xavier de Guibert (1991)

Comment la Vierge Marie leur a rendu la liberté – Éditions François-Xavier de Guibert (1991)

Magnificat : action de grâce de Marie – Éd. Desclée de Brouwer (1991) – Éditions François-Xavier de Guibert (2011)

Lire la bible avec Marie – Éditions François-Xavier de Guibert (1993)

Marie, clé du mystère chrétien – Éd. Fayard (1994)

Vie authentique de Marie – L’Œuvre Éditions (2008)

Présence de Marie histoire, spiritualité, fondements doctrinaux – Éd. Salvator (2011)

La Vierge des derniers temps – Éd. Salvator (2014)

Le Rosaire. Les Vingt Mystères revisités – Éd. du Gingko (2016)

 

Ouvrages sur les apparitions

Général

Multiplication des apparitions de la Vierge aujourd’hui. Est-ce elle ? – Éd. Fayard (1988, augmenté en 1996)

Dictionnaire des apparitions de la Vierge Marie, avec Patrick Sbalchiero – Éd. Fayard (2007).

Lourdes

Sens de Lourdes – Éd. Lethielleux (1955)

Lourdes : documents authentiques 7 volumes – Éd. Lethielleux (1957-1966) En collab. avec Dom B. Billet à partir du t. 2

Bernadette raconte les apparitions – Éd. Lethielleux (1958)

Lourdes, l’Église et la science – Éditions Albin Michel (1958)

Messages de Lourdes – Éditions Bonne Presse (1958)

Lourdes, histoire authentique des apparitions 6 vol. Éditions Lethielleux (1961-1964)

Lourdes, pèlerinage pour notre temps – Éd. du Chalet (1977)

Lourdes, récit authentique des apparitions, (2002)

Medjugorje

La Vierge apparaît-elle à Medjugorje ? – Éditions François-Xavier de Guibert (1984 et 1990, livre bilan augmenté)

Dernieres nouvelles de Medjugorje, série de 17 volumes – Éditions François-Xavier de Guibert (1984-1998)

Études médicales et scientifiques sur Medjugorje – Éditions François-Xavier de Guibert (1984 et 1998)

Medjugorje – Récit et chronologie des apparitions – Éditions François-Xavier de Guibert (1986)

Apparitions de la Vierge à Medjugorje, où est la vérité – Éd. du Berger (1987)

Message et pédagogie de Marie à Medjugorje. Corpus chronologique des messages – Éditions François-Xavier de Guibert (1990)

Autres

Pontmain, histoire authentique 3 vol. – Apostolat des éditions (1970)

Miracle à El Paso – Éd. Desclée de Brouwer (1981)

El Paso : le miracle continue – Éd. Desclée de Brouwer (1988)

Scottsdale: Messages du Christ et de Marie à une paroisse des États-Unis – Éditions François-Xavier de Guibert (1993)

Le secret de La Salette, avec M. Corteville – Éd. Fayard (2002)

Argentina

San Nicolas en Argentine : des apparitions assumées par l’Église – Éd. Éditions François-Xavier de Guibert (1990)

¿Se aparece la Virgen en Salta? – Éd. Bonum (2011)

Génesis de Salta – Éd. Bonum (2013)

Antecedentes de las apariciones de Salta – Éd. Mundo (2014)

Ouvrages d’exégèse et de théologie

Structure et théologie de Luc 2 tomes – Éditions Gabalda (1957)

Jésus et le Temple – Éditions Gabalda (1966)

Jésus-Christ présent – Éd. Desclée de Brouwer (1980)

Qu’est-ce-que l’Eucharistie ? – Éd. Desclée de Brouwer (1981)

Les Évangiles de l’enfance – Paris, Éditions Desclée, 630 p. (1982) –

Les Évangiles de Noël – Paris Éd. Desclée, 235 p. (1985,1999) – Ed Lethielleux (2010)

L’année sainte – Éditions François-Xavier de Guibert (1983)

Les routes de Dieu – Éditions François-Xavier de Guibert (1983)

Comment réconcilier l’exégèse et la foi – Éditions François-Xavier de Guibert (1984)

Comment prier – Éd. Desclée (1992)

Dieu existe, en voici les preuves – Éd. Brechant (1993)

Le Démon, mythe ou réalité – Éd. Fayard (1996)

Vie authentique de Jésus-Christ – Éd. Fayard (1996)

L’Esprit Saint – 1. Cet Inconnu, découvrir son expérience et sa personne – Éd. Fayard, (1997)

L’Esprit Saint – 2. Source de vie : Les beaux textes – Éd. Fayard, (1998)

Au-delà de la mort du Père, Dieu Notre Père – Éd. Fayard (1998)

Traité de la Trinité – Éd. Fayard (1999)

La Trinité, mystère et lumière – Éd. Fayard (1999)

Traité sur la Trinité. Principe, modèle et terme de tout amour – Éd. Fayard (2001)

Nouveau Diatessaron – Les quatre évangiles en un seul – Éd. Fayard (2002)

Ouvrages sur l’Église et le Concile

L’enjeu du Concile, bilan des quatre sessions et bilan général 5 vol. – Éditions du Seuil (1963 à 1966)

Enjeu et bilan du Synode 4 vol. – Éditions du Seuil (1966 à 1970)

L’Église et les juifs à Vatican II – Éditions Catermann (1967)

Nouveaux ministères et fin du clergé devant le 3e Synode (1971)

Crise et promesses d’Église aux États-Unis – Apostolat des éditions (1971)

Réorientation de l’Église après le Synode – Éd. du Seuil (1972)

Renaissance des Églises locales : Israël (1973)

L’Église a-t-elle trahi ? Verse et controverse – Dialogues avec Jean Fourastié – Éditions Beauchesne (1974)

Pentecôtisme chez les catholiques – Éditions Beauchesne (1974)

L’Évangélisation après le quatrième Synode – Éd. du Seuil (1975)

20 ans après le Concile : un synode extraordinaire – Éditions François-Xavier de Guibert (1984)

Église qui vient : Au-delà des crises – Éd. Desclée (1989)

Regards sur la société

Flashes sur l’Amérique latine – Éditions du Seuil (1966)

Dieu est-il mort ? – Apostolat des éditions (1968)

Développement et Salut – Éditions du Seuil (1969)

Nouvelles dimensions de la charité – Apostolat des éditions (1970)

Nouvelles dimensions de l’espérance – Éditions du Cerf (1972)

Flashes sur l’Extrême-Orient – Éd. du Seuil (1972)

Israël – Éd. du Seuil (1973)

Chine et christianisme – Éd. Desclée de Brouwer (1977)

Les chrétiens détonateurs des libérations à l’Est -Éditions François-Xavier de Guibert (1991)

Aveugles et voyants, Au-delà des malentendus – Éd. Salvator (2010)

Science philosophie révélation, Trois voies convergentes – Éd. Salvator (2013)

 

Vies de saints et cas de mystiques

Bernadette Soubirous

Logia de Bernadette 3 vol. – Apostolat des éditions (1971)

Bernadette vous parle 2 tomes – Apostolat des éditions (1972)

Visage de Bernadette 2 volumes – Éd. Letheilleux (1978)

Vie de Bernadette – Éd. DDB : Livre de poche – Livre Cadeau – Livre pour jeunes (1978 et 1979),

Petite vie de Bernadette – Éd. Desclée de Brouwer (1987)

Thérèse de Lisieux

Thérèse de Lisieux : Mythe et réalité – Éditions Beauchesne (1972)

Thérèse de Lisieux : Verse et controverse – Dialogues avec J.F. Six – Éditions Beauchesne (1973)

Catherine Labouré

Catherine Labouré et la médaille miraculeuse. Documents authentiques – Éd. Letheilleux (1976)

Procès de Catherine Labouré. Documents authentiques – Éd. Letheilleux (1978)

Vie authentique de Catherine Labouré 2 volumes – Éd. DDB – Livre de poche racontée à tous (1980 et 1981)

Petite vie de Catherine Labouré – Éd. Desclée de Brouwer (1988)

Alphonse de Ratisbonne

Alphonse de Ratisbonne : vie authentique – 1. La jeunesse 2 volumes – Éditions François-Xavier de Guibert (1980)

Alphonse de Ratisbonne : vie authentique – 2. L’apparition à Alphonse de Ratisbonne 2 volumes – Éditions François-Xavier de Guibert (1993)

Mère Yvonne-Aimée de Malestroit

Un amour extraordinaire : Yvonne-Aimée de Malestroit – Éditions François-Xavier de Guibert (1985)

Prédictions de Mère Yvonne-Aimée de Malestroit : cas unique de vérification scientifique – Éditions François-Xavier de Guibert (1987)

Écrits spirituels de Mère Yvonne-Aimée de Malestroit – Éditions François-Xavier de Guibert (1987)

Yvonne-Aimée : priorité aux pauvres en zone rouge et dans la Résistance – Éditions François-Xavier de Guibert (1988)

Stigmates de Mère Yvonne-Aimée – Éditions François-Xavier de Guibert (1988)

Formation spirituelle et discernement chez Mère Yvonne-Aimée de Malestroit – Éditions François-Xavier de Guibert (1990)

Bilocations de Mère Yvonne-Aimée – Éditions François-Xavier de Guibert (1990)

L’amour plus fort que la souffrance. Dossier médical d’Yvonne-Aimée, en collaboration avec le Docteur Patrick Mahéo – Éditions François-Xavier de Guibert (1993)

Biographie de sœur Yvonne-Aimée : 1. La sainte enfance – Éditions François-Xavier de Guibert (1998)

Biographie de sœur Yvonne-Aimée : 2. L’essor mystique – Éditions François-Xavier de Guibert (1999)

Biographie de sœur Yvonne-Aimée : 3. Premiers pas dans la vie religieuse et mort manquée – Éditions François-Xavier de Guibert (2000)

Biographie de sœur Yvonne-Aimée : 4. La grande épreuve et les gloires – Éditions François-Xavier de Guibert (2001)

Grignon de Montfort

Dieu est ma seule tendresse : Grignon de Montfort – Éditions François-Xavier de Guibert (1994) avec édition critique du secret (1996)

Petite vie de Grignon de Montfort – Éd. Desclée de Brouwer (1996)

Vassula Ryden

Quand Dieu fait signe. Réponse aux objections contre Vassula – Éditions François-Xavier de Guibert (1993)

Qui est Vassula ? – Éditions François-Xavier de Guibert (1995)

Autres

Petite vie de saint Pierre – Éd. Desclée de Brouwer (1992)

Petite vie de Jean-Baptiste – Éd. Desclée de Brouwer (1993)

Petite vie de Marie-Louis Trichet – Éd. Desclée de Brouwer (1993)

La passion de Madame R. Édition du journal d’une mystique – Éd. Plon (1993)

Marie Deluil-Martiny – Précurseur et martyre – Béatifiée par Jean-Paul II – Éd. Fayard (2003)

La vie de Marie d’après les révélations des mystiques : Que faut-il en penser ?, avec François-Michel Debroise – Presses de la Renaissance (2011)

Maria Valtorta

Dictionnaire des personnages de l’Évangile, selon Maria Valtorta, avec François-Michel Debroise et Jean-François Lavère – Éd. Salvator (2012)

Divers

Une centaine d’articles parus dans diverses revues théologiques : Nouvelle revue théologique – Revue des sources philosophiques et théologiques – Concilium – Vie spirituelle – Éphémérides mariologicae – Marianum etc.

Articles de dictionnaire dans : Catholicisme – dictionnaire des religions – Marienlexicon etc.

Plusieurs centaines d’articles dans Le Figaro et une douzaine dans Le Figaro Magazine – Ouest-France – Avvenire – Chrétiens Magazine

25 préfaces à divers ouvrages, dont le Tome 3 de Maria (1954) et le Dictionnaire de l’extraordinaire – Éd Fayard (2002)

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Source : Wikipédia

CROIX GLORIEUSE, FETE LITURGIQUE, FETES DE LA SAINTE CROIX, JESUS-CHRIST

Fêtes de la Sainte Croix

Fêtes de la Croix

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Icône russe de l’Exaltation de la Croix. (Icône de Iaroslavl par Goury Nikitine, 1680. Galerie Tretiakov, Moscou).

Les calendriers liturgiques chrétiens comportent différentes Fêtes de la Croix qui célèbrent toutes la Croix ayant servi à la crucifixion de Jésus-Christ. Alors que le Vendredi saint commémore la Passion du Christ et sa crucifixion, ces jours de fête honorent la Croix elle-même comme instrument du Salut.

Exaltation de la Sainte-Croix, 14 septembre

Cette fête s’appelle en grec ancien : Ὕψωσις τοῦ Τιμίου καὶ Ζωοποιοῦ Σταυροῦ, « Exaltation de la précieuse et vivifiante Croix » et en latin : Exaltatio Sanctae Crucis.

Selon une tradition largement répandue, la Vraie Croix fut découverte en 326 par sainte Hélène, mère de l’empereur Constantin le Grand, lors d’un pèlerinage qu’elle fit à Jérusalem. Par ordre d’Hélène et de Constantin, l’église du Saint-Sépulcre fut bâtie sur le lieu de la découverte. L’église, conservant une portion de la Croix, fut consacrée neuf ans plus tard. Une légende raconte qu’en 614, cette relique fut dérobée et emportée par les Perses. Reconquise en 618 par l’empereur byzantin Héraclius, elle fut d’abord rapportée à Constantinople puis renvoyée plus tard à Jérusalem.

La date de la fête commémore la consécration de l’église du Saint-Sépulcre en 3352. Ce fut alors une fête de deux jours : l’église fut consacrée le 13 septembre ; la relique de la Croix fut extraite de l’église le 14 septembre et présentée à l’adoration des fidèles.

 

Pratique occidentale

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Exaltation de la Sainte-Croix, Les Très Riches Heures du duc de Berry (musée Condé, Chantilly)

Dans le rite romain de l’Église catholique, le clergé arbore des habits sacerdotaux de couleur rouge le jour de la Sainte-Croix. Même si ce jour est un dimanche, la messe est celle de la fête avec ses lectures propres. Dans l’Église d’Angleterre et autres Églises anglicanes, le rituel précise également que les vêtements sacerdotaux sont rouges le jour de la Sainte-Croix

Jusqu’en 1960, quand on considérait encore comme premier dimanche de septembre le dimanche plus proche du premier jour du mois, les mercredi, vendredi et samedi de la semaine suivant l’Exaltation de la Croix, la troisième semaine de septembre, constituaient l’un des Quatre-Temps du cycle liturgique annuel, au cours duquel étaient prescrits un jeûne et un rituel approprié. Le Code de Rubriques du pape Jean XXIII définit le premier dimanche de septembre comme le premier qui tombe dans le mois, et par conséquent la troisième semaine, avec la célébration arrivait quelquefois plus tard. Aujourd’hui, l’ordonnancement des célébrations est laissé à l’appréciation de la Conférence épiscopale en fonction des coutumes locales.

Le 14 septembre est la fête capitale de la Congrégation de Sainte-Croix, des Compagnons de la Croix  et de l’ordre monastique anglican de la Sainte-Croix . Cette date est le début du jeûne des Carmélites selon la règle de saint Albert de 1247, qui finit à Pâques. La règle de saint Benoît prescrit cette date comme début de l’hiver des bénédictins, lequel se termine aussi à Pâques.

 

Pratique du rite byzantin

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Croix orthodoxe exposée à la vénération des fidèles pour la fête de l’Exaltation universelle de la précieuse et vivifiante Croix.

Dans le rite byzantin, l’Exaltation (Élévation en grec) universelle de la Précieuse et Vivifiante Croix commémore à la fois l’invention de la Croix en 326 et sa reconquête sur les perses en 628. C’est l’une des douze grandes fêtes du cycle liturgique annuel. Le 14 septembre est un jour de jeûne : la consommation de produits carnés, de laitages et de poisson est proscrite. Il y a un jour d’avant-fête et huit jours d’apodose. Les samedi et dimanche avant et après le 14 septembre comportent des lectures spéciales des Épîtres et de l’Évangile.

La veille de la fête, lors des petites Vêpres, le prêtre prépare un bassin où une croix repose sur un lit de basilic ou de fleurs et la recouvre d’un aër ; il dispose ce bassin sur la table de prothèse ; puis il pose le bassin sur sa tête et, précédé de cierges et du diacre qui encense la croix, il pénètre dans le sanctuaire et dépose le bassin au centre de l’autel, où se trouve normalement le livre de l’Évangile ; celui-ci est déplacé à l’arrière de l’autel. Lors de l’Orthros qui suit, la croix est solennellement transportée au centre de l’église et exposée à la vénération des fidèles.

Les parties des Vêpres et de l’Orthros qui, selon diverses coutumes locales, se tiennent normalement devant l’Icône de la fête (par exemple le chant du polyeleos et l’Évangile de l’Orthros) ont lieu devant la croix9. L’élévation et la cérémonie d’exaltation de la Croix ont lieu à l’Orthros.

La croix demeure au milieu du temple tout le long de l’apodose ; les fidèles la vénèrent chaque fois qu’ils entre ou sortent de l’église. À la fin de l’apodose, le prêtre et le diacre encensent la croix et, après une dernière vénération, rapporte la croix dans le sanctuaire par les Saintes Portes. Ce rituel est reproduit au cours des autres fêtes de la Croix décrites ci-après.

 

Pratique orthodoxe orientale

 

Église apostolique arménienne

Les fidèles de l’Église apostolique arménienne observent un jeûne de cinq jours du 10 au 14 septembre en préparation de la Fête de la Sainte Église pour la Sainte-Croix. Celle-ci est célébrée le 15 septembre. Le 16 septembre commence l’Exaltation (ou élévation de la Sainte-Croix (en arménien : Khachverats), qui dure plusieurs jours. C’est l’une de cinq fêtes majeures de l’Église arménienne et la plus importante des fêtes de la Croix. Selon la tradition de l’Église arménienne, le premier à vénérer la Croix fut l’apôtre Jacques le Juste, frère du Seigneur. Le dimanche le plus proche du 14 septembre, on célèbre l’antasdan (bénédiction des points cardinaux) au cours duquel les quatre points cardinaux de l’église et du Monde sont bénis en signe de sanctification universelle et où une croix (généralement celle de l’autel), ornée de basilic en signe de royauté, est sortie en procession et déposée sur une table à la vue de tous. Le prêtre asperge ensuite les basilics d’eau bénite et les diacres en distribuent une tige aux fidèles qui vénère ensuite la croix.

Le dimanche le plus proche du 28 septembre (et toujours deux semaines après l’Exaltation de la Croix), l’Église d’Arménie célèbre la Fête de la Sainte-Croix de Varak. Cette cérémonie commémore la déposition d’un morceau de la Croix dans le sol arménien à Varagavank ; elle est propre à l’Église arménienne.

Le dimanche le plus proche du 26 octobre, l’Église d’Arménie fête l’Invention de la Sainte-Croix (Kyood Khach) par sainte Hélène en 326.

Église éthiopienne orthodoxe

L’Église éthiopienne orthodoxe tewahedo, l’une des Églises orthodoxes orientales, commémore l’invention de la Vraie Croix le 17 du mois de Meskerem, en calendrier éthiopien, qui correspond au 27 septembre du calendrier Julien (ou un jour plus tard les années bissextiles). La veille de ce jour est appelée Demera, signifiant « feu de joie » en amharique. Le patriarche de l’Église éthiopienne orthodoxe allume un grand feu de joie sur la place Maskal, le plus grand espace d’Addis-Abeba, tandis que d’autres feux sont allumés dans les paroisses de tout le pays. De nombreux fidèles assistent aux chants et aux célébrations de la place Maskal dont le nom signifie Croix en Guèze. Selon la tradition, le feu de joie commémore comment, à la lumière de feux, la Reine Hélène trouva la Croix, ou bien comment, par une série de feux, elle informa son fils Constantin de sa découverte.

Église indienne orthodoxe

Un service spécial est célébré en ce jour par l’Église malankare orthodoxe, en particulier dans l’église de Mor Sabor-Mor Aphroth11 d’Akaparambu  (district d’Ernakulam, état du Kerala, Inde).

 Invention de la Sainte Croix, 3 mai

Dans le rite romain, jusqu’à l’an 1960, on célébrait le 3 mai la fête de l’Invention de la Saint Croix. Il y a plusieurs hypothèses pour en expliquer l’origine. Selon certains la fête célèbre la découverte de la Saint Croix par Sainte Helène en 326. Selon d’autres elle célèbre le recouvrement par l’empereur Héraclius de la Croix enlevée par les Perses. Selon d’autres encore c’est l’anniversaire de l’arrivée à Rome d’un fragment important de la Croix En 1960 elle a été supprimée dans la réforme du pape Jean XXIII (voir Calendrier romain général 1960).

 Invention de la Croix, 13 septembre

L’Église de l’Orient (Église assyrienne de Mésopotamie) célèbre l’Invention de la Croix le 13 septembre. C’est une fête majeure de cette Église. L’Église de l’Orient tient le signe de croix pour un septième sacrement qui scelle tous les autres (il scelle en particulier le mariage, qui ne fait pas partie des sacrements de cette Église). Lors de cette fête, les fidèles se réunissent, chantent et dansent, échangent des vœux et, en certains lieux, sacrifient un mouton.

 Translation d’un morceau de la vivifiante Croix de Malte à Gatchina, 12 octobre

L’Église russe orthodoxe fête le 12 octobre la Translation d’un morceau de la vivifiante Croix de Malte à Gatchina.

Un morceau de la Vraie Croix, ainsi que l’icône de la Vierge de Philerme et la main droite de Jean le Baptiste étaient conservés à Malte par les chevaliers de l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem. En 1798, les troupes françaises s’emparèrent de l’île ; le Grand Maître de l’Ordre, Ferdinand von Hompesch zu Bolheim et ses compagnons, furent autorisés par Bonaparte à quitter l’île avec les reliques de l’Ordre non sans préalablement les avoir dépouillées de leurs reliquaires en métal précieux. Les reliques étaient encore en la possession du Grand Maître quand celui-ci s’installa à Trieste, alors autrichienne, le 18 Juin 1798 et aussi deux mois plus tard quand il déménagea à Ljubljana. Von Hompesch abdiqua le 6 juillet 1799. Les chevaliers de l’Ordre élurent Grand Maître le tsar Paul Ier ; celui-ci accepta cette élection et les reliques lui furent présentées le 12 octobre 1799 dans son palais de Gatchina. Elles furent transférées un peu plus tard au Palais d’hiver de Saint-Pétersbourg, dans la chapelle consacrée à l’Icône acheiropoïète du Seigneur. La fête fut établie en 1800

 Invention de la précieuse Croix et des clous précieux par l’impératrice Hélène, 6 mars

Selon le calendrier liturgique de l’Église de l’Orient, ce jour commémore la véritable date de l’Invention de la Précieuse Croix et des Clous précieux par l’impératrice Hélène, le 14 septembre commémorant la consécration de l’église du Saint-Sépulcre de Jérusalem. C’est une fête mineure qui n’a pas les particularités du 14 septembre

 Recouvrement de la Croix, 7 mai

Selon l’ancien rite gallican (du viie au ixe siècle), la Fête de la Croix était célébrée le 3 mai. Lorsque les rites gallican et romain furent fusionnés au ixe siècle, la date du 14 septembre fut instituée pour célébrer la reconquête de la Croix sur les Perses. La date du 7 mai fut conservée pour commémorer le recouvrement de la Croix par sainte Hélène, et se trouve dans le calendrier romain tridentin de saint Pie V. En 1960, le pape Jean XXIII supprima cette fête, de sorte que le calendrier romain général actuel retint la seule date du 14 septembre. La fête du 7 mai est absente aussi dans le calendrier romain général 1960 incorporé dans les livres liturgiques 1962, dont l’emploi est encore autorisé comme forme extraordinaire du rite romain selon le motu proprio Summorum Pontificum du 7 juillet 2007.

 Procession de la Croix, 1er août

Les Églises orthodoxes et catholiques de rite byzantin célèbrent le 1er août la Fête et Procession du Vénérable Bois de la Vivifiante Croix de Jésus-Christ. Ce jour marque le début du Jeûne de la Dormition. Les propres de la fête sont combinés avec ceux de la fête des Maccabées dont l’endurance semble appropriée au premier jour du jeûne de la Dormition. Au contraire du 14 septembre, cette fête est mineure ; toutefois, on y procède à l’exposition et à la vénération de la croix comme lors de l’Exaltation de la Sainte-Croix.

L’histoire de la fête commence à Constantinople. La veille, le 31 juillet, la relique de la Croix était extraite du trésor impérial et déposée sur l’autel de la Grande Église (Sainte Sophie). Le 1er août, elle était solennellement déposée au milieu de la Grand Église ; puis elle était quotidiennement déplacée en procession par la ville, à la vénération des fidèles demandant la bénédiction divine et la guérison des malades, jusqu’à la fête de la Dormition de Theotokos le 15 août ; la relique retournait alors dans le trésor impérial.

En souvenir de cette tradition, il y a fréquemment des processions de la Croix. On procède également à la bénédiction de l’eau le 1er août. Cette fête est la première des trois Fêtes du Seigneur du mois d’août : les deux autres sont la Transfiguration de Jésus-Christ le 6 août et la célébration de l’Icône acheiropoïète du Christ le 16 août. À cause de la bénédiction de l’eau, cette fête est parfois appelée Sauveur des eaux. En ce jour on célèbre aussi en certains lieux le rite de Bénédiction du miel nouveau et ce jour y est appelé Sauveur du Miel.

Selon saint Nicolas d’Ochrid, cette fête fut instituée par accord entre les Églises grecque et russe pour commémorer les victoires simultanées de l’empereur byzantin Manuel Ier Comnène sur les Bulgares et du prince russe André Ier Bogolioubski sur les Sarrasins au xiie siècle

Dans l’Église russe orthodoxe, cette date commémore aussi la Baptême de la Russie le 1er août 988.

 

Fêtes mobiles

En plus des dates fixes, la Croix est célébrée à des dates mobiles, en particulier lors du Grand Carême du temps pascal.

Les Églises d’Orient célèbrent une Vénération de la Croix le troisième dimanche du Grand Carême. Le service de ce jour est adapté de la fête de l’Exaltation de la Croix du 14 septembre : la croix est portée solennellement sur l’autel lors des petites Vêpres et au centre du temple à m’Orthros, toutefois sans le déploiement cérémoniel du 14 septembre

La croix demeure au centre du temple lors de la quatrième semaine du Grand Carême. Les lundi et mercredi de cette semaine, on vénère la croix à l’office de Prime. Le vendredi, la vénération a lieu après l’office de None, après laquelle le prêtre rapporte la croix au sanctuaire19.

Les Églises orthodoxe et catholique romaine, ainsi que certaines Églises anglicanes incluent une Adoration de la Croix lors des offices du vendredi saint.

Mercredis et vendredis

En plus des célébrations décrites ci-dessus, les fidèles orthodoxes commémorent la Croix tous les mercredis et vendredis.

 

Pratiques de vénération de la Croix

Jours de fête

Dans les Églises d’Orient, lors des fêtes décrites ci-dessus, la vénération de la Croix peut avoir lieu à l’Orthros, après l’exposition de la croix, à la fin de la Divine Liturgie ou à la fin des Petites Heures selon la coutume locale.

Les fidèles s’avancent vers la croix, se prosternent deux fois, se signent, baisent les pieds du Christ sur la croix et se prosternent une troisième fois. Fréquemment ils reçoivent ensuite une bénédiction du prêtre et s’inclinent vers les autres fidèles de part et d’autre de l’église (pratique en vigueur surtout dans les monastères).

Fin du service

À la fin de la Divine Liturgie et d’autres offices, il est courant que les fidèles s’avancent et vénèrent la Croix de bénédiction tenue en main par l’évêque ou le prêtre puis baisent la main de celui-ci. Cette pratique est aussi appelée Vénération de la Croix quoiqu’elle ne comporte pas de prostration. La Croix de bénédiction est petite (généralement haute de 25 à 40 cm) ; elle est faite de métal — or ou plaqué or — ; elle est ornée d’émaux et de pierres précieuses et tenue à l’aide d’une étoffe ornée (pratique arménienne). L’image de Jésus (ou soma) est gravée, émaillée ou peinte sur la croix, plutôt que sculptée en relief. Ceci est dû à la préférence des chrétiens orientaux pour les icônes plutôt que pour les statues dans les églises.

ANCIEN TESTAMENT, EVANGILE SELON SAINT LUC, LIVRE DE L 'EXODE, NOUVEAU TESTAMENT, PREMIERE LETTRE DE SAINT PAUL A TIMOTHEE, PSAUME 50

Dimanche 15 septembre 2019 : 24ème dimanche du Temps Ordinaire : textes et commentaires

24éme dimanche du Temps Ordinaire

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Commentaires de Marie-Noëlle Thabut,
dimanche 15 septembre 2019

1ère lecture

Psaume

2ème lecture

Evangile

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PREMIERE LECTURE – livre de l’Exode 32, 7…14

En ces jours-là,
7 le SEIGNEUR parla à Moïse :
« Va, descends,
car ton peuple s’est corrompu,
lui que tu as fait monter du pays d’Égypte.
8 Ils n’auront pas mis longtemps
à s’écarter du chemin que je leur avais ordonné de suivre !
Ils se sont fait un veau en métal fondu
et se sont prosternés devant lui.
Ils lui ont offert des sacrifices en proclamant :
‘Israël, voici tes dieux,
qui t’ont fait monter du pays d’Égypte.’ »

9 Le SEIGNEUR dit encore à Moïse :
« Je vois que ce peuple
est un peuple à la nuque raide.
10 Maintenant, laisse-moi faire ;
ma colère va s’enflammer contre eux
et je vais les exterminer !
Mais, de toi, je ferai une grande nation. »
11 Moïse apaisa le visage du SEIGNEUR son Dieu
en disant :
« Pourquoi, SEIGNEUR,
ta colère s’enflammerait-elle contre ton peuple,
que tu as fait sortir du pays d’Égypte
par ta grande force et ta main puissante ?
13 Souviens-toi de tes serviteurs,
Abraham, Isaac et Israël,
à qui tu as juré par toi-même :
‘Je multiplierai votre descendance
comme les étoiles du ciel ;
je donnerai, comme je l’ai dit,
tout ce pays à vos descendants,
et il sera pour toujours leur héritage.’ »
14 Le SEIGNEUR renonça
au mal qu’il avait voulu faire à son peuple.

Je vous rappelle très rapidement le contexte (pour une présentation plus large, voir les compléments) : trois mois après la sortie d’Egypte, Dieu a proposé l’Alliance à Moïse et à son peuple : et le peuple, unanime, a accepté l’Alliance. Et puis, il y a eu l’extraordinaire manifestation de Dieu, dans les éclairs, le tonnerre, le feu, la nuée. Et, de nouveau, le peuple s’est engagé : « Toutes les paroles que le SEIGNEUR a dites, nous les mettrons en pratique. » Puis Moïse est remonté sur la montagne pour recevoir les tables de la Loi.
L’épisode du veau d’or se situe à ce moment-là : on trouve que Moïse est bien long à redescendre ; on vient de vivre une expérience religieuse extraordinaire, et nous voilà retombés dans le quotidien. On n’entend plus rien, on ne voit plus rien… Où donc est Dieu ? Où donc est Moïse ? Alors la tentation est trop forte ; on exige d’Aaron qu’il fabrique une statue. Quand Moïse, enfin, redescend de la montagne, les tables de la Loi à la main, il est accueilli par les cantiques adressés à la statue !
Clairement, cette fabrication d’une statue a été considérée par Dieu et par Moïse comme une faute. On peut se demander en quoi est-ce mal ? Pour comprendre ce que représentait l’interdiction des idoles, et en quoi la fabrication du veau d’or est une faute, il faut relire les commandements, ce qu’on appelle le Décalogue. La première phrase, on l’oublie souvent, ce n’est pas un commandement, c’est une affirmation : « C’est moi, le SEIGNEUR ton Dieu, qui t’ai fait sortir d’Egypte, la maison de servitude. » Affirmation qui précède les commandements et les justifie, elle en donne le sens. C’est parce que Dieu a libéré son peuple que, maintenant, il lui donne les commandements : ceux-ci n’ont pas d’autre but que d’indiquer la façon de rester un peuple libre et heureux.
Le premier de ces commandements tient en deux points : premièrement, tu n’auras pas d’autres dieux que moi ; deuxièmement, tu ne te feras pas d’idoles… C’est très clair : « Tu ne te feras pas d’idole, ni rien qui ait la forme de ce qui se trouve au ciel, là-haut, sur terre ici-bas ou dans les eaux sous la terre. Tu ne te prosterneras pas devant ces dieux et tu ne les serviras pas, car c’est moi, le SEIGNEUR… » Cette interdiction de fabriquer des idoles était très neuve pour ce peuple sorti d’Egypte, où pullulaient des statues de toutes sortes de dieux représentés sous des formes d’animaux. Et d’ailleurs, si les Hébreux à peine sortis d’Egypte ont eu l’idée de fabriquer un veau en or, c’est parce qu’ils en avaient déjà vus ! Par exemple, on a retrouvé sur une fresque de la nécropole de Thèbes un jeune veau d’or représentant le soleil à son lever. Cette interdiction toute nouvelle est donc très exigeante : la preuve, c’est que, irrésistiblement, le peuple désobéit ; ce serait tellement rassurant de pouvoir mettre la main sur Dieu : le toucher, le voir… mais aussi pouvoir s’en éloigner, s’en cacher…
Mais le culte des idoles n’est qu’une fausse piste et Dieu le sait mieux que nous ; d’abord, parce que toute tentative pour représenter Dieu, le Tout-Autre, est inexorablement vouée à l’échec ; on ne peut pas réduire Dieu à une statue, tout simplement parce que Dieu n’est pas à la mesure de l’homme. Ensuite, plus grave encore, toute tentative pour figer Dieu, le fixer, prétendre avoir un quelconque pouvoir sur lui, est une tromperie ; cela conduit immanquablement à la magie, au fétichisme, et aussi au pouvoir exorbitant du clergé puisque ce sont les prêtres qui sont en quelque sorte les servants de l’idole… (Entre parenthèses, c’est exactement ce qui se passait en Egypte avec le culte d’Amon).
Le culte des idoles est donc à jamais interdit au peuple qui, le premier, a rencontré le Dieu libérateur. Mieux encore, l’interdiction de fabriquer des idoles fait partie de l’entreprise de libération du peuple de Dieu : pour le dire autrement, cette interdiction signifiait un sens interdit, elle rappelait que l’idolâtrie est une fausse piste, une impasse. La liberté était à ce prix. Car notre liberté authentique exige que nous acceptions cette vérité fondamentale ; alors et alors seulement, nous pouvons entrer avec Dieu dans l’Alliance qu’il nous propose.
Le récit nous présente Dieu en colère et Moïse plaidant pour l’apaiser : Dieu dit à Moïse « ton peuple m’a désobéi » et Moïse supplie « Ne te mets pas en colère contre ton peuple ». Evidemment, c’est une façon de parler ! On sait aujourd’hui que Dieu n’est pas sujet à la colère comme n’importe lequel d’entre nous et qu’il n’a pas besoin de paroles d’apaisement pour se calmer. Mais, à l’époque de la sortie d’Egypte, on imaginait encore un Dieu qui ressemble fortement aux hommes avec les mêmes sentiments et les mêmes emportements. Il a fallu des siècles de révélation pour qu’on découvre le vrai visage de Dieu. Au bout du compte, quand la Bible parle de la colère de Dieu, c’est toujours pour exprimer son refus inlassable de nous laisser nous fourvoyer.
Même chose pour le pardon de Dieu : il a fallu des milliers d’années pour que les croyants découvrent que le pardon de Dieu n’est pas conditionné par nos plaidoiries ! La découverte de Dieu est très progressive et ce n’est que très lentement que nos façons de parler de lui évoluent : ce qui est extraordinaire dans ce texte, c’est que déjà le peuple fait l’expérience du pardon de Dieu : un Dieu qui persiste à proposer inlassablement son Alliance après chacune de nos infidélités.
Enfin le peuple gardera toujours en mémoire l’exemple de Moïse : lui, le bénéficiaire des faveurs de Dieu, puisqu’il est le seul à l’avoir rencontré face à face, il ne se désolidarise jamais de son peuple, même quand il est en faute !
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Compléments

1 – le contexte
Cela se passe pendant l’Exode, c’est-à-dire la marche du peuple hébreu dans le désert après la sortie d’Egypte : une période tellement importante qui a marqué profondément la mémoire du peuple. Il y a d’abord eu la sortie d’Egypte, la libération de l’esclavage égyptien sous la conduite de Moïse, et grâce à la protection miraculeuse de Dieu ; et ce fameux chant de victoire qui a suivi : c’était au chapitre 15 du livre de l’Exode ; et puis, tout de suite après, les premières étapes dans le désert ont été autant d’épreuves non seulement pour l’endurance du peuple, mais surtout pour sa foi : on n’était plus habitué à cette vie nomade et à l’insécurité du désert… le manque d’eau potable, la soif, la faim… à chaque nouvelle épreuve, le peuple se révolte contre Moïse qui les a entraînés dans cette folle aventure, et finalement contre ce Dieu qui a promis sa protection mais qui semble parfois les oublier… Ce Dieu de Moïse est à la fois si proche parfois et si insaisissable.
Et puis, trois mois après la sortie d’Egypte, Dieu a proposé l’Alliance à Moïse et à son peuple : « Vous avez vu vous-mêmes ce que j’ai fait à l’Egypte, comment je vous ai portés sur des ailes d’aigle et vous ai fait arriver jusqu’à moi. Et maintenant, si vous entendez ma voix et gardez mon alliance, vous serez ma part personnelle parmi tous les peuples… et vous serez pour moi un royaume de prêtres et une nation sainte. » Et déjà, une première fois, le peuple, unanime, a accepté l’Alliance ; il a répondu : « Tout ce que le SEIGNEUR a dit, nous le mettrons en pratique ».
Puis Moïse, sur l’ordre de Dieu, est monté sur la montagne du Sinaï : et le peuple, ébloui et tremblant à la fois, a assisté à une extraordinaire manifestation de Dieu, dans les éclairs, le tonnerre, le feu, la nuée. Quand Moïse est redescendu de la montagne, le peuple a entendu la proclamation des commandements et a solennellement fait Alliance avec Dieu : au pied de la montagne, Moïse a bâti un autel et offert des sacrifices. Et, de nouveau, le peuple s’est engagé : « Toutes les paroles que le SEIGNEUR a dites, nous les mettrons en pratique. » Puis Moïse est remonté sur la montagne pour recevoir les tables de la Loi.
L’épisode du veau d’or se situe à ce moment-là : pour la suite, voir plus haut le commentaire § 2.
2 – Je reviens sur l’expression « tête dure » : je n’ai pas eu le temps de l’aborder dans les limites de l’émission ; nous la retrouverons pour la fête de la Trinité (année A). « Tête dure » ce sont les termes de notre traduction liturgique ; mais, en hébreu, l’expression originale est « peuple à la nuque raide » ; au passage d’une langue à l’autre, malheureusement, nous avons perdu la richesse de l’image sous-jacente.
Dans une civilisation essentiellement agricole, ce qui était le cas en Israël au temps bibliques, le spectacle de deux animaux attelés par un joug était habituel : nous savons ce qu’est le joug : c’est une pièce de bois, très lourde, très solide, qui attache deux animaux pour labourer. Le joug pèse sur leurs nuques et les deux animaux en viennent inévitablement à marcher du même pas.
Les auteurs bibliques ont le sens des images : ils ont appliqué cette image du joug à l’Alliance entre Dieu et Israël. Prendre le joug était donc synonyme de s’attacher à Dieu pour marcher à son pas. Mais voilà, le peuple d’Israël se raidit sans cesse sous ce joug de l’Alliance conclue avec Dieu au Sinaï. Au lieu de le considérer comme une faveur, il y voit un fardeau. Il se plaint des difficultés de la vie au désert, et finit même par trouver bien fade la manne quotidienne. Au point que Moïse a connu des jours de découragement. Au lieu de se laisser entraîner par la force de Dieu, l’attelage de l’Alliance, en effet, est perpétuellement freiné par les réticences de ce peuple à la nuque raide.

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PSAUME – 50 (51), 3-4, 12-13, 17.19

3 Pitié pour moi, mon Dieu, dans ton amour,
selon ta grande miséricorde, efface mon péché.
4 Lave-moi tout entier de ma faute,
purifie-moi de mon offense.

12 Crée en moi un coeur pur, ô mon Dieu,
renouvelle et raffermis au fond de moi mon esprit.
13 Ne me chasse pas loin de ta face,
ne me reprends pas ton esprit saint.

17 Seigneur, ouvre mes lèvres,
et ma bouche annoncera ta louange.
19 Le sacrifice qui plaît à Dieu, c’est un esprit brisé ;
tu ne repousses pas, ô mon Dieu, un coeur brisé et broyé.

La dernière phrase de ce psaume peut prêter à d’abominables contresens : « Le sacrifice qui plaît à Dieu, c’est un esprit brisé ; tu ne repousses pas, ô mon Dieu, un coeur brisé et broyé. » Dieu pourrait-il se réjouir de voir des coeurs brisés ? Comment concilier cette formule avec d’autres phrases de la Bible ? Par exemple, dans le livre de l’Exode, Dieu se définit lui-même comme le « Dieu miséricordieux et bienveillant, lent à la colère, plein de fidélité et de loyauté » (et cette formule, on la retrouve telle quelle dans plusieurs psaumes, par ex. ps 86,15) ; ou encore toutes les affirmations que Dieu est Père et qu’il est amour et pardon… Et ces affirmations, on les trouve dès l’Ancien Testament car on n’a pas attendu le Nouveau Testament pour découvrir que Dieu est Amour.
Il ne s’agit donc pas d’imaginer que Dieu pourrait trouver une quelconque satisfaction à nous voir souffrir ; penser une chose pareille, c’est lui faire injure : nous qui sommes des parents bien imparfaits, nous ne supportons pas de voir souffrir nos enfants… comment imaginer que le Père par excellence pourrait y prendre plaisir… et si une telle idée nous choque, si j’ose dire, c’est tant mieux !
Et pourtant elle est bien là cette phrase « Le sacrifice qui plaît à Dieu, c’est un esprit brisé ; tu ne repousses pas, ô mon Dieu, un coeur brisé et broyé. » En fait, l’expression « coeur brisé » ne veut pas dire ce que nous croyons : il faut savoir qu’elle n’a pas été inventée par l’auteur du psaume ; on ne peut pas dire exactement quand le psaume 50/51 a été écrit mais il est certain que ses derniers versets au moins ont été écrits très tard, après l’Exil à Babylone : la preuve, c’est qu’ils parlent de la destruction de Jérusalem par Nabuchodonosor et prient pour sa reconstruction, ce qui, évidemment, n’était pas le souci de David ! Voici les derniers versets : « Accorde à Sion le bonheur, relève les murs de Jérusalem. » Nous sommes donc après le retour de l’Exil à Babylone ; or c’est pendant l’Exil que le prophète Ezéchiel a développé l’expression « coeur de pierre, coeur de chair »… C’est au chapitre 36 d’Ezéchiel : « Je vous donnerai un coeur neuf et je mettrai en vous un esprit neuf ; j’enlèverai de votre corps le coeur de pierre et je vous donnerai un coeur de chair. » (Ez 36,26).
L’auteur de notre psaume reprend l’image d’Ezéchiel : ce qu’il appelle un « coeur brisé », c’est le coeur de chair qui apparaît quand notre coeur de pierre, notre carapace, est enfin brisé : un peu comme la coque dure de l’amande, quand on la casse, laisse apparaître l’amande elle-même qui est bonne. Dans le même sens, Jésus, à son tour, employait l’expression « doux et humble de coeur » : cela se traduit dans notre relation à Dieu et dans notre relation aux autres ; dans notre relation à Dieu, le coeur de chair, c’est tout le contraire des nuques raides dont parlait Moïse pendant l’Exode (voir supra la première lecture). Dans notre relation aux autres, le coeur brisé, ou le coeur de chair, c’est celui qui est compatissant et miséricordieux, un coeur tendre, aimant.
Si l’image « coeur de pierre, coeur de chair, coeur brisé » est nouvelle, l’affirmation que le sacrifice est avant tout affaire de coeur, elle, ne l’est pas. Car, si la Loi prévoyait bien des sacrifices d’action de grâce, les prophètes étaient depuis bien longtemps passés par là pour critiquer violemment l’attitude un peu facile qui consiste à offrir des sacrifices au Temple sans changer son coeur. C’est Isaïe, par exemple, qui disait de la part de Dieu : « Ce peuple m’honore des lèvres mais son coeur est loin de moi » (Is 29,13). Et Osée : « C’est la miséricorde que je veux et non les sacrifices »… Ou encore Michée qui s’adressait justement à des gens qui cherchaient à plaire à Dieu et se demandaient quelle sorte de sacrifice Dieu préfère, des veaux, des béliers ou encore de l’huile? : « Avec quoi me présenter devant le SEIGNEUR ?… Me présenterai-je devant lui avec des holocaustes ? Avec des veaux d’un an ? Le SEIGNEUR voudra-t-il des milliers de béliers ? Des quantités de torrents d’huile ? Donnerai-je mon premier-né pour prix de ma révolte ? Et l’enfant de ma chair pour mon propre péché ? » Rien de tout cela, répondait Michée, dans une phrase superbe : « On t’a fait savoir, ô homme, ce qui est bien, ce que le SEIGNEUR exige de toi : rien d’autre que respecter le droit, aimer la fidélité et t’appliquer à marcher avec ton Dieu. » (Mi 6,6-8).
Visiblement, l’auteur du psaume 50/51 a retenu la leçon des prophètes ; et il la dédie au peuple qui se rend au Temple de Jérusalem pour une célébration pénitentielle, et qui, lui aussi, se demande ce qui pourrait plaire à Dieu. Pour célébrer le pardon de Dieu, le peuple se compare au roi David : lui aussi avait péché et pourtant il était le roi, il avait tout reçu de Dieu, il lui devait tout, lui le petit berger de rien du tout, choisi, protégé, comblé par Dieu… (vous vous souvenez de ce qu’on appelle le péché de David : c’est l’histoire de la trop belle Bethsabée que David avait aperçue par la fenêtre ; il l’avait fait venir au palais en l’absence du mari ; un peu plus tard, quand il avait appris que Bethsabée attendait un enfant de lui, David s’était arrangé pour faire tuer sur le champ de bataille le mari gênant, pour pouvoir épouser Bethsabée et reconnaître l’enfant)… Après sa faute, David, rappelé à l’ordre par le prophète Natan, est resté célèbre pour son repentir.
A son tour, le peuple, qui, lui aussi, doit tout à Dieu, se reconnaît pécheur et annonce la miséricorde de Dieu. Et il veut rendre grâce… et c’est là qu’il se demande quelle est la meilleure manière de rendre grâce ; qu’est-ce qui plaît à Dieu ? C’est là que le psaume répond : « Le sacrifice qui plaît à Dieu, c’est un esprit brisé ; tu ne repousses pas, ô mon Dieu, un coeur brisé et broyé. » La leçon est magnifique et encourageante : plaire à Dieu, au fond, c’est bien facile : il suffit d’aimer.

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DEUXIEME LECTURE – première lettre de Saint Paul à Timothée 1, 12-17

Bien-aimé,
12 je suis plein de gratitude
envers celui qui me donne la force,
le Christ Jésus notre Seigneur,
car il m’a estimé digne de confiance lorsqu’il m’a chargé du ministère,
13 moi qui étais autrefois blasphémateur, persécuteur, violent.
Mais il m’a été fait miséricorde,
car j’avais agi par ignorance,
n’ayant pas encore la foi ;
14 la grâce de notre Seigneur a été encore plus abondante,
avec la foi, et avec l’amour qui est dans le Christ Jésus.
15 Voici une parole digne de foi,
et qui mérite d’être accueillie sans réserve :
le Christ Jésus est venu dans le monde
pour sauver les pécheurs ;
et moi, je suis le premier des pécheurs.
16 Mais s’il m’a été fait miséricorde,
c’est afin qu’en moi le premier,
le Christ Jésus montre toute sa patience,
pour donner un exemple à ceux qui devaient croire en lui,
en vue de la vie éternelle.
17 Au roi des siècles,
au Dieu immortel, invisible et unique,
honneur et gloire pour les siècles des siècles. Amen.

Ce texte de Paul est, à lui tout seul, une superbe célébration pénitentielle ; rien n’y manque : l’aveu, le repentir, la proclamation de l’amour et du pardon de Dieu, et enfin le départ en mission pour annoncer à la face du monde la miséricorde de Dieu. La première phrase dit bien le sens du texte : « Je suis plein de reconnaissance » ; et c’est doublement vrai. C’est parce qu’il se reconnaît pécheur pardonné, lui l’ancien persécuteur, qu’il peut accueillir et reconnaître le pardon reçu et qu’il est du coup plein de reconnaissance, d’action de grâce. Et ces quelques lignes débordent littéralement de joie et de reconnaissance : « Il m’a fait confiance, moi qui ne savais que blasphémer, persécuter, insulter… » C’est cela l’inouï de l’amour de Dieu : il n’a pas attendu que Paul ait fait ses preuves pour lui confier un ministère. Il lui a fait confiance ; et c’est cette confiance qui a converti Paul et qui désormais le remplit de reconnaissance et d’énergie pour sa mission… « Je suis plein de reconnaissance pour celui qui me donne la force, car il m’a fait confiance ». Et cet amour et ce pardon que le Christ a prodigués à Paul, nous pouvons être certains qu’il nous les prodigue à nous aussi ; il n’y a pas des traitements différents pour les uns et les autres. Dieu n’est que miséricorde, il ne faut jamais l’oublier : quel que soit notre passé, il est toujours possible d’accueillir son pardon ; à chaque instant il nous fait confiance.
« Il m’a été fait miséricorde, car j’avais agi par ignorance… » : on entend ici en écho la phrase du Christ en croix, « Père, pardonne-leur… ils ne savent pas ce qu’ils font ». Nous devrions toujours penser que ceux qui font le mal le font par ignorance. Pierre dit exactement la même chose aux Juifs de Jérusalem dans les Actes des Apôtres : « Je sais, frères, que c’est par ignorance que vous avez agi, ainsi d’ailleurs que vos chefs ». Paul était d’une parfaite bonne foi quand il persécutait les Chrétiens ; il croyait défendre le vrai Dieu, la pureté de la religion juive. Mais sans qu’il s’en aperçoive, il avait fini par se tromper de Dieu. A sa manière, il était devenu à son tour idolâtre, comme les Hébreux, dans le désert, avec leur veau d’or ; il dit lui-même « Je ne savais que blasphémer », et cette erreur le poussait jusqu’au meurtre, puisque son seul objectif était d’emprisonner et de faire condamner les Chrétiens.
Paul est très lucide sur tout cela et d’autant plus émerveillé du pardon reçu ; un pardon accordé gratuitement ; encore une chose très forte dans ces lignes et que l’on retrouve dans l’histoire de David, (dans le psaume 50/51) comme dans celle de l’enfant prodigue (dans l’évangile de Luc), c’est que Dieu n’attend pas notre aveu, notre repentir pour nous pardonner ! Paul sur le chemin de Damas n’avait que haine au coeur pour les Chrétiens ; il n’a pas eu le temps de demander pardon qu’il était déjà tout baigné dans la lumière et la grâce du Christ. David a vécu la même expérience : le prophète Natan venu le trouver après sa faute a commencé par lui renouveler la confiance et la protection et les bienfaits de Dieu avant de lui demander « Alors, pourquoi as-tu fait ce qui est mal aux yeux du SEIGNEUR? » L’enfant prodigue, quant à lui, n’a pas eu des sentiments bien admirables : c’est seulement la faim qui lui a fait reprendre le chemin de la maison et il n’a même pas eu le temps de réciter en entier sa petite formule toute faite que le Père l’étouffait de baisers et commandait la fête !
L’aveu est utile, pourtant, me direz-vous ; oui, mais non pas pour nous contempler nous ; ce que nous découvre l’aveu, ce n’est pas d’abord notre faiblesse, qui n’est plus à prouver, mais l’immensité de l’amour de Dieu qu’aucune faiblesse, aucune noirceur ne décourage. L’aveu est utile surtout pour nous faire mesurer la grandeur de celui qui nous pardonne (et aussi pour nous éclairer sur les conversions nécessaires) ; ce n’est pas la petitesse du pécheur qui compte, c’est la grandeur de Dieu. D’ailleurs le Rituel du sacrement de pénitence et de réconciliation nous le dit bien : quand il emploie le mot « confesser », il précise : le pénitent confesse d’abord l’amour de Dieu ; et le mot « confesser » veut dire « proclamer ». Donc le pénitent « proclame » d’abord l’amour de Dieu. Et là encore Paul nous donne une leçon : dans cette démarche pénitentielle à laquelle il se livre devant nous, ce n’est pas lui, Paul, qui est au centre, c’est le Christ : le Christ qui lui fait confiance, le Christ qui lui pardonne et lui donne la force, désormais, d’annoncer au monde la générosité de Dieu.
Autre élément très important de l’expérience du croyant, la responsabilité que nous donne le pardon reçu : « Si le Christ Jésus m’a pardonné, c’est pour que je sois le premier en qui toute sa générosité se manifesterait » ; pour le dire autrement, le pardon reçu ne nous engage qu’à une chose : le faire savoir. C’est une chose qu’il ne faut surtout pas garder secrète, mais qu’il faut crier sur les toits ! Là encore on croit entendre le psaume 50/51 : « SEIGNEUR, ouvre mes lèvres et ma bouche annoncera ta louange ! » sous-entendu « annoncera au monde ». Celui qui se reconnaît sauvé devient un témoignage pour le reste du monde : depuis la libération d’Egypte, le peuple libéré est devenu à la face du monde un témoin et une preuve vivante de l’existence de ce Dieu libérateur. De la même manière, Paul, pécheur pardonné, est devenu à la face du monde témoin et preuve vivante du pardon de Dieu accordé à tous les pécheurs : « Voici une parole sûre et qui mérite d’être accueillie sans réserve : le Christ Jésus est venu dans le monde pour sauver les pécheurs ; et moi le premier je suis pécheur, mais si le Christ Jésus m’a pardonné, c’est pour que je sois le premier en qui toute sa générosité se manifesterait ; je devais être le premier exemple de ceux qui croiraient en lui pour la vie éternelle. » Et réellement, ce pardon reçu a ouvert les lèvres de Paul et il annonce au monde la louange de Dieu : précisément, la dernière phrase de ce passage est une pure louange de Dieu : « Honneur et gloire au roi des siècles, au Dieu unique, invisible et immortel, pour les siècles des siècles. Amen . »
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N.B. Beaucoup d’exégètes pensent que cette lettre ne serait pas de Paul, et même bien postérieure à sa mort. Cela ne change rien à la leçon : la communauté destinataire est invitée à méditer l’exemple du grand apôtre, le pécheur-pardonné par excellence.

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EVANGILE – selon Saint Luc 15, 1-32

En ce temps-là,
1 les publicains et les pécheurs
venaient tous à Jésus pour l’écouter.
2 Les pharisiens et les scribes récriminaient contre lui :
« Cet homme fait bon accueil aux pécheurs,
et il mange avec eux ! »
3 Alors Jésus leur dit cette parabole :
4 « Si l’un de vous a cent brebis et qu’il en perd une,
n’abandonne-t-il pas les quatre-vingt-dix-neuf autres dans le désert
pour aller chercher celle qui est perdue,
jusqu’à ce qu’il la retrouve ?
5 Quand il l’a retrouvée,
il la prend sur ses épaules, tout joyeux,
6 et, de retour chez lui, il rassemble ses amis et ses voisins
pour leur dire :
‘Réjouissez-vous avec moi,
car j’ai retrouvé ma brebis,
celle qui était perdue !’
7 Je vous le dis :
C’est ainsi qu’il y aura de la joie dans le ciel
pour un seul pécheur qui se convertit,
plus que pour quatre-vingt-dix-neuf justes
qui n’ont pas besoin de conversion.
8 Ou encore, si une femme a dix pièces d’argent et qu’elle en perd une,
ne va-t-elle pas allumer une lampe, balayer la maison,
et chercher avec soin jusqu’à ce qu’elle la retrouve ?
9 Quand elle l’a retrouvée,
elle rassemble ses amies et ses voisines
pour leur dire :
‘Réjouissez-vous avec moi,
car j’ai retrouvé la pièce d’argent que j’avais perdue !’
10 Ainsi je vous le dis :
Il y a de la joie devant les anges de Dieu
pour un seul pécheur qui se convertit. »
11 Jésus dit encore :
« Un homme avait deux fils.
12 Le plus jeune dit à son père :
‘Père, donne-moi la part de fortune qui me revient.’
Et le père leur partagea ses biens.
13 Peu de jours après,
le plus jeune rassembla tout ce qu’il avait,
et partit pour un pays lointain
où il dilapida sa fortune en menant une vie de désordre.
14 Il avait tout dépensé,
quand une grande famine survint dans ce pays,
et il commença à se trouver dans le besoin.
15 Il alla s’engager auprès d’un habitant de ce pays,
qui l’envoya dans ses champs garder les porcs.
16 Il aurait bien voulu se remplir le ventre
avec les gousses que mangeaient les porcs,
mais personne ne lui donnait rien.
17 Alors il rentra en lui-même et se dit :
‘Combien d’ouvriers de mon père ont du pain en abondance,
et moi, ici, je meurs de faim !
18 Je me lèverai, j’irai vers mon père,
et je lui dirai :
Père, j’ai péché contre le ciel et envers toi.
19 Je ne suis plus digne d’être appelé ton fils.
Traite-moi comme l’un de tes ouvriers.’
20 Il se leva et s’en alla vers son père.
Comme il était encore loin,
son père l’aperçut et fut saisi de compassion ;
il courut se jeter à son cou
et le couvrit de baisers.
21 Le fils lui dit :
‘Père, j’ai péché contre le ciel et envers toi.
Je ne suis plus digne d’être appelé ton fils.’
22 Mais le père dit à ses serviteurs :
‘Vite, apportez le plus beau vêtement pour l’habiller,
mettez-lui une bague au doigt et des sandales aux pieds,
23 allez chercher le veau gras, tuez-le,
mangeons et festoyons,
24 car mon fils que voilà était mort,
et il est revenu à la vie ;
il était perdu,
et il est retrouvé.’
Et ils commencèrent à festoyer.
25 Or le fils aîné était aux champs.
Quand il revint et fut près de la maison,
il entendit la musique et les danses.
26 Appelant un des serviteurs,
il s’informa de ce qui se passait.
27 Celui-ci répondit :
‘Ton frère est arrivé,
et ton père a tué le veau gras,
parce qu’il a retrouvé ton frère en bonne santé.’
28 Alors le fils aîné se mit en colère,
et il refusait d’entrer.
Son père sortit le supplier.
29 Mais il répliqua à son père :
‘Il y a tant d’années que je suis à ton service
sans avoir jamais transgressé tes ordres,
et jamais tu ne m’as donné un chevreau
pour festoyer avec mes amis.
30 Mais, quand ton fils que voilà est revenu
après avoir dévoré ton bien avec des prostituées,
tu as fait tuer pour lui le veau gras !’
31 Le père répondit :
‘Toi, mon enfant, tu es toujours avec moi,
et tout ce qui est à moi est à toi.
32 Il fallait festoyer et se réjouir ;
car ton frère que voilà était mort,
et il est revenu à la vie ;
il était perdu,
et il est retrouvé ! »

« Cet homme fait bon accueil aux pécheurs, et il mange avec eux ! » Dans la bouche des scribes et des Pharisiens, c’est un reproche ; au contraire, pour l’évangéliste et pour nous-mêmes, comme pour Paul dans la lettre à Timothée (notre deuxième lecture), c’est, bien sûr, un sujet d’émerveillement ! Pourquoi ? Parce que nous n’aurions pas l’audace, ni les uns ni les autres, de nous compter parmi les quatre-vingt-dix-neuf justes de la première parabole. Chacun de nous est ce pécheur invité à donner de la joie au ciel par sa conversion. Entendons-nous bien : le mot « conversion » ne signifie pas changement de religion, mais un changement de direction, un véritable demi-tour : nous tournions le dos à Dieu, et nous nous retournons vers lui. Eh bien, nous pouvons nous dire que chaque fois que nous avons pris la décision de faire demi-tour, nous avons donné de la joie au ciel.
La joie est bien la tonalité majeure de ces trois paraboles : la joie de Dieu s’entend. Une fois encore, on est dans la droite ligne de l’Ancien Testament ; là où nous entendions Sophonie parler de la « danse » de Dieu : « Le SEIGNEUR ton Dieu est au milieu de toi… Il aura en toi sa joie et son allégresse, il te renouvellera par son amour ; il dansera pour toi avec des cris de joie, comme aux jours de fête. » (So 3,17-18). Pourquoi une telle joie quand nous prenons le chemin de la réconciliation ? Parce que Dieu tient à nous comme à la prunelle de ses yeux. Et l’expression n’est pas trop forte, elle aussi nous vient tout droit de l’Ancien Testament, plus précisément du livre du Deutéronome : « Le SEIGNEUR rencontre son peuple au pays du désert… Il l’entoure, il l’instruit, il veille sur lui comme sur la prunelle de son oeil. » (Dt 32,10).
Il veille, en effet, au point de partir lui-même à la recherche de la brebis perdue, car il sait bien qu’elle ne reviendra pas toute seule ; il veille au point de mettre la maison sens dessus dessous pour retrouver la pièce ; et s’il ne part pas lui-même à la recherche du prodigue, c’est pour respecter sa liberté ; mais il veille, là encore, au point d’attendre sur le pas de la porte l’ingrat qui est parti au loin et de l’accueillir par une fête sans s’interroger sur les véritables sentiments de son fils : car on peut quand même se demander si la contrition du garçon est vraiment parfaite ? Et, plus tard, il supplie le fils aîné parce que, pour lui, la fête n’est pas complète s’il en manque un.
Dernière remarque : Jésus fait appel à notre expérience : « Lequel d’entre vous n’irait pas chercher sa brebis perdue…? » Ce qui veut dire que, quelque part, nous lui ressemblons, ce qui n’est pas étonnant. Ne peut-on pas en déduire que chaque fois que nous avons fait la fête pour l’enfant qui revient, chaque fois que nous avons pardonné à l’ami, à l’époux, à l’épouse, (à l’ennemi aussi !), chaque fois que nous avons remué ciel et terre pour essayer d’empêcher quelqu’un de sombrer, physiquement ou moralement, nous avons ressemblé à Dieu ; nous avons été son image : ce qui est, après tout, notre vocation, n’est-il pas vrai ?
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NB. La troisième parabole, celle de l’enfant prodigue est proposée pour le Quatrième dimanche de Carême, de l’Année C ; on ne trouve donc ici que quelques remarques sur l’ensemble des trois paraboles, puisque, cette fois, elles nous sont proposées en une seule et même lecture.

EGLISE CATHOLIQUE, ERIC DE MOULIN-BREAUFORT (1962-....), L'EGLISE FACE A SES DEFIS, LIVRE, LIVRES, LIVRES - RECENSION

L’Eglise face à ses défis de Mgr Eric de Moulin-Beaufort

L’ÉGLISE FACE À SES DÉFIS

Mgr Éric de Moulins-Beaufort, président de la Conférence des évêques de France, publie jeudi 12 septembre, L’église face à ses défis (1), un recueil de réflexions sur les abus sexuels dans l’Église, le sens du sacerdoce, qui comporte un texte inédit sur la mission de la famille.

L’occasion de partager sa vision, comme sa méthode, à l’heure où « le monde et l’Église semblent s’éloigner inéluctablement ».

Quel témoignage singulier les familles chrétiennes sont-elles appelées à porter dans la société ? À l’heure où l’Assemblée nationale s’apprête à réviser la loi de bioéthique et à autoriser l’ouverture de la PMA aux couples de même sexe et aux femmes célibataires, Mgr Éric de Moulins Beaufort, archevêque de Reims et président de la Conférence des évêques de France, dévoile dans un recueil de réflexions, L’Église face à ses défis, un essai inédit sur les enjeux théologiques et pastoraux du mariage et de la famille.

Ses observations sont traversées par une interrogation structurante : dans un monde qui « se laisse emporter par ses prouesses techniques et technologiques », quelle voix exprimer comme membre d’une famille chrétienne ? Son premier élément de réponse vient comme une invitation à lutter contre une forme d’accusation simpliste : « Il ne serait pas spirituellement juste de ne vivre les secousses portées au mariage et à la famille que comme des attaques venues de l’extérieur », met en garde le président de la CEF qui appelle les chrétiens à se rappeler l’essentiel : « Le phénomène le plus important n’est pas que le mariage chrétien soit bousculé. Le plus décisif est que le mariage chrétien, ou plutôt l’idée chrétienne du mariage est un bouleversement dont les effets sont loin d’être digérés par l’humanité ». Pour l’archevêque de Reims, le mariage chrétien a en effet révolutionné l’institution matrimoniale, transfigurant l’union opportune de deux lignées en « la rencontre possible d’un homme et d’une femme, qui n’a pas à s’achever ».

 

« Pas de vérités toutes faites »

 

Alors que le président de la Conférence des évêques a plusieurs fois affirmé que « sa place n’était pas dans une manifestation », cet essai « témoigne » en creux de « sa méthode », assure le père jésuite Alban Massie, directeur de la Nouvelle revue théologique qui coédite l’ouvrage. « On reproche parfois aux évêques d’être trop timorés. Ce livre dit quelque chose de la manière dont il exerce sa mission : il ne donne pas de vérités toutes faites, mais des clés pour aider les chrétiens à se faire leur propre réflexion. Je le recommanderais volontiers à un couple engagé dans la voie du mariage. »

Au fil de ses considérations historiques et anthropologiques, le président de la CEF se propose d’analyser avec pédagogie comment l’idée chrétienne de la famille est mise en tension par « la société technicisée, mondialisée, démocratisée ». Selon lui, les points de divergence ne manquent pas entre le message des Évangiles et notre société moderne, devenue progressivement intolérante à la souffrance, où le plaisir gouverne à la place du devoir, et au sein de laquelle la dépendance est vécue comme un fardeau.

Le président de la CEF, appelle donc les chrétiens à vivre leurs différences avant tout dans le témoignage de leur vie. Témoigner que la famille, « communauté de personnes » peut-être un lieu où la souffrance est « affrontée, supportée et intégrée », « que le pardon est possible et même qu’avoir à pardonner fait partie de la grandeur humaine », que la famille puisse « intégrer les personnes âgées ou porteuses d’un handicap, ou atteintes par la maladie, en apprenant à voir en elles, par-delà les charges qu’elles représentent, l’invisible richesse de la capacité à faire le bien et à la recevoir ». Au fond, la mission que propose Mgr Éric de Moulins-Beaufort aux fidèles se trouve résumée dans la préface de son livre : « Les chrétiens fervents ont juste à en faire un peu plus que la plus grande part de leurs concitoyens. »

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