AIX-EN-PROVENCE (BOUCHES-DU-RHÔNE), ANNONCIATION, BARTHELEMY D'EYCK (1420-1470), PEINTRE FLAMAND, PEINTURE, VIERGE MARIE

L’Annonciation de Barthélémy d’Eyck

 

Le retable de l’Annonciation

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Le retable de l’Annonciation, l’un des plus connu de Bathélémy van Eyck était autrefois dans la cathédrale Saint-Sauveur d’Aix-en-Provence avant d’être transféré dans l’Eglise de la Madeleine, puis celle du Saint-Esprit (à partir de 2006) avant de trouver refuge dans le Musée du Viel Aix en 2016. C’est le panneau central qui se trouve ici à Aix. Les deux autres morceaux (les prophètes Isaïe et Jérémie) ont été dispersés dans les musées d’Amsterdam, de Bruxelles et de Rotterdam. Daté de 1445, on l’attribue au Flamand Barthélémy d’Eyck ou au Dijonnais Guillaume Dombet, installé à Aix à cette époque.

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On a souvent parlé des détails « bizarres » de cette peinture. Qu’en est-il vraiment ? La scène se passe vraisemblablement dans une des églises aixoises. L’ange Gabriel, à genoux, dit à la Vierge : Ave gracia plena, Dominus tecum qui veut dire « Je vous salue Marie pleine de grâce, le Seigneur est avec vous ». Marie reçoit le message, un peu étonnée. En haut à gauche, Dieu envoie un rayon de lumière sur elle : un petit singe lève la tête vers ce rayon divin. Que cherche-t-il à faire ?

Plus étonnant encore : au milieu d’un rai de lumière on distingue une forme presque humaine : en regardant attentivement on peut deviner qu’il s’agit de Jésus à l’état de fœtus, portant une croix, envoyé par Dieu en personne.  
Au premier plan on remarque un  vase rempli de fleurs. Ce vase n’est pas sans poser de questions vu l’importance que le peintre semble lui apporter. Quant aux fleurs elles ne sont pas sans poser question non plus !
Certains pensent que oui : dans le Guide de la Provence mystérieuse (éd Tchou), on peut lire qu’il s’agirait de belladone et de digitale, plantes considérées comme diaboliques à l’époque médiévale ! Diaboliques, comme ces étranges chauves-souris au-dessus de la tête de Gabriel, qui soit dit en passant, a des ailes en plumes de chouette, oiseau maudit par excellence ! Alors si  la perspective est superbe, les drapés magnifiques, les visages sereins certains détails peuvent troubler le spectateur !  La légende veut que le peintre, pas assez payé par le commanditaire du retable, se soit vengé en intégrant des éléments inquiétants et très peu chrétiens dans son œuvre ! Na, il ne l’emportera pas au paradis…

 

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Barthélémy d’Eyck (1420-1470)

Barthélemy d’Eyck (peut-être apparenté à la famille de Jan van Eyck, autre célèbre peintre flamand) est un artiste peintre originaire de la principauté de Liège et actif entre 1444 et 1470, peintre de René d’Anjou, à qui plusieurs peintures sur bois, enluminures et dessins sont attribués.

Les archives le désignent à plusieurs reprises comme peintre de René d’Anjou, originaire de la région de Maaseik dans les Pays-Bas, vivant dans l’intimité du prince, par ailleurs roi titulaire de Naples. Cependant, à aucun moment, la documentation historique ne permet de lui attribuer une œuvre avec certitude, seules des déductions de styles effectuées par plusieurs historiens de l’art permettent de lui constituer un corpus d’œuvres. Après quelques hypothèses avancées dès la fin du xixe siècle, c’est principalement depuis les années 1980 que plusieurs historiens tels que Charles Sterling et François Avril ont permis de mettre son nom sur plusieurs œuvres jusque-là attribuées à des maîtres anonymes.

Barthélemy d’Eyck a été identifié au peintre, jusqu’alors anonyme, désigné sous le nom de convention de « Maître du cœur d’amour épris », appelé aussi « Maître du roi René », qui est l’auteur probable des enluminures d’une dizaine de manuscrits réalisés pour René d’Anjou dont le Livre du cœur d’Amour épris, un manuscrit de la Théséide, le Livre des tournois et peut-être même quelques ajouts au calendrier des Très Riches Heures du duc de Berry. Il est aussi assimilé au « Maître du triptyque d’Aix », auteur du Triptyque de l’Annonciation d’Aix, ce qui a permis de voir sa main dans plusieurs autres panneaux sur bois du deuxième tiers du xve siècle. Son style, inspiré de Robert Campin et empruntant à Jan van Eyck, est caractérisé par des personnages d’aspect massif, au regard énigmatique glissant sur le côté. Il use particulièrement de jeux d’ombres et du clair-obscur qui viendraient de son séjour en Provence. Enfin, il manie à de multiples reprises les symboles héraldiques et les emblèmes, sans doute sous l’influence directe de son mécène, le roi René, dont il est très proche. Ces attributions d’œuvres font de plus en plus l’unanimité parmi les historiens d’art, même si certaines d’entre elles sont encore sujettes à controverses.

AIX-EN-PROVENCE (BOUCHES-DU-RHÔNE), ANNONCIATION, ANNONCIATION A MARIE, EGLISE DU SAINT-ESPRIT (AIX-EN-PROVENCE), EVANGILE SELON SAINT LUC, PAROISSE DU SAINT-ESPRIT (Aix-en-Provence : Bouches-du-Rhône), PEINTURE, VIERGE MARIE

Annonciation : Eglise du Saint-Esprit (Aix-en-Provence)

L’Annonciation : 

Eglise du Saitnt-Esprit (Aix-en-Provence)

 

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EVANGILE

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc ‘(1, 26-38)

 En ce temps-là,
l’ange Gabriel fut envoyé par Dieu
dans une ville de Galilée, appelée Nazareth,
à une jeune fille vierge,
accordée en mariage à un homme de la maison de David,
appelé Joseph ;
et le nom de la jeune fille était Marie.
L’ange entra chez elle et dit :
« Je te salue, Comblée-de-grâce,
le Seigneur est avec toi. »
À cette parole, elle fut toute bouleversée,
et elle se demandait ce que pouvait signifier cette salutation.
L’ange lui dit alors :
« Sois sans crainte, Marie,
car tu as trouvé grâce auprès de Dieu.
Voici que tu vas concevoir et enfanter un fils ;
tu lui donneras le nom de Jésus.
Il sera grand,
il sera appelé Fils du Très-Haut ;
le Seigneur Dieu
lui donnera le trône de David son père ;
il régnera pour toujours sur la maison de Jacob,
et son règne n’aura pas de fin. »
Marie dit à l’ange :
« Comment cela va-t-il se faire,
puisque je ne connais pas d’homme ? »
L’ange lui répondit :
« L’Esprit Saint viendra sur toi,
et la puissance du Très-Haut
te prendra sous son ombre ;
c’est pourquoi celui qui va naître sera saint,
il sera appelé Fils de Dieu.
Or voici que, dans sa vieillesse, Élisabeth, ta parente,
a conçu, elle aussi, un fils
et en est à son sixième mois,
alors qu’on l’appelait la femme stérile.
Car rien n’est impossible à Dieu. »
Marie dit alors :
« Voici la servante du Seigneur ;
que tout m’advienne selon ta parole. »
Alors l’ange la quitta.

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Cette oeuvre représentant l’Annonciation de l’Archange Gabriel à Marie est visible dan l’Eglise du Saint-Esprit à Aix-en-Provence quand le retable de l’Assomption (dit retable du Parlement) est fermé durant certaine périoes de l’année : pendant la période de l’Avent et celle du Carême. On aimerait  connaître l’auteur des merveilleuses figues de l’Ange et de la Vierge de l’Annonciation, peintes en grisaille au revers des volets. Leur élégance et leur style d’une impétueuse virtuosité dénotent une main formée à la manière italienne.

AIX-EN-PROVENCE (BOUCHES-DU-RHÔNE), ANDRE BOISSON (1643-1733), ANNONCIATION, ANNONCIATION A MARIE, EGLISE SAINT-JEAN-DE-MALTE (Aix-en-Provence), EVANGILE SELON SAINT LUC, PEINTURE, SAINT JEAN DE MALTE (Eglise ; Aix-en-Provence), VIERGE MARIE

L’Annonciation : tableau dans l’Eglise Saint-Jean-de-Malte (Aix-en-Provence)

L’Annonciation :

tableau d’André Boisson (Eglise Saint-Jean-de-Malte, Aix-en-Provence)

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EVANGILE

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc ‘(1, 26-38)

 En ce temps-là,
l’ange Gabriel fut envoyé par Dieu
dans une ville de Galilée, appelée Nazareth,
à une jeune fille vierge,
accordée en mariage à un homme de la maison de David,
appelé Joseph ;
et le nom de la jeune fille était Marie.
L’ange entra chez elle et dit :
« Je te salue, Comblée-de-grâce,
le Seigneur est avec toi. »
À cette parole, elle fut toute bouleversée,
et elle se demandait ce que pouvait signifier cette salutation.
L’ange lui dit alors :
« Sois sans crainte, Marie,
car tu as trouvé grâce auprès de Dieu.
Voici que tu vas concevoir et enfanter un fils ;
tu lui donneras le nom de Jésus.
Il sera grand,
il sera appelé Fils du Très-Haut ;
le Seigneur Dieu
lui donnera le trône de David son père ;
il régnera pour toujours sur la maison de Jacob,
et son règne n’aura pas de fin. »
Marie dit à l’ange :
« Comment cela va-t-il se faire,
puisque je ne connais pas d’homme ? »
L’ange lui répondit :
« L’Esprit Saint viendra sur toi,
et la puissance du Très-Haut
te prendra sous son ombre ;
c’est pourquoi celui qui va naître sera saint,
il sera appelé Fils de Dieu.
Or voici que, dans sa vieillesse, Élisabeth, ta parente,
a conçu, elle aussi, un fils
et en est à son sixième mois,
alors qu’on l’appelait la femme stérile.
Car rien n’est impossible à Dieu. »
Marie dit alors :
« Voici la servante du Seigneur ;
que tout m’advienne selon ta parole. »
Alors l’ange la quitta.

 

 

 Le tableau de l’Annonciation

L’Annonciation est une composition aux coloris agréables dans le style Contre-Réforme du XVIIè siècle qui a renouvelé le thème de la peinture religieuse après le Concile de Trente (1542-1563) dans toute l’Europe.

  A la fin du Moyen-Age l’Annonciation se passe dans une atmosphère intimiste loin de tout regard extérieur où l’ange et la Vierge sont seuls, face à face dans une pièce où l’on relève des livres de piété et des fleurs. Ici le quotidien s’efface pour signifier une annonce triomphante : l’ange Gabriel lève la main droite et tient dans sa main gauche un lys, symbole de pureté. Derrière la Vierge une foule d’anges dans un ciel rempli d’une lumière irréelle où l’on distingue la colombe du Saint-Esprit. C’est le ciel qui descend sur Marie agenouillée et les mains jointes dans une attitude de totale acceptation.

 

André Boisson

André Boisson (1643-1733) est né à Aix en 1643. Il entre en apprentissage chez Reynaud Levieux pour trois ans. Il continue à travailler avec lui quelque temps malgré l’expiration de son contrat.
En 1667, il fait son testament avant de partir pour Rome où il est rejoint par Reynaud Levieux.
En 1676, il est de retour à Aix. Il exécute simultanément en 1678, le cycle des six tableaux de la Vie de la Vierge pour la chapelle de la Cour des Comptes et les trois tableaux du cycle de sainte Madeleine pour le chœur de la basilique de Saint-Maximin. Il se marie l’année suivante à 36 ans, engage trois apprentis de 1679 à 1681. Devenu veuf, il se remarie en 1681 et aura dix enfants. Dès lors, il accepte les travaux les plus divers (plans de l’Etang de Berre) puis travaille à Avignon jusqu’en 1691 attiré par une clientèle appréciant sa peinture de petit format. Il est alors un artiste aisé.
En 1693, il obtient de réaliser la grande fresque de la Transfiguration du Christ au-dessus de la chapelle du Corpus Domini dans la cathédrale Saint-Sauveur d’Aix. Il participe en 1701 aux décors des entrées des Princes de Bourgogne et de Berry. Il fait plusieurs voyages à Toulouse dans les années 1700 pour revenir à Aix en 1706.
En 1715, il exécute la gravure du frontispice de l’Histoire des plantes de Garidel puis en 1716-1717, une fresque derrière le maître-autel et un retable pour l’église du Saint-Esprit. On perd sa trace de 1719 à 1725. Il meurt à Aix en 1733 de contagion.

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ABBAYE DU MONT-SAINT-MICHEL, MICHEL (archange ; saint), MONT-SAINT-MICHEL (Normandie, France), NORMANDIE (France), STATUES

La statue de Saint Michel : Abbaye du Mont-Saint-Michel (Normandie)

Statue de l’archange Saint-Michel :

au dessus de l’Abbaye du Mont-Saint-Michel

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Le Mont Saint-Michel : la statue de l’archange Saint-Michel terrassant le dragon de l’Apocalypse ; créée en 1877, elle est entièrement lamée d’argent. Cette statue demeure dans la petite église paroissiale dédiée à Saint-Pierre.

Saint-Michel : Michel (ou Michael).

Michel est un archange, un saint céleste et un saint militaire, chef de la milice céleste et défenseur de l’Eglise. Il combat contre les anges rebelles et contre le dragon de l’Apocalypse. Il est représenté ailé et le plus souvent en tenue de soldat ou de chevalier tenant une lance ou un épée et un bouclier orné d’une croix ; quand il combat le dragon il est à pied ou dans les airs, ses caractéristiques permettent de le différencier de Saint-Georges qui combat le dragon en étant sur un cheval, et il n’est pas ailé.

Saint-Michel est aussi un psychopompe, il conduit les morts et pèse les âmes le jour du jugement dernier ; il est souvent présenté portant la balance dans les scènes du jugement dernier.
Parmi ses attributs on cite la balance, le dragon et les ailes puis les coquilles, en lien aux pèlerinages à son sanctuaire au Mont St-Michel en France.

En Europe, le culte de Saint-Michel se développe à partir du Ve et VIe siècles, d’abord en Italie, puis en France, ensuite en Allemagne et sur tout le continent. Ses lieux de culte sont souvent localisés sur les hauteurs comme c’est le cas au Mont Saint-Michel, car il s’agit d’un saint céleste.

Selon la légende de la fondation des édifices du Mont St-Michel les historiens font référence à ce texte :
 » En 708, Aubert évêque d’Avranches, suite à une apparition de l’archange saint Michel, reçoit l’ordre de celui ci de construire un édifice dans lequel seraient loués les mérites du dit archange. L’évêque n’osant croire à pareille chose, ne fit rien et décida d’attendre. L’archange lui apparut une seconde fois mais, ne croyant toujours pas en une apparition angélique, Aubert remit à plus tard cet ambitieux projet. Pourtant, à la troisième apparition, l’évêque ne peut plus avoir de doutes. Saint Michel, dans son courroux de ne point avoir été obéi, et pour preuve de son immense pouvoir lui laissa un trou dans la tête comme témoignage. »

Donc selon la tradition locale, Saint-Michel perfore le crâne de l’évêque Aubert par son l’index angélique afin qui soit sûr de la réalité de son apparition et pour qui se mette à l’ouvrage en construisant un édifice dédié à son culte. Dans des représentations plus récentes datant du fin de XIX siècle (vitrail du transept de Saint-Broladre ; 1885) et du XXe siècle (Ardevon ; 1929) c’est uniquement avec son pouce que Saint-Michel effleure doucement le front de l’évêque, dans un geste d’onction sacramentelle : il s’agit d’une réinterprétation plus adaptée aux sensibilités du XIXe et XXe siècles.

L’évêque Aubert consacra une première église dédiée au culte de Saint-Michel le 16 octobre 709.

http://www.aly-abbara.com/voyages_personnels/france/Mont_St_Michel/St_Michel_Archange_03.php

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La statue de l’archange saint Michel 

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Statue de saint Michel terrassant le dragon

La statue de l’archange Saint-Michel est une sculpture de la Manche placée à la pointe de la flèche de l’église abbatiale du Mont-Saint-Michel.

Elle représente saint Michel menaçant de son épée un dragon incarnant le mal.

Caractéristiques

Dimensions : 617 x 260 x 120 cm (socle compris).

Avec les ailes, l’archange mesure 4,5 mètres de haut.

Poids : 520 kg

L’archange est perché à 156 mètres de haut et sert de paratonnerre .

 

Histoire

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Statue de saint Michel par Fremiet

Au Salon de 1879, Emmanuel Fremiet (1824-1910) expose un « Saint Michel » en bronze qui n’est qu’un petit exemplaire d’édition exécuté par l’éditeur More, l’archange terrasse un serpent à tête d’homme. En 1896, l’architecte Petitgrand, qui dirige le chantier de restauration du Mont-Saint-Michel demande à Fremiet de réaliser un agrandissement de son œuvre, sans doute selon ses directives, le sculpteur modifie le socle pour l’adapter à l’architecture et transforme le démon

L’œuvre monumentale n’est exécutée qu’en 1897 par l’entreprise Monduit ; pour faciliter son installation, elle est en cuivre martelé et doré beaucoup plus léger que le bronze. Le 6 août 1897, les pièces constituant la statue de l’archange sont montées et assemblées par les ouvriers de Philippe Monduit au sommet de la flèche de l’abbaye construite par le charpentier Crepaux  À la même époque, l’entreprise Monduit réalise la statue de la Liberté de Bartoldi à New-York.

Elle est réparée en 1935 sans décrochage ; seuls quelques éléments sont démontés pour être réparés.

Du 15 janvier au 25 mars 1987, à 157 m entre ciel et mer, André Aubert, de Coutances, et ses charpentiers réalisent un échafaudage autour de la flèche du Mont-Saint-Michel pour restaurer la charpente, établir une plate-forme et préparer l’archange à sa restauration L’échafaudage a résisté dans la tempête dans la nuit du 15 octobre 1987.

Le 5 mai 1987, Jean Debroize, commandant de la base Héliservices à l’aéroport de Cherbourg-Maupertus procède au premier hélitreuillage de l’archange Saint-Michel pour sa restauration. À l’époque, c’est un exploit qui se déroule en présence de François Léotard, ministre de la Culture, et sous les yeux de très nombreux spectateurs pour qui le pilote va effectuer deux fois le tour du Mont .

En 2016, pour la mise en conformité du dispositif paratonnerre de l’abbaye et par la même occasion, la restauration de la statue, elle est décrochée et hélitreuillée le mardi 15 mars 2016. Chargée sur un camion, elle rejoint l’atelier Socra de Marsac-sur-l’Isle (Dordogne) pour être réparée et redorée. Une restauration estimée à 450 000 euros. Avec deux fois plus d’or, elle est repositionnée le 26 mai 2016 .

Des répliques

Il en existe deux répliques, toutes deux également réalisées par Monduit : l’une à l’Église Saint-Michel-des-Batignolles, à Paris 17e, l’autre au Musée d’Orsay.

Un grand modèle plâtre (H 220 cm), commande de l’État en 1895, a figuré au Salon de 1896, puis au Musée des beaux-arts de Dijon, don de la veuve de Fremiet en 1910, il est déposé au Musée de l’abbaye du Mont-Saint-Michel depuis 1986.

Le culte de saint Michel

Pour l’homme médiéval qui vit dans l’attente et la crainte de l’au-delà, saint Michel est celui qui conduit les morts et pèse les âmes au jour du jugement dernier.

Au 15e siècle, après la guerre de Cent Ans, la dévotion à saint Michel prend une dimension particulière du fait de la résistance du Mont aux Anglais.

Au 16e siècle, ce culte connaît un nouvel essor avec la Contre-Réforme : seul l’ange militaire peut, aux yeux de l’Église, assurer la lutte contre l’hérésie protestante.

Dans l’iconographie chrétienne, saint Michel est souvent représenté avec une épée et une balance. Les traditions et cultes populaires ont fait de saint Michel le patron des chevaliers et de tous les corps de métiers liés aux armes et aux balances.

Saint Michel est notamment patron des parachutistes qui l’honorent par un largage sur la grève du Mont-Saint-Michel chaque année le 29 septembre

.https://www.wikimanche.fr/Statue_de_saint_Michel_terrassant_le_dragon

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GEORGES DE LA TOUR (1593-1652), LE VIELLEUR A LA MOUCHE, PEINTRE FRANÇAIS, PEINTURE

Le vielleur à la mouche de Georges de La Tour

Le vielleur dit aussi le vielleur à la mouche
Georges de La Tour, vers 1630

Huile sur toile, 162 x 105 cm (Nantes, Musée des Beaux-arts)

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 Ce tableau n’est pas signé. Il a été acquis en 1810 par la ville de Nantes comme une des pièces les plus estimées de la collection Cacault et placé dans le cabinet du maire, à l’hôtel de ville. En 1830, il a été transféré au Musée des Beaux-arts, au moment de sa création. Vers 1860, un nettoyage aurait fait disparaître du fond « une porte ajoutée par un peintre maladroit et sans talent ».

En 1810, il était attribué à Murillo, ce qui fut mis en doute par Mérimée en 1835. En visitant le Musée en 1837, Stendhal le décrit dans un passage célèbre des Mémoires d’un touriste: « Ignoble et effroyable de vérité, tableau espagnol attribué á Murillo. Il n’est pas sans mérite, coloris sage, expression vraie… Peut-être est-il de Vélasquez, qui, à son début, s’essaya dans les sujets vulgaires ». Le nom de Murillo est maintenu dans les catalogues, jusqu’en 1903. Ensuite, c’est la confusion et après des débats l’attribuant successivement à Vélasquez, Zurbaran… c’est le nom de Georges de La Tour qui est proposé en 1923. Les spécialistes se mettent d’accord pour l’exposition Les peintres de la réalité, en 1934 à Paris où le tableau est admis comme un Georges de La Tour. Il s’agirait d’une œuvre  des débuts de La Tour, vers les années 1630. On peut la rapprocher de la Rixe des mendiants du Musée de Chambéry dans lequel on voit aussi un aveugle joueur de vielle.

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Se détachant sur un fond sombre, un pauvre vieillard aveugle chante, en s’accompagnant d’une vielle. L’instrument est élégamment décoré et rendu avec une grande précision. Le musicien tourne la manivelle de sa main droite, ce qui actionne une roue sur laquelle passent les cordes ; il appuie sur les touches de sa main gauche. La vielle est, à l’époque, un instrument très populaire dans toutes les campagnes d’Europe. Le vielleur fait danser aux bals de noce. Mais c’est aussi un instrument de luxe que l’on peut trouver dans de riches familles. Le musicien est assis de biais, les jambes croisées, sur un gros bloc de pierre. D’autres pierres, plus petites, délimitent l’espace, derrière lui, sur sa droite, et devant au premier plan. Il a posé sur l’une d’elles son chapeau rouge garni de plumes. Une mouche peinte en trompe-l’oeil au-dessous du ruban rose explique le titre longtemps donné á ce tableau : le vielleur à la mouche

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L’équilibre du tableau repose sur le jeu des obliques et des courbes : grande oblique de la jambe gauche qui forme un angle avec celle de la manivelle. Un grand arc de cercle allant de la tête au genou gauche, arrondit la composition et enveloppe l’ensemble de la scène dans les courbes amples et douces du manteau. Ces lignes de composition créent une impression d’élégance et donnent au personnage une certaine noblesse.

Le réalisme de ce tableau se situe dans la tradition du Caravage et des peintres espagnols qui ont traité des sujets populaires, des mendiants en guenilles et à qui l’on a justement pensé attribuer un tel thème : Murillo, Vélasquez, Zurbaran… Les yeux clos, la bouche ouverte et édentée, la barbe grise, des cheveux rares et hirsutes sur le côté du crâne chauve, donnent à ce visage une expression de souffrance infinie, comme s’il criait toute la misère humaine. Mais, dit P. Quignard, c’est un cri silencieux : « Vous qui voyez la toile qui est sous vos yeux, n’avez de témoin de votre vue qu’un aveugle. Cet homme qui ne vous voit pas, hurle de douleur: vous ne l’entendez pas ? ».

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Le souci de vérité se lit aussi dans les vêtements : le manteau élimé, la collerette défraîchie, la culotte déchirée aux genoux, tellement usée que l’on voit la trame du tissu dans les plis de la cuisse droite et sur trois lignes parallèles de la cuisse gauche, les bas blancs sont tendus tant bien que mal et resserrés sous le genou par un ruban. Le lacet rouge dénoué des chaussures parle comme un signe de détresse. Enfin, le soin avec lequel est peint dans les moindres détails l’instrument de musique, révèle la volonté de réalisme de l’artiste. Comme dans les tableaux de natures mortes et de vanités, l’artiste mobilise la vue mais aussi l’ouïe. La mouche que l’on a envie de chasser de la main nous invite à une réflexion sur la fragilité, la décrépitude, mais aussi sur le réel et l’illusion.

Ce tableau est classé parmi les « diurnes » de Georges de La Tour, mais il y a un travail de la lumière tellement subtil qu’on ne sait trop s’il fait jour ou s’il fait nuit. La lumière vient de la gauche et les ombres sont portées vers la droite, mais certaines parties sont beaucoup mieux éclairées que d’autres. Le fond sombre est séparé en deux zones d’éclairage différentes. La richesse et l’harmonie des couleurs ont été maintes fois admirées. C’est A. Chastel qui parle « d’une coulée de miel et de vieux rose » (Le Monde, 1972) pour évoquer l’extraordinaire camaïeu de beiges, d’orangés, d’ocres, de blancs rosés, de blancs jaunes, de gris, de roses, soulignés par la tâche rouge du chapeau et le fil rouge des lacets. Misère et grandeur de l’homme, selon Pascal. Georges de La Tour traduit ici magnifiquement les tensions de ce XVIIe siècle, entre la souffrance, la fragilité, la douleur sans nom de son musicien des rues et sa grandeur, sa dignité, sa profonde humanité. Mystère et réflexion sur le travail du peintre, du musicien, de l’artiste créateur relié.

Source : Musée des Beaux-arts de Nantes

 

GEORGES DE LA TOUR (1593-1652)

Georges de La Tour

ABBAYE DU MONT-SAINT-MICHEL, MONT-SAINT-MICHEL (Normandie, France), MONUMENTS HISTORIQUES, NORMANDIE (France), PELERINAGES

L’Abbaye du Mont-Saint-Michel

Abbaye du Mont-Saint-Michel

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L’abbaye du Mont-Saint-Michel est une ancienne abbaye bénédictine et un monument historique situé sur l’îlot du mont Saint-Michel, qui se trouve lui-même sur le territoire de la commune française nommée Le Mont-Saint-Michel, dans le département de la Manche en région de Normandie.

L’abbaye fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques par la liste de 1862.

Le site est doublement inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO : une première fois en 1979 comme bien intitulé « Mont Saint-Michel et sa baie » et une seconde fois en 1998 en tant que composante du bien en série « Chemins de Compostelle en France »2. Propriété de l’État, il est géré par le Centre des monuments nationaux.

Avec plus de 1,355 million de visiteurs par an en 2010, l’abbaye fait partie des premiers sites culturels visités en France.

 

Toponymie

Attestations anciennes : in monte qui dicitur Tumba, vers 850, revelatio. Monte Sancti Michaelis 966, AG NLM.

Le mot tumba, tombe, rare en toponymie, est à interpréter dans le sens de « tertre », « élévation « . Le nom de l’îlot voisin Tombelaine ne procède pas du dieu gaulois Belenos, mais d’un primitif *tumb-ell-ana dérivé du précédent, avec double suffixation, formation homonyme de Tombelaine, hameau du Calvados ou de Tomblaine, commune de Meurthe-et-Moselle.

 

Héraldique

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Les armes de l’abbaye du Mont-Saint-Michel se blasonnent ainsi :

De sable à 10 coquilles d’argent, 4, 3, 2 et 1 ; au chef de France.

Le nombre des coquilles a varié selon les époques. Le blason d’origine était probablement inversé quant aux couleurs (champ d’argent et coquilles de sable) en raison des coquilles naturelles du lieu, fort sombres.
Le chef de France, plutôt attribué aux « bonnes villes » fut donné par Louis XI, « très-dévot à saint Michel » après son pèlerinage à l’abbaye en 1462.Sources: Édouard Corroyer, Description de l’Abbaye, cité ci-dessous.
Ce blason est souvent attribué abusivement à la commune du Mont-Saint-Michel.

 

Histoire primitive du Mont

 

Le Mont-Tombe durant l’Antiquité

Le Mont a été, dès l’origine, un lieu où les hommes ont aimé entendre ou projeter les histoires qui les construisaient et les rassuraient. Ainsi, l’hypothèse selon laquelle il est durant l’Antiquité un lieu de cultes druidiques pour les Abrincates qui habitaient la région autour du mont et l’Avranchin, ne repose que sur des inductions. Selon le chanoine de la cathédrale de Dol et historien Gilles Déric (1726-1800), le rocher était un sanctuaire païen dédié au dieu gaulois du soleil sous le nom de Mons vel Tumba Beleni : mont ou tombe de Belenos, hypothèse aujourd’hui abandonnée, puisqu’aucun niveau d’occupation antique n’a été mis au jour et que Tumba Beneni est certainement une cacographie pour Tumbellana, Tombelaine. Le « Mont-Tombe » (Mons Tumba), nom originel du Mont-Saint-Michel, a pu être appelé ainsi parce qu’il émergeait des sables « à la manière d’un tombeau ». Il est plus vraisemblable que la racine du mot Tombe est en réalité indo-européenne (tum, « tertre ») et est issue d’une dénomination antérieure à la latinisation de la région. Le terme renvoie à la réalité géographique de l’endroit pour désigner un « tertre », une « élévation »

 

Le Mont-Saint-Michel-au-péril-de-la-Mer au début de l’ère chrétienne

Le récit en partie légendaire et miraculeux de la fondation chrétienne de l’abbaye est issu d’un texte en latin de la Revelatio ecclesiae sancti Michaelis in monte Tumba rédigé par un chanoine du Mont-Saint-Michel ou de la cathédrale d’Avranches au ixe siècle. Ce texte de circonstance s’inscrit dans le contexte de lutte de pouvoir entre la Bretagne et le Duché de Normandie avec le royaume franc ainsi que des réformes canoniques entreprises par les empereurs carolingiens. De plus, les chroniqueurs montois du ixe au xiie siècle écrivent pour la gloire de Dieu, du prince et de la communauté où ils vivent, en vue de constituer des « légendes » mais il ne faut voir dans toutes les informations contenues dans leurs récits que de pures inventions et des fables mensongères, d’où la nécessité d’effectuer une lecture critique de ces textes.

À l’avènement du christianisme dans la région, aux alentours du ive siècle, le Mont Tombe fait partie du diocèse d’Avranches, dont les limites correspondent à l’ancien territoire des Abrincates. Au milieu du vie siècle, le christianisme s’implante véritablement dans la baie. À cette époque, le Mont Tombe offre un abri à de pieux solitaires, ermites (probablement des moines celtes insulaires, comme ailleurs en France) approvisionnés par le curé d’Astériac (commune de Beauvoir), qui veillent sur le site et mènent une vie contemplative autour d’oratoires. Les ermites saint Pair et saint Scubilion en fondent un dédié au premier martyr chrétien, saint Étienne, élevé à mi-hauteur du rocher et un second en l’honneur du premier martyr d’Autun, saint Symphorien, élevé au pied du rocher.

 

Le songe de saint Aubert.

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Dès le IVè  siècle, le culte de saint Michel est largement répandu en Orient. Le saint fait son apparition en Occident à la fin du ve siècle avec l’élévation d’un premier sanctuaire à Monte Sant’Angelo dans le massif du Gargano dans les Pouilles en Italie en 492. En 813, Charlemagne étend à l’ensemble de ses états la fête de la Saint-Michel. Dès lors, de nombreuses chapelles et édifices (tours, fondations) lui sont dédiés. Ils sont généralement édifiés dans des lieux isolés et élevés pour rappeler que saint Michel est le « chef » des anges. C’est dans ce contexte qu’est rapportée dans la Revelatio, l’édification, par l’évêque saint Aubert d’Avranches, d’un oratoire dédié à l’archange saint Michel en 708. Selon la légende, Aubert aurait reçu, au cours de son sommeil, trois fois l’ordre de Saint-Michel de faire ériger sur le Mont-Tombe un oratoire. Le sanctuaire doit être, selon les prescriptions de l’ange, une réplique du sanctuaire de Saint Michel au Mont-Gargan en Italie (ve siècle). Aubert fait arracher une pierre cultuelle païenne présente sur le Mont Tombe et construit à la place un sanctuaire circulaire formé de morceaux de roc grossièrement empilés. En 708 environ, Aubert envoie deux chanoines chercher au sanctuaire italien du Mont-Gargan des reliques du lieu : une pierre où il aurait laissé l’empreinte de son pied et un morceau de son voile (ou selon une autre tradition) sur l’autel qu’il avait consacré. C’est au cours de cette mission que le raz de marée de mars 709 aurait englouti la forêt de Scissy et entouré le mont pour en faire une île. Puis selon la tradition montoise remontant au xie siècle, l’évêque fait la dédicace de l’église le 16 octobre 709 et y installe un chapitre de douze chanoines. Le Mont-Saint-Michel était né.

Les restes de l’oratoire ont été retrouvés dans la chapelle Notre-Dame-Sous-Terre. Ce sanctuaire est une chapelle reliquaire qui aurait abrité le tombeau du fondateur, Aubert et les reliques insignes ramenées du Mont-Gargan ou inventées (pierre avec l’empreinte, cape, bouclier, épée, disparues à la Révolution).

Les premières constructions se révèlent insuffisantes et à l’époque carolingienne, d’importants bâtiments sont élevés, autour desquels se répartissent les cellules individuelles des religieux. Pour la première fois en 710, l’île montoise perd son appellation de « Mont-Tombe » pour prendre celui de « Mont-Saint-Michel-au-péril-de-la-Mer », appellation en référence au passage des pèlerins traversant la baie à l’origine d’enlisements ou de noyades. Pendant tout le Moyen Âge, il est couramment surnommé par les clercs Mons Sancti Michaeli in periculo maris avant que ne se fixe progressivement le nom de « Mont-Saint-Michel ».

 

Histoire de l’abbaye

Évolution du Mont-Saint-Michel au cours des siècles

La collégiale Saint-Michel aux IXè et Xè  siècle

Les chanoines du Mont-Saint-Michel se montrent, durant le premier siècle de leur institution, fidèles à la mission qui les a attachés au culte de l’archange saint Michel : leur montagne devient à la fois un lieu de prière, d’étude et de pèlerinage, mais l’ère de stabilité connue par la Neustrie durant le règne de Charlemagne laisse place, à la mort de cet empereur, à une période de grands désordres. Tandis que le reste de la Gaule subit les invasions barbares, la religion et la science trouvent refuge et asile dans le diocèse d’Avranches, et surtout au Mont-Saint-Michel. Profitant de la désunion des petits-fils de Charlemagne, les raids et incursions des Vikings, précédemment contenus, reprennent une nouvelle vigueur.

Les évènements de cette époque ne suspendent d’abord pas les pèlerinages montois dont ce roc vénéré est devenu le centre. Les Vikings atteignent le Mont-Saint-Michel-au-péril-de-la-Mer en 847 et mettent à sac l’église abbatiale. Lors des autres incursions vikings, il semble que les moines du Mont n’aient pas quitté leur monastère. Peut-être sert-il déjà de lieu fortifié ou est-il protégé car relevant de l’aire d’influence du comte de Rennes qui a négocié une alliance avec les Vikings ? En 867, le roi de France Charles le Simple, dans l’incapacité de défendre ses marches occidentales, signe avec le roi de Bretagne Salomon le Traité de Compiègne dans lequel il cède le Cotentin et l’Avranchin. Le Mont appartient en principe aux Bretons mais d’un point de vue religieux, il fait partie du diocèse d’Avranches qui reste dans l’archidiocèse de Rouen. Le traité de Saint-Clair-sur-Epte, conclu en 911 entre Charles le Simple et un chef normand d’origine norvégienne prénommé Rollon, donne naissance à la « marche de Normandie ». Rollon se fait baptiser et donne aux religieux du mont sa terre d’Ardevon, en les assurant de sa constante protection. En 933, Guillaume Longue-Épée, fils et successeur de Rollon, reconnaît l’autorité du roi de France Raoul qui lui concède la « terre des Bretons située en bordure de mer », cette expression désignant probablement le Cotentin et sans doute aussi l’Avranchin jusqu’à la Sélune, frontière entre le Rennais et l’Avranchin. Le Mont-Saint-Michel-au-péril-de-la-Mer est alors en principe sous le contrôle des Normands mais il leur échappe le plus souvent, le littoral de la baie du mont étant âprement disputé par Bretons et Normands. Guillaume Longue-Épée poursuit la politique de restauration des monastères inaugurée par son père.

 

Fondation de l’abbaye bénédictine (965 ou 966)

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Miniature représentant le privilège accordé par le pape Jean XIII, Cartulaire du Mont-Saint-Michel, vers 1150, f.19v.

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Granodiorite de Chausey.

Le rapide développement des richesses de l’abbatiale Saint-Michel finit par constituer un sérieux obstacle à son bon fonctionnement, et même à sa vocation religieuse. Dotés des moyens de satisfaire leurs passions, les chanoines dépensèrent en plaisirs les richesses provenant de la piété des princes, tandis que l’église restait déserte ou n’était fréquentée que par des clercs légèrement rétribués. Les nobles du pays cherchèrent à obtenir les bénéfices de la riche abbaye pour mieux les dépenser dans les plaisirs de la table, du monde et de la chasse, où se passait désormais leur existence.

Lorsque Richard I « Sans Peur », le fils de Guillaume Longue-Épée, lui succède comme duc de Normandie, il tente de résoudre le problème en faisant comparaître les chanoines devant lui pour leur reprocher leurs débordements et leur rappeler le caractère saint de l’abbaye. Après s’être efforcé, en vain, de les ramener à la régularité de la vie religieuse, par les remontrances, les prières et les menaces, Richard prend la résolution, après approbation du pape Jean XIII et du roi Lothaire, de remplacer la collégiale du Mont par un monastère en y faisant établir des bénédictins qui remplacent les chanoines de saint Aubert, comme le mentionne l’Introductio monachorum (« l’installation des moines »), traité composé vers les années 1080-1095 par un moine du Mont-Saint-Michel qui cherche à défendre la thèse de l’indépendance du monastère à l’égard du pouvoir temporel.

S’étant rendu à Avranches, suivi d’un nombreux cortège de prélats et de seigneurs et de trente religieux sortis des abbayes normandes environnantes (monastère de Saint-Wandrille, Saint-Taurin d’Évreux et Jumièges), Richard expédie un des officiers de sa cour avec plusieurs soldats au Mont-Saint-Michel, pour notifier ses ordres aux chanoines : ils doivent se soumettre aux austérités de la vie claustrale en prenant l’habit de saint Benoît ou quitter le Mont. Un seul s’y soumet, tandis que tous les autres abandonnent les lieux, laissant l’abbé Maynard Ier, qui vient de l’abbaye de Saint-Wandrille, y établir la règle bénédictine. Le remplacement des chanoines par des moines bénédictins a lieu en 965 ou 966, année retenue comme celle de la fondation de l’abbaye du Mont-Saint-Michel. Dès lors, les ducs de Normandie veulent faire du mont un des grands centres de pèlerinage de la chrétienté et lancent de vastes chantiers de construction. C’est le début des heures glorieuses pour l’abbaye qui sera dirigée par 41 abbés bénédictins, de 966 à 1622 (date à laquelle l’abbaye s’unit à la congrégation de Saint-Maur, dont les religieux apportent un renouveau de la vie monastique et fait éviter la ruine au site), régnant au Mont sur les âmes et les corps.

Ce sont ces premiers moines bénédictins qui dotent l’abbaye de l’église pré-romane à double nef de « Notre-Dame-sous-Terre », puis font construire à partir de 1060 la nef de l’église abbatiale dont la croisée du transept est établie sur le sommet du rocher. L’île du mont étant trop petite pour abriter une carrière de pierre, les pierres utilisées viennent de l’extérieur : pierre de Caen dont la tendreté favorise l’exécution des sculptures très fouillées (frise des arcades et des écoinçons du cloître) et surtout granite qui provient des carrières des îles Chausey où il est débité sur le roc par des tailleurs de pierre, transporté par mer (blocs halés par-dessous de petites barques ou barges, au moyen d’aussières et d’un treuil actionné à marée haute) et monté en blocs scellés par les maçons. Il s’agit plus précisément d’une granodiorite de nuance gris-bleuâtre, à texture grenue, à grain fin-moyen, à mica blanc dominant. Les enclaves surmicacées, de teinte sombre, sont abondantes. Ces enclaves sont riches en micas noirs qui contiennent du fer et dont l’altération se traduit par une oxydation de type « rouille », formant ainsi des taches dorées brunâtres. La paragenèse principale de cette granodiorite comporte : feldspaths (53,5%) dont 38,5 % de plagioclases (oligoclase-andésine) blancs à gris-bleu et 15 % de feldspath potassique (microcline) blancs ou roses ; quartz, gris vitreux (31 %) ; biotite, mica en paillettes noires (14,5 %). Ce granitoïde a entre autres servi à la construction des manoirs du Cotentin, des trottoirs de Londres, et à la reconstruction de Saint-Malo (trottoirs, quais) en 1949.

Entre l’an 1009 et 1020 environ, la terre entre Sélune et Couesnon est conquise sur les Bretons, faisant définitivement du Mont Saint-Michel une île normande. Ces conflits n’empêchent pas les ducs de Bretagne Conan le Tort, mort en 992, et Geoffroy Ier, mort en 1008, de se faire ensevelir, au titre de bienfaiteurs, au Mont-Saint-Michel.

Cette conquête par les souverains normands sera déterminante pour l’avenir de l’Abbaye. En effet, le contentieux entre l’Eglise catholique et les descendants des vikings reste vif, les hommes du Nord ayant durant des siècles mis à sac, pillé et détruit de façon systématique les monastères se trouvant sur leurs passages. La Normandie est d’ailleurs confiée au souverain Rollin à la condition qu’il se fasse baptiser. Les nouveaux maîtres de la Normandie ont donc à cœur de donner des gages à l’Eglise pour montrer qu’ils sont devenus de bons chrétiens, élément indispensable et dans leur rapport avec leurs populations, et dans ceux avec la couronne de France. Le financement de monastères et d’Eglise, et en particulier de l’Abbaye du Mont Saint Michel, donne donc une occasion rêvée de racheter son image et de se montrer en défenseur et promoteur de la religion chrétienne sur leur territoire. L’essor du Mont sous la souveraineté normande sera donc notamment le fruit d’enjeux très politiques.

 

Un centre de traduction au XIIè  siècle

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Dans la première moitié du XIIè  siècle, les bénédictins du Mont-Saint-Michel auraient eu, selon plusieurs historiens, une grande influence sur le développement intellectuel de l’Europe en traduisant Aristote directement du grec ancien en latin ; le plus vieux des manuscrits des œuvres d’Aristote, en particulier les Catégories, date des Xè et XIè  siècles, soit avant l’époque où d’autres traductions se font à Tolède depuis l’arabe, ou en Italie.

« (…) La bibliothèque du Mont-Saint-Michel au XIIè siècle comportait des textes de Caton l’Ancien, le Timée de Platon (en traduction latine), divers ouvrages d’Aristote et de Cicéron, des extraits de Virgile et d’Horace… »

— Régine Pernoud, Pour en finir avec le Moyen Âge, éd. Seuil, coll. Points Histoire, 1979, p. 18.

Le Mont-Saint-Michel connaît alors son apogée avec l’abbé Robert de Torigni, conseiller privé du duc de Normandie, Henri II d’Angleterre.

 

XIIIè siècle

En 1204, après la commise pour forfaiture de Jean-sans-Terre, le roi de France Philippe-Auguste ayant reconnu, dans un second temps, Arthur de Bretagne comme successeur du roi Richard d’Angleterre, entreprend de s’emparer des fiefs continentaux du duc de Normandie. Entre-temps, Jean-sans-Terre assassine son neveu Arthur puis ravage la Bretagne.

Le roi ayant franchi, avec une armée, la frontière de Normandie pour exécuter cet arrêt, son allié, Guy de Thouars, nouveau duc baillistre de Bretagne, se jette sur l’Avranchin à la tête d’une armée bretonne. Le Mont-Saint-Michel fut le premier point vers lequel se dirigèrent les efforts de Guy de Thouars avant de reprendre l’Avranchin et le Cotentin. Impuissantes à protéger la ville, les palissades, furent emportées d’un choc, la ville fut saccagée et les Montois massacrés, sans considération d’âge ou de sexe. L’assaut breton vint se briser contre les fortifications du monastère : après de longs et inutiles efforts, Guy de Thouars, désespérant de se rendre maître d’une enceinte défendue avec désespoir, se retira en livrant la ville au feu. Le sinistre se développa avec une telle violence que les flammes, s’élançant vers le sommet du mont, débordèrent sur l’abbaye, dont elles réduisirent presque tous les bâtiments en cendres. Seuls, les murs et les voûtes résistèrent et échappèrent à cet embrasement.

Philippe-Auguste ressentit la plus vive douleur de ce désastre, et, voulant effacer les traces de ce malheur, il envoya à l’abbé Jordan une forte somme d’argent destinée à réparer ces ravages. Reconstruit dans le style architectural normand, avec tailloirs des chapiteaux circulaires, écoinçons en pierre de Caen, motifs végétaux, etc., le cloître de la Merveille est achevé en 1228.

 

Guerre de Cent Ans

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Guillaume du Merle, capitaine général des ports de Normandie, établit une garnison royale en 1324. Le prieur du Mont Nicolas le Vitrier opère avec ses moines en 1348 une convention qui divise les revenus en deux parts, l’une pour le monastère, l’autre, réservée à lui-même, constituant la mense abbatiale.

Au début du conflit, l’abbaye perd tous les revenus de ses prieurés anglais.

En 1356, les Anglais prennent Tombelaine, y installent une bastille et commencent le siège de l’abbaye, tête de pont française dans la Normandie anglaise. Peu de temps après, Bertrand Du Guesclin est nommé capitaine de la garnison du Mont et remporte plusieurs victoires qui permettent d’écarter la menace anglaise pour plusieurs années.

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Le châtelet, avec ses tourelles en encorbellement sur contrefort, est construit durant l’abbatiat de Pierre Le Roy, à la fin du XIVè siècle.

En 1386, Pierre Le Roy est élu abbé et ordonne la construction de la tour Perrine, de la tour des Corbins et du Châtelet afin de défendre l’entrée de l’abbaye. Après la bataille d’Azincourt, le nouvel abbé, Robert Jollivet, fait construire à partir de 1417 un rempart pour protéger la ville, ainsi qu’une grande citerne creusée « en roche vive » derrière l’abside de l’abbaye en 1418 pour alimenter le Mont en eau douce. En 1419, Rouen tombe aux mains des Anglais. Le Mont est alors la seule ville de Normandie qui résiste à l’occupant. Craignant la puissance anglaise, Robert Jollivet offre ses services au roi d’Angleterre en 1420 mais un an plus tard, Charles VII nomme Jean VIII d’Harcourt capitaine du Mont pour faire face au risque d’invasion anglaise. Le Mont est alors le seul site de Normandie résistant encore aux Anglais qui l’assiègent entre 1423 et 1440, établissant un blocus par la terre et la mer et édifiant deux bastilles sur Tombelaine et Ardevon.

Le duc de Bretagne, malgré son alliance avec les Anglais, se méfie d’eux et des dangers que la possession de ce roc par ce pays représenterait pour ses provinces. Sur ses ordres, le sieur Briand III de Châteaubriant-Beaufort, son amiral, Guillaume de Montfort cardinal et évêque de Saint-Malo, équipent secrètement dans ce port plusieurs vaisseaux que montent les seigneurs de Combourg, de Montauban, de Chateaubriand, etc., avec un grand nombre de chevaliers et d’écuyers bretons, tous résolus à attaquer les vaisseaux anglais. Cette expédition met en déroute la flotte anglaise (bataille du 16 juin 1425).

Lorsque l’escadre victorieuse vint aborder au Mont-Saint-Michel, les troupes assiégeantes, redoutant une attaque combinée des Montois et des chevaliers bretons, abandonnèrent à la hâte leurs bastilles, laissant toute liberté de ravitailler la place assiégée. À peine les Anglais eurent-ils vu s’éloigner l’escadre auxiliaire qu’ils s’empressèrent de venir relever ses fortifications.

Le Mont-Saint-Michel fut même serré avec plus de rigueur ; toutes ses communications avec la plage furent interceptées et, à chaque marée, la garnison montoise ne pouvait tenter se ravitailler sans que la plage devînt le théâtre d’escarmouches sanglantes.

Jean organise une attaque surprise montée avec son allié, Jean de La Haye, et des assiégés contre des patrouilles anglaises qui se trouve écrasées (« plus de 200 cadavres restèrent sur place ») après quoi les Anglais se terrent dans leurs forts.

Jean d’Harcourt est tué à la bataille de Verneuil en août 1424 et est remplacé par Jean de Dunois, sitôt contesté. Les religieux du Mont renforcent leurs défenses sur leurs propres fonds, en apportant une partie de leur orfèvrerie religieuse à fondre à l’atelier monétaire installé sur le Mont par le roi depuis 1420. Les Anglais renforcent Tombelaine. Louis d’Estouteville remplace Jean le 2 septembre 1424, et ce dernier retire de la ville, le 17 novembre 1424, les femmes, les enfants et les prisonniers. Tombelaine est encore renforcée. À chaque marée basse, les Anglais en descendent jusqu’aux murailles du Mont. La communication n’est possible qu’au prix d’escarmouches et de combats.

C’est en juin ou juillet 1425 que les Anglais recrutent des combattants, dont Robert Jollivet, y compris à Granville, dont Damour Le Bouffy (qui touche 122 livres pour 30 jours), et lance une terrible attaque, qui échoue, contre les Michelistes et les chevaliers bretons.

En novembre 1425, d’Estouteville organise une « sanglante leçon de prudence » : une sortie surprise en force qui culbute les Anglais, « le massacre fut horrible ». Les religieux gagent tous leurs accessoires précieux et renforcent leurs fortifications, construisent la porte, la herse et le pont-levis. Charles VII les encourage à la défense et, puisque isolés, les autorise à battre monnaie en 1426. Les Anglais se calment jusqu’en 1433.

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Les bombardes posées sur affût abandonnées par l’armée de Thomas de Scales, le 17 juin 1434.

En 1433, un incendie ayant détruit une partie de la ville, les Anglais en profitent pour attaquer l’abbaye. C’est une grande offensive que lance Thomas de Scales, le 17 juin 1434, par grande marée basse, avec artillerie et machines de guerre. L’historiographie romantique des 119 chevaliers normands défenseurs du Mont-Saint-Michel ayant résisté pendant trente ans et qui firent un tel massacre lors de cette attaque que les 20 000 Anglais sont repoussés et poursuivis sur les grèves, est une image d’Épinal inventée dans les années 1880. Pendant ce siège de 30 ans, l’abbaye forteresse n’est défendue en permanence que par une vingtaine de personnes alors que les 119 chevaliers pouvaient avoir des membres de leur famille dans l’armée anglaise, l’assaut de 1434 ne comprenait pas plus de 2 000 Anglais. Dernière attaque des Anglais, au cours de laquelle l’armée de Thomas Scalles abandonna sur les grèves des bombardes (deux de ces pièces d’artillerie, les célèbres « michelettes », sont visibles à l’entrée du Mont-Saint-Michel), après quoi ils se contentèrent de les surveiller depuis Tombelaine et leurs bastilles. Dès lors, le Mont ne subira plus de siège jusqu’à la libération de la Normandie en 1450.

 

Prisons de l’abbaye

Symbole national de résistance contre les Anglais, le prestige de l’abbaye décline néanmoins depuis le XIIè siècle, perdant de son intérêt militaire et religieux (le régime de la commende institué en 1523 par le roi de France finit de ruiner l’abbaye), même si des rois continuent de venir en pèlerinage au Mont et qu’il reste un enjeu lors des guerres de Religion (les Huguenots de Gabriel II de Montgommery et son frère Jacques tentent de s’emparer de ce bastion de la Ligue catholique en 1577, 1589, 1591) : elle devient, sous l’Ancien Régime, un lieu de détention pour plusieurs personnes incarcérées en vertu de différentes juridictions : des légendes prétendent que des abbés ont aménagé des cachots dès le XIè siècle. Une prison d’État est attestée sous Louis XI qui fait installer dans le logis abbatial roman une fillette, cage de bois et de fer suspendue sous une voûte. Le relâchement des mœurs (certains moines vivent avec femmes et enfants) malgré la réforme en 1622 par les Mauristes et le manque d’entretien incitent les rois de France à l’utiliser alors essentiellement comme prison (à la fin du XVIIIè  siècle, elle n’abrite plus qu’une dizaine de religieux), elle gagne son surnom de « bastille des mers » où sont emprisonnés notamment Victor Dubourg de La Cassagne ou Desforges. Paradoxalement, cette utilisation pénitentiaire a sauvé ce grand témoignage de l’architecture religieuse car de nombreuses abbayes devenues biens nationaux en 1789 furent rasées, vendues à des particuliers, transformées en carrières de pierres ou tombèrent en ruine, faute d’entretien.

Lorsque les derniers bénédictins quittent le Mont en 1791 (l’abbaye est alors désignée sous le nom « Mont Michel ») sous la Révolution, celle-ci devient alors uniquement une prison où sont incarcérés, dès 1793 (elle porte alors le nom de « Mont libre »), plus de 300 prêtres réfractaires. Plusieurs émeutes dénoncent les mauvais traitements : sous Louis-Philippe d’Orléans, des prisonniers, qu’ils soient ultraroyalistes ou républicains, bien qu’ils ne se mêlent pas lors de leurs promenades deux fois par jour sur la plate-forme devant l’église, se liguent contre le directeur de prison Martin des Landes qui est remplacé. Néanmoins grâce à la « pistole », les plus riches peuvent payer les geôliers pour obtenir des sorties dans la ville basse, les autres peuvent emprunter des ouvrages rares recopiés par les moines au scriptorium. L’abbaye est transformée en 1810 en centrale pénitentiaire, prenant en charge les détenus condamnés à de longues peines. Jusqu’à 700 prisonniers (hommes, femmes et enfants) travailleront dans des salles de l’abbaye transformées en ateliers. Confectionnant des chapeaux de paille dans l’église abbatiale divisée en trois niveaux (réfectoire en bas, dortoir au niveau intermédiaire, atelier de tissage sous les toits), cette dernière subit en 1834 un incendie attisé par la paille. Après la détention au Mont de socialistes tels que Martin Bernard, Armand Barbès et Auguste Blanqui, divers intellectuels, dont Victor Hugo (qui s’écrie « on croit voir un crapaud dans un reliquaire » en la visitant), dénoncent l’abbaye-prison dont l’état de délabrement rend les conditions de vie insupportables. Napoléon III se résout à fermer en 1863 cette maison de force et de correction qui a vu passer 14 000 détenus, mais le décret impérial d’abolition est également rendu pour une raison pratique : dans une forte marée en 1852, la Sélune est venue creuser autour du mont un lit qui l’isole complètement à marée basse, ce qui fait obstacle aux ravitaillements. Les 650 prisonniers d’État et détenus de droit commun sont alors transférés sur le continent.

En 1794, un dispositif de télégraphe optique, le système de Chappe, est installé au sommet du clocher faisant ainsi du Mont-Saint-Michel un maillon de la ligne télégraphique Paris-Brest. En 1817, les nombreuses modifications effectuées par l’administration pénitentiaire entraînent l’écroulement de l’hôtellerie édifiée par Robert de Torigni.

 

Le monument historique

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Archange Saint-Michel au sommet de l’église abbatiale : sous l’armure d’un chevalier du Moyen Âge et d’un casque auréolé d’un nimbe rayonnant, il brandit de la main droite une épée pour frapper le Dragon (symbole du Mal, sous forme de serpent) renversé, qu’il foule aux pieds, et tient dans la gauche un bouclier en rondache.

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Chœur gothique flamboyant de l’église abbatiale.

L’abbaye est louée à l’évêque de Coutances à partir de 1863. Le 3 juillet 1877 ont lieu les fêtes grandioses du couronnement de la statue de saint Michel dans l’église abbatiale, en pleine période de recharge sacrale. Célébrées par l’évêque de Coutances Mgr Abel-Anastase Germain en présence d’un cardinal, de huit évêques et d’un millier de prêtres, ces fêtes attirent 25 000 pèlerins.

Viollet-le-Duc visite le mont en 1835, mais ce sont ses élèves, Paul Gout et Édouard Corroyer (la fameuse Mère Poulard fut sa femme de chambre), qui sont destinés à restaurer ce chef-d’œuvre de l’art gothique français. Des travaux urgents de consolidation et de restauration de l’abbaye, classée Monument historique en 1874, sont effectués par Corroyer. Le clocher et la flèche, ont subi les orages et la foudre ayant incendié l’abbaye à douze reprises, sont reconstruits entre 1892 et 1897 dans des styles caractéristiques du XIXè  siècle, néo-roman pour le clocher, néogothique pour la flèche. L’architecte Victor Petitgrand a dû démonter la tour romane pour la renforcer s’élevant à plus de 170 mètres au-dessus de la mer. Signe ostentatoire d’appropriation du lieu, cette flèche donne au Mont sa silhouette pyramidale actuelle.

L’archange Saint Michel (statue en plaques de cuivre laminé, repoussé et doré) qui couronne la flèche (définitivement achevée en 1898) est réalisé en 1895 par le sculpteur Emmanuel Frémiet dans les ateliers Monduit qui avaient déjà travaillé pour Viollet-le-Duc. Mesurant 3,5 m, pesant 800 kilogrammes et ayant coûté 6 000 francs (soit 15 000 euros actuels), elle est érigée le 6 août 1897 mais connaît curieusement la même indifférence médiatique que l’édification de la flèche. Trois pointes de paratonnerres fixées au bout des ailes et de l’épée permettent d’écarter le danger de la foudre. Comme la flèche de l’abbé Guillaume de Lamps édifiée en 1509 qui supportait déjà une figure de saint Michel dorée (cette flèche est renversée en 1594 à la suite d’un incendie déclenché par la foudre), cette statue resplendit aux rayons du soleil et a un effet saisissant sur le visiteur et pèlerin.

En 1898, Paul Gout redécouvre, lors de fouilles sous le plancher de l’église, Notre-Dame-Sous-Terre qui est complètement dégagée en 1959 une fois que l’architecte Yves-Marie Froidevaux a installé une poutre en béton précontraint.

 

Renaissance religieuse et développement du tourisme

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Maringotte, carriole attelée qui assure la liaison à partir de Genêts.

De 1878 et 1880, l’État fait construire une digue-route insubmersible de 1 930 m de longueur entre le Mont et la terre ferme (au lieu-dit La Caserne) en prolongement de la vieille route de Pontorson. Cette chaussée est empruntée par la ligne de Pontorson au Mont-Saint-Michel et son tramway à vapeur en 1899. Ces aménagements favorisent le tourisme mais aussi le pèlerinage montois, les pèlerins se rendant au Mont, pour les plus aisés, avec les fameux « breaks à impériale » et les « maringottes » qui assurent la liaison à partir du village de Genêts, ou à pied ou à tramway

En 1922, le culte est restauré dans l’abbatiale. En 1966, à l’occasion de la célébration sous l’égide d’André Malraux du millénaire de l’abbaye, plusieurs monastères bénédictins envoient quelques moines passer l’année 1966 au Mont, afin de célébrer à leur manière le caractère religieux millénaire du lieu, sans lequel le rocher serait sans doute resté à l’état quasi naturel. Une fois l’année passée, avec son flot de visiteurs et de colloques, une poignée de moines reste, en accord avec l’État, propriétaire des lieux. Leur premier prieur est le père Bruno de Senneville, venu de l’abbaye du Bec-Hellouin.

Cette petite communauté effectue pendant près de trente-cinq ans, par sa présence et la célébration du culte, une sorte de pèlerinage permanent sur les lieux, recevant elle-même les pèlerins de tous horizons. Ces pionniers permettent alors la restauration d’une communauté plus importante.

La mise en valeur de l’abbaye favorise le développement du tourisme : la fréquentation annuelle, de 10 000 visiteurs en 1860, s’élève au chiffre de 30 000 en 1885 pour dépasser dès 1908 les 100 000 visiteurs à l’entrée du village. Après la Seconde Guerre mondiale, le train est supprimé au profit de l’automobile. Des parkings sont aménagés sur la digue pour les Montois et, de part et d’autre de la route, pour les visiteurs. L’explosion touristique a lieu dans les années 1960 avec les congés payés, la massification rapide de l’automobile et le boom économique.

Depuis 2001, des frères et des sœurs des Fraternités monastiques de Jérusalem, venues de l’église Saint-Gervais de Paris, assurent une présence religieuse toute l’année. Ils remplacent les moines bénédictins, qui peu à peu désertèrent le Mont après 1979.

À l’occasion du treizième centenaire du Mont, la fraternité s’est beaucoup investie, et s’ouvre désormais encore davantage sur le monde. Des retraites d’une durée d’une semaine sont possibles, été comme hiver, pour prier, vivre en silence avec la communauté, découvrir leurs activités… Récemmen , la restauration d’une maison du Mont, le « Logis Saint-Abraham », a été entreprise par la communauté. Elle permettra dans quelques années à de nombreux pèlerins de venir passer quelques jours pour prier.

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Le pont-passerelle en 2014.

Rétablissement du caractère maritime du Mont

Le projet Saint-Michel vise à restaurer le caractère maritime du mont Saint-Michel en le libérant de l’emprise des herbus qui l’enserrent. Les sédiments sont désormais chassés au large par les forces conjuguées de la mer et du Couesnon. Les travaux, commencés en 2005, ont été achevés en 2015.

 

Architecture

Édifiée dès le xe siècle, l’abbaye bénédictine abonde en merveilles architecturales édifiées dans les styles carolingien, roman et gothique flamboyant. Le niveau de la première marche de l’entrée de l’abbaye est de 50,30 m au-dessus du niveau moyen de la mer. Le sol de l’église, du cloître et du réfectoire est à une altitude de 78,60 m46 tandis que la flèche néogothique qui sert de piédestal à la statue de saint Michel fait 40 mètres de hauteur. La hauteur du dallage, de l’église à la pointe de l’épée de saint Michel, atteint 78,50 m, ce qui fait que le mont culmine à 157,10 m de hauteur

Plan du niveau 3 (église abbatiale)

Plan du niveau 2 (salle des Chevaliers)

Plan du niveau 1 (salle de l’Aquilon)

Le Grand Degré mène à un passage sous une arche qui donne accès à la cour du Châtelet.

Le circuit normal des visites comprend :

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Grand Degré : le Grand Degré extérieur, escalier de 100 marches, donne accès à la cour du Châtelet ; sous l’arc surbaissé de son entrée s’engage l’escalier du Gouffre, menant à la Porterie ou salle des Gardes.

Niveau 1 : aumônerie (billetterie) ; puis le Grand Degré intérieur, en 90 marches, conduit à la salle du Saut-Gautier (accueil, maquettes) et au parvis de l’église ;

Niveau 3 : parvis (terrasse panoramique) ; église abbatiale ; cloître ; réfectoire ; descente par l’escalier des mauristes ;

Niveau 2 : salle des Hôtes ; chapelle Sainte-Madeleine ; crypte des Gros Piliers ; chapelle Saint-Martin ; ossuaire avec belvédère et roue d’écureuil ; chapelle Saint-Étienne ; galerie sud-nord ; promenoir des moines ; salle des Chevaliers ;

Niveau 1 : cellier (boutique).

 

Les premières constructions

Les deux nefs et absides de Notre-Dame-sous-Terre (900), séparées par un mur à deux arcades. Au fond, restes de maçonnerie de l’oratoire d’Aubert (708). À droite, passage vers l’église abbatiale.

 

Notre-Dame-sous-Terre220px-2018_05_Mont_Saint-Michel_Notre-Dame_sous_Terre_01

Les agrandissements successifs de l’abbaye ont fini par absorber la totalité de l’église abbatiale d’origine, construite vers 900, jusqu’à la faire oublier, avant sa redécouverte lors des fouilles de la fin du xixe siècle et du début du xxe siècle. Restaurée dans les années 1960, cette chapelle offre un remarquable exemple d’architecture préromane carolingienne. C’est une salle voûtée en berceau de 14 × 12 m, divisée depuis son origine en deux nefs par un mur médian percé de deux larges arcades, qui a soutenu, avant leur écroulement, trois des piliers de la nef romane de l’église actuelle. Les chœurs de Notre-Dame Sous-Terre sont surmontés d’une tribune qui servait probablement à la présentation des reliques aux fidèles rassemblés dans les nefs, tout en évitant leur vol. Les arcs sont construits en briques plates assemblées au mortier, selon la technique carolingienne. Les bâtiments abbatiaux romans ont ensuite été élevés à l’ouest et au-dessus de l’église carolingienne.

Sa fonction de soutènement ayant disparu, les architectes ont cependant conservé cette salle pour son rôle symbolique : selon la légende montoise, elle fut l’emplacement même de la chapelle que fit construire saint Aubert en 709. Selon le récit d’invention de reliques, De translatione et miraculis beati Autberti, le squelette de l’évêque aurait été placé sur un autel dédié à la Sainte-Trinité, dans le vaisseau occidental de Notre-Dame Sous-Terre. D’autres reliques prestigieuses étaient exposées, celles de l’archange Michel, être pourtant immatériel (morceau du marbre sur lequel Michel aurait posé le pied, une parcelle de sa cape rouge, une épée et un bouclier, ses deux armes qui, selon une légende, lui auraient servi à vaincre le serpent du roi anglais Elga). Ces reliques furent dispersées en décembre 1791 par les révolutionnaires pour récupérer l’or et l’argent des reliquaires.

  

L’abbaye romane

L’église abbatiale

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Vue aérienne de l’église. En 1963, lors de la réfection de la terrasse panoramique, Yves-Marie Froidevaux matérialise au sol les fondations du mur nord de la nef romane, ses trois travées occidentales, les deux tours carrées conçues contre la première façade du xiie siècle, et entre ces deux tours, trois marches indiquant l’entrée initiale.

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On accède par l’escalier dit du Grand Degré à la terrasse pavée occidentale (appelée terrasse ouest), constituée du parvis primitif de l’église et des trois premières travées de la nef détruites.

Les pèlerinages s’intensifiant, il est décidé d’agrandir l’abbaye en édifiant une nouvelle église abbatiale à la place des bâtiments abbatiaux qui sont transférés au nord de Notre-Dame-Sous-Terre. L’église a une longueur de 70 m, une hauteur de 17 m au niveau des murs de la nef, de 25 m sous la voûte du chœur.

La nouvelle église abbatiale comporte trois cryptes servant de fondations : la chapelle des Trente-Cierges (sous le bras du transept nord), la crypte des Gros Piliers, qui soutient le chœur, à l’est, et la chapelle Saint-Martin, sous le bras du transept sud (1031-1047). La nef, côté ouest, repose sur Notre-Dame-Sous-Terre. L’abbé Ranulphe commença ensuite l’édification de la nef en 1060. En 1080, trois étages de bâtiments conventuels de style roman sont édifiés au nord de Notre-Dame-Sous-Terre, comprenant la salle de l’Aquilon, servant d’aumônerie accueillant les pèlerins, le promenoir des moines et le dortoir. Le cellier et l’aumônerie de la future Merveille sont également entamés. Ornée d’un faux appareil sur fond blanc, la nef était éclairée à l’aide de couronnes de lumière et devait former un univers riche en couleurs, contrastant avec le dépouillement actuel.

Mal consolidés, les bas-côtés nord de la nef s’écroulent sur les bâtiments conventuels en 1103. L’abbé Roger II les fait reconstruire (1115-1125). En 1421, c’est au tour du chœur roman de s’écrouler. Il sera reconstruit en style gothique flamboyant entre 1446 à 1450, puis de 1499 à 1523. À la suite d’un incendie en 1776, les trois travées occidentales de la nef sont démolies et une nouvelle façade est édifiée en 1780 : édifiée dans l’esprit de l’époque, c’est-à-dire en architecture néo-classique, elle se compose d’un premier niveau avec une porte centrale entourée de deux portes latérales, et des colonnes engagées ornées de chapiteaux de réemploi. L’incendie de l’atelier des prisonniers installé dans la nef de l’église en 1834 dévore entièrement la charpente des combles et les parois des murs, endommage les sculptures et les chapiteaux, ceux actuels datant du xixe siècle. Un bandeau sert d’appui aux fenêtres surmontées d’un arc en plein cintre. L’étage est également rythmé de colonnes engagées à chapiteaux d’ordre dorique. Un fronton triangulaire couronne l’entablement de cet étage, terminant la travée centrale de part et d’autre de laquelle les travées latérales s’amortissent en murs-boutants qui aboutissent aux colonnes terminées par des pyramidions qui s’inspirent du style « retour d’Égypte ».

L’élévation de la nef, à trois niveaux, est rendue possible par le plafonnement en lambris léger. Cette élévation est de pur style normand et se généralisera en pierre de taille au XIIè siècle, préfigurant les cathédrales gothiques : le premier niveau est constitué de grandes arcades supportées par des piliers carrés (1,42 m de côté) et cantonnés de quatre colonnes engagées au tiers de leur diamètre et au profil non plus prismatique mais torique, séparant les deux bas-côtés assez étroits voûtés d’arêtes ; au-dessus, un étage de tribunes présentant deux arcatures par travée, divisées chacune en deux baies géminées ; le troisième niveau est composé de fenêtres hautes

Le chœur gothique s’inspire de celui de l’abbaye Saint-Ouen de Rouen. Les piliers cantonnés de fines nervures supportent à l’étage intermédiaire un triforium à claire-voie, montée au-dessus d’une balustrade ajourée. Au niveau supérieur, chacune des fenêtres hautes, flanquée de deux ogives, poursuit le plan de la claire-voie, à laquelle il est lié par le meneau qui descend jusqu’à l’appui du second niveau. Les clefs de voûte du chœur représentent entre autres les armoiries des abbés bâtisseurs. Autour du déambulatoire s’ouvrent sept chapelles rayonnantes. Deux d’entre elles contiennent des bas-reliefs en pierre de Caen datant du XVIè siècle (tétramorphe qui symbolise les quatre évangélistes en face de l’ancien autel « Art déco » de l’abbatiale, dans la première chapelle au Nord ; Adam et Ève chassés du Paradis Terrestre et le Christ descendant aux limbes pour leur accorder son pardon dans la première chapelle au Sud), reliefs correspondant à quelques fragments polychromes qui décoraient l’ancienne clôture réservant l’espace aux moines. Le petit bateau suspendu à droite de la chapelle située dans l’axe de l’église, est un ex-voto réalisé par un des prisonniers du Mont au xixe siècle à la suite d’un vœu ou en mémoire d’une grâce obtenue. Le pavage en terre cuite vernissée du chœur est réalisé en 1965 pour remplacer d’anciens carreaux de ciment.

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Les cloches

L’église abbatiale possède quatre cloches notables :

Rollon, installée par le prélat Bernard, en 1135;

Benoiste et Catherine, refondues par le 4e prieur Dom Michel Perron, vers 1635 ;

la cloche de brume, fondue en 1703, sous la prélature de Jean-Frédéric Karq de Bebembourg.

 

Les chapelles de soubassement

Le chœur de l’église repose sur une église basse, dite Crypte des Gros-Piliers, rendue nécessaire par la différence de niveau entre l’église haute et le sol extérieur. Il s’agissait originellement de la crypte absidale à laquelle on a substitué une crypte dans le style gothique flamboyant, construite de 1446 à 1450. Cette nouvelle crypte, qui ne fut jamais consacrée au culte, est édifiée pour soutenir le nouveau chœur effondré en 1421 et reconstruit à la même époque. Son plan à déambulatoire et six chapelles rayonnantes alternant avec des colonnes engagées est ainsi le même que celui du chœur, mais la première travée repose directement sur le rocher, les deux premières travées du sud étant occupées par une citerne et les deux premières du nord par une citerne plus petite et une issue vers la Merveille. Cette salle possède dix piliers, dont huit gros, cylindriques, d’une circonférence de 5 mètres (ce qui vaut à la crypte son appellation), sans chapiteaux, mais à bases octogones ou dodécagones, disposés en demi-cercle et deux colonnes centrales plus minces ayant reçu le nom évocateur de palmiers, car elles se ramifient comme les feuilles de ces plantes. Les piles romanes de cette crypte sont enrobées de nouveaux lits de granite des îles Chausey, ces piles gothiques supportant les tronçons des piliers romans de l’église supérieure, car on ne peut raisonnablement imaginer une reprise en sous-œuvre, qui eût été fort coûteuse. Cette crypte était un carrefour de circulation entre différentes salles de la partie est du monastère : « une porte relie la crypte à la Chapelle Saint-Martin. Trois autres, pratiquées dans les deux chapelles du Sud, mènent l’une à l’Officialité, la seconde aux bâtiments abbatiaux par le pont fortifié jeté en travers du Grand Degré, la troisième à un escalier montant à l’Église haute, de là, aux terrasses du triforium et enfin à l’escalier de Dentelle. »

 

Substructions du transept

Le transept est soutenu par deux cryptes voûtées, dites « chapelle des Trente Cierges » au nord et « chapelle Saint-Martin » au sud, seule comprise dans le circuit de visite habituel. De 1031 à 1048, les abbés Almod, Théodoric et Suppo, successeurs d’Hildebert II, achèvent ces cryptes latérales.

La chapelle Saint-Martin est constituée d’une nef carrée couverte d’une voûte en berceau d’une portée de 9 m, renforcée en son centre par un arc-doubleau, et terminée à l’est par une abside en cul-de-four qui supporte l’absidiole du transept de l’église haute. Son décor peint est perdu, la chute de l’enduit laisse désormais visibles sur sa voûte les traces, très nettes, du cintre en bois qui servit à la construction. C’est l’un des rares endroits de l’abbaye à nous parvenir tel qu’il fut lors de son achèvement vers 1050, la crypte n’ayant pas eu besoin d’être restaurée malgré ses utilisations variées au cours des siècles (moulin à chevaux, citerne).

Le plan de la chapelle des Trente Cierges est similaire à celui de la chapelle Saint-Martin. Elle est voûtée d’arêtes et conserve d’importants vestiges de peintures murales. Une restauration a permis de remettre en valeur un motif de faux appareil, très courant pendant tout le Moyen Âge, agrémenté d’une frise de rinceaux. Une messe pendant laquelle brûlaient trente cierges y était célébrée chaque jour après Prime, d’où le nom de la chapelle.

 

Bâtiment de Roger II, au nord de la nef

Au nord de la nef se trouve un bâtiment abbatial roman de la fin du XIè siècle comprenant de bas en haut la salle (ou galerie, ou crypte) de l’Aquilon, le promenoir des moines et un ancien dortoir.

 

La salle de l’Aquilon

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Salle de l’Aquilon

La salle de l’Aquilon est l’ancienne aumônerie romane, reconstruite et modernisée après l’effondrement du mur nord de la nef, en 1103. Située juste au-dessous du promenoir, elle sert de base à l’ensemble du bâtiment. Elle s’organise en deux travées de croisées d’ogives sur arcs doubleaux tracés en arcs brisés (selon un dessin inauguré quelques années auparavant à Cluny III), soutenues par trois piliers axiaux correspondant à ceux du promenoir.

 

Le promenoir des moines

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Juste au-dessus se trouve une salle correspondant au plan de la précédente, à trois piliers, qui se prolonge par un couloir reposant directement sur le rocher et soutenu par deux piliers. Ce couloir donne accès au « cachot du Diable », jolie salle voûtée à pilier unique, puis à la chapelle des Trente Cierges située au même niveau et, au nord, à la salle des Chevaliers, située en contrebas.

La destination de cette salle du « promenoir » est incertaine : ancien réfectoire, salle capitulaire ou, selon Corroyer, un ancien cloître.

 

Le dortoir

Le niveau supérieur était occupé par l’ancien dortoir, salle en longueur couverte en charpente et plafonnée en berceau lambrissé, dont seule la partie orientale est conservée.

 

Les bâtiments de Robert de Torigni

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L’abbé Robert de Torigni fit édifier, à l’ouest et au sud-ouest, un ensemble de bâtiments comportant de nouveaux logis abbatiaux, une officialité, une nouvelle hôtellerie, une infirmerie et la chapelle Saint-Étienne (1154-1164). Il fit également remanier les chemins de communication desservant Notre-Dame-Sous-Terre, afin d’éviter un trop grand contact entre les pèlerins et les moines de l’abbaye.

On y trouve également une cage à écureuil servant de treuil, installée en 1819, lors de la conversion du site en prison, pour ravitailler les condamnés. Des détenus, marchant à l’intérieur de la roue, en assuraient la rotation et la manœuvre.

Dans les ruines de l’infirmerie, effondrée en 1811, il subsiste au-dessus de la porte les trois morts du Dit des trois morts et des trois vifs, représentation murale montrant initialement trois jeunes gentilshommes interpellés dans un cimetière par trois morts, qui leur rappellent la brièveté de la vie et l’importance du salut de leur âme.

 

La Merveille et les bâtiments monastiques

L’abbaye du Mont-Saint-Michel est constituée essentiellement de deux parties bien distinctes : l’abbaye romane, où vivaient les moines et, sur la face nord, la Merveille, un ensemble exceptionnel d’architecture gothique élevé sur trois niveaux, grâce aux largesses de Philippe Auguste, de 1211 à 1228.

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Coupe de l’abbaye ; la Merveille se trouve à gauche, au nord, face à la mer.

Le bâtiment de la Merveille, situé juste au nord de l’église abbatiale, comprend de haut en bas : le cloître et le réfectoire ; la salle de travail (dite salle des Chevaliers) et la salle des Hôtes ; le cellier et l’aumônerie, le tout dans un parfait exemple d’intégration fonctionnelle. L’ensemble, appuyé sur la pente du rocher, est constitué de deux corps de bâtiments de trois étages.

Au rez-de-chaussée, le cellier sert de contrebutement. Puis chaque étage comporte des salles de plus en plus légères à mesure que l’on accède au sommet ; quinze puissants contreforts, situés à l’extérieur, soutiennent le tout. Les contraintes topographiques ont donc joué un grand rôle dans la construction de la Merveille.

Raoul des îles édifie, au-dessus de l’aumônerie, la salle des Hôtes (1215-1217) et le réfectoire (1217-1220) ; puis, au-dessus du cellier, la salle des Chevaliers (1220-1225) et enfin le cloître (1225-1228).

La Merveille est organisée en deux parties : la partie est et la partie ouest.

 La Merveille : partie est

La partie est a été la première réalisée, de 1211 à 1218. Elle comprend, de bas en haut, trois salles : l’aumônerie, construite sous Roger II, puis la salle des Hôtes et le réfectoire, menés à bien par Raoul des îles, de 1217 à 1220.

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L’aumônerie, faisant office de billetterie.

 

L’aumônerie

L’aumônerie a donc été, très probablement, la première réalisation de la Merveille, édifiée sous l’abbé Roger II à partir de 1211. C’est une longue salle très fonctionnelle, massive, construite pour supporter le poids des étages supérieurs, constituée d’une série de six grosses colonnes rondes et lisses surmontées de chapiteaux très simples, séparant deux nefs à voûtes d’arêtes. On y accueillait les pèlerins les plus pauvres

De nos jours, l’aumônerie a retrouvé son rôle d’accueil pour les visiteurs : c’est là que se tient la billetterie.

 

La salle des Hôtes (12151217)

La salle des Hôtes est une salle à croisées d’ogives, à deux nefs séparées par six colonnes, reprenant donc la disposition de l’aumônerie, placée juste au-dessous. Mais si le plan est le même, la réalisation est cette fois luxueuse, aérée, avec des contreforts intérieurs (dissimulés par des demi-colonnes nervurées et engagées) qui rythment à chaque travée les murs latéraux percés de hautes fenêtres composées sur la face nord de deux lancettes divisées par un meneau horizontal et disposées sous des arcs de décharge.

Cette salle princière est clairement destinée à la réception des hôtes de marque, qui trouvaient là le luxe de latrines suspendues, ainsi qu’une double et monumentale cheminée, pour les réchauffer et les restaurer. Il faut aussi imaginer les vitraux, les peintures, les carreaux émaillés aujourd’hui disparus. Les minces colonnes lisses, très élancées, sont surmontées d’élégants chapiteaux au décor végétal, soutenant les fines croisées d’ogives.

 

Le réfectoire (12171220)

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Réfectoire des moines dont le lambris repose sur un bandeau, profilé d’un méplat, d’un boudin, et d’un large cavet entre deux filets.

Le réfectoire des moines occupe le troisième et dernier niveau de cette partie orientale de la Merveille. La salle est délimitée en un seul volume par deux murs parallèles dont l’axe longitudinal voûté en berceau, bien que rien ne le souligne, conduit le regard vers la place de l’abbé. L’architecte pouvait affaiblir les murs en ouvrant de trop larges baies, vu la portée du berceau, aussi a-t-il choisi de percer les murs allégés de cinquante-neuf colonnettes engagées dans des piles raidies par un plan de tracé losangé. Les piles encadrent dans le mur nord autant de hautes et étroites fenêtres en accordéon à ébrasement ouvert et profond, contribuant à la splendeur de cette façade nord de la Merveille, « le plus beau mur du monde », aux yeux de Victor Hugo Les colonnettes sont munies de chapiteaux à crochets sur corbeille arrondie et couronnés d’un tailloir, rond également, où se dessine une moulure en larmier caractéristique du tailloir gothique normand. Le remplacement des murs par ces organes de raidissement fait preuve d’un modernisme surprenant et « préfigure en quelque sorte les principes fondateurs de l’architecture métallique ».

Un curieux effet d’optique saisit le visiteur franchissant le seuil de la porte : de l’entrée, les murs latéraux semblent pleins alors que la lumière entre à flots. En perspective, les fenêtres se chevauchent mais au fur et à mesure que l’observateur progresse dans la salle, elles s’ouvrent les unes après les autres, puis, derrière lui, se referment, formant une sorte de store qui diffuse dans l’ensemble de la salle une lumière indirecte, douce et homogène.

Au milieu du mur sud, intégrée entre deux arcatures couvertes de voûtelettes d’ogives, s’élève une chaire dans laquelle le lecteur, un moine désigné à tour de rôle dans le semainier, psalmodiait recto tono des textes pieux et édifiants. Dans l’angle sud-ouest de ce même mur, aboutit le monte-charge par lequel les plats descendaient de l’ancienne cuisine de la communauté logée cinquante mètres plus haut.

Cet ensemble unique est couvert par un berceau lambrissé qui ne laisse apparaître de la charpente, de loin en loin, que quelques entraits et poinçons. La couverture du bâtiment est faite de schistes locaux.

Dans les années 1960, un pavage en terre cuite vernissé et un mobilier sont réalisés à partir de modèles anciens

 

La Merveille : partie ouest

La partie ouest, érigée sept ans plus tard, comporte elle aussi, de bas en haut, sur trois niveaux : le cellier, la salle des Chevaliers et le cloître.

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Le cellier, utilisé comme boutique.

Le cellier

Le cellier était une grande salle fraîche et peu éclairée, assurant la double fonction de conserver les vivres et de soutenir la lourde structure supérieure. Des piliers maçonnés de section carrée et à imposte sont implantés de manière à servir de substruction aux colonnes de la salle des Chevaliers, placée juste au-dessus. Ces piliers séparent le cellier en trois nefs, couvertes de simples voûtes d’arêtes.

 

La salle dite des Chevaliers ou scriptorium (12201225)

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Cette salle était le scriptorium, où les moines passaient une grande partie de leur temps à copier et enluminer de précieux manuscrits. Après la création de l’ordre des chevaliers de Saint-Michel par Louis XI, elle prit le nom de salle des Chevaliers. Il ne semble pourtant pas qu’elle ait servi à d’autres usages que monastiques.

L’architecture et la décoration dans un style typiquement normand sont reconnaissables au tracé accentué des ogives, ainsi qu’au profil saillant des moulures. Les chapiteaux de granite sont, malgré la dureté de cette pierre, finement sculptés. Les deux grandes cheminées chauffaient convenablement la salle ; la lumière nécessaire au travail des moines provenait des grandes verrières disposées sur les murs nord et ouest.

 

Salle des Chevaliers. Photochrome, vers 1895.

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Le cloître

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L’architecte ayant cherché à donner au cloître la plus grande étendue possible, il construit un quadrilatère irrégulier dont la galerie sud empiète sur le croisillon nord de l’Église. Mais le cloître n’est pas situé, comme le veut l’usage, au centre du monastère occupé par l’église. Il ne communique donc pas avec toutes ses composantes comme c’est le cas ailleurs, la plupart du temps. Sa fonction est donc purement spirituelle : celle d’amener le moine à la méditation. Les plus fines sculptures (arcades, écoinçons, décoration florale exubérante et variée) sont en un calcaire fin, la pierre de Caen.

Trois arches de la galerie ouest sont étonnamment ouvertes sur la mer et le vide. Ces trois ouvertures devaient constituer l’entrée de la salle capitulaire qui ne fut jamais construite. Les colonnettes disposées en quinconce étaient initialement réalisées en calcaire lumachelle importé d’Angleterre, mais ont été restaurées en poudingue de Lucerne.

Dans la galerie sud, une porte communique avec l’église et des soupiraux éclairent le Cachot du Diable et la Chapelle des Trente-Cierges. Deux travées d’arcalures géminées, supportant le chemin de ronde qui domine le cloître, encadrent le lavatorium établi sur deux bancs superposés et où se lavaient les mains avant d’entrer au réfectoire. Il s’y renouvelait notamment chaque jeudi la cérémonie du lavement des pieds.

La galerie est comporte deux portes qui s’ouvrent sur les cuisines et le réfectoire. Dans la galerie nord, des cachots ont été construits au xixe siècle sous les combles pour y enfermer les détenus récalcitrants, en particulier les prisonniers politiques de 1830 ou de 1848 comme Martin Bernard ou Blanqui.

Le cloître abrite un jardin médiéval recréé en 1966 par frère Bruno de Senneville, moine bénédictin féru de botanique. Il est centré par un motif de buis rectangulaire bordé de treize rosiers de Damas. Les carrés de plantes médicinales, d’herbes aromatiques et de fleurs symbolisent les besoins quotidiens des moines au Moyen Âge. Les angles sont marqués par des cinéraires maritimes. Au centre des motifs en buis, se trouvaient des monstres, des diables qui signifiaient qu’au milieu de toute merveille le mal est tout de même présent.

Il manque donc, jamais construite, une aile ouest, réduite à un solide terrassement qui aurait dû supporter, comme les deux autres tranches, trois niveaux : en bas, un tribunal ; au-dessus, une infirmerie ; enfin, tout en haut, la salle du chapitre communiquant avec le cloître.

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La salle dite de la Belle Chaise et les bâtiments du sud-est

De même, les bâtiments de la Belle Chaise et des logis abbatiaux intègrent les fonctions administratives de l’abbaye aux fonctions cultuelles. L’abbé Richard Turstin édifie, à l’est, la Salle des Gardes (qui sera depuis l’entrée de l’abbaye) ainsi qu’une nouvelle Officialité, où est rendue la justice relevant de l’abbaye (1257).

Vers 1393, sont édifiées les deux tours du Châtelet, puis la tour Perrine et une Bailliverie. Le tout sera complété, à l’initiative de l’abbé Pierre Le Roy, par un logis personnel complétant les fortifications de l’abbaye même.

 

Vie religieuse

Communauté

Le culte catholique romain est réintroduit à l’abbaye par des moines bénédictins en 1969 puis par les Fraternités Monastiques de Jérusalem qui assure la vie monastique depuis 2001.

 

Le titre de père abbé du Mont

Depuis le début du xxe siècle, le père abbé de l’abbaye Saint-Michel de Farnborough porte de droit le titre de « père abbé de l’abbaye du Mont-Saint-Michel ». En effet, à cette époque, l’évêque de Coutances et Avranches le lui octroya pour récompenser l’abbaye de Farnborough pour le service rendu par certains de ses moines (des bénédictins français de l’Abbaye Saint-Pierre de Solesmes en exil) qui sont venus assurer une présence spirituelle au Mont auprès des pèlerins, de plus en plus nombreux à y revenir, rien n’étant fixé pour les accueillir. La charte d’octroi stipule que le père abbé portera ce titre jusqu’à ce qu’une nouvelle communauté bénédictine se réinstalle au Mont et réélise un nouveau père abbé, ce qui, n’étant pas réalisé à ce jour, est encore valable.

 

Gestion et administration

Étant la propriété de l’État français, le monument est administré par le Centre des monuments nationaux.

 

Fréquentation

La fréquentation du site et de l’abbaye est concentrée dans le temps. Elle est la plus forte au cours de la période estivale et de certains week-ends printaniers qui concentrent le tiers des visiteurs du Mont-Saint-Michel, avec une moyenne journalière approchant les 12 000 visiteurs et des pics dépassant les 16 000 visiteurs par jour, avec un flux de visiteurs de moins en moins dense au fur et à mesure de l’ascension vers l’abbaye. « Au cours d’une journée, c’est entre 11 h et 16 h que la densité de visiteurs sur le site est la plus forte ».

D’après la DGCIS, l’abbaye du Mont-Saint-Michel est le 13e site culturel le plus visité en France en 2010.

Alors qu’elle avait augmenté régulièrement depuis le début du xxie siècle, la fréquentation de l’abbaye a souffert d’une baisse à partir des années 2010 (1,33 million d’entrées payantes en 2011, moins d’un million en 2013). L’abbaye aurait pâti en effet des nouvelles conditions de desserte de la presqu’île et de la mauvaise réputation du site du Mont-Saint-Michel offrant des prix élevés pour des prestations mal appréciées. En 2014, l’abbaye enraye cette évolution en accueillant 1 223 257 visiteurs (663 209 Français et 560 048 étrangers, dont 35 % de Japonais), soit une augmentation de 3,3 % par rapport à l’année précédente. Depuis le 22 juillet 2014, les visiteurs peuvent se rendre au Mont par les nouveaux ouvrages d’accès créés par l’architecte Dietmar Feichtinger qui a remporté le concours du projet Saint-Michel. Le déclin touristique reprend, en raison notamment de la hausse des tarifs de stationnement, de la traversée à pied qui prend 50 minutes ou des navettes qui n’effectuent qu’une partie du parcours

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Événements et animations

 Les Nocturnes

Un circuit de visite nocturne des salles illuminées est programmé chaque année en juillet et août.

 Les concerts à l’abbaye

Le Centre des monuments nationaux propose depuis 2010 chaque année une saison de concerts de prestige au sein de l’abbaye du Mont-Saint-Michel. La direction artistique est assurée par l’administrateur du monument. À cette occasion, la restauration de l’orgue est achevée en 2012.

 

Bibliographie

Lucien Bély, Le Mont-Saint-Michel. Monastère et citadelle, Préface de Jean Favier, Rennes, Éditions Ouest-France, 2004 (seconde édition).

Germain Bazin, Mont-Saint-Michel, Préface de Marcel Aubert, Paris, Picard, 1933.

Louis Blondel, Notice historique du Mont-Saint-Michel et de Tombelaine, Avranches, Le Court, 1816. Seconde édition en 1823.

Édouard Corroyer, Description de l’abbaye du Mont-Saint-Michel et de ses abords. Précédée d’une notice historique, Paris, Dumoulin, 1877.

Henry Decaëns, Le Mont-Saint-Michel : 13 siècles d’histoire, Éditions Ouest-France, 2011, 127 p.

Marc Déceneux, Le Mont-Saint-Michel pierre à pierre, Éditions Ouest-France, 2015, 64 p.

Véronique Gazeau, Normannia monastica, princes normands et abbés bénédictins. Prosopographie des abbés bénédictins, 2 vol., Publications du CRAHM, 2007,

Paul Gout, Le Mont-Saint-Michel. Histoire de l’abbaye et de la ville. Étude archéologique et architecturale des monuments, Paris, Armand Colin, 1910.

Reynald Guyon. Le Mont Saint-Michel, l’abbaye, la ville, la baie. Éditions Corlet. Collection Destination Normandie. 2013, 90 p.

Édouard Le Héricher, Histoire et description du Mont-Saint-Michel, Avranches Anfray, (vers 1850). L’ouvrage est divisé en trois parties : Légendes et histoire, descriptions des fortifications, de la ville et de l’abbaye, le rocher de Tombelaine.

Jean-Luc Legros, Le Mont-Saint-Michel : Architecture et civilisation, Caen, CRDP Basse-Normandie et Éditions Charles Corlet, coll. « Patrimoine ressources », 2005, 231 p. (

Émile-Auber Pigeon, Description historique et monumentale du Mont Saint-Michel, de la basilique de l’Archange et de l’église souterraine de N.-D. du Mont Tombe, H. Tribouillard, 1865 (2e édition, 184 pages

Maximilien Raoul (pseudonyme de Charles-Marie Letellier), Histoire pittoresque du Mont-Saint-Michel et de Tombelaine, Suivi d’un fragment inédit sur Tombelène, extrait du Roman de Brut de Wace transcrit et annoté par Antoine Le Roux de Lincy, Paris, Librairie A. Ledoux, 1834.

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Le Mont-Saint-Michel

Le Mont-Saint-Michel

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Le Mont-Saint-Michel est une commune française située dans le département de la Manche en Normandie. Elle tire son nom de l’îlot rocheux consacré à saint Michel où s’élève aujourd’hui l’abbaye du Mont-Saint-Michel.

L’architecture du Mont-Saint-Michel et sa baie en font le site touristique le plus fréquenté de Normandie et l’un des dix plus fréquentés en France — premier site après ceux d’Île-de-France — avec près de deux millions et demi de visiteurs chaque année (3 250 000 en 2006, 2 300 000 en 2014).

Une statue de saint Michel placée au sommet de l’église abbatiale culmine à 157,10 mètres au-dessus du rivage. Élément majeur, l’abbaye et ses dépendances sont classées au titre des monuments historiques par la liste de 1862 (60 autres constructions étant protégées par la suite) ; l’îlot et le cordon littoral de la baie figurent depuis 1979 sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO ainsi que le moulin de Moidrey depuis 2007. Par ailleurs le mont bénéficie d’une seconde reconnaissance mondiale en tant qu’étape des Chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle en France pour « les pèlerins du Nord de l’Europe (qui) passaient par le Mont lorsqu’ils se rendaient en Galice ».

En 2017, la commune comptait 30 habitants, appelés les Montois. L’îlot du mont Saint-Michel est devenu au fil du temps un élément emblématique du patrimoine français.

 

Géographie

Le mont Saint-Michel, situé à 48° 38′ 10″ de latitude nord et à 1° 30′ 40″ de longitude ouest, dans le « pays » de l’Avranchin, est un îlot rocheux à l’est de l’embouchure du Couesnon, lequel se jette dans la Manche. Pointement granitique d’environ 960 mètres de circonférence, cet îlot s’élève au-dessus d’une plaine sablonneuse à 92 mètres d’altitude. La construction de l’abbaye modifie cette perception : la hauteur du rocher à l’abbatiale fait 78,60 mètres, celle du sol de l’abbatiale au sommet de la tour fait 34,70 m, la flèche atteint une hauteur de 39,80 m. La statue de saint Michel de 4 m de hauteur culmine ainsi à 157,10 mètres.

Au niveau géologique, ce pointement est une intrusion leucogranitique   (leucogranite à biotite et muscovite) de petite dimension mise en place dans le socle cadomien (encaissant schisteux briovérien) au cours de l’orogenèse calédonienne (525 Ma). Cette intrusion dégagée de sa gangue schisteuse et mise en relief par l’érosion (le leucogranite présentant une plus grande résistance à l’érosion que le schiste), offre une superficie émergée d’environ 7 ha, au-dessus de laquelle se dresse l’abbaye. La partie essentielle du rocher est couverte par l’emprise au sol de l’abbaye du Mont-Saint-Michel et de son domaine. Le rocher ne représente qu’une petite partie de la commune qui s’étend aussi sur la digue et plusieurs dizaines d’hectares de polders.

En 1846, Édouard Le Héricher le décrivait ainsi : « Le Mont Saint-Michel apparaît comme une montagne circulaire qui semble s’affaisser sous la pyramide monumentale qui la couronne. On voudrait prolonger sa cime en une flèche aiguë qui monterait vers le ciel (la flèche actuelle ne date que de 1899), dominant son dais de brouillards ou se perdant dans une pure et chaude lumière. De vastes solitudes l’environnent, celle de la grève ou celle de la mer, encadrées dans de lointaines rives verdoyantes ou noires ».

 

Le mont Saint-Michel vu par le satellite Spot en 2003.

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Caractéristiques de la baie

Le mont Saint-Michel (l’îlot ou l’abbaye) a donné à son tour son nom à la baie du Mont-Saint-Michel, dont le cordon littoral est inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco.

La baie du Mont-Saint-Michel est le théâtre des plus grandes marées d’Europe continentale, jusqu’à 15 mètres de marnage, différence entre basse et haute mers. La mer rejoint ensuite les côtes « à la vitesse d’un cheval au galop », comme le dit l’adage.

 

Territoire communal et communes limitrophes

La commune s’étend sur environ 4 kilomètres carrés Hormis le rocher d’une superficie de 7 ha, le territoire communal comprend deux parties terrestres disjointes totalisant 393 ha, limitrophes des communes de Beauvoir (pour l’essentiel) et de Pontorson.

La partie la plus importante (environ 387 ha), à l’ouest du Couesnon, est constituée des hameaux de Belmontet, Saincey et Camus, et des polders Molinié et Tesnières. Cette partie est limitrophe de la commune de Beauvoir au sud.

La plus petite partie (environ 6 ha), à l’est du Couesnon, forme la partie occidentale du lieu-dit la Caserne, entre la route du Mont-Saint-Michel et le fleuve côtier. Elle est enclavée entre les territoires des communes de Beauvoir (au sud et à l’ouest) et Pontorson (à l’est) On y trouve quatre hôtels.

 

Histoire du rocher

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Vue aérienne du mont Saint-Michel en 2005.

À l’origine, il était connu sous l’appellation de mont Tombe. Il devait s’y trouver une pierre ou un monument mégalithique destiné à un culte païen, auquel succédèrent deux oratoires, l’un dédié à saint Symphorien, l’autre à saint Étienne, édifiés par des ermites aux VIe et VIIe siècles, ainsi que le rapporte la Revelatio ecclesiae sancti Michaelis archangeli in Monte Tumba. A la suite de cette première christianisation du mont Tombe, fut érigé un oratoire en l’honneur de l’archange saint Michel en 708 (709 pour la dédicace), comme l’indiquent les Annales du Mont-Saint-Michel rédigées au début du XIIe siècle. Aubert, évêque d’Avranches, installa sur le site une communauté de douze chanoines pour servir le sanctuaire et accueillir les pèlerins. C’est à cette époque que le mont accueillit, à l’est du rocher, les premiers villageois qui fuyaient les raids vikings. Ce premier habitat a dû abriter les différents corps de métier nécessaires à l’édification du premier sanctuaire : tailleurs de pierre, maçons, tâcherons et charpentiers. Puis il a dû accueillir les laïcs chargés d’approvisionner la communauté religieuse. « Malgré les nombreuses reconstructions qui ont, petit à petit, façonné le bourg que nous connaissons aujourd’hui, le noyau primitif du village demeure encore perceptible : il correspond en effet à une zone caractérisée par une organisation parcellaire relativement complexe et un enchevêtrement de constructions desservies par des ruelles tortueuses ». Il s’agit, grosso modo, du secteur où se trouvent implantés l’église paroissiale Saint-Pierre et son cimetière. La plupart des habitations devaient être construites en bois et en torchis.

À partir de l’an 710 et pendant tout le Moyen Âge, le mont fut couramment surnommé par les clercs « mont Saint-Michel au péril de la mer » (Mons Sancti Michaeli in periculo mari).

Le Mont était rattaché depuis la formation des circonscriptions ecclésiastiques au diocèse d’Avranches, en Neustrie, ce qui reflétait vraisemblablement une situation antérieure, c’est-à-dire l’appartenance du Mont au territoire des Abrincates, membres de la confédération armoricaine, sur lequel va se plaquer le cadre administratif romain, puis le cadre religieux chrétien, conformément à un processus observé ailleurs dans la future Normandie et au-delà.

En 867, le traité de Compiègne attribua le Cotentin, ainsi que l’Avranchin (bien que ça ne soit pas clairement stipulé), au roi de Bretagne, Salomon. L’Avranchin, tout comme le Cotentin, ne faisaient donc pas partie du territoire normand concédé au chef viking Rollon en 911. Le mont Saint-Michel restait breton, bien que toujours attaché au diocèse d’Avranches, lui-même dans l’antique province ecclésiastique de Rouen, dont la ville principale était aussi devenue capitale de la nouvelle Normandie. Il l’était encore en 933 lorsque Guillaume Ier de Normandie, dit Guillaume Longue Épée, « obtint du roi de France un agrandissement notable de son territoire, avec le Cotentin et l’Avranchin, jusqu’alors contrôlés par les Bretons. C’est donc à cette date que le Mont est officiellement rattaché à la Normandie », la frontière politique de l’Avranchin se fixant transitoirement à la Sélune, fleuve côtier qui se jetait à l’est du Mont. Guillaume Longue Épée fit d’importants dons de terres à la communauté des chanoines montais, ces domaines étant presque tous situés entre le Couesnon et la Sélune.

Richard Ier de Normandie, fils de Guillaume Longue Épée, eut à cœur de poursuivre l’œuvre de réforme monastique de son père et il ordonna aux chanoines à qui le Mont avait été confié de renoncer à leur vie dissolue ou de quitter les lieux. Tous partirent sauf un, Durand, qui se réforma par amour pour l’archange. C’est ainsi que s’y établirent en 966 des bénédictins issus de différentes abbayes telles, sans doute, Saint-Taurin d’Évreux et Saint-Wandrille. L’histoire de cette fondation est relatée dans l’Introductio monachorum, qui figure au début du Cartulaire du Mont-Saint-Michel. Le premier abbé fut Mainard Ier. Une tradition bien établie veut qu’il s’agisse du réformateur Mainard, chargé de restaurer l’abbaye de Saint-Wandrille mais cette hypothèse reste controversée. C’est lui qui aurait fait édifier l’église préromane appelée Notre-Dame-sous-Terre, construite à cette même période. Son neveu, Mainard II, lui succéda jusqu’en 1009, qui était aussi abbé de Redon. « À cette époque, le Mont scelle la bonne entente entre les deux ducs, de Normandie et de Bretagne ».

Sont inhumés dans la chapelle Saint-Martin de l’abbaye les ducs de Bretagne, de la maison de Rennes :

Conan I le Tort (mort en 992), qui, lors de la confirmation d’une donation faite à l’abbaye du Mont-Saint-Michel, le 28 juillet 990 en présence de l’ensemble des évêques de Bretagne, prend le titre de Princeps Britannorum ;

Geoffroy I Béranger (mort en 1008), époux d’Havoise de Normandie, grand bienfaiteur de l’abbaye en donnant les revenus de Saint-Méloir-des-Ondes et Saint-Benoît-des-Ondes.

Pendant le premier quart du xie siècle, les bonnes relations perdurent entre les moines du Mont et les ducs, sous les abbés Hildebert Ier (1009-1017) puis Hildebert II (1017-1023). Mais elles se gâtent lorsque le duc normand Richard II , qui protégeait l’abbaye à l’instar de son père, décide de remplacer l’abbé montois par un abbé extérieur et réformateur, d’abord le Romain Supo puis le Bourguignon Thierry, déjà abbé de l’abbaye de Jumièges et gardien de l’abbaye de Bernay, alors dépendance de l’abbaye de Fécamp.

Le nouveau duc Robert Ier de Normandie, dit Robert le Magnifique, nomma en 1027 un abbé d’origine mancelle, Aumode, à qui il confia en 1032 sa nouvelle fondation, l’abbaye de Cerisy. L’abbé Supo fut donc rappelé et dirigea l’abbaye montoise jusqu’à sa retraite à l’abbaye de Fruttuaria avant 1048.

Le duc Guillaume le Conquérant s’intéressa de près aux successions abbatiales et octroya des bénéfices, tant temporels que spirituels, à l’abbaye du Mont qui avait soutenu financièrement la conquête de l’Angleterre. Ainsi, certains moines montois furent appelés à diriger des abbayes anglaises. Grâce aux revenus des terres et prieurés octroyés par le duc, l’abbatiale romane fut rapidement achevée. A la mort du Conquérant, le Mont traversa une période trouble mais grâce à l’excellente administration de ses abbés, notamment Bernard du Bec,l’abbaye connut un grand développement intellectuel. Elle échappa, en août 1138, au grand incendie que déclenchèrent les habitants d’Avranches et qui ravagea le village montois, à la suite d’un désaccord avec les moines sur la succession d’Henri Ier Beauclerc.

En 1009, le duc de Normandie décide d’exercer un contrôle direct sur l’abbaye du Mont-Saint-Michel et l’abbé Maynard Ier, issu de la communauté de Saint-Wandrille, est évincé et doit se replier à l’abbaye Saint-Sauveur de Redon. pour être remplacé par l’abbé Hildebert Ier, préféré par Richard II.

Profitant de la Régence d’Havoise de Normandie, sa sœur, sur la Bretagne et de l’agression du chef viking Olaf sur Dol-de-Bretagne en 1014, le duc Richard II de Normandie repousse vers 1027-1030 la frontière avec la Bretagne de la Sélune au Couesnon.

En 1030, Alain III de Bretagne, duc de Bretagne, entre en conflit avec son cousin, le duc Robert Ier de Normandie fils de Richard II. C’est la toute puissance de Robert « le Magnifique » qui a dans son duché de Normandie, solidement rétabli le pouvoir ducal. C’est dans cette optique d’hégémonie qu’il demande à son cousin Alain III de lui prêter un serment de fidélité. Celui-ci refuse et résolut le duc de Normandie d’utiliser la force. Après la construction d’une forteresse, celle de Cheruel, le duc de Normandie lance une expédition en Bretagne. Alain riposte en lançant une contre-offensive dans l’Avranchin, mais il est repoussé avec de lourdes pertes. Leur oncle Robert le Danois, archevêque de Rouen, sert de médiateur lors d’une entrevue au Mont-Saint-Michel. En 1031, Alain et son frère Eon de Penthièvre font une donation au Mont-Saint-Michel.

L’histoire et la légende se brouillent à cette date. Les textes de l’époque ne précisent pas le sort du mont Saint-Michel, mais son rattachement à la Normandie est attesté quelques décennies plus tard, et il est déjà effectif depuis longtemps lorsque les Bretons de Guy de Thouars incendient le Mont en avril 1204.

Or, une légende affirme que le Couesnon, lors d’une de ses fréquentes divagations, se serait mis à déboucher à l’ouest du Mont, faisant ainsi passer ce dernier en Normandie. Si cette légende est exacte, le Mont aurait été situé à l’ouest du Couesnon en 1009 et la divagation du Couesnon se situerait quelques décennies plus tard. Si elle est fausse, le Couesnon se jetait déjà à l’ouest du mont Saint-Michel en 1009.

Quoi qu’il en soit, le Mont-Saint-Michel aura été breton de 867 à 1009, de manière géopolitique, sans jamais avoir été intégré à l’archidiocèse de Dol, de même, la fondation d’un collège de chanoine par l’évêque d’Avranches dès le viie siècle, le choix de saint Michel comme saint protecteur de l’empire par Charlemagne, puis les donations de Rollon pour restaurer la collégiale et enfin sa conversion en abbaye bénédictine en 966 par une communauté de moines issue des abbayes de Saint-Wandrille, de Jumièges et de Saint-Taurin d’Évreux, toutes situées en Normandie, indiquent clairement l’appartenance permanente du Mont à la sphère d’influence de l’église franque puis normande, distinctes de l’église bretonne, ce qui rend la question de la localisation géographique exacte plutôt secondaire. La limite officielle entre la Bretagne et la Normandie est désormais fixée indépendamment de la localisation d’un cours d’eau – et précisément à 4 km à l’ouest, au pied du massif de Saint-Broladre.

Il faut noter que l’hypothèse d’une divagation importante du Couesnon est parfaitement cohérente et vraisemblable, tant les lits des cours d’eau pouvaient varier, en l’absence de toute canalisation – et parfois de plusieurs dizaines de kilomètres. Le fait que l’embouchure du Couesnon se trouvait à 6 km du rocher au xviiie siècle n’apporte aucune information sur sa position au fil des siècles précédents – la topographie rend même inévitable qu’il ait bougé régulièrement. En revanche, aucun texte n’atteste qu’il ait basculé d’un côté du mont Saint-Michel à l’autre.

 

Histoire

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Le mont Saint-Michel sur une carte au XVIIIè  siècle.

L’histoire ancienne de la commune étant peu dissociable de l’histoire de l’abbaye elle-même, nous renvoyons à l’article consacré à l’abbaye du Mont-Saint-Michel, y compris pour les périodes gauloise et romaine.

 

Le temps des pèlerinages

Le pèlerinage du mont Saint-Michel est attesté au IXè siècle et il est vraisemblable que les miquelots trouvent à cette époque le gîte et le couvert dans l’une des auberges du village, apparues pour les accueillir au pied du mont. Le village s’est ainsi développé à l’ombre de son abbaye médiévale, grandissant au tournant de l’an mille grâce à la protection des abbés bénédictins.

En 1204, durant la conquête de la Normandie par Philippe Auguste contre Jean sans Terre, les chevaliers bretons de Guy de Thouars, attaquent le mont Saint-Michel en représailles de l’assassinat d’Arthur par Jean sans Terre. Durant les combats, ils y mettent le feu, ce qui ravage entièrement le site. Les chevaliers de Guy de Thouars passent ensuite par l’épée tous ceux qui tentent de s’échapper.

L’économie du Mont est tributaire, depuis douze siècles, des nombreux pèlerinages, notamment jusqu’à la Révolution française. On vient de toute l’Europe du Nord en pèlerinage à l’abbaye : depuis l’Angleterre, la France, notamment du nord et de l’ouest.

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Le mont Saint-Michel sur une carte de 1758.

C’est sous l’épiscopat de Mgr Abel-Anastase Germain qu’ont lieu le 3 juillet 1877, les fêtes grandioses du couronnement de saint Michel en présence d’un cardinal, de huit évêques, d’un millier de prêtres et d’une foule innombrable. Ce jour-là, alors que le canon tonne et que joue une musique militaire, l’évêque manque perdre la vie : en effet, juché au sommet d’une échelle pour couronner la tête de l’Archange, Mgr Germain est sur le point de perdre l’équilibre et de tomber dans le vide.

 

Le temps du tourisme

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Un chemin de fer fut aménagé dès le début du xxe siècle pour desservir le mont.

Déjà depuis le XIXè  siècle, les auteurs et peintres romantiques venaient au mont, pour son charme unique et ses qualités pittoresques, tel Guy de Maupassant. À la fin du siècle, plusieurs hôtels sont établis au Mont. Dans la deuxième moitié du xxe siècle, la mutation du site en un lieu de visite de rang mondial a fait de la petite commune normande l’une des premières destinations touristiques de France.

La fréquentation du site et de l’abbaye est concentrée dans le temps. Elle est la plus forte au cours de la période estivale et de certains week-ends printaniers qui concentrent le tiers des visiteurs du Mont-Saint-Michel, avec une moyenne journalière approchant les 12 000 visiteurs et des pics dépassant les 16 000 visiteurs par jour, avec un flux de visiteurs de moins en moins dense au fur et à mesure de l’ascension vers l’abbaye (un tiers seulement montant jusqu’à l’abbaye). Le temps moyen de visite est de deux à trois heures. « Au cours d’une journée, c’est entre 11h et 16h que la densité de visiteurs sur le site est la plus forte ».

Le Mont connaît un déclin de fréquentation depuis le début du xxie siècle, passant de 3,5 millions de visiteurs à 2,2 millions en 2013. Le site pâtit en effet des nouvelles conditions de desserte de la presqu’île et de la mauvaise réputation du Mont-Saint-Michel qui fait payer cher des prestations médiocres.

Depuis le 22 juillet 2014, les visiteurs peuvent se rendre au Mont par les nouveaux ouvrages d’accès créés par l’architecte Dietmar Feichtinger qui a remporté le concours du projet Saint-Michel. Une nouvelle digue et une passerelle sur pilotis laissant passer l’eau en dessous desservent désormais l’île. Cependant, le déclin touristique se poursuit, en raison notamment de la hausse des tarifs de stationnement, de la traversée à pied qui prend 50 minutes ou des navettes qui n’effectuent qu’une partie du parcours

 

Politique et administration

Administration municipale

Le conseil municipal est composé de sept membres dont le maire et deux adjoints.

 Jumelage

Le grand torii du sanctuaire d’Itsukushima

Population et société

Démographie

L’évolution du nombre d’habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l’Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d’information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d’une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2006.

En 2017, la commune comptait 30 habitants, en diminution de 26,83 % par rapport à 2012 (Manche : -0,49 %, France hors Mayotte : +2,36 %).

Au Moyen Âge, 300 à 400 personnes vivaient au Mont. La population est tombée à 234 en 1800 avant que l’abbaye devienne une centrale pénitentiaire en 1810. La prison ferme en 1863 et la population, revenue aux valeurs antérieures, décline depuis, l’inconfort des maisons du Rocher (exiguës, humides car construites à même la roche qui suinte en permanence, et non accessibles en voiture) incitant les habitants à s’installer dans des maisons plus agréables dans la baie. Parmi les 44 Montois dénombrés en 2013, 20 habitent dans les polders, 24 intra-muros (une famille avec deux enfants, une commerçante, l’administrateur du monument, deux pompiers, un agent de sécurité, cinq moines, sept moniales et trois prêtres).

La commune accueille jusqu’à 20 000 visiteurs par jour pendant la saison estivale.

 

Manifestations culturelles et festivités

 Concerts et expositions à l’abbaye

Soucieux de redonner un rayonnement culturel au Mont, le Centre des monuments nationaux organise depuis 2010 une série de concerts de prestige à l’abbaye entre mai et septembre. Ainsi ont été invités Jordi Saval / Hespèrion XXI, le chœur accentus / Laurence Equilbey, le Concert spirituel / Hervé Niquet, Anne Queffélec, Jean-Guihen Queyras, l’Orchestre de Basse-Normandie, l’Orchestre de la Garde républicaine, les organistes Vincent Warnier, Didier Hennuyer et Thierry Escaich…

À cette occasion, la restauration de l’orgue est achevée en 2012.

Des expositions sont proposées chaque année par le CMN, dont une exposition Arnulf Rainer en 2012.

 

Festival « 13 siècles entre ciel et mer »

Lors de l’élaboration des festivités du 13e centenaire de la fondation du mont, le diocèse de Coutances et Avranches et l’association Robert-de-Torigni décidèrent, entre autres, de créer un festival d’Art chrétien pour « sensibiliser le visiteur au côté spirituel du Mont-Saint-Michel ». Celui-ci aurait lieu en juillet 2008 et concorderait avec les Journées mondiales de la jeunesse 2008 organisées à Sydney.

C’est ainsi, que durant ce mois de juillet, avec l’aide des Fraternités monastiques de Jérusalem du Mont-Saint-Michel, deux semaines de festival ont été proposées, composées d’une semaine de concerts et d’animations variées (classique, gospel…) et une autre d’exposition (calligraphie, reliure, dessin). De plus, des célébrations, veillées et autres festivités ont eu lieu, en relation avec les JMJ de Sydney.

Après cette édition fondatrice, le festival a été pérennisé, se déroulant durant une semaine chaque été.

 

Économie

Le Mont-Saint-Michel a longtemps « appartenu » à quelques familles, qui se partageaient les commerces de la commune, et se succédaient à l’administration du village. Le tourisme est en effet la principale, et même quasi unique source de revenus de la commune malgré l’agriculture sur les polders. On compte une cinquantaine de commerces pour 3 millions de touristes, alors que seulement 25 personnes dorment chaque soir sur le mont (moines inclus) hormis dans les hôtels.

Aujourd’hui, se partagent les principaux établissements de la commune :

Éric Vannier, propriétaire du groupe de la Mère Poulard (détenant la moitié des restaurants, commerces et hôtels de la commune intra- et extra-muros, ainsi que trois musées) ;

Jean-Yves Vételé, président-directeur général de la Sodetour (cinq hôtels, un supermarché et des commerces tous extra-muros, dont le Mercure La Caserne) ;

Patrick Gaulois, ancien édile, hôtelier et restaurateur intra-muros (et à Saint-Malo) ;

des commerçants indépendants.

Le Mont-Saint-Michel est dénommé « commune touristique » depuis août 2009.

 

Culture locale et patrimoine

Monuments et lieux touristiques

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L’entrée du village qui débouche sur la cour de l’Avancée est constituée d’une porte charretière et d’une porte piétonne. Les pèlerins qui l’empruntaient étaient contrôlés par les gardes puis pouvaient se désaltérer, à l’angle de l’escalier de la cour, dans la fontaine d’eau potable dont la vasque affecte la forme d’une coquille Saint-Jacques. La cour de l’Avancée qui forme un espace triangulaire, est aménagée en 1525 par le lieutenant Gabriel du Puy. Défendue par un chemin de ronde surélevé et par une tour en demi-lune flanquant les ouvertures de la cour suivante, cette cour protégeait les abords de la cour du Boulevard L’escalier mène à l’ancien corps de garde aux bourgeois, construction en granite couverte en essentes, qui abrite désormais l’office du tourisme du Mont-Saint-Michel. Cette cour expose deux michelettes, bombardes longues respectivement de 3,64 m et 3,53 m, de 0,48 et 0,38 de diamètre intérieur, et pesant 2,5 tonnes. Ces deux pièces d’artillerie sont fabriquées au moyen de douves en fer plat cerclées au feu par des colliers également en fer, solidement frettées. La tradition montoise rapporte que ces canons ont été abandonnés par les troupes de Thomas de Scales le 17 juin 1434 lors de la guerre de Cent Ans et ont été rapatriés intra-muros comme trophée par les habitants du Mont qui en ont fait le symbole de leur indépendance.

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Au fond de la cour, la porte du lion (référence à cet animal gravé sur un écusson aux armes de l’abbé Robert Jollivet) ouvre sur la cour du Boulevard construite en 1445 par Louis d’Estouteville, capitaine du Mont-Saint-Michel et gouverneur de Normandie. Cette cour exiguë est occupée par des constructions modernes du xixe siècle, dont le restaurant de la Mère Poulard et l’hôtel les Terrasses Poulard, propriétés du groupe Mère Poulard, groupe industriel et hôtelier qui possède près de la moitié des hôtels et restaurants du mont. Unique entrée du village à l’origine, la porte du roi est construite vers 1435 par Louis d’Estouteville. Elle est protégée dix ans plus tard par une barbacane appelée désormais cour du Boulevard. Dotée d’une herse, elle est précédée par un pont-levis reconstitué en 1992 par l’architecte Pierre-André Lablaude et par un fossé empli d’eau les jours de grande marée. Au-dessus de cette porte se trouve le logis du Roi, appartement à deux étages qui servait de logement à l’officier représentant le pouvoir royal et chargé par le souverain de garder l’entrée du village. Ce logement abrite aujourd’hui la mairie montoise. Le cadre rectangulaire situé au-dessus de la porte charretière était autrefois décoré par un relief aujourd’hui estompé. Il représentait les armoiries du roi, de l’abbaye et de la ville : deux anges supportant le blason royal à trois fleurs de lys surmonté de la couronne royale, au-dessous deux lignes de coquilles posées deux à deux (rappel du Mont, vassal du roi de France) et pour support deux poissons posés en doubles fasces ondées (évocation des vaguelettes lors des marées).

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Le visiteur accède ensuite de plain-pied dans la Grand-Rue du village, voie étroite qui monte vers l’abbaye en serpentant entre deux rangées de maison qui datent pour la plupart de la fin du xixe siècle et du début du xxe siècle (maison de l’Arcade en encorbellement, maison de l’Artichaut, hôtel Saint-Pierre, pastiche de la famille Picquerel-Poulard construit en 1987 en face de l’hôtellerie de La Licorne, logis de Tiphaine qui abrite le quatrième musée privé du mont et qui appartient toujours aux descendants de Bertrand du Guesclin). La montée finale vers la porte de l’abbaye se réalise par le grand degré (escalier) extérieur. Large de 4 mètres, il était barré à mi-rampe par une porte pivotante, gardée par un veilleur installé dans un renfoncement visible à gauche. Les Montois appellent cet escalier le Monteux.

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Le chemin de ronde des remparts offre de nombreux points de vue sur la baie, à perte de vue mais aussi sur les maisons du bourg. Les îlots d’habitations sont composés de deux types de constructions, des maisons en pan de bois et en pierre mais la colorisation des façades ne permet pas toujours de les différencier.

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Un petit escalier rejoint sur la droite la cour de la barbacane crénelée conçue à la fin du xive siècle durant l’abbatiat de l’abbé Pierre Le Roy. Dotée de postes de surveillance percés de meurtrières, elle protégeait le châtelet d’entrée de l’abbaye constitué de deux tours rondes posées en encorbellement, supportées par des culs-de-lampe pyramidaux moulurés. La cour est dominée par le pignon oriental de la Merveille et par la silhouette fuselée de la tour des Corbins qui la flanque. Sous l’arc surbaissé de l’entrée, s’engage un escalier très raide qui se perd dans l’ombre de la voûte, ce qui lui vaut d’être appelé « le Gouffre ». Il conduit à la salle des Gardes, véritable entrée de l’abbaye.

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Soixante-et-un immeubles situés sur l’îlot sont protégés au titre des monuments historiques par plusieurs campagnes de protection, réalisées notamment en 1928 et 1934.

 L’abbaye et le Centre des monuments nationaux

L’abbaye, les remparts et certains immeubles, dont le bâtiment dit les Fanils, sont propriétés de l’État et gérés par le Centre des monuments nationaux, établissement public administratif placé sous la tutelle du ministère de la Culture. En 2011, l’abbaye a reçu 1 335 000 visiteurs. Elle est le second monument national le plus visité, après Notre-Dame de Paris (la tour Eiffel et le château de Versailles n’étant pas gérés par le CMN).

 Les Fraternités monastiques de Jérusalem

Depuis 2001, des frères et des sœurs des Fraternités monastiques de Jérusalem, venues de l’église Saint-Gervais de Paris, assurent une présence religieuse toute l’année. Ils remplacent les moines bénédictins, qui étaient revenus au Mont depuis 1966. Ils sont les locataires du Centre des monuments nationaux et n’interviennent pas dans la gestion de l’abbaye.

Ainsi, chaque jour, la communauté se retrouve pour les offices dans l’abbatiale (ou dans la crypte Notre-Dame des Trente Cierges en hiver), rendant ainsi à l’édifice sa destination originelle, pour prier et chanter la gloire de Dieu. Cela ne manque pas d’attirer visiteurs et pèlerins qui, nombreux, viennent assister aux diverses célébrations.

La restauration d’une maison du Mont, le « Logis Saint-Abraham », a été entreprise par la communauté, et permet, depuis octobre 2012, d’héberger des pèlerins retraitants.

 

Héraldique

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Personnalités liées à la commune

Robert de Thorigny, célèbre abbé du mont ;

Guillaume de Saint Pair, moine de l’abbaye auteur du Roman du Mont-Saint-Michel ;

Le duc de Chartres (futur Louis-Philippe Ier), venu démolir la « cage de fer » ;

Mathurin Bruneau, sabotier, escroc et faux Louis XVII, prisonnier au mont en 1821-1822 ;

Louis Auguste Blanqui, prisonnier politique au mont ;

Armand Barbès, prisonnier politique au mont ;

Monseigneur Jean-Pierre Bravard, sacré évêque de Coutances le 28 octobre 1862, il démissionne le 27 novembre 1875 pour s’éteindre moins d’un an plus tard ; il est le restaurateur de l’abbaye ;

Henri Voisin, né à Saint-Mandé (Val-de-Marne) le 6 août 1861, mort en Indre-et-Loire le 4 décembre 1945 est une personnalité artistique de la Manche, illustrateur et graveur ; il consacre à la Merveille pas moins de trois cents gravures à l’eau-forte. En outre, il écrit plusieurs livres et brochures et en illustre de nombreux autres. Conjointement à cette activité artistique intense, Henri Voisin, désireux d’assurer la sauvegarde du Mont, fonde, le 27 décembre 1911, avec l’aide de Paul Deschanel, l’association « les Amis du Mont-Saint-Michel » dont il est le secrétaire général durant vingt-sept ans. Selon David Nicolas, « de 1912 à 1938, chaque année, il a réalisé et remis une gravure grand format à chacun des membres de l’association qui ont ainsi pu se constituer une superbe collection de 27 gravures différentes ». En 1938, il est fait chevalier de la Légion d’Honneur pour son action en faveur du Mont-Saint-Michel ;

la Mère Poulard, restauratrice (voir ci-dessous) ;

Émile Couillard, écrivain, historien du Mont et abbé du Mont-Saint-Michel.

 

Gastronomie locale

Le mont Saint-Michel se situe à l’embouchure du Couesnon. Côté terre, des aménagements de digues déjà anciens ont permis jusqu’à aujourd’hui de gagner sur la mer des terrains consacrés à l’agriculture et à l’élevage (dont celui des ovins, qualifiés de moutons de pré-salé). Le mouton ou l’agneau de pré-salé est ainsi une spécialité locale, à déguster de préférence grillé au feu de bois.

Une grande activité médiatique, à laquelle a participé de facto le dessinateur Christophe avec sa famille Fenouillard entoure la préparation de l’omelette de la mère Poulard, cette Bourguignonne née à Nevers arrivée à 21 ans en Normandie (du nom du restaurant situé dans le village et réputé pour cette spécialité). Celle-ci est faite d’œufs et de crème fraîche, abondamment battus en neige dans une bassine de cuivre avec un long fouet sur un rythme spécial que peuvent entendre les passants avant d’être cuite dans une poêle de cuivre sur un feu de bois.

 

Manifestations sportives

Le marathon de la baie du Mont-Saint-Michel relie depuis 1998 Cancale au mont.

Le mont a accueilli à plusieurs reprises le Tour de France cycliste. Le grand départ 2016 y a été donné.

 

Le Mont-Saint-Michel et les arts

Dans la peinture800px-Folio_195r_-_The_Mass_of_Saint_Michael

La Fête de l’ArchangeLes Très Riches Heures du duc de Berry, musée Condé, Chantilly, ms.65, f.195

Dès le Moyen Âge, le Mont-Saint-Michel fait l’objet de représentation, particulièrement dans des manuscrits enluminés. La représentation la plus célèbre se trouve sans doute dans les Très Riches Heures du duc de Berry, illustrant la fête de l’archange dans le livre d’heures. La miniature est attribuée à l’un des frères de Limbourg, qui l’a peinte entre 1411 et 1416. Mais on retrouve le mont représenté dans au moins sept autres livres d’heures du xve siècle. C’est le cas notamment dans Les Très Belles Heures du duc de Berry ou heures de Bruxelles, dans une scène de fuite en Égypte (vers 1400), dans les Heures du Maréchal Boucicaut (musée Jacquemart-André) au folio 11v (vers 1405), dans les Heures Sobieski conservées au château de Windsor, (f.204v) attribué au Maître de Bedford, le Livre d’heures à l’usage de Nantes conservé à la Bodleian Library (1450-1455).

 

Dans la littérature

En 1832, le roman fantastique La Fée aux miettes de l’écrivain Charles Nodier évoque les sables mouvants de la baie du Mont-Saint-Michel.

En 1850, le roman historique de Paul Féval, La Fée des grèves, dont l’action se situe en 1450, évoque les légendes du Mont-Saint-Michel et du mont Tombelaine.

En 1887, dans Le Horla, récit fantastique de Guy de Maupassant, le personnage principal termine son voyage thérapeutique au Mont-Saint-Michel.

En 1890, dans Notre cœur, roman de Guy de Maupassant, les deux personnages principaux, André Mariolle et Michèle de Burne, se promènent au Mont-Saint-Michel.

En 1967, dans son cycle des Princes d’Ambre, Roger Zelazny s’est inspiré des aménagements et particularités du Mont-Saint-Michel pour créer sa cité d’Ambre.

En 1984, le ministère de la Culture publie le livre découpage du créateur François Rouillay, permettant de revivre les mille ans d’histoire et d’architecture du Mont-Saint-Michel, avec une préface de Françoise Chandernagor.

En 2004, le roman La Promesse de l’ange, par Frédéric Lenoir et Violette Cabesos, est un polar archéologique dont l’action se situe principalement au Mont-Saint-Michel.

En 2005, le thriller Le Sang du temps de Maxime Chattam se déroule au Mont-Saint-Michel en 2005 et dans l’Égypte des années 1920.

En 2011, le roman de science-fiction L’Ère du Vent de Pierre Bameul dans lequel le MontSaint-Michel est devenu le siège d’un Nouveau Vatican post-apocalyptique.

En 2014, le roman Saint-Michel, priez pour eux ! de Jean-Pierre Alaux où le conservateur Séraphin Cantarel est mandaté pour restaurer la statue de l’archange.

 

Dans la bande dessinée

En 1961, Jacques Martin fait évoluer Guy Lefranc en partie sur le rocher dans L’Ouragan de feu, deuxième volet des aventures du journaliste.

En 1999 et 2000, Bruno Bertin publie aux Éditions P’tit Louis deux bandes dessinées jeunesse des Aventures de Vick et Vicky ayant pour cadre le Mont-Saint-Michel, sous le titre commun Les Archanges du Mont-Saint-Michel : Le Testament (tome 1) et La Malédiction (tome 2).

En 2008, la bande dessinée Le Diable & l’Archange, texte et dessin de Guillaume Néel, couleur de Julien Gondouin, reprend une vieille légende médiévale sur la création du Mont-Saint-Michel, et se trouve agrémenté d’un livret pédagogique pour mieux comprendre le Diable et l’Archange, l’historique du Mont, la ville.

L’Établissement scolaire de l’univers du manga Blue Exorcist, appelé « True Cross Academy », est inspiré du Mont-Saint-Michel.

Dans le manga Rosario+Vampire II, le quartier général de l’organisation Fairy Tale est très fortement inspiré du Mont-Saint-Michel.

En 2012, dans la série de comics américains Glory de Joe Keatinge et Ross Campbell publiée par Image Comics, l’action prend place au Mont Saint Michel.

Gilles Chaillet fait également évoluer son héros Vasco au Mont Saint-Michel dans Le dogue de Brocéliande.

 

Dans la musique

Le 28 juillet 1993, le compositeur Jean-Michel Jarre y donne un concert, spectacle ouvrant sa tournée mondiale honorant les merveilles architecturales classées au patrimoine mondial de l’humanité par l’UNESCO.

En 1996, le compositeur anglais Mike Oldfield publie l’album Voyager, dont un des titres est consacré au Mont-Saint-Michel.

En 1998, le compositeur français Patrick Broguière publie sous le titre Mont Saint-Michel un concept album de rock progressif entièrement consacré aux légendes du Mont-Saint-Michel.

En 1999, le musicien harpiste breton Kirjuhel publie l’album Echo of Mont-Saint-Michel.

En 2001, le musicien anglais Aphex Twin, originaire de Cornouailles, publie l’album de musique électronique Drukqs, dont le titre Mt Saint Michel + St Michaels Mount est inspiré à la fois par le Mont-Saint-Michel et le St Michaels’ Mount, situé en Cornouailles.

En 2003, le groupe Oldelaf et Monsieur D publie la chanson Le Mont St-Michel sur l’album Chansons Cons.

 

Au cinéma

1975 : L’Incorrigible de Philippe de Broca, où le rêve d’un des personnages est d’empêcher l’ensablement du mont Saint-Michel

1983 : Pauline à la plage d’Éric Rohmer (visible sur un court et unique plan)

1990 : Il y a des jours… et des lunes de Claude Lelouch

1991 : Le Secret de Sarah Tombelaine de Daniel Lacambre

1998 : Armageddon de Michael Bay

2003 : Le mont Saint-Michel a servi d’inspiration à l’équipe de Peter Jackson pour la cité de Minas Tirith dans le film Le Seigneur des anneaux : Le Retour du roi.

2009 : Une semaine sur deux (et la moitié des vacances scolaires) d’Ivan Calbérac

2010 : L’équipe artistique des studios Disney s’est inspirée du Mont-Saint-Michel pour réaliser le royaume de Raiponce

2013 : À la merveille de Terrence Malick

2016 : Tout pour être heureux de Cyril Gelblat – scène de pré-générique (source : générique).

2010 : L’Ombre du Mont-Saint-Michel de Klaus Biedermann (téléfilm)

 

En philatélie

Dès 1930 la poste a émis un timbre de 5 F brun.

En 1966, nouveau timbre de 25 centimes, noir, vert et rouge sur paille est émis à l’occasion du millénaire du Mont-Saint-Michel.

En 1998, nouveau timbre de 3 francs, multicolore. Ce timbre sera élu plus beau timbre de l’année.

En 2006, la poste dans une émission commune avec les Nations unies de Genève émet deux timbres dont l’un est le Mont-Saint-Michel et son abbaye (Manche) dont la valeur est de 90 centimes d’euro. Le thème était : Monuments. Patrimoine mondial.

 

Dans les jeux vidéo

Le mont Saint-Michel est représenté à l’époque de la Renaissance dans Assassin’s Creed Brotherhood (2010), jeu vidéo édité par Ubisoft Montréal. La ville est en effet proposée comme terrain de jeu (« carte ») pour des parties multijoueurs dans le premier contenu téléchargeable sorti en décembre 2010.

Le mont Saint-Michel est également représenté à l’époque contemporaine dans le jeu vidéo Onimusha 3: Demon Siege (2004) édité par Capcom.

Le mont Saint-Michel a aussi été représenté à l’époque de la Renaissance dans un jeu pour 3DS, Kingdom Hearts 3D: Dream Drop Distance (2012), jeu vidéo créé par Square Enix et Disney Interactive Studios.

Le mont est aussi présent dans le jeu Civilization VI en tant que merveille constructible.

Le mont est à l’honneur dans un jeu sur Phillips CD-I intitulé l’Ange et le Démon. le jeu est constitué de nombreuses prises de vue intérieures du mont et quelques aériennes. le joueur doit trouver des objets afin de réveiller l’Archange Saint-Michel afin qu’il puisse empêcher le Démon de détruire le monde.

Dans Pokémon X et Y, le mont Saint-Michel est représenté par la tour Maîtrise, un lieu de la région de Kalos.

 

Dans l’ésotérisme

Selon certains sites ésotériques, le Mont-Saint-Michel est situé sur un axe qui relie différents lieux dédiés à Saint Michel en Europe, en partant de l’ancien monastère consacré à Saint Michel, sur l’île Great Skelling en Irlande, puis par St Michael’s Mount en Cornouailles, jusqu’au Monte Gargano dans les Pouilles italiennes, l’île de Délos en Grèce, et la Lydie où Saint Georges aurait tué le dragon. Un autre mont est surmonté par l’abbaye Saint-Michel-de-la-Cluse en val de Suse.

 

Bibliographie

Édouard Jules Corroyer, Guide descriptif du mont Saint-Michel, Paris, André, Daly Fils et Cie, 1886, 158 p.

Lomig Guillo, Les Secrets du mont Saint-Michel. Enquête sur 1300 ans d’histoire et de légendes, éditions Prisma, 2017 (

Édouard Le Héricher, Avranchin monumental et historique, t. II, Avranches, Nabu Press, 4 octobre 2011 (1re éd. 1846 (Tostain)), 764 p. ), p. 197-439.

Daniel Leloup, Le Village du Mont-Saint-Michel : histoire d’un patrimoine mondial, Chasse-Marée, 2004.

Olivier Mignon, À la découverte du Mont-Saint-Michel : guide de la baie, du village et de l’abbaye, Siloë, 1999.

Jean-Charles Peguet, La 7e porte, éditions Dervy-Medecis, coll. « Les Lieux de la Tradition », 2002 — Étude sur la symbolique du jardin de pierre qui orne l’intérieur du cloitre.

Guillaume de Saint Pair, Le Roman du mont Saint-Michel (xiie siècle), Presses universitaires de Caen, 2009 pages=400.

Patrick Sbalchiero, Histoire du Mont Saint-Michel, Paris, Perrin, 2005 — réédition en 2014, collection « Tempus ».

Nicolas Simonnet, Mont-Saint-Michel, Casa Editrice Bonechi, 2001.

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