AIX-EN-PROVENCE (BOUCHES-DU-RHÔNE), HÔTEL BOYER D'EGUILLES (Aix-en-Provence), JEAN-BAPSTISTE BOYER D'EGUILLES (1645-1709), MONUMENTS HISTORIQUES

L’Hôtel Boyer d’Eguilles (Aix-en-Provence)

L’Hôtel Boyer d’Éguilles à Aix-en-Provence

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L’hôtel Boyer d’Éguilles est un hôtel particulier situé au n° 6 de la rue Espariat, à Aix-en-Provence (France).

Cet édifice est classé au titre de monument historique : l’hôtel, l’enclos, le sol des deux cours et la toiture sont classés depuis 1988.

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Historique

La construction du bâtiment fut échelonnée sur plusieurs années depuis le premier quart du XVIIe siècle. Des travaux de rénovation furent commandités par l’aristocrate aixois Jean-Baptiste de Boyer d’Éguilles, fils du conseiller parlementaire Vincent de Boyer, en 1672 à l’architecte aixois Jean Jaubert.  Des rénovations ultérieures sont effectuées en 1715 et 1750.

En 2010 l’hôtel Boyer d’Éguilles a été cédé par la ville d’Aix-en-Provence à un groupe immobilier.
Celui-ci effectue depuis une rénovation de l’ensemble qui y installe progressivement jusqu’en 2020 des boutiques de prêt-à-porter, une boutique de cosmétique bio et un café littéraire.

 

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Jean-Baptiste Boyer d’Éguilles

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Jean-Baptiste II de Boyer, seigneur d’Éguilles, de Vacquières et de Joyeuse-Garde, est un érudit et parlementaire provençal, né à Aix-en-Provence le 21 décembre 1645 et mort dans la même ville le 4 octobre 1709.

Biographie

Fils de Vincent de Boyer d’Éguilles de Malherbe (1618-1659), conseiller au Parlement d’Aix et Madeleine de Forbin de Maynier (1630-1671)n 1, Jean-Baptiste de Boyer, second du nom, fut célèbre en son temps pour son cabinet de curiosité et pour avoir été commanditaire de nombreuses œuvres d’art.

En effet, conseiller au parlement de Provence dès 1677, Boyer possédait l’un des plus riches cabinets de sa ville d’Aix-en-Provence. On y voyait un grand nombre d’œuvres originales qui témoignaient de son goût pour la peinture italienne ; pièces significatives de Raphaël, Andrea del Sarto, Titien, Michel-Ange Caravage, de Paul Véronèse, du Corrège, Carracci, du Tintoret, du Guide, Nicolas Poussin, Sébastien Bourdon, Eustache Lesueur, Pierre Puget, Rubens, Antoine Van Dyck, etc.

Il avait gravé lui-même plusieurs de ces tableaux qu’on trouve dans la première édition de ses estampes, publiée en 1709, par Jacques Cœlemans (Anvers, ? – Aix-en-Provence, 1735) et par Barras, et qui ne se trouvent plus dans la seconde édition donnée par Mariette. Dans son « Voyage du Levant », Pitton de Tournefort loue plus le collectionneur que la collection :

« Étant arrivé à Aix, nous allâmes saluer M. Boyer d’Eguilles, conseiller au Parlement, et nous fûmes bien moins touché de ses tableaux, quelque rares qu’ils soient, que nous ne le fûmes de son mérite ce savant magistrat n’excelle pas seulement dans la connaissance de l’antiquité, il a naturellement ce goût exquis du dessin qui rend si recommandables les grands hommes de ce genre. M. d’Éguilles a fait graver une partie de son cabinet en cent grandes planches, d’après les originaux de Raphaël, d’André del Sarto, de Titien, de Michel-Ange, de Caravage, de Paul Véronèse, de Carrache, de Tintoret, du Guide, de Poussin, de Bourdon, de Lesueur, de Puget, de Valentin, de Rubens, de Van Dyck et d’autres peintres fameux. Ce magistrat me permettra-t-il de dire qu’il a gravé lui-même quelques-unes de ces planches, que les frontispices des deux volumes qui composent ce recueil, sont de son invention, qu’il a conduit le graveur pour la fidélité des contours et pour la force de l’expression. Un homme de qualité, qui remplit d’ailleurs les devoirs de sa charge, ne saurait se délasser plus noblement. »

En 1678, Jean-Baptiste Boyer reprend la suite de son père, qui avait bâti, à partir de 1657 le château d’Éguilles (aujourd’hui mairie d’Éguilles). Il suit les dessins du célèbre architecte Pierre Puget et réalise les aménagements intérieurs.

Il épousa à Draguignan, le1er avril 1671, Jeanne-Marie Surle dame d’Argens (v.1650-v. 1720), l’un des plus riches partis de sa région.

Ses enfants furent :

Marie-Madeleine (1672-1751)

Vincent (né en 1673)

Jeanne (née en 1674)

Marie-Thérèse (1675-1749)

Julie (née en 1678)

Elzéard (né en 1680)

Pierre-Jean de Boyer d’Éguilles (né en 1682)

François (né en 1685)

Anne (née en 1687)

Anne (née en 1689)

Élisabeth (née en 1691)

 

Iconographie

Le portrait de Jean-Baptiste Boyer d’Éguilles a été peint par Hyacinthe Rigaud en 1690 contre 300 livres.

L’œuvre est typique de ces grands portraits peints à la Van Dyck et figurant les riches bourgeois de Lyon que le Catalan côtoya durant son séjour dans cette ville. Mariette, trouvera le tableau « l’un des plus excellens » de Rigaud. Il poursuit en notant que « cette date [1689, sic] fait connoître que cet homme rare que l’on vient de perdre a commencé de fort bonne heure à se distinguer ; car à peine avoit-il trante ans ». Boyer d’Éguilles est présenté dans une attitude reposée, en habit de ville, debout dans un parc dont on devine le paysage en fond. Un grand et lourd rideau (sans pompons) ferme la perspective, tandis que le modèle s’accoude à un élément d’architecture (simple mur de pierre à peine mouluré), le coude posé sur un pan de son manteau, ce qui lui permet de le retenir. L’autre main est délicatement ouverte, vers l’extérieur opposé de la composition, suivant la rhétorique d’une gestuelle particulièrement élégante.

Le tableau a été gravé en 1697 par Coelemans. L’estampe fut reprise par Gravé par Cornelis Martinus Vermeulen, élève de Cœlemans, pour être placée dans le recueil des tableaux de Boyer d’Éguilles de Mariette, dans un « plus petit format, mais exécuté d’une meilleure manière » selon Hulst.

 Bibliographie

Joseph Pitton de Tournefort, « Relation d’une voyage du Levant », Paris, Imprimerie Royale, 1717.

La Chesnaye-Desbois (F. de) & Badier, Dictionnaire de la noblesse, tome III, 1770-1786, p. 941.

« Recueil d’estampes d’après les tableaux des peintres les plus célèbres d’Italie, des Pays-Bas et de France, qui sont à Aix dans le cabinet de M. Boyer d’Aguilles, procureur général du Roy au Parlement de Provence, gravées par Jacques Colemans d’Anvers, par les soins et sous la direction de Monsieur Jean-Baptiste Boyer d’Aguilles, conseiller au même Parlement. Avec une description de chaque tableau et le caractère de chaque peintre », À Paris, chez Pierre-Jean Mariette, rue Saint-Jacques, aux colonnes d’Hercule, 1744.

Joseph Roman, Le Livre de raison du peintre Hyacinthe Rigaud, Paris, Laurens, 1919.

Charles-Philippe de Chennevières-Pointel, Louis Étienne Dussieux, Paul Mantz, Anatole de Montaiglon, Eudore Soulié, Mémoires inédits sur la vie et les ouvrages des membres de l’Académie royale de peinture et de sculpture, publiés d’après les manuscrits conservés à l’école impériale des beaux-arts, vol. II, Paris, Société de l’histoire de l’art français, 1854.

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Vitraux : église Saint-Jean-de-Malte (Aix-en-Provence)

Les vitraux de l’église Saint-Jean-de-Malte

 

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Vitrail du chœur

Le vitrail du chœur conçu par une pléiade d’érudits aixois fut réalisé par le maître-verrier lorrain Laurent-Charles Maréchal en 1859.  Ce vitrail a pour objet de raconter l’histoire du Salut et est centré sur la figure  de saint Jean Baptiste.

Au somment se trouve la figure de Dieu le Père. Au dessous le comte Raymond Béranger V qui porte par erreur le manteau bleu (le manteau bleu n’est pas celui d’un prince de la maison de Barcelone mais de la maison de France). A sa droite, sa fille, Béatrix de Provence, épouse de Charles d’Anjou.

Au milieu du vitrail se trouvent des scènes de la vie de Jean le Baptiste : la rencontre de la Vierge avec Elisabeth (Visitation) ; au centre : le baptême de Jésus par Jean au Jourdain ; enfin sur la droite Jean Baptiste affirme la divinité de Jésus en le désigant comme l’Agneau de Dieu.

Au niveau inférieur on reconnaît : le patriarche Abraham, Moïse portant les tables de la Loi, les prophètes Ezéchiel et Daniel.  A la base de ce vitrail se trouvent différents blasons (Provence, Malte, Aragon, Aix, ceux des maisons de Bérenger Monachi et Hélion de Villeneuve).

Charles Maréchal

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Laurent-Charles Maréchal (1801-1887) est un dessinateur, pastelliste et peintre verrier français du xixe siècle. Il est connu pour ses vitraux peints. Mais il est surtout considéré comme le chef de file du mouvement pictural que Baudelaire avait qualifié d’École de Metz, au Salon de 1845.

Biographie

Laurent-Charles Maréchal naît à Metz, en Moselle, le 27 janvier 1801. Intéressé par l’art, le jeune Laurent-Charles suit les cours de l’école municipale de dessin, de 1820 à 1825. Un autoportrait de cette époque, nous montre un jeune homme sûr de lui et déterminé. Fasciné par l’Italie, Laurent-Charles Maréchal vouera une admiration sans limite à la peinture italienne, et l’Italie, qu’il considère comme la patrie des artistes.

Laurent-Charles Maréchal s’intéresse à des genres variés, allant des paysages aux grands tableaux d’histoire. Mais la demande locale l’oriente bientôt vers la peinture sur vitrail, où il excelle dans le vitrail-tableau. En 1838, il ouvre à Metz un atelier de peinture sur verre avec son beau-frère Gugnon. De 1838 à 1853, Laurent-Charles Maréchal a ses ateliers dans l’hôtel de Malte, sur la colline Sainte-Croix. Travaillant les arts appliqués, au contact d’une industrie en plein essor, Maréchal se distingue particulièrement dans l’art du vitrail. Laurent-Charles Maréchal place bientôt son ancien élève Louis-Théodore Devilly à la tête de son atelier de vitraux peints. Travailleur infatigable, Maréchal ne donne son temps qu’à une poignée d’élèves véritablement doués et réellement volontaires.

En 1853, Laurent-Charles Maréchal installe au numéro 4 de la rue de Paris, dans le prolongement du pont des Morts, ses ateliers de maître verrier. Il perfectionne les techniques et la fabrication industrielle des vitraux, devenant l’un des peintres verriers les plus importants de France, dans la deuxième moitié du xixe siècle. Signe de sa réussite, Laurent-Charles Maréchal crée les vitraux de l’exposition universelle de 1855. Avec Gugnon, son beau-frère, il crée les vitraux néo-gothiques de l’église Saint-Germain-l’Auxerrois à Paris. Parmi ses 12000 verrières, dont 4600 à figures, on lui doit la restauration des vitraux de la cathédrale Saint-Étienne de Metz, ou encore celle de la petite église Sainte-Brigide à Plappeville, qu’il connaissait pour s’être souvent promené du côté du Mont Saint-Quentin À côté des commandes publiques, il travaille aussi pour des particuliers, notamment le baron Haussmann ou Eugène Viollet-le-Duc.

Après la Guerre franco-allemande de 1870, Laurent-Charles Maréchal opte pour la France et quitte sa ville natale, rattachée à l’Empire allemand. Il s’installe alors à Bar-le-Duc, dans la Meuse, où il refonde son atelier sous la houlette de son cadet, le verrier Louis-Charles-Marie Champigneulle. Après une vie de labeur bien remplie, Laurent-Charles Maréchal décède le 17 janvier 1887, à Bar-le-Duc son dernier refuge.

  1. Mouilleron et F. Étienne ont été ses élèves à Bar-le-Duc. Ils ont fondé à Bar-le-Duc l’atelier de vitraux Étienne et Mouilleron dont l’activité est attestée, de 1884 à 1904, par plusieurs œuvres identifiées dans le Lot-et-Garonne, la Haute-Saône et la Somme.

Laurent-Charles Maréchal est le père du peintre Charles-Raphaël Maréchal (1818-1886).

Son œuvre

Son œuvre est multiple. On connait de lui des dessins, des pastels, des cartons, mais aussi et surtout des vitraux, facilement identifiables. Au cours de sa carrière, Laurent-Charles Maréchal a réalisé près de 57000 m2 de vitraux, pour plus de 1600 édifices

Arts graphiques

Les traces, (dessin), musée du Louvre, département des Arts graphiques, Paris.

Art du vitrail

Vitrail L’Artiste (1867), portrait. Antichambre de la Galerie des Fastes du château de Fontainebleau ;

Vitraux de l’église Saint-Martin de Hayange construite en 1884 sur le modèle de la Trinité de Paris ;

Trois verrières illustrant l’histoire de Metz, salon de Guise de l’hôtel de ville de Metz;

autoportrait de Maréchal, conservé aux Musées de la Cour d’Or ;

Vitraux de l’église Saint-Ambroise de Paris (11e ardt.) ;

Vitraux de la chapelle du collège Saint-Clément de Metz ;

Vitraux de l’église Notre-Dame de Metz ;

Vitraux du chœur de l’église Notre-Dame de Cholet ;

Vitraux de l’église Saint-Eucaire de Metz (1863) ;

Vitraux de l’église Saint-Martin de Metz ;

Vitraux de l’église Saint-Martin de Pange ;

Vitraux de la cathédrale Saint-Étienne de Metz ;

Vitraux de la sacristie du Chapitre de la cathédrale Notre-Dame de Paris ;

Vitrail Le Pâtre.

Vitraux de l’église Saint-Georges de Lyon, réalisés entre 1844 et 1857, détruits en septembre 1944.

37 vitraux de l’église d’Ecully Rhône

10 vitraux de la cathédrale Notre-Dame de Luxembourg entre 1846 et 1860

 

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Vitrail du transept sud

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Le maître-verrier qui a réalisé le vitrail du transept sud de l’église Saint Jean de Malte à Aix-en-Provence médite sur son travail de création.

« Un voile de lumière dorée ». Voilà ce que je désirais secrètement réaliser pour la fenêtre du transept sud de Saint Jean de Malte. C’est, je crois, ce qui demeure maintenant lorsque le soleil luit, s’empare de ce vitrail et le fait disparaître, le consumer presque, dans la lumière du milieu du jour.

Tout le travail d’atelier de ces six mois d’hiver a été d’essayer de demeurer fidèle à cette intention tremblante, inscrite sur la maquette. Mais la maquette n’est justement qu’une intention, une partition qu’il faut faire vivre et que je dois incarner par le verre, dans le verre, matière à la fois rude et angulaire, autant que fragile et que j’assemblais semaine après semaine avec tous les soins de l’artisan.

Avec cette mémoire nécessaire pour qu’en chaque panneau, pourtant réalisé pour lui-même, une suite, un relais se fasse, passe de l’un à l’autre en mouvements continus, comme une respiration, aux rythmes complémentaires d’inspiration-expiration qui venaient se charpenter sur l’axe du meneau de la fenêtre.

Pour que cette colonne de pierre, d’ombre aussi, vienne en lente levée, comme une tige s’épanouir en fleur dans l’arcature, dans le remplage ouvragé de l’ogive gothique et qu’ainsi en son final, cette floraison lente s’achève en majeur, tons et rythmes accordés pour une gloire dont il n’est que le serviteur en ce lieu consacré.

L’inspiration que je n’ai cessé de demander et poursuivi, tout au long de ce travail (malgré le peu de lumière certains jours) était de suggérer avec mes moyens « la lumière au matin de Pâques ». Cette aube rosée de la chair du Christ transfigurée au retour de la mort, se levant avec lui, éclatante de lumière, lui le Soleil Levant, doré de gloire, qu’en son Père il offre avec toute l’humanité sauvée par sa Passion.

J’ai découvert assez tardivement au travail, à l’atelier, que les petits signes noirs qui ponctuaient ma maquette, étaient devenus dans les vitraux comme des étoiles à l’envers, les fragments dispersés de la mort, de la souffrance et du mal, volatilisés par la victoire du Christ, mais dont les traces subsistent et perdureront jusqu’à ce jour éternel où toute larme sera essuyée, où toute larme sera changée en rosée de Pâques.

Les mots pour un artiste sont en retrait sur ses actes. Je ne voudrais pas non plus vous livrer une clef pour déchiffrer ce vitrail, un mode d’emploi avec sous-titre de sa langue originale, le silence. L’art est comme la musique, son signe est dans son sens, enfoui dedans.

C’est avec les yeux du cœur  qu’il faut le lire, pas le cœur  affectif, mais le cœur  selon la Bible, qui est au centre de l’être. Ce regard vous dira mieux, vous fera sentir que ce vitrail n’est qu’un chemin, un serviteur, un écran voilé, le signe visible et maladroit dans cette église d’une lumière promise qui vient déjà nous visiter, par la Parole et la liturgie si attachantes, célébrées dans votre église.

Voilà mon intention et de plus en plus je veux me vouer à cela. Un ami me disait récemment : « Tu dois devenir le Diacre de la lumière ». Cette parole m’a peut-être désigné ma vocation profonde et je vais essayer d’y demeurer fidèle. Priez pour moi pauvre aveugle. Pour ce vitrail comme à chaque fois le meilleur m’a été donné, et si j’ai été inspiré dans ce travail si long, c’est que ma main a été guidée, j’en suis certain. »

Source : Site de la Paroisse Saint Jean de Malte

Confidence de Henri Guérin sur son travail

Lumière

« Depuis toujours la lumière est ce qui m’intéresse le plus, au calme ou en mouvement avec ses accents d’ombre qui donnent au vitrail sa gravité spécifique, joie mesurée, contenue. Le vitrail, c’est pour moi comme les mains sur le visage, la lumière filtre entre les doigts, espace à l’intérieur pour le silence.  »

Matière et couleur

« Le verre a ses limites, comme tout matériau. Il a des qualités spécifiques, angulaires, fragiles, instables dans la lumière, matière rude et somptueuse à la fois dont il faut se méfier pour les effets faciles. Je joue la coloration dans la masse, taillant dans son épaisseur pour dégrader vers la clarté, pour le passage d’un ton sur un autre, créant de grandes souplesses harmoniques. « 

« L’invention des coupes est essentielle; elles caractérisent chaque vitrail, chaque chantier dans leur nature et leur élan. J’aime les grands contrastes d’ombres sur des fonds limpides. Pour moi la couleur est au service des valeurs de tons, les module vers le chaud ou le froid, parti-pris fondamental pour le vitrail. »

 

 

Henri Guérin (peintre-verrier)

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Henri Guérin, né le 30 juillet 1929 à Bruges (Pyrénées-Atlantiques) et mort le 24 octobre 2009 à Toulouse (Haute-Garonne), est un peintre-verrier français.

Biographie

Né le 30 juillet 1929 à Bruges, village des Pyrénées-Atlantiques, Henri Guérin passe son enfance et sa jeunesse à Saint-Prix dans le Val-d’Oise, en lisière de la forêt de Montmorency, près de Paris. En 1954, il séjourne à l’abbaye bénédictine d’En Calcat dans le Tarn où il rencontre le père bénédictin Ephrem Socard qui l’initie à la technique du vitrail en dalle de verre. En 1961, il s’installe à Plaisance-du-Touch, près de Toulouse où il réalisera son œuvre, toujours en solitaire, à la fois concepteur et créateur de ses vitraux. En 2009, son dernier vitrail est la verrière Marie, Porte du ciel, pour la crypte Notre-Dame de Sous-Terre, de la cathédrale de Chartres. Sa pose posthume est effectuée en 2010 par son petit-fils Matthieu Gasc qui a pris la relève dans l’atelier depuis 2009.

  

L’œuvre

Vitraux

Son œuvre vitrail considérable comporte plus de six cents références, situées dans des édifices religieux, des bâtiments civils, des demeures privées et des lieux publics. Si on la trouve principalement en France elle est aussi très présente à l’étranger (Suisse, Canada, États-Unis, Japon, Cameroun, etc.).

Matériau de verre utilisé

Henri Guérin a opté dès sa jeunesse pour la technique de la dalle de verre jointe au ciment. Il a utilisé des dalles de verre de toutes nuances, issues pour la plupart des fourneaux de la fabrique Albertini, à Montigny-les-Cormeilles. Son originalité consiste en la taille dans l’épaisseur des dalles pour créer des passages subtils de tons et dans l’utilisation d’un joint de ciment très fin et coloré dans la masse.

Dessins et tapisseries

Son œuvre comprend aussi un ensemble important d’œuvres sur papier (gouaches et dessins à l’encre de Chine) et une cinquantaine de tapisseries d’Aubusson réalisées par les ateliers Pinton à Felletin.

Textes

Henri Guérin est l’auteur de textes publiés dans des revues, catalogues ou actes de colloques, qui livrent sa réflexion sur son activité créatrice. Deux albums de dessins et textes ont été édités par les Éditions de La Porte du Sud : Les Arbres (1984, coll. Le Goût du Dessin) et Pèlerin au Mont Saint-Michel (1992), et, en 1996, Patience de la main par les Éditions du Cerf (Paris), méditation sur sa pratique du dessin.

De lumière et d’ombre est son dernier ouvrage : anthologie de ses textes, paru en 2009, aux Éditions de la Revue de la Céramique et du verre1.

Il a également publié un recueil de poésie La Corbeille à papiers en 1955 chez Seghers.

 Catalogue des œuvres

Sophie Guérin Gasc, fille de l’artiste, architecte et docteur en histoire de l’art, a mis en ligne un catalogue des œuvres classées par pays et, en France, par département, avec les adresses des lieux où elles peuvent être vues, inventaire réalisé à partir d’une base de données numérique créée lors de sa thèse de doctorat (inédite) « Henri Guérin, peintre verrier, né en 1929 – Son œuvre au 20e siècle », soutenue en 2003, à l’université Jean-Jaurès (ex Toulouse 2 Le Mirail) sous la direction de Claude Bédat. Thèse encore inédite mais dont est issu l’ouvrage Henri Guérin – L’œuvre vitrail paru en 2015 aux Éditions Privat.

Plus de six cents lieux ont ainsi été référencés en France et à l’étranger. Édifices religieux (églises paroissiales, chapelles de communauté religieuses), édifices civils (établissement scolaires, sièges d’entreprises …) mais aussi un nombre important de créations pour des demeures privées (plus de 200). Un listing géographique peut être consulté sur le site henri-guerin.com.

Parallèlement, le fonds d’atelier est en cours d’inventaire et de conditionnement. Il comprend un important fonds de vitraux, les maquettes peintes, les œuvres graphiques et toutes les archives de l’atelier.

 Expositions

De nombreuses expositions collectives et personnelles ont révélé son œuvre à un large public. On retrouvera le détail chronologique de ces expositions d’une part sur le site de Narthex, art sacré, patrimoine, création et d’autre part sur le site Henri Guérin, peintre verrier  géré par une association loi de 1901 qui se consacre à la connaissance, la mise en valeur et la sauvegarde de l’œuvre de l’artiste. La dernière grande exposition de l’artiste, de son vivant, fut l’été 2009 Lumière d’été, à l’orangerie du Sénat, dans les Jardins du Luxembourg, à Paris. Son souvenir en est conservé dans le DVD « Confidences »; film d’Hervé Desvaux, édité et diffusé par l’association Henri Guérin. Entre 2005 et 2007, une grande rétrospective de l’œuvre vitrail Éclats de verre et de lumière au Centre International du vitrail de Chartres a marqué les 50 ans d’atelier de l’artiste. En 2010, le Musée du verre de Conches-en-Ouche consacra une exposition au fonds d’atelier Henri Guérin (catalogue). Puis en 2015, la Galerie nationale de la Tapisserie de Beauvais (devenu puis Le Quadrilatère) organisa la grande exposition « Henri Guérin – Matières/Lumières »

Bibliographie

Sophie Guérin Gasc : « Henri Guérin – L’œuvre vitrail », préface de Dominique Ponnau, éditions Privat/Centre international du Vitrail, 2005.

Actes du colloque Art et culture religieuse, « Henri Guérin, Écouter la lumière », p. 128-131. Le Monde la Bible, École du Louvre, La Croix, Bayard.

Henri Guérin, De lumière et d’ombre, éditions de la Revue de la Céramique et du Verre, 2009; réédition 2011. Anthologie de textes d’Henri Guérin.

Henri Guérin, Patience de la main, éditions du Cerf, Paris. 1996 ; réédition 2012.

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Rose de façade

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Rose de façade

En novembre 1896 fut inaugurée la nouvelle rose de façade (obstruée au XVIIIè siècle par Viany qui y plaça un orgue). Réalisée par le peintre verrier aixois, Louis André, elle a un diamètre de quatre mètres et est constituée de six trèfles alternés qui entourent un  médaillon hexagonal.

Le motif décoratif représente une Croix de Malte entourés de six blasons disposés en trois axes (un axe vertical pour l’Eglise et deux axes obliques pour l’Ordre de Malte et le prieuré de Saint Gilles).

Les couleurs qui passent du bleu au rouage selon la lumière ou l’endroit où l’on se trouve, les ornements stylisés jouant avec le soleil en font une œuvre d’art remarquable.

 

Louis André

Louis André était un peintre-verrier, né en 1852 et mort à Aix-en-Provence le 3 juillet 1938.

Biographie

Il est initié à l’art par l’abbé de Bonde. Pendant la guerre de 1870, il est combattant volontaire.

Il a créé ensuite un atelier de production de vitraux à Aix-en-Provence, rue Jacques de la Roque. Ses œuvres se retrouvent dans des églises d’Aix-en-Provence et autour:

église Saint-Jean-de-Malte d’Aix-en-Provence, rose au-dessus de l’orgue (1896),

église de la Madeleine d’Aix-en-Provence,

église du Saint-Esprit d’Aix-en-Provence,

église Notre-Dame de la Seds,

église d’Arles, Tarascon, Salon-de-Provence, Saint-Rémy-de-Provence, …

dans le Gard, à l’église Saint-Laurent de Lanuéjols, en 1892.

Après la promulgation de la loi de séparation des Églises et de l’État, en 1905, Louis André ne reçoit plus de commande et doit fermer son atelier. Il est alors devenu professeur de dessin au collège catholique et à l’école des beaux-arts d’Aix-en-Provence. Il a cessé de donner son enseignement à 82 ans.

 

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Tableaux : église Saint-Jean-de-Malte (Aix-en-Provence)

Les tableaux exposés à l’église Saint-Jean-de-Malte.

 

Parmi les tableaux exposées dans l’église, la Crucifixion de Delacroix est celui qui attire le plus de visiteurs. Plusieurs vitraux se trouvent à l’intérieur. Le vitrail du chevet datant de 1854 a pour thème principal le Baptême du Christ.

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L’Annonciation et La Mort de la Vierge, André Boisson (1678). Ces tableaux avaient été commandés pour la chapelle de la Cour des comptes de l’ancien palais. Dans la même série de Boisson, deux œuvres sont aujourd’hui à la Madeleine, tandis que deux autres sont perdues.toiles_018 (2).jpgL’Annonciation

 

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La Mort de la Vierge

 

La Théologie, Michel-François Dandré-Bardon (entre 1744 et 1749). Il s’agit de l’œuvre la plus récente de Saint-Jean-de-Malte. On a longtemps cru devoir l’attribuer à Carle van Loo.

 

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La Résurrection du Christ, Louis Finson (1610). Ce tableau est la plus ancienne œuvre de Finson répertoriée en Provence. Il se trouve dans l’église Saint-Jean-de-Malte depuis le Consulat.

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Le Christ apparaissant à sainte Madeleine au jardinLe Miracle de saint Blaise et Notre-Dame de Bon-Repos, Gilles Garcin (1690). Tous trois commandés par le prieur Viany.

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Le Christ apparaissant à Marie-Madeleine

 

 

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Le Miracle de Saint Blaise

 

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Notre-Dame de Bon Repos

 

Descente de croix, André Gaudion (1612). Ce tableau proviendrait d’un couvent franciscain d’Aix.

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Saint Bruno au pied de la Vierge, Reynaud Levieux (1663), peint à l’origine pour le maître-autel de la chartreuse d’Aix.

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Descente de croix, Guillaume Martin dit Adam (1611). Cette œuvre a été acquise par Joseph-Félix Alphéran, futur prieur de Saint-Jean, qui en a fait don à l’église.

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Vierge du Carmel, Nicolas Mignard, dit Mignard d’Avignon (s. d.). Tableau venant de l’église des Grands-Carmes ; il est transféré à l’église du Saint-Esprit à la Révolution, puis à Saint-Jean.

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Le Christ en croix entre la Vierge et saint JeanLe Jugement de Salomon et La Femme adultère, Nicolas Pinson (1673). Ces tableaux étaient initialement installés dans la grande chambre du Parlement de l’ancien palais des comtes de Provence.

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Le Christ en Croix entre la Vierge et Saint Jean

 

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Le Jugement de Salomon

 

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La Femme adultère

 

L’Apothéose de saint Augustin, Michel Serre (s. d.). Ancien tableau de l’église des Augustins.

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Baptême du Christ

 

 

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Saint Roch, Bernardin de Sienne, saint Sébastien. Florence. XIVè siècle

 

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Transfiguration. N. Pegand. 2006.

 

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Notre-Dame des Calissons. XVIè siècle

 

  • Notre-Dame de Lorette (anonyme). Tableau offert par Mme Bourguignon de Fabregoules.
AIX-EN-PROVENCE (BOUCHES-DU-RHÔNE), EGLISE SAINT-JEAN-DE-MALTE (Aix-en-Provence), MAITRES VERRIERS, PAROISSE SAINT-JEAN-DE-MALTE (Bouches-du-Rhône), PEINTRES, PENTRE-VERRIER

Portraits des artistes ayant oeuvrés pour l’église Saint-Jean-de-Malte (Aix-en-Provence)

Portraits d’artistes ayant oeuvrés pour embellir l’église de Saint-Jean-de-Malte

 

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Charles-Laurent Maréchal (1801-1887)

Charles-Laurent Maréchal

 

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Henri Guérin (1929-2009)

Henri Guérin

 

Dandré-Bardon-Roslin

Michel-François Dandré-Baron (1700-1783)

Michel-François Dandré-Bardon

 

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Louis Finson (1580-1617)

Louis Finson

 

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Nicolas Miganrd (1606-1668)

Nicolas Mignard

 

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Eugène Delacroix (1798-1863)

Eugène Delacroix

 

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Charles-André van Loo ou Carle Van Loo (1705-1765) à qui fut d’abord attribué le tableau La Théologie en faint une oeuvre de Michel-François Dandré-Bardon

Charles-André van Loo

 

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Antoine Van Dick (1599-1641)

Antoine van Dyck

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Le Christ en Croix d’Antoine Van Dickjean_malte_028 (1)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ântoine Van Dick

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Louis André (peintre-verrier)

Louis André était un peintre-verrier, né en 1852 et mort à Aix-en-Provence le 3 juillet 1938.

Biographie

Église Saint-Laurent de Lanuéjols (Gard) : saint Paul et saint Pierre

Il est initié à l’art par l’abbé de Bonde. Pendant la guerre de 1870, il est combattant volontaire.

Il a créé ensuite un atelier de production de vitraux à Aix-en-Provence, rue Jacques de la Roque. Ses œuvres se retrouvent dans des églises d’Aix-en-Provence et autour:

église Saint-Jean-de-Malte d’Aix-en-Provence, rose au-dessus de l’orgue (1896),

église de la Madeleine d’Aix-en-Provence,

église du Saint-Esprit d’Aix-en-Provence,

église Notre-Dame de la Seds,

église d’Arles, Tarascon, Salon-de-Provence, Saint-Rémy-de-Provence, …

dans le Gard, à l’église Saint-Laurent de Lanuéjols, en 1892.

Après la promulgation de la loi de séparation des Églises et de l’État, en 1905, Louis André ne reçoit plus de commande et doit fermer son atelier. Il est alors devenu professeur de dessin au collège catholique et à l’école des beaux-arts d’Aix-en-Provence. Il a cessé de donner son enseignement à 82 ans.

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André BOISSON (Aix, 1643 – 1733)
Originaire d’Aix-en-Provence où il naît l’année de la mort de Louis XIII, André Boisson débute véritablement sa carrière à Rome, auprès du peintre classique Reynaud Levieux avec lequel il travaille de 1667 à 1676. Ce dernier, issu d’une famille protestante, l’initie aux grandes commandes en lui faisant copier les chefs-d’œuvre  de Raphaël. Tout comme lui, après un séjour romain qui devait le marquer durablement, où la leçon des Carrache s’est assouplie dans l’exercice poussinien des grandes perspectives, il rentre en Provence à la fin des années 1670. D’ailleurs, sa première commande notable n’est-elle pas pour la chapelle de la cour des Comptes de l’ancien palais épiscopal. Là, il réalise L’Annonciation et La mort de la Vierge, aujourd’hui conservées dans l’église de la Madeleine. En 1693, il renouvelle l’exercice, mais cette fois-ci en rendant hommage au Christ supplicié dans une Transfiguration qu’on peut toujours admirer sur les murs de l’église de Saint-Jean de Malte. La redécouverte de ce tableau est importante à plus d’un titre. Tout d’abord, elle oblige à revoir certains présupposés de l’histoire de l’art dont l’un des plus tenaces est de considérer Jean Daret (1613-1668) et Pierre Puget (1620-1694) comme les seuls grands exégètes du classicisme en Provence. Cette version doit être revue au profit d’une vision plus nuancée qui s’attache à reconsidérer la place que les peintres formés à Rome et revenus à Aix ont occupée au cours de ces années-là et qu’ils ont prolongée au-delà du siècle, établissant une sorte de sage continuité annonçant la Régence. D’autre part, cette redécouverte conforte la tendance actuelle des recherches dix-septiémistes vers une réévaluation de la peinture en province, et singulièrement en Provence, à la fin du Grand Siècle. En effet, dans ce tableau, la leçon de Poussin est constante sans être ni servile ni mièvre. Si la rencontre du Christ et de la Samaritaine n’est pas le sujet sacré le plus sérieux qui soit, puisqu’il raconte avant tout l’histoire d’un homme et d’une femme au bord d’un puits, André Boisson le traite avec une humanité rare. La scène religieuse n’est qu’un prétexte à une évocation plus aimable où la douceur du Christ rencontre la candeur de cette jeune Juive qui reçoit la parabole comme un don du Ciel. Loin des mises en scènes sévères de l’atticisme parisien, André Boisson livre ici une composition pleine d’équilibre et de poésie qui consacre la pleine maturité de la peinture provençale à la fin du XVIIème siècle.

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Gilles Garcin

Gilles Garcin (Aix-en-Provence, 1647–1702) est un peintre français. Il a essentiellement travaillé pour le prieur Viany de l’église Saint-Jean-de-Malte dont il a réalisé plusieurs toiles destinées à des retables. On trouve toujours dans cette église trois de ses œuvres, toutes commandées en 1690 :

Le Christ apparaissant à sainte Madeleine au jardin,

Le Miracle de saint Blaise,

Notre-Dame de Bon-Repos.

Si la première de ces œuvres était destiné au retable du bras sud du transept de l’église, les deux suivantes furent placées sur un autel, celui de la chapelle des Viany et celui de la chapelle des porteurs de livrée.

Il réalise aussi d’autres œuvres pour d’autres édifices religieux d’Aix, comme La Vierge et saint Jean, pour la cathédrale Saint-Sauveur.

À l’instar de plusieurs peintres provençaux et notamment d’Aix, Gilles Garcin visite Rome (Italie) avec l’aide d’un mécène. Sa présence y est attestée en 1664, tout comme celle de Nicolas Pinson la même année, ou de Reynaud Levieux deux ans plus tôt. Outre Aix et Rome, il travaille également à Apt, Rians et Toulon.

 

Œuvres dans les musées

L’Annonciation, hôtel d’Agar (Cavaillon).

Pomone, Musée des Beaux-Arts, Marseille.

 

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Nicolas Pinson (1635-1681)

Nicolas Pinson, né à Valence (France) en 1635 et mort à Rome le 12 mars 1681, est un peintre, dessinateur et graveur français.

Biographie

Nicolas Pinson né à Valence en 1635 est le fils de Jean Pinson maître sculpteur, sans doute sculpteur sur bois. Sa vocation de peintre naît dans son milieu familial où il acquiert de son père les premiers rudiments il quitte très jeune le foyer familial car il arrive en 1653 à Rome où il fera l’essentiel de sa carrière. Ses maîtres romains sont les académiciens de Saint Luc. Il a pour condisciples de nombreux français dont le provençal Gilles Garcin et des italiens dont Pietro Lucatelli et Ludovico Gimignani. Il se lie avec des marchands de tableaux dont Paolo Plincene et l’arlésien Jean-louis Pilleporte ce qui lui procure une certaine réussite financière

Le 17 février 1658 il se marie avec une italienne, Laura Saludina (5-04-1622/17-11-1704) fille d’un fabricant de chapelet ; le couple n’aura pas d’enfant. Alors qu’il est au sommet de sa carrière, Nicolas Pinson se rend en 1668 à Aix-en-Provence. Son intention de revenir à Rome est certaine car il y laisse sa femme et son frère René-Charles auquel il signe une procuration pour régler ses affaires financières. Le peintre d’Aix-en-Provence Jean Daret est mort le 2 octobre de cette même année 1668 sans avoir pu honorer l’engagement pris en 1666 de décorer la Grande Chambre du Parlement au palais comtal. Nicolas Pinson réalisera une partie de cette commande dont trois tableaux se trouvent dans l’Église Saint-Jean-de-Malte d’Aix-en-Provence.

En 1675 Nicolas Pinson retourne à Rome où il peint un tableau pour une chapelle de l’église saint-Louis-des-Français. Il meurt peu après le 12 mars 1681.

Œuvres dans les collections publiques

L’Adoration des mages, musée des Beaux-Arts de Marseille

En France

Aix-en-Provence, église Saint-Jean-de-Malte : trois tableaux provenant de la grande chambre du parlement de Provence de l’ancien palais des comtes de Provence à savoir :

Le Jugement de Salomon : le roi Salomon , assis sur son trône, ordonne à un soldat de pourfendre un enfant que deux femmes prétendent être le sien. La vraie mère se désignera en arrêtant le geste du soldat.

Le Christ en croix entre la Vierge et saint Jean.

Jésus et la femme adultère : Jésus, agenouillé de profil, écrit sur le sol tandis qu’un scribe et un pharisien lui amènent une femme surprise en flagrant délit d’adultère et lui demandent s’il faut la lapider..

Avignon, musée Calvet : Repos de la sainte famille

Marseille, musée des Beaux-Arts de Marseille : L’Adoration des mages

En Italie

Rome, église Saint-Louis-des-Français : En 1672, l’abbé Elpidio Benedetti décide de financer la décoration de l’une des chapelles latérales de cette église et en confie la réalisation à une femme architecte, Plautilla Bricci qui peint également le retable représentant le roi saint Louis. Les parois latérales de cette chapelle sont chacune décorées d’un tableau signé et daté de 1680.

À droite un tableau signé Ludovico Gimignani représente saint Louis remettant la couronne d’épine à l’archevêque de Paris.

À gauche un tableau signé Nicolas Pinson représente un sujet singulier élaboré par le donateur. D’après Geneviève Michel ce tableau représenterait non pas Catherine de Médicis, mais Anne d’Autriche présentant à saint Louis le projet de la façade de l’église Saint-Louis-des-Français de Madrid. Ce tableau est le seul témoignage en Italie de l’œuvre picturale de Nicolas Pinson.

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Michel Serre

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Autoportrait de Michel Serre peignant les ravages de la peste devant l’hôtel de ville.

 Michel Serre, né à Tarragone (Espagne) le 10 janvier 1658 et mort à Marseille le 10 octobre 1733, est un peintre baroque français.

Il est connu pour ses tableaux religieux et surtout pour ses représentations de la peste à Marseille en 1720.

Sa jeunesse

Michel Serre, quatrième enfant de Jacques Serres, marchand ambulant, et de Marie Barbos est né à Tarragone le 10 janvier 1658. Orphelin très tôt, il est accueilli à la chartreuse de Scala Dei, située à une quarantaine de kilomètres de Tarragone. En 1670, il se rend en Italie où il apprend la peinture dans différents ateliers à Rome, Naples et Gênes.

En 1675, il quitte l’Italie pour s’installer définitivement à Marseille.

Ses débuts

Peu de temps après son arrivée à Marseille, il obtient une importante commande pour l’église des Dominicains, Le martyre de Saint Pierre Vérone (musée des beaux-arts de Marseille).

En 1684, il peint pour les Chartreux l’immense toile de Madeleine enlevée par des anges conservée dans le chœur de l’église des Chartreux à Marseille.

Le 1er mai1685, à Notre-Dame des Accoules, il épouse Florie Régimonde, fille de Jean Régimonde et de Jeanne Montaignon. En juin 1688, il achète un terrain à Suzanne de Marle et André Venture, puis y fait construire une grande maison dans la future rue Venture. L’emplacement exact de cette habitation n’a pu être trouvé.

Le 10 mai 1685, il obtient des échevins une lettre de citadinage et accepte de peindre pour l’hôtel de ville une toile, actuellement disparue, représentant le Christ mourant sur la croix.

Pour le récompenser de ses succès, Louis XIV le nomme peintre des galères et maître à dessiner des officiers et pilotes. Il travaille aux ouvrages de peinture des galères et enseigne aux jeunes officiers . Il exécute plusieurs portraits de chefs d’escadre, dont celui de Louis de Montolieu (musée des beaux-arts de Marseille).

Les années de maturité

Le 27 février1704, il donne procuration à sa femme pour régir ses biens et se rend à Paris. C’est là qu’il rencontre Jean-Baptiste Oudry qui devient son élève pendant quelque temps. Il se fait connaître par l’exécution de diverses toiles dont celle du Christ chassant les vendeurs du temple (Versailles, église Saint-Symphorien). Il envoie un tableau représentant Bacchus et Ariane à l’Académie de Paris qui l’admet au nombre de ses adhérents le 6 décembre1704 (musée des Beaux-Arts de Caen, œuvre détruite en 1944).

Ayant acquis une certaine fortune, il achète les charges de lieutenant du roi de la ville de Salon-de-Provence et de major de la ville de Gardanne. Louis XIV signe les lettres patentes correspondantes respectivement le 22 janvier 1712 et le 22 octobre 1712. Ses armes sont d’azur à trois serres d’aigles d’or posées l’une sur l’autre.

Il achète de nombreuses maisons de rapport et des terrains à bâtir dans les quartiers de Mazargues et de Saint-Giniez.

La peste et les années de vieillesse

Pendant la grande peste qui sévit à Marseille en 1720, Michel Serre se distingue par sa conduite. Il se révèle un homme de cœur et d’action. Il accepte la responsabilité de commissaire général de son quartier Saint-Ferréol et préside aux opérations de déblaiement du quartier. Il s’attira l’attention de l’intendant Lebret qui écrit aux échevins le 18 décembre 1721 : « Comme j’espère aller dans peu à Marseille, je verrai avec vous ce qui pourra se faire pour le tableau du sieur Serre dont je connais le mérite ».

Il distribue sa fortune pour soulager la misère des survivants. Son nom figure sur la stèle élevée en 1802 et placée actuellement au square du palais des Arts. Ayant été un très proche témoin de cette terrible épidémie, il peindra trois toiles qui sont ses œuvres majeures.

En 1726 il acquiert une chapelle qu’il dédie à Saint Jean de la Croix dans l’église des Carmes déchaussés.

Deux tableaux représentent la peste dans l’église paroissiale de La Ciotat. L’un des deux est du peintre Michel Serre. Il représente Le grand Saint Antoine, le bateau qui apporta la peste en Provence, en 1720, quittant sans secours la baie de La Ciotat.

Il meurt à Marseille le 10 octobre 1733, veuf et ruiné, mais entouré du respect de tous. Il est enseveli à la paroisse Saint-Ferréol.

Une rue du 16e arrondissement de Marseille porte son nom

Son œuvre

La virtuosité de Michel Serre lui a permis de réaliser un très grand nombre de peintures dont plusieurs ont disparu. Il a surtout peint des scènes bibliques ou de la vie de la Vierge et du Christ. Il a également exécuté des tableaux relatifs à la mythologie et des représentations historiques, ainsi que des portraits. Ses tableaux sont conservés au musée des beaux-arts de Marseille et dans des églises de Marseille et de sa région.

Tableaux religieux

Sainte Marguerite, église des Augustins de Marseille.

Musée des beaux-arts de Marseille :

La Madeleine pénitente

Éducation de la Vierge

Présentation de la Vierge au temple

La Visitation

Présentation de Jésus au temple

Jésus parmi les docteurs

Saint-Benoît ressuscite un jeune moine mort

Cycle de La Vie de Saint-François (quatorze toiles, dont deux ont disparu)

Le martyre de Saint-Pierre de Vérone, provenant de l’église des prêcheurs. Une copie a été faite par Joseph Coste qui remporte avec elle le prix d’encouragement

Le Miracle de Saint Hyacinthe

La Vierge à l’enfant, Saint-François de Sales et Sainte Jeanne de Chantal

Église des Augustins de Marseille :

Sainte Marguerite

La Vierge à l’enfant apparaissant à Saint Pierre et Saint Paul. Ce tableau se trouve à l’intérieur d’un retable placé au-dessus de l’autel dit des portefaix dans l’église des Augustins à Marseille. Ce retable est couronné par un fronton animé de putti situés de part et d’autre d’une gloire qui rayonne autour d’une tiare et des clefs qui sont le symbole de l’apôtre Pierre, premier Pape de l’Église. L’attribution de cette œuvre peinte en 1692 pour la confrérie des portefaix à Michel Serre a été remise en question par l’historienne de l’art Marie Claude Homet.

Le Repos pendant la fuite en Égypte

La Vierge à l’enfant apparaissant à Saint Pierre et Saint Paul, église des Augustins de Marseille.

Marseille, église des chartreux : Madeleine enlevée par les anges

Marseille, église Saint-Matthieu de Château Gombert :

Le Christ roi, la Vierge et Saint-Joseph, ou Le Purgatoire

L’Agonie de la Madeleine (attribution).

Franciscains devant la Vierge ou Apothéose de saint François (attribution)

Abbaye Saint-Victor de Marseille : La Vierge en prière dans l’atelier de Nazareth

Marseille, église Saint-Cannat :

La Vierge à l’enfant et le purgatoire

La Purification de la Vierge

Marseille, église des Grands Carmes : cycle de La Vie de la Vierge, six toiles classées en 1911

Apothéose de saint Roch, Marseille, église de Mazargues.

Marseille, église de Mazargues : Apothéose de saint Roch. L’église actuelle de Mazargues construite de 1849 à 1851 est dédiée à saint Roch, patron des pestiférés. Sur l’emplacement de cette église était érigée une chapelle dédiée au même saint. En effet lors de la peste de 1387 qui fit mourir le tiers de la population marseillaise, Mazargues reçut un afflux considérable de Marseillais qui fuyaient le fléau. Saint Roch fut tellement invoqué dans la vieille église que son nom y primât tous les autres. la présence dans cette église du tableau de Michel Serre représentant ce saint peut s’expliquer par le fait que l’artiste possédait une maison de campagne dans ce quartier, mais aucun document na fait explicitement mention de cette œuvre, pas même au début du xixe siècle. Ainsi l’abbé Marius Ganay précise seulement dans son livre La poétique histoire de Mazargues « derrière le maître-autel il y a une grande peinture qui représente l’apothéose de saint Roch ». Ce tableau d’un format remarquable (320 x220 cm) cintré à deux « oreilles » a été daté de la fin du xviie siècle. Sa forme particulière semble indiquer que cette œuvre devait venir s’encastrer dans le plafond d’un monument : église conventuelle ou chapelle d’hôpital. Au cours du xviiie siècle eut lieu sa transformation en toile encadrée pour orner un espace réduit par exemple un autel de chapelle ou d’église. Cette apothéose de saint Roch a fait l’objet de 2004 à 2008 d’une minutieuse restauration par le Centre Interrégional de Conservation et Restauration du Patrimoine à Marseille. Cette restauration a permis de constater que le châssis en bois résineux présentait la particularité d’être pliant suivant son axe vertical : des marques de pliage ont été constatées sur la couche picturale. L’étude des singularités du châssis indique que le tableau n’est probablement pas dans son format d’origine. Saint Roch contracta la peste au cours d’un pèlerinage qu’il fit en Italie et fut sauvé grâce à un chien qui venait le nourrir. Il est donc traditionnellement représenté revêtu du costume de pèlerin avec un bâton et une coquille cousue sur le manteau, un bubon pesteux sur la cuisse et accompagné d’un chien. Une statue placée dans la même église de Mazargues représente bien ainsi saint Roch. Or dans le tableau le saint montant au ciel ne présente pas le symptôme de la peste et n’est pas accompagné d’un chien : on peut donc supposer que le tableau représenterait en fait saint Jacques lui-même qui est le patron de l’Espagne, patrie originelle du peintre. Ce tableau fait partie des décors baroques plafonnants réalisés en Provence à la fin du xviie siècle pour des églises conventuelles ou des hôtels particuliers et dont Michel Serre a réalisé un certain nombre, aujourd’hui tous disparus.

Annonciation, saint Jean-Baptiste et saint Étienne, Marseille, église de la Pomme.

Marseille, église de la Pomme : Annonciation, saint Jean-Baptiste et saint Étienne. Ce tableau orne le chevet plat du chœur de l’église. Cette toile a été peinte au début du xviiie siècle pour orner le maître-autel de la chapelle des Comtes située traverse des Comtes à Marseille, placée alors sous le vocable de l’Annonciation. Très usé, le tableau a fait l’objet d’une restauration en 1978 pour l’exposition l’âge d’or de la peinture provençale et a été ensuite placé dans l’église de la Pomme. Michel Serre réalise ici une mise en abyme peignant un tableau dans un autre tableau : l’Annonciation est réalisée dans un cadre semblant flotter dans les airs devant saint Jean-Baptiste à gauche portant un agneau et saint Étienne à droite en habit de diacre. Les rideaux qui bordent la composition créent un élément d’illusion propre au théâtre.

Église d’Allauch (Bouches-du-Rhône) :

Mort de Saint-Joseph. Ce tableau a appartenu à Julie Pellizzone

La Fuite en Égypte

Église Saint-Jean-de-Malte d’Aix-en-Provence : Apothéose de Saint-Augustin

Église de la Madeleine d’Aix-en-Provence :

Le Christ et sainte Madeleine chez Simon le lépreux

Ex-voto offert pour la peste de 1720

Église du Beausset (Var) : Le Vœu de Mgr de Belsunce

Saint-Maximin-la-Sainte-Baume (Var), basilique Sainte-Marie Madeleine :
Michel Serre peint pour cette basilique quatre toiles de dimension à peu près identique (190 cm × 140 cm) encastrées dans les boiseries du pourtour du chœur. Elles ont été réalisées très probablement en même temps que ces boiseries c’est-à-dire entre 1689 et 1692, et sont malheureusement en mauvais état. Elles ne constituent pas à proprement parler un cycle car elles ne traitent pas d’un même sujet ; elles représentent les scènes suivantes :

L’Enfant Jésus. Ce tableau dont le cadre adopte une forme compliquée est placé au-dessus d’un grand tabernacle en bois sculpté destiné à recevoir une crèche aujourd’hui disparue. L’enfant Jésus, glorieux et triomphant, est représenté vêtu de draperies flottantes autour de lui, le fond lumineux étant peuplé d’anges. Cet ensemble aimable annonce cependant la passion.

Sainte-Anne, la Vierge et l’enfant jésus, Saint-Joseph. Ce tableau représente la Vierge assise tenant sur ses genoux l’enfant Jésus se tournant vers sainte Anne. En arrière est représenté saint Joseph.

La Vierge à l’Enfant et le purgatoire. Ce thème du purgatoire est fréquent à la fin du xviie siècle en raison du changement des mentalités qui se produit après 1660 époque où on prévoit la fin du monde pour le dernier tiers du siècle présent, le temps du nouveau Testament devant égaler celui de l’ancien. Le séjour en purgatoire devient le passage obligé après la mort d’où de nombreuses représentations de ce thème. Dans la partie inférieure du tableau est évoqué le séjour douloureux du purgatoire avec des flammes tandis que la partie supérieure représente l’entrée au ciel facilitée par la sainte Vierge. Ce tableau est à rapprocher de celui qui se trouve dans l’église Saint-Cannat à Marseille.

Saint-Thomas d’Aquin foudroyant l’hérésie. Le saint est représenté tenant dans sa main gauche l’ostensoir tandis qu’il brandit de la main droite la foudre pour terrasser l’hérésie qu’il piétine : il s’agit probablement du protestantisme car la toile a été réalisée peu de temps après la révocation de l’édit de Nantes (1685). Derrière saint Thomas d’Aquin, l’artiste a représenté un fond architectural avec à droite une niche contenant une statue représentant un personnage barbu. Le saint est représenté en pleine force de l’âge, c’est l’homme d’action qui triomphe plus par la force que par la persuasion.

Tableaux de la basilique Sainte-Marie Madeleine

L’Enfant Jésus.

Sainte Anne, la Vierge et l’enfant Jésus et saint Joseph.

La Vierge à l’enfant et le purgatoire.

 Saint Thomas d’Aquin foudroyant l’hérésie.

Vierge des grâces et purgatoire, La Ciotat, église Notre-Dame.

La Ciotat, église Notre-dame :

Vierge de grâces

Vierge de grâces et purgatoire

Sainte Marie-Magdeleine et Saint Maximin (tableau non visible)

Marseille, musée Grobet-Labadié : Notre-Dame du bon voyage

Marseille, villa Gaby Deslys : La Résurrection de Lazare

Draguignan, église Saint-Michel : Vierge donnant le scapulaire à Simon Stock

Aix-en-Provence, musée Granet : La vierge à l’enfant, moine bénédictin, Sainte félicité et Perpétue

Versailles, église Saint-Symphorien : Les Vendeurs chassés du temple

Œuvres de Michel Serre

La Fuite en Égypte, Allauch, église Saint-Sébastien.

 La Mort de saint Joseph, Allauch, église Saint-Sébastien.

 Agonie de la Madeleine, Marseille, Château-Gombert, église Saint-Matthieu.

 Le Purgatoire, Marseille, Château-Gombert, église Saint-Matthieu.

 Apothéose de l’ordre de saint François, Marseille, Château-Gombert, église Saint-Matthieu.

 Vierge des grâces, La Ciotat, église Notre-Dame.

 Apothéose de Saint-Augustin, Aix-en-Provence, église Saint-Jean-de-Malte.

 Vierge en prière dans l’atelier de Nazareth, Marseille, abbaye de Saint-Victor.

Vierge à l’enfant et le purgatoire, Marseille, église de Saint-Cannat.

Tableaux historiques

Les trois tableaux peints peu de temps après la peste de 1720 représentant les scènes de cette épidémie sont les plus connus. Ces œuvres qui eurent un très grand retentissement à leur époque, demeurent un témoignage majeur de cet évènement.

Musée des beaux-arts de Marseille :

Vue du Cours pendant la peste, Hauteur = 3,17 m × Largeur = 4,10 m

Vue de l’hôtel de ville pendant la peste, Hauteur = 3.06 × Largeur = 2,77 m

« Ces deux tableaux représentent le déplorable aspect qu’offraient alors les quais et le cours : là on voit les moribonds étendus, ayant près d’eux une cruche et un vase que quelques personnes compatissantes remplissent avec terreur d’eau et de bouillon ; le cours est jonché des cadavres de ceux qui ont cherché l’ombrage de ses arbres ou celui des toiles que les officiers municipaux y ont fait tendre : partout ce sont des scènes déchirantes d’enfants, de femmes, de vieillards expirants. »

Stendhal a apprécié ces deux tableaux : « Je viens de monter au premier étage de la Bourse (à l’époque bâtiment de l’hôtel de ville) pour les tableaux de Michel Serre. Contre mon attente, je les ai trouvés fort bons. »

Montpellier, musée Atger : La Scène de la peste de 1720 : épisode de la tourette, Hauteur = 1,25 m × Largeur = 2,10 m

Tableaux de la peste à Marseille

Vue du Cours pendant la peste de 1720, musée des beaux-arts de Marseille

 Vue de l’hôtel de ville pendant la peste de 1720, musée des beaux-arts de Marseille

Portraits

Michel Serre a peint divers portraits qui se trouvent pour la plupart dans des collections privées.

 

 

 

 

AIX-EN-PROVENCE (BOUCHES-DU-RHÔNE), AMBROISE-THOMAS ROUX-ALPHERAN (1776-1858), LES RUES D'AIX, RUE D'ITALIE (Aix-en-Provence), UNE HISTOIRE DE LA RUE D'ITALIE (Aix-en-Provence)

Une histoire de la Rue d’Italie (Aix-en-Provence)

La Rue d’Italie à Aix-en-Provence

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La rue d’Italie est une rue à sens unique, située entre les quartiers historiques Mazarin et Villeneuve d’Aix-en-Provence, dans les Bouches-du-Rhône, en France.

Origine du nom

La rue fut nommée en l’honneur des campagnes victorieuses de l’Empereur Napoléon Bonaparte en Italie.

Historique

La rue d’Italie peut s’enorgueillir d’être la plus ancienne de la ville (et une des plus vieilles rues urbaines de France). En effet, ce fut la première voie d’accès créée par prolongement de la Voie Aurélienne, au moment de la création de la colonie d’Aquae-Sextiae par le Général romain Sextius Calvinus, au iie siècle avant notre ère.

Au haut Moyen Âge, elle prit le nom de « chemin de Saint-Maximin ». Puis, l’église des chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem se trouvant sur son tracé (l’actuelle église Saint-Jean de Malte), elle s’appela « chemin de Saint-Jean ».

Dès le xve siècle, le lieu étant un passage important entre l’extérieur et l’intérieur de la ville, plusieurs auberges s’y trouvaient, dont : l’Auberge de Saint-Jean, l’Auberge Saint-Eloy ou encore l’Auberge du Grand Hiver. Dans une de ces auberges fut arrêté, en 1582, le Capitaine Anselme d’Avignon, accusé de trahison envers le roi Henri III. L’accusé fut transféré à la prison du Château d’If de Marseille puis y fut étranglé par un forçat turc qu’on avait fait pénétrer dans la prison pour achever la funeste commande.

Après le passage de Charles Quint en 1540 (qui tenta sans succès de prendre la ville), on fit démolir un manoir attenant à l’église Saint-Jean (ou Maison du prieur) pour y ériger des défenses. On fortifia également la tour Nord de l’église afin de renforcer le contrôle de ce passage. Plus tard, en 1671 un prieuré y fut construit par un dénommé prieur Viany, en lieu et place du mur défensif; prieuré qui devint, en 1838, le célèbre Musée Granet.

À l’agrandissement de 1646 (qui vit notamment le Cours Mirabeau se percer) le chemin devint la « rue de la Porte Saint-Jean ».

Bâtiments remarquables et lieux de mémoire

Les immeubles des no 23 à 33 ont été bâtis sur l’emplacement d’un ancien Hôpital de la communauté de Saint-Jean de Jérusalem et de l’église N-D de la Pitié, construits au Moyen Âge.

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Oratoire_rue_d'Italie_et_clocher_de_l'église_Saint-Jean-de-Malte,_Aix-en-Provence,_France

Oratoire rue d’Italie et clocher de l’église Saint-Jean de Malte

 Personnalités liées à la rue d’Italie

Le célèbre sculpteur Joseph Marius Ramus naquit dans la partie nord de cette rue. Le comte de Forbin, directeur des musées royaux, disait à son sujet: « Marseille a son illustre Puget, nous pensons avoir le nôtre dans ce jeune homme, s’il veut se donner de la peine ! »

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Les Rues d’Aix – Rue d’Italie

Les Rues d’Aix
ou recherches historiques sur l’ancienne capitale de Provence
par Roux-Alpheran en 2 tomes 1848 et 1851

 

CETTE rue, l’une des plus populeuses et des plus passagères de la ville, est bâtie sur l’Emplacement qu’occupait anciennement le chemin public conduisant à Saint-Maximin et à Toulon. On l’appela d’abord la rue Saint-Jean et quelquefois de la Porte-Saint-Jean. Après les glorieuses campagnes des armées françaises en Italie, sous le commandement de Bonaparte, en 1796 et années suivantes, on lui donna le nom de rue d’Italie, pour éterniser le souvenir des exploits du jeune héros.
Avant qu’elle n’eût été renfermée dans la ville, il existait là un faubourg où se trouvaient plusieurs hôtelleries, soit à la droite, soit à la gauche du chemin, telles que celles de Saint-Eloy, du Grand-Hiver et autres. C’est dans l’une d’elles que fut constitué prisonnier, en 1582, le capitaine Anselme, d’Avignon, suspecté de haute trahison envers le roi Henri III.
Anselme s’était distingué au siège de La Rochelle en 1573, et le roi lui avait confié le commandement de son infanterie dans le marquisat de Saluces, sous le maréchal de Bellegarde. Celui-ci ayant voulu se rendre indépendant de l’autorité royale dans ce marquisat, mourut empoisonné en 1579, et Anselme qui l’avait aidé dans sa conspiration s’enfuit précipitamment à Avignon. Ce n’est point ici le lieu de parler de cette téméraire entreprise de Bellegarde, sur laquelle le savant M. Secousse, de l’académie des inscriptions et belles-lettres, a publié un mémoire historique et critique curieux et intéressant. 1
Anselme continua dans sa retraite, de donner quelques ombrages au roi. On l’accusa de s’être lié sourdement avec les mécontents qui étaient fort nombreux en Provence et d’avoir voulu autrefois livrer Avignon au maréchal de Bellegarde ; ayant résolu de se disculper de ce soupçon, il fit demander par le chevalier de Crillon, au grand-prieur de France Henri d’Angoulême, gouverneur de Provence, un sauf-conduit pour venir le voir aux cabannes de Berre, où le grand-prieur se trouvait en ce moment. Celui-ci répondit qu’il se rendrait le jeudi suivant à Salon où Anselme pourrait venir en toute sûreté. Ce même jour jeudi, le prince reçut une lettre du roi qui lui donnait ordre de se défaire de cet homme turbulent et dangereux ; aussi, ayant attendu vainement le coupable tout le jour, il partit le lendemain pour Marseille, paraissant ainsi ne pas manquer à sa parole. Anselme ne le trouvant plus à Salon, courut après lui, et passant à Aix, il fut arrêté par le colonel Alphonse Ornano, assisté du viguier et des consuls. On le fit partir sur le champ pour le Château-d’If, près de Marseille, où un nommé le Picard, valet de chambre du grand-prieur, conduisit un forçat turc qui, sans autre forme de procès, étrangla le malheureux prisonnier. On jeta son corps par la fenêtre en publiant qu’il avait voulu s’évader et tout fut fini. 2
Cette cruelle exécution excita néanmoins bien des murmures, et le roi, pour les faire cesser, adressa des lettres-patentes au parlement, datées du mois de décembre 1582, et enregistrées le 10 janvier suivant, par lesquelles il imposa silence au procureur-général et à tous autres, à ce sujet. Si M. Secousse et son continuateur avaient connu cette pièce, ils l’auraient sans doute publiée. La voici telle que nous l’avons copiée sur les registres du parlement, déposés au greffe de la Cour royale de cette ville. 3 Nous en conservons l’orthographe qui nous paraît celle du greffier qui l’a transcrite, plutôt que l’orthographe de la chancellerie de France.
 » HENRY, par la grace de Dieu, roy de France et de Pollongne, comte de Prouvence, Forcalquier et terres adjacentes, à tous présents et avenir sallut. Aulcunes très nécessaires et très importantes occasions que nous réservons à nous-mêmes pour le bien de nostre estat et particulièrement qui concernoyent la conservation et seureté de nostre pays de Prouvence et des villes et places d’icelluy, nous ont raisonnablement meus à commander et enjoindre très expressément à nostre très cher et très amé cousin 4 le grand-prieur de France, gouverneur et nostre lieutenant-général en nostre pays de Prouvence, se saisir de la personne du feu capitaine Anselme, lequel accompaigné de très grande ingratitude et meschancetté, au lieu de recognoistre nostre singulière faveur et bénignité de laquelle nous avoist pleu user en son droict, obliant ses actes pernitieux et trahisons notoires et qui ont tant apporté tant de dommaiges à nostre estat, s’estoyt plongé de plus en telles meschancettés comme il nous est deubement et clairement appareu qu’il perséveroyt obstinément et estoyt sur le point et éxécution de ses dernières trahisons et dessaings très pernitieux et intollerables, de manière qu’il a esté plus que nécessaire et avons commandé de le faire arrester et chastier promptement ainssins qu’il a esté de naguieres en nostre Chasteau-d’If-lez-Marseille dont nous avons contentement ; et combien que telle action sou appreuvée de nous et tous gens de biens et ne soyt aulcunement besoing que nous rendions aultre tesmoignaige en cest endroict, néantmoings a ce qu’il n’y ayt aulcung doubte de nostre dernière intention et qu’ores et à l’advenir elle soyt de plus en plus notoyre à ung chascung, avons dict et disons par ces présentes que la prinse et éxécution dudit capitaine Anselme a esté faicte comme dict est de nostre très exprès commandement et ordonnance, déclairant que nostre dict cousin le grand-prieur et lieutenant-général, le sieur Alphonse d’Ornano, colonnel des Corses, le viguier et consuls d’Aix, et tous ceulx qui soubs luy s’en sont entremis, ont le tout faict en obeyssance et exécution de nostre dict très estroyt commandement et ne pouvoient ny debvoyent aultrement faire sur peyne de nostre rigoureuse indignation, à l’occasion de quoy nous les avons ores et pour l’advenir entant que besoing seroyt quittés et deschargés à pur et à plain, quittons et deschargeons par ces présentes signées de nostre main de tout ce que leur pourroit estre… au contraire pour le faict dessus dict circonstances et dépendances ; imposant silence perpétuel tant à nostre procureur-général que tous aultres, comme pour faict d’estat dont le commandement et éxécution est émané de nostre personne pour le bien d’icelle et de nostre dict estat, sans que aulcun autre en puisse ne doibve entrer en cognoyssance. Sy donnons en mandement, etc. Donné à Paris, au mois de décembre, l’an de grâce mil cinq cent quatre-vingt et deux et de nostre règne le neufviesme. Signé HENRY, et sur le reply, par le roi, comte de Prouvence, de Neufville, et scellées du grand sceau de cire verte à lacs pendants de soye verte et rouge. « 

Nous avons dit en parlant de la rue du Louvre, qu’au coin à droite en entrant dans ladite rue et par conséquent à gauche de celle d’Italie, existait autrefois la chapelle de Notre-Dame des Anges, démolie en 1750.
Elle avait été donnée aux Pères Servites en 1515, avec quelques terres comprises actuellement en forme de triangle, entre les deux rues que nous venons de nommer et celle du Roi. Lorsque l’empereur Charles-Quint vint en Provence en 1536, à la tête de l’armée qui devait, disait-il, conquérir la France, le couvent que les Servites avaient construit fut abattu ainsi que leur chapelle de Notre-Dame des Anges comme pouvant servir de fortifications à l’ennemi, et après la retraite de l’empereur, la ville voulant dédommager les religieux de l’établissement qu’elle leur avait enlevé pour sa sûreté, leur remit l’ancien hôpital Saint-Antoine, situé dans l’intérieur de la cité. 5 La chapelle seule de Notre-Dame des Anges fut rebâtie peu après cette époque pour subsister encore pendant environ deux siècles.
Les habitations voisines de cette chapelle ayant considérablement augmenté après la cessation des troubles de la Ligue, il fut question, en 1615, de renfermer ce faubourg dans la ville, ainsi que l’église de Saint-Jean ; mais plusieurs oppositions ayant eu lieu, notamment de la part d’Anne de Naberat , prieur de Saint-Jean, 6 ce projet demeura sans exécution et ne fut repris que trente ans plus tard, lors du neuvième agrandissement qui nous occupe, et nous poursuivrons la revue de la rue d’Italie telle qu’elle existe depuis cet agrandissement.

Vers le centre de sa ligne orientale et presque en face de l’entrée de la rue Cardinale, est une petite maison à deux croisées de façade seulement, portant le n° 33, à jamais recommandable par la naissance d’un saint confesseur de la foi de Jésus-Christ, qui y vit le jour le 20 octobre 1740.
Jean-François-Xavier Roux, duquel nous allons parler, était fils de Jean-Michel Roux, maréchal-ferrant, et de Marie-Thérèse Tassy ou Taxis, car ce dernier nom est écrit indifféremment d’une ou d’autre manière dans les actes de cette famille. Destiné de bonne heure à l’état ecclésiastique, il fit sa profession religieuse dans le couvent des Augustins réformés de cette ville, qui occupaient, avant la révolution, l’ancien ermitage de Saint-Pierre, situé à quelques cents pas hors la porte Saint-Jean, au midi du bâtiment des casernes. C’est alors qu’il prit le nom de Père Régis, en l’honneur du Saint auquel il avait une grande dévotion. Après avoir été supérieur de son couvent, il fut élu provincial de son ordre et il en exerçait les fonctions au moment de la révolution. S’étant refusé à prêter le serment prescrit par la constitution civile du clergé, décrétée par l’assemblée nationale constituante, et tous les ordres religieux ayant été supprimés, le P. Régis se retira à Lyon où il espérait se mettre à couvert des persécutions qui le menaçaient dans sa patrie. Après le siége mémorable que cette ville soutint contre les républicains, en 1793, il fut rencontré dans les rues de Lyon par un jeune homme d’Aix dont il connaissait les parents et à qui il avait fait faire sa première communion quelques années auparavant. Ne pouvant se flatter de n’en être pas reconnu malgré son changement de costume, il l’aborda amicalement et s’étant informé de sa santé et de celle de toute sa famille, il lui offrit les secours pécuniaires dont il pouvait avoir besoin.
Loin d’être touché de l’accueil cordial qui lui était fait, le malheureux jeune homme, égaré par la fièvre révolutionnaire qui faisait alors délirer la plupart des têtes, courut aussitôt dénoncer le P. Régis comme prêtre réfractaire et le jour même le saint, ecclésiastique fût emprisonné.
Quelques amis que son caractère doux et honnête lui avait fait à Lyon, s’intéressèrent à son sort et parvinrent à obtenir de la commission révolutionnaire qui envoyait chaque jour tant d’innocentes victimes à la mort, que le P. Régis serait relâché si, lors de son interrogatoire qu’on promettait de ne pas pousser bien loin, il voulait répondre qu’il n’était pas prêtre et qu’il ne l’avait jamais été. Les amis vinrent dans sa prison lui faire part de cet expédient qui seul pouvait le sauver mais il se refusa courageusement à de pareilles offres, déclarant que jamais il ne renierait la foi de Jésus-Christ, et qu’il préférait la mort à la damnation éternelle.
En effet, ayant été traduit devant le tribunal, le dimanche 15 décembre 1793, et le président lui ayant demandé quelle était sa profession, il répondit d’une voix ferme qu’il était prêtre, se bornant à établir sa défense sur ce que les lois ne punissaient de mort que les prêtres qui, ayant refusé le serment et étant sortis de France, y seraient rentrés. Tout fut inutile ; il fut condamné et le lendemain sa tête tomba sous le fer des bourreaux. 7
Ramené dans les prisons après sa condamnation, il avait écrit à son frère, avocat à Aix, 8 la lettre qu’on va lire et que nous avons copiée sur l’original que sa famille conserve religieusement. Ce frère qui n’est mort qu’en 1820, était alors fugitif comme la plupart des honnêtes gens qu’on n’avait pas emprisonnés; c’est pourquoi la lettre porte l’adresse de la dame Passot, leur sœur.

 » Mon cher, je préfère donner la nouvelle glorieuse de ma mort prochaine, à vous, mon bon ami, qu’à tout autre, et je préfère vous l’annoncer moi-même que si vous l’appreniez par tout autre. Oui, mon cher, ce ne sera pas une mort pour moi, mais un commencement de vie, et j’espère que Dieu acceptera mon sacrifice, sacrifice que je fais bien généreusement. C’est uniquement pour n’avoir point prêté de serment, ni le premier, ni le second, que je suis condamné, contre les loîx même existantes, puisque la peine de mort n’étoit prononcée que contre les fonctionnaires publics qui étant sortis du royaume y rentreroient, et que la peine de la déportation étoit infligée à ceux qui refuseroient le second. Je n’ai pas porté les armes ni ne me suis point troublé dans la ville rebelle pendant tout le temps du siége. Je me suis bien défendu. J’ai cité les décrets, on n’a rien voulu entendre. Nous nous trouvons cinq prêtres condamnés dans cette fournée et j’espère avec impatience le jour de demain pour consommer mon sacrifice. Je vous exhorte, mon cher, par l’amitié que vous avez pour moi, et en même temps toute la famille, de vous réjouir et non de vous attrister de ma mort. Elle m’honnore et vous honnorera tous. Adorons les décrets de la divine providence. Je serois au désespoir d’avoir mérité la mort par mon imprudence. Je n’ai rien à me reprocher. C’est ici pour moi un baptême de sang. Il achèvera, je l’espère, d’expier mes fautes et mes pêchés. Je vous promets que je ne vous oublierai point devant Dieu, tous tant que vous êtes. Je vous dis donc les derniers adieux, à vous, à toute la famille et à tous mes amis. Bon soir, je vous embrasse.
Ville-Affranchie, 25 frimaire an II de la Rép. franç.
J’espère qu’on vous fera passer l’argent qui me reste. Il est en bonne main.  »
Sur l’adresse, il est écrit de la même main du P. Régis :
 » A la citoyenne Passot, rue des Cordeliers à Aix, département des Bouches-du-Rhône.  »
On voit encore sur l’adresse le timbre de la poste.
On sait que lorsque Lyon fut pris par l’armée républicaine, la Convention nationale décréta que cette ville porterait désormais le nom de Ville-Affranchie, puis celui de Commune-Affranchie. On sait aussi que, suivant le calendrier républicain, le 25 frimaire de l’an II correspondait au 15 décembre 1793. Le P. Régis, en adoptant cette dénomination de Ville-Affranchie et la date de frimaire, avait en vue de ne point compromettre sa sœur, dans le cas où sa lettre étant décachetée à la poste, les mots de décembre et de Lyon auraient suffi pour faire emprisonner, comme suspecte, la personne à qui elle était adressée, peut-être même pour la faire envoyer à la mort ; car à cette époque de la terreur, la prison ou l’échafaud ne tenaient pas plus qu’à cela.

En avançant sur la même ligne, vers la porte Saint-Jean ou d’Italie, en face de la rue Longue-Saint-Jean, est située la maison où est né, le 19 juin 1805, Joseph-Marius Ramus, habile statuaire, qui, jeune encore, jouit à Paris d’une réputation justement méritée. Feu M. le comte de Forbin, son compatriote, directeur des Musées Royaux sous la restauration, disait de lui, il y a plus de vingt ans :  » Marseille a son illustre Puget nous pourrons avoir le nôtre dans ce jeune homme, s’ il veut se donner de la peine.  » M. Ramus est l’auteur des deux belles statues en marbre de MM. Portalis et Siméon inaugurées au mois de novembre dernier en avant du Palais de Justice d’Aix, et dont l’exécution ne peut qu’ajouter à la réputation de cet artiste. Il était présent à la cérémonie, au milieu de tous les descendants actuellement vivants de ces illustres Provençaux, venus expressément de Paris pour y assister.

En 1651, le marquis d’Aiguebonne de la maison d’Urre, fut envoyé par le roi pour commander en Provence en absence du comte d’Alais, gouverneur, qui avait été rappelé à la cour à la suite des troubles du Semestre. Le comte de Carces, Jean II de Pontevès, était alors grand-sénéchal et lieutenant de roi en Provence ; mais il avait été mandé également à la cour et il se trouvait suspendu de ses fonctions. Jaloux de la commission donnée au marquis d’Aiguebonne et craignant pour sa propre autorité, il part en poste sans prendre congé du roi et arrive à Aix avant le marquis qui avait fixé sa résidence à la Tour-d’Aigues. Celui-ci veut enfin faire son entrée solennelle à Aix, ce qui donne lieu à des contestations et à des négociations dont le parlement se mêla et dont on peut lire les détails dans Papon 9 et quelques autres historiens du pays. Cependant le marquis se détermine à entrer dans Aix le 6 novembre, entouré de ses gardes. Arrivé à la porte de la ville, des cris se font entendre : arrête ! arrête ! et l’un des gardes est étendu par terre d’un coup de fusil. Ne se voyant pas en force suffisante, il se retire alors et va coucher à Roquevaire. Le gouvernement était trop faible à cette époque et l’affaire en resta là, la commission du marquis d’Aiguebonne ayant été révoquée au mois d’août de l’année suivante.

Lorsque le maréchal de Villars fit sa première entrée à Aix le 22 mars 1716, comme gouverneur de Provence, les consuls et assesseur, précédés de la compagnie des marchands, tous à cheval, allèrent à sa rencontre jusqu’à l’extrémité du territoire, et le parlement envoya au-devant de lui une députation composée de six de ses membres aussi à cheval et en robes noires, escortée par une cavalcade de plus de cent gentilshommes et par les cinq compagnie des arts et métiers, laquelle s’arrêta à la chapelle de Saint-Laurent, maintenant détruite et qui était située un peu au delà du couvent des Minimes, sur la route d’Avignon. Là le maréchal descendit de carrosse, les députés du parlement et les consuls mirent pied à terre et après quelques compliments de part et d’autre, tous ayant repris leurs places, le cortège vint entrer par la porte Saint-Jean où les consuls et assesseur étant de nouveau descendus de cheval, offrirent au gouverneur les clefs de la ville et le dais qu’il refusa. On alla, de là, directement à Saint-Sauveur, et après les prières d’usage, le maréchal se rendit à l’hôtel d’Eguilles où son logement avait été préparé. Le parlement en corps vint l’y voir aussitôt, escorté par la maréchaussée et fut reçu à la grande porte cochère par le capitaine des gardes et sur le seuil de la porte de l’hôtel par le gouverneur lui-même. Tous étant entrés dans l’appartement de celui-ci ; le premier président le harangua au nom de la cour, à quoi il répondit fort obligeamment et reconduisit ensuite la compagnie jusqu’en dehors de la porte de la rue. Le 26 du même mois, il rendit la visite au parlement rassemblé au palais où il fut reçu sur le perron par des commissaires de la cour. Entré dans la grand’chambre avec les consuls et assesseur et son capitaine des gardes, il prit la place du doyen et fit son compliment à la compagnie. Le premier président ayant répondu, il fit observer aux membres qui étaient les plus proches de lui, qu’au parlement de Paris, lorsqu’un duc et pair entrait, les autres ducs et pairs se levaient, ce qu’on n’avait pas fait à son arrivée. –  » Oui, lui dit-on ; mais les ducs et pairs se lèvent seuls et par courtoisie ; tandis que les présidents et les conseillers ne se lèvent pas.  » Il en convint et son observation n’eut pas de suite.10
La cour des comptes, aides et finances étant allée aussi le complimenter. –  » Vous avez vu beaucoup de choses, monsieur le doyen, dit le maréchal à Philippe de Meyronnet, conseiller depuis 1656. – Jamais rien d’aussi grand que vous, monseigneur, répondit celui-ci.  » La tradition porte également que dans sa première harangue au maréchal, l’assesseur d’Aix l’ayant comparé au grand Vendôme son prédécesseur au gouvernement de Provence, et ayant rappelé que celui-ci avait refusé le présent de vingt mille livres que les Etats du pays lui avaient offert lors de sa première entrée, le nouveau gouverneur lui répondit: –  » Ah ! monsieur, que parlez-vous de M. de Vendôme ! vous savez bien que c’était un homme inimitable.  » Aussi reçut-il, eu temps et lieu, le présent d’usage.

Sur la ligne occidentale de la même rue d’Italie, se termine le chœur de l’église Saint-Jean, masqué en partie, il est vrai, par une chétive maison qui fait face à la rue du Roi. Au-dessous, en arrivant par la porte de la ville, est une autre maison assez vaste, attenante à la sacristie de l’église et qu’on a coupée en deux parties inégales occupées aujourd’hui, l’une et l’autre, par des artisans.
C’était là l’ancien manoir des prieurs et des prêtres de Saint-Jean, avant que le prieur Viany eût fait construire, en 1671, la belle maison prieuriale qui leur a servi de demeure jusqu’à la révolution, dans la rue Cardinale.
Cette ancienne maison dont nous parlons, 11 avait été rebâtie, vers 1540, par le prieur Valentin Dubois, après l’irruption de l’empereur Charles-Quint en Provence, lors de laquelle la demeure des prieurs et le bourg Saint-Jean avaient été démolis. Elle était bordée au levant par le grand chemin et avait la vue de l’autre côté sur l’enclos de Saint-Jean, qui se terminait au midi vers le rempart actuel et au couchant vers la rue du Cheval-Blanc ou de la Monnaie, d’où il contournait dans la rue du Bœuf pour venir rejoindre le cimetière situé au nord de l’église.
La reine Marie de Médicis, fille du grand duc de Toscane, étant venue en France en 1600, pour épouser Henri IV, débarqua le 3 novembre à Marseille, où des fêtes magnifiques lui furent données, accompagnées de transports de joie inimaginables. 12 Hélas ! C’est ainsi qu’en 1816, débarqua et fut accueillie dans la même ville, comme à Aix et sur tout son passage jusqu’à Paris, l’infortunée duchesse de Berri, dont l’époux, plus malheureux encore, devait tomber, comme Henri IV, sous le poignard d’un assassin… Après quelque séjour à Marseille, la reine se mit en route et partit, le 16 du même mois, pour Aix, où l’attendaient de nouvelles fêtes et de nouvelles acclamations. Le mauvais état des chemins ne lui permit d’arriver que bien avant dans la nuit et elle vint descendre à la maison prieuriale de Saint-Jean, où elle coucha, ainsi que le connétable Henri de Montmorency et le chancelier de France, Pompone de Bellièvre, que le roi avait envoyés pour la recevoir.

La partie de cette ligne occidentale comprise entre la rue du Bœuf et la place des Carmélites, formait la majeure portion du faubourg Saint-Jean lorsqu’on fit le dessein d’enfermer celui-ci dans la ville en 1615. C’est là que demeuraient, à cette époque, notamment les Saurat, les d’Yse et les Maurel ou Morel qui, avons-nous dit plus haut, avaient fait construire à leurs dépens, le pont en pierre en dehors de l’ancienne porte Saint-Jean, qu’on appela de leur nom le Pont-Moreau.
Cette famille descendait d’un Pierre Maurel, médecin de Charles III d’Anjou, dernier comte de Provence de sa race, à qui ce prince légua ses livres de médecine par son testament du 10 décembre 1481, veille de sa mort. Les descendants de ce Pierre, ayant acquis des biens considérables dans le commerce et fait de très bonnes alliances, s’étaient divisés, vers le milieu du XVIIe siècle, en plusieurs branches toutes éteintes depuis lors et dont les principales avaient possédé huit ou dix terres nobles telles que Pontevès, Sainte-Catherine, Volonne, le Chaffaud, Mons, Valbonnette, Calissane et autres. Ces diverses branches avaient fourni un grand nombre de magistrats aux cours souveraines du pays, et celle qui était connue plus particulièrement sous le nom de Maurel ou Morel-Villeneuve de Mons, avait conservé, jusqu’après le milieu du XVIIIe siècle, la maison dont nous parlons, dans laquelle avaient vu le jour trois évêques distingués par leur mérite et leur piété :
Joseph de Maurel du Chaffaud, né le 17 octobre 1658; d’abord chanoine de Saint-Sauveur et conseiller-clerc au parlement, puis nommé évêque de Saint-Paul-Trois-Châteaux en 1715, sacré le 26 août à Saint-Saveur, en présence du parlement qui assista en corps à cette cérémonie. Ce prélat mourut à Aix, le 17 mars 1717, d’une maladie pour laquelle on lui avait ordonné de venir respirer l’air natal et qu’il avait contractée dans une mission générale qu’il donnait dans son diocèse pour le salut des fidèles confiés à ses soins.
Joseph-Rolin de Morel de Mons petit-neveu du précédent, né le 20 avril 1715, nommé, le 16 septembre 1738, à l’évêché de Viviers, lorsque François-Raynaud de Villeneufve, 13 son parent, fut transféré de ce siége à celui de Montpellier. Il était alors à peine âgé de vingt-quatre ans, ce qui prouve qu’il dut sa nomination autant à ses vertus personnelles qu’au souvenir de celles de son grand-oncle. Ses infirmités l’ayant contraint de se démettre de son évêché en 1778, il se retira à Avignon où il mourut en 1783.
Etienne-Martin-Balthazar-Parfait-André de Morel de Mons, neveu du précédent, né le 18 avril 1755, était chanoine de Saint-Sauveur avant la révolution et fut désigné comme évêque de Troyes à l’époque du Concordat conclu avec le Saint-Siége en 1802 ; puis nommé, en 1804, à l’évêché de Digne qu’il refusa. Nommé peu après évêque de Mende, il fut sacré le 21 avril 1805, et transféré de là à l’archevêché d’Avignon en 1821. Le roi Charles X le créa pair de France, mais il jouit peu de temps de cette faveur, étant mort à Avignon le 6 octobre 1830, de la douleur que lui causa la nouvelle révolution qui avait éclaté au mois de juillet précédent. C’était un homme de beaucoup d’esprit et d’un caractère très enjoué. Nous avons dit ailleurs 14 que son frère aîné, ancien avocat-général au parlement, et lui, furent les derniers mâles de cette famille.
Leur père étant allé habiter l’hôtel que sa femme possédait sur le Cours, vendit cette maison, située dans la rue d’Italie, à Joachim-Félix Pin, dernier trésorier-général des Etats de Provence qui, après l’avoir habitée honorablement pendant longues années, y est mort en 1805, et dont les descendants l’occupent encore. 15
Antoine d’Yse, procureur au siége d’Aix, habitait, dans le faubourg Saint-Jean durant les troubles de la Ligue, l’une des maisons qui suivent celle des Maurel en avançant vers la place des Carmélites. Il écrivit des mémoires fort curieux, dit-on, sur ce qui s’était passé de son temps à Aix ; mais ces mémoires, demeurés manuscrits, ont disparu, à l’exception de quelques fragments que Pierre Louvet a insérés dans son Histoire des troubles de Provence. Quoique le mauvais état de sa fortune l’eût contraint d’exercer un office de procureur, 16 il n’en appartenait pas moins à une très noble et très ancienne famille, qui possédait les terres de Monaco et de la Turbie dès le XIIIe siècle. Elle passa, à cette époque, à Naples, à la suite de Charles 1er d’Anjou, comte de Provence, qui allait faire la conquête de ce royaume, et elle revint ensuite à Marseille où elle tenait un rang honorable sous le roi René. Au commencement du XVIe siècle, deux frères, Thomas et Alonce d’Yse, firent deux branches. Celle de Thomas vint dès lors s’établir à Aix, où elle fut ensuite rétablie dans sa noblesse 17 et où elle s’est éteinte environ deux cent cinquante ans plus tard, en 1778 ; et celle d’Alonce alla s’établir en Dauphiné où elle a possédé diverses seigneuries telles que celles de Vaumeil, de Rosans, de Saléon et autres. Elle a fourni aussi plusieurs conseillers au parlement de Grenoble, un archevêque de Vienne et autres personnages de distinction. Nous ignorons si cette branche est éteinte, mais nous savons qu’il existait à Malte, lors de la prise de cette île par Bonaparte en 1798, un vieux chevalier d’Yse de Rosans, Dauphinois, qui, lorsqu’on lui demandait son avis sur les affaires du temps et sur l’issue qu’elles devaient avoir, avait coutume de répondre avec assez de bon sens : – Eh! Messieurs ; nous n’avons pas su prévoir hier ce qui est arrivé aujourd’hui ; comment voulez-vous dire ce qui arrivera demain ou plus tard ?

La rue d’Italie est terminée, d’un côté, par la porte de la ville dite de Saint-Jean, et de l’autre par la place des Carmélites. Nous ajouterons ici quelques mots à ce que nous avons dit plus haut en parlant de cette place. Au mois de novembre 1685, l’assemblée générale des communautés de la province tenue à Lambesc, délibéra de demander au roi la permission d’ériger dans la ville d’Aix, capitale de la Provence, une statue équestre et en marbre de Sa Majesté, au lieu et de la manière qu’il plairait au monarque lui-même de l’ordonner, comme un témoignage de l’amour de ses peuples pour sa personne. Louis XIV ayant agréé cet hommage, les consuls et assesseur d’Aix, en qualité de procureurs du pays, appelèrent auprès d’eux, au mois de janvier suivant, deux célèbres artistes : Pierre Puget, de Marseille, et Pierre Mignard, d’Avignon, auxquels ils demandèrent leur avis et des plans pour l’érection de ce monument. Ceux-ci indiquèrent le Cours comme le lieu le plus propre, et leur projet fut envoyé à Paris pour être soumis à Jules-Hardouin Mansart, architecte et surintendant des bâtiments du roi, qui y fit quelques changements, notamment celui de placer la statue non point au lieu où se voit aujourd’hui celle du bon roi René où existait déjà une fontaine, mais sur la place même des Carmélites, qu’on aurait à peu près doublée d’étendue en abattant l’île de maisons où est situé l’hôtel du Poët et qui fait face à une partie des allées du Cours. Ce plan, plus grandiose que l’autre, fut adopté par l’assemblée des communautés au mois de novembre 1686, qui ajouta à sa première délibération que la statue équestre du roi au lieu d’être faite en marbre serait coulée en bronze. L’exécution en fut confiée l’année suivante, conformément aux intentions du roi et moyennant le prix de 90,000 livres, à l’habile sculpteur hollandais, Vander Bogaert, dit Desjardins, qui venait d’ajouter à sa réputation par le monument de la place des Victoires à Paris, érigé aux dépens du maréchal de La Feuillade. L’ouvrage devait être terminé dans trois ans ; mais les charges qui pesaient sur la province augmentant successivement, le roi consentit lui-même à en renvoyer l’exécution à un temps meilleur et il n’en coûta au pays que 27,250 livres payées à Desjardins, pour les premiers travaux et les avances qu’il avait faits.
C’étaient les Adhémar de Monteil de Grignan qui avaient proposé cette dépense, plus jaloux de faire leur cour au roi que des intérêts de la caisse du pays. L’un était lieutenant de roi en Provence, un autre archevêque d’Arles, et un troisième coadjuteur de celui-ci. Ils étaient tout puissants et avaient en vue d’augmenter encore leur crédit à la Cour. Heureusement le monarque tint peu, à ce qu’il parait, à cette flagornerie d’une province qu’il écrasait bien assez par ses demandes de dons gratuits, d’entretien de troupes, etc. Peut-être aussi fut-il informé de l’état d’épuisement où les finances de la Provence se trouvaient à cette époque. Dans ce dernier cas, il est à regretter de ne pas connaître le nom du citoyen vertueux qui ne craignit pas de lui dire la vérité.

 

1 Paris, 1764, 1 vol. in-12, auquel le marquis de Cambis-Velleron, d’ Avignon, a fait des additions très importantes concernant l’histoire de Provence pendant le XVIe siècle, Paris, 1767, autre vol. in-12. Retour

2 Voyez les Mémoires manuscrits de Maurillan, déjà cités dans notre 1er vol., pag. 504, note 1Retour

Registre des Lettres-Royaux, de 1583 à 1587, fol. 22 et suiv. Retour

4 Le grand- prieur était frère naturel du roi qui ne lui donnait que le titre de cousin, eu égard à sa qualité de gouverneur de Provence. Retour

5 Voyez notre 1er vol., pag. 212Retour

6 Registre intitulé: Vita de Naberat, manuscrit in-fol. de 169 feuillets, en notre pouvoir, en entier de la main de ce prieur, et par lui clôturé et signé, à Aix, le 19 novembre 1619 ; fol. 111, 113, 119, etc. Retour

7 Dans le Dictionnaire des individus envoyés à la mort judiciairement, pendant la révolution, par L. Prudhomme, Paris, an IV, tom . II, pag..365, on lit que Roux (Jean-François-Xavier), âgé de cinquante-trois ans, prêtre réfractaire, condamné à mort, le 26 frimaire an II, par la commission révolutionnaire de Lyon, était natif de Duerne, près d’Yzeron (dans le Lyonnais). C’est une erreur. Mais à qui l’attribuer ? à Prudhomme ou à la commission révolutionnaire ? On sait que ces tribunaux attachaient peu d’importance aux menus détails de leurs jugements. Leur grande affaire était de condamner et de condamner promptement le plus d’individus qu’ils pouvaient. La date du 26 frimaire est également erronée, puisque la lettre écrite par le Père Régis après son arrêt de mort porte la date du 25. Retour

8 Jean-Joseph Roux, né en 1737, a publié des observations polémiques sur le premier des opuscules de M. Dubreuil, etc., intitulé : Observations sur quelques coutumes et usages de Provence, recueillis par Jean de Bomy. -Aix, Mouret, 1817, in-4° de plus de 600 pages. Retour

Hist. gén. de Provence, tom. IV, pag. 539 et suiv. ;-H. Bouche, Histoire de Provence, tom. II, pag. 971; – de Haitze, Hist. d’Aix, msste, livre XIX, § 41 ; etc. Retour

10 Procès-verbal des commissaires du parlement, en original en notre pouvoir. Retour

11 M. Pellegrin, ancien avoué, à qui elle appartient aujourd’hui, nous a témoigné plusieurs fois son regret d’avoir fait détruire les sculptures qui en ornaient la porte d’entrée, pour la refaire à la moderne. Ces sculptures portaient en effet le cachet de l’architecture de la première moitié du XVIe siècle. Retour

12 On lit dans le journal manuscrit de Foulque Sobolis, procureur au siège d’Aix, le passage suivant :  » Le dimanche 29 octobre (1600) matin, environ une heure après minuit, le grand logis de M. des Pennes, qui était au chemin allant à Marseille est tout tombé hormis les murailles-maîtresses, et a tué gens et bestes, environ vingt-cinq ou trente, tant gens de qualité que muletiers, et n’est échappé que Maurel, sergent, fort blessé ; Olivier, mort et autres. La cause est advenue par le moyen de la tempeste et foudre qu’est tombée du ciel audit logis. Lesdits gens allaient à Marseille à la venue de la reyne.  » On couchait alors en route, lorsqu’on allait d’Aix à Marseille. Dans le dernier siècle, on dînait à mi-chemin, et l’on arrivait le soir. Maintenant on va en deux ou trois heures de temps. Bientôt on ira en quelques minutes, grâce aux chemins de fer et à la vapeur. Retour

13 Voyez notre 1er vol., pag. 262Retour

14 Voyez ci-dessus, pag. 178Retour

15 Parmi les fils de feu M. Joachim-Félix Pin, nous comptions deux de nos meilleurs amis que nous eûmes le malheur de perdre en la même année 1843 à peu de mois d’intervalle l’un de l’autre : Joachim-Xavier-Blaise, dernier conseiller reçu à la cour des comptes de Provence, avant la révolution, et Bruno-Félix-Jacques. Nous parlerons plus bas de leur sœur morte en 1829, étant prieure du monastère royal du Temple à Paris. Retour

16 Les procureurs étaient, avant la révolution, ce qu’on nomme aujourd’hui les avoués. – En face de cette ancienne maison des d’Yse, est né, deux cents ans plus tard, à la fin d’octobre 1783, l’un des plus étonnants funambules qui aient paru en France et même en Europe, dans les vingt premières années de ce siècle : Gabriel Ravel dit l’incomparable, auquel les célèbres danseurs de Paris, Vestris et Duport, adjugèrent le prix, vers 1806, sur Forioso qui passait alors pour le premier talent en ce genre. Retour

17 Nous possédons dans nos recueils l’original sur parchemin des lettres-patentes de relief de noblesse, accordées, le 21 janvier 1676, en faveur de Marc-Antoine d’Yse, enregistrées aux archives du roi, à Aix, suivant l’arrêt de la cour des comptes du 30 juin 1677. Retour

 

Caprice de l’histoire : l’église Saint-Jean-de-Malte se trouve pour ainsi dire au centre de deux rues qui portent des noms que tout oppose : la rue d’Italie en l’honneur de Bonapartate à son retour d’Italie (celui-là même qui enleva les cloches de l’église pour en fabriquer des canons) et la rue Cardinal en l’honneur  du cardinal Mazarin qui fut archevêque d’Aix.

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AIX-EN-PROVENCE (BOUCHES-DU-RHÔNE), AMBROISE-THOMAS ROUX-ALPHERAN (1776-1858), CHEVALIERS DE L'ORDRE DE MALTE, CHRONOLOGIE DES PRIEURS DE L'EGLISE SAINT-JEAN, EGLISE SAINT-JEAN-DE-MALTE (Aix-en-Provence), HISTORIEN FRANÇAIS, ORDRE DE MALTE, ORDRE DES HOSPITALIERS DU SAINT-ESPRIT, PAROISSE SAINT-JEAN-DE-MALTE (Bouches-du-Rhône)

Chronologie des prieurs de l’église Saint-Jean par Ambroise Roux-Alphéran

 

CHRONOLOGIE DES PRIEURS DE L’ÉGLISE DE SAINT-JEAN,

Sceau_des_Grands_Prieurs_des_St_Gilles_au_XIIIeme_siècle.

Chapelains conventuels de l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem. 1

 

Frère DIDIER vivait en 1251, lors de la consécration de l’église et mourut en 1264. C’est le plus ancien prieur dont on ait connaissance, car nous n’admettons pas qu’il ait été le premier. Les Hospitaliers étaient alors établis à Aix depuis environ un siècle, et puisqu’ils avaient bâti une chapelle avant la construction de l’église actuelle, les prêtres qui la desservaient devaient avoir un chef qui portait probablement le titre de prieur. Didier est représenté la mitre en tête sur le principal bas-relief du tombeau des comtes Alphonse II, et Raymond-Bérenger IV, qu’on voit à Saint-Jean.

  1. RAYMOND ISNARDI, élu en 1264, mort en 1276. Le prieur de Naberat se sert constamment du terme d’élu tant à l’égard d’Isnardi qu’à celui de ses successeurs, et c’est avec raison, puisqu’alors ils étaient nommés et choisis par les autres religieux composant la communauté. Le commandeur d’Aix, chef de la maison, approuvait ce choix, ce qui a eu lieu jusqu’au milieu du XVe siècle. Depuis cette dernière époque, les commandeurs nous paraissent s’être arrogés le droit de nommer eux-mêmes les prieurs, sauf quelques exceptions que nous fairons connaître
  2. BERTRAND LANCE, élu en 1276, mort en 1288. Naberat place à la suite de ce prieur, un Guillaume de Villars qui n’est autre que Guillaume de Villaret alors grand-prieur de Saint-Gilles et depuis grand-mitre, duquel nous avons parlé plus haut. Aussi de Haitze, qui sans doute avait reconnu l’erreur, ne fit-il aucune mention de ce Guillaume de Villars comme prieur.
  3. ANDRÉ BAROLI, élu en 1288, mort en 1299. Ce prieur a été omis dans le prétendu catalogue publié par l’historien moderne de Saint-Jean, dans le tome V des Mémoires de l’Académie d’Aix(pag. 301), où sont également omis les trois suivants.
  4. PIERRE DE MALAMORT, élu en 1299, mort en 1312. En 1306, F. Dragonet de Montdragon, grand-prieur de Saint-Gilles, fit en personne la visite de l’église et du prieuré de Saint-Jean et fit dresser un inventaire des reliques et objets qui se trouvaient dans la sacristie, parmi lesquels existaient déjà la mitre et la crosse en ivoire dont parle de Haitze dans ses Curiosités d’Aix, pag. 169. Cet inventaire fut fait en présence des frères de l’Ordre dont les noms suivent et qui desservaient l’église à cette époque, savoir : les frères Pierre de Malamort, prieur, Jean Picard, Pierre de Roquebrune (Rocabruna), Jean Folquerii, Rostaing de Fracha, Jacques Magne, Vincent de Chalansono, Raymond Sorloqui, Guillaume de Aludya , Raymond Simon, Raymond de Bouc (de Buco) et Jean Colombeti. Acte reçu par Guillaume Estienne, notaire institué par Chartes II, roi de Naples, comte de Provence, etc. 2
  5. VINCENT VERRIER , élu en 1312, mort au plus tard en 1322.
  6. PIERRE de CURISIO, élu vers 1322, mort au plus tard en 1328. Ce prieur est inconnu, à l’auteur dont nous parlons dans la pag. précédente, comme il l’a été à Naberat et à de Haitze.
    Nous avons trouvé dans les titres du prieuré (sac B., n° 8), découverts par le prieur Viany, un demi siècle après la mort de Naberat, un acte du 8 août 1322, passé devant Guillaume Cavaleri, notaire, par lequel Pierre de Curisio, prieur de Saint-Jean, permet à Jean Pagani de convertir en vignoble une terre labourable située au terroir d’Aix, quartier de Casanova, qui supportait une redevance à l’église de Saint-Jean, et ce en présence et du consentement de F. Geoffroi Rostang, commandeur d’Aix, ce qui nous autorise à placer ici ce prieur dans notre chronologie.
  7. JACQUES DE CLERIO, chapelain du grand-maître Hélion de Villeneuve, fut nommé prieur par ce prince en 1328, et mourut en 1347. De son temps eut lieu la réformation du prieuré par le même grand-maître, que nous avons rapportée plus haut, et frère Isnard de Albarno, grand-prieur de Capoue et commandeur d’Aix, fonda dans l’église de Saint-Jean la chapelle des onze mille vierges. C’est ce commandeur que l’historien moderne de Saint-Jean a pris pour un prieur et qu’il a compris comme tel dans son prétendu catalogue sous les noms d’Isnard de Grasse, entre Jacques de Clerio et Pierre Curti. Le prieur de Clerio fit dresser, en 1333, un inventaire des reliques et du mobilier qui existaient dans la maison de Calissane, dépendante du prieuré de Saint-Jean. 3Parmi les reliques se trouvait une caisse en cristal renfermant la chemise de la bienheureuse vierge Marie, au sujet de laquelle chemise on peut voir : 1° l’arrêt du parlement d’Aix, du 8 juillet 1683, en faveur du prieur de Saint-Jean, Viany, à qui cet arrêt adjuge la moitié des offrandes faites à cette sainte relique ; 2° le Dictionnaire géographique de la Provence, par Achard, au mot Berre, pag. 338 ; 3°et la Statistique de la ville de Berre et de son terroir, par M. Porte, pag. 73 et 74.
  8. BERTRAND AUDIBERT, chapelain du grand-maître Dieudonné de Gozon, fut nommé par celui-ci prieur de Saint-Jean, le 5 octobre 1347, et mourut en 1352. Il a été encore inconnu à l’historien moderne de Saint-Jean qui l’a omis dans son prétendu catalogue, de même que les cinq prieurs qui suivent.
  9. JEAN TRIPOLI, élu en 1352, mort en 1355.
  10. HUGUES DE ALERIO, élu en 1355, mort en 1375. Il est appelé de Clerio dans quelques titres, probablement par erreur.
  11. PIERRE AYCARDI, élu en 1375, mort en 1401. Sous lui le nombre des prêtres desservant l’église de Saint-Jean fut réduit à douze, attendu l’insuffisance des revenus, occasionnée par les guerres qui désolèrent la Provence pendant le règne de la reine Jeanne et celui des premiers comtes de la seconde maison d’Anjou. De son temps encore , F. Bernard Grassi, l’un des prêtres de Saint-Jean, fut élu grand-prieur de l’église de Rhodes, ainsi que nous l’avons dit ci-dessus d’après Naberat. 4
  12. RAYMOND ROSTINI, élu en 1401, mort en 1404.
  13. ROSTANG MALIPILI, élu en 1404, mort en 1408.
  14. PIERRE CURTI, était curé de la paroisse Saint-Sauveur d’Aix, 5lorsqu’il fut nommé prieur de Saint-Jean en 1408. Il mourut en 1434 et non en 1424 comme le disent Naberat et de Haitze, car on trouve dans les archives du prieuré une foule d’actes de reconnaissances passés en sa faveur dans le courant des années 1427, 1432 et 1433. Il assista au chapitre général de l’Ordre tenu dans son église en 1410, sous le grand-maître Philibert de Naillac. 6Il parait que c’était un saint personnage, puisque après sa mort, son portrait fut placé sur l’autel de la chapelle de Saint-Barthélemy où il se trouvait lors de la visite de 1613. 7 Ce portrait existait encore dans la sacristie de Saint-Jean au moment de la révolution et a disparu depuis. Le prieur Curti y était représenté à genoux, en robe et en manteau long, marqué d’une croix sur l’épaule gauche, sans colet, ayant la tête rase et une couronne de cheveux.. Tel était le costume des prieurs de Saint-Jean dans leur église, avant qu’ils prissent le camail.
  15. MATHIEU HONORAT, d’une famille d’Aix aujourd’hui éteinte, qui avait donné plusieurs consuls et deux conseillers au parlement au XVIIe siècle et possédé la seigneurie de Porcieux, fut nommé prieur de Saint-Jean le 27 janvier 1434 (Lantelmi, notaire), et non en 1424 comme le disent Naberat, de Haitze et l’historien moderne de Saint-Jean, par frère Elzéar de Glandevès, bailli de Manosque et lieutenant du grand-prieur de Saint-Gilles frère Bertrand d’Arpajon, avec le consentement des autres religieux desservant l’église. Il mourut en 1462.
  16. ANTOINE HONORAT, neveu du précédent, lui succéda en 1468, après six ans de vacance du prieuré, et mourut en 1472.
  17. HUGUES ARBAUD, fils de noble Arbaud d’Arbaud, premier syndic d’Aix en 1428, 8nommé par le pape Paul II, en 1470, mourut en 1483, suivant Naberat et de Haitze. Nous remarquerons encore ici une inexactitude de ces auteurs qui font élire ce prieur suivant les formes ordinaires en 1482 seulement. C’est qu’ils ne connaissaient pas, sans doute, la bulle du pape en date des ides de janvier 1469 (v. st.) qui commet Bérenger de Rupe, chanoine official de l’église cathédrale de Marseille, pour l’exécution d’une autre bulle en date du même jour, portant collation du prieuré de Saint-Jean vacant par le décès de F. Mathieu Honorat, en faveur de Hugues Arbaud ; lesdites bulles suivies de la procédure faite à ce sujet à Aix, dans la maison de noble Jean Gastinelli, le 22 juin 1470, en présence de magnifique Palamède de Fortin, seigneur de Soliès, et de Pierre de Guiramand, seigneur de La Pène. Il y a apparence que Hugues Arbaud, quoique nommé par le pape, ne voulut ou ne put prendre possession qu’en 1472, après la mort d’Antoine Honorat pourvu légalement depuis 1468 et antérieurement aux bulles du pape. 9
  18. GUILLAUME DE RONCHINOL, natif de Mâcon dans la langue d’Auvergne, fut nommé, en 1483, par honoré de Pontevès, seigneur de Bargème, en qualité de procureur fondé de frère Antoine de Pontevès, commandeur d’Aix, son frère, lequel approuva cette nomination le 24 septembre de la même année. 10Le grand-prieur de Saint-Gilles, Préjan de Pidoux, partant pour Rhodes au mois de mars 1518, l’établit son vicaire-général. 11Il parait qu’étant tombé malade, il se démit du prieuré en 1526 et alla mourir à Montpellier en 1528.
  19. FRANÇOIS LARISSE, l’un des quatre chapelains du grand-maître, Philippe Villiers de l’Isle-Adam, fut nommé par lui le 22 septembre 1526, lorsque le gouvernement de l’Ordre résidait momentanément à Nice après la perte de l’île de Rhodes. Il mourut en 1530, suivant Naberat et de Haitze, car l’historien moderne de Saint-Jean ne fait aucune mention de lui, non plus que de Hugues Arbaud nommé plus haut.
  20. VALENTIN DUBOIS (de Bosco), élu en 1530, mourut le 22 juillet 1555. Il était auparavant chanoine régulier de Saint-Ruf, et il appartenait à une famille noble alors établie en Savoie, transplantée depuis à Apt en Provence, où elle est plus connue sous le nom de Saint-Vincent, ce qu’on prouve par le sceau de ce prieur apposé au bas de diverses pièces signées de lui et conservées aux archives du prieuré. On voit sur ce sceau deux lances posées en sautoir qui sont les armes de la famille Dubois de Saint-Vincent. L’historien moderne de Saint-Jean place l’avènement de Valentin Dubois à l’année 1555 qui est celle de sa mort, et le fait succéder à un Géraud Dubois qui n’a jamais été prieur. Ce Géraud ou plutôt Giraud, était frère de Valentin et tous les deux, membres de l’ordre de Saint-Jean, étaient les neveux de F. Poncet d’Urre, bailli de Manosque et commandeur d’Aix, auquel ils firent élever au milieu du chœur de l’église de Saint-Jean, en 1548, un mausolée qui fut transporté, sous le prieur Viany, dans la chapelle de la reine Béatrix. 12
  21. JEAN NICOLAS, servant d’armes et commandeur de Joucas, fut commis en 1555, après la mort du prieur Dubois, à la garde du prieuré en qualité de capitaine avec garnison, à la charge de se faire ordonner prêtre lorsque les troubles occasionnés par les guerres de religion seraient appaisés ; de quoi il se fit décharger par le chapitre général tenu à Montpellier le 7 mai 1560, et plus tard il obtint du grand-maître Hugues de Loubenx de Verdalle, une bulle qui le confirma dans la jouissance du prieuré en 1583. En 1565, il avait été porteur des lettres que le grand-maître Jean de la Valette écrivit au roi Charles IX, à la reine mère et aux princes du sang, alors à Bayonne, pour leur donner avis du siège de Malte que les Turcs allaient entreprendre et solliciter des secours. 13C’est ce prieur que l’historien moderne de Saint-Jean place mal à propos après Guillaume de Ronchinol et avant le prétendu Géraud Dubois dont nous avons parlé sous le précédent prieur. Jean Nicolas mourut à Aix, le 24 février 1592.
  22. ANGELO PACE, Sicilien ou, selon d’autres, Calabrais, de la langue d’Italie, se trouvait à Rome lorsqu’il apprit la mort du prieur Nicolas. Il s’adressa au pape Clément VIII qui le pourvut, en 1595, 14du prieuré de Saint-Jean, en sa qualité de chef et supérieur suprême de l’Ordre. Mais ses bulles ne furent jamais enregistrées par l’effet des oppositions de F. Jean de Castellane d’Aluis, commandeur d’Aix, qui se mit en possession des revenus du prieuré. 15C’est ce commandeur d’Aluis, et non Dalvis, dont l’historien moderne de Saint-Jean fait un prieur sous le nom de Dalvis de Castellane. A sa mort, arrivée six ou sept ans après, le receveur de l’Ordre au grand-prieuré de Saint-Gilles, conféra le prieuré de Saint-Jean à F. Jacques Sallonis, servant d’armes, natif de Berre, lequel se mit en possession et jouit des revenus, jusqu’à ce que le prieur Pace, voyant ses poursuites inutiles, se rendit à Malte où il se démit, le 24 mai 1602, entre les mains du grand-maître Alof de Vignacourt.
  23. ANNE DE NABERAT, de la langue d’Auvergne, commandeur de Ville-Jésus et de Lieu-Dieu, ensuite prieur de Saint-Chartrier, vicaire et visiteur-général in spiritualibusdes grands-prieurés de Saint-Gilles et d’Auvergne, fut pourvu du prieuré de Saint-Jean le même jour 24 mai 1602, par provisions magistrales confirmées par le pape Clément VIII le 12 septembre suivant.
    En 1611, il échangea sa commanderie de Ville-Jésus pour celle du Temple d’Ayen et devînt successivement aumônier du roi, puis de la reine. Il mourut au mois de février 1630, âgé d’environ soixante-quatre ans, à Paris où il s’était rendu l’année précédente pour faire imprimer son dernier ouvrage, car c’était un homme de lettres qui a laissé plusieurs monuments de son savoir. 16Il avait puissamment contribué à relever le prieuré de Saint-Jean des pertes que les troubles du XVIe siècle lui avaient occasionnées.
  24. HONORÉ PELLEGRIN. porteur d’un bref apostolique de survivance de l’année 1623, fut mis en possession du prieuré de Saint-Jean, aussitôt après la mort de Naberat. La peste faisait alors les plus grands ravages dans Aix, en sorte que cette prise de possession eut lieu de visu, des hauteurs du Prignon, au pied de la tour dite de la Prouvenquoou de laKeirié17 Les désagréments qu’il eut à éprouver de la part de F. Jean de Berre, commandeur d’Aix, qui voulait le faire destituer pour mettre à sa place F. Hercules de Berre, son neveu, le forcèrent à se retirer à Malte où il mourut le 19 janvier 1649.
  25. HERCULES DE BERRE, des seigneurs de Collongue, protonotaire du Saint-Siége, nommé en survivance du précédent par le commandeur d’Aix, son oncle, depuis 1630, et par autres bulles du grand-maître Jean-Paul de Lascaris-Castellar, des 18 avril 1638 et 20 janvier 1649, prit possession le 19 février suivant. 18En 1653, il fut privé de l’administration du prieuré par la langue de Provence et rétabli l’année d’après. Mais en 1657, il fut suspendu de nouveau et F. Pierre de Chailan, qui fut depuis son successeur, administra le prieuré pendant son interdiction qui dura jusqu’à sa mort arrivée à Aix le 29 août 1666. Les divers auteurs des nobiliaires de Provence le nomment Jean de Berre au lieu d’Hercules ; c’est une erreur. Deux de ces auteurs ajoutent qu’il était d’une simplicité apostolique. 19
  26. PIERRE DE CHAILAN, des seigneurs de Villevieille, 20capiscol, puis infirmier de l’église collégiale de Saint-Gilles, fut nommé prieur de Saint-Jean le 10 septembre 1666, par F. Antoine de Glandevès-Castellet, bailli de Manosque et commandeur d’Aix, et prit possession, le 4 octobre suivant, 21du prieuré qu’il administrait depuis 1657. Il n’en jouit pas longtemps, étant mort à Malte au mois d’avril 1667. C’est le dernier prieur nommé par un commandeur d’Aix ; les suivants, au nombre de six, l’ont tous été par des grands-maîtres.
  27. JEAN-CLAUDE VIANY, frère consanguin de Pierre, grand-prieur de l’église de Malte dont nous avons parlé plus haut, né à Aix le 18 janvier 1659, 22fut nommé au prieuré de Saint-Jean, le 22 avril 1667, par le grand-maître Nicolas Cotoner, 23et prit possession le 15 juin suivant. 24 Il s’appliqua dès lors à restaurer son église qui lui doit ses principaux embellissements. Nous ne les rapporterons pas ici, pour ne pas nous répéter. Ils sont indiqués d’ailleurs avec le plus grand détail dans la notice publiée par l’historien moderne de St-Jean. En 1698 et le 10 mai, il obtint du pape Innocent XII, un bref qui lui donnait pour coadjuteur, F. Jacques-Christophle Viany, son neveu 25 ; mais celui-ci étant mort en 1703, et bien d’autres désagréments ayant été suscités au prieur Viany, par les ennemis que son caractère hautain et impérieux lui avait fait, notamment le bailli de Merles-Beauchamp, commandeur d’Aix, il se démit du prieuré en 1720, entre les mains du grand-maître Zondodari. Il vécut encore six ans et mourut à Aix, le 16 mars 1726 , âgé de quatre-vingt-sept ans et quelques mois. 26 Il était bon littérateur et lié avec les beaux esprits de son temps.
  28. PAUL ALPHERAN, neveu de Melchior alors grand-prieur de l’église de Malte duquel il a été parlé ci-dessus, né à Aix le 28 octobre 1686, fut pourvu du prieuré de Saint-Jean par le grand-maître Marc-Antoine Zondodari, le 13 juin 1720, et prit possession par procureur le 26 juillet suivant. 27L évêché de Malte étant venu à vaquer en 1727, le grand-maître Antoine-Manuel de Villhena, dont il était secrétaire en chef et qui l’avait employé en diverses négociations importantes auprès du vice-roi de Sicile, le porta, de concert avec le grand-conseil de l’Ordre, en tête de la liste des trois sujets qu’ils devaient présenter à l’empereur Charles VI, à qui appartenait en ce moment la nomination comme roi de Sicile. Il fut nommé en effet par ce monarque le 15 octobre de la même année, et le pape Benoît XIII, fit en personne la cérémonie de son sacre dans la chapelle de Saint-Pie au Vatican, le 14 mars 1728, le décorant le même jour du titre de prélat domestique et d’assistant au trône pontifical. 28
    Pendant près de trente ans qu’il gouverna le diocèse de Malte, il ne cessa de donner l’exemple de toutes les vertus. Il fit bâtir à ses dépens un séminaire qu’il dota de fonds suffisants pour élever et entretenir gratuitement vingt jeunes ecclésiastiques pauvres et y attacha une riche bibliothèque. C’est lui qui fit accorder par le pape aux chanoines du chapitre de Malte en 1749, le droit d’assister aux offices de la cathédrale avec la croix pectorale et la mitre. Il mourut dans son palais épiscopal le 20 avril 1757, et fut inhumé dans la chapelle souterraine de son église destinée à la sépulture des évêques. Le pape Benoît XIV, l’avait nommé archevêque de Damiete in partibuset se proposait, dit-on, de le décorer de la pourpre romaine lorsque la mort enleva l’évêque avec lequel il était lié d’une étroite amitié. 29 Celui-ci s’était démis, depuis le mois de juin 1729, du prieuré de Saint-Jean d’Aix, dont l’historien moderne de cette église le fait jouir jusqu’en 1754, on ne sait sur quel fondement.
  29. JEAN-MELCHIOR ALPHERAN, frère du précédent, né à Aix le 5 mai 1690, fut nommé prieur de Saint-Jean le 3 juillet 1729, par le grand-maître Antoine-Manuel de Villhena, et prit possession le 25 août suivant. 30Il eut à soutenir contre M. de Brancas, archevêque d’Aix, relativement à l’administration des sacrements dans son église, des démêlés dont on trouve une analyse dans les mémoires du clergé. 31Convaincu du néant de la vie humaine et de la vanité des grandeurs de ce monde, il résolut de se retirer dans la maison de Sept-Fonts, abbaye de l’ordre de Cîteaux, à quelques lieues de Moulins en Bourbonnais, célèbre par l’austérité de la règle qu’on y observait. Il y fit un premier voyage en 1740, et y retourna quatre ans plus tard pour y prendre l’habit qu’il revêtit en effet le 21 novembre 1743. Une lettre qu’il écrivit à sa famille le même jour pour lui faire connaître sa dernière résolution, est signée F. Joseph, prieur d’Aix, novice à Sept-Fonts, et ajoute par P. S.: M. l’abbé m’a donné ce nom à cause de son prédécesseur qui le portait.
    En 1750, il fut nommé prieur de cette sainte maison et au mois de mars 1755, l’abbé de Sept-Fonts était mort, le roi Louis XV nomma le frère Joseph pour lui succéder. Enfin, après une pénitence des plus rigides pendant environ quatorze ans, il mourut sur la cendre, en odeur de sainteté, le 11 août 1757, quelques mois après l’évêque de Malte son frère. Tel fut le saint personnage que l’historien moderne de Saint-Jean n’a pas même nommé dans son prétendu catalogue des prieurs de cette église.
    En quittant pour toujours sa ville natale, il avait passé par Rognes dont il avait été longtemps curé dans sa jeunesse et où il avait fait tant de bien pendant la peste de 1720 et 1721, et il avait déposé dans l’église paroissiale de ce lieu, une lampe en argent autour de laquelle on lisait cette inscription : ad dirigendos pedes nostros in viam pacis32 Nous ignorons ce qu’est devenue cette lampe. Dès le jour où il eut terminé son noviciat à Sept-Fonts, le frère Joseph avait envoyé à Malte sa démission du prieuré de Saint-Jean que le grand-maître Emmanuel Pinto, conféra, le 28 décembre 1744, au frère suivant.
  30. JEAN-BAPTISTE DE VIGUIER, ancien religieux Augustin de la maison d’Aix, d’une noble et ancienne famille d’Arles où il était né le 18 mars 1707. Il était frère du commandeur Paul-Antoine de Viguier, célèbre dans l’Ordre pour avoir découvert, en 1749, la conspiration ourdie par Mustapha, pacha de Rhodes, tendant à égorger le grand-maître ainsi que tous les chevaliers et à s’emparer de Malte où ce pacha était prisonnier. Le prieur de Viguier prit possession le 3 juin 1745, 33et ayant été appelé à Malte environ vingt-cinq ans plus tard, il y mourut au mois d’août 1773, ne laissant dans Aix que le souvenir de la reconstruction de la pointe du clocher que la foudre avait abattue en 1754, ainsi que nous l’avons dit plus haut. Le grand-maître François Ximenès de Texade, nomma pour lui succéder, le 23 du même mois d’août
  31. JOSEPH-FELIX ALPHERAN, cousin de Paul et de Jean-Melchior, né à Aix le 9 juillet 1720, fils de Félix, qui fut depuis dernier consul de cette ville en 1724, et petit-fils de François qui l’avait été en 1649 et 1650, après les troubles du Semestre. Il prit possession le 6 octobre 1773, 34et fut pourvu en 1782 de la commanderie de Gouts au grand-prieuré de Toulouse.
    S’étant démis du prieuré de Saint-Jean en 1788, il sortit de France quatre ans plus tard à cause des troubles et rentra peu de mois après pour se réfugier à Lyon où il se trouva pendant le fameux siége que cette ville soutint contre les républicains en 1793. Il se retira lors de la catastrophe du 18 fructidor, en Toscane, d’où il revint à Aix à la fin de 1801, et il y mourut le 11 février 1806. C’est lui qui avait donné à son église le grand tableau qu’on y voit encore, représentant la descente de croix, bonne copie du Barroche, qu’il avait acheté des pénitents noirs de celle ville après la dissolution de cette compagnie en 1771.
  32. JEAN-FRANÇOIS ALPHERAN, né à Aix le 29 avril 1753, neveu du précédent, lui fut donné pour successeur par le grand-maître Emmanuel de Rohan, le 26 août 1788, et prit possession le 1er décembre suivant. 35A la fin de février 1792, voyant ses jours menacés, il passa à Nice, de là à Tarin, puis en Toscane et en Angleterre, et enfin à Malte où il se trouvait, au mois de juin 1798, lors de la prise de cette île par le général Bonaparte. Proscrit en France comme émigré et comme frère de deux émigrés, 36l’un desquels était mort l’année précédente sous les drapeaux du prince de Condé ; dénué de toute ressource par l’anéantissement de son Ordre ; entraîné d’ailleurs par l’exemple de quelques amis intimes, 37 il ne vit de salut pour lui que dans les rangs de l’armée française qu’il suivit en Egypte, 38 avec le général du Muy son compatriote. Celui-ci étant retourné en Europe, le prieur Alpheran fut placé dans l’état-major du général Menou qui devint bientôt après général en chef de l’armée d’Egypte. Il rentra avec lui en France à la fin de l’année 1801. De puissantes protections auprès du général Bonaparte, alors premier consul, auraient pu lui faire obtenir un des évêchés nouvellement créés en vertu du Concordat conclu avec le pape Pie VII ; mais il se refusa à toute espèce de démarches, opposant ainsi aux détracteurs de sa conduite, un désintéressement noble et franc que tous ne surent pas imiter. Après quelques années de séjour à Paris et à Turin, il fit un dernier voyage à Aix, et y mourut le 5 octobre 1808.

On sait qu’après la prise de Malte par les Français, l’empereur de Russie Paul 1er, mit les débris de l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem sous sa protection et s’en déclara grand-maître. Il fut dit dans le temps que, considérant le prieuré de Saint-Jean d’Aix comme vacant par la retraite du prieur Alpheran en Egypte, le nouveau grand-maître en avait conféré le titre à frère Auguste Bonnet de la Beaume, natif d’Aix, ancien conseiller-clerc au parlement de Provence, alors émigré, qui s’était fait affilier à l’Ordre. Faute de documents précis, nous n’affirmerons rien à cet égard ; mais nous rappellerons que depuis l’époque de la restauration en 1814, jusqu’à la mort de l’abbé de la Beaume, arrivée à Aix à la fin de janvier 1820, celui-ci, devenu chanoine de Saint-Sauveur, a porté publiquement la décoration de l’ordre de Malte et a étalé sur sa voiture l’écu de ses armes entouré du cordon de cet Ordre, sans y ajouter néanmoins la mitre et la crosse en cimier, comme il aurait pu le faire en qualité de prieur de Saint-Jean. Ainsi, doit-on le compter au nombre des prieurs, ou non ? Nous en laissons le choix à nos lecteurs, en leur faisant observer seulement que ce n’eût été pour lui qu’un titre sans attributs, l’église de Saint-Jean ayant cessé d’appartenir à l’ordre de Malte depuis 1792.

 

1 Cette chronologie, dressée par le prieur Anne de Naberat sur les titres du prieuré, fut par lui jointe au procès-verbal de la visite faite en 1613, dont nous avons parlé ci-dessus. Le prieur Viany la communiqua, un siècle plus tard, à son ami P. J. de Haitze qui l’a insérée, suivant l’ordre des dates, dans son Histoire d’Aix demeurée manuscrite. Il est vraiment surprenant que l’historien moderne de Saint-Jean n’ait su la voir là ni là, lui qui cite si souvent les archives du prieuré et l’ouvrage de de Haitze, dans sa Notice historique et archéologique imprimée au tom. V des Mém. de l’acad. d’Aix. Nous avons relevé dans le prétendu catalogue qui suit cette notice et qui comprend vingt-trois lignes seulement, l’omission de treize prieurs, la supposition de trois autres, la transposition d’un autre et une douzaine de dates fausses, ainsi que nous l’écrivîmes, le 10 septembre 1845, à l’éditeur du Mémorial d’Aix, qui inséra notre lettre dans sa feuille du lendemain 11 septembre. Il fut tiré de cette lettre quelques exemplaires séparés que nous distribuâmes à nos amis, uniquement, nous le répétons, par amour et dans l’intérêt de la vérité historique fortement compromise par la publication faite sous le patronage d’un corps savant et respectable, d’un travail rempli d’anachronismes au milieu d’une foule de passages vraiment dignes d’éloges, nous le répétons aussi, dut encore l’auteur répéter de son côté que nous amusons le public par nos petitesses. La chronologie de Naberat s’arrête à 1615 ; nous l’avons continuée jusqu’à la suppression du prieuré, en 1792. Retour

2 Reg. intitulé Vita de Naberat fol. 100 et 101. Retour

3 Registre de Guillaume Ripert, notaire d’Aix, année 1333. Retour

4 Voyez ci-dessus, pag. 306 et suivRetour

5 Cette qualification lui est donnée dans le testament de Michel Picard , reçu le 22 avril 1405, par Jean de Turribus, notaire d’Aix Archives du Prieuré, sac R, n° 42. Retour

6 Voyez ci-dessus, pag. 310Retour

7 Voyez ci-dessus, pag. 320Retour

8 Voyez notre 1er vol. pag. 20 et 21Retour

9 Ces bulles, conservées aux archives du prieuré, sac EE n° 23, furent découvertes par le prieur Viany, longtemps après la mort de Naberat. Retour

10 Voyez ci-dessus ce qui est dit de la transaction passée entre le commandeur de Pontevès et le prieur de Ronchinol, au sujet du partage des biens de la commanderie d’Aix. Retour

11 Raybaud, Hist. du grand-prieuré de Saint-Gilles, tom. 1er, pag. 418. Retour

12 Voyez ci-dessus, pag. 317, ce qui est dit au sujet de ce tombeau qui, lors de sa translation dans la chapelle du transsept du sud, fut dépécé en plusieurs pièces. Les deux inscriptions rapportées dans le tom. V des Mém.. de l’Acad. d’Aix, pag. 242 et 268, n’en formaient qu’une sur l’un des fragments de laquelle on lit encore le mot prior appliqué à Valentin Dubois, et que l’historien moderne a cru pouvoir interpréter par priores qu’il applique ainsi tant à Valentin qu’à Géraud-Dubois, et c’est sur ce fondement, seul qu’il fait de celui-ci un prieur, contre toute vérité. Retour

13 Raybaud, Hist. du grand-prieuré de Saint-Gilles, tom. 1er , pag. 471. Retour

14 Archives, sac Z, n° 18. Retour

15 Archives du prieuré et mémoires imprimés du prieur Viany, contre le commandeur de Merles-Beauchamp. Retour

16 Voici la liste de ses ouvrages imprimés :
Advertissements chrestiens et politiques, recueillis de divers autheurs anciens et modernes, par F. A. de Naberat, commandeur de Ville-Jésus, prieur de Saint-Jean d’Aix et de Saint-Chartrier, conseiller et aumosnier ordinaire du roi. Aix, Tholosan, 1610, in-16.
Instruction pour faire les preuves de noblesse des chevaliers de Malte, la forme de donner l’habit, et faire les ameillorissements de leurs commanderies, colligée par F. A. de Naberat, etc. Aix,Tholosan, 1610, in-16. Se relie avec le précédent.
Malte suppliante aux pieds du roi, contre un mémoire pour la réunion de la grande-maîtrise à la couronne, par frère Anne de Naberat, conseiller aumosnier servant la reine, 1627, in-4°, sans nom de lieu (mais à Aix, chez Etienne David, gendre de Tholosan, ce qui se prouve par le papier et les caractères employés).
Sommaire des privilégies octroyés à l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem, par F. A. de Naberat, avec les portraits des grands-maîtres. Paris, 1630, in-f° -Ce sommaire se trouve aussi à la suite de l’Histoire des chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem, traduite de l’Italien, de Bosio, par Boissat, avec les annotations de Baudoin, Paris, Soly, 1629, in-f° – On le trouve encore avec Malte suppliante et l’Instruction pour les preuves, etc., à la suite de l’Histoire des chevaliers, par Bosio, avec les annotations de Baudoin, Paris, 1643, in-f°. Retour

17 Cet acte, reçu à la date du 21 février 1630, par Jean-Gaspard Jaubert, notaire à Rians, nous a été communiqué avec beaucoup de politesse par M. Pailheiret, notaire dudit Rians, propriétaire actuel de la minute. Boniface Alpheran, notaire d’Aix, réfugié à Esparron de Pallières, attendu la contagion, y intervient comme procureur-fondé du prieur Pellegrin, alors à Malte, duquel il déclare ne pouvoir représenter les titres qui sont à Aix dans sa maison où la peste l’empêche d’aller les chercher ; et sur cet exposé le chevalier frère François d’Agoult-Seillon, met ledit Pellegrin en possession de son prieuré. Retour

18 PJ. de Haitze, Hist. d’Aix, manuscrite, liv. XVIII, § 19. Retour

19 Robert de Briançon, Etat de la Prov., etc., tom. 1er, pag. 385 ; -Maynier, Hist. de la principale nobl. de Prov., 1ère part., pag. 74 ; – Artefeuil, Hist. hér. et univ. de la nobl. de Prov., tom. 1er, pag. 138 ; – Barcilon de Mauvans. Critiq. du nobil. de Prov., mss., au mot BerreRetour

20 Tome III ou Supplém. au nobil. de Provence d’Artefeuil au mot Chailan, pag. 122, branche de Villevieille. Retour

21 P-J. de Haitze, Hist. d’Aix, manuscrite, liv. XXII, § 25. Retour

22 Sa mère s’appelait Louise de Albis et non Balbi, comme le dit l’historien moderne de Saint-Jean, pag. 264 du tom. V des Mémoires de l’Acad. d’Aix. La première femme de l’avocat Jacques Viany, mère du grand-prieur, se nommait Anne Vanel. Retour

23 Archives du Prieuré, sac DD, n° 30 et 31. Retour

24 P.-J. de Haitze, Hist. d’Aix, manuscrite, liv. XXII, § 28. Retour

25 Archives du Prieuré. Retour

26 C’est à tort que l’historien moderne de Saint-Jean le fait mourir à Malte (tom. V des Mém. de l’acad. d’Aix, pag. 293). Il fut enterré dans son église de Saint-Jean, au pied du maître-autel, et sur sa tombe fut placée une inscription sépulcrale que chacun a vue ou pu voir jusqu’en 1835, époque à laquelle elle fut recouverte par le nouveau pavé du chœur de l’église en carreaux de marbres gris et blanc. Cette épitaphe est rapportée d’ailleurs dans le manuscrit du P. Moulin, conservé à la bibliothèque Méjanes, où l’auteur dont nous parlons a puisé toutes les inscriptions qu’il a copiées dans sa notice et où il a dû voir celle-ci. – Les ouvrages imprimés du prieur Viany ne sont, en général, que des pièces fugitives en vers et quelques discours en prose aux ducs de Bourgogne et de Berri, au roi d’Espagne Philippe V, etc. Retour

27 Acte reçu ledit jour par Michel Jean, notaire à Aix, et non par Me Thibaud, comme il est dit par erreur au tom. V des Mém. de l’acad. d’Aix, pag. 295. Retour

28 Notice des Provençaux qui ont été élevés à l’épiscopat, par le P. Bicaïs, de l’Oratoire, mss. de la biblioth. Méjanes, pag. 334, où l’on trouve l’éloge de cet évêque. On ne peut dissimuler toutefois qu’il fut accusé d’ostentation et de vanité, plus qu’il ne convenait à son état. Le jour de son sacre, dans sa première lettre pastorale adressée à ses diocésains (datum Romae extra portam Flaminiam 14 martii M DCC XXVIII), il prit pour surnom le nom de Bussan, qui était celui de sa quatrième aïeule (*) et le fit prendre à son frère aîné Claude, ennobli quelques années auparavant. Les descendants de celui-ci l’ont porté constamment depuis lors et le portent encore de nos jours, en mémoire de cet illustre prélat. Ce dernier jouissait en sus de l’évêché de Malte, de la commanderie de Vahours, l’une des plus importantes de l’Ordre au grand-prieuré de Saint-Gilles, et de celle de Gabre et Capoulet au grand-prieuré de Toulouse, ce qui lui procurait des revenus très considérables dont il faisait un noble emploi, source peut-être de la jalousie que son élévation avait suscitée contre lui parmi les autres chapelains. -Voyez aussi les savants et curieux manuscrits du chevalier Louis de Boisgelin, concernant l’ordre de Malte, déposés à la bibliothèque Méjanes à Aix, par le chevalier Joseph de Boisgelin, neveu de l’auteur. Retour

29 Nous sommes redevable à M. le chevalier Miége, ancien consul de France à Malte, auteur d’une excellente histoire de cette île (**), aujourd’hui agent des affaires étrangères à Marseille, d’une foule de documents dont nous n’avions aucune connaissance sur les monuments élevés à Malte par l’évêque Paul Alpheran, les diverses inscriptions qui y existent encore en son honneur ou celui du grand-prieur de l’église, son oncle, etc., notamment sur un ancien cimetière de l’île du Goze où cet évêque pensait qu’avaient été enterrés une partie des compagnons de Saint-Louis, après la seconde croisade de ce prince en 1270. M. Miége a eu l’extrême obligeance d’en écrire à deux de ses amis, M. le chevalier Augustin Portelli, membre du conseil du gouvernement à Malte, et M. César Vassallo, bibliothécaire de cette ville, qui, à sa recommandation, nous ont fourni, avec toute l’honnêteté possible, les détails les plus étendus et même de très beaux dessins touchant ce cimetière du Goze dont parlent le comte de Borch et Ciantar dans les ouvrages que nous citons ci-dessous (***) .Nous nous proposons de donner un jour au public, si Dieu nous prête vie, une notice sur ce curieux monument absolument inconnu en France, et nous y exprimerons mieux que nous ne pouvons le faire ici, les sentiments de vive reconnaissance et de haute estime dont nous sommes pénétré envers lesdits MM. Miége, Portelli et Vassallo.

* Voyez notre 1er vol., pag. 471, 472 et 474.
** Histoire de Malte, par M. Miége, ancien consul de France à Malte, etc., Paris, 1840, 3 vol., in-8°.
*** Lettres sur la Sicile et sur l’île de Malte, par M. le comte de Borch, écrites en 1777 ; Turin, 1782, 2 vol. in-8°, tom. II, p. 10 et 11. – Malta illustrata, ovvero descrizione di Malta, etc., del Commandatore Giovanno Francisco Abela, correta,accresciutta et continovata dal conte Giovanno Antounio Ciantar. etc. Malta, 1772, in-f° Lib. I. not. X, pag. 358, et tav. XVIII. Retour

30 Acte reçu ledit jour par Thibaud, notaire à Aix. Retour

31 Recueil des Actes, titres et mémoires concernant les affaires du clergé de France, ou table raisonnée, formant le tom. XVI ; 2e partie, pag. 117.- Mais dans le procès-verbal de visite du prieuré d’Aix, du 30 décembre 1776, on voit que l’archevêque fut condamné par arrêt du conseil du roi, du 30 janvier 1760, et autre arrêt de défaut du 8 août 1761, signifié et devenu définitif faute d’opposition, portant qu’il y a abus dans l’ordonnance de l’archevêque, en ce qui touche les églises, chapelles et oratoires de l’ordre de Malte. Retour

32 Cantiq. de ZacharRetour

33 Acte reçu ledit jour, par Rambot, notaire à Aix. Retour

34 Acte reçu ledit jour, par Rambot, notaire à Aix. Retour

35 Acte reçu ledit jour, par Jean-Boniface Bremond, notaire à Aix. L’historien moderne de Saint-Jean dit (pag. 300) que le prieur Joseph-Félix Alpheran résigna son bénéfice en faveur de son neveu Jean-François. C’est encore une erreur. Dans l’ordre de Malte, les commanderies, prieurés et autres bénéfices ne pouvaient pas être résignés. Quand ils devenaient vacants, ce qui ne pouvait arriver que par mort, démission ou destitution du titulaire, il était pourvu au remplacement de celui-ci suivant les règles établies dans l’Ordre. Retour

36 François-Nicolas-Boniface Alpheran, avocat, assesseur d’Aix, procureur du pays de Provence en 1781 et 1782, émigré après la pendaison de M. Pascalis en 1790 ; rentré en France en 1801, mort étant professeur-directeur de l’Ecole de droit d’Aix, en juillet 1808 ; et François-Laurent-Félix Alpheran, officier au régiment de Soissonnais, chevalier de Saint-Louis mort à Venise en 1797 l’un et l’autre enfants, comme le prieur Jean- François, de François, ancien garde du corps du roi Louis XV, etc. Retour

37 Les chevaliers de Lascaris, d’Auray de St-Pois, de Brizon du Roure, de Cheffontaine, de Barras, etc. Retour

38 Voyez les ouvrages du chevalier de Boisgelin et du vicomte de Villeneuve- Bargemont, cités ci-dessus, pag. 135, not. 1 ; et pour le général du Muy, voy. Pag. 64 et la même 135. Retour

 

Les Rues d’Aix – Chronologie des prieurs de Saint Jean
Les Rues d’Aix ou recherches historiques sur l’ancienne capitale de Provence
par Roux-Alpheran en 2 tomes 1848 et 1851

 

https://laixois.fr/les-rues-d-aix-chronologie/

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Ambroise-Thomas Roux-Alphéran

Ambroise Thomas Roux-Alphéran, né le 29 décembre 1776 à Aix-en-Provence où il est mort le 8 février 1858, est un historien français et greffier à la cour d’Aix-en-Provence pendant la Restauration. Son œuvre principale, Les Rues d’Aix, publiée en 1846-1848, est considérée comme une référence sur l’histoire d’Aix-en-Provence.

Roux-Alpheran

Biographie

Fils de Jean-Baptiste Roux, avocat au parlement, secrétaire et greffier de la viguerie, et de Gabrielle d’Alphéran, il fait ses études au collège Bourbon puis à la faculté de droit d’Aix. Époux en 1801 de Marie Anne Antoinette Renoux, il entreprend la carrière d’avocat malgré une forte timidité qui l’entrave dans l’exercice de sa profession. Il décide donc de rentrer dans l’administration et devient secrétaire en chef de la mairie d’Aix en 1807, poste qu’il conserve jusqu’en 1815, date du retour de Louis XVIII. Grâce au soutien de député, il est nommé greffier en chef de la cour royale d’Aix jusqu’en 1830. Du 11 février 1808 à 1830, il exerce la fonction de membre de l’Académie des sciences, agriculture, arts et belles-lettres d’Aix et, de 1821 à 1830, celle de conseiller municipal. Il démissionne de tous les postes qu’il occupe en 1830 pour mieux se consacrer à sa passion : l’histoire.

En 1840, il reprend ses fonctions à l’Académie, est nommé greffier en chef de la cour royale d’Aix et entre, l’année suivante, à la Commission d’archéologie. Lorsque Louis-Philippe prend le pouvoir, il démissionne et s’adonne à l’étude et l’écriture de l’histoire d’Aix-en-Provence.

Par ordonnance royal du 20 septembre 1814, Ambroise Roux, fut autorisé à joindre à son nom, celui de sa mère, pour devenir Roux-Alphéran.

Il meurt le 8 février 1858, à l’âge de 82 ans, sans avoir obtenu aucune distinction pour son œuvre. Ce n’est qu’après sa mort qu’une rue du quartier Mazarin, la rue Longue-Saint-Jean, reçoit le nom de rue Roux-Alphéran, qu’elle porte toujours. Roux-Alphéran avait occupé, durant une partie de sa vie, une maison au n°9.

 

Œuvres et thèmes

Les historiens lui attribuent un gros manuscrit anonyme rédigé pendant les années sanglantes de la Terreur Blanche à Aix en Provence (1795-1798). Titré Journal historique de tout ce qui s’est passé de remarquable dans Aix, depuis le dimanche 26 avril 1795 jusqu’au dimanche 31 décembre 1797, pour servir à rédiger des mémoires, ce manuscrit raconte d’un point de vue royaliste les années mouvementées du Directoire à Aix.

En 1846-1848, il publie Les Rues d’Aix. Ses nombreuses œuvres sont conservées à la bibliothèque Méjanes, à Aix.
En 2013, Aix sous la Terreur vient d’être édité en deux tomes par les éditions Desbaumes, d’après les archives de la bibliothèque Méjanes d’Aix-en-Provence.