AIX-EN-PROVENCE (BOUCHES-DU-RHÔNE), AMBROISE-THOMAS ROUX-ALPHERAN (1776-1858), LES RUES D'AIX, RUE D'ITALIE (Aix-en-Provence), UNE HISTOIRE DE LA RUE D'ITALIE (Aix-en-Provence)

Une histoire de la Rue d’Italie (Aix-en-Provence)

La Rue d’Italie à Aix-en-Provence

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La rue d’Italie est une rue à sens unique, située entre les quartiers historiques Mazarin et Villeneuve d’Aix-en-Provence, dans les Bouches-du-Rhône, en France.

Origine du nom

La rue fut nommée en l’honneur des campagnes victorieuses de l’Empereur Napoléon Bonaparte en Italie.

Historique

La rue d’Italie peut s’enorgueillir d’être la plus ancienne de la ville (et une des plus vieilles rues urbaines de France). En effet, ce fut la première voie d’accès créée par prolongement de la Voie Aurélienne, au moment de la création de la colonie d’Aquae-Sextiae par le Général romain Sextius Calvinus, au iie siècle avant notre ère.

Au haut Moyen Âge, elle prit le nom de « chemin de Saint-Maximin ». Puis, l’église des chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem se trouvant sur son tracé (l’actuelle église Saint-Jean de Malte), elle s’appela « chemin de Saint-Jean ».

Dès le xve siècle, le lieu étant un passage important entre l’extérieur et l’intérieur de la ville, plusieurs auberges s’y trouvaient, dont : l’Auberge de Saint-Jean, l’Auberge Saint-Eloy ou encore l’Auberge du Grand Hiver. Dans une de ces auberges fut arrêté, en 1582, le Capitaine Anselme d’Avignon, accusé de trahison envers le roi Henri III. L’accusé fut transféré à la prison du Château d’If de Marseille puis y fut étranglé par un forçat turc qu’on avait fait pénétrer dans la prison pour achever la funeste commande.

Après le passage de Charles Quint en 1540 (qui tenta sans succès de prendre la ville), on fit démolir un manoir attenant à l’église Saint-Jean (ou Maison du prieur) pour y ériger des défenses. On fortifia également la tour Nord de l’église afin de renforcer le contrôle de ce passage. Plus tard, en 1671 un prieuré y fut construit par un dénommé prieur Viany, en lieu et place du mur défensif; prieuré qui devint, en 1838, le célèbre Musée Granet.

À l’agrandissement de 1646 (qui vit notamment le Cours Mirabeau se percer) le chemin devint la « rue de la Porte Saint-Jean ».

Bâtiments remarquables et lieux de mémoire

Les immeubles des no 23 à 33 ont été bâtis sur l’emplacement d’un ancien Hôpital de la communauté de Saint-Jean de Jérusalem et de l’église N-D de la Pitié, construits au Moyen Âge.

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Oratoire_rue_d'Italie_et_clocher_de_l'église_Saint-Jean-de-Malte,_Aix-en-Provence,_France

Oratoire rue d’Italie et clocher de l’église Saint-Jean de Malte

 Personnalités liées à la rue d’Italie

Le célèbre sculpteur Joseph Marius Ramus naquit dans la partie nord de cette rue. Le comte de Forbin, directeur des musées royaux, disait à son sujet: « Marseille a son illustre Puget, nous pensons avoir le nôtre dans ce jeune homme, s’il veut se donner de la peine ! »

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Les Rues d’Aix – Rue d’Italie

Les Rues d’Aix
ou recherches historiques sur l’ancienne capitale de Provence
par Roux-Alpheran en 2 tomes 1848 et 1851

 

CETTE rue, l’une des plus populeuses et des plus passagères de la ville, est bâtie sur l’Emplacement qu’occupait anciennement le chemin public conduisant à Saint-Maximin et à Toulon. On l’appela d’abord la rue Saint-Jean et quelquefois de la Porte-Saint-Jean. Après les glorieuses campagnes des armées françaises en Italie, sous le commandement de Bonaparte, en 1796 et années suivantes, on lui donna le nom de rue d’Italie, pour éterniser le souvenir des exploits du jeune héros.
Avant qu’elle n’eût été renfermée dans la ville, il existait là un faubourg où se trouvaient plusieurs hôtelleries, soit à la droite, soit à la gauche du chemin, telles que celles de Saint-Eloy, du Grand-Hiver et autres. C’est dans l’une d’elles que fut constitué prisonnier, en 1582, le capitaine Anselme, d’Avignon, suspecté de haute trahison envers le roi Henri III.
Anselme s’était distingué au siège de La Rochelle en 1573, et le roi lui avait confié le commandement de son infanterie dans le marquisat de Saluces, sous le maréchal de Bellegarde. Celui-ci ayant voulu se rendre indépendant de l’autorité royale dans ce marquisat, mourut empoisonné en 1579, et Anselme qui l’avait aidé dans sa conspiration s’enfuit précipitamment à Avignon. Ce n’est point ici le lieu de parler de cette téméraire entreprise de Bellegarde, sur laquelle le savant M. Secousse, de l’académie des inscriptions et belles-lettres, a publié un mémoire historique et critique curieux et intéressant. 1
Anselme continua dans sa retraite, de donner quelques ombrages au roi. On l’accusa de s’être lié sourdement avec les mécontents qui étaient fort nombreux en Provence et d’avoir voulu autrefois livrer Avignon au maréchal de Bellegarde ; ayant résolu de se disculper de ce soupçon, il fit demander par le chevalier de Crillon, au grand-prieur de France Henri d’Angoulême, gouverneur de Provence, un sauf-conduit pour venir le voir aux cabannes de Berre, où le grand-prieur se trouvait en ce moment. Celui-ci répondit qu’il se rendrait le jeudi suivant à Salon où Anselme pourrait venir en toute sûreté. Ce même jour jeudi, le prince reçut une lettre du roi qui lui donnait ordre de se défaire de cet homme turbulent et dangereux ; aussi, ayant attendu vainement le coupable tout le jour, il partit le lendemain pour Marseille, paraissant ainsi ne pas manquer à sa parole. Anselme ne le trouvant plus à Salon, courut après lui, et passant à Aix, il fut arrêté par le colonel Alphonse Ornano, assisté du viguier et des consuls. On le fit partir sur le champ pour le Château-d’If, près de Marseille, où un nommé le Picard, valet de chambre du grand-prieur, conduisit un forçat turc qui, sans autre forme de procès, étrangla le malheureux prisonnier. On jeta son corps par la fenêtre en publiant qu’il avait voulu s’évader et tout fut fini. 2
Cette cruelle exécution excita néanmoins bien des murmures, et le roi, pour les faire cesser, adressa des lettres-patentes au parlement, datées du mois de décembre 1582, et enregistrées le 10 janvier suivant, par lesquelles il imposa silence au procureur-général et à tous autres, à ce sujet. Si M. Secousse et son continuateur avaient connu cette pièce, ils l’auraient sans doute publiée. La voici telle que nous l’avons copiée sur les registres du parlement, déposés au greffe de la Cour royale de cette ville. 3 Nous en conservons l’orthographe qui nous paraît celle du greffier qui l’a transcrite, plutôt que l’orthographe de la chancellerie de France.
 » HENRY, par la grace de Dieu, roy de France et de Pollongne, comte de Prouvence, Forcalquier et terres adjacentes, à tous présents et avenir sallut. Aulcunes très nécessaires et très importantes occasions que nous réservons à nous-mêmes pour le bien de nostre estat et particulièrement qui concernoyent la conservation et seureté de nostre pays de Prouvence et des villes et places d’icelluy, nous ont raisonnablement meus à commander et enjoindre très expressément à nostre très cher et très amé cousin 4 le grand-prieur de France, gouverneur et nostre lieutenant-général en nostre pays de Prouvence, se saisir de la personne du feu capitaine Anselme, lequel accompaigné de très grande ingratitude et meschancetté, au lieu de recognoistre nostre singulière faveur et bénignité de laquelle nous avoist pleu user en son droict, obliant ses actes pernitieux et trahisons notoires et qui ont tant apporté tant de dommaiges à nostre estat, s’estoyt plongé de plus en telles meschancettés comme il nous est deubement et clairement appareu qu’il perséveroyt obstinément et estoyt sur le point et éxécution de ses dernières trahisons et dessaings très pernitieux et intollerables, de manière qu’il a esté plus que nécessaire et avons commandé de le faire arrester et chastier promptement ainssins qu’il a esté de naguieres en nostre Chasteau-d’If-lez-Marseille dont nous avons contentement ; et combien que telle action sou appreuvée de nous et tous gens de biens et ne soyt aulcunement besoing que nous rendions aultre tesmoignaige en cest endroict, néantmoings a ce qu’il n’y ayt aulcung doubte de nostre dernière intention et qu’ores et à l’advenir elle soyt de plus en plus notoyre à ung chascung, avons dict et disons par ces présentes que la prinse et éxécution dudit capitaine Anselme a esté faicte comme dict est de nostre très exprès commandement et ordonnance, déclairant que nostre dict cousin le grand-prieur et lieutenant-général, le sieur Alphonse d’Ornano, colonnel des Corses, le viguier et consuls d’Aix, et tous ceulx qui soubs luy s’en sont entremis, ont le tout faict en obeyssance et exécution de nostre dict très estroyt commandement et ne pouvoient ny debvoyent aultrement faire sur peyne de nostre rigoureuse indignation, à l’occasion de quoy nous les avons ores et pour l’advenir entant que besoing seroyt quittés et deschargés à pur et à plain, quittons et deschargeons par ces présentes signées de nostre main de tout ce que leur pourroit estre… au contraire pour le faict dessus dict circonstances et dépendances ; imposant silence perpétuel tant à nostre procureur-général que tous aultres, comme pour faict d’estat dont le commandement et éxécution est émané de nostre personne pour le bien d’icelle et de nostre dict estat, sans que aulcun autre en puisse ne doibve entrer en cognoyssance. Sy donnons en mandement, etc. Donné à Paris, au mois de décembre, l’an de grâce mil cinq cent quatre-vingt et deux et de nostre règne le neufviesme. Signé HENRY, et sur le reply, par le roi, comte de Prouvence, de Neufville, et scellées du grand sceau de cire verte à lacs pendants de soye verte et rouge. « 

Nous avons dit en parlant de la rue du Louvre, qu’au coin à droite en entrant dans ladite rue et par conséquent à gauche de celle d’Italie, existait autrefois la chapelle de Notre-Dame des Anges, démolie en 1750.
Elle avait été donnée aux Pères Servites en 1515, avec quelques terres comprises actuellement en forme de triangle, entre les deux rues que nous venons de nommer et celle du Roi. Lorsque l’empereur Charles-Quint vint en Provence en 1536, à la tête de l’armée qui devait, disait-il, conquérir la France, le couvent que les Servites avaient construit fut abattu ainsi que leur chapelle de Notre-Dame des Anges comme pouvant servir de fortifications à l’ennemi, et après la retraite de l’empereur, la ville voulant dédommager les religieux de l’établissement qu’elle leur avait enlevé pour sa sûreté, leur remit l’ancien hôpital Saint-Antoine, situé dans l’intérieur de la cité. 5 La chapelle seule de Notre-Dame des Anges fut rebâtie peu après cette époque pour subsister encore pendant environ deux siècles.
Les habitations voisines de cette chapelle ayant considérablement augmenté après la cessation des troubles de la Ligue, il fut question, en 1615, de renfermer ce faubourg dans la ville, ainsi que l’église de Saint-Jean ; mais plusieurs oppositions ayant eu lieu, notamment de la part d’Anne de Naberat , prieur de Saint-Jean, 6 ce projet demeura sans exécution et ne fut repris que trente ans plus tard, lors du neuvième agrandissement qui nous occupe, et nous poursuivrons la revue de la rue d’Italie telle qu’elle existe depuis cet agrandissement.

Vers le centre de sa ligne orientale et presque en face de l’entrée de la rue Cardinale, est une petite maison à deux croisées de façade seulement, portant le n° 33, à jamais recommandable par la naissance d’un saint confesseur de la foi de Jésus-Christ, qui y vit le jour le 20 octobre 1740.
Jean-François-Xavier Roux, duquel nous allons parler, était fils de Jean-Michel Roux, maréchal-ferrant, et de Marie-Thérèse Tassy ou Taxis, car ce dernier nom est écrit indifféremment d’une ou d’autre manière dans les actes de cette famille. Destiné de bonne heure à l’état ecclésiastique, il fit sa profession religieuse dans le couvent des Augustins réformés de cette ville, qui occupaient, avant la révolution, l’ancien ermitage de Saint-Pierre, situé à quelques cents pas hors la porte Saint-Jean, au midi du bâtiment des casernes. C’est alors qu’il prit le nom de Père Régis, en l’honneur du Saint auquel il avait une grande dévotion. Après avoir été supérieur de son couvent, il fut élu provincial de son ordre et il en exerçait les fonctions au moment de la révolution. S’étant refusé à prêter le serment prescrit par la constitution civile du clergé, décrétée par l’assemblée nationale constituante, et tous les ordres religieux ayant été supprimés, le P. Régis se retira à Lyon où il espérait se mettre à couvert des persécutions qui le menaçaient dans sa patrie. Après le siége mémorable que cette ville soutint contre les républicains, en 1793, il fut rencontré dans les rues de Lyon par un jeune homme d’Aix dont il connaissait les parents et à qui il avait fait faire sa première communion quelques années auparavant. Ne pouvant se flatter de n’en être pas reconnu malgré son changement de costume, il l’aborda amicalement et s’étant informé de sa santé et de celle de toute sa famille, il lui offrit les secours pécuniaires dont il pouvait avoir besoin.
Loin d’être touché de l’accueil cordial qui lui était fait, le malheureux jeune homme, égaré par la fièvre révolutionnaire qui faisait alors délirer la plupart des têtes, courut aussitôt dénoncer le P. Régis comme prêtre réfractaire et le jour même le saint, ecclésiastique fût emprisonné.
Quelques amis que son caractère doux et honnête lui avait fait à Lyon, s’intéressèrent à son sort et parvinrent à obtenir de la commission révolutionnaire qui envoyait chaque jour tant d’innocentes victimes à la mort, que le P. Régis serait relâché si, lors de son interrogatoire qu’on promettait de ne pas pousser bien loin, il voulait répondre qu’il n’était pas prêtre et qu’il ne l’avait jamais été. Les amis vinrent dans sa prison lui faire part de cet expédient qui seul pouvait le sauver mais il se refusa courageusement à de pareilles offres, déclarant que jamais il ne renierait la foi de Jésus-Christ, et qu’il préférait la mort à la damnation éternelle.
En effet, ayant été traduit devant le tribunal, le dimanche 15 décembre 1793, et le président lui ayant demandé quelle était sa profession, il répondit d’une voix ferme qu’il était prêtre, se bornant à établir sa défense sur ce que les lois ne punissaient de mort que les prêtres qui, ayant refusé le serment et étant sortis de France, y seraient rentrés. Tout fut inutile ; il fut condamné et le lendemain sa tête tomba sous le fer des bourreaux. 7
Ramené dans les prisons après sa condamnation, il avait écrit à son frère, avocat à Aix, 8 la lettre qu’on va lire et que nous avons copiée sur l’original que sa famille conserve religieusement. Ce frère qui n’est mort qu’en 1820, était alors fugitif comme la plupart des honnêtes gens qu’on n’avait pas emprisonnés; c’est pourquoi la lettre porte l’adresse de la dame Passot, leur sœur.

 » Mon cher, je préfère donner la nouvelle glorieuse de ma mort prochaine, à vous, mon bon ami, qu’à tout autre, et je préfère vous l’annoncer moi-même que si vous l’appreniez par tout autre. Oui, mon cher, ce ne sera pas une mort pour moi, mais un commencement de vie, et j’espère que Dieu acceptera mon sacrifice, sacrifice que je fais bien généreusement. C’est uniquement pour n’avoir point prêté de serment, ni le premier, ni le second, que je suis condamné, contre les loîx même existantes, puisque la peine de mort n’étoit prononcée que contre les fonctionnaires publics qui étant sortis du royaume y rentreroient, et que la peine de la déportation étoit infligée à ceux qui refuseroient le second. Je n’ai pas porté les armes ni ne me suis point troublé dans la ville rebelle pendant tout le temps du siége. Je me suis bien défendu. J’ai cité les décrets, on n’a rien voulu entendre. Nous nous trouvons cinq prêtres condamnés dans cette fournée et j’espère avec impatience le jour de demain pour consommer mon sacrifice. Je vous exhorte, mon cher, par l’amitié que vous avez pour moi, et en même temps toute la famille, de vous réjouir et non de vous attrister de ma mort. Elle m’honnore et vous honnorera tous. Adorons les décrets de la divine providence. Je serois au désespoir d’avoir mérité la mort par mon imprudence. Je n’ai rien à me reprocher. C’est ici pour moi un baptême de sang. Il achèvera, je l’espère, d’expier mes fautes et mes pêchés. Je vous promets que je ne vous oublierai point devant Dieu, tous tant que vous êtes. Je vous dis donc les derniers adieux, à vous, à toute la famille et à tous mes amis. Bon soir, je vous embrasse.
Ville-Affranchie, 25 frimaire an II de la Rép. franç.
J’espère qu’on vous fera passer l’argent qui me reste. Il est en bonne main.  »
Sur l’adresse, il est écrit de la même main du P. Régis :
 » A la citoyenne Passot, rue des Cordeliers à Aix, département des Bouches-du-Rhône.  »
On voit encore sur l’adresse le timbre de la poste.
On sait que lorsque Lyon fut pris par l’armée républicaine, la Convention nationale décréta que cette ville porterait désormais le nom de Ville-Affranchie, puis celui de Commune-Affranchie. On sait aussi que, suivant le calendrier républicain, le 25 frimaire de l’an II correspondait au 15 décembre 1793. Le P. Régis, en adoptant cette dénomination de Ville-Affranchie et la date de frimaire, avait en vue de ne point compromettre sa sœur, dans le cas où sa lettre étant décachetée à la poste, les mots de décembre et de Lyon auraient suffi pour faire emprisonner, comme suspecte, la personne à qui elle était adressée, peut-être même pour la faire envoyer à la mort ; car à cette époque de la terreur, la prison ou l’échafaud ne tenaient pas plus qu’à cela.

En avançant sur la même ligne, vers la porte Saint-Jean ou d’Italie, en face de la rue Longue-Saint-Jean, est située la maison où est né, le 19 juin 1805, Joseph-Marius Ramus, habile statuaire, qui, jeune encore, jouit à Paris d’une réputation justement méritée. Feu M. le comte de Forbin, son compatriote, directeur des Musées Royaux sous la restauration, disait de lui, il y a plus de vingt ans :  » Marseille a son illustre Puget nous pourrons avoir le nôtre dans ce jeune homme, s’ il veut se donner de la peine.  » M. Ramus est l’auteur des deux belles statues en marbre de MM. Portalis et Siméon inaugurées au mois de novembre dernier en avant du Palais de Justice d’Aix, et dont l’exécution ne peut qu’ajouter à la réputation de cet artiste. Il était présent à la cérémonie, au milieu de tous les descendants actuellement vivants de ces illustres Provençaux, venus expressément de Paris pour y assister.

En 1651, le marquis d’Aiguebonne de la maison d’Urre, fut envoyé par le roi pour commander en Provence en absence du comte d’Alais, gouverneur, qui avait été rappelé à la cour à la suite des troubles du Semestre. Le comte de Carces, Jean II de Pontevès, était alors grand-sénéchal et lieutenant de roi en Provence ; mais il avait été mandé également à la cour et il se trouvait suspendu de ses fonctions. Jaloux de la commission donnée au marquis d’Aiguebonne et craignant pour sa propre autorité, il part en poste sans prendre congé du roi et arrive à Aix avant le marquis qui avait fixé sa résidence à la Tour-d’Aigues. Celui-ci veut enfin faire son entrée solennelle à Aix, ce qui donne lieu à des contestations et à des négociations dont le parlement se mêla et dont on peut lire les détails dans Papon 9 et quelques autres historiens du pays. Cependant le marquis se détermine à entrer dans Aix le 6 novembre, entouré de ses gardes. Arrivé à la porte de la ville, des cris se font entendre : arrête ! arrête ! et l’un des gardes est étendu par terre d’un coup de fusil. Ne se voyant pas en force suffisante, il se retire alors et va coucher à Roquevaire. Le gouvernement était trop faible à cette époque et l’affaire en resta là, la commission du marquis d’Aiguebonne ayant été révoquée au mois d’août de l’année suivante.

Lorsque le maréchal de Villars fit sa première entrée à Aix le 22 mars 1716, comme gouverneur de Provence, les consuls et assesseur, précédés de la compagnie des marchands, tous à cheval, allèrent à sa rencontre jusqu’à l’extrémité du territoire, et le parlement envoya au-devant de lui une députation composée de six de ses membres aussi à cheval et en robes noires, escortée par une cavalcade de plus de cent gentilshommes et par les cinq compagnie des arts et métiers, laquelle s’arrêta à la chapelle de Saint-Laurent, maintenant détruite et qui était située un peu au delà du couvent des Minimes, sur la route d’Avignon. Là le maréchal descendit de carrosse, les députés du parlement et les consuls mirent pied à terre et après quelques compliments de part et d’autre, tous ayant repris leurs places, le cortège vint entrer par la porte Saint-Jean où les consuls et assesseur étant de nouveau descendus de cheval, offrirent au gouverneur les clefs de la ville et le dais qu’il refusa. On alla, de là, directement à Saint-Sauveur, et après les prières d’usage, le maréchal se rendit à l’hôtel d’Eguilles où son logement avait été préparé. Le parlement en corps vint l’y voir aussitôt, escorté par la maréchaussée et fut reçu à la grande porte cochère par le capitaine des gardes et sur le seuil de la porte de l’hôtel par le gouverneur lui-même. Tous étant entrés dans l’appartement de celui-ci ; le premier président le harangua au nom de la cour, à quoi il répondit fort obligeamment et reconduisit ensuite la compagnie jusqu’en dehors de la porte de la rue. Le 26 du même mois, il rendit la visite au parlement rassemblé au palais où il fut reçu sur le perron par des commissaires de la cour. Entré dans la grand’chambre avec les consuls et assesseur et son capitaine des gardes, il prit la place du doyen et fit son compliment à la compagnie. Le premier président ayant répondu, il fit observer aux membres qui étaient les plus proches de lui, qu’au parlement de Paris, lorsqu’un duc et pair entrait, les autres ducs et pairs se levaient, ce qu’on n’avait pas fait à son arrivée. –  » Oui, lui dit-on ; mais les ducs et pairs se lèvent seuls et par courtoisie ; tandis que les présidents et les conseillers ne se lèvent pas.  » Il en convint et son observation n’eut pas de suite.10
La cour des comptes, aides et finances étant allée aussi le complimenter. –  » Vous avez vu beaucoup de choses, monsieur le doyen, dit le maréchal à Philippe de Meyronnet, conseiller depuis 1656. – Jamais rien d’aussi grand que vous, monseigneur, répondit celui-ci.  » La tradition porte également que dans sa première harangue au maréchal, l’assesseur d’Aix l’ayant comparé au grand Vendôme son prédécesseur au gouvernement de Provence, et ayant rappelé que celui-ci avait refusé le présent de vingt mille livres que les Etats du pays lui avaient offert lors de sa première entrée, le nouveau gouverneur lui répondit: –  » Ah ! monsieur, que parlez-vous de M. de Vendôme ! vous savez bien que c’était un homme inimitable.  » Aussi reçut-il, eu temps et lieu, le présent d’usage.

Sur la ligne occidentale de la même rue d’Italie, se termine le chœur de l’église Saint-Jean, masqué en partie, il est vrai, par une chétive maison qui fait face à la rue du Roi. Au-dessous, en arrivant par la porte de la ville, est une autre maison assez vaste, attenante à la sacristie de l’église et qu’on a coupée en deux parties inégales occupées aujourd’hui, l’une et l’autre, par des artisans.
C’était là l’ancien manoir des prieurs et des prêtres de Saint-Jean, avant que le prieur Viany eût fait construire, en 1671, la belle maison prieuriale qui leur a servi de demeure jusqu’à la révolution, dans la rue Cardinale.
Cette ancienne maison dont nous parlons, 11 avait été rebâtie, vers 1540, par le prieur Valentin Dubois, après l’irruption de l’empereur Charles-Quint en Provence, lors de laquelle la demeure des prieurs et le bourg Saint-Jean avaient été démolis. Elle était bordée au levant par le grand chemin et avait la vue de l’autre côté sur l’enclos de Saint-Jean, qui se terminait au midi vers le rempart actuel et au couchant vers la rue du Cheval-Blanc ou de la Monnaie, d’où il contournait dans la rue du Bœuf pour venir rejoindre le cimetière situé au nord de l’église.
La reine Marie de Médicis, fille du grand duc de Toscane, étant venue en France en 1600, pour épouser Henri IV, débarqua le 3 novembre à Marseille, où des fêtes magnifiques lui furent données, accompagnées de transports de joie inimaginables. 12 Hélas ! C’est ainsi qu’en 1816, débarqua et fut accueillie dans la même ville, comme à Aix et sur tout son passage jusqu’à Paris, l’infortunée duchesse de Berri, dont l’époux, plus malheureux encore, devait tomber, comme Henri IV, sous le poignard d’un assassin… Après quelque séjour à Marseille, la reine se mit en route et partit, le 16 du même mois, pour Aix, où l’attendaient de nouvelles fêtes et de nouvelles acclamations. Le mauvais état des chemins ne lui permit d’arriver que bien avant dans la nuit et elle vint descendre à la maison prieuriale de Saint-Jean, où elle coucha, ainsi que le connétable Henri de Montmorency et le chancelier de France, Pompone de Bellièvre, que le roi avait envoyés pour la recevoir.

La partie de cette ligne occidentale comprise entre la rue du Bœuf et la place des Carmélites, formait la majeure portion du faubourg Saint-Jean lorsqu’on fit le dessein d’enfermer celui-ci dans la ville en 1615. C’est là que demeuraient, à cette époque, notamment les Saurat, les d’Yse et les Maurel ou Morel qui, avons-nous dit plus haut, avaient fait construire à leurs dépens, le pont en pierre en dehors de l’ancienne porte Saint-Jean, qu’on appela de leur nom le Pont-Moreau.
Cette famille descendait d’un Pierre Maurel, médecin de Charles III d’Anjou, dernier comte de Provence de sa race, à qui ce prince légua ses livres de médecine par son testament du 10 décembre 1481, veille de sa mort. Les descendants de ce Pierre, ayant acquis des biens considérables dans le commerce et fait de très bonnes alliances, s’étaient divisés, vers le milieu du XVIIe siècle, en plusieurs branches toutes éteintes depuis lors et dont les principales avaient possédé huit ou dix terres nobles telles que Pontevès, Sainte-Catherine, Volonne, le Chaffaud, Mons, Valbonnette, Calissane et autres. Ces diverses branches avaient fourni un grand nombre de magistrats aux cours souveraines du pays, et celle qui était connue plus particulièrement sous le nom de Maurel ou Morel-Villeneuve de Mons, avait conservé, jusqu’après le milieu du XVIIIe siècle, la maison dont nous parlons, dans laquelle avaient vu le jour trois évêques distingués par leur mérite et leur piété :
Joseph de Maurel du Chaffaud, né le 17 octobre 1658; d’abord chanoine de Saint-Sauveur et conseiller-clerc au parlement, puis nommé évêque de Saint-Paul-Trois-Châteaux en 1715, sacré le 26 août à Saint-Saveur, en présence du parlement qui assista en corps à cette cérémonie. Ce prélat mourut à Aix, le 17 mars 1717, d’une maladie pour laquelle on lui avait ordonné de venir respirer l’air natal et qu’il avait contractée dans une mission générale qu’il donnait dans son diocèse pour le salut des fidèles confiés à ses soins.
Joseph-Rolin de Morel de Mons petit-neveu du précédent, né le 20 avril 1715, nommé, le 16 septembre 1738, à l’évêché de Viviers, lorsque François-Raynaud de Villeneufve, 13 son parent, fut transféré de ce siége à celui de Montpellier. Il était alors à peine âgé de vingt-quatre ans, ce qui prouve qu’il dut sa nomination autant à ses vertus personnelles qu’au souvenir de celles de son grand-oncle. Ses infirmités l’ayant contraint de se démettre de son évêché en 1778, il se retira à Avignon où il mourut en 1783.
Etienne-Martin-Balthazar-Parfait-André de Morel de Mons, neveu du précédent, né le 18 avril 1755, était chanoine de Saint-Sauveur avant la révolution et fut désigné comme évêque de Troyes à l’époque du Concordat conclu avec le Saint-Siége en 1802 ; puis nommé, en 1804, à l’évêché de Digne qu’il refusa. Nommé peu après évêque de Mende, il fut sacré le 21 avril 1805, et transféré de là à l’archevêché d’Avignon en 1821. Le roi Charles X le créa pair de France, mais il jouit peu de temps de cette faveur, étant mort à Avignon le 6 octobre 1830, de la douleur que lui causa la nouvelle révolution qui avait éclaté au mois de juillet précédent. C’était un homme de beaucoup d’esprit et d’un caractère très enjoué. Nous avons dit ailleurs 14 que son frère aîné, ancien avocat-général au parlement, et lui, furent les derniers mâles de cette famille.
Leur père étant allé habiter l’hôtel que sa femme possédait sur le Cours, vendit cette maison, située dans la rue d’Italie, à Joachim-Félix Pin, dernier trésorier-général des Etats de Provence qui, après l’avoir habitée honorablement pendant longues années, y est mort en 1805, et dont les descendants l’occupent encore. 15
Antoine d’Yse, procureur au siége d’Aix, habitait, dans le faubourg Saint-Jean durant les troubles de la Ligue, l’une des maisons qui suivent celle des Maurel en avançant vers la place des Carmélites. Il écrivit des mémoires fort curieux, dit-on, sur ce qui s’était passé de son temps à Aix ; mais ces mémoires, demeurés manuscrits, ont disparu, à l’exception de quelques fragments que Pierre Louvet a insérés dans son Histoire des troubles de Provence. Quoique le mauvais état de sa fortune l’eût contraint d’exercer un office de procureur, 16 il n’en appartenait pas moins à une très noble et très ancienne famille, qui possédait les terres de Monaco et de la Turbie dès le XIIIe siècle. Elle passa, à cette époque, à Naples, à la suite de Charles 1er d’Anjou, comte de Provence, qui allait faire la conquête de ce royaume, et elle revint ensuite à Marseille où elle tenait un rang honorable sous le roi René. Au commencement du XVIe siècle, deux frères, Thomas et Alonce d’Yse, firent deux branches. Celle de Thomas vint dès lors s’établir à Aix, où elle fut ensuite rétablie dans sa noblesse 17 et où elle s’est éteinte environ deux cent cinquante ans plus tard, en 1778 ; et celle d’Alonce alla s’établir en Dauphiné où elle a possédé diverses seigneuries telles que celles de Vaumeil, de Rosans, de Saléon et autres. Elle a fourni aussi plusieurs conseillers au parlement de Grenoble, un archevêque de Vienne et autres personnages de distinction. Nous ignorons si cette branche est éteinte, mais nous savons qu’il existait à Malte, lors de la prise de cette île par Bonaparte en 1798, un vieux chevalier d’Yse de Rosans, Dauphinois, qui, lorsqu’on lui demandait son avis sur les affaires du temps et sur l’issue qu’elles devaient avoir, avait coutume de répondre avec assez de bon sens : – Eh! Messieurs ; nous n’avons pas su prévoir hier ce qui est arrivé aujourd’hui ; comment voulez-vous dire ce qui arrivera demain ou plus tard ?

La rue d’Italie est terminée, d’un côté, par la porte de la ville dite de Saint-Jean, et de l’autre par la place des Carmélites. Nous ajouterons ici quelques mots à ce que nous avons dit plus haut en parlant de cette place. Au mois de novembre 1685, l’assemblée générale des communautés de la province tenue à Lambesc, délibéra de demander au roi la permission d’ériger dans la ville d’Aix, capitale de la Provence, une statue équestre et en marbre de Sa Majesté, au lieu et de la manière qu’il plairait au monarque lui-même de l’ordonner, comme un témoignage de l’amour de ses peuples pour sa personne. Louis XIV ayant agréé cet hommage, les consuls et assesseur d’Aix, en qualité de procureurs du pays, appelèrent auprès d’eux, au mois de janvier suivant, deux célèbres artistes : Pierre Puget, de Marseille, et Pierre Mignard, d’Avignon, auxquels ils demandèrent leur avis et des plans pour l’érection de ce monument. Ceux-ci indiquèrent le Cours comme le lieu le plus propre, et leur projet fut envoyé à Paris pour être soumis à Jules-Hardouin Mansart, architecte et surintendant des bâtiments du roi, qui y fit quelques changements, notamment celui de placer la statue non point au lieu où se voit aujourd’hui celle du bon roi René où existait déjà une fontaine, mais sur la place même des Carmélites, qu’on aurait à peu près doublée d’étendue en abattant l’île de maisons où est situé l’hôtel du Poët et qui fait face à une partie des allées du Cours. Ce plan, plus grandiose que l’autre, fut adopté par l’assemblée des communautés au mois de novembre 1686, qui ajouta à sa première délibération que la statue équestre du roi au lieu d’être faite en marbre serait coulée en bronze. L’exécution en fut confiée l’année suivante, conformément aux intentions du roi et moyennant le prix de 90,000 livres, à l’habile sculpteur hollandais, Vander Bogaert, dit Desjardins, qui venait d’ajouter à sa réputation par le monument de la place des Victoires à Paris, érigé aux dépens du maréchal de La Feuillade. L’ouvrage devait être terminé dans trois ans ; mais les charges qui pesaient sur la province augmentant successivement, le roi consentit lui-même à en renvoyer l’exécution à un temps meilleur et il n’en coûta au pays que 27,250 livres payées à Desjardins, pour les premiers travaux et les avances qu’il avait faits.
C’étaient les Adhémar de Monteil de Grignan qui avaient proposé cette dépense, plus jaloux de faire leur cour au roi que des intérêts de la caisse du pays. L’un était lieutenant de roi en Provence, un autre archevêque d’Arles, et un troisième coadjuteur de celui-ci. Ils étaient tout puissants et avaient en vue d’augmenter encore leur crédit à la Cour. Heureusement le monarque tint peu, à ce qu’il parait, à cette flagornerie d’une province qu’il écrasait bien assez par ses demandes de dons gratuits, d’entretien de troupes, etc. Peut-être aussi fut-il informé de l’état d’épuisement où les finances de la Provence se trouvaient à cette époque. Dans ce dernier cas, il est à regretter de ne pas connaître le nom du citoyen vertueux qui ne craignit pas de lui dire la vérité.

 

1 Paris, 1764, 1 vol. in-12, auquel le marquis de Cambis-Velleron, d’ Avignon, a fait des additions très importantes concernant l’histoire de Provence pendant le XVIe siècle, Paris, 1767, autre vol. in-12. Retour

2 Voyez les Mémoires manuscrits de Maurillan, déjà cités dans notre 1er vol., pag. 504, note 1Retour

Registre des Lettres-Royaux, de 1583 à 1587, fol. 22 et suiv. Retour

4 Le grand- prieur était frère naturel du roi qui ne lui donnait que le titre de cousin, eu égard à sa qualité de gouverneur de Provence. Retour

5 Voyez notre 1er vol., pag. 212Retour

6 Registre intitulé: Vita de Naberat, manuscrit in-fol. de 169 feuillets, en notre pouvoir, en entier de la main de ce prieur, et par lui clôturé et signé, à Aix, le 19 novembre 1619 ; fol. 111, 113, 119, etc. Retour

7 Dans le Dictionnaire des individus envoyés à la mort judiciairement, pendant la révolution, par L. Prudhomme, Paris, an IV, tom . II, pag..365, on lit que Roux (Jean-François-Xavier), âgé de cinquante-trois ans, prêtre réfractaire, condamné à mort, le 26 frimaire an II, par la commission révolutionnaire de Lyon, était natif de Duerne, près d’Yzeron (dans le Lyonnais). C’est une erreur. Mais à qui l’attribuer ? à Prudhomme ou à la commission révolutionnaire ? On sait que ces tribunaux attachaient peu d’importance aux menus détails de leurs jugements. Leur grande affaire était de condamner et de condamner promptement le plus d’individus qu’ils pouvaient. La date du 26 frimaire est également erronée, puisque la lettre écrite par le Père Régis après son arrêt de mort porte la date du 25. Retour

8 Jean-Joseph Roux, né en 1737, a publié des observations polémiques sur le premier des opuscules de M. Dubreuil, etc., intitulé : Observations sur quelques coutumes et usages de Provence, recueillis par Jean de Bomy. -Aix, Mouret, 1817, in-4° de plus de 600 pages. Retour

Hist. gén. de Provence, tom. IV, pag. 539 et suiv. ;-H. Bouche, Histoire de Provence, tom. II, pag. 971; – de Haitze, Hist. d’Aix, msste, livre XIX, § 41 ; etc. Retour

10 Procès-verbal des commissaires du parlement, en original en notre pouvoir. Retour

11 M. Pellegrin, ancien avoué, à qui elle appartient aujourd’hui, nous a témoigné plusieurs fois son regret d’avoir fait détruire les sculptures qui en ornaient la porte d’entrée, pour la refaire à la moderne. Ces sculptures portaient en effet le cachet de l’architecture de la première moitié du XVIe siècle. Retour

12 On lit dans le journal manuscrit de Foulque Sobolis, procureur au siège d’Aix, le passage suivant :  » Le dimanche 29 octobre (1600) matin, environ une heure après minuit, le grand logis de M. des Pennes, qui était au chemin allant à Marseille est tout tombé hormis les murailles-maîtresses, et a tué gens et bestes, environ vingt-cinq ou trente, tant gens de qualité que muletiers, et n’est échappé que Maurel, sergent, fort blessé ; Olivier, mort et autres. La cause est advenue par le moyen de la tempeste et foudre qu’est tombée du ciel audit logis. Lesdits gens allaient à Marseille à la venue de la reyne.  » On couchait alors en route, lorsqu’on allait d’Aix à Marseille. Dans le dernier siècle, on dînait à mi-chemin, et l’on arrivait le soir. Maintenant on va en deux ou trois heures de temps. Bientôt on ira en quelques minutes, grâce aux chemins de fer et à la vapeur. Retour

13 Voyez notre 1er vol., pag. 262Retour

14 Voyez ci-dessus, pag. 178Retour

15 Parmi les fils de feu M. Joachim-Félix Pin, nous comptions deux de nos meilleurs amis que nous eûmes le malheur de perdre en la même année 1843 à peu de mois d’intervalle l’un de l’autre : Joachim-Xavier-Blaise, dernier conseiller reçu à la cour des comptes de Provence, avant la révolution, et Bruno-Félix-Jacques. Nous parlerons plus bas de leur sœur morte en 1829, étant prieure du monastère royal du Temple à Paris. Retour

16 Les procureurs étaient, avant la révolution, ce qu’on nomme aujourd’hui les avoués. – En face de cette ancienne maison des d’Yse, est né, deux cents ans plus tard, à la fin d’octobre 1783, l’un des plus étonnants funambules qui aient paru en France et même en Europe, dans les vingt premières années de ce siècle : Gabriel Ravel dit l’incomparable, auquel les célèbres danseurs de Paris, Vestris et Duport, adjugèrent le prix, vers 1806, sur Forioso qui passait alors pour le premier talent en ce genre. Retour

17 Nous possédons dans nos recueils l’original sur parchemin des lettres-patentes de relief de noblesse, accordées, le 21 janvier 1676, en faveur de Marc-Antoine d’Yse, enregistrées aux archives du roi, à Aix, suivant l’arrêt de la cour des comptes du 30 juin 1677. Retour

 

Caprice de l’histoire : l’église Saint-Jean-de-Malte se trouve pour ainsi dire au centre de deux rues qui portent des noms que tout oppose : la rue d’Italie en l’honneur de Bonapartate à son retour d’Italie (celui-là même qui enleva les cloches de l’église pour en fabriquer des canons) et la rue Cardinal en l’honneur  du cardinal Mazarin qui fut archevêque d’Aix.

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AIX-EN-PROVENCE (BOUCHES-DU-RHÔNE), AMBROISE-THOMAS ROUX-ALPHERAN (1776-1858), CHEVALIERS DE L'ORDRE DE MALTE, CHRONOLOGIE DES PRIEURS DE L'EGLISE SAINT-JEAN, EGLISE SAINT-JEAN-DE-MALTE (Aix-en-Provence), HISTORIEN FRANÇAIS, ORDRE DE MALTE, ORDRE DES HOSPITALIERS DU SAINT-ESPRIT, PAROISSE SAINT-JEAN-DE-MALTE (Bouches-du-Rhône)

Chronologie des prieurs de l’église Saint-Jean par Ambroise Roux-Alphéran

 

CHRONOLOGIE DES PRIEURS DE L’ÉGLISE DE SAINT-JEAN,

Sceau_des_Grands_Prieurs_des_St_Gilles_au_XIIIeme_siècle.

Chapelains conventuels de l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem. 1

 

Frère DIDIER vivait en 1251, lors de la consécration de l’église et mourut en 1264. C’est le plus ancien prieur dont on ait connaissance, car nous n’admettons pas qu’il ait été le premier. Les Hospitaliers étaient alors établis à Aix depuis environ un siècle, et puisqu’ils avaient bâti une chapelle avant la construction de l’église actuelle, les prêtres qui la desservaient devaient avoir un chef qui portait probablement le titre de prieur. Didier est représenté la mitre en tête sur le principal bas-relief du tombeau des comtes Alphonse II, et Raymond-Bérenger IV, qu’on voit à Saint-Jean.

  1. RAYMOND ISNARDI, élu en 1264, mort en 1276. Le prieur de Naberat se sert constamment du terme d’élu tant à l’égard d’Isnardi qu’à celui de ses successeurs, et c’est avec raison, puisqu’alors ils étaient nommés et choisis par les autres religieux composant la communauté. Le commandeur d’Aix, chef de la maison, approuvait ce choix, ce qui a eu lieu jusqu’au milieu du XVe siècle. Depuis cette dernière époque, les commandeurs nous paraissent s’être arrogés le droit de nommer eux-mêmes les prieurs, sauf quelques exceptions que nous fairons connaître
  2. BERTRAND LANCE, élu en 1276, mort en 1288. Naberat place à la suite de ce prieur, un Guillaume de Villars qui n’est autre que Guillaume de Villaret alors grand-prieur de Saint-Gilles et depuis grand-mitre, duquel nous avons parlé plus haut. Aussi de Haitze, qui sans doute avait reconnu l’erreur, ne fit-il aucune mention de ce Guillaume de Villars comme prieur.
  3. ANDRÉ BAROLI, élu en 1288, mort en 1299. Ce prieur a été omis dans le prétendu catalogue publié par l’historien moderne de Saint-Jean, dans le tome V des Mémoires de l’Académie d’Aix(pag. 301), où sont également omis les trois suivants.
  4. PIERRE DE MALAMORT, élu en 1299, mort en 1312. En 1306, F. Dragonet de Montdragon, grand-prieur de Saint-Gilles, fit en personne la visite de l’église et du prieuré de Saint-Jean et fit dresser un inventaire des reliques et objets qui se trouvaient dans la sacristie, parmi lesquels existaient déjà la mitre et la crosse en ivoire dont parle de Haitze dans ses Curiosités d’Aix, pag. 169. Cet inventaire fut fait en présence des frères de l’Ordre dont les noms suivent et qui desservaient l’église à cette époque, savoir : les frères Pierre de Malamort, prieur, Jean Picard, Pierre de Roquebrune (Rocabruna), Jean Folquerii, Rostaing de Fracha, Jacques Magne, Vincent de Chalansono, Raymond Sorloqui, Guillaume de Aludya , Raymond Simon, Raymond de Bouc (de Buco) et Jean Colombeti. Acte reçu par Guillaume Estienne, notaire institué par Chartes II, roi de Naples, comte de Provence, etc. 2
  5. VINCENT VERRIER , élu en 1312, mort au plus tard en 1322.
  6. PIERRE de CURISIO, élu vers 1322, mort au plus tard en 1328. Ce prieur est inconnu, à l’auteur dont nous parlons dans la pag. précédente, comme il l’a été à Naberat et à de Haitze.
    Nous avons trouvé dans les titres du prieuré (sac B., n° 8), découverts par le prieur Viany, un demi siècle après la mort de Naberat, un acte du 8 août 1322, passé devant Guillaume Cavaleri, notaire, par lequel Pierre de Curisio, prieur de Saint-Jean, permet à Jean Pagani de convertir en vignoble une terre labourable située au terroir d’Aix, quartier de Casanova, qui supportait une redevance à l’église de Saint-Jean, et ce en présence et du consentement de F. Geoffroi Rostang, commandeur d’Aix, ce qui nous autorise à placer ici ce prieur dans notre chronologie.
  7. JACQUES DE CLERIO, chapelain du grand-maître Hélion de Villeneuve, fut nommé prieur par ce prince en 1328, et mourut en 1347. De son temps eut lieu la réformation du prieuré par le même grand-maître, que nous avons rapportée plus haut, et frère Isnard de Albarno, grand-prieur de Capoue et commandeur d’Aix, fonda dans l’église de Saint-Jean la chapelle des onze mille vierges. C’est ce commandeur que l’historien moderne de Saint-Jean a pris pour un prieur et qu’il a compris comme tel dans son prétendu catalogue sous les noms d’Isnard de Grasse, entre Jacques de Clerio et Pierre Curti. Le prieur de Clerio fit dresser, en 1333, un inventaire des reliques et du mobilier qui existaient dans la maison de Calissane, dépendante du prieuré de Saint-Jean. 3Parmi les reliques se trouvait une caisse en cristal renfermant la chemise de la bienheureuse vierge Marie, au sujet de laquelle chemise on peut voir : 1° l’arrêt du parlement d’Aix, du 8 juillet 1683, en faveur du prieur de Saint-Jean, Viany, à qui cet arrêt adjuge la moitié des offrandes faites à cette sainte relique ; 2° le Dictionnaire géographique de la Provence, par Achard, au mot Berre, pag. 338 ; 3°et la Statistique de la ville de Berre et de son terroir, par M. Porte, pag. 73 et 74.
  8. BERTRAND AUDIBERT, chapelain du grand-maître Dieudonné de Gozon, fut nommé par celui-ci prieur de Saint-Jean, le 5 octobre 1347, et mourut en 1352. Il a été encore inconnu à l’historien moderne de Saint-Jean qui l’a omis dans son prétendu catalogue, de même que les cinq prieurs qui suivent.
  9. JEAN TRIPOLI, élu en 1352, mort en 1355.
  10. HUGUES DE ALERIO, élu en 1355, mort en 1375. Il est appelé de Clerio dans quelques titres, probablement par erreur.
  11. PIERRE AYCARDI, élu en 1375, mort en 1401. Sous lui le nombre des prêtres desservant l’église de Saint-Jean fut réduit à douze, attendu l’insuffisance des revenus, occasionnée par les guerres qui désolèrent la Provence pendant le règne de la reine Jeanne et celui des premiers comtes de la seconde maison d’Anjou. De son temps encore , F. Bernard Grassi, l’un des prêtres de Saint-Jean, fut élu grand-prieur de l’église de Rhodes, ainsi que nous l’avons dit ci-dessus d’après Naberat. 4
  12. RAYMOND ROSTINI, élu en 1401, mort en 1404.
  13. ROSTANG MALIPILI, élu en 1404, mort en 1408.
  14. PIERRE CURTI, était curé de la paroisse Saint-Sauveur d’Aix, 5lorsqu’il fut nommé prieur de Saint-Jean en 1408. Il mourut en 1434 et non en 1424 comme le disent Naberat et de Haitze, car on trouve dans les archives du prieuré une foule d’actes de reconnaissances passés en sa faveur dans le courant des années 1427, 1432 et 1433. Il assista au chapitre général de l’Ordre tenu dans son église en 1410, sous le grand-maître Philibert de Naillac. 6Il parait que c’était un saint personnage, puisque après sa mort, son portrait fut placé sur l’autel de la chapelle de Saint-Barthélemy où il se trouvait lors de la visite de 1613. 7 Ce portrait existait encore dans la sacristie de Saint-Jean au moment de la révolution et a disparu depuis. Le prieur Curti y était représenté à genoux, en robe et en manteau long, marqué d’une croix sur l’épaule gauche, sans colet, ayant la tête rase et une couronne de cheveux.. Tel était le costume des prieurs de Saint-Jean dans leur église, avant qu’ils prissent le camail.
  15. MATHIEU HONORAT, d’une famille d’Aix aujourd’hui éteinte, qui avait donné plusieurs consuls et deux conseillers au parlement au XVIIe siècle et possédé la seigneurie de Porcieux, fut nommé prieur de Saint-Jean le 27 janvier 1434 (Lantelmi, notaire), et non en 1424 comme le disent Naberat, de Haitze et l’historien moderne de Saint-Jean, par frère Elzéar de Glandevès, bailli de Manosque et lieutenant du grand-prieur de Saint-Gilles frère Bertrand d’Arpajon, avec le consentement des autres religieux desservant l’église. Il mourut en 1462.
  16. ANTOINE HONORAT, neveu du précédent, lui succéda en 1468, après six ans de vacance du prieuré, et mourut en 1472.
  17. HUGUES ARBAUD, fils de noble Arbaud d’Arbaud, premier syndic d’Aix en 1428, 8nommé par le pape Paul II, en 1470, mourut en 1483, suivant Naberat et de Haitze. Nous remarquerons encore ici une inexactitude de ces auteurs qui font élire ce prieur suivant les formes ordinaires en 1482 seulement. C’est qu’ils ne connaissaient pas, sans doute, la bulle du pape en date des ides de janvier 1469 (v. st.) qui commet Bérenger de Rupe, chanoine official de l’église cathédrale de Marseille, pour l’exécution d’une autre bulle en date du même jour, portant collation du prieuré de Saint-Jean vacant par le décès de F. Mathieu Honorat, en faveur de Hugues Arbaud ; lesdites bulles suivies de la procédure faite à ce sujet à Aix, dans la maison de noble Jean Gastinelli, le 22 juin 1470, en présence de magnifique Palamède de Fortin, seigneur de Soliès, et de Pierre de Guiramand, seigneur de La Pène. Il y a apparence que Hugues Arbaud, quoique nommé par le pape, ne voulut ou ne put prendre possession qu’en 1472, après la mort d’Antoine Honorat pourvu légalement depuis 1468 et antérieurement aux bulles du pape. 9
  18. GUILLAUME DE RONCHINOL, natif de Mâcon dans la langue d’Auvergne, fut nommé, en 1483, par honoré de Pontevès, seigneur de Bargème, en qualité de procureur fondé de frère Antoine de Pontevès, commandeur d’Aix, son frère, lequel approuva cette nomination le 24 septembre de la même année. 10Le grand-prieur de Saint-Gilles, Préjan de Pidoux, partant pour Rhodes au mois de mars 1518, l’établit son vicaire-général. 11Il parait qu’étant tombé malade, il se démit du prieuré en 1526 et alla mourir à Montpellier en 1528.
  19. FRANÇOIS LARISSE, l’un des quatre chapelains du grand-maître, Philippe Villiers de l’Isle-Adam, fut nommé par lui le 22 septembre 1526, lorsque le gouvernement de l’Ordre résidait momentanément à Nice après la perte de l’île de Rhodes. Il mourut en 1530, suivant Naberat et de Haitze, car l’historien moderne de Saint-Jean ne fait aucune mention de lui, non plus que de Hugues Arbaud nommé plus haut.
  20. VALENTIN DUBOIS (de Bosco), élu en 1530, mourut le 22 juillet 1555. Il était auparavant chanoine régulier de Saint-Ruf, et il appartenait à une famille noble alors établie en Savoie, transplantée depuis à Apt en Provence, où elle est plus connue sous le nom de Saint-Vincent, ce qu’on prouve par le sceau de ce prieur apposé au bas de diverses pièces signées de lui et conservées aux archives du prieuré. On voit sur ce sceau deux lances posées en sautoir qui sont les armes de la famille Dubois de Saint-Vincent. L’historien moderne de Saint-Jean place l’avènement de Valentin Dubois à l’année 1555 qui est celle de sa mort, et le fait succéder à un Géraud Dubois qui n’a jamais été prieur. Ce Géraud ou plutôt Giraud, était frère de Valentin et tous les deux, membres de l’ordre de Saint-Jean, étaient les neveux de F. Poncet d’Urre, bailli de Manosque et commandeur d’Aix, auquel ils firent élever au milieu du chœur de l’église de Saint-Jean, en 1548, un mausolée qui fut transporté, sous le prieur Viany, dans la chapelle de la reine Béatrix. 12
  21. JEAN NICOLAS, servant d’armes et commandeur de Joucas, fut commis en 1555, après la mort du prieur Dubois, à la garde du prieuré en qualité de capitaine avec garnison, à la charge de se faire ordonner prêtre lorsque les troubles occasionnés par les guerres de religion seraient appaisés ; de quoi il se fit décharger par le chapitre général tenu à Montpellier le 7 mai 1560, et plus tard il obtint du grand-maître Hugues de Loubenx de Verdalle, une bulle qui le confirma dans la jouissance du prieuré en 1583. En 1565, il avait été porteur des lettres que le grand-maître Jean de la Valette écrivit au roi Charles IX, à la reine mère et aux princes du sang, alors à Bayonne, pour leur donner avis du siège de Malte que les Turcs allaient entreprendre et solliciter des secours. 13C’est ce prieur que l’historien moderne de Saint-Jean place mal à propos après Guillaume de Ronchinol et avant le prétendu Géraud Dubois dont nous avons parlé sous le précédent prieur. Jean Nicolas mourut à Aix, le 24 février 1592.
  22. ANGELO PACE, Sicilien ou, selon d’autres, Calabrais, de la langue d’Italie, se trouvait à Rome lorsqu’il apprit la mort du prieur Nicolas. Il s’adressa au pape Clément VIII qui le pourvut, en 1595, 14du prieuré de Saint-Jean, en sa qualité de chef et supérieur suprême de l’Ordre. Mais ses bulles ne furent jamais enregistrées par l’effet des oppositions de F. Jean de Castellane d’Aluis, commandeur d’Aix, qui se mit en possession des revenus du prieuré. 15C’est ce commandeur d’Aluis, et non Dalvis, dont l’historien moderne de Saint-Jean fait un prieur sous le nom de Dalvis de Castellane. A sa mort, arrivée six ou sept ans après, le receveur de l’Ordre au grand-prieuré de Saint-Gilles, conféra le prieuré de Saint-Jean à F. Jacques Sallonis, servant d’armes, natif de Berre, lequel se mit en possession et jouit des revenus, jusqu’à ce que le prieur Pace, voyant ses poursuites inutiles, se rendit à Malte où il se démit, le 24 mai 1602, entre les mains du grand-maître Alof de Vignacourt.
  23. ANNE DE NABERAT, de la langue d’Auvergne, commandeur de Ville-Jésus et de Lieu-Dieu, ensuite prieur de Saint-Chartrier, vicaire et visiteur-général in spiritualibusdes grands-prieurés de Saint-Gilles et d’Auvergne, fut pourvu du prieuré de Saint-Jean le même jour 24 mai 1602, par provisions magistrales confirmées par le pape Clément VIII le 12 septembre suivant.
    En 1611, il échangea sa commanderie de Ville-Jésus pour celle du Temple d’Ayen et devînt successivement aumônier du roi, puis de la reine. Il mourut au mois de février 1630, âgé d’environ soixante-quatre ans, à Paris où il s’était rendu l’année précédente pour faire imprimer son dernier ouvrage, car c’était un homme de lettres qui a laissé plusieurs monuments de son savoir. 16Il avait puissamment contribué à relever le prieuré de Saint-Jean des pertes que les troubles du XVIe siècle lui avaient occasionnées.
  24. HONORÉ PELLEGRIN. porteur d’un bref apostolique de survivance de l’année 1623, fut mis en possession du prieuré de Saint-Jean, aussitôt après la mort de Naberat. La peste faisait alors les plus grands ravages dans Aix, en sorte que cette prise de possession eut lieu de visu, des hauteurs du Prignon, au pied de la tour dite de la Prouvenquoou de laKeirié17 Les désagréments qu’il eut à éprouver de la part de F. Jean de Berre, commandeur d’Aix, qui voulait le faire destituer pour mettre à sa place F. Hercules de Berre, son neveu, le forcèrent à se retirer à Malte où il mourut le 19 janvier 1649.
  25. HERCULES DE BERRE, des seigneurs de Collongue, protonotaire du Saint-Siége, nommé en survivance du précédent par le commandeur d’Aix, son oncle, depuis 1630, et par autres bulles du grand-maître Jean-Paul de Lascaris-Castellar, des 18 avril 1638 et 20 janvier 1649, prit possession le 19 février suivant. 18En 1653, il fut privé de l’administration du prieuré par la langue de Provence et rétabli l’année d’après. Mais en 1657, il fut suspendu de nouveau et F. Pierre de Chailan, qui fut depuis son successeur, administra le prieuré pendant son interdiction qui dura jusqu’à sa mort arrivée à Aix le 29 août 1666. Les divers auteurs des nobiliaires de Provence le nomment Jean de Berre au lieu d’Hercules ; c’est une erreur. Deux de ces auteurs ajoutent qu’il était d’une simplicité apostolique. 19
  26. PIERRE DE CHAILAN, des seigneurs de Villevieille, 20capiscol, puis infirmier de l’église collégiale de Saint-Gilles, fut nommé prieur de Saint-Jean le 10 septembre 1666, par F. Antoine de Glandevès-Castellet, bailli de Manosque et commandeur d’Aix, et prit possession, le 4 octobre suivant, 21du prieuré qu’il administrait depuis 1657. Il n’en jouit pas longtemps, étant mort à Malte au mois d’avril 1667. C’est le dernier prieur nommé par un commandeur d’Aix ; les suivants, au nombre de six, l’ont tous été par des grands-maîtres.
  27. JEAN-CLAUDE VIANY, frère consanguin de Pierre, grand-prieur de l’église de Malte dont nous avons parlé plus haut, né à Aix le 18 janvier 1659, 22fut nommé au prieuré de Saint-Jean, le 22 avril 1667, par le grand-maître Nicolas Cotoner, 23et prit possession le 15 juin suivant. 24 Il s’appliqua dès lors à restaurer son église qui lui doit ses principaux embellissements. Nous ne les rapporterons pas ici, pour ne pas nous répéter. Ils sont indiqués d’ailleurs avec le plus grand détail dans la notice publiée par l’historien moderne de St-Jean. En 1698 et le 10 mai, il obtint du pape Innocent XII, un bref qui lui donnait pour coadjuteur, F. Jacques-Christophle Viany, son neveu 25 ; mais celui-ci étant mort en 1703, et bien d’autres désagréments ayant été suscités au prieur Viany, par les ennemis que son caractère hautain et impérieux lui avait fait, notamment le bailli de Merles-Beauchamp, commandeur d’Aix, il se démit du prieuré en 1720, entre les mains du grand-maître Zondodari. Il vécut encore six ans et mourut à Aix, le 16 mars 1726 , âgé de quatre-vingt-sept ans et quelques mois. 26 Il était bon littérateur et lié avec les beaux esprits de son temps.
  28. PAUL ALPHERAN, neveu de Melchior alors grand-prieur de l’église de Malte duquel il a été parlé ci-dessus, né à Aix le 28 octobre 1686, fut pourvu du prieuré de Saint-Jean par le grand-maître Marc-Antoine Zondodari, le 13 juin 1720, et prit possession par procureur le 26 juillet suivant. 27L évêché de Malte étant venu à vaquer en 1727, le grand-maître Antoine-Manuel de Villhena, dont il était secrétaire en chef et qui l’avait employé en diverses négociations importantes auprès du vice-roi de Sicile, le porta, de concert avec le grand-conseil de l’Ordre, en tête de la liste des trois sujets qu’ils devaient présenter à l’empereur Charles VI, à qui appartenait en ce moment la nomination comme roi de Sicile. Il fut nommé en effet par ce monarque le 15 octobre de la même année, et le pape Benoît XIII, fit en personne la cérémonie de son sacre dans la chapelle de Saint-Pie au Vatican, le 14 mars 1728, le décorant le même jour du titre de prélat domestique et d’assistant au trône pontifical. 28
    Pendant près de trente ans qu’il gouverna le diocèse de Malte, il ne cessa de donner l’exemple de toutes les vertus. Il fit bâtir à ses dépens un séminaire qu’il dota de fonds suffisants pour élever et entretenir gratuitement vingt jeunes ecclésiastiques pauvres et y attacha une riche bibliothèque. C’est lui qui fit accorder par le pape aux chanoines du chapitre de Malte en 1749, le droit d’assister aux offices de la cathédrale avec la croix pectorale et la mitre. Il mourut dans son palais épiscopal le 20 avril 1757, et fut inhumé dans la chapelle souterraine de son église destinée à la sépulture des évêques. Le pape Benoît XIV, l’avait nommé archevêque de Damiete in partibuset se proposait, dit-on, de le décorer de la pourpre romaine lorsque la mort enleva l’évêque avec lequel il était lié d’une étroite amitié. 29 Celui-ci s’était démis, depuis le mois de juin 1729, du prieuré de Saint-Jean d’Aix, dont l’historien moderne de cette église le fait jouir jusqu’en 1754, on ne sait sur quel fondement.
  29. JEAN-MELCHIOR ALPHERAN, frère du précédent, né à Aix le 5 mai 1690, fut nommé prieur de Saint-Jean le 3 juillet 1729, par le grand-maître Antoine-Manuel de Villhena, et prit possession le 25 août suivant. 30Il eut à soutenir contre M. de Brancas, archevêque d’Aix, relativement à l’administration des sacrements dans son église, des démêlés dont on trouve une analyse dans les mémoires du clergé. 31Convaincu du néant de la vie humaine et de la vanité des grandeurs de ce monde, il résolut de se retirer dans la maison de Sept-Fonts, abbaye de l’ordre de Cîteaux, à quelques lieues de Moulins en Bourbonnais, célèbre par l’austérité de la règle qu’on y observait. Il y fit un premier voyage en 1740, et y retourna quatre ans plus tard pour y prendre l’habit qu’il revêtit en effet le 21 novembre 1743. Une lettre qu’il écrivit à sa famille le même jour pour lui faire connaître sa dernière résolution, est signée F. Joseph, prieur d’Aix, novice à Sept-Fonts, et ajoute par P. S.: M. l’abbé m’a donné ce nom à cause de son prédécesseur qui le portait.
    En 1750, il fut nommé prieur de cette sainte maison et au mois de mars 1755, l’abbé de Sept-Fonts était mort, le roi Louis XV nomma le frère Joseph pour lui succéder. Enfin, après une pénitence des plus rigides pendant environ quatorze ans, il mourut sur la cendre, en odeur de sainteté, le 11 août 1757, quelques mois après l’évêque de Malte son frère. Tel fut le saint personnage que l’historien moderne de Saint-Jean n’a pas même nommé dans son prétendu catalogue des prieurs de cette église.
    En quittant pour toujours sa ville natale, il avait passé par Rognes dont il avait été longtemps curé dans sa jeunesse et où il avait fait tant de bien pendant la peste de 1720 et 1721, et il avait déposé dans l’église paroissiale de ce lieu, une lampe en argent autour de laquelle on lisait cette inscription : ad dirigendos pedes nostros in viam pacis32 Nous ignorons ce qu’est devenue cette lampe. Dès le jour où il eut terminé son noviciat à Sept-Fonts, le frère Joseph avait envoyé à Malte sa démission du prieuré de Saint-Jean que le grand-maître Emmanuel Pinto, conféra, le 28 décembre 1744, au frère suivant.
  30. JEAN-BAPTISTE DE VIGUIER, ancien religieux Augustin de la maison d’Aix, d’une noble et ancienne famille d’Arles où il était né le 18 mars 1707. Il était frère du commandeur Paul-Antoine de Viguier, célèbre dans l’Ordre pour avoir découvert, en 1749, la conspiration ourdie par Mustapha, pacha de Rhodes, tendant à égorger le grand-maître ainsi que tous les chevaliers et à s’emparer de Malte où ce pacha était prisonnier. Le prieur de Viguier prit possession le 3 juin 1745, 33et ayant été appelé à Malte environ vingt-cinq ans plus tard, il y mourut au mois d’août 1773, ne laissant dans Aix que le souvenir de la reconstruction de la pointe du clocher que la foudre avait abattue en 1754, ainsi que nous l’avons dit plus haut. Le grand-maître François Ximenès de Texade, nomma pour lui succéder, le 23 du même mois d’août
  31. JOSEPH-FELIX ALPHERAN, cousin de Paul et de Jean-Melchior, né à Aix le 9 juillet 1720, fils de Félix, qui fut depuis dernier consul de cette ville en 1724, et petit-fils de François qui l’avait été en 1649 et 1650, après les troubles du Semestre. Il prit possession le 6 octobre 1773, 34et fut pourvu en 1782 de la commanderie de Gouts au grand-prieuré de Toulouse.
    S’étant démis du prieuré de Saint-Jean en 1788, il sortit de France quatre ans plus tard à cause des troubles et rentra peu de mois après pour se réfugier à Lyon où il se trouva pendant le fameux siége que cette ville soutint contre les républicains en 1793. Il se retira lors de la catastrophe du 18 fructidor, en Toscane, d’où il revint à Aix à la fin de 1801, et il y mourut le 11 février 1806. C’est lui qui avait donné à son église le grand tableau qu’on y voit encore, représentant la descente de croix, bonne copie du Barroche, qu’il avait acheté des pénitents noirs de celle ville après la dissolution de cette compagnie en 1771.
  32. JEAN-FRANÇOIS ALPHERAN, né à Aix le 29 avril 1753, neveu du précédent, lui fut donné pour successeur par le grand-maître Emmanuel de Rohan, le 26 août 1788, et prit possession le 1er décembre suivant. 35A la fin de février 1792, voyant ses jours menacés, il passa à Nice, de là à Tarin, puis en Toscane et en Angleterre, et enfin à Malte où il se trouvait, au mois de juin 1798, lors de la prise de cette île par le général Bonaparte. Proscrit en France comme émigré et comme frère de deux émigrés, 36l’un desquels était mort l’année précédente sous les drapeaux du prince de Condé ; dénué de toute ressource par l’anéantissement de son Ordre ; entraîné d’ailleurs par l’exemple de quelques amis intimes, 37 il ne vit de salut pour lui que dans les rangs de l’armée française qu’il suivit en Egypte, 38 avec le général du Muy son compatriote. Celui-ci étant retourné en Europe, le prieur Alpheran fut placé dans l’état-major du général Menou qui devint bientôt après général en chef de l’armée d’Egypte. Il rentra avec lui en France à la fin de l’année 1801. De puissantes protections auprès du général Bonaparte, alors premier consul, auraient pu lui faire obtenir un des évêchés nouvellement créés en vertu du Concordat conclu avec le pape Pie VII ; mais il se refusa à toute espèce de démarches, opposant ainsi aux détracteurs de sa conduite, un désintéressement noble et franc que tous ne surent pas imiter. Après quelques années de séjour à Paris et à Turin, il fit un dernier voyage à Aix, et y mourut le 5 octobre 1808.

On sait qu’après la prise de Malte par les Français, l’empereur de Russie Paul 1er, mit les débris de l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem sous sa protection et s’en déclara grand-maître. Il fut dit dans le temps que, considérant le prieuré de Saint-Jean d’Aix comme vacant par la retraite du prieur Alpheran en Egypte, le nouveau grand-maître en avait conféré le titre à frère Auguste Bonnet de la Beaume, natif d’Aix, ancien conseiller-clerc au parlement de Provence, alors émigré, qui s’était fait affilier à l’Ordre. Faute de documents précis, nous n’affirmerons rien à cet égard ; mais nous rappellerons que depuis l’époque de la restauration en 1814, jusqu’à la mort de l’abbé de la Beaume, arrivée à Aix à la fin de janvier 1820, celui-ci, devenu chanoine de Saint-Sauveur, a porté publiquement la décoration de l’ordre de Malte et a étalé sur sa voiture l’écu de ses armes entouré du cordon de cet Ordre, sans y ajouter néanmoins la mitre et la crosse en cimier, comme il aurait pu le faire en qualité de prieur de Saint-Jean. Ainsi, doit-on le compter au nombre des prieurs, ou non ? Nous en laissons le choix à nos lecteurs, en leur faisant observer seulement que ce n’eût été pour lui qu’un titre sans attributs, l’église de Saint-Jean ayant cessé d’appartenir à l’ordre de Malte depuis 1792.

 

1 Cette chronologie, dressée par le prieur Anne de Naberat sur les titres du prieuré, fut par lui jointe au procès-verbal de la visite faite en 1613, dont nous avons parlé ci-dessus. Le prieur Viany la communiqua, un siècle plus tard, à son ami P. J. de Haitze qui l’a insérée, suivant l’ordre des dates, dans son Histoire d’Aix demeurée manuscrite. Il est vraiment surprenant que l’historien moderne de Saint-Jean n’ait su la voir là ni là, lui qui cite si souvent les archives du prieuré et l’ouvrage de de Haitze, dans sa Notice historique et archéologique imprimée au tom. V des Mém. de l’acad. d’Aix. Nous avons relevé dans le prétendu catalogue qui suit cette notice et qui comprend vingt-trois lignes seulement, l’omission de treize prieurs, la supposition de trois autres, la transposition d’un autre et une douzaine de dates fausses, ainsi que nous l’écrivîmes, le 10 septembre 1845, à l’éditeur du Mémorial d’Aix, qui inséra notre lettre dans sa feuille du lendemain 11 septembre. Il fut tiré de cette lettre quelques exemplaires séparés que nous distribuâmes à nos amis, uniquement, nous le répétons, par amour et dans l’intérêt de la vérité historique fortement compromise par la publication faite sous le patronage d’un corps savant et respectable, d’un travail rempli d’anachronismes au milieu d’une foule de passages vraiment dignes d’éloges, nous le répétons aussi, dut encore l’auteur répéter de son côté que nous amusons le public par nos petitesses. La chronologie de Naberat s’arrête à 1615 ; nous l’avons continuée jusqu’à la suppression du prieuré, en 1792. Retour

2 Reg. intitulé Vita de Naberat fol. 100 et 101. Retour

3 Registre de Guillaume Ripert, notaire d’Aix, année 1333. Retour

4 Voyez ci-dessus, pag. 306 et suivRetour

5 Cette qualification lui est donnée dans le testament de Michel Picard , reçu le 22 avril 1405, par Jean de Turribus, notaire d’Aix Archives du Prieuré, sac R, n° 42. Retour

6 Voyez ci-dessus, pag. 310Retour

7 Voyez ci-dessus, pag. 320Retour

8 Voyez notre 1er vol. pag. 20 et 21Retour

9 Ces bulles, conservées aux archives du prieuré, sac EE n° 23, furent découvertes par le prieur Viany, longtemps après la mort de Naberat. Retour

10 Voyez ci-dessus ce qui est dit de la transaction passée entre le commandeur de Pontevès et le prieur de Ronchinol, au sujet du partage des biens de la commanderie d’Aix. Retour

11 Raybaud, Hist. du grand-prieuré de Saint-Gilles, tom. 1er, pag. 418. Retour

12 Voyez ci-dessus, pag. 317, ce qui est dit au sujet de ce tombeau qui, lors de sa translation dans la chapelle du transsept du sud, fut dépécé en plusieurs pièces. Les deux inscriptions rapportées dans le tom. V des Mém.. de l’Acad. d’Aix, pag. 242 et 268, n’en formaient qu’une sur l’un des fragments de laquelle on lit encore le mot prior appliqué à Valentin Dubois, et que l’historien moderne a cru pouvoir interpréter par priores qu’il applique ainsi tant à Valentin qu’à Géraud-Dubois, et c’est sur ce fondement, seul qu’il fait de celui-ci un prieur, contre toute vérité. Retour

13 Raybaud, Hist. du grand-prieuré de Saint-Gilles, tom. 1er , pag. 471. Retour

14 Archives, sac Z, n° 18. Retour

15 Archives du prieuré et mémoires imprimés du prieur Viany, contre le commandeur de Merles-Beauchamp. Retour

16 Voici la liste de ses ouvrages imprimés :
Advertissements chrestiens et politiques, recueillis de divers autheurs anciens et modernes, par F. A. de Naberat, commandeur de Ville-Jésus, prieur de Saint-Jean d’Aix et de Saint-Chartrier, conseiller et aumosnier ordinaire du roi. Aix, Tholosan, 1610, in-16.
Instruction pour faire les preuves de noblesse des chevaliers de Malte, la forme de donner l’habit, et faire les ameillorissements de leurs commanderies, colligée par F. A. de Naberat, etc. Aix,Tholosan, 1610, in-16. Se relie avec le précédent.
Malte suppliante aux pieds du roi, contre un mémoire pour la réunion de la grande-maîtrise à la couronne, par frère Anne de Naberat, conseiller aumosnier servant la reine, 1627, in-4°, sans nom de lieu (mais à Aix, chez Etienne David, gendre de Tholosan, ce qui se prouve par le papier et les caractères employés).
Sommaire des privilégies octroyés à l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem, par F. A. de Naberat, avec les portraits des grands-maîtres. Paris, 1630, in-f° -Ce sommaire se trouve aussi à la suite de l’Histoire des chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem, traduite de l’Italien, de Bosio, par Boissat, avec les annotations de Baudoin, Paris, Soly, 1629, in-f° – On le trouve encore avec Malte suppliante et l’Instruction pour les preuves, etc., à la suite de l’Histoire des chevaliers, par Bosio, avec les annotations de Baudoin, Paris, 1643, in-f°. Retour

17 Cet acte, reçu à la date du 21 février 1630, par Jean-Gaspard Jaubert, notaire à Rians, nous a été communiqué avec beaucoup de politesse par M. Pailheiret, notaire dudit Rians, propriétaire actuel de la minute. Boniface Alpheran, notaire d’Aix, réfugié à Esparron de Pallières, attendu la contagion, y intervient comme procureur-fondé du prieur Pellegrin, alors à Malte, duquel il déclare ne pouvoir représenter les titres qui sont à Aix dans sa maison où la peste l’empêche d’aller les chercher ; et sur cet exposé le chevalier frère François d’Agoult-Seillon, met ledit Pellegrin en possession de son prieuré. Retour

18 PJ. de Haitze, Hist. d’Aix, manuscrite, liv. XVIII, § 19. Retour

19 Robert de Briançon, Etat de la Prov., etc., tom. 1er, pag. 385 ; -Maynier, Hist. de la principale nobl. de Prov., 1ère part., pag. 74 ; – Artefeuil, Hist. hér. et univ. de la nobl. de Prov., tom. 1er, pag. 138 ; – Barcilon de Mauvans. Critiq. du nobil. de Prov., mss., au mot BerreRetour

20 Tome III ou Supplém. au nobil. de Provence d’Artefeuil au mot Chailan, pag. 122, branche de Villevieille. Retour

21 P-J. de Haitze, Hist. d’Aix, manuscrite, liv. XXII, § 25. Retour

22 Sa mère s’appelait Louise de Albis et non Balbi, comme le dit l’historien moderne de Saint-Jean, pag. 264 du tom. V des Mémoires de l’Acad. d’Aix. La première femme de l’avocat Jacques Viany, mère du grand-prieur, se nommait Anne Vanel. Retour

23 Archives du Prieuré, sac DD, n° 30 et 31. Retour

24 P.-J. de Haitze, Hist. d’Aix, manuscrite, liv. XXII, § 28. Retour

25 Archives du Prieuré. Retour

26 C’est à tort que l’historien moderne de Saint-Jean le fait mourir à Malte (tom. V des Mém. de l’acad. d’Aix, pag. 293). Il fut enterré dans son église de Saint-Jean, au pied du maître-autel, et sur sa tombe fut placée une inscription sépulcrale que chacun a vue ou pu voir jusqu’en 1835, époque à laquelle elle fut recouverte par le nouveau pavé du chœur de l’église en carreaux de marbres gris et blanc. Cette épitaphe est rapportée d’ailleurs dans le manuscrit du P. Moulin, conservé à la bibliothèque Méjanes, où l’auteur dont nous parlons a puisé toutes les inscriptions qu’il a copiées dans sa notice et où il a dû voir celle-ci. – Les ouvrages imprimés du prieur Viany ne sont, en général, que des pièces fugitives en vers et quelques discours en prose aux ducs de Bourgogne et de Berri, au roi d’Espagne Philippe V, etc. Retour

27 Acte reçu ledit jour par Michel Jean, notaire à Aix, et non par Me Thibaud, comme il est dit par erreur au tom. V des Mém. de l’acad. d’Aix, pag. 295. Retour

28 Notice des Provençaux qui ont été élevés à l’épiscopat, par le P. Bicaïs, de l’Oratoire, mss. de la biblioth. Méjanes, pag. 334, où l’on trouve l’éloge de cet évêque. On ne peut dissimuler toutefois qu’il fut accusé d’ostentation et de vanité, plus qu’il ne convenait à son état. Le jour de son sacre, dans sa première lettre pastorale adressée à ses diocésains (datum Romae extra portam Flaminiam 14 martii M DCC XXVIII), il prit pour surnom le nom de Bussan, qui était celui de sa quatrième aïeule (*) et le fit prendre à son frère aîné Claude, ennobli quelques années auparavant. Les descendants de celui-ci l’ont porté constamment depuis lors et le portent encore de nos jours, en mémoire de cet illustre prélat. Ce dernier jouissait en sus de l’évêché de Malte, de la commanderie de Vahours, l’une des plus importantes de l’Ordre au grand-prieuré de Saint-Gilles, et de celle de Gabre et Capoulet au grand-prieuré de Toulouse, ce qui lui procurait des revenus très considérables dont il faisait un noble emploi, source peut-être de la jalousie que son élévation avait suscitée contre lui parmi les autres chapelains. -Voyez aussi les savants et curieux manuscrits du chevalier Louis de Boisgelin, concernant l’ordre de Malte, déposés à la bibliothèque Méjanes à Aix, par le chevalier Joseph de Boisgelin, neveu de l’auteur. Retour

29 Nous sommes redevable à M. le chevalier Miége, ancien consul de France à Malte, auteur d’une excellente histoire de cette île (**), aujourd’hui agent des affaires étrangères à Marseille, d’une foule de documents dont nous n’avions aucune connaissance sur les monuments élevés à Malte par l’évêque Paul Alpheran, les diverses inscriptions qui y existent encore en son honneur ou celui du grand-prieur de l’église, son oncle, etc., notamment sur un ancien cimetière de l’île du Goze où cet évêque pensait qu’avaient été enterrés une partie des compagnons de Saint-Louis, après la seconde croisade de ce prince en 1270. M. Miége a eu l’extrême obligeance d’en écrire à deux de ses amis, M. le chevalier Augustin Portelli, membre du conseil du gouvernement à Malte, et M. César Vassallo, bibliothécaire de cette ville, qui, à sa recommandation, nous ont fourni, avec toute l’honnêteté possible, les détails les plus étendus et même de très beaux dessins touchant ce cimetière du Goze dont parlent le comte de Borch et Ciantar dans les ouvrages que nous citons ci-dessous (***) .Nous nous proposons de donner un jour au public, si Dieu nous prête vie, une notice sur ce curieux monument absolument inconnu en France, et nous y exprimerons mieux que nous ne pouvons le faire ici, les sentiments de vive reconnaissance et de haute estime dont nous sommes pénétré envers lesdits MM. Miége, Portelli et Vassallo.

* Voyez notre 1er vol., pag. 471, 472 et 474.
** Histoire de Malte, par M. Miége, ancien consul de France à Malte, etc., Paris, 1840, 3 vol., in-8°.
*** Lettres sur la Sicile et sur l’île de Malte, par M. le comte de Borch, écrites en 1777 ; Turin, 1782, 2 vol. in-8°, tom. II, p. 10 et 11. – Malta illustrata, ovvero descrizione di Malta, etc., del Commandatore Giovanno Francisco Abela, correta,accresciutta et continovata dal conte Giovanno Antounio Ciantar. etc. Malta, 1772, in-f° Lib. I. not. X, pag. 358, et tav. XVIII. Retour

30 Acte reçu ledit jour par Thibaud, notaire à Aix. Retour

31 Recueil des Actes, titres et mémoires concernant les affaires du clergé de France, ou table raisonnée, formant le tom. XVI ; 2e partie, pag. 117.- Mais dans le procès-verbal de visite du prieuré d’Aix, du 30 décembre 1776, on voit que l’archevêque fut condamné par arrêt du conseil du roi, du 30 janvier 1760, et autre arrêt de défaut du 8 août 1761, signifié et devenu définitif faute d’opposition, portant qu’il y a abus dans l’ordonnance de l’archevêque, en ce qui touche les églises, chapelles et oratoires de l’ordre de Malte. Retour

32 Cantiq. de ZacharRetour

33 Acte reçu ledit jour, par Rambot, notaire à Aix. Retour

34 Acte reçu ledit jour, par Rambot, notaire à Aix. Retour

35 Acte reçu ledit jour, par Jean-Boniface Bremond, notaire à Aix. L’historien moderne de Saint-Jean dit (pag. 300) que le prieur Joseph-Félix Alpheran résigna son bénéfice en faveur de son neveu Jean-François. C’est encore une erreur. Dans l’ordre de Malte, les commanderies, prieurés et autres bénéfices ne pouvaient pas être résignés. Quand ils devenaient vacants, ce qui ne pouvait arriver que par mort, démission ou destitution du titulaire, il était pourvu au remplacement de celui-ci suivant les règles établies dans l’Ordre. Retour

36 François-Nicolas-Boniface Alpheran, avocat, assesseur d’Aix, procureur du pays de Provence en 1781 et 1782, émigré après la pendaison de M. Pascalis en 1790 ; rentré en France en 1801, mort étant professeur-directeur de l’Ecole de droit d’Aix, en juillet 1808 ; et François-Laurent-Félix Alpheran, officier au régiment de Soissonnais, chevalier de Saint-Louis mort à Venise en 1797 l’un et l’autre enfants, comme le prieur Jean- François, de François, ancien garde du corps du roi Louis XV, etc. Retour

37 Les chevaliers de Lascaris, d’Auray de St-Pois, de Brizon du Roure, de Cheffontaine, de Barras, etc. Retour

38 Voyez les ouvrages du chevalier de Boisgelin et du vicomte de Villeneuve- Bargemont, cités ci-dessus, pag. 135, not. 1 ; et pour le général du Muy, voy. Pag. 64 et la même 135. Retour

 

Les Rues d’Aix – Chronologie des prieurs de Saint Jean
Les Rues d’Aix ou recherches historiques sur l’ancienne capitale de Provence
par Roux-Alpheran en 2 tomes 1848 et 1851

 

https://laixois.fr/les-rues-d-aix-chronologie/

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Ambroise-Thomas Roux-Alphéran

Ambroise Thomas Roux-Alphéran, né le 29 décembre 1776 à Aix-en-Provence où il est mort le 8 février 1858, est un historien français et greffier à la cour d’Aix-en-Provence pendant la Restauration. Son œuvre principale, Les Rues d’Aix, publiée en 1846-1848, est considérée comme une référence sur l’histoire d’Aix-en-Provence.

Roux-Alpheran

Biographie

Fils de Jean-Baptiste Roux, avocat au parlement, secrétaire et greffier de la viguerie, et de Gabrielle d’Alphéran, il fait ses études au collège Bourbon puis à la faculté de droit d’Aix. Époux en 1801 de Marie Anne Antoinette Renoux, il entreprend la carrière d’avocat malgré une forte timidité qui l’entrave dans l’exercice de sa profession. Il décide donc de rentrer dans l’administration et devient secrétaire en chef de la mairie d’Aix en 1807, poste qu’il conserve jusqu’en 1815, date du retour de Louis XVIII. Grâce au soutien de député, il est nommé greffier en chef de la cour royale d’Aix jusqu’en 1830. Du 11 février 1808 à 1830, il exerce la fonction de membre de l’Académie des sciences, agriculture, arts et belles-lettres d’Aix et, de 1821 à 1830, celle de conseiller municipal. Il démissionne de tous les postes qu’il occupe en 1830 pour mieux se consacrer à sa passion : l’histoire.

En 1840, il reprend ses fonctions à l’Académie, est nommé greffier en chef de la cour royale d’Aix et entre, l’année suivante, à la Commission d’archéologie. Lorsque Louis-Philippe prend le pouvoir, il démissionne et s’adonne à l’étude et l’écriture de l’histoire d’Aix-en-Provence.

Par ordonnance royal du 20 septembre 1814, Ambroise Roux, fut autorisé à joindre à son nom, celui de sa mère, pour devenir Roux-Alphéran.

Il meurt le 8 février 1858, à l’âge de 82 ans, sans avoir obtenu aucune distinction pour son œuvre. Ce n’est qu’après sa mort qu’une rue du quartier Mazarin, la rue Longue-Saint-Jean, reçoit le nom de rue Roux-Alphéran, qu’elle porte toujours. Roux-Alphéran avait occupé, durant une partie de sa vie, une maison au n°9.

 

Œuvres et thèmes

Les historiens lui attribuent un gros manuscrit anonyme rédigé pendant les années sanglantes de la Terreur Blanche à Aix en Provence (1795-1798). Titré Journal historique de tout ce qui s’est passé de remarquable dans Aix, depuis le dimanche 26 avril 1795 jusqu’au dimanche 31 décembre 1797, pour servir à rédiger des mémoires, ce manuscrit raconte d’un point de vue royaliste les années mouvementées du Directoire à Aix.

En 1846-1848, il publie Les Rues d’Aix. Ses nombreuses œuvres sont conservées à la bibliothèque Méjanes, à Aix.
En 2013, Aix sous la Terreur vient d’être édité en deux tomes par les éditions Desbaumes, d’après les archives de la bibliothèque Méjanes d’Aix-en-Provence.

 

 

AIX-EN-PROVENCE (BOUCHES-DU-RHÔNE), AMBROISE-THOMAS ROUX-ALPHERAN (1776-1858), EGLISE SAINT-JEAN-DE-MALTE (Aix-en-Provence), L'EGLISE SAINT-JEAN-DE-MALTE DU XIIè SIECLE JUSQU'EN 1828, LES RUES D'AIX, ORDRE DE MALTE, ORDRE DE SAINT JEAN DE JERUSALEM, PAROISSE SAINT-JEAN-DE-MALTE (Bouches-du-Rhône)

L’Eglise Saint-Jean-de-Malte du XIIè siècle jusqu’en 1828 par Ambroise Roux-Alphéran

ÉGLISE DE SAINT-JEAN ANCIENNEMENT COMMANDERIE ET PRIEURÉ DE MALTE.

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Par Roux-Alphéran

Les Rues d’Aix
ou recherches historiques sur l’ancienne capitale de Provence
par Roux-Alpheran en 2 tomes 1848 et 1851

L’ÉGLISE de Saint-Jean appartenait, avant la révolution à l’ordre religieux et militaire des chevaliers Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem, appelés depuis chevaliers de Rhodes et, en dernier lieu, chevaliers de Malte. Elle était le chef de la commanderie d’Aix, dépendante du grand-prieuré de Saint-Gilles et l’une des plus importantes de la langue de Provence, la première des langues ou provinces de cet Ordre illustre. A la tête de son clergé marchait un prieur tiré du rang des chapelains conventuels du même Ordre et qui jouissait, de toute ancienneté, à l’instar des prieurs de l’église primatiale et conventuelle de Saint-Jean de Rhodes ou de Malte, du droit d’officier pontificalement avec la mitre et la crosse, dans les grandes solennités. Enfin, cette église est une des plus remarquables de cette ville, soit par l’élégance de son architecture et la hardiesse de son clocher, soit par les monuments qu’elle renferme et les souvenirs qui y sont attachés. C’est ce qui faisait le sujet d’une notice assez étendue que nous avions destinée depuis longtemps à l’impression, 1 que nous avons retirée depuis et dont nous allons donner ici un abrégé.
Les Hospitaliers s’établirent à Aix vers l’an 1129, ou tout au moins avant la fin de la première moitié du XIIe siècle, 2 c’est-à-dire trente ou quarante ans après leur institution à Jérusalem. Quelques pieux habitants et les souverains du pays eux-mêmes leur cédèrent gratuitement des terres au midi et à peu de distance en dehors des murs de la ville comtale, et ils y bâtirent une chapelle sous l’invocation de saint Jean-Baptiste leur patron. Ces terres étaient situées là même où subsiste encore l’église de Saint-Jean, dont les alentours ont continué d’appartenir aux prieurs de cette église qui en aliénèrent ensuite diverses parties à titre de baux emphytéotiques avec cens, directe, droit de lods et autres droits seigneuriaux dont ces prieurs ont joui jusqu’à la révolution. 3
Eglise de St Jean.anciennement commanderie et prieuré de Malte.

Les comtes catalans qui régnaient alors en Provence, favorisèrent de tout leur pouvoir cet établissement naissant et contribuèrent à sa dotation. On doit citer plus particulièrement parmi eux Alphonse, roi d’Aragon, comte de Barcelonne et le premier de son nom en Provence ; Raymond-Bérenger III et Sanche d’Aragon ses frères, auxquels il avait cédé momentanément ce dernier comté en commande, et Alphonse Il, son second fils qui lui succéda depuis dans la souveraineté de ce pays.
Alphonse II avait épousé Garsende de Sabran, héritière du comté de Forcalquier, 4 et ils tinrent à Aix la cour la plus polie et la plus brillante de l’Europe par l’effet des encouragements que ces nobles époux accordèrent aux troubadours. Le comte Alphonse II s’était fait agréger à l’ordre des Hospitaliers et avait résolu de faire construire pour ces religieux une église plus grande et plus belle que celle qu’ils occupaient et dans laquelle il voulait être enseveli. Mais il n’eut pas le temps d’exécuter son dessein, étant mort en 1209 à Palerme où il était allé pour le mariage de sa sœur avec le roi de Sicile. Son corps fut transporté à Aix, suivant ses intentions et déposé dans l’ancienne église ou chapelle de Saint-Jean.
Raymond-Bérenger IV, son fils et son successeur, ne fut pas moins affectionné que lui à l’ordre des Hospitaliers, et par les dons considérables qu’il fit à leur maison, il mit le grand-prieur de Saint-Gilles, frère Bertrand de Comps, depuis grand-maître de l’Ordre, à même d’entreprendre la bâtisse de la nouvelle église de Saint-Jean, vers l’an 1234. Ce prince doit donc en être considéré comme le véritable fondateur, d’autant mieux que par son testament fait au mois de juin 1238, après avoir élu sa sépulture dans cette église, il légua le lieu de Vinon à la commanderie d’Aix, 5 à la charge d’entretenir trois prêtres qui diraient tous les jours la messe à son intention. Au mois de février 1239 (n. st.). ce même prince prit l’habit des Hospitaliers dans l’église de Saint-Jean en présence de tous les archevêques, évêques et barons de ses comtés de Provence et de Forcalquier et reçut d’eux en même temps le serment de fidélité. 6
La réputation de sainteté que s’étaient acquise les Hospitaliers dès leur établissement à Aix, leur ayant attiré dès lors une grande quantité de dons et de legs, leur valut aussi un nombre considérable d’élections de sépulture dans le cimetière attenant à leur église, 7 ce qui privait le chapitre de Saint-Sauveur, curé primitif de toute la ville, d’une bonne partie des droits qu’il percevait à raison des inhumations. Il voulut donc interdire celles qui auraient lieu dans le cimetière des Hospitaliers, lesquels ayant résisté à toutes les défenses que leur faisait le chapitre, les parties convinrent de s’en rapporter à la décision de cinq arbitres dont faisaient partie les archevêques d’Arles et de Vienne, l’évêque de Riez, etc. Ces arbitres ou leurs délégués, étant venus à Aix, ordonnèrent, par leur sentence du 5 des calendes d’août 1234, que le quart des offrandes ou legs faits à raison des sépultures dans l’église ou le cimetière des Hospitaliers, appartiendrait aux prévôt et chanoines de Saint-Sauveur, excepté toutefois les legs faits par les Hospitaliers eux-mêmes ou les gens tenant à leur maison ; que le chapitre jouirait aussi du quart de la dîme sur les biens acquis ou à acquérir par les Hospitaliers ; que ceux-ci ne pourraient administrer le sacrement de l’eucharistie due dans l’intérieur de leur maison, prout viaticum ; qu’ils donneront, annuellement à Pâques, six livres de cire à l’archevêque ; qu’ils ne pourront faire la bénédiction des rameaux qu’après celle de l’archevêque ; qu’ils n’auront que deux cloches à leur clocher et ne pourront les sonner que modérément ; etc., etc. 8
La plupart de ces dispositions furent plus ou moins modifiées par la suite, notamment celle concernant les cloches, le roi Charles II, comte de Provence, ayant permis aux Hospitaliers, par ses lettres du 22 avril 1291, 9 d’en avoir quatre à leur clocher, y compris les deux qu’ils avaient déjà.
Raymond-Bérenger IV, sous qui fut rendu cette sentence arbitrale, mourut à Aix, le 19 août 1245, laissant quatre filles dont nous avons déjà parlé. 10 L’église de Saint-Jean n’était pas encore entièrement bâtie à cette époque. Néanmoins elle fut consacrée le 3 mai 1251, par le cardinal Pierre de Colmieu, évêque d’Albano, légat du pape Innocent IV en Provence, assisté de l’évêque de Panéas, ville de Syrie qu’on nommait anciennement Césarée de Philippe. 11
C’est alors que le frère Bérenger Monachi (nommé indifféremment par les auteurs Monge ou Moyne), commandeur d’Aix et. de Manosque, fit ensevelir dans l’église de Saint-Jean et dans un magnifique sépulcre, sur lequel nous reviendrons, les corps des comtes Alphonse II et Raymond-Bérenger IV, père et fils.
La comtesse Béatrix de Savoie, veuve de ce dernier, donna, en 1257, à l’église de Saint-Jean, plusieurs héritages situés dans le territoire d’Aix, à la condition d’entretenir trois autres prêtres qui prieraient Dieu pour le repos de son âme et de celle de son mari 12 ; et en 1266, leur fille, Béatrix, reine de Naples, fit son testament par lequel elle élut sa sépulture dans le tombeau de son père et de son aïeul, et fonda encore dans l’église de Saint-Jean, l’entretien de cinq prêtres chargés de prier Dieu pour elle. Cette princesse étant morte la même année à Nocéra, dans le royaume de Naples, le roi Charles 1er, son mari, la fit ensevelir dans une église de Naples, de quoi le frère Feraud de Barras, grand-prieur de Saint-Gilles, ayant porté plainte au pape Clément IV, le souverain pontife en écrivit, le 12 juillet 1268, au roi Charles qui fit aussitôt transporter le corps de Béatrix à Aix, où il fut inhumé dans l’église de Saint-Jean et dans un mausolée supérieur en beauté à celui de son père et de son aïeul. 13 Nous parlerons plus bas de ce monument.
Le même Charles 1er donna à cette église, en 1278, plusieurs saintes reliques et de très riches ornements qui furent consignés en son nom entre les mains du prieur, par le grand-sénéchal de Provence, en présence de l’archevêque d’Aix. 14 Parmi ces reliques, il en était une qu’on croit être le bras de saint Jean-Baptiste et qui est encore exposée comme telle à la vénération des fidèles.
Frère Guillaume de Villaret, grand-prieur de Saint-Gilles, qui fut depuis grand-maître de l’Ordre, se mit aussi au nombre des bienfaiteurs de l’église de Saint-Jean, à laquelle il donna, le jour de la fête de saint Jean-Baptiste de l’an 1286, divers objets de prix, consistant en une croix d’argent du poids de vingt-deux marcs, enrichie d’émail et de pierres précieuses ; un doigt de sainte Magdelaine dans une châsse d’argent ; une image de sainte Véronique que Villaret avait apportée de Rome ; deux bassins en argent sur l’un desquels était une croix blanche (probablement en émail) et sur l’autre, les armes de Villaret ; un beau missel contenant le texte des Evangiles, avec ses fermoirs en argent ; un pluvial tissu de fil d’or, etc., le tout accompagné d’imprécations contre ceux qui tenteront d’enlever ces objets de l’église.15 Ce grand-prieur fonda de plus l’entretien d’un prêtre à Saint-Jean, qui prierait Dieu à son intention.
Enfin Charles II, dit le Boiteux, roi de Naples et comte de Provence, fils de Charles 1er et de Béatrix, établit à Saint-Jean, en 1294, les cinq prêtres que sa mère avait chargé le roi, son mari, de fonder dans cette église, ce que celui-ci avait négligé de faire.16
Il parait inutile de pousser plus loin la liste de ces fondations. Il suffira de dire qu’une foule de grands-maîtres de l’ordre, de grands-prieurs de Saint-Gilles, de commandeurs d’Aix, de prieurs de Saint-Jean et de simples chevaliers donnèrent, en différents temps, des preuves de leur dévotion et de leur attachement à l’église dont nous parlons.
Le commandeur d’Aix, frère Bérenger Monachi, mourut en l’année 1300 dans un âge très avancé. 17 Il avait achevé la bâtisse de l’église en 1264, et c’est à lui qu’est due la construction du superbe clocher dont elle est ornée.
Le XIVe siècle ne fut pas moins fécond que les deux précédents en événements importants pour la maison hospitalière de Saint-Jean.
Frère Dragonet de Montdragon, pieux et vaillant chevalier de Saint-Jean, ayant combattu honorablement les infidèles dans la terre sainte, fut nommé grand-prieur de Saint-Gilles en 1300, et lieutenant du grand-maître en-deçà des mers. Il choisit la commanderie d’Aix pour l’une de ses chambres prieurales, et il y fit sa résidence habituelle jusqu’à sa mort, d’autant mieux que le roi de Naples, Charles II, comte de Provence, l’avait créé son conseiller et son commensal. 18 Étant mort à Aix le 11e jour des calendes de février de l’an 1310 (22 janvier 1311, suivant la nouvelle manière de compter), il fut enseveli dans l’église de Saint-Jean, sous un riche mausolée dont nous parlerons ci-après.
L’abolition de l’Ordre des Templiers prononcée au concile de Vienne, par le pape Clément V, en 1312, fut suivie du don que fit le même pape des grands biens de cet Ordre à celui des Hospitaliers. C’est ainsi que le prieur de Saint-Jean fut mis en possession de la chapelle de Sainte-Catherine qui avait appartenu aux chevaliers du Temple. Nous avons dit que ceux-ci habitaient le quartier de la ville au nord-ouest du palais des comtes de Provence et que ce quartier était appelé anciennement, le Puy de la Cavalerie. 19 Les biens que les Templiers y possédaient ainsi qu’en d’autres rues, notamment dans celle du Puits-Neuf, devinrent à cette époque la propriété de la commanderie d’Aix de l’ordre des Hospitaliers.
Le dimanche 10 mars 1330 (1331, n. st.), le grand-maître Hélion de Villeneuve, issu d’une des plus illustres maisons de Provence, tint dans l’église de Saint-Jean le chapitre du grand-prieuré de Saint-Gilles et y publia une célèbre bulle de réformation du prieuré d’Aix, par laquelle il ordonna que l’église serait desservie désormais par dix-huit prêtres, tous religieux de l’Ordre, au lieu de vingt-quatre ; douze desquels satisfairaient aux fondations du comte Raymond-Bérenger IV et de la reine Béatrix, sa fille ; deux à celles de Pierre Corsini, trésorier du roi ; un à celles du grand-maître Guillaume de Villaret et du commandeur Bérenger Monachi, et un à celle du grand-prieur Dragonet de Montdragon ; réservant les deux derniers pour le service de l’église Sainte-Catherine, anciennement des Templiers et pour celui de la chapelle de Saint-Louis et des onze mille Vierges qu’il avait fondée lui-même dans l’hôpital de Saint-Jean. Le grand-maître ordonna encore qu’il y aurait à perpétuité dans la maison d’Aix un diacre, un sous-diacre et deux clercs ; le commandeur d’Aix fut chargé par lui de la nourriture de tous ces prêtres et chapelains dont l’entretien serait pris sur le revenu des commanderies d’Aix, des Bayles et de Calissanne. Enfin, le grand-maître voulut que tous les prêtres allassent en procession, chaque dimanche, à son hôpital pour y chanter l’épître et l’évangile, ainsi que cela avait lieu à l’église conventuelle de Rhôdes. 20 Ces divers règlements furent approuvés par le chapitre général de l’Ordre tenu à Rhodes, au mois de décembre 1344. 21
L’hôpital dont il vient d’être question ne doit pas être confondu, comme l’a fait Pitton dans ses Annales de la sainte Église d’Aix, avec la maison des Hospitaliers qui, comme leur maison-mère à Jérusalem, à Acre et à Rhodes portait le nom générique d’hôpital. C’était une dépendance ou annexe de cette maison d’Aix, que le grand-maître Villeneuve avait fondée pour le soulagement des pauvres de la ville et à laquelle il avait affecté spécialement certains revenus. Mais ceux-ci ayant disparu en totalité par les malheurs des siècles suivants, la dépréciation des monnaies et autres causes, cet hôpital particulier ne subsista pas longtemps. Ses bâtiments néanmoins, étaient encore en état lors de la venue du connétable de Bourbon à Aix en 1524. Ils furent abattus alors et les matériaux employés, dix ou douze ans plus tard, à la construction des Boucheries ou abattoir public que nous voyons encore aujourd’hui, à quelques cents pas hors des murs de la ville, au midi de la porte d’Orbitelle. 22
Hélion de Villeneuve portait une extrême affection à l’église de Saint-Jean. Il y fit construire une chapelle aussi élevée que l’église même, actuellement la quatrième à gauche en entrant par la porte principale et qui touche immédiatement celle où reposent les comtes Alphonse II et Raymond-Bérenger IV. Il eut même une fois l’intention de s’y faire enterrer, ainsi qu’il paraît par une lettre de lui, datée de Rhodes, le 20 août 1340, 23 et adressée au commandeur d’Aix, frère Isnard de Albarno, par laquelle le grand-maître le commet pour faire choix de sa sépulture dans l’église de Saint-Jean et lui ordonne d’y faire porter son corps et ses hardes dans le cas où il viendrait à mourir sur mer.
Ce frère Isnard de Albarno, commandeur d’Aix, appartenait à la noble maison de Grasse qui a possédé, depuis le XIIIe siècle jusqu’à la révolution, la seigneurie du Bar, village nommé en latin Castrum de Albarno et qui est situé entre les villes de Grasse et de Vence, non loin du Var. Suivant l’usage usité de son temps et dont on pourrait citer une foule d’exemples, il ne portait pas le nom patronimique de sa famille et ne prenait que celui du fief qu’elle possédait. Les historiens de l’Ordre parlent tous honorablement de sa valeur et de son habileté dans les affaires. En même temps commandeur d’Aix, de Naples et de Sainte-Euphémie dans la Calabre, il fut pourvu, vers 1340, du grand-prieuré de Capoue qui dépendait alors de la langue de Provence, et c’est en cette qualité qu’il fut commis par le grand-maître Hélion de Villeneuve, avec Odon de Montaigu, grand-prieur d’Auvergne, et Pierre Plantin, prieur de l’église de Rhodes, pour aller soumettre à la sanction du pape, les règlements que ce grand-maître et le conseil de l’Ordre avaient faits pour la réformation des mœurs, surtout dans les provinces d’Occident. 24 D’après ces règlements les chevaliers ne pouvaient se vêtir que de draps valant moins de deux florins la canne (deux mètres d’aujourd’hui) ; ils ne devaient avoir à leur table que d’une sorte de viande ou de poisson, et l’usage des vins délicieux leur était interdit. 25 Isnard de Albarno fut nommé, en 1347, lieutenant du grand-sénéchal de Provence, Philippe de Sanguinetto, 26 et mourut au plus tard en 1362.
Vers la fin du même siècle, vivait dans l’église de Saint-Jean, un pieux religieux de l’Ordre, nommé frère Bernard Grassi, né à Aix, d’une famille qui y exerçait alors le notariat et qui avait fourni plusieurs syndics ou consuls de cette ville. 27 S’il faut en croire le prieur Anne de Naberat, ce vertueux prêtre fut élu prieur de l’église de Rhodes, le 24 août 1394, sous le grand-maître Jean-Ferdinand d’Hérédia. 28 Les divers historiens de l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem font unanimement la plus honorable mention du prêtre Grassi ; mais ils le nomment Gautier Grassi au lieu de Bernard, ce qui peut faire douter de l’exactitude du témoignage de Naberat. Celui-ci est avantageusement connu par ses nombreuses recherches dans les archives de l’Ordre à Malte et celles du prieuré d’Aix, ainsi que par sa scrupuleuse exactitude comme nous le dirons plus bas, et si l’on peut conjecturer qu’il a fait erreur ici, on peut répondre d’un autre côté, que c’est peut-être Jacques Bosio, le plus ancien historien de l’Ordre, qui a commis l’erreur en appelant Gautier Grassi le personnage qui se nommait Bernard Grassi car, c’est d’après Bosio, que Baudoin, Vertot et autres on écrit sans se donner la peine de vérifier un fait si peu important pour eux que ce prénom, et qu’ils n’ont même jamais su avoir été écrit autrement par Naberat.
Tenant donc pour certain ce que rapporte ce dernier d’un illustre enfant d’Aix, nous dirons que le prieur de l’église de Rhodes était le second dignitaire de l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem. Il avait rang immédiatement après le grand-maître et précédait tous les autres baillis et grand’croix. Il officiait pontificalement dans son église avec la mitre et la crosse, et était le chef de tous les chapelains de l’Ordre. 29 Mais lorsque les chevaliers de Saint-Jean eurent établi le site de leur gouvernement à Malte, les évêques de cette île disputèrent le pas au prieur et obtinrent enfin la préséance sur lui, sous le grand-maître Claude de la Sangle. Depuis lors, le prieur de l’église n’eut plus que la troisième place dans le conseil, en conservant néanmoins toutes ses autres prérogatives et même le pas sur l’évêque dans l’église conventuelle de Saint-Jean à Malte. 30
Un poste aussi éminent suppose de hautes qualités dans celui en est revêtu. Il est donc à présumer que Bernard Grassi était d’un rare mérite, lorsqu’on voit ce simple religieux de l’église de Saint-Jean d’Aix appelé à la seconde dignité d’un Ordre alors si fécond en illustres personnages. Aussi, voyons-nous, par le peu que nous connaissons de la vie de ce prieur, qu’il justifia pleinement l’opinion qu’on avait de lui et qu’il fut chargé de commissions importantes.
En 1409, il eut celle d’accompagner le grand-maître Philibert de Naillac au concile de Pise 31 où fut élu le pape Alexandre V. Cette élection, qui semblait devoir éteindre le schisme, fut reçue avec la plus grande joie dans toute l’église.  » Il n’y eut personne, dit l’abbé de Vertot, qui en fut plus touché que le grand-maître qui l’envisagea comme un moyen de réunir tous les princes chrétiens et de les engager dans une ligue contre les Turcs. Dans cette vue, il fit choix de frère Grassi, prieur de l’église de Rhodes et de frère Luce de Valines, grand-maréchal, qu’il envoya comme ses ambassadeurs vers la plupart des souverains de la chrétienté, pour leur faire part de l’élection du pape. Ils avaient ordre de leur représenter de sa part, combien la conjoncture présente était favorable pour faire la guerre aux Turcs ; que le trône de Bajazet avait été ébranlé par la chûte de ce prince et par les victoires de Tamerlan, et qu’il fallait profiter des guerres civiles allumées entre les enfants du prince turc qui se disputaient sa succession et les débris de son empire. 32« 
Dans le temps que vivait Bernard Grassi, Reforciat d’Agout, fils de Raymond, seigneur de Sault, était commandeur d’Aix et de Puymoisson. Nous avons dit ailleurs 33 qu’il avait été l’un des plus zélés partisans de la seconde maison d’Anjou, contre Charles de Duras, et que le pape Benoît XIII (Pierre de Lune) l’avant nommé grand-prieur de Saint-Gilles, au mois de mars 1402, il avait élu sa sépulture dans l’église de Saint-Jean d’Aix. Nous n’en dirons rien de plus ici, sinon qu’if ne jouit pas longtemps du grand-prieuré, étant mort avant les moissons de la même année 1402, et que, deux siècles plus tard, ses armes se voyaient encore sur l’autel de la chapelle où il fut enterré suivant ses intentions. Il déclara dans son testament ou désappropriement qu’il possédait la quantité de vaisselle d’argent que voici : Vingt-quatre plats armoriés à ses armes, dont quatre avaient été par lui mis en gage entre les mains d’Antoine Fabre d’Aix, qui lui avait prêté cinquante florins courants ; quatre douzaines d’écuelles (escudellas) aussi à ses armes ; cinq douzaines de tasses (tassas), dont trois douzaines étaient dorées, c’est-à-dire en vermeil ; douze pots, dont six dorés ; huit aiguières (eygadieras), dont six dorées ; plus une épée (spaza), dont la garniture en argent pesait trois marcs, etc. 34
Un célèbre chapitre général de l’Ordre fut tenu dans l’église de Saint-Jean aux mois d’avril et de mai 1410, auquel assistèrent tous les prieurs et les quatre plus anciens commandeurs de chaque prieuré. 35 Le grand-maître Philibert de Naillac devait le présider ; mais les intérêts de la religion exigeant sa présence aux cours de France et d’Angleterre où le pape l’avait envoyé en ambassade, les frères Jacques Tivelly, prieur d’Auvergne, Raymond de Lesture, prieur de Toulouse, et Philippe de Languèglia, prieur de Lombardie, présidèrent en son absence. Il se fit dans ce chapitre plusieurs règlements très importants, soit par rapport aux responsions que le trésor commun tirait de chaque commanderie, soit à l’égard de l’abus que quelques-uns des prieurs faisaient de leur autorité.
En 1480, sous le magistère du célèbre Pierre d’Aubusson, eut lieu le siège de Rhodes où résidait le gouvernement de l’Ordre, entrepris le 25 mai par le pacha Misach Paléologue, chrétien renégat, au nom du sultan Mahomet II, avec une flotte de cent soixante vaisseaux et une armée de terre de cent mille combattants. Le grand-maître, instruit à l’avance de l’armement des Turcs, avait cité à Rhodes tous les chevaliers de son Ordre, et René Martin, commandeur d’Aix, avait été des premiers à répondre à son appel avec Pierre Raoul ou Rodulphe, l’un de ses compatriotes. Le premier était fils de Jean Martin, seigneur de Puyloubier, chancelier de Provence sous le bon roi René, 36 et l’autre l’était de Pierre Raoul, dit le Baron, seigneur de Limans, chambellan du même prince. Ces deux nobles enfants d’Aix combattirent vaillamment pendant toute la durée du siège, qui fut enfin levé au bout de trois mois, le 19 août, avec Perle pour les Turcs d’environ neuf mille morts et quinze mille blessés. 37
Un accord très important fut passé, en 1484, entre frère Antoine de Pontevès-Bargème, commandeur d’Aix, et frère Guillaume de Ronchinol, prieur de Saint-Jean. Suivant cet acte rédigé en forme de sentence arbitrale acquiescée par chacune des parties, le commandeur, qui avait en vue de se décharger du soin d’entretenir l’église et d’y faire les réparations convenables, de nourrir et de salarier les prêtres qui la desservaient, etc., laissa tout ce soin au prieur, lui abandonnant à cet effet le domaine de Moissac dans le territoire d’Aix, aux quartiers de Luynes et du Plan d’Aillanne ; les censes, lods, directe et autres droits imposés sur les maisons et terres dans la ville ou le territoire, etc., se réservant, ledit commandeur pour lui et ses successeurs, les terres de Vinon et de Ginasservis, le droit de nommer les prêtres et d’occuper la première place dans l’église de Saint-Jean, comme en étant le collateur et prieur primitif, et quelques autres droits tels que celui d’être défrayé avec deux ou trois de ses serviteurs, trois fois chaque année et chaque fois pendant sept ou huit jours, c’est-à-dire lorsqu’il viendrait à Aix visiter l’église de Saint-Jean, chef de la commanderie. 38 Le prieur n’avait auparavant aucune autre prérogative sur les prêtres que celle d’une double distribution au chœur, d’avoir un valet à ses ordres et un cheval à son usage dans son écurie.
On sait que le dérèglement des mœurs du clergé dans les commencements du XVIe siècle, fut l’une des principales causes de l’hérésie de Luther et de la réforme dont il fut le chef. Les prêtres de l’église de Saint-Jean nous paraissent avoir donné dans ces désordres et avoir mérité les censures de Luther, autant que nous pouvons en juger par la lecture d’un arrêt du parlement d’Aix, en date du 6 février 1542, 39 le seul, au reste, sur lequel nous puissions appuyer notre conjecture peut-être un peu hasardée, car nul auteur n’a parlé avant nous de ces désordres.
Au milieu du XVIIe siècle, l’église de Saint-Jean fut renfermée dans la ville avec le faubourg du même nom et le quartier d’Orbitelle qui comprenait, avons-nous dit ailleurs, une bonne partie des prés et des jardins de l’archevêque. D’autres tentatives avaient été faites plus anciennement ayant le même but, quant au quartier de Saint-Jean seulement, notamment en 1608 ; mais le prieur frère Anne de Naberat y avait mis de fortes oppositions, et le projet avait échoué. Il ne parait pas que l’ordre de Malte ni le prieur frère Honoré Pellegrin, qui siégeait en 1646, y aient apporté les mêmes obstacles, peut-être parce qu’ils prévoyaient l’inutilité de leurs efforts en présence du crédit tout puissant de l’archevêque Mazarin, qui avait fort à cœur ce nouvel agrandissement. Il en coûta de grandes sommes à l’Ordre pour satisfaire aux prétentions du sieur d’Hervart, cessionnaire des droits de l’archevêque, lesquelles furent réglées à vingt-cinq mille huit cent quarante-deux livres quatre sols, par arrêt du conseil du roi, du 2 décembre 1654, rendu entre le bailli de Souvré, ambassadeur de Malte à la cour de France, et frère Hercules de Berre, prieur de Saint-Jean, d’une part, et le sieur d’Hervart, d’autre part. La langue de Provence fut condamnée à payer sur cette somme celle de vingt-trois mille livres, dont elle se remboursa plus tard sur le produit des ventes de places à bâtir, et elle céda au prieur Viany l’ancien enclos de Saint-Jean, situé à l’entour de son église. 40
Nous arrivons à l’époque où ledit frère Jean-Claude Viany, ayant été pourvu du prieuré de Saint-Jean, entreprit les changements et les améliorations qu’il fit dans son église pendant environ un demi-siècle. Un auteur moderne en a parlé avec beaucoup de détails auxquels nous ne saurions mieux faire que de renvoyer nos lecteurs. 41 Toutefois, pour leur en faciliter encore plus l’intelligence, nous rapporterons ici une pièce assez curieuse, ce nous semble, que cet auteur n a probablement ni lue ni même vue, quoiqu’il la cite dans son ouvrage. 42 Cette pièce, qui ne date guère plus que de deux cent trente ans, n’est autre que le procès-verbal de visite du prieuré et de l’église de Saint-Jean, faite au mois de janvier 1613, par les frères Jean-Jacques de Mauléon de la Bastide, commandeur d’Espalion et de SaintChristol, et Anne de Naberat, commandeur de Ville-Jésus, prieur de Saint-Chartrier et de Saint-Jean d’Aix, aumônier ordinaire du roi, vicaires et visiteurs-généraux de toutes les commanderies, membres et annexes du grand-prieuré de Saint-Gilles, suivant la commission du grand-prieur, frère Pierre d’Esparbès de Lussan. 43
 » . . . . Ce faict, m’a ledict de Naberat, 44 prieur susdict, déclaré sondict prieuré consister en deux églises, l’une dans la ville d’Aix, dédiée soubs le titre de Sainte-Catherine, 45 qui a esté autrefois aux Templiers, laquelle n’est paroisse.
 » L’aultre est hors la ville, 46 qui est l’église prieuralle, collégiale et conventuelle dudict prieuré et est une dignité ou prélature fondée au mesme prototype de la dignité prieuralle de Saint-Jean de Rhodes et de Malte ; et les prieurs dudict prieuré de Saint-Jean d’Aix, de toute antiquité, dèz son institution et origine, ont tousjours cellébré la messe in pontificalibus, ayant l’usage de la mittre et de la crosse, les grandes festes annuelles. M’a dict aussi que le prieur de l’église de Saint-Jean de Rhodes avoit soubs sa mittre et dignité prieuralle deux aultres mittres ou prieurés mittrés deppandants de la sienne, assavoyr le prieuré de Saint-Jean d’Aix, comme fondation des comtes de Provence ainsi que dessus a esté dict, et le prieuré de Saint-Jean de l’Isle de Corbeil, deppandant du grand-prieuré de France, lequel est une fondation des rois de France, le prieur duquel de tout temps cellébroit in pontificalibus et avoit le mesme usage de la mittre et crosse et mesme portoit la grand croix et présidait aux chapittres provinciaulx au Temple à Paris, en absence des grands-prieurs de France. 47
Ladicte église et chapelle a été édiffiée par frère Bérenger Moyne, 48 bailli de Manosque et commandeur d’Aix; consistant en un grand temple vouté, y ayant plusieurs chapelles au dedans et par le dessus y a plusieurs pointes de pierres de taille faictes en forme de pyramides qui est belle chose à voir ; prèz de laquelle y a un grand clocher carré par le bas et la pointe faicte en pyramide voutée, le tout de pierres de taille, auquel y a trois grandes cloches, si bien il y en a eu autrefois quatre, l’une desquelles a été mise à l’église et clocher de Saint-Saulveur, ne sachant pour quel sujet elle fut transportée audict lieu. De plus m’a dict ladicte église n’estre paroisse, n’y ayant aulcuns fonts baptismaux.
Pour l’église elle est belle, grande et spacieuse, consistant en cinq chapelles dedans icelle et un autel au milieu de l’église dédié à l’honneur de saint Blaise, et un aultre petit prèz du grand autel, dédié à saint Pantaleon.
Quant au grand autel il est tout d’une pièce, au-dessus duquel y a un grand rétable peinct d’or et d’azur, auquel sont depeincts les images de N. D., de saint Jean-Baptiste et de saint Jean l’Evangéliste, auquel rétable sont dépeinctes les armoiries de la religion et celles de la maison d’Agoult qui est un loup ravissant d’azur au champ d’or.
Prèz duquel grand autel à main droicte est le sépulchre du jeune fils du feu comte Raymond-Bérenguier. 49 Au-devant du grand autel, il y a le chœur faict en bois de chastaignier, auquel il y a vingt-deux siéges en hault et seize en bas.
Au milieu du chœur, y a un sépulchre relevé pour les commandeurs et prieurs, auquel d’un costé sont les armoiries de feu frère Poncet d’Urre, bailli de Manosque, commandeur d’Aix et de Marseille, et de l’autre costé celles de frère Valentin du Boys, prieur dudict prieuré.50
Et à main droite du grand autel, descendant sur la nef, est la chapelle de feu comte Raymond-Bérenguier, appelée la chapelle des onze mille vierges, 51 avec les armoiries de la maison d’Agoult. Près duquel autel est le sépulchre de feu comte Raymond-Bérenguier avec son portraict relevé en bosse au-dessus, lequel mourut en l’an 1244, le jeudi après la saint Luc, ayant régné vingt-neuf ans.52
Et aux costés dudict sépulchre est le portraict dudict comte tout debout, de pierre de Calissane, et de l’autre costé est l’effigie de la reine Béatrix, fille dudict comte, femme du roi Charles 1er.53
Et en continuant du même costé, est la chapelle fondée et faicte par frère Ellion de Villeneuve, grand-maître de Rhodes, dotée par icelui, pavée et voûtée et au-dessus de la voûte sont les armoiries dudict grand-maître, de lances brisées et entrelacées, avec la croix magistrale.54
Près duquel autel y a un sépulchre pour ensevelir les religieux dudict couvent, et de l’autre costé, la chapelle du prédicateur.
Et de même costé dans la nef, y a deux autels, l’un dédié à saint Antoine, et l’autre à l’honneur de saint Blaise, le bras duquel est enchâssé en argent dans ladicte église, en grande dévotion pour le peuple d’Aix.55
Et du mesme costé, sous le grand clocher, est une chapelle dédiée à Notre-Dame du Repos et d’Espérance, près de laquelle est la porte de la visette pour monter au clocher.56
Et retournant de l’aultre costé, est une chapelle dédiée à saint Louis, saint Roch et sainte Anne, où est un grand sépulchre avec l’effigie relevée en bosse de Dragonet de Montdragon, jadis grand-prieur de Saint-Gilles, lequel fonda et dota ladicte chapelle d’une messe tous les jours.57
 » Au milieu de ladicte église y a un puits faict en rond en pierres de taille, de bonne eau claire et nette. 58
Et du mesme costé, retournant rentrer à main gauche dudict choeur, y a une chapelle dédiée à saint Barthélemy, en laquelle sur l’autel est le portraict du prieur Pierre Curti 59 et les armoiries de la maison d’Agoult ; préz duquel y a un bien grand et superbe sépulchre en pierre de Calissane, auquel est enterrée la susdicte reine Béatrix.
De ladicte chapelle on entre dans une grande visette en pierres de taille pour monter sur l’église, etc., etc.
Peu de mois avant l’avènement de Jean-Claude Viany au prieuré de Saint-Jean, un frère de ce prieur, comme lui chapelain conventuel de l’Ordre, avait été appelé, à cause de son mérite, à l’éminente dignité de grand-prieur de l’église primatiale de Saint-Jean, à Malte. Nous avons rapporté plus haut, à l’occasion de frère Bernard Grassi, quelle était jadis la seconde dignité de l’ordre, ce grand-prieur ayant le pas immédiatement après le grand-maître et avant tous les autres baillis et grand’croix. Mais celui dont nous allons parler, n’occupa plus que lei troisième rang, les évêques de Malte ayant obtenu, depuis un siècle environ, comme on l’a vu, la préséance sur les prieurs de l’église.
Frère Pierre Viany, né a Aix le 4 août 1632, fils d’un premier lit de Jacques Viany, avocat très distingué, qui, deux fois avait occupé la charge d’assesseur, fut reçu dans l’Ordre en 1642, au nombre des chapelains, et envoyé, peu d’années plus tard, à Malte, où le grand-maître Nicolas Cotoner, instruit de sa capacité, le choisit pour son secrétaire des commandements dans la langue latine. L’évêché de Malte étant venu à vaquer vers le même temps, il fut porté sur la liste des trois sujets que le conseil de l’Ordre proposait au roi d’Espagne comme roi de Sicile, pour remplir le siége vacant, et la nomination du grand-prieur de l’église à ce siége étant arrivée après trois ans d’attente, dans les premiers jours de 1667, Viany, qui remplissait alors les fonctions de vice-prieur, fut élu unanimement grand-prieur le 6 février de la même année 1667 60. Il gouverna très sagement son église pendant trente-quatre ans, jusqu’à sa mort arrivée à Malte le 18 novembre 1700, et fut enterré solennellement dans son église conventuelle, où l’on plaça sur sa tombe une inscription qu’on peut lire dans de Haitze. 61
Treize ans après , un autre enfant d’Aix fut encore nommé grand-prieur de Saint-Jean de Malte : frère Melchior Alpheran, né le 8 novembre 1654, fils de Claude, dernier consul en 1690 et frère de Boniface qui le fut également en 1716. Reçu dans l’Ordre comme chapelain en 1664, Melchior était sacristain de l’église de Saint-Jean d’Aix et se trouvait à Malte lorsque le grand-prieuré vint à vaquer, il fut élu dans le conseil tenu le mercredi 10 janvier 1714, à la grande majorité des suffrages et l’emporta sur ses concurrents qui étaient deux Provençaux comme lui : frère Jean Rebutti, de Marseille, et frère François Bardon, d’Aix ; mais le pape Clément XI l’avait recommandé vivement, et la plupart des grand’croix formant le conseil, le désiraient non moins ardemment. C’était justice. Plein de zèle et de piété, il s’occupa uniquement des devoirs de son état, et loin de disposer en faveur de sa famille du quint de sa dépouille, ainsi que l’y autorisaient les statuts de l’Ordre, il laissa comme monument de sa libéralité à l’église de Malte, un tabernacle de la valeur de quatorze mille livres monnaie de France, et une somme de quinze mille écus maltais au Grand-Conservatoire des filles établies à la Floriane. Il mourut à Malte le 30 décembre 1734 et fut inhumé dans la nef de l’église conventuelle de Saint-Jean, au-devant de la principale porte d’entrée. Nous nous dispenserons de rapporter ici l’inscription qui fut placée sur sa tombe et qu’on trouvera au besoin dans les manuscrits du chevalier Louis de Boisgelin, conservés à Aix à la bibliothèque Méjanes. 62
L’église de Saint-Jean avait été, en 1701, témoin de deux évènements aussi glorieux pour elle qu’honorables pour la ville d’Aix. Au mois d’octobre de l’année précédente, les galères de l’Ordre s’étaient emparées de la Sultane-Benghem, gros vaisseau turc de quatre-vingts pièces de canon et trois cents hommes d’armes, qui fut pris à l’abordage après un combat très opiniâtre et très sanglant sur les côtes de Barbarie. Le chevalier frère Sextius-Ange de Ricard, depuis grand’croix de l’Ordre et commandeur de La Ville-Dieu, né à Aix le 31 mai 1673 d’une famille parlementaire avait le plus contribué, par sa valeur, à cette capture importante. Le grand-maître Raymond Perellos de Rocafull, voulant honorer cette action d’éclat et la bravoure du généreux enfant d’Aix, avait envoyé au bailli de Manosque, frère Thomas-Joseph de Merles-Beauchamp, commandeur d’Aix, et au frère Jean-Claude Viany, prieur de Saint-Jean, le grand étendard du vaisseau turc pour le faire suspendre solennellement à la voûte de l’église de Saint-Jean. 63
La cérémonie eut lieu dans le courant de février, présidée par le seul bailli de Beauchamp qui, voulant mortifier le prieur Viany, son ennemi, ne le fit pas prévenir de venir l’assister dans la pose de l’étendard. Viany eut bientôt après l’occasion de se venger de cet affront. Les ducs de Bourgogne et de Berri étant arrivés à Aix au mois de mars suivant, le prieur les invita à venir dans son église visiter le tombeau d’Alphonse II et de Raymond-Bérenger IV, augustes ancêtres de ces princes, et le magnifique étendard nouvellement conquis sur les Infidèles, le tout sans en prévenir le commandeur d’Aix. Les petits-fils de Louis XIV vinrent en effet à Saint-Jean le 5 mars et furent reçus par le prieur Viany seul qui, voulant éterniser le souvenir de cette visite, fit placer dans la chapelle du transsept du nord de son église, une plaque de marbre où était gravée une inscription qu’on peut lire dans l’historien moderne de Saint-Jean. 64 Le bailli de Beauchamp fit enlever, peu de temps après, cette inscription qu’il fit replacer avec quelques changements dans le chœur, ce qui amena entre le prieur et lui de puériles discussions indignes de tels rivaux et d’être rappelées ici, les mémoires imprimés et manuscrits qu’ils publièrent à cette occasion étant remplis de personnalités aussi plates que déplacées.
Le prieur que le grand-maître Zondodari donna pour successeur, en 1720, au frère Jean-Claude Viany qui venait de se démettre, parvint, sept ans plus tard, à l’évêché de Malte, ce qui répandit un nouvel éclat sur l’église de Saint-Jean dont jamais aucun prieur n’avait encore été élevé à l’épiscopat. Nous en parlerons plus bas dans la chronologie de ces prieurs, et nous passerons au récit d’un événement qui faillit détruire l’un des plus beaux monuments de cette ville. Dans le courant de novembre 1754 la foudre tomba sur le clocher de Saint-Jean et abattit la boule et la croix latine en fer qui le surmontaient. Sans la promptitude des réparations qui y furent faites, la flèche se fût écroulée, dit-on, pierre par pierre. Mais le mal n’alla pas si loin, et au mois de septembre de l’année suivante, une grande croix de Malte (à huit pointes) en fer doré, qu’on voit encore aujourd’hui, fut placée au haut du clocher dont la flèche fut alors raccourcie de deux mètres environ, suivant les calculs de l’historien moderne de Saint-Jean, calculs que nous croyons un peu exagérés. 65 Le clocher était anciennement d’une élévation totale de cent quatre-vingt-douze pieds ; il n’en a plus que cent quatre-vingt-cinq environ, s’il faut en croire l’auteur que nous citons.
Le même auteur donne, sur le clocher de Saint-Jean quelques détails que nous ne reproduirons pas ici, attendu qu’on peut les lire, soit dans son ouvrage même, soit dans le Mémorial d’Aix où nous les avions consignés antérieurement et d’où il les a tirés mot pour mot, ce dont les curieux pourront se convaincre en comparant les pièces. Ce qu’ils ne manqueront pas surtout d’admirer, c’est le talent de l’auteur qui, en copiant l’article du Mémorial, par note seulement sans daigner ajouter notre signature qui le termine, en a cependant extrait avec art le passage le plus intéressant, à notre avis, et l’a intercalé dans son propre texte, apparemment pour se faire honneur de notre remarque. Voici le passage que les dénicheurs de plagiats rencontreront littéralement là et là :
 » En réparant, disions-nous, le dommage occasionné par la foudre, on trouva, vers l’extrémité de la flèche, deux pierres blanches sur lesquelles étaient gravées, en caractères gothiques, deux inscriptions semblables que nous allons rapporter :

XPS (christus) REX VENIT IN
PACE DEUS HOMO
FACTUS EST

Ces deux inscriptions furent replacées extérieurement au-dessus des plus hautes lucarnes du clocher, l’une sur la face méridionale, l’autre sur la face septentrionale. On les distingue facilement à l’œil nu, mais il faut des lunettes d’approche pour les lire. Ce qu’elles ont de singulier, c’est que ces mots Christus rex venit in pace, Deus homo factus est, forment la légende des écus d’or à la couronne frappés à la fin du XIVe siècle ou au commencement du XVe (de 1384 à 1417) sous le règne de Louis II d’Anjou, roi de Naples et comte de Provence, etc., etc.  » 66
Une autre inscription existe sur la face orientale du clocher de Saint-Jean, à côté de la seconde fenêtre. Suivant l’auteur que nous venons de citer, c’est là l’inscription romaine  » très curieuse et très difficile à expliquer,  » dit-il, 67 rapportée par H. Bouche 68 et par J.-S. Pitton, 69 de laquelle J.-R. de Soliers et J.-M. Suarèz, évêque de Vaison, ont donné de savantes explications et qui est ainsi conçue :

  1. MA. OP.
    PPPPPPP
    FFFFFFF

De très consciencieux et habiles antiquaires, aux connaissances desquels chacun rend hommage dans cette ville, ayant voulu examiner la pierre avec attention pour la déchiffrer et l’expliquer à leur tour, assurent que loin d’être écrite en caractères romains elle l’est en caractères gothiques, et que ce n’est pas là l’inscription citée par Bouche et par Pitton ; c’est tout simplement, disent-ils, une troisième copie de l’inscription : Christus rex venit in pace, Deus homo factus est !!! 70
Nous donnions, dans notre notice plus étendue sur l’église de Saint-Jean, la description du tombeau des comtes de Provence Alphonse II et Raymond-Bérenger IV, et de celui de la reine Béatrix de Provence, femme de Charles 1er d’Anjou, roi de Naples. Ne nous croyant pas en état de parler aussi dignement qu’il convient de ces superbes monuments, nous nous contentions de copier, avec citations de pages, de volume et surtout avec des guillemets, les descriptions qu’en a fait Millin dans son Voyage dans le midi de la France. Ce n’est plus le cas, dans cet abrégé de reproduire ces extraits de Millin ; chacun peut se procurer et lire son ouvrage, et à défaut, le tome V des Mémoires de l’académie d’Aix, où on les retrouvera, à quelques changements près, dans les expressions qui n’empêchent nullement de reconnaître dans quel auteur ils ont été copiés. 71
Aucune ville de la langue de Provence, peut-être même de la France entière, Paris excepté, n’a fourni autant de chevaliers à l’ordre de Malte que la ville d’Aix. Nous en comptons plus de trois cents sur la Liste générale des chevaliers reçus ou présentés dans l’Auberge 72 de Provence, depuis l’année 1513 jusqu’en l’année 1795 inclusivement ; liste authentique, composée de trois mille deux cent vingt-sept noms, conservée à Aix, chez MM. les chevaliers de Lestang-Parade. 73 Dans ce nombre ne sont compris que les chevaliers de justice proprement dits, et nullement les frères chapelains, non plus que les servants-d’armes, formant la seconde classe des membres de l’Ordre.
Parmi les chevaliers portés sur cette liste, un grand nombre étaient parvenus aux plus hautes dignités de l’Ordre, telles que celles de grands-commandeurs, chefs ou piliers de la langue de Provence, de grands-prieurs de Saint-Gilles ou de Toulouse, de baillis de Manosque, etc. Un bien plus grand nombre étaient devenus commandeurs, et la plupart faisant leur résidence à Aix, y répandaient des revenus considérables qui joints à tant d’autres, augmentaient l’opulence et l’éclat dont cette ville jouissait avant la révolution.
Ceux des chevaliers qui mouraient à Aix, étaient enterrés à Saint-Jean, et lorsque Louis XVI prohiba les inhumations dans les églises en 1776, le prieur Joseph-Félix Alpheran fit construire, dans la cour située auprès de la sacristie, une chapelle sépulcrale en pierres de taille, au-dessous de laquelle étaient des tombes où furent ensevelis les chevaliers jusqu’en 1792. Celles-ci ont été détruites depuis, ainsi que la chapelle, et les ossements transportés au cimetière commun de la ville.
Les registres mortuaires de Saint-Jean ne remontant pas bien haut, nous regrettons de ne pouvoir donner les noms de tous les grand’croix de l’Ordre qui reposent dans cette église. Voici ceux que nous avons pu découvrir appartenant aux derniers temps.
F. Vincent de Forbin-la-Fare, né à Aix en 1611,grand-prieur de Toulouse, mort en 1688. 74
F. François-Antoine de Croze-Lincel, né à Aix en 1651, bailli de Manosque, mort en 1731.
F. Vincent-Sauveur de Gaillard, né à Aix en 1663, grand-prieur de Saint-Gilles, mort en 1745.
F. Antoine d’Albertas-Dauphin, né à Aix en 1678, grand-prieur de Toulouse, mort en août 1766.
F. Jacques-Armand de Vachon-Belmont, natif de Grenoble, grand-prieur de Toulouse, mort en novembre 1766.
F. Joseph d’Olivary, né à Aix en 1682, grand-prieur de Toulouse, mort en 1767.
F. Joseph d’Albert du Chaine, né à Aix, bailli de Manosque, mort en 1774.
F. Nicolas de Cabre-Roquevaire, natif de Marseille, bailli de Manosque, mort en 1784. 75

A la suite de ces noms on sera peut-être curieux de connaître ceux de quelques autres hauts dignitaires de l’Ordre qui, nés à Aix, n’y sont pas morts cependant, tels que les suivants :
F. André de Tressemanes-Chastueil, né en 1653, lieutenant-général et commandant en Dauphiné, mort à Grenoble en 1718. 76
F. Joseph-Sauveur de Foresta-Collongue, né en 1653, grand-prieur de Saint-Gilles et chef d’escadre des galères de France, mort à Marseille en 1737.
F. Claude de Simiane-la-Coste, né en 1673, grand-prieur de Toulouse, mort à… vers 1750. 77
F. Joseph-François de Piolenc, né en 1681, grand-prieur de Saint-Gilles, mort à… en 1757.
F. Henri-Augustin de Piolenc, né en 1687, grand-prieur de Saint-Gilles, mort à… vers 1765.
F. Paul-Augustin de Rolland-Beauville, né en 1699, grand-prieur de Saint-Gilles, mort à… vers 1780.
F. Louis-Nicolas-Victor de Félix du Muy, né en 1711, mort en 1775, étant chevalier-commandeur de l’ordre du Saint-Esprit, maréchal de France et ministre de la guerre. 78
F. Antoine de Lestang-Parade, né en 1716, grand-prieur de Saint-Gilles, mort à Arles en 1786.
F. Pierre-André de Suffren-Saint-Tropez, né en 1729 à Saint-Cannat, d’une famille d’Aix, bailli, grand’croix de l’Ordre, chevalier-commandeur de celui du Saint-Esprit, vice-amiral de France, mort à Paris en 1788. 79
F. François-Henri de Guiran-la-Brillane, né en 1727, bailli, grand’croix, mort à Paris en 1790 ou 91, étant ambassadeur de l’Ordre à la cour de France. 80
F. Pierre de Lombard-Montauroux, né en 1731, dernier grand-commandeur de l’Ordre, chef ou pilier de la langue de Provence. Il se trouvait à Malte lors de la capitulation de l’île en 1798, et s’attacha à la fortune du grand-maître Ferdinand de Hompech qu’il suivit d’abord à Trieste, puis à Montpellier où celui-ci mourut, et où nous croyons qu’il mourut lui-même. Il fut le dernier mâle de sa famille.
Les biens que l’ordre de Malte possédait en France, ayant été déclarés domaines nationaux au mois de septembre 1792, ceux appartenant à la commanderie et au prieuré d’Aix, ne tardèrent pas à être vendus. Un curé et des vicaires, membres du clergé constitutionnel ou assermenté, furent établis dans l’église et dans la maison prieurale de Saint-Jean et les occupèrent pendant quinze ou dix-huit mois environ, au bout desquels la Nation, qui les avait créés, les mit dehors elle-même, ne voulant plus d’aucune religion. La plupart d’entre eux allèrent alors sacrifier leurs lettres de prêtrise sur l’Autel de la patrie au club des Frères Anti-Politiques républicains, et quelques-uns se marièrent. C’est à cette époque que furent abattus et réduits en poudre les mausolées des anciens souverains provençaux qui se trouvaient à Saint-Jean et dans d’autres églises de la ville, telles que Saint-Sauveur, Saint-Barthélemy, etc. Celle de Saint-Jean fut convertie en magasin de fourrages et entièrement dévastées mais quelques huit ou dix mois après la mort de Robespierre, l’exercice du culte catholique par des prêtres non assermentés revenus d’Espagne ou d’Italie, y fut toléré momentanément.
Un régime de demi-terreur s’étant de nouveau établi sous le directoire exécutif, l’église, la maison prieurale et les jardins de Saint-Jean, échappés jusqu’alors à la vente des domaines nationaux, furent enfin exposés aux enchères comme tels, dans les premiers jours de mai 1798, et adjugés à un particulier au prix énorme d’un million soixante-trois mille francs. Mais ce particulier jouait la comédie, car il n’avait pas un sou à lui pour payer son acquisition. Instruit qu’une association de citoyens pieux s’était formée dans l’intention de conserver ces édifices pour de meilleurs temps, et qu’elle s’était vantée fort imprudemment qu’elle pousserait les enchères plus haut que personne, il les poussa lui-même, et lorsque l’adjudication eut été prononcée en sa faveur, il vint offrir aux chefs de l’association de faire une déclaration de commande au nom de celle-ci, moyennant douze ou quinze cents francs de pot-de-vin pour lui, avouant que si dès l’ouverture de l’enchère on se fût entendu avec lui, on aurait obtenu l’adjudication au prix de cinquante ou soixante mille francs au plus, la mise à prix n’ayant été que de trente mille francs. La sottise était faite ; il n’y avait plus moyen de reculer. Il fallut en passer par là, sous peine de voir démolir l’église et la maison prieurale dont la valeur des matériaux eût servi à l’adjudicataire pour payer le montant du prix d’achat à la nation. Le tout n’était pas payable en argent. Une partie l’était aussi en bons de deux tiers mobilisés et une autre partie en tiers consolidé ; bref, il n’en coûta définitivement à l’association qui se substitua au premier adjudicataire, en sus du pot-de-vin donné à celui-ci de la main à la main, que la somme de cinq cent treize mille francs en valeur réelle. 81
M. Champion de Cicé, archevêque d’Aix, nommé en suite du Concordat conclu en 1801 entre la France et le Saint-Père, étant arrivé au mois de juillet 1802, les propriétaires de l’église de Saint-Jean se hâtèrent de la mettre à sa disposition, et le nouveau prélat l’érigea aussitôt en succursale, qui, depuis, a été convertie en église paroissiale sous le titre de Saint-Jean-Baptiste intra muros.
Dès l’année 1813, le conseil municipal considérant que depuis longtemps ces propriétaires ne retiraient aucune indemnité des sacrifices énormes qu’ils avaient faits en 1798 pour la conservation de l’église de Saint-Jean, leur alloua une somme annuelle de huit cents francs, à titre de loyer, qui leur a été payée jusqu’en 1824. A cette époque, le roi Charles X ayant autorisé la ville d’Aix à acheter l’église, la maison prieurale et les jardins de Saint-Jean au prix de quarante mille francs convenu avec les propriétaires, le contrat de vente en fut passé, le 29 Janvier 1825, devant Me Bayle et son collègue, stipulant pour la ville M. Louis-Jules-François d’Estienne du Bourguet, maire, chevalier de la Légion-d’Honneur, etc.
M. le comte Christophle de Villeneuve-Bargemont était alors préfet du département des Bouches-du-Rhône. Il eut la généreuse pensée de faire rétablir le tombeau des comtes de Provence Alphonse II et Raymond-Bérenger IV, détruits à la fin de 1795 ; une souscription fut ouverte à cet effet, à la tête de laquelle voulut se placer le roi Charles X. Le département et la ville d’Aix contribuèrent aussi, et l’ouvrage confié à l’habile ciseau de M. Sébastien Pezetti, sculpteur de cette ville, étant achevé, la reconnaissance des ossements de ces anciens souverains, conservés miraculeusement depuis la profanation de leur mausolée, eut lieu le mardi, 11 novembre 1828, dans l’église de Saint-Jean, par M. de Villeneuve, préfet du département et commissaire du roi, Mgr. de Bausset, archevêque, M. le premier président de Sèze et autres personnes de distinction.
Le lendemain 12, dans la matinée, M. le commissaire du roi se rendit de nouveau à Saint-Jean, accompagné de tous les hauts fonctionnaires ecclésiastiques, civils et militaires du département et suivi d’une foule innombrable de citoyens de toutes les classes. Une chapelle ardente, où était déposé le cercueil renfermant les ossements reconnus la veille, avait été disposée dans l’église, et après un discours de Mgr l’archevêque et une grand’messe de requiem célébrée par Mgr de Posada, ancien évêque de Carthagène et de Murcie, qui faisait sa résidence à Aix en ce temps-là, l’inauguration du monument fut faite solennellement par M. le commissaire du roi. Le cercueil y fut transporté processionnellement et l’entrée en fut scellée aussitôt. 82 C’est ce monument que nous voyons aujourd’hui à Saint-Jean ; mais celui de la reine Béatrix n a jamais été rétabli et ne le sera probablement jamais.

Dans le dernier chapitre général tenu à Malte en 1777, la commanderie d’Aix avait été taxée, pour sa cotisation aux charges de l’Ordre, à raison d’un revenu annuel de vingt-un mille livres, et le prieuré de Saint-Jean sur un de dix mille. Ce dernier revenu est le même que celui dont jouissent actuellement les évêques de France, depuis le rétablissement du culte en 1802.
1 Voyez le Mémorial d’Aix du 10 avril 1843, art, la Tour d’Aygosi, et celui du 17 décembre suivant, art. rue Cardinale, où cette publication est annoncée. Retour

2 L’époque certaine de l’établissement des Hospitaliers à Aix n’est pas connue ; mais elle a été regardée de tout temps comme antérieure à celle des Templiers. Or, il est positif qu’une bulle du pape Adrien IV, de l’an 1454, citée partie Haitze, en son Histoire d’Aix, liv. III, § 35, parle des Templiers connue récemment établis à Aix, d’où il suit que les hospitaliers l’avaient été avant l’épiscopat de Hugues de Montlaur, qui siégea de 1166 à 1178, suivant tous les auteurs. Retour

3 Nous entendons ici par le mot Prieur, non pas le chef de plusieurs commanderies, tels que les Prieurs de Saint-Gilles et de Toulouse dans la langue de Provence, qu’on appelait aussi Grands-Prieurs, mais le chef spirituel des prêtres attachés au service de l’église de Saint-Jean et qui les présidait dans l’exercice des fonctions sacerdotales. Retour

4 Voyez notre 1er volume, pag. 11Retour

5 Les noms de commanderie et de commandeur dérivent des mots commendamus tibi, employés dans les commissions données par le chef de l’Ordre à ceux des chevaliers qu’il chargeait d’administrer une partie des biens de celui-ci. Ces commanderies furent ensuite rangées sous divers prieurs, qu’on appela plus tard grands-prieurs, chargés d’en faire la visite, et d’envoyer à la terre sainte, en troupes ou en argent, les contributions ordinaires de chaque commanderie de son prieuré. On voit par là que ces prieurs ou grands-prieurs n’avaient absolument aucun rapport avec les chefs spirituels des prêtres desservant les églises de l’Ordre, quoique ceux-ci portassent aussi le titre de prieurs, tel que celui de Saint-Jean d’Aix. Retour

6 Archives du roi en Provence, regist. pergamenorum, f° 66. – H. Bouche, Histoire de Provence, in-f° tom. II, pag. 241. – J. Raybaud, Histoire du Grand-Prieuré de Saint-Gilles, manuscrit de la bibliothèque Méjanes, in-f° tom. 1er, pag. 126, etc. Retour

7 Les sacs N, O, P, Q et R des archives du prieuré sont remplis en grande partie d’actes portant élections de sépulture dans le cimetière de Saint-Jean, ou d’offrandes d’âme et de corps à l’église de Saint-Jean, pour l’amour de Dieu, de la sainte Vierge, de saint Jean-Baptiste, etc. Les offrants se mettent à genoux devant le prieur, et, les mains jointes, promettent de garder et défendre de tout leur pouvoir les biens de cette église ; et le prieur les reçoit comme confrères et participant à toutes les prières qui seront faites tant sur terre que sur mer. Retour

8 Archives du prieuré, sac Z, n° 1 et Histoire d’Aix , liv. III, § 47, par de Haitze, à qui son ami, lit prieur Viany, parait avoir ouvert ses archives. Retour

9 Archives du prieuré, sac &, n°5. Retour

10 Voyez notre 1er vol., pag. 12Retour

11 Pitton, Annales de la sainte église d’ Aix, in-4°, pag. 118.- J. Raybaud, Histoire de prieuré de Saint-Gilles, tom. 1er, pag. 136. – Procès-verbal de visite de l’église et prieuré de Saint-Jean d’Aix, du mois de janvier 1613, f° 334. Nous parlerons plus bas de ce curieux procès-verbal que des auteurs qui le citent n’ont jamais lu ni même vu. Retour

12 Archives du prieuré, sac N, n° 5. Retour

13 Voyez la lettre du pape à Charles 1er, dans l’Histoire des comtes de Provence, par Ruffi, Aix, 1654, in-f° pag. 213. Retour

14 Archives du Prieuré, sac z, n°3. Cet acte de consignation fut reçu par Rostang Gantelmi, notaire, issu de famille noble, le jour des calendes d’avril 1278. Retour

15 Archives du prieuré, sac Z, n° 4. Retour

16 Archives du roi en Provence, regist. Carolus II, n° 292. Retour

17 Il fut enterré dans le cimetière de Saint-Jean, suivant l’élection qu’il y avait faite de sa sépulture, le jour des calendes de mars 1280. Archives du prieuré, sac Z, n° 22. Retour

18 Histoire du grand-prieuré de Saint-Gilles, par J. Raybaud , tom. 1er pag. 194 et suiv. Retour

19 Voyez notre 1er vol., pag. 18 et suiv., 146452466 et suivRetour

20 Archives du prieuré, sac Z, n° 8. Archives du roi en Provence, arm. A, regist. Lividis, f° 319. Retour

21 Archives du prieuré, Sac Z, n° 11. Retour

22 Archives du prieuré, et Gaufridi, Hist. de ProvRetour

23 Archives du prieuré, sac DD, n° 5. Retour

24 Vertot, histoire de Malte, in-4°, tom. II, pag. 35. Retour

25 Vertot , ibid. – Baudoin, Hist. des chevaliers de l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem, in-f°, 2e édit., pag. 64. Retour

26 J. Bosio, dell’ Istoria della sacra religione et illma militia di san Giovanni Gerosolimitano, édition du vatican, 1594, in-f°, parte seconda, pag. 49. – J. Raybaud, Hist. du grand-prieuré de Saint-Gilles, tom. 1er, pag. 275. Retour

27 Elzéard Grassi, Jean Grassi, notaires, et Jacques Grassi étaient syndics d’Aix, en 1381, 1385, 1416 et 1421. Bertrand Grassi y était notaire en 1425, 26 et 27, après Jean son père. Depuis lors, les Grassi avaient continué de vivre honorablement dans Aix jusqu’au milieu du XVIIIe siècle. Un Jean-Louis Grassi se qualifie de conseiller et médecin ordinaire du roi, dans un acte de 1645 que nous avons sous les yeux. Joseph et Jean-Louis Grassi, troisièmes consuls d’Aix en 1697, 1730, 1743 et ann. suiv., paraissent avoir été les derniers mâles de cette famille dont les armes étaient d’argent au cœur enflammé de gueules, au chef d’azur chargé de trois étoiles d’or. On connaît, aux environs de la ville, au-dessous du faubourg Notre-Dame, une domaine important qui porte encore leur nom pour leur avoir appartenu. Retour

28 Visites générales des commanderies dépendantes du grand-prieuré de Saint-Gilles, aux archives de ce grand-prieuré, actuellement réunies à celles de la préfecture à Marseille, ann. 1613 , tom. 1er, pag. 335 , où le prieur de Naberat cite le registre des archives de Malte, intitulé Liber Bullarum, f° 39. Ce dernier registre nous paraît être le seul titre à consulter pour décider si le prieur de l’église de Rhodes dont il est question s’appelait Gautier ou Bernard Grassi. Retour

29 Vertot, Hist. de Malte ; Traité sur le gouvernement de l’Ordre, à la suite de cette histoire. Retour

30 Bosio, parte terza, pag. 213 et 351 ; Baudoin, pag. 362 et 425. Retour

31 Bosio, parte seconda, pag. 122 ; Baudoin, pag. 90. Retour

32 Vertot, in-4°, liv. VI, tom. II, pag. 175. Retour

33 Voyez notre 1er vol. pag. 318, not. 3Retour

34 J. Raybaud, tom. 1er , pag. 329, et tom. II., pag. 242 et suiv. Retour

35 J Bosio, parte seconda, pag. 127 ; Baudoin, pag. 91; et Vertot, in-4°, tom II, pag. 176. Retour

36 Voyez notre 1er vol., pag. 520 et suiv. jusqu’à 527 inclusRetour

37 Voyez tous les historiens de l’Ordre sous l’année 1480, et J. Raybaud, Hist. du grand-prieuré de Saint-Gilles, tom. 1er, pag. 381. Retour

38 Archives de la commanderie d’Aix, actuellement réunies avec celles du prieuré d’Aix, du grand-prieuré de Saint-Gilles, etc., aux archives de la préfecture à Marseille. Retour

39 Le prieur Viany cite cet arrêt dans l’un de ses mémoires imprimés contre le bailli de Merles-Beauchamp, commandeur d’Aix, adressé à monseigneur l’éminentissime grand-maître ( in-f° pag. 12), et après en avoir rapporté quelques dispositions, il ajoute : et autres choses qu’on obmet par modestie. Ces derniers mots ayant un jour piqué notre curiosité, nous recourûmes au premier registre des arrêts rendus par le parlement en 1542, où se trouve celui dont nous parlons et nous lûmes:  » Sur la requeste faicte judiciellement par le procureur-général du roi, contenant que en receptant les papiers dudit seigneur, il aurait trouvé que l’église Saint-Jehan en ceste ville d’Aix estait de fondation royale et en icelle se doivent faire aulmones suivant les légats faits en ladicte église, et aultres charges d’icelle, ce que ne faisoient les commandeurs et aultres gens qui se tiennent en ladite église, ains tiennent femmes impudiques, et requiert, etc. La Cour a ordonné et ordonne que les prieur et commandeur de ladicte église Saint-Jehan seront adjournés à venir deffendre à la requeste dudict procureur-général à quinzaine, etc., et a, ladicte cour, admonesté et enjoint à iceulx prieur et commandeur de faire dire les messes et aultres heures canoniales et tenir l’église garnie des choses nécessaires, et néanmoins de faire vivre honnestement ceulx qui sont par eux députés au service de ladicte église, ainsi qu’il appartient à gens de leur estat.  » Le lecteur voudra bien décider lui-même, d’après cette citation, si notre conjecture est fondée ou non ; car, nous le répétons volontiers, elle est uniquement appuyée sur l’arrêt que nous venons de rapporter et nul auteur n’en dit le moindre mot. Retour

40 Voyez aux archives du prieuré, notamment la transaction du 8 juillet 1656, passée devant André, notaire, à Aix, ratifiée le 15 septembre suivant par le chapitre général du grand-prieuré de Saint-Gilles ; et celle du 30 juillet 1669, devant Claude Alpheran, aussi notaire, à Aix. Retour

41 Mémoires de l’académie d’Aix, tom. V, pag. 201 à 308. Retour

42 Ibid, pag.339, not. 1. Retour

43 Archives du grand-prieuré de Saint-Gilles, réunies à celles de la préfecture à Marseille, tom. 1er des visites générales de 1613, f° 295 et suiv. jusqu’au f° 337 inclusivement, où se trouvent les signatures : F. de Mauléon, le commandeur de Ville-Jésus, F. A. de Naberat et Raybaud ; not. et secretRetour

44 Le commandeur de Mauléon parle seul ici, attendu qu’il s’agit d’un bénéfice de son collègue le prieur de Naberat qui fait la déclaration, laquelle, dans tous les autres cas, est faite aux deux délégués du grand-prieur. Retour

45 Voyez notre 1er vol., pag. 18 et suiv., et ci-dessus, pag. 303. Retour

46 Il faut se rappeler que ce procès-verbal est de 1613, antérieur de trente-trois ans à la clôture de l’église de Saint-Jean dans la ville. Retour

47 Antiquités nationales, etc., par Millin, cinq vol., in-4°, Paris, 1791, tom. III, art. XXXIII (Commanderie de Saint-Jean-en-l’Isle, départ. de Seine-et-Oise, dist. de Corbeil ; trente-deux pages avec cinq planches). Là se trouve la liste des vingt-neuf prieurs de Saint-Jean-en-l’lsle de Corbeil, connus depuis 1239 jusqu’à la révolution. Ils ne portaient la mitre et la crosse que depuis 1450 environ. Retour

48 Voyez ci-dessus, pag. 302Retour

49 Ce petit tombeau fut transporté, sous le prieur Viany, dans la chapelle du comte Raymond-Bérenger, où il est encore en face de l’autel actuel de la Sainte-Vierge. On l’a transformé en armoire. Retour

50 L’historien moderne de Saint-Jean prétend que la sépulture commune des prieurs était dans la chapelle de la reine Béatrix, dans le transsept du sud (Mém. de l’acad. d Aix tom. V, pag. 242 et 268). C’est une erreur. Les prieurs et les commandeurs avaient toujours eu la même sépulture, comme le dit ici le prieur de Narebat, située au milieu du chœur, jusqu’au jour où le prieur Viany fit déplacer ce tombeau pour élever le grand autel au même lieu. Retour

51 Le prieur de Naberat dit, dans la chronologie des prieurs de Saint-jean, que cette chapelle des onze mille vierges fut fondée par le grand-prieur de Capoue, Isnard de Albarno, sous le prieur Jacques de Clerio. Retour

52 Il y a ici une erreur évidente quant à l’année. Raymond-Bérenger mourut en 1245 à son retour du concile général de Lyon, où il reçut la rose d’or des mains du pape Innocent IV. C’est ce dont conviennent tous les auteurs. La date du 19 août qu’ils rapportent est moins certaine, et celle du jeudi après la saint Luc que donne ici Naberat, mérite attention ; car c’était anciennement, jusqu’à la révolution, le premier jeudi après la saint Luc que le chapitre de Saint-Sauveur allait célébrer annuellement un service pour le repos de l’âme du comte Raymond-Bérenger, dans l’église de Saint-Jean, où il était obligé de porter tous les vases sacrés et ornements nécessaires, le prieur ne lui fournissant absolument rien pour cela, pas même le feu pour allumer les cierges. Retour

53 Il est fâcheux que M. de Saint-Vincens ait dit par inadvertance (Mém. msst sur les églises, monuments, etc., de la ville d’Aix, que cette statue était celle de Béatrix de Savoie, femme de Raymond-Bérenger IV. Millin l’a dit, d’après lui (Voyage dans le midi, tom. II, pag. 288), et l’historien moderne de Saint-Jean l’a répété (Mém. de l’acad. d’Aix, tom. V, pag. 234), sans faire attention, les uns et les autres, que la statue porte une couronne de reine, ce qui indique la reine de Naples, Béatrix de Provence, plutôt que la comtesse Béatrix de Savoie, sa mère. H. Bouche (Hist. de Prov., in-f°. tom. II, pag. 287) ne s’y était pas trompé non plus que Naberat. Retour

54 Chacun peut aisément reconnaître là les armoiries de l’illustre maison de Villeneuve, et l’on ne comprend pas comment l’historien moderne de Saint-Jean y a vu celles des grands-prieurs de Saint-Gilles (Mém. de l’acad. d’Aix, tom. V, pag. 252). Celles-ci étaient un agneau pascal avec sa banderolle, telles qu’on les voit encore à la clef de voûte de la dernière travée de la nef de Saint-Jean dans le chœur. Retour

55 Ces autels étaient situés dans la nef l’un, celui de saint Antoine, en avant de la chapelle actuelle où se trouve la petite porte de l’église ; l’autre, celui de saint Blaise, en avant de la chapelle actuellement dédiée au même saint, fondée par l’avocat Jacques Viany, père du prieur Viany. Retour

56 On voit ici que ce n’est pas seulement vers 1680 que cette chapelle fut dédiée à Notre-Dame d’Espérance, comme le dit l’historien moderne (pag. 265) : elle l’était plus anciennement. C’est celle qu’avait fondée et où fut enterré, en 1347, non pas le chevalier Grossis, mais le professeur en droit civil, François de Grossis, chevalier, ce qui n’est pas la même chose. Le testament de ce personnage existe aux archives du prieuré, sac O, n° 17, et par copie au sac AA, n° 15, à la date du 4 avril 1347, Jean Bastardi, notaire. Noble François de Grossis, chevalier, professeur en droit civil, fils de Barthélemy de Grossis, élit la sépulture de son corps dans l’église de Saint-Jean ; fait des legs à Douce de la Lande, sa femme ; à noble Catherine de Grossis, sa fille, femme de noble Raymond Bossi, de la ville d’Apt ; à N…. de Grossis, soit autre fille, femme d’Elzear d’Allamanon, demeurant à Puyricard, outre les douze cents florins qu’elles ont reçus en dot lors de leur mariage ; nomme sa femme tutrice et régente de Jean et Louis de Grossis, ses fils, auxquels il substitue Barthélemy et Georges de Grossis, ses neveux, et au cas où ceux-ci mourront sans enfants, leur substitue ses dites filles, susnommées ; veut que ses armes soient gravées sur sa tombe ; fonde deux chapelles dans l’église de Saint-Jean et l’établissement de deux prêtres pour les desservir, avec le consentement du prieur, etc.. etc. Ce testament indique, ce nous semble, une fortune considérable chez le testateur. – Voyez au tom. 1er, p. 172, note 1, 218 et 283. – Noble Jean de Grossis, l’un des fils de François, s’en allant au Saint-Sépulcre, institua pour ses héritiers ses enfants à naître, et leur substitua Louis de Grossis, son frère, religieux de Saint-Honoré de Lérins et prieur de la Napoule, établissant Phanette, sa femme, exécutrice de son testament reçu le 2 octobre 1363, par Antoine Henrici, notaire. Archiv. du prieuré, sac O, n° 21. Guillaume Barrel, et non Barret comme le dit le moderne historien de Saint-Jean (pag. 266), avocat très distingué, issu d’un Honoré Barrel, assesseur d’Aix en 1492, se chargea, sous le prieur Viany, des frais de la restauration de cette chapelle dans laquelle il élut sa sépulture et celle de sa famille, et où il fut enterré en effet en 1687. Joseph Barrel son fils, assesseur d’Aix en 1685, y fut enterré aussi en 1711. Celui-ci avait épousé Anne de Pontevès, d’où est venu que leurs descendants ont pris le nom de Pontevès et mis de côté celui de Barrel. Retour

57 Nous avions perdu de vue ce passage, lorsque, aux mois de mai et de juin 1843, nous indiquâmes assez maladroitement à messieurs les Membres de la commission d’archéologie, nos confrères, la chapelle du transsept du sud de l’église de Saint-Jean, comme celle où le tombeau et la statue en pierre du grand-prieur Dragonet de Montdragon auraient été enfouis sous l’autel, en 1693, par ordre du prieur Viany. L’épitaphe de ce grand-prieur, placée dans cette chapelle où elle est encore aujourd’hui et quelques phrases assez embarrassées de de Haitze et de Jean Raybaud, avaient causé notre erreur que nous rectifions ici, en indiquant l’autel de la chapelle actuellement dédiée à saint Roch, saint Sébastien et saint Bernardin (c’est-à-dire la troisième chapelle, à droite en entrant à Saint-Jean par la porte principale et qui fait face à celle où s’ouvre la petite porte), comme étant celui où sont enfouis les monuments en question, à moins qu’on ne les ait découverts et détruits lors de la dévastation des églises pendant la révolution, ce que nous ignorons complètement. – Voyez le Rapport sur les fouilles d’antiquités faites à Aix, en 1843 et 1844 ; Aix, Vitalis, 1844, in-4°, pag. 19 et suiv. – Voyez aussi les feuilles du Mémorial d’Aix des mêmes mois de mai et de juin 1843, n° 55, 57, etc. Retour

58 Nous regrettons que l’historien moderne de Saint-Jean n’ait pas connu ce procès-verbal de visite de 1613 ; il nous aurait appris sans doute à quel usage pouvait servir ce puits faict en rond en pierres de taille, de bonne eau, claire et nette, ouvert au milieu de l’église. Retour

59 Voyez ci-après, l’article de ce prieur dans la Chronologie des prieurs de Saint-JeanRetour

60 Pitton, Annales de la sainte église d’Aix, pag. 304 et 305. Retour

61 De Haitze, Hist. d’Aix, manusc., liv. 25, § 4. – Voyage de Malte, par Dumont (tom. II, de ses voyages, pag. 23), où, après avoir parlé de la dignité de grand-prieur de l’église, il ajoute :  » Celui qui la possède aujourd’hui (1697) est  » Provençal, de la ville d’Aix d’un nom qui n’est pas connu hors de son quartier, bien que d’ailleurs il soit très honnête homme.  » En effet, le grand-prieur de l’église comme l’évêque de Malte, étaient tirés du rang des chapelains et appartenaient la plupart à des familles bourgeoises, quoiqu’ils fussent les premiers grand’croix de l’Ordre après le grand-maître, leur dignité les relevant du défaut de naissance, à defectu natalium, suivant les expressions de l’abbé de Vertot dans sa Dissertation sur le gouvernement de l’Ordre de MalteRetour

62 De Haitze, Hist. d’Aix manusc., liv. 25, § 59. – Le chevalier Luc de Boyer d’Argens, Réflexions politiques sur l’état et les devoirs des chevaliers de Malte, pag. 99 et suiv., où l’auteur s’exprime ainsi  » Le dernier grand-prieur de l’église était un homme d’un mérite distingué, dont le nom et la mémoire doivent être éternellement respectables à tous les chevaliers ; il s’appelait Alpheran. Il est mort dans un âge très avancé et a laissé deux neveux dans l’Ordre ; l’un, est évêque de Malte et a toutes les vertus de son oncle ; il est, ainsi qu’était ce sage vieillard, pieux, charitable, affable, cherchant à obliger tout le monde, rendant même des services à ses ennemis et joignant l’esprit le plus orné à toutes les plus excellentes qualités du cœur ; l’autre, prieur de la Commanderie de Saint-Jean, à Aix en Provence, n’est pas moins estimable que son frère et moins digne d’un oncle aussi illustre.  » – A L’égard de ces deux derniers, voyez ci-après la Chronologie des prieurs de Saint-JeanRetour

63 Vertot, Hist. de Malte, in-4°, tom. IV, pag. 220.-MM. les chevaliers Alexandre et Melchior de Lestang-Parade, arrière-petits-neveux par leur mère du chevalier de Ricard, possèdent une médaille frappée à cette occasion, où ce dernier est représenté d’un côté, avec cette légende autour F. SEXTUS ANGELUS DE RICARD MILES HOSPITALIS HIE : TRIREMIS MAGIST : PREFECTUS. Le revers offre les armoiries du chevalier, entourées du cordon et des attributs de l’Ordre, avec cette exergue : PREMIUM IN EXPUGNATIONE SULTANAE BENGHEM, ANNO SALUTIS M DCC. Nous n’en connaissons à Aix pas d’autre exemplaire que celui-là. Ce glorieux étendard a disparu pendant la révolution, lorsque l’église fut dévastée. Retour

64 Mém. de l’acad. d’Aix, tom. V, pag. 282 et suiv. – Gallaup de Chastueil, Disc. sur les arcs triomph. dressés en la ville d’Aix pour les ducs de Bourgogne et de Berri, Aix, 1701, in-f°, pag. 73. -De Haitze, Hist. d’Aix manusc., liv. 25, § 6.- Quant aux mémoires du bailli de Beauchamp (Merles et non Merlès) et du prieur Viany, on les trouve dans tous les anciens recueils de factums des vieilles bibliothèques d’avocats. Ils nous paraissent peu dignes de l’honneur qu’on leur promet de les faire réimprimer, d’autant mieux qu’ils sont remplis de fautes d’impression propres à induire en erreur ceux qui y puiseraient des dates et des noms, sans les comparer avec des documents plus authentiques et plus certains. Retour

65 Mém. de l’acad. d’Aix, tom. V, pag. 221 et 297 not. 1. Retour

66 Voyez le Mémorial d’Aix du 3 octobre 1840, art. rue Cardinale, en réponse à un article du précédent numéro, intitulé : lou clouchié de San-Jean. C’est dans celui-ci qu’on peut lire une petite pièce de vers provençaux qui nous paraissent peu faits pour entrer dans un ouvrage sérieux et qu’on trouve néanmoins dans le tom. V des Mém. de l’acad. d’Aix, pag. 296 et 297. – Il est surprenant que personne, avant nous, n’ait parlé de ces inscriptions. Retour

67 Mém. de l’acad. d’Aix, tom. V, pag. 298, in fine, 299 et 300. Retour

68 Chorographie et histoire de Provence, in-f°, tom. 1er, pag. 198. Retour

69 Hist. de la ville d’Aix, in-f°, pag. 635 et 664. Retour

70 C’est ainsi que nous venons de le reconnaître nous-même récemment, et si l’historien moderne de Saint-Jean eût pris la précaution de revoir la pierre avant de faire imprimer sa notice, il ne fût pas tombé dans une méprise aussi grossière que plaisante. Nous invitons les curieux à aller la vérifier sur place. Retour

71 Mém. de l’acad. d’Aix, tom. V, pag. 231, 236 et 278. – Au surplus, nous convenons bien volontiers que l’ouvrage dont nous venons de critiquer quelques passages, en renferme un plus grand nombre d’autres qui sont dignes de tous les éloges. On y trouve avec plaisir le recueil complet des inscriptions anciennes et modernes qui existaient jadis ou qu’on lit encore dans l’église de Saint-Jean, et même six vers d’Antonius Aréna, qu’on croit, au premier coup d’œil, être une belle inscription romaine, tant ils sont bien exposés (pag. 223), sauf le quatrième qui est faux. Enfin, la partie descriptive de l’ouvrage est parfaitement traitée, et si nous ne craignions que l’auteur ne nous accusât encore une fois d ‘être un homme dévoré par le dépit (celui sans doute que nous cause son œuvre), nous dirions que nul mieux que lui ne sait parler de trilobes, de transsepts et de choux-frisés. Retour

72 Le mot Auberge équivalait à celui de Langue dans l’ordre de Malte. Retour

73 Nous possédons une pareille liste parmi un grand nombre de pièces sur l’ordre de Malte et particulièrement sur le prieuré de Saint-Jean d’Aix. Celle-ci se trouve dans un registre in-f° manuscrit, que nous tenons de l’obligeance de l’honorable M. Bouteuil, doyen de la faculté de droit d’Aix, intitulé : Etat et inventaire général des archives de la vénérable langue de Provence, 1752, deux parties en un seul vol. de plus de mille pages ; mais le tout s’arrête à 1752. Retour

74 C’est lui qui fit construire à ses frais la première chapelle à droite en entrant dans l’église, où se trouvait la porte de communication avec la maison prieurale. Retour

75 Parmi quelques autres sépultures remarquables dans l’église de Saint-Jean, nous citerons, à la date du 21 août 1689, celle de Jean-François-Charles de Panola, âgé de trois ans, fils de feu noble Charles, petit-fils du roi de Madagascar et de dame Catherine des Essars de Cardon. On nous ferait plaisir de nous dire qui était ce petit-fils du roi de Madagascar qui vint mourir à Aix ; nous n’avons jamais su le découvrir, et le registre mortuaire ne dit rien de plus. Retour

76 Voyez au tom. 1er, pag. 545Retour

77 Il ne faut pas confondre, comme l’a fait l’historien moderne de Saint-Jean (tom. V des Mém. de l’acad. d’Aix, pag. 274), ce Claude de Simiane devenu grand-prieur de Toulouse en 1722, avec le fondateur de la chapelle du purgatoire dans l’église de Saint-Jean. Celui-ci était l’oncle du grand-prieur et se nommait Henri de Simiane, né à Aix en 1642, reçu dans l’Ordre en 1658. En 1704, le 17 décembre, il fit encore présent à l’église de Saint-Jean, d’une croix en diamants de la valeur de quatre mille livres environ, pour être placée au-dessus de l’ostensoire, laquelle croix ne se trouva plus valoir que huit cents livres le 10 octobre 1708, deux ans après la mort du donateur, par l’effet de quelque supercherie qu’il serait inutile d’approfondir. Henri mourut en 1706 et fut enterré, le 6 août, dans la chapelle du Purgatoire qu’il avait fondée, où reposaient déjà trois de ses frères comme lui chevaliers de Malte. Claude de Simiane, leur neveu, depuis grand-prieur de Toulouse, était né à Aix le 19 juin 1673, et n’avait ainsi que quinze ans lors de la fondation de la chapelle dont il est question, ce qui suffit pour prouver qu’il n’en est pas le fondateur. Retour

78 Voyez ci-après, rue Saint-MichelRetour

79 Voyez au tom. 1er, pag. 645Retour

80 Voyez au tom. 1er, pag. 543 et suivRetour

81 A cette époque la nation venait de rembourser les deux tiers de la dette publique en bons dits de deux tiers mobilisés, dont le taux n’était que de deux francs par cent francs à la bourse de Paris, et avait inscrit l’autre tiers sur le grand-livre, ce qu’on appelait le tiers consolidé, qui se vendait au prix de quinze ou seize francs pour cent francs. Les membres de l’association employèrent à cette acquisition leurs bons de deux tiers et leur tiers consolidé qui, négociés à la bourse à l’effet de parfaire le prix d’achat dans les proportions voulues par la loi, représentèrent pour eux en définitive ladite somme de cinq cent treize mille francs. – Ces membres étaient MM. Aubert-Mignard et Antoine Aubert, syndics, de Philip et de Callamand, anciens conseillers aux comptes, de Mayol-Saint-Simon, de Meyronnet-Châteauneuf, Pellicot, médecin, Vial et Roux-Alpheran (auteur de cette notice) ; mesdames Lieutaud épouse Pochet, de Calvy veuve de Joannis, Pazèry de Thorame veuve d’Eymar de Nans, Barrème veuve Brochier, et mademoiselle Tamisier. Retour

82 La cérémonie fut extrêmement longue, d’autant mieux qu’elle avait commencé par une première séance à l’Hôtel-de-Ville où M. le commissaire du roi avait prononcé un discours analogue la circonstance. Nous n’assistâmes qu’à celle qui eut lieu à Saint-Jean, et nous nous souvenons qu’un autre spectateur placé assez près de nous, dit à l’un de ses voisins-  » Croyez-vous que ce soit en l’honneur de Raymond-Bérenger qu’on nous fait ennuyer depuis deux ou trois heures ? pas du tout. C’est pour nous apprendre que Romée de Villeneuve était le ministre de ce prince, il y a six cents ans. « – En effet, les discours de M. le comte de Villeneuve et de M. l’archevêque de Bausset, son oncle, s’étaient fort étendus sur les hautes qualités de ce ministre. Retour

La+croix+de+Malte+est+omniprésente.

Eglise Saint Jean de Malte