APPARITIONS DE LA VIERGE MARIE, APPARITIONS ET MIRACLES, ASSOMPTION DE LA VIERGE MARIE, COTIGNAC (Bouches-du-Rhône), NOTRE-DAME DE GRACE (sanctuaire), VIERGE MARIE, VOEU DE LOUIS XIII (1637)

Le voeu de Louis XIII (1637)

Le Vœu de Louis XIII

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Un Roi, une Reine et toute une Nation implorent Dieu de donner un héritier au Trône

En 1615, âgé de 14 ans, Louis XIII épousait Anne d’Autriche qui était plus jeune encore. Selon la coutume, les époux royaux ne vivent guère entsemble, même plus tard; de surcroît, Richelieu tendra toujours, notre Pierre Delattre (4), à éloigner le Roi de la Reine, dont il craignait l’influence (en faveur de la paix). La Reine avait ses appartements au Louvre, et le Roi séjournait habituellement à Saint-Germain-en-Laye. Ceci n’affecta pas, d’ailleurs, la fidélité qu’Anne et Louis se promirent un jour.

On ne s’inquiéta donc pas de la stérilité de leur union avant plusiueurs années. Après 10 ans de mariage, la question commença à être préoccupante, ne serait-ce que d’un point de vue politique. La Reine priait beaucoup à cette intention. Hélas, en 1630 encore, elle « avait eu une grossesse qui n’avait pas plus abouti que les autres » (4). On eût dit qu’il faudrait un miracle. Le miracle eut lieu, après 22 ans de mariage, par l’intercession de Notre-Dame de Grâces, et c’est bien ainsi que les royaux parents le virent: il prénommèrent l’héritier « Louis Dieudonné » (c.-à-d. donné par Dieu). Mais voyons-en les circonstances.

Le  » Vœu » de Louis XIII se préparait…

En 1635, Louis XIII faisait alliance avec les Protestants de Hollande et envahissait la Belgique (les « Provinces-Unies »), catholique, unie à l’Espagne et alliée de l’Empire; la guerra allait durer près de 25 ans. En effet, la promenade militaire tourne mal: l’armée est proprement anéantie. Bientôt, c’est le tour des Impériaux d’envahir la France (1636-37), au point de menacer Paris. Le Roi qui, inquiet quand même, va prendre lui-même la direction des armées hâtivement rassemblées, fit alors le voeu de « fonder une lampe à perpétuité à Notre-Dame de Paris » (4) en cas de victoire; ce qui fut fait peu après (très prématurément, du reste: une bataille était gagnée, mais l’Espagne n’était pas vaincue pour autant. Peu importe pour nous).

L’idée de s’engager plus loin dans un voeu, de vouer le pays entier à Notre-Dame, était dans l’air. Tout le monde savait d’ailleurs que les Habsbourg catholiques, à qui l’on faisait la guerre, avaient consacré à la Vierge leurs personnes et leurs Etats; et qu’ils portaient son image peinte sur leurs étendars, et frappée sur leur monnaie… (4).

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… et s’accomplit à titre de remerciement…

Louis XIII lui-même, Roi pieux mais d’une piété pas très ouverte à l’universalisme chrétien et à la cause de la paix, avait déjà esquissé diverses formules de consécration, conseillé par son confesseur, le Père Caussin, les choses n’avaient pas été plus loin. Cependant, en novembre 1637, un texte était enfin soumit au Parlement; il sera signé par le Roi le 10 février 1638, en son château de St-Germain, puis enregistré comme loi: c’est le fameaux « VOEU DE LOUIS XIII » -, (qui sera rappelé chaque année en la fête de l’Assomption de Marie, le 15 août) -). Que s’était-il donc passé en cette période?

Le Père Caussin, selon sa biographie (4), poussa le Roi à promulguer la consécration de la France « aussitôt qu’on ne douta plus de la grossesse de la Reine » – en février 1638, celle-ci était enceinte de deux mois. C’est un élément. Par ailleurs, trois jours avant le 10 févirer, Louis venait d’envoyer au sanctuaire de Cotignac un Frère Augustin déchausssé de Paris, le frère Fiacre (1609-1684), avec son supérieur, pour qu’y « soit célébrée pendant neuf jours la sainte messe, précisait l’ordonnance royale, afin que, par l’offrande de ce grand sacrifice, il plaise à la Divine Bonté d’accorder à la Reine, son épouse, une heureuse lignée et et conduire à la fin désirée le fruit dont toute la France espère qu’elle est enceinte ». Le début de la lettre mentionnait « les grandes assistances que plusieurs femmes enceintes ont reçues pour la conservation de leur fruit par l’intercession de NOTRE-DAME DE GRÂCES ». (7-8)

Un Roi, et un Roi circonspect, ne pose pas d’actes officiels à la légère; il doit avoir quelque certitude. Laquelle et pourquoi? Il nous faut revenir en arrière, peu avant le mois de novembre 1637…

… pour une grâce que le Roi davait encore recevoir…

Le 27 octobre 1637, tandis qu’il était en prière avec ses confrères dans le choeur, le frère Fiacre, déjà mentionné, eut une soudaine révélation intérieure: la Reine devait demander publiquement qu’on fît en son nom trois neuvaines de prières à la sainte Vierge, et un fils lui serait donné: la première neuvaine à Notre-Dame de Grâces en Provence, la seconde à Notre-Dame de Paris, la cathédrale, et la troisième à Notre-Dame des Victoires, l’église de son couvent. Il faut savoir que, deux ans auparavant, encore jeune novice, Frère Fiacre avait reçu la même inspiration, mais avec moins de force et d’urgence. Une nouvelle fois, néanmoins, ses Supérieurs restèrent sceptiques et lui interdirent d’en parler. Ou alors, il faudrait amener une preuve…

Six jours plus tard, le 3 novembre vers les 2 heures du matin, le pieux Augustin dans sa cellule est tiré de sa prière par des cris d’enfant. Étonnement et frayeur: il se trouve en face de la Vierge Marie, qui lui montre sur ses bras un enfant vagissant:

« N’ayez pas peur, dit-Elle, je suis la Mère de Dieu, et l’enfant que vous voyez est le Dauphin que Dieu veu donner à la France ».

Et la vision dsparaît, puis se manifeste à nouveau un court moment, mais sans plus dire un mot. Enfin, deux heures plus tard, Marie se fit voir encore, mais seule, et dit:

« Ne doutez plus, mon enfant, de ce que vous avez déclaré à votre confesseur. Pour marquer que je veux qu’on avertissse la Reine de faire trois neuvaines en mon honneur, volà LA MÊME IMAGE qui est à Notre-Dame de Grâces, en Provence, et la façon de l’église ».

Et Frère Fiacre vit avec précision le tableau ainsi que le choeur où il se trouvait (comme aujourd’hui).

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Immédiatement mis au courant, ses Supérieurs qui, comme lui, ne s’étaient jamais rendu à Cotignac, consultèrent des amis qui avaient fait le pèlerinage: les descriptions correspondaient. Le 5 novembre, on rédigea un procès-verbal de tout cela, que toute la communauté des Augustins contre-signa (Le procès-verbal, les mémoires que Frère Fiacre rédigea par la suite, le procès-verbal même de l’ouverture de ces mémoires par Monsieur de Pompone, ministre de Louis XIV (après la mort dudit Frère) nous sont bien connus par la Vie du vénérable frère Fiacre, Paris, 1722, qui les cite in extenso. (7)), à l’intention du Cardinal de la Rochefoucauld. Car ces trois neuvaines étaient devenues une affaire d’Etat. Tôt informée, la Reine se mit à croire, dans la Foi, en la réalisation de ces promesses du Ciel transmises par Frère Fiacre. Son royal époux en entendit parler, de son côté. Mais l’avis du Cadinal était déterminant, et celui-ci se renseignait. Bref, le temps passait…

Insoucieux de toutes ces palabres et sous une forte inspiration intérieure, le 8 novembre 1637, Frère Fiacre avait déjà commencé les trois neuvaines au nom de la Reine. Celles-ci se terminèrent le 5 décembre suivant (la Reine l’apprit), soit, ainsi que le fait remarquer discrètement la biographie du vénérable Frère (8), « précisément neuf mois avant la naissance du future Roi Louis XIV »! Simple coïncidence? L’histoire nous apprend que non.

TEXTE DU « VOEU DE LOUIS XIII », conçu par le Roi comme un remerciement

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Le Roi commence par rappeler, d’une manière générale, les divers évènements de son règne dans lesquels s’est manifesté le secours du ciel, comme les divisions des partis, la rébellion protestante et les guerres étrangères; puis, il déclare que ne se trouvant pas assez digne de présenter lui-même ses remerciements à la Souveraine Majesté, il prend pour médiatrice de sa reconnaissance envers Dieu, Celle qui a été la médiatrice des bienfaits. C’est pouquoi il ajoute:

« A ces causes, nous avons déclaré et nous déclarons que, prenant la très sainte et très glorieuse Vierge Marie pour protectrice spéciale de notre royaume, nous lui consacrons particulièrement notre personne, notre État, notre couronne et nos sujets, et nous avertisssons le sieur Archevêque de Paris, et néanmoins lui enjoignons que tous les ans, fête et jour de l’Assomption, il fasse faire commémoration de notre présente déclaration à la grand’messe, qui se dira en son église cathédrale, et qu’après les vêpres dudit jour, il soit fait une procession en la dite église, à laquelle assisteront toutes les compagnies souveraines et les corps de ville, avec pareilles crérémonies que celles qui s’observent aux processions générales les plus solennelles; ce que nous voulons aussi être fait en toutes les églises, tant paroissiales que celles des monastères de la dite ville et faubourg, et en toutes les villes, bourgs et villages dudit diocèse de Paris. Exhortons pareillement les archevêques et évêques de notre royaume, et néanmoins leur enjoignons de faire célébrer la même solennité en leurs églises épiscopales, et autres de leurs diocèses, entendant qu’à la dite cérémonie les cours de Parlement et autres compagnies souveraines, et les principaux officiers des villes y soient présents, et d’avertir tous les peuples d’avoir une dévotion paritculière à la Vierge, d’implorer en ce jour sa protection, afin que, sous une si puissante patronne, notre royaume soit à couvert de toutes les entreprises de nos ennemis, qu’il jouisse longtemps d’une bonne paix, que Dieu y soit servi et révéré si saintement que nous et nos sujets puissions arriver heureusement à la dernière fin pour laquelle nous avons tous été créés, car tel est notre plaisir.

« Donné en Saint-Germain-en-Laye, le dixième jour de février, l’an de grâce mil six cent trente-huit, et de notre règne le vingut-huitième ».

« Signé: LOUIS »

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…mais dont il était sûr par la Foi!

En effet, ce jour même du 5 décembre, Louis XIII allait rendre visite au couvent des Visitandines, à Paris, où Melle de la Fayette était entrée selon son désir de toujours (4). Pierre Delattre, qui cite un auteur du début du siècle suivant, faisait remarquer que « dans ce grand 17e siècle, où la foi tenait une si grande place dans le monde, une foule de personnes du plus haut rang se faisaient un honneur et une joie de venir remonter le ton de leurs âmes et de leurs consciences au contact des âmes consacrées à Dieu. » (4) Dieu ne manque jamais d’humour. Au sortir du couvent, Louis XIII est surpris par un orage d’une rare violence. Il va falloir passer la nuit à Paris, mais où aller? Il n’y a que les appartements de la Reine, au Louvre, qui soient susceptibles de le recevoir. Prévenue la Reine fut tout heureuse d’inviter son royal époux; ils dinèrent en tête-à-tête et ne se quittèrent que le lendemain.

Et nous en arrivons aux premiers jours de févirer 1638. Sentant l’enfant remuer en elle, la Reine n’eut plus qu’un désir: connaître le fameux Frère Fiacre. L’humble religieux fut donc obligé de se rendre au Louvre où, aussi confus qu’ému, il vit la Reine s’agenouiller davant lui et le remercier (8). C’est dire combien Anne d’Autriche avait confiance en l’heureux aboutissment de sa grossesse! Peu après, il dut également rencontrer le Roi qui le chargea, ainsi qu’un confrère prêtre, d’aller à Cotignac. Le 7 février, l’ordonnance royale leur prescrivant ce voyage leur parvenait: nous l’avons déjà citée (en p. 13). Le Roi veillait à tout ce qui pouvait faciliter le voyage: en fin de lettre, il ordonnait « à tous les gouverneurs et lieutenants généraux » de donner aux porteurs du pli « libre et sûr passage… en leur faisant toute faveur et assistance si besoin est requis en tout ». Frère Fiacre n’en demandait pas autant pour se mettre en route!

Le Roi et la Reine étant absolument sûrs, dans la Foi, de l’heureux terme, il devanait absurde, voire indécent, d’attendre encore avant de promulguer le fameux « VOEU », conçu comme un remerciement. Trois jours plus tard, le Roi signait donc cette Consécration qui vouait la France à Notre-Dame.

La grossesse d’Anne d’Autriche fut ainsi la cause, occasionnelle sans doute, mais aussi détermiante de l’Acte du 10 février. Plus encore: il faut dire que cette Consécration fut un acte de foi chrétienne véritable.

Epilogue.

Le 5 septembre 1638 nassait l’hériter au trône, regardé par le couple royal comme une grâce obtenue par Notre-Dame de Cotignac. Louis XIII, annonçant l’heureux événement aux ambassadeurs, s’exprimait ainsi dans sa lettre: « Tout ce qui a précédé la délivrance de la Reine, le peu de durée de son travail et toutes les circonstances de la naissance du Dauphin font voir que ce fils lui est donné de Dieu par la puissante intercession de la Sainte Vierge. » (8)

Quatre ans et demi plus tard, le Roi mourait, nommant Anne d’Autriche Régente du Royaume – elle le sera jusqu’en 1661 -. Pour son fils, alors âgé de 5 ans, elle espère une royauté qui soit illuminée par la Foi. En témoigne le tableau qu’elle fit peindre à ce moment du futur Roi iéal, lequel est représenté à genoux, offrant pieusement à Notre-Dame son sceptre et sa couronne (ce ne sera pas exactement l’image que l’histore retiendra du « Roi-Soleil »…) Et c’est Frère Fiacre qui est chargé d’acheminer le tableau jusqu’au Sanctuaire de Cotignac, en avril 1644, pour y être « appendu » (voir encadré ci-après).

Le vénérabel Frère aura encore une dernière occasion de faire le pèlerinage de Cotignac, mais auparavant, ce seront la Régente et le jeune Roi qui viendront. L’occasion leur fut fournie par le « Traité des Pyrénées », réconciliant en 1659 la France et l’Espagne. Etait prévue une rencontre des deux Rois, sur la frontière commune, afin de signer officiellement le Traité, et surtout d’en réaliser la clause principale: Louis XIV doit y rencontrer Marie-Thérèse, Infante d’Espagne, à qui il est promis. Le mauvais temps et l’hiver retardent le voyage. Dès l’arrivé à Aix, début 1660, la rumeur de la venue du jeun Roi au Sanctaire se répand jusqu’à Cotignac; chacun sait en effet qu « c’est un de ses voeux », comme le note la délibération du conseil de Cotignac du 20 janvier. Ce sera le samedi 21 févirer seulement que le cortège royal arrivera.

De par la Reine régente, mère du Roi,

Très chers et dévots orateurs, le frère Fiacre, religieux de l’Ordre des Augustins déchaussés, que nous affectionnons pour sa bonne vie, s’en allant à Notre-Dame de Grâces pour appendre, devant l’image de la Sainte Vierge, un tableau représentant le roi, notre très honoré sieur et fils.

Nous vous écrivons cette lettre pour vous dire que vous ferez chose qui nous sera agréable, de recevoir ce bon religieux, et lui permettre de placer le dit tableau en lieu le plus honorable de votre église, avec la dévotion et cérémonie convenable à cette action, en laquelle vous assurant que vous seconderez notre bonne intention par vos prières à Dieu, pour la prospérité du roi, notre dit sieur et fils; nous ajouterons seulement ici celle que nous faison à sa divine bonté, de vous avoir, très chers et dévots orateurs, en sa sainte et digne garde,

Donné à Paris le 4ème jour de mai 1644,

Signé: ANNE

(Lettre adressée par la Régente Anne d’Autriche aux Oratoriens (« Orateurs) de Notre-Dame de Grâces en 1644)

Un seul chemin « carrossable » (au sens propre!) atteignait alors le Sanctuaire, depuis la route de Montfort. Encore fallut-il l’élargir, et en un temps record! Ce « chemin de LOUIS XIV » – ainsi fut-il baptisé -, Louis, la Reine et tout le cortège le suivirent jusqu’à l’escalier qui reçut le même nom (p. 17). Le jeune Roi de 21 ans gravit-il ses 37 degrés à cheval? Des traditions orales l’affirment (8). Elles s’accordent en tout cas avec les archives municipales pour rapporter le don qu’il fit de sa bague en or et d’un cordon bleu.

Plaque de marbre gravé et apposée à la demande de Louis XIV, à la mémoire de sa mère Anne d’Autriche (+1666), pour rappeler les prières qu’elle fit à Notre-Dame de Grâces.

L’histoire le précise: il s’agit d’un long cordon de moire bleu céleste que portaient les membres du prestigieux ordre de chevalerie du St-Esprit. Louis XIV en était, comme tous les membres de la Famille Royale.

Le 6 juin 1660 enfin, Louis atteignait la frontière espagnole où Philippe IV et sa fille Marie-Thérèse l’attendaient. Le 7, il ‘sen retourne avec celle-ci; le 9, à Saint Jean de Luz, le mariage religieux était célébré. De retour à Pais, il manda bientôt le Frère Fiacre pour aller offir en son nom à Notre-Dame de Grâces, plusieurs exemplaires dudit Traité des Pyrennées; ce dont Frère Fiacre s’acquitta en mars 1661, avant de continuer son pèlerinage vers Rome, mandaté cette fois par la Reine Anne. Celle-ci mourait en 1666. Un an après, dans le sanctuaire, Louis XIV faisait apposer une plaque à la mémoire de sa mère, rappelant qu’il fut « donné à son peuple par les voeux qu’Anne d’Autriche… a faits dans cette église. » Elle s’y trouve toujours, bien lisible.

 son tour, le 16 février 1684, Frère Fiacre s’endormait dans le Seigneur. L’annonce de sa mort, répercutée par Le Mercure de Paris, fit quelque bruit (6)! Sa renommée de sainteté était telle que, selon l’Histoire de Paris de Dulaure (cité in 6), son portrait fut bientôt collé dans les voitures à cheval de Paris, « comme préservant du malheur », est-il précisé (les accidents de circulation n’étaient pas rares); la coincidence de son nom avec celui des fiacres y est peut-être pour quelque chose, ou quelque miracle ? 

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Petite Bibliographie:

(1) Archives National. M 229 B, M 623

(2) BLANC Gabriel-Henri, Histoire religieuse de Cotignac, 1985, 319 p.

(3) BLANC Gabriel-Henri, le Var religieux, 1986, 705 p.

(4) DELATTRE Pierre, le voeu de Louis XIII, Paris, 1937

(5) DANIEL-ROPS, Histoire de l’Église, Tome 11, Paris, 1965

(6) DROCHON J.-E., Hostoire illustrée des pélérinages françcais de la Très Sainte Vierge, Plon, 1890

(7) LAURE Abbé, Histoire de Notre-Dame de Grâces de Cotignac, Marseille, 1886

(8) MARTEL pr. orat., Étude historique sur l’Oratoire de Notre-Dame de Grâces en Provence, Téqui, 1881

(9) MUSSET Lucien, Les invasions. Le second assaut contre l’Europe chrétienne (VIIe-XIe s.), PUF, 1971

(10) SEILLE Jacques, Histoire d’Entrecasteaux et de St-Antonin, 1984

(11) VIGNERON Paul, Histoire des crises du clergé français contemporain, Téqui, 1976

(12) VINCENT Abbé, Notice historique et populaire sur Notre-Dame de Grâces, 1918

(13) ALAIn Gérard, Essai sur la toponymie d’un village Varois, Cotignac

SAINTE CLAIRE Gabriel de a.d., Vie du vénérable frère Fiacre, Paris 1722 bibliothèque minicipale de Draguigan, FM 308 (par ex.)

LAURENTIN René, Le voeu de Louis XIII, passé ou avenir de la France, Paris, l’Oeil, 1988, 185p (concernant le chapitre 3).

BLANC Gabriel Henri, Souvenirs d’enfance, chez l’auteur, 3, rue d’Arcole, Cotignac 1991 (spécialement la 2ème partie, sur l’histoire de Cotignac au XXè siècle.)

Éditions du SUD-EST, 135, Bd des Remparts, F-83300 Draguignan
Association de Notre-Dame de Grâces, Père Chapelain, F-83570 Cotignac

Source : http://gallia-catholica.blogspot.fr/2008/03/le-voeu-de-louis-xiii.html

http://www.nd-de-graces.com/index.php?option=com_content&view=article&id=46%3Anotre-dame-de-graces-et-la-naissance-de-louis-xiv-un-roi-une-reine-et-toute-une-nation-implorent-dieu-de-donner-un-heritier-au-trone&catid=20%3Ahistoire-ndg&Itemid=485&lang=fr

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Sanctuaire Notre-Dame de Grâces

 » Qu’ on vienne en procession ici à Cotignac pour recevoir les dons que je veux y répandre « 

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Récit des apparitions de Notre Dame

10 et 11 août 1519 : la Vierge Marie apparaît à Jean de la Baume

Le 10 août 1519, Jean de la Baume gravit le mont Verdaille pour y couper du bois. Pieux bûcheron, il commence sa journée de travail en priant. Lorsqu’il se relève, quelle n’est pas sa surprise de voir dans la nuée, la Vierge Marie tenant l’Enfant Jésus dans ses bras. A leurs côtés se tiennent l’Archange Saint Michel et Saint Bernard de Clairvaux.

La Dame délivre à Jean ce message : « Je suis la Vierge Marie. Allez dire au clergé et aux Consuls de Cotignac de me bâtir ici même une église, sous le vocable de Notre-Dame de Grâces et qu’on y vienne en procession pour recevoir les dons que je veux y répandre. » Puis, la vision disparaît.

Jean pense qu’il s’agit d’une hallucination à cause de la chaleur estivale. Il garde donc pour lui le message. Le lendemain, il vient au même endroit pour finir de tailler l’arbre. De nouveau, la même apparition a lieu. Jean se précipite alors au village pour transmettre le message aux autorités de Cotignac.

Le 14 septembre, à peine 1 mois après les apparitions, la première pierre du Sanctuaire est posée. Tout le village vient sur le Mont Verdaille en procession avec clergé et syndics en tête.

Notre-Dame de Grâces intervient dans l’Histoire de France

Après 20 ans de mariage, le roi Louis XIII et la reine Anne d’Autriche n’ont toujours pas d’enfant. C’est alors que Frère Fiacre, religieux augustin, a une vision de la Vierge Marie dans la nuit du 3 novembre 1637. Notre Dame s’adresse à lui en ces termes : « N’ayez pas peur, je suis la Mère de Dieu, et l’enfant que vous voyez est le Dauphin que Dieu veut donner à la France. Pour marquer que je veux qu’on avertisse la Reine de faire trois neuvaines en mon honneur, voilà la même image qui est à Notre-Dame de Grâces, en Provence et la façon de l’église. »

Frère Fiacre s’exécute donc et fait ces neuvaines au nom de la Reine : une à Notre-Dame de Grâces, la suivante à Notre-Dame de Paris et la dernière à Notre-Dame des Victoires. Moins d’1 an plus tard, le 5 septembre 1638, nait Louis-Dieudonné.

Le 21 février 1660, Louis XIV, accompagné de sa mère, vient à Cotignac rendre grâce de sa naissance.

Prière à Notre Dame de Grâces

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Comme en témoignent les ex-votos qui tapissent le muret du Sanctuaire, de nombreux pèlerins reçoivent des grâces en venant à Cotignac et en implorant l’intercession de la Vierge Marie.
Vous pouvez réciter cette prière pendant 9 jours accompagnée d’une dizaine de chapelet.

Mère de la Divine Grâce, dans votre apparition au mont Verdaille
Vous nous avez invités à solliciter vos faveurs.
Nous accourons avec confiance implorer votre secours.
Accordez,
Aux justes la persévérance,
Aux âmes tristes la consolation,
Aux coeurs abattus le courage et la confiance,
Aux malades la santé,
Aux pécheurs le repentir et le pardon,
Aux âmes du purgatoire soulagement et délivrance,
A chacun de nous votre maternelle protection.
Nous implorons surtout votre assistance à l’heure de notre mort.
Soyez notre avocate au jugement de Dieu.
Nous voulons au ciel vous dire éternellement notre reconnaissance.
Notre Dame de Grâces, priez pour nous.

 

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Notre-Dame de Fatima : les apparitions

Les apparitions de Fatima

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En 1917, dans la région de Fatima, une « belle dame » apparaît à trois petits bergers, Lucie dos Santos et ses deux cousins, Francisco et Jacinthe Marto. 

 

Le déroulement des apparitions

Le 13 mai 1917, trois petits bergers, François Marto, 9 ans, sa sœur Jacinthe, 7 ans  et leur cousine Lucie dos Santos, 10 ans, rentrent le troupeau de moutons qu’ils ont gardé dans la journée. Ils disent à leurs parents incrédules qu’une belle dame leur est apparue lorsqu’ils gardaient le troupeau. Elle leur a demandé de réciter tous les jours le chapelet et de revenir le 13 de chaque mois.

Le 13 juin, les trois enfants retournent sur le lieu où ils ont vu «la belle dame». Aux questions qu’on leur pose, les enfants répondent que la dame leur a demandé de réciter le chapelet chaque jour, qu’elle leur a confié un secret et les a priés de revenir à la même heure le 13 juillet.

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Le 13 juillet, «la belle dame» demande de nouveau aux enfants de réciter le chapelet chaque jour en l’honneur de Notre Dame du Rosaire pour obtenir la paix du monde et la fin de la guerre Elle leur confie un secret, et leur dit que le 13 octobre elle leur dirait son nom et ferait un miracle afin que tous croient.

Le 13 août, les enfants ne peuvent pas venir car ils ont été arrêtés. Après avoir été soumis à de nombreux interrogatoires pour leur faire avouer leur mensonge, les enfants sont libérés le 16 août. Le 19 août, ils voient une nouvelle fois «la belle dame». Elle continue à leur demander de réciter le chapelet chaque jour et de »prier et de faire des sacrifices pour les pécheurs car beaucoup d’âmes vont en enfer parce qu’elles n’ont personne qui se sacrifie et prie pour elles ».

Le 13 septembre, accompagnés de près de 25 000 personnes, les enfants voient la dame qui leur recommande de poursuivre la récitation du Rosaire pour obtenir la fin de la guerre et leur promet de revenir le 13 octobre.

Le 13 octobre, entre 50 et 70 000 personnes sont venues pour voir le grand miracle annoncé par la dame le 13 juillet. A midi, Lucie crie à la foule »Regardez le soleil ! »et les pèlerins présents, voient distinctement le soleil qui s’agite dans le ciel. Ce phénomène qui sera appelé «la danse du soleil» qui dure 10 minutes. C’est la dernière apparition aux trois enfants.

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François et Jacinthe Marto, meurent de la grippe espagnole en 1919 et 1920. Ils sont béatifiés le13 mai 2000par le pape Jean-Paul II. Lucie Dos Santos décède en 2005 au Carmel de Coimbra.

 

Le message

Outre les secrets confiés aux enfants, le message de Marie aux enfants insiste sur la nécessité de méditer sur les mystères de la vie du Christ (récitation du chapelet), de prier pour la paix dans le monde et pour les pécheurs.

Les secrets

Lors de la troisième apparition, la Vierge a révélé un message aux enfants et leur a demandé de ne pas le divulguer immédiatement. Ce message contient trois parties, il ne sera révélé que plusieurs années après les événements.

Les deux premiers secrets sont officiellement publiés en 1941. Le premier serait l’annonce de la seconde guerre mondiale au travers d’une vision de l’enfer. Le second concernerait la Russie et sa consécration au cœur Immaculée de Marie. 
Le Pape Jean-Paul II a décidé de rendre public le 3è « secret de Fatima »   lors du passage au troisième millénaire.

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Les révélations privées de Fatima

 

L’Église célèbre en 2017 le centenaire des apparitions de Fatima. Ces apparitions font partie de ce qu’on appelle les «révélations privées» ou prophétisme chrétien. Qu’est-ce qu’une révélation privée?

Que sont les révélations privées ?

Apparitions de Lourdes, de La Salette, de Fatima – dont on célèbre cette année le centenaire –, visions d’Hildegarde de Bingen (1098-1179), Catherine de Sienne (1347-1380), Anne-­Catherine Emmerick (1774-1824), Marcel Van (1928-1959) ou encore Marthe Robin (1902-1981)… Ce sont tous ces phénomènes, dans lesquels Dieu communique à l’homme de manière extra-­ordinaire, que l’Église appelle révélations privées. «Privées», pour bien les distinguer de la Révélation «publique» contenue dans l’Écriture sainte et transmise à tous par la Tradition de l’Église.

Pour les chrétiens, la Révélation – c’est-à-dire l’action de Dieu lui-même qui se fait connaître progressivement aux hommes et se révèle en son Fils incarné pour les sauver – est close avec le Nouveau Testament. Le Christ est la «Parole unique et définitive donnée à l’humanité» (1). En lui, Dieu «nous a tout dit à la fois, d’un seul coup (…) et il n’a rien de plus à dire. Car ce qu’il disait par parties aux prophètes, il l’a dit tout entier dans son Fils», assure saint Jean de la Croix (2).

Néanmoins, l’Église admet que Dieu puisse continuer d’adresser des messages à certains, non pour compléter sa Révélation mais pour «aider à en vivre plus pleinement à une certaine époque de l’histoire» (3). C’est même un phénomène courant dans l’histoire de l’Église, rappelle le dominicain Gilles Berceville, théologien étudiant le prophétisme dans le catholicisme contemporain (4). «À côté du prophétisme ordinaire – chaque chrétien ayant reçu l’Esprit Saint bénéficie d’une lumière qui l’éclaire sur la réalité des choses et les signes des temps –, il existe un prophétisme extraordinaire donné à certains. Beaucoup de théologiens éprouvent un certain mépris ou une répugnance à l’étudier, mais il a toujours existé dans le christianisme. Dieu ne parle pas seulement à travers le magistère et les savants mais aussi à travers ses prophètes.»

Ainsi la dévotion au Sacré-Cœur est-elle déjà contenue dans l’enseignement traditionnel de l’Église mais déployée par les visions que sainte Marguerite-Marie Alacoque (1647-1690) eut de ­Jésus-Christ à Paray-le-Monial. De même pour la dévotion à la miséricorde divine promue par sainte Faustine (1905-1938).

Comment discerner le vrai du faux ?

Il n’est pas un mois sans que Joachim Bouflet, historien spécialiste des phénomènes mystiques (5), «entende parler d’une nouvelle apparition dans le monde». «L’Église manifeste toujours une grande prudence car ces phénomènes sont incontrôlables scientifiquement, et peuvent être le fait d’une exaltation, de maladies psychiques ou donner lieu à des dérives sectaires», souligne-t-il, donnant en exemple les dérives d’une des premières révélations privées du christianisme, le montanisme, au IIesiècle.

L’histoire du christianisme a connu, de fait, des floraisons de phénomènes mystiques, qui ont poussé très tôt à établir des critères de discernement. Le concile de Bâle (1431), notamment, étudia les visions de sainte Brigitte de Suède, et le théologien Torquemada formula des principes de base.

Du côté du contenu doctrinal, d’une part, les révélations privées ne peuvent contredire la Révélation. Elles doivent être orientées «vers le Christ lui-même» : «Quand celle-ci nous éloigne de Lui, à ce moment-là elle ne vient certainement pas de l’Esprit Saint, qui nous conduit à l’Évangile et non hors de lui» (1).

Les qualités du messager (ou voyant), d’autre part, sont importantes : il doit être équilibré psychiquement et d’une moralité parfaite ; avoir «une humilité sincère, l’obéissance qui ne cherche pas ses propres intérêts, la force d’âme dans les épreuves et les contradictions» (6).

Tous ces critères (réunis dans les normes de 1978) ne suffisent pas, pour autant, à prouver l’authenticité des révélations. Même quand elle les approuve, l’Église reste très prudente et «ne se porte pas garante de la vérité du fait» (Pie X, Pascendi). Il s’agit plutôt d’une «permission accordée, après un examen attentif, de faire connaître cette révélation pour l’instruction et le bien des fidèles»,note Benoît XIV. Et l’on n’est pas pour autant tenu d’y croire.

Alors que l’Église ne s’est pas encore prononcée sur Medjugorje, certains estiment que les conversions et guérisons qui ont pu y avoir lieu sont aussi des critères, des «signes», de l’authenticité des apparitions. Joachim Bouflet tempère : «Les grâces données en un lieu ne sont pas liées au fait avéré de l’apparition mais elles sont toujours gratuites, accordées par la miséricorde divine pour les pèlerins venus en ce lieu avec un cœur pur».

Comment s’y retrouver ?

Il y a différents niveaux de reconnaissance. Dans le cas des révélations sans apparitions, détaille Joachim Bouflet, l’Église se contente d’affirmer qu’elles n’ont «rien de contraire à la doctrine et à la morale». Pour les apparitions, elle va estimer, après examen, que l’origine surnaturelle est : soit exclue (ce qui revient à une condamnation), comme à San Damiano, Garabandal, Kerezinen… ; soit non établie (l’Église maintient le doute) ; soit établie (c’est la reconnaissance). Entre le doute et la reconnaissance officielle, l’Église peut autoriser le culte ou le pèlerinage, comme à l’Île-Bouchard ou à Pellevoisin.

À quoi servent les révélations privées ?

Elles sont une aide à la vie spirituelle, invitant à la conversion. «Elles apportent à l’Église l’assurance que Dieu l’accompagne, relève Joachim Bouflet, qu’il est présent au milieu de son peuple. On le sait par la foi, mais les humbles ont besoin de signes.»

Leur message peut être très rude, comme à La Salette où le message de la Vierge aux jeunes voyants épingle les péchés du clergé, ou encore à Fatima, lorsque les petits bergers voient l’enfer, la possibilité laissée à tout homme de refuser Dieu et les souffrances de ceux en sont éternellement séparés.

Elles interviennent souvent à un moment particulier de l’histoire. «En particulier dans un contexte difficile, où les gens sont déboussolés. Le prophète vient leur indiquer la bonne direction», ajoute Gilles Berceville. C’est le cas par exemple de Pontmain en 1871, de Kibeho au Rwanda avant le génocide, des visions de ­l’Allemande Thérèse Neumann en pleine montée du nazisme…

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  • Synode des évêques sur la Parole de Dieu, Verbum Domini.
    (2) La Montée du Carmel.
    (3) Catéchisme de l’Église catholique n° 66-67.
    (4) « Comment croire aux révélations privées ? Nature de la foi et de la théologie selon Y. Congar », Transversalités 98 (avril-juin 2006).
    (5) Faussaires de Dieu, Presses de la Renaissance, 727 p.
    (6) Dictionnaire de spiritualité, vol. XIII, Beauchesne.

 

Source : Croire.com

APPARITIONS DE LA VIERGE MARIE, APPARITIONS ET MIRACLES, BERNADETTE SOUBIROUS (sainte ; 1844-1879), EGLISE CATHOLIQUE, FETE LITURGIQUE, NOTRE-DAME DE LOURDES, VIERGE MARIE

Notre-Dame de Lourdes

Le 11 février C’est sa fête : Notre-Dame de Lourdes

Lourdes

Le 11 février 1858, près du village pyrénéen de Lourdes, une jeune femme apparait à Bernadette Soubirous dans une grotte appelée Massabielle.

Selon ses dires, la petite bergère assista dans les semaines qui suivirent à plusieurs apparitions du même type.

Au cours de l’une d’elles, la Dame lui confia (en gascon) : Que soy era immaculada councepciou (« Je suis l’Immaculée Conception »), c’est-à-dire épargnée par le péché originel dès sa conception à la différence des autres humains depuis Adam et Ève.

La bergère rapporta ces mots à son curé sans savoir que le pape Pie IX avait proclamé quatre ans plus tôt le dogme de l’Immaculée Conception à propos de Marie, la mère du Christ.

Les apparitions de la grotte miraculeuse stimulèrent la dévotion à Marie… et firent de Lourdes l’un des plus célèbres pèlerinages du monde.

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Les apparitions de Lourdes

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Jeudi 11 février 1858 : la première rencontre

Première apparition. Accompagnée de sa sœur et d’une amie, Bernadette se rend à Massabielle, le long du Gave, pour ramasser des os et du bois mort. Enlevant ses bas pour traverser le ruisseau et aller dans la Grotte, elle entend un bruit qui ressemblait à un coup de vent, elle lève la tête vers la Grotte : « J’aperçus une dame vêtue de blanc : elle portait une robe blanche, un voile blanc également, une ceinture bleue et une rose jaune sur chaque pied. » Bernadette fait le signe de la croix et récite le chapelet avec la Dame. La prière terminée, la Dame disparaît brusquement.

 Dimanche 14 février 1858 : l’eau bénite

Deuxième apparition. Bernadette ressent une force intérieure qui la pousse à retourner à la Grotte malgré l’interdiction de ses parents. Sur son insistance, sa mère l’y autorise ; après la première dizaine de chapelet, elle voit apparaître la même Dame. Elle lui jette de l’eau bénite. La Dame sourit et incline la tête. La prière du chapelet terminée, elle disparaît.

 Jeudi 18 février 1858 : la Dame parle

Troisième apparition. Pour la première fois, la Dame parle. Bernadette lui présente une écritoire et lui demande d’écrire son nom. Elle lui dit : « Ce n’est pas nécessaire. » Elle ajoute : « Je ne vous promets pas de vous rendre heureuse en ce monde mais dans l’autre. Voulez-vous me faire la grâce de venir ici pendant quinze jours ? »

 Vendredi 19 février 1858 : le premier cierge

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Quatrième apparition. Bernadette vient à la Grotte avec un cierge bénit et allumé. C’est de ce geste qu’est née la coutume de porter des cierges et de les allumer devant la Grotte.

Samedi 20 février 1858 : la grande tristesse

Cinquième apparition. La Dame a appris une prière personnelle à Bernadette. A la fin de la vision, une grande tristesse envahit Bernadette.

 Dimanche 21 février 1858 : « Aquero »

Sixième apparition. La Dame se présente à Bernadette le matin de bonne heure. Une centaine de personnes l’accompagnent. Elle est ensuite interrogée par le commissaire de police Jacomet. Il veut lui faire dire ce qu’elle a vu. Bernadette ne lui parle que d’ « Aquero » (cela).

 Mardi 23 février 1858 : le secret

Septième apparition. Entourée de cent cinquante personnes, Bernadette se rend à la Grotte. L’Apparition lui révèle un secret « rien que pour elle. »

 Mercredi 24 février 1858 : «Pénitence !»

Huitième apparition. Message de la Dame : « Pénitence ! Pénitence ! Pénitence ! Priez Dieu pour les pécheurs ! Allez baiser la terre en pénitence pour les pécheurs !  »

 Jeudi 25 février 1858 : la source

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Neuvième apparition. Trois cents personnes sont présentes. Bernadette raconte : « Elle me dit d’aller boire à la source (…). Je ne trouvai qu’un peu d’eau vaseuse. Au quatrième essai je pus boire. Elle me fit également manger une herbe qui se trouvait près de la fontaine puis la vision disparut et je m’en allai. » Devant la foule qui lui demande: « Sais-tu qu’on te croit folle de faire des choses pareilles ? » Elle répond : « C’est pour les pécheurs. »

 Samedi 27 février 1858 : silence

Dixième apparition. Huit cents personnes sont présentes. L’Apparition est silencieuse. Bernadette boit l’eau de la source et accomplit les gestes habituels de pénitence.

 Dimanche 28 février 1858 : l’extase

Onzième apparition. Plus de mille personnes assistent à l’extase. Bernadette prie, baise la terre et rampe sur les genoux en signe de pénitence. Elle est ensuite emmenée chez le juge Ribes qui la menace de prison.

 Lundi 1er mars 1858 : la première guérison miraculeuse
Douzième apparition. Plus de mille cinq cents personnes sont rassemblées et parmi elles, pour la première fois, un prêtre. Dans la nuit, Catherine Latapie, une amie lourdaise, se rend à la Grotte, elle trempe son bras déboîté dans l’eau de la source : son bras et sa main retrouvent leur souplesse.

 Mardi 2 mars 1858 : le message aux prêtres

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Treizième apparition. La foule grossit de plus en plus. La Dame lui demande : « Allez dire aux prêtres qu’on vienne ici en procession et qu’on y bâtisse une chapelle ». Bernadette en parle à l’abbé Peyramale, curé de Lourdes. Celui-ci ne veut savoir qu’une chose : le nom de la Dame. Il exige en plus une preuve : voir fleurir en plein hiver le rosier (l’églantier) de la Grotte.

 Mercredi 3 mars 1858 : le sourire de la Dame

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Quatorzième apparition. Dès 7 h le matin, en présence de trois mille personnes, Bernadette se rend à la Grotte, mais la vision n’apparaît pas ! Après l’école, elle entend l’invitation intérieure de la Dame. Elle se rend à la Grotte et lui redemande son nom. La réponse est un sourire. Le curé Peyramale lui redit : « Si la Dame désire vraiment une chapelle, qu’elle dise son nom et qu’elle fasse fleurir le rosier de la Grotte ».

 Jeudi 4 mars 1858 : 8 000 personnes à la Grotte

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Quinzième apparition. La foule toujours plus nombreuse (environ huit mille personnes) attend un miracle à la fin de cette quinzaine. La vision est silencieuse. Le curé Peyramale campe sur sa position. Pendant vingt jours, Bernadette ne va plus se rendre à la Grotte : elle n’en ressent plus l’irrésistible attrait.

 Jeudi 25 mars 1858 : la Dame révèle son nom

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Seizième apparition. La vision révèle enfin son nom, mais le rosier (ou églantier) sur lequel elle pose les pieds au cours de ses Apparitions ne fleurit pas. Bernadette raconte : « Elle leva les yeux au ciel, joignant en signe de prière ses mains qui étaient tendues et ouvertes vers la terre, et me dit: Que soy era immaculada councepciou ». Bernadette part en courant et répète sans cesse, sur le chemin, des mots qu’elle ne comprend pas. Ces mots troublent le brave curé. Bernadette ignorait cette expression théologique qui désigne la Sainte Vierge. Quatre ans plus tôt, en 1854, le pape Pie IX en avait fait une vérité de la foi catholique (dogme de l’Immaculée Conception).

 Mercredi 7 avril 1858 : le miracle du cierge

Dix-septième apparition. Pendant cette apparition, Bernadette tient son cierge allumé. La flamme entoure longuement sa main sans la brûler. Ce fait est immédiatement constaté par le médecin, le docteur Douzous..

 Vendredi 16 juillet 1858 : la dernière apparition

Dix-huitième apparition. Bernadette ressent le mystérieux appel de la Grotte, mais l’accès à Massabielle est interdit et fermé par une palissade. Elle se rend donc en face, de l’autre côté du Gave… et voit la Vierge Marie, une ultime fois : « Il me semblait que j’étais devant la grotte, à la même distance que les autres fois, je voyais seulement la Vierge, jamais je ne l’ai vue aussi belle ! ».

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Bernadette Soubirous

 

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Tout ce que nous savons des apparitions et du Message de Lourdes nous vient de Bernadette. Elle seule a vu. Qui est-elle donc ? On peut distinguer trois périodes dans sa vie : les années de son enfance au sein d’une famille pauvre ; une vie « publique » au temps des apparitions et du témoignage ; enfin, une vie « cachée » comme religieuse, à Nevers.

 Avant les apparitions

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Quand on raconte les apparitions, Bernadette est souvent présentée comme une fille pauvre, malade et ignorante, logée misérablement au Cachot. Sans doute, mais il n’en a pas toujours été ainsi. Lorsqu’elle naît le 7 janvier 1844, au Moulin de Boly, elle est le premier enfant, l’héritière, de François Soubirous et Louise Castérot qui se sont mariés par amour. Bernadette grandit dans une famille unie où l’on s’aime et où l’on prie. Dix ans de bonheur en ces années décisives de son enfance qui vont forger sa forte personnalité et lui donner un bel équilibre. La descente dans la misère qui suivra n’effacera pas cette richesse humaine. Il reste que Bernadette, à 14 ans, mesure 1m 40. Elle a des crises d’asthme. Elle a une nature vive, spontanée, volontaire, prompte aux réparties, incapable de dissimuler. Elle a de l’amour-propre, ce qui n’a pas échappé à la mère Vauzou, à Nevers, qui disait d’elle : « Caractère raide, très susceptible. » Bernadette se désolait de ses défauts et les combattait énergiquement. Une forte personnalité mais inculte. Pas d’école pour Bernadette : il faut servir au cabaret de tante Bernarde. Pas de catéchisme : sa mémoire rebelle ne retient pas les formules abstraites. À 14 ans, elle ne sait ni lire, ni écrire et en souffre, elle se sent exclue. Alors elle réagit. Septembre 1857 : on l’envoie à Bartrès. Le 21 janvier 1858, Bernadette rentre à Lourdes : elle veut faire sa première communion. Elle la fera le 3 juin 1858, durant les apparitions.

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La vie “publique”

Les apparitions débutent le 11 février 1858. Pour aider ses parents, Bernadette se chargeait notamment d’aller chercher du bois mort sur les berges du Gave. La voici confrontée au mystère. Un bruit « comme un coup de vent », une lumière, une présence. Sa réaction ? Elle fait preuve d’un bon sens et d’un discernement remarquables ; croyant se tromper, elle mobilise toutes ses ressources humaines : elle regarde, elle se frotte les yeux, elle essaie de comprendre. Ensuite, elle se tourne vers ses compagnes pour vérifier ses impressions : « Avez-vous rien vu ? ». Elle se tourne ensuite vers Dieu : elle prie son chapelet. Elle se tourne vers l’Église et prend conseil en confession auprès de l’abbé Pomian : « J’ai vu quelque chose de blanc ayant la forme d’une dame. » Interrogée par le commissaire Jacomet, elle répond avec une assurance, une prudence et une fermeté qui surprennent chez une jeune fille sans instruction : « Aquero, je n’ai pas dit la Sainte Vierge… Monsieur, vous m’avez tout changé ». Elle dit ce qu’elle a vu avec un détachement, une liberté étonnants : « Je suis chargée de vous le dire, pas de vous le faire croire. »

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Elle raconte les apparitions avec exactitude, sans rien ajouter ni retrancher. Une seule fois, effrayée par la rudesse de l’abbé Peyramale, elle ajoute un mot : « Monsieur le curé, la Dame demande toujours la chapelle… même « toute petite ». » Dans son Mandement sur les Apparitions, Mgr Laurence souligne « la simplicité, la candeur, la modestie de cette enfant… elle raconte tout sans affectation, avec une ingénuité touchante… et, aux nombreuses questions qu’on lui adresse, elle fait, sans hésiter, des réponses nettes, précises, empreintes d’une forte conviction ». Insensible aux menaces comme aux offres avantageuses, « la sincérité de Bernadette est incontestable : elle n’a pas voulu tromper ». Mais ne s’est-elle pas trompée elle-même… victime d’une hallucination ? – se demande l’évêque. Il évoque alors le calme de Bernadette, son bon sens, l’absence chez elle de toute exaltation et aussi le fait que les apparitions ne dépendent pas de Bernadette : elles ont lieu alors que Bernadette ne s’y attendait pas, et dans la quinzaine, par deux fois, alors que Bernadette se rendait à la Grotte, la Dame n’y était pas. Pour en arriver à ces conclusions, Bernadette a dû répondre aux curieux, admirateurs, journalistes et autres, comparaître devant des commissions d’enquête civiles et religieuses. La voilà tirée de l’ombre et projetée au premier plan de l’actualité : « une tempête médiatique » s’abat sur elle. Il lui aura fallu de la patience et de l’humour pour lui résister et préserver la pureté de son témoignage. Elle n’accepte rien : « Je veux rester pauvre. » Elle ne bénit pas les chapelets qu’on lui présente : « Je ne porte pas l’étole. » Elle ne vendra pas de médailles : « Je ne suis pas marchande. » Et, devant les images à dix sous qui la représentent, elle lance : « Dix sous, c’est tout ce que je vaux ! ».

Dans ces conditions, au Cachot la vie n’est plus possible, il faut protéger Bernadette. Le curé Peyramale, et le maire Lacadé se mettent d’accord : Bernadette sera admise comme « malade indigente » à l’hospice tenu par les Sœurs de Nevers ; elle y arrive le 15 juillet 1860. À 16 ans, elle apprend à lire et à écrire. On peut voir encore aujourd’hui, à l’église de Bartrès, les « bâtons » tracés de sa main ! Par la suite, elle écrira souvent à sa famille et même au pape ! Elle rend visite à ses parents qui ont été relogés à la « maison paternelle ». Elle soigne quelques malades, mais surtout elle cherche sa voie : bonne à rien et sans dot, comment être religieuse ? Finalement, elle entre chez les Sœurs de Nevers « parce qu’on ne m’y a pas attirée ». Dès lors, une vérité s’impose à son esprit : « À Lourdes, ma mission est finie. » Maintenant, elle doit s’effacer pour laisser toute la place à Marie.

 La vie “cachée” à Nevers

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C’est elle-même qui emploie cette expression : « Je suis venue ici pour me cacher. » À Lourdes, elle était Bernadette, la voyante. A Nevers, elle devient Sœur Marie-Bernard, la sainte. On a souvent parlé de la sévérité des supérieures à son égard, mais il faut bien comprendre que Bernadette était un cas : il fallait la soustraire à la curiosité, la protéger, et protéger aussi la congrégation. Bernadette fera le récit des apparitions devant la communauté des sœurs réunies, dès le lendemain de son arrivée ; ensuite, elle ne devra plus en parler. On la gardera à la Maison-mère, alors qu’elle aurait tant aimé soigner les malades. Au jour de sa profession, aucun emploi n’est prévu pour elle : alors l’évêque lui donne « l’emploi de prier ». « Priez pour les pécheurs », avait dit la Dame. Elle y sera fidèle. « Mes armes, écrit-elle au pape, sont la prière et le sacrifice. » La maladie fait d’elle un pilier d’infirmerie, et puis il y a ses interminables séances au parloir : « Ces pauvres évêques, ils feraient mieux de rester chez eux. » Lourdes est bien loin… revenir à la Grotte, jamais ! Mais, tous les jours, elle y fait son pèlerinage en esprit. Elle ne parlera pas de Lourdes, elle en vivra. « Vous devez être la première à vivre le message », lui dit le Père Douce, son confesseur. Et, de fait, après avoir été aide-infirmière, elle entre peu à peu dans l’état de malade. Elle en fera « son emploi », acceptant dans un acte d’amour parfait toutes les croix, pour les pécheurs : « Après tout, ce sont nos frères. » Au cours des longues nuits sans sommeil, s’unissant aux messes qui sont célébrées dans le monde entier, elle s’offre comme une « crucifiée vivante » dans le gigantesque combat des ténèbres et de la lumière, associée, avec Marie, au mystère de la Rédemption, les yeux fixés sur le crucifix : « C’est là que je puise ma force. »

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Bernadette meurt à Nevers, le 16 avril 1879, à l’âge de 35 ans. L’Église l’a proclamée sainte le 8 décembre 1933, non pour avoir été favorisée des apparitions, mais pour la manière dont elle y a répondu.

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LE MESSAGE DE LOURDES

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Le 18 février 1858 : des paroles extraordinaires

Lors de la troisième apparition, le 18 février, la Vierge parle pour la première fois : « Ce que j’ai à vous dire, ce n’est pas nécessaire de le mettre par écrit ». Cela veut dire que Marie veut entrer avec Bernadette dans une relation qui est de l’ordre de l’amour, qui se situe au niveau du cœur. Bernadette est d’emblée invitée à ouvrir les profondeurs de son cœur à ce message d’Amour.

A la deuxième parole de la Vierge : « Voulez-vous me faire la grâce de venir ici pendant quinze jours? », Bernadette est bouleversée. C’est la première fois qu’on lui dit « vous ». Bernadette, se sentant ainsi respectée et aimée, fait l’expérience d’être elle- même une personne. Nous sommes tous dignes aux yeux de Dieu. Parce que chacun est aimé par Dieu.

Troisième parole de la Vierge : « Je ne vous promets pas de vous rendre heureuse en ce monde, mais dans l’autre ». Quand Jésus, dans l’Évangile, nous invite à découvrir le Royaume des cieux, il nous invite à découvrir, dans le monde tel qu’il est, un « autre monde ». Là où il y a l’Amour, Dieu est présent. La Vierge Marie transmet à Bernadette la certitude d’une terre promise qui ne pourra être atteinte que par delà la mort.

Dieu est Amour

Malgré sa misère, sa maladie, son inculture, Bernadette a toujours été profondément heureuse. C’est cela le Royaume de Dieu, le monde du vrai Amour. Pendant les sept premières apparitions de Marie, Bernadette a montré un visage rayonnant de joie, de bonheur, de lumière. Mais, entre la huitième et la douzième apparition, tout change : le visage de Bernadette devient dur, triste, douloureux et surtout elle accomplit des gestes incompréhensibles… Marcher à genoux jusqu’au fond de la Grotte; embrasser le sol sale et dégoûtant de cette Grotte; manger quelques herbes amères ; gratter le sol et essayer de boire de l’eau boueuse ; se barbouiller le visage avec de la boue. Puis, Bernadette regarde la foule, tous disent : « Elle est folle ». Pendant quatre apparitions, Bernadette reproduira les mêmes gestes. Qu’est-ce que cela signifie ? Personne n’a rien compris ! Nous sommes pourtant au cœur du « Message de Lourdes ».

Le sens biblique des apparitions

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Les gestes de Bernadette sont des gestes bibliques. Bernadette exprimera l’Incarnation, la Passion et la Mort du Christ. Marcher à genoux jusqu’au fond de la Grotte: c’est le geste de l’Incarnation, de l’abaissement de Dieu fait homme. Manger les herbes amères rappelle la tradition juive que l’on trouve dans les textes anciens. Se barbouiller le visage: le prophète Isaïe, lorsqu’il parle du Christ, le montre sous les traits du Serviteur souffrant.

La Grotte cache un trésor incommensurable

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A la neuvième apparition, « la Dame » demandera à Bernadette d’aller gratter le sol, en lui disant : « Allez à la source, boire et vous y laver ». Par ces gestes, nous est dévoilé le mystère même du cœur du Christ : « Un soldat, de sa lance, lui transperça le cœur et, aussitôt, jaillit du sang et de l’eau ». Le cœur de l’homme, blessé par le péché, est signifié par les herbes et la boue. Mais au fond de ce cœur, il y a la vie même de Dieu, signifiée par la source. On demande à Bernadette: « Est-ce que « la Dame » te disait quelque chose ? ». Elle répondra : « Oui, de temps à autre elle disait : « Pénitence, pénitence, pénitence. Priez pour les pécheurs ». Par « pénitence », il faut comprendre conversion. Pour l’Église, la conversion consiste, comme le Christ l’a enseigné, à tourner son cœur vers Dieu, vers ses frères.

Lors de la treizième apparition , Marie s’adresse ainsi à Bernadette : « Allez dire aux prêtres qu’on bâtisse ici une chapelle et qu’on y vienne en procession ». « Qu’on vienne en procession », signifie marcher, dans cette vie, toujours auprès de nos frères. « Qu’on bâtisse une chapelle ». A Lourdes, des chapelles ont été construites, pour accueillir la foule des pèlerins. La chapelle, c’est  » l’Église » que nous devons construire, là où nous sommes.

La dame dit son nom : « Que soy era Immaculada Counceptiou »

Le 25 mars 1858, jour de la seizième apparition, Bernadette demande à « la Dame » de dire son nom. « La Dame » lui répond en patois : « Que soy era Immaculada Counceptiou », ce qui veut dire en français « Je suis l’Immaculée Conception ». L’Immaculée Conception, c’est « Marie conçue sans péché, grâce aux mérites de la Croix du Christ » (définition du dogme promulgué en 1854). Bernadette se rend aussitôt chez Monsieur le Curé pour lui transmettre le nom de « la Dame ». Il comprend que c’est la Mère de Dieu qui apparaît à la Grotte. Plus tard, l’évêque de Tarbes, Mgr Laurence, authentifiera cette révélation.

Tous appelés à devenir immaculés

La signature du message – quand la Dame dit son nom – intervient après trois semaines d’apparitions et trois semaines de silence (du 4 au 25 mars). Le 25 mars est le jour de l’Annonciation, de la « conception » de Jésus dans le sein de Marie. La Dame de la Grotte dit sa vocation : elle est la mère de Jésus, tout son être est de concevoir le Fils de Dieu, elle est toute pour lui. Pour cela, elle est immaculée, habitée par Dieu. Ainsi, l’Église et tout chrétien ont à se laisser habiter par Dieu pour devenir immaculés, radicalement pardonnés et graciés de façon à être, eux aussi, témoins de Dieu.

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Source : Sanctuaire de Lourdes