ARLES (Bouches-du-Rhône), CATHEDRALE SAINT-TROPHIME D'ARLES, CATHEDRALES, EGLISE CATHOLIQUE, MONUMENTS HISTORIQUES, TROPHIME D'ARLES (saint ; IIIè siècle)

Cathédrale Saint-Trophime d’Arles

Saint-Trophime d’Arles, un joyau provençal

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Bâtie sur des vestiges de l’Antiquité tardive, le chantier de la cathédrale d’Arles commence en 1100. Elle obtiendra un temps le rang de primatiale des Gaules, et demeurera siège d’un archevêché jusqu’à la Révolution. C’est l’un des plus importants édifices du domaine roman provençal. Aujourd’hui, Saint-Trophime est église paroissiale.

 

Une histoire très ancienne

La communauté chrétienne d’Arles est l’une des premières de la Gaule, avec la présence d’un évêque attestée dès 254. Initialement située à proximité du rempart antique de l’Hauture, la cathédrale fut déplacée vers le Ve siècle à proximité de l’ancien forum romain.
Elle fut élevée en plusieurs phases et l’essentiel du monument que nous voyons aujourd’hui date du XIIe siècle, époque à laquelle sa façade, initialement sobre, fut rehaussée de sa magnifique statuaire historiée. À cette époque, Arles connaît un essor important qui nourrit les ambitions de renouer avec un passé glorieux. Avec la construction de l’église, l’ancien vocable de Saint-Étienne est remplacé par celui de Saint-Trophime, en hommage au premier évêque légendaire de la cité. Le chantier commença vers 1100, la translation des reliques de saint Trophime dans la nouvelle cathédrale eut lieu en 1152.

 

Un joyau provençal

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Le monument possède le plan caractéristique des édifices de Provence : une haute nef de cinq travées, voûtées en berceau brisé et flanquée d’étroits collatéraux ; un transept très court dont la croisée est surmontée d’une coupole et supporte le clocher. Outre d’innombrables trésors architecturaux, le portail possède une statuaire – consacrée au Jugement Dernier – tout simplement admirable de finesse.

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Autre joyau, le cloître.

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Sa construction est venue achever une réédification du complexe cathédral qui avait débuté vers la toute fin du XIe siècle. À partir du XIIe siècle, l’espace au sud de la cathédrale est occupé par deux grands ensembles : le palais de l’évêque, et le claustrum, un espace réservé à la communauté des chanoines. Les deux galeries romanes (au nord et à l’est) ornées de sculptures sont d’une qualité exceptionnelle. Les deux dernières galeries (au sud et à l’ouest), voûtées sur croisées d’ogives, sont de style gothique et n’ont été réalisées que vers 1370-1380.

À la fin du XVIIe siècle, Monseigneur de Grignan entreprit une vaste modernisation de l’église, ajoutant notamment des balcons à balustres aux extrémités du transept ainsi que de grandes verrières. Deux nouvelles portes à fronton sont ajoutées sur la façade.
Lors de la Révolution, l’église fut transformée en temple de la Raison, et son mobilier d’origine en grande partie détruit.

 

Une restauration exemplaire

À la fin du XIXe siècle, l’architecte en chef des Monuments historiques Henri Révoil entreprend de remettre l’édifice dans le goût médiéval et de supprimer des adjonctions modernes. Ainsi, il procède à la suppression d’un clocheton en haut de la façade, ouvre des fenêtres bouchées et remplace la porte du XVIIIe siècle. En 1873, l’intérieur de l’église subit de grands travaux portant notamment sur la nef, les collatéraux et les tribunes.
Par ailleurs, de nombreuses pièces de mobilier sont ajoutées, tels trois sarcophages paléochrétiens.

Dans les années 1970, plusieurs interventions ont lieu sur les toitures et le clocher.
En 1980 est lancée l’opération de restauration du portail et de sa statuaire. Partant d’un constat préoccupant (l’importance des dégradations) et inspiré par une approche scientifique, le chantier se révéla comme une opération pilote, drainant des compétences multiples.
Durant sept années (1988-1995), le portail est le point de rencontre de spécialistes venus du monde entier, réunis par une action commune et un même enthousiasme.
Outre la consolidation de la pierre, la technique retenue pour la débarrasser de sa gangue noire fut celle de la micro-abrasion, conduite avec un outillage aussi fin que celui d’un dentiste.

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Saint-Trophime est par ailleurs une église à reliques sur la route de Compostelle

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Trophime d’Arles

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Trophime d’Arles ou saint Trophime est un saint chrétien dont l’histoire est mal connue. Il serait le premier évêque d’Arles.

Il est fêté le 29 décembre.

 

Légendes et traditions

Une légende dit que saint Trophime serait arrivé à Arles en 46. Le point de départ de cette légende est à chercher dans l’homonymie avec le compagnon de saint Paul.

Une autre légende, reprise notamment par Grégoire de Tours, raconte qu’il aurait été un des sept missionnaires envoyés par Rome pour évangéliser la Gaule, sous le règne de l’empereur Dèce et le premier évêque d’Arles ; il serait le fondateur de l’église d’Arles au IIIè siècle.

Biographie

Mais cet évêque légendaire, pourrait avoir bien existé. En cohérence avec les propos rapportés par Grégoire de Tours, des sources ténues mais basées sur des documents authentiques – des lettres de l’évêque de Carthage Cyprien écrites dans les années 250-254 – précisent la participation d’un évêque Trofime aux évènements liés à la persécution de Dèce. En effet, peu après ces évènements, vers 252, une lettre de Cyprien à Antonianus évêque en Numidie (lettre LV) évoque un Trofime qui après avoir renié l’église, avait demandé à revenir en son sein.

Pour ce qui est de Trofime, au sujet duquel vous avez exprimé le désir d’avoir des explications, les choses ne sont pas telles que vous les ont présentées des rumeurs vagues ou des mensonges malveillants. Comme l’ont fait souvent nos prédécesseurs, notre frère a tenu compte de ce qu’imposaient les circonstances pour ramener nos frères séparés. Une grande partie du peuple fidèle s’était éloignée avec Trofime. Or, Trofime revenait à l’Église, il donnait satisfaction; il avouait, en demandant pardon, son erreur passée; il satisfaisait encore et montrait une humilité parfaite en ramenant à l’Église les frères qu’il en avait séparés. Aussi a-t-on écouté ses prières, et l’Église a reçu non pas tant Trofime lui-même qu’un très grand nombre de frères qui étaient avec Trofime et qui n’auraient point repris le chemin de l’Église, si Trofime n’avait été avec eux. À la suite d’un conseil tenu là-bas entre plusieurs collègues, on a admis Trofime, pour qui satisfaisaient le retour des frères et le salut rendu à un grand nombre. Trofime d’ailleurs n’a été admis à notre communion qu’à titre laïc, et non pas, quoi qu’aient pu vous en dire des écrits malveillants, avec la dignité épiscopale.

Bien qu’il ne soit pas affirmé que cet évêque soit l’évêque d’Arles, il est impossible de ne pas apercevoir une grande concordance entre ce Trofime et l’évêque légendaire d’Arles Trophime. Ce Trofime, dont le patronyme est proche de Trophime, a été évêque vers 250 à la même époque que le Trophime de Grégoire de Tours ; il a renié la foi chrétienne lors des persécutions de Dèce, ce que ne rappelle toutefois pas -avec une certaine logique- le récit hagiographique légendaire. Ce Trofime, comme le Trophime légendaire, semble très connu dans la chrétienté au point que Cyprien, s’adressant à son interlocuteur, ne se sent pas obligé de préciser le diocèse dont Trofime est l’évêque.  Cyprien nous apprend également que ce Trofime, évêque universellement connu, souhaite retourner dans la communauté de l’Église, ce qui suscite des interrogations de la part de ses anciens collègues, tels que cet Antonianus. Or, l’évêque de Carthage évoque dans une de ses lettres suivantes, la lettre LXVIII datée de 254, toujours à propos du schisme novatien, l’évêque d’Arles Marcianus qui refuse de réintégrer dans l’Église les chrétiens repentants :

Faustinus, notre collègue de Lyon, m’a écrit à plusieurs reprises, frère très cher, pour me faire connaître (et je sais que la nouvelle vous a été aussi annoncée par mes autres collègues dans l’épiscopat de la même province) que Marcianus d’Arles s’est joint à Novatien, et éloigné de la vérité de l’Église catholique et de l’unanimité de notre corps épiscopal, il a adopté les dures maximes d’une hérésie présomptueuse, qui fermant la porte de l’Église à des serviteurs de Dieu qui regrettent et pleurent leur faute, et y viennent frapper avec des gémissements et des larmes, leur refuse les consolations et les secours de la Bonté de Dieu et de sa paternelle Miséricorde, sans se soucier d’admettre des blessés à soigner leurs blessures, préférant les abandonner à la rapacité des loups et à la rage du diable.

Enfin comme évoqué dans la lettre LV, un des enjeux de ce pardon papal, c’est de savoir si Trofime récupère ou non son diocèse. Tous ces éléments expliquent très bien la conduite de Marcianus, élu évêque d’Arles à la place de Trofime, qui ne souhaite pas que Trofime reprenne sa place au sein de l’église arlésienne. Il est donc possible que ce Trofime et le Trophime semi-légendaire ne soient qu’une seule et même personne comme l’admet historien du XIXè siècle, Wladimir Guettée.

Épilogue

Son nom a été donné à la cathédrale de la cité construite au Vè siècle ; initialement appelé Saint-Étienne, l’édifice prend le nom de Trophime au xiie siècle.

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Saint Clair guérissant les aveugles d’Hippolyte Flandrin, cathédrale de Nantes

Le tableau Saint Clair guérissant les aveugles d’Hippolyte Flandrin

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Dans l’incendie qui a ravagé la cathédrale de Nantes le tableau d’Hippolyte Flandrin, Saint Clair guérissant les aveugles, qui se trouvait dans le bras droit du transept, sur le mur droit, juste à côté du tombeau de François II et de Marguerite de Foix, à été entièrement détruit.

Il s’agissait d’une œuvre importante du peintre, l’un des meilleurs élèves d’Ingres, prix de Rome en 1832, et d’un de ses envois de l’Académie de France peint en 1836. C’est donc le premier grand tableau religieux d’un des plus grands peintres religieux du XIXe siècle qui a disparu corps et bien. Heureusement, celui-ci est très documenté et des esquisses et des dessins sont conservés. Le Louvre conserve en réserves une copie de son frère Paul Flandrin (ill. 4). Malheureusement il ne s’agit pas d’une copie à grandeur nature, mais de petite taille, qui ne pourra donc pas remplacer l’œuvre disparue.

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Hippolyte Flandrin (1809-1864)
Saint Clair guérissant les aveugles, 1836
Huile sur toile – 300 x 140 cm
Nantes, cathédrale (détruit)
Photo : Photo : D. Pillet/Inventaire Pays de Loire

 

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Paul Flandrin (1811-1902)
d’après Hippolyte Flandrin
Saint Clair guérissant les aveugles, 1836
Huile sur toile – 34,5 x 19 cm
Paris, Musée du Louvre
Photo : RMN-GP/G. Blot

 

L’emplacement de ce tableau qui a été détruit sans qu’il ait aucune proximité avec l’orgue (il en est même très loin) pose la question de l’origine d’un incendie qui s’est déclaré dans trois endroits différents. Mais son emplacement a de quoi surprendre : il est troublant en effet de constater que la toile de Flandrin était placée au-dessus d’une armoire électrique qui a complètement brûlé.

 

Saint Clair de Nantes

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Présentation

Il arriva dit-on de Rome, avec en sa possession un clou provenant de la croix qui supporta le martyre de Saint Pierre, pour lequel il fit bâtir un oratoire dédié à l’Apôtre, et qui serait à l’origine de la cathédrale de Nantes.

Il aurait pris une part importante dans l’évangélisation de la Haute-Bretagne, et la fondation de plusieurs paroisses entre Nantes et Vannes.

Il mourut à Kerbellec, village de la commune de Réguiny (Morbihan), et son tombeau (vidé depuis les invasions normandes à fin du IXè siècle se situe dans une chapelle jouxtant l’église de Réguiny. Une fontaine votive se trouve également nom loin du village de Kerbellec de cette commune bretonne.

On le confond parfois à tort avec Saint Clair, premier évêque d’Albi au ve siècle.

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Ouvrages

« Saint Clair et les origines de l’église de Nantes selon la véritable tradition nantaise » / Arthur de La Borderie, Plihon, 1884. Consultable sur la bibliothèque numérique de Rennes 2 [archive]

(br) Pierre-Jean Nédélec, « Sant Klêr, Kenta Eskob Naoned », Kroaz Breiz, n°28-29, 1950, p. 2.

 

 

Hippolyte Flandrin

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Jean Hippolyte Flandrin, dit Hippolyte Flandrin, né à Lyon le 23 mars 1809 et mort à Rome le 21 mars 1864, est un peintre français.

Il est le frère d’Auguste Flandrin (1804-1842) et de Paul Flandrin (1811-1902), également peintres. Il épouse Aimée-Caroline Ancelot (1822-1882) en 1843, dont naîtra Paul Hippolyte Flandrin (1856-1921), peintre d’art sacré, portraitiste et décorateur.

 

Biographie

Hippolyte Flandrin est l’élève de Jean-Auguste-Dominique Ingres. Son travail est représentatif du mouvement néo-classique. Après avoir obtenu le premier grand prix de Rome de peinture en 1832, il part pour la villa Médicis à Rome, en compagnie de Claudius Lavergne (1815-1887). Il pratique d’abord la peinture d’histoire, avant de se tourner vers la peinture religieuse, dont il est avec Alphonse Le Hénaff un des rénovateurs de ce siècle.

Son Jeune homme nu assis au bord de la mer (Paris, musée du Louvre) peint à Rome en 1836, est une de ses œuvres les plus réputées.

Il exécute les peintures murales des églises Saint-Séverin, Saint-Germain-des-Prés et Saint-Vincent-de-Paul à Paris.

En 1853, Flandrin est élu membre de l’Académie des beaux-arts. Le 4 avril 1856 il assiste à la fondation de l’Œuvre des Écoles d’Orient plus connue actuellement sous le nom de L’Œuvre d’Orient ; il fut membre de son 1er conseil général du 25 avril 1856.

En 1863, sa santé déclinante le pousse à retourner en Italie, où il meurt de la variole. Il est inhumé à Paris au cimetière du Père-Lachaise (57e division).

Réception critique

« Hippolyte Flandrin complétait Monsieur Ingres ; il était son côté spiritualiste, le transformateur de l’idée païenne de l’enseignement du maître en idée chrétienne : plus préoccupé de l’idéalisation de la pensée que de celle de la forme même, plus amoureux du sens que de la lettre, plus saisi par le sentiment psychologique que par le sens matériel, adonné à ces vagues aspirations mystiques des âmes religieuses qui trouvent les lois de leur esthétique dans les plus profonds et les plus secrets abîmes de leurs croyances. »

— Charles Lahure, Histoire populaire contemporaine de la France, t. IV, Paris, Hachette, 1866, p. 412.

Œuvres dans les collections publiques

Madame Hippolyte Flandrin (1846), son épouse Aimée-Caroline Ancelot. Paris, musée du Louvre.

Évreux, musée d’Évreux : Étude de personnages, graphite avec rehauts d’aquarelle blanche sur papier vélin ;

Grenoble, musée de Grenoble : Mme Bordier mère, 1852, huile sur toile ;

Lisieux, musée d’Art et d’Histoire : Le Christ et les petits enfants, 1839, huile sur toile ;

Lyon :

musée des Beaux-Arts :

Jeune Berger assis, 1834, huile sur toile ;

Dante et Virgile aux Enfers, 1835, huile sur toile ;

Pietà, 1842, huile sur toile ;

Portrait de Madame Édouard Brame, 1861, huile sur toile ;

Autoportrait à la casquette, huile sur toile ;

Autoportrait au chevalet, vers 1860, huile sur toile ;

Portrait de Madame Oudiné, huile sur toile ;

Georges Brölemann, huile sur toile ;

Madame Georges Brölemann, huile sur toile ;

basilique Saint-Martin d’Ainay : décoration de l’abside de Saint-Martin d’Ainay et de l’absidiole de saint Badulphe ;

Montauban, musée Ingres-Bourdelle :

Euripide écrivant ses tragédies, huile sur toile ;

La Comtesse de Goyon, 1853, huile sur toile ;

Nantes :

cathédrale Saint-Pierre-et-Saint-Paul : Saint Clair guérissant les aveugles, 1836, huile sur toile, 300 × 140 cm, détruite lors de l’incendie du 18 juillet 2020 ; une copie (34,5 × 19 cm) par son frère Paul Flandrin est conservée à Paris au musée du Louvre ;

musée des Beaux-Arts :

La Florentine, vers 1840, huile sur toile ;

Double autoportrait, 1842, huile sur toile ;

La Rêverie, 1846, huile sur toile ;

Nîmes, église Saint-Paul : peinture murale, 1848 ;

Paris :

abbaye de Saint-Germain-des-Prés : peinture murale, 1842-1864, achevé à sa mort par son frère Paul Flandrin ;

École nationale supérieure des beaux-arts : Thésée reconnu par son père, 1832, huile sur toile ;

église Saint-Séverin, chapelle Saint-Jean, La Cène, peinture murale, 1841 ;

église Saint-Vincent-de-Paul : peinture murale, 1848-1853 ;

musée du Louvre :

Jeune homme nu assis au bord de la mer, 1836, huile sur toile ;

Madame Hippolythe Flandrin, 1846, huile sur toile ;

musée d’Orsay :

La Force, 1854, huile sur toile ;

La Justice, 1856, huile sur toile ;

Joseph-Charles-Paul, prince Napoléon, 1860, huile sur toile ;

Saint-Étienne :

église Saint-Louis (ancien couvent des Minimes) Vitraux du chœur, 1928 à 1931, en collaboration avec Victor Orsel et Gabriel Tyr ;

musée d’Art et d’Industrie : Polytès, fils de Priam, observant les mouvements des Grecs à l’approche de Troie, 1833-1834, huile sur toile ;

Saint-Martory, église Mater Dolorosa ;

Versailles, musée de l’Histoire de France : Napoléon III, 1862, huile sur toile ;

Villeneuve-sur-Lot, musée de Gajac : La Comtesse Maison, 1852, huile sur toile.

Œuvres d’Hippolyte Flandrin

Polytès, fils de Priam, observant les mouvements des Grecs (1833-1834), musée d’Art et d’Industrie de Saint-Étienne.

Jeune homme nu assis au bord de la mer (1836), Paris, musée du Louvre.

La Florentine (1840), musée des Beaux-Arts de Nantes.

Portrait de la comtesse de Goyon (1853), Montauban, musée Ingres-Bourdelle.

Joseph Charles Paul Bonaparte (1860), Paris, musée d’Orsay.

 

Élèves

Antoinette Cliquot.

Pierre-Désiré Guillemet.

Émile Hirsch.

Louis Lamothe, vers 1839.

James Tissot, de 1856 à 1859.

 

 

Paul Flandrin

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Double autoportrait avec Hippolyte Flandrin

Paul Jean Flandrin, dit Paul Flandrin, né à Lyon le 28 mai 1811 et mort à Paris le 8 mars 1902, est un peintre français.

Il est le frère cadet des peintres Auguste Flandrin et Hippolyte Flandrin.

 

Biographie

Paul Flandrin reçoit d’abord les conseils du peintre paysagiste et animalier lyonnais Antoine Duclaux, ainsi que du sculpteur Jean-François Legendre-Héral, avant d’intégrer l’École des beaux-arts de Lyon, puis celle de Paris et l’atelier de Jean-Auguste-Dominique Ingres.

Il échoue à deux reprises au concours du prix de Rome mais rejoint néanmoins à ses frais son frère Hippolyte, lauréat de cette épreuve, en Italie. Ils demeurent quatre années à Rome, durant lesquelles Paul se spécialise dans la peinture de paysage. Il réalise des études d’après nature qui lui servent à entreprendre des compositions historiques qu’il présente aux Salons parisiens. Il collabore également régulièrement aux paysages des tableaux de son frère aîné.

Flandrin perpétue jusque tard dans le xixe siècle cette tradition du paysage classique dont il est l’un des meilleurs représentants, aux côtés d’Édouard Bertin ou de son beau-père Alexandre Desgoffe. Il allie celle-ci à un sens de la ligne et de l’idéal hérité des leçons de son maître Ingres. Charles Baudelaire l’accuse ainsi de vouloir « ingriser » le paysage, critique qui lui sera longtemps associée. L’artiste évolue néanmoins dans son travail vers un naturalisme plus présent dans la seconde partie de sa carrière.

Paul Flandrin est également l’auteur de portraits peints et dessinés, ainsi que de caricatures.

Il épouse Aline Desgoffe (née vers 1835), en 1852, fille du peintre Alexandre Desgoffe (1805-1882), qui lui donnera un fils : Joseph Flandrin (1857-1939), architecte, père de l’artiste peintre Marthe Flandrin (1904-1987).

Il repose à Paris au cimetière du Père-Lachaise.

Collections publiques

Bordeaux, musée des Beaux-Arts : Paysage de Rome. Vue de l’aqueduc de la villa Borghèse, 1874.

Dijon, musée des Beaux-Arts : Paysage. Souvenir de Provence, 1874, huile sur toile, 90 × 118 cm.

Langres, musée d’Art et d’Histoire Gorges de l’Atlas, vers 1844-1845.

Lyon, musée des Beaux-Arts :

Les Pénitents de la mort dans la campagne de Rome, 1840 ;

Les Bords du Rhône à Givors, 1855.

Montpellier, musée Fabre : Environs de Vienne.

Montauban, musée Ingres-Bourdelle : Les Bords du gardon 1850, exposé au Salon de 1859.

Nîmes, musée des Beaux-Arts : Paysage.

Paris :

église Saint-Germain-des-Prés.

église Saint-Séverin, chapelle des Fonts-Baptismaux : La Prédication de saint Jean-Baptiste

musée du Louvre :

Paysage, les adieux d’un proscrit à sa famille ou Montagnes de la Sabine, 1838 ;

Solitude, 1857.

palais de la Légion d’honneur : La Maison d’éducation de Saint-Denis, vue prise du parc.

Roanne, musée des Beaux-Arts et d’Archéologie Joseph-Déchelette : La Vue du campo Vaccino, 1839.

Œuvres de Paul Flandrin

Le Palais impérial sur le mont Palatin, Rome (1834), Art Institute of Chicago.

Les Gorges de l’Atlas (vers 1844-1845), Langres, musée d’Art et d’Histoire.

Les Bords du Gardon (1850), Montauban, musée Ingres-Bourdelle.

Paysage de Rome. Vue de l’aqueduc de la villa Borghèse (1874), musée des Beaux-Arts de Bordeaux.

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CATHEDRALE DE NANTES (Loire-Atlantique), CATHEDRALE SAINT-PIERRE-ET SAINT-PAUL, CATHEDRALES, EGLISE - CHAPELLE, EGLISE CATHOLIQUE, MONUMENTS HISTORIQUES, NANTES (Loire-Atlantique)

Cathédrale Saint-Pierre-et-Saint-Paul de Nantes

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La cathédrale Saint-Pierre-et-Saint-Paul (appelée aussi localement « cathédrale Saint-Pierre ») est une cathédrale catholique située place Saint-Pierre, à Nantes (Loire-Atlantique). C’est la cathédrale du diocèse de Nantes, siège de l’évêque de Nantes. Sa construction s’est étalée sur 457 ans, de 1434 à 1891, mais ces délais n’altèrent en rien la qualité ni la cohérence de son style gothique. Elle est classée monument historique depuis 1862.

Actuellement, le siège épiscopal est vacant. Dans l’attente de la nomination d’un nouvel évêque par le Saint-Siège, le diocèse est régi par un ecclésiastique qui porte le titre d’administrateur apostolique.

La cathédrale est touchée par les bombardements de Nantes, une bombe en 1944 atteint la sacristie de la cathédrale et endommage considérablement l’abside et trois chapelles. Durant les travaux de restauration, un incendie se déclare le 28 janvier 1972, et détruit la plus grande partie de la toiture. La restauration de l’édifice dure jusqu’en 1985. Un nouvel incendie détruit l’orgue, la verrière du XVe siècle de la façade Ouest et divers éléments du mobilier, le 18 juillet 2020.

 

Histoire

Les édifices antérieurs

Le site aurait été initialement occupé par un temple druidique dédié à Janus ou « Bouljanus ».

Par la suite, trois édifices religieux chrétiens ont précédé l’actuelle cathédrale sur les mêmes lieux :

une basilique bâtie au ive siècle ;

une première cathédrale, bâtie au vie siècle ;

une deuxième cathédrale romane, bâtie au xie siècle.

L’édifice actuel est bâti à l’emplacement de cette dernière, en l’absorbant peu à peu.

Saint-Clair et la première église

Une tradition légendaire fait remonter au iiie siècle l’arrivée de saint Clair, premier évêque de la ville, venu de Rome en possession d’un clou qu’il affirme provenir de la croix qui supporta le martyre de saint Pierre. Il aurait fait édifier une chapelle pour abriter la relique qu’il dédie à saint Pierre et saint Paul. Historiquement, on trouve effectivement trace d’un oratoire à l’ouest de la ville, sur les coteaux de Saint-Similien

Mais c’est au ive siècle qu’une première véritable église est implantée, cette fois à l’est, là où les futurs bâtiments de la cathédrale se succèderont. Cet édifice est implanté près de l’enceinte gallo-romaine, et ce choix va en conditionner le développement ultérieur : le chevet de l’église étant très proche des remparts, l’extension de la future cathédrale a été par la suite en butte à ce problème. Sous cette basilique sont creusées trois petites cryptes. Elle durera jusqu’au vie siècle, où le besoin d’accueillir des fidèles plus nombreux poussera à l’établissement d’une première véritable cathédrale.

 

La première cathédrale

Église Saint-Jean-du-Baptistère

La cathédrale diffère de l’église paroissiale nommée « Saint-Jean-du-Baptistère » édifiée au ive ou ve siècle sur son côté nord, et dont les vestiges furent mis au jour lors des fouilles menées par le chanoine Durville, entre 1910 et 1913. Cette église, qui était aussi le siège du doyenné de la « chrétienté », c’est-à-dire de la partie du diocèse qui s’étendait entre la Loire, le diocèse d’Angers et le cours de l’Erdre, se composait d’une nef coupée par un transept débordant, sans abside, mais était de dimension suffisante pour recevoir durant le xe siècle « tout le peuple chrétien de la cité ».

Comme son nom l’indique, l’édifice renfermait un baptistère et, de fait, deux piscines baptismales ont été retrouvées dans la nef. L’une de ces piscines, datant du ive siècle, formait un bassin octogonal de côtés inégaux de 0,60 à 0,71 mètre de longueur, pour un diamètre de 1,56 mètre et une profondeur d’environ 1 mètre. L’autre, du vie siècle, consistait en un bloc circulaire de maçonnerie d’un diamètre de 3,65 m pour 0,70 m de profondeur, dans lequel s’enfonçait une excavation octogonale, en briques, qui constituait, à proprement parler, la cuve baptismale.

Le chevet de l’église fut détruit, vers la fin du ixe siècle, tandis que la nef disparut avant la fin du xve siècle, entre 1469 et 1486, pour faire place au collatéral nord de la cathédrale.

La cathédrale

La construction de la première cathédrale débute au vie siècle, à l’initiative de l’évêque Evhemerius, Evhémérus ou Eumélius II (527-549). Elle est consacrée en 567 ou 568 ou même le 30 septembre 580 par son successeur, Félix Ier (550-582).

Cet édifice avait trois nefs, avec trois portiques correspondant en façade, et était surmonté d’une tour carrée surmontée d’une lanterne en forme de dôme. La cathédrale fait alors l’admiration de Venance Fortunat, évêque de Poitiers, qui la décrit en ces termes :

D’une hauteur élevée s’étend une triple nef
dédiée à Dieu, sous le vocable des Apôtres.
Autant parmi les saints leur gloire prédomine,
Autant dépasse les autres le faîte de cette église.
En son milieu se dresse en hauteur une tour élancée.
L’ouvrage d’abord carré s’élève en forme de rotonde.
On dirait une forteresse, soutenue par des arcs,
qui monte à une hauteur stupéfiante.
Elle domine l’édifice, comme le sommet d’une montagne.
Des figures de pourpre y représentent des êtres vivants :
Peintures qui semblent vivre par un effet de l’art
Quand le soleil mouvant vient les colorer à travers la toiture d’étain…

Fortunat évoque par ailleurs la lumière des toits « couverts de métal » ; les lambris intérieurs et le toit étaient couverts d’étain, issu probablement des mines proches de Piriac-sur-Mer et Pénestin

Outre les descriptions dithyrambiques d’observateurs (Fortunat, Albert le Grand), diverses fouilles aux xixe siècle et xxe siècle attestent également de la richesse et de la magnificence de l’église d’Evhémérus et de Félix, ce qui en fit sans doute une cible de choix pour les Normands au cours des ixe et xe siècles.

Ainsi le 24 juin 843, lors d’une invasion normande, l’évêque Gohard y est massacré avec ses paroissiens. L’évêque Fulquerius ou Foucher procède à une restauration et à un renforcement entre 897 et 906, mais en 919 l’église est à nouveau pillée lors d’un nouveau raid, et cette fois considérablement incendiée. Il faut attendre la fin du xe siècle pour que l’édifice soit reconstruit, à l’initiative du duc Guérec. De cette époque daterait le noyau de la crypte médiévale. Un ambitieux projet de reconstruction, probablement dû à l’évêque Benoît de Cornouaille entre 1079 et 1111, est abandonné après la construction de départs d’un bras sud du transept.

La cathédrale romane

Pour rebâtir la cathédrale, le choix est fait de ne pas détruire la crypte de Guérec. Celle-ci n’étant pas souterraine il faut alors surélever le sol pour établir le chœur. La nef, probablement dotée de collatéraux, aurait été couverte de trois coupoles faites de blocages, à l’image de la cathédrale du Puy. L’hypothèse généralement retenue établit la période de construction après 1130. Il n’y a pas de certitudes concernant l’aspect extérieur et les détails de cette cathédrale. À la fin du xiie siècle le chœur est modifié, étape la plus achevée de l’église romane. En 1415, un incendie entraîne la démolition d’une tour carrée, au xvie siècle puis au xviie siècle les ébauches du bras sud du transept sont supprimées, en 1733 le chœur roman est aplani, l’ensemble est détruit en 1876. De cette époque, il ne subsiste au xxie siècle que la crypte située sous le chœur, et quelques chapiteaux conservés au musée Dobrée. L’un des chapiteaux conservés au musée Dobrée présente un personnage barbu à deux paire d’yeux, vêtu d’un pagne. Il est entouré d’un sphynx à tête humaine et d’un dragon dont la queue se termine par une tête crachant du feu.

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Personnage barbu

 

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sphynx

 

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dragon

 

La cathédrale actuelle

Première phase de construction

La construction de l’édifice actuel est initialement conduite par Guillaume de Dammartin, dont les liens avec Guy de Dammartin ou Jean de Dammartin (architecte de la cathédrale de Tours) ne sont que suppositions, puis par Mathurin Rodier, sous l’impulsion du duc de Bretagne Jean V et de l’évêque Jean de Malestroit, qui posent la première pierre le 14 avril 1434.

Le milieu du xve siècle est en effet une période propice au lancement de tels projets, la Bretagne ayant retrouvé une prospérité commerciale suffisante grâce à une politique diplomatique opportuniste et habile qui lui permet de rester relativement à l’écart des déchirements européens de l’époque, notamment entre les royaumes de France et d’Angleterre.

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Blason du chapitre de la cathédrale de Nantes.

De plus, l’établissement d’une aussi imposante cathédrale, et l’implication qu’y met le pouvoir ducal, participent à la légitimation de ce pouvoir dans un contexte difficile à la suite des guerres de succession du duché de Bretagne. Nantes n’est pas la seule ville à bénéficier de cette volonté politique de Jean V : citons, par exemple, le chantier similaire de la façade de la cathédrale de Quimper, initié dix ans plus tôt en 1424.

Le portail central qui orne la façade est achevé en 1481, pour les grand-messes. Henri IV la franchira en 1598, lors de son passage à Nantes pour y signer l’Édit de Tolérance.

Si la façade est achevée dès la fin du xve siècle, les tours ne le sont qu’en 1508 ; la nef et les collatéraux le sont également au début du xvie siècle, mais la voûte gothique de la nef, le bras sud du transept et les arcs-boutants sont terminés au xviie siècle. Un projet d’achèvement du xviie siècle (dont il reste une maquette) envisageait d’ajouter un transept ainsi qu’un chevet court, adossé aux remparts.

Révolution et Empire

Sous la Révolution, la cathédrale est utilisée comme poste d’observation militaire lors du siège de Nantes en 1793. Une tour de bois de 10 mètres de hauteur est construite sur la tour sud, et la surveillance est assurée au moyen d’un télescope. Les décisions militaires sont prises en fonction des renseignements ainsi obtenus.

Dans cette période, elle est transformée en arsenal et en écurie, puis un arrêté départemental de 1794 la consacre officiellement à la célébration des fêtes publiques (ce à quoi doit également servir le grand-orgue)

La cathédrale est menacée de destruction en 1796, et il est envisagé de prolonger la « rue du Département » (devenue rue du Roi-Albert) en droite ligne jusqu’à la « rue Brutus » (rue Prémion) face au château. L’intervention, en tant qu’expert, de Mathurin-Julien Grolleau, évite la destruction de l’édifice. Il rédige un rapport où il stipule que la cession de l’église ne peut se faire qu’à la condition que le bâtiment ne subisse aucune modification de structure extérieure, et rappelle l’importance d’un observatoire aussi élevé à Nantes, qu’il aurait été coûteux de construire si la cathédrale était détruite.

Le 25 mai 1800, l’explosion d’une poudrière dans la tour des Espagnols du château des ducs de Bretagne entraîne d’importants dommages sur l’aile sud de la cathédrale.

Par la suite, l’observatoire est maintenu, pour les études astronomiques, et pour les besoins de l’école d’hydrographie, qui forme les officiers de marine aux nouvelles techniques de navigation. La tour en bois présente rapidement des signes de vétusté13, et, la cathédrale ayant retrouvé sa vocation religieuse, n’est pas située à un endroit adapté à un usage civil intensif. L’observatoire est déplacé en 1823 dans la tour de la « maison Graslin », rue Molière.

Achèvement

La démolition des murailles à l’est de la ville permit l’achèvement de la cathédrale au xixe siècle: le bras nord du transept et le chevet sont entrepris en 1840, le vieux chœur roman est abattu à partir de 1876 et l’ancienne tour de la croisée du transept en 1886. Après 457 années de travaux, la cathédrale est enfin inaugurée le 25 décembre 1891 par Mgr Le Coq.

Les lustres de la nef sont réalisés vers 1870 par François Evellin, et classés en 1994 au titre objet des Monuments historiques.

Restaurations et incendies

Bombardements de 1944 et incendie de 1972

Les violents bombardements du 15 juin 1944 conduisent également à des travaux de restauration de l’édifice qui sont presque achevés lorsque, le 28 janvier 1972, se déclenche dans les combles un gigantesque incendie (dû à la mauvaise manipulation d’un chalumeau par Clair Brevet, ouvrier couvreur soudant un chéneau) qui embrase la toiture. Les pompiers parviennent à maîtriser le sinistre, mais la charpente est largement détruite, et de nombreux autres dommages sont à déplorer. Les suites judiciaires qui seront données à cette affaire après huit ans de procédure concluront à la responsabilité de l’État (et non celle de l’entreprise nantaise Rineau Frères) qui sera finalement condamné à payer les dégâts. Les juges reprocheront en effet à l’État de ne pas avoir fait nettoyer la poussière (matière très inflammable) qui s’y était accumulée depuis des décennies avant d’y envoyer des ouvriers. Après cet incendie, les cathédrales Saint-Maurice d’Angers et Saint-Julien du Mans avaient été dépoussiérées.

Restaurations

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La façade restaurée de la cathédrale.

À la suite du sinistre accidentel de 1972, d’importants travaux de restauration sont entrepris. La charpente en bois d’origine est remplacée par une structure en béton (seuls les liteaux retenant les ardoises sont en bois). La technique et les matériaux utilisés pour la reconstruction de la charpente ont permis la réouverture du chœur de l’édifice dès 1975, lors d’un office solennel, mais il a fallu encore attendre dix ans pour la reconstruction d’un chœur provisoire et 2013 pour son achèvement définitif. Son aspect actuel est dû à une rénovation complète due aux architectes Jean-Marie Duthilleul et Bruno Ferré. Mgr Jean-Paul James, inaugure le nouveau chœur le 12 mai 2013.

On profite également des travaux pour reconstituer le décor de la façade ouest, telle que celle-ci se présentait à l’origine au xve siècle (cette opération prend fin en septembre 2008).

Il est envisagé d’effectuer après cette phase des travaux similaires, notamment sur la façade est de la tour sud, puis sur le portail du transept nord (côté Porte Saint-Pierre), et enfin sur le chevet.

Incendie de 2020

Un nouvel incendie se déclenche le 18 juillet 2020 vers 7 h 45, dont les flammes sont visibles à travers les vitraux principaux de la façade. Grâce à l’intervention de 104 pompiers, le feu est circonscrit vers 10 h du matin. Trois départs de feu ont été repérés, un au niveau de l’orgue et un de chaque côté de la nef. La piste d’un incendie criminel est évoquée par Pierre Sennès, procureur de la République de Nantes, qui confie une enquête en ce sens à la police judiciaire. Un premier bilan de l’incendie fait état de la destruction totale du grand orgue de tribune, datant du xviie siècle, d’un affaiblissement dangereux de la tribune qui le supporte et de la destruction probable des ultimes vitraux datant de la fin du xve siècle, contemporains d’Anne de Bretagne. Le tableau Saint Clair guérissant les aveugles d’Hippolyte Flandrin aurait aussi été réduit en cendres.

Une enquête pour incendie volontaire a été ouverte.

L’édifice

Architecture

La cathédrale présente les dimensions suivantes :

hauteur de l’édifice : 63 mètres (Notre-Dame de Paris : 69 mètres) ;

longueur intérieure : 103 mètres (Notre-Dame de Paris : 130 mètres) ;

hauteur de la nef sous voûtes : 37,5 mètres (Notre-Dame de Paris : 33 mètres).

La façade de la cathédrale de Nantes est encadrée de deux tours assez massives, au sommet en terrasse. Elle présente quelques particularités remarquables, comme la présence d’une chaire extérieure prévue pour prêcher aux foules assemblées sur la place, ou encore l’organisation en cinq portails aux voussures richement décorées, trois centraux et deux latéraux. Les portails sont respectivement dédiés, du nord au sud, aux Enfants nantais (les martyrs Donatien et Rogatien), à saint Pierre, au Jugement Dernier, à saint Paul et enfin à saint Yves ; les sculptures des voussures ont une fonction historiographique, en fonction du personnage auquel le portail est dédié.

Éléments remarquables

On peut y admirer le tombeau et les gisants du duc François II de Bretagne et de son épouse Marguerite de Foix (parents d’Anne de Bretagne) exécutés au début du xvie siècle par Michel Colombe et Jean Perréal. Considéré comme un chef-d’œuvre de la sculpture française, il établit un lien entre les époques (du Moyen Âge vers la Renaissance) et les régions (le style italien côtoie et s’unit harmonieusement au style français). Ce tombeau de marbre, que Michel Colombe a mis cinq ans à réaliser (1502-1507), est décoré des douze apôtres et de quatre femmes, figures allégoriques des vertus cardinales de force, prudence, tempérance et justice. Il est installé dans la cathédrale en 1817.

L’édifice abrite également le cénotaphe du général de Lamoricière, monument érigé en 1878 en hommage papal aux services rendus par cet enfant du pays nantais.

Tableaux

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Saint Clair guérissant les aveugles. Hippolyte Flandrin

Saint Clair, premier évêque de Nantes, guérissant les aveugles par Hippolyte Flandrin en la cathédrale Saint-Pierre et Saint-Paul de Nantes.

La cathédrale compte plusieurs tableaux :

Descente de Croix d’André Mineaux (1956).

Série de saintes et de saints de Joachim Sotta, xixe siècle.

Saint Clair guérissant les aveugles d’Hippolyte Flandrin. Ce tableau a été détruit lors de l’incendie du 18 juillet 2020.

Christ en croix, atelier de Charles de La Fosse ?

La Remise des clefs à saint Pierre de Charles Errard dit l’ancien.

L’Adoration des Mages de Mathurin Bonnecamp, dans la sacristie.

Saint Charles Borromée communiant les pestiférés de Milan, de Jean-Baptiste-François Désoria.

Saint Clair rendant la vue à un aveugle, de Jean-Baptiste Mauzaisse.

La Crucifixion avec la Vierge et saint Jean, d’Édouard Hauser.

La Vierge aux anges, de Charles Doussault.

L’Ensevelissement de la Vierge, de Charles-Auguste Van den Berghe.

Le Martyre de saint Donatien et saint Rogatien, de Théophile-Auguste Vauchelet.

La Descente de Croix, d’Étienne-Barthélémy Garnier.

Ex-voto, Vincent Vidal.

La Communion des apôtres, Jules-Élie Delaunay.

La Tempête apaisée, François Donné.

Saint Jean-Baptiste, François Lemoyne.

Vitraux

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Anne de Bretagne (XVè siècle)
Vitrail de la façade de la cathédrale de Nantes Certainement détruit dans l’incendie
Photo : Selbymay (CC BY-SA 4.0)

La création des 500 m2 de vitraux modernes (1978-1988) est confiée à Jean Le Moal, ainsi qu’à Anne Le Chevallier.

Cénotaphes

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Tombeau de François II de Bretagne.

 

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Gisant de François II de Bretagne.

 

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La Prudence.

 

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Cénotaphe du général de Lamoricière.

 

Événements

C’est devant la cathédrale, place Saint-Pierre, que Nicolas Fouquet   est arrêté par d’Artagnan le 5 septembre 1661 sur ordre de Louis XIV.

Cryptes

La cathédrale comporte deux cryptes :

une crypte romane du xie siècle datant de l’époque de la deuxième cathédrale. Elle est formée d’un martyrium rectangulaire s’achevant en abside entourée d’un couloir déambulatoire qui s’achève en cul-de sac. Au centre du martyrium, quatre épaisses colonnes romanes à chapiteaux et imposte portaient la voûte qui retombait sur les colonnes engagées dans le mur. Le chœur de la cathédrale romane étant surélevé par rapport au reste de l’édifice, la voûte romane a été détruite pour aplanir le sol pendant la construction du chœur néo-gothique et remplacée par le plafond plat actuel. Le long de l’abside, le sol est creusé d’un couloir auquel on accède par un escalier à chaque extrémité. Le couloir-déambulatoire à colonnes engagées permettait de voir les reliques exposées dans le martyrium par les trois fenestrellae percée dans le mur épais. Des objets de culte y sont exposés : ciboires, calices, encensoirs. On peut y voir la crosse de Mgr Fournier, évêque de Nantes de 1870 à 1877, réalisée par François Evellin en 1870, et classée en 1982 au titre objet des monuments historiques.

Plus bas, la vaste crypte du xixe siècle fut créée pour soutenir le nouveau chœur. Quatre salles qui y sont ouvertes retracent l’histoire de la cathédrale.

Cloches

La cathédrale contient une sonnerie de 8 cloches de volée électrique en lancé-franc et en super-lancé, situées dans la tour sud :

Cloche 1 : Jeanne Antoinette ; 2,04 m de diamètre ; 5650 kg ; fondue en 1842 (ou 1843) par Bollée Frères (Le Mans) ; FA#2

Cloche 2 : Françoise Thérèse ; 1,83 m de diamètre ; 4010 kg ; fondue en 1841 par Guillaume-Besson (Angers) ; SOL#2

Cloche 3 : Joséphine ; 1,61 m de diamètre ; 2945 kg ; fondue en 1842 (ou 1843) par Bollée Frères (Le Mans) ; LA#2

Cloche 4 : Julie Félicité ; 1,57 m de diamètre ; 2431 kg ; fondue en 1841 par Guillaume-Besson (Angers) ; SI2

Cloche 5 : Marie Françoise ; 1,39 m de diamètre ; 1675 kg ; fondue en 1841 par Guillaume-Besson (Angers) ; DO#3

Cloche 6 : Perrine Marie ; 1,24 m de diamètre ; 1200 kg ; fondue en 1841 par Guillaume-Besson (Angers) ; RÉ#3

Cloche 7 : Émilie ; 1,11 m de diamètre ; 870 kg ; fondue en 1841 par Guillaume-Besson (Angers) ; FA3

Cloche 8 : Louise ; 1,03 m de diamètre ; 690 kg ; fondue en 1841 par Guillaume-Besson (Angers) ; FA#3

Dans une des baies de la tour sud (côté ouest) est suspendue un carillon d’Horloge de 12 cloches fixes, fondues en 1843 par Bollée Frères (Le Mans), d’un poids total de 1209 KG et donnant les notes suivantes : SOL#3 – LA#3 – SI3 – DO#4 – RÉ#4 – FA4 – FA#4 – SOL#4 – LA#4 – SI4 – DO5 – DO#5

Outre cet ensemble campanaire de 20 cloches, la cathédrale contient également une cloche (actuellement déposée) :

 

Donatienne ; 0,65 M de diamètre ; ? KG ; fondue en 1829 par SARRAZIN (Nantes) ; DO#4

Orgues

Les grandes orgues

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Les documents témoignent de la présence d’un orgue dans la cathédrale dès le xve siècle, époque à laquelle l’édifice est érigé. L’orgue à l’origine de l’instrument actuel est l’œuvre de Jacques Girardet pour la partie centrale et le positif, et date de 1619. Les parties latérales sont dues au facteur Adrien Lépine au siècle suivant (1768), puis c’est François-Henri Clicquot, facteur du Roi, qui refait cet orgue à neuf en 1784. Il est alors doté de 49 jeux, répartis sur 5 claviers manuels et un pédalier.

À la Révolution française, l’organiste Denis Joubert sauve l’orgue neuf de la vente ou de la destruction en le faisant participer aux fêtes révolutionnaires qui se déroulent à la cathédrale. En 1833, le Chapitre confie à Geiger, facteur de Nantes, le soin de relever le grand orgue. Mais le travail reste incomplet, avant d’être achevé en 1893.

Le 15 juin 1944, l’orgue subit des dégâts à la suite d’un violent bombardement sur Nantes. Un dommage de guerre affecté à l’instrument permet d’envisager une restauration. La manufacture Beuchet-Debierre, de Nantes, s’occupa du chantier et l’inauguration du nouvel instrument a lieu le 21 novembre 1971. Le nombre de jeux est alors porté à 74.

Lors de l’incendie qui se produit en 1972, Joseph Beuchet, alors à la tête de la manufacture, et ses ouvriers risquent leur vie pour bâcher l’instrument afin d’éviter des dégâts trop importants : cette opération permit d’abriter l’instrument de l’eau des pompiers qui, si elle s’était introduite dans les tuyaux, aurait rendu l’orgue hors d’usage. Des travaux doivent néanmoins être réalisés à la suite de cet incendie.

Les titulaires de cet orgue sont actuellement Michel Bourcier, Mickaël Durand et Marie-Thérèse Jehan. Félix Moreau (1922-2019) en a été titulaire de 1954 à 2013, puis titulaire honoraire jusqu’à son décès survenu le 24 février 2019.

La composition du grand orgue, avant sa destruction, était la suivante :

I. Grand-Orgue
C–c6
61 notes
II. Positif
C–c6
61 notes
III. Récit
C–c6
61 notes
IV. Bombarde
C-c6
61 notes
Pédale
C-g3
32 notes
Montre 16
Bourdon 16
Montre 8
Flûte harmonique 8
Principal 8
Diapason 8
Bourdon 8
Grosse Quinte 5 1/3
Prestant 4
Flûte 4
Grosse Tierce 3 1/5
Quinte Flûte 2 2/3
Quarte 2
Doublette 2
Tierce 1 3/5
Grosse Fourniture 2 à 4 rgs
Fourniture 4 rgs
Cymbale 4 rgs
Cornet (dessus)
1ère Trompette 8
2ème Trompette 8
Clairon 4
Montre 8
Salicional 8
Bourdon 8
Prestant 4
Flûte douce 4
Nasard 2 2/3
Doublette 2
Tierce 1 3/5
Larigot 1 1/3
Piccolo 1
Fourniture 4 rgs
Cornet (dessus)
Trompette 8
Clairon 4
Cromorne 8
Quintaton 16
Principal 8
Flûte 8
Bourdon 8
Gambe 8
Voix céleste 8
Prestant 4
Flûte 4
Doublette 2
Nasard 2 2/3
Quarte 2
Tierce 1 3/5
Doublette 2
Plein Jeu 4 rgs
Cymbale 4 rgs
Bombarde acoustique 16
Trompette 8
Clairon 4
Hautbois 8
Voix humaine (tremblant) 8
Violoncelle 8
Cornet (dessus)
Bombarde 16
Trompette 8
Clairon 4
Hautbois
Soubasse 32
Soubasse 16 (par extension)
Basse 8 (par extension)
Flûte 16
Flûte 8
Flûte 4
Principal 16
Principal 8
Principal 4
Principal 2
Doublette 2
Plein Jeu 4 rgs
Bombarde acoustique 32
Bombarde 16
Trompette 8
Clairon 4

Commandes aux pieds :

Accouplements II/I, III/I, IV/I, III/II, IV/II, IV/III,

Tirasses I, II, III, IV,

Tutti/Renvoi Pédale,

Tutti Anches, Appels Anches Pédale, Anches I, Anches II, Anches III, Anches IV,

+/-, Crescendo (programmable), Plénum, Tutti général, Trémolo III

Expression par bascule (récit).

Commandes digitales :

Tirasses I, II, III, IV,

Accouplements II/I, III/I, IV/I, III/II, IV/II, IV/III,

Tutti Pédale, I, II, III, IV,

Tutti général, Mutations, Anches,

Mixtures Pédale, I, II, III, IV,

Anches Pédale, Anches I, Anches II, Anches III, Anches IV,

Combinateur (depuis 2006).

La traction des jeux et des notes est électropneumatique, la console en fenêtre.

 

Les grandes orgues

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Détail

 

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Vue de la tribune

 

L’orgue de chœur

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Les cérémonies ordinaires sont généralement accompagnées par l’orgue de chœur, aussi appelé « petit orgue », qui n’en est pas moins le plus grand orgue d’accompagnement de France. Achevé par Louis Debierre en 1897, il est doté de 31 jeux. Également endommagé par les bombardements de 1944 puis par l’incendie de 1972, il est restauré puis rendu à ses fonctions en 1985. La partie instrumentale de l’orgue est classée au titre des monuments historiques depuis le 2 décembre 1987. La composition en est la suivante :

I. Grand-Orgue
C–g5
56 notes
II. Positif
C–g5
56 notes
III. Récit
C–g5
56 notes
Pédale
C-f3
30 notes
Bourdon 16
Montre 8
Bourdon 8
Flûte harmonique 8
Montre douce 4
Plein-jeu IV
Trompette 8
Salicional 8
Bourdon 8
Prestant 4
Doublette 2
Cornet II-V
Fourniture IV
Trompette 8
Clairon 4
Flûte traversière 8
Cor de nuit 8
Gambe 8
Voix céleste 8
Flûte octaviante 4
Octavin 2
Trompette 8
Basson-hautbois 8
Cromorne 8
Clairon 4
Contrebasse 16
Soubasse 16
Dolce 8
Basse 8
Flûte 4
Bombarde 16

Combinaisons par cuillères :

Appel grand orgue

Tutti tirasses

Tutti copulas

Tutti quanti

Fonds de 8

Fonds de 8 et 4

Fonds de 16, 8 et 4

Fonds et mixtures

Anches récit

Anches positif et grand orgue

Expression récit par bascule

Octave aigüe

Combinaisons

Combinaisons par tirettes dans les bras de claviers :

Tirasse grand orgue

Tirasse positif

Tirasse récit

Copula récit / grand orgue

Copula récit / positif

Copula positif / grand orgue

Trémolo récit

Traction électrique.

Orgue détruit par un incendie potentiellement criminel le 18 juillet 2020

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Cinéma

La cathédrale de Nantes apparaît dans plusieurs scènes du film Une chambre en ville de Jacques Demy, réalisé en 1982, ainsi que dans le film Cessez-le-feu d’Emmanuel Courcol, sorti en 2017

 

Galeries

Vues extérieures

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De nuit.

 

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Détails de la façade occidentale en 2008, après restauration.

 

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Vue de la façade de la cathédrale en HDR.

 

Détails

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Saint Pierre trônant au milieu du portail restauré.

 

Tympan sud.

Vues intérieures

 

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Le chœur.

 

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Chapelle dédiée à la bienheureuse Françoise d’Amboise.

 

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Orgue au-dessus de l’entrée principale, tribune, buffet et candélabre après restauration.

 

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Clé de voûte de la travée sud.

 

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Plaque commémorative aux combattants de l’Empire britannique morts en 1914-1918.

 

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La nef

 

 

Bibliographie

Charles Marionneau, Peintures de la cathédrale Saint-Pierre de Nantes et tableau d’autel par Charles Errard. 1618-1622, dans Réunion des sociétés des beaux-arts des départements à la Sorbonne du 15 au 19 avril 1884, typographie E. Plon, Paris, 1884, p. 156-163

Martine Bey et Louis Grodecki (dir.), Les vitraux du Centre et des Pays de la Loire, Corpus vitrearum : Recensement des vitraux anciens de la France, vol. 2, Paris, Éditions du Centre national de la recherche scientifique, 1981, 335 p. . 281.

Marie-Christine Bocquet, La cathédrale de Nantes, Patrimoine des Têtes en l’air, 2010.

Eusèbe Girault de Saint-Fargeau, Histoire Nationale et Dictionnaire Géographique de toutes les communes du département de la Loire-Inférieure, Paris, Nantes, Baudouin Frères, 1829, 147 p.

Jean-Marie Guillouët, Les Portails de la cathédrale de Nantes : un grand programme sculpté du xve siècle et son public, Rennes, Presses universitaires de Rennes, coll. « Art et société », 2003, 303 p.

Jean-Paul James (dir.), Jean Bouteiller, Hervé Chouinard, Marcel Launay et Michel Leroy (directeurs scientifiques) et al.Nantes, Strasbourg/Paris, La Nuée Bleue/DNA, coll. « La Grâce d’une Cathédrale », 2013, 393 p.

Jean-Michel Leniaud, Gilles Bienvenu, Pierre Curie, Véronique Daboust, Dominique Eraud, Catherine Gros, François-Charles James, Odette Riffet et al. (photogr. Patrice Giraud, Denis Pillet), Nantes, la cathédrale : Loire-Atlantique, Nantes, Inventaire général des monuments et des richesses artistiques de la France ; commission régionale Pays de la Loire, coll. « Images du patrimoine » (no 100), 1991, 64 p.

Martial Monteil, « Les édifices des premiers temps chrétiens (ive – viie siècle de notre ère) à Nantes », dans Hélène Rousteau-Chambon (dir.) et al.Nantes religieuse, de l’Antiquité chrétienne à nos jours : actes du colloque organisé à l’université de Nantes (19-20 octobre 2006), Département d’histoire et d’archéologie de l’université de Nantes, coll. « Bulletin de la Société archéologique et historique de Nantes et de la Loire-Atlantique » (no hors série), 2008, 268 p. p. 29-38.

Félix Moreau, Le Grand-Orgue de la Cathédrale de Nantes, Nantes, brochure auto-éditée, 2005, 81 p.

Jean-Baptiste Russon et Donatien Duret, La Cathédrale de Nantes, Savenay, Roumegoux, 1933, 145 p.

Olivier Sauzereau (préf. Jacques Gapaillard), Nantes au temps des observatoires, Nantes, Coiffard éditions, 2000, 120 p. .

Pierre Curie, « Les peintures de la cathédrale Saint-Pierre de Nantes », In Situ revue des patrimoines, no 26,‎ 2015

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Les cathédrales gothiques du Moyen Âge

Cathédrales gothiques

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« Au Moyen Âge l’incendie pouvait devenir un signe »

Durant deux siècles, l’Europe a su mobiliser des armées d’artisans, d’ingénieurs, d’architectes et d’artistes pour ériger des cathédrales plus magnifiques les unes que les autres. La revue Codex lève le voile sur les origines et les ressorts d’un tel prodige quelques mois à peine après le drame qui a touché Notre-Dame de Paris le 15 avril 2019.

Spécialiste de l’architecture gothique, Arnaud Timbert (note) rappelle que les incendies font partie de la longue histoire des cathédrales. Un événement qui marque désormais les murs graciles de Notre-Dame de Paris.

Cathédrales gothiques, l’histoire d’une folle ambition

Cet entretien provient du dossier « Cathédrales gothiques, l‘histoire d’une folle ambition (XIIe-XIIIe siècles) »Codex #12, juillet 2019, 15 euros.

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Toujours richement illustré, le magazine se focalise cet été sur la magnificence des cathédrales gothiques et met en perspective, dans un cahier spécial, l’incendie de Notre-Dame de Paris, en interrogeant les spécialistes, sur les modalités de sa reconstruction. Il vous propose également de partir à la rencontre de 12 cathédrales « coups de cœur »

Codex est disponible en kiosque, en librairie et sur internet. Un régal pour les yeux et l’esprit (feuilleter le magazine).

Codex : Comment avez-vous vécu l’incendie de Notre-Dame de Paris ?

Arnaud Timbert : J’ai vu les images en direct à la télévision, comme la majorité des Français. Immédiatement, j’ai été intéressé par ce que cet incendie nous donnait à voir, à entendre, à ressentir, cette ambiance multi-sensorielle que je connaissais seulement par la lecture des textes. Et puis il y avait un élément très important, ce pathos qui s’est exprimé chez les chrétiens et qui permet à l’historien de mieux apprécier un élément majeur : l’émotion spirituelle.

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Comme l’ont dit de grands médiévistes, tels Georges Duby (1919-1996) ou Jacques Le Goff (1924-2014), le travail de l’historien se fonde sur des savoirs stricts et scientifiques mais il ne peut pas se passer de son imagination pour entrer dans l’intimité du passé. Là, nous avons un événement vivant qui en tous point, jusqu’à la fumée laiteuse provoquée par la combustion du plomb, nous permet de mieux comprendre ce qu’était un incendie de cathédrale gothique.

Codex : Justement, qu’avez-vous compris ?

  1. Timbert: L’impact émotionnel se mesure aux réactions de nos concitoyens. Tous ces gens qui sont restés sur les quais de Seine, jusqu’au bout de la nuit, ne se livraient pas au voyeurisme. Ils étaient en train de vivre un drame. Cela se voyait sur leurs visages, dans leurs larmes, leurs prières, dans le cri de stupeur lorsque la flèche est tombée, alors qu’elle allait tomber, inéluctablement. Depuis son présent, l’historien se trouve plongé dans une réalité quasiment identique à celle des incendies médiévaux.

Codex : Les incendies font partie de l’histoire des cathédrales…

  1. Timbert : Oui, Notre-Dame de Reims ou les cathédrales de Picardie ont été ravagées par les bombardements lors de la Première Guerre mondiale.
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Bien avant, au Moyen Âge, l’incendie était toujours possible, de la cathédrale de Noyon en 1293, à la cathédrale de Chartres en 1836, de la cathédrale de Canterbury en 1174, à celle de York (qui brula pas moins de cinq fois en mille ans), d’une certaine manière le feu couve en permanence. D’ailleurs, à cette époque, on invoquait souvent ce prétexte quand on voulait reconstruire une cathédrale.

Codex : Un prétexte ?

  1. Timbert: Il faut imaginer tous ces évêques qui voulaient se lancer dans des chantiers gigantesques. Les chanoines étaient rarement d’accord. D’abord, ils vivaient autour du monument, ce qui impliquait qu’ils seraient délogés car un agrandissement nécessitait une modification du tissu urbain, souvent très dense. Surtout, il fallait qu’ils participent au financement des travaux et ils n’avaient pas envie de s’appauvrir. Le projet ne faisait pas toujours l’unanimité. Pour débloquer cette réalité temporelle, on faisait appel à une caution surnaturelle. L’incendie restait un accident lambda mais à partir du moment où il était interprété il pouvait devenir un signe. Le mieux, c’est quand il était associé à un miracle.

Codex : Pouvez-vous donner un exemple ?

  1. Timbert: Nous n’avons jamais de preuves mais parfois des soupçons ! C’est évident pour la basilique de Vézelay en 1165. L’abbé voulait reconstruire le chœur roman. Les moines refusaient car ils étaient déjà en travaux depuis le début du XIIe siècle.

Soudain, un incendie se déclenche dans la crypte charpentée, un tout petit feu qui épargne le reste du monument. Les moines l’éteignent et descendent dans la crypte.Là, premier miracle : ils trouvent la statue en bois de la Vierge qui n’a pas brûlé. En la nettoyant, deuxième miracle : la porte d’un reliquaire apparaît sous les couches de peinture. La statue de la Vierge se révèle être une statue reliquaire dans laquelle les moines trouvent, non des reliques de saints locaux mais des reliques de « stars » comme celles des apôtres Pierre et Jean. Interprétation : « La Vierge nous envoie des signes pour qu’on reconstruise son temple. » Les moines érigent le chœur gothique. Nous sommes devant une réalité médiévale classique.

Codex : Et un cas d’incendie de cathédrale…

  1. Timbert : L’incendie de Chartres en 1194. Peut-être qu’il résulte d’un accident de chantier. Peut-être qu’il a été construit de toutes pièces. Écoutez, quand la cathédrale brûle que font les chanoines ? Ils se réfugient dans la crypte ! Ce n’est pas logique. Ils ressortent des décombres au bout de trois jours et trois nuits, comme le Christ ressuscité. L’historien est en droit de supposer qu’il s’agit d’une mise en scène totale. Je crois que beaucoup d’incendies de cathédrales du Moyen Âge ne sont pas accidentels.

Codex : Aujourd’hui, l’accident reste la piste privilégiée pour Notre-Dame. Au niveau des structures, quelles sont les conséquences du 15 avril ?

  1. Timbert: Il y a eu deux chocs importants. Le premier c’est la chaleur qui a brûlé et modifié la pierre, sur une profondeur variable, mais n’a pas ébranlé le monument au plus profond de sa substance. Nous sommes dans une configuration habituelle. Le deuxième choc n’était pas présent lors des autres incendies, celui de Chartres en 1836 et ceux des cathédrales victimes de la guerre 1914-1918. Ce sont les milliers de mètres cubes d’eau déversés par les pompiers. Bien sûr, ils ne pouvaient pas faire autrement.

Mais l’eau a des effets catastrophiques. Elle a transformé la pierre en chaux, en la désagrégeant. Elle a lessivé les joints de mortier entre les blocs. Tout ceci ne tient plus et il va falloir reprendre la majorité des parties hautes, dans une proportion que nous ignorons encore. Voilà le souci structurel de la cathédrale. Et puis, surtout, les parties hautes ne sont plus contreventées, c’est-à-dire maintenues, notamment par les entraits de la charpente.

Codex : Quelle est l’ampleur du dégât des eaux ?

  1. Timbert: Nous en verrons les conséquences à très long terme. L’eau a ruisselé dans l’épaisseur des murs. Elle est entrée profondément dans les maçonneries. Elle s’est accumulée en haut, au creux des voûtains, pour s’écouler ensuite vers le bas. Elle a pénétré partout, jusque dans les piles qui assurent la stabilité de l’édifice. L’architecte des Monuments historiques en charge de Notre-Dame de Paris (Philippe Villeneuve) est un homme remarquable, avec des connaissances réelles sur le bâti et une véritable empathie pour cette cathédrale, mais il ne peut pas prévoir avec exactitude ce qui va se passer.

Chaque cathédrale est unique, avec des pierres différentes, des mortiers différents, des épaisseurs de murs différentes, des architectoniques différentes, etc. Les dégâts vont dépendre de tous ces facteurs et ils imposeront des réponses adaptées. Maintenant, le monument va évoluer doucement et nous verrons comment…

Des toitures à ne pas négliger

« Comme l’ont montré les recherches de S. D. Daussy, la toiture est ce que l’on oublie le plus souvent dans l’étude d’un monument. Pourtant, elle joue un rôle fondamental en terme de visibilité. Au Moyen Âge, les cathédrales s’élevaient dans un milieu urbain extrêmement dense. Les ruelles ménageaient quelques percées vers le ciel. Pour se diriger, il y avait le son de la cloche, le bruit le plus important, et ce repère fonctionnel. La toiture reste une notion culturelle. Jusqu’au XVIe siècle, la cathédrale de Clermont possédait une couverture basse à faible degré, comme la cathédrale de Lyon. Arrive un évêque du Nord de la France. Il fait construire à grands frais une charpente en bois beaucoup plus haute, revêtue de plomb, pour que sa cathédrale corresponde à ses critères visuels et culturels. »

Codex : Concernant la mise en œuvre des matériaux, quelles sont les spécificités de Notre-Dame de Paris ?

  1. Timbert: Elle possède des murs très minces, et d’autant plus fragiles. C’est un héritage du premier art chrétien. De ce point de vue, la cathédrale de Chartres est très différente. Elle est bâtie comme un temple antique, en grand appareil, avec des pierres incroyables qui peuvent aller jusqu’à 80 centimètres de long et 50 centimètres d’épaisseur ! À Paris, le module moyen, dans les parties hautes de la nef, mesure 30-40 centimètres de long pour 15-20 centimètres d’épaisseur. Il s’agit souvent de parpaings : l’épaisseur du mur correspond à la pierre, visible sur les deux faces. C’est d’une extrême finesse. Lors du dernier incendie de Chartres, en 1836, la structure n’a pas bougé. Les pierres étaient en plus d’une nature résistante. On en a changé très peu. À Paris, nous avons un calcaire fragile, au grain fin, et qui a été mouillé. Il faudra reprendre de nombreux éléments, surtout dans les parties hautes.

Codex : Et la stabilité ?

  1. Timbert: Certaines cathédrales sont vulnérables. À Amiens, le bras sud du transept se désolidarise de la nef. À Beauvais, le chœur ne cesse de bouger. À Paris, Notre-Dame ne présentait aucun souci structurel majeur avant l’incendie. Aujourd’hui, si les voûtes sont trop affaiblies, cela peut évoluer dans des proportions dangereuses parce que les arcs-boutants continueront de jouer leur rôle de contrepoussée. Il y a un équilibre subtil dont la modification peut engendrer des problèmes à long terme.

Codex : Vous parlez de temps long. Pourtant, Emmanuel Macron a annoncé une reconstruction en cinq ans…

  1. Timbert: Ce n’est pas possible que, depuis l’Élysée, le président de la République décrète que ce sera cinq ans, parce qu’en l’occurrence il est fort mal conseillé ! Ou plutôt il a oublié de demander conseil à son ministère de la Culture qui possède un service des Monuments historiques depuis 1830 avec une longue expérience que le monde entier nous envie. Les personnes qui connaissent les chantiers de restauration savent que le temps du monument n’est pas celui du politique. Oui, nous pouvons reconstruire Notre-Dame de Paris en cinq ans. Mais, si on veut faire les choses correctement, ce sera un problème. C’est la cathédrale qui doit donner le tempo nécessaire à une juste restauration. J’entends par là une restauration qui n’ajoute pas de la catastrophe à la catastrophe.

Codex : Que craignez-vous ?

  1. Timbert: Nous avons déjà subi une perte patrimoniale majeure. Si nous allons trop vite, nous allons perdre de la connaissance : enlever des pierres quand ce n’est pas indispensable, trier de manière aléatoire les charpentes calcinées qui contiennent des informations importantes… Il faut observer et étudier les matériaux, patiemment, sans les perturber. Je pense par exemple aux maçonneries des parties supérieures qui seront reprises par endroits. Dedans, il y a du fer, que Viollet-leDuc a vu et dessiné. Nous pouvons profiter du chantier pour faire des observations archéologiques inédites, effectuer des prélèvements et des analyses pour savoir d’où vient le minerai, comment il a été transformé, reconstituer la chaîne opératoire. Ce serait la première étude sur les métaux de Notre-Dame de Paris ! On ne peut pas passer à côté !

Codex : Ce n’est pas nouveau d’instrumentaliser un monument…

  1. Timbert: Bien sûr ! L’architecture est toujours politique parce qu’elle transforme le paysage pour imposer un message à la vue de tous. Le Louvre est politique. Versailles est politique. Une cathédrale inscrit dans l’espace urbain le pouvoir de l’Église et la cohésion de la société chrétienne. Mais je suis inquiet parce nous sommes devant un pouvoir politique qui va peut-être finir par entendre mais qui pour le moment est parti bille en tête afin d’instrumentaliser notre patrimoine en faveur des jeux Olympiques. Je pèse mes mots. Cela exprime une vision du monde. Les monuments sont dans l’histoire. Notre-Dame de Paris est aussi du XXIe siècle. La difficulté, c’est ce hiatus.

Comment depuis notre présent qui nous emporte, avec des conflits sociaux importants, cette ère numérique qui pousse à tout dire et faire très vite, comment répondre le mieux aux maux de la cathédrale ? Il faut laisser aux spécialistes le soin de dire ce qu’il faut faire. Les scientifiques donnent de la voix ! Leurs représentants ont été reçus fin mai au Sénat. Des équipes de chercheurs se mettent en place, le temps long, nous l’espérons, s’imposera.

Codex : Comment envisagez-vous l’avenir, notamment pour la flèche ?

  1. Timbert: Il faut d’abord bien choisir les mots. Pour la cathédrale, il ne s’agit pas d’une reconstruction mais d’une restauration, car le monument n’est pas détruit. La situation est différente pour la charpente et la flèche. Si nous n’évoquons que cette dernière, deux voies sont revendiquées par les uns et les autres : soit une restitution, soit une création. Je trouve que le débat actuel manque de nuances. Ce qui compte, ce n’est pas le combat entre les anciens et les modernes mais le juste équilibre entre l’ancien et le nouveau. Nous sommes renvoyés à la mécanique d’une église qui fonctionne sur la reproduction des formes, des espaces, des matériaux, des couleurs…

Quand les hommes du XIIe siècle ont détruit la cathédrale Saint-Étienne pour construire Notre-Dame, ils ont reproduit les cinq vaisseaux du monument précédent. La mémoire de l’ancien permettait de donner une légitimité au nouveau parce que le chrétien ne supporte pas la rupture historique. Rompre avec la continuité c’est se couper du début de l’histoire, et donc du Christ. Viollet-le-Duc n’a pas agi autrement : il a créé une flèche aux formes empruntées au XIIIe siècle et créé la disposition en gradin des apôtres et des évangélistes établissant ainsi une liaison esthétique forte entre la croisée du transept et la flèche. Il a su associer nouveau et ancien… c’est ainsi que « fonctionne » une église…

Codex : Pour vous, quel est le sens d’une cathédrale aujourd’hui ?

  1. Timbert: Nos cathédrales sont à la fois culturelles et cultuelles. Chacun va y chercher ce qu’il souhaite. C’est un peu une auberge espagnole ! Ce patrimoine appartient à tous. C’est pour cela que l’émotion est collective. Autant qu’au Moyen Âge, la cathédrale garde un pouvoir agrégeant, surtout dans nos sociétés d’Europe du Nord. Si le Louvre avait brûlé, cela aurait été incontestablement un drame, mais je pense que l’impact aurait été beaucoup moins profond de part le monde. Avec Notre-Dame de Paris, il y a ce côté spirituel qui donne une dimension d’ordre supérieur.

Propos recueillis par Priscille de Lassus
Revue Codex, 2000 ans d’aventure chrétienne, juillet 2019, #12.

 

24 mars 1163

Maurice de Sully et la première pierre de Notre-Dame de Paris

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La cathédrale Notre-Dame de Paris, l’un des plus emblématiques monuments de la capitale, a huit siècles et demi d’existence. Les historiens supposent que son chantier a été inauguré par le pape Alexandre III à l’occasion de son passage à Paris le 24 mars 1163.

Sa construction, de 1163 à 1245 (et au-delà), intervient à un moment charnière de l’histoire de Paris et du royaume de France…

Marc Fourny

Une époque de foi

Avec la fin de l’anarchie féodale, une paix profite peu à peu au plus grand nombre. La capitale s’enrichit, les campagnes se repeuplent, la population s’accroît, les abbés défrichent… et les caisses de l’évêché se remplissent.

Au même moment, la renommée intellectuelle du chapitre de Notre-Dame dépasse les frontières de France.

La qualité de son enseignement attire rapidement une concentration de collèges sur la rive gauche de la Seine, concourant au rayonnement spirituel et intellectuel de la capitale.

En parallèle, le pouvoir royal s’affermit et se consolide, notamment avec l’avènement du souverain Philippe Auguste qui n’a de cesse de renforcer et développer sa capitale, en la rendant sûre et prospère, protégée par une enceinte massive.

Davantage d’argent, de clercs, de fidèles et en prime, un roi entrepreneur et protecteur… Il n’en faut pas plus pour lancer la plus incroyable des constructions : la plus grande cathédrale dans le style gothique.

Celui-ci, caractérisé par la croisée d’ogives, une nef de grande hauteur et de larges verrières, a été révélé une vingtaine d’années plus tôt, lors de la consécration de l’abbatiale de Saint-Denis.

Un évêque visionnaire

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Encore faut-il tomber sur un évêque assez visionnaire pour se lancer dans cette aventure : Maurice de Sully accède, en 1160, à la tête de l’un des plus puissants diocèses de France  Il y demeurera jusqu’à sa mort, en 1196.

Qui est-il vraiment ? Un homme de foi, sans aucun doute, à la parole claire et aux sermons évocateurs – il va même prêcher en Angleterre.

D’origine très modeste (son père est paysan, sa mère bûcheronne), il vient au monde près de Sully-sur-Loire et se trouve très tôt placé chez des moines bénédictins.

Il rejoint ensuite Paris pour poursuivre ses études, mendie son pain, fait le ménage chez ses condisciples, devient clerc et intègre le prestigieux chapitre de Notre-Dame qui finit par l’élire évêque.

L’homme est intelligent, humble et pragmatique, un habile administrateur doté sans aucun doute d’un caractère hors du commun.

Lorsqu’il prend les rênes de Paris, il existe déjà une cathédrale romane Sainte-Marie sur l’île de la Cité, qui vient sans doute d’être rénovée si l’on en croit les dernières études archéologiques. Elle est flanquée d’une autre église dédicacée à Saint Étienne.

Pourquoi détruire ces édifices ? Sans doute parce qu’ils ne suffisent plus à accueillir à la fois un chapitre prestigieux et une foule de fidèles de plus en plus dense – Paris va bientôt compter cinquante mille habitants.

Un autre argument est d’ordre politique : l’évêque de Paris se doit d’afficher son pouvoir, non seulement face aux puissantes abbayes parisiennes de Saint-Victor, Sainte-Geneviève et surtout Saint-Germain-des-Prés, dont les possessions s’étendent en Anjou, en Berry et même en Suisse ; mais aussi pour tenir son rang devant les autres cités qui se lancent dans des constructions audacieuses comme Saint-Denis, Sens, Noyon ou Senlis. Paris doit prendre le train architectural en marche, si l’on peut dire. Et même le devancer.

Un pape à Paris

De fait, le chantier démarre rapidement, sans doute dès 1162 pour les fondations, et l’évêque organise finement ses finances pour assurer des travaux continus. Ses remarquables talents de gestionnaire vont marquer les trente-six ans de son long épiscopat, durant lequel la nef sera quasiment construite aux trois-quarts.

Pour acheminer les matériaux, il perce une nouvelle voie, la rue Neuve Notre-Dame, large de six mètres, à travers un pâté de maisons situé face à la cathédrale.

Au printemps 1163, entre le 24 mars et le 25 avril très exactement, la tradition veut que le pape Alexandre III lui-même pose la première pierre de l’édifice.

L’événement n’est pas impossible puisque le pape a fui Rome et la fureur de l’empereur du Saint Empire qu’il vient d’excommunier. Il a trouvé refuge en France, entre Tours et Paris, et préside la dédicace du nouveau chœur gothique de l’église abbatiale de Saint-Germain en avril 1163.

En a-t-il profité pour faire un détour pour poser la première pierre de la nouvelle cathédrale ?

On sait que le pape appréciait Maurice de Sully. On peut compter sur la détermination de ce dernier pour le convaincre de bénir le chantier. Et faire enrager au passage les moines de Saint-Germain…

Un chantier de quatre vingts ans

Rien ne démontre à vrai dire que la construction de Notre-Dame ait débuté en 1162 ou 1163, après la visite du pape. On sait seulement que le choeur fut achevé en 1177 et le maître-autel consacré en 1182 par le légat du pape, sous le règne de Philippe Auguste.

En 1239, le roi Louis IX (saint Louis) accueille à Notre-Dame la couronne d’épines, précieuse relique pour laquelle sera aussitôt érigé un superbe écrin, la Sainte Chapelle. Le gros oeuvre de la cathédrale est enfin achevé en 1245.

Le chantier a été financé par l’évêque, les chanoines, le roi lui-même et les fidèles. Ainsi l’évêque a-t-il offert cent livres, soit le prix d’une maison de ville, et le roi Louis VII deux cents livres. Le plan initial est réalisé par un certain Ricardus, maître maçon.

De ses quatre successeurs, nous ne connaissons que Jean de Chelles, dont le nom est gravé dans le soubassement du transept sud : « Maître Jean de Chelles a commencé ce travail le 2 des ides du mois de février 1258 ».

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