A PHILEMON : REFLEXIONS SUR LA LIBERTE CHRERIENNE, ADRIEN CANDIARD, CHJRISTIANISME, ECRIVAIN CHRETIEN, EGLISE CATHOLIQUE, LIVRE, LIVRES, LIVRES - RECENSION, LIVRES DE SPIRITUALITE, Non classé

A Philémon : réflexions sur la liberté chrétienne

 

A Philémon. Réflexions sur la liberté chrétienne

Adien Candiard

Paris, Le Cerf 2019. 144 pages.

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Qu’est-ce qu’un chrétien est obligé de faire ? Qu’est-ce qui lui est interdit ? Et qu’est-ce que cela signifie pour ceux qui ne croient pas ? La morale a aujourd’hui mauvaise presse, mais ce questionnement est plus présent que jamais. Les prêtres le savent bien, à qui on ne cesse de poser ce genre de questions. Ceux qui les posent ne sont pas des névrosés, mais des personnes estimables – croyants ou non croyants – qui s’efforcent de bien vivre, de bien faire, et qui pour cela se débattent de leur mieux avec le grand bazar contradictoire de leurs désirs, de leurs convictions, de leurs attachements, de leurs devoirs, de leurs envies, de leurs fatigues, s’efforçant de faire rentrer le réel compliqué dans des catégories simples : le permis, le défendu, l’obligatoire.

Dans un des livres les plus courts de la Bible, la lettre qu’il écrit à son ami Philémon à propos de la liberté d’un esclave, l’apôtre saint Paul ouvre pourtant un tout autre chemin : celui d’une authentique et exigeante liberté, sous la conduite de l’Esprit Saint.

C’est ce chemin magnifique que ce livre redécouvre.

Dominicain vivant au couvent du Caire, Adrien Candiard est notamment l’auteur de Veilleur, où en est la nuit ?Comprendre l’islam, ou plutôt : pourquoi on n’y comprend rien, et Quand tu étais sous le figuier… Il est l’une des voix majeures de la spiritualité d’aujourd’hui.

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Contre le cléricalisme, le frère Adrien Candiard plaide pour la conscience

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Une méditation sur la place irremplaçable de la conscience dans la foi chrétienne, y compris dans sa dimension morale.

Dans sa Lettre au peuple de Dieu, le pape François dénonce vigoureusement le cléricalisme, à la source selon lui des « abus sexuels, abus de pouvoir et de conscience ». Pour le vaincre, une« transformation ecclésiale et sociale » est nécessaire, pour laquelle il ne ménage pas ses efforts. Mais il ne s’en tient pas là. « Sois le changement que tu veux pour le monde », disait Gandhi. « Réveillons notre conscience », lance le pape dans sa lettre.

Cette révolution à laquelle appelle ce pape jésuite trouve un pertinent appui dans le petit livre que publie le frère Adrien Candiard : À Philémon. Réflexions sur la liberté chrétienne (Cerf, 2019). Que va donc rechercher le jeune dominicain dans cette épître de Paul, la plus courte et sans doute la moins connue, adressée à son ami Philémon, et relative à l’esclave de ce dernier, Onésime ? Une phrase surtout : « Je n’ai rien voulu faire sans ton accord, pour que tu accomplisses ce bien non pas sous la contrainte mais librement ».

Forcer une conscience

« On l’a connu plus direct, et même plus sanguin », convient Adrien Candiard. « Mais il y a une chose que Paul ne peut pas faire (tout apôtre et converti et fondateur de communautés chrétiennes, etc., etc. qu’il est, pourrait-on ajouter): forcer une conscience ».

Paul est bien conscient de ce qu’il demande à son ami Philémon : non seulement affranchir Onésime, qui – après s’être enfui de chez lui – est venu visiter Paul en prison et lui a finalement demandé le baptême, et même l’accueillir en « frère bien aimé »… Ce n’est pas rien. Et pourtant l’apôtre refuse de prendre la décision à la place de l’intéressé. « Il se souvient sans doute trop bien de quel pharisaïsme scrupuleux il a été libéré sur le chemin de Damas, et c’est ce qui motive son refus brutal de toutes les formes d’asservissement à la Loi sous lesquels nous aimons nous réfugier », avance l’auteur.

Mais alors, comment se fait-il que tant d’entre nous aujourd’hui – « jeune catholique pratiquant qui se demande comment bien vivre son désir d’aimer; quadragénaire New Age rencontrée en auto-stop s’interrogeant sur la suite de sa carrière; jeune retraité s’essayant depuis peu à l’art d’être grand-père; mère de famille jonglant de son mieux entre la famille et son travail » – en venions à demander à un jeune prêtre, dominicain ou pas, comment nous devons vivre ? Aurions-nous collectivement oublié ce trésor de la foi chrétienne qui fait de la sainteté non pas « l’accomplissement de telle ou telle consigne impérative, (ou) l’ascension héroïque et épuisante vers des sommets de perfection qui le défient, mais l’alliance, l’amitié avec le Christ, la vie avec Dieu » ?

Nous donner envie d’accomplir ce qui est bon

« Voilà pourquoi il n’y a pas, dans la foi chrétienne, de vie morale sans vie spirituelle », insiste Adrien Candiard un peu plus loin. « Parce que c’est l’amitié avec le Christ, c’est la présence de Dieu en nous – que nous appelons l’Esprit Saint – qui peut à la fois nous éclairer sur ce qui est bon, nous donner envie de l’accomplir et nous libérer patiemment de tout ce qui nous retient. »

Cette approche vaut même en matière de sexualité, domaine dans lequel l’Église a pris l’habitude de manier l’interdit, ou au moins la mise en garde, parfois culpabilisante.

Pour l’auteur, c’est là faire fausse route. Car « l’inhibition n’est pas la vertu mais sa caricature, peut-être son cadavre ». Faire du plaisir un bien désirable « mais interdit » risque surtout d’enfermer le fidèle « dans une nasse de culpabilité morbide ».

« Je ne suis pas sûr que ce soit un objectif souhaitable, ni une manière saine et chrétienne d’envisager la sexualité », écrit-il dans des pages qui résonnent fortement avec le sommet qui a lieu ces jours-ci à Rome sur la lutte contre les abus sexuels. « Le bien est-il si peu attirant qu’il nous faille jouer sur la peur du mal? »

Invité par la présidente de la Conférence des religieux et religieuses de France à parler devant leurs 400 supérieurs majeurs réunis à Lourdes en novembre, le frère Adrien Candiard les avait déjà invités à méditer sur cette épître à Philémon et ses implications dans leurs pratiques pastorales ou d’accompagnement spirituel, dans leur manière d’approcher « le sanctuaire inviolable et sacré de la conscience humaine ».

Cette fois, il interpelle tout un chacun, parfois trop heureux « qu’une parole d’autorité (nous) tombe du ciel, non pour (nous) aider à éclairer laborieusement (notre) conscience, mais pour la remplacer ». L’exact opposé de ce que demande le pape François.

https://www.la-croix.com/Religion/Catholicisme/France/Contre-clericalisme-frere-Adrien-Candiard-plaide-conscience-2019-02-21-1201004165

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Épître à Philémon

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L’Épître à Philémon est un livre canonique du Nouveau Testament dont l’auteur est l’apôtre Paul de Tarse (« Saint Paul »). C’est une brève lettre personnelle de Paul adressée à Philémon, un chrétien de Colosse et l’un de ses disciples.

 

Le document

L’apôtre Paul écrit cette lettre ‘de sa propre main’ (Phm. v19) pendant son premier emprisonnement à Rome. Elle est envoyée à son disciple Philémon, chrétien de Colosse. Très brève elle n’est pas divisée en chapitres et est considérée comme la plus personnelle de Paul. Bien que ‘personnelle’, la lettre n’en est pas strictement privée pour autant car Paul y salue la communauté chrétienne : « l’église qui s’assemble dans ta maison » (Phm. v2)

 Origine et datation

Les mentions répétées de la captivité de Paul de Tarse peuvent laisser penser que la lettre a été composée à Rome, Césarée ou Ephèse, , cette dernière étant la meilleure candidate dans la mesure où elle répond le mieux à l’épisode du refuge d’Onésime chez Paul tandis que la tradition manuscrite inclinerait davantage vers Rome. La date de rédaction de la lettre est vraisemblablement à situer lors du séjour de Paul en Asie Mineure entre 51 et 55.

 Contenu

Paul a un problème à régler avec Philémon. Onésime, esclave de  Philémon, à la suite d’une ‘indélicatesse’ (« s’il t’a fait quelque tort… » : Phm. v18) a pris la fuite. Rencontrant Paul il s’est attaché à lui, s’est converti et en a reçu le baptême. Il est même devenu un collaborateur. Paul sait cependant que la loi romaine l’oblige à rendre l’esclave fugitif à son maître. Ce qu’il fait.

Paul renvoie donc Onésime à Colosse en compagnie de Tychique (Col 4,9. Il est porteur de cette lettre où la personnalité de Paul apparaît sous un jour très humain. Il ne force rien, n’ordonne rien, mais invite Philémon à recevoir son ancien esclave comme un frère bien-aimé (« Il l’est tellement pour moi. Reçois-le comme si c’était moi » : Phm v16). Si tort lui a été fait, que cela soit mis sur le compte de Paul (« C’est moi qui paierai… » : Phm v19). Paul se fait presque suppliant : « je sais que tu feras encore plus que je ne dis… » Phm v21).

Paul conclut la lettre par l’annonce de sa visite et les salutations d’usage aux proches de Philémon et autres membres de l’église (communauté chrétienne) de Colosse.

CHJRISTIANISME, EGLISE CATHOLIQUE, FÊTE DE LA SAINT JEAN, JEAN BAPTISTE (saint ; 1er siècle), NATIVITE DE SAINT JEAN BAPTISTE

Fête de la nativité de saint Jean Baptiste

Le 24 juin Nativité de Saint Jean-Baptiste

Sommaire :

 Evangile (Luc, I 57-80)

 Méditation et historique

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Evangile selon saint Luc (I 57-80)

Quand à Elisabeth, le temps fut révolu où elle devait enfanter, et elle donna naissance à un fils. Et ses voisines et ses parents apprirent que le Seigneur avait magnifié sa miséricorde à son égard, et ils s’en réjouissaient avec elle.

Or, le huitième jour, ils vinrent pour circoncire[1] l’enfant, et ils voulaient l’appeler Zacharie, du nom de son père[2]. Et prenant la parole, sa mère dit : « Non, mais il s’appellera Jean.[3] » Et on lui dit : « Il n’y a personne de ta parenté qui soit appelé de ce nom. » Et on demandait par signes au père comment il voulait qu’on l’appelât[4]. Et ayant demandé une tablette, il écrivit : « Jean est son nom.[5] » Et ils furent tous étonnés.

Sa bouche s’ouvrit à l’instant même et sa langue se délia[6], et il parlait, bénissant Dieu. Et la crainte s’empara de tous leurs voisins et, dans toute la région montagneuse de la Judée, on s’entretenait de toutes ces choses. Et tous ceux qui en entendirent parler les mirent dans leur cœur, en disant : « Que sera donc cet enfant ? » Et de fait la main du Seigneur était avec lui[7].

Et Zacharie, son père, fut rempli du Saint-Esprit et il prophétisa[8] en disant[9] :

« Béni soit le Seigneur Dieu d’Israël : il visite[10] et rachète son peuple. Il nous suscite une force de salut dans la maison de David, son serviteur, comme il l’a dit par la bouche des saints, ceux d’autrefois[11] , ses prophètes[12]. Salut qui nous arrache à l’oppresseur, aux mains de tous nos ennemis[13] ; amour qu’il scellait avec nos pères et souvenir de son alliance sainte ; serment juré à notre père Abraham de nous donner, qu’affranchis de la crainte, délivrés des mains de l’oppresseur, nous le servions en justice[14] et sainteté devant sa face tout au long de nos jours. Et toi, petit enfant, qu’on nommera prophète du TrèsHaut, tu marcheras devant la face du Seigneur pour préparer ses voies ; pour annoncer à son peuple le salut en rémission de ses péchés, par l’amour du cœur de notre Dieu qui vient nous visiter ; soleil levant, lumière d’en haut sur ceux de la ténèbre qui gisent dans l’ombre de la mort[15] , et guide pour nos pas au chemin de la paix.[16] »

Quant à l’enfant, il croissait, et son esprit se fortifiait[17]. Et il fut dans les endroits déserts jusqu’au jour où il se présenta à Israël.

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[1] La circoncision avait été donnée à Abraham pour distinguer sa race de toute autre race et la préparer à posséder les biens promis à Dieu; quand arriva ce qui avait été promis, le signe fut aboli. A la circoncision, qui cesse à J.-C., succède le baptême; et c’est pourquoi Jean devait être circoncis. On l’imposait au huitième jour; l’enfant était moins sensible à la souffrance; et d’autre part on lui imposait cette marque qui l’incorporait au peuple de Dieu avant qu’il ne put le vouloir lui-même, pour établir que c’était une pure grâce.  On lui donnait après la circoncision le nom qu’il devait porter, car avant de faire nombre dans le peuple de Dieu, il devait porter le signe de Dieu. Cela signifiait aussi que pour être inscrit au livre de vie, il devait avoir dépouillé les passions charnelles (saint Jean Chrysostome : « Contra Judæos et Gentiles quod Christus sit Deus »).

 [2] On pensait qu’à cet enfant du miracle on ne pouvait donner de nom plus honorable que celui de son père Zacharie, de ce prêtre qui avait passé sa longue vie dans la piété et la justice. » Cela ne pouvait déplaire à la mère. Ce ne fut donc pas par répugnance pour ce nom, mais sous l’action de l’Esprit Saint qu’elle se montra si affirmative (saint Ambroise : commentaire de l’évangile selon saint Luc, II 31).

 [3] Elle ne pouvait pas ignorer le nom du précurseur du Christ, elle qui avait prophétisé le Christ (saint Ambroise : commentaire de l’évangile selon saint Luc, II 31).

 [4] Zacharie, prêtre de la classe d’Abia, époux d’Elisabeth, avait été réduit au silence pour n’avoir pas cru à l’annonce de l’Ange : « Moi, je suis Gabriel, qui me tiens devant Dieu, et j’ai été envoyé pour te parler et t’annoncer cette bonne nouvelle. Et voici que tu vas être réduit au silence et sans pouvoir parler jusqu’au jour où ces choses arriveront, pour ce que tu n’as pas cru à mes paroles, lesquelles s’accompliront en leur temps » (évangile selon saint Luc, I 19-20).

 [5] Nous ne lui imposons pas nous-mêmes sont nom : il a déjà son nom donné par Dieu, nous le faisons connaître seulement. Les saints méritent de recevoir leur nom de Dieu ; les anges ne font que transmettre ces noms, ils ne les donnent pas eux-mêmes. Il apparaît bien que ce sera là non pas un nom de parenté, mais de prophétie (saint Ambroise : commentaire de l’évangile selon saint Luc, II 31 & 32).

 [6] Il aurait été contradictoire qu’à l’apparition de celui qui devait être la voix, son père demeurât muet (saint Grégoire de Nazianze : discours XII).

Cette bouche avait été fermée par l’Ange; elle est ouverte par le fils qui avait été promis par l’Ange (saint Maxime de Turin : homélie LXV).

Il convenait que la foi déliât cette langue qui avait été liée par l’incrédulité. Croyons, nous aussi, et notre langue qui demeure embarrassée tant que nous sommes dans les liens de l’incrédulité, saura trouver des paroles pleines de raison. Si nous voulons savoir parler, sachons écrire en esprit les mystères de Dieu : sachons écrire non sur des tablettes, mais dans nos cœurs, tout ce qui annonce le Christ (saint Ambroise : commentaire de l’évangile selon saint Luc, II 32).

 [7] Maintenant encore l’Eglise célèbre cette naissance ; elle ne célèbre que trois naissances, celle du Fils de Dieu, celle de sa mère et celle-ci ; elle sait« que pour l’homme le jour de la mort est meilleur que celui de sa naissance », et que toute naissance humaine est accompagnée de tristesse. C’est pourquoi elle célèbre la mort des martyrs qu’elle appelle leur naissance, car ils naissent vraiment à la vie quand ils se dépouillent de la vie pour le Christ. Mais cette naissance de Jean, l’Eglise la célèbre avec assurance sur la parole si expresse de l’Ange (saint Pierre Damien : sermon XXIII, sur la nativité de saint Jean-Baptiste, 4).

 [8] Voyez comme Dieu est bon et comme il pardonne complètement : non seulement il rend ce qu’il avait pris, mais il accorde des faveurs que l’on ne pouvait espérer. Cet homme, tout à l’heure muet, prophétise; ceux qui auront renié Dieu, sous l’action des grâces nouvelles, le loueront. Que personne donc ne perde confiance; que personne, au souvenir des fautes anciennes, ne désespère des dons de Dieu. Dieu sait changer ses jugements, si vous savez renoncer à vos fautes (saint Ambroise : commentaire de l’évangile selon saint Luc, II 33).

 [9] Ce cantique contient deux prophéties : l’une relative au Christ, l’autre à Jean. La première est exprimée dans ces paroles qui annoncent la chose comme déjà présente : « Dieu a visité. » Celle qui a rapport au Précurseur sera annoncée tout à l’heure au futur (Origène : homélie X sur l’évangile selon saint Luc).

 [10] Ce peuple qu’il a visité, c’est cette nation qui depuis si longtemps portait le nom de peuple de Dieu, et qui depuis longtemps semblait abandonnée de Dieu. C’était aussi ce peuple qui, dans le monde entier, gémissait sous le joug du péché et que le sang du Sauveur allait racheter et dont il allait faire son peuple par cette rédemption (saint Jean Chrysostome : « Contra Judæos et Gentiles quod Christus sit Deus »).

 [11] Je pense qu’Abraham, Isaac et Jacob, au jour de l’avènement du Christ, ont joui des effets de sa miséricorde; il n’est pas possible que ceux qui avaient vu de loin son jour et en avaient eu une grande joie, n’aient pas eu une joie plus grande au jour où vint celui dont il est dit, « qu’il a, par le sang de sa croix, fait la paix et sur la terre et dans le ciel » (Origène : homélie X sur l’évangile selon saint Luc).

 [12] Toutes les Ecritures de l’ancienne Loi avaient eu pour objet le Christ ; Adam lui-même et tous les patriarches après lui, par leurs paroles ou par leurs actes, avaient rendu témoignage de cette économie qui préparait le Christ (saint Bède le Vénérable).

 [13] Nos ennemis sont aussi nos convoitises, qui nous font la guerre dans nos membres, et nos péchés qui nous accablent, et nos faiblesses qui nous tuent, et les terreurs de la conscience qui ne nous laissent aucun repos (Bossuet).

 [14] Non plus dans la justice charnelle des Juifs qui mettaient leur confiance dans les victimes et les observances de la Loi, mais dans une justice spirituelle, se traduisant en œuvres bonnes : dans la sainteté qui nous rend dignes de Dieu, et dans la justice qui nous fait accomplir tous nos devoirs envers le prochain; non plus dans une justice extérieure, comme est celle des hommes qui cherchent à plaire aux hommes, mais dans une justice qui agit devant Dieu, qui cherche non l’approbation des hommes, mais celle de Dieu; et cela non pas une fois ou pour un temps, mais tous les jours de la vie (saint Jean Chrysostome : « Contra Judæos et Gentiles quod Christus sit Deus »).

 [15] L’ombre de la mort c’est l’oubli envahissant l’âme : de même que la mort met un abîme entre le mort et les régions de la vie, de même l’oubli entre l’âme et l’objet qui s’est éloigné de son souvenir : le peuple juif, ayant oublié Dieu, était dans la mort par rapport à Dieu (saint Grégoire le Grand : « Moralia in Job », XVI 30).

 [16] Nous dressons nos pas dans le chemin de la paix quand le mouvement de nos actes est toujours en accord avec la grâce de notre Créateur (saint Grégoire le Grand : homélie XXXIII sur les péricopes évangéliques, 4).

 [17] Il y a des hommes qui cultivent en eux la vigueur corporelle pour être vainqueurs dans les combats : l’athlète de Dieu se fortifiait dans l’esprit pour briser la puissance de la chair (Origène : homélie XI sur l’évangile selon saint Luc).

 

Méditation et historique

L’Église célèbre la naissance du Sauveur au solstice d’hiver et celle de Jean-Baptiste au solstice d’été. Ces deux fêtes, séparées l’une de l’autre par un intervalle de six mois, appartiennent au cycle de l’Incarnation ; elles sont, par leur objet, dans une mutuelle dépendance ; à cause de ces relations, on peut leur donner le même titre, c’est en latin : nativitas, naissance ; natalis dies, Noël.

Pourquoi célébrer la naissance de Jean-Baptiste, se demande saint Augustin, dans un sermon qui se lit à l’office nocturne ? La célébration de l’entrée de Jésus-Christ dans ce monde s’explique fort bien ; mais les hommes – et Jean-Baptiste en est un – sont d’une condition différente ; s’ils deviennent des saints, leur fête est plutôt celle de leur mort : leur labeur est consommé, leurs mérites sont acquis ; après avoir remporté la victoire sur le monde, ils inaugurent une vie nouvelle qui durera toute l’éternité. Saint Jean-Baptiste est le seul à qui soit réservé cet honneur ; et cela dès le cinquième siècle, car la nativité de la Vierge Marie ne fut instituée que beaucoup plus tard. Ce privilège est fondé sur ce fait que Jean a été sanctifié dès le sein de sa mère Élisabeth, quand elle reçut la visite de Marie sa cousine ; il se trouva délivré du péché originel ; sa naissance fut sainte, on peut donc la célébrer. C’est un homme à part, il n’est inférieur à personne, non surrexit inter natos mulierum major Jobanne Baptista. L’ange Gabriel vint annoncer sa naissance, son nom et sa mission, nous dit saint Maxime, dans une leçon de l’octave ; sa naissance merveilleuse a été suivie d’une existence admirable, qu’un glorieux trépas a couronnée ; l’Esprit Saint l’a prophétisé, un ange l’a annoncé, le Seigneur a célébré ses louanges, la gloire éternelle d’une sainte mort l’a consacré. Pour ces motifs, l’Église du Christ se réjouit dans tout l’univers de la naissance du témoin qui signala aux mortels la présence de celui par lequel leur arrivent les joies de l’éternité.

Saint Augustin, qui s’appliquait à découvrir les raisons mystérieuses des événements, a voulu savoir pourquoi Jésus-Christ est né à l’équinoxe d’hiver et Jean-Baptiste à celui d’été. Dans le sermon du quatrième jour dans l’octave, il nous propose ce qu’il a découvert : Jean est un homme, le Christ est Dieu. Que l’homme se fasse petit, pour que Dieu apparaisse plus grand, suivant ces paroles dites par Jean au sujet du Sauveur : il faut qu’il croisse et que moi, je diminue. Pour que l’homme soit abaissé, Jean naît aujourd’hui, où les jours commencent à diminuer ; pour que Dieu soit exalté, le Christ naît au moment où les jours commencent à grandir. tout cela est très mystérieux. La naissance de Jean-Baptiste, que nous célébrons, est, comme celle du Sauveur, pleine de mystère. Quel est ce mystère, si ce n’est celui de notre humiliation, comme la naissance du Christ est pleine du mystère de notre élévation.

Ces témoignages de saint Maxime et de saint Augustin prouvent que cette fête est l’une des plus anciennes du calendrier. Sa célébration est constatée dès le milieu du quatrième siècle. Elle a déjà sa place parmi les solennités importantes ; on lui donna bientôt une octave et une vigile et elle traversa le moyen âge avec ce complément.

Les Pères du Concile de Bâle, dans leur quarante-troisième session (1441), firent suivre son octave d’une fête nouvelle, la Visitation, et Eugène IV eut soin de confirmer plus tard cette mesure. Ce n’est pas le Concile de Bâle, il est vrai, qui établit cette fête, il n’eut qu’à la fixer au 2 juillet ; son institution remonte au pontificat d’Urbain VI qui espérait, par ce moyen, appeler la protection de Notre Dame sur l’Église menacée d’un nouveau schisme ; la bulle qui lui assignait un jour après l’Annonciation fut promulguée par Boniface IX (1389).

Le Noël d’été a, comme celui d’hiver, son cortège liturgique. Sa vigile est une réduction de l’Avent : L’Église présente à nos réflexions le récit évangélique de la mission de l’ange Gabriel auprès de Zacharie, pour lui prédire la naissance d’un enfant : l’envoyé céleste lui dit qu’il sera grand devant le Seigneur ; l’Esprit Saint le remplira de sa vertu, dès le sein de sa mère ; il convertira un grand nombre de fils d’Israël au Seigneur leur Dieu ; il précédera le Seigneur, dans l’esprit et la vertu d’Élie ; il conciliera aux fils le cœur des pères ; il amènera les incrédules à la prudence des justes ; il préparera au Seigneur un peuple parfait. L’octave de la fête pourrait fort bien être appelée la circoncision de Jean-Baptiste : en ce jour, son père lui donna son nom et il entonna ce Benedictus Dominus Deus Israël que nous chantons tous les jours de l’année, à l’office du matin, en l’honneur de l’Oriens ex alto. La Visitation est, en quelque sorte, l’épiphanie de Jean-Baptiste : il confesse par un tressaillement la manifestation de Jésus, caché dans le sein maternel. Notre Dame chante au Seigneur le Magnificat anima mea Dominum.Ce Noël d’été précède le Noël d’hiver, comme saint Jean-Baptiste est le précurseur de Jésus-Christ ; elle l’annonce ; nous le verrons paraître quand le soleil sera au terme de ses diminutions.

L’objet historique de la fête et la doctrine qui l’éclaire sont exposés par saint Luc, au chapitre premier de son Évangile. Les trois passages qui nous intéressent sont lus aux messes de la vigile, de la Nativité et de la Visitation ; il est nécessaire d’y ajouter quelques lignes de l’évangile de saint Jean, qui termine la messe : Fuit homo missus a Deo, cui nomen erat Johannes ; his venit in testimonium, ut testimonium perbiberet de lumine, ut omnes crederent per illum ; non erat ille lux, sed ut testimonium perbiret de lumine. Il est le témoin, le précurseur, la voix de Dieu…

Une mission de ce caractère n’a pu échapper aux Prophètes de l’Ancien Testament ; il faut nous attendre à trouver, sous leur plume, des figures lumineuses qui aident à la saisir. Le plus expressif est Jérémie. Le début de sa prophétie s’applique aussi bien à saint Jean-Baptiste qu’à lui-même ; l’analogie est frappante ; il n’y a qu’à le reproduire et chacun, à première vue, pourra s’en convaincre : La parole du Seigneur s’est fait entendre ; il me disait : Je te connaissais avant de te former dans le sein de ta mère ; je t’ai sanctifié avant que tu en sortes ; je t’ai choisi pour être mon prophète devant les nations. Et j’ai bégayé, A, a, a, Seigneur, mon Dieu ; mais je ne sais pas parler, je ne suis qu’un enfant. Et le reste. L’Église fait lire Jérémie aux matines de la fête et à la messe de la vigile. L’épître du jour est empruntée à Isaïe ; c’est de Jean-Baptiste qu’il écrit : Que les îles écoutent ; peuples éloignés, faites attention. Le Seigneur m’a appelé, il s’est souvenu de mon nom dès le sein de ma mère. Il a fait de ma langue un glaive aigu ; il m’a protégé de l’ombre de sa main ; il m’a pris comme une flèche de son choix et il m’a caché dans son carquois… Le Seigneur, qui a fait de moi son serviteur dès le sein maternel, me dit : Je t’ai donné aux nations comme leur lumière pour que tu sois mon salut jusqu’aux extrémités de la terre.

Ces lectures fournissent le texte des antiennes et des répons : l’introït et le graduel enferment, dans leur mélodie, ce que Jérémie et Isaïe ont pu dire de la sanctification de Jean-Baptiste avant sa naissance ; le verset alleluiatique et la communion répètent cette déclaration de Zacharie devant le berceau et les langes de son enfant : Tu, puer, Propheta altissimi vocaberis ; prœibis enim ante faciem Domini parare vias ejus. Tu t’appelleras, enfant, le prophète du Très-Haut ; tu iras devant la face du Seigneur pour lui préparer les voies. Nous retrouvons ces mêmes paroles aux offices du jour et de la nuit : les antiennes, qui accompagnent les psaumes de vêpres, de matines ou de laudes, sont tirées de l’Évangile et des prophètes. Les unes prennent les traits principaux du récit et le reconstituent ; par exemple, celles des laudes et des secondes vêpres : Élisabeth Zachariæ magnum virum genuit, Jobannem prœcursorem Domini, c’est l’annonce de l’événement ; de là, nous passons à la circoncision et à la tradition du nom : Innuebant patri ejus, quem vellet vocari eum ; et scripsit, dicens : Joannes est nomen ejus ; la troisième revient sur la même pensée ; après quoi, il semble que nous soyons mis en présence de l’enfant et, en le saluant nous ne pouvons que lui rendre les témoignages contenus dans l’Évangile : Inter natos mulierum non surrexit major Jobanne Baptista. Les antiennes des premières vêpres traduisent les mêmes impressions et empruntent leurs formules aux mêmes sources : le peuple chrétien se représente la scène et s’approprie les sentiments et le langage de ceux qui remplissent un rôle actif ; avec eux, il dit de Jean : Ipse præbit ante illum in spiritu et virtute Eliæ – Joannes est nomen ejus ; vinum et siceram non bibet. – Ex utero senectutis et sterili Joannes natus est præcursor Domini. Je ne dis rien des antiennes de matines : elles ont ce même caractère. Pendant que l’âme s’applique à suivre le sens des psaumes, l’imagination est occupée par ces souvenirs ; cela ne lui damande guère d’effort ; elle est paisible ; l’esprit, qui reçoit ses impulsions, découvre dans la psalmodie, à la faveur d’aperçus auxquels il n’aurait jamais songé de lui-même, des allusions ingénieuses à la solennité ; la pensée de saint Jean apparaît partout.

Les observations faites au sujet des antiennes valent pour les répons ; on s’exposerait, en les citant, à des répétitions inutiles : ils transportent, dans le chant, des textes connus déjà ; je n’en reproduirai qu’un, d’une facture assez originale. Hic est præcursor dilectus, voici le précurseur bien-aimé, et lucerna lucens ante dominum, et la lumière qui brille devant le Seigneur. Ipse est enim Joannes, qui viam Domino preparavit in eremo, c’est Jean qui a préparé au Seigneur la voie dans le désert, sed et Agnum Dei demonstravit et illuminavit mentes hominum, il a montré l’agneau de Dieu et éclairé l’esprit des hommes. Ipse præibit ante illum in spiritu et virtute Eliæ. En résumé, les antiennes et les répons ne font que répéter ce que l’Évangile présente de saillant ; ces traits sont de nature à pénétrer l’âme de la mission du précurseur et de son importance ; ils accroissent, par leur répétition même, l’admiration pour son caractère et sa personne ; son souvenir prend vie dans le cœur.

L’Ange Gabriel avait annoncé à Zacharie que la naissance de Jean serait, pour un grand nombre, une occasion de joie, multi in nativitate ejus gaudebunt. En souvenir de cette prophétie, sa fête est joyeuse ; elle a pour signe caractéristique une allégresse qui ne se trouve pas ailleurs. L’Église invite les fidèles à s’y abandonner ; il lui suffit de leur répéter, par ses antiennes, les paroles de Gabriel. Mais la piété chrétienne ne s’est pas contentée du chant liturgique pour manifester sa joie ; elle a emprunté, en les transformant, les usages par lesquels les païens célébraient le solstice : on sait que l’instinct qui portait ces derniers à substituer, dans leur vénération religieuse, les forces créées de la nature à leur auteur, les faisait rendre un culte au soleil et au feu dont il est le grand foyer ; leur dévotion s’épanchait en manifestations bruyantes, au moment des équinoxes ; les fêtes, qui bénéficiaient d’une popularité extraordinaire, consistaient surtout en des réjouissances publiques ; la principale était d’allumer de grands feux autour desquels dansait la population. Le paganisme grec et romain avait eu l’art de mêler ainsi son culte à la vie extérieure des peuples, et c’est ce qui contribua le plus à le faire entrer dans les mœurs, si profondément même que ces coutumes ont survécu au paganisme.

Il y avait là, pour les chrétiens, un véritable danger ; tout le monde prenait part à ces réjouissances, qui en elles-mêmes n’avaient rien de condamnable. Mais les circonstances, en les liant à une superstition, les mettaient au service du paganisme naturaliste ; c’était un entraînement auquel on résistait fort mal. Tertullien, le premier, dénonça les chrétiens impudents, qui ne craignaient pas de célébrer ainsi les calendes de janvier, les brumalies et les saturnales. La conversion de l’Empire laissa leur popularité aux réjouissances solsticiales dans l’Afrique romaine, à Rome et dans les Gaules. Les évêques voyaient ce fait avec mécontentement ; saint augustin protestait avec énergie. Habeamus solemnem istum diem, disait-il, non sicut infideles, prpter hunc solem, sed propter eum qui fecit hunc solem, solennisons ce jour, non comme des infidèles, à cause du soleil, mais à cause de celui qui a fait le soleil. Saint Césaire proscrivit, pour les mêmes motifs, ces survivances païennes ; l’évêque franc, auteur des sermons qui nous sont parvenus sous le nom de saint Éloi, défend aux chrétiens de célébrer les solstices par des danses, des caroles et des chants diaboliques. Mais la fidélité aux superstitions pyrolatriques était tenace ; les évêques ne purent en avoir raison. C’est en vain que Charlemagne leur recommanda, par un capitulaire, de proscrire de nouveau ces feux sacrilèges et ces usages païens ; il fallut en prendre son parti et chercher à transformer, par une intention pieuse, l’abus qu’on ne pouvait supprimer. Cette évolution se produisit l’abus qu’on ne pouvait supprimer. Cette évolution se produisit dans le cours du neuvième siècle : on s’apercevait enfin qu’un retour offensif du paganisme n’était plus à craindre ; il était donc inutile de se prémunir contre un ennemi définitivement vaincu.

La réaction contre les pagania solsticiales avait sans nul doute accru la note joyeuse de la fête de saint Jean-Baptiste. Cette joie spirituelle, par son charme, contribuait à détourner les chrétiens de ces réjouissances profanes ; elle servit à ménager l’évolution, qui débarrassa ces dernières de toute pensée superstitieuses, en les associant à la fête de saint Jean-Baptiste. Le solstice d’été tomba dans l’oubli ; les feux furent allumés pour manifester la joie que la naissance du Précurseur causait au monde ; le feu devint ecclésiastique : le clergé alla processionnellement le bénir ; la Jouannée, ainsi que nos pères la nommaient, resta l’une des fêtes les plus populaires et les bourgeois des villes ne l’appréciaient pas moins que les campagnards.

Les Parisiens, entre autres, étaient amateurs des feux de saint Jean ; ils en allumaient un par quartier. Celui de la Bastille passait pour l’un des mieux réussis, la garnison de la forteresse assistait en armes à son embrasement. Il ne valait pas cependant celui de la place de Grève ; on laissait au roi l’honneur de l’allumer : Louis XI le fit en 1471, François Ier en 1528, Henri II et Catherine de Médicis en 1549, Charles IX en 1573, Henri IV en 1596, Louis XIII en 1615 et 1620, Anne d’Autriche en 1616 et 1618, Louis XIV en 1648 ; à partir de cette date, l’honneur d’allumer le feu revint au conseil de ville.

Les hommes de la Révolution furent incapables de comprendre ces réjouissances et elles disparurent, à Paris du moins, en 1789 ; il en fut de même dans la plupart des villes importantes ; à Douai, où la population tenait à ces feux au point d’en allumer un dans chaque rue, tous les soirs du 23 au 29 juin, la police les interdit en 1793 ; ils furent rallumés en 1795 et les années suivantes jusqu’en 1806, sans tenir compte d’une nouvelle défense promulguée en 1797.

Ces réjouissances populaires et religieuses faisaient entrer le sentiment chrétien dans la vie des villages et des villes ; la religion n’était pas reléguée entre les murailles des sanctuaires ; les hommes la connaissaient, ils l’aimaient comme un élément essentiel de leur existence. Les coutumes auxquelles on avait l’esprit de la mêler transmettaient, avec elles, sa pensée d’une génération à l’autre ; cela pouvait aller fort loin, car ces habitudes populaires sont tenaces. Ce fait n’a pas été toujours compris au dix-neuvième siècle. Ces traditions ont eu fréquemment pour adversaires aveugles des catholiques, qualifiés hommes d’œuvre, et des prêtres, qui ont affecté d’y voir des pratiques superstitieuses. C’est ainsi que les feux de saint Jean se sont éteints peu à peu dans un grand nombre de campagnes ; il est juste de dire que saint Jean-Baptiste n’y a pas gagné un rayon de joie spirituelle ; sa fête passe presque inaperçue ; elle attire certainement beaucoup moins de monde à la messe et à la Sainte Table que le premier vendredi du mois.

http://missel.free.fr/Sanctoral/06/24.php

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La sainte Trinité

Qu’est ce que la Trinité ?

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Les chrétiens sont baptisés « au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit ». Quand ils commencent leur prière, ils se marquent du signe de la croix sur le front, le cœur et les épaules en invoquant Dieu : Au Nom du Père, et du Fils et du Saint-Esprit : c’est la Trinité.

L’homme n’est pas capable d’imaginer un Dieu unique qui existe en trois personnes. C’est Dieu qui nous a révélé ce mystère de son amour par l’envoi de son Fils et du Saint-Esprit. Jésus nous a révélé que Dieu est « Père », en nous montrant d’une façon unique et originale, que Lui-même n’existe que par son Père. Jésus est un seul Dieu avec le Père. Jésus a promis à ses apôtres – les douze hommes qu’Il a choisis et envoyés – le don de l’Esprit Saint. Il sera avec eux et en eux pour les instruire et les conduire « vers la vérité tout entière » (Jean 16, 13). Ainsi, Jésus nous le fait connaître comme une autre personne divine.

La Trinité est Une : nous ne croyons pas en trois dieux, mais en un seul Dieu en trois personnes : le Père, le Fils et l’Esprit Saint. Chacune des trois personnes est Dieu tout entier. Chacune des trois personnes n’existe qu’en union avec les deux autres dans une parfaite relation d’amour. Ainsi toute l’œuvre de Dieu est l’œuvre commune des trois personnes et toute notre vie de chrétiens est une communion avec chacune des trois personnes.

Source : Petit guide de la foi, Mgr Vingt-Trois, éd. le Sénevé.

 

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Qui est la Trinité ?

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S’il y a quelque chose de difficile à comprendre dans la foi chrétienne, c’est bien le mystère d’un seul Dieu en trois personnes..

Croire en un Dieu unique, et aussi relations en lui-même au point d’être trois, c’est tout de même un étrange mystère. Et ce d’autant plus que le mot n’apparaît pas dans le vocabulaire biblique. On raconte que saint Augustin, auteur d’un magnifique Traité sur la Trinité, vit un jour un ange qui essayait de mettre toute l’eau de la mer dans un seul petit coquillage. Lorsque l’évêque d’Hippone lui faisait remarquer la difficulté de son entreprise, l’ange lui répondit que cela lui serait plus facile que de vouloir épuiser, avec ses seules ressources de la raison humaine, le mystère de la Trinité. Pourtant, la Bible n’est pas muette à ce propos.

Au tout début du livre de la Genèse, Abraham reçoit la visite du seigneur sous la forme de trois mystérieux personnages. Le texte de la Bible alterne singulier et pluriel au point que l’hospitalité d’Abraham devint, pour les chrétiens, le symbole par excellence et la préfiguration de la Trinité. Les évangiles eux aussi connaissent les trois termes : le Père, le Fils et l’Esprit, pour désigner Dieu. Les textes les plus clairs à cet égard sont ceux de l’annonciation, du baptême de Jésus et, à la fin de l’Évangile de Matthieu, de l’envoi en mission.

Divinité une et trine

Mais il faudra plus de trois siècles pour que le mot Trinité apparaisse, sous la plume d’Athanase d’Alexandrie. Le terme, formé à partir du grec « trias », décrit cette réalité étonnante d’une divinité une et trine proposée à la foi des chrétiens. S’agirait-il d’une invention tardive, quelque peu éloignée du message originel de Jésus? N’a-t-on pas « brodé » sur Dieu?  Pour se convaincre du contraire, il faut revenir à l’histoire des premiers chrétiens. Juifs avant tout, ils partagent le monothéisme ombrageux d’Israël face à l’idolâtrie régnante. Ils ont donc assez logiquement du mal à rendre compte, par des concepts, de l’expérience vécue avec Jésus.

Sa résurrection est le meilleur gage de sa divinité, mais il ne nie pas l’existence d’un Créateur et Père, au contraire. Ainsi Jésus est vraiment Fils de Dieu et il envoie aux apôtres un Défenseur (Paraclet), l’Esprit, qui leur met, au cœur et sur les lèves, les paroles de vérité et de vie. Mais il existe une autre source de la foi : la liturgie. Le baptême n’est-il pas donné, selon Matthieu, « au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit? ». Ne commençons-nous pas nos prières par un signe de croix qui est fait « au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit? ».

La liturgie eucharistique est d’une  grande richesse à cet égard. Les textes des prières qui la composent proclament un mouvement interne à Dieu. Il est don, dans la Création, l’Incarnation et l’action permanente et renouvelée de l’Esprit. Il est amour, et l’amour est tout sauf immobile. Il est vie, et il n’existe pas de vie sans engendrement. Il est impossible au chrétien de se fixer sur une personne de la Trinité, car chacune d’elle réoriente le regard vers une des deux autres. Le croyant est alors en quelque sorte intégré à ce mouvement de vie et d’amour. Ce mouvement perpétuel d’une personne à l’autre de la Trinité montre aussi la divinité du Fils et celle de l’Esprit, ainsi que leur unité au Père.

L’amour absolu

Ni l’un ni l’autre ne sont des intermédiaires entre un Dieu solitaire et ses créatures. Pour contempler l’unité de la Trinité, la voie la plus accessible est de considérer l’amour dans sa forme d’absolue gratuité que nous appelons charité ou agapè. Cet amour désintéressé tend vers l’unité comme tout amour, dans une distance respectueuse de chacun. Lorsque l’amour est divin et donc parfait, il génère ce paradoxe inouï qu’est une unité plurielle. Pour avancer dans la saisie de ce mystère, deux voies s’offrent à nous, celle, simple et sûre, de la liturgie et celle, plus âpre mais indispensable, de l’amour réciproque.

 Le mystère de la Trinité

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C’est en faisant la volonté d’Amour du Père, en conformité avec la vie de Jésus Christ, que nous avons accès au Mystère de Dieu.

Le Père se donne totalement en engendrant son Fils : il ne garde rien qui ne serait une possession personnelle d’où naîtrait une supériorité sur son Fils. Ainsi, le Fils est engendré.

Par contre, le Fils, en se retournant vers son Père, ne garde rien qu’il ne rende à ce Père. Sa filiation est parfaite comme la paternité est totale. Ainsi l’échange d’amour est-il parfait, puisque le Père et le Fils son un : le Père est Père dans les profondeurs du Fils, le Fils est Fils dans les profondeurs du Père ; et cette relation mutuelle est l’Amour des deux, on l’appelle l’Esprit.

Cet Amour, cet Esprit ne peut être autre chose qu’eux-mêmes : si ce lien qui les unit n’était pas une personne, il y aurait en Dieu autre chose que Dieu ! Nous avons du mal à nous représenter ce que peut être cet amour substantiel du Père et du Fils, réalisé par le Don total qu’ils se font d’eux-mêmes. Le Christ nous fait pressentir cependant très clairement ce qu’il est. Cet Esprit sait tout ce que le Père et le Fils savent ; il viendra tout expliquer et tout vivifier de l’intérieur.

L’Esprit Saint au cœur de la Trinité

Il est l’Esprit, celui qui surgit de l’intime et pénètre l’intime ; et il a, par ailleurs, la liberté du vent. C’est pourquoi on l’appelle le Souffle. Il est le Souffle et le Soupir du Père au Fils, et réciproquement.

Il est Cœur de leur relation… Il est la perfection du Don, il est l’Amour. En lui, finalement, nous est révélée l’essence même de Dieu, qui est d’être Amour… Une fois arrivé à ce point, il semble inutile de cherche à expliquer la profondeur de Dieu. L’amour met en silence. Tout le reste est affaire d’intelligence spirituelle !

Mystère finalement très simple, car nous le connaissons en y pénétrant avec le Christ. Dès l’instant où nous croyons en lui, le Christ nous introduit dans l’univers de Dieu… C’est en faisant la volonté du Père, en conformité avec la vie du Fils, que nous avons accès au Mystère de Dieu.

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Persécutions sous l’Empire romain : les martyrs de Lyon

Martyrs de Lyon : 177 après Jésus-Christ,

Joël Schmidt

Paris, Editions Salvator, 2019.

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Martyrs de Lyon : comment Marc Aurèle, empereur réputé philosophe, a pu couvrir de telles atrocités ?

Sainte Blandine (IIe siècle) a été condamnée à mort sous le règne de l’empereur Marc Aurèle. Mais cette mise à mort ne s’est pas déroulée comme prévu, le grill ne l’a pas brûlée, le lion n’a l’a pas mangée. Et c’est entre les cornes d’un taureau qu’elle a trouvé la mort.

Dans un essai sur les Martyrs de Lyon, l’historien Joël Schmidt nous emmène en l’an 177 après Jésus-Christ pour s’interroger sur ce qui a pu conduire Marc Aurèle, un empereur philosophe, humain, aimable qui séduit les historiens de tous les âges, sinon ordonner, du moins couvrir, ces atrocités ?

Ce beau livre n’apprendra pas grand-chose aux chrétiens de Lyon : les martyrs qui ont fondé l’Église primatiale des Gaules, si lointains dans le temps (177 après J.-C.), leur restent très proches dans le cœur, avec Pothin et Blandine en tête de leur saint cortège. La lettre qui raconte leur persécution, écrite par les chrétiens de Vienne et de Lyon à leurs frères d’Asie et conservée au livre V de l’Histoire ecclésiastique d’Eusèbe de Césarée (IVe siècle), est souvent rééditée, enrichie de commentaires toujours plus poussés.

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« Le philosophe et l’empereur n’étaient pas le même homme »

Mais, comme dit La Plaisante sagesse lyonnaise, « tout le monde ne peuvent pas être de Lyon, il en faut ben d’un peu partout. » À tous ceux-là le livre de Joël Schmidt sera de grand profit. Il replace cet épisode dans une vision très large, encadrée par le règne de Marc Aurèle et l’épiscopat du successeur de Pothin, Irénée. La problématique s’impose : comment un empereur philosophe, humain, aimable, qui séduit les historiens de tous les âges, a-t-il pu, sinon ordonner, du moins couvrir, ces atrocités ? La réponse de Joël Schmidt est convaincante : le philosophe et l’empereur n’étaient pas le même homme. Le philosophe s’effaçait devant les devoirs de l’empereur. L’empire était menacé par les premières invasions barbares. Cela se réglait par les armes. Mais il l’était aussi, à ses yeux, par une secte étrange qui refusait de sacrifier aux dieux romains. Maintenir la cohésion exigeait une fermeté sans faille. La prestigieuse colonie lyonnaise, siège du culte fédéral des Trois Gaules, était l’occasion d’un exemple pour tout l’empire. La férocité propre à la foule a fait le reste.

Sujet d’ampleur, on le voit. Joël Schmidt le conclut avec une page saisissante du grand historien Camille Jullian. « L’histoire du monde n’offre peut-être pas d’épisode plus émouvant que cette rencontre dans l’amphithéâtre du Confluent entre la souffrance de l’esclave Blandine et la puissance de l’empereur Marc Aurèle. » Affrontement entre la foi d’une esclave et la volonté d’un maître souverain. Et pourtant, écrit Jullian, ce souverain philosophe était fait pour comprendre la vérité de cette souffrance et la beauté de cette foi. « Blandine et Marc Aurèle auraient pu, s’ils avaient connu leurs sentiments, se regarder comme des frères dans la douleur et la piété. Avec les deux livres qui reflètent leurs croyances, les Évangiles et les Pensées, les hommes bâtiront un jour l’édifice de la morale humaine. »

 

Marc Aurèle (empereur de 161 à 180)
(Marcus Annius Verus puis Marcus Aurelius Antoninus)

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Comme Trajan et Hadrien, ses prédécesseurs, Marc Aurèle était issu d’une famille italienne installée en Espagne. Il était vaguement apparenté à Hadrien, et, d’autre part, l’empereur Antonin le Pieux avait épousé sa tante… 

Dans sa jeunesse, Marc Aurèle, qui ne s’appelait encore que Marcus Annius Verus (« Annius » du nom de son grand-père qui l’avait recueilli à la mort de son père), se lia d’amitié avec le richissime lettré athénien Hérode Atticus. Il fréquenta également les cours du célèbre rhéteur africain Fronton, qui devint lui aussi son ami. Enfin et surtout, le jeune Marc embrassa la doctrine stoïcienne d’Épictète.

L’empereur Hadrien, qui était donc un peu son parent et un peu son pays, remarqua et se prit d’affection pour ce grand beau jeune Verus, qu’il affubla du surnom révélateur de « Verissimus » (le plus véridique, le plus sincère).

Ceci explique sans doute pourquoi Hadrien à la fin de sa vie, en adoptant Antonin, ordonna à celui-ci d’adopter à son tour Marc Aurèle et le petit Lucius, orphelin d’Aelius César, premier successeur désigné d’Hadrien et trop prématurément disparu.
Il était aussi convenu que le petit Lucius (il n’avait que huit ans) épouserait Faustine, la fille d’Antonin, tandis que Marc, lui, convolerait avec la sœur de Lucius, une nommée Fabia Ceiona.

Mais Antonin, sur ce point, ne respecta pas la volonté d’Hadrien
Les âges s’accordant mieux, il donna sa fille Faustine à Marc… Mais, paraît-il, Faustine le trompa à plusieurs reprises. Au point que certains des amis de Marc, au nom du principe voulant que « la femme de César ne soit pas objet de suspicion ni de scandale », lui conseillèrent un jour de se séparer de sa si peu fidèle épouse. Mais Marc s’y refusa toujours car, objectait-il, en quittant l’ardente Faustine, il faudrait lui rendre sa dot, c’est-à-dire l’Empire !

Marc Aurèle était donc un homme de parole et de fidélité, même si celle-ci était fort mal placée. Il le prouva en respectant littéralement le règlement successoral d’Hadrien, déjà mis à mal par le pieux Antonin.
En effet, quand, à la mort d’Antonin, il accéda enfin au trône en 161 (Marc avait 40 ans) et alors qu’il aurait tout aussi bien pu régner seul, il partagea le pouvoir avec Lucius Verus, son frère d’adoption. Le fait que ce Lucius fut un être veule, un débauché, un luxurieux, un paresseux et un ivrogne, n’influença en rien la décision de Marc Aurèle.

Comble d’ironie pour un homme en qui la postérité reconnaîtra l’un des plus fins explorateurs de l’âme humaine : sa femme le trompait abominablement, son associé était un répugnant personnage, et, pour comble de malheur, son fils légitime (?) Commode fut un des pires monstres de l’Histoire romaine. Cruel destin posthume !

Autre ironie du sort : la situation de l’Empire contraignit cet empereur-philosophe à passer le plus clair de son temps à guerroyer, casque en tête et épée à la main.

Au début de son règne, il put encore laisser à de brillants généraux, tels Avidius Cassius et Statius Priscus, le soin de repousser puis de vaincre les Parthes du roi Vologèse qui avaient, une fois de plus, envahi les provinces orientales de l’Empire. Pour la bonne forme, il avait également envoyé en Syrie son lamentable frère et associé Lucius Verus afin qu’il y représentât l’autorité impériale. Mais ce débauché notoire, loin de se ruer à l’assaut des places fortes ennemies, se contenta d’écumer les tavernes, d’envahir les bordels et de saccager les maisons de passe d’Antioche.
Malgré cela (ou peut-être grâce à l’éviction de l’incapable « César » Lucius), les armes romaines furent partout victorieuses. Ctésiphon, la capitale ennemie, fut détruite, l’Arménie et la Mésopotamie furent annexées et une paix très avantageuse fut signée… Et Lucius, comme s’il était l’unique artisan de ces succès, s’en revint triompher à Rome, ramenant dans ses bagages une épidémie de peste qui allait infester tout l’Empire de nombreuses années !

L’Orient pacifié, il fallut intervenir au Nord ! Un premier rush de tribus germaniques, aussi sauvages que nombreuses, menaçait d’engloutir les provinces romaines.
En 167, les Marcomans passent le Danube, envahissent la Norique (Autriche). L’année suivante, ils sont rejoints par des Quades et des Sarmates. De concert, ils dévastent la Pannonie (Sud de la Hongrie) et atteignent le Nord de l’Italie. Il faut près de cinq ans à Marc Aurèle pour repousser ces hordes au-delà du Danube (173).

Entre-temps (171-172), il avait fallu repousser dans leurs déserts des Maures qui, venant du Maroc, avaient envahi l’Espagne et la Lusitanie (Portugal). La jacquerie des « Boucoiloi », pasteurs-brigands d’Égypte avait également été réprimée par les généraux de Marc.

Puis, de 174 à 175, il faut remettre cela et repousser, une nouvelle fois, les Sarmates (Iazyges) au-delà du Danube.

En 175, c’est la guerre civile qui menace quand le général Avidius Cassius, le brillant vainqueur de la guerre des Parthes, et à qui Marc Aurèle avait très imprudemment confié le gouvernement de tout l’Orient romain, est proclamé empereur par ses troupes. Heureusement, l’usurpation est étouffée dans l’œuf : les versatiles légionnaires assassinent leur commandant en chef avant qu’il n’ait matérialisé ses ambitions.

En 176, un court répit permet à Marc Aurèle de célébrer son triomphe à Rome, accompagné de son fils Commode, déjà nommé « César » en 166 (il sera associé au pouvoir comme « Auguste » l’année suivante).
Encore un an plus tard (177), nouvel assaut des Quades, Marcomans et Hermundures ; c’est la deuxième « Guerre germanique ». Les opérations s’achevaient enfin quand (17 mars 181) l’empereur mourut de la peste à Vindobona (Vienne – Autriche), laissant le trône à Commode, son dégénéré de fils.

Dans sa jeunesse, nous le savons, Marc Aurèle fréquenta les cercles philosophiques stoïciens. Dans le recueil des « Pensées pour moi-même« , que Marc Aurèle composera plus tard, l’empereur se présente d’ailleurs un homme tout pétri de cette austère doctrine philosophique, mais bienveillant, clément, et très soucieux du bien public. Pourtant l’Église catholique le présente comme un horrible persécuteur !

À l’évidence, si un brave homme comme ce Marc Aurèle, l’un des meilleurs souverains de Rome, se vit contraint de châtier des Chrétiens, c’est qu’il entendait réprimer « autre chose » que de simples innovations religieuses !

En fait, ce que les historiens catholiques reprochent principalement à Marc Aurèle, c’est l’exécution à Rome du philosophe chrétien Justin vers 166 ainsi que le supplice des « Martyrs de Lyon » en 177.

Sans entrer dans tous  détails, il est bon d de signaler que le fameux Justin avait publié de nombreux libelles contre les hérétiques gnostiques qu’il accusait des crimes les plus abominables. Inceste, anthropophagie, liturgies sanglantes, tout y passait. Or, les sévères lois de Marc Aurèle condamnaient les calomniateurs à la peine de mort …

Quant aux Martyrs de Lyon, c’est un peu plus compliqué.
Rappelons d’abord brièvement les faits : en 177, alors que l’Empire est menacé par une nouvelle invasion germanique, de nombreux Chrétiens de la ville de Lyon sont dénoncés, arrêtés, jugés et exécutés dans l’amphithéâtre. Les principales victimes sont l’évêque Pothin et Blandine, une jeune esclave.

Toujours sans entrer dans les détails, il faut faire remarquer ceci :

les martyrs chrétiens de Lyon étaient tous originaires d’Asie Mineure et tous avaient sans doute été contaminés par l’hérésie montaniste, une doctrine prophétique, violente, apocalyptique. Il s’agissait donc de Chrétiens exaltés.
Au moment où les Barbares étaient aux portes de la Gaule, gageons que leur défaitisme affiché ne devait être bien perçu ni par le reste de la population lyonnaise ni par les autorités romaines « sur pied de guerre ».

Montan n’ayant commencé sa prédication que vers 172, le « Montanisme », doctrine chrétienne hétérodoxe à laquelle avaient probablement souscrit les martyrs de Lyon, était une hérésie toute récente. Or, en 170, l’empereur Marc Aurèle avait promulgué un décret qui prescrivait que les adeptes des nouvelles sectes (sans doute précisément ces doctrines politico-religieuses défaitistes et dangereusement subversives) étaient passibles de la peine de mort. Dans ce cas, le gouverneur de Lyon n’aurait fait qu’appliquer la loi.

En 177, au moment où les martyrs de Lyon auraient été horriblement exécutés dans l’amphithéâtre, saint Irénée, le successeur de cet évêque saint Pothin, lui aussi victime de la persécution, se trouvait à Rome. Irénée était, dit-on, venu dans la capitale de l’empire pour demander l’arbitrage du pape au sujet, justement, de l’hérésie montaniste qui déchirait la communauté chrétienne lyonnaise.
Or, dans toutes ses œuvres, saint Irénée de Lyon, par ailleurs auteur fort prolixe, ne dit mot de la fin tragique de son prédécesseur et de ses ouailles. Le récit de la passion des martyrs de Lyon ne nous est connu que par l’Histoire Ecclésiastique d’Eusèbe de Césarée rédigée au IVe siècle seulement, un siècle et demi après les faits ! Même si l’évêque de Césarée cite une lettre contemporaine soi-disant authentique, il s’agit là d’une source de deuxième main (au moins), tardive et partiale.

Enfin, de nombreux chrétiens de Lyon furent, paraît-il dénoncés par leurs esclaves qui les accusaient des pires turpitudes (inceste, cannibalisme, crimes rituels, bref toutes les joyeusetés que les Chrétiens eux-mêmes prêtaient aux autres sectes qu’ils taxaient d’hérésie…).
Il est à signaler qu’aucun tribunal romain n’aurait jamais eu l’inconscience d’accorder le moindre crédit au témoignage d’un esclave contre son maître – sauf peut-être si la raison d’état l’imposait. Car à cette époque, toute l’économie, voire toute la civilisation, était basée sur le travail servile. Cependant, si cette fable est néanmoins véridique, alors les Chrétiens de Lyon ne furent pas poursuivis et condamnés en raison de leurs convictions religieuses, mais plutôt pour des crimes bien matériels. Les chefs d’accusation étaient certes absurdes, mais n’avaient rien à voir avec la religion !

 

 

LES PERSECUTIONS

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  1. Causes et caractères des persécutions.

 

L’empire romain s’était montré très tolérant pour les cultes des nations vaincues. Agrippa avait d’ailleurs élevé à Rome un temple à tous les dieux (Panthéon).

Bien que très exclusif et ennemi des religions païennes, le judaïsme resta toléré parce qu’il n’était pas conquérant.

D’abord confondu avec lui par les autorités civiles, le christianisme jouit de la même tolérance. Il était persécuté seulement par les Juifs. Mais bientôt, on remarqua qu’il visait à la conversion du peuple et à la destruction de l’idolâtrie. Aussitôt la persécution commença.

Le christianisme fut donc interdit : 1° parce qu’il s’opposait au culte de Rome et des empereurs qui se faisaient adorer comme des dieux (crime de lèse-majesté) ; 2° parce que le refus des chrétiens de prendre part aux cérémonies du culte des idoles était considéré comme une preuve d’athéisme et de sacrilège ; 3° parce qu’on attribuait à la magie les miracles accomplis par les chrétiens.

À ces causes publiquement déclarées, s’en ajoutaient deux autres moins avouables : 1° la vertu, recherchée par les chrétiens, constituait pour la corruption païenne un reproche permanent qui excitait entre eux les jalousies et les haines ; 2° la persécution devint souvent pour les empereurs ou les gouverneurs de provinces, un moyen de procurer des ressources, car on confisquait tous les biens des chrétiens mis à mort.

Enfin une effroyable campagne de calomnies commença de bonne heure contre la religion du Christ. On lui attribua les rites les plus odieux, tels que l’adoration d’une tête d’âne, l’anthropophagie, etc. ; on lui imputa toutes les calamités publiques. L’opinion populaire se déchaîna contre elle, souvent avec fureur, et agit sur les autorités. Les lettrés la combattirent par jalousie : ils voyaient dans les chrétiens des rivaux qui prétendaient posséder seul la vraie sagesse et la vraie religion.

À ces causes explicites ou cachées, s’ajouta, dès le début, celle qu’on prit pour base juridique des persécutions durant les deux premiers siècles : d’être une secte malfaisante, prohibée par les lois de l’Empire en qualité d’ennemie du genre humain.

 

  1. Caractères généraux des persécutions.

 

Il y eu dix persécutions générales, séparées par des périodes de tranquillité relative. Ces épreuves sanglantes durèrent deux siècles et demi (64-311)  et firent périr des millions de chrétiens.

Quelques fois les condamnés étaient conduits en foule au supplice ; le plus souvent, dans le but de désorganiser l’Église, on choisissait les victimes parmi les chefs de la religion : papes, évêques, prêtres ou fidèles influents et riches ; on leur infligeait les plus affreux tourments afin de terroriser les autres chrétiens.

Un long emprisonnement précédait souvent l’exécution de la sentence ; mais les cachots se transformaient en oratoires ; les martyrs s’y préparaient à la mort par la prière et par la réception du pain eucharistique qu’on réussissait parfois à leur apporter.

Après la prison venait l’interrogatoire. Il n’y avait ni témoin ni défenseur. Pour recouvrer la liberté, il aurait suffi aux chrétiens d’apostasier. Sur leur refus d’adorer les dieux de l’Empire, on les condamnait à la déportation, aux travaux forcés dans les mines, ou à la mort par divers supplices.

Tout ce que la cruauté la plus ingénieuse put inventer a été employé pour triompher de la constance des martyrs.

On les a crucifiés, déchirés avec des crocs ou des fouets, mutilés, brûlés vifs, exposés aux bêtes… Les Actes des martyrs* mentionnent plus d’une centaine de supplices différents.

Malgré ces épouvantables tourments, les martyrs persévéraient, inébranlables dans leur foi. Dieu répandait sur leur visage et dans leur cœur une telle sérénité que les fidèles en étaient encouragés, et parmi les païens qui assistaient à ces supplices, nombre d’entre eux se convertissaient. Ainsi se vérifiait le mot deTertullien : «Le sang des martyrs est une semence de chrétiens»

 

  1. Les persécutions au Ier siècle.

 

  1. Leurs caractères.

 

Il y eu deux persécutions générales au premier siècle : la première sous Néron, la seconde sous Domitien. Ces empereurs persécutèrent par accès de violence et non par système comme dans les siècles suivants.

 

  1. Première persécution sous Néron (64-68).

 

Ce prince cruel avait fait mettre le feu à Rome pour le plaisir de la voir brûler et pour la rebâtir ensuite à son goût. Craignant l’indignation populaire qui l’accusait de cette catastrophe, il en rejeta le crime sur les chrétiens et leur fit subir les plus cruelles tortures.

Les uns furent couverts de peaux de bêtes et exposés aux chiens pour être déchirés ; d’autres, attachés à des croix, enduits de poix et brûlés comme des torches, pour éclairer les jeux du cirque. Néron lui-même prenait plaisir à conduire son char à la lueur de ces flambeaux humains. « Les souffrances de ces victimes étaient telles, dit Tacite, historien païen, que tout en les jugeant coupable et digne du dernier supplice, le peuple était ému de compassion ». Les deux plus célèbres martyrs de la première persécution sont saint Pierre et saint Paul.

  1. Deuxième persécution, sous Domitien (95-96).

 

Après Néron, les chrétiens jouirent de plus de vingt-cinq années de paix.

C’était l’époque de la révolte des juifs contre Rome, du siège et de la prise de Jérusalem par Titus (69-70). Les prophéties de Jésus concernant la destruction de la cité déicide se réalisaient à la lettre. La ville était rasée, le Temple brûlé et la population égorgée ou réduite en esclavage.

Quant aux chrétiens, se rappelant les conseils de Notre-Seigneur et ses prédictions sur la ruine de Jérusalem, ils échappèrent au massacre en se retirant dans les montagnes au nord de la Palestine.

Domitien devint persécuteur vers la fin de sa vie, en 95, et fit condamner les chrétiens pour athéisme. Comme ils ne participaient pas aux fêtes païennes et que leur Dieu n’était pas reconnu officiellement, les Romains les considéraient comme des athées. Les plus illustres martyrs de cette persécution sont saint Jean l’Évangéliste et un cousin de l’empereur, le consul Flavius Clemens, dont la femme Domitilla, qui subit l’exil, avait fait creuser une catacombe dans ses domaines pour la sépulture de ses frères en Jésus-Christ.

L’empereur Nerva rappela tous les exilés, et rendit la paix à l’Église (96).

 

III. Les persécutions au IIe siècle.

 

  1. Leurs caractères.

 

Il y eu d’excellent empereurs au IIe siècle : Trajan, Adrien, Antonin, Marc-Aurèle, mais ils ne comprirent pas le christianisme et voulurent l’anéantir comme ennemi de l’ordre légal [1]. Ils ne publièrent aucun nouvel édit de persécution ; cependant, pour plaire à la foule païenne acharnée contre les chrétiens, ils remirent en vigueur les décrets sanguinaires de leurs prédécesseurs, en les adoucissant toute fois.

Très perplexe sur la conduite à tenir à l’égard des chrétiens, Pline le Jeune, gouverneur de la Bithynie, écrivit à Trajan pour connaître ses intentions à leur sujet : « Il ne faut pas les rechercher ; si on les dénonce et qui soient convaincus, il faut les punir, de telle sorte cependant que, si quelqu’un nie être chrétien et le prouve par des actes, il obtienne son pardon à cause de son repentir quels que soient les soupçons qui pèsent sur lui dans le passé. Mais en aucun cas il ne faut tenir compte des dénonciations anonymes, car ce serait d’un mauvais exemple, et cela ne convient plus à notre siècle ».

Ce rescrit prouve qu’être chrétien restait un délit, mais n’était plus considéré comme un danger pour le pouvoir. Il rendait un hommage implicite à l’innocence des chrétiens et obligeait les juge à suivre une procédure régulière ; aussi, Pline arrêta-t-il la persécution en Bithynie.

En 124, un rescrit d’Adrien, adressé au proconsul d’Asie, complétait celui de Trajan : il interdisait d’accueillir les accusations tumultueuses de la foule et ordonnait de châtier les accusateurs incapables de prouver leurs dires. De plus, le gouverneur devait lui-même examiner les cas et ne punir que « les infractions aux lois ».

Si l’on avait observé cette législation, la situation des chrétiens aurait été relativement tolérable, mais elle ne le fut pas ; la foule arrachait souvent, à la faiblesse des magistrats, la condamnation de ceux qu’elle détestait.

Les persécutions du IIe siècle sont classées généralement en deux groupes formant la troisième et la quatrième persécution.

 

  1. Troisième persécution sous Trajan, Adrien et Antonin.

1° Par sa lettre à Pline en 112, Trajan (98-117) ralentit un peu, sans l’arrêter complètement, la violence de la persécution.

Les plus illustres martyrs de son règne sont : le pape saint clément, condamné aux mines de la Chersonèse (Crimée), puis précipité dans la mer Noire ; saint Siméon, évêque de Jérusalem, qui mourut sur une croix comme son divin Maître ; saint Ignace [2], évêque d’Antioche, qui, dans une lettre aux Romains, témoignait un ardent désir du martyre.

2° Indifférent aux choses religieuses, Adrien (117-138) n’était cependant pas très hostile aux chrétiens, comme le prouve son rescrit de l’an 124 ; mais après une nouvelle révolte des juifs (132-135), avec lesquels il confondait les chrétiens, il se montra moins favorable à leur égard. Parmi les martyrs de son règne, on peut citer : le pape saint Télesphore ; saint Eustache, son épouse et leurs trois enfants ; sainte Symphorose avec son mari et leurs sept fils.

3° Antonin le Pieux (138-161) interdit tout soulèvement populaire contre les chrétiens, mais on ne lui obéit pas partout. Saint Polycarpe, évêque de Smyrne, dont les païens réclamaient la mort, fut conduit devant le consul qui lui dit : « Maudis le Christ et tu es libre. – Il y a quatre-vingt-six ans que je le sers, répondit le sait vieillard, et il ne m’a jamais fait de mal. Comment pourrai-je blâmer mon roi et mon Sauveur ? ». Condamné à périr sur un bûcher dressé par la foule, on vit les flammes l’environner sans le toucher. Les bourreaux le percèrent alors d’un coup d’épée puis brûlèrent son corps (156). Onze chrétiens périrent avec lui. A la suite de plusieurs condamnations tumultueuses, Antonin défendit de provoquer des émeutes à propos des chrétiens.

 

  1. Quatrième persécution sous Marc-Aurèle (161-180)

 

Dès les premières années du règne de ce prince, la peste et la famine désolèrent l’Empire. Excité par les philosophes païens, le peuple s’en prit aux chrétiens, comme auteurs de tous ces maux, et Marc-Aurèle, philosophe distingué, commanda ou autorisa les poursuites exercées contre eux. Le secours merveilleux obtenu par les prières des soldats de la Légion fulminante [3], ne le rendit pas plus favorable aux chrétiens, car il l’attribua à Jupiter.

Les plus illustres martyrs de cette persécution sont :

1° à Rome sainte Félicité et ses sept fils (162) ; l’apologiste saint Justin, victime de la jalousie des philosophes païens (163) ; sainte Cécile avec son époux Valérien et son beau-frère Tiburce (entre 177 et 180).

2° à Lyon, le vieil évêque saint Pothin, disciple de saint Polycarpe, et la jeune esclave sainte Blandine* qui, mise à la torture pour la forcer d’avouer les crimes secrets que l’opinion publique attribuait aux chrétiens, répondait à chaque demande du juge : « Je suis chrétienne, il ne se fait pas de mal parmi nous ». (177)

3° à Autun, le jeune saint Symphorien que son admirable mère exhortait au martyr en lui disant : « Ne craignez pas une mort qui conduit sûrement à la vie ». (179)

 

[1] Cela explique pourquoi, généralement, les meilleurs empereurs, ceux qui se souciaient davantage de l’autorité de l’Etat, se montrèrent le plus acharnés contre le christianisme, tandis que les empereurs qui ne cherchaient que leurs plaisirs et négligeaient les affaires publiques étaient plus tolérant et moins hostiles aux chrétiens.

[2] On le conduisit à Rome pour être livré aux bêtes de l’amphithéâtre (107). Dans la crainte que les fidèles de cette ville ne missent obstacle à l’éxécution de la sentence portée contre lui, il leur écrivit une lettre admirable, où il leur disait : «Je vous en conjure, laissez moi servir de pâture aux lions et aux ours : c’est un chemin fort court pour arrivé au ciel. Je suis le froment de Dieu, il faut que je sois broyé pour devenir un pain digne d’être offert à Jésus-Christ.» Il fut dévoré par deux lions. Les chrétiens reccueillirent ses ossements et les conservèrent comme de précieuses reliques (mot qui vient du latin reliquae, qui signifie restes).

[3] Légion fulminante  était une légion de l’armée romaine, composée de soldats chrétiens qui, dans l’expédition de l’empereur Marc – Aurèle contre les Sarmates, Quades et Marcomans, sauvèrent toute l’armée prête à périr de soif. Ils obtinrent par leurs prieres une pluie abondante pour l’armée romaine, tandis que l’ennemi essuyait de l’autre côté une grêle furieuse, accompagnée de foudres et d’éclairs épouvantables.

 

 

Hérésies des trois premiers siècles

  1. Utilité des hérésies. Elles fournissent à l’église l’occasion de définir plus clairement certains points du dogme et affermissent la foi dans les armes, car à mesure que la doctrine religieuse et attaquée, les fidèles l’étudiaient avec plus de soin.

De même que les persécutions affermies à la fois dans la divinité du christianisme, la réfutation des hérésies mit en pleine lumière la vérité et la grandeur de sa doctrine.

 

  1. Les judaïsants étaient des juifs convertis qui n’admettaient pas l’abrogation de la loi mosaïque. Leur hérésie amena l’église naissante à s’affirmer catholique, c’est-à-dire universelle, ouverte à tous.

 

  1. Les gnostiques(du grec gnôsis, sciences) prétendaient posséder une science extraordinairede la nature et des attributs de Dieu.

Ils inventaient des systèmes variés, selon l’origine de leurs docteurs, pour les substituer aux enseignements de la foi sur la création de toute chose par Dieu, sur le péché originel causes initiales de tout mal dans le monde, sur l’Incarnation et la Rédemption par lesquelles Dieu a « tout restauré dans le Christ ».

Le gnosticisme date des temps apostoliques ; il atteignit son apogée aux IIème et IIIème siècles, puis disparut vers la fin du IVème.

Par leurs erreurs, les gnostiques provoquèrent le développement de la morale catholique, également éloigné du rigorisme des uns et du relâchement des autres.

 

  1. Les manichéens, disciples du Persan Mani ou Manès, distinguèrent de principes éternels, la bon, auteur du bien : Dieu ; d’autres mauvais, auteur du mal : Satan. Les manichéens se sont maintenus jusqu’au Moyen Âge.
  2. Montanistes. Vers le milieu du IIème siècle un illuminé, le Phrygien Montan, fonda une secte de faux mystiques. Il se proclamait le Saint-Esprit incarné, pratiquait l’extase et tendait à substituer l’inspiration prophétique est individuel à la hiérarchie.

Les montanistes prêchaient une morale rigoriste qui séduisit Tertullien. Elle imposait des jeûnes stricts et proscrivait les secondes noces.

 

  1. Erreur sur la Trinité. Le dogme catholique de la Trinité des personnes et de l’unité de nature en Dieu provoqua de vives controverses.

Vers la fin du IIème siècle, des élitistes regardaient Jésus-Christ comme fils adoptif de Dieu et niaient sa divinité.

Par réaction, d’autres hérétiques supprimaient toute distinction personnelle entre le Père et le Fils.

Pour combattre ces derniers, on n’en vint à distinguer le Fils du Père, au point de le déclarer inférieur et subordonné au père. On tomba ainsi dans une nouvelle erreur qui, en se développant, aboutit à l’arianisme.

 

Source : Histoire de l’Église, éd. Clovis

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L’Assemblée de Jérusalem ou le Concile de Jérusalem

L’ASSEMBLEE DE JERUSALEM : 

Le premier concile de l’histoire de l’Eglise

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LIVRE DES ACTES DES APÔTRES

CHAPITRE 15

01 Des gens, venus de Judée à Antioche, enseignaient les frères en disant : « Si vous n’acceptez pas la circoncision selon la coutume qui vient de Moïse, vous ne pouvez pas être sauvés. »

02 Cela provoqua un affrontement ainsi qu’une vive discussion engagée par Paul et Barnabé contre ces gens-là. Alors on décida que Paul et Barnabé, avec quelques autres frères, monteraient à Jérusalem auprès des Apôtres et des Anciens pour discuter de cette question.

03 L’Église d’Antioche facilita leur voyage. Ils traversèrent la Phénicie et la Samarie en racontant la conversion des nations, ce qui remplissait de joie tous les frères.

04 À leur arrivée à Jérusalem, ils furent accueillis par l’Église, les Apôtres et les Anciens, et ils rapportèrent tout ce que Dieu avait fait avec eux.

05 Alors quelques membres du groupe des pharisiens qui étaient devenus croyants intervinrent pour dire qu’il fallait circoncire les païens et leur ordonner d’observer la loi de Moïse.

06 Les Apôtres et les Anciens se réunirent pour examiner cette affaire.

07 Comme cela provoquait une intense discussion, Pierre se leva et leur dit : « Frères, vous savez bien comment Dieu, dans les premiers temps, a manifesté son choix parmi vous : c’est par ma bouche que les païens ont entendu la parole de l’Évangile et sont venus à la foi.

08 Dieu, qui connaît les cœurs, leur a rendu témoignage en leur donnant l’Esprit Saint tout comme à nous ;

09 sans faire aucune distinction entre eux et nous, il a purifié leurs cœurs par la foi.

10 Maintenant, pourquoi donc mettez-vous Dieu à l’épreuve en plaçant sur la nuque des disciples un joug que nos pères et nous-mêmes n’avons pas eu la force de porter ?

11 Oui, nous le croyons, c’est par la grâce du Seigneur Jésus que nous sommes sauvés, de la même manière qu’eux. »

12 Toute la multitude garda le silence, puis on écouta Barnabé et Paul exposer tous les signes et les prodiges que Dieu avait accomplis grâce à eux parmi les nations.

13 Quand ils eurent terminé, Jacques prit la parole et dit : « Frères, écoutez-moi.

14 Simon-Pierre vous a exposé comment, dès le début, Dieu est intervenu pour prendre parmi les nations un peuple qui soit à son nom.

15 Les paroles des prophètes s’accordent avec cela, puisqu’il est écrit :

16 Après cela, je reviendrai pour reconstruire la demeure de David, qui s’est écroulée ; j’en reconstruirai les parties effondrées, je la redresserai ;

17 alors le reste des hommes cherchera le Seigneur, oui, toutes les nations sur lesquelles mon nom a été invoqué, – déclare le Seigneur, qui fait ces choses

18 connues depuis toujours.

19 Dès lors, moi, j’estime qu’il ne faut pas tracasser ceux qui, venant des nations, se tournent vers Dieu,

20 mais écrivons-leur de s’abstenir des souillures des idoles, des unions illégitimes, de la viande non saignée et du sang.

21 Car, depuis les temps les plus anciens, Moïse a, dans chaque ville, des gens qui proclament sa Loi, puisque, dans les synagogues, on en fait la lecture chaque sabbat. »

22 Alors les Apôtres et les Anciens décidèrent avec toute l’Église de choisir parmi eux des hommes qu’ils enverraient à Antioche avec Paul et Barnabé. C’étaient des hommes qui avaient de l’autorité parmi les frères : Jude, appelé aussi Barsabbas, et Silas.

23 Voici ce qu’ils écrivirent de leur main : « Les Apôtres et les Anciens, vos frères, aux frères issus des nations, qui résident à Antioche, en Syrie et en Cilicie, salut !

24 Attendu que certains des nôtres, comme nous l’avons appris, sont allés, sans aucun mandat de notre part, tenir des propos qui ont jeté chez vous le trouble et le désarroi,

25 nous avons pris la décision, à l’unanimité, de choisir des hommes que nous envoyons chez vous, avec nos frères bien-aimés Barnabé et Paul,

26 eux qui ont fait don de leur vie pour le nom de notre Seigneur Jésus Christ.

27 Nous vous envoyons donc Jude et Silas, qui vous confirmeront de vive voix ce qui suit :

28 L’Esprit Saint et nous-mêmes avons décidé de ne pas faire peser sur vous d’autres obligations que celles-ci, qui s’imposent :

29 vous abstenir des viandes offertes en sacrifice aux idoles, du sang, des viandes non saignées et des unions illégitimes. Vous agirez bien, si vous vous gardez de tout cela. Bon courage ! »

30 On laissa donc partir les délégués, et ceux-ci descendirent alors à Antioche. Ayant réuni la multitude des disciples, ils remirent la lettre.

31 À sa lecture, tous se réjouirent du réconfort qu’elle apportait.

32 Jude et Silas, qui étaient aussi prophètes, parlèrent longuement aux frères pour les réconforter et les affermir.

33 Après quelque temps, les frères les laissèrent repartir en paix vers ceux qui les avaient envoyés.

35 Quant à Paul et Barnabé, ils séjournaient à Antioche, où ils enseignaient et, avec beaucoup d’autres, annonçaient la Bonne Nouvelle de la parole du Seigneur.

36 Quelque temps après, Paul dit à Barnabé : « Retournons donc visiter les frères en chacune des villes où nous avons annoncé la parole du Seigneur, pour voir où ils en sont. »

37 Barnabé voulait emmener aussi Jean appelé Marc.

38 Mais Paul n’était pas d’avis d’emmener cet homme, qui les avait quittés à partir de la Pamphylie et ne les avait plus accompagnés dans leur tâche.

39 L’exaspération devint telle qu’ils se séparèrent l’un de l’autre. Barnabé emmena Marc et s’embarqua pour Chypre.

40 Paul, lui, choisit pour compagnon Silas et s’en alla, remis par les frères à la grâce du Seigneur.

41 Il traversait la Syrie et la Cilicie, en affermissant les Églises.

 

 

Début d’une série retraçant deux mille ans d’histoire de l’Église : les lendemains de la Pentecôte, et la résolution des conflits internes à la première communauté chrétienne, d’origine juive.

Le jour de la fête juive de Pentecôte, à Jérusalem, les Apôtres, remplis de l’Esprit Saint, adressent à la foule des juifs venus de tout l’Empire romain la bonne nouvelle de Jésus ressuscité. Le succès est immédiat. Baptisés, un certain nombre de juifs forment la première communauté. Mettant leurs biens en commun, ils prient dans le Temple, convaincus que la foi au Christ est l’accomplissement parfait du judaïsme et de ses rites. Parmi eux se trouvent des juifs de langue grecque appelés hellénistes.

Les besoins matériels des pauvres de la communauté augmentant, ils obtiennent la nomination de sept diacres. L’un d’eux, Étienne, veut démontrer dans sa prédication que la prière dans le Temple est désormais inutile puisque le Christ est le Temple de Dieu… Il est lapidé par une foule de juifs non chrétiens qui l’accusent d’apostasie du judaïsme. C’est le premier martyr.

Cette tragédie a pour résultat l’exil des hellénistes hors de Jérusalem, et leur séparation d’avec les chrétiens issus du judaïsme, qui restent fidèles au culte dans le Temple. Une situation aggravée lorsque Pierre, arrêté puis évadé, baptise dans le port de Césarée Maritime un païen, le centurion romain Corneille ; d’autres conversions de païens ont lieu en Judée et en Syrie.

Ainsi apparaissent deux communautés : les judéo-chrétiens et les pagano-chrétiens. Seuls ces derniers ne sont pas circoncis. Leur principale communauté, autour de Pierre, est celle d’Antioche. C’est là que les nouveaux adeptes sont appelés « chrétiens », c’est-à-dire partisans de l’Oint, le Christ, allusion au baptême.

Mais les choses se corsent. L’un des groupes politico-religieux qui agitent le monde juif, les zélotes (qui identifient les rites juifs avec la liberté politique d’Israël), veut rendre obligatoire la circoncision pour les pagano-chrétiens. Les Apôtres, après de laborieuses négociations, décident un compromis lors du concile de Jérusalem de 49 : tous les hommes étant appelés au salut, les pagano-chrétiens s’abstiendront seulement de manger des viandes sacrifiées aux dieux.

Les judéo-chrétiens, par leur fidélité intransigeante, espèrent convertir tous les juifs. Et c’est le contraire qui se produit : le grand prêtre Hannan fait décapiter l’apôtre Jacques le Majeur, chef de l’Église de Jérusalem. L’échec de la mission auprès des juifs n’allait pas tarder

 

https://www.famillechretienne.fr/foi-chretienne/histoire-de-l-eglise/49-le-concile-de-jerusalem-47816

 

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Assemblée de Jérusalem

Les Actes des Apôtres : l’assemblée de Jérusalem (Ac 15)

 Pour devenir chrétien, faut-il d’abord être juif, comme Jésus et les Apôtres ?

Le chapitre 15 des Actes, qui raconte l’assemblée de Jérusalem, est le nœud du livre et une véritable charnière : c’est l’aboutissement de ce qui précède et l’ouverture de toute la suite. Il répond au problème majeur de l’Église primitive: pour devenir chrétien, faut-il d’abord être juif, comme Jésus et les Apôtres ?

Il s’agit de régler un conflit doctrinal essentiel, qui risque de diviser l’Église primitive. Luc a développé le récit de cet événement capital en rappelant les événements précédents et en solennisant la décision prise à Jérusalem, avec les autorités Apôtres et Anciens et avec une lettre de mission.

Pierre et l’expérience de Césarée

Devant l’assemblée de Jérusalem, Pierre est le porte-parole des Apôtres et des Anciens. Il intervient alors que la discussion s’envenime (v.7) et en quelques mots il va clarifier la situation et ramener le calme qui permettra la décision finale. Si Pierre a tant d’importance, ce n’est pas seulement parce qu’il a été choisi par Jésus comme responsable du groupe des Douze, mais aussi parce qu’il a déjà inauguré la mission vers les païens, en allant baptiser le centurion Corneille à Césarée (Ac 10).

À ce moment-là un pas décisif a été franchi : Dieu a donné à des païens l’Esprit Saint (10,44), comme aux Apôtres à la Pentecôte. Désormais, dit Pierre, ce serait défier Dieu lui-même que de contredire ce fait accompli… par Dieu lui-même. Le peuple juif reste le premier destinataire du message, mais ce message, désormais, concerne aussi les païens. Personne ne conteste cela. Mais ce qui fait problème c’est la manière d’intégrer les païens convertis comme Corneille. Pour certains judéo-chrétiens, impossible d’être chrétien sans d’abord devenir juif, comme Jésus et les Apôtres. Pierre, au contraire, rappelle que ni les juifs ni les judéo-chrétiens n’ont été capables d’observer la Loi qu’ils voudraient maintenant imposer aux païens. Croire en Jésus est la seule chose qui sauve les Juifs comme les païens.

Paul au premier plan

Le discours de Pierre rappelant la conversion de Corneille a calmé l’assemblée. Celle-ci peut maintenant écouter Paul et Barnabas raconter comment Dieu a accompli des miracles lors de leur mission chez les païens. Leur témoignage justifie la position de Pierre. D’ailleurs il faut noter que celui-ci va « disparaître » du livre des Actes dès la fin de son discours du ch. 15. A partir du ch. 16 le chef de file de la mission sera Paul. Le v. 2 est une transition vers le second grand discours de l’assemblée : celui de Jacques, le chef de la communauté de Jérusalem, qui va décréter l’ouverture aux païens et envoyer Paul pour cette mission.

Les décisions prises

Luc insiste beaucoup sur l’aspect normatif et universel de l’assemblée. Toute l’Église, en la personne des Apôtres et des Anciens, est présente. Il ne s’agit pas d’une simple décision locale. Les discours de Pierre et de Jacques ont amené la décision attendue : l’Évangile peut être annoncé aux païens sans qu’il leur soit demandé de se faire juifs (15,21). C’est une décision de l’Esprit Saint; nul ne peut la contester. Notons au passage qu’à partir de cette décision le centre de gravité de l’Église va se déplacer : Jérusalem ne sera plus le centre; c’est le monde gréco-romain qui va accueillir l’Évangile annoncé par Paul.

Quel est le contenu exact de la décision ? En 15,19 Jacques décide de ne pas obliger les païens à observer une Loi qui leur est étrangère. Mais il va leur proposer quatre règles, énoncées au v. 20, tirées des lois du Lévitique (ch. 17-18) : « s’abstenir de l’idolâtrie, de l’immoralité, de la viande étouffée et du sang ». Ces règles ne sont pas des obligations morales : elles interdisent les viandes offertes aux idoles, les viandes non saignées et les mariages consanguins. Elles ont pour but de permettre aux judéo-chrétiens et aux pagano-chrétiens de se fréquenter, de manger ensemble et donc de célébrer ensemble l’eucharistie. La mise par écrit de cette décision (v. 29) souligne son aspect normatif. Le fait que la lettre soit confiée à Paul et Barnabas ouvre la suite des Actes, qu’on peut donc intituler : « l’Évangile aux païens ».

© SBEV. Maurice Autané

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Livre des Actes Apôtres (25)

LIVRE DES ACTES DES APÔTRES

CHAPITRE 25

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01 Trois jours après avoir rejoint sa province, Festus monta de Césarée à Jérusalem.

02 Les grands prêtres et les notables juifs exposèrent devant lui leurs griefs contre Paul ; avec insistance,

03 ils demandaient comme une faveur le transfert de Paul à Jérusalem ; en fait, ils préparaient un guet-apens pour le supprimer en chemin.

04 Festus répondit que Paul était détenu à Césarée, et que lui-même allait repartir incessamment.

05 Il déclara : « Que ceux d’entre vous qui sont experts en la matière descendent avec moi, et présentent leur accusation s’il y a quelque chose à reprocher à cet homme. »

06 Ayant passé chez eux huit à dix jours au plus, il redescendit à Césarée. Le lendemain, il siégea au tribunal, et ordonna d’amener Paul.

07 Quand celui-ci fut arrivé, les Juifs descendus de Jérusalem l’entourèrent et multiplièrent contre lui de graves motifs d’accusation qu’ils ne pouvaient pas démontrer,

08 tandis que Paul se défendait : « Je n’ai commis de faute ni contre la loi des Juifs, ni contre le Temple, ni contre l’empereur. »

09 Festus, voulant accorder une faveur aux Juifs, s’adressa à Paul : « Veux-tu monter à Jérusalem pour y être jugé sur cette affaire en ma présence ? »

10 Paul répondit : « Je suis ici devant le tribunal impérial : c’est là qu’il me faut être jugé. Je ne suis coupable de rien contre les Juifs, comme toi-même tu t’en rends fort bien compte.

11 Si donc je suis coupable et si j’ai fait quelque chose qui mérite la mort, je ne refuse pas de mourir. Mais s’il ne reste rien des accusations que ces gens-là portent contre moi, personne ne peut leur faire la faveur de me livrer à eux. J’en appelle à l’empereur. »

12 Alors, après avoir conféré avec son conseil, Festus déclara : « Tu en as appelé à l’empereur, tu iras devant l’empereur. »

13 Quelques jours plus tard, le roi Agrippa et Bérénice vinrent à Césarée saluer le gouverneur Festus.

14 Comme ils passaient là plusieurs jours, Festus exposa au roi la situation de Paul en disant : « Il y a ici un homme que mon prédécesseur Félix a laissé en prison.

15 Quand je me suis trouvé à Jérusalem, les grands prêtres et les anciens des Juifs ont exposé leurs griefs contre lui en réclamant sa condamnation.

16 J’ai répondu que les Romains n’ont pas coutume de faire la faveur de livrer qui que ce soit lorsqu’il est accusé, avant qu’il soit confronté avec ses accusateurs et puisse se défendre du chef d’accusation.

17 Ils se sont donc retrouvés ici, et sans aucun délai, le lendemain même, j’ai siégé au tribunal et j’ai donné l’ordre d’amener cet homme.

18 Quand ils se levèrent, les accusateurs n’ont mis à sa charge aucun des méfaits que, pour ma part, j’aurais supposés.

19 Ils avaient seulement avec lui certains débats au sujet de leur propre religion, et au sujet d’un certain Jésus qui est mort, mais que Paul affirmait être en vie.

20 Quant à moi, embarrassé devant la suite à donner à l’instruction, j’ai demandé à Paul s’il voulait aller à Jérusalem pour y être jugé sur cette affaire.

21 Mais Paul a fait appel pour être gardé en prison jusqu’à la décision impériale. J’ai donc ordonné de le garder en prison jusqu’au renvoi de sa cause devant l’empereur. »

22 Agrippa dit à Festus : « Je voudrais bien, moi aussi, entendre cet homme. » Il répondit : « Demain, tu l’entendras. »

23 Le lendemain, Agrippa et Bérénice arrivèrent donc en grand apparat et firent leur entrée dans la salle d’audience, escortés par les autorités militaires et les principaux personnages de la cité. Sur l’ordre de Festus, Paul fut amené.

24 Festus prit la parole : « Roi Agrippa, et vous tous qui êtes là avec nous, vous voyez devant vous l’homme au sujet duquel toute la multitude des Juifs m’a sollicité, tant à Jérusalem qu’ici même, en criant qu’il ne devait plus rester en vie.

25 Quant à moi, j’ai compris qu’il n’avait rien fait qui mérite la mort ; mais comme lui-même en a appelé à l’empereur, j’ai pris la décision de l’envoyer à Rome.

26 Je n’ai rien de précis à écrire sur son compte au seigneur l’empereur ; c’est pourquoi je l’ai fait comparaître devant vous, et surtout devant toi, roi Agrippa, afin qu’après cette audience j’aie quelque chose à écrire.

27 En effet, il ne me semble pas raisonnable d’envoyer un prisonnier sans signifier les charges retenues contre lui. »

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Livre des Actes des Apôtres (24)

LIVRE DES ACTES DES APÔTRES

chapitre 24

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01 Cinq jours plus tard, le grand prêtre Ananias descendit à Césarée avec quelques anciens et un avocat, un certain Tertullus. Ils exposèrent devant le gouverneur leurs griefs contre Paul.

02 On fit appeler celui-ci, et Tertullus commença son discours d’accusation : « Nous qui jouissons d’une grande paix grâce à toi et aux réformes dont ta prévoyance a fait bénéficier cette nation,

03 nous accueillons, de toute manière et en tout lieu, ce qui nous vient de toi, Très excellent Félix, avec une immense reconnaissance.

04 Mais pour ne pas t’importuner davantage, je te prie de nous écouter un instant avec toute ta bienveillance.

05 Nous avons constaté que cet homme est un fléau ; il suscite l’émeute chez tous les Juifs du monde entier, étant le chef du groupe des Nazaréens.

06 Il a même tenté de profaner le Temple ; alors nous l’avons arrêté.

08 En l’interrogeant lui-même, tu pourras mieux connaître tout ce dont nous l’accusons. »

09 Les Juifs appuyèrent ce discours en affirmant qu’il en était bien ainsi.

10 Le gouverneur lui ayant fait signe de parler, Paul répliqua : « Sachant que, depuis des années, tu as cette nation sous ta juridiction, c’est avec confiance que je présente la défense de ma cause.

11 Tu peux vérifier qu’il n’y a pas plus de douze jours que je suis monté à Jérusalem pour adorer.

12 On ne m’a pas trouvé dans le Temple en train de discuter avec qui que ce soit, ni dans les synagogues ou en ville en train d’ameuter la foule,

13 et ils ne peuvent alléguer aucun fait à l’appui de ce dont ils m’accusent maintenant.

14 Mais je le déclare devant toi : c’est selon le Chemin du Seigneur – ce qu’ils désignent comme un groupe – que je rends un culte au Dieu de nos pères ; je crois à tout ce qu’il y a dans la Loi et à tout ce qui est écrit dans les prophètes ;

15 mon espérance en Dieu, et ce qu’ils attendent eux-mêmes, c’est qu’il va y avoir une résurrection des justes et des injustes.

16 C’est pourquoi, moi aussi, je m’efforce de garder une conscience irréprochable en toute chose devant Dieu et devant les hommes.

17 Au bout de plusieurs années, je suis venu apporter le produit des aumônes destinées à ma nation, et présenter des offrandes rituelles.

18 C’est à cette occasion qu’on m’a trouvé dans le Temple après une cérémonie de purification, sans qu’il y ait eu ni attroupement ni tumulte.

19 Il y avait, ce jour-là, des Juifs venus de la province d’Asie ; ils devraient se présenter devant toi et m’accuser s’ils avaient quelque chose contre moi.

20 Ou bien alors, que ceux qui sont là disent quel délit ils ont constaté quand j’ai comparu devant le Conseil suprême.

21 À moins qu’il ne s’agisse de cette seule parole que j’ai criée, debout au milieu d’eux : “C’est à cause de la résurrection des morts que je passe aujourd’hui en jugement devant vous.” »

22 Félix, qui avait une connaissance approfondie de ce qui concerne le Chemin du Seigneur, ajourna l’audience en disant : « Quand le commandant Lysias descendra de Jérusalem, je rendrai une sentence sur votre affaire. »

23 Il donna l’ordre au centurion de garder Paul en détention avec un régime adouci, et sans empêcher les siens de lui rendre des services.

24 Quelques jours plus tard, Félix vint avec sa femme Drusille, qui était juive. Il envoya chercher Paul et l’écouta parler de la foi au Christ Jésus.

25 Mais quand l’entretien porta sur la justice, la maîtrise de soi et le jugement à venir, Félix fut pris de peur et déclara : « Pour le moment, retire-toi ; je te rappellerai à une prochaine occasion. »

26 Il n’en espérait pas moins que Paul lui donnerait de l’argent ; c’est pourquoi il l’envoyait souvent chercher pour parler avec lui.

27 Deux années s’écoulèrent ; Félix reçut comme successeur Porcius Festus. Voulant accorder une faveur aux Juifs, Félix avait laissé Paul en prison.