EGLISE CATHOLIQUE, ERIC DE MOULIN-BREAUFORT (1962-....), L'EGLISE FACE A SES DEFIS, LIVRE, LIVRES, LIVRES - RECENSION

L’Eglise face à ses défis de Mgr Eric de Moulin-Beaufort

L’ÉGLISE FACE À SES DÉFIS

Mgr Éric de Moulins-Beaufort, président de la Conférence des évêques de France, publie jeudi 12 septembre, L’église face à ses défis (1), un recueil de réflexions sur les abus sexuels dans l’Église, le sens du sacerdoce, qui comporte un texte inédit sur la mission de la famille.

L’occasion de partager sa vision, comme sa méthode, à l’heure où « le monde et l’Église semblent s’éloigner inéluctablement ».

Quel témoignage singulier les familles chrétiennes sont-elles appelées à porter dans la société ? À l’heure où l’Assemblée nationale s’apprête à réviser la loi de bioéthique et à autoriser l’ouverture de la PMA aux couples de même sexe et aux femmes célibataires, Mgr Éric de Moulins Beaufort, archevêque de Reims et président de la Conférence des évêques de France, dévoile dans un recueil de réflexions, L’Église face à ses défis, un essai inédit sur les enjeux théologiques et pastoraux du mariage et de la famille.

Ses observations sont traversées par une interrogation structurante : dans un monde qui « se laisse emporter par ses prouesses techniques et technologiques », quelle voix exprimer comme membre d’une famille chrétienne ? Son premier élément de réponse vient comme une invitation à lutter contre une forme d’accusation simpliste : « Il ne serait pas spirituellement juste de ne vivre les secousses portées au mariage et à la famille que comme des attaques venues de l’extérieur », met en garde le président de la CEF qui appelle les chrétiens à se rappeler l’essentiel : « Le phénomène le plus important n’est pas que le mariage chrétien soit bousculé. Le plus décisif est que le mariage chrétien, ou plutôt l’idée chrétienne du mariage est un bouleversement dont les effets sont loin d’être digérés par l’humanité ». Pour l’archevêque de Reims, le mariage chrétien a en effet révolutionné l’institution matrimoniale, transfigurant l’union opportune de deux lignées en « la rencontre possible d’un homme et d’une femme, qui n’a pas à s’achever ».

 

« Pas de vérités toutes faites »

 

Alors que le président de la Conférence des évêques a plusieurs fois affirmé que « sa place n’était pas dans une manifestation », cet essai « témoigne » en creux de « sa méthode », assure le père jésuite Alban Massie, directeur de la Nouvelle revue théologique qui coédite l’ouvrage. « On reproche parfois aux évêques d’être trop timorés. Ce livre dit quelque chose de la manière dont il exerce sa mission : il ne donne pas de vérités toutes faites, mais des clés pour aider les chrétiens à se faire leur propre réflexion. Je le recommanderais volontiers à un couple engagé dans la voie du mariage. »

Au fil de ses considérations historiques et anthropologiques, le président de la CEF se propose d’analyser avec pédagogie comment l’idée chrétienne de la famille est mise en tension par « la société technicisée, mondialisée, démocratisée ». Selon lui, les points de divergence ne manquent pas entre le message des Évangiles et notre société moderne, devenue progressivement intolérante à la souffrance, où le plaisir gouverne à la place du devoir, et au sein de laquelle la dépendance est vécue comme un fardeau.

Le président de la CEF, appelle donc les chrétiens à vivre leurs différences avant tout dans le témoignage de leur vie. Témoigner que la famille, « communauté de personnes » peut-être un lieu où la souffrance est « affrontée, supportée et intégrée », « que le pardon est possible et même qu’avoir à pardonner fait partie de la grandeur humaine », que la famille puisse « intégrer les personnes âgées ou porteuses d’un handicap, ou atteintes par la maladie, en apprenant à voir en elles, par-delà les charges qu’elles représentent, l’invisible richesse de la capacité à faire le bien et à la recevoir ». Au fond, la mission que propose Mgr Éric de Moulins-Beaufort aux fidèles se trouve résumée dans la préface de son livre : « Les chrétiens fervents ont juste à en faire un peu plus que la plus grande part de leurs concitoyens. »

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BIBLIOGRAPHIE, EGLISE CATHOLIQUE, ROGER ETCHEGARAY (1922-2019)

Cardinal Roger Etchegaray

BIOGRAPHIE CARDINAL ROGER ETCHEGARAY (1922-2019)

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Décès du cardinal Roger Etchegaray, archevêque émérite de Marseille et président émérite du Conseil pontifical « cor unum » et du Conseil pontifical justice et paix (1922-2019).

Le cardinal Roger Etchegaray, archevêque émérite de Marseille, président émérite du Conseil pontifical « Cor Unum » et du Conseil pontifical Justice et paix, est décédé dans sa 97e année, le mercredi 4 septembre 2019.

Né le 25 septembre 1922 à Espelette, le cardinal Roger Etchegaray a été ordonné prêtre le 13 juillet 1947 pour le diocèse de Bayonne. Il fit ses études successivement au grand séminaire de Bayonne, puis au Séminaire français de Rome, et enfin à l’Université grégorienne de Rome.

Il exerça son ministère de prêtre comme secrétaire particulier de Mgr Terrier, évêque de Bayonne (1949), secrétaire général de l’Action catholique du diocèse (1954), directeur des Œuvres (1957), vicaire général du diocèse (1960), Secrétaire général adjoint de l’Épiscopat français (1961), Secrétaire général adjoint de l’Épiscopat français chargé des questions pastorales (1962), chargé du secrétariat de liaison (1965), Secrétaire général de l’Épiscopat français (1966-1970).

Secrétaire général adjoint de l’Épiscopat français en charge des questions pastorales en 1962, c’est à ce titre qu’il participa au concile Vatican II (1962-1965). Expert lors du Concile, le futur cardinal Etchegaray fut le témoin privilégié de la vie quotidienne des évêques et des travaux de l’assemblée. Il assista le chanoine Ferdinand Boulard qui créa un groupe de travail intitulé « Évêque de Vatican II ». Ce groupe avait pour but de réfléchir et d’échanger sur la vie pastorale et spirituelle des évêques. Le Père Etchegaray fut également secrétaire de la « Conférence des délégués » aussi appelée « Conférence des 22 ». Ce groupe informel, réunissant des évêques de divers pays, se constitua dans le but de faciliter l’échange d’informations entre épiscopats. Durant le Concile, il devint également le secrétaire du comité de liaison qui donnera naissance quelques années plus tard, en 1970 au Conseil des conférences épiscopales européennes (CCEE).

En 1969, le Père Roger Etchegaray fut nommé évêque auxiliaire de l’archevêque de Paris, le cardinal Marty, puis archevêque de Marseille, l’année suivante, en 1970. Il fut président du Conseil des conférences épiscopales d’Europe (1971-1979). C’est à ce titre qu’il participa au synode des évêques de 1974, au cours duquel il présenta un rapport très remarqué sur l’évangélisation en Europe. Il fut prélat de la Mission de France (1975-1982) et président de la Conférence des évêques de France (1975-1981).

Au moment de son élection à la présidence de la Conférence des évêques de France, en 1975, Monseigneur Etchegaray était membre du Conseil permanent, président de la région apostolique Provence-Méditerranée (aujourd’hui province de Marseille), membre de la Commission épiscopale pour le monde ouvrier (aujourd’hui « Mission ouvrière » au sein du Conseil épiscopal pour les mouvements et associations de fidèles). Il succéda à cette fonction au cardinal François Marty.

En 1979, il fut créé cardinal par le pape Jean Paul II puis en avril 1984, il fut appelé à Rome et nommé président du Conseil pontifical « Cor Unum » (1984-1995), président du Conseil pontifical « Justice et Paix » (1984-1998).

Il fut alors l’un des principaux collaborateurs du pape Jean Paul II. Homme de dialogue, il devint l’émissaire du Pape pour assurer des missions de paix et de défense des droits de l’homme dans des pays secoués par des troubles et ou des conflits. Que cela soit en tant que président du Conseil pontifical Justice et Paix ou dans le cadre de missions spéciales et parfois délicates, le cardinal Etchegaray fut amené à se déplacer sur tous les continents.

Entre 1971 et 1979, il se rendra plusieurs fois dans les pays de l’Est de l’Europe. En 1980, le cardinal Etchegaray fut le premier cardinal à visiter la Chine communiste.

En 1985, il renonça à sa charge d’archevêque de Marseille afin de se consacrer à ses fonctions romaines.

Il effectua une série de voyages en Amérique latine, dont les pays sont marqués par des régimes autoritaires. Inlassable artisan de paix, le cardinal Etchegaray ira également en Afrique où il visitera 49 des 53 états africains. En 1991, il rencontra Nelson Mandela. Entre 1993 et 1995, il effectua 4 voyages au Rwanda et Burundi. En 1985, il se rendit au Liban, en Irak et en Iran, alors en guerre.

Outre ses missions diplomatiques pour le Saint-Siège, il participa à la publication de textes importants en tant que Président de « Justice et Paix » et « Cor Unum » : « Au service de la communauté humaine : une approche éthique de l’endettement international » (1986) ; « Qu’as-tu fais de ton frère sans abri ? L’Église et le problème de l’habitat » (1988) ; « Le commerce international des armes : une réflexion éthique » (1994).

Enfin, il fut le délégué spécial du Pape pour l’organisation de la première Journée mondiale de prière pour la paix à Assise, qui réunira pour la première fois de manière inédite, 130 responsables religieux pour « être ensemble pour prier mais non à prier ensemble » (Jean Paul II).

En novembre 1994, il fut nommé président du Comité du Grand Jubilé (1994-2001). Depuis janvier 2017, le cardinal Etchegaray était rentré en France et séjournait dans le pays Basque.

 

Le cardinal Etchegaray avait reçu en 2014 la Grand-Croix de la Légion d’Honneur et était également Commandeur de l’Ordre national du Mérite.

Le cardinal Etchegaray publia plusieurs ouvrages :

  • J’avance comme un âne : petits clins d’œil au Ciel et à la Terre, Fayard, 1984.
  • Petite vie de Eugène de Mazenod (1782-1861), Desclée de Brouwer, Paris, 1995.
  • Jésus vrai homme, vrai Dieu, Desclée de Brouwer, 1997.
  • Vers les chrétiens de Chine : vus par une grenouille au fond d’un puits, Cerf, 2004.
  • J’ai senti battre le cœur du monde : conversations avec Bernard Lecomte, Fayard, 2007.
  • L’homme, à quel prix ?, Éditions La Martinière, 2012.
  • Qu’ai-je fait du Christ ?, Parole et silence, 2015.
  • Avec Dieu, chemin faisant, La Martinière, 2015.

Source : Eglise catholique de France

EGLISE CATHOLIQUE, ROGER ETCHEGARAY (1922-2019)

Cardinal Roger Etchegaray (1922-2019)

Mort du cardinal Roger Etchegaray, le Basque universel

Cardinal Roger Etchegaray (France)

Le diocèse de Bayonne a annoncé mercredi 4 septembre le décès du cardinal français, à 96 ans. Il alliait à des qualités de discrétion un goût pour les marges, pour les « frontières », que Jean-Paul II sut utiliser pour en faire son émissaire sur tous les points de fracture du monde.

Toujours attentif à l’Église de France, il plaidait pour un catholicisme ouvert, conciliaire.

Le cœur, dont il parlait en conclusion de ses mémoires (1), s’est donc arrêté. Ce cœur d’homme qui battait, disait-il, au rythme du monde. Et au rythme de Dieu, sans que, jamais, il ait séparé les deux. Le cardinal ­Roger Etchegaray, à 96 ans, vient de quitter cette terre pour rejoindre la Jérusalem céleste, sa « ligne d’arrivée ».

Ce grand serviteur de l’Église, qui avait pris avec humour le vieillard Syméon de l’Évangile comme saint de ses vieux jours, n’aurait sans doute pas renié la phrase de ce dernier, dans l’Évangile « Maintenant, ô Maître, tu peux laisser ton serviteur s’en aller dans la paix, selon ta parole », tant on sentait, ces dernières semaines, et malgré la fatigue de plus en plus présente, combien il se réjouissait de voir sur le trône de Pierre un homme comme François, pape selon son cœur, dont il avait souhaité l’élection.

Ces derniers temps, même contraint à ne presque plus sortir, il étonnait ses visiteurs sur sa capacité à lever la tête, à l’évocation d’une situation, d’un problème, et surtout de personnes, connues de lui. Son œil bleu retrouvait alors son éclat, et son grand sourire barrait le visage fatigué.

 

Justice et Paix et Cor unum

Depuis plus de trente ans qu’il résidait à Rome, où Jean-Paul II l’avait appelé en 1984 pour lui confier deux Conseils pontificaux (Justice et Paix, Cor unum), Roger Etchegaray ne s’est jamais lassé des hommes, de l’Homme.

« L’Église n’est pas qu’à Rome », ­disait-il lorsque des visiteurs évoquaient certains aspects du microcosme romain : « L’Église est partout », répétait-il avec son grand sourire, montrant du geste le splendide panorama qui s’ouvrait de sa terrasse, au dernier étage du palais Saint-Calixte, dans le quartier du Trastevere. L’Église, dans son universalité, qu’il a servie jusqu’au dernier jour, avec fidélité, malgré les zones d’ombre : « Le chrétien se sent mal à l’aise dans son Église tant qu’il ne cherche pas à se mettre à la mesure d’une Église sans mesure: il nous faut aimer l’Église comme elle est », avait-il écrit (2). Parfois, à la fin d’une conversation, il demandait abruptement : « Vous l’aimez, cette Église, n’est-ce pas? »

Expert officiel de Vatican II

Aimer l’Église. Depuis son enfance basque à Espelette (« capitale du piment », vous apprenait-il fièrement), et depuis son ordination, vécue avec pour devise cette phrase du père Chevrier : « C’est le beau temps pour être prêtre! ». Beau temps, dans la période bouillonnante pré et post-conciliaire, qu’il vécut comme secrétaire de l’évêque de Bayonne, puis au secrétariat de l’épiscopat à Paris : comme Benoît XVI, comme aussi Jean-Paul II, Roger Etchegaray est de cette génération marquée du sceau de Vatican II, auquel il participa comme expert officiel.

Il aimait en raconter les rencontres : celle, déterminante pour lui, de Dom Helder Camara ; celle, aussi, d’un certain évêque polonais, Karol Wojtyla. L’Église du cardinal est l’Église issue du Concile, « tout » le concile, avec ses générosités et sans doute ses excès. L’ancien collaborateur de Jean-Paul II avait parfois souffert de voir remis en cause certains acquis du concile, mais sans jamais prendre une seule position publique qui puisse gêner les papes sur ce sujet.

« Ecclesia semper reformanda »

Car Roger Etchegaray, contrairement par exemple au cardinal italien Carlo Maria Martini auquel on le comparait souvent, n’était pas homme à proposer des réformes pour l’Église ou à s’engager sur des débats précis. Certains lui reprochaient ce silence. Manque de courage ? La remarque, une fois, l’avait particulièrement énervée, chose rare. Le prélat avait alors montré, accroché au mur de son séjour, un drôle de diplôme de « bravoure » décernée par des journalistes après un voyage particulièrement périlleux : « Et je manquerais de courage! »

Simplement, là n’était pas sa manière de servir : « L’Église a plus besoin d’être aimée que réformée », confiait-il un jour à La Croix, proche en cela du pape François : « Ma sensibilité humaine et pastorale m’a conduit très souvent à rencontrer des frères et des sœurs qui ont du mal à vivre dans l’Église ou campent hors de ses murs. Nourri dans le sérail, j’éprouve plus que d’autres la vérité de l’adage “Ecclesia semper reformanda” (“L’Église est en permanence à réformer”). Je puis dire que c’est constamment que j’y travaille, à ma manière discrète, c’est vrai, mais avec obstination. »

 

La présidence du comité pour le Grand Jubilé

Une obstination dont il fit preuve, à la tête de Justice et Paix, pour promouvoir les grandes encycliques sociales de Jean-Paul II. À la présidence, ensuite, du comité pour le Grand Jubilé : dans ce serviteur fidèle, Jean-Paul II avait un homme prêt à appliquer son programme pour l’an 2000, y compris des options, comme la grande repentance ou la rencontre interreligieuse, qui, savait-il, provoqueraient des grincements au sein de la Curie.

Dans un milieu romain enclin à la médisance et au commérage, on n’aurait jamais pu prendre ce cardinal en défaut. Taiseux, le Basque préférait ponctuer d’un silence ce qu’il désapprouvait. Des qualités de discrétion, alliée à ce goût pour les marges, que Jean-Paul II sut parfaitement utiliser pour en faire son émissaire sur tous les points de fracture du monde.

 

Serrer la main de Saddam Hussein

Globe-trotter infatigable d’un pape lui-même grand voyageur, le cardinal français est allé partout, démêlant les situations, préparant les voyages de Jean-Paul II, avec cette capacité à passer des ors d’un palais présidentiel de dictateur d’Amérique du Sud à la poussière des pistes du Rwanda, et au sang des guerres et des combats.

Peut-on en même temps serrer la main d’un dictateur comme Saddam Hussein comme  et embrasser un enfant blessé par la guerre ? Il faisait mine de ne pas entendre la question. Il y avait chez cet homme une part de mystère, recouverte par le silence de secrets qu’il ne s’estimait pas en droit de révéler… « J’ai appris, confie-t-il encore, à ne pas juger trop vite certaines personnes enchevêtrées dans des situations inextricables, souvent contre leur gré, et obnubilées par la hantise de sauver le peu qui puisse être sauvé de la liberté d’un homme ou d’un croyant » (1).

L’enfant d’Espelette

Ce cardinal était un solitaire qui aimait les hommes, au-delà des masques et des apparences. De ce point de vue, Marseille, dont il fut l’archevêque durant quatorze ans, de 1970 à 1984, est une bonne école. Le Basque timide apprit à apprécier cette ville bigarrée, où se mêlent toutes les religions. « C’est l’univers entier qui est repêché ici, non pas en miniature dans une bouteille, mais bien vivant et frétillant avec ses couleurs et ses odeurs des cinq continents », écrivait-il (2).

Dans la cité phocéenne, l’enfant d’Espelette prépara les voyages au long cours qu’il allait faire toute sa vie. Avec deux grandes passions qu’il conservera jusqu’au bout, alors que, depuis 2000, il était officiellement retraité : la Chine complexe et la Russie orthodoxe. Sur ce dernier point, il n’a pas ménagé sa personne. Si le pape François a pu rencontrer le patriarche de Moscou, l’amitié patiemment cultivée par Mgr Etchegaray aura posé les jalons.

Plaque tournante de l’Église universelle

L’âge venant, Roger Etchegaray avait dû limiter sa « fringale de voyages », mais son appartement romain restait une plaque tournante de l’Église universelle, tout comme chacun des objets rangés sur ses étagères lui rappelait un périple ou une rencontre. Les anciens amis de Marseille comme les Chinois de l’Église officielle ou souterraine, trouvaient à chaque fois une place dans son agenda.

Jusqu’au bout, ce cardinal est resté au milieu du monde. « Quand on est chrétien, confiait-il un jour, on n’est jamais seul: passez donc me voir! » Pourquoi le cacher ? Ce soir, même en sachant que le cardinal Etchegaray a rejoint une autre communion, celle de tous les saints en humanité, on a pourtant du mal à ne pas se sentir un peu plus seul.

(1) J’ai senti battre le cœur du monde, conversations avec Bernard Lecomte (Fayard, 456 p., 22 €) – Lire La Croix du 3-4 novembre 2007.

(2) Dans J’avance comme un âne (Fayard – récemment réédité).

 

https://www.la-croix.com/Religion/Catholicisme/France/Le-deces-Roger-Etchegaray-Basque-universel-2019-09-04-1201045342

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La dévotion aux âmes du Purgatoire

Le Purgatoire

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Dans le catholicisme, le purgatoire est le lieu de purification où les âmes des défunts morts en état de grâce, et assurés du salut éternel, vont expier les péchés dont ils n’ont pas fait une pénitence suffisante avant leur trépas, à la suite d’un jugement particulier. L’idée de purgatoire est une vérité de foi pour le catholicisme mais elle n’est pas acceptée par les différents courants du protestantisme ni par l’Église orthodoxe . Les catholiques avancent certains versets des Écritures pour justifier leur croyances. Ceux qui meurent dans la grâce et l’amitié de Dieu, mais imparfaitement purifiés, c’est-à-dire avec des résistances à l’amour de Dieu, bien qu’assurés de leur salut éternel, connaissent après leur mort un temps de purification qui les libère complètement du mal. Ainsi ils obtiennent la sainteté nécessaire pour entrer dans la joie du paradis.

Depuis la bulle Exsurge Domine, fulminée le 15 juin 1520 par le pape Léon X contre Martin Luther, l’Église catholique reproche à Luther de considérer que le purgatoire ne peut être prouvé par aucune autorité scripturaire canonique. La datation de la « naissance » du purgatoire est discutée par les historiens, qui hésitent entre une « datation haute », qui est celle, par exemple, de Pierre Chaunu, pour lequel le purgatoire serait apparu dès Augustin d’Hippone (354-430), avec la notion de peines expiatrices dans l’au-delà, et d’autre part une « datation basse », celle de Jacques Le Goff, pour lequel le purgatoire « proprement dit » ne serait né que dans la seconde moitié du xiie siècle, vers l’an 1170, avec le mot servant à le nommer. Les premières représentations artistiques du purgatoire apparaissent au milieu du xiiie siècle.

À partir du Moyen Âge, le purgatoire est symboliquement illustré comme étant un lieu de feu purificateur. Jacques Le Goff a étudié la naissance du concept de purgatoire en tant que lieu au Moyen Âge, à travers l’évolution du mot purgatoire : l’épithète purgatorius puis le nom neutre purgatorium. La notion de purgatoire aurait été redéployée au milieu du xixe siècle par le clergé face à la montée du spiritisme ou invocation des âmes trépassées par des moyens ésotériques, non chrétiens. Son évocation s’est depuis raréfiée.

 

Fondements scripturaires

Bien que le mot de « purgatoire » soit absent de la Bible, quelques passages de l’Écriture suggéreraient l’existence d’un feu purificateur intervenant après la mort corporelle et l’existence d’un temps d’expiation entre la mort et le pardon des péchés.

Le Livre des Maccabées, qui n’a pas été retenu par Luther dans le canon biblique de 1534, mais qui est officiellement intégré au canon catholique lors du concile de Trente, parle d’un sacrifice accompli en faveur de défunts, ce qui laisse entendre l’existence d’un lieu de purification distinct de l’enfer et du paradis : « Puis, ayant fait une collecte d’environ 2 000 drachmes, il l’envoya à Jérusalem afin qu’on offrît un sacrifice pour le péché, agissant fort bien et noblement d’après le concept de la résurrection. Car, s’il n’avait pas espéré que les soldats tombés dussent ressusciter, il était superflu et sot de prier pour les morts, et s’il envisageait qu’une très belle récompense est réservée à ceux qui s’endorment dans la piété, c’était là une pensée sainte et pieuse. Voilà pourquoi il fit faire ce sacrifice expiatoire pour les morts, afin qu’ils fussent délivrés de leur péché. »

C’est Paul de Tarse qui fait allusion le premier à un « feu », interprété parfois comme le purgatoire, dans la Première épitre aux Corinthiens.

 

Chez les premiers chrétiens

Le Refrigerium

Les premiers chrétiens avaient la notion de refrigerium, un lieu de rafraîchissement pour les âmes défuntes. Cette tradition liée aux banquets funéraires subsisterait en Roumanie.

 

Témoignages écrits d’un état de purgation

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Dante con in mano la Divina Commedia, Santa Maria del Fiore, Florence

De nombreux témoignages écrits montrent que parmi les premiers chrétiens, certains auraient cru, sinon en l’existence d’un lieu, du moins d’un état où le pécheur devait expier ses péchés avant d’atteindre le paradis. Comme l’a montré l’historien Jacques Le Goff, le concept du purgatoire comme lieu spécifique est en effet beaucoup plus tardif, et n’a été entériné dans la doctrine qu’avec le deuxième concile de Lyon (1274).

Un des témoignages les plus anciens est le récit de la passion de Perpétue et Félicité : en prison, Perpétue voit en songe son jeune frère, mort avant elle, sortir d’un puits sombre. À la suite de ce songe, elle va offrir des prières pour lui et ensuite un autre songe le montrera heureux : « je vis qu’il avait été soustrait à sa peine ». « Si la localisation du purgatoire ne gênait pas les premiers chrétiens, ni le fait d’avoir un nom pour désigner ce lieu, la réalité de secourir les défunts par la prière et l’ascèse est clairement établie dès l’antiquité chrétienne. »

Origène (iie siècle), qui n’évoque pas un lieu mais un état, est l’un des premiers à avoir introduit le concept de purgatoire en faisant de l’enfer un état provisoire : car, d’après lui, il n’y a pas de pécheur si mauvais qui ne soit sauvé, au terme d’un processus de paracatartase (du grec catharsis, purification), pour se retrouver finalement au Paradis. Cette opinion d’Origène est considérée par l’Église comme hérétique car selon elle l’enfer est éternel, en ce sens qu’il ne finira jamais, et la punition aussi

Augustin d’Hippone, qui n’évoque pas un lieu mais un état : « Certains subissent des punitions temporelles dans cette vie seulement, certains après la mort, pour certains avant et après, mais tous avant le jugement dernier, le plus rigoureusement mené. Mais ceux qui subissent des punitions temporelles après la mort n’encourront pas tous les punitions éternelles, qui doivent suivre ce jugement. »

Pour Augustin, seuls certains chrétiens, déjà acceptés au paradis, sont soumis à la purgation comme épreuve de purification, entre le jugement individuel se situant à la mort et le Jugement dernier, collectif. Il souligne que les peines y sont très pénibles. Augustin fait la distinction entre un « enfer inférieur » et un « enfer supérieur » (ce qui perdurera entre le vie et le xiie siècle), ce qui se transformera en une « localisation » du Purgatoire en un lieu « au-dessus » ou « proche » de l’Enfer, avec des peines qui y ressemblent beaucoup, ce qui deviendra à la fin du xiie siècle, le Purgatoire proprement dit. Augustin distingue également un feu de la purgation provisoire, destiné aux pécheurs repentants, et le feu de la damnation éternelle qui frappera les impénitents : Augustin pensait que seraient remis les petits péchés. Dans d’autres textes il admet la nature spéculative de l’idée de purgatoire ; au livre de la pénitence, parlant du feu du purgatoire, il écrit : « Il est meilleur que j’apprenne à bien vivre, que d’enseigner (semer) des choses non certaines du feu de cette nature. Car, si en faisant bien j’ai soin de me repentir, je ne craindrai pas les tourments du feu. »

 

Théologie catholique

Étymologie et apparition du mot

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Manuscrit alsacien, xve siècle, La Légende dorée.

Le Purgatoire vient du latin purgare, « purifier, nettoyer » – verbe qui a aussi donné le mot « purger » et l’expression « purger une peine de prison » ou encore du grec « pur », le feu par homophonie moyen de la purification. Si le concept de Purgatoire, en tant qu’épreuve de purification, est très ancien, le recours à ce mot est plus récent. Le substantif purgatorium est utilisé pour la première fois par l’archevêque de Tours, Hildebert de Lavardin en 1133. Le mot désignant le lieu « purgatoire » était en effet inconnu avant le xie siècle : un des premiers documents à mentionner ce nom est une lettre du bénédictin Nicolas de Saint-Alban au cistercien Pierre de Celle en 1176 (Haggh, 1997). Selon l’historien Jacques Le Goff, c’est entre 1170 et 1180 qu’a lieu la « naissance » du Purgatoire dans le milieu intellectuel parisien. La purgation cesse d’être un état pour devenir un lieu. Cette évolution se fait conjointement à l’apparition progressive, au haut Moyen Âge, du concept de péché léger (peccata levia, ou péché véniel), soulevant le problème théologique des chrétiens morts sans péché mortel mais sans s’être confessés auparavant, et pour qui l’Enfer est inapproprié.

 Enseignement des papes

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Le Purgatoire, par Rubens.

Le concept de « purgatoire » fut repris au siècle du pape Grégoire le Grand. Il a établi un purgatoire comme lieu de guérison, qui acquit une grande importance culturelle et historique avant la Réforme : « Vous devez croire qu’il y a un feu purificateur pour certains péchés parce que la vérité éternelle affirme que, si une personne blasphème contre l’Esprit Saint, ce ne lui est pardonné ni dans le siècle présent, ni dans le monde futur » (Mt 12, 32) écrit Grégoire le Grand, dans Dialogi de vita et miraculis patrum Italicorum, (4, 39). Cette déclaration montre que certains péchés ne sont pas pardonnés ni en ce monde ni en l’autre mais que d’autres peuvent être expiés dans l’autre monde. Dans six anecdotes du IVe livre des Dialogues, il émet l’idée que les peines du péché sont subies sur les lieux du péché. Il préfigure le concept de purgatoire, défini plus tard, au xiiie siècle.

En 1254, une lettre du pape Innocent IV au légat Eudes de Châteauroux à Chypre, qui demande que la définition du Purgatoire comme lieu où l’on purge ses péchés véniels mais non mortels soit acceptée par les Grecs est, selon Jacques Le Goff, « l’acte de naissance doctrinal du purgatoire comme lieu ». Elle est suivie par la reconnaissance officielle du Purgatoire par le deuxième concile de Lyon en 1274. En 1336 la bulle Benedictus Deus   de Benoît XII propose un enseignement catholique des papes sur la vie après la mort, paradisenfer et purgatoire.

Dans la lettre du pape Clément VI à Mekhitar d’Arménie du 29 septembre 1351, le pape écrit : « Nous demandons si tu as cru et si tu crois qu’il existe un purgatoire vers lequel descendent les âmes de ceux qui meurent en état de grâce et qui n’ont pas encore satisfait pour leurs péchés par une entière pénitence. » Le pape Clément VI écrit : « Nous croyons que c’est au purgatoire que descendent les âmes de ceux qui meurent en état de grâce et qui n’ont pas encore satisfait pour leur péché par une entière pénitence. De même, nous croyons qu’elles y sont tourmentées par un feu pour un temps et que, dès leur purification, avant même le jour du jugement, elles parviennent à la véritable et éternelle béatitude qui consiste à voir Dieu face à face et à l’aimer. » La bulle Iniunctum nobis de Pie IV du 13 novembre 1564 présente le purgatoire : « Je tiens sans défaillance qu’il y a un purgatoire et que les âmes qui y sont retenues sont aidées par les intercessions des fidèles ».

Le pape Benoît XV, dans sa bulle Incruentum altaris du 10 août 1915, traite du purgatoire ; il autorise les prêtres à célébrer trois messes le jour de la commémoration des fidèles défunts (2 novembre) ; il parle aussi des flammes du purgatoire : « Nous demandons instamment que tous les enfants de l’Église, se souvenant des nombreuses obligations qu’ils ont envers nos frères qui sont dans les flammes du purgatoire, interviennent en ce jour avec une grande foi dans les fonctions sacrées. »

L’encyclique Spe Salvi du pape Benoît XVI fait allusion au purgatoire :

« Dans le judaïsme ancien, il existe aussi l’idée qu’on peut venir en aide aux défunts dans leur condition intermédiaire par la prière (cf. par exemple 2 M 12, 38-45 : ier siècle av. J.-C.). La pratique correspondante a été adoptée très spontanément par les chrétiens et elle est commune à l’Église orientale et occidentale. L’Orient ignore la souffrance purificatrice et expiatoire des âmes dans « l’au-delà », mais connaît, de fait, divers degrés de béatitude ou aussi de souffrance dans la condition intermédiaire. Cependant, grâce à l’Eucharistie, à la prière et à l’aumône, « repos et fraîcheur » peuvent être donnés aux âmes des défunts. Que l’amour puisse parvenir jusqu’à l’au-delà, que soit possible un mutuel donner et recevoir, dans lequel les uns et les autres demeurent unis par des liens d’affection au-delà des limites de la mort – cela a été une conviction fondamentale de la chrétienté à travers tous les siècles et reste aussi aujourd’hui une expérience réconfortante. »

— Benoît XVISpe Salvi

 

Enseignement des conciles

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Michel Serre, Vierge à l’enfant et le purgatoire.

Une explication de la doctrine catholique sur le purgatoire a été présentée par le cardinal Julien Cesarini aux pères orientaux orthodoxes assemblés au conseil de Ferrara-Florence, lors de la Session VI, en juin (1438 ?) :

« Dès le temps des Apôtres, l’Église catholique enseignait que les âmes parties de ce monde, pures et franches de tout péché – c’est-à-dire les âmes des saints – entrent immédiatement dans la félicité. Les âmes de ceux qui après leur baptême ont péché, mais qui se sont ensuite sincèrement repentis et ont avoué leurs péchés, quoiqu’incapables d’exécuter l’epitimia prescrite par le confesseur, ou d’apporter des fruits de repentir suffisants pour expier leurs péchés, ces âmes sont épurées par le feu du purgatoire, tantôt rapidement, tantôt plus lentement, selon leurs péchés ; et ensuite, après leur purification, elles partent pour les lieux de bonheur éternel. Les prières du prêtre, les offices liturgiques et les actes de charité concourent dans une grande mesure à leur purification. Les âmes de ceux qui sont morts dans le péché mortel, ou dans le péché originel, vont directement à la damnation. »

Un décret canonique contenant une doctrine semblable est incorporé au « Décret d’Union » rédigé avant la clôture du concile de Florence, lequel avait donné un court instant l’espoir de mettre fin au Grand Schisme d’Orient. Un développement de la doctrine sur le Purgatoire se retrouva par la suite dans les canons du Concile de Trente (Session XXV) qui tire l’idée de Purgatoire « des Écritures Saintes [I Co 3, 12-17 et II Ma 12, 43-45] et de la tradition ancienne des Pères enseignée dans les Conciles. » Les Églises protestantes rejettent presque toutes cette conception. (voir ci-dessous).

Selon le concile œcuménique Vatican II : « L’union de ceux qui sont encore en chemin, avec leurs frères qui se sont endormis dans la paix du Christ, n’est nullement interrompue, au contraire, selon la foi constante de l’Église, cette union est renforcée par l’échange des biens spirituels… Tous cependant, à des degrés divers et sous des formes diverses, nous communions dans la même charité envers Dieu et envers le prochain » (Concile Vatican II, L’Église, no 49) »

L’Église catholique célèbre traditionnellement des messes pour le repos des défunts, et des indulgences peuvent leur être appliquées.

 Catéchisme

La théologie contemporaine récente rejette parfois l’idée de purgatoire comme un lieu de « punition temporelle » au sens d’un délai d’attente. Au lieu de cela, les théologiens parlent d’une étape de purification. Le processus de purification est un « aspect de l’union à Dieu » et une image de l’espérance du croyant en la purification par Dieu. Le catéchisme pour adultes, publié par la Conférence des évêques de France en 1991 avec l’accord de la Congrégation pour la doctrine de la foi qui a donné le 23 janvier 1991 l’approbation du Saint-Siège, indique simplement ce qui suit : « …Pour parvenir à cette contemplation de Dieu, une « étape » de purification, appelée purgatoire, peut être nécessaire. Il ne s’agit ni d’un lieu, ni d’un temps ; on peut parler plutôt d’un état. En tout cas, le purgatoire, qui est bien une peine, n’est pas à concevoir comme une punition, par laquelle Dieu se vengerait en quelque sorte de nos infidélités. La communion avec Dieu, dans laquelle nous introduit la mort, nous fait prendre conscience douloureusement de nos imperfections et de nos refus d’aimer, et du besoin de nous laisser purifier par la puissance salvatrice du Christ. » « C’est Dieu lui-même qui purifie et transforme. Mais la Tradition de l’Église catholique affirme que ceux qui sont au purgatoire bénéficient des prières et des supplications adressées en leur faveur à Dieu par leurs frères, et aussi de l’intercession des saints déjà introduits dans la béatitude de la vision de Dieu ». En ce sens, le purgatoire n’est plus à comprendre comme une troisième alternative de l’au-delà mais bien comme une instrument du salut.

Le compendium du Catéchisme de l’Église catholique, d’abord publié en 2005, est un résumé du Catéchisme de l’Église catholique

« 210. Qu’est que le Purgatoire ?

Le Purgatoire est l’état de ceux qui meurent dans l’amitié de Dieu, assuré de leur salut éternel, mais qui ont encore besoin de purification pour entrer dans le bonheur du Ciel.

  1. Comment est-ce que nous pouvons aider les âmes à être purifiées au Purgatoire ?

À cause de la Communion des saints, les fidèles qui sont encore des pèlerins sur terre sont capables d’aider les âmes dans le purgatoire en offrant des prières en suffrage pour eux, spécialement dans le Sacrifice eucharistique. Ils peuvent aussi le aider par des aumônes, les indulgences, et les œuvres de pénitence. »

Ces deux questions et réponses résument les renseignements dans les sections 1020-1032 et 1054 du Catéchisme de l’Église catholique, publié en 1992, qui parle également de purgatoire dans les sections 1472 et 1473

 Déclin

La croyance dans le purgatoire décline à la fin du xviiie siècle, après les grands moments de la piété baroque. Elle connaît un renouveau spectaculaire au milieu du xixe siècle, en lien avec la dévotion mariale (Marie étant considérée comme la reine du purgatoire) et la rechristianisation du culte des morts : entre 1850 et 1914, les messes pour les défunts se multiplient. L’église des Âmes du Purgatoire à Naples témoigne de cette pratique. Le purgatoire s’efface peu à peu des consciences et des représentations avec la Grande Guerre dont les millions de « morts glorieux » de la patrie rejoignent directement la gloire céleste sans passer par le purgatoire. Il s’interrompt dans le deuxième tiers du xxe siècle.

 

Bibliographie

Livres anciens

Jacques de Voragine, La Légende dorée, « CLX, le 2 novembre, le Jour des Âmes »  sur Gallica

 Ouvrages contemporain

Philippe Ariès, L’Homme devant la mort, 2 vol. « Le temps des gisants » et « La mort ensauvagée », Seuil, coll. « Points », 1985 ;

Adriaan H. Bredero, « Le Moyen Âge et le purgatoire », Revue d’histoire ecclésiastique, 78 (1983), p. 429–452 ;

Claude Carozzi, Le Voyage de l’âme dans l’au-delà d’après la littérature latine (vexiiie siècle), Bibliothèque de l’École française de Rome, no 189, Rome, 1994

[Cuchet 2012] Guillaume Cuchet (dir.) (postface de Michel Vovelle), Le purgatoire : fortune historique et historiographique d’un dogme (acte du colloque tenu du 8 au 10 mars 2007à l’université d’Avignon), Paris, École des hautes études en sciences sociales, coll. « En temps & lieux » (no 38), septembre 2012, 1re éd., 1 vol., 331 p., 16 × 24 cm

Henry Donneaud, Dictionnaire du Moyen Âge, s. dir. Michel Zink, Alain de Libera et Claude Gauvard, PUF, coll. « Quadrige », 2004 ) ;

Aaron J. Gourevitch, « Au Moyen Âge : conscience individuelle et image de l’au-delà », Annales. Économies, sociétés, civilisations, 37 (1982), p. 255–275

Charles Journet, La Doctrine catholique sur le purgatoire.

Jacques Le Goff, La Naissance du Purgatoire, Gallimard, coll. « Folio », Paris, 1991 (1re édition 1981) ;

Joseph Ntedika, L’Évolution de la doctrine du purgatoire chez saint Augustin, Études augustiniennes : Château-Gontier, Impr. de l’Indépendante, 1966.

Joseph Ntedika, L’évocation de l’au-delà dans la prière pour les morts. Étude de patristique et de liturgie latine, Publications de l’université Lovanium de Kinshasa Volume 2 de Recherches africaines de théologie, Éditions Nauwelaerts, 1971

André Parrot, Le Refrigerium dans l’au-delà, Paris, 1947

Catéchisme pour adultes de la Conférence des évêques de France aux éditions Centurion, Éditions du Cerf

 Articles

[Ariès 1983] Philippe Ariès, « Le Purgatoire et la cosmologie de l’Au-delà », Annales. Économies, Sociétés, Civilisations, vol. 38e année, no 1,‎ janvier – février 1983, 3e partie (« Au Moyen Âge »), p. 151-157  [fac-similé], consulté le 21 janvier 2017).

[Brown 1997] Peter Brown, « Vers la naissance du purgatoire : amnistie et pénitence dans le christianisme occidental de l’Antiquité tardive au haut Moyen Âge », Annales. Histoire, Sciences sociales, vol. 52e année, no 6,‎ novembre – décembre 1997, 1re partie (« Vers la naissance du purgatoire »), p. 1247-1261  [fac-similé], consulté le 21 janvier 2017).

[Cuchet 2014] Guillaume Cuchet, « Les morts utiles du purgatoire : concept théologique, représentations et pratiques », Terrain, no 62 : « Les morts utiles »,‎ mars 2014, 1re partie (« Les morts utiles »), p. 82-99  [

Persée : « Les lendemains de la mort dans les croyances occidentales (vers 1250-vers 1300 ».- Hugues Neveux- Annales. Économies, Sociétés, Civilisations.- Année 1979.- Volume 34, numéro 2 .- p. 245-263]

EGLISE CATHOLIQUE

Grégoire le Grand, pape et saint

Grégoire le Grand (540 – 604)

Un pape entre Antiquité et Moyen Âge

Voir la version abrégée

Consacré pape le 3 septembre 590 vers l’âge de 50 ans, Grégoire 1er réforme l’Église et redresse les mœurs  du clergé. C’est pourquoi il est le seul pape avec Léon 1er (440-461) et Nicolas 1er (858-867) à porter le titre de Grand.

Premier pape évangélisateur, Grégoire le Grand se situe à la charnière entre l’Antiquité finissante et le Moyen Âge barbare… L’élévation spirituelle de son abondante correspondance lui a valu d’être nommé docteur de l’Église après sa mort.

Élu du peuple

Né à Rome dans une famille patricienne, Grégoire est l’arrière-petit-fils… du pape Félix III.

Après avoir exercé de hautes charges administratives, il renonce au monde, fonde un monastère bénédictin dans sa demeure romaine et s’y consacre à l’étude et à la prière. Le peuple de la ville, excédé par le délabrement de la Ville et de la papauté, le porte contre son gré sur le trône de saint Pierre.

Se détournant de l’empereur qui règne à Constantinople et de son représentant en Italie, l’exarque de Ravenne, le nouveau pape affirme sa suprématie sur les autres évêques tout en se qualifiant humblement de servus servorum Dei (« serviteur des serviteurs de Dieu »).

Il refuse au patriarche de Constantinople le droit de se qualifier de patriarche œcuménique , autrement dit « de tous les chrétiens ». C’est un pas supplémentaire vers la scission entre l’Église occidentale latine, fidèle à l’évêque de Rome, et l’Église grecque, soumise à l’empereur romain d’Orient et au patriarche de Constantinople.

Premier pape évangélisateur

En tant qu’évêque de Rome, Grégoire 1er conduit une grande procession peu après son avènement pour mettre fin à une épidémie de peste qui meurtrit la ville. Une légende veut que l’archange Saint- Michel apparaisse alors et, de son épée, terrasse la maladie. En son honneur est érigée une statue au sommet du mausolée d’Hadrien, sur les bords du Tibre, depuis lors appelé château Saint-Ange.

Le pape sait aussi se faire respecter des Barbares d’Occident. Il signe la paix avec le roi lombard qui domine l’Italie. Il entreprend là-dessus la conversion des Lombards d’Italie puis des Angles des îles britanniques.

À ce propos, une légende raconte que Grégoire, en sa jeunesse, aurait remarqué de beaux esclaves sur un marché de Rome. Qui sont ces hommes ? demanda-t-il. Des Angles, lui dit-on. « Non Angli, sed Angeli », rétorqua-t-il (« Pas des Angles mais des Anges »).

Devenu pape, Grégoire se souvient de cette rencontre et se dit qu’un pays dont les habitants sont semblables aux anges ne pouvait demeurer plus longtemps païen. Il envoie en Angleterre le moine Augustin. Celui-ci baptise le roi du Kent et devient le premier archevêque de Cantorbéry.

Dans les instructions que donne le pape aux missionnaires, il insiste sur la nécessité de respecter les coutumes locales et de faire confiance au temps pour amener les païens au christianisme (ces sages recommandations seront hélas oubliées du Saint-Siège mille ans plus tard lorsqu’il s’agira de l’évangélisation de la Chine).

« Dites à ces missionnaires que j’ai longuement réfléchi à leur travail chez les Anglais », écrit Grégoire. « Il leur faut se garder de détruire les temples de ce peuple ; qu’on détruise seulement les idoles qui s’y trouvent ; qu’on asperge ces temples d’eau bénite, qu’on y mette, à la place des idoles, des autels et des reliques des saints. Il est nécessaire que ces temples bien bâtis passent du culte des idoles à celui du vrai Dieu, mais pour cela, il est inutile de choquer le peuple. Quand les Anglo-Saxons verront que leurs temples restent debout, ils se rendront naturellement dans ces lieux qui leur sont habituels, pour adorer le vrai Dieu. Et puisqu’ils ont coutume d’immoler des bœufs  en sacrifice aux divinités, il faut faire servir cette coutume à quelque solennité chrétienne : par exemple, aux jours dédiés aux martyrs, qu’ils immolent leurs bœufs  en l’honneur des saints. En effet, dites bien à Augustin qu’il me semble absolument impossible de changer d’un coup les esprits. Après tout, quand on veut arriver au sommet d’une montagne, on monte pas à pas, on ne s’élève pas par bond » (note).

C’est ainsi qu’avec Grégoire le Grand, la chrétienté d’Occident sort de sa léthargie et entreprend d’évangéliser les populations païennes d’Europe occidentale et septentrionale. C’est le début d’une phase d’expansion qui ne s’est pas interrompue pendant 14 siècles.

Un pape musicien

En qualité d’évêque de Rome et fort de son érudition, le pape Grégoire 1er a eu à cœur  de rénover l’éducation et la prédication.

Il a perfectionné de nombreux points de la liturgie romaine. Ainsi a-t-il introduit le chant des neuf Kyrie Christe Eleison au début de la messe, déplacé le Pater noster à la fin du canon de la messe et ordonné les messes des jeudis de Carême. Il a sans doute aussi ordonné les messes de l’Avent(période liturgique précédant Noël) et rédigé le « sacramentaire grégorien ». Il est probable qu’il a également réorganisé le chant de la messe romaine en enlevant aux diacres et sous-diacres l’exclusivité des chants et en créant la Schola cantorum.

La tradition attribue aussi à Grégoire 1er la création du chant liturgique destiné à accompagner les offices religieux.

Certains érudits pensent toutefois que le chant grégorien serait né deux siècles plus tard, à Met, au temps de Charlemagne. En effet, les premières notations musicales sont apparues au VIIIe siècle à Metz et à Saint-Gall (aujourd’hui en Suisse).

Il n’en reste pas moins vrai que ce chant liturgique connut un grand développement sous l’impulsion des moines bénédictins et il fut qualifié de « chant grégorien » en l’honneur du pape Grégoire 1er qui fut lui-même bénédictin.

On observe d’autre part que certaines basiliques romaines (Saint-Pierre et Saint-Jean de Latran) ont conservé jusqu’au XIVe siècle un chant très différent du chant grégorien et qualifié de « vieux romain »… Peut-être certains chapitres de chanoines romains ont-ils voulu préserver leurs traditions, en opposition aux réformes du pape Grégoire 1er ?

Le débat reste ouvert quant à la paternité du « chant grégorien ».

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A l’intérieur de l’Eglise du Saint-Esprit à Aix-en-Provence

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A l’intérieur de l’Eglise du Saint Esprit

Mobilier classé Monument Historique conservé dans l’édifice :

Tableau : La Pentecôte
Orgue de tribune : partie instrumentale de l’orgue
Orgue de tribune : buffet d’orgue
Orgue de tribune
Croix de procession et sa hampe
Ciboire
Tableau : Crucifixion
Tableau : Saint François
Encensoir
Tableau : Vision ou Mort de saint Jérôme
Calice
Paire de chandeliers
Ensemble de sept vases
Croix-reliquaire
Fonts baptismaux
Plat de quête
Tableau ex-voto

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Il est résolument moderne, les lignes sont épurées, les arcs sont en plein-cintres. Laurent Vallon joue énormément avec l’espace, créant de nombreuses illusions : les nefs latérales sont écrasées par la nef principale afin de donner une impression d’espace, et une corniche fait le tour de tout l’intérieur, constituant un liant unifiant les différents éléments de l’église en assurant une continuité.

Très riche, mais hétéroclite, la décoration de l’intérieur de l’église du Saint-Esprit s’est étoffée au cours des troubles révolutionnaires, ainsi qu’au fil de son histoire paroissiale, faites de nombreux dons de riches commerçants.

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La chaire

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La chaire du prédicateur mêle deux périodes différentes. A l’origine elle était totalement en bois, réalisée par le sculpteur Esprit Routier dont on a retrouvé la quittance datée de 1740. 23 ans plus tard, la cuve et la rampe de bois furent enlevés pour être remplacées par une cuve en marbre et un escalier en ferronnerie, offerts par un riche paroissien, M. Bonnaud. On peut retrouver cette inscription au sommet de la rampe: « Bonnaud, tailleur, a fait ce don, 1763 ». Au centre de la chaire est représentée une colombe, symbole du Saint Esprit. Si elle est aujourd’hui disparue, on distingue encore sa trace, entourée de deux palmiers, les arbres bibliques par excellence symbolisant l’arbre de Vie.

L’orgue du Couvent des Carmes

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Il date du XVIIe siècle alors que la construction de l’église a débuté en 1706 : il a été commandé par les grands Carmes d’Aix pour leur chapelle (dont on peut admirer les restes dans le passage Agard). Réalisé par le facteur d’orgue marseillais Charles Royer, le buffet a lui été effectué par le menuisier aixois Adolphe Dumas suivant les plans du sculpteur Jean-Claude Rambot (atlantes du Pavillon de Vendôme, fontaine des quatre dauphins, etc.).

La chapelle des Carmes fut détruite par la période révolutionnaire, et le Directoire du Département des Bouches du Rhône attribua l’orgue à l’église du Saint Esprit.

Orgue exceptionnel, autant du point de vue esthétique qu’auditif. Il est surtout extrêmement grand : on peut voir sur la façade 53 tuyaux, mais à l’intérieur du buffet d’orgue il y en a 1728, soit un total de 1 781 tuyaux mesurant entre quelques centimètres jusqu’à 5 mètres.

Le Chœur

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Le chœur de l’église concentre l’essentiel de la décoration. Mais de 1716, date de son inauguration jusqu’à aujourd’hui, elle a passablement changé. En effet il a soixante-dix ans environ pour mettre en place le maître-autel défintif.

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Chaire à prêcher

 

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Orgue de la chapelle des Grands Carmes

aujourd’hui en l’Eglise du Saint Esprit

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Le décor disparu

« Dans l’église du Saint-Esprit, qui est la troisième paroisse de cette ville, ont au maître-autel trois beaux tableaux des trois descentes du Saint-Esprit : sur Marie, lorsque Gabriel lui eut annoncé l’Incarnation du Verbe ; sur le Sauveur qui est le Verbe fait chair, dans le Jourdain, lors de son baptême ; et dans le Cénacle de Sion sur les Apôtres, et ceux qui étaient assemblés le jour de la Pentecôte. Ces tableaux sont de l’illustre Monsieur Daret » (in Curiosités les plus remarquables de la ville d’Aix par l’historien Joseph de Haitze décrivant ainsi le rétable peint en 1653).

Tableaux que l’on pourrait imginer :

  • Le Baptême du Christ peint par Gilles Garcin (après 1696) et qui se trouve dans l’Eglise Saint-Jean-de-Malte
  • La Dernière Cène dans la Chapelle du Corpus Domini à la Cathédrale Saint-Sauveur

Eglise Saint Jean de Malte

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Cathédrale Saint Sauveur

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Tableaux de l’Eglise du Saint Esprit

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Retable de l’Annonciation appelé Retable du Parlement

 

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La Pentecôte de Jean Daret (seule la partie centrale a été conservée) provenant de l’ancienne chapelle des Carmes .

 

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Présentation de la Vierge au Temple de François Marot

 

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Vierge intercédant pour les âmes du Purgatoire de Jean Daret 

 

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Deux grandes toiles de Jean-Baptiste Daniel : Jésus et les Docteurs (1712) et le Repas chez Simon le Pharisien (début XVIIIè siècle) en très mauvais état.

 

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Le Christ en Croix (1731) de Michel-François Dandré-Bardon (Aix 1700 – Paris 1789)

 

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La Mort de Saint Joseph (1783). Toile de l’aixois Antoine-Gabriel Goyrand (1754-1826).

 

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La Vision de Saint Jérôme. Commande de l’Etat en 1842. Par Alphonse Angelin (Aix 1814 – après 1860).

 

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L’Adoration des Coeurs de Jésus et de Marie par les Anges. XVIIIè siècle par Philippe Sauvan (Arles, 1697 – Avignon, 1792).

 

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Tableau de mission ajourd’hui disparu

 

Statues de l’Eglise su Saint Esprit

 

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Le Christ Sauveur 

 

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Marie Madeleine

 

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Saint Jean Baptiste

 

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Saint Jérôme

 

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Notre-Dame du Bon Secours

 

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Statue d’Isaïe

 

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Statue du Prophète Samuel

 

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Notre-Dame de Lourdes

 

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Saint Jean Paul II

 

Autres décors que l’on peut admirer dans l’Eglise du Saint-Esprit

 

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Croix de mission (date de 1750)

 

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Bénitier

 

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Fonds Bâtismaux

 

Les lustres de l’église

 

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Les lustres

 

Les ferronneries

IMG_20190728_172154 (2)Ferronneries : grille du maître autel

 

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Tribune : ferronerrie 

 

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Lutrin dans le choeur 

 

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Les autels 

 

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Le maître-autel

 

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Chapelle de Notre-Dame du Bon-Secours

 

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Autel de la chapelle de Saint Joseph

 

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Autel qui se trouve au dessous du tableau de la Pentecôte

 

IMG_20190811_161452 (2)Autel au dessous du Retable du Parlement

 

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Autel qui se situe sous la Croix de mission

 

Les vitraux

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Vitrail de la Pentecôte dans le choeur

 

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Communion de la Vierge Marie

 

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Saint Antoine, ermite, rendant visite à l’ermite Saint Paul de Thèbes

 

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Vitrail représentant saint Jérôme

 

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Vitrail saint Maximin premier évêque d’Aix-en-Provence

 

 

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Vitrail dans l’église permettant à la lumière d’y pénétrer

 

Quelques vues de l’intérieur de l’église du Saint Esprit 

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L’Eglise du Saint-Esprit vue de l’extérieur

Eglise du Saint-Esprit : Extérieur

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Vue sur la façade de l’église du Saint-Esprit

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Saint Roch : Au dessus du presbytère

 

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Au dessus des portes de l’église

 

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Détail d’un chapiteau

 

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Les grandes portes de l’entrée de l’église

 

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La porte de l’entrée de « l’accueil »

 

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Détail qui orne la porte de l’entrée de l’église

 

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Ornementation de l’une des portes de l’glise

 

 

Porte d’entrée et plaque en l’honneur de l’abbé Emery, curé de la paroisse du Saint-Esprit

 

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Rue Espariat ; hier et aujourd’hui (Bibliothèque Méjanes)