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L’Eucharistie expliquée par saint Thomas d’Aquin

 

Ceci est mon Corps, par saint Thomas d’Aquin

Père Cantalamessa, Ceci est mon Corps
Dans son commentaire sur la première épître aux Corinthiens, saint Thomas d’Aquin nous donne l’interprétation juste des paroles de Jésus à la dernière Cène lorsqu’il a dit à ses disciples en tenant le pain qu’il venait de rompre : « Ceci est mon Corps ». Écoutons-le :

Sur ces paroles, nous avons trois choses à considérer :

A) ce qui est exprimé par ces paroles, à savoir que le corps de Jésus-Christ s’y trouve ;
B) la vérité de cette manière de parler ;
C) si cette forme est convenable pour ce sacrement.

A) Sur le premier de ces points, il faut observer qu’il a été dit par quelques auteurs que le corps de Jésus-Christ ne se trouve point en vérité dans ce sacrement, mais seulement que ce sacrement en est le signe. Ils font dire à ces paroles : « Ceci est mon corps » ceci : c’est le signe et la figure de mon corps ; ainsi qu’il a été dit ci-dessus (X, 4) : Or cette pierre était le Christ, c’est-à-dire la figure du Christ. Mais cette interprétation est hérétique, puisque le Sauveur dit expressément (Jean VI, 56) : « Ma chair est vraiment une nourriture, et mon sang est vraiment un breuvage. » D’autres auteurs ont dit qu’il y a dans le Sacrement véritablement le corps de Jésus-Christ, mais qu’il y est conjointement avec la substance du pain ; ce qui est impossible, comme il a été dit plus haut. D’autres encore ont prétendu qu’il y a seulement dans le Sacrement le corps de Jésus-Christ, la substance du pain ne demeurant pas, soit parce qu’elle serait anéantie, soit parce qu’elle serait absorbée par la matière qui reste ; mais cela ne peut être, parce que, comme dit saint Augustin (livre des 83 Questions) : Dieu n’est pas l’auteur de ce qui tend à n’être pas. D’ailleurs, cette supposition détruirait encore ceci que la substance du pain est changée au corps de Jésus-Christ. Ainsi, le corps de Jésus-Christ ne commençant pas à être dans le Sacrement par le changement d’une autre substance en la sienne, il faut admettre qu’il commence à s’y trouver par un changement de lieu, ce qui est impossible, comme il a été dit. Il faut donc dire que le corps de Jésus-Christ est dans le Sacrement par le changement du pain en Lui-même. Toutefois il faut remarquer que ce changement diffère de tous ceux qu’on voit dans la nature, car l’action de la nature présuppose la matière, et par conséquent son action ne peut aller au-delà d’un changement partiel quant à la forme substantielle ou accidentelle : aussi tout changement naturel s’appelle-t-il un changement de formeMais Dieu, qui opère le changement dont nous parlons, est l’auteur de la matière et de la forme ; par conséquent, la substance entière du pain, la matière ne subsistant plus, peut être changée en la substance entière du corps de Jésus-Christ. Et parce que la matière est le principe de l’individualisation des êtres, ce tout individuel et déterminé, qui est une substance particulière, est en entier changé en une autre substance particulière : c’est de là que ce changement est appelé substantiel ou transsubstantiation. Il arrive donc dans ce changement le contraire de ce qui a lieu dans les changements naturels : dans ceux-ci le sujet demeure, et la transmutation se fait parfois quant aux accidents ; mais dans l’Eucharistie la substance subit la transmutation, et les accidents demeurent sans sujet, par un effet de la puissance divine, qui, en tant que cause première, les soutient sans cause matérielle. Elle devient substance à cette fin que le corps et le sang de Jésus-Christ puissent être reçus sous deux espèces pour les raisons exposées ci-dessus. Mais parce que, dans un certain ordre, les accidents se rapportent à la substance, les dimensions, pour ce motif, demeurent sans sujet, et les autres accidents demeurent dans les dimensions elles-mêmes qui leur servent de sujet. Si cependant, sous ces dimensions, il ne se trouve aucune autre substance que le corps du Christ, on peut élever une difficulté à l’occasion de la fraction de l’hostie consacrée, attendu que le corps de Jésus-Christ est glorifié, et par conséquent ne saurait être rompu. Il ne pourrait donc se trouver sous cette fraction ; d’ailleurs, on ne peut supposer que quel qu’autre sujet s’y trouve, parce que nulle fiction ne saurait être compatible avec le Sacrement de vérité. Rien donc n’est perçu par les sens dans ce sacrement qui n’y soit en vérité ; car ce qui est en soi sensible, ce sont les qualités, qui demeurent dans ce sacrement telles qu’elles étaient auparavant, ainsi qu’il a été dit. C’est ce qui a fait dire à d’autres auteurs qu’il y a véritablement fraction, mais sans sujet, et qu’ainsi rien n’est rompu dans le Sacrement. Mais cela n’est pas admissible, car, la fraction supposant l’état passif, état inférieur à la qualité, elle ne peut pas plus se trouver dans ce sacrement sans sujet, que la qualitéIl reste donc à dire que la fraction porte sur les dimensions du pain et du vin, qui demeurent là comme sujet, mais qu’elle n’atteint pas le corps de Jésus-Christ, parce qu’il réside sous chaque partie des dimensions après la division. On peut expliquer ainsi ce point : le corps de Jésus-Christ réside dans le sacrement de l’Eucharistie par le changement de la substance du pain en sa propre substance ; or ce changement ne se fait pas à raison des dimensions, puis- qu’elles demeurent, mais seulement à raison de la substance ; donc le corps de Jésus-Christ y est présent, à raison de sa propre substance, et non à raison de ses dimensions, bien que ces dimensions s’y trouvent par voie de conséquence, en tant qu’elles ne sont pas séparées de la substance de Jésus-Christ. Mais, pour ce qui est de la nature de la substance, elle est tout entière sous chaque partie des dimensionsAinsi, de même qu’avant la consécration toute la vérité de la substance et la nature du pain subsistent sous chaque partie des dimensions, ainsi, après la consécration, tout le corps de Jésus-Christ est sous chaque partie du pain divisé. La division de l’hostie consacrée marque : premièrement, la passion de Jésus-Christ, dans laquelle son corps fut brisé par ses blessures, suivant cette parole (Psaume XXI, 17) : « Ils ont percé mes mains et mes pieds » ; deuxièmement, la distribution des dons de Jésus-Christ, qui sortent de lui comme de leur source, suivant ce qui est dit (ci-après, XII, 4) : Il y a diversité de grâces ; troisièmement, les diverses parties de l’Eglise : car parmi ceux qui sont les membres de Jésus-Christ, les uns sont encore en pèlerinage dans ce monde ; les autres vivent déjà dans la gloire avec Jésus-Christ, et quant à l’âme et quant au corps ; d’autres, enfin, attendent à la fin du monde la résurrection dernière : c’est ce que signifie la division de l’hostie en trois parties.

B) Il faut examiner la vérité de ce qui précède, car cette façon de parler (verset 24) : Ceci est mon corps, ne parait pas être vraie. En effet, le changement du pain au corps de Jésus-Christ se fait au moment même où ces paroles sont proférées, car alors se complète la signification de ces termes, la forme des sacrements opérant suivant sa signification ; il s’ensuit donc qu’au commencement de cette phrase, quand on dit que là n’est pas le corps Jésus-Christ, mais la seule substance du pain désignée par ce pronom « ceci » qui est alors démonstratif de la substance, ce pronom « ceci » signifie, dans ces paroles Ceci est mon corps, que la substance du pain est mon corps : ce qui est faux manifestement. Quelques auteurs disent que le prêtre prononce ces paroles matériellement, et en forme de récit, au nom de Jésus-Christ, et par conséquent, ce pronom, en tant qu’il est démonstratif, ne se rapporte pas à. la matière présente : ce serait une manière de parler fausse, qui favoriserait l’objection formulée plus haut. Mais cette explication ne peut se soutenir. D’abord, si cette locution ne s’applique pas à la matière présente, elle ne s’y rapportera en aucune façon : ce qui est faux. En effet, saint Augustin dit (Traité sur Jean, LXXX) : « La parole vient se joindre à l’élément, et le sacrement a lieu. » Il faut donc reconnaître que ces paroles sont prises dans leur sens formel, et qu’il les faut rapporter à la matière présente. Or le prêtre les profère au nom du Christ, de qui elles tiennent leur efficacité, afin de montrer qu’elles ont encore maintenant la vertu qu’elles avaient alors que Jésus-Christ les a prononcées. Car la puissance qui leur a été donnée ne s’évanouit ni par la diversité des temps ni par la différence des ministres. D’ailleurs, la même difficulté reste sur la première fois où Jésus a prononcé ces paroles. Voilà pourquoi d’autres auteurs ont dit que ces mots : Ceci est mon corps, signifient : ce pain désigne mon corps, en sorte que cette expression « Ceci » désigne ce qui est indiqué au commencement de la phrase. Mais cette explication n’est pas non plus admissible, car, les sacrements effectuant réellement ce qu’ils figurent, ces paroles ne peuvent produire que ce qu’elles signifient. De plus, il s’ensuivrait que ces paroles n’opéreraient rien autre chose que de rendre le corps de Jésus-Christ présent comme sous un signe, ce à quoi il a été répondu plus haut. On a dit encore que cette expression : « Ceci » est une démonstration pour l’intelligence, et exprime ce qui sera à la fin de la phrase, à savoir le corps de Jésus-Christ. Mais cette explication ne parait pas non plus convenable, car alors tel serait le sens : Mon corps est mon corps : ce qui ne se réalise pas par ces paroles, attendu que cela était vrai avant les paroles de la consécrationIl faut donc répondre autrement et dire que la forme du sacrement est non seulement significative, mais encore effective, car en signifiant elle opère. Or, dans toute opération active, il est nécessaire de reconnaître quelque chose de commun et comme un principe. Ce qui est commun dans le changement qui nous occupe, ce n’est pas une substance, ce sont les accidents qui subsistaient auparavant et subsistent après : voilà pourquoi, du côté du sujet, dans cette phrase, le nom n’est pas exprimé, parce qu’il marque une espèce de substance déterminée, mais le pronom seulement, qui marque la substance indéterminée et sans désignation spécifique. Le sens est donc : Ceci, à savoir ce qui est contenu sous ces accidents, est mon corps. C’est ce qui s’opère par les paroles de la consécration ; car, avant la consécration, ce qui était contenu sous les accidents n’était pas le corps de Jésus-Christ, mais il devient le corps de Jésus-Christ par la consécration.

C) Il faut examiner la convenance de cette forme du sacrement. Ce sacrement consiste, comme il a été dit, non dans l’usage de la matière, mais dans sa consécration. Or cette consécration ne s’opère pas en ce sens que la matière consacrée reçoit seulement une vertu spirituelle, mais en ce que la transsubstantiation de la matière se réalise, quant à son être, au corps de Jésus-Christ, en sorte qu’il n’a pas été possible de se servir d’aucun autre mot que de l’expression substantive pour dire : Ceci est mon corps. En effet, on marque par là ce qui est la fin, ce qui s’opère au même instant qu’en est donnée la signification.

Saint Thomas d’Aquin, Commentaire de la première épître de saint Paul aux Corinthiens, 1 Corinthiens XI, 23-24 — L’eucharistie

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EGLISE CATHOLIQUE, EUCHARISTIE, LITURGIE, MESSE, OBJETS LITURGIQUES, VÊTEMENTS LITURGIQUES

La messe : objets et vêtements liturgiques

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LA MESSE : CONNAÎTRE LES OBJETS LITURGIQUES

Encensoir, corporal, ciboire, manuterge… Connaissez-vous le nom et le sens des différents objets utilisés dans la liturgie ? Savez-vous ce qui distingue le missel d’un lectionnaire ou d’un évangéliaire ? Pourriez-vous reconnaître, à la couleur de l’étole du prêtre, le « climat » liturgique de la fête célébrée ?
Vous trouverez ici quelques explications qui vous en rendront plus familiers.

 

 

CHASUBLE – AUBE – ÉTOLE

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L’aube est une grande tunique blanche. C’est l’habit principal de tous ceux qui exercent une fonction dans la liturgie. Seul le ministre ordonné met une étole (le diacre la met en diagonale sur l’épaule). Le célébrant principal de la messe porte la chasuble par dessus l’aube et l’étole. La couleur de la chasuble et de l’étole varie en fonction de la fête liturgique célébrée : vert pour un dimanche ordinaire, violet pour le carême, rouge pour une fête de martyr, etc.

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HOSTIES

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C’est du pain fabriqué sans levain, c’est-à-dire avec pour seuls ingrédients de la farine et de l’eau. Ce sont en général des monastères qui les fabriquent. Jésus a célébré la Cène avec le pain que les Juifs utilisaient pour la grande fête de la Pâque : du pain sans levain pour signifier la nouveauté de la délivrance du peuple de Dieu et la pureté du cœur.

Et pourquoi pas de levain ?

D’où vient cette tradition juive du pain sans levain que l’Eglise, à la suite de Jésus, a adoptée ?
Ce pain est utilisé dans l’Ancien Testament, au moment de l’Exode : « Yahvé dit à Moïse et à Aaron au pays d’Egypte : « Pendant sept jours, vous mangerez des azymes. Dès le premier jour vous ferez disparaître le levain de vos maisons car quiconque, du premier au septième jour, mangera du pain levé, celui-là sera retranché d’Israël. » (Ex 12,15)

En fait, le levain est un signe d’impureté. Aussi, on comprend mieux ces paroles du Nouveau Testament : « Jésus dit à ses disciples : « Méfiez-vous du levain – c’est à dire de l’hypocrisie – des pharisiens. Rien en effet n’est voilé qui ne sera révélé, rien de caché qui ne sera connu. C’est pourquoi, tout ce que vous aurez dit dans les ténèbres sera entendu au grand jour, et ce que vous aurez dit à l’oreille dans les pièces les plus retirées sera proclamé sur les toits. » (Lc 12,1-3)
« Purifiez-vous du vieux levain pour être une pâte nouvelle, puisque vous êtes des azymes. Car notre pâque, le Christ, a été immolée. Ainsi donc, célébrons la fête, non pas avec du vieux levain, ni un levain de malice et de méchanceté, mais avec des azymes de pureté et de vérité. » (I Cor 5,6-7)

 

GOUPILLON – BENITIER

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Le bénitier contient l’eau qui a été ou va être bénie par le prêtre. Le goupillon sert à asperger, mais on utilise aussi parfois un rameau de buis béni aux Rameaux. Ce rite signifie la demande de pardon, le désir d’être purifié, la foi dans la vie éternelle. On asperge l’assemblée au début de la messe, ou lors de la grande vigile de la nuit pascale, et le défunt lors d’un enterrement.

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ENCENS – NAVETTE – ENCENSOIR

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L’encensoir permet de brûler l’encens : il s’en dégage un parfum agréable, la fumée symbolise la prière qui monte vers le ciel. Plusieurs fois au cours de la messe, le servant de messe présente la navette (qui contient l’encens) au prêtre pour ranimer l’encensoir, puis le prêtre encense :

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Au début de la messe : l’autel et le cierge pascal (durant le temps de Pâques),

Au début de l’Évangile : la Parole de Dieu,

A l’offertoire : les offrandes (oblats) apportées sur l’autel qui vont être consacrées, puis l’assemblée des fidèles. Le thuriféraire encense alors aussi le prêtre.

Au moment de la consécration : le corps et le sang du Christ. Dans les églises d’Orient, on encense aussi les icônes peintes car elles portent le mystère du Christ.

BURETTES – PLATEAU – MANUTERGE

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Les deux burettes contiennent l’eau et le vin nécessaires à la célébration de la messe. Les servants de messe l’apportent au prêtre à l’autel au moment de l’offertoire : le vin est versé dans le calice, une goutte d’eau y est ajoutée symbolisant l’humanité qui est unie au Christ. En semaine, on utilise aussi la burette d’eau pour le  » lavabo  » : le servant verse de l’eau sur les mains du prêtre, au dessus du plateau ; le prêtre s’essuie les mains avec le manuterge. Pour des cérémonies plus solennelles, on utilise l’aiguière et le bassin.
Attention à ne pas se tromper : en général, la plus petite burette contient l’eau, la plus grande contient le vin !

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A propos du lavabo… 
Avant le Concile Vatican II, le prêtre faisait ce geste en récitant le début du psaume 25 :  » Lavabo inter innocentes manus meas, et circumdabo altare tuum, Domine. » « Je laverai mes mains pour être compté parmi les innocents et je me tiendrai auprès de l’autel du Seigneur. »
Aujourd’hui, le prêtre dit le début du psaume 50 : « Lave-moi de mes fautes, Seigneur, et purifie moi de mes péchés », mais ce geste a gardé son nom de… lavabo ! (passé dans le langage courant…)

 

PALE – PURIFICATOIRE

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La pale est un carré de toile cartonnée qui peut couvrir le calice pendant le messe et éviter ainsi que des impuretés tombent dans le vin qui deviendra le sang du Christ. Le purificatoire est un tissu blanc qui sert à purifier, à nettoyer les vases sacrés après usage.

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OSTENSOIR

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L’ostensoir est un vase sacré en forme de grand soleil pour présenter à l’adoration, l’hostie consacrée. Il ne sert pas pendant la messe, mais à la fin de la messe quand celle-ci se poursuit dans un temps d’adoration du Saint Sacrement.

Le « Tabernacle » , dans l’Ancien Testament, était une tente portative qui abritait l’Arche de l’Alliance. Il était considéré comme la demeure de Dieu parmi son peuple.

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Ce mot a été repris par l’Eglise pour désigner la petite armoire dans laquelle on place la « réserve eucharistique », c’est-à-dire, les hosties consacrées, destinées à être portées aux malades, ou à être distribuées lors d’une assemblée dominicale en l’absence de prêtre, ou proposées à l’adoration des fidèles dans une liturgie du Saint Sacrement.
Une lampe signale aux fidèles la présence de la réserve eucharistiqueau tabernacle, et les invite au respect et à la prière : Jésus Christ est présent.

 

CIERGE – CHANDELIER

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La liturgie a toujours beaucoup utilisé les cierges. Aux premiers siècles, c’était même le seul moyen d’éclairer. Aujourd’hui, cela signifie la solennité de l’action liturgique : il y a toujours un cierge allumé près de l’autel pendant la messe. La nuit pascale, on allume pour la première fois un grand cierge, symbole du Christ illuminant tous les hommes et on le garde allumé pour toutes les célébrations jusqu’à la Pentecôte (50 jours). Deux servants de messe, les céroféraires, portent des cierges lors des processions, et entourent l’autel au moment de la consécration.

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CALICE – PATENE – COUPE – CIBOIRE

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Ce sont les vases sacrés. Le calice reçoit le sang du Christ. Sur la patène, on dépose l’hostie consacrée durant la messe. Quand l’assemblée est nombreuse, on utilise aussi une coupe pour les petites hosties. Le ciboire est une grande coupe couverte pour contenir la réserve eucharistique au tabernacle.

 

AUTEL – CORPORAL

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Aux premiers siècles, l’autel où se célébrait l’eucharistie était de forme carrée pour signifier l’offrande de toute l’humanité avec ses quatre éléments définis par les anciens (eau, terre, feu, air) appelée à être divinisée (ce que symbolisait le cercle de la coupole en certains lieux). Aujourd’hui, le corporal est carré et l’hostie est ronde… C’est sur le corporal que sont déposés le calice et la patène.

 

MISSEL – LECTIONNAIRE

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Ce sont les deux livres nécessaires pour célébrer la messe. Le missel contient les prières : le servant de messe qui a la charge du missel le présente au prêtre pour les prières d’ouverture (le kyrie, le gloria, l’oraison), pour les prières de la liturgie de la Parole (credo, introduction et conclusion de la prière universelle), et vers la fin de la messe pour la prière après la communion. Pendant la prière eucharistique (la grande prière centrale de la messe) le missel est posé sur l’autel de manière à ce que le prêtre puisse lire.
Le lectionnaire est le livre qui contient les lectures de la parole de Dieu qui conviennent au jour de la célébration : première lecture dans l’Ancien Testament, deuxième lecture dans le Nouveau Testament et Évangile. A la sacristie, il y a plusieurs livres : lectionnaire du dimanche, lectionnaire de semaine, pour les saints… Parfois on utilise un Évangéliaire pour la lecture de l’Évangile : l’Évangéliaire est apporté solennellement en procession. Quand nous venons à la messe avec notre missel de l’assemblée, c’est un livre qui contient à la fois les lectures et quelques-unes des prières. Il nous aide à mieux suivre la messe ou à nous y préparer chez nous.

 

https://www.aiderpretres.fr/catecheses/messe

 

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Les objets liturgiques de la messe

De nombreux objets servent ou ont servi à la liturgie.

Le calice est un vase en forme de coupe, habituellement porté par un pied, avec une tige comportant un nœud, et dans lequel le prêtre consacre le vin lors de l’eucharistie.

La patène est un récipient en forme d’assiette servant à l’offrande et à la consécration des hosties durant l’eucharistie. Ces objets sont en métal noble, et généralement dorés à l’intérieur, pour honorer le corps et le sang du Christ présent après la consécration.

Les burettes et le plateau sont deux petites cruches recevant le vin et l’eau offerts dans le calice.

Le ciboire est une coupe munie d’un couvercle où l’on conserve les hosties consacrées que l’on distribue aux fidèles au moment de la communion.

Les plus anciens calices exposés sont de la forme « tulipe ». Le premier date du XVIIIe siècle, de forme très simple, il est accompagné de sa patène, le second est un calice historique : il a servi pour la dernière messe à laquelle a assisté Louis XVI. Il est conservé à Notre-Dame des Victoires, le troisième est aussi un calice du XVIIIe siècle venant de Saint-Louis en l’Île.

Comme l’ensemble de l’orfèvrerie de la Chambre des Pairs, un coffret contient un ensemble intéressant du XIXe siècle (CDAS) orné d’inscriptions en latin, sur fond bleu :
Le calice : Hic est enim calix singuinis mei qui pro nobis offenditur in remissionem peccatorum. Ceci est le calice de mon sang qui est offert pour nous en rémission des péchés.
La patène, très simple, porte uniquement une croix
Le ciboire porte plusieurs inscriptions en latin :

ego sum panis vivus qui de coelo descendi. Voici, je suis le pain vivant descendu du ciel. Qui manducavit hanc panem vivat in aeternum.

Celui qui mange ce pain vivra éternellement.

Qui manducat meum carnem in me manet et ego in illo. Celui qui mange ma chair demeure en moi et moi en lui.

Les burettes et le plateau portent également des inscriptions en latin.

Puis on observe un changement de formes, avec des calices plus évasés en forme de coupes : un calice et une patène en argent martelé, un calice et une patène signé Puiforcat.

Un magnifique ciboire du XIXe siècle recouvert d’émaux, provient de Saint-Sulpice, un autre de Saint-Etienne du Mont.

Enfin, pour l’église Saint François de Molitor, un calice et une patène ont été réalisés dans le style de l’édifice par l’architecte.

Sur l’autel, face au prêtre se trouve un crucifix, de petite taille, et depuis le Concile Vatican II, il est souvent couché pour ne pas gêner la vue des fidèles. (Saint-Jean-Bosco).

 

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Glossaire de la liturgie

Définitions de termes techniques.

Burettes :
Flacons posés sur un plateau en verre ou en métal, contenant l’eau et le vin destinés à être versés dans le calice lors de l’eucharistie. Ils portent la lettre A (aqua) ou des joncs pour l’eau, V (vinum) ou de la vigne pour le vin.

Calice :
Vase sacré dans lequel le prêtre consacre le vin lors de l’eucharistie. Il est formé d’un pied, d’une tige comportant un nœud, d’une coupe quelquefois tenue dans une fausse coupe ornée.

Chandelier :
Généralement métallique, il peut être de forme simple avec pied, tige et bobèche, ou bien compose d’un décor à motif végétal parfois à multiples bobèches. Au XIXe s, ils étaient garnis de faux cierges de tôle peinte appelés souches.

Ciboire :
Vase sacré sur pied en forme de coupe, muni d’un couvercle surmonté d’une petite croix, servant à conserver les hosties consacrées.

Clochette ou sonnette liturgique :
Clochette (à manche) ou sonnette (3 ou 4 clochettes formant carillon) en bronze. Elle marque les temps forts de la consécration.

Croix de procession : croix en métal ou en bois doré portant un crucifix, montée sur une tige appelée hampe.

Custode :
Ciboire de petites dimensions servant à porter l’eucharistie aux malades ayant la forme d’une boîte plate.

Encensoir :
Récipient servant à brûler l’encens sur des braises incandescentes. Il se compose d’une cassolette suspendue à trois chaînes et d’une cheminée, qu on lève à l’aide d’une quatrième chaîne. II sert principalement au moment de l’offertoire et pour les obsèques.

Garniture d’autel :
Elle se compose d’une croix sur pied portant un crucifix et de six chandeliers décorés de manière identique.

Lampe de sanctuaire :
Lampe de différentes formes, souvent en métal portant une coupe en verre ronge suspendue. Elle signifie la présence eucharistique.

Lunule :
Réceptacle ouvrant placé au centre de l’ostensoir, en verre cerclé d’or, qui contient et préserve l’hostie consacrée.

Navette :
Petit récipient en forme de navire sur pied, dans lequel est conservé l’encens destiné à être brûlé. Elle est accompagnée d’une cuillère.

Ostensoir :
Il sert à exposer l’hostie consacrée à l’adoration des fidèles. Il se compose d’un pied, d’une tige comportant un nœud et d’une lunette circulaire en verre entourée de rayons (ostensoir-soleil) à l’intérieur de laquelle est placée la lunule.

Patène : Petit plat circulaire posé sur le calice servant à l’offrande et à la consécration des hosties. L’intérieur est plan et lisse, l’extérieur porte un monogramme ou un symbole eucharistique.

Pyxide :
Ciboire de petites dimensions servant à porter l’eucharistie aux malades ayant la forme d’une simple coupe sur une petite base.

Thabor :
Petite estrade en métal ou bois doré servant à surélever l’ostensoir lorsqu’il n’est pas présenté sous un trône d’exposition (sorte de dais à colonnettes placé au-dessus du tabernacle).

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Calendrier liturgique

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Les couleurs du temps liturgique

Afin de permettre aux fidèles de mieux comprendre et de mieux participer aux célébrations, l’Église depuis plusieurs siècles a choisi de symboliser la signification de la célébration au travers des couleurs des ornements du prêtre. Dans l’ancienne liturgie on les retrouvait sur l’étole, le manipule, la chasuble, le voile du calice, la bourse et parfois le cordon de l’aube (aujourd’hui essentiellement sur l’étole et la chasuble).
Chaque jour une couleur particulière est liée à la fête célébrée. Plus largement au cours de l’année liturgique qui débute par l’Avent, période précédant Noël, une couleur est associée à chaque grande période.

 Violet  : Couleur des périodes d’attente et de pénitence que sont les temps de l’Avent et du Carême mais aussi de deuil comme le Vendredi Saint, le 2 novembre (fidèles défunts) et généralement pour la célébration des obsèques. Le noir n’est plus utilisé dans la nouvelle liturgie.

 Blanc  : Couleur associée à la joie des grandes fêtes : temps de Noël, Jeudi Saint, temps de Pâques, Christ Roi, Présentation, Saint Jean-Baptiste, Transfiguration, Assomption de la Sainte Vierge, Toussaint, Dédicace de Saint Jean de Latran. Le blanc est également utilisée pour les fêtes des saints non martyrs.

 Rouge  : Couleur du sang, du feu et de la royauté, le rouge est utilisé le jour des Rameaux, pour la fête de Saint Pierre et Saint Paul, l’exaltation de Sainte Croix, la Pentecôte et tous les saints martyrs.

 Vert  : Couleur de la vie et de l’espérance, le vert correspond au temps ordinaire (c’est-à-dire en dehors des autres temps énumérés ci-dessus).

 

La chasuble

La chasuble, casula (appelée encore suivant les pays et les époques casubla, planeta, mantel), vêtement de dessus dont le prêtre se revêt pour offrir le Saint-Sacrifice, est cette paenula gréco-romaine que nous venons de voir figurer dans la loi de 382, vaste manteau de laine de forme ronde ou conique, percé en son milieu d’un trou pour y passer la tête et souvent muni d’un capuchon. Elle fut dès l’origine le vêtement de tous les Chrétiens, elle resta par excellence celui des clercs qui la portèrent indistinctement dans les fonctions liturgiques jusqu’au IXe siècle, époque où prévalut l’usage de la dalmatique pour le diacre, de la tunique pour le sous-diacre.

Les mosaïques de Rome et de Ravenne (VIe et VIIe siècles) nous ont conservé de remarquables types de ces paenulae ou casulae primitives si graves dans leur simplicité, si symboliques dans leur ampleur.

Aux lainages souples, dont la plupart de ces chasubles étaient faites, succédèrent au IXe siècle les somptueuses soieries byzantines ; à l’ornementation sobre, composée d’étroits galons, destinés d’abord moins à décorer la chasuble qu’à en cacher les coutures, furent substitués les riches orfrois, chefs d’œuvre de peinture à l’aiguille, que remplacèrent à leur tour, à la Renaissance, et jusque dans nos temps actuels, les lourdes broderies en bosse ; aussi tant pour la commodité des mouvements que pour diminuer le poids du vêtement, la vaste planète primitive perdit sa forme circulaire pour devenir successivement elliptique, rectangulaire.

D’autre part la décoration, constituée d’abord par deux galons ou étroites colonnes posées sur chaque face de la chasuble, aux coutures principales prenait suivant la fantaisie de l’artiste, la forme d’une fourche à deux ou trois branches, d’un arbre de vie ou d’une croix véritable.

Depuis trois quarts de siècle la grande chasuble toujours en vigueur aux jours d’Avent et de Carême dans plusieurs métropoles et dans certains ordres religieux réapparaît sur de très multiples points. À Rome on s’en sert particulièrement pour la célébration du culte des martyrs aux Catacombes ; elle est d’un usage courant en Belgique, et tend de plus en plus à prévaloir en France, en Allemagne, en Angleterre.

« Seigneur, dit le prêtre en revêtant la chasuble, vous qui avez dit : mon joug est suave et mon fardeau léger, accordez-moi de le porter de manière à obtenir votre grâce ». Symbole du Joug du Seigneur, elle l’est encore et surtout de la charité. « Recevez, dit l’évêque au nouvel ordonné, ce vêtement sacerdotal qui signifie la charité, Dieu est assez puissant pour développer en vous l’amour et la perfection de votre activité ».

La chasuble sacerdotale sert essentiellement au Saint-Sacrifice. En dehors de cette fonction le prêtre la revêt aux processions solennelles du Saint-Sacrement et à la Messe pontificale. Le diacre et le sous-diacre en font usage aux Messes de l’Avent et du Carême, à la bénédiction des cierges le 2 février, à la cérémonie du matin, le Vendredi-Saint. La chasuble doit être bénite.

 

Le manipule

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Le manipule, appelé encore au moyen âge sudarium, mappula, fanon, ne se distinguait pas à l’origine de cette mappa ou mouchoir de cérémonie dont les Romains avaient accoutumé de se servir pour essuyer la sueur du visage ou se garantir la tête du soleil. Porté d’abord par les diacres de l’Église romaine, l’usage s’en étendit aux évêques, aux prêtres, aux sous-diacres et même aux clercs inférieurs. Au XIe siècle il fut attribué aux seuls ordres majeurs et devint comme tel, l’insigne particulier du sous-diaconat.

L’habitude prise de plisser la mappula lui fit donner le nom de manipulus, manipule, petite gerbe. Vers le IXe siècle la mappula de lin se transforme en bande étroite décorée de broderies, aux deux extrémités de laquelle on ajouta quelquefois de petites pièces plus riches en forme de carré ou de trapèze. Des franges ou des glands achevaient d’orner ce parement.

L’Église aime voir dans le manipule le symbole du travail et de la pénitence d’ici-bas que couronnera une joie éternelle. L’évêque, l’imposant au nouveau sous-diacre, l’invite à le recevoir comme une exhortation aux bonnes œuvres, et le prêtre, s’en revêtant, demande à Dieu la grâce « de porter le manipule des larmes et des douleurs afin de recevoir dans l’allégresse la récompense de son labeur ».
Le manipule doit être béni.

L’évêque, le prêtre, le diacre et le sous-diacre font usage du manipule à la Messe seulement. Par exception les ministres sacrés prennent leur manipule pour la bénédiction des Rameaux ; mais ils le déposent pour la procession qui suit.

 

L’étole

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À l’orarium romain correspond l’orarium ou stola liturgique, primitivement simple voile de lin en usage d’abord chez les diacres orientaux, à qui semble en revenir l’innovation dans les fonctions liturgiques, puis importé en Occident et enfin adopté à Rome.

Comme la mappula ou manipule, l’orarium de toile ne tarda pas à devenir parement, riche bande ornée que les diacres portaient sur l’épaule gauche. La similitude qu’il offrait alors avec la précieuse bordure du vêtement romain nommé stola fut sans doute la raison pour laquelle on lui imposa ce dernier nom.

L’Orarium fut dès l’origine l’insigne caractéristique des diacres. Cependant, à Rome, il resta jusqu’au Xe siècle une partie accessoire du vêtement liturgique de tous les clercs, tant des ordres mineurs que des ordres majeurs. Ce n’est qu’à cette époque qu’il y devint, comme ailleurs, l’insigne réservé au diacre.

La forme de l’étole évolua parallèlement à celle du manipule. Comme ce dernier, l’étole fut dès sa transformation et resta jusqu’à nos jours, essentiellement une longue bande qui, tantôt rétrécie dans sa partie médiane et évasée à ses extrémités, tantôt uniformément étroite, était munie de une ou plusieurs croix et décorée sur toute sa longueur de riches broderies, parfois même de personnages.

L’étole sacerdotale est portée sur les deux épaules et s’impose sur le cou du prêtre, comme un signe de ce joug très doux et de ce fardeau des âmes que Notre-Seigneur veut rendre léger. L’Église aime encore à la présenter à ses ministres comme le symbole de la justice et de l’immortalité : « Rendez-moi, Seigneur, l’étole que la prévarication des premiers parents me fit perdre, puissé-je obtenir la joie éternelle, bien que je sois indigne de m’approcher de vos saints mystères ».

D’une façon générale, l’étole sert au prêtre et au diacre dans toutes les fonctions qui ressortissent de l’ordre sacré qu’ils ont reçu : Saint Sacrifice, administration des sacrements, bénédiction, exposition du Très Saint-Sacrement, etc.

L’étole sacerdotale se porte sur l’aube, croisée sur la poitrine ; l’évêque la laisse pendre sur les deux côtés sans la croiser, ce que fait aussi le prêtre lorsque portant l’étole sur le surplis, il ne peut la lier par le cordon d’aube. Le diacre la porte sur l’épaule gauche, les deux extrémités réunies sur le côté droit.

Suivant les ministres et les fonctions auxquelles sert l’étole, on distingue :
L’étole sacerdotale qui accompagne la chasuble et qui sert au prêtre pour la célébration du Saint-Sacrifice.
L’étole pastorale réservée pour l’administration des sacrements, la prédication, la communion du prêtre et lorsque en surplis il touche le Saint-Sacrement.
L’étole diaconale dont le diacre se revêt à la Grand’Messe, lorsqu il reçoit la Sainte-Communion, quand il doit toucher les vases sacrés qui contiennent l’Eucharistie et aux processions du Saint-Sacrement.
L’étole d’administration qui sert pour l’administration des sacrements aux malades.

Les étoles doivent être bénites.

 

Dalmatique et tunique

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Les plus anciens textes connus relatifs à la dalmatique datent de l’époque impériale et semblent lui donner pour origine la Dalmatie. Il est difficile de la distinguer à ses débuts de la tunica interiorqu’elle devait plus tard recouvrir ; elle se portait sous la toge ou la paenula, Commode et Héliogabale la mirent à la mode comme vêtement de dessus.

Il est certain qu’avant le VIe siècle, elle était déjà adoptée par le Pape et formait le vêtement distinctif des diacres romains. Dans la suite nous voyons le Souverain Pontife l’accorder en signe d’honneur à certains évêques et archidiacres ; au IXe siècle elle est portée par les évêques et les diacres, partout où s’est introduit le rit romain. C’est un vêtement blanc, ample, à larges manches, orné de bandes couleur pourpre, disposées verticalement et appelées clavi.

Le costume des sous-diacres se fixa plus lentement, c’est au VIIe siècle selon les uns, au IXe seulement selon les autres qu’ils paraissent définitivement revêtus de la tunica linea ou stricta, appelée aussi dalmatica minor, tunicella. C’est un vêtement talaire fait de lin blanc, à manches longues et étroites, sans clavi, ni ornements.

L’apparition du canon des couleurs vers l’an 1000, et sa fixation au XIIe siècle, inaugure pour les deux vêtements la série des transformations. Du XIIIe au XVe siècle, on hésite sur le mode de leur décoration, les clavi jugés inséparables de la dalmatique blanche disparaissent, puis reparaissent sous forme d’orfrois, auxquels on ajoute une ou deux bandes transversales. Les siècles qui suivirent ont déformé comme à plaisir les deux vêtements et les ont complètement identifiés, au mépris de la tradition et des prescriptions du cérémonial des évêques.

Le symbolisme de la dalmatique et de la tunique – l’innocence et la joie – leur vient de celui que l’Église attribue à la couleur blanche qui, longtemps, fut obligatoirement la leur. « Que le Seigneur, dit l’évêque au diacre en lui imposant la dalmatique, vous revête de l’habit de la félicité et de la robe de la joie et qu’il vous environne toujours de la dalmatique de la justice ».

Vêtements de joie, la dalmatique diaconale et la tunique sous-diaconale n’apparaissent qu’aux fonctions et aux bénédictions solennelles. Aux temps de pénitence, Avent et Carême, elles sont remplacées par l’antique casula. Cependant à certains jours où prévaut l’allégresse, les ministres peuvent s’en revêtir, tels les dimanches de Gaudete et Laetare, la Vigile de Noël, le Samedi Saint, la Vigile et les Quatre Temps de la Pentecôte.

Il n’est pas obligatoire mais il est convenable que la dalmatique et la tunique soient bénites avec la formule pour les ornements in genere.

 

La chape

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Il est admis généralement que la chape liturgique, grand manteau semi-circulaire que le prêtre revêt dans les fonctions solennelles en dehors du Saint-Sacrifice, n’est qu’un doublet de la chasuble et dérive comme elle de l’antique paenula. Ce vêtement appelé suivant les pays casulaplaneta, cappa, devait sous ce dernier nom évoluer parallèlement à la chasuble et garder pendant longtemps avec cette dernière, dans la coupe et l’ornementation, des traces d’une si étroite parenté.

En effet les deux vêtements, après s’être confondus longtemps dans une même forme, se distinguèrent d’abord par une ouverture antérieure qui, pratiquée à certaines cappae, fut toujours absente à la casula en usage pour le St-Sacrifice, puis par le capuchon qui, supprimé à la casula, fut maintenu sur la cappa. Cependant de même que plusieurs chasubles gardèrent un vestige de ce capuchon dans la disposition de l’orfroi dorsal, telle celle de Saint Thomas Becket (trésor de la cathédrale de Sens), de même plusieurs chapes prirent de la chasuble ses formes d’ornementation, telle la chape conservée au musée de Lyon. Quelques chapes gardèrent leur capuchon, un plus grand nombre le perdirent. Il ne devait réapparaître, transformé en chaperon qu’au XVe siècle et, sous cette forme, prévaloir jusqu’à nos jours.

Les chapes du Moyen-Âge qui nous sont restées sont pour la plupart couvertes de peintures à l’aiguille où sont retracées la vie de Notre-Seigneur, de la Sainte Vierge et des saints.

On voit, dès le VIe siècle (Ravenne, mosaïque de Saint Apollinaire), la chape munie d’un fermail que le moyen âge devait enrichir d’émaux et de pierreries. Aujourd’hui, ces sortes de boucles précieuses sont réservées aux évêques officiants dans leur diocèse.

Vêtement de cérémonie pour l’évêque et le prêtre, la chape est, sous une forme plus simple, accordée aux chantres et aux ministres inférieurs. Le célébrant, évêque ou prêtre, s’en revêt dans les offices solennels autres que la célébration de la Messe, et dans les fonctions où l’étole est prescrite, pour en rehausser la solennité.

Les liturgistes du moyen âge s’accordent à voir figurées dans ce vêtement festival la résurrection à venir et la joie du ciel. Par son ampleur, on peut ajouter que, comme la chasuble, elle symbolise la charité. La chape ne reçoit pas de bénédiction.

 

EGLISE CATHOLIQUE, EUCHARISTIE, L'EUCHARISTIE, LITURGIE, MESSE

Le déroulement de la messe

Le déroulement de la messe 

pourquoi la messe est-elle appelée « Eucharistie » ? Que signifie le mot « Eucharistie ». C’est un mot grec. Un mot tout simple d’ailleurs puisqu’il veut dire : « merci » ! De nos jours encore, en Grèce, on entend ce mot prononcé dans la rue, dans les conversations courantes. Pour un service rendu, on dit « eucharisto poli » (merci beaucoup). Il n’est certainement pas inutile de rappeler que célébrer la messe, c’est d’abord et avant tout dire merci. C’est une action de grâce ! « Vraiment il est juste et bon de te rendre grâce…  ».
En partant à l’église le dimanche, il est bon de se demander : de quoi puis-je rendre grâce à Dieu ? L’apôtre Paul écrit aux Ephésiens : « chantez et célébrez le Seigneur de tout votre cœur, remerciant (eucharistiant) Dieu le Père en tout temps et à tout propos au nom de notre Seigneur Jésus Christ » (Eph 5,19-20).
C’est certainement le motif le plus profond que nous avons de venir à la messe. Nous venons comme le lépreux de l’évangile (cf. Luc 17) remercier le Seigneur. Déjà Origène au 3ème siècle s’exprimait ainsi : «  nous célébrons l’eucharistie car nous ne sommes pas des ingrats ».

  

Procession et chant d’entrée. 

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La première action de la sainte messe est le chant d’entrée qui accompagne la procession du prêtre et des servants de messe.
Cette procession d’entrée symbolise le chemin de Croix qu’a suivi le Christ avant de mourir. L’autel est le Calvaire où le prêtre “in persona Christi” va offrir le sacrifice de la Croix pour notre salut. Cette procession prépare le cœur du prêtre et des fidèles à monter par la pensée au Calvaire et à s’offrir en sacrifice avec Jésus au Père.

Le chant d’entrée a une double fonction : rendre visible l’unité de l’assemblée chrétienne en unissant nos voix et aussi nous aider à comprendre le sens de la célébration, selon le temps liturgique ou la fête du jour. Le chant a en même temps le rôle de préparer à l’Eucharistie, en priant doublement selon ce que disait saint Augustin : «  Chanter, c’est prier deux fois  ».

Baiser de l’autel – encensement.

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L’autel, point central de l’église symbolise le Christ, pierre d’angle rejetée par les bâtisseurs (Ac, 4,11). Ainsi, l’autel est le lieu où s’accomplit le sacrifice parfait dont on retrouve les préfigurations dans l’Ancien Testament. Il est aussi le centre de l’action de grâce, la table où se célèbre le repas du Christ et, en même temps, le signe du Christ Jésus au milieu de la communauté. Il symbolise aussi le tombeau des martyrs sur lequel les premiers chrétiens célébraient l’Eucharistie.
Avec le temps, l’Eglise a pris l’habitude de sceller les reliques d’un saint dans une pierre encastrée dans l’autel : c’est la pierre d’autel : “Ara” Sur cette pierre sont gravées cinq croix en souvenir des cinq plaies de Jésus crucifié.
Le baiser que le prêtre fait sur l’autel au début de la célébration et l’encensement sont de gestes de vénération et de respect envers le Christ.
Ayons donc du respect pour l’autel, saluons-le avec dignité lorsque nous passons devant lui, car il est l’endroit où se renouvelle quotidiennement le sacrifice de Jésus au Calvaire.

 Le signe de croix. 
C’est le signe des chrétiens qui se rappellent que Jésus est mort sur la croix par amour pour tous les humains. Au début de la messe, avec tous ceux qui sont rassemblés, nous traçons ce signe sur nous.
Il doit être ample pour nous envelopper comme s’il était un vêtement ; le vêtement du chrétien, sa véritable dimension. Toutes les prières du chrétien devraient débuter et s’achever par ce signe de foi en Dieu Père, Fils et Saint-Esprit.
Il nous rappelle aussi que la messe est une prière à toute la Trinité : le Fils qui s’offre au Père par la puissance de l’Esprit Saint.
L’assemblée adhère à cette profession de foi qui manifeste son identité chrétienne en répondant « amen », c’est-à-dire « oui, nous y croyons ».

Salutation au peuple. 
Après le signe de croix, le célébrant fait une salutation au peuple. Il y a trois formules possibles :
« Le Seigneur soit avec vous  » (2 Th 3,16).
« La grâce de Jésus notre Seigneur, l’amour de Dieu le Père et la communion de l’Esprit Saint soient toujours avec vous » (2 Co 13,13).
« Que Dieu, notre Père et Jésus-Christ notre Seigneur vous donnent la grâce et la paix  » (1 Co 1,3 ; Ep 6,23).
Ces formules de salutation au peuple de Dieu sont les formules utilisées par les apôtres dans leurs lettres destinées aux premières communautés chrétiennes. Elles expriment la même certitude de foi qui anime l’assemblée chrétienne : Dieu est au milieu de nous et c’est Lui qui nous rassemble. « Lorsque deux ou trois seront réunis en mon nom, je serai là au milieu d’eux » (Mt 18,20).

Rite pénitentiel.

Le prêtre invite l’assemblée à « se reconnaître pécheur », c’est-à-dire à demander la grâce de ses péchés d’un cœur contrit. Le rite pénitentiel est une excellente préparation pour accueillir la parole de Dieu et pour communier en vérité au Corps et au Sang du Christ. Cela nous remet à notre juste place. En effet, nous appartenons à un peuple de pécheurs pardonné et sanctifié par le Christ. Il s’agit de demander et d’accueillir la grâce de Dieu pour nous reconnaître pécheur : de nommer dans le secret de notre cœur tous ces manquements qui sont éloignements de Dieu et dont nous serons purifiés par la grâce de l’Eucharistie ou, s’il s’agit de fautes graves, par la confession.

Le Kyrie Eleison. 
C’est une prière (en grec) héritée des origines de l’Eglise. Ce rite litanique reprend la demande de miséricorde adressée à Jésus par les aveugles et d’autres malades : « Seigneur, prends pitié, O Christ, …  » (Mt 15,22 ; Mt 20,30 ; Mc 10,47)

Gloire à Dieu.
Dieu est bon ! Il est grand ! Il fait des merveilles et nous sommes heureux de savoir qu’Il nous aime.
C’est pourquoi nous le chantons : « Gloire à Dieu ………  ». C’est un des plus vieux hymnes de l’Église. Il commence par l’annonce des anges aux bergers : « Gloire à Dieu au plus haut des cieux et paix sur la terre aux hommes qu’il aime  » (Luc 2,14).
C’est une prière de louange, d’action de grâce, une acclamation à Dieu qui par la naissance du Messie, vient sauver son peuple et lui fait don de son amour.
De nos jours, le Gloria est proclamé à chaque messe dominicale, à l’exception des dimanches appartenant aux temps de pénitence, Avent et Carême.

Prière d’ouverture ou collecte. 
Le célébrant prend la parole et invite à la prière en disant : « Prions le Seigneur ». Puis le prêtre dit la prière d’ouverture en collectant les prières personnelles et reprend généralement le thème du dimanche ou de la fête célébrée. C’est important donc que, dans ces instants de silence, nous pensions à nos intentions et demandes particulières pour qu’elles soient présentées à Dieu à travers le prêtre, notre médiateur.
Elle s’achève par « pour les siècles des siècles  », traduction d’une expression hébraïque qui signifie que la souveraineté divine à laquelle nous accédons par la prière dépasse toute durée humaine et nous plonge dans le déploiement de l’histoire jusqu’à son achèvement à la fin des temps quand « l‘univers entier sera réuni sous un seul chef, le Christ » (Ep. 1,10).
L’assemblée adhère à cette prière en répondant « amen  » qui signifie « ainsi soit-il ».

Les lectures.

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La liturgie de la Parole.
A la messe, les chrétiens écoutent la Parole de Dieu. Cette parole transmise dans la Bible, a été écrite par de nombreux auteurs pendant des centaines d’années à travers des récits, des histoires, des poésies, des proverbes, des chants, des cris de douleur et de joie.
L’entendre ne suffit pas, l’écouter ne suffit pas. La Parole doit entrer dans notre cœur comme une nourriture. Elle doit rejoindre notre vie comme une lumière qui lui donne du sens et la fait entrer dans la grande histoire du Peuple de Dieu, dans la grande histoire de l’humanité. C’est un moment de prière où nous écoutons la Voix de Dieu.

Le dimanche, on lit trois textes :
Le premier est tiré d’habitude de l’Ancien Testament qui contient la Loi de Yahvé, les écrits des prophètes, l’histoire du peuple d’Israël et des écrits de sagesse.
Cette lecture est toujours en relation directe avec l’Evangile de manière à ce que le texte de l’Ancien Testament annonce une promesse de Dieu qui sera accomplie par Jésus dans l’Evangile.
Le deuxième est tiré des lettres des apôtres : Pierre, Paul, Jean ou Jacques. Elle se fait en mode de lecture continue afin de nous faire connaître l’enseignement des apôtres qui est à la source de notre vie chrétienne.
Le troisième est un extrait de l’Evangile qui répond à la première lecture dans un dialogue d’Alliance entre Dieu et son Peuple (Matthieu, année A ; Marc, année B ; Luc, année C ou Jean qui est plus particulièrement lu à l’occasion de certaines fêtes ou moments de l’année).
Le psaume. Le psaume, lu après le premier passage d’Ecriture est le lien profond entre les trois lectures. Et il nous offre un moment de louange et prière de préparation pour accueillir l’Evangile.

Alléluia et Evangile.
Alléluia est un mot hébreu qui signifie « louez Dieu ». C’est une invitation à la louange qui a pour fonction de mettre en relief la parole de l’Evangile.
Les trois petites croix que nous traçons sur notre front, sur nos lèvres et notre cœur avant d’écouter l’Evangile est un geste simple pour demander de bien entendre la Parole, de la garder dans notre cœur et de la proclamer par nos lèvres.
Pour l’Evangile nous nous mettons debout. Dans la gestuelle symbolique chrétienne, c’est le respect pour accueillir le Christ qui vient à nous par les paroles de l’Evangile.

L’homélie.

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Comme les apôtres à la suite du Christ, le prêtre explique le message que Dieu veut nous dire par sa Parole. Elle doit montrer comment la Parole peut éclairer notre vie aujourd’hui afin que nous puissions mieux en vivre dans notre quotidien.

Profession de foi. 
En réponse à la Parole de Dieu, nous exprimons notre foi en Dieu comme au jour de notre baptême par le symbole des apôtres ou le symbole de Nicée-Constantinople. Ce sont des textes très anciens dans l’histoire de l’Eglise, des « symboles », ce qui nous fait « tenir ensemble » dans la foi.

Prière universelle ou des fidèles
La prière des fidèles renoue avec une tradition ancestrale. La prière de cette assemblée-ci, limitée à ce lieu, à ce temps, s’élargit à la mesure de l’Eglise universelle, d’où son nom de « prière universelle ». C’est pourquoi une communauté particulière peut se dire catholique : elle ne célèbre pas sa liturgie mais celle de l’Eglise, en communion avec toute l’Eglise catholique.

Liturgie de l’Eucharistie.

Maintenant nous commençons la liturgie de l’Eucharistie, la deuxième grande partie de la sainte messe, dont le cœur est la consécration.

La quête.
La quête se fait à ce moment de la messe parce que c’est le gage concret de l’amour fraternel et de la participation des chrétiens à la vie matérielle et aux besoins de l’Eglise. Autrefois, assez souvent, l’offrande était faite de dons en nature pour un partage des biens comme la collecte faite par saint Paul pour l’Eglise de Jérusalem. L’argent recueilli est le signe matériel de l’offrande que nous faisons de nous-mêmes, de nos forces et de nos énergies.

Offertoire.
Le prêtre, au nom de toute la communauté, présente le pain et le vin. C’est parce que le Christ lui-même a utilisé ces aliments pour nous laisser l’Eucharistie qui est en même temps sacrement pour nourrir notre âme et sacrifice pour pardonner nos péchés.
Le pain demande beaucoup de travail, la plantation du blé, la récolte, la mouture du grain et la cuisson de la pâte. Le pain est donc un excellent symbole du travail patient et méticuleux de l’homme. En plus, des milliers de grains devenant un même pain forme l’image d’une Eglise constituée d’une multitude de membres. De même pour le vin.
En présentant le pain et le vin, le prêtre dit une prière de bénédiction qui a pour but de reconnaître que tout nous vient du Dieu de l’univers. Elle s’inspire directement de la bénédiction juive que le père de famille prononçait au début du repas sur le pain. Elle a été récitée par Jésus au dernier repas avec ses apôtres. Avant de présenter le vin, le prêtre y ajoute une goutte d’eau. Cette eau symbolise notre assemblée ici-présente qui doit s’unir au Christ pour le sacrifice afin de profiter de ses fruits. De même, elle symbolise l’eau et le sang qui ont coulés du côté ouvert du Christ sur la Croix.
Après la présentation du pain et du vin, le prêtre s’incline profondément devant l’autel et dit à voix basse : « Humbles et pauvres, nous te supplions, Seigneur : accueille-nous. Que notre sacrifice, en ce jour, trouve grâce devant Toi  ». Cette courte prière nous montre avec quel esprit et avec quelle disposition de cœur il nous faut porter notre offrande à Dieu : simplicité et pauvreté.

Parfois, le prêtre encense le pain et le vin ainsi que les membres de l’assemblée eucharistique. Ce rite témoigne de l’honneur rendu à une personne ou à un objet. Il est aussi signe de la présence de Dieu et de notre prière qui monte vers Lui comme la fumée monte vers le ciel dans la prière du soir (Ps. I41, 2).
Ensuite le prêtre se lave les mains en disant : « Lave moi de mes fautes, Seigneur, et purifie moi de mon péché ». Ce rite a pris place dans la liturgie en fidélité au geste d’humilité et de purification que Jésus a pratiqué lors de la Cène (lavement des pieds). Et aussi, on purifie les doigts qui vont toucher et offrir le Corps du Christ tout de suite.

 Prière Eucharistique.

La Préface et Sanctus.
Au début de la prière eucharistique, un dialogue inspiré des usages juifs s’instaure entre le président et l’assemblée : « Prions ensemble au moment d’offrir le sacrifice de toute l’Église ». En effet, la messe nous fait entrer dans l’action de grâce du Christ et de son Église « pour la gloire de Dieu et le salut du monde  » (Vatican II : Lumen gentium, 11). Pour cela, « sursum corda ! », « élevons notre cœur ! », formule déjà attestée dans les catéchèses de Jérusalem. Le prêtre demande que les cœurs se détachent des pensées de la terre pour se diriger vers Dieu seul. Ici commence le sacrifice.
La préface est une prière, ou mieux, un chant d’action de grâces à Dieu pour tous ses bienfaits, surtout pour la Rédemption. Cette prière culmine avec l’hymne du Sanctus, union de la terre et du ciel dans une même louange. L’univers est rempli de la gloire de Dieu qui, en sa plénitude, est présent en toute chose. En Dieu, il n’y a que beauté, amour et perfection, Il est Dieu trois fois saint.
Le sanctus est formé de deux parties : l’acclamation d’Isaïe « Saint ! Saint ! Saint le Seigneur… » le jour où le mystère de Dieu se dévoilait devant lui et où lui était annoncée sa mission de prophète (Is 6, 3). L’acclamation de la foule : « Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! Hosanna, au plus haut des cieux  » le jour où Jésus est entré dans Jérusalem.

Canon ou prière Eucharistique.
La suite de la prière eucharistique est appelée « canon » (d’un mot grec qui signifie « règle ») car c’est une partie fixe.
Toute la prière eucharistique est entièrement adressée au Père. Elle est dite et accomplie au nom du Christ pour son Eglise assemblée qui est ainsi unie à son sacrifice rédempteur dans l’Esprit Saint. Elle fait mémoire des gestes et des paroles de Jésus pendant son dernier repas, la Cène.
Avant le concile Vatican II, il n’y avait qu’une seule prière eucharistique, le canon romain. Depuis, l’Eglise donne le choix entre quatre prières eucharistiques.
Chacune des prières suit le schéma général :
L’invocation de l’Esprit Saint sur les dons (épiclèse), afin que par sa puissance soient-ils sanctifiés et transformés dans le corps et le sang du Christ [1] .

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Le récit de l’institution eucharistique (consécration [2] ou anamnèse [3] ). Le cœur de toute la Messe, le renouvellement du sacrifice du Christ sur l’autel : corps livré, sang versé pour nous. A ce moment très solennel on est tous à genoux, pour adorer le Saint Mystère.
La prière de l’anamnèse et l’invocation de l’Esprit Saint sur la communauté (seconde épiclèse).
Les prières d’intercession [4] . Pour appliquer les fruits du Sacrifice du Christ : on prie pour les défunts, pour les vivants, pour l’Église, etc…

Doxologie.
« Doxologie » vient du grec « doxa » =louange ou gloire et « logos » = parole. C’est une prière de louange envers Dieu Un et Trine : «  Il n’y a qu’un seul Dieu et Père de qui tout vient, et un seul Seigneur Jésus-Christ par qui tout existe » (1Co 8, 6). Il est donc juste que toute louange remonte vers le Père par le Christ.
Cette doxologie finale « Par Lui, avec Lui et en Lui  » veut d’abord dire que notre chemin vers le Père est Jésus, seul médiateur entre Dieu et les hommes. C’est effectivement grâce à Jésus que nous sommes sauvés et emportés dans la vie de Dieu son Père.
En ajoutant « dans l’unité de l’Esprit Saint », nous affirmons la puissance unifiante de l’Esprit.
Pendant cette conclusion de la prière eucharistique, le prêtre élève la patène contenant le Corps du Christ et le calice contenant son Sang pour montrer que le Seigneur est bien la victime offerte au Père par le sacrifice de la messe.
L’assemblée répond « Amen » qui est de fait, l’amen le plus solennel de toute la messe car il ratifie toute l’action sacerdotale du Christ renouvelée devant nous par les mains du prêtre.

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Notre Père.

C’est la seule prière que Jésus nous ait demandé de faire ! La proclamation commune du Notre Père est le moment où nous affirmons notre nouvelle identité : Notre Dieu nous offre sa paternité. Il nous adopte et nous fait entrer dans son propre mystère. Quand nous, chrétiens, disons ensemble le Notre Père, nous sommes revêtus d’un respect et d’une dignité qui ne nous appartiennent pas mais qui viennent de Dieu même : «  Reconnais, ô chrétien, ta dignité  » (saint Léon).

Embolisme et Rite de la paix. 
L’embolisme, prière qui suit immédiatement le Notre Père, développe et amplifie la dernière demande de cette prière en suppliant le Seigneur de nous délivrer de toute sorte de mal et de nous donner dès maintenant le bonheur qui sera pleinement le nôtre lorsque Jésus reviendra dans la gloire. C’est là notre « bienheureuse espérance  », l’avènement de Jésus-Christ, notre Seigneur comme le rappelle saint Paul à Tite (Ti 2, 13).
Par le rite de la paix, les fidèles demandent la paix et l’unité pour l’Eglise et toute l’humanité et ils expriment leur amour mutuel avant de participer au même pain. Cette paix, nous la recevons du Christ comme un don infiniment précieux qui nous transforme et nous rend capables de nous accueillir les uns les autres.

Agnus Dei. 
Cette expression est un nom très ancien donné au Seigneur Jésus. Le nom laisse entendre que Jésus s’est laissé faire comme un agneau qui se laisse conduire à l’abattoir « sans ouvrir la bouche » (Is 53, 7) et qui prend sur lui les péchés du monde. Comme saint Jean Baptiste nous adorons le Christ notre Agneau Sauveur.
Pendant le chant de l’« Agnus Dei », après avoir diviser l’hostie en deux, le prêtre laisse tomber dans le calice un troisième petit morceau d’hostie qui symbolise la Résurrection, l’union du corps, sang, âme et divinité du Christ dans l’Eucharistie. Le Christ est tout entier, tel qu’Il est au Ciel, présent dans chaque hostie, dans chaque miette du pain consacré.
Puis, le prêtre récite à voix basse une prière qui le prépare à recevoir la communion : « Seigneur Jésus-Christ, que cette communion à ton corps et à ton sang n’entraîne pour moi ni jugement ni condamnation, mais, qu’elle soutienne mon esprit et mon corps et me donne la guérison  ».

Communion.

Elle a un sens bien connu et très explicite, c’est l’union à Jésus : « si vous ne mangez ma chair et ne buvez mon sang, vous n’aurez pas la vie en vous » (Jn 6).
En recevant le Christ, nous sommes incorporés à Lui. Cette nourriture nous convertit : nous croyons l’assimiler, mais, en réalité, c’est elle qui nous assimile. Nous sommes changés en ce que nous mangeons ou plutôt en celui que nous mangeons.
De plus, en communiant au Christ, nous recevons aussi l’Église qui est son corps mystique. Par ce sacrement, le Christ construit son Église [5] .

 Prière après la communion.
Cette prière nous permet d’exprimer notre action de grâce pour le don reçu et nos demandes pour l’avenir.

Bénédiction et Envoi. 
De « bene dicere » = dire (du) bien : le prêtre demande que Dieu nous fasse du bien.

Liturgiquement, ce geste est le symétrique exact de l’accueil du célébrant au début de la messe. Après avoir accueilli son peuple, le Dieu de Jésus-Christ l’envoie en le bénissant. Cette bénédiction est aussi un des fruits de la participation de la sainte messe.
« Allez dans la paix du Christ » : “Allez”. Cet impératif vient de la finale de l’Evangile de Matthieu « Allez, de toutes les nations, faites des disciples ! »(Mt 28, 19). Ainsi, il y a un lien indissociable entre l’Eucharistie et la mission d’évangélisation qui est rituellement signifiée ici et cet envoi par le Christ est aussi un envoi en Lui et avec Lui. Il nous envoie répandre le bonheur et la paix vécus au cours de la messe. Sa parole nous accompagne, sa vie est en nous, nous pouvons vivre en chrétiens.

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Annexe :

Couleurs des temps liturgiques.

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Violet : couleur austère qui incite à la réflexion et à la pénitence. Cette couleur est utilisée durant le temps de l’Avent pour nous préparer spirituellement à la venue de Jésus à Noël, et durant le Carême, afin de signifier notre désir de pénitence et de conversion.
Vert : couleur de vie. Le vert des vêtements liturgiques symbolise la vie quotidienne qui doit être empreinte d’espérance dans la vie éternelle.

Blanc : couleur de la lumière et de la résurrection, couleur des vêtements du Christ transfiguré qui révèle sa divinité. On l’utilise pour les grandes fêtes : Noël, Pâques, la Toussaint, le Christ-Roi et les fêtes des saints.

Rouge : couleur du sang qui symbolise le martyre et le témoignage de foi et d’amour des apôtres et des saints martyrs, c’est aussi la couleur du feu de l’Esprit Saint qui se répand dans le cœur des apôtres à la Pentecôte.

Rose : couleur employée pour deux dimanches dans l’année, en vertu d’une vieille coutume papale.
Ces deux dimanches ont conservé le nom de Gaudete pendant l’Avent et de Laetare pendant le Carême, car leur chant d’entrée commençait par ces paroles latines : ils sont centrés sur la joie de la proximité du Seigneur et sont une pause au milieu des temps de pénitence.

[1] Dans le haut Moyen-Âge, une célèbre formule disait : « Christus pascit corpus suum ex corpore suo per corpore suum ». Ce qui signifie : « le Christ nourrit son Corps de son Corps et par son Corps » qui peut encore être traduit par « le Christ nourrit l’Église (son corps), à partir de son corps historique (né de Marie et désormais ressuscité) par l’eucharistie (son corps de mystère ou corps mystique) ». Jésus fait grandir son corps ecclésial par son corps sacramentel, ce qui est le message central de la dernière encyclique de Jean-Paul II : « L’Église vit de l’eucharistie ».

[2] Ce deuxième élément de la prière eucharistique est capital. On passe de l’invocation au récit : « la nuit qu’il fut livré… ». Toute prière eucharistique fait référence à l’événement de la dernière Cène que nous vivons dans la grâce de la croix et de la résurrection. Ainsi, au nom du Christ et de son Corps, l’Église, le prêtre reprend les paroles de l’évangile et fait ce que Jésus a commandé de faire : « Faites ceci en mémoire de moi ». Le prêtre agit et parle dans la personne du Christ « in persona Christi ». Mystérieusement et sacramentellement, le pain devient le Corps du Christ et le vin son Sang, non pas seulement symboliquement mais, réellement sous les apparences du pain et du vin. Après la consécration, le prêtre interpelle l’assemblée en disant : « Il est grand le mystère de la foi » (1Tim 3, 9). Nous professons alors le cœur de notre foi : « Nous proclamons ta mort, Jésus ressuscité, nous célébrons ta résurrection, nous attendons ta venue dans la gloire ! ». C’est l’anamnèse.

[3] Anamnèse signifie « mémoire », mais c’est plus que se souvenir. C’est plus que répéter les paroles et les gestes de quelqu’un. Faire mémoire de la mort et de la résurrection de Jésus-Christ, c’est affirmer qu’ici et maintenant, Jésus-Christ continue de s’offrir pour la vie et le bonheur des hommes. Le prêtre demande à Dieu d’envoyer à nouveau son Esprit sur l’assemblée pour qu’elle devienne Église, c’est-à-dire Corps du Christ. Cela fait penser à la parole de Paul Claudel adressée à André Gide « l’Église, voyez-vous, c’est une espèce d’immense incorporation eucharistique ».

[4] Dans les prières d’intercession qui suivent l’anamnèse, l’Église supplie le Père pour que l’œuvre du Christ se réalise en elle et dans le monde. C’est pourquoi, nous prions l’Église en mentionnant le pape, l’évêque du lieu et tous les autres, les prêtres, les diacres et tous les fidèles. Nous prions aussi pour les fidèles défunts qui nous ont précédés dans la foi et enfin, pour cette communauté célébrante afin qu’elle soit rassemblée avec l’Église du ciel. Ce faisant, l’Église exprime la prière du Christ le Jeudi Saint qui loue son Père et intercède pour toute l’humanité.

[5] Dans le haut Moyen-Âge, une célèbre formule disait : « Christus pascit corpus suum ex corpore suo per corpore suum ». Ce qui signifie : « le Christ nourrit son Corps de son Corps et par son Corps » qui peut encore être traduit par « le Christ nourrit l’Église (son corps), à partir de son corps historique (né de Marie et désormais ressuscité) par l’eucharistie (son corps de mystère ou corps mystique) ». Jésus fait grandir son corps ecclésial par son corps sacramentel, ce qui est le message central de la dernière encyclique de Jean-Paul II : « L’Église vit de l’eucharistie ».

 

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EGLISE CATHOLIQUE, EUCHARISTIE, LITURGIE, MESSE

La liturgie de l’Eucharistie

La liturgie de l’eucharistie et l’envoi.

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Après la liturgie de la Parole et la Prière univierselle vient le moment le plus important de la messe : la liturgie eucharistique

 

16 – QUÊTE

La quête se fait à ce moment-ci de la messe parce que c’est le gage concret de l’amour fraternel et la participation des chrétiens à la vie matérielle et aux besoins de l’Église. Autrefois, assez souvent, l’offrande était faite de dons en nature pour un partage des biens comme la collecte faite par St Paul pour l’Église de Jérusalem. L’argent recueilli est signe matériel de l’offrande que nous faisons de nous-mêmes, de nos forces et de nos énergies.

17 – PRESENTATION DES DONS, OFFERTOIRE

A la messe, le prêtre présente le pain et le vin. C’est parce que le Christ lui-même a utilisé ces aliments dont l’usage était rituel pour le repas de la Pâque juive. La messe préfigure le banquet des noces éternelles auquel le Christ nous invite tous.

Le pain demande beaucoup de travail, la plantation du blé, la récolte, la mouture du grain et la cuisson de la pâte. Le pain est donc un excellent symbole du travail patient et méticuleux de l’homme. De plus, des milliers de grains devenant un même pain forme l’image d’une Église constituée d’une multitude de différences.

Le vin symbolise la vie et l’immortalité.

En présentant le pain et le vin, le prêtre dit une prière de bénédiction qui a pour but de reconnaître que tout nous vient du Dieu de l’univers. Elle s’inspire directement de la bénédiction juive que le père de famille prononçait au début du repas sur le pain. Elle a été récitée par Jésus au dernier repas avec ses apôtres.

Avant de présenter le vin, le prêtre y ajoute une goutte d’eau. Cette eau symbolise notre humanité qui s’unit à la divinité du Christ dans sa Passion.

Après la présentation du pain et du vin, le prêtre s’incline profondément devant l’autel et dit à voix basse : « Humbles et pauvres, nous te supplions, Seigneur : accueille-nous. Que notre sacrifice, en ce jour, trouve grâce devant Toi ». Cette courte prière nous montre avec quel esprit et avec quelle disposition de cœur il nous faut porter notre offrande à Dieu : simplicité et pauvreté.

Parfois, le prêtre encense le pain et le vin ainsi que les membres de l’assemblée eucharistique. Ce rite témoigne de l’honneur rendu à une personne ou à un objet. Il est aussi signe de la présence de Dieu et de notre prière qui monte vers Lui comme la fumée monte vers le ciel dans la prière du soir (Ps. I41, 2).

Ensuite le prêtre se lave les mains en disant : « Lave-moi de mes fautes, Seigneur, et purifie-moi de mon péché ». Ce rite a pris place dans la liturgie en fidélité au geste d’humilité et de purification que Jésus a pratiqué lors de la Cène (lavement des pieds).

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18 – PRIERE EUCHARISTIQUE (PE) : LA PREFACE

Au début de la prière eucharistique, un dialogue inspiré des usages juifs s’instaure entre le président et l’assemblée : « Prions ensemble au moment d’offrir le sacrifice de toute l’Église ». En effet, la messe nous fait entrer dans l’action de grâce du Christ et de son Église « pour la gloire de Dieu et le salut du monde » (Vatican II : Lumen gentium, 11). Pour cela, « sursum corda ! », « élevons nos cœurs ! », « haut les cœurs ! », formule déjà attestée dans les catéchèses de Jérusalem.

Ensuite, la préface vient exprimer les motifs de notre eucharistie (mot grec qui signifie « rendre grâce » ou plus simplement « dire un merci émerveillé »). Le mot « préface » (du latin praefari) a été emprunté à la langue sacerdotale des anciens romains et signifie « prière à haute voix » pour accompagner un sacrifice et pour le consacrer en exposant son sens et son intention (cf. Louis Bouyer). La caractéristique propre de la liturgie romaine est d’avoir des préfaces adaptées aux temps liturgiques ou à la prière eucharistique choisie. Elles expriment un aspect particulier de l’histoire du salut et se terminent par le « sanctus ».

19 – PE : LE SANCTUS

C’est un chant d’acclamation : l’univers est rempli de la gloire de Dieu qui, en sa plénitude, est présent à toute chose. En Dieu, il n’y a que beauté, amour et perfection, Il est Dieu trois fois saint.

Le sanctus est formé de deux parties :

l’acclamation d’Isaïe « Saint ! Saint ! Saint le Seigneur… » le jour où le mystère de Dieu se dévoilait devant lui et où lui était annoncée sa mission de prophète (Is 6, 3).

l’acclamation de la foule : « Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! Hosanna, au plus haut des cieux » (Benedictus,… » le jour où Jésus est entré dans Jérusalem (Rameaux).

La suite de la prière est appelée « canon » (d’un mot grec qui signifie « règle ») car c’est une partie fixe.

20 – LA PRIERE EUCHARISTIQUE

Toute la prière eucharistique est entièrement adressée au Père. Elle est dite et accomplie au nom du Christ pour son Église assemblée qui est ainsi unie à son sacrifice rédempteur dans l’Esprit Saint. Elle fait mémoire des gestes et des paroles de Jésus pendant son dernier repas, la Cène.

Avant le concile Vatican II, il n’y avait qu’une seule prière eucharistique, le canon romain. Depuis, l’Église donne le choix entre quatre prières eucharistiques principales auxquelles ont été ajoutées ultérieurement six autres prières : deux pour la réconciliation, trois pour les enfants et une pour les grandes assemblées (cette dernière pouvant être développée en quatre formes différentes).

Chacune des prières suit le schéma général :

a- louange du Père et invocation sur les dons (épiclèse),

b- le récit de l’institution eucharistique (consécration),

c- la prière de l’anamnèse et l’invocation de l’Esprit Saint sur la communauté (seconde épiclèse),

d- les prières d’intercession.

21 – a : EPICLESE DE CONSECRATION

Par l’épiclèse (du grec : « invocation sur} ») qui est l’invocation de l’Esprit Saint sur les offrandes, nous demandons à Dieu le Père d’envoyer l’esprit pour sanctifier ce pain et ce vin afin qu’ils deviennent le Corps et le Sang de Jésus-Christ. Après l’anamnèse, nous invoquerons également l’Esprit-saint sur les fidèles. En effet, de même que le Père a envoyé son Esprit sur la Vierge Marie pour qu’elle donne naissance au Christ, de même, le Père envoie de nouveau son Esprit sur la communauté pour qu’elle devienne le corps du Christ ressuscité.

22 – b : RECIT DE L’INSTITUTION EUCHARISTIQUE

Ce deuxième élément de la prière eucharistique est capital. On passe de l’invocation au récit : « la nuit qu’il fut livré… ». Toute prière eucharistique fait référence à l’événement de la dernière Cène que nous vivons dans la grâce de la croix et de la résurrection.

Ainsi, au nom du Christ et de son Corps, l’Église, le prêtre reprend les paroles de l’évangile et fait ce que Jésus a commandé de faire : « Faites ceci en mémoire de moi ». Le prêtre agit et parle dans la personne du Christ « in persona Christi ». Mystérieusement et sacramentellement, le pain devient le Corps du Christ et le vin son Sang, non pas seulement symboliquement mais, réellement sous les apparences du pain et du vin.

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Après la consécration, le prêtre interpelle l’assemblée en disant : « Il est grand le mystère de la foi » (1Tim 3, 9). Nous professons alors le cœur de notre foi : « Nous proclamons ta mort, Jésus ressuscité, nous célébrons ta résurrection, nous attendons ta venue dans la gloire ! ». C’est l’anamnèse.

23 – c : ANAMNÈSE

Anamnèse signifie « mémoire », mais c’est plus que se souvenir. C’est plus que répéter les paroles et les gestes de quelqu’un. Faire mémoire de la mort et de la résurrection de Jésus-Christ, c’est affirmer qu’ici et maintenant, Jésus-Christ continue de s’offrir pour la vie et le bonheur des hommes.

Le prêtre demande à Dieu d’envoyer à nouveau son Esprit sur l’assemblée pour qu’elle devienne Église, c’est-à-dire Corps du Christ.

Cela fait penser à la parole de Paul Claudel adressée à André Gide « l’Église, voyez-vous, c’est une espèce d’immense incorporation eucharistique ».

24 – d : INTERCESSION

Dans les prières d’intercession qui suivent l’anamnèse, l’Église supplie le Père pour que l’œuvre  du Christ se réalise en elle et dans le monde. C’est pourquoi, nous prions l’Église en mentionnant le pape, l’évêque du lieu et tous les autres, les prêtres, les diacres et tous les fidèles.

Nous prions aussi pour les fidèles défunts qui nous ont précédés dans la foi et enfin, pour cette communauté célébrante afin qu’elle soit rassemblée avec l’Église du ciel. Ce faisant, l’Église exprime la prière du Christ le Jeudi Saint qui loue son Père et intercède pour toute l’humanité.

25 – PE : DOXOLOGIE

«  Doxologie » vient du grec « doxa » =louange et « logos » = parole. C’est une prière de louange envers Dieu UN et TRINE : « Il n’y a qu’un seul Dieu et Père de qui tout vient, et un seul Seigneur Jésus-Christ par qui tout existe » (1Co 8, 6). Il est donc juste que toute louange remonte vers le Père par le Christ.

Cette doxologie finale « Par Lui, avec Lui et en Lui » veut d’abord dire que notre chemin vers le Père est Jésus, seul médiateur entre Dieu et les hommes. C’est effectivement grâce à Jésus que nous sommes sauvés et emportés dans la vie de Dieu son Père.

En ajoutant « dans l’unité de l’Esprit Saint », nous affirmons la puissance unifiante de l’Esprit.

Pendant cette conclusion de la prière eucharistique, le prêtre élève la patène contenant le Corps du Christ et le calice contenant son Sang pour montrer que le Seigneur est bien la victime offerte au Père par le sacrifice de la messe.

L’assemblée répond « Amen » qui est de fait, l’amen le plus solennel de toute la messe car il ratifie toute l’action sacerdotale du Christ renouvelée devant nous par les mains du prêtre.

26 – NOTRE PÈRE

C’est la seule prière que Jésus nous ait laissée ! La proclamation commune du Notre Père est le moment où se noue, dans la force de l’Esprit et dans le souvenir apostolique, une double identité :

a – Dieu nous partage son nom. Le nom familier de « père », en réalité « papa » a été donné par Jésus à celui qui est au-dessus de tout nom, le Transcendant, le Très-Haut. Et nous osons dire ce nom de Père grâce à l’Esprit qui nous permet d’entrer dans cette étonnante intimité par la médiation de Jésus.

b – Notre Dieu nous offre sa paternité. Il nous adopte et nous fait entrer dans son propre mystère. Quand nous, chrétiens, disons ensemble le Notre Père, nous sommes revêtus d’un respect et d’une dignité qui ne nous appartiennent pas mais qui viennent de Dieu même : « Reconnais, ô chrétien, ta dignité » (St Léon).

On se souvient de cette page de Péguy où l’humanité est présentée comme une immense flotte sur la mer. Au-devant de cette flotte, se trouve le bateau de Jésus qui présente ses deux mains comme une étrave fendant les flots et disant « Notre Père ». Et le Père ne voit que ces deux mains qui contiennent toute l’humanité.

27 – EMBOLISME ET RITE DE LA PAIX

L’embolisme, prière qui suit immédiatement le Notre Père, développe et amplifie la dernière demande de cette prière en suppliant le Seigneur de nous délivrer de toute sorte de mal et de nous donner dès maintenant le bonheur qui sera pleinement le nôtre lorsque Jésus reviendra dans la gloire. C’est là notre « bienheureuse espérance », l’avènement de Jésus-Christ, notre Seigneur comme le rappelle St Paul à Tite (Ti 2, 13).

« A Toi, le règne, la puissance et la gloire… » reprend un thème qui revient souvent dans les Écritures, celui de la gloire et de la louange au Christ ressuscité (Ap 5,13).

Par le rite de la paix, les fidèles demandent la paix et l’unité pour l’Église et toute l’humanité, et ils expriment leur amour mutuel avant de participer au même pain. Ici, on se rapporte tout naturellement aux paroles de Jésus : « Si tu présentes ton offrande à l’autel et que là, tu te souviennes que ton frère a quelque chose contre toi, laisse là ton offrande devant l’autel et va d’abord te réconcilier avec ton frère » (Mt 5, 23-24). Et ceci, juste avant de communier.

Nous ne partageons pas la paix que nous pensons pouvoir faire nous-mêmes, mais celle qui vient du Christ et qu’Il nous partage. Cette paix, nous la recevons du Christ comme un don infiniment précieux qui nous transforme et nous rend capables de nous accueillir les uns les autres malgré ou avec nos antagonismes et nos différents.

28 – AGNEAU DE DIEU

Cette expression est un nom très ancien donné au Seigneur Jésus. Le nom laisse entendre que Jésus s’est laissé faire comme un agneau qui se laisse conduire à l’abattoir « sans ouvrir la bouche » (Is 53, 7) et qui prend sur lui les péchés du monde.

Pendant le chant de l’«  Agneau de Dieu », après avoir partagé l’hostie en deux, le prêtre laisse tomber dans le calice un petit morceau d’hostie en souvenir de l’époque où on joignait au sacrifice du jour un reste de la messe précédente pour montrer la continuité du sacrifice du Christ.

Puis, le prêtre récite à voix basse une prière qui le prépare à recevoir la communion : « Seigneur Jésus-Christ, que cette communion à ton corps et à ton sang n’entraîne pour moi ni jugement ni condamnation, mais, qu’elle soutienne mon esprit et mon corps et me donne la guérison ».

29 – COMMUNION

Elle a un sens bien connu et très explicite, c’est l’union à Jésus : « si vous ne mangez ma chair et ne buvez mon sang… » (Jn 6).

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En recevant le Christ, nous sommes incorporés à Lui. Cette nourriture nous convertit : nous croyons l’assimiler, mais, en réalité, c’est elle qui nous assimile. Nous sommes changés en ce que nous mangeons ou plutôt en celui que nous mangeons. Ainsi, nous sommes entraînés à être une offrande-avec-lui au Père, sommet de notre offrande à Dieu. De plus, en communiant au Christ, nous recevons aussi l’Église qui est son corps mystique. Par ce sacrement, le Christ construit son Église.

Dans le haut Moyen-Âge, une célèbre formule disait : « Christus pascit corpus suum ex corpore suo per corpore suum ». Ce qui signifie : « le Christ nourrit son Corps de son Corps et par son Corps » qui peut encore être traduit par « le Christ nourrit l’Église (son corps), à partir de son corps historique (né de Marie et désormais ressuscité) par l’eucharistie (son corps de mystère ou corps mystique) ». Jésus fait grandir son corps ecclésial par son corps sacramentel, ce qui est le message central de la dernière encyclique de Jean-Paul II : « L’Église vit de l’eucharistie ».

Comment communier ?

Le concile Vatican II a réintroduit le geste en usage à l’époque de Cyrille de Jérusalem (315-386) : « La main droite étendue doit être soutenue par la main gauche qui sert en quelque sorte de trône pour le Roi que recevra la main droite ».

L’autre façon, en usage avant le concile, est de recevoir l’hostie directement sur la langue.

30 – PRIERE APRES LA COMMUNION

Cette prière nous permet d’exprimer notre action de grâce pour le don reçu et nos demandes pour l’avenir.

31 – BENEDICTION

De «  bene dicere » = dire (du) bien : le prêtre demande que Dieu nous fasse du bien.

Liturgiquement, ce geste est le symétrique exact de l’accueil du célébrant au début de la messe. Après avoir accueilli son peuple, le Dieu de Jésus-Christ l’envoie en le bénissant. Après le geste d’accueil, c’est un geste d’ouverture.

Cette bénédiction toute simple, fondamentalement trinitaire (« au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit ») est développée pour certaines grandes fêtes où le peuple est invité à répondre par un triple « Amen ».

32 – ENVOI : « ALLEZ DANS LA PAIX DU CHRIST »

« Allez  » : Cet impératif vient de la finale de l’évangile de Matthieu « Allez, de toutes les nations, faites des disciples ! »(Mt 28, 19). Ainsi, il y a un lien indissociable entre l’eucharistie et la mission d’évangélisation qui est rituellement signifiée ici et cet envoi par le Christ est aussi un envoi en Lui, et avec Lui. Il nous envoie répandre le bonheur et la paix vécus au cours de la messe. Sa parole nous accompagne, sa vie est en nous, nous pouvons vivre en chrétiens.

« commencer  » : la messe est terminée, mais tout commence à l’extérieur des murs de l’Église. Notre vie d’enfant de Dieu, nous allons la vivre à l’école, à la maison, au travail, dans notre quartier, etc…. Nous sommes maintenant des messagers de la Bonne Nouvelle de Jésus.

«  envoyés » : en mission par le Christ pour faire bouger le monde, aller vers les autres, donner de la joie, travailler à la paix et au pardon, réaliser le partage, comprendre pleinement les autres, se battre contre le mal, l’injustice, le mensonge, c’est en un mot être chrétien.

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L’EUCHARISTIE EST TOUTE LA MESSE

Saint Augustin – Sermon de Pâques sur les sacrements

Je n’ai pas oublié ma promesse. J’ai promis à ceux d’entre vous qui venaient d’être baptisés un sermon pour leur expliquer le sacrement de la table du Seigneur, que vous pouvez voir maintenant, et auquel vous avez participé la nuit dernière. Vous devez savoir ce que vous avez reçu, ce que vous êtes sur le point de recevoir, ce que vous devriez recevoir chaque jour.

Ce pain que vous pouvez voir sur l’autel, sanctifié par la parole de Dieu, est le Corps du Christ. Cette coupe, ou plutôt ce que la coupe contient, sanctifié par la parole de Dieu, est le Sang du Christ. C’est au moyen de ces choses que le Christ Seigneur souhaitait nous remettre son Corps et son Sang, qu’Il a perdus pour notre salut et le pardon de nos péchés.

Si vous les recevez convenablement, vous êtes vous-mêmes ce que vous recevez. Voyez, l’Apôtre dit : « nous qui sommes plusieurs, formons un seul pain, un seul corps. »(1 Corinthiens 10:17) C’est ainsi qu’il explique le sacrement de la table du Seigneur ; un pain, un corps, c’est ce que nous sommes ensemble, quoique nombreux.

Dans cette miche de pain, il vous est donné clairement à comprendre combien vous devriez aimer l’unité. Je veux dire, ce pain est-il formé d’un seul grain ? Est-ce qu’il n’y a pas de nombreux grains de froment ? Mais avant qu’ils ne forment le pain, ils étaient tous séparés ; ils ont été réunis au moyen de l’eau, après avoir été moulus. Tant que le blé n’a pas été moulu et humecté d’eau, il ne peut absolument pas prendre cette forme qu’on appelle pain.

De même, vous aussi vous avez été moulus par l’humiliation du jeune et le sacrement de l’exorcisme. Alors est venu le baptême, et vous avez été, si l’on peut parler ainsi, humectés d’eau en vue d’être façonnés en pain. Mais ce n’est pas encore du pain sans un feu pour le cuire. Alors que représente le feu ? C’est le saint chrême, l’onction. L’huile, qui nourrit le feu, est le sacrement de l’Esprit-Saint.

Remarquez donc quand on lit les Actes des Apôtres : la lecture de ce livre commence maintenant. Aujourd’hui commence le livre intitulé Actes des Apôtres. Quiconque souhaite progresser a les moyens de le faire.

Quand vous vous assemblez à l’église, laissez de côté les histoires idiotes et concentrez-vous sur les Ecritures. Nous sommes vos livres, alors soyez attentifs et voyez comment l’Esprit-Saint va venir à la Pentecôte. Et voici comment il viendra : il se montrera sous forme de langues de feu.

Vous voyez, il insuffle en nous la charité, qui devrait nous enflammer pour Dieu, faire que nous pensions peu au monde, brûler notre paille et purger et raffiner nos cœurs comme de l’or. Donc l’Esprit-Saint vient, le feu après l’eau, et vous êtes cuits en un pain qui est le Corps du Christ, et c’est ainsi que l’unité est signifiée.

Maintenant vous avez les sacrements dans l’ordre où ils arrivent. D’abord, après la prière, vous êtes incités à élever vos cœurs ; ce n’est que juste pour les membres du Christ. Après tout, si vous êtes devenus les membres du Christ, où est votre tête ? Les membres ont une tête. Si la tête ne se met pas en chemin, les membres ne vont pas suivre.

Où est allée notre tête ? Qu’avez-vous restitué dans le Credo ? « Le troisième jour il est ressuscité des morts, est monté aux cieux, est assis à la droite du Père. » Donc notre tête est dans les cieux. C’est pourquoi, après les mots « élevez votre cœur » vous répondez « nous le tournons vers le Seigneur ».

Et vous ne devriez pas l’attribuer à vos propres capacités, à vos propres mérites, à vos propres efforts, cette élévation de votre cœur vers le Seigneur, parce que c’est un don de Dieu si vous êtes en mesure de le faire.

C’est pourquoi l’évêque ou le prêtre qui célèbre, continue de parler ainsi, quand l’assemblée a répondu « nous le tournons vers le Seigneur ». Il dit « rendons grâce au Seigneur notre Dieu » parce que nous avons élevé nos cœurs. Rendons-Lui grâce, parce que tant qu’Il ne nous a pas rendu capables d’élever nos cœurs, nous garderions nos cœurs en bas, vers les choses de la terre. Et vous signifiez votre accord en répondant « cela est juste et bon » de rendre grâce à Celui qui nous fait lever notre cœur vers notre tête.

Puis, après la consécration du sacrifice de Dieu, parce qu’Il nous veut devenir nous-mêmes Son sacrifice, ce qui est indiqué par l’endroit où ce sacrifice a pris place la première fois, il y a le signe de ce que nous sommes, c’est pourquoi, après la consécration, nous disons la prière du Seigneur, que nous avons reçue et que nous perpétuons.

Après cela vient le vœu [de paix], « la Paix soit avec vous », et les chrétiens échangent un saint baiser. C’est un signe de paix ; ce qui est exprimé par les lèvres devrait atteindre notre conscience ; c’est-à-dire que quand nos lèvres approchent nos frères et nos sœurs, notre cœur ne devrait pas être séparé du leur.

Ce sont de grands sacrements et signes, vraiment de sérieux et importants sacrements. Voulez-vous savoir comment leur sérieux est imprimé en nous ? L’apôtre dit « quiconque mange le Corps du Christ ou boit le Sang du Christ indignement est coupable envers le Corps et le Sang du Seigneur. » 1 Corinthiens 11:27)

Qu’est-ce que recevoir indignement ? Recevoir avec mépris, recevoir avec dérision. Ne vous laissez pas aller à penser que ce que vous voyez n’est d’aucune valeur. Ce que vous pouvez voir passera, mais la réalité invisible signifiée par là ne passera pas, mais elle demeurera pour toujours.

Regardez, cela est reçu, mangé, consumé. Le Corps du Christ est-il consumé ? L’Eglise du Christ est-elle consumée ? Les membres du Christ sont-ils consumés ? Que périsse cette pensée ! Ici ils sont purifiés, ils seront couronnés des lauriers de la victoire.

Ainsi ce qui est signifié demeurera éternellement, tandis que la chose qui signifie semble passer.

Donc, recevez les sacrement de telle sorte que vous pensiez à vous-mêmes, que vous gardiez l’unité dans vos cœurs, que vous éleviez vos cœurs. Ne placez pas votre espérance sur la terre mais dans le ciel. Gardez en Dieu une foi ferme, qu’elle soit agréable à Ses yeux.

Parce que ce que vous ne voyez pas maintenant, mais que vous croyez, vous le verrez, là où vous vous réjouirez sans fin.

Saint Augustin (354-430) est né à Thagaste (dans l’Algérie actuelle). Après avoir mené une jeunesse désordonnée, il est devenu un fervent chrétien, sous l’influence de sa mère, Sainte Monique, et de son professeur, Saint Ambroise de Milan. Deux de ses livres, « Confessions » et « La cité de Dieu » sont considérés comme faisant partie des plus grands travaux d’apologétique.

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PREMIÈRE LETTRE DE SAINT PAUL APÔTRE AUX CORINTHIENS

chapitre 12,

12 Prenons une comparaison : le corps ne fait qu’un, il a pourtant plusieurs membres ; et tous les membres, malgré leur nombre, ne forment qu’un seul corps. Il en est ainsi pour le Christ.

13 C’est dans un unique Esprit, en effet, que nous tous, Juifs ou païens, esclaves ou hommes libres, nous avons été baptisés pour former un seul corps. Tous, nous avons été désaltérés par un unique Esprit.

14 Le corps humain se compose non pas d’un seul, mais de plusieurs membres.

15 Le pied aurait beau dire : « Je ne suis pas la main, donc je ne fais pas partie du corps », il fait cependant partie du corps.

16 L’oreille aurait beau dire : « Je ne suis pas l’œil, donc je ne fais pas partie du corps », elle fait cependant partie du corps.

17 Si, dans le corps, il n’y avait que les yeux, comment pourrait-on entendre ? S’il n’y avait que les oreilles, comment pourrait-on sentir les odeurs ?

18 Mais, dans le corps, Dieu a disposé les différents membres comme il l’a voulu.

19 S’il n’y avait en tout qu’un seul membre, comment cela ferait-il un corps ?

20 En fait, il y a plusieurs membres, et un seul corps.

21 L’œil ne peut pas dire à la main : « Je n’ai pas besoin de toi » ; la tête ne peut pas dire aux pieds : « Je n’ai pas besoin de vous ».

22 Bien plus, les parties du corps qui paraissent les plus délicates sont indispensables.

23 Et celles qui passent pour moins honorables, ce sont elles que nous traitons avec plus d’honneur ; celles qui sont moins décentes, nous les traitons plus décemment ; 24 pour celles qui sont décentes, ce n’est pas nécessaire. Mais en organisant le corps, Dieu a accordé plus d’honneur à ce qui en est dépourvu.

25 Il a voulu ainsi qu’il n’y ait pas de division dans le corps, mais que les différents membres aient tous le souci les uns des autres.

26 Si un seul membre souffre, tous les membres partagent sa souffrance ; si un membre est à l’honneur, tous partagent sa joie.

27 Or, vous êtes corps du Christ et, chacun pour votre part, vous êtes membres de ce corps.

28 Parmi ceux que Dieu a placés ainsi dans l’Église, il y a premièrement des apôtres, deuxièmement des prophètes, troisièmement ceux qui ont charge d’enseigner ; ensuite, il y a les miracles, puis les dons de guérison, d’assistance, de gouvernement, le don de parler diverses langues mystérieuses.

29 Tout le monde évidemment n’est pas apôtre, tout le monde n’est pas prophète, ni chargé d’enseigner ; tout le monde n’a pas à faire des miracles, 30 à guérir, à dire des paroles mystérieuses, ou à les interpréter.

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Enseignements sur l’Eucharistie

Saint Augustin d’Hippone (354-430)

En parlant de Dieu, à propos de l’Eucharistie:

« Tout puissant qu’il soit, il n’a rien pu faire de plus grand,
tout sage qu’il soit, il n’a rien pu trouver de plus admirable,
tout riche qu’il soit, il n’a pas pu faire un plus précieux présent. »

Personne ne mange cette chair à moins qu’il ne l’ait d’abord adoré… non seulement nous ne péchons pas si nous adorons, mais nous pécherions si nous n’adorions pas. (cf. Enarr ; in Ps 98, 9 CCL XXXOX 1385). Benoît XVI cite ce passage et le commente: »De fait, dans l’Eucharistie nous ne recevons pas simplement quelque chose. Celle-ci est la rencontre et l’unification de personnes ; cependant, la personne qui vient à notre rencontre et qui désire s’unir à nous est le Fils de Dieu. Une telle unification ne peut se réaliser que selon la modalité de l’adoration. Recevoir l’Eucharistie signifie adorer Celui que nous recevons » (Benoît XVI, Voeux 2005)

« Ce pain que vous voyez sur l’autel, une fois sanctifié par la parole de Dieu, est le corps du Christ. Cette coupe, ou plutôt le breuvage qu’elle contient, une fois sanctifiée par la parole de Dieu, est le sang du Christ. Notre Seigneur Jésus Christ a voulu nous confier là son corps et son sang, qu’il a répandu pour nous en rémission des péchés. Si vous les avez bien reçus, vous êtes vous-mêmes celui que vous avez reçu » (Sermo 227, 1; PL 38, 1099). Par conséquent, « nous sommes devenus, non seulement des chrétiens, mais le Christ lui-même » (PL 35, 1568). « Le Christ n’est pas dans la tête sans être dans le corps, le Christ est tout entier dans la tête et dans le corps » (PL 35, 1622).

 

« O sacrement de la piété, signe de l’unité, lien de la charité. »

« Recevez ce que vous êtes et devenez ce que vous recevez »

Il met sur les lèvres du Christ ces paroles: « Je suis l’aliment des grands ; grandis et tu me mangeras. Tu ne me transformeras pas en toi, comme la nourriture de ta chair, mais c’est en moi que tu te transformeras » (Confessions VII, x, 16).

Ce pain sacré nous apprend donc combien nous devrions chérir l’unité. En effet, est-il formé d’un seul grain? N’est-il pas au contraire composé de plusieurs grains de froment? Ces grains, avant d’être transformés pour devenir du pain, étaient séparés les uns des autres; l’eau a servi à les unir après qu’ils ont été broyés. Car si le froment n’est moulu, et si la farine ne s’imbibe d’eau, jamais on ne peut en faire du pain. C’est ainsi que durant ces jours passés, vous étiez en quelque sorte écrasés sous le poids des humiliations du jeûne et des pratiques mystérieuses de l’exorcisme. L’eau du baptême est venue comme vous pénétrer ensuite, afin de faire de vous une espèce de pâte spirituelle. Mais il n’y a pas de pain sans la chaleur du feu. De quoi le feu est-il ici le symbole? Du saint chrême: car l’huile qui entretient le feu parmi nous est la figure de l’Esprit Saint. Ainsi donc le Saint-Esprit viendra comme le feu après l’eau, et vous deviendrez un pain sacré, le Corps de Jésus-Christ.

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Jeudi Saint : Messe chrismale, lavement des pieds et institution de la Cène

18 AVRIL 2019

Jeudi Saint — 

 

MESSE CHRISMALE

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PREMIÈRE LECTURE

Le Seigneur m’a consacré par l’onction, il m’a envoyé annoncer la bonne nouvelle aux humbles, et leur donner l’huile de joie

Lecture du livre du prophète Isaïe (61, 1-3a.8b-9)

L’esprit du Seigneur Dieu est sur moi
parce que le Seigneur m’a consacré par l’onction.
Il m’a envoyé annoncer la bonne nouvelle aux humbles,
guérir ceux qui ont le cœur brisé,
proclamer aux captifs leur délivrance,
aux prisonniers leur libération,
proclamer une année de bienfaits accordée par le Seigneur,
et un jour de vengeance pour notre Dieu,
consoler tous ceux qui sont en deuil,
ceux qui sont en deuil dans Sion,
mettre le diadème sur leur tête au lieu de la cendre,
l’huile de joie au lieu du deuil,
un habit de fête au lieu d’un esprit abattu.
Vous serez appelés « Prêtres du Seigneur » ;
on vous dira « Servants de notre Dieu ».
Loyalement, je vous donnerai la récompense,
je conclurai avec vous une alliance éternelle.
Vos descendants seront connus parmi les nations,
et votre postérité, au milieu des peuples.
Qui les verra pourra reconnaître
la descendance bénie du Seigneur.

  

PSAUME

(88 (89), 20ab.21, 22.25, 27.29)

Autrefois, tu as parlé à tes amis,
dans une vision tu leur as dit :
« J’ai trouvé David, mon serviteur,
je l’ai sacré avec mon huile sainte.

« Ma main sera pour toujours avec lui,
mon bras fortifiera son courage.
Mon amour et ma fidélité sont avec lui,
mon nom accroît sa vigueur.

« Il me dira : “Tu es mon Père,
mon Dieu, mon roc et mon salut !”
Sans fin je lui garderai mon amour,
mon alliance avec lui sera fidèle. »

  

DEUXIÈME LECTURE

« Il a fait de nous un royaume et des prêtres pour son Dieu et Père »

Lecture de l’Apocalypse de saint Jean (1, 5-8)

Que la grâce et la paix vous soient données
de la part de Jésus Christ, le témoin fidèle,
le premier-né des morts,
le prince des rois de la terre.

À lui qui nous aime,
qui nous a délivrés de nos péchés par son sang,
qui a fait de nous un royaume
et des prêtres pour son Dieu et Père,
à lui, la gloire et la souveraineté
pour les siècles des siècles. Amen.
Voici qu’il vient avec les nuées,
tout œil le verra,
ils le verront, ceux qui l’ont transpercé ;
et sur lui se lamenteront toutes les tribus de la terre.
Oui ! Amen !

Moi, je suis l’Alpha et l’Oméga,
dit le Seigneur Dieu,
Celui qui est, qui était et qui vient,
le Souverain de l’univers.

  

ÉVANGILE

« L’Esprit du Seigneur est sur moi ; il m’a consacré par l’onction »

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (4, 16-21)

En ce temps-là,
Jésus vint à Nazareth, où il avait été élevé.
Selon son habitude,
il entra dans la synagogue le jour du sabbat,
et il se leva pour faire la lecture.
On lui remit le livre du prophète Isaïe.
Il ouvrit le livre et trouva le passage où il est écrit :
L’Esprit du Seigneur est sur moi
parce que le Seigneur m’a consacré par l’onction.
Il m’a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres,
annoncer aux captifs leur libération,
et aux aveugles qu’ils retrouveront la vue,
remettre en liberté les opprimés,
annoncer une année favorable accordée par le Seigneur.

Jésus referma le livre, le rendit au servant et s’assit.
Tous, dans la synagogue, avaient les yeux fixés sur lui.
Alors il se mit à leur dire :
« Aujourd’hui s’accomplit ce passage de l’Écriture
que vous venez d’entendre. »

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MESSE DU SOIR

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PREMIÈRE LECTURE

Prescriptions concernant le repas pascal (Ex 12, 1-8.11-14)

Lecture du livre de l’Exode (12, 1-8.11-14)

En ces jours-là, dans le pays d’Égypte,
le Seigneur dit à Moïse et à son frère Aaron :
« Ce mois-ci
sera pour vous le premier des mois,
il marquera pour vous le commencement de l’année.
Parlez ainsi à toute la communauté d’Israël :
le dix de ce mois,
que l’on prenne un agneau par famille,
un agneau par maison.
Si la maisonnée est trop peu nombreuse pour un agneau,
elle le prendra avec son voisin le plus proche,
selon le nombre des personnes.
Vous choisirez l’agneau d’après ce que chacun peut manger.
Ce sera une bête sans défaut, un mâle, de l’année.
Vous prendrez un agneau ou un chevreau.
Vous le garderez jusqu’au quatorzième jour du mois.
Dans toute l’assemblée de la communauté d’Israël,
on l’immolera au coucher du soleil.
On prendra du sang,
que l’on mettra sur les deux montants et sur le linteau
des maisons où on le mangera.
On mangera sa chair cette nuit-là,
on la mangera rôtie au feu,
avec des pains sans levain et des herbes amères.
Vous mangerez ainsi : la ceinture aux reins,
les sandales aux pieds,
le bâton à la main.
Vous mangerez en toute hâte :
c’est la Pâque du Seigneur.
Je traverserai le pays d’Égypte, cette nuit-là ;
je frapperai tout premier-né au pays d’Égypte,
depuis les hommes jusqu’au bétail.
Contre tous les dieux de l’Égypte j’exercerai mes jugements :
Je suis le Seigneur.
Le sang sera pour vous un signe,
sur les maisons où vous serez.
Je verrai le sang, et je passerai :
vous ne serez pas atteints par le fléau
dont je frapperai le pays d’Égypte.

Ce jour-là
sera pour vous un mémorial.
Vous en ferez pour le Seigneur une fête de pèlerinage.
C’est un décret perpétuel : d’âge en âge vous la fêterez. »

  

PSAUME

(115 (116b), 12-13, 15-16ac, 17-18)

Comment rendrai-je au Seigneur
tout le bien qu’il m’a fait ?
J’élèverai la coupe du salut,
j’invoquerai le nom du Seigneur.

Il en coûte au Seigneur
de voir mourir les siens !
Ne suis-je pas, Seigneur, ton serviteur,
moi, dont tu brisas les chaînes ?

Je t’offrirai le sacrifice d’action de grâce,
j’invoquerai le nom du Seigneur.
Je tiendrai mes promesses au Seigneur,
oui, devant tout son peuple.

  

DEUXIÈME LECTURE

« Chaque fois que vous mangez ce pain et que vous buvez cette coupe, vous proclamez la mort du Seigneur »

Lecture de la première lettre de saint Paul apôtre aux Corinthiens (11, 23-26)

Frères,
moi, Paul, j’ai moi-même reçu ce qui vient du Seigneur,
et je vous l’ai transmis :
la nuit où il était livré,
le Seigneur Jésus prit du pain,
puis, ayant rendu grâce,
il le rompit, et dit :
« Ceci est mon corps, qui est pour vous.
Faites cela en mémoire de moi. »
Après le repas, il fit de même avec la coupe,
en disant :
« Cette coupe est la nouvelle Alliance en mon sang.
Chaque fois que vous en boirez,
faites cela en mémoire de moi. »

Ainsi donc, chaque fois que vous mangez ce pain
et que vous buvez cette coupe,
vous proclamez la mort du Seigneur,
jusqu’à ce qu’il vienne.

  

ÉVANGILE

« Il les aima jusqu’au bout » (Jn 13, 1-15)

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (13, 1-15)

Avant la fête de la Pâque,
sachant que l’heure était venue pour lui
de passer de ce monde à son Père,
Jésus, ayant aimé les siens qui étaient dans le monde,
les aima jusqu’au bout.

Au cours du repas,
alors que le diable
a déjà mis dans le cœur de Judas, fils de Simon l’Iscariote,
l’intention de le livrer,
Jésus, sachant que le Père a tout remis entre ses mains,
qu’il est sorti de Dieu et qu’il s’en va vers Dieu,
se lève de table, dépose son vêtement,
et prend un linge qu’il se noue à la ceinture ;
puis il verse de l’eau dans un bassin.
Alors il se mit à laver les pieds des disciples
et à les essuyer avec le linge qu’il avait à la ceinture.
Il arrive donc à Simon-Pierre,
qui lui dit :
« C’est toi, Seigneur, qui me laves les pieds ? »
Jésus lui répondit :
« Ce que je veux faire, tu ne le sais pas maintenant ;
plus tard tu comprendras. »
Pierre lui dit :
« Tu ne me laveras pas les pieds ; non, jamais ! »
Jésus lui répondit :
« Si je ne te lave pas,
tu n’auras pas de part avec moi. »
Simon-Pierre
lui dit :
« Alors, Seigneur, pas seulement les pieds,
mais aussi les mains et la tête ! »
Jésus lui dit :
« Quand on vient de prendre un bain,
on n’a pas besoin de se laver, sinon les pieds :
on est pur tout entier.
Vous-mêmes,
vous êtes purs,
mais non pas tous. »
Il savait bien qui allait le livrer ;
et c’est pourquoi il disait :
« Vous n’êtes pas tous purs. »

Quand il leur eut lavé les pieds,
il reprit son vêtement, se remit à table
et leur dit :
« Comprenez-vous
ce que je viens de faire pour vous ?
Vous m’appelez “Maître” et “Seigneur”,
et vous avez raison, car vraiment je le suis.
Si donc moi, le Seigneur et le Maître,
je vous ai lavé les pieds,
vous aussi, vous devez vous laver les pieds les uns aux autres.
C’est un exemple que je vous ai donné
afin que vous fassiez, vous aussi,
comme j’ai fait pour vous. »

EUCHARISTIE, POEME, POEMES, PRIERES, THOMAS D'AQUIN

Poême de saint Thomas d’Aquin sur l’Eucharistie

« Il est autant en une parcelle que dans le tout » (saint Thomas d’Aquin).

Aujourd’hui, nous fêtons Saint Thomas d’Aquin. :  poème qu’il a écrit en 1264 à la demande du Pape Urbain IV.

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Loue, Ô Sion, ton Sauveur,

Loue ton chef et ton pasteur,
en tes hymnes et tes cantiques.

Autant que tu le peux, ose le chanter,
car il est supérieur à toute louange,

et tu ne suffis pas à le louer.

Comme thème de louange spéciale, c’est le Pain vivant
et vivifiant, qu’on te propose aujourd’hui.

Le Pain que sur la table de la Sainte Cène,

Aux douze ces frères, Jésus donna réellement.

 

Que la louange soit pleine et sonore ;

qu’elle soit joyeuse, et magnifique la jubilation de l’âme.

 

Car nous fêtons le jour solennel qui rappelle

la première institution de ce banquet.

 

À cette table du nouveau Roi,

la nouvelle Pâque de la nouvelle loi

met fin à la Pâque antique.

 

Au rite ancien succède le nouveau,

la vérité chasse l’ombre des figures,

la lumière dissipe la nuit.

 

Ce que le Christ accomplit à la Cène,

il a ordonné de le faire en mémoire de lui.

 

Instruits par ces ordres saints,

nous consacrons le pain, le vin,

en l’hostie du salut.

 

C’est un dogme proposé aux chrétiens,

que le pain devient la chair

et le vin le sang du Christ.

 

Sans comprendre et sans voir

la foi vive l’atteste,

malgré le cours ordinaire des choses.

 

Sous des espèces diverses,

distinctes seulement par les signes extérieurs,

se cachent les sublimes réalités.

 

La chair est une nourriture,

et le sang un breuvage,

le Christ demeure cependant entier,

sous chacune des deux espèces.

 

On le reçoit sans le diviser, ni le briser, ni le rompre :

c’est tout entier qu’il se donne.

 Un seul le reçoit, mille le reçoivent :

celui-là autant que ceci :
on s’en nourrit sans le consumer.
Les bons le reçoivent, les méchants aussi,

mais que leur sort est différent,
c’est la vie, ou c’est la mort.

La mort pour les méchants,
la vie pour les bons,
voyez comme la même nourriture a des effets disparates.

Si l’on divise le sacrement,
n’hésitez pas, mais souvenez-vous
qu’il est autant en une parcelle que dans le tout.

Aucun division réelle :
le signe seul est rompu,
sans aucune dimension d’état ni de grandeurs,
en la réalité cachée sous le signe.

Voici le pain des Anges,
devenu l’aliment de l’homme pèlerin :
c’est vraiment le pain des enfants,
qu’il ne faut pas jeter aux chiens.

D’avance il est désigné en figure,
lorsque Isaac est immolé,
l’agneau pascal, sacrifié,
la manne, donné à nos pères.

Bon pasteur, pain véritable,
Jésus, ayez pitié de nous :
nourrissez-nous, soutenez-nous,
faites-nous jouir des biens de la terre des vivants.

Vous qui savez tout, et qui pouvez tout,
qui nous nourrissez en cette vie mortelle,
faites de nous, là haut, les commensaux, les cohéritiers
et les compagnons des citoyens du ciel.

Ainsi soit-il. Alléluia.

Tiré du missel quotidien et vespéral, par Dom Gaspar Lefebvre, 1924.

 

 

 

 

ANNE LECU, CECI EST MON CORPS, EUCHARISTIE, LITURGIE, LIVRES - RECENSION, MESSE

Ceci est mon corps de Anne Lecu

Ceci est mon corps

Anne Lecu

Paris, Le Cerf, 2018. 155 pages

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« Le 26 juillet 201, le père Jacques Hamel était assassiné sans son église à Saint-Etienne-du-Rouvray, lors d’une messe de semaine qui rassemblait moins d’une dizaine de personnes, un mardi matin en plein été.

« Un prêtre âgé ordinaire, des fidèles ordinaires, une église ordinaire, un jour  de semaine ordinaire marqué certes ce jour-là par la célébration de sainte Anne et saint Joachim, parents ordinaires d’une femme ordinaire, Marie, dont la vie fut bouleversée par un évènement extraordinaire, puisqu’elle fut appelée à devenir la mère de Dieu.

« Cette tragédie m’a poursuivie longtemps, car elle m’a fait prendre conscience de l’écart entre l’infinie grandeur de ce qui se passe à chaque eucharistie – fût-ce la plus pauvre en apparence – et une certaine négligence anesthésiée de ma part. S’il est vrai que l’on écrit que pour s’affronter à ce qui résiste en soi, la mort du père Hamel a attisé quelques braises endormies, et réveillé en moi le désir d’approfondir le sens de l’eucharistie, non pas théoriquement, mais du côté du fidèle, y compris dans la grand pauvreté de certaines de nos célébrations. Ce qui se passe à la messe, du côté du fidèle, de notre côté, voilà ce que  je voudrais tenter d’approcher. Qui sait ? Cette célébration devenue étrange pour tant de nos contemporains, fût-elle minuscule ou pauvre, peut-elle transforme-t-elle – rien de moins – le monde ? Dans ce contraste entre une célébration ordinaire et l’extraordinaire qui s’y dévoile, il est tragique, mais non si étrange qu’un prêtre de quatre-vingt-cinq ans soit martyr de l’Eglise à cette occasion. Il ne faut pas pour autant magnifier cette tragédie glaçante. Mais la vie de cet homme et de tous ceux qui lui ressemblent, humbles et discrets, pointe ce à quoi elle fut vouée : indissociablement la vie des hommes et le service de Dieu. L’eucharistie, comme récapitulation de la vie la plus ordinaire des croyants est le lieu où nous sommes configurés au Christ, et où par la grâce de ceux qui sont là, le monde est configuré au Christ, incarné, crucifié, ressuscité. Puisse le père Jacques Hamel intercéder afin que nous comprenions et que nous vivions réellement le mystère que nous célébrons dans l’eucharistie : Dieu mendie en nous une place ».

Anne Lecu en introduction à son livre

 

Les livres qui ont trait au mystère de l’Eucharistie abondent, mais  ce sont bien souvent des traités de théologie ou des méditations écrits le plus souvent du point de vue des prêtres  qui la président et rarement par des laïcs et encore moins du côté de ceux qui y assistent.  C’est le défi relevé par l’auteure.

 

C’est en partant de la mort du Père Jacques Hamel assassiné alors qu’il célébrait l’Eucharistie qu’Anne Lécu s’est donné pour objectif d’approfondir le sens de l’eucharistie « du côté du fidèle », de nous faire pénétrer, mot après mot, geste après geste dans l’extraordinaire de ce qui se passe – le plus souvent à son insu – quand il vient à la messe pour rejoindre l’assemblée chrétienne, que ce soit une assemblée grande ou même de quelques personnes, et fût-ce dans la plus grande pauvreté liturgique.

 

L’auteure nous offre ainsi, en même qu’une catéchèse comme on rêverait d’en avoir une méditation sur chaque texte de la liturgie : ceci serait à méditée par tous ; une telle approche de la messe pourrait grandement  aider tous ceux qui sortent déçus après une célébration en leur faisant comprendre ce qu’il y a d’inouï dans chacune de ces messes, l’inouï de ce qu’elles nous annoncent du mystère du salut et de ce quelles nous donnent de précieux : la Parole du Christ, son Corps et son Sang ! Chaque messe, qu’elle quelle soit devrait être une Bonne Nouvelle !

 

A la lumière de son expérience personnelle, de sa méditation des Écritures et de sa lecture des Pères, Anne Lecu a su dans cet ouvrage lier tout ensemble la liturgie, le point de vue éthique, la dimension de la vie spirituelle et de l’engagement pastoral qui en découle. C’est donc en s’en tenant au plus près des gestes, et des paroles du rituel de la messe qu’elle fait entrevoir au lecteur la dimension eschatologique  de nos assemblées ; le temps et l’espace nous met en situation eschatologique eschatologique, « en prise directe avec la fin des temps et son centre qui est le Christ, incarnatus, crucifixus, resurrectus ».

« Devenez  ce que vous recevez ! » disait saint Augustin aux catéchumènes : c’est bien par l’eucharistie que  l’assemblée devient ce qu’elle reçoit, le Corps du Christ livré pour la multitude. La vie de chacun devient ainsi « configurée » au Christ dans chacun de ses membres ; la vie de celui participe à l’Eucharistie  (même la plus abîmée), est invitée à devenir pain béni, rompu, donné pour les autres, est appelée à devenir elle-même eucharistie pour le salut du monde.

 

On ne sort donc pas indemne de la lecture d’un tel livre ! Car on ne peut pas vivre les messes comme avant ! C’est une invitation à une véritable conversion pour vraiment « vivre l’Eucharistie ».

 

 

L’auteur

Religieuse dominicaine, et médecin en milieu carcéral, Anne Lécu enquête sur le secret, la transparence et le respect de la personne depuis plusieurs années. Elle a publié au Cerf Des Larmes (2012), Marcher vers l’innocence (2015), Tu as couvert ma honte (2016), Le secret médical (2016).

 

 

©Claude-Marie T.

1er juillet 2018