CINEMA, CINEMA FRNÇAIS, FILM GLORIA MUNDI, FILMS, FILMS FRANÇAIS, GLORIA MUNDI (film français), ROBERT GUEDIGUIAN

Gloria Mundi, film de Robert Guédiguian

Gloria Mundi***

de Robert Guédiguian

Film français, 1h47

 

 « Gloria Mundi »,

le présent désenchanté de Robert Guédiguian

3000705.jpg-c_215_290_x-f_jpg-q_x-xxyxx.jpg

Dans un Marseille gris et froid, le réalisateur raconte une famille recomposée aux prises avec la violence sociale du monde d’aujourd’hui. Une tragédie sombre et puissante qui a valu à Ariane Ascaride le prix d’interprétation à Venise.

Les réjouissances autour de la naissance de Gloria laissent poindre les difficultés et la rancœur.

 

gloriamundi.jpg

Ce n’est pas un hasard si, à quelques semaines d’intervalle, Ken Loach et Robert Guédiguian nous livrent le même diagnostic sur l’état du monde. À savoir le constat amer du triomphe de l’ultralibéralisme avec la réussite individuelle pour seul horizon, et la destruction des dernières solidarités, y compris au sein de l’ultime refuge que constitue la cellule familiale. Dans un style très différent, Sorry We Missed You, de Ken Loach, réquisitoire implacable contre l’ubérisation de la société, et ce Gloria Mundi, qui confronte une famille modeste et recomposée avec la dure réalité sociale du monde d’aujourd’hui, se ressemblent.

Pour le cinéaste marseillais, il y a les comédies destinées à nous montrer le monde tel qu’il pourrait être, et les tragédies qui le montrent tel qu’il est. Son 21e film, sans doute l’un des plus sombres et des plus puissants, se classe résolument dans la deuxième catégorie. Mais, au constat quasi clinique dressé par le Britannique, Robert Guédiguian préfère les sentiments et la dramaturgie. Celle qui donne à cette chronique sociale et familiale des allures de drame shakespearien et fait de sa morale un refus de la fatalité.

Une économie de la survie

Au commencement, d’ailleurs, est la vie. Le film s’ouvre sur une naissance, celle de Gloria, fille de Mathilda (Anaïs Demoustier) et de Nicolas (Robinson Stévenin). Elle réunit toute la famille à la maternité en ce jour heureux où les compliments sont d’usage. Au même moment, Daniel (Gérard Meylan), le père de Mathilda, sort d’un long séjour en prison. Son ex-femme Sylvie (Ariane Ascaride), qui s’épuise dans une société de nettoyage industriel, et Richard (Jean-Pierre Darroussin), son second mari conducteur de bus, l’invitent à revenir à Marseille et à faire connaissance avec sa petite-fille.

Mais derrière les réjouissances pointent déjà les difficultés et les rancœurs. Les jeunes parents tirent le diable par la queue. Elle, est à l’essai comme vendeuse dans un magasin de vêtements et ne supporte pas l’autorité tatillonne de sa patronne. Lui s’est mis à son compte comme chauffeur Uber dans l’espoir de s’enrichir, mais n’a fait qu’endetter le couple. «Nous sommes des moins que rien», clame Mathilda qui jalouse sa demi-sœur, Aurore (Lola Naymark) et son compagnon Bruno (Grégoire Leprince-Ringuet).

Eux se sont enrichis en rachetant pour une bouchée de pain les objets du quotidien que de plus pauvres qu’eux bradent pour boucler les fins de mois difficiles. Dans cette économie de la survie, ils sont ceux qui s’en sont sortis et ne cessent de se contempler dans le miroir de leur propre réussite. Jusqu’à ce que l’engrenage fatal de la pauvreté et de la violence vienne tout remettre en cause.

ScyjVFzRfkGSaY_ZjLc6F4NamqE.jpg

Le portrait sombre d’une jeunesse perdue

Dans un Marseille très éloigné de la carte postale, où les quartiers du port ont été livrés aux promoteurs immobiliers, où les solidarités syndicales ont laissé la place à la loi du plus fort, Robert Guédiguian dresse le portrait sombre d’une jeunesse perdue, reflet du monde impitoyable dans lequel elle vit.

Celui où «les dominés soutiennent le discours des dominants» et où «la nécessité du partage a cédé la place à ce fléau mortel quest la volonté de chacun de posséder ce que les autres possèdent», explique le réalisateur en colère. À cette génération, il oppose celle des parents (la sienne), personnages bienveillants et remplis de sagesse mais qui assistent impuissants à la défaite de tous leurs idéaux.

Dans le rôle de Sylvie, toujours digne malgré un travail éreintant, qui refuse de faire grève parce qu’elle n’a pas le choix, Ariane Ascaride, prix d’interprétation à Venise, est magnifique de retenue et d’humanité blessée. À ses côtés, le personnage poétique de Gérard Meylan, en ex-taulard réfugié dans l’écriture de haïkus, apporte la seule lumière de ce film noir et fera en sorte, par son geste sacrificiel, de briser la spirale de pauvreté et de violence dans laquelle est enfermée la famille. À la tête de sa troupe habituelle de comédiens talentueux, Robert Guédiguian, en militant jamais résigné, force parfois le trait. Mais n’est-ce pas là toute l’essence de la tragédie ?

photo-film-gloria-mundi-1.jpg

—————–

Repères

Ariane Ascaride, fidèle interprète

10 octobre 1954 : Naissance à Marseille.

1975 : Entre au Conservatoire national d’art dramatique et épouse Robert Guédiguian.

1977 : Premier rôle au cinéma dans La Communion solennelle de René Féret.

1980 : Joue dans Dernier été, le premier film de son mari. Elle sera son interprète dans tous ses films sauf un, Le Promeneur du Champ-de-mars, consacré aux derniers jours de François Mitterrand. Elle se partage depuis entre le théâtre et le cinéma.

1998 : César de la meilleure actrice pour Marius et Jeannette.

2019 : Coupe Volpi de la meilleure actrice à la Mostra de Venise pour Gloria Mundi.

image

https://www.la-croix.com/Culture/Cinema/Gloria-Mundi-present-desenchante-Robert-Guediguian-2019-11-26-1201062820

 

AFFAIRE DREYFUS, ALFRED DREYFUS (1859-1935), CINEMA, CINEMA FRANÇAIS, CINEMA FRNÇAIS, FILM J'ACCUSE, FILMS, J'ACCUSE, FILM DE ROMAN POLANSKI, MARIE-GEORGES PICQUART (1854-1914), ROMAN POLANSKI (1933-...)

J’accuse, film de Roman Polanski

J’accuse de Roman Polanski

L’Affaire Dreyfus vue par celui qui l’a lancée

polanskii.jpg

Avec « J’accuse », en salles le 13 novembre 2019, Roman Polanski signe un excellent film historique sur la plus célèbre affaire judiciaire de l’histoire de France, l’Affaire Dreyfus.

Il a pris le parti non de la raconter mais de la montrer à travers le regard de celui sans qui elle n’aurait pas existé, le colonel Picquart, un officier déluré et antisémite qui a placé sa conscience au-dessus de sa carrière et de ses  préjugés (Jean Dujardin, excellent dans ce rôle).

Ce point de vue, c’était déjà celui de Robert Harris, auteur du roman qui a inspiré le film, D. (2013), avec qui Polanski a co-écrit le scénario.

 Une plongée réussie dans une affaire judiciaire complexe

Le film s’ouvre sur la dégradation du capitaine Alfred Dreyfus dans la cour de l’École militaire, à Paris, le 5 janvier 1895. Officier juif déclaré coupable de haute trahison par un tribunal de guerre, il aurait fourni des éléments confidentiels à l’ennemi allemand. Louis Garrel, bien grimé, fait un Dreyfus très convaincant. Ses insignes et épaulettes lui sont violemment arrachées, son épée cassée en deux et sa casquette et ses médailles sont jetés à terre et piétinées. C’est le summum de la disgrâce.

Derrière les grilles, une foule haineuse vocifère insultes et propos antisémites. Dreyfus clame son innocence.

Roman Polanski (86 ans) s’est inspiré pour ce film du roman D., de Robert Harris, lequel a été associé à l’écriture du scénario.  Il met en avant le point de vue d’un personnage central de l’Affaire, le lieutenant-colonel Georges Picquart.

Jean Dujardin, fidèle à lui-même, entre sans grande difficulté dans la peau du personnage. On assiste à l’ascension de ce lieutenant-colonel brillant, qui atterrit à la direction du service de renseignements.  Il prend son rôle très à cœur et exerce ses missions dans le respect des valeurs militaires.

La « preuve » accablant Dreyfus est un bordereau découvert le 26 septembre 1894 et adressé au major allemand Schwartzkoppen, dans lequel les officiers du renseignement et même le célébrissime expert de la police judiciaire Adolphe Bertillon (Matthieu Amalric) ont cru reconnaître l’écriture du capitaine…

Un jour de mars 1896, alors qu’il consulte les documents fournis par Madame Bastian, femme de ménage-espionne qui transmet le contenu des corbeilles en papier de l’ambassade allemande à l’armée française, Picquart fait une découverte qui change le cours de sa vie, et de l’Histoire.

Il tombe sur « le petit bleu », un mot d’un officier français d’origine hongroise, le commandant Esterhazy, adressé à Schwartzkoppen. Tiens donc, l’écriture du mot ressemble étrangement à celle du bordereau. Dès lors, Picquart se met en quête de vérité et se rend compte que le dossier à charge est très, très mince…

Polanski4.jpg

C’est un homme à la personnalité ambigüe. Célibataire libertin comme beaucoup de ses homologues, qui entretient une liaison avec une femme mariée, Pauline Monnier (Emmanuelle Seigner), il place la justice et l’honneur militaire au-dessus de tout. Il partage aussi un antisémitisme de salon très courant en son temps, allant jusqu’à déclarer sans sourciller à Dreyfus qu’il n’aime pas les juifs mais n’accepte pas pour autant qu’un innocent soit condamné !

Mais la hiérarchie militaire et le ministre ne veulent rien entendre. Dans une période de grande tension internationale, il n’est pas question selon eux de laisser planer le doute sur l’infaillibilité de l’armée et de ses tribunaux !

Le colonel Picquart s’oppose aussi à son subordonné, le commandant Henry (Grégory Gadebois). Un militaire obsédé par le respect des ordres et de la hiérarchie qui en vient à produire en octobre 1896 un bordereau qui accable Dreyfus.

Picquart est finalement affecté loin de Paris, jusque dans les confins de la Tunisie. Mais comme Dreyfus sur l’île du Diable, il a le « tort » de survivre à l’épreuve et revient à Paris pour reprendre son enquête. Il rencontre les principaux dreyfusards, Matthieu Dreyfus, frère du condamné, Georges Clemenceau , patron de L’Aurore, et Émile Zola.

Esterhazy, de son côté, demande à être jugé. Contre toute attente, le 11 janvier 1898, il est acquitté et c’est Picquart qui est condamné et exclu des cadres de l’armée ! Mais l’Affaire est lancée et ne s’arrêtera plus.

zolaaccuse

Du « faux » au célèbre « J’Accuse »

Le 13 janvier 1898, alors que Picquart part en fourgon pour un an d’incarcération, L’Aurore publie à la Une le célèbre « J’Accuse »..

Peu de temps après, le 30 août 1898, Henry avoue être à l’origine du faux. Il est incarcéré à son tour… et se suicide au grand soulagement de sa hiérarchie.

Un procès en révision s’ouvre enfin à Rennes le 9 septembre 1899. À la stupéfaction générale, Dreyfus est à nouveau condamné mais « seulement » à dix ans de réclusion ! Dix jours plus tard, le président Loubet le gracie. Las et usé, Dreyfus accepte la grâce et renonce à faire appel de son jugement à la grande déception de ses partisans et de Picquart en particulier…

En à peine 2h12, Polanski parvient à reconstituer l’atmosphère de l’époque, avec ses préjugés et ses enjeux. Les femmes y tiennent une place très réduite malgré l’excellente prestation d’Emmanuelle Seigner dans le rôle de l’amante.

Et même si l’on connaît la fin de l’histoire, le spectateur est tenu en haleine par un suspens bien mené autour des débats intérieurs qui agitent le héros et des pressions qui pèsent sur lui… Hier comme aujourd’hui, il n’est pas aisé d’affronter sa hiérarchie et l’opinion publique au nom de l’idée que l’on se fait de la justice et de la vérité !

L’épilogue nous montre Picquart en 1906, de retour dans les cadres de l’armée avec le grade de général et nommé ministre de la Guerre par le nouveau Président du Conseil, un certain Clemenceau. Il reçoit Dreyfus qui a été enfin réhabilité. Lui aussi est de retour dans les cadres de l’armée mais seulement en qualité de commandant,  son ancienneté n’ayant pas été prise en considération.

Picquart  lui refuse le grade de lieutenant-colonel pour ne pas réveiller de polémique. La réalité reprend le dessus. Lui et Dreyfus ne se verront plus jamais. Une fin douce-amère qui montre les limites de la justice d’un point de vue tant politique que moral et psychologique.

 

Le cinéma, ça reste du cinéma…

On peut regretter le titre du film, allusion à l’article de Zola, car, à l’exception de Picquart, les autres dreyfusards (Mathieu Dreyfus, Bernard Lazare, Émile Zola, Auguste Scheurer-Kestner…) n’apparaissent qu’en filigrane ou pas du tout. On peut regretter plus sûrement l’héroïsation du personnage central. La réalité est beaucoup plus nuancée ainsi que le rappelle l’historien Philippe Oriol (Le Faux ami du capitaine Dreyfus, Grasset, 2019).

Picquart, quand il a découvert la vérité sur le procès Dreyfus, a songé d’abord à sauver sa carrière et pendant près de deux ans a louvoyé en retenant les informations qu’il détenait. C’est seulement quand il a compris que l’armée le briserait malgré tout qu’il s’est engagé à corps perdu du côté des dreyfusards jusqu’à devenir pour l’opinion publique le vrai héros de l’Affaire !

Après l’amnistie du capitaine Dreyfus, dans le désir de soigner sa popularité, Picquart a suggéré à Dreyfus d’aller de suite en cassation et demander un nouveau procès devant le Conseil de Guerre. Mais Dreyfus et ses proches s’y sont refusés avec raison, préférant attendre que des faits nouveaux et sérieux leur garantissent une cassation du jugement de Rennes, ce qui fut fait le 12 juillet 1906.

Une scission durable et violente s’est alors installée dans le camp dreyfusard, attisée par Picquart qui ne s’est pas privé d’en informer la presse antidreyfusarde… Concluons avec l’écrivain Octave Mirbeau, que cite Philippe Oriol : « Je dirai du colonel Picquart que c’est un homme. Dans les temps de déchéance et d’avilissement que nous traversons, être un homme, cela me paraît quelque chose de plus émouvant et de plus rare que d’être un héros. L’humanité meurt d’avoir des héros, elle se vivifie d’avoir des hommes » (1899).

Publié ou mis à jour le : 2019-11-13 14:27:54

 

 

 

BRUNO DUMONT, CHARLES PEGUY, FILM JEANNE, FILMS, FILMS FRANÇAIS, JEANNE, JEANNE D'ARC (1412-1431)

Film Jeanne de Bruno Dumont

Jeanne

Bruno Dumont

Avec Lise Leplat-Prudhomme, Fabrice Luchini, Annick Lavieville plus

Sortie le 11 septembre 2019.

Durée : 2h 18 mn

1045499.jpg-c_215_290_x-f_jpg-q_x-xxyxx.jpg

 

SYNOPSIS ET DÉTAILS

Année 1429. La Guerre de Cent Ans fait rage. Jeanne, investie d’une mission guerrière et spirituelle, délivre la ville d’Orléans et remet le Dauphin sur le trône de France. Elle part ensuite livrer bataille à Paris où elle subit sa première défaite. 
Emprisonnée à Compiègne par les Bourguignons, elle est livrée aux Anglais. 
S’ouvre alors son procès à Rouen, mené par Pierre Cauchon qui cherche à lui ôter toute crédibilité. 
Fidèle à sa mission et refusant de reconnaître les accusations de sorcellerie diligentées contre elle, Jeanne est condamnée au bûcher pour hérésie.

Les aventures de Jeanne

Jeanne est la suite de Jeannette et les deux films forment une adaptation d’une pièce de Charles Péguy. Si Jeannette était un film “chantant”, telle une comédie musicale, Jeanne est cette fois un film d’action, psychologique, dialogué, parce que porté aux débats des Batailles et au suspens d’un Procès. « Charles Péguy est un auteur que j’ai découvert assez récemment et j’ai été très impressionné par son écriture, notamment, son chant, sa musicalité. Lorsque j’ai commencé à avoir l’idée de réaliser un film musical, je cherchais un texte réellement propice, aussi je me suis rapproché naturellement de lui et de sa pièce de théâtre Jeanne d’Arc comme d’un livret », confie le réalisateur Bruno Dumont.

Adapter Péguy

Le film précédent de Bruno Dumont, Jeannette, racontait l’enfance de Jeanne d’Arc et était l’adaptation de la première partie de la pièce de Charles Péguy, qui s’appelle Domrémy. Jeanne en est la suite et adapte les deux autres parties : les Batailles et Rouen. « La difficulté littéraire que l’on peut attribuer parfois à Péguy ne me faisait plus peur parce que l’adaptation cinématographique et musicale apportée me permettait alors d’y remédier et d’établir un équilibre inédit : si ce que dit Péguy est parfois fort profond, obscur, c’est ici contrebalancé par la cinématographie des actions, les chansons et la musique qui donnent au tout un accès simple, facile, comme léger et non diminué de ses forces », relate le cinéaste.

Jeanne d’Arc, je m’en fiche !

« Pour le dire franchement, moi, Jeanne d’Arc, je m’en fichais un peu », assène Bruno Dumont, “Charles Péguy   me l’aura, disons « révélée ». Lorsque Péguy écrit sa Jeanne, il est pleinement athée… Il a 24 ans et il est socialiste, universaliste, anticlérical, idéaliste : ça se sent très bien dans son texte qui, à l’oeuvre de pourfendre l’Église chrétienne, attaque davantage toute “église”, c’est à dire tout dogmatisme… Par ailleurs, Jeanne est une héroïne historique et nationale de la Guerre de Cent Ans, elle transporte naturellement et universellement avec elle un pays et un peuple tout entier. L’histoire de Jeanne d’Arc est ainsi un théâtre qui porterait bien l’humanité toute entière au travers d’un récit national, historique et incarné. »

Le choix de Christophe

Selon Bruno Dumont, Jeanne rend compte d’une expérience du temps présent, où l’objectif est de faire entrer le spectateur, l’élever, l’aspirer vers quelque chose qui, certes, nous dépasse, mais infuse. Cependant il faut trouver la bonne balance avec lui, s’adapter à la modernité dans laquelle il vit, chercher une connexion. « Lorsque je fais le choix de Christophe, par exemple, pour composer la partition et interpréter une chanson, ou lorsque je choisis la jeune Lise Leplat-Prudhomme, qui a dix ans, pour incarner une Jeanne adolescente à la fin de sa vie, cela participe des liens que je tisse avec notre présent : rechercher des analogies et des correspondances. Idem pour le procès, où les rôles ont été distribués à des universitaires, théologiens, professeurs de philosophie ou de lettres, tous très à l’aise avec cette matière finalement et déjà connectés à elle. Je voulais que l’on ajoute à cette “orchestration” cinématographique générale, la ligne claire de mélodies, de rythmes et d’harmonies musicales qui fasse fleurir davantage sa compréhension et sa portée. »

Démythifier Jeanne d’Arc

Bruno Dumont souhaitait démythifier le plus possible la légende de Jeanne d’Arc. « Je suis un grand admirateur de L’Evangile selon saint Matthieu de Pasolini, qui replace le sacré exactement là où il faut : au cinéma. Je pense que l’expérience artistique est la source de l’expérience spirituelle et que pour atteindre cela, Dieu est un très bon personnage, une bonne histoire. Le Christ est très propice, très favorable au cinéma de ce point de vue ! C’est aussi pour cela qu’il ne faut pas tant se séparer des bondieuseries, ce serait bien dommage : il faut au contraire remettre Dieu dans son théâtre… au cinéma ! Le cinéma peut satisfaire nos vénérations profondes et la superstition cinématographique n’est que poétique, c’est à dire comme étant enfin remise à sa place. Comme tout art, le cinéma nous émancipe et nous affranchit de l’aliénation religieuse. »

Incarner Jeanne

On aurait imaginé que Jeanne Voisin, qui jouait Jeanne à 15 ans à la fin du premier volet, reprenne le rôle. Or, Bruno Dumont l’a confié à Lise Leplat-Prudhomme, qui dans ce même film incarnait Jeanne enfant. « Aucune actrice incarnant Jeanne d’Arc dans l’histoire du cinéma n’a eu l’âge exact de Jeanne, ses 19 ans à sa mort. Renée Falconnetti avait 35 ans, Ingrid Bergman 39 ans… Pour preuve, au besoin, que ce n’est pas l’exactitude historique qui est recherchée… Lise a 10 ans. Un concours de circonstances a heureusement fait que l’actrice qui jouait Jeanne adolescente dans Jeannette ne puisse reprendre le rôle qui, en effet, lui était dévolu… Mais l’idée de prendre Lise s’est imposée comme une révélation. Quand on a vu aux essais ce qu’elle rendait en armure, on a compris qu’elle avait mystérieusement quelque chose d’extraordinaire, une expression très unique de l’enfance et de l’innocence. »

25550-190910151419904-0.jpg

^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^

Revue  de presse 

28 CRITIQUES PRESSE

25550-190903173052933-0

Cahiers du Cinéma

 par Stéphane du Mesnildot

Plus que jamais le cinéma de Dumont s’affirme comme cette langue étrangère inouïe à l’intérieur du cinéma français.

 

La Septième Obsession

 par Adrien Valgalier

Vibrant et poignant, « Jeanne » est le film le plus bouleversant de Bruno Dumont.

 

Sud Ouest

 par Sophie Avon

C’est aussi singulier que puissant.

 La critique complète est disponible sur le site Sud Ouest

 

20 Minutes

 par Caroline Vié

Le public pousse un soupir de surprise charmée au moment de l’apparition de Christophe, un moment de grâce visuelle et musicale dans la cathédrale d’Amiens.

 

Bande à part

 par Benoit Basirico

Après une Jeannette dansante et insouciante, ce second volet paraît plus austère et plus théâtral, mais il s’avère plus sensible et majestueux.

 La critique complète est disponible sur le site Bande à part

 

Culturebox – France Télévisions

 par Lorenzo Ciavarini Azzi

L’opiniâtreté à toute épreuve de « Jeanne » se lit dans son regard perçant, merveilleusement saisi par le cinéaste. Epoustouflante Lise Leplat Prudhomme.

 La critique complète est disponible sur le site Culturebox – France Télévisions

 

Dernières Nouvelles d’Alsace

 par Nathalie Chifflet

Touché par la grâce, le film s’accorde à la voix nocturne cristalline, sophistiquée, soufflée et énigmatique, de Christophe. Son chant est un miracle, ainsi soit Jeanne.

 La critique complète est disponible sur le site Dernières Nouvelles d’Alsace

 

Elle

 par La Rédaction

Chaque plan du réalisateur est d’une époustouflante beauté.

 

La Croix

 par Céline Rouden

Et puis il y a Jeanne et sa toute jeune interprète Lise Leplat Prudhomme, 12 ans, déjà à l’affiche de Jeanette. (…) Elle y est étonnante d’assurance et de maturité. Et son regard sombre, filmé en gros plan, nous restera longtemps en mémoire.

 La critique complète est disponible sur le site La Croix

 

Le Dauphiné Libéré

 par Jean Serroy

Bruno Dumont, lui aussi fidèle à lui-même et à sa petite interprète, offre sa vision de Jeanne d’Arc dans des images naïves et naturelles, où la transcendance se sent dans son incarnation terrestre et où quelque chose court dans la banalité même des êtres et des choses : la grâce.

 

Le Figaro

 par Marie-Noëlle Tranchant

Avec toujours beaucoup de liberté, Bruno Dumont poursuit son adaptation de Charles Péguy. Sous une gangue rugueuse, son film s’apparente à un joyau très pur.

 La critique complète est disponible sur le site Le Figaro

 

Le Monde

 par Jacques Mandelbaum

Tout ici fait signe vers un ailleurs qui le transcende, le film lui-même semble s’être fait enluminure.

 La critique complète est disponible sur le site Le Monde

 

Le Nouvel Observateur

 par Xavier Leherpeur

Les idées fusent, comme ce ballet équestre qui devient une chorégraphie. Pourtant mille fois vus et entendus, ces procès trouvent ici un nouvel écho, à la fois historique et mystique.

 La critique complète est disponible sur le site Le Nouvel Observateur

 

Les Fiches du Cinéma

 par Marion Philippe

Deux ans après Jeannette, Bruno Dumont adapte de nouveau le drame de Péguy dans un film déroutant et touchant, porté par la jeune Lise Leplat-Prudhomme. Un formalisme poétique en adéquation parfaite avec le mysticisme de son héroïne.

 La critique complète est disponible sur le site Les Fiches du Cinéma

 

L’Humanité

 par Sophie Joubert

Depuis la Vie de Jésus, la frontalité du cinéma de Bruno Dumont divise, qu’il filme le duo de flics empotés de la série P’tit Quinquin ou la revanche des pauvres bouffant littéralement les riches dans Ma loute. Cette Jeanne rebelle et inflexible, qui refuse jusqu’au bout de se soumettre à la loi des hommes et de l’Église, n’échappera pas à la règle. Tant mieux.

 La critique complète est disponible sur le site L’Humanité

 

Libération

 par Guillaume Tion

Malgré une certaine torpeur, Jeanne réussit à nous faire percevoir le personnage le plus commenté et documenté de l’histoire française d’une manière inédite, et qui trouve des échos tout aussi inédits dans notre monde contemporain saturé de super-héroïsme.

 La critique complète est disponible sur le site Libération

 

Ouest France

 par Michel Oriot

Dans le rôle-titre, on découvre un extraordinaire petit bout de femme de dix ans à peine, qui sublime la geste de la Pucelle par sa pureté, sa foi et sa grâce.

 

Positif

 par Eithne O’Neill

Si le dispositif orthodoxe de légendes à l’écran date les événements du 8 mai 1429 à sa mort le 30 mai 1431, « Jeanne » en est la transposition libre et incantatoire.

 

Première

 par Thomas Baurez

Les juges en habits de gala pérorent, complotent, s’interrogent. Il y en a un, dont on ne voit pas les traits cachés sous une capuche, mais dont la voix fluette et gracile trahit l’identité : c’est Christophe, le chanteur ici acteur, dont on entend à plusieurs reprises des chansons originales d’une puissance folle. Sublime !

 La critique complète est disponible sur le site Première

 

Télé Loisirs

 par La rédaction

Porté par une bouleversante comédienne de dix ans et les mélodies de Christophe, le texte y résonne avec une poésie inédite.

 

Télérama

 par Samuel Douhaire

Après un premier volet déroutant sur la bergère de Domrémy, la suite étonne et détonne. Avec de grandes scènes burlesques et les chansons de Christophe.

 La critique complète est disponible sur le site Télérama

 

Transfuge

 par Serge Kaganski

« Jeanne » est un film d’une beauté qui a plus à voir avec Goya qu’avec l’omniprésente esthétique publicitaire de notre époque.

 

Voici

 par Lola Sciamma

Une expérience toujours aussi barrée et radicale.

 

La Voix du Nord

 par Christophe Caron

Les mélodies de Christophe (sublimes) introduisent des instants de grâce avant que l’émotion ne se dissipe, perdue dans les méandres d’une transcendance qui renâcle parfois à livrer ses clés. Bruno Dumont produit un cinéma qui élève et qui malmène.

 La critique complète est disponible sur le site La Voix du Nord

 

Le Journal du Dimanche

 par Stéphanie Belpêche

Un objet singulier.

 

Le Parisien

 par La Rédaction

Sur le socle d’une pièce de Charles Péguy, le cinéma de Bruno Dumont fréquente une autre planète de récit. Il travaille directement sur l’os, ne cherche aucun relief à ses dialogues. La jeune Lise Leplat Prudhomme, qui incarne Jeanne, y accomplit en tout cas une étonnante performance.

 La critique complète est disponible sur le site Le Parisien

 

Les Inrockuptibles

 par Murielle Joudet

Après Jeannette, Dumont continue son récit de la vie de Jeanne d’Arc, avec une suite plus austère, mais toujours intense.

Critikat.com

 par Thomas Grignon

Ce schématisme est d’autant plus regrettable que Dumont se montre toujours capable, au détour d’une scène, de faire du champ-contrechamp un espace d’expérimentation fondé sur un art des contrastes inattendus.

 La critique complète est disponible sur le site Critikat.com

 

^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^

La sublime “Jeanne” de Bruno Dumont

67835.HR.jpg

Le cinéaste fasciné par la figure de Jeanne d’Arc sublime le texte de Charles Péguy dans une mise en scène épurée. Son film, porté par la musique du chanteur Christophe, a reçu la mention spéciale du jury Un certain regard lors du dernier festival de Cannes.

Disons le franchement, la perspective d’aller voir le deuxième volet de l’adaptation du Jeanne d’Arc de Charles Péguy par Bruno Dumont nous laissait circonspect. La première partie consacrée à l’enfance de la bergère de Domrémy, présentée il y a deux ans à la Quinzaine des réalisateurs, et traitée à la manière d’un opéra-rock, confinait à la farce. Elle actait une nouvelle manière tragico-absurde adoptée par son auteur depuis Ma Loute, son précédent long-métrage et les aventures de P’tit Quinquin, série réalisée pour Arte.

Rien de tout ça dans le Jeanne, présenté samedi sur la Croisette dans la section Un certain regard. Le cinéaste nordiste, à l’univers si singulier, revient à une forme d’épure qui était la marque de ses débuts et laisse ici toute sa place au magnifique texte de Charles Péguy. Mais Bruno Dumont, éternel scrutateur de la part sombre de notre humanité, y apporte sa touche personnelle pour apporter au récit « quelque chose de plus universel et de plus contemporain », ainsi qu’il l’a expliqué avant la projection du film.

La caméra s’élève au diapason de l’âme de Jeanne

En grand formaliste fasciné par le sacré, Bruno Dumont sublime le texte de l’écrivain par une mise en scène quasi-élégiaque. Les dunes du littoral nordiste battues par le vent servent d’écrin théâtral aux comédiens du cru, tous non professionnels – à l’exception de Fabrice Luchini faisant une brève apparition dans le rôle de Charles VII.

Un splendide ballet de chevaux, filmé du ciel illustre métaphoriquement la bataille livrée aux Anglais. La caméra, au diapason de l’âme pure de la pucelle d’Orléans, s’élève sans cesse vers les nuages et les voûtes de la cathédrale d’Amiens (on ne peut s’empêcher de penser à celles de Notre-Dame), où se tient le procès de Jeanne. Résonne alors la voix pure et cristalline du chanteur Christophe et les mots de Péguy, procurant aux spectateurs un pur moment de grâce.

Et puis il y a Jeanne et sa toute jeune interprète Lise Leplat Prudhomme, 12 ans, déjà à l’affiche de Jeanette. Le choix était audacieux pour incarner la jeune femme de 19 ans promise au bûcher. Elle y incarne « la jeunesse, la beauté et l’innocence » selon les mots de Bruno Dumont, face aux contingences du pouvoir politique et spirituel qui la jugent. Elle y est étonnante d’assurance et de maturité. Et son regard sombre, filmé en gros plan, nous restera longtemps en mémoire.

 

https://www.la-croix.com/Culture/Cinema/Cannes-2019-sublime-Jeanne-Bruno-Dumont-2019-05-18-1201022829

 

^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^

La “Jeanne” intemporelle de Bruno Dumont

19322839.jpgcapture_3-4255203.jpg

Deux ans après, « Jeannette », l’enfance de Jeanne d’Arc, tirée de « Domrémy », la première partie de Jeanne d’Arc, la pièce de Péguy, Bruno Dumont adapte les deux autres parties, « Les Batailles » et « Rouen » et livre avec ce « Jeanne » un film enthousiasmant, passionnant et singulier.

Dès le début, on sait que le pari est gagné. En tous les cas, que cette nouvelle adaptation de la vie de Jeanne d’Arc au cinéma, malgré les ombres tutélaires de Dreyer ou Bresson qui dominent la filmographie, ne pourra être à côté de la plaque. On le sait, dès le premier regard de Lise Leplat-Prudhomme vers la caméra. Regard noir d’une intensité, d’une profondeur et d’une force inouïes, qui semble protéger un secret, celui d’une intériorité qui restera à jamais inviolée. Choisir une gamine de dix ans pour jouer le rôle de Jeanne à la fin de sa vie est un pari payant, car au fond, qu’est-ce qui peut le plus faire penser à la fronde de Jeanne face à ses juges que le regard qui ne baisse pas les yeux d’une pré-adolescente, encore dans l’innocence de l’enfance, mais déjà projetée vers la femme qu’elle sera en plénitude ?

Disons-le d’emblée, cette Jeanne doit infiniment à la présence inflexible de ce jeune corps féminin, faisant face aux assauts de vieillards cacochymes essayant de la faire craquer par leurs questions théologiques, ainsi qu’à ce regard qui, quand il ne transperce pas ses contradicteurs, regarde fixement, sans se lasser, vers le Ciel, dans un dialogue dont on ne saura rien, mais dont la caméra nous transmet la lumière, en écho au psaume 33 (« Qui regarde vers lui resplendira, sans ombre ni trouble au visage »).

Une Jeanne intemporelle

Le film assume pleinement ce décalage d’âge avec celui de la Pucelle, comme il assume les décalages historiques. Non pas que le texte de Péguy, scrupuleusement respecté, ne soit pas totalement vrai, mais l’image et le son viennent nous proposer de sortir Jeanne de son XVe siècle pour nous permettre de la voir tel qu’elle est dans notre mémoire nationale, à savoir intemporelle. Trois exemples l’illustrent bien. 

Tout d’abord, la scène du procès tournée non à Rouen, mais dans la cathédrale d’Amiens où l’on voit de manière anachronique les juges en grande tenue se prosterner devant le maître-autel baroque. N’y voyons pas une erreur du réalisateur, mais bien une manière de nous dire, filmant ces inclinaisons engoncées devant les ors somptueux, qu’il ne s’agit pas tant de dévotion à Dieu qu’au pouvoir auquel renvoie un art baroque contemporain de la monarchie absolue. De même pour le bunker de Normandie servant de cadre à la prison de Jeanne, il nous parle de l’intemporalité des prisons dans lesquelles les vies humaines sont empêchées de se déployer et convoque en filigrane les atrocités du XXe siècle. Quant à l’anachronisme, le plus étonnant, la musique de Christophe qui chante une chanson face à la caméra, elle vient renforcer le sentiment que Jeanne est notre contemporaine. À noter que la composition est splendide, très inspirée spirituellement, en résonance avec la prose polyphonique de Péguy et accompagne Jeanne comme un chœur de tragédie grecque.

 Dans la lignée de Péguy

Que dit ce film sur Jeanne, dans la lignée du texte de Péguy ? Que Jeanne lutte contre une Église qui se constitue à cet instant comme un système de pouvoir, vendu au temporel (anglais en l’espèce), utilisant toutes les forces de l’université pour écraser une faible jeune fille. L’alternance de saisissants gros plans (qui font penser à Dreyer avec une force comique en plus) vers les acteurs (dont beaucoup sont des professeurs d’université, rompus aux joutes oratoires) et de plans d’ensemble en contre-plongée, réduisant les protagonistes du procès à des pions otages d’un système dévorant, cette alternance met en lueur les passions de l’âme (Dumont ne condamne pas les juges dont on perçoit les failles dans les regards) et la mécanique implacable d’un outil de pouvoir qui a perdu le sens de sa mission.

La modernité de cette Jeanne est dans cette idée péguyste qui a inspiré la réalisation de Dumont, que l’histoire est cyclique. Toujours et toujours, les structures de pouvoir finissent par vénérer le pouvoir jusqu’à l’idolâtrie. À cet égard, la prétention des juges de Jeanne à « l’aider » à se sauver jusqu’à nier, au nom de son salut, son droit au secret et la liberté de sa conscience, est une tentation de mainmise sur les esprits qui a longtemps habité l’Église et à laquelle aucune institution ne saurait échapper.

 La religion prise au sérieux

La Jeanne de Péguy fut écrite par un écrivain socialiste n’ayant pas encore vraiment réalisé son rapprochement avec le christianisme. Dumont la prend au sérieux, comme il prend au sérieux tant la religion dans ses folies humaines que la foi dans sa transcendance lumineuse. Rien de tel qu’un réalisateur athée pour filmer la foi et ce n’est pas un hasard si le dernier plan du film fait écho à la manière dont Pasolini filma la mort de Jésus sur la croix dans son Évangile selon saint Matthieu. Cette distance est peut-être celle de l’incroyant face à la foi, mais plus encore celle du cinéaste ouvert à ce qui réside au plus profond de l’âme et qui sait que l’on ne s’approche du sacré qu’avec une infinie délicatesse.

 Site Aleteia

19322839

BATAILLE DE NORMANDIE, CORNELIUS RYAN (1920-1974), DEBARQUEMENT EN NORMANDIE (6 juin 1944), FILMS, FRANCE, GUERRE MONDIALE 1939-1945, HISTOIRE DE FRANCE, HISTOIRE DE L'EUROPE, LE JOUR LE PLUS LONG, LIVRE, LIVRES

Le Jour le plus long : le livre et le film

 « LE JOUR LE PLUS LONG » DE CORNÉLIUS RYAN,

ÉDITIONS DE « LUXE » PAR OUEST-FRANCE

Présentattion par Benoit.Rondeau    7 mai 2019

006468820

Cornélius Ryan, Le Jour le Plus Long, éditions Ouest-France, 2019, 304 pages

Faut-il encore présenter l’oeuvre de Cornélius Ryan, écrit en 1959, passée à la postérité grâce au film hollywoodien éponyme? La fameuse oeuvre fait l’objet d’une réédition réussie chez Ouest-France. Cette nouvelle version se distingue par trois aspects: son grand format, sa riche et abondante iconographie, la reproduction d’une partie des interviews et des documents d’archives utilisés par le journaliste pour réaliser son ouvrage. Avec le grand grand format retenu pour l’ouvrage, certaines photographies en double-page sont particulièrement bien mises en valeur. Un bonheur pour l’amateur… Un des intérêts majeurs du texte de Ryan est de faire partager l’épopée du Jour J au lecteur selon un rythme vivant, parsemé de dialogues, proche de celui d’un roman bien que fourmillant d’éléments historiques. Bref, un texte captivant. Il s’agit de la grande Histoire racontée au niveau de la petite histoire. Le livre comprend trois grandes parties, « L’Attente », « La Nuit » et « La Journée ». Le lecteur est facilement sais par l’atmosphère régnant ces jours fatidiques dans les deux camps et ce à tous les échelons de la hiérarchie, puisque nous suivons aussi bien des personnages aussi célèbres que Rommel que des hommes du rang lancés dans la grande aventure. Nous voguons au sein de l’immense armada alliée, entendons les accents de la cornemuse de Bill Millin, éprouvons le choc et la confusion du GI’s sur Omaha ou largués près de Sainte-Mère-Eglise… Certes, le lecteur aura sans doute à l’esprit les images de la grande fresque cinématographique de D. Zanuck (que j’ai présentée ici), mais le livre se lit avec autant de plaisir et sera un complément heureux à la fois des ouvrages historiques relatant les combats avec détails et des recueils de témoignages qui se sont multipliés ces dernières années. Un certain nombre d’erreurs se sont bien glissées dans le texte du journaliste américain -on pense au Major allemand Pluskat qui se prétend aux premières loges à Omaha Beach alors qu’il se trouvait en galante compagnie à Bayeux- mais cela ne nuit en aucune manière à la qualité de l’ensemble.

 

62019262

Livre: Le Jour le plus long de Cornelius Ryan

Nicolas Evrard

Près de 70 ans après le Débarquement, les Editions Retrouvées rééditent le récit du Jour J par un ancien correspondant de guerre, témoin des faits. Un demi-siècle après sa première parution, le livre n’a rien perdu de son intensité. Que du contraire!

citation-le-jour-le-plus-long-personnage-inconnu-87331.png

Aube du 6 juin 1944. Agrippée à ses jumelles, une sentinelle allemande n’en croit pas ses yeux. Face à elle, sur une mer agitée, sort de la brume la plus formidable armada jamais réunie de toute l’Histoire. Les alliés ont réussi à tromper la vigilance allemande et s’apprêtent à poser pied sur « la Forteresse Europe « , via les plages de Normandie. Les troupes ont été précédées, durant la nuit, par des milliers de parachutistes chargés d’empêcher l’arrivée de renforts allemands sur le littoral. Dès cet instant, une course contre la montre s’enclenche pour établir une tête de pont et s’agripper à la côte. Rommel, le maréchal allemand chargé de défendre les côtes européennes, l’avait prédit :  » Les 24 premières heures de l’invasion seront décisives. Pour les alliés comme pour nous, ce sera le jour le plus long « .

Cornelius Ryan (1920-1974) raconte l’histoire de cette journée primordiale comme personne. Mêlant habilement informations stratégiques et anecdotes authentiques, son ouvrage, sans temps mort, se lit comme un roman à rebondissements. C’est que l’auteur sait de quoi il parle : correspondant de guerre, il accompagnera les troupes du général Patton durant tout leur périple européen, notamment à travers la Normandie. L’espace de quelque 300 pages, il nous transporte avec brio sur les plages d’Omaha-la-sanglante ou dans les planeurs craquant sous le feu de la D.C.A.

Alors, certes, au niveau historique, certaines affirmations du livre sont erronées et désormais dépassées – le texte date des années 50, il ne faut pas l’oublier. Mais ne boudons pas notre plaisir :  » Le Jour le plus long  » constitue une formidable porte d’entrée pour comprendre le Débarquement… et son auteur n’a rien à envier aux maîtres du suspens actuel !

Cornelius Ryan, Le Jour le Plus Long, Editions retrouvées, 2017

s-l300.jpg

Cornelius Ryan

 

Cornelius Ryan (né le 5 juin 1920 et décédé le 23 novembre 1974) est un journaliste irlando-américain et un auteur connu pour ses ouvrages sur l’histoire militaire, particulièrement sur la Seconde Guerre mondiale.

Cornelius_Ryan_and_Godfried_Bomans_1966

Ses deux livres les plus célèbres sont Le Jour le plus long (1959), qui raconte l’histoire du Jour J lors du débarquement de Normandie, et Un pont trop loin, sur l’opération alliée Market Garden aux Pays-Bas, en septembre 1944. Les deux ouvrages éponymes ont été portés au cinéma, respectivement en 1962 et 1977. Il a également écrit La dernière bataille : la chute de Berlin.

 

Biographie

Né à Dublin, Ryan s’installa à Londres en 1940. Après un passage à l’agence Reuters (1941), il devint correspondant de guerre pour The Daily Telegraph en 1943. Il couvrit d’abord la guerre aérienne en Europe avec la 8e et la 9e Air Force américaines. Puis il rejoignit la 3e Armée du général Patton, dont il couvrit les actions jusqu’à la fin de la guerre en Europe. Il partit alors pour le théâtre du Pacifique en 1945, puis à Jérusalem en 1946.

En 1947, Ryan émigra aux États-Unis, où il travailla pour le magazine Time, puis brièvement pour Newsweek (1949) et enfin pour Collier’s Weekly (1950) et Reader’s Digest. Il épousa Kathryn Morgan et devint citoyen américain en 1950. Pendant sa période au Collier’s Weekly, il obtint une reconnaissance internationale pour ses reportages sur les programmes spatiaux américains. En 1956, pour les deux articles « One Minute to Ditch » et « The Andrea Doria’s Untold Story: Five Desperate Hours in Cabin 56 », il obtint trois récompenses journalistiques : le Benjamin Franklin Award, l’Overseas-Press-Club-Awars et l’University of Illinois Award.

En 1959, il publia Le Jour le plus long après 9 ans d’enquête auprès de 49 correspondants de guerre et de milliers de personnes.  Ce fut dès sa sortie un succès de librairie.

Cornelius_Ryan_and_Godfried_Bomans_1966

En 1965, il poursuivit avec La dernière bataille consacré à la bataille de Berlin. Le livre est riche en détails avec des informations provenant de civils et de sources américaines, britanniques, russes et allemandes.

En 1970, il est atteint d’un cancer mais malgré des chimiothérapies régulières débute l’écriture de Un pont trop loin. Le livre fut publié en 1974 mais Ryan mourut pendant la tournée promotionnelle du livre. Les notes qu’il avait prises durant sa maladie furent compilées et éditées par son épouse en 1976 sous le nom A private battle.

Il a été décoré de la Légion d’honneur française et a été fait docteur honoris causa en littérature de l’Université de l’Ohio, où la Cornelius Ryan Collection est abritée au sein de la bibliothèque Alden.

 

Le Jour le plus long

519HD8XbVCL._SY445_

Le Jour le plus long (The Longest Day) est un film américain réalisé par Ken AnnakinAndrew MartonBernhard WickiGerd Oswald et Darryl F. Zanuck, d’après le livre éponyme de Cornelius Ryan. Il sort en 1962 sur les écrans.

L’expression traduite par « le jour le plus long » serait d’Erwin Rommel et daterait du 22 avril 1944 lors de son inspection du mur de l’Atlantique lorsque le Generalfeldmarechall allemand dit à son aide de camp, Hauptmann Helmuth Lang :

 

«  La guerre sera gagnée ou perdue sur ces plages. Nous n’avons qu’une seule chance de repousser l’ennemi, et c’est quand il sera dans l’eau, barbotant et luttant pour venir à terre. Nos renforts n’arriveront jamais sur les lieux de l’attaque et ce serait folie que de les attendre. La Hauptkampflinie (ligne principale de résistance) sera ici. Toutes nos forces doivent se trouver le long des côtes. Croyez moi, Lang, les premières vingt-quatre heures de l’invasion seront décisives… Pour les Alliés, comme pour l’Allemagne, ce sera le jour le plus long.  »

Le_jour_le_plus_long__BLU_RAY_-15184026092012-285x327.jpg

Synopsis

Le film retrace chronologiquement les évènements du débarquement allié en Normandie la journée du 6 juin 1944, précédé des derniers préparatifs de la veille au soir. Il présente les différents théâtres d’opérations, du point de vue Allié et Allemand, et différentes catégories d’intervenants : depuis les centres de commandements jusqu’aux simples soldats en passant par les officiers intermédiaires et les forces de résistance, le tout ponctué de nombreuses anecdotes véridiques.

casque_lq.jpg

Fiche technique

Titre original : The Longest Day

Titre français : Le Jour le plus long

Réalisation :

séquences anglaises : Ken Annakin et Darryl F. Zanuck

séquences américaines : Andrew Marton

séquences allemandes : Bernhard Wicki

séquences des combats : Elmo Williams (réalisateur seconde équipe)

séquences des sauts en parachute : Gerd Oswald

Assistants réalisateurs : Bernard FarrelTom Pevsner , Louis Pitzele, Gérard Renateau, Jean Herman2 et Henri Sokal

Scénario : Cornelius Ryan, d’après son livre et Romain GaryJames JonesDavid PursallJack SeddonErich Maria Remarque et Noël Coward

Direction artistique : Ted AworthLéon Barsacq, Vincent Korda et Gabriel Béchir

Photographie : Jean Bourgoin, Walter Wottitz, Pierre LeventHenri Persin et Guy Tabary

Prises de vues aériennes : Guy Tabary

Ingénieurs du son : Jo de BretagneJacques Maumont et William Sivel

Effets spéciaux : Karl BaumgartnerKarl Helmer, Augie Lohman, Robert MacDonaldAlex WeldonJoseph de BretagneDavid S. Horsley et Wally Weevers

Effets visuels : Jean Fouchet

Montage : Samuel E. Beetley

Script-girl : Lucie Lichtig

Société de production : Twentieth Century Fox

Producteurs : Darryl F. Zanuck et Elmo Williams

Directeur de production2 : Julien DerodeChristian FerryLee KatzLouis Wipf

Distributeur : Twentieth Century Fox

Musique : Maurice Jarre et thème de Paul Anka arrangé par Mitch Miller

Pays d’origine :  États-Unis

Langues : anglais, allemand, français

Format : noir et blanc (il existe une version colorisée)

Ratio : 2.35 : 1 en CinemaScope 35 mm

Son : Stéréo (4 pistes Westrex Recording System)

Genre : guerre

Durée : 170 minutes

Dates de sortie :

France : 25 septembre 1962

États-Unis : 4 octobre 1962

Royaume-Uni : 23 octobre 1962

Allemagne de l’Ouest : 25 octobre 1962

Budget : ~ 10 000 000 $ US (estimation)

Dates de tournage : un an environ, débuté en mai 1961 et achevé le 16 juin 1962.

Le_Jour_le_plus_long.jpg

Conseil

Conseillers militaires

Général Günther Blumentritt

Lieutenant général James Gavin

Major John Howard

Capitaine de frégate Philippe Kieffer

Général d’armée Pierre Kœnig

Capitaine Helmut Lang

Général de brigade The Earl of Lovat

Général sir Frederick Morgan

Lieutenant général Max Pemsel

Major Werner Pluskat

Colonel Josef Priller

Frau Lucia Maria Rommel

Vice-amiral Friedrich Ruge

 

Conseillers techniques

Commandant Jean Barral

Lieutenant-colonel Roger Bligh

Commandant Williard-L. Bushy

Commandant Hubert Deschard

Lieutenant-colonel A. J. Hillebrand

Colonel James R. Johnson

Capitaine Fernand Prevost

Lieutenant-commandant E. C. Peake

Colonel Albert Saby

Colonel Joseph B. Seay

 

Lieux de tournage

Hauts-de-Seine :

Studios de Boulogne

Corse :

plage de Saleccia dans les Agriates dans les Agriates (au nord de l’île) pour les scènes du débarquement. En 1961, des constructions avaient modifié le paysage des côtes normandes, alors que la plage de Saleccia, qui n’est desservie par aucune route, restait intacte.

Calvados :

Batterie de Longues-sur-Mer

Pont ferroviaire à Caen

Pegasus Bridge

Port-en-Bessin

Pointe du Hoc

Manche :

Sainte-Mère-Église

Charente-Maritime :

Île de Ré

Saint-Clément-des-Baleines (Conches des Baleines)

Plage sud de Rivedoux-Plage.

Oise :

Château de Chantilly

Yvelines :

Lycée Claude-Debussy (aujourd’hui Jeanne-d’Albret) à Saint Germain en Laye, lieu même où se situait le quartier général du Generalfeldmarschall  von Rundstedt.

 

Distribution

1.jpg

 Britanniques

Patrick Barr (VF : Pierre Gay) : Group Captain J.M. Stagg (non crédité)

Lyndon Brook (VF : Roland Ménard) : Lt. Walsh (non crédité)

Richard Burton (VF : Jean-Claude Michel) : Flying Officer David Campbell

Bryan Coleman : Ronald Callen (non crédité)

Sean Connery (VF : Henry Djanik) : Soldat Flanagan

Bernard Fox : Un soldat (non crédité)

Leo Genn (VF : André Valmy) : Brig. Gén. Edwin P. Parker Jr.

John Gregson : Un aumônier militaire

Jack Hedley : Officier de l’information de la R.A.F. (non crédité)

Donald Houston : Un pilote de la RAF

Simon Lack : Air Marshal Trafford Leigh-Mallory (non crédité)

Peter Lawford (VF : René Arrieu) : Brigadier Lord Lovat

Leslie de Laspee : Piper Bill Millin (non crédité)

Michael Medwin : Soldat Watney

Kenneth More : Capitaine Colin Maud

Louis Mounier: Air Marshal Arthur William Tedder (non crédité)

Leslie Phillips : Un officier de la RAF

Trevor Reid : General Bernard Montgomery (non crédité)

John Robinson : Amiral Bertram Ramsay (non crédité)

Norman Rossington : Soldat Clough

Richard Todd (VF : Marc Cassot) : Major John Howard

Richard Wattis : Un parachutiste

 

Américains et Canadiens

2674753-jpg_2318954_1000x667.jpg

Henry Fonda (VF : Jean Martinelli) : Brigadier Général Theodore Roosevelt Jr.

John Wayne (VF : Claude Bertrand) : Lieutenant-colonel Benjamin H. Vandervoort6

Robert Mitchum (VF : Roger Tréville) : Brigadier Général Norman Cota

Robert Ryan (VF : Raymond Loyer) : Brigadier Général 82° Airborne James M. Gavin

Mel Ferrer (VF : Roland Ménard) : Général Robert Haines

Rod Steiger (VF : Marcel Bozzuffi) : Commandant de Destroyer

Red Buttons (VF : Guy Piérauld) : Soldat John Steele

Roddy Mac Dowall: Soldat Morris

Eddie Albert (VF : Serge Nadaud) : Colonel Thompson

Paul Anka (VF : Pierre Trabaud) : Un ranger américain

Richard Beymer : Soldat Dutch Schultz (qui a gagné 2500 dollars au jeu)

Ray Danton (VF : Michel Gatineau) : Capitaine Frank

Fred Dur : Un Major des rangers

Fabian : Un ranger

Tony Mordente : Un ranger, celui qui sert les repas (non crédité)

Steve Forrest (VF : Jean-Pierre Duclos) : Capitaine Harding

Henry Grace (VF : Claude Péran) : Général Dwight D. Eisenhower (non crédité)

Peter Helm : Un jeune GI

Jeffrey Hunter (VF : Roger Rudel) : Sergent John H. Fuller

Alexander Knox (VF : Serge Sauvion) : Général Walter B. Smith

Dewey Martin : Soldat Wilder

John Meillon : Amiral Alan G. Kirk (non crédité)

Sal Mineo (VF : Serge Lhorca) : Soldat Martini

Edmond O’Brien (VF : Georges Aminel) : Général Raymond O. Barton Barton 4° Infantry division

Ron Randell : Joe Williams

Tommy Stands: Un ranger

George Segal : Un ranger

Nicholas Stuart : Lieutenant Général Omar Bradley (non crédité)

Tom Tryon (VF : Michel Gudin) : Lieutenant Wilson

Robert Wagner (VF : Philippe Mareuil) : Un ranger

Stuart Whitman (VF : Michel Roux) : Lieutenant Sheen

Clint Eastwood : Un ranger2 (non crédité)

John Crawford : Colonel Caffey (non crédité)

Joseph Lowe : un soldat escaladant la Pointe du Hoc (non crédité)

Geoffrey Bayldon : un officier au briefing du général Eisenhower (non crédité)

 

Français

Arletty : Madame Barrault

Yves Barsacq : résistant français

Jean-Louis Barrault : Père Louis Roulland

Bourvil : le résistant et maire de Colleville-sur-Orne

Pauline Carton : La femme de Louis

Irina Demick : Jeanine Boitard7

Fernand Ledoux : Louis

Christian Marquand : Commandant Philippe Kieffer

Maurice Poli : Jean, un passeur (non crédité)

Madeleine Renaud : La Mère supérieure

Georges Rivière: Second-maître Guy de Montlaur

Jean Servais : Contre-amiral  Jaujard

Alice Tissot : La concierge (non crédité)

Georges Wilson : Alexandre Renaud, maire de Sainte-Mère-Église

Bernard Fresson : un pilote français (non crédité)

 

Allemands

Paul Hartmann et Curd Jürgens.

Hans Christian Blech (VF : Jean-Claude Michel) : Major Werner Pluskat

Wolfgang Büttner : Général Hans Speidel

Gert Fröbe : Sergent « Kaffeekanne »

Paul Hartmann (VF : Richard Francœur) : Feld-maréchal Gerd von Rundstedt

Ruth Hausmeister : L’épouse de Rommel (non crédité)

Michael Hinz : Manfred Rommel (non crédité)

Werner Hinz (VF : André Valmy) : Feld-maréchal Erwin Rommel

Karl John (VF : Albert Augier) : Général Wolfgang Häger

Curd Jürgens : Général Günther Blumentritt

Till Kiwe : Capitaine Helmuth Lang (non crédité)

Wolfgang Lukschy : Général Alfred Jodl (non crédité)

Kurt Meisel : Capitaine Ernst Düring (non crédité)

Richard Münch : Général Erich Marcks

Hartmut Reck : Sergent Bernhard Bergsdorf (non crédité)

Heinz Reincke (VF : Yves Brainville) : Colonel Josef Priller (non crédité)

Ernst Schröder : Général Hans von Salmuth (non crédité)

Heinz Spitzner : Lieutenant-colonel Helmuth Meyer (non crédité)

Wolfgang Preiss (VF : Hans Verner) : Général Max-Josef Pemsel

Peter Van Eyck (VF : Howard Vernon) : Lieutenant-colonel Ocker

Eugene Deckers : Major à l’église (non crédité)

 

Coupés au montage

Gil Delamare : un cascadeur

Yvan Chiffre : un cascadeur

Alexandre Renault : un cascadeur

Guy Marchand : un parachutiste

Françoise Rosay : une paysanne

Jean Champion

Michel Duchaussoy

Clément Harari

Rudy Lenoir

Edward Meeks

Fred Personne

Siân Phillips

Marcel Rouze

Dominique Zardi

Jean-Jacques Vergne

Zanuck engagea plus de 2 000 soldats pour le tournage.

De nombreux figurants étaient issus des promotions Arpètes de la Base Aérienne de Saintes 722 près de Rochefort, en Charente-Maritime. Il s’agissait des promotions P-33 à P-38; en remerciement, le réalisateur offrit un cinéma à la B.A 722. Le bâtiment porte depuis le nom du film.

À l’initiative d’une association de figurants du film issue de l’EAMAA (École des apprentis mécaniciens de l’armée de l’air) promotion 1961 (p. 36, 37 et 38), le 5 juin 2011 eu lieu sur la plage sud de Rivedoux Plage une fête commémorative pour les 50 ans du tournage.

230989.jpg

Autour du film

Implication des acteurs dans la guerre

Le film a été tourné en 1961, 17 ans seulement après le Débarquement pendant lequel de nombreux acteurs étaient militairement engagés. Les rôles des acteurs correspondent à leurs affectations militaires, et sont parfois très proches : ainsi l’acteur Richard Todd interprète le rôle du commandant de son unité de parachutistes lorsqu’il a pris le contrôle du « Pegasus Bridge ».

 

Acteurs britanniques

Richard Todd : Royal Air Force. Officier parachutiste dans la sixième division aéroportée britannique (division Pegasus), il fut l’un des premiers officiers britanniques à se poser en Normandie au jour J, rejoignant le Major John Howard au Pegasus Bridge.

Richard Burton : Royal Air Force.

Donald Houston : Royal Air Force

John Gregson : Royal Navy, sur un dragueur de mines.

Bernard Fox : Royal Navy

Kenneth More : Royal Navy, lieutenant sur le croiseur HMS Aurora puis le porte-avions HMS Victorious.

Leo Genn : Royal Artillery, lieutenant-colonel. Il reçoit la Croix de guerre en 1945.

Leslie Phillips : Royal Artillery, Second Lieutenant.

Richard Wattis : Services secrets Britannique du SOE, second lieutenant.

 

Acteurs américains

Henry Fonda : US Navy. Engagé pendant 3 ans, initialement comme quartier-maître 3e classe sur le destroyer USS Satterlee puis comme Lieutenant Junior dans l’Air Combat Intelligence dans le Pacifique, il reçut une médaille étoile de bronze et une citation de l’unité présidentielle de la Navy.

Tom Tryon : US Navy, radio dans le Pacifique Sud.

Dewey Martin : US Navy, pilote de Grummann F6F-Hellcat   dans le Pacifique, participa à la Bataille de Midway et fut prisonnier des japonais.

Robert Ryan : Corps des Marines, instructeur militaire.

Rod Steiger : Corps des Marines, embarqué sur des destroyers dans le Pacifique sud, participant à la bataille d’Iwo Jima.

Stuart Whitman : Armée de terre. Il terminera sa carrière avec le grade de colonel.

Steve Forrest : Armée de terre, sergent durant la Bataille des Ardennes.

Eddie Albert : Corps des Garde côte dans le Pacifique. Pour son action héroïque dans la bataille de Tarawa, il reçut la Médaille de l’étoile de Bronze (quatrième plus haute distinction pour bravoure, héroïsme et mérite).

Edmond O’Brien : US Air Force.

Joseph Lowe : combattit à Omaha Beach et escalada les falaises de la Pointe du Hoc lors du débarquement.

 

Acteurs allemands

ob_2060dc_le-jour-le-plus-long-1962-28.jpg

Hans Christian Blech : Wehrmacht, combat sur le front de l’Est, fut prisonnier en Grande-Bretagne.

Wolfgang Preiss : Wehrmacht, dans la défense aérienne.

Wolfgang Büttner : Wehrmacht.

Gert Frôbe : Wehrmacht.

Ernst Schröder : Wehrmacht.

Heinz Spitzner : Wehrmacht.

 

Acteur français

Bourvil : engagé dans la bataille de France, démobilisé après la défaite.

Fernand Ledoux : bien que non mobilisable en raison de son âge, il s’engage en avril 1940 dans le 212e régiment régional de Fontainebleau (212e RR). Démobilisé après la défaite.

longest-day-le-jour-le-plus-long_0

Réalisme de la reconstitution

La réalisation du film s’est appuyée sur de nombreux conseillers techniques et militaires, dans le contexte du vécu militaire personnel des acteurs et professionnels participant au film. Darryl Zanuck a fait le choix du noir et blanc pour accentuer le réalisme, permettant d’insérer de véritables images des actualités de l’époque : « Je veux que tout mon film soit une véritable reconstitution de ce qui s’est réellement passé ».img30.jpg

Néanmoins la reconstitution d’un théâtre d’opération aussi important et les possibilités limitées de trucages de l’époque ont mené à des limitations de la reconstitution (par exemple sur les attaques aériennes allemandes). De plus, l’aspect didactique du film a pu mener à quelques simplifications ou exagérations (par exemple les mannequins de parachutistes).

Carte_débarquement_6juin1944.jpg

Faits erronés

La scène du mitraillage des plages par deux FW190 (dont un piloté par l’Obstlt Josef « Pips » Priller) est due au fait que Darryl Zanuck n’avait réussi à mettre la main que sur deux Focke-Wulf en état de voler.  Elle a entretenu le mythe que seuls deux avions allemands ont attaqué ce jour-là. En réalité, plusieurs Staffeln (escadrilles) soit une petite centaine d’appareils, ont effectué un total de plus de sept cents sorties, dont vingt-deux contre la flotte alliée, principalement l’après-midi. De nombreux avions ont été abattus, vu la suprématie aérienne alliée. Des JU 87 Stukas obsolètes ont été mis en ligne, dont 5 furent abattus.

Le nom de l’ailier de Josef « Pips » Priller fut modifié pour le film : en réalité, il s’agissait non pas de Bernhard Bergsdorf, mais de Heinz Wodarczyk. Il sera abattu en mission six mois plus tard.

Lors de l’atterrissage des deux parachutistes dans la cour d’un bâtiment d’un QG allemand , on voit le général Von Salmuth sortir de ce QG alors qu’il se trouvait à ce moment-là à Tourcoing (Nord), commandant la 15e armée allemande.

Le lieutenant-colonel Benjamin H. Vandervoort (John Wayne) monte sur une charrette quelque temps après s’être fracturé la cheville droite dans les marais. En réalité, l’accident s’est produit près de Sainte-Mère-Église.

2014-06-05-jonwaynlongestday.jpg

Lors de l’attaque du pont de Bénouville (Euston 1 renommé plus tard Pegasus) sur le canal de l’Orne par les aéroportés du major Howard (2nd Battalion, the Oxford & Bucks Light Infantry), on voit sous le pont quelques Britanniques décrocher les charges de destruction. En réalité, ces charges étaient sur les « rambardes » de chaque côté. De plus, les Allemands les enlevaient chaque soir, de crainte que les résistants ne les retournent contre eux. En outre, le film montre une résistance acharnée, alors que ce soir-là le pont n’était gardé que par trois soldats allemands. Dans la nuit, les hommes de Howard sont renforcés par le 7th Parachute Battalion (1st Airborne Division) bien avant l’arrivée de la 1st Special Service Brigade de Lovat (13 h). Enfin, lors de la relève par les commandos, le Bag Piper de Lord Lovat, Bill Millin n’a pas traversé le pont en jouant de la cornemuse (il est néanmoins arrivé sur place en jouant). Lors de la prise du pont, on peut apercevoir un transformateur EDF sur un poteau, or ce type de transformateur n’est apparu qu’en 1961.

ob_42945b_le-jour-le-plus-long-1962-31.jpg

Lors de la prise du casino d’Ouistreham, aucune religieuse n’est intervenue pour assister les commandos français.

 

Exagérations

La scène, où le lieutenant-colonel Benjamin H. Vandervoort de la 82e division aéroportée (interprété par John Wayne) montre l’utilisation du criquet (cricket), est exagérée. Seule la 101e division aéroportée a possédé et utilisé ce criquet pendant la nuit du 5 au 6 juin 1944 en Normandie. Ce jouet en laiton composé d’une lame ressort (fabriqué en 1944 par l’entreprise anglaise THE ACME) permettait aux parachutistes isolés lors des largages de se retrouver et de se regrouper. Le principe : pour une pression sur la lamelle métallique (clic-clac) afin de demander l’identification, la réponse devait consister en une double pression (clic-clac – clic-clac).

hqdefault (4)

Le parachutiste John Steele, reste pendu au clocher de l’église de Sainte-Mère-Église pendant 10 heures (il précise la durée dans le film) alors qu’il n’y restera que 2 heures avant d’être récupéré par les Allemands et fait prisonnier. Il s’échappera quelques jours plus tard. Par ailleurs, comme dans la quasi totalité des églises de France, le clocher n’était pas électrifié. Il est donc impossible que le soldat John Steele ait été assourdi par les cloches 10 heures durant ni même 2 heures.

parachutiste-jpg.jpg

Les paradummies, ces poupées parachutistes larguées pour tromper les Allemands, apparaissent comme des mannequins très sophistiqués. En réalité, il s’agissait de simples et grossières poupées de chiffon remplies de sable. Six parachutistes des Special Air Service ont sauté avec les poupées et diffusé des enregistrements de bruits de bataille.

use716b__096040300_2036_14012013.jpg

Le lieutenant-colonel Benjamin H. Vandervoort n’avait que 27 ans alors que John Wayne, qui l’interprète, en avait 54 .

 

Approximations volontaires

Afin d’éviter un anachronisme évident, dans les scènes tournées sur la place de Sainte-Mère-Église, on voit un gros tas de sacs de sable en bordure de la rue (l’ancienne RN 13), sans raison apparente : ce tas a été construit pour le tournage afin de dissimuler le monument qui commémore le débarquement.

À Sainte-Mère-Église, le parachutiste John Steele est resté accroché côté « place de l’église » alors qu’il était en réalité de l’autre côté (côté presbytère). Pour rendre la mise en scène plus spectaculaire, Zanuck a « accroché » Steele du côté de la place. Depuis, la municipalité accroche un parachute sur l’église en souvenir de l’évènement, mais il est accroché sur l’église côté place, en accord avec le film et non en accord avec la réalité historique.

Le casino est une reconstitution. Il avait été rasé par les Allemands qui l’avaient remplacé par un bunker. La scène a été tournée à Port-en-Bessin dont on voit la tour Vauban.

mur-port-en-bessin.jpg

Accessoires ou matériels anachroniques

Dès le début, en Angleterre, on montre Eddie Albert, conduisant une jeep sous la pluie. Cependant, cette jeep américaine de 1944 arbore la calandre en deux couleurs en diagonale, et même, sur le bas de caisse, la grenade blanche de l’armée française 1960.

Les uniformes portés par les parachutistes américains (82e et 101e divisions aéroportées), plus particulièrement les vestes de saut, ne correspondent pas aux vêtements d’époque, que ce soit la coupe, les couleurs et les systèmes de fermetures. Dans le film, les vestes de saut ont des systèmes de fermeture différents aux poignets : fermeture par 1 bouton et fermeture par 1 ou par 3 pressions. Dans la réalité, les manches de la veste M42 n’étaient fermées aux poignets que par 2 pressions.

La mentonnière des casques portés par les parachutistes américains ne correspond pas à celle utilisée à cette époque. Dans le film, elles ont une forme rectangulaire alors que celles portées en 1944 étaient ovales.

Les insignes divisionnaires (ou badge) des parachutistes de la 82e division aéroportée ne reflètent pas la réalité. Dans le film, le carré rouge encadrant le « AA » est plus grand, et le sigle « Airborne » au-dessus à une forme plus arrondie. De plus, sur toutes les scènes montrant ces parachutistes, ce même sigle « Airborne » est beaucoup trop éloigné du « AA ». Dans la réalité, ces 2 éléments étaient plus rapprochés comme le stipulait le règlement. Cependant, bon nombre de soldats les cousaient souvent à la hâte et avec les moyens du bord (fils et points de couture aléatoires). Enfin, dans la version colorisée du film, la couleur bleue présente dans ce patch est plus foncée que sur l’insigne original.

Les bottes des Américains portent des lacets à bouts en caoutchouc alors qu’en réalité de tels bouts n’ont été inventés que pendant la guerre du Viêt Nam par Maurice Frisson, un cordonnier installé à Saïgon

Dans le film, on aperçoit certains parachutistes américains chaussés de brodequins de combat noirs (communément appelés Rangers) fermés par 2 boucles au-dessus de la cheville. Ces équipements n’étaient pas en dotation au mois de juin 1944. Les bottes de saut portées par les parachutistes américains au moment de la bataille de Normandie, étaient exclusivement de couleur marron, montaient jusqu’à mi-mollet et n’étaient munies que de lacets ce qui permettait un meilleur maintien de la cheville. Ce n’est qu’au lancement de l’opération Market Garden en septembre 1944 que les unités de parachutistes seront dotées de ces brodequins à boucles.

La teinture noire du cuir pour les équipements des troupes américaines n’est apparue que dans les années 1950.

Dans la scène où le lieutenant-colonel Benjamin H. Vandervoort monte sur la charrette après s’être fracturé la cheville, on aperçoit un parachutiste américain portant une veste M43 (M43 Field Jacket) qui n’était pas en dotation le 6 juin 1944 pour les parachutistes américains des 82e et 101e divisions. Ils portaient tous et sans exception la veste de saut M42 (M42 Parachute jumper coat). Ils ne vêtiront la veste M43 qu’à partir de septembre 1944, lors de l’opération Market Garden. Cette veste de combat sera la dotation officielle des unités américaines jusqu’à la fin de la Seconde Guerre mondiale.

Le lieutenant-colonel Benjamin H. Vandervoort porte au début du film sur son casque le bon insigne de grade mais à partir de la scène de la charrette, il arbore à tort l’insigne de colonel sur son casque (Vandervoort avait été promu lieutenant-colonel le 2 juin 1944).

Sur la place de l’église, on voit stationnée une 2CV commercialisée en 1948.

Lors des parachutages, on peut voir des bombardiers Lancaster alors que les appareils utilisés étaient des C-47.

Lors du mitraillage des plages, les deux avions représentés ne sont pas des FW 190, mais des Messerschmitt Bf 108 Taifun, avions d’entrainement et de liaison.

Peu avant le débarquement sur les plages, la flotte alliée est survolée par quatre A-1 Skyraider, un modèle d’avion n’ayant fait son premier vol qu’en 1945.

Dans une des dernières scènes, au cours de laquelle Robert Mitchum demande à un soldat en jeep de le monter en haut de la plage, la jeep n’est pas authentique, il s’agit plutôt d’une Hotchkiss française que d’une Willys ou Ford.

Les numéros de capot commençaient sur les jeep américaines, qu’elles soient Willys ou Ford, par 20 (exemple 20193276) alors qu’ici le numéro commence par 88 puis 133553, ce qui n’est pas réel. De plus, les supports en bois qui devaient se trouver sur le capot pour accueillir le pare-brise rabattable sont absents. On y retrouve des supports en U métallique au niveau des essuie-glaces qui viennent se poser sur le capot. Ces jeeps sont alors passées par l’armée française et datent alors de l’après-guerre, et donc n’existaient pas le 6 juin 1944.

 

Erreurs mineures ou limites du décor

Lors de la scène du mitraillage aérien de la plage, on peut remarquer certains chars en « trompe-l’œil », en réalité de simples panneaux de bois reproduisant des chars ; on peut noter aussi l’interruption des défenses côtières au fond du plan. La lenteur du plan en rase motte sur la plage montre qu’elle a été effectuée en hélicoptère et non en avion.

Les obstacles sur les plages de débarquement sont posés à l’envers. Dans le film, la pointe est orientée vers la mer alors qu’en réalité elle était dirigée vers les terres de façon que les péniches de débarquement y soient « guidées » jusqu’à une mine.

74555-1532336916.jpg

Lors de la séquence où les résistants entendent le second vers du poème de Verlaine (« blessent mon cœur d’une langueur monotone »), le message précédent est : « Daphné à Monique : il y a le feu à l’agence de voyage, inutile de s’y rendre ». Quand les Allemands captent le second vers, le message « Daphné à Monique » est entendu après Verlaine et non avant.

Dans la scène de la pointe du Hoc, on peut voir un Ranger n’ayant pas son chargeur clipsé à son fusil.

Dans la scène où le soldat Martini (Sal Mineo) est tué après avoir cru entendre le double clic-clac d’un de ses camarades, le soldat allemand tire deux coups avant de réarmer son fusil alors qu’il aurait dû réarmer pour pouvoir tirer une deuxième fois.

Dans les locaux des services météo britanniques, on voit un barographe enregistreur dont l’aiguille est au plus bas, ce qui est logique au vu de la dépression. À quelques dizaines de kilomètres de là, chez le pilote « Pieps », près de Calais, l’aiguille d’un instrument analogue est à la limite supérieure ; ce n’est pas logique.

 

Anecdotes

Le film fut présenté à sa sortie comme le plus cher du cinéma, avec Cléopâtre

Il resta le film noir et blanc le plus cher du cinéma jusqu’à la sortie de La Liste de Schindler en 1993.

sddefault.jpg

Références répétées à la cinquième symphonie de Beethoven : on entend régulièrement les quatre premières notes de la cinquième symphonie jouées par un tambour tout au long du film, puis par un orchestre symphonique lors du lancement du débarquement le 6 juin à l’aube. Cette association est une idée de William Stephenson, ayant pour origine la similitude des quatre premières notes de la symphonie avec le code morse de la lettre V •••— soit quatre impulsions (trois courtes et une longue), la lettre « V » étant le symbole patriotique allié de la Victoire/Victory contre le nazisme. À des fins didactiques, un bref dialogue au début du film entre deux soldats rappelle ce lien aux spectateurs n’ayant pas connu cette période de l’histoire. Ce rythme correspondant aux premières notes de la Symphonie n° 5 de Beethoven, celle-ci devint l’indicatif des émissions à destination de l’Europe occupée. La lettre V était également rappelée d’un geste de la main des index et majeur formant un V.

118900068-2.jpg

L’ancien président Dwight D. Eisenhower avait accepté de jouer son propre rôle. Néanmoins, les maquilleurs ne purent lui donner une apparence suffisamment jeune pour qu’il soit crédible dans son rôle. Henry Grace, un décorateur sans expérience d’acteur mais qui travaillait dans l’industrie cinématographique depuis les années 30 et qui était d’une grande ressemblance avec Eisenhower, fut finalement engagé, bien que sa voix soit différente. Le président Eisenhower fut néanmoins ponctuellement conseiller technique sur le film

Daniel Gélin ne put interpréter le rôle prévu dans la scène spécialement écrite pour lui par Romain Gary, en raison d’un accident de chasse qui l’a immobilisé pendant deux mois15.

Une version colorisée a été réalisée pour le 50e anniversaire du débarquement en 1994. Elle fut diffusée sur TF1, puis vendue en version VHS.

 

Bibliographie

Jean d’Yvoire, « Le jour le plus long », Téléciné no 108, Paris, Fédération des Loisirs et Culture Cinématographique (FLECC), décembre 1962-janvier 1963,

jlpl.jpg

 

CINEMA, FESTIVAL DE CANNES, FILMS, Non classé

Festval de Cannes 2019 : palmares et Palme d’or

Le réalisateur Bong Joon-ho a reçu, samedi 25 mai, la Palme d’Or à Cannes pour son film « Parasite ».

parasite-2_6183268

Pour une fois, la critique et le jury se sont accordés sur la Palme d’or. Dans une sélection considérée comme très relevée dans laquelle concourraient plusieurs cinéastes chevronnés déjà récompensés à Cannes, ils ont distingué le Coréen Bong Joon-ho qui, avec Parasite, avait impressionné les festivaliers par l’ampleur de sa mise en scène et de son sujet : une violente critique sociale de son pays.

Le choix du jury est audacieux tant, de Pedro Almodovar à Terrence Malick en passant par Ken Loach, nombreux étaient cette année les prétendants à une légitime Palme d’or. Il est le reflet d’un palmarès exigeant qui a préféré faire le pari de cinéastes en devenir et du renouvellement formel mis au service d’œuvres aux fortes résonances politiques et sociales.

Un des représentants les plus talentueux de la nouvelle vague coréenne

Dans cette perspective, Parasite a fait, chose rare, l’unanimité d’un jury composé en majorité de réalisateurs et présidé par le Mexicain Alejandro Gonzalez Inarritu« Nous avons tous été fascinés par ce film, et cette fascination a continué à croître au fil des jours », a expliqué ce dernier à l’issue de la cérémonie.

Cette œuvre puissante et originale allie une grande maîtrise formelle à une dénonciation sans concessions des inégalités sociales dans un pays livré aux puissances de l’argent et à l’influence américaine. Cette récompense fait de Bong Joon-ho le premier Sud-Coréen à recevoir une Palme d’or et corrige au passage l’injustice faite l’année dernière à son compatriote Lee Chang-dong, dont le très beau Burning, sur un sujet très similaire, était reparti bredouille malgré un accueil enthousiaste.

Le cinéaste de 49 ans ne vient pas de nulle part puisqu’il est l’un des représentants les plus talentueux de la nouvelle vague coréenne et Parasite est son septième long métrage. Découvert avec Mémories of murder en 2003, sorte de thriller rural se situant à l’époque de la dictature militaire, il fait partie de cette génération de réalisateurs asiatiques qui ont brillamment revisité les codes du film de genre pour dépeindre les maux de leur pays. The Host en 2006 puis Mother en 2009 confirment son talent et lui apportent le succès public. Après un détour par des coproductions internationales avec Snowpiercer (Le transperceneige) et Okja, déjà sélectionné à Cannes il y a deux ans, Bong Joon-ho est revenu dans son pays pour réaliser ce drame familial intimiste auquel il apporte une maîtrise formelle stupéfiante.

Des choix « purement cinématographiques »

Parasite met en scène deux familles. D’une part, les Park dignes représentants de cette nouvelle élite coréenne enrichie par le boom économique des années 2010, qui a élu domicile dans une vaste maison d’architecte des beaux quartiers de Séoul ; d’autre part, les Kim, dont les membres, tous au chômage, s’entassent dans un sous-sol malodorant de la ville. Ces derniers vont petit à petit s’introduire dans le quotidien des premiers en se faisant tout à tour embaucher à leur service, la maison partagée entre la surface et le sous-sol servant de métaphore à l’infranchissable frontière entre les classes sociales.

Ce qui commence comme une comédie sociale légère et gentiment corrosive bascule, au gré d’un récit haletant aux développements inattendus, dans l’angoisse et le drame pour délivrer une vision profondément pessimiste de la société coréenne.

À l’instar de Parasite, le palmarès de cette 72e édition du Festival de Cannes a fait le choix de primer des films qui traitent avec force de problèmes sociaux ou politiques actuels.

Le Grand prix est allé à Atlantique, premier film de la Franco-Sénégalaise Mati Diop évoquant les migrations ; le prix du jury a été attribué à égalité aux Misérables du Français Ladj Ly, sur les violences policières en banlieue, et à Bacurau, fable politique des Brésiliens Kleber Mendonça Filho et Juliano Dornelles ; enfin le prix de la mise en scène revient aux frères Dardenne pour Le jeune Ahmed, récit de la radicalisation d’un adolescent.

« Nos choix ne sont pas liés à une volonté politique, ils sont purement cinématographiques », a insisté le président du jury. Si les Français tirent leur épingle du jeu avec un prix du scénario pour Céline Sciamma et son Portrait de la jeune fille en feu, les Américains repartent bredouilles. Ignoré par le palmarès officiel, le très beau film de Terrence Malick, La vie cachée s’est vu remettre le prix du jury œcuménique.

–––––––-

Palmarès du 72e Festival de Cannes

Palme d’or : Parasite de Bong Joon-ho

Grand prix du jury : Atlantique de Mati Diop

Prix du jury : ex aequo Les Misérables de Ladj Ly et Bacurau de Kleber Mendonça Filho et Juliano Dornelles

Prix d’interprétation féminine : Emily Beecham dans Little Joe de Jessica Hausner

Prix d’interprétation masculine : Antonio Banderas dans Douleur et Gloire de Pedro Almodovar

Prix de la mise en scène : Jean-Pierre et Luc Dardenne pour Le Jeune Ahmed

Prix du scénario : Céline Sciamma pour Portrait de la jeune fille en feu

Mention spéciale : It must be heaven d’Elia Suleiman

Caméra d’or : Nuestras Madres de César Diaz (Semaine de la critique)

Prix Un certain regard : La vie invisible d’Euridice Gusmao de Karim Aïnouz ; mention spéciale pour Jeanne de Bruno Dumont

Prix du jury œcuménique : La vie cachée de Terrence Malick

Œil d’or, qui récompense depuis 2015 un documentaire à Cannes, toutes sections confondues : ex aequo Pour Sama de Waad al-Kateab et La cordillère des songes de Patricio Guzman

5ce7e049240000f9107f2805

 

BONG JOON HO, CINEMA, CINEMA SUS-COREEN, FESTIVAL DE CANNES, FILM PARASITE, FILMS, PARASITE

Film Parasite de Bong Joon-ho

Parasite 
de Bong Joon-ho
Corée du Sud, 2 h 12
En salles le 5 juin

des-nouvelles-de-parasite-le-prochain-bong-joon-ho-3.jpg

SYNOPSIS 

Avertissement : des scènes, des propos ou des images peuvent heurter la sensibilité des spectateurs

Le film est présenté en compétition au Festival de Cannes 2019.

Toute la famille de Ki-taek est au chômage, et s’intéresse fortement au train de vie de la richissime famille Park. Un jour, leur fils réussit à se faire recommander pour donner des cours particuliers d’anglais chez les Park. C’est le début d’un engrenage incontrôlable, dont personne ne sortira véritablement indemne..

+++++++++++++++++++++++++++++++++

Cannes 2019 : « Parasite », dans les sous-sols de Séoul

Critique 

Sous les apparences d’une comédie sociale corrosive, le nouveau film du Coréen Bong Joon-ho, Parasite, présenté mardi 21 mai en compétition au Festival de Cannes, porte un regard d’un extrême pessimisme sur l’état de son pays et épate par l’ampleur de sa mise en scène.

 

https___blogs-images.forbes.com_joanmacdonald_files_2019_04_parasite

Parasite oppose deux mondes, celui des Kim, famille pauvre qui s’entasse dans un entresol malodorant, et celui de la famille Park, caricature de la nouvelle élite coréenne.

Chacun dans un style très différent dresse le même constat, celui de deux Corées irréconciliables, dont la partition géographique, se double au Sud d’une partition entre classes sociales. Deux mondes, les riches et les pauvres, et une frontière au moins aussi infranchissable que le 38e parallèle.

Deux mondes opposés

Celle de Parasite est incarnée métaphoriquement par ce qui se joue entre le sous-sol et la surface d’une vaste maison d’architecte, d’inspiration américaine, construite dans les beaux quartiers de Séoul. C’est là que réside la famille Park, caricature de la nouvelle élite coréenne qui a fait fortune dans les nouvelles technologies, imite le style de vie occidental et parsème ses phrases de locutions anglo-saxonnes.

Sa pelouse bien taillée, son immense baie vitrée laissant entrer la caresse du soleil, sa réserve pleine de victuailles font fantasmer les Kim, famille pauvre qui s’entasse dans un entresol malodorant et vivote de petits boulots sans espoir de voir son sort s’améliorer.

Une comédie sociale qui bascule soudainement dans l’horreur

Quand leur fils Ki-woo est embauché par les Park au moyen d’un faux diplôme pour donner des cours d’anglais à leur fille, cette joyeuse bande de petits arnaqueurs va concevoir un plan pour investir littéralement les lieux et profiter un peu de l’aisance de leur propriétaire.

La sœur, le père et la mère se font tour à tour engager pour pourvoir aux différentes tâches nécessaires au standing des Park (professeur de dessin, chauffeur, gouvernante), sans que ces derniers ne soupçonnent qu’ils ont affaire à la même famille, si ce n’est cette étrange odeur qui flotte désormais dans la maison.

Mais un événement inattendu va bouleverser cette arnaque patiemment échafaudée. Le piège va se refermer sur les Kim, les ramenant à leur point de départ : les entrailles de Séoul auxquelles leur condition semble irrémédiablement les condamner.

Un insondable pessimisme

Dans une embardée scénaristique dont le cinéma coréen a le secret, ce qui avait commencé comme une comédie sociale légère et gentiment corrosive, opposant la chaleur et l’exubérance de la famille Kim à l’univers glacé et factice dans lequel évoluent les Park, bascule subitement dans l’horreur au moment où des pluies torrentielles font déborder tous les égouts de la ville.

Bong Joon-ho, grand maître du cinéma de genre (Memories of MurderThe HostMother), possède, grâce à une mise en scène élégante et savamment maîtrisée, cet art d’instiller peu à peu l’angoisse et le malaise dans un récit aux développements inattendus pour délivrer un message d’un insondable pessimisme : la seule façon d’échapper à sa condition, dans un pays livré aux puissances de l’argent, est de faire fortune à son tour.

Source : La Croix du 22 mai 2019.

CINEMA AMERICAIN, FESTIVAL DE CANNES, FILM UNE VIE CACHEE, FILMS, TERENCE MALICK (1943-....), UNE VIE CACHEE

Une vie cachée : film de Terence Malick

UNE VIE CACHÉE :

PRIX DU JURY OECUMÉNIQUE DE CANNES

ob_e50c9f_hiddenlife

Une vie cachée ****

de Terrence Malick

Film américain – 2 h 53 – En compétition

 SYNOPSIS

Inspiré de faits réels.
Franz Jägerstätter, paysan autrichien, refuse de se battre aux côtés des nazis. Reconnu coupable de trahison par le régime hitlérien, il est passible de la peine capitale. Mais porté par sa foi inébranlable et son amour pour sa femme, Fani, et ses enfants, Franz reste un homme libre. Une vie cachée raconte l’histoire de ces héros méconnus.

a-malick_0

+++++++++++++++++++++++++

Cannes 2019 : « Une vie cachée », la symphonie spirituelle de Terrence Malick

RG-10_01178.NEF

Le cinéaste américain, rare et secret, a présenté une œuvre bouleversante, d’une très grande élévation, sur la résistance d’un paysan autrichien, objecteur de conscience.
Refusant de prêter serment à Hitler, sa vie devient un chemin de croix jusqu’à la Passion.

Il y a les inconditionnels de Terrence Malick (Palme d’or en 2011, pour The Tree of life, prix de la mise en scène pour Les Moissons du ciel en 1979) et les autres, réfractaires à son cinéma si singulier. Il est possible que son dernier film, Une vie cachée, présenté dimanche 19 mai en compétition, parvienne à les réconcilier, surtout si la Palme d’or lui est attribuée.

Cinéaste rare, secret, déroutant par ses fulgurances formelles et la hauteur morale de son inspiration, il s’attaque à un sujet historique, à partir de faits réels. L’intransigeante résistance d’un paysan autrichien, appelé à combattre, refusant obstinément de prêter serment à Hitler, quelles qu’en soient les conséquences pour lui et les siens.

maxresdefault (7)

La première partie est une ode à l’amour naissant, au cœur de la vallée de montagnes où Franz (August Diehl) vient de rencontrer Fani (Valerie Pachner) et de fonder une famille. Leur bonheur s’épanouit, immergé dans une nature généreuse, apaisante. Quand les bruits de bottes nazies se rapprochent, cette harmonie se fissure. Au nom de sa foi et de ses convictions, Franz fait sécession, sans éclat, et s’attire la haine immédiate de la communauté villageoise qui l’ostracise et le menace. Tourmenté d’être confronté à cette montée du mal qui réclame sa participation, il se tourne vers l’Église catholique qui lui enjoint la soumission.

 Le silence de Dieu

Isolé, marginalisé, rejeté, Franz s’en remet à Dieu, lui parle, incrédule face à son silence. Emprisonné, humilié, avili, torturé, Franz ne dévie pas de sa ligne de conduite. Sous les insultes de ses voisins, les aboiements des nazis, et la perspective de la peine capitale, il oppose, sans un mot, son inflexible droiture à l’injonction violente de se renier. Du fond de sa solitude, il se parle à lui-même, correspond avec Fani, lettres d’amour magnifiques de simplicité.

une-vie-cachee-photo-1085438

La composition de chaque plan est un tableau, un poème, une élégie à la nature, si présente, si capitale dans l’œuvre de Terrence Malick. Pour ce cinéaste, quand Dieu se tait, c’est elle qui a les réponses aux questions existentielles, surtout aux jours les plus sombres, quand rien ne vient éclairer, ni dissiper la propension des hommes, toujours renaissante, d’écarter le bien pour se livrer aux forces du mal et en retirer une jouissance malsaine. Avant de réaliser, quand il est trop tard, vers quels abîmes sombre l’humanité, abandonnée à ses pires instincts.

 Un sommet de spiritualité

Chemin de croix et Passion d’un homme déchiré entre la tentation de céder pour protéger les siens et la constance de sa conviction, Une vie cachée est un film stupéfiant de beauté, d’intériorité, irrigué par la virtuosité méditative de la mise en scène, le mouvement symphonique du montage, le jeu au diapason des acteurs, ébloui par la lumière de l’espérance et de l’amour.

La force douloureuse et inspiratrice des souvenirs qui hantent et fortifient Franz au fond de son cachot, images de ce merveilleux que construit un couple, prolongé par l’innocence joueuse et joyeuse des enfants, trouve en Malick un portraitiste sublimé par la grandeur de ces aspirations. Comme son personnage, dans son exigence d’élévation, le cinéaste s’adresse à l’âme des spectateurs. Son poème symphonique, habité par la grâce, est un sommet de spiritualité.

À lire : l’excellent Dictionnaire Terrence Malick, de Damien Ziegler, qui vient de paraître chez LettMotif, 326 p, 24 €.

 

 

https://www.la-croix.com/Culture/Cinema/Cannes-2019-vie-cachee-symphonie-spirituelle-Terrence-Malick-2019-05-19-1201022973

===========================================================

 

TERRENCE MALICK

251447.jpg

BIOGRAPHIE

Avec Stanley Kubrick, Terrence Malick est certainement le réalisateur le plus mystérieux de ces dernières décennies. On sait finalement très peu de choses sur lui, tant il prend un soin obsessionnel à contrôler son image.

Ayant sans doute vécu au Texas, Terrence Malick aurait passé son enfance entre les champs de blé et les puits de pétrole, à côtoyer les agriculteurs et travailleurs saisonniers. Un amour des grands espaces qui hantera ses oeuvres futures. Après des études brillantes à Harvard où il se familiarise avec la philosophie (il est le premier traducteur du Principe de raison de Martin Heidegger), il débute comme journaliste chez Life puis au New Yorker. Entré au Centre d’Etudes Avancées de l’American Film Institute, il va rencontrer George Stevens Jr. (futur producteur de La Ligne rouge) et le producteur Mike Medavoy, qui le chargera de réécrire le scénario de L’ Inspecteur Harry. Une commande qui, si elle n’aboutira pas, provoquera un déclic chez Terrence Malick. A 28 ans, il se lance dans la réalisation.

Son premier film, La Balade sauvage (1974), inspiré d’une histoire vraie, retrace l’équipée sanglante de deux amants auxquels on refuse le droit de s’aimer. Le coup d’essai est unanimement salué. Selon le critique David Thompson, c’est même  » le premier film le plus maîtrisé depuis le Citizen Kane d’ Orson Welles ». Révélant au grand public Martin Sheenet Sissy Spacek, Badlands obtiendra le prix du meilleur film au festival de San Sebastian.

Quatre ans plus tard, il revient avec Les Moissons du ciel, chef d’oeuvre élégiaque qui n’est pas sans rappeler les toiles d’Edward Hooper. Produit pour 3 millions de $ par la Paramount, ce film hanté par les grands espaces fait en outre connaître un certain Richard Gere. Fasciné par l’oeuvre au point de pardonner le perfectionnisme du cinéaste (deux ans de montage !), Charlie Bluhdorn, un ponte de la Paramount, lui donne une avance pour son prochain film : Q. Mais le projet ne se montera jamais. Terrence Malick disparaît…

Deux décennies de silence qui contribueront à la légende du metteur en scène. Certains disent qu’il vécut en France, allant de villes en villes et méditant sur divers projets. Il aurait aussi participé au scénario de Will hunting. Puis, à la surprise générale, plus de 20 ans après Les Moissons du ciel, il reparait pour livrer un film de guerre : La Ligne rouge. Inspiré du roman de James Jones sur la bataille de Guadalcanal, ce long métrage s’offre le luxe d’un casting quatre étoiles : Sean Penn, Woody Harrelson, George Clooney, Adrien Brody, Nick Nolte, John Travolta, Jim Caviezel… Tout le monde veut tourner avec Terrence Malick. Mais le film, sorti peu de temps après Il faut sauver le soldat Ryan, ne remportera qu’un succès d’estime et repartira bredouille de la cérémonie des Oscars.

Il faut attendre encore sept ans pour voir le film suivant de Terrence Malick. S’inspirant de l’histoire de Pocahontas, Le Nouveau monde livre une nouvelle réflexion sur le rapport de l’homme à la civilisation et à la nature. Porté encore une fois par un prestigieux casting (Colin Farrell et Christian Bale), par une musique sublime et par des images superbes sur la nature omniprésente, le film, même s’il déroute une nouvelle fois le grand public, est un nouveau chef d’œuvre.

Contre toute attente, Malick se lance très vite dans son projet suivant. Reprenant l’idée qui avait présidé à l’élaboration du projet « Q », il prépare son film peut-être le plus ambitieux: un histoire qui mêle le destin du monde depuis l’origine de la vie et celui d’une famille dans les années 1950. Avec à sa tête Brad Pitt et Sean Penn et entouré d’une aura de mystère, The Tree of Life fait très vite parler de lui. Attendu à Cannes en 2010, le film n’est pas prêt et sa sortie est repoussée sans date connue. Les cinéphiles doivent se contenter d’une magnifique bande-annonce en décembre suivant et patienter jusqu’au 64e Festival de Cannes en 2011, où le cinéaste mythique présente enfin son œuvre qui reçoit la récompense suprême, la Palme d’or.

Seulement deux ans ! Il faut attendre seulement deux ans avant de voir au cinéma un nouveau film de Terrence Malick, un record pour le cinéaste, connu pour prendre son temps entre deux films. En mars 2013, A la merveille met en scène Ben Affleck, Olga Kurylenko, Rachel McAdams et Javier Bardem. Dans la lignée de The Tree of Life, le long métrage est une magnifique ode à l’amour. Preuve que le cinéaste est définitivement passé à un autre rythme : en 2015 sort Knight of Cups, soit l’histoire envoûtante d’un  auteur de comédies (Christian Bale) en pleine crise existentielle qui évolue dans le monde de la célébrité à Los Angeles.

RG-37_07746.NEF