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Justin Thannhauser (1892-1976)

Justin Thannhauser

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Justin K. Thannhauser (1892-1976) était un marchand d’art allemand et une figure importante du développement et de la diffusion de l’art moderne en Europe. 

 

Biographie

Les premières années

Justin K. Thannhauser était le fils de Heinrich Thannhauser  (1859-1935), également marchand d’art. Dans son enfance, Justin a aidé son père dans sa Moderne Galerie, l’une des trois Thannhauser Galleries située à Munich. En 1911, Heinrich l’envoya à l’étranger poursuivre ses études universitaires, notamment en histoire de l’art, en philosophie et en psychologie. Justin a étudié à Munich, Berlin, Florence et Paris avec des universitaires de renom tels que Henri Bergson , Adolf Goldschmidt et Heinrich Wölfflin . Il a ensuite invité Wölfflin et d’autres invités de marque à donner des conférences privées à la Moderne Galerie, contribuant ainsi à en faire l’une des principales galeries d’art de Munich. À l ‘étranger, il a également renforcé ses contacts avec des artistes et d’ autres marchands d ‘art importants, tels que Kahnweiler (le marchand parisien de Pablo Picasso ) et Wilhelm Uhde .

En 1912, Justin rentre à Munich pour travailler à plein temps à la galerie, connue pour son mélange de modernisme munichois (Neue Künstlervereinigung München et Der Blaue Reiter ) et de peinture française d’avant-garde (Impressionnisme et post-impressionnisme ). .Ses nouvelles relations commerciales avec Filippo Tommaso Marinetti ont toutefois conduit à une exposition sans précédent d’œuvres des futuristes italiens . Cette exposition, bien que controversée, a apporté une notoriété encore plus grande à la galerie. En 1913, il a organisé l’exposition la plus grande et la plus complète sur le travail de Picasso. Justin a écrit l’introduction au catalogue de l’exposition et a rapidement entamé une relation personnelle et professionnelle étroite avec l’artiste. Au cours des années, il acquit de nombreuses œuvres de Picasso, notamment Woman Ironing (1904)  et The Blind Man’s Meal (1903). 

 

Première guerre mondiale et l’entre-deux-guerres

Justin est appelé à servir lors de la Première Guerre mondiale en 1914. Après être blessé en 1916, il rentre à Munich et aide Heinrich à publier trois volumes volumineux répertoriant une sélection de l’inventaire et des activités de la galerie. En 1918, il épouse sa première femme, Kate. Elle a donné naissance à leurs deux fils, Heinz et Michel, en 1918 et 1920, respectivement. En 1919, alors que la situation politique et économique en Allemagne continuait à se détériorer, Justin décida de déménager sa famille à Lucerne, en Suisse. Là, il ouvre une deuxième branche de ce qui s’appelle maintenant Moderne Galerie / Thannhauser. Ce nouveau lieu a permis à la famille de vendre des œuvres jugées défavorables en Allemagne. Justin dirigea la succursale de Lucerne jusqu’en 1921, date à laquelle il fut rappelé à Munich pour assister son père, qui souffrait d’un grave problème de larynx. La galerie de Lucerne resta sous la direction de Justin jusqu’en 1928, date à laquelle son cousin Siegfried Rosengart en prit le contrôle et prit le nom de Galerie Rosengart.

Une fois à Munich, Justin a pris le contrôle intégral de la galerie de son père et a baptisé les deux succursales Galerien Thannhauser. Il a commencé à reconstruire lentement la réputation de l’entreprise, qui s’était affaiblie pendant la guerre, en organisant des expositions conservatrices de peintures allemandes et d’oeuvres sur papier. Cependant, il revient rapidement à l’avant-garde, présentant des œuvres de Picasso et Kandinsky en 1922, une exposition d’artistes américains contemporains en 1923 et des peintures de Vlaminck en 1925. Ses efforts les plus audacieux se déroulent en 1926. travail de George Grosz  et Otto Dix .

En 1927, Justin a ouvert une troisième galerie à Berlin. Le succès de cette branche a rapidement dépassé celui de Munich; il a donc décidé de se concentrer entièrement sur le premier et a fermé le dernier en 1928. Sa plus grande réalisation dans l’espace berlinois a eu lieu en 1930, lorsqu’il a présenté la plus grande exposition d’œuvres de Matisse jamais organisée en Allemagne.

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Seconde guerre mondiale et années d’après-guerre

En 1937, Justin a déménagé avec cette famille à Paris pour échapper au régime de l’Allemagne nazie . Bien que le gouvernement nazi ait considéré l’art moderne comme « dégénéré », il avait payé une taxe à l’exportation élevée et avait donc été autorisé à emporter avec lui de nombreuses œuvres importantes et des documents d’archives. Il fut cependant obligé de liquider la collection d’art allemand classique de sa famille afin de rendre cela financièrement possible. Malgré cette perte considérable, il put ouvrir une galerie privée rue de Miromesnil. Il a également été élu au Syndicat des Éditeurs d’Art et Négotants sur Tableaux Modernes, l’association professionnelle des marchands d’art à Paris.

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Après le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale , Justin a ramené sa famille en Suisse, puis à New York. Là, il a ouvert une autre galerie privée. Heureusement, il avait réussi à emporter plusieurs œuvres importantes aux États-Unis. la maison à Paris serait plus tard pillé par des soldats nazis. Cependant, en raison de la mort de Heinz (tué au combat en 1944) et de la mauvaise santé de Michel (qui mourut finalement en 1952), Justin annula son intention d’ouvrir une galerie publique et plaça un grand nombre d’œuvres aux enchères en 1945. Il resta à New York jusqu’en 1971, où il continua d’exploiter la galerie privée, de collectionner les œuvres d’art et d’aider les musées et les galeries à organiser des expositions et des acquisitions. Il a également accueilli de nombreuses personnalités culturelles internationales chez lui, dont Picasso, Louise Bourgeois , Henri Cartier-Bresson , Marcel Duchamp , Jean Renoir , John D. Rockefeller et Thomas M. Messer , alors directeur du musée Solomon R. Guggenheim , parmi beaucoup d’autres. Kate mourut en 1960 et épousa sa deuxième femme, Hilde, deux ans plus tard.

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En 1963, Justin décida de léguer les œuvres essentielles de sa collection au Guggenheim. La taille et la qualité de ce cadeau étaient incomparables. Etant donné que les conditions exigeaient que les œuvres soient installées de manière permanente dans un espace désigné de sorte qu’elles soient accessibles au public, le Guggenheim créa l’aile Thannhauser en 1965. L’espace muséographique abritant la collection Thannhauser a depuis été agrandi et restauré. 

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Justin et Hilde se sont retirés en Suisse en 1971 et sont décédés à Gstaad le 26 décembre 1976. Après sa mort, Hilde a continué à faire don d’œuvres d’art à des institutions du monde entier, notamment le Kunstmuseum Bern et le Guggenheim. Elle est décédée à Berne en 1991.

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Fondations et expositions Guggenheim

LES EXPOSITIONS GUGGENHEIM

En collaboration avec The Solomon R. Guggenheim Foundation, New York

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L’Hôtel de Caumont-Centre d’art présente un ensemble de chefs-d’oeuvre impressionnistes, postimpressionnistes et d’avant-gardes du début du XXe siècle de la Fondation Solomon R. Guggenheim de New York.

Pour la première fois, près de 50 oeuvres majeures issues de la collection Thannhauser, ou liées à son histoire, sont présentées en Europe dans une exposition itinérante commencée au Guggenheim de Bilbao. De Manet à Picasso en passant par Degas, Gauguin, Cézanne, Van Gogh, Braque et Matisse, ces chefs-d’oeuvre retracent plus d’un demi-siècle d’activité en faveur de l’art moderne de la part de ces marchands d’art et collectionneurs parmi les plus influents et renommés d’Europe.

Depuis les années 1900, Heinrich Thannhauser (1859–1935) et son fils Justin (1892–1976) ont été les mécènes, les amis et les promoteurs des artistes novateurs qui, entre la fin du XIXe et la première moitié du XXe siècle, ont bouleversé le panorama artistique occidental. Tout en constituant une collection prestigieuse, père et fils conçoivent un programme d’expositions remarquables dans leurs galeries de Munich, Berlin, Lucerne et Paris, mais aussi à New York, où Justin s’installe dans les années 1940. 

Installé à New York, Justin Thannhauser s’affirme rapidement comme marchand d’art aux États-Unis. Sans successeur, dans les années 1960 Justin et sa deuxième épouse, Hilde, décident de léguer les oeuvres principales de leur collection à l’institution fondée en 1937 par Solomon R. Guggenheim, dont ils partagent la philanthropie et l’esprit moderne. Depuis, elles constituent l’un des noyaux forts de cet important musée, où elles sont montrées dans une galerie qui porte le nom de leur légataire. Ce legs a enrichi considérablement le corpus d’oeuvres de Cézanne du musée new-yorkais, qui ne possédait auparavant qu’un seul tableau de l’artiste (L’Homme aux bras croisés, vers 1899). 

L’exposition regroupe des oeuvres emblématiques : des toiles majeures de Picasso telle que Le Moulin de la Galette (1900), prêt exceptionnel du Guggenheim, ainsi que des chefs-d’oeuvre de Van Gogh et de Manet qui viennent de retrouver tout leur éclat, grâce à une campagne de restauration récente, mise en oeuvre à l’occasion de cette exposition. Bibémus revient pour la première fois à Aix-en-Provence où il a été peint vers 1894-1895.
Ces oeuvres majeures de cette prestigieuse collection sont accompagnées par d’autres tableaux du Guggenheim qui, sans être issus du legs Thannhauser, ont fait partie de l’histoire de la galerie ou de la collection, dont ils permettent ainsi de compléter l’aperçu.

L’exposition est aussi l’occasion de retracer l’histoire des galeries et de la Collection Thannhauser y compris à travers des photographies, des livres d’inventaire et d’autres documents d’archives issus du fonds de la galerie, qui mettent en lumière les relations de la famille Thannhauser avec les artistes d’avant-garde, les collectionneurs et les marchands de l’époque.

 

De la misère à la gloire, la saga des Guggenheim, originaires de Suisse

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La saga Guggenheim 

De New York à Bilbao en passant par Venise, la dynastie des Guggenheim, originaires de Lengnau en Argovie, brille dans le monde de l’art. Gilberte Favre publie l’histoire de cette famille aux Editions Z.

L’ouvrage de Gilberte Favre « Guggenheim Saga, de la Suisse à l’Amérique », journaliste vaudoise, est né de sa curiosité pour les racines helvétiques de la dynastie Guggenheim. Un parcours qui a permis aux descendants de Simon Guggenheim, pauvre tailleur juif de Lengnau, de faire fortune aux Etats-Unis en exportant la broderie de Saint-Gall avant d’investir dans les mines à Philadelphie puis de prospérer dans le monde de l’art.

Oublier la pauvreté

En 1792 naît Simon Guggenheim père. Il a 10 ans lorsque La guerre des Pruneaux (Zwetschgenkrieg) éclate à Lengnau et que les chrétiens essaient de faire fuir les juifs. Simon Guggenheim a fait un apprentissage de tailleur et se marie en 1824 avec une jeune femme très fragile, Charlotte, avec qui il aura six enfants, dont un garçon, Meyer. Charlotte tombe extrêmement malade, Simon Guggenheim est placé sous tutelle et les six enfants éparpillés. La famille connaît très tôt la pauvreté et l’humiliation.

La richesse aux États-Unis

En 1847, Meyer Guggenheim a 19 ans. Avec son père, ils décident de prendre le bateau pour se rendre aux États-Unis, à Philadelphie. À l’époque, la ville est le deuxième centre industriel du pays. Père et fils vont d’abord faire du colportage, en vendant rubans et crèmes pour les mains aux ménagères. Mais c’est grâce à la broderie de Saint-Gall qu’ils vont faire fortune pendant trente ans.

Meyer Guggenheim, patriarche de la famille Guggenheim. [Wikipedia ]

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Meyer Guggenheim a une revanche à prendre. Séparé très jeune de ses soeurs, il a vu son père en proie à de graves difficultés, à la honte. Meyer rêve d’une famille soudée avant de rêver de richesse.

En 1880, grâce à la broderie, la famille Guggenheim possède déjà 800’000 dollars. En 1918, d’après Forbes, la famille se place au deuxième rang des plus grandes fortunes américaines et détient 80% des réserves mondiales de cuivre, de fer et d’argent. Ils possèdent aussi des mines un peu partout. À l’époque, la famille a une image de capitaliste assez redoutable.

Meyer Guggenheim décide de partir s’installer à New York. Ses deux plus jeunes fils, Benjamin et William ne le suivront pas, préférant quitter l’industrie familiale pour le monde de l’art et « les belles choses ».

En 1918, selon Forbes, ils étaient aux 2e rang des fortunes américaines et ils détenaient 80% des réserves de cuivre, de fer et d’argent au monde. 

Gilberte Favre, auteure de « Guggenheim Saga, de la Suisse à l’Amérique » (Ed. Z)

L’addiction à l’art de Peggy Guggenheim

Benjamin Guggenheim, l’un des fils de Meyer Guggenheim, meurt dans le naufrage du Titanic. Sa fille, Peggy ne se remettra jamais de sa disparition. À 22 ans, elle retourne à Paris, où vivait son père.

Elle y fréquente des artistes et s’intéresse à l’art grâce à son père qui l’y a initié très jeune. Elle a l’oeil pour découvrir les talents et les artistes. Véritable passionnée, elle achète pendant un temps une oeuvre par jour. Elle possède des oeuvres de Dali, Picasso, Miro et bien d’autres.

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Peggy Guggenheim (1898 – 1979) 

Pendant la Seconde Guerre mondiale, elle rentre aux États-Unis avec plusieurs artistes dont elle finance le voyage et qu’elle a continué à aider, une fois arrivée à New York. Sans elle, on ne connaîtrait sans doute pas Jackson Pollock, Mondrian et d’autres grands artistes.

Les Musées Guggenheim

L’homme d’affaires Solomon Guggenheim, l’un des oncles de Peggy, était lui aussi passionné d’art. Il commence dès 1890 à collectionner les oeuvres d’art et en 1937, il créé la fondation Guggenheim à New York. C’est en 1949, après sa mort, que le fameux Musée Guggenheim de New York a été inauguré.

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Guggenheim New-York. [Justin Lane – Keystone]

Les Guggenheim ont su s’entourer de grands architectes tels que Frank Gehry et Frank Wright pour réaliser leurs musées. Après Venise, New York et Bilbao, c’est à Abu Dhabi qu’ouvre en 2017 un autre Musée Guggenheim.

Famille créative unique, les Guggenheim ont vécu des destins variés. Ils ont tous contribué à faire connaître mondialement le nom de Guggenheim.

Endingen et Lengnau

Du 18e siècle à 1866, ces deux communes argoviennes furent les seules où les Juifs avaient le droit de s’établir durablement. 

Sous la République helvétique (1798-1803), des réformateurs essayèrent de promouvoir la liberté d’établissement des Juifs. Dénonçant l’influence de la France, les opposants à la République helvétique se focalisèrent sur cette question, avec pour résultat la mise à sac des deux villages en 1802. L’Histoire se souvient de cet épisode sous le nom de Guerre des Pruneaux (Zwetschgenkrieg). 

En 1862, le parlement du canton d’Argovie adopta une loi sur l’émancipation des Juifs. Mais les opposants lancèrent avec succès une initiative pour révoquer le parlement. Résultat, un nouveau parlement cantonal fut élu, qui révoqua la loi. 

Avec la liberté d’établissement accordée au niveau fédéral en 1866, les Juifs quittèrent progressivement les deux villages pour s’installer ailleurs en Suisse. Mais en raison de cette longue présence, de nombreux Juifs suisses sont originaires de ces deux villages. C’est notamment le cas de l’ancienne présidente de la Confédération Ruth Dreifuss (Endingen).

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