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Pour comprendre la modernité politique

Lecture et confinement :

sept livres pour comprendre la Modernité politique

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 l’apparition et le développement de la Modernité politique.

Comment comprendre le grand basculement dans l’histoire des idées, à l’origine du passage de la politique classique, axée sur la recherche du bien, à la politique du contrat ? Voici sept livres majeurs qui aident à saisir ce bouleversement et ses conséquences.

 

RÉFLEXIONS SUR LA RÉVOLUTION DE FRANCE, D’EDMUND BURKE

Belles lettres

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Réflexions sur la révolution de France 

Edmund Burke

Paris, Les Belles Lettres, 2016.

Libéral anglais lié au parti whig, Burke était prédestiné à accueillir favorablement la Révolution française. À la faveur d’un voyage en France, il prévoit dès la fin de 1790, les conséquences délétères de la Révolution sur la liberté. Opposant la Révolution française fondée sur l’idée des droits de l’homme à la Révolution anglaise fondée sur une longue tradition des libertés, Burke donne naissance au conservatisme politique dans Réflexions sur la Révolution de France, un livre de circonstance qui est devenu un classique de la pensée politique (rééd. Belles Lettres, 2016).

 

DE LA DÉMOCRATIE EN AMÉRIQUE, DE TOCQUEVILLE

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De la démocratie en Amérique 

Alexis de Tocqueville

Paris, Editions Flammarion, 2010. 301 pages.

Dans De la Démocratie en Amérique, classique de la pensée politique (1835-1840), Tocqueville ausculte le phénomène démocratique naissant en posant notamment une question fondamentale : la démocratie moderne, qui est plus un « état des mœurs » qu’un régime politique à proprement parler, garantit-elle la liberté des citoyens et leur participation à la vie publique ? Tocqueville pointe le danger du repli sur un individualisme étroit et du désintérêt croissant des citoyens pour la chose publique, de la remise à l’État de toute une série de préoccupations dont ils se délestent à son profit. Visionnaire 

 

PENSER LA RÉVOLUTION FRANÇAISE, DE FRANÇOIS FURET

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Penser la Révolution française

François Furet

Paris, Gallimard, 1985. 313 pages.

Ce court essai de l’historien François Furet a bouleversé l’historiographie de la Révolution française. S’élevant contre l’interprétation « jacobine » de l’événement, longtemps dominante, l’historien propose une interprétation qui repose sur l’autonomie du politique par rapport au social. Dans le cadre d’une histoire conceptuelle du politique, le processus révolutionnaire est envisagé comme une dynamique politique et idéologique autonome, indépendante des intérêts de classe. Dans sa polémique contre l’historiographie sociale et marxisante, l’historien fait appel aux historiens du XIXe siècle, en s’appuyant sur les œuvres de Tocqueville et de Cochin. La Révolution française est alors interprétée à la fois comme le produit de l’Ancien Régime et comme l’avènement de notre civilisation. En travaillant sur la symbolique et l’idéologie révolutionnaires, Furet participe du basculement de l’historiographie française de l’économique et du social vers le politique et le culturel. 

Quatrième de couverture

La Révolution française peut être interprétée à la fois comme le produit de ce qu’elle a appelé l’Ancien Régime, et comme l’avènement de la civilisation où nous vivons depuis. Dans le premier cas, elle est le grand spectacle de ce qui s’est passé avant elle ; dans le second, elle inaugure le cours de l’égalité et de la démocratie modernes. Ce livre est une tentative pour la penser sous ces deux aspects, en renouant avec des questions posées par la tradition historiographique du XIXE siècle.

En 1978 François Furet, grand historien de la Révolution, ancien communiste, propose de relire deux grandes interprétations de l’événement. D’abord celle de Tocqueville qui, dans l’Ancien Régime et la Révolution, insistait souvent à juste titre, parfois excessivement, sur la continuité entre la monarchie absolue et le mouvement révolutionnaire. Et puis celle, moins connue, de l’historien Augustin Cochin, mort à la guerre de 14, qui montre la manière dont les sociétés de pensée du XVIIIe siècle ont été le laboratoire du jacobinisme. Penser la Révolution française est sans doute le livre essentiel pour comprendre notre Révolution (Gallimard, 1978).

 

LA CITÉ DE L’HOMME, DE PIERRE MANENT

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La cité de l’homme 

Pierre Manent

Paris, Flammarion, 2012. 295 pages.

Marqué par le grand philosophe américain Leo Strauss et par Raymond Aron, Pierre Manent montre dans un essai époustouflant que tandis que les Anciens étaient soumis à une loi qui les dépassait, les Modernes entendent n’avoir aucune autre loi que celle qu’ils veulent bien se donner. Le génie de Manent dans La cité de l’homme est d’avoir compris et montré que cette rupture trouve sa source dans le conflit moderne non résolu entre la cité et l’Église, la nature et la grâce, que la Modernité a soldé en s’affranchissant de toute hétéronomie au profit de la revendication d’une autonomie radicale (Flammarion, 1994 ; réédition 2012, coll. « Champs, essais »).

 

L’ILLÉGITIMITÉ DE LA RÉPUBLIQUE, DE FABRICE BOUTHILLON

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L’Illégitimité de la République : Considérations de l’histoire politique de la France au XIXe siècle (1851-1914) 

Fabrice Bouthillon

Paris, Plon, 2004. 312 pages.

Présentation de l’éditeur

L’histoire politique du XIXe siècle français repose pour l’essentiel sur un mythe, celui de l’irrésistible enracinement de la République depuis la Révolution française. Pourtant, à l’inverse de la révolution américaine, qui a immédiatement débouché sur une nouvelle Constitution, 1789 a abouti à un échec cinglant. La révolution française a bien su détruire la légitimité de l’Ancien Régime, mais elle a été incapable de lui en substituer une autre. La guerre civile déchaînée par les Constituants ouvre carrière à différentes tentatives pour refonder l’unité nationale : exclusion des extrêmes, sur le mode de la monarchie selon la Charte ou de la République conservatrice ; addition de l’extrême gauche et de l’extrême droite, comme s’y essayèrent le bonapartisme, puis le boulangisme. Puisque aucune de ces formules politiques ne pouvait parvenir à la stabilité, l’oscillation de la politique française a duré jusqu’en 1914. Et comme, au XXe siècle, aussi bien le national-socialisme que le stalinisme ont repris à leur compte la formule de centrisme par addition des extrêmes, il n’est pas possible d’échapper à cette conclusion dérangeante que c’est la Révolution française qui a ouvert l’espace politique dans lequel sont devenus possibles les totalitarismes.

Fabrice Bouthillon, historien aussi talentueux qu’original, a développé dans L’illégitimité de la République une thèse qui est au cœur d’une œuvre magistrale de cohérence. La Révolution a détruit l’ordre ancien sans réussir à créer le consensus autour d’un nouveau régime politique. Tiraillé entre la droite et la gauche, ce régime s’est cherché dans un centrisme à deux variantes : celle par exclusion des extrêmes (Directoire, orléanisme ou républicains modérés), et celle par addition des extrêmes (Bonaparte, Boulanger, de Gaulle). Le paradoxe de l’histoire française est que le centrisme consensuel n’a pu se stabiliser que dans le sang de la première Guerre mondiale, que la victoire a pu cimenter, et donner à la République une légitimité que par elle-même elle n’arrivait pas à atteindre. Les pays vaincus, quant à eux, rejetteront ce centrisme consensuel pour adopter la variante par addition des extrêmes dans le fascisme, le nazisme et le communisme (Plon, 2004, réédition juillet 2018, Éditions Dialogues).

 

L’ÂGE SÉCULIER, DE CHARLES TAYLOR

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L’Âge séculier 

Charles Taylor

Paris, Le Seuil, 2011. 1344 pages.

 

Présentation de l’éditeur

Il est d’usage de dire que nous, modernes Occidentaux, appartenons à un  » âge séculier « . Comment est-on passé d’un temps, encore proche, où il était inconcevable de ne pas croire en Dieu, à l’époque actuelle, où la foi n’est plus qu’une option parmi d’autres et va jusqu’à susciter la commisération ?

L’explication la plus courante consiste à affirmer qu’à la faveur des progrès de la connaissance, la vérité aurait triomphé de l’illusion, nous poussant à ne chercher qu’en nous-mêmes notre raison d’être et les conditions de notre épanouissement ici-bas.

En révélant les impensés de ce récit classique de la victoire des Lumières qui fait du  » désenchantement du monde  » la seule clé de l’énigme, Charles Taylor entreprend une enquête philosophique et historique monumentale qui renoue les liens entre l’humanisme et l’aspiration à la transcendance. Loin d’être une  » soustraction  » de la religion, la sécularisation est un processus de redéfinition de la croyance qui a vu se multiplier les options spirituelles. Si plus aucune n’est en mesure de s’imposer, les impasses du  » matérialisme  » et les promesses déçues de la modernité continuent d’éveiller un besoin de sens.

Charles Taylor est professeur émérite de philosophie à l’université McGill (Montréal). Reconnu comme l’un des plus importants théoriciens du multiculturalisme et du communautarisme et auteur de nombreux ouvrages, parmi lesquels Les Sources du moi (Seuil, 1998), il a reçu en 2007 le prix Templeton, qui récompense une contribution décisive à la recherche spirituelle.

Né en 1931, le philosophe politique Charles Taylor est un penseur majeur de notre temps. Dans L’Âge séculier, cette histoire fascinante de l’Occident qui est passé d’un univers où tout le monde croyait en Dieu à un monde sécularisé, Charles Taylor montre que l’on ne peut pas limiter cette histoire à une longue agonie de la foi chrétienne. « Ce qui caractérise les sociétés occidentales n’est pas tant un déclin de la foi et des pratiques religieuses, bien que cela ait largement eu lieu — dans certaines sociétés plus que d’autres — qu’une fragilisation mutuelle à la fois des différentes positions religieuses et des représentations de la croyance et de l’incroyance. » La question de retrouver le sens de ce qui fonde nos actions et que le matérialisme échoue à penser est au cœur de cette foisonnante réflexion.

 

 

 

Dependent Rational Animals: Why Human Beings Need the Virtues 

Alastdair Macintyre

Edition Open Court Publishing , 2001. 180 pages.

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Né en 1929, Alasdair MacIntyre est un des principaux représentants de la philosophie morale anglo-saxonne et un des penseurs les plus stimulants de la philosophie politique américaine contemporaine aux côtés de Michael Sandel, Charles Taylor ou Michael Walzer. Dans Dependant Rational Animals, il s’interroge sur le fait que l’animalité, la dépendance et la vulnérabilité sont des états centraux de la condition humaine. L’homme n’est pas qu’un individu rationnel indépendant comme l’Occident a fini par le croire. La vie en société nécessite ce que MacIntyre appelle « les vertus de la dépendance acceptée » que la Modernité a oubliées. En rappelant il y a vingt ans, lors de sa parution en anglais, que l’homme était aussi un animal, MacIntyre était avant-gardiste. En soulignant sa fondamentale dépendance vis-à-vis des autres sur le plan de la vie en commun, il est aujourd’hui prophétique, dans une réflexion philosophique essentielle sur la faiblesse et la fragilité de l’être humain. (Traduction française à paraître chez Tallandier sous le titre L’Homme, cet animal dépendant.)

 

FRANCE, HISTOIRE, HISTOIRE DE FRANCE, LIVRE, LIVRES, LIVRES - RECENSION, PLONGER DANS L'HISTOIRE : UN CHOIX DE DIX OUVRAGES

Plonger dans l’histoire : un choix de dix ouvrages

Lecture et confinement :

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1

LA GUERRE DES GAULES

La Guerre des Gaules

Jules César

Paris, Flammarion, 1993. 284 pages

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Quatrième de couverture

Les Commentaires de la Guerre des Gaules ont été rédigés alors que César venait de vaincre Vercingétorix et voulait faire connaître à l’opinion romaine, avant sa candidature à un second consulat, les épisodes de sa belle conquête. Ses adversaires répandaient alors mille bruits sur son compte. La rédaction de La Guerre des Gaules fut donc, avant tout, l’acte d’un chef vainqueur qui rétablit les faits et coupe court aux intrigues et calomnies de ses ennemis politiques. Pourtant, il n’y a dans La Guerre des Gaules ni omission capitale, ni mensonge, nulle rhétorique, rien que des faits. C’est un général qui écrit, selon le mot de Quintilien, «avec le même esprit qu’il fait la guerre».

En histoire ancienne on peut revenir aux sources de la France, et d’ouvrir La Guerre des Gaules, de César. Loin du souvenir rébarbatif des versions latines, prendre le livre à la première page c’est  suivre  le conquérant romain sur les antiques chemins de ce qui n’était pas encore la France. C’est aussi suivre le récit rapidement des marches et des contre-marches, des batailles, des ralliements et des trahisons, des folles espérances, des victoires et des défaites. La Guerre des Gaules fait aussi parti de la geste nationale à travers Vercingétorix. On peut prendre l’édition des Belles Lettres, en deux volumes, car la traduction y est très vivante et accompagnée d’utiles notes de bas de page donnant des détails historiques et géographiques qui augmentent encore la saveur du texte.

 

 

2

JEANNE D’ARC

Jeanne d’Arc

Régine Pernoud, Marie-Véronique Clin

Paris, Fayard, 1986. 447 pages

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En histoire médiévale, parce que cette année est celle du centenaire de sa canonisation, il faut absolument lire la biographie de Jeanne d’Arc publiée par Régine Pernoud et Marie-Véronique Clin aux éditions Fayard, rééditée en format poche en 2011. Outre une histoire suivie et admirablement écrite de la vie de notre héroïne nationale, l’ouvrage est agrémenté de très nombreuses biographies sur tous les compagnons de cette épopée. En refermant le livre, on ne connaîtra  pas seulement mieux cette grande sainte que tout le monde cite en ignorant la réalité de son existence, mais on aura aussi une vision d’ensemble sur la France de ce début de XVe siècle.

Présentation de l’éditeur

Personnage le plus célèbre de l’histoire de France, Jeanne d’Arc n’a cessé de fasciner. Biographie méticuleuse de celle qui fit irruption dans l’histoire en changeant le cours de la guerre de Cent Ans, fit couronner le roi et fut condamnée au bûcher après un procès inique en 1431. Ce livre raconte l’itinéraire extraordinaire de la jeune bergère de Domrémy. Il resitue Jeanne dans son contexte et brosse les portraits des principaux protagonistes de son histoire. Les auteurs livrent tous les éléments connus qui éclairent le mythe et les controverses qu’elle suscita, dont sa canonisation tardive et les polémiques contemporaines portent encore la trace. Paru en première édition chez Fayard en 1986.

 

Critique

Cette guerre dura cent ans. Elle faillit faire de la France une terre anglaise. En 1429, alors que les Anglais sont aux portes d’Orléans, une voix venue des cieux se fait entendre, non au roi de France mais à une petite paysanne de Domrémy, Jeanne. Une mission lui incombe : sauver la France. Cette pieuse jeune fille met désormais sa vie au service de son roi et de son pays. Elle prend la tête de l’armée et sauve Orléans ; elle permet au roi d’être sacré et d’affermir ainsi son pouvoir. Trahie, livrée aux Anglais, jugée par les tribunaux ecclésiastiques pour sorcellerie, elle est brûlée vive à Rouen. Celle qui réussit à redonner du courage à tout un peuple entrait dans la légende nationale.

Dans un ouvrage didactique, enrichi de nombreuses illustrations et de biographies annexes, les auteurs nous font redécouvrir de manière très vivante l’histoire exceptionnelle de cette jeune femme devenue l’héroïne la plus populaire de France. –Gaëtane Guillo

3

LES CROISADES ET LES NORMANDS

Histoire des Croisades

Jean Richard

Paris, Fayard, 1996. 550 pages

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En histoire médiévale toujours si on remonte encore le temps on peut apprécier la lecture de deux ouvrages qui se complètent parfaitement, L’Histoire des croisades, de Jean Richard, publiée chez Fayard en 1996, rééditée en poche en 2012, et celle des Empires normands d’Orient, de Pierre Aubé, publiée chez Perrin, dans la collection Tempus pour l’édition de 2006. Du IXe au XIVe siècle, entre Occident et Orient, toute l’histoire de la chrétienté se dévoilera, dans sa limpidité, avec ses gloires et ses limites, loin du livre noir et du livre d’or. Il faut lire ces ouvrages passionnants pour parler, ensuite, avec intelligence, des croisades et de ce Moyen Âge méconnu.

Il y a tout juste neuf siècles, le pape Urbain II lançait l’appel à la croisade qui allait jeter sur les routes de l’Orient des dizaines de milliers d’hommes venus de toute l’Europe. Le prix de cette première expédition fut lourd à payer pour la chrétienté, mais l’expansion turque était arrêtée, Constantinople dégagée, et le Saint-Sépulcre échappait aux Infidèles. Dès lors, les croisades eurent un autre objectif: la défense de ces Etats latins, chargés de souvenirs bibliques, où affluaient les pèlerins d’Occident.

Les premières défaites des chrétiens n’ébranlèrent pas le zèle pour la Terre sainte. Vague après vague, les pèlerins, attirés par les privilèges spirituels attachés à la délivrance des Lieux saints, continuaient à répondre aux appels des papes. Le mouvement s’intensifia quand Jérusalem tomba aux mains de Saladin, en 1187. La chrétienté réagit alors avec vigueur. Une des croisades toutefois dévia de sa route, et les croisés,  » mettant Dieu en oubli « , pillèrent Constantinople. Bientôt Innocent annonçait une nouvelle croisade; elle devait ouvrir la voie à la diplomatie et permettre à Frédéric II de se faire couronner à Jérusalem roi d’un royaume qui fut peu à peu reconstitué. Mais les répercussions de la conquête de l’Iran par les Mongols et un renversement d’alliances firent reperdre la Ville sainte.

C’est à ce moment que Saint Louis décidait de se croiser. Malgré l’échec de sa campagne d’Egypte, des établissements francs se maintenaient. Cette fois, les Mongols eux-mêmes arrivaient. Une autre forme de croisade s’esquissa, qui ne put empêcher les dernières places franques de tomber. Désormais, le but de la croisade serait d’assurer la défense du monde chrétien face à l’expansion des Turcs.

Epopée exaltant la foi et l’héroïsme pour les uns, temps de ténèbres pour les autres, les croisades ont bien été l’un des épisodes majeurs de l’histoire du monde. Au-delà de toute polémique, Jean Richard nous livre un récit magistral de cette aventure qui, deux siècles durant, mit en contact les Occidentaux avec l’Orient et leur ouvrit la connaissance des autres.

Jean Richard, membre de l’Institut, est l’un des meilleurs connaisseurs de l’Orient latin sur lequel il a publié de nombreux travaux. Il est aussi l’auteur d’une biographie de Saint Louis.

 

Les empires normands d’Orient 

Pierre Aubé

Paris, Tempus Perrin, 2006. 352 pages.

 

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La fabuleuse aventure de ces Nordmen francisés partis conquérir les rives de la Méditerranée.

L’action se passe aux XIe, XIIe, XIIIe siècles. La foi, la soif de richesse, l’appétit du pouvoir, le courage, l’azur du ciel sont les passions qui animent les héros de cette fabuleuse aventure. Ces Nordmen francisés, seigneurs du Cotentin partis conquérir les rives de la Méditerranée, sont devenus prince d’Antioche, rois de Naples et de Sicile. Frédéric de Hohenstaufen fut un de leurs prestigieux héritiers.

Médiéviste, Pierre Aubé a déjà écrit plusieurs ouvrages remarqués, dont Baudouin IV de Jérusalem (1980), Godefroi de Bouillon (1983) et Thomas Becket (1988), traduits en plusieurs langues. Sa monumentale biographie Saint Bernard de Clairvaux a reçu le Grand Prix de la biographie historique de l’Académie française.

4

LES GUERRES DE RELIGION

Les Valois : De François Ier à Henri III, 1515-1589

Georges Bordonove

Paris, Pygmalion, 2010. 1005 pages.

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Franchissons les siècles, et nous voici en pleines guerres de religion. Il est délicat, ici, de conseiller un ouvrage grand public, fruit de la réflexion d’un universitaire. Le sujet est complexe et encore soumis aux passions. Alors, on peut aisément se plonger dans l’ouvrage rédité en 2020 : en un seul volume, des biographies des Valois de François Ier à Henri III, par Georges Bordonove. La plume est alerte, comme toujours chez Bordonove, et une certaine objectivité est respectée par l’auteur dans ce thème difficile. Par la vie et l’œuvre de nos rois, vous traverserez, avec un certain panache, les épisodes sombres des guerres de religion.

Quatrième de couverture

La dynastie des Valois-Angoulême nous plonge au cœur d’une période éblouissante, celle de la Renaissance que symbolisent aujourd’hui les merveilleux châteaux de la Loire. De la bataille de Marignan, qui consacre le Roi-Chevalier, à l’avènement de Henri IV, c’est tout un siècle à la fois glorieux et tragique qui défile à travers cinq règnes : ceux de François Ier, Henri II et ses trois fils, François II, Charles IX et Henri III, sans oublier l’omniprésente reine Catherine de Médicis. Car les crimes politiques abondent, la lutte entre catholiques et protestants fait rage au point de mettre en péril l’unité du pays. Mais, au-delà de ces conflits dont les traces ont subsisté pendant des siècles, ces souverains, mécènes et protecteurs des arts sous toutes leurs formes, parviennent à jeter les bases d’une puissante monarchie absolue qui hissera bientôt la France à la tête de l’Europe des Lumières. Cinq rois, cinq personnalités contrastées et investies de leur haute mission sacrée.

Biographie de l’auteur

Lauréat de l’Académie française et de la Bourse Goncourt du récit historique, grand prix des libraires, officier de la Légion d’honneur, George Bordonove conte la superbe épopée des rois qui ont fait la France. Refusant les facilités d’une vulgarisation simpliste de l’Histoire, il la clarifie afin d’en mieux traduire les palpitations vraies et les étonnantes analogies avec notre époque.

 

5

LE GRAND SIÈCLE DES SAINTS

Pour le Grand Siècle, fort heureusement, nous avons sous la main un auteur hors du commun, avec François Bluche, dont le Louis XIV, publié chez Fayard, demeure l’incontournable pour connaître le XVIIe siècle et le règne du Grand roi. Pour une vision plus large de ce XVIIe qu’on appela « Le siècle des saints », il faut absolument lire Le Grand règne, recueil regroupant quatre ouvrages de François Bluche ; La vie quotidienne au temps de Louis XIV, Louis XIV, Louis XIV vous parle, Le « mécénat » de Louis XIV. Publiée en 2006, cette somme se lit avec plaisir, tant son érudition est servie par une plume agréable et dépouillée des lourdeurs d’un appareil de notes rejeté en fin d’ouvrage.

Louis XIV – François Bluche

François Bluche

Paris, Fayard/Pluriel, 2012. 1056 pages.

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François Bluche, historien spécialiste de l’Ancien Régime et professeur émérite à l’université de Paris, a aussi publié dans la collection « Pluriel » Le despotisme éclairé et Les Français au temps de Louis XVI.

Dans l’imaginaire collectif, le personnage de Louis XIV est synonyme de guerres, d’intolérance religieuse, de disettes, de frivolité ou à l’inverse d’austérité, selon la partie du règne à laquelle on s’intéresse. François Bluche a souhaité rompre avec cette historiographie et renouveler la démarche du biographe en l’ouvrant davantage sur l’entourage et le contexte politique, économique et culturel. Il accorde ainsi une large place à l’éducation du jeune souverain et à un événement tel que la Fronde qui conditionna ensuite toute la stratégie politique du monarque. Car Louis XIV ne fut pas qu’un guerrier, il fut également un grand réformateur.

 

Le Grand Règne: La vie quotidienne au temps de Louis XIV – Louis XIV – Louis XIV vous parle – Le  »mécénat » de …

François Bluche

Paris, Fayard, 2006. 1280 pages.

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Depuis la publication, en 1986, de la désormais classique biographie du Roi-Soleil par François Bluche, le jugement de Voltaire, pour qui le temps de Louis XIV (1643-1715) fut « le siècle le plus éclairé qui fut jamais », est très largement partagé. Ce livre fameux est ici complété par La Trie quotidienne au temps de Louis XII ; qui évoque avec vivacité les travaux et les jours de tout un peuple, et par Louis XIV vous parle, qui reproduit, met en scène et analyse les propos et écrits du Roi tels que nous les ont transmis les textes les plus variés. La somme de ces trois ouvrages de référence dessine de Louis XIV, de son règne et de son royaume une fresque grandiose.

6

SUR LES ORIGINES DE LA RÉVOLUTION

Faisons encore un petit bond et abordons la Révolution française. Sur elle, tout a été écrit ou presque. Mais on peut aborder cette période sous un aspect peu abordé de la Révolution, celui de ses origines religieuses et celui du jansénisme. Pour cela, l’ouvrage  de Catherine Maire, publié chez Gallimard en 1998, De la cause de Dieu à la cause de la Nation, le jansénisme au XVIIIe siècle est à conseiller. À la suite de cette grande historienne, vous plongerez dans un autre XVIIIe siècle ; non pas celui des philosophes, mais celui d’une chrétienté en mutation, déchirée, où se mêle le religieux et le politique, et de laquelle sortira la Révolution de 1789.
De la cause de Dieu à la cause de la Nation: Le jansénisme au XVIIIᵉ siècle

Catherine Maire

Paris, Gallimard, 1998. 710 pages.

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Quatrième de couverture

Connaissez-vous l’abbé d’Etemare ? Connaissez-vous l’avocat Le Paige ? Probablement pas. Pourtant, ces deux inconnus de l’histoire ont sûrement été parmi les plus importants acteurs du XVIIIᵉ siècle français. Ils ont été, l’expression mérite pour une fois d’être employée, les «chefs d’orchestre clandestins» de l’agitation janséniste qui, de la résistance contre la bulle Unigenitus en 1713 à l’expulsion des Jésuites en 1764, en passant par les convulsions de Saint-Médard, n’a cessé d’occuper le devant de la scène publique. Ce livre s’emploie à tirer leurs œuvres et leurs entreprises de l’ombre. Il fallait, pour percer à jour l’énigme de ce mouvement qui a déconcerté des générations d’historiens et pour saisir la cohérence de ses différents visages, commencer par dégager son originalité en regard de ses illustres ancêtres du Grand Siècle. Elle repose sur deux piliers : une théologie de l’histoire, le «figurisme», à base de correspondances entre l’Écriture sainte et la suite des temps, et une doctrine de la résistance dans l’Église, le «Témoignage de la vérité», à base d’appel au jugement des fidèles. On comprend, à partir de là, la dynamique du phénomène dans ses trois grands moments. On comprend comment la protestation d’un petit groupe de clercs contre la condamnation pontificale d’un livre suspect, à l’instigation de Louis XIV, a pu déboucher sur l’organisation d’une formidable machine de propagande clandestine, la première du genre, sans doute, et la première, en France, à faire intervenir l’«opinion publique». On comprend la teneur de l’étrange flambée convulsionnaire, nourrie d’un enseignement figuriste qui échappe à ses promoteurs. On comprend enfin la curieuse stratégie des parlements dans leur opposition à Louis XV, transposition dans l’État de la démarche de résistance préalablement élaborée et testée dans l’Église. C’est tout un pan du siècle des Lumières qui s’éclaire de la sorte, grâce à l’exhumation des réseaux et des menées de ces théologiens-hommes d’action, acharnés à se cacher. Mais plus largement, ce sont les voies par lesquelles a cheminé l’ébranlement pré-révolutionnaire du trône et les rapports entre religion et politique dans le cadre de l’absolutisme, qui en acquièrent une nouvelle intelligibilité.

7

UN AUTRE XIXE SIÈCLE

Les bouleversements de la Révolution et de l’Empire franchis à grands pas, on peut se ploinger dans ce XIXè siècle qui vit tant de bouleversements internationaux et de changements dans les sociétés. Si l’on ne se plonge pas dans les récits des révolutions et des guerres on peut prendre le temps de découvrur un prince en exil que l’histoire a fini par oublier ! Ne dit-on pas que : « Malheur aux vaincus ! ». Là aussi, c’est un autre XIXe siècle qui s’ouvre à vous, avec ce livre de Daniel de Montplaisir, Le Comte de Chambord, dernier roi de France, publié chez Perrin en 2008, et qui donne un autre éclairage sur la vie politique française et européenne de ce temps, en s’appuyant largement sur des archives découvertes au début du XXIe siècle.

 

Le Comte de Chambord (Français) Broché – 29 mai 2008

Daniel de Montplaisir

Pris, Perrin, 2008. 748 pages.

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Pour l’histoire, l’homme reste le  » comte de Chambord « . Pour les royalistes, qui l’ovationnèrent comme  » duc de Bordeaux  » puis le reconnurent comme  » Henri V  » il fut le  » roi « , le dernier roi de France.

Il le fut doublement : le 2 août, lorsque son grand-père Charles X abdiqua en sa faveur, et le 24 août 1883, lorsqu’il mourut sans enfants, laissant béante une succession de France qui demeure irrésolue à ce jour.
L’alternance de ses silences et e ses prises de position souvent mystérieuses, passionnèrent les historiens. Pourquoi avait-il refusé la couronne que la chute du Second Empire lui offrait sur un plateau ? Son obstination à n’accepter de Restauration qu’avec le drapeau blanc cachait-elle un prétexte pour échapper à son destin ou bien un manque consternant de sens politique ?
Faute de réponse, l’histoire oublia le comte de Chambord. Jusqu’à ce que ses archives privées, que l’on croyait perdues, soient récemment retrouvées. Leur exploitation permet de redécouvrir le roi Henri V et sa raison d’être : se préparer à assumer la charge de la France. Elle permet aussi de dépeindre l’homme qui, loin des cercles royalistes qui en firent une icône, mena la vie quotidienne d’un haut personnage de son sens politique ?
Le présent ouvrage dissipe le mystère politique et humain. Mais l’héritage du dernier monarque continue de planer comme une ombre sur l’histoire de France.

Daniel de Montplaisir, conseiller de l’Assemblée nationale et historien est notamment l’auteur de La Monarchie (Le Cavalier Bleu, coll.  » Idées reçues « , 2003)

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UN PAPE DU XXE SIÈCLE

Voici le dernier siècle. L’histoire du XXè siècle n’a pas fini de raviver les passions tant il est encore proche de nous. Les conflits d’hier ne sont pa encore apaisés et il en est de même dans l’histoire de l’Eglise.  Puisque le pape François a décidé d’ouvrir les archives secrètes du Vatican correspondant au temps de son pontificat on peut profiter de cette occasion pour découvrir (ou redécouvrir)  Pie XII à travers la biographie que lui consacra Andrea Tornielli et que publièrent les éditions Tempora en 2009. C’est sans doute, pour le néophyte, la plus complète et la plus accessible des biographies au sujet de ce pape méconnu et calomnié. Vous n’y revivrez pas que la vie du pontife, mais surtout toute son œuvre publique, comme nonce apostolique sous Benoît XV, secrétaire d’État sous Pie XI, puis comme pape. Là encore, c’est tout le XXe siècle avec ses crises politiques et sociales qui se dévoilera devant vous, mais avec d’autres lunettes, celles du successeur de Pierre.

Pie XII 

Andrea Tornielli

Paris, Jubilé/Tempora, 2009. 812 pages.

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Par la durée de son pontificat, l’ampleur de son enseignement qui a inspiré une bonne partie des textes du concile Vatican II et la diversité des questions qu’il a traitées, Pie XII a véritablement fait entrer l’Église dans la modernité. Le pape Pacelli a du faire face aux idéologies modernes les plus meurtrières que furent le nazisme et le communisme et mener l’Église dans une période particulièrement troublée. Ce pape exceptionnel, admiré de ses contemporains, méritait un portrait plus fouillé que les habituels raccourcis médiatiques.

L’ouvrage d’Andréa Tornielli est un document décisif porté au dossier du pape.
Refusant tout a priori, cette biographie d’Eugenio Pacelli, n’est pas une hagiographie. De nombreuses sources dont une partie inédite constituée des archives privées Pacelli, et les témoignages du dossier de béatification ont permis d’établir une biographie historique des plus sérieuses.
L’auteur n’esquive pas les questions brulantes des relations du pape avec le IIIème Reich et le nazisme. Dans son intervention et son action autour de la Shoah, Pacelli est suivi pas à pas, ses écrits sont disséqués, ses démarches confrontées à ses contradicteurs.
La vérité des archives pour un portrait inédit.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

CHARLES DE GAULLE, FRANCE, HISTOIRE DE FRANCE, HOMME D ETAT, HOMME POLITIQUE

Biographies du Général de Gaulle

Trois biographies du Général de Gaulle

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Jean Lacouture

Charles de Gaulle

1 Le rebelle. (1890-1944). – Paris, Le Seuil, 1984. 876 pages.

2 De Gaulle. Le politique. (1944-1959) – Paris, Le Seuil, 1986. 736 pages.

3 De Gaulle. Le souverain (1959-1870). Paris, Le Seuil, 1986. 876 pages.

 

« Après huit cents livres sur de Gaulle, voici le premier », avait déclaré le grand historien Pierre Nora à la sortie des trois tomes de cette monumentale biographie : Le Rebelle, 1890-1944, Le Politique, 1944-1959 et Le Souverain, 1959-1970.

 Bien que son auteur revendique haut et fort sa formation de journaliste et dise chercher « à plaire plus qu’à édifier », ce de Gaulle force l’admiration parce qu’il concilie, chose trop rare, deux façons de faire de l’Histoire souvent jugées incompatibles. Par la rigueur de l’analyse, l’étude scrupuleuse des sources, l’ouvrage est digne des plus grands historiens professionnels. Mais l’aisance et le brio du style, la vivacité du récit le rendent extraordinairement facile et agréable à lire.S’appuyant notamment sur de très nombreux témoignages oraux, Jean Lacouture brosse, à l’adresse d’un public de non-spécialistes, un portrait complet, qui ne se veut ni à charge ni à décharge, de l’homme qui a si profondément marqué la France dans la seconde moitié du XXe siècle : il y apparaît bien comme « le plus illustre et en tout cas le plus singulier des Français.

 

Charles de Gaulle 

Eric Roussel

Paris, Gallimard, 2002. 1032 pages.

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L’indexation bibliographique de ce livre parle d’elle-même. Des biographies sur le Général, il y en a eu, et de nombreuses. À chacun son « de Gaulle », pourrait-on dire. Le « de Gaulle » de Pompidou, de Jean Monnet, de Jean Daniel, de Max Gallo, de René Rémond, de Druon, d’Agulhon, sans oublier celui de Malraux bien sûr ou de Jean Lacouture qui demeurent des références en la matière.
Éric Roussel, journaliste au Figaro, s’est jeté dans la bataille. Bénéficiant de l’ouverture d’un très grand nombre d’archives dans le monde entier – en Angleterre, aux États-Unis, au Canada, en Israël, en Allemagne –, le journaliste a décidé de recréer l’image du Général à partir de ce foisonnement nouveau d’interviews, de déclarations, de citations ou de confidences. Le résultat impressionne par sa qualité, tant il révèle le parcours d’un homme qui embrassa un véritable destin historique en engageant la France dans la Résistance à partir de juin 1940, et devint par la suite « le plus illustre des Français ». L’ouvrage traite dans un continuum fluide des événements historiques majeurs (la formation militaire auprès de Pétain, le départ de 1940, la création du Conseil national de la Résistance, la démission de 1946, la création du RPF, le retour en 1958 comme chef de gouvernement) et l’agrégat de petits faits qui nous font comprendre plus intimement qui était de Gaulle (ses colères homériques contre Roosevelt ; les péripéties vaudevillesques pour décider du Débarquement du 6 juin ; la fusillade de Notre-Dame le 26 août 1944 où de Gaulle passe entre les balles ; la peine de ce père à la mort de sa fille handicapée : « Maintenant elle est comme les autres », avait soupiré le Général ; de Gaulle en pleine dépression pendant les événements de 1968, etc.). Roussel fait revivre un de Gaulle plus pragmatique que dogmatique. À la fois familier et franc, dévoué à la nation et à la raison d’État, homme d’action et avant tout de conviction, il incarne un idéal de liberté politique. « Je ne suis l’homme de personne », « Je suis un Français libre », se plaisait-il à dire. Impressionnante liberté de pensée et de ton !
Des photos publiques et privées du Général et la production de multiples documents inédits tirés des archives des ambassades du monde entier ou de la collection personnelle des de Gaulle renforcent notre impression de saisir – une fois n’est pas coutume – le portait d’un homme au-delà de sa légende. Cette passionnante biographie nous permet de comprendre pourquoi de Gaulle fut le dernier représentant de la grandeur de la France et comment, depuis sa mort, chacun tente à sa manière de questionner la figure devenue mythique du Général pour y puiser des valeurs fédératrices et trouver un sens à l’action. –Denis Gombert

 «La vérité du général de Gaulle est dans sa légende», a dit Alain Peyrefitte. Éric Roussel, historien et journaliste, lui consacre une monumentale biographie.

 

 

De Gaulle (Français) Broché – 22 août 2019

Julian Jackson

Paris, Le Seuil, 2019. 992 pages.

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 » Enfin la biographie que ce géant méritait « 

Robert Paxton

S’appuyant sur une très large masse d’archives et de mémoires, Julian Jackson explore toutes les dimensions du mystère de Gaulle, sans chercher à lui donner une excessive cohérence. Personne n’avait décrit ses paradoxes et ses ambiguïtés, son talent politique et sa passion pour la tactique, son pragmatisme et son sens du possible, avec autant d’acuité et d’esprit. Des citations abondantes, éblouissantes d’intelligence, de drôlerie, de méchanceté parfois, restituent la parole de De Gaulle mais aussi les commentaires de Churchill et de tous ceux qui ont appris à le connaître, à se méfier de lui ou à s’exaspérer de son caractère vindicatif, de son ingratitude ou de ses provocations…
Aucun détail inutile ici et aucun des défauts de ces biographies-fleuves où l’on se perd, mais une narration toujours tendue, attachée aux situations politiques, intellectuelles, sociales et aux configurations géopolitiques qui éclairent une action et son moment.
Julian Jackson relit cette existence politique hors norme et son rapport à la France à la lumière des questions du passé, qu’il restitue de manière extraordinairement vivace, et de celles qui nous occupent aujourd’hui – et notamment l’histoire coloniale et l’Europe, la place de la France dans le monde, mais aussi évidemment les institutions de la Ve République. En ce sens, c’est une biographie pour notre temps.
C’est aussi une biographie à distance, par un observateur décalé qui mieux qu’aucun autre fait ressortir le caractère extravagant d’un personnage singulier à tout point de vue, extraordinairement romanesque dans ses audaces comme dans ses parts d’ombre, et dont l’héritage ne cesse de hanter la mémoire des Français.

Biographie de l’auteur

Spécialiste de l’histoire de la France au XXe siècle, Julian Jackson est professeur d’Histoire à Queen Mary, University of London. Il a notamment publié La France sous l’Occupation (Flammarion, 2004 et 2010). Sur toutes les listes des meilleurs livres de l’année en Grande-Bretagne, sa biographie de De Gaulle a été couronnée du très prestigieux Duff Cooper Prize.

 

 

 

 

FRANCE, GENEVIEVE DE PARIS (sainte ; v. 420 - v. 500), HISTOIRE DE FRANCE, PARIS (France)

Sainte Geneviève de Paris (v. 420 – v. 500)

 

Geneviève de Paris

Geneviève (née à Nanterre vers 420, morte à Paris vers 500) est une sainte française, patronne de la ville de Paris, du diocèse de Nanterre et des gendarmes. La forme issue du latin Genovefa est également employée et a donné le nom Génovéfain (religieux).

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Hagiographie

La source unique d’informations historiques sur le personnage est la Vita de Geneviève, un texte hagiographique que l’auteur anonyme, probablement un clerc de l’Église de Paris, prétend écrire 18 ans après la mort de la sainte, vers 520, ce qui en fait un des très rares monuments littéraires du vie siècle en Gaule. Cette hagiographie génovéfaine Vita sanctae Genovefa empreinte de merveilleux et qui ne contient aucune chronologie est réalisée par un clerc qui a rassemblé tout ce qu’il savait d’elle par des témoins directs encore vivants.

L’abbé Saint-Yves, dans sa Vie de sainte Geneviève, donne une origine celtique au nom de Geneviève (Genovefa). Selon lui en gallois, genoeth veut dire « jeune fille » (cf. gaulois genata « jeune fille »). Cependant, le nom Genovefa est vraisemblablement la latinisation du francique *Kenowīfa ou *Kenuwefa, nom germanique féminin constitué des éléments ken- « genre, race » (apparenté à kin en anglais) et wīf « femme » (apparenté à wife en anglais et Weib en allemand). Pourtant, la plupart des sources font état d’une autre étymologie germanique, à savoir : *ginu- « grand, spacieux » et *waifō- « remuant ».

Les historiens ont maintes fois débattu des origines sociales de la sainte. Les biographes Dom Jacques Dubois et Laure Beaumont-Maillet ont tranché le débat : Geneviève, issue d’une riche famille de l’aristocratie gallo-romaine, est la fille unique de Severus (nom latin signifiant « austère »), probablement un Franc romanisé qui après une carrière d’officier, a exercé la fonction de régisseur de terres d’Empire et de Geroncia (ou Gerontia, nom grec « désignant une personne sage par l’âge et les vertus »). Elle aurait hérité en tant que fille unique de la charge de membre du conseil municipal (curia) détenue par son père, charge qu’elle aurait exercée tout d’abord à Nanterre, puis à Paris (faisant partie des dix principales constituant l’aristocratie municipale) après son installation dans cette ville chez une « marraine » influente. Baptisée, elle se voue très jeune à Dieu et, selon la légende, est remarquée par saint Germain d’Auxerre et saint Loup de Troyes, qui passent par Nanterre vers 430 (légende à l’origine de l’église Saint-Germain-de-Charonne), à l’occasion de leur voyage vers la province romaine de Bretagne (Grande-Bretagne actuelle). Elle mène une vie consacrée et ascétique, probablement dès ses seize ans. Selon la Vita sanctae Genovefae, à l’âge de 18 ou 20 ans, elle reçoit à Paris le voile des vierges des mains de l’évêque Wllicus, prélat inconnu des historiens. À la mort de ses parents vers 440, elle quitte Nanterre et vient s’établir chez sa marraine Procula en plein Paris, dans l’île de la Cité.

Selon la tradition, lors du siège de Paris en 451, grâce à sa force de caractère, Geneviève, qui n’a que 28 ans, convainc les habitants de Paris de ne pas abandonner leur cité aux Huns. Elle encourage les Parisiens à résister à l’invasion par les paroles célèbres :

« Que les hommes fuient, s’ils veulent, s’ils ne sont plus capables de se battre. Nous les femmes, nous prierons Dieu tant et tant qu’Il entendra nos supplications. »

De fait, Attila évita Lutèce (Paris).

Une autre hypothèse controversée prétend qu’elle aurait averti l’envahisseur d’une épidémie de choléra sévissant dans la région. Enfin, par ses liens avec les Francs, intégrés au dispositif romain, elle aurait pu savoir qu’Attila voulait s’attaquer d’abord aux Wisigoths en Aquitaine, et ne voulait sans doute pas perdre du temps devant Paris. Dans tous les cas, le plus important était d’empêcher les Parisiens de risquer leur vie en fuyant.

En 465, elle s’oppose à Childéric Ier, qui entreprend le siège de Paris, en parvenant à ravitailler plusieurs fois la ville avec du blé de la Brie et de Champagne, forçant alors le blocus.

Elle fait bâtir une chapelle sur l’emplacement du tombeau de saint Denis, premier évêque de Lutèce.

Elle convainc également Clovis, dont elle a toujours été une partisane, de faire ériger une église dédiée aux saints Pierre et Paul sur le mons Lucotitius (qui porte aujourd’hui le nom de montagne Sainte-Geneviève), dans l’actuel Ve arrondissement de Paris, au cœur du Quartier latin. Si l’historiographie récente avance une date de mort le 3 janvier 502, la tradition préfère celle du 3 janvier 512. Selon la Vita, elle meurt à l’âge de 89 ans dans l’ermitage de Paris, et est enterrée dans cette même église aux côtés de Clovis et rejointe plus tard par la reine Clotilde, ses plus célèbres disciples. L’église est d’abord confiée à des bénédictins, puis à des chanoines séculiers : c’est l’abbaye Sainte-Geneviève de Paris, dont le clocher est encore visible dans l’enceinte du lycée Henri-IV (ce clocher est connu sous le nom de « tour Clovis »).

Postérité

Sainte patronne

Sainte patronne de Paris et du diocèse de Nanterre, Geneviève est fêtée le 3 janvier. La Gendarmerie nationale, dont elle est également la sainte patronne, la fête, quant à elle, le 26 novembre, date du « Miracle des ardents » : en rapport avec l’intoxication par le seigle qui sévit à Paris en 1130.

Elle a une homonyme : sainte Geneviève de Loqueffret, une sainte bretonne que l’on fête aussi le 3 janvier comme son illustre patronne. Elle est invoquée pour les règles abondantes ou les périodes menstruelles prolongées chez la jeune fille vierge.

Châsse de sainte Geneviève

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Châsse de sainte Geneviève dans l’église Saint-Étienne-du-Mont

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Sarcophage de sainte Geneviève dans l’église Saint-Étienne-du-Mont.

Selon la tradition, le tombeau de sainte Geneviève est placé auprès de celui de Clovis dans la crypte de l’église Saint-Pierre-Saint-Paul (future abbaye Sainte-Geneviève de Paris), construite par le roi des Francs. Vers 630, saint Éloi orne le sarcophage de pierre de la sainte de plaques d’or, finement ciselées, et de pierres précieuses

La châsse est évacuée vers Draveil lors de la première invasion des Normands en 845. Elle y reste jusqu’en 853. La première procession connue a lieu en 886 lors du siège de Paris. En janvier 1162, court la rumeur que des réformateurs de l’abbaye ont dérobé le chef de sainte Geneviève en le séparant du reste de ses reliques. Louis VII fait apposer sur la châsse le sceau royal et ordonne une enquête solennelle. Le résultat de cette enquête rassure tout le monde et le chapitre décide que désormais le 10 janvier serait une fête célébrée avec autant de solennité que le 3, sous la dénomination d’Invention du chef de Sainte Geneviève. En 1230, ce coffre est endommagé à un tel point que l’abbé Robert de la Ferté-Milon confie l’exécution d’une nouvelle châsse en vermeil par l’orfèvre parisien Bonnard, de 1240 à 1242. Elle est reconstruite en 1614, sous la régence de Marie de Médicis.

Le port de la châsse est dévolu à l’origine aux Génovéfains. En 1412, une confrérie de Sainte Geneviève est érigée en vertu d’un bref du Pape et de lettres patentes de Charles VI qui finance les processions. Cette Confrérie accueillant par cooptation les membres éminents des grandes corporations de la ville, obtient en 1524 le privilège de porter la châsse.

Le 8 novembre 1793, la châsse de la sainte est transportée à la Monnaie où l’on fond les métaux précieux, tandis qu’on récupère les pierreries. Le 21 novembre, le Conseil général de Paris fait brûler les ossements de la sainte sur la place de Grève et fait jeter les cendres à la Seine.

La nouvelle châsse en cuivre entaillé et doré, honorée aujourd’hui dans l’église Saint-Étienne-du-Mont près du Panthéon, contiendrait quelques reliques (un avant-bras et quelques phalanges) qui avaient été envoyées dans d’autres sanctuaires avant la Révolution et qui ont ainsi pu être préservées des destructions. Bien que la châsse n’ait pas été portée processionnellement à l’extérieur depuis le xviiie siècle, la Confrérie des Porteurs de la châsse existe toujours, son rôle se bornant à la porter dans l’église même, au moment de la neuvaine. Le culte de la sainte, très populaire, explique qu’elle possède dans l’église plusieurs châsses, dont la plus grande qui contiendrait la pierre tombale de la sainte redécouverte en 1803 lors de la démolition de l’église Sainte-Geneviève

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Iconographie

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Sainte Geneviève qui tient de la main droite un cierge et de la main gauche un livre.

 

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Sainte Geneviève en bergère.

 

Sainte Geneviève dans la série des Reines de France et Femmes illustres du jardin du Luxembourg.

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Jusqu’au xvie siècle, Geneviève est représentée vêtue d’une robe de jeune fille noble, tenant à la main un cierge qu’un démon souvent essaie d’éteindre (en souvenir de la construction de la première basilique de Saint-Denis, dont elle visitait le chantier, de nuit, avec ses compagnons. Alors que le cierge que tient l’un deux s’éteint brusquement, elle le prend en main et il se rallume miraculeusement). À la fin du xvie siècle, elle est représentée en jeune bergère entourée de moutons, peut-être par confusion avec Jeanne d’Arc et les représentations de vierges pastourelles. Cette légende qui fait de Geneviève une bergère date du succès du poème latin de Pierre de Ponte paru en 1512, puis de la mode des bergeries qui se manifeste au xviie siècle. De nombreuses lithographies popularisent dans les chaumières la « bergère de Nanterre » au temps de la Restauration et de la Monarchie de Juillet.

Au xixe siècle, Pierre Puvis de Chavannes consacre un cycle de peintures à l’enfance de Geneviève (1874) au Panthéon de Paris.

En 1928, Paul Landowski réalise une statue de sainte Geneviève pour le pont de la Tournelle, qui traverse la Seine à Paris.

En 1945, Anna Quinquaud réalise une statue de Sainte Geneviève, aujourd’hui conservée à la Direction générale de la Gendarmerie nationale, Issy-les-Moulineaux.

 

Littérature

Plusieurs œuvres littéraires évoquent le personnage ou la vie de sainte Geneviève :

Le vendredi 3 janvier 1913, pour le 1400e anniversaire de sa mort, Charles Péguy écrit un poème intitulé La Tapisserie de sainte Geneviève et de Jeanne d’Arc

Elizabeth Brun, La vie de Sainte Geneviève, Patronne de Paris, biographie, Editions Mégard et Cie, Rouen, 1855.

Henri Lavedan, La belle histoire de Geneviève, roman dialogué, Société littéraire de France, Paris, 1920, 289 pages.

Mgr Yvon Aybram, Petite vie de sainte Geneviève (421-502), Desclée De Brouwer, 2013.

Érasme, Vers à Sainte Geneviève, traduit par Le Lièvre en 1611.

Musique

Marc-Antoine Charpentier a composé vers 1675 un motet Pour le jour de Ste Geneviève H 317 pour 3 voix, 2 dessus instrumentaux, et basse continue.

 

Bibliographie

Dom Jacques Dubois et Laure Beaumont-Maillet, Sainte Geneviève de Paris : la vie, le culte, l’art, Beauchesne, 1982, 167 p.

Face aux barbares, sainte Geneviève (423-502), Pierre Téqui éditeur, 2001

Emmanuel Bourassin, Sainte Geneviève, Editions du Rocher, 1997

Janine Hourcade, Sainte Geneviève hier et aujourd’hui, Mediaspaul Editions, 1998, 111 p.

FRANCE, HISTOIRE DE FRANCE, LIVRES, LIVRES - RECENSION, UNE NOUVELLE COLLECTION DE L'HISTOIRE DE FRANCE

Une nouvelle collection de l’histoire de France

HISTOIRE DE FRANCE

SOUS LA DIRECTION DE JOËL CORNETTE

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L’Histoire de France en 13 volumes de Joël Cornette rééditée chez Folio (auparavant édité chez Belin entre 2009 et 2012)

La série Histoire de France, supervisée par Joël Cornette, Professeur des Universités, précédemment publiée chez Belin, sera rééditée à compter de septembre par Folio. Treize volumes sont à venir, les trois premiers seront disponibles pour la rentrée, avec un panorama allant du Haut Moyen Âge à nos jours.

 

La démarche commune aux treize volumes qui composent cette Histoire de France se veut plurielle, diverse, inventive, et surtout ouverte aux débats. Elle ambitionne de rendre compte de la variété des « vérités », de la diversité des problématiques, des enjeux, des controverses dont se nourrit le métier d’historien, pour répondre aux interrogations du présent.
 Ces ouvrages militent et témoignent pour une Histoire de France qui n’est figée dans aucune certitude, dans aucune vérité préétablie. Il ne s’agit pas d’une nouvelle version du « roman national ». Il s’agit d’une Histoire de France non pas enfermée dans son hexagone, mais largement ouverte à tous les espaces.

L’Europe et le monde sont constamment parties prenantes de et dans notre passé et chacun des 13 volumes en tient particulièrement compte. Tous comportent une partie finale intitulée «L’atelier de l’historien » grâce à laquelle chaque lecteur devient acteur de cette Histoire de France.
 Cette Histoire de France joue à tous les jeux d’échelle possibles : les rois, mais aussi les artisans et les paysans ; l’échelle du royaume, mais aussi celle du village ; la politique, mais aussi l’économique, le culturel, le religieux, jusqu’aux choses les plus banales du quotidien.

La France, d’avant à aujourd’hui
Pour cette nouvelle édition, les ouvrages ont été revus et corrigés avec une mise à jour des bibliographies. Trois premiers volumes^sont déjà parus depuis le mois de septembre : 

La France avant la France (481 – 888) de Charles Mériaux et Geneviève Bührer-Thierry

Féodalités (888 – 1180) de Florian Mazel

Les Grandes Guerres (1914 – 1945) de Nicolas Beaupré
Pour la suite, sans date encore communiquée, on retrouvera :
 

Le Temps de la guerre de Cent Ans, 1328-1453 – Boris Bove (dir. Jean-Louis Biget)

Les Renaissances, 1453-1559 – Philippe Hamon (dir. Joël Cornette)

Les Guerres de religion, 1559-1629 – Nicolas Le Roux (dir. Joël Cornette)

Les Rois absolus, 1629-1715 – Hervé Drévillon (dir. Joël Cornette)

La France des Lumières, 1715-1789 – Pierre-Yves Beaurepaire (dir. Joël Cornette)

Révolution, Consulat, Empire, 1789-1815 – Michel Biard, Philippe Bourdin, Silvia Marzagalli (dir. Joël Cornette)

La Révolution inachevée, 1815-1870 – Sylvie Aprile (dir. Henry Rousso)

La République imaginée, 1870-1914 – Vincent Duclert (dir. Henry Rousso)

Les Grandes Guerres, 1914-1945 – Nicolas Beaupré (dir. Henry Rousso)

La France du temps présent, 1945 – à nos jours – Michelle Zancarini-Fournel, Christian Delacroix

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Geneviève Bührer-Thierry, Charles Mériaux

481-888. La France avant la France

Édition publiée sous la direction de Jean-Louis Biget

Nouvelle édition

Collection Folio histoire (n° 287) , Série Histoire de France

Parution : 26-09-2019. 

770 pages

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L’histoire a longtemps juxtaposé des images simples pour définir les quatre siècles écoulés de 481 à 888 : aux Mérovingiens sanguinaires et incapables – à l’exception de Clovis – succédaient des Carolingiens glorieux, conquérants et propagateurs actifs de la foi chrétienne. Les recherches récentes, fondées sur une réévaluation des sources écrites et sur les progrès de l’archéologie, ont libéré cette période du carcan des idées reçues. 
Si les premiers Carolingiens rassemblent sous leur sceptre presque toute l’Europe occidentale, cette construction brillante se révèle fragile. La puissance effective ne vaut que sur une échelle territoriale étroite et le pouvoir central est obligé de collaborer avec les aristocraties locales. Quand apparaît le nom de «Francie», il recouvre une mosaïque de communautés régionales très diverses. 
Rejetant les anachronismes et les outrances, les auteurs restituent une société étrangère à la nôtre par ses hiérarchies, ses caractères anthropologiques et ses institutions. Cette histoire renouvelée possède un attrait majeur : au-delà des représentations traditionnelles, elle s’efforce d’atteindre le réel.

 

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Florian Mazel

888-1180. Féodalités

Édition publiée sous la direction de Jean-Louis Biget

Collection Folio histoire (n° 289) , Série Histoire de France

Parution : 26-09-2019

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La dynastie capétienne ne se confond pas avec «la naissance de la France». Sans doute le royaume de Francie occidentale puis de France devient-il une entité politique qui ne se partage plus, mais le souverain continue de se nommer roi «des Francs». Si la monarchie construit et élargit méthodiquement son domaine, le sentiment d’une unité française n’existe pas encore. Soucieux d’échapper à toute téléologie dynastique ou nationale, ce livre accorde une grande attention aux singularités régionales. 
Les siècles de la féodalité, longtemps décrits comme des siècles de fer, correspondent en réalité au moment du «décollage» européen. Les acquis des recherches historiques récentes, y compris archéologiques, conduisent à réexaminer le regroupement des populations et la «naissance du village», l’instauration de la seigneurie châtelaine, le rôle des réformes monastiques ou l’épanouissement de l’art roman et gothique. Florian Mazel remet ici en question la thèse d’une «mutation féodale» rapide et brutale autour de l’an mil au profit d’une appréciation plus nuancée des évolutions.

 

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Nicolas Beaupré

1914-1945. Les Grandes Guerres

Édition publiée sous la direction d’Henry Rousso

Collection Folio histoire (n° 288) , Série Histoire de France

Parution : 26-09-2019

1382 pages + 12 pages hors-texte

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Le grand basculement de l’été 1914, les horreurs des tranchées et le «front de l’arrière» font comprendre le processus qui conduit à un conflit inédit par son ampleur et sa brutalité : une guerre totale. En 1918, la France émerge, victorieuse mais «malade de la guerre» : profondément affectées, jusque dans leurs structures, l’économie et la démographie ne peuvent être «réparées» aussi rapidement qu’un pont ou une route. La démobilisation culturelle et le retour à la mobilisation politique se déroulent dans une atmosphère de tensions et de modernisation artistique. Alors que la France abandonne, en partie à regret, une politique de puissance en Europe, elle l’exprime avec force sur le terrain colonial. Avant que tout ne retombe dans des crises multiples pour aboutir à la catastrophe de mai-juin 1940 et, avec elle, à la mise à mort des principes républicains. 
Pour restituer ce «passé qui ne passe pas», Nicolas Beaupré a su trouver la bonne distance entre passion et parti pris pour rendre intelligibles les enjeux d’une des périodes les plus dramatiques et controversées de l’histoire de France.

 

BEATRICE DE PROVENCE (1229-1267), FRANCE, HISTOIRE DE FRANCE, HISTOIRE DE LA PROVENCE, Non classé, PROVENCE

Béatrice de Provence (1229-1267)

Béatrice de Provence

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Béatrice de Provence, née en 1229 et morte à Nocera le 23 septembre 1267, est une comtesse de Provence et de Forcalquier, fille de Raimond-Bérenger IV, comte de Provence et de Forcalquier, et de Béatrice de Savoie. Par mariage, elle devient reine de Naples et de Sicile.

Biographie

 Origine

Béatrice naît en 1229. Elle est la fille de Raimond-Bérenger IV, comte de Provence et de Forcalquier, et de Béatrice de Savoie, dont elle porte le prénom.

À la mort de son père, le 19 août 1245, elle devient l’héritière du comté de Provence et celui de Forcalquier.

 Mariage de la Provence et de la France

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Béatrice de Provence et Charles Ier d’Anjou

Un projet de mariage est organisé par la reine Blanche de Castille, soutenu par le pape Innocent IV, avec Charles, frère du roi de France, Louis IX. Ce dernier a épousé Marguerite, la sœur aînée de Béatrice En 1245, le mariage est préparé par sa mère, Béatrice, comtesse douairière de Provence, et le Conseil de régence. Le projet est engagé puisque le roi de France a obtenu l’accord de son côté L’oncle de Béatrice, l’archevêque de Lyon Philippe de Savoie, devient l’intermédiaire privilégié entre les différentes parties

Toutefois, certains princes ne sont pas favorables à ce rapprochement entre la Provence et le royaume de France. Ainsi, le comte de Toulouse, qui ne participe pas aux tractations, menace d’envahir le comté. Son voisin, le roi d’Aragon Jacques Ier, approche avec son armée. Charles intervient en pénétrant en Provence avec une troupe de chevaliers, obligeant le roi d’Aragon à se retirer

La jeune fille est remise à Charles, avec le consentement du roi Louis IX. De fait, Charles devient comte de Provence. Le mariage se déroule le 31 janvier 1246 à Aix. Après un court séjour en Provence, les jeunes époux rentrent en France.

Ce mariage est qualifié par l’historien Gérard Sivéry comme « l’un des chefs-d’œuvre de la grande stratégie matrimoniale médiévale ».

Ses deux autres sœurs, Éléonore (1223-1291), reine consort d’Angleterre depuis 1236, et Sancie (1228-1261), comtesse de Cornouailles, réclament une part d’héritage de la Provence

Comtesse de Provence

Charles de France est adoubé en mai 1246. Trois mois plus tard, il est fait par son frère comte d’Anjou et du Maine.

Charles d’Anjou reprend la politique d’expansion en direction de la péninsule italienne entamée par le comte Raimond-Bérenger IV de Provence.

Les Provençaux se soulèvent contre ce prince étranger au printemps 1246. Il faut attendre l’année 1265 pour que son pouvoir soit définitivement assis sur la Provence.

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Statue de Béatrice de Provence

Famille

Béatrice épouse en 1246 Charles Ier (1226 † 1285), roi de Naples et de Sicile (1266-1285), comte d’Anjou et du Maine (1246-1285), et ont :

Louis (1248 † 1248)

Blanche (1250 † 1269), mariée en 1265 avec Robert III de Dampierre (1249 † 1322), comte de Flandre

Béatrice (1252 † 1275), mariée en 1273 à Philippe Ier de Courtenay (1243 † 1283), empereur titulaire de Constantinople

Charles II de Naples (1254 † 1309), comte d’Anjou et du Maine, roi de Naples

Philippe (1256 † 1277), prince d’Achaïe, marié en 1271 avec Isabelle de Villehardouin (1263 † 1312), princesse d’Achaïe et de Morée

Robert (1258 † 1265)

Isabelle (ou Élisabeth) (1261 † 1303), mariée à Ladislas IV (1262 † 1290), roi de Hongrie

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Statue de Béatrice de Provence (Eglise Saint-Jean-de-Malte, Aix-en-Provence)

Bibliographie complémentaire

Thierry Pécout, « Celle par qui tout advint : Béatrice de Provence, comtesse de Provence, de Forcalquier et d’Anjou, reine de Sicile (1245-1267) », Mélanges de l’École française de Rome – Moyen Âge, nos 129-2,‎ 2017 

FRANCE, HISTOIRE DE FRANCE, LES GRANDES DECISIONS DE L'HISTOIRE DE FRANCE, LIVRE, LIVRES, LIVRES - RECENSION

Les grandes décisions qui ont fait l’histoire de France

Les grandes décisions de l’histoire de France

Collectif sous la direction de Patrice Gueniffey et François-Guillaume Lorrain

Paris, Perrin-Le Point, 2018. 410 pages.

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Présentation de l’éditeur

Les vingt choix qui ont fait la France.

Alors que les débats sur l’histoire de France font rage, le présent ouvrage dissèque pour la première fois vingt décisions cardinales qui dessinent la singularité française et racontent sa véritable histoire ; à l’opposé de l’hagiographie béate comme de la repentance mortifère. Sous la direction d’un grand historien (Patrice Gueniffey) et d’un maître-enquêteur du passé (François-Guillaume Lorrain) ; les meilleures plumes du Point et de Perrin racontent avec maestria vingt moments-charnières qui ont bouleversé le présent et dont les conséquences se font toujours sentir.

 

En voici le sommaire.

Le couronnement de Charlemagne (800) – Georges Minois
L’arrestation des Templiers (1307) – Sylvain Gouguenheim
Jeanne d’Arc et le sacre de Charles VII (1429) – Philippe Contamine
La Saint-Barthélémy (1572) – Bernard Cottret
La prise du pouvoir de Louis XIV (1661) – Simone Bertière
Le tournant de l' » absolutisme  » (1682-1685) – Jean-François Solnon
La convocation des états généraux (1788) – Jean-Christian Petitfils
Les états généraux deviennent  » Assemblée nationale  » (1789) – Jean-Pierre Poussou
Le procès et l’exécution de Louis XVI (1793) – Loris Chavanette
Le Consulat à Vie (1802) – Patrice Gueniffey
La conquête de l’Algérie (1830-1834) – Laurent Theis
La fracture sociale (1848) – Arnaud Teyssier
La déclaration de guerre à la Prusse (1870) – Thierry Lentz
La sanctuarisation de la République (1884) – Pierre Cornut-Gentille
La séparation de l’Église et de l’État (1905) – François-Guillaume Lorrain
L’entrée dans la Première Guerre mondiale (1914) – Renaud Meltz
L’appel du 18 juin 1940 – François Malye
Le sacre républicain (1962) – Saïd Mahrane
Le tournant de la rigueur (1982-1983) – Clément Lacombe
Le roman de l’euro – Romain Guibert

 

Il survole l’Histoire nationale en vingt récits bien enlevés, parfaitement documentés et écrits par des historiens de renom.

Chaque récit traite un événement majeur de notre Histoire et en détaille le contenu mais aussi et surtout ses causes, ses conséquences et son écho dans nos mémoires.  Le gabarit de quinze à vingt pages oblige l’auteur à s’en tenir à l’essentiel et en rend la lecture aisée. C’est clair, limpide, souvent haletant, toujours surprenant et enrichissant. Les enseignants du secondaire comme les étudiants et les amateurs en feront leur miel.

Conçu sous la direction de l’historien Patrice Gueniffey et du journaliste François-Guillaume Lorrain, responsable de la rubrique Histoire au Point, l’ouvrage traite l’Histoire comme une source d’enseignement sur le fonctionnement des sociétés et les ressorts des hommes. Il tente de comprendre et nous faire comprendre comment a vécu la France, au gré des passions humaines et des contraintes de tous ordres. « À l’heure où le fatalisme gagne les rangs, nourri de l’impuissance des États nationaux dépossédés de leur marge de manœuvre par des institutions supranationales ou des entités économiques tentaculaires, il est salutaire aussi de revisiter notre histoire à la mesure de l’exercice du pouvoir et de l’engagement, » écrit Patrice Gueniffey.

Nous nous retrouvons dans cette approche qui est aussi celle d’Herodote.net. Aucun événement n’a d’intérêt en soi. Au mieux, il peut être apprécié pour son aspect sensationnel ou romanesque comme l’arrestation des Templiers par Philippe le Bel. Mais derrière cet aspect, l’événement prend sens comme le montre Sylvain Gouguenheim car il permet au roi de s’affirmer à la tête de son royaume comme de la chrétienté. L’important, du point de vue de l’historien et de l’amateur, est ce que révèle l’événement sur la société qui l’a produit et sur les hommes qui l’ont inscrit dans leur mémoire.

Georges Minois se saisit ainsi du couronnement de Charlemagne à Rome (Noël 800). Il est inhabituel de placer cet événement au commencement de l’Histoire de France. Le roi des Francs Charlemagne n’avait lui-même nulle envie de se faire couronner empereur. Il y a été poussé par le pape et son conseiller Alcuin qui voulaient donner un protecteur à l’Église romaine.

Lui-même se voulait avant tout roi des Francs et c’est en cette qualité que les chroniqueurs royaux de Saint-Denis le rattacheront au Moyen Âge à la lignée des rois de France. Par contre, les Allemands ne voudront jamais voir en lui que le fondateur du Reich germanique. Il est vrai qu’il parlait tudesque et résidait à Aachen (Aix-la-Chapelle).

Mille ans exactement après le sacre, un autre sacre, celui de Napoléon Ier, fera référence à l’illustre ancêtre. Plus près de nous enfin, nouvel avatar : Charlemagne est érigé en précurseur de l’Europe et l’on crée un prix Charlemagne pour honorer chaque année une personnalité qui a fait avancer l’union du continent.

Certaines « décisions » historiques ont des conséquences autrement plus dramatiques et imprévisibles. C’est le cas avec le massacre de la Saint-Barthélemy (24 août 1572) qui garde encore une part de mystère. On est fondé à penser qu’au début, le monarque Charles IX, sa mère Catherine de Médicis ou encore les Guise voulaient se débarrasser des chefs protestants opportunément conviés à Paris pour le mariage de leur champion Henri de Navarre (futur Henri IV). Mais une fois la tuerie entamée dans la cour du Louvre, le peuple parisien, très remonté contre les protestants, allait se faire justice lui-même en massacrant aussi les protestants de la ville.

L’indécision et parfois la malchance peuvent faire échouer les meilleures résolutions. C’est ce que montre bien Jean-Christian Petitfils dans son récit des trois années qui ont précédé la Révolution et conduit à la convocation des états généraux à Versailles, le 5 mai 1789.

Il raconte comment Louis XVI, sincèrement désireux de réformer son pays, a soutenu la réforme de Calonne et son Assemblée des notables, réunie le 22 février 1787 pour valider un impôt universel. Mais les privilégiés se sont rebellés et ont réussi le coup de maître de rallier à leur cause les classes populaires qui avaient pourtant tout intérêt à la réforme.

En détruisant le crédit de la monarchie, les privilégiés et les nobles ont par aveuglement préparé la Révolution. Celle-ci était déjà quasiment terminée quand elle a commencé ! « Les plus grands coups portés à l’antique Constitution de l’État le furent par des gentilshommes.  Les patriciens commencèrent la Révolution, les plébéiens l’achevèrent », note Chateaubriand dans Mémoires d’outre-tombe.

Quand il s’est agi de juger et exécuter le roi Louis XVI, les députés étaient par contre parfaitement conscients de l’enjeu. La décapitation de la plus ancienne monarchie européenne diviserait comme jamais la France et le reste du continent. Elle creuserait « un fossé infranchissable entre l’ancien monde et le nouveau », écrit Loris Chavanette.

On ne peut pas dire que l’entourage de Charles X ait fait preuve de la même lucidité quand il s’est agi d’attaquer Alger en 1830 : « Qu’y a-t-il au fond de cette expédition ? De mauvais ministres qui croient échapper à leur sort avec du bruit et de la fumée, » a-t-on pu en dire. Laurent Thies témoigne de l’inconscience de ces hommes qui entreprirent une grande conquête sans savoir ce qu’ils en feraient le jour d’après.

Ainsi va l’histoire, tissée de décisions conscientes, sages ou folles, voire d’indécision.

Bien sûr, les historiens, pas moins que les autres hommes, ont des opinions et des préjugés qui peuvent à leur insu influencer leur vision des choses. Rassurons-nous, ils n’en laissent rien voir ici.  Les grandes décisions de l’histoire de France est dépourvu de parti-pris idéologique et les auteurs se montrent exclusivement mus par le désir de donner de la cohérence à l’enchaînement des faits (on est ici aux antipodes de L’Histoire mondiale de la France, dont le coordonnateur Patrice Boucheron annonçait en ouverture le dessein idéologique).

À ceux qui en doutaient, à commencer par nous-mêmes, Les grandes décisions de l’histoire de France démontre que la science historique française conserve de beaux atours, à une sage distance des modes, des préjugés et de l’air du temps.

S’il y avait un reproche à faire à cet ouvrage, c’est de s’être limité à vingt décisions, si judicieuses soient-elles, du sacre de Charlemagne à la décision de faire l’euro. Nous aurions bien aimé que soient aussi traitées la désignation d’Hugues Capet par ses pairs comme roi de Francie occidentale ; également la non-décision de sacrer Louis VIII du vivant de son père Philippe Auguste, preuve que l’État capétien était assez solide au début du XIIIe siècle pour se dispenser de cette formalité ; la promulgation de l’ordonnance de Villers-Cotterêts par François Ier en 1539, qui témoigne de la constitution d’un État national et centralisé.

 

 

https://www.herodote.net/articles/article.php?ID=1751

 

 

Biographie de l’auteur

 

Patrice Gueniffey est considéré par beaucoup comme le meilleur historien français actuel. Après son  » Bonaparte  » en 2013,  » Napoléon et De Gaulle. Deux héros français » a reçu trois prix historiques (Montaigne, Prix de la Revue de Deux Mondes, Prix du Nouveau cercle de l’Union) avant d’être désigné  » Livre d’histoire de l’année  » par Lire et de figurer dans le  » Palmarès des 25 livres de 2017  » du Point.

François-Guillaume Lorrain , écrivain, historien et journaliste a notamment publié  » L’année des volcans  » (2014) et  » Ces lieux qui ont fait la France  » (2015)