BATAILLE DE NORMANDIE, CORNELIUS RYAN (1920-1974), DEBARQUEMENT EN NORMANDIE (6 juin 1944), FILMS, FRANCE, GUERRE MONDIALE 1939-1945, HISTOIRE DE FRANCE, HISTOIRE DE L'EUROPE, LE JOUR LE PLUS LONG, LIVRE, LIVRES

Le Jour le plus long : le livre et le film

 « LE JOUR LE PLUS LONG » DE CORNÉLIUS RYAN,

ÉDITIONS DE « LUXE » PAR OUEST-FRANCE

Présentattion par Benoit.Rondeau    7 mai 2019

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Cornélius Ryan, Le Jour le Plus Long, éditions Ouest-France, 2019, 304 pages

Faut-il encore présenter l’oeuvre de Cornélius Ryan, écrit en 1959, passée à la postérité grâce au film hollywoodien éponyme? La fameuse oeuvre fait l’objet d’une réédition réussie chez Ouest-France. Cette nouvelle version se distingue par trois aspects: son grand format, sa riche et abondante iconographie, la reproduction d’une partie des interviews et des documents d’archives utilisés par le journaliste pour réaliser son ouvrage. Avec le grand grand format retenu pour l’ouvrage, certaines photographies en double-page sont particulièrement bien mises en valeur. Un bonheur pour l’amateur… Un des intérêts majeurs du texte de Ryan est de faire partager l’épopée du Jour J au lecteur selon un rythme vivant, parsemé de dialogues, proche de celui d’un roman bien que fourmillant d’éléments historiques. Bref, un texte captivant. Il s’agit de la grande Histoire racontée au niveau de la petite histoire. Le livre comprend trois grandes parties, « L’Attente », « La Nuit » et « La Journée ». Le lecteur est facilement sais par l’atmosphère régnant ces jours fatidiques dans les deux camps et ce à tous les échelons de la hiérarchie, puisque nous suivons aussi bien des personnages aussi célèbres que Rommel que des hommes du rang lancés dans la grande aventure. Nous voguons au sein de l’immense armada alliée, entendons les accents de la cornemuse de Bill Millin, éprouvons le choc et la confusion du GI’s sur Omaha ou largués près de Sainte-Mère-Eglise… Certes, le lecteur aura sans doute à l’esprit les images de la grande fresque cinématographique de D. Zanuck (que j’ai présentée ici), mais le livre se lit avec autant de plaisir et sera un complément heureux à la fois des ouvrages historiques relatant les combats avec détails et des recueils de témoignages qui se sont multipliés ces dernières années. Un certain nombre d’erreurs se sont bien glissées dans le texte du journaliste américain -on pense au Major allemand Pluskat qui se prétend aux premières loges à Omaha Beach alors qu’il se trouvait en galante compagnie à Bayeux- mais cela ne nuit en aucune manière à la qualité de l’ensemble.

 

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Livre: Le Jour le plus long de Cornelius Ryan

Nicolas Evrard

Près de 70 ans après le Débarquement, les Editions Retrouvées rééditent le récit du Jour J par un ancien correspondant de guerre, témoin des faits. Un demi-siècle après sa première parution, le livre n’a rien perdu de son intensité. Que du contraire!

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Aube du 6 juin 1944. Agrippée à ses jumelles, une sentinelle allemande n’en croit pas ses yeux. Face à elle, sur une mer agitée, sort de la brume la plus formidable armada jamais réunie de toute l’Histoire. Les alliés ont réussi à tromper la vigilance allemande et s’apprêtent à poser pied sur « la Forteresse Europe « , via les plages de Normandie. Les troupes ont été précédées, durant la nuit, par des milliers de parachutistes chargés d’empêcher l’arrivée de renforts allemands sur le littoral. Dès cet instant, une course contre la montre s’enclenche pour établir une tête de pont et s’agripper à la côte. Rommel, le maréchal allemand chargé de défendre les côtes européennes, l’avait prédit :  » Les 24 premières heures de l’invasion seront décisives. Pour les alliés comme pour nous, ce sera le jour le plus long « .

Cornelius Ryan (1920-1974) raconte l’histoire de cette journée primordiale comme personne. Mêlant habilement informations stratégiques et anecdotes authentiques, son ouvrage, sans temps mort, se lit comme un roman à rebondissements. C’est que l’auteur sait de quoi il parle : correspondant de guerre, il accompagnera les troupes du général Patton durant tout leur périple européen, notamment à travers la Normandie. L’espace de quelque 300 pages, il nous transporte avec brio sur les plages d’Omaha-la-sanglante ou dans les planeurs craquant sous le feu de la D.C.A.

Alors, certes, au niveau historique, certaines affirmations du livre sont erronées et désormais dépassées – le texte date des années 50, il ne faut pas l’oublier. Mais ne boudons pas notre plaisir :  » Le Jour le plus long  » constitue une formidable porte d’entrée pour comprendre le Débarquement… et son auteur n’a rien à envier aux maîtres du suspens actuel !

Cornelius Ryan, Le Jour le Plus Long, Editions retrouvées, 2017

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Cornelius Ryan

 

Cornelius Ryan (né le 5 juin 1920 et décédé le 23 novembre 1974) est un journaliste irlando-américain et un auteur connu pour ses ouvrages sur l’histoire militaire, particulièrement sur la Seconde Guerre mondiale.

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Ses deux livres les plus célèbres sont Le Jour le plus long (1959), qui raconte l’histoire du Jour J lors du débarquement de Normandie, et Un pont trop loin, sur l’opération alliée Market Garden aux Pays-Bas, en septembre 1944. Les deux ouvrages éponymes ont été portés au cinéma, respectivement en 1962 et 1977. Il a également écrit La dernière bataille : la chute de Berlin.

 

Biographie

Né à Dublin, Ryan s’installa à Londres en 1940. Après un passage à l’agence Reuters (1941), il devint correspondant de guerre pour The Daily Telegraph en 1943. Il couvrit d’abord la guerre aérienne en Europe avec la 8e et la 9e Air Force américaines. Puis il rejoignit la 3e Armée du général Patton, dont il couvrit les actions jusqu’à la fin de la guerre en Europe. Il partit alors pour le théâtre du Pacifique en 1945, puis à Jérusalem en 1946.

En 1947, Ryan émigra aux États-Unis, où il travailla pour le magazine Time, puis brièvement pour Newsweek (1949) et enfin pour Collier’s Weekly (1950) et Reader’s Digest. Il épousa Kathryn Morgan et devint citoyen américain en 1950. Pendant sa période au Collier’s Weekly, il obtint une reconnaissance internationale pour ses reportages sur les programmes spatiaux américains. En 1956, pour les deux articles « One Minute to Ditch » et « The Andrea Doria’s Untold Story: Five Desperate Hours in Cabin 56 », il obtint trois récompenses journalistiques : le Benjamin Franklin Award, l’Overseas-Press-Club-Awars et l’University of Illinois Award.

En 1959, il publia Le Jour le plus long après 9 ans d’enquête auprès de 49 correspondants de guerre et de milliers de personnes.  Ce fut dès sa sortie un succès de librairie.

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En 1965, il poursuivit avec La dernière bataille consacré à la bataille de Berlin. Le livre est riche en détails avec des informations provenant de civils et de sources américaines, britanniques, russes et allemandes.

En 1970, il est atteint d’un cancer mais malgré des chimiothérapies régulières débute l’écriture de Un pont trop loin. Le livre fut publié en 1974 mais Ryan mourut pendant la tournée promotionnelle du livre. Les notes qu’il avait prises durant sa maladie furent compilées et éditées par son épouse en 1976 sous le nom A private battle.

Il a été décoré de la Légion d’honneur française et a été fait docteur honoris causa en littérature de l’Université de l’Ohio, où la Cornelius Ryan Collection est abritée au sein de la bibliothèque Alden.

 

Le Jour le plus long

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Le Jour le plus long (The Longest Day) est un film américain réalisé par Ken AnnakinAndrew MartonBernhard WickiGerd Oswald et Darryl F. Zanuck, d’après le livre éponyme de Cornelius Ryan. Il sort en 1962 sur les écrans.

L’expression traduite par « le jour le plus long » serait d’Erwin Rommel et daterait du 22 avril 1944 lors de son inspection du mur de l’Atlantique lorsque le Generalfeldmarechall allemand dit à son aide de camp, Hauptmann Helmuth Lang :

 

«  La guerre sera gagnée ou perdue sur ces plages. Nous n’avons qu’une seule chance de repousser l’ennemi, et c’est quand il sera dans l’eau, barbotant et luttant pour venir à terre. Nos renforts n’arriveront jamais sur les lieux de l’attaque et ce serait folie que de les attendre. La Hauptkampflinie (ligne principale de résistance) sera ici. Toutes nos forces doivent se trouver le long des côtes. Croyez moi, Lang, les premières vingt-quatre heures de l’invasion seront décisives… Pour les Alliés, comme pour l’Allemagne, ce sera le jour le plus long.  »

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Synopsis

Le film retrace chronologiquement les évènements du débarquement allié en Normandie la journée du 6 juin 1944, précédé des derniers préparatifs de la veille au soir. Il présente les différents théâtres d’opérations, du point de vue Allié et Allemand, et différentes catégories d’intervenants : depuis les centres de commandements jusqu’aux simples soldats en passant par les officiers intermédiaires et les forces de résistance, le tout ponctué de nombreuses anecdotes véridiques.

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Fiche technique

Titre original : The Longest Day

Titre français : Le Jour le plus long

Réalisation :

séquences anglaises : Ken Annakin et Darryl F. Zanuck

séquences américaines : Andrew Marton

séquences allemandes : Bernhard Wicki

séquences des combats : Elmo Williams (réalisateur seconde équipe)

séquences des sauts en parachute : Gerd Oswald

Assistants réalisateurs : Bernard FarrelTom Pevsner , Louis Pitzele, Gérard Renateau, Jean Herman2 et Henri Sokal

Scénario : Cornelius Ryan, d’après son livre et Romain GaryJames JonesDavid PursallJack SeddonErich Maria Remarque et Noël Coward

Direction artistique : Ted AworthLéon Barsacq, Vincent Korda et Gabriel Béchir

Photographie : Jean Bourgoin, Walter Wottitz, Pierre LeventHenri Persin et Guy Tabary

Prises de vues aériennes : Guy Tabary

Ingénieurs du son : Jo de BretagneJacques Maumont et William Sivel

Effets spéciaux : Karl BaumgartnerKarl Helmer, Augie Lohman, Robert MacDonaldAlex WeldonJoseph de BretagneDavid S. Horsley et Wally Weevers

Effets visuels : Jean Fouchet

Montage : Samuel E. Beetley

Script-girl : Lucie Lichtig

Société de production : Twentieth Century Fox

Producteurs : Darryl F. Zanuck et Elmo Williams

Directeur de production2 : Julien DerodeChristian FerryLee KatzLouis Wipf

Distributeur : Twentieth Century Fox

Musique : Maurice Jarre et thème de Paul Anka arrangé par Mitch Miller

Pays d’origine :  États-Unis

Langues : anglais, allemand, français

Format : noir et blanc (il existe une version colorisée)

Ratio : 2.35 : 1 en CinemaScope 35 mm

Son : Stéréo (4 pistes Westrex Recording System)

Genre : guerre

Durée : 170 minutes

Dates de sortie :

France : 25 septembre 1962

États-Unis : 4 octobre 1962

Royaume-Uni : 23 octobre 1962

Allemagne de l’Ouest : 25 octobre 1962

Budget : ~ 10 000 000 $ US (estimation)

Dates de tournage : un an environ, débuté en mai 1961 et achevé le 16 juin 1962.

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Conseil

Conseillers militaires

Général Günther Blumentritt

Lieutenant général James Gavin

Major John Howard

Capitaine de frégate Philippe Kieffer

Général d’armée Pierre Kœnig

Capitaine Helmut Lang

Général de brigade The Earl of Lovat

Général sir Frederick Morgan

Lieutenant général Max Pemsel

Major Werner Pluskat

Colonel Josef Priller

Frau Lucia Maria Rommel

Vice-amiral Friedrich Ruge

 

Conseillers techniques

Commandant Jean Barral

Lieutenant-colonel Roger Bligh

Commandant Williard-L. Bushy

Commandant Hubert Deschard

Lieutenant-colonel A. J. Hillebrand

Colonel James R. Johnson

Capitaine Fernand Prevost

Lieutenant-commandant E. C. Peake

Colonel Albert Saby

Colonel Joseph B. Seay

 

Lieux de tournage

Hauts-de-Seine :

Studios de Boulogne

Corse :

plage de Saleccia dans les Agriates dans les Agriates (au nord de l’île) pour les scènes du débarquement. En 1961, des constructions avaient modifié le paysage des côtes normandes, alors que la plage de Saleccia, qui n’est desservie par aucune route, restait intacte.

Calvados :

Batterie de Longues-sur-Mer

Pont ferroviaire à Caen

Pegasus Bridge

Port-en-Bessin

Pointe du Hoc

Manche :

Sainte-Mère-Église

Charente-Maritime :

Île de Ré

Saint-Clément-des-Baleines (Conches des Baleines)

Plage sud de Rivedoux-Plage.

Oise :

Château de Chantilly

Yvelines :

Lycée Claude-Debussy (aujourd’hui Jeanne-d’Albret) à Saint Germain en Laye, lieu même où se situait le quartier général du Generalfeldmarschall  von Rundstedt.

 

Distribution

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 Britanniques

Patrick Barr (VF : Pierre Gay) : Group Captain J.M. Stagg (non crédité)

Lyndon Brook (VF : Roland Ménard) : Lt. Walsh (non crédité)

Richard Burton (VF : Jean-Claude Michel) : Flying Officer David Campbell

Bryan Coleman : Ronald Callen (non crédité)

Sean Connery (VF : Henry Djanik) : Soldat Flanagan

Bernard Fox : Un soldat (non crédité)

Leo Genn (VF : André Valmy) : Brig. Gén. Edwin P. Parker Jr.

John Gregson : Un aumônier militaire

Jack Hedley : Officier de l’information de la R.A.F. (non crédité)

Donald Houston : Un pilote de la RAF

Simon Lack : Air Marshal Trafford Leigh-Mallory (non crédité)

Peter Lawford (VF : René Arrieu) : Brigadier Lord Lovat

Leslie de Laspee : Piper Bill Millin (non crédité)

Michael Medwin : Soldat Watney

Kenneth More : Capitaine Colin Maud

Louis Mounier: Air Marshal Arthur William Tedder (non crédité)

Leslie Phillips : Un officier de la RAF

Trevor Reid : General Bernard Montgomery (non crédité)

John Robinson : Amiral Bertram Ramsay (non crédité)

Norman Rossington : Soldat Clough

Richard Todd (VF : Marc Cassot) : Major John Howard

Richard Wattis : Un parachutiste

 

Américains et Canadiens

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Henry Fonda (VF : Jean Martinelli) : Brigadier Général Theodore Roosevelt Jr.

John Wayne (VF : Claude Bertrand) : Lieutenant-colonel Benjamin H. Vandervoort6

Robert Mitchum (VF : Roger Tréville) : Brigadier Général Norman Cota

Robert Ryan (VF : Raymond Loyer) : Brigadier Général 82° Airborne James M. Gavin

Mel Ferrer (VF : Roland Ménard) : Général Robert Haines

Rod Steiger (VF : Marcel Bozzuffi) : Commandant de Destroyer

Red Buttons (VF : Guy Piérauld) : Soldat John Steele

Roddy Mac Dowall: Soldat Morris

Eddie Albert (VF : Serge Nadaud) : Colonel Thompson

Paul Anka (VF : Pierre Trabaud) : Un ranger américain

Richard Beymer : Soldat Dutch Schultz (qui a gagné 2500 dollars au jeu)

Ray Danton (VF : Michel Gatineau) : Capitaine Frank

Fred Dur : Un Major des rangers

Fabian : Un ranger

Tony Mordente : Un ranger, celui qui sert les repas (non crédité)

Steve Forrest (VF : Jean-Pierre Duclos) : Capitaine Harding

Henry Grace (VF : Claude Péran) : Général Dwight D. Eisenhower (non crédité)

Peter Helm : Un jeune GI

Jeffrey Hunter (VF : Roger Rudel) : Sergent John H. Fuller

Alexander Knox (VF : Serge Sauvion) : Général Walter B. Smith

Dewey Martin : Soldat Wilder

John Meillon : Amiral Alan G. Kirk (non crédité)

Sal Mineo (VF : Serge Lhorca) : Soldat Martini

Edmond O’Brien (VF : Georges Aminel) : Général Raymond O. Barton Barton 4° Infantry division

Ron Randell : Joe Williams

Tommy Stands: Un ranger

George Segal : Un ranger

Nicholas Stuart : Lieutenant Général Omar Bradley (non crédité)

Tom Tryon (VF : Michel Gudin) : Lieutenant Wilson

Robert Wagner (VF : Philippe Mareuil) : Un ranger

Stuart Whitman (VF : Michel Roux) : Lieutenant Sheen

Clint Eastwood : Un ranger2 (non crédité)

John Crawford : Colonel Caffey (non crédité)

Joseph Lowe : un soldat escaladant la Pointe du Hoc (non crédité)

Geoffrey Bayldon : un officier au briefing du général Eisenhower (non crédité)

 

Français

Arletty : Madame Barrault

Yves Barsacq : résistant français

Jean-Louis Barrault : Père Louis Roulland

Bourvil : le résistant et maire de Colleville-sur-Orne

Pauline Carton : La femme de Louis

Irina Demick : Jeanine Boitard7

Fernand Ledoux : Louis

Christian Marquand : Commandant Philippe Kieffer

Maurice Poli : Jean, un passeur (non crédité)

Madeleine Renaud : La Mère supérieure

Georges Rivière: Second-maître Guy de Montlaur

Jean Servais : Contre-amiral  Jaujard

Alice Tissot : La concierge (non crédité)

Georges Wilson : Alexandre Renaud, maire de Sainte-Mère-Église

Bernard Fresson : un pilote français (non crédité)

 

Allemands

Paul Hartmann et Curd Jürgens.

Hans Christian Blech (VF : Jean-Claude Michel) : Major Werner Pluskat

Wolfgang Büttner : Général Hans Speidel

Gert Fröbe : Sergent « Kaffeekanne »

Paul Hartmann (VF : Richard Francœur) : Feld-maréchal Gerd von Rundstedt

Ruth Hausmeister : L’épouse de Rommel (non crédité)

Michael Hinz : Manfred Rommel (non crédité)

Werner Hinz (VF : André Valmy) : Feld-maréchal Erwin Rommel

Karl John (VF : Albert Augier) : Général Wolfgang Häger

Curd Jürgens : Général Günther Blumentritt

Till Kiwe : Capitaine Helmuth Lang (non crédité)

Wolfgang Lukschy : Général Alfred Jodl (non crédité)

Kurt Meisel : Capitaine Ernst Düring (non crédité)

Richard Münch : Général Erich Marcks

Hartmut Reck : Sergent Bernhard Bergsdorf (non crédité)

Heinz Reincke (VF : Yves Brainville) : Colonel Josef Priller (non crédité)

Ernst Schröder : Général Hans von Salmuth (non crédité)

Heinz Spitzner : Lieutenant-colonel Helmuth Meyer (non crédité)

Wolfgang Preiss (VF : Hans Verner) : Général Max-Josef Pemsel

Peter Van Eyck (VF : Howard Vernon) : Lieutenant-colonel Ocker

Eugene Deckers : Major à l’église (non crédité)

 

Coupés au montage

Gil Delamare : un cascadeur

Yvan Chiffre : un cascadeur

Alexandre Renault : un cascadeur

Guy Marchand : un parachutiste

Françoise Rosay : une paysanne

Jean Champion

Michel Duchaussoy

Clément Harari

Rudy Lenoir

Edward Meeks

Fred Personne

Siân Phillips

Marcel Rouze

Dominique Zardi

Jean-Jacques Vergne

Zanuck engagea plus de 2 000 soldats pour le tournage.

De nombreux figurants étaient issus des promotions Arpètes de la Base Aérienne de Saintes 722 près de Rochefort, en Charente-Maritime. Il s’agissait des promotions P-33 à P-38; en remerciement, le réalisateur offrit un cinéma à la B.A 722. Le bâtiment porte depuis le nom du film.

À l’initiative d’une association de figurants du film issue de l’EAMAA (École des apprentis mécaniciens de l’armée de l’air) promotion 1961 (p. 36, 37 et 38), le 5 juin 2011 eu lieu sur la plage sud de Rivedoux Plage une fête commémorative pour les 50 ans du tournage.

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Autour du film

Implication des acteurs dans la guerre

Le film a été tourné en 1961, 17 ans seulement après le Débarquement pendant lequel de nombreux acteurs étaient militairement engagés. Les rôles des acteurs correspondent à leurs affectations militaires, et sont parfois très proches : ainsi l’acteur Richard Todd interprète le rôle du commandant de son unité de parachutistes lorsqu’il a pris le contrôle du « Pegasus Bridge ».

 

Acteurs britanniques

Richard Todd : Royal Air Force. Officier parachutiste dans la sixième division aéroportée britannique (division Pegasus), il fut l’un des premiers officiers britanniques à se poser en Normandie au jour J, rejoignant le Major John Howard au Pegasus Bridge.

Richard Burton : Royal Air Force.

Donald Houston : Royal Air Force

John Gregson : Royal Navy, sur un dragueur de mines.

Bernard Fox : Royal Navy

Kenneth More : Royal Navy, lieutenant sur le croiseur HMS Aurora puis le porte-avions HMS Victorious.

Leo Genn : Royal Artillery, lieutenant-colonel. Il reçoit la Croix de guerre en 1945.

Leslie Phillips : Royal Artillery, Second Lieutenant.

Richard Wattis : Services secrets Britannique du SOE, second lieutenant.

 

Acteurs américains

Henry Fonda : US Navy. Engagé pendant 3 ans, initialement comme quartier-maître 3e classe sur le destroyer USS Satterlee puis comme Lieutenant Junior dans l’Air Combat Intelligence dans le Pacifique, il reçut une médaille étoile de bronze et une citation de l’unité présidentielle de la Navy.

Tom Tryon : US Navy, radio dans le Pacifique Sud.

Dewey Martin : US Navy, pilote de Grummann F6F-Hellcat   dans le Pacifique, participa à la Bataille de Midway et fut prisonnier des japonais.

Robert Ryan : Corps des Marines, instructeur militaire.

Rod Steiger : Corps des Marines, embarqué sur des destroyers dans le Pacifique sud, participant à la bataille d’Iwo Jima.

Stuart Whitman : Armée de terre. Il terminera sa carrière avec le grade de colonel.

Steve Forrest : Armée de terre, sergent durant la Bataille des Ardennes.

Eddie Albert : Corps des Garde côte dans le Pacifique. Pour son action héroïque dans la bataille de Tarawa, il reçut la Médaille de l’étoile de Bronze (quatrième plus haute distinction pour bravoure, héroïsme et mérite).

Edmond O’Brien : US Air Force.

Joseph Lowe : combattit à Omaha Beach et escalada les falaises de la Pointe du Hoc lors du débarquement.

 

Acteurs allemands

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Hans Christian Blech : Wehrmacht, combat sur le front de l’Est, fut prisonnier en Grande-Bretagne.

Wolfgang Preiss : Wehrmacht, dans la défense aérienne.

Wolfgang Büttner : Wehrmacht.

Gert Frôbe : Wehrmacht.

Ernst Schröder : Wehrmacht.

Heinz Spitzner : Wehrmacht.

 

Acteur français

Bourvil : engagé dans la bataille de France, démobilisé après la défaite.

Fernand Ledoux : bien que non mobilisable en raison de son âge, il s’engage en avril 1940 dans le 212e régiment régional de Fontainebleau (212e RR). Démobilisé après la défaite.

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Réalisme de la reconstitution

La réalisation du film s’est appuyée sur de nombreux conseillers techniques et militaires, dans le contexte du vécu militaire personnel des acteurs et professionnels participant au film. Darryl Zanuck a fait le choix du noir et blanc pour accentuer le réalisme, permettant d’insérer de véritables images des actualités de l’époque : « Je veux que tout mon film soit une véritable reconstitution de ce qui s’est réellement passé ».img30.jpg

Néanmoins la reconstitution d’un théâtre d’opération aussi important et les possibilités limitées de trucages de l’époque ont mené à des limitations de la reconstitution (par exemple sur les attaques aériennes allemandes). De plus, l’aspect didactique du film a pu mener à quelques simplifications ou exagérations (par exemple les mannequins de parachutistes).

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Faits erronés

La scène du mitraillage des plages par deux FW190 (dont un piloté par l’Obstlt Josef « Pips » Priller) est due au fait que Darryl Zanuck n’avait réussi à mettre la main que sur deux Focke-Wulf en état de voler.  Elle a entretenu le mythe que seuls deux avions allemands ont attaqué ce jour-là. En réalité, plusieurs Staffeln (escadrilles) soit une petite centaine d’appareils, ont effectué un total de plus de sept cents sorties, dont vingt-deux contre la flotte alliée, principalement l’après-midi. De nombreux avions ont été abattus, vu la suprématie aérienne alliée. Des JU 87 Stukas obsolètes ont été mis en ligne, dont 5 furent abattus.

Le nom de l’ailier de Josef « Pips » Priller fut modifié pour le film : en réalité, il s’agissait non pas de Bernhard Bergsdorf, mais de Heinz Wodarczyk. Il sera abattu en mission six mois plus tard.

Lors de l’atterrissage des deux parachutistes dans la cour d’un bâtiment d’un QG allemand , on voit le général Von Salmuth sortir de ce QG alors qu’il se trouvait à ce moment-là à Tourcoing (Nord), commandant la 15e armée allemande.

Le lieutenant-colonel Benjamin H. Vandervoort (John Wayne) monte sur une charrette quelque temps après s’être fracturé la cheville droite dans les marais. En réalité, l’accident s’est produit près de Sainte-Mère-Église.

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Lors de l’attaque du pont de Bénouville (Euston 1 renommé plus tard Pegasus) sur le canal de l’Orne par les aéroportés du major Howard (2nd Battalion, the Oxford & Bucks Light Infantry), on voit sous le pont quelques Britanniques décrocher les charges de destruction. En réalité, ces charges étaient sur les « rambardes » de chaque côté. De plus, les Allemands les enlevaient chaque soir, de crainte que les résistants ne les retournent contre eux. En outre, le film montre une résistance acharnée, alors que ce soir-là le pont n’était gardé que par trois soldats allemands. Dans la nuit, les hommes de Howard sont renforcés par le 7th Parachute Battalion (1st Airborne Division) bien avant l’arrivée de la 1st Special Service Brigade de Lovat (13 h). Enfin, lors de la relève par les commandos, le Bag Piper de Lord Lovat, Bill Millin n’a pas traversé le pont en jouant de la cornemuse (il est néanmoins arrivé sur place en jouant). Lors de la prise du pont, on peut apercevoir un transformateur EDF sur un poteau, or ce type de transformateur n’est apparu qu’en 1961.

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Lors de la prise du casino d’Ouistreham, aucune religieuse n’est intervenue pour assister les commandos français.

 

Exagérations

La scène, où le lieutenant-colonel Benjamin H. Vandervoort de la 82e division aéroportée (interprété par John Wayne) montre l’utilisation du criquet (cricket), est exagérée. Seule la 101e division aéroportée a possédé et utilisé ce criquet pendant la nuit du 5 au 6 juin 1944 en Normandie. Ce jouet en laiton composé d’une lame ressort (fabriqué en 1944 par l’entreprise anglaise THE ACME) permettait aux parachutistes isolés lors des largages de se retrouver et de se regrouper. Le principe : pour une pression sur la lamelle métallique (clic-clac) afin de demander l’identification, la réponse devait consister en une double pression (clic-clac – clic-clac).

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Le parachutiste John Steele, reste pendu au clocher de l’église de Sainte-Mère-Église pendant 10 heures (il précise la durée dans le film) alors qu’il n’y restera que 2 heures avant d’être récupéré par les Allemands et fait prisonnier. Il s’échappera quelques jours plus tard. Par ailleurs, comme dans la quasi totalité des églises de France, le clocher n’était pas électrifié. Il est donc impossible que le soldat John Steele ait été assourdi par les cloches 10 heures durant ni même 2 heures.

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Les paradummies, ces poupées parachutistes larguées pour tromper les Allemands, apparaissent comme des mannequins très sophistiqués. En réalité, il s’agissait de simples et grossières poupées de chiffon remplies de sable. Six parachutistes des Special Air Service ont sauté avec les poupées et diffusé des enregistrements de bruits de bataille.

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Le lieutenant-colonel Benjamin H. Vandervoort n’avait que 27 ans alors que John Wayne, qui l’interprète, en avait 54 .

 

Approximations volontaires

Afin d’éviter un anachronisme évident, dans les scènes tournées sur la place de Sainte-Mère-Église, on voit un gros tas de sacs de sable en bordure de la rue (l’ancienne RN 13), sans raison apparente : ce tas a été construit pour le tournage afin de dissimuler le monument qui commémore le débarquement.

À Sainte-Mère-Église, le parachutiste John Steele est resté accroché côté « place de l’église » alors qu’il était en réalité de l’autre côté (côté presbytère). Pour rendre la mise en scène plus spectaculaire, Zanuck a « accroché » Steele du côté de la place. Depuis, la municipalité accroche un parachute sur l’église en souvenir de l’évènement, mais il est accroché sur l’église côté place, en accord avec le film et non en accord avec la réalité historique.

Le casino est une reconstitution. Il avait été rasé par les Allemands qui l’avaient remplacé par un bunker. La scène a été tournée à Port-en-Bessin dont on voit la tour Vauban.

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Accessoires ou matériels anachroniques

Dès le début, en Angleterre, on montre Eddie Albert, conduisant une jeep sous la pluie. Cependant, cette jeep américaine de 1944 arbore la calandre en deux couleurs en diagonale, et même, sur le bas de caisse, la grenade blanche de l’armée française 1960.

Les uniformes portés par les parachutistes américains (82e et 101e divisions aéroportées), plus particulièrement les vestes de saut, ne correspondent pas aux vêtements d’époque, que ce soit la coupe, les couleurs et les systèmes de fermetures. Dans le film, les vestes de saut ont des systèmes de fermeture différents aux poignets : fermeture par 1 bouton et fermeture par 1 ou par 3 pressions. Dans la réalité, les manches de la veste M42 n’étaient fermées aux poignets que par 2 pressions.

La mentonnière des casques portés par les parachutistes américains ne correspond pas à celle utilisée à cette époque. Dans le film, elles ont une forme rectangulaire alors que celles portées en 1944 étaient ovales.

Les insignes divisionnaires (ou badge) des parachutistes de la 82e division aéroportée ne reflètent pas la réalité. Dans le film, le carré rouge encadrant le « AA » est plus grand, et le sigle « Airborne » au-dessus à une forme plus arrondie. De plus, sur toutes les scènes montrant ces parachutistes, ce même sigle « Airborne » est beaucoup trop éloigné du « AA ». Dans la réalité, ces 2 éléments étaient plus rapprochés comme le stipulait le règlement. Cependant, bon nombre de soldats les cousaient souvent à la hâte et avec les moyens du bord (fils et points de couture aléatoires). Enfin, dans la version colorisée du film, la couleur bleue présente dans ce patch est plus foncée que sur l’insigne original.

Les bottes des Américains portent des lacets à bouts en caoutchouc alors qu’en réalité de tels bouts n’ont été inventés que pendant la guerre du Viêt Nam par Maurice Frisson, un cordonnier installé à Saïgon

Dans le film, on aperçoit certains parachutistes américains chaussés de brodequins de combat noirs (communément appelés Rangers) fermés par 2 boucles au-dessus de la cheville. Ces équipements n’étaient pas en dotation au mois de juin 1944. Les bottes de saut portées par les parachutistes américains au moment de la bataille de Normandie, étaient exclusivement de couleur marron, montaient jusqu’à mi-mollet et n’étaient munies que de lacets ce qui permettait un meilleur maintien de la cheville. Ce n’est qu’au lancement de l’opération Market Garden en septembre 1944 que les unités de parachutistes seront dotées de ces brodequins à boucles.

La teinture noire du cuir pour les équipements des troupes américaines n’est apparue que dans les années 1950.

Dans la scène où le lieutenant-colonel Benjamin H. Vandervoort monte sur la charrette après s’être fracturé la cheville, on aperçoit un parachutiste américain portant une veste M43 (M43 Field Jacket) qui n’était pas en dotation le 6 juin 1944 pour les parachutistes américains des 82e et 101e divisions. Ils portaient tous et sans exception la veste de saut M42 (M42 Parachute jumper coat). Ils ne vêtiront la veste M43 qu’à partir de septembre 1944, lors de l’opération Market Garden. Cette veste de combat sera la dotation officielle des unités américaines jusqu’à la fin de la Seconde Guerre mondiale.

Le lieutenant-colonel Benjamin H. Vandervoort porte au début du film sur son casque le bon insigne de grade mais à partir de la scène de la charrette, il arbore à tort l’insigne de colonel sur son casque (Vandervoort avait été promu lieutenant-colonel le 2 juin 1944).

Sur la place de l’église, on voit stationnée une 2CV commercialisée en 1948.

Lors des parachutages, on peut voir des bombardiers Lancaster alors que les appareils utilisés étaient des C-47.

Lors du mitraillage des plages, les deux avions représentés ne sont pas des FW 190, mais des Messerschmitt Bf 108 Taifun, avions d’entrainement et de liaison.

Peu avant le débarquement sur les plages, la flotte alliée est survolée par quatre A-1 Skyraider, un modèle d’avion n’ayant fait son premier vol qu’en 1945.

Dans une des dernières scènes, au cours de laquelle Robert Mitchum demande à un soldat en jeep de le monter en haut de la plage, la jeep n’est pas authentique, il s’agit plutôt d’une Hotchkiss française que d’une Willys ou Ford.

Les numéros de capot commençaient sur les jeep américaines, qu’elles soient Willys ou Ford, par 20 (exemple 20193276) alors qu’ici le numéro commence par 88 puis 133553, ce qui n’est pas réel. De plus, les supports en bois qui devaient se trouver sur le capot pour accueillir le pare-brise rabattable sont absents. On y retrouve des supports en U métallique au niveau des essuie-glaces qui viennent se poser sur le capot. Ces jeeps sont alors passées par l’armée française et datent alors de l’après-guerre, et donc n’existaient pas le 6 juin 1944.

 

Erreurs mineures ou limites du décor

Lors de la scène du mitraillage aérien de la plage, on peut remarquer certains chars en « trompe-l’œil », en réalité de simples panneaux de bois reproduisant des chars ; on peut noter aussi l’interruption des défenses côtières au fond du plan. La lenteur du plan en rase motte sur la plage montre qu’elle a été effectuée en hélicoptère et non en avion.

Les obstacles sur les plages de débarquement sont posés à l’envers. Dans le film, la pointe est orientée vers la mer alors qu’en réalité elle était dirigée vers les terres de façon que les péniches de débarquement y soient « guidées » jusqu’à une mine.

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Lors de la séquence où les résistants entendent le second vers du poème de Verlaine (« blessent mon cœur d’une langueur monotone »), le message précédent est : « Daphné à Monique : il y a le feu à l’agence de voyage, inutile de s’y rendre ». Quand les Allemands captent le second vers, le message « Daphné à Monique » est entendu après Verlaine et non avant.

Dans la scène de la pointe du Hoc, on peut voir un Ranger n’ayant pas son chargeur clipsé à son fusil.

Dans la scène où le soldat Martini (Sal Mineo) est tué après avoir cru entendre le double clic-clac d’un de ses camarades, le soldat allemand tire deux coups avant de réarmer son fusil alors qu’il aurait dû réarmer pour pouvoir tirer une deuxième fois.

Dans les locaux des services météo britanniques, on voit un barographe enregistreur dont l’aiguille est au plus bas, ce qui est logique au vu de la dépression. À quelques dizaines de kilomètres de là, chez le pilote « Pieps », près de Calais, l’aiguille d’un instrument analogue est à la limite supérieure ; ce n’est pas logique.

 

Anecdotes

Le film fut présenté à sa sortie comme le plus cher du cinéma, avec Cléopâtre

Il resta le film noir et blanc le plus cher du cinéma jusqu’à la sortie de La Liste de Schindler en 1993.

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Références répétées à la cinquième symphonie de Beethoven : on entend régulièrement les quatre premières notes de la cinquième symphonie jouées par un tambour tout au long du film, puis par un orchestre symphonique lors du lancement du débarquement le 6 juin à l’aube. Cette association est une idée de William Stephenson, ayant pour origine la similitude des quatre premières notes de la symphonie avec le code morse de la lettre V •••— soit quatre impulsions (trois courtes et une longue), la lettre « V » étant le symbole patriotique allié de la Victoire/Victory contre le nazisme. À des fins didactiques, un bref dialogue au début du film entre deux soldats rappelle ce lien aux spectateurs n’ayant pas connu cette période de l’histoire. Ce rythme correspondant aux premières notes de la Symphonie n° 5 de Beethoven, celle-ci devint l’indicatif des émissions à destination de l’Europe occupée. La lettre V était également rappelée d’un geste de la main des index et majeur formant un V.

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L’ancien président Dwight D. Eisenhower avait accepté de jouer son propre rôle. Néanmoins, les maquilleurs ne purent lui donner une apparence suffisamment jeune pour qu’il soit crédible dans son rôle. Henry Grace, un décorateur sans expérience d’acteur mais qui travaillait dans l’industrie cinématographique depuis les années 30 et qui était d’une grande ressemblance avec Eisenhower, fut finalement engagé, bien que sa voix soit différente. Le président Eisenhower fut néanmoins ponctuellement conseiller technique sur le film

Daniel Gélin ne put interpréter le rôle prévu dans la scène spécialement écrite pour lui par Romain Gary, en raison d’un accident de chasse qui l’a immobilisé pendant deux mois15.

Une version colorisée a été réalisée pour le 50e anniversaire du débarquement en 1994. Elle fut diffusée sur TF1, puis vendue en version VHS.

 

Bibliographie

Jean d’Yvoire, « Le jour le plus long », Téléciné no 108, Paris, Fédération des Loisirs et Culture Cinématographique (FLECC), décembre 1962-janvier 1963,

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COMMUNAUTE EUROPENNE, EUROPE, HISTOIRE DE L'EUROPE, UNION EUROPEENN

Histoire de la construction de l’Union européenne

Histoire de l’Union européenne

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1951 – 1957 : de la CECA aux traités de Rome

Née de la déclaration Schuman, la Communauté européenne du charbon et de l’acier (CECA) réunit en 1951 l’Allemagne, l’Italie, la France, la Belgique, les Pays-Bas et le Luxembourg. En mettant en commun leur production de charbon et d’acier, la France et l’Allemagne substituent la solidarité d’intérêts à la rivalité et à la rancœur, cinq ans seulement après la fin de la guerre. Autre innovation : cette organisation opte pour un mode de gestion supranational, qui rompt avec les expériences intergouvernementales menées jusqu’alors.

A la suite de la pénurie énergétique provoquée en 1956 par la crise de Suez, Jean Monnet, alors président du Comité d’action pour les États-Unis d’Europe, estime que les Européens doivent s’unir au sein d’une communauté atomique qui les conduira vers l’autosuffisance énergétique. De leur côté, les partenaires de la France sont plutôt favorables à la création d’un marché commun. Afin de concilier tous les intérêts, deux traités distincts sont signés à Rome, l’un portant sur la Communauté européenne de l’énergie atomique (Euratom), l’autre instituant la Communauté économique européenne (CEE).

 

Les origines de l’idée européenne

1918-1944, l’idée européenne au début du XXe siècle

1945-1956, les débuts de la construction européenne

 

Les premières avancées de la CEE

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 A la suite de la conférence de Stresa de 1958 et à la demande de la France, le Néerlandais Sicco Mansholt est chargé de réfléchir à la mise en place d’une politique agricole commune. Celle-ci voit le jour en 1962 au terme de longues négociations. Elle entraînera une modernisation rapide de l’agriculture européenne, tout en provoquant des remous au sein de la Communauté, notamment par son poids croissant dans le budget.

Avec la fusion en 1965 de la Haute Autorité de la CECA, de la Commission de la CEE et de la Commission Euratom, la Commission des Communautés européennes jouit de pouvoirs étendus. La même année, celle-ci propose, à travers une réforme du financement de la PAC, la création d’un budget propre et mieux contrôlé par le Parlement européen. Parallèlement, le Conseil se prépare à prendre ses décisions à la majorité et non plus à l’unanimité à partir de 1966.

Redoutant une dérive fédérale, la France condamne cette orientation et boycotte les institutions communautaires pendant sept mois. Cette « crise de la chaise vide » prend fin avec le « compromis de Luxembourg » du 29 janvier 1966, qui permet à chaque pays membre de s’opposer à une décision communautaire prise à la majorité s’il estime que ses intérêts nationaux sont gravement menacés.

Succès du Marché commun, les droits de douane qui continuaient à être perçus lors des échanges entre les Six sont éliminés 18 mois avant la date prévue par le traité de Rome, le 1er janvier 1968. Un tarif douanier commun est introduit en remplacement des droits de douane nationaux pour les échanges avec le reste du monde. 

A la fin des années 60, les pays membres sont frappés par des désordres monétaires internationaux qui nuisent au fonctionnement du Marché commun. Les Six conviennent alors d’un plan par étapes (le plan Werner) en vue de la création d’une union économique et monétaire européenne. En 1972 naît le serpent monétaire européen, ancêtre de l’euro. Il sera remplacé en 1978 par le système monétaire européen (SME).

Enfin, le 1er élargissement des Communautés a lieu en 1973 : après deux refus de la France, le Royaume-Uni est officiellement admis en compagnie de l’Irlande et du Danemark.

1957-1973, de l’Europe des six à l’Europe des neuf

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1974-1984, surmonter les crises

En 1974, sur fond de crise énergétique, le sommet de Paris institue, en marge des traités communautaires, le Conseil européen : désormais, les dirigeants européens se rencontreront au moins trois fois par an pour déterminer ensemble les grandes orientations politiques.

Le principe de l’élection du Parlement européen au suffrage universel est également adopté : un changement concrétisé lors des élections de 1979, où la participation atteint alors 60,7%.

En 1974, la chute du régime des colonels rapproche la Grèce de l’Europe occidentale. Le pays dépose sa candidature en 1975, mais doit rattraper son retard économique avant de devenir, en 1981, le dixième membre des Communautés européennes. Il sera suivi en 1986 par l’Espagne et le Portugal, eux aussi sortis d’une longue période de dictature.

Alors que le budget communautaire fait l’objet de nouvelles négociations, la Première ministre britannique Margaret Thatcher estime que son pays contribue trop à un budget dominé par la PAC (elle prononce son fameux « I want my money back !« ). Un compromis est finalement trouvé à Fontainebleau en 1984 : le financement de la PAC est réduit et le Royaume-Uni voit une partie de sa contribution remboursée par ses partenaires.

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1974-1984, surmonter les crises

 

1985-1992, la relance européenne

 Mis en place en 1968, le Marché commun a progressivement mis fin aux contrôles des marchandises aux frontières des pays membres. Mais les contrôles douaniers demeurent pour les personnes. Au début des années 80, les pays du Benelux, entre lesquels les déplacements sont déjà libres, proposent à la France et à l’Allemagne de mettre en place graduellement un espace de libre circulation des personnes. L’accord entre les cinq pays est conclu le 14 juin 1985 dans la petite ville luxembourgeoise de Schengen. Il sera par la suite intégré aux traités communautaires et étendu aux autres Etats membres.

Tout juste nommé président de la Commission européenne, Jacques Delors présente la même année 310 mesures destinées à achever le « Marché unique ». Malgré l’ouverture des frontières, de nombreux obstacles administratifs et réglementaires freinent en effet la libre circulation des marchandises et entravent la croissance économique en Europe. Pour la première fois depuis l’entrée en vigueur du traité de Rome, les Douze décident alors de le réviser en ce sens.

Avec l’Acte unique de 1986, le fonctionnement des institutions est modifié : le vote à la majorité qualifiée au Conseil de l’UE est généralisé pour toutes les questions touchant au marché intérieur et le Parlement européen voit son rôle renforcé. L’année suivante, le programme de mobilité Erasmus est lancé.

En 1989, la chute inattendue du Mur de Berlin, bouleverse l’ordre international issu de la Seconde Guerre mondiale. La partie est-allemande intègre la communauté au sein de l’Allemagne réunifiée. Par ailleurs, les pays membres des communautés réagissent à la nouvelle donne en affirmant la dimension politique du projet européen : en 1992, le traité de Maastricht crée l’Union européenne et pose les bases d’une monnaie unique. Il institue également une citoyenneté européenne ainsi qu’une politique extérieure et de sécurité commune (PESC).

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1985-1991, la relance européenne

1961-1989 : de la construction à la destruction du Mur de Berlin

 

1992 – 2009 : la succession des traités

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Après un nouvel élargissement à l’Autriche, à la Suède et à la Finlande en 1995 (les Suisses et les Norvégiens rejettent cette adhésion), le traité d’Amsterdam de 1997 instaure un poste de Haut-représentant pour la PESC et intègre dans le champ communautaire les questions de visas, d’asile et d’immigration.

L’année suivante, le sommet franco-britannique de Saint-Malo donne une impulsion décisive à l’Europe de la défense, en convenant que l’UE « doit avoir une capacité autonome d’action, appuyée sur des forces militaires crédibles« . Elle permet la mise en place de structures politiques et militaires permanentes, la clarification des relations avec l’OTAN et la définition de missions européennes spécifiques (aide humanitaire, gestion de crises, rétablissement de la paix).

Dans le même temps, la nouvelle Union choisit de préparer le plus grand élargissement de son histoire afin d’intégrer les nouvelles démocraties d’Europe centrale et orientale. Le traité de Nice de 2001 réforme le système institutionnel à cet effet. 10 nouveaux pays adhèrent à l’UE en 2004, suivis par deux autres en 2007. Le dernier pays à entrer dans l’UE est la Croatie en 2013.

Les dix années qui suivent le traité de Maastricht voient aussi les douze Etats membres de l’Union économique et monétaire adapter leurs économies en vue de l’arrivée de l’euro. Celui-ci est officiellement adopté comme unité de compte en 1999, et mis en place pour les consommateurs le 1er janvier 2002.

De l’avis général, le traité de Nice est insuffisant pour encadrer une Europe à 25 ou plus. Une nouvelle réforme institutionnelle s’impose. A l’instar des traités précédents, le traité établissant une Constitution pour l’Europe doit être ratifié par tous les Etats membres pour entrer en vigueur. Mais au printemps 2005, les citoyens français et néerlandais se prononcent par référendum contre ce texte.

L’Europe s’enlise alors dans une crise institutionnelle majeure, qui ne prend fin qu’avec la signature du traité de Lisbonne, entré en vigueur en 2009. Celui-ci apporte de nombreuses modifications institutionnelles majeures, notamment l’élection d’un président du Conseil européen pour deux ans et demi et l’extension des pouvoirs du Parlement européen, co-législateur avec le Conseil sur la plupart des domaines

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1992-2009, bouleversements politiques et création de l’euro

 

Quel avenir pour l’Europe ?

En 2008, l’Europe est touchée de plein fouet par la crise économique et financière mondiale. La dette publique des Etats membres explose, à tel point que certains pays (Grèce, Irlande, Portugal, Italie, Chypre) menacent directement la survie de la zone euro. L’Union européenne leur vient en aide via de nouveaux instruments, en contrepartie de réformes et d’une plus grande surveillance de leurs dépenses.

L’économie repart peu à peu en 2015, si bien qu’en 2017 tous les pays renouent avec la croissance, mais dans certains le chômage et la dette publique atteignent des niveaux préoccupants. Dans le même temps, de nouvelles difficultés apparaissent : réchauffement climatique, terrorisme djihadiste depuis la création de l’Etat islamique en 2006, crise ukrainienne et tensions avec la Russie depuis 2013, crise migratoire entre 2015 et 2017, référendum du 23 juin 2016 sur le Brexit  , progression des populismes dans plusieurs Etats membres, tensions avec les Etats-Unis de Donald Trump… autant de défis à surmonter pour l’Europe de demain.

Parallèlement aux négociations sur la sortie du Royaume-Uni, les dirigeants européens réfléchissent à l’avenir de l’Union européenne à 27. Un processus qui pourrait donner un nouveau souffle à cette Europe aujourd’hui particulièrement fragilisée.

2010-2016, du traité de Lisbonne aux crises

 

https://www.touteleurope.eu/actualite/histoire-de-l-union-europeenne.html

 

 

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LES TRAITES DE L’UNION EUROPEENNE

Législation de l’UE>Traités européens

L’Union européenne est fondée sur l’État de droit. Cela signifie que toute action entreprise par l’UE découle des traités, qui ont été approuvés librement et démocratiquement par tous les États membres. Ainsi, si un domaine politique n’est pas cité dans un traité, la Commission ne peut pas proposer de légiférer dans ce domaine.

Les traités européens sont des accords contraignants adoptés par tous les États membres de l’Union européenne. Ils définissent les objectifs poursuivis par l’UE, les règles de fonctionnement des institutions européennes, les procédures à suivre pour prendre des décisions et les relations entre l’UE et les États membres.

Ces traités sont modifiés pour satisfaire à différents objectifs: renforcer l’efficacité et la transparence de l’UE, procéder aux adaptations nécessaires pour accueillir de nouveaux États membres et élargir la coopération entre les pays de l’UE à de nouveaux domaines, comme la monnaie unique.

Les institutions européennes adoptent des actes législatifs, en accord avec les traités, que les États membres doivent ensuite mettre en œuvre. Les textes des traités, la législation, la jurisprudence et les propositions législatives peuvent être consultés intégralement dans EUR-Lex, la base de données de la législation européenne.

 

Les principaux traités sont les suivants  (du plus récent au plus ancien):

Traité de Lisbonne

Traité de Nice

Traité d’Amsterdam

Traité sur l’Union européenne (traité de Maastricht)

Acte unique européen

Traité de fusion (traité de Bruxelles)

Traités de Rome: traités CEE et Euratom

Traité instituant la Communauté européenne du charbon et de l’acier (CECA)
Les traités fondateurs ont également été modifiés chaque fois que de nouveaux pays ont adhéré à l’Union européenne:

2013 (Croatie)

2007 (Bulgarie et Roumanie)

2004 (Chypre, Estonie, Hongrie, Lettonie, Lituanie, Malte, Pologne, République tchèque, Slovaquie et Slovénie)

1995 (Autriche, Finlande et Suède)

1986 (Espagne et Portugal)

1981 (Grèce)

1973 (Danemark, Irlande et Royaume-Uni).

  

Traité instituant la Communauté européenne du charbon et de l’acier (CECA)

Signature: 18 avril 1951

Entrée en vigueur: 23 juillet 1952

Expiration: 23 juillet 2002

Objectif: créer une interdépendance entre les États membres dans les domaines du charbon et de l’acier, de façon à ce qu’un pays ne puisse plus mobiliser ses forces armées à l’insu des autres. Cette initiative a permis d’apaiser les tensions et de dissiper le climat de méfiance entre les pays après la Seconde Guerre mondiale. Le traité CECA a expiré en 2002.

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Texte intégral du traité instituant la Communauté européenne du charbon et de l’acier

 

Traité instituant la Communuté économique euopéenne et de l’énergue antomique

Signature: 25 mars 1957
Entrée en vigueur: 1er janvier 1958

Objectif: créer la Communauté économique européenne (CEE) et la Communauté européenne de l’énergie atomique (CEEA ou Euratom).

Principales modifications: introduction de la coopération économique dans les efforts d’intégration européenne.

Texte intégral du traité instituant la Communauté économique européenne
Texte intégral du traité instituant la Communauté européenne de l’énerg

  

Traité de fusion (traité de Bruxelles)

Signature: 8 avril 1965
Entrée en vigueur: 1er juillet 1967

Objectif: moderniser les institutions européennes.

Principales modifications: création d’une seule Commission et d’un seul Conseil pour les trois Communautés européennes existant à l’époque (CEE, Euratom et CECA). Abrogé par le traité d’Amsterdam.

Texte intégral du traité de fusion

 

 Acte unique européen

Signature: 17 février 1986 (Luxembourg) / 28 février 1986 (La Haye)

Entrée en vigueur: 1er juillet 1987

Objectif: réformer les institutions pour préparer l’adhésion du Portugal et de l’Espagne et accélérer le processus décisionnel en vue de l’instauration du marché unique.

Principales modifications: extension du vote à la majorité qualifiée au sein du Conseil (limitant ainsi la possibilité pour un pays d’opposer seul son veto à une proposition de législation), création des procédures de coopération et d’avis conforme, donnant plus d’influence au Parlement.

Texte intégral de l’Acte unique européen

 

Traité sur l’Union européenne (traité de Maastricht)

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Signature: 7 février 1992
Entrée en vigueur: 1er novembre 1993

Objectif: préparer la création de l’Union monétaire européenne et jeter les bases d’une union politique (citoyenneté européenne, politique étrangère et de sécurité commune, coopération dans le domaine de la justice et des affaires intérieures).

Principales modifications: création de l’Union européenne et introduction de la procédure de codécision, qui donne plus de poids au Parlement dans les prises de décision. Instauration de nouvelles formes de coopération entre les États membres, par exemple dans les domaines de la défense, de la justice et des affaires intérieures.

Texte intégral du traité de Maastricht 

 

 Traité d’Amsterdam

Signature: 2 octobre 1997
Entrée en vigueur: 1er mai 1999

Objectif: réformer les institutions européennes en vue de l’adhésion de nouveaux États membres.

Principales modifications: amendement, renumérotation et consolidation des traités UE et CEE. Processus décisionnel plus transparent (recours accru à la procedure legislative ordinaire).

Texte intégral du traité d’Amsterdam

 

 Traité de Nice

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Signature: 26 février 2001
Entrée en vigueur: 1er février 2003

Objectif: réformer les institutions afin que l’UE continue à fonctionner efficacement après l’élargissement à 25 États membres.

Principales modifications: nouvelles méthodes pour modifier la composition de la Commission et redéfinir le système de vote au Conseil.

Texte intégral du traité de Nice

  

Traité de Lisbonne

Signature: 13 décembre 2007
Entrée en vigueur: 1er décembre 2009

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Objectif: rendre l’UE plus démocratique, efficace et apte à affronter les problèmes mondiaux, tels que le changement climatique, en lui permettant de s’exprimer d’une seule voix.

Principales modifications: renforcement des pouvoirs du Parlement européen, modification des procédures de vote au Conseil, introduction de l’initiative citoyenne, instauration d’une présidence stable du Conseil européen, création du poste de haut représentant de l’Union pour les affaires étrangères et d’un nouveau service diplomatique européen.

Le traité de Lisbonne définit clairement:
– les compétences attribuées à l’UE;
– les compétences attribuées aux États membres;
– les compétences partagées.

Les objectifs et valeurs de l’Union européenne sont inscrits dans le traité de Lisbonne et dans la Charte des droits fondamentaux de l’UE.

Texte intégral du traité de Lisbonne

Le traité établissant une Constitution pour l’Europe 2004), qui poursuit des objectifs semblables à ceux du traité de Lisbonne, a été signé mais n’a jamais été ratifié.

 

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Les institutions européennes

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Pourquoi des institutions européennes ?

Tout comme chacun des Etats qui la composent, l’Union européenne est composée d’institutions et d’organes visant à assurer son fonctionnement et lui permettre de mener à bien ses missions.

Le cadre institutionnel européen que nous connaissons aujourd’hui est le résultat de l’histoire. Préfiguré par les quatre institutions de la Communauté européenne du charbon et de l’acier (CECA)en 1951, il prend véritablement naissance avec le traité de Rome de 1957 qui pose les bases du « triangle institutionnel ».

Il évoluera ensuite au fur et à mesure des traités, en s’enrichissant de nouvelles institutions (Conseil européen) et en réorganisant les compétences de chacune (pouvoir budgétaire et de codécision du Parlement européen…).

 

De la CECA au traité de Lisbonne

Dès 1951, la Communauté économique du charbon et de l’acier (CECA) organise le Marché commun sur un système institutionnel dont s’inspireront six ans plus tard les signataires des traités de Rome. La CECA repose ainsi sur une Haute Autorité qui représente l’intérêt général de la Communauté, une Assemblée commune qui représente les peuples européens, un Conseil spécial de ministres qui représente les États membres, enfin une Cour de justice qui assure le respect et l’application du traité.

En 1957, les traités de Rome perpétuent ce « triangle institutionnel » assorti d’une Cour de justice et d’un nouveau Comité consultatif représentant les producteurs et travailleurs : la Haute Autorité est remplacée par une Commission qui propose des mesures et contrôle leur exécution, le Conseil des ministres est maintenu pour approuver ou non ces mesures, tout comme l’Assemblée européenne consultative.

C’est cette dernière qui deviendra en 1979 le Parlement européen. Désormais élu au suffrage universel direct, le Parlement voit ses pouvoirs s’étendre peu à peu, au point d’être aujourd’hui sur un pied d’égalité avec le Conseil dans l’adoption des lois.

D’autres institutions font également leur apparition : Cour des comptes en 1975, Banque centrale européenne avec la mise en place de l’euro en 1998, et bien sûr Conseil européen, apparu dans les années 1960 et véritablement institutionnalisé avec le traité de Lisbonne de 2009.

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La prise de décision

Pourquoi une telle architecture ? Unique au monde, le cadre institutionnel de l’Union européenne défini par les traités confère à chacun un rôle et des pouvoirs qui lui sont propres.

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Dans la plupart des domaines de compétence de l’Union européenne, les textes de lois sont adoptés selon une procédure législative « ordinaire ». Dans un certain nombre de domaines en revanche, comme la politique étrangère, la justice ou le droit de la famille, les gouvernements nationaux ont généralement plus de poids (vote à l’unanimité au Conseil de l’UE, avis consultatif du Parlement européen…).

Le traité sur l’Union européenne énumère les sept institutions de l’UE :

Le Parlement européen

Elu au suffrage universel direct tous les cinq ans (les prochaines élections auront lieu en 2019), le Parlement européen représente les citoyens européens. Il amende et vote, avec le Conseil de l’Union européenne, les textes proposés par la Commission ainsi que le budget de l’Union européenne.

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Dans certains domaines où la procédure législative est dite « spéciale » (accords internationaux, adhésion d’un nouveau membre…), le Conseil est dans la pratique le seul législateur : le Parlement donne son approbation à une proposition législative ou est simplement consulté sur celle-ci.

Il est composé de 751 députés européens siégeant par groupes politiques transnationaux et travaillant en commission techniques sur l’ensemble des domaines de compétences de l’UE. Le Parlement européen se réunit environ une fois par mois à Strasbourg pour le vote des propositions de lois.

 

Le Conseil européen

En amont de la plupart des grandes décisions européennes, le Conseil européen constitue le centre d’impulsion de la construction européenne. Constitué des chefs d’Etat et de gouvernement des pays membres régulièrement réunis en sommet, il définit, à l’unanimité dans la plupart des cas, les grandes orientations de l’UE. Il joue également, au plus haut niveau, un rôle de coordination, d’arbitrage ou de déblocage des dossiers difficiles.

Si la pratique des sommets de dirigeants date des années 1960, le Conseil européen a été créé en 1974 par le président français Valéry Giscard d’Estaing et le chancelier allemand Helmut Schmidt, puis promu au rang d’institution européenne en 2009 avec le traité de Lisbonne. Ce dernier crée également la fonction de président du Conseil européen, nommé pour deux ans et demi (actuellement le Polonais Donald Tusk).

Bien qu’ils représentent tous les deux les Etats membres, le Conseil européen et le Conseil de l’Union européenne (voir plus bas) sont deux institutions différentes, agissant à des étapes distinctes du processus législatif européen. Ils ne doivent par ailleurs pas être confondus avec le Conseil de l’Europe, une organisation chargée de faire respecter la Convention européenne des droits de l’homme.

 

Le Conseil de l’Union européenne

En aval de la procédure législative ordinaire, le Conseil de l’Union européenne (ou « Conseil des ministres de l’UE » ou « Conseil ») se prononce, après le Parlement européen, sur les textes de loi et le budget européens.

Composé des ministres des 28 Etats membres, il se réunit une centaine de fois par an autour d’un domaine particulier (Conseil Agriculture, Affaires étrangères, Economie…). Il peut modifier, adopter ou rejeter une mesure préalablement amendée par le Parlement européen, dans la plupart des cas à la majorité qualifiée, chaque Etat ayant un poids particulier dans le vote en fonction de sa population. La présidence du Conseil de l’UE est assurée tous les six mois par un pays différent.

 

La Commission européenne

Garante de l’intérêt général européen, la Commission européenne a quant à elle pour principale fonction l’initiative des textes de loi. Exécutif européen, elle lance le processus législatif en proposant des mesures dans l’ensemble des domaines de compétence de l’Union européenne.

Si elle dispose en théorie du « monopole d’initiative », celui-ci est de fait fortement influencé par les autres acteurs : le Conseil européen comme décrit précédemment, mais aussi le Parlement européen ou les citoyens européens (initiative citoyenne européenne) qui peuvent lui demander d’agir.

Elle propose également chaque année le budget de l’UE et peut, en tant que « gardienne des traités », sanctionner un Etat membre qui ne respecterait pas ces derniers. Elle est composée de 28 membres nommés pour cinq ans : un par Etat dont le président, actuellement le Luxembourgeois Jean-Claude Juncker.

Les propositions de la Commission européenne sont ensuite amendées, approuvées ou rejetées par le Parlement européen et le Conseil de l’Union européenne.

 

Autres institutions et organes

Les autres institutions européennes sont :

La Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) chargée d’examiner la légalité des actes européens et de résoudre les conflits juridiques entre institutions et/ou Etats membres. Son siège est à Luxembourg.

La Banque centrale européenne (BCE), qui gère la monnaie unique pour les 19 membres de la zone euro, assure la stabilité des prix et mène la politique monétaire de l’UE. Elle est basée à Francfort (Allemagne).

La Cour des comptes, dont la mission est d’améliorer la gestion financière de l’UE.

L’Union européenne se compose par ailleurs d’organes consultatifs : le Comité économique et social européen (CESE) qui permet aux organisations de la société civile des États membres d’exprimer leur avis au niveau européen, et le Comité des régions composé des représentants des collectivités locales et régionales.

Parmi les principaux organes et acteurs de l’Union européenne, on peut enfin souligner le rôle de la Banque européenne d’investissement (BEI), qui finance des projets d’intérêt européen sur le territoire européen et dans les pays tiers, ou encore du Haut représentant pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, qui conduit et coordonne la politique étrangère et de sécurité de l’Union (aujourd’hui Federica Mogherini).

  

Débats et perspectives

Les débats sur les institutions de l’Union européenne ne manquent pas, nombre d’entre eux ayant perduré au cours des décennies sans jamais avoir été définitivement tranchés. Ils portent tant sur la complexité du système institutionnel que sur son efficacité ou encore son caractère démocratique.

Dépassant les modèles classiques des Etats démocratiques, le cadre institutionnel européen est unique en son genre. Son exécutif, traditionnellement dévolu à une Commission nommée par les Etats membres et approuvée par le Parlement européen, a peu à peu été investi par le Conseil européen, consacré par le traité de Lisbonne. Les « chambres », correspondant à notre Assemblée nationale et notre Sénat, y seraient ici incarnées d’un côté par un Parlement agissant pour l’intérêt des citoyens mais également influencé par les considérations partisanes et nationales de ses députés, de l’autre par un Conseil composé de représentants de gouvernements eux aussi élus.

Ce système fait dès lors régulièrement l’objet de critiques quant à sa complexité, à sa lenteur et à son manque de légitimité démocratique. Les solutions avancées vont alors d’une simplification institutionnelle, peu probable à court terme, à une meilleure information vis-à-vis des citoyens, qui passerait notamment par un discours moins caricatural d’un certain nombre de responsables politiques et de médias.

Car l’Union européenne traverse une crise de défiance, mesurée par les sondages, par l’abstention croissante aux élections du Parlement européen et surtout par la montée des partis europhobes lors des scrutins nationaux. Bien qu’une majorité de citoyens se dise toujours favorable à l’Union européenne, son fonctionnement actuel ne satisfait pas nombre d’entre eux, une partie la jugeant même antidémocratique.

Entre autres causes généralement avancées : l’harmonisation des législations au détriment des particularismes nationaux voire locaux, le manque de représentativité des instances décisionnaires de l’UE (la Commission étant souvent perçue à tort comme le principal voire l’unique responsable des législations européennes), l’absence de participation des citoyens au processus de décision (l’initiative citoyenne européenne reste peu connue et peu efficace), le poids et l’opacité des lobbies…

Une crise que l’Union européenne semble avoir pris à bras le corps suite à la décision des Britanniques de quitter l’Union européenne. Si aucune révolution institutionnelle n’est à prévoir à court terme, les Etats membres ont entamé en 2017 un processus de réflexion sur l’avenir de l’UE à 27, qui pourrait déboucher vers des améliorations.

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https://www.touteleurope.eu/actualite/histoire-de-l-union-europeenne.html

BENOIT DE NURSIE (saint ; 481-547), HISTOIRE DE L'EUROPE, SAINTS

Saint Benoît de Nursie, patron de l’Europe

SAINT BENÔIT DE NURSIE (480-547), PATRON DE L’EUROPE

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Patriarche et législateur des moines d’Occident (Nursie vers 480-Mont-Cassin vers 547).

« Père des moines d’Occident », saint Benoît de Nursie domine de sa haute figure la chrétienté médiévale où se répandit la règle qu’il avait édictée pour son abbaye du Mont-Cassin et dont le mouvement cistercien devait être l’héritier.

  

Le fondateur du cénobitisme

Natif de l’Ombrie, saint Benoît est élevé au sein d’une famille d’ancienne noblesse. C’est à Nursie qu’il reçoit sa première instruction, puis, vers 494, sous la garde de sa nourrice Cyrilla, il gagne Rome, où le roi ostrogoth Théodoric s’attache à perpétuer la culture antique. La rhétorique et la grammaire y tiennent la première place. Fervent admirateur des grands auteurs latins, Benoît acquiert le goût de l’étude en même temps qu’une curiosité d’esprit qui ne le quittera plus. Mais, à Rome, tout le choque, la misère comme le relâchement des mœurs.

Benoît, qui a reçu les ordres, décide de se retirer loin du monde. Vers 500, il part pour le désert de Subiaco, au sud de Rome. Il y mène une vie d’ermite, faite de mortifications et de prières. Il rencontre un moine, Romain, qui l’encourage dans sa vocation et lui confère la « mélote », l’habit fait de peaux que portaient les moines orientaux. Benoît choisit de vivre seul dans une grotte, où Romain lui fait parvenir une maigre pitance dans un panier attaché à une corde. Trois ans passent ainsi.

 

La réputation de sainteté de Benoît grandit. Certains religieux des environs le veulent pour guide, mais, aussitôt révoltés par ses exigences spirituelles, ils tentent de l’assassiner : la légende veut que le pichet empoisonné qu’ils lui tendent se brise lorsque Benoît le bénit. Celui-ci retourne à sa grotte. Mais, cette fois, il n’est plus seul. Les ermites dispersés dans les montagnes viennent à lui ; les patriciens romains lui envoient leurs fils – parmi lesquels les futurs saint Maur et saint Placide   Pour ses disciples, Benoît construit douze monastères dirigés chacun par un abbé (le « père »). Cette vie monacale en communauté (cénobitisme) s’oppose à la conception orientale de l’érémitisme, alors très répandue. Benoît crée un noviciat – également le premier de l’histoire –, où sont éduqués les jeunes gens. Sa réputation lui amène des inimitiés parmi le clergé local et, une fois de plus, il s’éloigne.

  

Le législateur de l’idéal monastique

Avec quelques disciples, Benoît se dirige vers les hauteurs du Mont-Cassin. Il s’y installe vers 529, convertit un temple romain en église et organise la vie des moines. Celle-ci se partage entre la prière, la méditation et le travail intellectuel ou manuel (ora et labora, « prie et travaille »), qui doivent se faire dans l’esprit de pauvreté, de charité et d’humilité. Selon Benoît, « le monastère doit autant que possible être situé de telle sorte qu’on y trouve tout le nécessaire : de l’eau, un moulin, un jardin, et des ateliers où l’on puisse pratiquer les divers métiers ». L’hôtellerie est à la disposition des pèlerins, des voyageurs, des malades – en particulier des lépreux. « Tout hôte qui viendra sera reçu comme le Christ », mais chacun doit travailler selon ses capacités. Quant à l’abbé, il est élu et les frères lui doivent obéissance. La mortification, si prisée en Orient, cède place à une forme d’ascétisme où le jeûne est limité.

La règle bénédictine est définitivement établie vers 540. Le pape Grégoire Ier le Grand est à l’origine de sa diffusion. Benoît jouit alors d’un immense prestige. On lui attribue des miracles, on lui prête des visions, de même que des prédictions. Sa sainteté attire vers lui les puissants – comme Tolita, roi des Ostrogoths – et les humbles. Sans doute au début de 547, la sœur de Benoît, Scholastique, qui avait fondé un monastère de femmes non loin de son propre couvent, meurt au lendemain d’une ultime veillée en commun. Quelques jours plus tard, Benoît décède à son tour au cours d’un office religieux.

À la fin du viie s., le monastère du Mont-Cassin fut dévasté par les Lombards. Un moine bénédictin de l’abbaye de Fleury retrouva les ossements de saint Benoît en 673 et les rapporta – la commune où se situe l’abbaye a pris le nom de Saint Benoît-sur-Loire. Plus de 20 000 fondations religieuses dans le monde adoptèrent la règle bénédictine, qui connut un important renouveau à partir du xe s. siècle sous l’influence des moines de Cluny. En 1958, saint Benoît a été proclamé par Pie XII « père de l’Europe et patron de l’Occident ».

 

 La nuit au monastère

Dans sa volonté de tout régler de la vie des moines, saint Benoît va jusqu’à leur prescrire la manière dont ils doivent passer la nuit : tous couchés dans un même lieu – sinon répartis par dix ou vingt –, les lits des frères les plus jeunes étant mêlés avec ceux des plus âgés, et tous vêtus de leurs habits de journée afin d’être immédiatement prêts au service divin. « Ils pourront se réveiller doucement les uns les autres afin d’ôter à ceux qui aiment à dormir tout sujet d’excuser leur paresse », ajoute saint Benoît dans son infinie prévoyance.

 

http://www.larousse.fr/encyclopedie/personnage/saint_Beno%C3%AEt_de_Nursie/108358