CHINE, HISTOIRE, ILE DE TAÏWAN, REPUBLIQUE DE CHINE, REPUPLIQUE POPULAIRE DE CHINE, TAÏWAN

Une histoire de l’île de Taïwan

Chronologie historique de Taïwan

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Taïwan, de manière usuelle officiellement la république de Chine est un État souverain d’Asie de l’Est, dont le territoire s’étend actuellement sur l’île de Taïwan, ainsi que d’autres îles avoisinantes, celles de la province du Fujian et les îles Pescadores.

Taïwan fut officiellement gouverné par la Chine de 1683 à 1895, puis cédé au Japon, par le traité de Shimonoseki (1895), à la suite de la première guerre sino-japonaise. Ce dernier entreprend le développement de Taïwan, la dotant d’infrastructures importantes. En 1945, à la suite de la défaite japonaise à l’issue de la Seconde Guerre mondiale, la république de Chine recouvre Taïwan. En 1949, le gouvernement de la République contrôlé par le Kuomintang s’y installe, après avoir perdu la guerre civile contre les communistes. Cette installation est accompagnée d’un transfert massif de population. En mai 1950, Hainan est à son tour occupée par l’armée populaire de libération ; la république de Chine ne contrôle alors plus que l’île de Taïwan et quelques autres territoires insulaires plus petits.

La république de Chine occupait le siège de la Chine à l’ONU jusqu’en 1971, date à laquelle la république populaire de Chine la remplaça. La république de Chine et la république populaire de Chine revendiquent chacune la pleine et légitime souveraineté sur la totalité du territoire chinois (Chine continentale et île de Taïwan). Dans les faits, Taïwan a une indépendance administrative et politique par rapport au continent, mais son indépendance n’a jamais été proclamée ni par le gouvernement de l’île, ni par celui du continent. Elle est donc considérée par l’ONU comme une province de la république populaire de Chine, et par le gouvernement de Taïwan comme une province de la république de Chine, selon les dispositions de sa Constitution d’avant 1949.

Une réforme agraire réussie puis un développement économique rapide et soutenu pendant la deuxième moitié du xxe siècle ont transformé Taïwan, un des quatre dragons asiatiques, en un pays industrialisé développé jouissant d’un niveau de vie équivalent à celui du Japon ou de l’Union européenne. Cette ascension économique est souvent appelée le miracle taïwanais. Ses industries de haute technicité jouent un rôle essentiel dans l’économie mondiale. Les entreprises taïwanaises fournissent une bonne partie des produits électroniques du monde, mais la grande majorité de ceux-ci sont fabriqués dans leurs usines en république populaire de Chine et dans d’autres pays d’Asie du Sud-Est. Ce développement économique s’est réalisé en parallèle à une démocratisation de la vie politique locale, après plus de quarante années passées sous un régime autoritaire.

Lee Teng-hui est le premier président élu au suffrage universel direct en 1996. Son successeur est Chen Shui-bian (Parti démocrate progressiste) qui remporte les élections présidentielles de 2000 et de 2004. Ma Ying-jeou (Kuomintang) est quant à lui élu président en 2008 et réélu en 2012.

L’indépendantiste Tsai Ing-wen remporte l’élection présidentielle de janvier 2016 avec 56 % des voix contre 31 % pour Eric Chu, le candidat du parti jusqu’ici au pouvoir, le Kuomintang (KMT). Tsai Ing-wen devient ainsi la première femme à la tête de l’État. Le Minjindang (DPP Parti démocrate progressiste) dont elle est issue remporte de son côté 68 des 113 sièges du Parlement, lui offrant ainsi une majorité parlementaire solide.

Ceci est une chronologie de l’histoire de l’île de Taïwan, de la Préhistoire à nos jours.

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Temps préhistorique

Il y a 30 000 ans : plus vieille trace humaine à Taïwan (homme de Zuozhen)

Il y a 6 000 ans : les ancêtres des aborigènes, issus de la culture de Hemudu, originaire de la baie de Hangzhou commencent à arriver par vagues successives à Taïwan et forment le groupe initial des langues austronésiennes. Ils assimilent et remplacent alors les populations du Pléistocène.

Il y a 1 000 ans : les ancêtres des Da’o arrivent sur l’île de Lanyu (île des orchidées).

 

xvie siècle

1540 : en 1540-42 les Portugais en route pour le Japon croisent au large de Taïwan et nomment l’île Formose (Ilha Formosa).

 

xviie siècle

1604 : Pour le compte de la Compagnie des Indes, les Hollandais sous le commandement de Wijbrand van Waerwijck, s’installent aux Pescadores pour commercer avec la Chine. Le général Ming Shen  You-rong leur demande de se retirer.

1609 : Le shogunat Tokugawa envoie le seigneur Arima Haruno pour une mission d’exploration de Taïwan.

1616 : Murayama Toan essaye d’envahir Taïwan, les attaques des Aborigènes font échouer l’expédition.

1622 : Les Hollandais sous le commandement de Cornelis Reyersoon occupent les Pescadores afin de persuader la Chine de commercer avec eux. Ils construisent un fort aux Pescadores.

1623 :

Le capitaine Ripon est envoyé depuis les Pescadores à Taïwan pour commencer la construction d’un fortin. Il est rappelé peu de temps après, il quitte Taïwan et repart pour les Pescadores.

la cour des Ming interdit de naviguer vers Taïwan.

1624 : En août les troupes chinoises forcent les Hollandais à quitter les Pescadores, ils sont néanmoins autorisés à s’installer à Taïwan et le gouvernement chinois accepte également de commercer avec les Hollandais. Les Hollandais s’installent donc à Tayouan (actuel Anping à Tainan), il s’y construiront le fort Zeelandia.

1625 : En janvier le premier gouverneur de la Compagnie des Indes, Maarten Sonck loue auprès des aborigènes du village de Sinkan, un terrain qui sera appelé Sakam.

1626 : En mai les Espagnols sous le commandement de Antonio Carrendo de Valdes débarquent aux nord de l’île, ils nomment l’endroit Santissima Trinidad (à Keelung de nos jours) et commencent la construction du fort San Salvador.

1627 : Le 4 mai le missionnaire hollandais, Georges Candidius arrive à Taïwan.

1628 : Les Espagnols s’installent à Tamsui et construisent le fort Santo Domingo.

1635 : En août, des renforts arrivent de Batavia (Jakarta), en fin d’année une campagne de « pacification » de la zone proche de Tayouan commence, le plus redoutable village aborigène (Mattau) est battu.

1636 :

La campagne de « pacification » prend fin, une cérémonie regroupant les représentants de 28 villages est organisée, ainsi commence la domination des Hollandais dans le Sud-Ouest de l’île.

Les Aborigènes attaquent les Espagnols à Tamsui, après cette attaque l’intérêt que portent les Espagnols à Taïwan baisse.

Les Hollandais construisent une école à Sinkan et enseignent la Bible aux aborigènes.

1641 : Les Hollandais réunissent les chefs aborigènes pour qu’ils forment un conseil local.

1642 : 26 août, les Hollandais expulsent les Espagnols de Taïwan.

1647 : Les Hollandais introduisent du bétail et enseignent aux aborigènes à les utiliser.

1652 : 7 septembre, en protestation contre l’exploitation qu’ils estiment subir de la part des Hollandais quelque 15 000 Chinois se révoltent avec à leur tête Kuo Huai-i (Fayet). Avec l’aide des Aborigènes la révolte est écrasée.

1661 :

Le 30 avril Zheng Chenggong (Koxinga) débarque à Taïwan avec 25 000 soldats, pour en faire une base afin de lutter contre les Mandchous.

Le gouvernement mandchou interdit de traverser le détroit.

1662 :

Le premier février les Hollandais se rendent à Koxinga. Frederick Coyett et Koxinga signent un traité, et les Hollandais quittent Taïwan. Koxinga s’installe dans le fort Zeelandia dont il fait son palais; il renomme l’endroit Anping.

Koxinga meurt le 23 juin, son fils Zheng Jing lui succède.

1664 : Le 20-21 août les Hollandais reviennent à Taïwan et s’installent dans l’ancien fort espagnol de Keelung.

1668 : Fin 1668 les Hollandais se retirent de Keelung.

1681 : Zheng Jing meurt et son fils Zheng Keshuang lui succède, il n’a que 12 ans.

1683 : En juin les troupes mandchoues (dynastie Qing), avec à leur tête Shi Lang débarquent aux Pescadores, les Zheng se rendent aux Mandchous. De nombreux Chinois habitant Taïwan seront rapatriés sur le continent.

1684 : Taïwan devient une préfecture de la province du Fujian. Elle est divisée en 3 districts (Zhuolo, Taïwan et Fengshan).

 

xviiie siècle

1721 : révolte de Chu I-Kuei. Les insurgés prennent le contrôle de Tainan, et Chu I-Kuei est nommé « Roi ». Des troupes sont envoyées depuis le continent et écrasent les insurgés.

1722 : Le gouverneur mandchou interdit la culture dans les montagnes.

1727 : Le gouverneur autorise les communautés Pingpu à louer leurs terres aux Chinois.

1731 : fin 1731 commence la révolte de Ta-chia-hsi, les aborigènes des plaines se révoltent à cause des abus de l’administration Qing.

1739 : Une frontière délimite les territoires des Aborigènes des montagnes, le gouvernement interdit aux Chinois d’entrer sur ces terres, cette interdiction sera levée en 1875.

1758 : Le gouverneur mandchou ordonne aux Aborigènes d’adopter les coutumes chinoises ainsi que des noms chinois.

1760 : Le gouverneur lève les restrictions pour traverser le détroit.

1766 : Le gouverneur met en place le « Bureau des Affaires Barbares ».

1787 : Révolte menée par Lin Shuang-Wen la révolte est réprimée avec l’aide de troupes venues du continent.

 

xixe siècle

 

1858 : Traité de Tianjin, la France et l’Angleterre obtiennent l’ouverture des ports de Keelung, Tamsui, Kaohsiung et Anping.

1865 : Ouverture d’un consulat anglais au sud de l’île.

1871 : Des pêcheurs des îles Ryukyu après un typhon débarquent au sud de Taïwan et sont tués par les Paiwan à Mutan (incident du village mutan).

1872 : En mars le missionnaire George Leslie Mackay du Canada arrive à Tamsui.

1874 :

Les Japonais débarquent à Taïwan officiellement pour « venger » les pêcheurs des îles Ryukyu, mais cherchent à faire reconnaitre leurs droits sur ces îles. Ils affrontent les Paiwan de Mutan. Les troupes japonaises finissent par se retirer, et la cour des Qing paye des indemnisations

Shen Pao-chen demande une politique d’ouverture des zones montagneuse afin d’administrer les Aborigènes et de faciliter les transports dans l’île, des troupes sont envoyées dans les villages aborigènes.

1875 : Taïwan est divisé en deux préfectures.

1880 : George Leslie Mackay construit un hôpital.

1882 : George Leslie Mackay ouvre le « collège d’Oxford » à Tamsui.

1884 : Durant la guerre franco-chinoise, la marine française fait le blocus de Keelung et de Tamsui.

1885 : Taïwan devient une province chinoise avec Taipei comme capitale. Liu Mingchuan devient le premier gouverneur de Taïwan et entreprend sa modernisation.

1891 : La ligne de chemin de fer Keelung-Taipei est inaugurée.

1895 :

À la suite de la guerre sino-japonaise (1894-1895) le traité de Shimonoseki est signé et la Chine cède Taïwan au Japon.

Le 23 mai des pro-Qing déclarent la République de Taïwan, Tang Jingsong est nommé Président le 25 mai.

Le 29 mai les troupes japonaises débarquent près de Keelung.

Le 6 juin Tang Jingsong fuit en Chine, et Liu Yongfu lui succède.

En octobre les troupes japonaises rentrent à Tainan ; c’est la fin de la République de Taïwan.

1896 : Le 30 janvier est promulguée la Loi 63, qui confère au Gouverneur les plein pouvoir.

1897 : Début de la construction d’une barrière de « défense », entourant le territoire des Atayal. Elle était constituée de postes de polices et de barrières électriques, elle sera complètement terminée en 1900.

1899 :

La Banque de Taïwan est créée pour encourager les investissements japonais à Taïwan.

Début de la construction de la voie de chemin de fer reliant le Nord au Sud de l’île.

 

xxe siècle

1900 : Les Atayal de Takekan se révoltent contre les Japonais.

1908 : La ligne de chemin de fer Nord-Sud sur la côte Ouest est ouverte.

1904 : L’office du gouverneur de Taïwan promulgue plusieurs lois prohibant la possession d’armes à feu et de poudre à canon.

1915 : incident de Tapani.

1917 : Les bunun du village de Tanta se révoltent contre les Japonais.

1920 :

Mise en place d’un système de réserve, les Chinois ont l’interdiction de pénétrer en territoire aborigène. La même année voit la disparition de la ligne de défense.

Les Japonais délocalisent les villages aborigènes dans des endroits plus accessibles afin de mieux pouvoir les contrôler.

1921 : l’association culturelle taïwanaise est fondée.

1923 :

Le prince Hirohito visite Taïwan.

L’office du gouvernement de Taïwan annonce que le terme « barbare » devrait être remplacé par celui de « tribu des montagnes ».

1930 : Les Atayal de Wushe, menés par Mona Rudao, se révoltent contre les Japonais (Incident de Wushe).

1935 : Les Taïwanais élisent des représentants locaux pour la première fois.

1937 :

Cette année est lancé le mouvement Kominka, qui avait pour but de « japaniser » la société taïwanaise et de faire des habitants de Taïwan des sujets de l’Empereur.

La centrale électrique du lac de la lune et du soleil est terminée.

1940 : L’office du gouvernement de Taïwan encourage les aborigènes à adopter des noms japonais.

1941 : Abolition de la discrimination dans les écoles primaires entre Taïwanais et Japonais.

1942 : Les « Volontaires de Takasago » sont formés.

1943 : Scolarisation obligatoire. Le taux de scolarisation dans le primaire est de 71,3 % et de 86,4 % pour les aborigènes.

1945 : Le Japon capitule. Les nationalistes du Kuomintang prennent le contrôle de l’île avec l’accord des Alliés (conférence du Caire de 1943).

1947 : Le 28 février, un incident éclate à Taipei. La population manifeste et les affrontements avec le gouvernement nationaliste se multiplient. Une terrible répression s’ensuit, accompagnée d’environ 20 000 à 30 000 morts. Les leaders sont exécutés. La loi martiale est instaurée sur toute l’île.

1949 : Sur le continent, en 1949, les communistes proclament la République populaire de Chine. Le maréchal Tchang Kaï-chek, après avoir perdu la guerre contre Mao Zedong, se réfugie à Taïwan. Il remet alors en place la loi martiale ainsi qu’un gouvernement provisoire. La population chinoise arrivée en 1949 représente 15 % de la population totale de l’île. Mais les immigrés prennent le contrôle de Taïwan et des 85 % de Taïwanais.

1950 : La République de Chine est recréée à Taïwan.

1951 : Le traité de San Francisco est signé. Par ce traité, le Japon renonce à sa souveraineté sur Taïwan. Le traité ne spécifie pas la nouvelle souveraineté. On considère alors que « le futur statut de Taïwan sera décidé en accord avec les intentions et les principes de la Charte des Nations unies ». C’est le seul traité international du xxe siècle concernant le statut de Taïwan.

1952 : Signature du traité de paix entre La République de Chine et le Japon.

1954 : Les États-Unis et Taïwan signent le traité de défense mutuelle.

1954-1955 : Première crise du détroit de Taïwan. La République Populaire de Chine annexe les îles Tachen.

1958 : L’Armée populaire de libération (APL) de Chine continentale lance une offensive contre les îlots de Jinmen (Quemoy) et de Matsu. C’est la crise du détroit de Formose. Les États-Unis interviennent et empêchent l’invasion chinoise.

1971 : L’ONU vote la reconnaissance de la République populaire de Chine comme le seul représentant légitime de la Chine à l’Organisation des Nations unies (Résolution 2758). En conséquence, la République de Chine perd le siège de celle-ci et est exclue de toute l’organisation.

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1975 : Tchang Kaï-chek meurt le 5 avril.

1978 :

Chiang Ching-Kuo devient président.

En décembre, les États-Unis rompent les relations diplomatiques avec la République de Chine.

1979 :

Le congrès américain vote le « Taiwan Relations Act.

Pékin appelle Taïwan à revenir « au sein de la mère patrie ». Le gouvernement est alors appelé « autorités de Taipei » par la République populaire de Chine.

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incident de Kaohsiung (incident de la revue Meili dao) après cet incident les milieux indépendantistes sont réprimés.

1981 : Pékin propose à Taipei les « trois liens » (commerce, poste, voyages), ainsi que les « quatre échanges » (universitaires, culturels, économiques et sportifs). La Chine invente alors la doctrine « un pays, deux systèmes ».

1982 : Après avoir répondu par les « trois non » (non aux contacts, aux négociations et aux compromis), Taïwan reconnaît les dirigeants de Pékin comme les « autorités communistes chinoises ».

1986 :

Septembre, création du Parti Démocratique Progressiste (PDP)

Octobre, le gouvernement légalise les formations d’oppositions.

1987 : Massacre de Lieyu s’est passé le 3 mars. Ensuite, la loi martiale, qui dure depuis 1949, est levée à Taïwan. La population est autorisée à visiter la République populaire de Chine.

1988 : Chiang Ching-Kuo meurt le 13 janvier, Lee Teng-hui vice-président devient donc Président.

1990 : Lee Teng-hui est élu Président.

1991 :

Avril, la constitutionest révisée pour que le Yuan législatif et l’assemble nationale puisse être élus uniquement par les citoyens des territoires sous contrôle de la République de Chine.

Mai, le président Lee Teng-hui annonce la fin de la « période de mobilisation nationale pour la suppression de la rébellion communiste ».

Juin, le Yuan législatif adopte une motion qui demande au gouvernement de préparer le retour a l’ONU

1992 : le KMT accepte la responsabilité de l’incident du 28 février 1947.

1993 :

27-28 sommet de Singapour

En août premier essai pour réintégrer l’ONU.

31 août livre blanc de Pékin

En novembre, le ministre taïwanais de l’économie annonce la politique « provisoire des deux Chines », qui concerne « deux États souverains ».

1994 : Livre blanc de Taïwan

1995 : le gouvernement américain autorise Lee Teng-hui à visiter les États-Unis, à la suite de cela commence la crise des missiles.

1996 :

En mars, la République populaire de Chine déclenche des manœuvres militaires le long de la côte du Fujian. En particulier elle tire des missiles au large de Taïwan. La réaction des États-Unis est le déploiement de deux porte-avions nucléaires dans la zone.

Lee Teng-hui est élu président au suffrage universel direct.

1999 : En 1999 Lee Teng-hui, déclara que les relations entre la Chine et Taïwan étaient des « relations spéciales d’État à État». Cette déclaration souleva des protestations à Pékin.

2000 :

En février la République de Chine publie un livre blanc dans lequel il est réaffirmé que non seulement une déclaration d’indépendance de Taïwan est un casus belli, mais également qu’un refus sine die des négociations en vue de la réunification, l’est également.

En mars, Chen Shui-bian gagne l’élection présidentielle et devient le premier président non membre du Kuomintang.

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xxie siècle

2001 : les trois mini liens entre Jinmen, Matsu et le Fujian entrent en service.

2002 : Taïwan entre à l’Organisation mondiale du commerce

2004 : Chen Shui-bian est réélu de justesse avec 0,22 % des votes de plus que son adversaire.

2005 : premier vol commercial direct entre Pékin et Taipei pour le nouvel an chinois.

2005 : la République populaire de Chine vote la Loi antisécession, qui « autorise » l’emploi de la force armée si Taïwan déclare son indépendance.

2006 : Le train à grande vitesse entre en service (Ligne à grande vitesse de Taïwan) entre Taipei et Kaohsiung.

16 avril : le président du KMT (dans l’opposition) Lien Chan rencontre à Pékin Hu Jintao secrétaire général du Parti communiste chinois

2008 :

Le Guomindang (KMT) gagne les législatives, il obtient 81 sièges sur 113.

22 mars : à l’élection présidentielle, victoire de Ma Ying-jeou, chef du Kuomintang (KMT) contre le candidat du président sortant Chen Shui-bian avec 58,45 % des suffrages exprimés. Investiture le 20 mai. Le nouveau président s’est présenté comme la candidat de l’ouverture et de l’accélération des échanges avec la Chine populaire, parlant même de la perspective d’un « marché commun » et de jeter « les fondations d’un siècle de paix et de prospérité ».

4 juillet : premiers vols directs les week-ends entre la Chine continentale et Taïwan.

visite de Chen Yunlin, le président de l’Association des relations entre les deux rives (ARATS), premier haut responsable chinois de ce rang à visiter Taïwan.

mouvement étudiant des « fraises sauvages »

rencontre de l’ancien vice-président de la République de Chine Lien Chan (président honoraire du Kuomintang) et du président chinois Hu Jintao à l’APEC au Pérou

2009

Le typhon Morakot fait près de 700 morts

2012 : Ma Ying-jeou est réélu président.

2014 : Mouvement Tournesol des Étudiants  ou 318 qui débute le 18 mars et se termine le 10 avril.

2016 :

16 janvier : Tsai Ing-wen (DPP) est élue présidente de la RdC.

1er août : La présidente Tsai Ing-wen présente de la part du gouvernement des excuses officielles aux aborigènes « pour les souffrances et l’injustice qu’ils ont subies ces 400 dernières années« .

2017 :

24 mai : La Conseil Constitutionnel légalise le mariage pour tous. Les législateurs ont deux ans pour modifier le Code Civil qui a été jugé « non conforme à la Constitution ».

ANDREW JOHNSON (1808-1875), ETATS-UNIS, ETATS-UNIS : LA PREMEIERE PROCEDURE D'IMPEACHMENT, HISTOIRE, IMPEACHMENT (procédure d'), PROCEDURE D'IMPEACHMENT

Etats-Unis : la première procédure d’impeachment

24 février 1868

Procédure d’impeachment à l’encontre d’Andrew Johnson

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Portrait du Président Andrew Johnson

La Constitution adoptée par les États-Unis d’Amérique a institué pour la première fois dans l’histoire moderne un président en charge du pouvoir exécutif. Elle a prévu une procédure de mise en accusation (impeachment) du président comme de tout autre haut fonctionnaire en cas de délit.

Cette procédure fut mise en œuvre pour la première fois par la Chambre des représentants le 24 février 1868, à l’encontre du président Andrew Johnson. Après quoi, il appartint au Sénat d’examiner les chefs d’inculpation. Pour que le président soit démis de ses fonctions, il fallait qu’ils soient validés par au moins deux tiers des votants…

Un combat autour de la question de l’esclavage

Pour sa réélection de novembre 1864, le président Abraham Lincoln avait fait le choix paradoxal d’Andrew Johnson, sénateur démocrate du Tennessee.

Son vice-président se trouva donc être originaire du Sud et du parti opposé au sien. Mais il était aussi resté fidèle à l’Union et se montrait hostile à la Confédération sécessionniste. Ancien apprenti tailleur, c’était aussi un autodidacte issu d’une famille pauvre comme Lincoln lui-même. Le président y vit matière à rassurer les Sudistes alors que se rapprochait la fin de la guerre de Sécession et la victoire du Nord.

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Mais le président ne pouvait imaginer que lui-même serait assassiné le 14 avril suivant, soit 5 jours après la capitulation de l’armée sudiste. Sa mort amena de façon inopinée Andrew Johnson à la Maison Blanche. Comme Lincoln, le nouveau président voulut avant tout ménager les ex-Sudistes en vue de réconcilier les deux moitiés de la Nation.

Mais le Congrès, à majorité républicaine et bien sûr nordiste, ne l’entendait pas ainsi. Il voulait rebâtir l’Union au forceps. Il va profiter de la faiblesse du nouveau président pour imposer ses vues.

Thaddeus Stevens, représentant républicain de la Pennsylvanie, avocat brillant enrichi dans l’industrie, mène la révolte. C’est un abolitionniste fervent qui n’a pas attendu la victoire sur la Confédération pour engager la procédure de révision de la Constitution.

Bridé par Lincoln, il se déchaîne après la mort de celui-ci et, le 18 décembre 1865, arrive enfin à faire voter par le Congrès le XIIIe amendement de la Constitution qui interdit l’esclavage. En même temps, toujours en opposition avec le président Johnson, il fait voter l’installation d’un gouvernement militaire dans les États de l’ancienne Confédération sudiste. Il regrette de ne pouvoir aller plus loin et redistribuer les plantations aux anciens esclaves !

Le 27 mars 1866, le conflit se durcit brutalement quand le président Johnson met son veto à la loi sur les droits civiques (Civil Rights Act) destinée à protéger les droits des nouveaux citoyens noirs. C’est la première fois qu’un président américain use de cette prérogative. Mais le Congrès saute l’obstacle et confirme le vote de la loi deux semaines plus tard.

Après la large victoire des républicains aux élections de mi-mandat de novembre 1866, Thaddeus Stevens suggère à deux reprises au Congrès de lancer une procédure d’impeachment contre le président, en vue de contourner son opposition aux lois du Congrès relatives à la « reconstruction » du Sud. Il tente de mettre sur son dos les troubles et la crise qui frappent alors le Sud.

Mais les élus, heureusement, refusent ce détournement de la procédure, à l’image du représentant républicain de l’Iowa pour qui « l’incapacité politique du président doit être jugée dans les urnes, pas devant une haute cour ».

Thaddeus Stevens ne renonce pas, bien que, malade, ses jours soient comptés. Il croit trouver enfin un prétexte quand, le 21 février 1868, le président nomme au Secrétariat à la Guerre une autre personnalité que le postulant nommé par son prédécesseur et confirmé par le Sénat.

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Procédure d’impeachment au Sénat le 24 février 1868

N’aurait-il pas ce faisant violé la loi ? Sur ce mince prétexte, le 24 février 1868, une large majorité de la Chambre des représentants vote une résolution demandant l’impeachment et onze articles qui sont autant de motifs de destitution. Les débats s’engagent, passionnément suivis par l’opinion publique. Mais à l’issue des votes sur les trois premiers articles, le 26 mai 1868, ceux-ci sont approuvés par les sénateurs avec seulement 35 voix contre 19 !… Selon les termes de la Constitution, il eut fallu une majorité des deux tiers, soit 36 voix pour qu’ils soient adoptés !

Le président Andrew Johnson va donc pouvoir mener son mandat jusqu’à son terme normal, le 3 mars 1869. Il va alors céder la place à un candidat républicain, le général Ulysses Simpson Grant, dont le principal mérite est d’avoir recueilli la reddition du général Lee.

Le nouveau président va lâcher la bride aux élus républicains et ouvrir la voie à une mise à sac du Sud sous couvert de « Reconstruction ». Il va s’ensuivre une exacerbation des tensions raciales dont le pays tarde encore à sortir 150 ans plus tard.

Il faudra attendre le deuxième mandat de Richard Milhous Nixon pour que soit rééditée la procédure d’impeachment, sur des motifs autrement plus solides (affaire du Watergate). Le président démissionnera avant que la procédure aille à son terme. Une troisième procédure sera engagée sans succès contre Bill Clinton en raison de ses mensonges dans l’enquête sur le Monicagate. La troisième procédure est en cours. Elle concerne le président Donald Trump, accusé d’avoir voulu compromettre un possible rival, Joe Biden, en négociant un arrangement avec un gouvernement étranger !

Alban Dignat

Publié ou mis à jour le : 2019-12-21 08:50:09

 

 

BELGIQUE, HISTOIRE, HISTOIRE DE LA BELGIQUE, JEAN D'OUTREMEUSE (1338-1400)

Jean d’Outremeuse (1338-1399)

Biographie de Jean d’Outremeuse

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Statues de Jean le Bel (à droite) à côté de Jean d’Outremeuse sur la façade du palais provincial à Liège.

Qui était « Jean d’Outremeuse » ?

Longtemps le nom de Jean d’Outremeuse, chroniqueur, est passé pour un mythe ou un personnage légendaire

C’est seulement vers le milieu du 19e siècle que la publication des œuvres de Jean d’Outremeuse est venue dissiper les nombreuses erreurs sur sa vie et ses travaux.

Descendant d’une famille illustre, Jean d’Outremeuse, de son vrai nom Jean des Prez, est né à Liège le 2 février 1338. Son surnom lui est probablement venu de ce que son père habitait le quartier d’Outremeuse.

Ce nom a été porté également par d’autres personnages que notre chroniqueur ; ainsi on trouve à Dinant un Jean d’Outremeuse qui remplit les fonctions de mayeur en 1273. Mais celui qui nous intéresse ici était clerc, c’est-à-dire tonsuré et astreint à porter un costume spécial, mais n’était nullement chanoine comme longtemps on l’a cru.

Admirateur passionné du passé de son pays, il semble que son goût pour l’histoire n’ait été contrebalancé que par son penchant pour les vers. La poésie qui avait eu le dessus pendant sa jeunesse fut avec le temps supplantée par l’histoire. Son œuvre est donc double : la première partie « La Geste de Liège » n’est qu’un long poème racontant l’histoire mouvementée des évêques de Tongres et de Liège. La deuxième partie, de beaucoup plus importante : « Le Myreur des Histors » (Le miroir de l’Histoire) n’est qu’une immense compilation, en prose, des annales du monde entier, mais principalement de la Principauté de Liège.

Le Myreur des Histors devait comprendre quatre livres racontant l’histoire du monde entier, depuis Noé jusqu’à l’époque de la mort de son auteur en 1399 suite à une crise d’apoplexie. Malheureusement le quatrième livre comprenant la période 1341 à 1399 est resté jusqu’ici introuvable.

Le titre de cette immense chronique ne parait pas avoir été choisi par Jean d’Outremeuse (quand il parle de son œuvre, il la désigne simplement par ces mots : « Mes chronicques »), mais par son copiste et continuateur, Jean de Stavelot.

Ce n’est qu’à l’âge de cinquante-sept ans (1395) que probablement il commença la rédaction de son « Myreur ». Il dit lui-même qu’il a entrepris ce travail pour satisfaire le goût des personnes qui prennent plaisir aux choses du passé. Les chroniques anciennes étaient en latin, or, cette langue à cette époque n’était plus comprises que par les clercs.

Jean d’Outremeuse en « romanchiant » (Traduire en roman au XIVe siècle, le français s’appelait alors roman, langue romane) les anciennes chroniques fait donc œuvre de vulgarisateur. Voici ses propres termes : « Affin que toutes manières de singnour et autres gens qui de latien n’ont nulle cognissanche les pussent entendre ». Il se propose donc de faire connaître à ses compatriotes l’histoire du monde entier. Il s’entoure de toutes les sources qu’il a pu se procurer et tout spécialement de chroniques, il n’a rien négligé pour acquérir une connaissance exacte des faits. Il devait être merveilleusement outillé pour son époque. La nomenclature des sources auxquelles il a puisé ne comprend pas moins de 73 chroniques, gestes, etc…. sans compter les chartes, diplômes et autres documents officiels. Il a également recours à la tradition et aux informations orales.

Mais quelle valeur faut-il accorder à la chronique de Jean d’Outremeuse ? Malgré ses efforts pour faire un ouvrage exact, parfait, l’on doit constater que le résultat qu’il a obtenu est loin de celui qu’il avait espéré obtenir. Le « Myreur » fourmille d’erreurs de toutes sortes, aussi au point de vue historique ne doit-on le consulter qu’avec la plus grande circonspection. Au point de vue religieux, Jean d’Outremeuse est fils soumis de l’Eglise ; sa morale est de l’ordre le plus élevé et le plus pur. Au point de vue littéraire, malgré l’allure généralement monotone de son récit, notre chroniqueur se distingue par ses brillantes qualités d’écrivain ; dans ses descriptions surtout, il fait preuve d’un réel talent ; il ne manque pas non plus d’une certaine finesse d’observation. Son style est pictural, expressif marqué d’un certain cachet de naïveté qui donne à la lecture de cet écrivain