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Livre du Prophète Isaïe

Le livre du Prophète Isaïe

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Le livre d’Esaïe est un long et riche ouvrage de 66 livres. C’est là un prophètes majeurs de l’Ancien Testament. Dieu exprimera son mécontentement vis-à-vis de son peuple. En effet nous avons vu l’engagement de Dieu vis-à-vis de son peuple dans les premiers livres, puis nous avons vu dans les précédents livres à quel point le peuple n’a pas respecté son alliance, en s’alliant à d’autres peuples et en adoptant le culte des idoles. Dans ces livres prophétiques de la dernière partie de l’Ancien Testament, Dieu avertit le peuple sur son Jugement (Jour du Seigneur), suppliant le peuple de revenir à lui et annonçant les faits à venir. Dieu ne fait rien sans avertir.

 

  1. Plan chronologique du livre

 

Prophéties sur Israël

Chapitres 1 à 12

Prophéties sur les nations étrangères

Chapitres 13 à 23

Péchés de Juda et punition

Gloire future de Jérusalem

Jugement des idolâtres et des orgueilleux

Jugement des habitants de Jérusalem

Purification et gloire d’Israël

Israël, vigne de l’Eternel

Appel et mission d’Esaïe

Guerre contre Juda

Annonce de la naissance d’Emmanuel

Jugement d’Israël

Ruine des royaumes de Syrie et d’Israël

L’ère messianique

Jugement d’Israël et de Juda

Jugement de l’Assyrie

Le Messie et son règne

Prière de reconnaissance

Prophétie sur Babylone

Prophétie sur l’Assyrie

Prophétie contre les Philistins

Prophétie sur Moab

Prophétie sur la Syrie

Prophétie sur l’Ethiopie

Prophétie sur l’Egypte

Egyptiens et Ethiopiens prisonniers

Prophétie sur la prise de Babylone

Prophétie contre Edom et l’Arabie

Prophétie sur Jérusalem

Prophétie sur Tyr

 

 

Les bouleversements à venir

Chapitres 24 à 35

Le règne d’Ezéchias

Chapitres 36 à 39

Jugement universel

Prière de reconnaissance

Cantique à la gloire de Dieu

Annonce du rétablissement d’Israël

Prophétie sur Ephraïm

Parabole du cultivateur

Malédiction sur Jérusalem

Promesses pour Israël

Annonce de la punition de Juda

Promesses pour l’avenir

Jugement des Assyriens

Dieu, seul auteur du salut

Délivrance de Jérusalem

Prophétie sur Edom

Bénédiction future d’Israël

Invasion de Juda par Sanchérib

Délivrance d’Ezéchias et de Juda

Maladie et guérison d’Ezéchias

Délégation de Babylone auprès d’Ezéchias

 

 

 

 

 

La consolation d’Israël

Chapitres 40 à 66

1.Venue prochaine du Seigneur

2.Puissance de Dieu et inconsistance des idoles

3.Le serviteur de l’Eternel

4.Dieu, le seul Sauveur

5.L’Eternel et les idoles

6.Retour d’Israël chez lui

7.Bénédictions universelles

8.Action souveraine de Dieu

9.Jugement de Babylone

10.Anciennes et nouvelles prédictions

11.Appel à écouter Dieu

12.Le Sauveur d’Israël et des nations

13.Reproches de l’Eternel à son peuple

14.Le serviteur de l’Eternel insulté

15.Promesses de délivrance

 

16.Promesse de rétablissement

17.La personne et l’activité du serviteur de l’Eternel

18.Prospérité future d’Israël

19.Le salut pour tous

20.Reproches aux chefs et aux idolâtres

21.Promesses de paix et de guérison

22.Le vrai jeûne

23.Crimes et jugement de Juda

24.Gloire future de Jérusalem

25.Le salut proclamé

26.Le salut de Jérusalem

27.Un jour de vengeance

28.Rappel du passé

29.Prière du peuple

30.Réponse de Dieu

31.Gloire de la Jérusalem future

 

  1. La sainteté de Dieu, Sion, Emmanuel

 

Chapitre 1 à 39

Dans cette première partie le livre d’Esaïe oppose clairement Dieu face aux péchés du peuple. Dieu ne se mélange pas aux idoles.

Esaïe est alors prophète et conseiller royal de plusieurs rois. Dès le premier chapitre nous prenons connaissance de ces rois :

Ozias

Jotham

Achaz

Ezéchias

Esaïe est impliqué dans les affaires de Juda, critique les alliances entre les rois et les puissances étrangères de l’époque, car en faisant cela, le peuple a manqué de confiance en Dieu qui devrait leur suffire s’il obéit. La sainteté et la puissance de Dieu seront souvent évoquées dans le livre, l’Eternel est Roi, l’Eternel est Saint. Le peuple a oublié Dieu, Dieu rappelle qu’il est le seul et unique Dieu, le peuple doit le craindre.

Pour le prophète, le peuple n’a pas su comprendre l’autorité que Dieu exerce sur la terre entière, il fait comprendre que Dieu a un plan et un projet, chaque chose arrive en temps voulu lorsqu’on laisse l’Eternel diriger nos pas. L’Eternel domine sur les nations.

Esaïe 6 :3

Ils se criaient l’un à l’autre: «Saint, saint, saint est l’Eternel, le maître de l’univers! Sa gloire remplit toute la terre!»

Esaïe dénonce le péché, l’oppression des forts sur les faibles,  le manque de foi, l’hypocrisie religieuse.

Dieu se détourne du peuple qui s’éloigne de lui, Dieu peut se fermer et endurcir le cœur des méchants. Esaïe fera un appel à retourner vers Dieu en détruisant totalement les mauvaises oeuvres.

Jérusalem commence à être appelée Sion, car c’est la montagne sur laquelle est bâtie cette ville. Sion est ainsi la montagne de Dieu, le refuge, la forteresse et la droiture.

Esaïe commencera à prophétiser sur le Messie. Nous sommes environ 800 ans avant la naissance de Jésus, le prophète Esaïe prophétisera en ces termes :

Esaïe 7 :14-16

Voilà pourquoi c’est le Seigneur lui-même qui vous donnera un signe: la vierge sera enceinte, elle mettra au monde un fils et l’appellera Emmanuel. Il se nourrira de lait caillé et de miel jusqu’à ce qu’il sache rejeter le mal et choisir le bien. Cependant, avant que l’enfant sache rejeter le mal et choisir le bien, le territoire dont tu redoutes les deux rois sera bandonné.

 Ésaïe 7:14 La vierge… Emmanuel: cité en Matthieu 1.23. Emmanuel: littéralement Dieu avec nous

Ésaïe 53:1-4

1 Qui a cru à ce qui nous était annoncé? Qui a reconnu le bras de l’Éternel?

Il s’est élevé devant lui comme une faible plante, Comme un rejeton qui sort d’une terre desséchée; Il n’avait ni beauté, ni éclat pour attirer nos regards, Et son aspect n’avait rien pour nous plaire.

Méprisé et abandonné des hommes, Homme de douleur et habitué à la souffrance, Semblable à celui dont on détourne le visage, Nous l’avons dédaigné, nous n’avons fait de lui aucun cas.

Cependant, ce sont nos souffrances qu’il a portées, C’est de nos douleurs qu’il s’est chargé; Et nous l’avons considéré comme puni, Frappé de Dieu, et humilié.

 

  1. Un seul Dieu

 

Chapitres 40 à 55

Durant son ministère prophétique, Dieu dévoilera sa personnalité, Il existe un seul Dieu, tous les autres sont des vaines idoles.

Dieu est le Créateur, le Rédempteur, celui qui annonce toujours ses projets avant qu’ils ne se réalisent. Israël est le peuple chargé d’annoncer aux nations païennes que le Dieu d’Israël est le seul et unique Dieu, qui est aussi leur Dieu. Dieu domine sur toutes les nations. Les hommes doivent comprendre que le salut est universel et quelle est la mission des serviteurs.

L’annonce du projet divin réaffirmé dans le livre d’Ezéchiel, concerne le fait qu’il souhaite sauver TOUS les hommes. Pour cela il ne cessera de donner des avertissements anticipant ainsi les grandes réformes du Nouveau Testament.

 

Ésaïe 41:13

Car je suis l’Éternel, ton Dieu, Qui fortifie ta droite, Qui te dis: Ne crains rien, Je viens à ton secours.

Ésaïe 42:8

Je suis l’Éternel, c’est là mon nom; Et je ne donnerai pas ma gloire à un autre, Ni mon honneur aux idoles.

Ésaïe 43:3

Car je suis l’Éternel, ton Dieu, Le Saint d’Israël, ton sauveur; Je donne l’Égypte pour ta rançon, L’Éthiopie et Saba à ta place.

Ésaïe 43:15

Je suis l’Éternel, votre Saint, Le créateur d’Israël, votre roi.

Ésaïe 44:6

Ainsi parle l’Éternel, roi d’Israël et son rédempteur, L’Éternel des armées: Je suis le premier et je suis le dernier, Et hors moi il n’y a point de Dieu.

Ésaïe 45:3

Je te donnerai des trésors cachés, Des richesses enfouies, Afin que tu saches Que je suis l’Éternel qui t’appelle par ton nom, Le Dieu d’Israël.

Ésaïe 45:5

Je suis l’Éternel, et il n’y en a point d’autre, Hors moi il n’y a point de Dieu; Je t’ai ceint, avant que tu me connusses.

Ésaïe 45:6

C’est afin que l’on sache, du soleil levant au soleil couchant, Que hors moi il n’y a point de Dieu: Je suis l’Éternel, et il n’y en a point d’autre.

Ésaïe 45:18

Car ainsi parle l’Éternel, Le créateur des cieux, le seul Dieu, Qui a formé la terre, qui l’a faite et qui l’a affermie, Qui l’a créée pour qu’elle ne fût pas déserte, Qui l’a formée pour qu’elle fût habitée: Je suis l’Éternel, et il n’y en a point d’autre

Ésaïe 45:21

Déclarez-le, et faites-les venir! Qu’ils prennent conseil les uns des autres! Qui a prédit ces choses dès le commencement, Et depuis longtemps les a annoncées? N’est-ce pas moi ? Il n’y a point d’autre Dieu que moi, Je suis le seul Dieu juste et qui sauve.

 

  1. Exhortations

 

Chapitres 56 à 66

La promesse de l’intervention de Dieu tarde à s’accomplir. Esaïe expliquera que c’est la faute des hommes et non de Dieu, le péché éloigne Dieu.

Le peuple doit entreprendre de profonds changements et ôter tous les idoles, leurs injustices et toutes les mauvaises voies sur lesquelles ils ont marché après l’exil.

Ésaïe 56 :1

Ainsi parle l’Éternel: Observez ce qui est droit, et pratiquez ce qui est juste; Car mon salut ne tardera pas à venir, Et ma justice à se manifester.

Ésaïe 58 :1

Crie à plein gosier, ne te retiens pas, Élève ta voix comme une trompette, Et annonce à mon peuple ses iniquités, A la maison de Jacob ses péchés!

Ésaïe 59 :1

Non, la main de l’Éternel n’est pas trop courte pour sauver, Ni son oreille trop dure pour entendre.

Ésaïe 61 :1

L’esprit du Seigneur, l’Éternel, est sur moi, Car l’Éternel m’a oint pour porter de bonnes nouvelles aux malheureux; Il m’a envoyé pour guérir ceux qui ont le coeur brisé, Pour proclamer aux captifs la liberté, Et aux prisonniers la délivrance;

Ésaïe 65 :1

J’ai exaucé ceux qui ne demandaient rien, Je me suis laissé trouver par ceux qui ne me cherchaient pas; J’ai dit: Me voici, me voici! A une nation qui ne s’appelait pas de mon nom.

Ésaïe 66 :1

Ainsi parle l’Éternel: Le ciel est mon trône, Et la terre mon marchepied. Quelle maison pourriez-vous me bâtir, Et quel lieu me donneriez-vous pour demeure?

 

ANCIEN TESTAMENT, ISAÏE (personnage biblique), PROPHETES, SAMUEL (personnage biblique)

Samuel et Isaïe : les prophètes de l’Ancien Testament en l’Eglise du Saint-Esprit

Les prophètes Samuel et Isaïe

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Le prophète Isaïe

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Biographie

Figure biblique, Ésaïe aurait vécu à Jérusalem au viiie siècle av. J.-C., approximativement entre 766 et 701. Son époque est marquée par la montée en puissance de l’Assyrie face au royaume de Juda qui voit toutefois une période de prospérité. Isaïe dénonce le relâchement des mœurs de ses concitoyens, ce qui attire la colère de Dieu.

Le roi Manassé, fils d’Ézéchias, fit persécuter plusieurs contemporains d’Ésaïe. Selon l’Ascension d’Isaïe (écrit apocryphe), torturé sur ordre de Manassé, Ésaïe fut scié en deux, mais son âme fut ravie au ciel juste avant cette torture, de manière qu’il ne souffre pas.

C’est donc dans la seconde moité du VIIIe siècle avant notre ère qu’Isaïe exerça son ministère prophétique, dans le royaume de Juda. Il vécut dans l’entourage royal et ses oracles ont une portée politique très caractérisée. Parmi ceux-ci, les prophéties sur l’Emmanuel ont une très grande importance, en raison de leur sens messianique et leur influence sur la révélation chrétienne. En plus des oracles d’Isaïe, conservés en majorité dans les chapitres 1 à 39, le livre contient des oracles d’un prophète contemporain de l’Exil (chap. 40-55) et même d’autre oracles de l’époque après l’Exil (chap. 56-66). Ces ajouts au recueil contenant les oracles du grand prophète montrent l’importance qu’on attribuait au Livre d’Isaïe, qui conservait ses paroles.

Le livre d’Isaïe, « Des catastrophes présentes à la gloire à venir »

Le livre d’Isaïe est très particulier : en réalité, sous l’apparence d’un livre unique de 66 chapitres, il s’agit d’une véritable « bibliothèque » réunissant trois livres distincts.

 

Le premier Isaïe
(appelé « primo-Isaïe »)
Le deuxième Isaïe
(appelé « deutéro-Isaïe »)
Le troisième Isaïe
(appelé « trito-Isaïe »)
Chapitres 1-39 Chapitres 40-55 Chapitres 56-66
Contexte historique : la montée en puissance de l’Assyrie jusqu’à la tentative de prise de Jérusalem par Sennachérib Contexte historique : la montée en puissance de Cyrus, le roi de Perse, annonçant la fin de l’Exil à Babylone Contexte historique: la situation à Jérusalem peu de temps après le retour d’Exil.
Rédigé vers : 740-701 avant J.-C. Rédigé vers: 550-539 avant J.-C. Rédigé vers: 538-450 avant J.-C.

  

Sens du livre d’Isaïe
Les trois parties du livre d’Isaïe.

Le premier Isaïe (Is 1-39)

La première partie du livre d’Isaïe se déroule alors que l’Assyrie devient de plus en plus puissante.

Isaïe exerce sa mission de prophète en tant que conseiller royal. Sous plusieurs rois, mais avec un succès inégal, Isaïe va s’impliquer activement dans les affaires politiques du Royaume de Juda.
Isaïe critique vivement la politique des alliances avec les grandes puissances de l’époque. Ce qui sous-tend ces critiques, c’est l’idée de la confiance. Pour lui, la seule puissance digne de confiance, c’est le Seigneur. Toute alliance étrangère apparaît comme un manque de confiance en Dieu.

Le thème de la sainteté de Dieu va revenir régulièrement, avec une très haute idée de la grandeur divine. Le Dieu d’Isaïe est un Dieu qui agit et exerce son autorité sur toute la création. Il accomplit une œuvre avec un plan précis.

A la sainteté de Dieu s’oppose le péché de son peuple. Comme ces prédécesseurs Amos ou Osée, Isaïe dénonce vigoureusement ce péché. Le principal reproche concerne le manque de foi qui se traduit par la recherche d’alliances étrangères. Mais Isaïe dénonce aussi les maux qui frappent continuellement Israël : hypocrisie religieuse, orgueil des puissants, oppression des plus faibles.

Avec Isaïe apparaît aussi un thème nouveau dans la littérature prophétique : Sion, la montagne sur laquelle est bâtie Jérusalem. Cette montagne a été choisie par le Seigneur pour y faire sa demeure. Elle devient un second Sinaï.

En plus du thème de Sion, Isaïe va introduire dans la théologie d’Israël un autre concept le « messiannisme ». Isaïe dresse ainsi le portrait d’un personnage qui va récapituler tout ce que l’on attendra ultérieurement du messie davidique.
Son autorité repose sur une multitude de charismes. C’est avant tout un médiateur dont la mission est de faire triompher le droit de Dieu en prenant soin des plus faibles.

Le deuxième Isaïe (Is 40-55)

Le contexte historique du deuxième Isaïe est radicalement différent de celui du premier. On se situe ici vers la fin de l’Exil à Babylone, entre 550 et 539.
Une analyse fine du texte révèle qu’il y a deux grandes sections dans cet ouvrage, correspondant probablement à deux périodes de rédaction :

Les chapitres 40-48

Ils appartiennent à la première phase du ministère du prophète. On y trouve quatre préoccupations:

• Les exilés sont tentés de céder au découragement, et le prophète va réconforter les déportés, en rappelant que leur Dieu est le Dieu créateur. Il rappelle aussi qu’Israël a été élu par le Seigneur et que cela lui confère un statut unique au sein de la création.

• Certains exilés accusent le Seigneur d’ingratitude envers son peuple. Le prophète réagit vigoureusement à ces accusations et les retourne contre eux, en rappelant le péché du peuple.

•  Nombreux sont les exilés séduits par les dieux babyloniens. Le prophète va donc fortement insister sur ce péril en dénonçant l’impuissance des idoles et l’inutilité du culte qui leur est rendu.

•  Enfin, beaucoup de Juifs sont choqués par le choix de Cyrus par le Seigneur, un roi païen, pour libérer son peuple. Cette partie du livre veut leur montrer que Cyrus est bien le serviteur et le messie du Seigneur.

Les chapitres 49-55

A partir du chapitre 49, le ton change et on entre dans une seconde phase du ministère du prophète. Les thèmes polémiques du début du livre ne sont pas repris. Le deuxième Isaïe semble maintenant s’adresser à des fidèles du Seigneur, à des convaincus.

La dominante est la promesse de restauration, de retour au pays, de salut imminent. Il s’agit d’encourager une minorité souvent persécutée par les autres exilés qui n’entrent pas dans cette façon de voir.

L’auteur développe aussi le thème de l’universalité du salut. Les nations ne sont plus présentées comme les ennemis de Dieu, mais comme des peuples en attente de conversion. Le rôle d’Israël va être d’amener ces peuples à reconnaître le seul vrai Dieu, le Seigneur.

 

L’exil avait profondément fait douter Israël sur la capacité de son Dieu à conduire l’histoire et à sauver son peuple. Le prophète répond à ces interrogations :

  • L’unicité de Dieu est clairement et systématiquement affirmée.
  • A l’inverse, la preuve de l’inexistence des autres dieux est leur incapacité à prévoir ce qui va arriver et à faire advenir quoi que ce soit. La preuve que le Seigneur est ce qu’il prétend être, c’est qu’il annonce à l’avance ce qu’il va réaliser et qu’il le réalise effectivement.
  • Puisqu’il n’y a qu’un seul Dieu, il faut repenser la place d’Israël parmi les nations. Israël reste le peuple de Dieu mais sa mission prend un contour nouveau. Le salut d’Israël – qui prend concrètement la forme de la libération d’exil et du retour sur sa terre – ne saurait être un simple retour à la situation antérieure. Israël devient le peuple chargé d’annoncer aux hommes ce Dieu unique qui est aussi leur Dieu. C’est une mission d’évangélisation, une bonne nouvelle qui commence par l’annonce de la libération d’Israël et qui culmine avec la venue des peuples à Jérusalem pour reconnaître l’unique Dieu créateur et sauveur de tous les hommes.

Cette annonce du salut d’Israël et des nations trouvera son aboutissement en Jésus-Christ. Le deuxième Isaïe est le prophète qui anticipe le plus les changements de perspectives apportés par le Nouveau Testament.

Le troisième Isaïe (Is 56– 66)

Ces chapitres ne semblent pas avoir été rédigés par un auteur unique. Toutefois, il ne s’agit pas d’une simple compilation, car les différentes prophéties sont organisées de manière assez précise.

Le livre cherche d’abord à expliquer pourquoi le salut tarde à venir, malgré le retour d’exil. On trouve ici un écho de la déception créée par ce retour d’exil dont les réalisations paraissent bien modestes comparées aux annonces des prophètes antérieurs. Le prophète réaffirme que la faute n’en incombe pas à Dieu, mais aux hommes.

Le prophète estime nécessaire d’entreprendre une réforme en profondeur de la communauté revenue d’exil. L’injustice sociale l’amène à s’adresser aux pauvres à qui la nouvelle du salut est destinée en priorité.
Alors que la reconstruction du Temple et la reprise du culte sacrificiel occupent les esprits, il met l’accent sur le culte spirituel. Celui-ci doit faire droit à la justice.

 

L’art et le livre d’Isaïe
Les peintures et sculptures représentant le livre d’Isaïe.

Peintures et sculptures du 8ème au 21ème siècle

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Le prophète Isaïe – de Kyr Manuel Evgenikos (1384 – 1396), Fresque de l’Eglise du Saint Sauveur (Géorgie)

 

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L’arbre de Jessé – Enluminure du Psautier d’Ingeburge de Danemark – début XIIIème siècle, Musée Condé (Chantilly)

 

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Le prophète Isaïe (1496 – 1498), Le Pérugin

 

  Plan du livre d’Isaïe:

 

I – Premier Isaïe

1 – Oracles contre Juda et Jérusalem (1-5)

  • En-tête (1,1)
    • L’oracle contre Juda (1,2-31)
    • Jérusalem au centre du monde (2,1-5)
    • Le jour du Seigneur (2,6-22)
    • Le désordre à Jérusalem (3,1-15)
    • Les frivoles de Jérusalem (3,16-4,1)
    • Les rescapés de Sion (4,2-6)
    • Le chant de la vigne (5,1-7)
    • La malédiction (5,8-25)
    • La venue des Assyriens (5,26-30)

2 – Le cycle de l’Emmanuel (6-12)

  • La vocation du prophète (6,1-13)
    • Le livret de l’Emmanuel (7,1-9,6)
    • Le jugement du royaume du Nord et de sa capitale Samarie (9,7-20)
    • Les mauvais juges (10,1-4)
    • Les oracles contre l’Assyrie (10,5-34)
    • Les perspectives d’avenir (11,1 – 12,6)

3 – Oracles sur les nations païennes (13-23)

  • Babel (13,1-14,23)
    • Assur (14,24-27)
    • La Philistie (14,28-32)
    • Moab (15,1-16,14)
    • Damas et Ephraïm (17,1-6)
    • Contre les pratiques idolâtriques (17,7-14)
    • Koush (18,1-7)
    • L’Egypte (19,1-20,6)
    • Babel (21,1-10)
    • Douma (21,11-12)
    • Les tribus arabes (21,13-17)
    • La « vallée de la vision » (22)
    • Tyr (23,1-18)

4 – Grande apocalypse d’Isaïe (24-27)

  • Le Seigneur ravage la terre (24,1-23)
    • Le chant d’action de grâce (25,1-5)
    • Le festin de la fin des temps et la chute de Moab (25,6-12)
    • La louange et l’action de grâce (26,1-19)
    • Le châtiment des habitants de la terre (26,20-21)
    • Le châtiment de Léviathan (27,1)
    • Le chant de la vigne (27,2-5)
    • Le rétablissement du peuple (27,6-13)

5 – Oracles variés (28-33)

  • La fin de Samarie (28,1-6)
    • Contre les prêtres et les prophètes (28,7-13)
    • Contre les alliances (28,14-22)
    • L’exemple du laboureur (28,23-29)
    • Le siège et le salut d’Ariél (29,1-8)
    • Le peuple aveugle (29,9-12)
    • La religion hypocrite (29,13-14)
    • Les politiciens (29,15-16)
    • Les perspectives de salut (29,17-24)
    • L’Egypte qui ne peut sauver (30,1-7)
    • Le châtiment des coupables (30,8-17)
    • Le pardon de Dieu (30,18-26)
    • Le jugement des nations (30,27-33)
    • L’illusion d’une alliance avec l’Egypte (31,1-3)
    • Le Seigneur entre en guerre contre l’Assyrie (31,4-9)
    • Le roi juste (32,1-5)
    • Le fou et le noble (32,6-8)
    • Les insouciantes (32,9-14)
    • Le futur règne de justice et de paix (32,15-20)
    • La prière dans la détresse (33,1-6)
    • Le secours du Seigneur (33,7-16)
    • La future gloire de Sion (33,17-24)

6 – Petite apocalypse d’Isaïe (34-35)

  • Le châtiment de Moab et des nations (34,1-17)
    • La délivrance d’Israël (35,1-10)

7 – Autour du siège de Jérusalem en – 701 (36-39)

  • La campagne de Sennachérib (36,1 – 37,38)
    • La maladie et la guérison du roi Ezéchias (38,1-22)
    • L’ambassade babylonienne (39,1-8)

 

II – Deuxième Isaïe

1 – La toute-puissance du Dieu créateur

  • L’annonce de la consolation d’Israël (40,1-2)
    • Les chemins du Seigneur (40,3-5)
    • La parole de Dieu (40,6-8)
    • La bonne nouvelle annoncée à Sion (40,9-11)
    • Yahvé, le seul grand Dieu (40,12-17)
    • L’inconsistance des idoles (40,18-20)
    • Yahvé, l’unique grand Dieu (40,21-26)
    • L’appel à la confiance (40,27-31)

2 – Présentation de Cyrus

  • La vocation de Cyrus (41,1-5)
    • L’inutilité des idoles (41,6-7)
    • Rassurer Israël (41,8-16)
    • Le retour au pays (41,17-20)
    • Yahvé maître des événements (41,21-24)
    • Yahvé prédit la victoire de Cyrus (41,25-29)
    • Premier cantique du serviteur (42,1-7)

3 – L’annonce de la chute de Babylone et du retour d’exil

  • L’histoire contrôlée par Dieu (42,8-9)
    • Le chant de victoire (42,10-12)
    • L’action de Dieu (42,13-17)
    • La critique contre Israël sourd et aveugle (42,18-25)
    • Le retour d’Israël sous la protection de Dieu (43,1-7)
    • Yahvé toujours maître des événements (43,8-13)
    • L’annonce de la chute de Babel (43,14-15)
    • Le retour d’exil comme un nouvel Exode (43,16-21)
    • La critique contre l’ingratitude d’Israël (43,22-28)
    • La venue de l’Esprit de Dieu (44,1-5)
    • Yahvé est le seul Dieu (44,6-8) et les idoles ne sont rien (44,9-20)
    • L’appel à la conversion et au repentir (44,21-22) débouchant sur un chant de joie des rachetés (44,23)
    • Cyrus, instrument de salut suscité par Yahvé (44,24-45,13)
    • Les ennemis soumis (45,14-17)
    • Seul Yahvé annonce à l’avance ce qui va se passer (45,18-19)
    • La future conversion des peuples (45,20-25)
    • La chute de Babylone et de ses dieux (46,1-47,15)
    • L’accomplissement de ce qui avait été annoncé par le Seigneur (48,1-11)
    • Cyrus mandaté par le Seigneur (48,12-15)
    • L’évocation des événements passés (48,16-19)
    • L’invitation à sortir de Babylone (48,20-22)
    • Le deuxième cantique du serviteur (49,1-6+7-9)

4 – Le retour d’exil

  • Le retour des exilés (49,10-13)
    • La reconstruction de Sion (49,14-21)
    • Les nations au service d’Israël (49,22-23)
    • Le butin du tyran (49,24-26)
    • Yahvé a rejeté mais la répudiation n’est pas définitive (50,1-3)
    • Le troisième cantique du serviteur (50,4-11)
    • La certitude de la délivrance (51,1-8)
    • Le bras de Yahvé va se réveiller (51,9-11)
    • Inutile dès lors d’avoir peur des hommes (51,12-16)
    • Après Sion, la colère de Dieu passe sur d’autres peuples (51,17-23)
    • Le peuple de Dieu va être libéré très bientôt (52,1-12)
    • Le quatrième cantique du serviteur (52,13-53,12)
    • La Jérusalem future (54,1-17)
    • Le salut offert (55,1-13)

 

III – Troisième Isaïe

1 – Les questions essentielles (56-58)

  • Les promesses à ceux qui pourraient se sentir exclus (56,1-8)
    • La question des mauvais pasteurs (56,9-12)
    • La raréfaction des justes (57,1-2)
    • L’idolâtrie (57,3-13)
    • La consolation des affligés (57,14-21)
    • La question du jeûne (58,1-14)

2 – Le retard du jugement à cause du péché des hommes (59)

3 – Le cœur du livre (60-62)

  • La gloire de la future Jérusalem (60,1-22)
    • Le Messie et l’annonce de la bonne nouvelle (61,1-11)
    • La nouvelle Sion (62,1-12)

4 – Le jugement de Dieu (63,1-6)

5 – La lamentation (63,7-64,11)

6 – La venue du salut (65-66)

  • Le rejet de l’idolâtrie (65,1-7)
    • La destinée des bons et des méchants (65,8-16)
    • Les cieux nouveaux et la terre nouvelle (65,17-25)
    • Le culte spirituel (66,1-4)
    • La venue du salut (66,5-9)
    • La joie du peuple élu (66,10-17)
    • Le rassemblement de toutes les nations (66,18-24)

 

 

Samuel

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Samuel est un personnage biblique dont l’histoire fait l’objet du Premier et du Deuxième livre de Samuel dans la Bible hébraïque ou Ancien Testament. Il est qualifié de prophète dans la Bible bien que son rôle soit plus proche de celui d’un juge, c’est-à-dire un chef guerrier au sens biblique. C’est lui qui désigne les deux premiers rois d’Israël, Saül, puis David.

Présentation

Selon la littérature rabbinique et néo-testamentaire, il est considéré comme le dernier des Juges d’Israël (voir Actes des Apôtres 13.20) et comme le premier des prophètes prophétisant aux Israélites (Actes des Apôtres 3.24). Une partie du monde chrétien, dont l’Église orthodoxe et l’Église catholique, le fête le 20 août.

Étymologie

Ce prénom signifie « nom (šem) de Dieu (‘El, Elohim) » ou « son nom (šm.ō) est Dieu (‘El) ». L’explication donnée en 1 Sam 1:20, כִּי מֵיְהוָה שְׁאִלְתִּיו (kī me-yhwah šə’iltiyō) : « car je l’ai demandé au Seigneur (‘YHWH’) », dérivée du verbe ša’al : « demander », s’applique plutôt à Saül ou à Salathiel, prince de la fin du royaume de Juda. Quant à l’hypothèse šamaʕ ‘El : « Dieu (Elohim) a entendu » (avec un ʿAyin), elle se rapporte à Ismaël.

Selon la Bible

Samuel est né à Rama.

Enfant, il est consacré au Seigneur par sa mère Anne, qui le reçoit comme un cadeau de Dieu, alors qu’elle est stérile. Celle-ci l’emmène vivre chez le grand-prêtre Eli alors qu’il est enfant. Après avoir grandi à Silo, il vit à Rama (1 Samuel 7:17) où il officie en tant que juge et c’est là que se trouve sa tombe (1 Samuel 25:1). Samuel est appelé à jouer un rôle exceptionnel pendant une période de crise et de transition.

Plus tard, alors que Samuel est un vieux prophète déjà renommé en Israël, il désigne le premier roi des Hébreux, Saül, que Dieu lui a montré. Les Hébreux veulent absolument un roi et malgré ses réticences, Samuel finit par leur en accorder un sur l’ordre de Dieu : « Écoute la voix de ce peuple ; car ce n’est pas toi, mais c’est moi qu’il rejette, afin que je ne règne plus sur eux. »

Lorsque Saül déplaît à Dieu, celui-ci demande à Samuel de consacrer comme roi une autre personne : c’est David, qui n’est alors qu’un berger. Après sa victoire contre Goliath, le jeune berger doit, avec l’aide de Samuel, s’imposer face à Saül pour gagner la couronne et l’onction.

Saül, à la veille de la bataille au mont Gelboé contre les Philistins qui va lui coûter la vie et celles de ses fils (dont Jonathan), demande à la sorcière d’Endor d’invoquer l’âme défunte de Samuel pour le conseiller, selon 1 Samuel 28:13. Ce dernier lui prédit sa mort.

 Livres des Juges et de Samuel

Selon la tradition juive, Samuel aurait été l’auteur du livre des Juges et d’une partie de celui qui porte son nom. Ce livre de Samuel aurait été achevé par le prophète Gad.

Les deux livres de Samuel n’en forment en réalité qu’un seul. Ils racontent le passage progressif d’un état d’anarchie des tribus d’Israël à l’organisation d’un État fort regroupé autour de son roi. Au début, Israël se trouve dans la même situation que celle décrite dans le livre des Juges.

Le prophète Samuel rêve cependant de faire des Hébreux un peuple de purs. Pour cela, il a d’abord organisé une réforme religieuse et une certaine unité autour du sanctuaire de Silo. Mais face à la menace des Philistins – et malgré ses réticences car pour lui seul Dieu est le Roi d’Israël – il va désigner un chef de guerre en la personne de Saül. Cependant ce choix se révélera malheureux : si l’œuvre de Saül est importante pour l’unification d’Israël, il entre vite en conflit avec Samuel. Il mourra lors d’une bataille contre les Philistins.

Vient alors le temps du roi David. Après avoir été proche du roi Saül, il en deviendra l’un des ennemis. David prend le pouvoir dans sa propre tribu de Juda puis dans l’ensemble des tribus d’Israël. Il crée l’unité autour d’une nouvelle capitale : Jérusalem qui devient aussi le centre du culte.

David a de grandes capacités. Il a aussi de graves défauts. Mais il sait reconnaitre ses péchés et demander pardon à Dieu. David symbolise ainsi l’homme élu par Dieu. C’est pour cela que dans la Bible, celui qui viendra redonner sa gloire à Israël est appelé « un nouveau David ». Il restera comme celui qui a rédigé une partie des psaumes.

  

Sens des livres de Samuel
L’instauration de la monarchie.

Les livres de Samuel relatent dans le détail une phase critique de l’histoire d’Israël : le passage de la période des Juges à celle des Rois. Il s’agit d’un véritable bouleversement qui s’explique pour une part à cause du passage du nomadisme à la sédentarisation. Installé en montagne, Israël a du mal à s’imposer en plaine, notamment face à la menace des Philistins. Ces derniers constituent une force unie contre laquelle aucune tribu ne peut lutter seule. Israël va faire un pas décisif vers la royauté qui constitue alors la forme de pouvoir centralisé capable d’assurer l’unité des tribus.

 

 Les personnages principaux des livres de Samuel
Samuel, Saül, Jonathan, David, Absalom.

 Samuel : en hébreu, « son nom est El », fils d’Elqana et de sa femme Anne qui était stérile. Consacré à Dieu dès l’enfance, il grandit au temple de Silo. Prophète, on peut également le considérer comme le dernier des juges d’Israël. Lorsque le peuple d’Israël demande un roi, Samuel confère l’onction royale à Saül. Quand ce dernier fut rejeté par Dieu, il choisit David parmi les fils de Jessé.

 Saül : de la tribu de Benjamin, premier roi du royaume unifié d’Israël, vers 1030-1010 av. J.-C. Rejeté par Dieu, le titre de roi passe à David. Il devient très opposé à l’amitié de son fils Jonathan pour David et tentera plusieurs fois de faire mourir celui-ci, en particulier pendant sa nuit de noce avec Mikal, sa propre fille. Il meurt, avec trois de ses fils, au cours de la bataille de Gelboé.

 Jonathan : fils de Saül, ami de David, il a involontairement violé le jeûne qui avait été imposé avant un combat. Il est condamné à mourir, mais le peuple le rachète. Apprenant la mort de Jonathan, tué par les Philistins, David pleure celui dont « l’amitié était plus merveilleuse que l’amour des femmes » (cf. 2 S 2,26). David recueille chez lui Méribaal, le fils de Jonathan, et transfère les ossements de son ami dans le tombeau familial.

 David : de la tribu de Juda, petit-fils de Ruth la Moabite et de Booz, fils de Jessé, ancêtre de Jésus, roi d’Israël de 1010 à 970 av. J.-C.. Il entre au service de Saül comme musicien à la cour. Il tue d’un seul coup de fronde le géant philistin Goliath. Ami de Jonathan, le fils de Saül, et époux de Mikal, la fille de Saül, il devient malgré tout l’objet de la jalousie du roi. Une fois Saül mort, David est reconnu roi à la fois par les tribus du Sud et les tribus du Nord. Il choisit alors Jérusalem comme capitale politique et religieuse où il fait venir l’Arche d’Alliance. David est présenté comme un homme courageux et d’une grande piété. Cependant sa passion adultérine pour Bethsabée lui vaut les reproches du prophète Nathan. A la fin de sa vie, il devra faire face aux révoltes de son fils Absalom. Avant sa mort, il fait sacrer roi son fils Salomon, né de Bethsabée.

 Absalom : troisième fils de David, pour venger le viol de sa sœur Tamar, il fait tuer son demi-frère Amnon. Après avoir conspiré contre son père David, il doit fuir Jérusalem. En fuite, sa chevelure importante se prend dans les branches d’un arbre. Alors qu’il est suspendu par ses cheveux à cet arbre, Joab, son cousin, général de David, le tue, malgré les ordres de ce dernier.

 

 Histoire de la rédaction des livres de Samuel

Ce sont des rédacteurs deutéronomistes qui ont composé les livres de Samuel en reprenant certains ensembles narratifs préexistants comme le « récit de l’arche » (1 S 4,1b-7,1 ; 2 S 6) témoignant de la théologie pro-Sion du VIIe siècle av. J.-C., récit écrit par des scribes de la cour judéenne ; le « récit de l’ascension de David » (1 S 16-2 S 5) écrit à la cour de Jérusalem après la disparition du Royaume du Nord à la fin du VIIIe siècle av. J.-C. et le « récit de la succession de David » (2 S 2,12-4,12 ; 9-20 [+ 1 R 1-2]) composé à la cour de Jérusalem dans le courant du VIIe siècle av. J.-C..

Différentes traditions sur David (2 S 21-24) ont été ajoutées par un éditeur post- deutéronomiste. Les listes des guerriers de David (2 S 21,15-22 ; 23,8-39) proviennent des archives royales de Jérusalem. Le « psaume de David » et sa prière finale (2 S 22 ; 23,1-7) sont postexiliques.
Les traditions pré-dtr sur Saül (1 S 9,1-10,16* ; 11* ; 13-14*) devaient être conservées en Benjamin, peut-être à Miçpa.
L’école deutéronomiste a rassemblé ces différents ensembles narratifs pour constituer un récit cohérent : les livres de Samuel. Elle a également composé des chapitres de transition comme 1 S 3 ; 7 ; 8 ; 10,17-27 ; 12 ; 15 ; 16,1-13 ; 2 S 7.

Aux États-Unis, l’école de Franck Moore Cross situe l’essentiel de la rédaction deutéronomiste à l’époque de Josias (641-609). En Allemagne, l’école de Göttingen (Timo Veijola, Walter Dietrich) repère trois rédacteurs deutéronomistes appelés DtrH (H pour historien) ; DtrN (N pour nomiste) et DtrP (P pour prophétique) qui remontent à l’époque néo-babylonienne. Récemment, Thomas Römer a proposé une hypothèse avec trois rédactions deutéronomistes successives : une rédaction à l’époque assyrienne, une autre rédaction à l’époque néo-babylonienne ; une dernière enfin à l’époque perse. Le débat est complexe et il n’y a pas encore de consensus.

 

Plan des livres de Samuel:

 Le premier livre de Samuel

1 – Récits sur la jeunesse de Samuel (1-7)

2 – Instauration et rejet de Saül (8-15)

3 – La montée en puissance de David (16-31)

 

Le deuxième livre de Samuel

1 – L’intronisation de David (1-4)

2 – La gloire de David (5-10)

3 – Les difficultés de la fin du règne de David (11-20)

4 – Appendices (21-24)

 

 

 

 

 

 

 

EGLISE DU SAINT-ESPRIT (AIX-EN-PROVENCE), ISAÏE (personnage biblique), SAMUEL (personnage biblique), STATUES

Samuel et Isaïe : Eglise du Saint-Esprit

LES STATUES AU SAINT ESPRIT

 

Si il est au premier coup d’œil difficiles d’identifier certaines statues, il y en a moins deux qui peuvent passer inaperçues ou devant lesquels on ne jettera qu’un regard interrogateur : il s’agit de celle de Samuel (face au à celle de Marie-Madeleine), celle d’Isaïe (face à celle du Christ Sauveur). Leur intérêt pour le visiteur est peut-être de moindre importance. Quant à la dévotion des fidèles ceci est une autre histoire !

 Ainsi au pied des piliers de la croisée côté nef, le prophète Isaïe et le prophète Samuel semblent un peu détonnés par rapport à l’ensemble des autres statues. Sans inscription elles proviendraient en fait (selon certaines sources) d’une autre église : celle des Pénitents Blancs (église dépouillée à la Révolution française). Elles sembleraient selon les spécialistes plus proches par le style d’une série de prophètes conservées dans l’église des Prêcheurs (Daniel, David, Elisée et Jonas).

 Le prophète Isaïe : au bas de la statue se trouvent des livres ; ils évoquent la mission de prophète-écrivain. Il s’appuie dur un longue scie, allusion à sa mort : la tradition affirme que le prophète murut martyr, son corps scié en deux.

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Le prophète Samuel : il tient en sa main une épée flamboyante, signe du jugement de Dieu. Samuel avait ordonné à Saül, roi d’Israël, de vouer à l’interdit les Amalécites qu’il allait combattre. Or Samuel épargna Agag, roi d’Amalec. Samuel lui reprocha cette désobéissance  et exécuta lui-même le roi Agag (ISamuel, 15).

 

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Source : L’Eglise du Saint-Esprit à Aix-en-Provence par Jacques Balesta. Aix-en-Provence, Edisud, 1989.