ANTISEMITISME, CONCILE VATICAN II, EGLISE CATHOLIQUE, ISRAËL, JUDAÏSME, NOSTRA AETATE (OCTOBRE 1965), VATICAN II (concile ; 1963-1965)

Religion juive dans Nostra Aetate

Ce que dit  Nostra Aetate sur la religion juive

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La religion juive

Scrutant le mystère de l’Église, le saint Concile rappelle le lien qui relie spirituellement le peuple du Nouveau Testament à la lignée d’Abraham.

L’Église du Christ, en effet, reconnaît que les prémices de sa foi et de son élection se trouvent, selon le mystère divin du salut, chez les patriarches, Moïse et les prophètes. Elle confesse que tous les fidèles du Christ, fils d’Abraham selon la foi sont inclus dans la vocation de ce patriarche, et que le salut de l’Église est mystérieusement préfiguré dans la sortie du peuple élu hors de la terre de servitude. C’est pourquoi l’Église ne peut oublier qu’elle a reçu la révélation de l’Ancien Testament par ce peuple avec lequel Dieu, dans sa miséricorde indicible, a daigné conclure l’antique Alliance, et qu’elle se nourrit de la racine de l’olivier franc sur lequel ont été greffés les rameaux de l’olivier sauvage que sont les Gentils L’Église croit, en effet, que le Christ, notre paix, a réconcilié les Juifs et les Gentils par sa croix et en lui-même, des deux, a fait un seul.

L’Église a toujours devant les yeux les paroles de l’apôtre Paul sur ceux de sa race « à qui appartiennent l’adoption filiale, la gloire, les alliances, la législation, le culte, les promesses et les patriarches, et de qui est né, selon la chair, le Christ » (Rm 9, 4-5), le Fils de la Vierge Marie. Elle rappelle aussi que les Apôtres, fondements et colonnes de l’Église, sont nés du peuple juif, ainsi qu’un grand nombre des premiers disciples qui annoncèrent au monde l’Évangile du Christ.

Selon le témoignage de l’Écriture Sainte, Jérusalem n’a pas reconnu le temps où elle fut visitée; les Juifs, en grande partie, n’acceptèrent pas l’Évangile, et même nombreux furent ceux qui s’opposèrent à sa diffusion Néanmoins, selon l’Apôtre, les Juifs restent encore, à cause de leurs pères, très chers à Dieu, dont les dons et l’appel sont sans repentance. Avec les prophètes et le même Apôtre, l’Église attend le jour, connu de Dieu seul, où tous les peuples invoqueront le Seigneur d’une seule voix et « le serviront sous un même joug » (So 3, 9).

Du fait d’un si grand patrimoine spirituel, commun aux chrétiens et aux Juifs, le saint Concile veut encourager et recommander la connaissance et l’estime mutuelles, qui naîtront surtout d’études bibliques et théologiques, ainsi que d’un dialogue fraternel. Encore que des autorités juives, avec leurs partisans, aient poussé à la mort du Christ ce qui a été commis durant sa Passion ne peut être imputé ni indistinctement à tous les Juifs vivant alors, ni aux Juifs de notre temps. S’il est vrai que l’Église est le nouveau Peuple de Dieu, les Juifs ne doivent pas, pour autant, être présentés comme réprouvés par Dieu ni maudits, comme si cela découlait de la Sainte Écriture. Que tous donc aient soin, dans la catéchèse et la prédication de la Parole de Dieu, de n’enseigner quoi que ce soit qui ne soit conforme à la vérité de l’Évangile et à l’esprit du Christ.

En outre, l’Église, qui réprouve toutes les persécutions contre tous les hommes, quels qu’ils soient, ne pouvant oublier le patrimoine qu’elle a en commun avec les Juifs, et poussée, non pas par des motifs politiques, mais par la charité religieuse de l’Évangile, déplore les haines, les persécutions et les manifestations d’antisémitisme, qui, quels que soient leur époque et leurs auteurs, ont été dirigées contre les Juifs.

D’ailleurs, comme l’Église l’a toujours tenu et comme elle le tient encore, le Christ, en vertu de son immense amour, s’est soumis volontairement à la Passion et à la mort à cause des péchés de tous les hommes et pour que tous les hommes obtiennent le salut. Le devoir de l’Église, dans sa prédication, est donc d’annoncer la croix du Christ comme signe de l’amour universel de Dieu et comme source de toute grâce.

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ANCIEN TESTAMENT, BIBLE, FLAVIUS JOSEPHE, ISRAËL, JUDAÏSME, NOUVEAU TESTAMENT

La vie religieuse en Israël au temps de Jésus

  1.  Les 4 grandes Organisations Religieuses juive à l’époque de Jésus selon Flavius Josèphe

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Josèphe écrit qu’il y avait en Palestine vers l’an + 6 : quatre grandes Organisations religieuses :

  1. les zélotes – 2. les saducéens – 3. les pharisiens – 4. les esséniens

 
1 – Les Zélotes. Nous avons vu précédemment la naissance du mouvement zélote, une secte de partisans filiale du mouvement pharisien qui était né durant la guerre des Macchabées contre les syro-grecs. Encore plus radicale que la précédente cette secte puisait sa force dans la doctrine religieuse en utilisant souvent des méthodes fanatiques individuelles ou de guérillas, se déplaçant d’un maquis à l’autre. On appelait souvent leurs extrémistes intégristes des sicaires du nom des petits couteaux recourbés dont ils se servaient pour assassiner leurs victimes dans le dos !

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2 – Les Saduccéens. Ils formaient l’élite de la haute société juive composée essentiellement de familles aristocratiques qui honoraient souvent l’argent plus que la religion. Comme ils croyaient que Dieu est incapable de faire du mal, il ne prend pas garde à celui que les hommes font! Ils sont persuadés que les âmes meurent avec les corps et qu’il n’y a pas de vie éternelle ! Il faut donc bien vivre sur la Terre à condition d’observer la loi. Malgré leur nombre réduit, ils formaient un groupe très représentatif dans le Sanhédrin où rien ne pouvait se faire sans leur accord mais en aucun cas le peuple n’aurait souffert qu’ils n’entravent les principes des pharisiens.

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3 – Les Pharisiens. Ils prennent tous les versets de la LOI à la lettre et s’attachent obstinément à ce qu’ils veulent entreprendre. Ils honorent tellement les vieillards qu’ils n’osent pas les contredire. Ils attribuent au destin tout ce qui arrive, sans toutefois ôter à l’homme le pouvoir d’y consentir, en sorte que si tout se fait selon les ordres de Dieu, il dépend néanmoins de notre volonté de choisir entre le bien et le mal.

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Ils croient que les âmes sont immortelles et que dans l’autre monde elles seront jugées en fonction de leurs fautes ou de leurs mérites récompensés ou punis. Ils admettent aussi que certaines âmes peuvent être soit retenues prisonnières ou revenir dans un autre corps !

Exemple: les paroles des pharisiens à l’aveugle-né (guérit par Jésus UN JOUR DE SABBAT :

 » tu es né tout entier dans le péché  » et tu nous enseignes ? Comment un nouveau-né pouvait-il naître tout entier dans le péché ? Ils faisaient bien ici allusion aux péchés d’une vie précédente !

Jésus leur reprocha aussi souvent leur suffisance et leur arrogance, leur interprétation exagérée des règles de la dîme et celles du sabbat. Il leur reprocha leurs habits de luxe, leur manque de charité vis à vis des étrangers ou des gens de modestes conditions, l’usage des esclaves et leur esprit borné concernant ceux qu’ils  » jugent impurs  » : les collecteurs d’impôts, les étrangers à leur nation, les morts, le contact avec le sang, la mise à l’écart des gens malades et celle des samaritains qu’ils accusent d’être des possédés des démons etc…

Il leur reprochera encore leur égotisme, leur manière de donner leur aumône, leur maquillage pour indiquer les moments où ils jeûnent, leurs préjugés qui condamnent sans espoir de pardon et leur besoin d’être assis aux premières places d’honneur etc…

Et c’est parce qu’ils voudront trouver des failles dans l’enseignement du Christ qu’ils le suivront partout où il ira, ils noteront toutes ses paroles en espérant y trouver le moindre prétexte pour l’accuser et justifier leur intention préméditée de le condamner à mort rapidement.

Lorsqu’on sait que Flavius Josèphe a adhéré à cette secte à l’âge de dix neuf ans on comprend pourquoi il attaque les fils de Sadoc mais il persistera à conserver une image respectable des pharisiens.

(4)  54.  Les Esséniens ou MOINES de la MER MORTE

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Flavius semble très impressionné par leur règle, leur mode de vie, leur intégrité, leur détachement absolu aux biens matériels, leur obéissance à leur grand Maître, leur esprit de communauté et leur recherche d’un MONDE de lumière et de vérité.

Fondé vers l’an -150 lors de l’invasion d’Antioche Epiphane, 30 ans plus tard le mauvais roi Alexandre Jeannée entra en conflit avec les gardiens de l’Alliance qui lui reprochaient son attitude indigne d’un Grand Prêtre. Il fit exécuter leur Grand Maître, ils restèrent alors à Damas jusqu’en -63 puis revinrent à leur Maison-mère de Qumrân.

leur Habitat :

leur nombre dans une maison dépasse rarement les cent membres. L’ensemble de leur Ordre comportait environ quatre mille moines. Et comme leur Maison Mère était à Qumrân au bord de la Mer Morte on les appela souvent les Moines de la Mer Morte ou Esséniens.

ils se distinguent en quatre classes dont celle des plus jeunes a un tel respect des anciens qu’ils se sentent obligés de se laver s’il leur arrive de toucher un confrère très âgé. Ils n’admettent pas l’esclavage puisque Dieu a créé tous les hommes égaux.

leur seule occupation est de cultiver la terre et de prier ou de chanter les louanges du Seigneur le jour et même à certaines heures de la nuit.

 
 concernant les nouveaux membres :

ils doivent renoncer à tout leur patrimoine personnel et le donner à la communauté en faisant voeu de pauvreté et promettre de vivre dans un détachement complet pour tout partager avec leurs frères. Leurs biens appartiendront à la communauté et seront gérés par des économes et gens de biens

un postulant à la vie religieuse doit vivre un an en dehors de la communauté avec les mêmes habits dont une tunique blanche et une pioche qu’il emporte avec lui pour enterrer ses selles. Il ne mange pas avec les anciens et doit se laver comme eux à l’eau froide.

un novice n’a pas accès non plus au réfectoire commun durant ses deux années de mise à l’épreuve. Son admission au réfectoire commun est la preuve qu’il a subi avec succès toutes les épreuves et peut désormais s’asseoir avec ses frères, après avoir  » solennellement promis  » d’honorer Dieu et de le servir de tout son coeur, d’observer la justice envers les hommes et de ne jamais faire de mal à personne, même si on le lui ordonnerait. Qu’il aura un amour inviolable pour la vérité et reprendra sévèrement les menteurs. Qu’il partagera avec ses frères tous les mystères de la religion mais n’en révélera rien aux autres (!), même si on le menaçait de mort. Enfin qu’il n’enseignera que la doctrine qui lui a transmise et qu’il conservera soigneusement et avec respect les livres et les noms de l’Ordre.

la manière de vivre essénienne :

Flavius écrit que leur manière de vivre est semblable à celles dont vivent les Plistes parmi les Daces.

Ils rejettent le mariage, mais comme on a trouvé près de Qumrân un cimetière contenant des ossements féminins il n’est pas exclu que des femmes les assistaient aux travaux ménagers ou qu’une communauté féminine séparée existait à proximité de leur monastère.

Ils ne peuvent donc pas avoir d’enfants mais ils instruisaient ceux qu’on envoyait chez eux.

Ils méprisent les richesses et partagent tous les biens matériels entre chaque membre de la communauté.

Ils font des prières avant le lever du soleil, puis ils s’en vont travailler chacun à leur ouvrage selon qu’il leur a été commandé.

A onze heures ils se lavent à l’eau froide dans leur cellule, puis ils vont au réfectoire en habit sacré où un sacrificateur prononce une prière et un sacrificateur bénit les viandes, puis il mangent en silence pendant que l’un d’eux lit à voix haute des textes choisis. A la fin du repas on chante une louange à Dieu pour le remercier de ses libéralités. Puis les moines quittent leur habit sacré pour se mettre en tenue de travail. Le soir, ils font la même chose en invitant à leur table des hôtes qui sont de passage.

Ils sont toujours très sobres et ne mangent que la nourriture dont leur corps à besoin. Ils vivent dans le silence et lorsqu’ils sont ensembles se déplacent en rang en disant des prières.

lorsqu’ils sont dix ensemble personne n’ose parler d’un thème si les neuf autres ne l’approuvent.

Ils doivent à leur supérieur une obéissance absolue et ils ont pour règle d’assister bénévolement les pauvres et de soigner les malades.

Ils punissent de mort ceux qui outragent Dieu en parlant de lui avec mépris. Et lorsqu’ils doivent faire un voyage ils ne portent autre chose que des armes pour se défendre des voleurs.

la conviction spirituelle essénienne :

Ils observent le sabbat plus strictement que tous les autres juifs en cuisant leur viande la veille, et n’osent même satisfaire aux nécessités de la nature même s’ils y sont contraints. Aux autres jours ils font leur besoin dans un lieu écarté dans un trou qu’ils recouvrent de terre comme s’il s’agissait d’une impureté !

Ils ne vont pas au temple mais ils y envoient leurs offrandes de céréales sans sacrifices sanglants. Ils préfèrent assister aux cérémonies qu’ils célèbrent entre eux dans leur temple privé.

Ils étudient avec soin tous les écrits anciens concernant leur religion, la médecine, les plantes, les pierres et les métaux.

Ils croient en une vie meilleure et que nos corps sont mortels et corruptibles. Par contre ces corps contiennent une substance aérienne immortelle qui dès que la mort les délivre s’élève dans l’air et s’envole avec joie dans une région où il n’y a pas d’excès de températures mais où règne un doux zéphyr et des parfums délicats. Tandis que les âmes des méchants vont habiter dans des lieux glacés et agités par de continuelles tempêtes et gémissent éternellement dans des peines infinies.

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Hérode le grand et les Esséniens

 
Il y avait en Palestine un Essénien nommé MANAHEM qui menait une vie si vertueuse qu’il avait reçu de Dieu le don de prédire les choses futures. A l’époque où Hérode était encore très jeune, il était entrain de jouer avec ses camarades lorsque Manahem l’interpella et lui annonça qu’il régnerait un jour sur les juifs !

Hérode crut qu’il se moquait de lui et lui répondit qu’il était évident que par sa naissance il ne pouvait espérer un tel honneur !

Manahem lui dit en souriant en tapant légèrement sur son épaule :

 » Je vous l’ai dit et je vous le dis encore, vous serez ROI et vous régnerez heureusement parce que Dieu le veut ainsi. Souvenez vous alors de ce que je vous ai dit, afin de vous représenter en esprit les divers changements de la fortune. Et n’oubliez jamais qu’un roi doit avoir continuellement devant les yeux la piété que Dieu lui demande, la justice qu’il doit rendre à tout le monde et l’amour qu’il est obligé d’avoir pour ses sujets.

Mais je sais que vous ne le ferez pas lorsque vous serez arrivé à un si haut degré de puissance. Car autant vous serez heureux dans tout le reste et digne de la gloire immortelle, autant vous serez malheureux par votre impiété envers Dieu et par votre injustice envers les hommes. Mais vous ne vous déroberez pas à la vue du Souverain Maître de l’Univers, qui pénétrera vos pensées les plus secrètes et vous fera éprouver sur la fin de votre vie les effets de sa colère. « 

Longtemps plus tard lorsque Hérode fut Roi, il convoqua Manahem pour lui demander s’il régnerait dix ans ? Il répondit plus de trente ans! Depuis Hérode traita toujours avec estime tous les Esséniens.

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http://www.historel.net/flavius/herode6.htm

ANCIEN TESTAMENT, BIBLE, CIRCONCISION DE JESUS, ISRAËL, JESUS CHRIST, JUDAÏSME

La circoncision de Jésus

LA CIRCONCISION DU SEIGNEUR

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Marie et Joseph au huitième jour de la naissance Jésus vont accomplir ce que dit la loi de Moïse : il sera circoncit et à cette occasion il recevra officiellement le nom de « Jésus ». Joseph ne fait que ce que tout père de famille accomplit lors de la naissance d’un fils : lui donner un nom et le faire circoncire ; et s’il obéit à la loi, il obéit ausi à Dieu qui lui a dit « Tu lui donneras le nom de Jéus ! ».

Jésus entre ainsi pleinement dans la communauté juive : il fait partie désormais pleinement du peuple élu. Marie et Joseph n’ont pas discuté les commandements de Dieu. Jésus est pleinement juif dans toute son humanité : de sa naissance à sa mort. Il n’échappe à son Peuple que lors de la Résurrection.

On peut sans conteste dire comme saint Paul : « Reconnu homme à son aspect il n’a pas revendiqué le rang qui l’égalait à Dieu, mais il s’est abaissé devenu semblable aux hommes excepté le péché. Il s’est fait obéissant … » (Philippiens 2, 7-8).

En venant au monde, Jésus tout en gardant sa divinité, s’est fait pleinement homme. Il a en tout partagé la condition humaine. Jésus n’a pas fait semblant.

©Claude-Marie T.

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« Quand fu arrivé le  huitième jour, celui de la circoncision, l’enfant reçut le nom de Jésus, le nom que l’ange lui avait donné avant sa conception ». ‘(Evangile selon Luc 2, 21)

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Quatre circonstances rendent la Circoncision du Seigneur célèbre et solennelle : la première est l’octave de Noël ; la seconde, l’imposition d’un nom nouveau et annonçant le salut; la troisième, l’effusion du sang, et la quatrième le signe de la Circoncision.

 

Premièrement, c’est l’octave de la Nativité du Seigneur. Si les octaves des autres saints sont solennelles, à plus forte raison le sera l’octave du Saint des saints. Mais il ne semble pas que la naissance du Seigneur doive avoir une octave, parce que sa naissance menait à la mort. Or, les morts des saints ont des octaves, parce qu’alors ils naissent pour arriver à une vie éternelle, et pour ressusciter ensuite dans des corps glorieux. Par la même raison, il semble qu’il ne doive pas y avoir d’octave à la Nativité de la bienheureuse Vierge et de saint Jean-Baptiste, pas plus qu’à la résurrection du Seigneur, puisque cette résurrection a eu lieu réellement. Mais il faut observer, d’après le Prépositif *, qu’il y a des octaves de surérogation, comme est l’octave du Seigneur, dans laquelle nous suppléons à ce qui n’a pas été convenablement fait dans la fête, savoir, l’office de celle qui met au monde. Aussi autrefois c’était la coutume de chanter la messe Vultum tuum, etc., en l’honneur de la sainte Vierge. Il v a encore des octaves de vénération, comme à Pâques, à la Pentecôte, pour la sainte Vierge, et pour saint Jean-Baptiste ; d’autres de dévotion, comme il peut s’en trouver pour chaque saint; d’autres enfin qui sont symboliques, comme sont les octaves instituées en l’honneur des saints et qui signifient l’octave de la résurrection.

* Ou Maître Prévost, chancelier de Paris, qui vivait en 1217; il a laissé une Somme Théologique qui n’a pas été imprimée.

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Secondement, c’est l’imposition d’un nom nouveau et salutaire. Aujourd’hui en effet il fut imposé au Sauveur un nom nouveau que la bouche du Seigneur a donné : « Aucun autre nom sous le ciel n’a été donné aux hommes, par lequel nous dévions être sauvés. » « C’est un nom, dit saint Bernard, qui est un miel à la bouche, une mélodie à l’oreille, une jubilation au cœur. » « C’est un nom, dit encore le même Père, qui, comme l’huile, brille aussitôt qu’on l’emploie, nourrit, quand on le médite ; il oint et il adoucit les maux à l’instant qu’on l’invoque. » Or, J.-C. a eu trois noms, comme l’évangile le dit, savoir, Fils de Dieu, Christ et Jésus. Il est appelé Fils de Dieu, en tant qu’il est Dieu de Dieu; Christ, en tant qu’il est homme dont la personne divine a pris lia nature humaine; Jésus, en tant qu’il est Dieu uni à l’humanité. Au sujet de ces trois noms, écoutons saint Bernard: « Vous qui êtes dans la poussière, réveillez-vous et chantez les louanges de Dieu. Voici que le Seigneur vient avec le salut; il vient avec des parfums, il vient avec gloire. En effet Jésus ne vient pas sans sauver, ni le Christ sans oindre. Le fils de Dieu ne vient pas sans gloire, puisqu’il est lui-même le salut ; il est lui-même le parfum, lui-même la gloire. » Mais il n’était pas connu parfaitement sous ce nom avant la passion. Quant au premier en effet, il n’était connu de quelques-uns que par conjecturé, par exemple, des démons qui le disaient Fils de Dieu; quant au second, il n’était connu qu’en particulier, c’est-à-dire de quelques-uns, mais en petit nombre, comme étant le Christ. Quant au troisième, il n’était connu que quant au mot, Jésus n’était pas (135) compris d’après sa véritable signification qui est sauveur. Mais après la résurrection, ce triple nom fut clairement manifesté : le premier par certitude, le second par diffusion, le troisième par signification. Or, le premier nom c’est Fils de Dieu. Et pour prouver que ce nom lui convient à bon droit, voici ce que dit saint Hilaire en son livre de la Trinité : « On connut de plusieurs manières que le Fils unique de Dieu est N.-S. J.-C. Le Père l’atteste ; il s’en avantage, luimême; les apôtres le prêchent; les hommes religieux le croient ; les démons l’avouent ; les juifs le nient ; les gentils l’apprennent dans sa passion. » Le même père dit encore : « Nous connaissons N.-S. J.-C., de ces différentes manières, par le nom, par la naissance, par la nature, par la puissance et par la- manifestation. » Le second nom c’est Christ, qui signifie oint. En effet, il fut oint d’une huile de joie au-dessus de tous ceux qui participeront à sa gloire » (saint Paul aux Hébr.). En le disant oint, on insinue qu’il fut prophète, athlète, prêtre et roi. Or, ces quatre sortes de personnes recevaient autrefois des onctions. Il fut prophète dans l’enseignement de la doctrine, athlète en déformant le diable, Prêtre en réconciliant les hommes avec son père, roi en rétribuant des récompenses. C’est de ce second nom que vient le nôtre. Nous sommes appelés chrétiens de Christ. Voici ce que saint Augustin dit de ce nom: « Chrétien, c’est un nom de justice, de bonté, d’intégrité, de patience, de chasteté, de pudeur, d’humanité, d’innocence, de piété. Et toi, comment le revendiques-tu ? comment te l’appropries-tu; quand c’est à peine s’il te reste quelques-unes de ces (136) qualités? Celui-là est chrétien qui ne l’est pas seulement par le nom, mais encore par les œuvres  » (saint Augustin). Le troisième nom c’est Jésus. Or, ce nom de Jésus, d’après saint Bernard, veut dire nourriture, fontaine, remède et lumière. Mais ici la nourriture a des effets multiples; c’est une nourriture confortable, elle engraisse, elle endurcit et elle donne la vigueur. Ecoutons saint Bernard sur ces qualités : «C’est une nourriture que ce nom de Jésus. Est-ce que vous ne vous sentez pas fortifiés, toutes les fois que vous vous en souvenez? Qu’y a-t-il qui nourrisse tant l’esprit de celui qui y pense? quoi de plus substantiel pour réparer les sens fatigués, rendre les vertus plus mâles, fomenter les bonnes mœurs , entretenir les affections chastes? » Secondement; c’est une fontaine. Saint Bernard en donne la raison. « Jésus est la fontaine scellée de la vie, qui se répand dans les plaines par quatre ruisseaux, qui sont pour nous sagesse, justice, sanctification, et rédemption : sagesse dans la prédication, justice dans l’absolution des péchés, sanctification dans la conversation ou la conversion, rédemption, dans la passion. » En un autre endroit ce père dit encore : « Trois ruisseaux émanèrent de Jésus : la parole de douleur, c’est la confession ; le sang de l’aspersion, c’est l’affliction; l’eau de purification, c’est la componction. » Troisièmement c’est un remède. Voici ce que le même Bernard dit : « Ce nom de Jésus est encore un remède. En effet rien comme lui ne calme l’impétuosité de la colère, ne déprime l’enflure de l’orgueil, ne guérit les plaies de l’envie, ne repousse les assauts de la luxure, n’éteint la flamme de la convoitise, (137) n’apaise la soif de l’avarice et ne bannit tous les désirs honteux et déréglés. » Quatrièmement, c’est une lumière, dit-il: « D’où croyez-vous qu’ait éclaté sur l’univers entier la si grande et si subite lumière de la foi, si ce n’est de la prédication du nom de Jésus ? C’est ce nom que Paul portait devant les nations et les rois comme un flambeau sur un candélabre. » En outre ce nom est d’une bien brande suavité. « Si vous écrivez un livre, dit saint Bernard, je ne suis pas content si je n’y lis Jésus ; si vous discutez, si vous conférez, je ne suis pas content, si je n’entends nommer Jésus. » Et Richard de Saint-Victor : « Jésus, dit-il; est un nom suave, un nom délectable, un nom qui ‘conforte le pécheur, et un nom d’un bon espoir. Eh bien donc, Jésus, soyez-moi Jésus. » Secondement c’est nu nom d’une grande vertu. Voici les paroles de Pierre de Ravesne : « Vous lui imposerez le nom de Jésus, c’est-à-dire, le nom qui a donné aux aveugles la vue, aux sourds l’ouïe, aux boiteux le marcher; aux muets la parole, aux morts la vie, et la vertu de ce nom a mis en fuite toute la puissance du diable sur les corps obsédés. » Troisièmement, il est d’une haute excellence et sublimité. Saint Bernard : « C’est le nom de mon Sauveur, de mon frère, de ma chair, de mon sang; c’est le nom caché au siècle, mais qui a été révélé à 1a fin des siècles: nom admirable, nom ineffable, nom inestimable, et d’autant plus admirable qu’il est inestimable, d’autant plus gracieux qu’il est gratuit. » Ce nom de Jésus lui a été imposé par l’Eternel, par l’ange, par Joseph, son père putatif. En effet Jésus signifie Sauveur. Or, Sauveur se dit de trois manières : de la puissance de (138)  sauver, de l’aptitude à sauver, de l’action de sauver.

Quant à la puissance, ce nom lui convient de toute éternité; à l’aptitude de sauver, il lui fut imposé ainsi par l’ange et il lui convient dès le principe de sa conception; à l’action de sauver, Joseph le lui imposa en raison de sa passion future, et la glose sur ces paroles, « vous l’appellerez Jésus », dit : Vous imposerez un nom qui a été imposé par l’ange ou par l’Eternel ; et la glose touche ici la triple dénomination qu’on vient d’établir. Quand on dit : vous imposerez le nom, on veut faire entendre la dénomination par Joseph ; quand on dit: qui a été imposé par l’ange ou par l’Eternel, on veut faire entendre les deux autres. Donc c’est à bon droit qu’au jour qui commence l’année, selon la constitution de Rome, la capitale du monde, au jour qui est marqué de la lettre capitale de l’alphabet *; le Christ, le chef de l’Eglise est circoncis, qu’un nom lui est donné et qu’on célèbre le jour de l’octave de sa naissance.

Troisièmement, l’effusion du sang de J.-C. C’est aujourd’hui en effet que la première fois, pour nous, il a commencé à verser son sang, lui qui plus tard a voulu le répandre plus d’une fois. Car il a versé pour nous son sang à cinq reprises différentes : 1° dans la circoncision, et ce fut le commencement de notre rédemption ; 2° dans la prière (du jardin) où il manifesta son désir de notre rédemption; 3° dans la flagellation, et cette effusion fut le mérite de notre rédemption,

 

*Dans le calendrier, chaque jour de la semaine est distingué par une des sept premières lettres de l’alphabet, et le premier jour est marqué de l’A capitale ou majuscule.

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parce que nous avons été guéris par sa lividité; 4° dans la crucifixion, et ce fut le prix de notre rédemption, car il a payé alors ce qu’il n’a pas pris (Ps. LXVIII, 5); 5° dans l’ouverture de son côté, et ce fut le sacrement de notre rédemption. En effet, il en est sorti du sang et; de l’eau, ce qui figurait due nous devions être purifiés par l’eau du baptême, lequel devait tirer toute son efficacité du sang de J.-C.

Quatrièmement enfin, le signe de la circoncision que J.-C. a daigné recevoir aujourd’hui. Or, le Seigneur voulut être circoncis pour beaucoup de motifs. 1° Pour lui-même, afin de montrer qu’il avait pris véritablement une chair d’homme. Il savait du resté qu’on devait soutenir qu’il avait pris non pas un vrai corps, mais un corps fantastique, et c’est pour confondre cette erreur qu’il a voulu être circoncis et répandre alors de son sang ; en effet un corps fantastique ne jette pas de sang. 2° Pour nous-mêmes, afin de nous montrer l’obligation de nous circoncire spirituellement. Selon saint Bernard, « il y a deux sortes de circoncision qui doivent être faites par nous, l’extérieure dans la chair et l’intérieure dans l’esprit. La circoncision extérieure consiste en trois choses : dans notre manière d’être, afin qu’elle ne soit pas singulière; dans nos actions, pour qu’elles ne soient pas répréhensibles ; dans nos discours, afin qu’ils n’encourent pas le mépris. Semblablement, l’intérieure consiste en trois choses : savoir, dans la pensée, pour qu’elle soit sainte, dans l’affection pure, dans l’intention » (Saint Bernard). Par un autre motif, il a voulu être circoncis pour nous sauver. De même en effet que l’on cautérise un membre afin de (140) guérir tout le corps, de même J.-C. a voulu supporter 1a cautérisation de la circoncision pour que tout le corps mystique fût sauvé (Coloss., II). « Vous avez été circoncis d’une circoncision qui n’est pas faite de main d’homme, mais qui consiste dans le dépouillement du corps charnel, c’est-à-dire de la circoncision de J.-C. ; » la glose ajoute, dans le dépouillement des vices, comme par une pierre très aiguë, «or, la pierre était 1è Christ. » Dans l’Exode (IV, 25) on lit : « Séphora prit aussitôt une pierre très aiguë, et circoncit le prépuce de son fils. » Sur quoi la glose donne deux explications. La première : vous avez été circoncis, dis-je, d’une circoncision qui n’est pas faite de main d’homme, c’est-à-dire que ce n’est pas couvre d’homme, mais couvre de Dieu, c’est-à-dire circoncision spirituelle. Cette circoncision se fait par le dépouillement du corps charnel, savoir, le dépouillement de la chair de l’homme, c’est-à-dire des vices et des désirs charnels, d’après le sens qu’on attribue au mot chair, dans ce passage de saint Paul (1 Corinth., VIII) : « La chair et le sang ne posséderont pas le royaume de Dieu, etc… » Vous êtes, dis-je, circoncis d’une circoncision qui n’est pas faite par la main, mais d’une circoncision spirituelle. La deuxième explication de la glose est celle-ci : vous avez été circoncis, dis-je, en J.-C., et cela d’une circoncision qui n’est pas faite par la main, c’est-à-dire d’une circoncision légale : cette circoncision qui vient de la main, se fait dans le dépouillement du corps charnel, savoir, du corps qui est chair, c’est-à-dire de la peau de la chair qui est enlevée dans la circoncision légale. Vous n’êtes pas, dis-je, circoncis de (141) cette circoncision, mais de la circoncision » de J.-C., c’est-à-dire spirituelle, dans laquelle tous les vices sont retranchés. Aussi on lit dans saint Paul aux Romains (II, 28) : « Le juif n’est pas celui qui l’est au dehors, et la véritable circoncision n’est pas celle qui se fait dans la chair et qui n’est qu’extérieure; mais le juif est celui qui l’est intérieurement ; et la circoncision du coeur se fait par l’esprit et non selon la lettre de la loi ; et ce juif tire sa louange, non des hommes, mais de Dieu. Vous avez été circoncis d’une circoncision qui n’est pas faite de main d’homme par le dépouillement du corps charnel, mais de la circoncision de J.-C. » 3° J.-C. a voulu être circoncis par rapport aux Juifs, afin qu’ils fussent inexcusables. Car s’il n’avait pas été circoncis, les Juifs auraient pu s’excuser et dire : Ce pourquoi nous ne vous recevons pas, c’est que vous n’êtes pas semblable à nos pères. 4° Par rapport aux démons, afin qu’ils ne connussent pas le mystère de l’incarnation. En effet, comme la circoncision était faite contre le péché originel, le diable crut que J.-C., qui était circoncis lui-même, était un pécheur semblable aux autres, puisqu’il avait besoin du remède de la circoncision. C’est pour cela aussi qu’il a voulu que sa mère fût mariée, quoiqu’elle soit toujours restée vierge. 5° Pour accomplir toute justice. Car, de même qu’il a voulu être baptisé pour accomplir toute justice, c’est-à-dire toute humilité, laquelle consiste à se soumettre à moindre : que soi, de même aussi il a voulu être circoncis afin de nous offrir un modèle d’humilité, puisque lui, l’auteur et le maître de la loi, a voulu se soumettre à la loi. 6° Pour (142) approuver la loi mosaïque qui était bonne et sainte, et qui devait être accomplie, parce qu’il n’était pas venu détruire la loi, mais l’accomplir. Et saint Paul a dit aux Romains (XV, 8) : « Je vous déclaré que J.-C. a été le ministre des circoncis afin que Dieu fût reconnu véritable par l’accomplissement des promesses faites à leurs pères. »

Quant aux raisons pour lesquelles la circoncision se faisait le huitième jour, on peut en assigner un grand nombre. 1° Selon le sens historique ou littéral. D’après le rabbin Moïse, profond philosophe et théologien, quoique juif, l’enfant, dans les sept jours qui suivent sa naissance, a les chairs aussi molles qu’il les avait dans le sein de sa mère, mais à huit jours il s’est fortifié et affermi, et c’est pour cela, ajoute-t-il, que le Seigneur n’a pas voulu que les petits enfants fussent circoncis, de peur qu’à cause de cette trop grande mollesse, ils ne fussent par trop blessés ; et il n’a pas voulu que la circoncision eût lieu plus tard que le huitième jour, pour trois causes que ce philosophe énumère : 1° afin d’éviter le péril de mourir auquel aurait, pu être exposé l’enfant, si on l’avait différée davantage ; 2° pour épargner la douleur à l’enfant : dans la circoncision, en effet, cette douleur est très vive ; aussi le Seigneur a-t-il voulu que la circoncision se fit alors que l’imagination des enfants est peu développée pour qu’ils en ressentissent une moindre douleur ; 3° pour épargner du chagrin aux parents, car comme la plupart des petits enfants mouraient de la circoncision, s’ils avaient été circoncis quand ils seraient devenus grands et qu’ils en fussent morts, le chagrin des (143) parents eût été plus grand que s’ils eussent succombé à huit jours seulement. 2° Selon le sens anagogique ou, céleste. La circoncision avait lieu au huitième jour pour donner à comprendre que dans l’octave de la résurrection, nous serions circoncis de toute peine et misère. Et d’après cela, ces huit jours seront les huit âges : le 1er d’Adam à Noë , le 2e de Noë à Abraham ; le 3e d’Abraham à Moïse ; le 4e de Moïse à David; le 5e de David à J.-C. ; le 6e de J.-C. à la fin du monde ; le 7e de la mort; le 8e de la résurrection. Ou bien encore par les huit jours, on entend les huit qualités que nous posséderons dans la vie éternelle et que saint Augustin énumère ainsi : « Je serai leur Dieu, c’est-à-dire, je serai ce qui les rassasiera. Je serai tout ce qu’on peut honnêtement désirer : vie, salut, force, abondance, gloire, honneur, paix et tout bien. Par les sept jours, on entend encore l’homme composé du corps et de l’âme. Il y a quatre jours qui sont les quatre éléments dont se compose le corps, et les trois jours sont les trois puissances de l’âme qui sont le concupiscible, l’irascible et le rationnel. L’homme donc qui maintenant a les sept jours, dès lors qu’il sera conjoint avec l’unité clé l’éternelle incommutabilité, aura alors huit jours, et dans ce huitième jour, il sera circoncis et délivré de toute peine et de toute coulpe. 3° Selon le sens tropologique ou moral, d’après lequel les huit jours peuvent être expliqués de diverses manières. Le premier peut être la connaissance du péché, d’après le Psalmiste : « Voici que je connais mon iniquité » (Ps. L). Le second c’est le bon propos de quitter le mal et de faire le bien; il est indiqué par l’enfant prodigue qui (144) dit : «Je me lèverai et j’irai à mon père. » Le troisième c’est la honte du péché, sur quoi l’apôtre dit : « Quel fruit avez-vous donc retiré de ce qui vous fait maintenant rougir. » Le quatrième, c’est la crainte du jugement futur. « J’ai craint Dieu comme des flots suspendus au-dessus de moi » (Job). « Soit que je mange, soit que je boive, soit que je fasse quelque autre chose, il me semble toujours entendre résonner. à mes oreilles, cette parole : « Levez-vous; morts, et venez au jugement » (Saint Jérôme). Le cinquième, c’est la contrition, ce qu’a dit Jérémie (VI, 26) : « Pleurez comme une mère qui pleure son fils unique. » Le sixième, c’est la confession (Ps. XXXI, 5) : « J’ai dit : je confesserai contre moi-même mon injustice au Seigneur. » Le septième, c’est l’espoir du pardon. Car quoique Judas eût confessé son péché, il ne l’a cependant pas fait avec espoir de pardon, aussi n’a-t-il pas obtenu miséricorde. Le huitième, c’est la satisfaction : et ce jour-là, l’homme est circoncis spirituellement, non seulement de la coulpe, mais encore de tout châtiment. Ou bien les deux premiers jours sont la douleur de l’action du péché et le désir de s’en corriger : les deux suivants, de confesser le mal que nous avons fait et le bien que nous avons omis ; les quatre autres sont la prière, l’effusion des larmes, l’affliction du corps et les aumônes. Ces huit jours peuvent fournir encore huit considérations sérieuses pour détruire en nous toute volonté de pécher; en sorte qu’une seule opérera une grande abstinence. Saint Bernard en énumère sept en disant : « Il y a sept choses qui sont de l’essence de l’homme; s’il les considérait, il ne (145) pécherait jamais, savoir, une matière vile, une action honteuse, un effet déplorable, un état chancelant, une mort triste, une dissolution misérable et une damnation détestable. La huitième peut offrir la considération d’une gloire ineffable. » 4° Selon le sens allégorique ou spirituel. Alors cinq jours seront les cinq livres de Moïse, qui contiennent la loi, les deux autres seront les prophètes et les psaumes ; le huitième jour sera la doctrine évangélique. Mais dans les sept premiers jours, il n’y avait pas circoncision parfaite, tandis que dans le huitième, il se fait une circoncision parfaite de toute coulpe et de toute peine; c’est maintenant l’objet de notre espérance, mais enfin elle sera réalisée. Quels motifs a-t-on pu avoir en circoncisant ? On en assigne six que voici : « caustique, signe, mérite, remède, figure, exemple. »

 

Quant à la chair de la circoncision du Seigneur, un ange l’apporta, dit-on, à Charlemagne qui la déposa avec honneur à Aix-la-Chapelle dans l’église de Sainte-Marie. Il l’aurait portée plus tard à Charroux *, et elle serait maintenant à Rome dans l’église qu’on appelle le Saint des Saints, où l’on voit cette inscription : « Ici se trouvent la chair circoncise de J.-C., son nombril et ses sandales. » C’est ce qui fait qu’il y a une station au Saint des Saints. Si tout cela est vrai, il faut avouer que c’est bien admirable. Car comme la chair est vraiment de la nature humaine, nous croyons que, J.-C. ressuscitant, elle est retournée à son lieu avec gloire. Cette assertion serait vraie dans l’opinion de ceux qui avancent que cela appartient seulement  la nature humaine véritable reçue d’Adam, et celle-ci ressuscitera seule

 

* Histoire scholast., Ev. c. VI, note.

146     

Il ne faut pas passer sous silence qu’autrefois les païens et les gentils se livraient en ces calendes à bon nombre de superstitions que les saints eurent de la peine à extirper même parmi les chrétiens, et dont saint Augustin parle en un sermon. « On croyait, dit-il, que Janus était Dieu ; on lui rendait de grands honneurs en ce jour : il était représenté avec deux visages, l’un derrière et l’autre par-devant, parce qu’il était le terme de l’année passée et le commencement de la suivante. En outre, en ce premier jour, on prenait des formes monstrueuses ; les uns se revêtaient de peaux d’animaux, d’autres mettaient des têtes de bêtes, et ils prouvaient par là qu’ils n’avaient pas seulement l’apparence de bêtes, mais qu’ils en avaient le fonds. D’autres s’habillaient avec des vêtements de femmes, sans rougir de fourrer dans les tuniques des femmes des bras accoutumés à porter l’épée. D’autres observaient si scrupuleusement les augures, que si quelqu’un leur demandait du feu de leur maison ou réclamait un autre service, ils ne le lui accordaient pas. On se donne encore et on se rend mutuellement des étrennes diaboliques. D’autres font préparer des tables splendides pendant la nuit, et les laissent servies dans la croyance que, pendant toute l’année, leurs repas auront toujours la même abondance. » Saint Augustin ajoute : « Celui qui veut observer en quelque point la coutume des païens, il est à craindre que le nom de chrétien ne lui serve à rien. Car celui qui met de la (147) condescendance pour partager les jeux de quelques insensés, ne doit pas douter qu’il ne participe à leur péché. Pour vous, mes frères, qu’il ne vous suffise pas de ne pas commettre cette faute, mais partout où vous la verrez commettre, reprenez, corrigez et châtiez. » (Saint Augustin.)

 

 La Légende dorée de Jacques de Vorogine, nouvellement traduite en français, avec introduction, notices, notes et recherches sur les sources par l’Abbé J.-B.-M. Roze. – Paris, Editeur Edouard Rouveyre, 1942.

 

LA CIRCONCISION CHEZ LES JUIFS

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Brit Milah

La brit milah (hébreu), « alliance [par la] circoncision », est un rite de passage du judaïsme réalisé par un péritomiste (mohel) qui excise définitivement le prépuce du pénis, , et découvre donc perpétuellement le gland. Il peut parfois aussi enlever tout ou partie du frein du pénis. Le rite est traditionnellement pratiqué au huitième jour de vie d’un nouveau-né mâle ou lors de la conversion d’u individu au judaïsme. La brit milah est suivie par un festin de célébration (seoudat mitzva).

 

La brit milah dans la Bible

La première référence biblique se trouve le récit d’Abraham (Genèse 17, 11) auquel Dieu prescrit de se circoncire en signe d’alliance, à 99 ans.

Ensuite, son fils Isaac fut le premier circoncis à huit jours, alors que son frère aîné, Ismaël ne fut circoncis qu’à l’adolescence.

L’obligation de la circoncision est mentionnée dans la Torah :

Dans le livre de la Genèse (versets 17:9-14), comme le signe de l’Alliance entre Dieu et la descendance d’Abraham. « Toi et tes descendants, de génération en génération, vous devrez respecter mon alliance. Voici l’obligation que je vous impose et à laquelle vous vous soumettrez, toi et tes descendants : Quiconque est parmi vous de sexe masculin devra être circoncis. Votre circoncision sera le signe de l’alliance établie entre vous et moi. De génération en génération, tous vos garçons seront circoncis quand ils auront huit jours. De même pour les esclaves nés chez toi ou pour les esclaves étrangers que tu as achetés et qui ne sont donc pas membres de ton clan. Ainsi l’esclave né chez toi et celui que tu auras acheté seront circoncis, afin que mon alliance soit inscrite dans votre chair comme une alliance perpétuelle. Quant à l’homme non circoncis, il sera exclu du peuple pour n’avoir pas respecté les obligations de mon alliance ».

Dans le Lévitique, il est rappelé qu’après l’accouchement d’une femme, « Le huitième jour, on circoncit l’enfant ».

Dans le Talmud de Babylone (Yebamoth 64b), il est précisé que l’enfant est exempté de circoncision si 2 ou 3 de ses frères ou 2 ou 3 de ses cousins (nés de sœurs différentes) sont morts de leur circoncision

Déroulement de la Brit Milah

La circoncision est un rituel obligatoire pour les Juifs. Fidèles à la tradition millénaire de leurs ancêtres, les garçons Juifs sont circoncis au huitième jour à partir du jour de la naissance inclus, avant le crépuscule.

La Brit peut se passer pendant les jours de fêtes et le Shabbat

En cas de suspicion médicale (poids faible, maladie, ictère ou autre), la brit milah peut être repoussée jusqu’à une date ultérieure.

C’est au père qu’il incombe de circoncire son fils, le plus tôt, le matin. Toutefois, il peut déléguer l’exécution de la circoncision à un Mohel.

L’enfant repose sur les genoux du Sandaq (du grec syndic) qui aide le mohel en exposant la zone opératoire en maintenant les membres inférieurs de l’enfant.

Le Sandaq est préférentiellement le grand-père paternel, puis le grand-père maternel puis tout autre personne respectable, de préférence une personne sage (Talmid Hakham).

Chaque mohel a sa technique selon sa formation initiale et son expérience. Toute milah doit être pratiquée ou supervisée par un Mohel expérimenté qui connaît la halakha et maîtrise toutes les phases de la milah et de ses complications éventuelles.

Les grands principes sont :

la Milah proprement dite : section du prépuce tout en protégeant le gland ;

la Perya ou déchirure : ablation de la muqueuse interne du prépuce accolé au gland ;

la Metsitsa ou succion post Perya ; dans la pratique ultra orthodoxe le mohel suce le sang en appliquant sa bouche sur le pénis du bébé afin de nettoyer la plaie.

la Havisha ou pansement antihémorragique qui suit une hemostase parfaite ;

la Bakara Rishona ou visite de contrôle le soir de la Milah ;

la Bakara Chenia ou retrait final du pansement, de 24 heures à 72 heures après selon la décision du Mohel.

Si une hémorragie même légère persiste 15 minutes après le pansement, il faut sans délai consulter un médecin

 

 

 

 

 

 

BIBLE, EVANGILES, GALILEE (Terre Sainte), ISRAËL, JESUS-CHRIST, NOUVEAU TESTAMENT, TERRE SAINTE

La Galilée, la terre de Jésus

La Galilée, le pays où Jésus a vécu

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La Galilée (hébreu Ha-galîl, « le cercle, la région ») est une large région située dans le nord Palestine, traditionnellement divisée en trois parties:

la haute Galilée ;

la basse Galilée ;

la Galilée occidentale, aussi appelée « la côte nord de la Palestine».

 

Géographie

La Galilée est un massif montagneux rocailleux du nord de la Palestine  Son point culminant est le mont Méron, à plus de 1 200 mètres. Elle possède des températures douces et une pluviosité à même d’alimenter quelques cours d’eau et propre à l’agriculture. La Galilée englobe plus du tiers du territoire actuel de la Palestine, s’étendant de Dan au nord, au pied du mont Hermon, jusqu’aux monts Carmel et Guilboa au sud, et de la vallée du Jourdain du  à l’est jusqu’aux abords de la mer Méditerranée à l’ouest, en passant par les plaines de Jezreel et Akko. La particularité des frontières nord d’avant 1967 de l’État d’Israël forme le Doigt de Galilée.

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Toponyme d’origine hébraïque

Vient de l’hébreu, très ancien, dont l’origine et le sens évolue pour finir à la fin de la période de l’ancien testament dans le Livres des Maccabées ⟨1 M 5,15⟩ dans le sens « région des étrangers » (c’est à dire des juifs qui n’ont pas gardé la pureté de la tradition, sous des influences étrangères, ou aussi le sens d’une terre de mission, à enseigner, à convertir).

Le nom apparaît au pluriel dans le Livre de Josué, 13, 2, avec le sens de « contrées », puis semble désigner une région particulière. Dans le premier livre des Rois chapitre 9, versets 11 à 13, on apprend que Salomon récompensa Hiram pour certains services effectués par celui-ci en lui offrant une plaine parmi les montagnes de Nephtali. Hiram fut déçu du cadeau, et l’appela la « terre de Cabul ». Les Judéens l’appelèrent Galil. Dans les Livres des Maccabées, la Galilée est le théâtre de nombreux combats des Judéens qui se dressent contre la dynastie séleucide.

C’est là, en Galilée que l’histoire chrétienne (récit du Nouveau Testament)  situe l’origine de la famille de Jésus; dont sa ville de Nazareth d fait partie. Les trois premiers évangiles sont consacrés à ses activités dans cette région, décrite sous la forme symbolique et énigmatique d’un ensemble de déplacements dans tout le nord de la Palestine, ponctués à chaque étape par des exorcismes ou des miracles. L’expression de « Galilée des Nations » (Matthieu 4, 15, reprise d’Isaïe 8, 23) Galil haGoyim, laisse penser qu’elle symbolisait une région à convertir, face à la Judée et au Temple de Jérusalem. C’est peut-être aussi la trace de l’expression « Sagesse des Nations », les mots GLYL, Galil, Galilée, et HtKMH, Hokhmah, Sagesse ayant mêmes guématries. (Actes des Apôtres, 2, 7 : « ces hommes qui parlent, ne sont-ils pas galiléens ?) »

 

Histoire

La Galilée est souvent citée dans l’Ancien Testament, et sa partie septentrionale évoquée comme « la Galilée des Gentils » dans le Nouveau Testament. Elle est décrite par Flavius Josèphe qui évoque son histoire, son peuplement sa géographie, et lui donne deux parties : la Galilée supérieure, en grande partie peuplée de Gentils, et la Galilée inférieure, en grande partie peuplée de Juifs. Elle recouvrait avant la Captivité les territoires des tribus d’Issacar, de Zabulon, de Nephtali et d’Asher. Comme les Galiléens étaient de bons cultivateurs, plantant des figuiers, des oliviers, des noyers, des palmiers, des habiles artisans et de bons pêcheurs, la Galilée était prospère avec 400 villes, certaines très peuplées.

Durant la période romaine, sous l’Empereur romain Auguste (de 30 apr. J.-C. à 14 apr. J.-C.)  – l’empire ayant été divisé en provinces sénatoriales et impériales par l’Empereur Octave -, à la mort d’Hérode le Grand (-4) son royaume client est divisée en trois tétrarchies : la Judée : qui comporte outre les territoires de l’ancien royaume de Juda, la Samarie et l’Idumée) qui a été confiée à Hérode Archelaus, la Galilée qui a été donnée à Hérode Antipas, alors que Philippe le Tétrarque a reçu « la Batanée, avec la Trachonitide et l’Auranitide, une partie de ce qu’on appela le domaine de Zénodoré ». La tétrarchie de Philipe  est situé à l’est de la Galilée, sur l’autre rive du Jourdain.

La Galilée était située au nord de la Samarie, à l’ouest du fleuve Jourdain, voisine du pays des Phéniciens et des Syriens (syro-phénicie appartenant à la province de Syrie).Ses lieux significatifs étaient le mont Thabor, , le lac de Génézareth (lac de Tibériade). Selon Flavius Josèphe, les trois villes les plus importantes étaient : Tibériade, Séphoris cité importante qui sera renommée Diocesarée et qui deviendra la capitale de la Galilée sous Néron, Gabara (cité non localisée, située à l’est de Tarrychée). Il y a aussi Gishala, ville fortifiée au début de la révolte par Jean de Gischala. D’autres villes sont célèbres pour leur mention dans les évangiles ainsi que chez Joseph : Capharnaüm (cité où les Juifs avaient une synagogue), Chorazin. On y ajoute souvent Betsaïde (Julias), qui en fait est située juste à la frontière des territoires de la tétrarchie de Philippe, à l’Est du Jourdain. Le port de PtolémaIs (Acre) en grande partie peuplé de Grecs est situé hors de Galilée, en Syro-Phénicie. Nazareth, le lieu-dit où Jésus est probablement né, peut-être dans une grotte emménagée en étable, n’est mentionné dans aucun texte, ni inscription épigraphique, avant le IIIè siècle si on exclut les évangiles de l’enfance qui ne sont pas antérieurs à 80

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Les Galiléens étaient méprisés des Judéens qui leur reprochaient d’avoir une pratique religieuse impure, un langage grossier et d’avoir pour origine des Gentils mélangés à des descendants des Dix Tribus qui n’étaient pas partis en captivité (ou qui en étaient revenus). Considéré par la tradition juive autant que chrétienne comme originaire de Nazareth en Galilée, Jésus est souvent désigné par les Juifs comme « le Galiléen » (Yeshu haNotzri dans le talmud). Parmi ses disciples dont l’origine est discernable, quatre ne sont pas comptés comme Juifs mais comme « Galiléens » (Philippe, André et Pierre sont de Bethsaïde (Béthanie), à l’est de la Galilée – Jean 1, 44 – et Nathanaël de Cana, en Galilée aussi – Jean 21, 2). Les apôtres Jean et Jacques de Zébédée, Simon-Pierre et son frère André, sont recrutés par Jésus au bord du lac, vers Génézareth, où ils possédaient une de leurs résidence et où les Zébédée exploitaient une entreprise de pêche et de bateliers. Selon Flavius Josèphe, les Galiléens étaient des gens laborieux, ennemis de l’oisiveté et tellement guerriers qu’ils tenaient tête à toutes les nations voisines qui les harcelaient. Depuis la mort d’Hérode (-4), la Galilée connaît un grand nombre de révoltes, parfois dirigées par des hommes à prétention messianiques. Lors de la grande révolte, à part le siège de Jérusalem par les troupes de Titus en 70, c’est en Galilée qu’ont lieu les plus importants combats, parfois couronnés de succès tactiques (séquence de la bataille de Tarrychée, bataille navale sur le lac, bataille de Gamala où les romains perdent plusieurs milliers de légionnaires, leur troupe d’élite).

Sous l’Empereur Tibère (successeur de César Auguste), la province romaine de Judée est gouvernée et administrées par une suite de Préfet dont le plus célèbre est Ponce Pilate (26 – fin 36). La tétrarchie de Galilée est toujours administrée par Hérode Antipas (fils d’Hérode le Grand et de Malthaké), celle de Bathanée est administrée par le tétrarque Philippe (fils d’Hérode le Grand et de Cléopâtre de Jérusalem) jusqu’à sa mort en 34 et dont le problème de succession aboutira au célèbre meurtre de Jean le Baptiste par Hérode Antipas à la demande d’Hérodiade. Plus au nord, l’Abilène est placée sous la juridiction de Lysanias II.

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À la suite de la destruction du Temple de Jérusalem en l’an 70, la Galilée devint le centre spirituel du judaïsme. Elle abrita le Sanhédrin. Dans ses collines furent rédigés la Mishnaet et le Talmud de Jérusalem. De nombreux rabbins y vécurent et y sont enterrés, tels Rabbi-Ishmaël.

Après la prise de contrôle de la région par le califat arabe en 638, celle-ci fit partie du jund de Urdunn (Jourdain). Les Fatimides chiites prirent le contrôle de la région dans les années 900 ; une secte vénérant le calife Fatimide al-Hakim-bi-Amr-Allah forma la religion druze au centre-nord de la Galilée.

Durant les Croisades la Galilée fut organisée en une principauté de Galilée, une des plus importantes seigneuries des Croisades.

Au cours du XVIè siècle, la Galilée a connu une importante migration juive constituée essentiellement de Séfarades expulsés de la péninsule ibérique. Sous leur impulsion, la ville de Safed est devenu le centre mondial du mysticisme juif et de la diffusion de la Kabbale.

Au début du XXè siècle, la Galilée fut colonisée par les Arabes, les Druzes et des minorités telles que les Circassiens et les Juifs. La population juive fut grandement augmentée par l’immigation des juifs de la diaspora.

Après la création de l’État d’Israël et l’expulsion des Palestiniens en , 1948, la Galilée fut envahie par les forces syriennes mais fut finalement récupérée par Israël. Une grande partie de la population arabe prit la fuite, laissant des villages entiers vides ; toutefois, davantage de Palestiniens restèrent que dans la plupart des autres zones, particulièrement à cause d’un rapprochement avec les Druzes.

Dans les années 1950 à 1960, les kibboutz, autour de la mer de Galilée   subirent régulièrement les bombardements de l’artillerie de l’Armé syrienne depuis le plateau du Golan qui domine la région. Ces frappes syriennes cessèrent quand Israël envahit le plateau au cours de la guerre des Six Jours en 1967 puis l’annexa le 14 décembre 1981. Cette annexion est condamnée par le Conseil de sécurité des Nation unies   et n’est pas reconnue internationalement.

À la suite de son expulsion de Jordanie, l’Organisation de libération de la Palestine a lancé, depuis le Liban, des attaques sur des villages de la Haute Galilée dans les années 1970 et 1980. Ces attaques ont poussé Israël à envahir le Liban en mars 1978 puis en 1992 conduisant à la guerre..L’armée Occupante ne quitte le sud du Liban qu’en 2000.

Galilée moderne

Près d’un million d’Israéliens, dont approximativement la moitié sont Arabes, musulmans ou chrétiens, peuplent la Galilée. Il y a également une importante population Druze ainsi que des communautés de Bédouins, de Maronites et de Circassien. Les villes les plus peuplées sont Nazareth, Tibériade, Nahariya et Karmiel. L’économie est basée sur l’agriculture, l’industrie centralisée dans quelques parcs et le tourisme.

Safed est une plus petite ville mais qui tient une grande place dans le judaïsme. C’est l’une des quatre villes saintes juives, avec Jérusalem, Hébron et Tibériade. De célèbres rabbins, dont Moïse Cordovero, Isaac Louria, Yossef Karo et Salomon Alkabetz y ont vécu ou y sont enterrés. Il s’y déroule également un festival annuel de musique klezmer mondialement connu.

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BIBLE, HERODE ANTIPAS (20 av. J.-C. - 39 ap. J.C.), HERODE LE GRAND (73 av. J.-C. -4 av. J.-C.), ISRAËL, JESUS-CHRIST, REGNE DE HERODE LE GRAND ET HERODE ANTIPAS AU TEMPS DE JESUS, TERRE SAINTE

Règne de Hérode le Grand et Hérode Antipas au temps de Jésus

Hérode le Grand et Hérode Antipas

 

Hérode le Grand

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Qui était Hérode ? Un grand roi ou un massacreur d’enfants ?

Qui était Hérode ? Un grand roi ou un massacreur d’enfants ? Le roi des juifs ou le collaborateur des romains ? Le portrait tracé par Matthieu correspond-il à la réalité ?

GenealogieHerodeleGrand

Jésus naît à la fin du règne d’Hérode. Celui-ci est monté sur le trône en l’an 37 avant notre ère et il est mort en – 4. En 33 ans de règne, il a marqué l’histoire d’Israël. Mais il a laissé un souvenir mitigé : on le qualifie de « Grand »… mais on lui attribue également de nombreux crimes.

Une personnalité puissante

Hérode semble être né pour régner et dominer. D’après l’historien juif Flavius Josèphe (premier siècle de notre ère), Hérode, physiquement, était un homme à la stature puissante, habile cavalier et excellent chasseur. On dit que jamais sa lance ne manquait son but.

Flavius Josèphe le décrit aussi comme un homme passionné, au caractère dur, intraitable. Par nature, la tendresse et les sentiments lui étaient inconnus. Il ne vivait que pour ses intérêts, n’hésitant pas à les défendre au prix du sang. Hérode craignait tellement de possibles rivaux qu’il fit assassiner certains de ses fils, à tel point qu’un jeu de mots ironique circulait sur Hérode : mieux valait être le “cochon” (hus en grec) d’Hérode que son “fils” (huios en grec).

Doté d’une vive intelligence, il avait compris qu’il ne pourrait se maintenir au pouvoir sans l’aide des Romains. Par conséquent, le principe dominant de sa politique a été de maintenir envers et contre tout, et surtout contre son peuple ! -une amitié indéfectible avec Rome où se rendait souvent pour rendre visite à l’empereur Agrippa… lequel vint aussi le voir à Jérusalem.

Hérode n’était pas un pantin. Il était arrivé au pouvoir grâce à son intelligence et à sa force. Il s’y est maintenu en usant tout à la fois de subtilité pour gagner la faveur des autorités religieuses juives, et de terreur en éliminant froidement les obstacles qui se présentaient.

Un historien juif, résume bien l’essentiel : « Telle fut l’histoire d’Hérode le Grand : des effusions de sang, des spoliations, des impôts écrasants, la débauche, le mépris des lois. La ruine des meilleurs éléments de civilisation, la plus accablante oppression politique, la perte des libertés, la méfiance régnant partout, l’espionnage, la flatterie et l’intrigue, et l’accroissement général de la misère, voilà ce qu’a été le règne d’Hérode. »

L’arrivée au pouvoir

La conquête du pouvoir a été pour Hérode un long chemin. Entraîné à la guerre dès sa jeunesse, il a remporté de petites victoires sur des groupes de brigands en Galilée. Cela a suffi à lui créer une réputation de guerrier redoutable. Remarqué par Rome, qui préférait exercer son pouvoir par personnage intermédiaire, il a été fait roi de Judée par le Sénat en 40 avant Jésus-Christ. Mais à Jérusalem il y avait une dynastie en place, celle des Hasmonéens. Il fallait donc qu’Hérode s’empare du trône et de la capitale. Il le fit en – 37 en éliminant le roi-prêtre Antigone. Impressionné par son efficacité et son absence de scrupules, Rome lui confie également trois autres régions : la Trachonitide, la Batanée et l’Auranitide.

Le rôle déterminant de Rome dans sa prise de pouvoir, ajouté au fait qu’Hérode était Iduméen (donc pas tout-à-fait Juif) a entraîné une forte hostilité du peuple et des chefs juifs. Les douze premières années de son règne (37 à 25) ont été une période de consolidation de son pouvoir. Sa politique de répression impitoyable a éliminé progressivement toute opposition. On rapporte ainsi qu’il a fait exécuter 45 partisans du roi et grand prêtre Antigone, dernier roi hasmonéen à régner. Au passage, il s’empare de tous leurs biens, s’assurant ainsi de revenus confortables qui lui permettent d’entreprendre de grands travaux. 

Les grands-prêtres et les scribes

Une fois écartée la dynastie hasmonéenne d’où était issus les grands-prêtres, Hérode confère ce pouvoir religieux à d’autres familles sacerdotales, moins virulentes du point de vue politique. Ces nouveaux grands-prêtres seront redevables à Hérode et deviendront ses alliés. Ils essayeront d’apaiser les critiques de Juifs qui reprochaient au roi son origine étrangère et son attitude envers la dynastie légitime. De plus, l’attirance d’Hérode pour la culture grecque n’arrangeait pas sa popularité. Dans ce contexte, les grands prêtres et les scribes l’aideront. Il n’est donc pas étonnant que, dans l’épisode de Mages, on les retrouve autours de lui.

Un grand bâtisseur

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La seconde période de son règne, de 25 à 13 avant J.-C., est marquée par une incroyable frénésie de constructions. L’empereur César Auguste ayant instauré la pax romana, dans tout l’Empire, la mode est à la construction de bâtiments en son honneur : temples, théâtres, amphithéâtres, stades…

Par goût personnel autant que pour que pour des raisons strictement politiques, Hérode se lance, lui aussi, dans de vastes projets. Il construit d’abord de nombreux temples en l’honneur de l’Empereur et, en 22, fait construire une nouvelle cité sur la côte, à laquelle il donne le nom de Césarée. Au centre de la ville, il érige évidemment un Temple dédié à César. Mais en même temps, pour se concilier la faveur du peuple juif, il restaure complètement le Temple de Jérusalem, bâti quatre cents ans plus tôt, après le retour d’exil. Voilà bien la personnalité d’Hérode, grand constructeur et habile homme politique.

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En tout cela Hérode vise toujours à préserver son prestige mais aussi sa sécurité. À Jérusalem il se construit un palais royal recouvert de marbre et d’or. Mais également une forteresse qui domine le Temple et à qui il donne le nom d’Antonia, en l’honneur de son premier soutien romain, Antoine. Une autre forteresse surgit dans le désert, près de Bethléem : l’Hérodion. Il refortifie d’anciennes places comme Massada, qui domine la Mer Morte, et Macheronte, de l’autre côté du Jourdain. Il fonde les villes de Sébaste, sur l’emplacement de l’ancienne Samarie, et Antipatris, à la mémoire de son père.

Cette frénésie de constructions révèle un trait caractéristique de la personnalité d’Hérode : il entend tout à la fois assurer la pérennité de son nom et consolider ses moyens de défense intérieure et extérieure. Hérode est un battant. Sous son règne, Israël a retrouvé les frontières telles qu’elles étaient à la grande époque de David et Salomon. D’un strict point de vue politique, le bilan d’un tel règne est loin d’être négatif.

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Une fin de règne troublée 

Malgré tous les efforts d’Hérode pour éliminer les prétentions de ses rivaux, les neuf dernières années de son règne seront marquées par des luttes de pouvoir internes. Hérode s’était marié plusieurs fois, avec des femmes d’origines différentes (juives hasmonéennes, iduméennes), et les enfants issus de ces mariages lui causant bien des soucis, il n’hésitera pas à les massacrer purement et simplement. Il fera ainsi périr trois de ses beaux-frères, trois de ses fils, dont un quelques jours seulement avant sa mort, et son épouse bien-aimée, l’Hasmonéenne Myriammé, qu’il chérissait entre toutes. Mais il ne se consolera pas de sa disparition !

 Comment faut-il appeler cet homme ? Hérode le Grand ou Hérode le Tyran ? Le deux qualificatifs ne s’opposent pas nécessairement. Il a fait de grande chose pour son peuple et a fait régner la paix. Mais à quel prix ! La communauté chrétienne en tous cas a gardé de lui le souvenir d’un homme cruel. Elle lui a opposé l’image d’un enfant venu apporter la véritable paix.

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© SBEV. Maurice Autané.

 

Hérode Antipas

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Fils d’Hérode le Grand mort en 4 av. J.-C., Hérode Antipas, nommé tétrarque de la Galilée et de la Pérée, gouverne de 4 av. J.-C. jusqu’en 39 apr. J.-C. Jean Baptiste et Jésus relèvent donc, en Galilée, de sa juridiction.

Tibériade 
Comme son père, Hérode Antipas se montre un bâtisseur. Il restaure Sepphoris, détruite par des insurgés à la mort d’Hérode le Grand. Il fonde Tibériade (entre 18 et 20) sur les rives du Lac, en l’honneur de l’empereur Tibère. La ville devient sa capitale. Selon Flavius Josèphe, le tétrarque dut pousser des gens de tout acabit à occuper le site, moyennant des franchises avantageuses : « Il savait en effet que cette fondation était contraire à la Loi et aux règles ancestrales des Juifs, puisque la construction de Tibériade se faisait sur des sépultures détruites, de surcroît nombreuses en cet endroit ; or, notre Loi déclare souillés pour sept jours (Nb 19,16) ceux qui s’installent en un tel lieu » (AJ XVIII, 38. Texte en Suppl. au C.E. 36, 1981, p. 66).
Jésus, Juif pratiquant, évoluera dans la Galilée rurale, dans un triangle de sept kilomètres de base et de trois kilomètres de hauteur, espace qui a Capharnaüm pour centre. Mais il ne fréquente pas ces villes nouvelles que le tétrarque organisait en cités (poleis) hellénistiques.
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Hérodiade 
Antipas avait épousé une princesse nabatéenne, fille du roi Arétas IV. Mais, en un imbroglio aux franges du vaudeville, il divorça pour épouser Hérodiade. Cette dernière était la fille d’Aristobule IV, frère d’Antipas. Elle était donc sa nièce ; mais, ayant épousé un autre Hérode, Philippe, elle était en même temps sa belle-sœur ! Pour les évangiles, ce sont les reproches du Baptiste contre cette liaison contraire à la Loi qui causent sa perte (Mc 6,17-20). Pour Josèphe, Antipas supprime le Baptiste parce que son message agite la population. Il a sans doute raison et les évangiles n’auront fait que sélectionner le motif moral du conflit. Et le peuple voit dans la défaite des armées d’Antipas contre Arétas IV, père de l’épouse répudiée, un châtiment divin sanctionnant le meurtre du Baptiste. La notice est d’autant plus importante que Jésus sortait sans doute des rangs de Jean et exerça d’abord une activité de baptiste (lire Jn 3,22-23).
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Exil 
Ami de Tibère (14-37), Antipas s’entremet pour négocier entre les Romains et les Parthes (vers 35). Mais son succès froisse l’orgueil de Vitellius, légat de Syrie, et ce faux pas signe sa perte. Antipas fut « un renard » (Lc 13,32), mais pas suffisamment. De toute façon, Caligula (37-41), successeur de Tibère, préfère Agrippa (Ier), fils d’Aristobule et frère d’Hérodiade, à son oncle Antipas et lui donne le titre de roi de Judée-Samarie. Jalouse et plus ambitieuse que son époux, Hérodiade pousse son mari à demander ce titre. Agrippa parvient alors à faire accuser son oncle d’entente avec les Parthes contre Rome. Antipas est exilé en Gaule à Lugdunum des Convènes (Saint-Bertrand-de-Comminges), et ses territoires sont cédés à Agrippa Ier.

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© Claude Tassin, SBEV / Éd. du Cerf, Cahier Évangile n° 144 (juin 2008), « Des fils d’Hérode à la 2e Guerre juive », p. 6-8.

AVENT, ISRAËL, JESUS CHRIST, MEDITATIONS, NOEL

Un temps de l’Avent pour quelle espérance ?

Le temps de l’Avent ? Pour quelle espérance ?

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Si nous pensions vivre ce temps de l’Avent dans un climat paisible, calme comme une mer d’huile nous avons tout faux ! Les évènements de ces jours derniers nous donnent tort. L’actualité suivie au jour le jour nous ferait presque dire qu’il n’y a rien à attendre, rien à espérer de bon pour l’avenir.

Si l’on croyait entendre l’expression « esprit de Noël » il faut bien tendre l’oreille pour l’entendre, bien ouvrir les yeux pour le voir ! Ici ou là ce sont que des cris de désespoir face à l’avenir, bien souvent de haine les uns contre les autres. Aux revendications légitimes des Gilets Jaunes se mêlent une violence que rien ne semble vouloir arrêter. Manifestants contre forces de l’ordre, slogans répétés un peu partout, vandalisme que parfois rien de justifie…  Un temps de l’Avent bien loin de ce que l’on attendait !

Un temps de l’Avent que même les illuminations des magasins ne font plus rêver ! Un temps de l’Avent où l’on n’a plus envie de se réjouir ! Se réjouir peut-être le temps d’acheter quelque chose, mais pour oublier peut-être ! Acheter l’éphémère pour oublier ! Se précipiter vers les loisirs qu’offrent les manèges, non pour être dans la joie, mais simplement pour oublier demain ! Des illuminations qui n’émerveillent plus personnes, sauf peut-être encore les enfants

Peut-être faut-il se reporter quelque deux mille ans en arrière pour vivre avec Joseph et Marie ce temps de l’Avent. Et si ce temps de l’Avent qui bousculent nos habitudes, qui bousculent nos certitudes était celui qu’ont vécu Joseph et Marie en Israël ? Le temps de l’attente de Joseph et Marie n’étaient-ils pas un temps d’inquiétude : le pays occupé par les Romains, un pays en guerre où la violence était visible (zélotes contre l’occupant ennemi, soldats parcourant le pays). Le temps de l’attente pour Joseph et Marie fut un temps de bouleversement, un temps de déplacement : il a fallut qu’ils quittent Nazareth pour se rendre à Bethléem pour se conformer aux ordres de l’Empereur Auguste ; de Nazareth à Bethléem ils ont dû se poser bien des questions : où se loger ? qui nous accueillera là-bas ?  comment faire quand l’Enfant naîtra ?

Un temps de l’Avent pour cheminer avec Joseph et Marie ! Un temps de l’Avent pour comprendre qu’il n’y avait pas de villes illuminées, ni de magasins bien achalander pour distraire le client ! Un temps de l’Avent pour nous déplacer sur des routes incertaines ! Un temps de l’Avent pour marcher dans la nuit ! Un temps de l’Avent pour renaître à l’Espérance.

Si pour une fois nous prenions le temps d’attendre et de désirer en cheminant aux côtés de Joseph et de Marie ! Si pour une fois nous prenions le temps du  silence pour écouter et entendre ce que fut leur Avent à eux !

 

©Claude-Marie T.

ANCIEN TESTAMENT, BIBLE, ISRAËL, PÂQUE JUIVE, PESSA'H

La fête de Pessa’h

Qu’est-ce que la fête de Pessa’h?

 

Exode : Chapitre 12

 1      Yahweh dit à Moïse et à Aaron dans le pays d’Egypte:

2      « Que ce mois-ci soit pour vous le commencement des mois; il sera pour vous le premier des mois de l’année.

3      Parlez à toute l’assemblée d’Israël, et dites: Le dixième jour de ce mois, que chacun prenne un agneau par famille, un agneau par maison.

4      Si la maison est trop peu nombreuse pour un agneau, on le prendra en commun avec le voisin le plus proche, selon le nombre des personnes; vous compterez pour cet agneau d’après ce que chacun peut manger.

5      Ce sera un agneau sans défaut, mâle, âgé d’un an; vous prendrez, soit un agneau, soit un chevreau.

6      Vous le garderez jusqu’au quatorzième jour de ce mois, et toute l’assemblée d’Israël l’immolera entre les deux soirs.

7      On prendra de son sang, et on en mettra sur les deux montants et sur le linteau de la porte, dans les maisons où on le mangera.

8      On en mangera la chair cette nuit-là; on la mangera rôtie au feu, avec des pains sans levain et des herbes amères.

10     Vous n’en mangerez rien cru ou bouilli dans l’eau, mais tout sera rôti au feu, tête, jambes et entrailles. Vous n’en laisserez rien jusqu’au matin, et, s’il en reste quelque chose, vous le brûlerez au feu.

11     Vous le mangerez ainsi: les reins ceints, les sandales aux pieds, et le bâton à la main, et vous le mangerez à la hâte. C’est la Pâque de Yahweh.

12     Je passerai cette nuit-là, par le pays d’Egypte, et je frapperai de mort tous les premiers-nés du pays d’Egypte, depuis les hommes jusqu’aux animaux, et j’exécuterai des jugements sur tous les dieux de l’Egypte, je suis Yahweh.

13     Le sang sera un signe en votre faveur sur les maisons où vous êtes: je verrai le sang et je passerai par-dessus vous, et il n’y aura point pour vous de plaie meurtrière quand je frapperai le pays d’Egypte.

14     Vous conserverez le souvenir de ce jour, et vous le célébrerez par une fête en l’honneur de Yahweh; vous le célébrerez de génération en génération comme une institution perpétuelle.

15     Pendant sept jours, vous mangerez des pains sans levain; dès le premier jour il n’y aura plus de levain dans vos maisons; car quiconque mangera du pain levé, du premier jour au septième, sera retranché d’Israël.

16     Le premier jour, vous aurez une sainte assemblée, et le septième jour, vous aurez une sainte assemblée. On ne fera aucun travail pendant ces jours-là; vous pourrez seulement préparer la nourriture de chacun.

17     Vous observerez des azymes, car c’est en ce jour même que j’ai fait sortir vos armées du pays d’Egypte. Vous observerez ce jour de génération en génération comme une institution perpétuelle.

18     Le premier mois, le quatorzième jour du mois, au soir, vous mangerez des pains sans levain jusqu’au soir du vingt et unième jour.

19     Sept jours durant, il ne doit pas se trouver de levain dans vos maisons, car quiconque mangera du pain levé sera retranché de l’assemblée d’Israël, que ce soit un étranger ou un indigène.

20     Vous ne mangerez point de pain levé; dans toutes vos demeures vous mangerez des pains sans levain. »

21     Moïse convoqua tous les anciens d’Israël, et leur dit: Choisissez et prenez un agneau pour vos familles, et immolez la Pâque.

22     Puis, prenant un bouquet d’hysope, vous le tremperez dans le sang qui sera dans le bassin, et vous toucherez avec le sang qui sera dans le bassin le linteau et les deux montants de la porte. Nul d’entre vous ne sortira de l’entrée de sa maison jusqu’au matin.

23     Yahweh passera pour frapper l’Egypte et, en voyant le sang sur le linteau et sur les deux montants, Yahweh passera vos portes, et il ne permettra pas au Destructeur d’entrer dans vos maisons pour frapper.

24     Vous observerez cet ordre comme une institution pour vous et pour vos enfants à perpétuité.

25     Lorsque vous serez entrés dans le pays que Yahweh vous donnera, selon sa promesse, vous observerez ce rite sacré.

26     Et quand vos enfants vous diront: Quelle signification a pour vous ce rite sacré?

27     vous répondrez: C’est un sacrifice de Pâque en l’honneur de Yahweh, qui a passé par-dessus les maisons des enfants d’Israël en Egypte, lorsqu’Il frappa l’Egypte et sauva nos maisons. » Le peuple s’inclina et se prosterna.

28     Et les enfants d’Israël s’en allèrent et firent ce que Yahweh avait ordonné à Moïse et à Aaron; ainsi firent-ils.

29     Au milieu de la nuit, Yahweh frappa tous les premiers-nés dans le pays d’Egypte, depuis le premier-né de Pharaon assis sur son trône, jusqu’au premier-né du captif dans sa prison, et à tous les premiers-nés des animaux.

30     Pharaon se leva pendant la nuit, lui et tous ses serviteurs, et tous les Egyptiens, et il y eut une grande clameur en Egypte, car il n’y avait point de maison où il n’y eût un mort.

31     Dans la nuit même, Pharaon appela Moïse et Aaron, et leur dit: « Levez-vous, sortez du milieu de mon peuple, vous et les enfants d’Israël, et allez servir Yahweh, comme vous l’avez dit.

32     Prenez vos brebis et vos boeufs, comme vous l’avez dit;

33     allez, et bénissez-moi. » Les Egyptiens pressaient vivement le peuple, ayant hâte de le renvoyer du pays, car ils disaient: « Nous sommes tous morts! »

34     Le peuple emporta sa pâte avant qu’elle fût levée; Ayant serré dans leurs manteaux les corbeilles, ils les mirent sur leurs épaules.

35     Les enfants d’Israël firent selon la parole de Moïse; ils demandèrent aux Egyptiens des objets d’argent, des objets d’or et des vêtements.

36     Et Yahweh avait fait trouver au peuple faveur aux yeux des Egyptiens, qu’ils accueillirent leur demande. Et ils dépouillèrent les Egyptiens.

37     Les enfants d’Israël partirent de Ramsès pour Socoth, au nombre d’environ six cent mille piétons, sans les enfants.

38     En outre, une grande multitude de gens de toute sorte monta avec eux; ils avaient aussi des troupeaux considérables de brebis et de boeufs.

39     Ils cuisirent en galettes non levées la pâte qu’ils avaient emportée d’Egypte; car elle n’était pas levée, parce qu’ils avaient été chassés d’Egypte sans pouvoir tarder, ni prendre de provisions avec eux.

40     Le séjour des enfants d’Israël en Egypte fut de quatre cents trente ans.

41     Et au bout de quatre cent trente ans, ce jour-là même, toutes les armées de Yahweh sortirent du pays d’Egypte.

42     Ce fut une nuit de veille pour Yahweh quand Il fit sortir Israël du pays d’Egypte; cette même nuit sera une veille en l’honneur de Yahweh, pour tous les enfants d’Israël selon leurs générations.

43     Yahweh dit à Moïse et à Aaron: « Voici une ordonnance au sujet de la Pâque: Aucun étranger n’en mangera.

44     Tu circonciras tout esclave acquis à prix d’argent, et il en mangera;

45     mais le domicilié et le mercenaire n’en mangeront point.

46     On ne la mangera que dans la maison; vous n’emporterez point de chair hors de la maison, et vous ne briserez aucun os.

47     Toute l’assemblée d’Israël fera la Pâque.

48     Si un étranger séjournant chez toi veut faire la Pâque de Yahweh, tout mâle de sa maison devra être circoncis, et alors il s’approchera pour la faire, et il sera comme l’indigène du pays mais aucun incirconcis n’en mangera.

49     Une même loi sera pour l’indigène et pour l’étranger séjournant au milieu de vous.

50     Tous les enfants d’Israël firent ce que Yahweh avait ordonné à Moïse et à Aaron; ainsi firent-ils.

51     Et ce même jour, Yahweh fit sortir du pays d’Egypte les enfants d’Israël selon leurs armées.

  

L’histoire et les lois de la fête en bref

 La fête de Pessa’h dure huit jours. Elle est célébrée en début de printemps, du 15 au 22 du mois juif de Nissan. Elle commémore la libération des Hébreux de l’esclavage en Égypte ancienne. En accomplissant les rites de Pessa’h, nous pouvons revivre et ressentir la réelle liberté obtenue par nos ancêtres.

 Pessa’h : commémoration de la sortie d’Egypte

Après de nombreuses décennies d’esclavage sous les Pharaons d’Égypte, pendant lesquelles les Israélites furent contraints à un travail écrasant et soumis à des atrocités, Dieu vit la détresse du peuple et envoya Moise chez Pharaon avec ce message : « Laisse partir Mon peuple, pour qu’il Me serve. » Lorsque, malgré plusieurs avertissements, Pharaon refusa d’obéir à l’ordre divin, Dieu envoya sur l’Égypte dix plaies dévastatrices qui y semèrent la désolation, détruisant bétail et récoltes.

Au milieu de la nuit du 15 Nissan de l’année 2448 depuis la création (1313 avant l’ère commune), Dieu infligea aux Égyptiens la dernière des dix plaies qui tua tous leurs premiers-nés. Ce faisant, Dieu épargnait les Enfants d’Israël, « sautant par-dessus » leurs maisons – d’où le nom de la fête : Pessa’h signifie « le saut » en hébreu.

La résistance de Pharaon fut brisée, et il chassa littéralement ses anciens esclaves du pays. Les Israélites s’en allèrent dans une telle hâte, que le pain qui devait leur servir de provision pour la route n’eut pas le temps de lever. 600 000 hommes adultes, et beaucoup plus de femmes et d’enfants, quittèrent l’Égypte ce jour-là, entamant leur voyage vers le mont Sinaï et leur naissance en tant que peuple élu de Dieu.

 

La célébration de Pessa’h

Pessa’h est divisé en deux parties :

  1. a) Les deux premiers jours et les deux derniers jours (qui commémorent l’ouverture de la Mer Rouge) sont des jours de fête entière. On allume les bougies de la fête le soir, et on fait le Kidouch suivi d’un repas de fête les deux soirs et les deux jours. On ne se rend pas au travail et on s’abstient de conduire, d’écrire ou d’allumer et éteindre les appareils électriques. Il est cependant permis de cuisiner et de porter à l’extérieur
  2. b) Les quatre jours du milieu sont appelés ‘Hol Hamoed, les demi-fêtes, « jours intermédiaires ». La plupart des travaux y sont permis.

 

LA CHASSE AUX ‘HAMETS

Pour rappeler le pain non levé que les Israélites consommèrent en quittant l’Égypte, nous nous abstenons de manger ou même d’avoir en notre possession toute forme de « ‘hamets » depuis la mi-journée de la veille de Pessa’h jusqu’à la fin de la fête.

Le ‘hamets est un grain qui a levé. Il s’agit donc de toute nourriture ou boisson contenant ne serait-ce qu’une trace de blé, d’orge, de seigle, d’avoine, d’épeautre ou de leurs dérivés qui n’ont pas été surveillés de manière à en empêcher la fermentation. Le pain, les gâteaux, les biscuits, les céréales, les pâtes et la plupart des boissons alcoolisées en font partie. De plus, la plupart des produits alimentaires manufacturés sont présumés ‘hamets sauf vérification et certification du contraire.

Débarrasser nos maisons du ‘hamets est un travail méticuleux. Il implique un nettoyage de printemps complet pendant les semaines qui précèdent Pessa’h et culmine par la cérémonie de la recherche du ‘hamets la nuit avant Pessa’h. Le lendemain dans la matinée, on brûlera le ‘hamets trouvé pour le faire disparaître totalement. Le ‘hamets dont il est impossible de se débarrasser peut être vendu à un non-juif pour la durée de la fête.

 MATSA

Au lieu du ‘hamets, les juifs mangent ces jours-là  de la Matsa : un pain plat qui n’a pas levé. C’est une mitsva de consommer de la Matsa les deux soirs du Seder. Les jours suivants, la consommation de Matsa est facultative.

 

LES SEDERS

L’événement central de Pessa’h est le Seder, célébré les deux premiers soirs de la fête. Le Seder est un repas de fête familial, jalonné de traditions et de rituels, qui se décline en quinze étapes.

Les points principaux du Seder sont :

Manger de la Matsa.

Manger des herbes amères – pour commémorer l’amertume de l’esclavage subi par les Israélites.

Boire quatre coupes de vin ou de jus de raisin – une boisson royale pour célébrer notre liberté retrouvée.

La lecture de la Haggadah, un texte qui relate l’histoire de la sortie d’Égypte dans les détails. Cette lecture est l’accomplissement du commandement biblique de raconter aux enfants l’histoire de la sortie d’Égypte la nuit de Pessa’h.

 

 

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ISRAËL, TERRE SAINTE

HISTOIRE D’ISRAËL

HISTOIRE D’ISRAËL
Géographie et histoire des débuts
La terre appelée Israël ou Palestine est un petit (10.000 milles carrés actuellement) territoire à l’extrémité orientale de la mer Méditerranée. Au cours de sa longue histoire, son étendue, sa population et ses occupants ont beaucoup changé. L’Etat actuel Israël occupe formellement tout le pays, du fleuve Jourdain à la Méditerranée, borné par l’Egypte dans le Sud, le Liban au Nord, et la Jordanie à l’Est. Les frontières reconnues Israël couvrent environ 78% de cette superficie. Le reste est divisé entre la zone occupée par Israël depuis la guerre des six jours en 1967 et des régions autonomes gérées par l’autorité palestinienne. La Bande de Gaza occupe de plus 365 km² au Sud d’Israël. Elle est sous le contrôle de l’Autorité palestinienne.
La Palestine a été habitée sans interruption depuis des dizaines de milliers d’années. On y a découvert des fossiles de l’homo Erectus, de l’homme de Neandertal et différents types entre ce dernier et l’homme moderne. A Jéricho, les archéologues ont trouvé du blé hybride EMER datant d’avant 8.000 B.C. Ce qui fait de Jéricho un des lieux d’activité agricole les plus anciens du monde. Les Amorrites, les Cananéens, et d’autres peuples sémites proches des Phéniciens de Tyr sont arrivés vers 2000 B.C. dans la région qui s’appelle alors le Pays de Canaan.

Les Royaumes Juifs
Les découvertes archéologiques indiquent que le peuple juif est issu des peuples indigènes de Canaan et des tribus qui ont envahi la contrée. Quelque part entre 1800 et 1500 av. J.-C., on pense qu’un peuple sémite appelé Hébreu (hapiru) a quitté la Mésopotamie pour s’installer en Canaan. Canaan était alors habité par différentes tribus y compris des peuples sémites, des Hittites et plus tard des Philistins, les peuples de la mer supposés être arrivés de Mycènes ou d’avoir appartenu aux peuples de la Grèce antique qui se sont également installés à Mycènes
Selon la bible, Moïse a emmené les Israélites, ou une partie d’entre eux, hors d’Egypte. Sous Josué, ils ont conquis les tribus et les villes-états de Canaan. Sur base des récits bibliques, on estime que vers 1000 av. J.-C., le Roi David a conquis Jérusalem et fondé un royaume israélite sur une grande partie de Canaan y compris des parties de la Transjordanie. Le royaume se divisa à la mort de Salomon, fils de David: la Judée au Sud et Israël au Nord. Jérusalem est resté le centre de la souveraineté et du culte juif chaque fois que les Juifs ont dominé le pays par la suite, jusqu’à la révolte juive de -133
Les Assyriens conquirent Israël vers -722 ou -721 . Les Babyloniens prirent Juda autour de -586 le temple de Salomon à Jérusalem fut détruit et un grand nombre de Juifs exilés. 50 ans plus tard, Cyrus, Roi de Perse, conquit Babylone. Cyrus a autorisé un groupe de Juifs de Babylone à reconstruire Jérusalem et à s’y installer. Cependant, un grand nombre de Juifs restèrent à Babylone où ils devinrent la première Diaspora juive. Après le rétablissement d’un état ou protectorat juif, les exilés babyloniens ont maintenu le contact avec les autorités de Jérusalem. Les Perses ont régné sur le pays d’environ- 530 à -331. Alexandre le grand conquit ensuite l’Empire perse. Après la mort d’Alexandre en -323, ses généraux ont divisé l’empire. L’un d’eux, Séleucos, fonda une dynastie qui a conquis une grande partie de la Palestine vers 200 B.C. Au début, les rois séleucides permirent la pratique du judaïsme. Plus tard, Antiochos IV a essayé de l’interdire. En -167 , les Juifs se sont révolté sous la conduite des Maccabées et soit chassèrent les Séleucides hors de Palestine soit gagnèrent au minimum une large autonomie pour leur nouveau royaume dont Jérusalem était la capitale. Le royaume a reçu la « protection » romaine et Juda Macchabée fût fait un « ami du sénat et du peuple romain » en -164 selon les historiens romains.
Palaestina – De l’Empire romain à l’Empire ottoman
Vers -61, les légions romaines de Pompée ont envahi Juda et mis Jérusalem à sac. Le pays passa sous contrôle romain. Les Romains l’appelèrent Judée. , Conformément à la foi chrétienne, Jésus Christ est né à Bethlehem dans les premières années de la période romaine. Les Romains ont maté les révoltes juives de 70 et 132. En 135, les Romains ont expulsé les Juifs hors de Jérusalem et appelèrent alors le pays Palaestina. Le nom de Palaestina, devenu Palestine en français, vient d’Hérodote, qui a employé le nom de Palaistine Syrie, « la Syrie philistine », pour parler de toute la région méridionale de la Syrie, La plupart des Juifs qui continuaient à pratiquer leur religion fuirent ou furent déportés de Palestine, formant une deuxième Diaspora juive. Cependant, des communautés juives continuèrent à exister en Galilée, au Nord de la Palestine. La Palestine a été gouvernée par l’empire romain jusqu’au quatrième siècle A.D. (300’s) quand elle devient une partie de l’empire byzantin. Le christianisme s’est répandu dans la majeure partie de la Palestine. La population se composa de Juifs convertis au christianisme et au paganisme, de peuples amenés par les Romains, et d’autres qui avaient probablement toujours habité la Palestine.
Au septième siècle (600), les armées arabes musulmanes partant du Nord de l’Arabie conquièrent la majeure partie du Moyen-Orient, y compris la Palestine. Jérusalem est conquise en 638 par le Calife Omar qui place les habitants sous sa protection. Les puissances musulmanes ont régné sur la région jusqu’au début des années 1900. Les chrétiens et les juifs étaient autorisés à garder leurs religions mais graduellement la majeure partie de la population locale a accepté l’Islam et la culture Arabe-Islamique de leurs dirigeants. Jérusalem est devenue sainte aux yeux des musulmans comme l’endroit d’où, selon la tradition, Mahomet est monté au ciel après une chevauchée nocturne miraculeuse sur son cheval Al-Buraq. La mosquée d’Al-Aqsa a été construite à l’emplacement de ce miracle, sur un lieu généralement admis comme celui où s’élevaient les temples juifs.
Les Turcs Seldjoukides ont pris la ville de Jérusalem en 1071. Ils ont régné moins de 30 ans sur la Palestine. En 1098, les Fatimides, basés en Egypte, ont tiré profit des luttes entre les Seldjoukides et les croisés chrétiens venus d’Europe pour s’allier avec ces derniers et capturer Jérusalem, Jaffa et d’autres régions de la Palestine. Cependant, les croisés rompirent l’alliance et envahirent la Palestine un an plus tard, prenant Jaffa et Jérusalem en 1099. Un grand massacre des défenseurs juifs et musulmans suivit et aucun Juif ne fut plus autorisé à habiter Jérusalem. Les croisés gardèrent la ville jusqu’en 1187, quand Saladin attaqua la Palestine et conquit Jérusalem. En vertu du traité avec Saladin, les croisés conservèrent un domaine le long de la côte de la Palestine. Cependant, les croisés rompirent le traité avec Saladin ainsi que les traités ultérieurs lors de plusieurs croisades successives qui essayèrent en vain de reprendre Jérusalem. En 1291, les croisés ont été expulsés avec la prise d’Acre par les musulmans. Suivit alors une période où les croisés lançaient fréquemment des raids de pillage contre la côte de Palestine. Pour réduire au minimum les bénéfices de ces incursions, les gouvernants musulmans ont retiré la population des côtes et pratiqué une politique de la terre brûlée dont le résultat fut le dépeuplement et l’appauvrissement considérable de la côte de la Palestine pour des centaines d’années.
Au milieu du 13ème siècle, les Mameluks, à l’origine des soldats-esclaves des Arabes, basés en Egypte, ont établi un empire qui, à terme, a inclus la Palestine. Les musulmans arabophones composaient la majeure partie de la population de la Palestine. Dans les dernières années 1300, des Juifs d’Espagne et d’autres régions méditerranéennes s’installèrent à Jérusalem et ailleurs dans la région. Les Ottomans battirent les Mameluks en 1517 et la Palestine devint une partie de l’Empire. Le Sultan invita les Juifs fuyant l’Inquisition espagnole à s’installer dans l’empire, y compris dans plusieurs villes de Palestine.
En 1798, Napoléon envahit la région. Cette guerre et la mauvaise administration des gouvernants égyptiens et ottomans qui suivirent, firent diminuer la population de la Palestine. Les Arabes et les Juifs sont partis pour des terres plus sûres et plus prospères. Les révoltes des Palestiniens arabes contre leurs dirigeants égyptiens et ottomans peuvent avoir contribué à la naissance du sentiment national palestinien. La réorganisation de l’Empire turc et son ouverture aux étrangers ont ramené un certain calme. Elles ont également permis le début de la colonisation juive par différents mouvements sionistes et proto-Sionistes. Les populations arabe et juive augmentèrent. Vers 1880, environ 24.000 Juifs habitaient la Palestine dont la population globale s’élevait à environ 400.000 personnes. Le gouvernement ottoman imposa alors de sévères restrictions à l’immigration et à l’achat de terres par les Juifs. Celles-ci furent éludées de diverses manières par les Juifs cherchant à coloniser la Palestine.
La naissance du sionisme – au dix-neuvième siècle, de nouveaux courants sociaux animèrent la société juive. L’émancipation des Juifs d’Europe apportée par la Révolution française sortit les Juifs du Ghetto et les exposa aux idées du monde moderne. Les concepts libéraux venus avec l’émancipation et les idées nationalistes modernes se mélangèrent avec les idées traditionnelles des Juifs au sujet d’Israël et de Sion. Le mariage de l’ »amour de Sion » avec le nationalisme moderne commença d’abord parmi la communauté juive Sépharade (d’Espagne et de l’est de l’Europe), où la tradition de la vie dans la terre des Juifs et du retour à Sion étaient restée un but pratique plutôt qu’une aspiration messianique et où l’hébreu était une langue vivante. Le rabbin Yehuda Alcalay vivait dans ce qui devint ensuite la Yougoslavie. Il a publié les premiers écrits sionistes dans les années 1840. Bien que pratiquement oubliées, ses idées prirent racine parmi quelques Juifs européens. L’émancipation des Juifs provoqua en Europe un nouveau type de mouvement social et politique fortement antijuif. Dès la fin du 19ème siècle l’oppression des Juifs en Europe de l’Est a servi de catalyseur à l’émigration des Juifs en Palestine.
Le mouvement sioniste fut formellement créé en 1897, lors du >le premier congrès sioniste à Bâle, organisé par Théodore Herzl. Le grand-père de Herzl connaissait les écrits d’Alcalay et il est très probable qu’ils l’ont influencé. Les Sionistes souhaitaient établir en Palestine « une patrie juive » sous souveraineté turque ou allemande. A l’origine, la plupart des Sionistes n’était pas concerné par la population arabe. Ils l’ignorait ou pensait qu’elle accepterait volontairement d’émigrer vers d’autres Etats arabes. De toute façon, ils envisageaient le peuplement de la Palestine par des millions de Juifs européens qui formeraient bientôt une majorité décisive dans le pays. Les Sionistes établirent des communautés agricoles à Petah Tikva, Zichron Jacob, Rishon Letzion et ailleurs. Plus tard ils ont établi la nouvelle ville de Tel Aviv au Nord de Jaffa. A la même époque, la population arabe de Palestine se développait rapidement. En 1914, la population totale de la Palestine était d’environ 700.000 dont à peu près 615.000 Arabes et 85.000 à 100.000 Juifs.
Première Guerre Mondiale – pendant la Première Guerre Mondiale (1914-1918), l’empire ottoman s’est rangé du coté de l’Allemagne et de l’Autriche-Hongrie contre les Alliés. Un gouvernement militaire ottoman a gouverné la Palestine. La guerre fut dure pour les populations juives et arabes à cause des épidémies de choléra et de typhus. Cependant, elle fut plus difficile encore pour les Juifs. Le gouverneur militaire turc ordonna l’internement et la déportation temporaires de tous les ressortissants étrangers. Un grand nombre de Juifs étaient des ressortissants russes. Ils avaient pu entrer en Palestine malgré les restrictions à l’immigration en raison des concessions que la Turquie avait accordé aux citoyens russes. Ils avaient également conservé la citoyenneté russe pour éviter d’être mobilisés dans l’armée turque. Par conséquent, un grand nombre de Juifs ont été forcés de fuir la Palestine pendant la guerre. Un petit groupe a fondé le mouvement clandestin NILI qui a fourni des informations aux Anglais, afin de libérer le pays des Turcs. Les Turcs ont capturé des membres de NILI, mais il est admis que les informations qu’ils avaient fournies aidèrent la conquête britannique.
La Grande-Bretagne et la France projetaient de se répartir, après la guerre, les possessions ottomanes du Moyen-Orient. L’accord Sykes-Picot de 1916 prévoyait qu’une partie de la Palestine passe sous gouvernement britannique et qu’une autre partie soit placée sous un gouvernement allié commun. La Syrie et le Liban allaient à la France. Cependant, la Grande-Bretagne avait également offert, en échange du soutien arabe, de soutenir leurs demandes d’indépendance. Elle semble avoir promis les mêmes territoires aux Arabes. En 1916, les Arabes menés par T.E. Lawrence et soutenus par Shérif Husayn se révoltèrent contre les Ottomans. Ils étaient convaincus que la Grande-Bretagne les aiderait à établir l’indépendance arabe dans le Moyen-Orient. Les Arabes ont revendiqué plus tard que la Palestine soit incluse dans le secteur qui leur avait été promis mais les Anglais ont refusé.

Le Mandat britannique
La déclaration Balfour – en novembre 1917, avant que la Grande-Bretagne ait conquis Jérusalem et la région qui allait de nouveau être appelée la Palestine, elle a publié la déclaration Balfour. Il s’agissait d’une lettre adressée à Lord Rothschild, en réponse à une demande de l’organisation sioniste en Grande-Bretagne. La déclaration stipulait le soutien de la Grande-Bretagne à la création d’un foyer national juif en Palestine, sans violer les libertés civiles et religieuses des communautés non-Juives existantes. La déclaration était le résultat du lobbying fait par le petit mouvement sioniste britannique, particulièrement par le Dr Haim Weizmann, qui avait émigré de Russie en Grande-Bretagne, mais elle était motivée par des considérations stratégiques britanniques. Paradoxalement, peut-être, une motivation importante pour la déclaration a pu avoir été la croyance, inspirée par l’antisémitisme, que la juiverie internationale viendrait à l’aide des Anglais s’ils se déclaraient en faveur d’une patrie juive et la crainte que les Allemands étaient sur le point de publier un engagement similaire.
Lors de la conférence pour la paix de Paris en 1919, les représentants des sionistes et des Arabes ont plaidé leur cause et se sont rencontrés. Les sionistes présentèrent une carte de la région revendiquée pour le foyer national juif. Le Dr Weizmann et l’Emir Faysal signèrent un accord pour le soutien arabe à un foyer national juif. Faysal assura également le juge Frankfurter, représentant sioniste américain, de son appui à la cause sioniste. Cependant, Faysal conditionnait son soutien à la satisfaction des aspirations arabes en Syrie. Lorsque la Syrie fur donnée à la France en mandant de la Ligue des nations, Faysal retira son appui et nia même d’avoir signé une convention à ce sujet.
Après la guerre, la Ligue des Nations a transformé en territoires sous mandat une grande partie de l’Empire ottoman. Les Britanniques et les Français voyaient dans les mandats des instruments pour leurs ambitions impériales. Le Président Wilson des USA a insisté pour que les mandats soient conçus pour favoriser l’indépendance à terme. Les Anglais étaient déterminés à garder la France hors de Palestine. Ils décidèrent de demander un mandat qui devrait instaurer le foyer national juif de la déclaration Balfour, un projet qui serait soutenu par les Américains. Les Arabes s’opposaient à l’idée d’un foyer national juif, considérant que le pays maintenant appelé Palestine était leur terre. Les Arabes sentirent qu’ils couraient le danger d’être dépossédés par les sionistes. Ils n’avaient pas envie de vivre sous domination juive. Leur lobby poussa la commission américaine King-Crane , en faveur de l’annexion à la Syrie de la Palestine sous mandat. Plus tard, ils formèrent un mouvement national pour combattre les conditions du mandat. À l’instigation du Président américain Wilson, la commission King-Crane était chargée d’entendre les vues des habitants. Lors des auditions de la commission, Aref Pasha Dajani a exprimé au sujet des Juifs cette opinion, « leur histoire et leur passé montrent qu’il est impossible de vivre avec eux. Dans tous les pays où ils vivent actuellement, ils ne sont pas désirés… parce qu’ils parviennent toujours à sucer le sang de tout le monde… »
Dés lors, les sionistes avaient reconnu l’inévitabilité du conflit avec les Arabes palestiniens. David Ben Gourion, le futur dirigeant du Yishuv (la communauté des juifs en Palestine) et également le futur premier Premier-Ministre d’Israël, a indiqué lors d’une réunion de la direction du »Yishuv » juif en 1919 » tout le monde ne voit pas qu’il n’y a aucune solution à cette question… nous en tant que nation voulons que ce pays soit à nous, les Arabes comme nation, veulent que ce pays soit à eux. »
Les Sionistes et les autres ont présenté leur point de vue à la conférence de paix de Paris. Finalement, le plan britannique a été adopté. La répartition des droits entre la France et l’Angleterre a été beaucoup plus discutée que les préférences des habitants.
En 1920, la Grande-Bretagne a reçu un mandat temporaire » sur » une Palestine, qui s’étendait à l’Ouest et à l’Est du Jourdain. Le secteur du mandat (voir la carte à droite) donné à la Grande-Bretagne lors de la conférence de San Remo était beaucoup plus vaste que la Palestine historique telle qu’envisagée par les Sionistes, qui envisagaient une frontière orientale à l’Ouest d’Amman. Le mandat, basé sur la déclaration Balfour, a été formalisé en 1922. Les Anglais devaient aider les Juifs à établir un foyer national et favoriser la création d’autorités autonomes. Le mandat prévoyait une agence, plus tard appelée « l’agence juive pour la Palestine » qui représenterait les intérêts juifs devant les Anglais et favoriserait l’immigration juive. Cette agence juive n’a été créée qu’en 1929, suite au désir de créer un organisme qui représenterait tant les Juifs sionistes que les non-sionistes. L’agence juive en Palestine devint à bien des égards le gouvernement De-facto du Yishuv juif (la communauté des juifs en Palestine).
Le secteur accordé au mandat était beaucoup plus grand que celui demandé par les Sionistes. Il est possible que, comme l’a suggéré Churchill en 1922, les Anglais n’ont jamais pensé faire un foyer national juif de toute cette région. D’un autre côté, certains croient que la Grande-Bretagne n’avait au début aucun projet particulier pour une Transjordanie. Dans ses mémoires, Sir Alec Kirkbride, le représentant britannique à Amman, a écrit que’ »il n’y avait aucune intention à ce stade [ 1920 ] de transformer le territoire à l’Est du fleuve Jourdain en un état arabe indépendant. »
Cependant, Abdulhah, le fils du Roi Hussein du Hijaz, a marché sur la Transjordanie avec 2.000 soldats. Il a annoncé son intention de continuer sur Damas, de mettre les Français dehors et de rétablir la monarchie Hachémite. Sir Alec Kirkbride disposait de 50 policiers. Il a demandé conseil au Haut Commissaire britannique, Herbert Samuel qui lui a finalement répondu qu’il était peu probable qu’Abdulhah pénétrerait dans les zones de contrôle britanniques. Deux jours plus tard, Abdulhah marchait vers le Nord et, en mars 1921, il occupait le pays entier. Abdullah n’a fait aucune tentative de marcher sur Damas. Il n’a peut-être jamais prévu de le faire.
En 1922, les Anglais ont déclaré que la Palestine serait limitée à la région à l’Ouest du fleuve. Le pays à l’Est du fleuve, appelé la Transjordanie (maintenant la Jordanie), devint un mandat britannique séparé à qui par la suite l’indépendance fur donnée (voir la carte à droite). Certains sionistes se sentirent trahis suite a la perte d’une grande partie de ce qu’ils nommaient « la Palestine historique » en faveur de la Transjordanie. Ils formèrent le mouvement « Révisionniste », dirigé par Benjamin Ze’ev Jabotinsky.
Les Anglais voulaient établir en Palestine les gouvernements autonomes demandés par le mandat. Les Juifs étaient alarmés à la perspective de ces gouvernements dont la majorité serait arabe. Cependant, les Arabes n’acceptaient pas les propositions de créer des gouvernements qui incluraient des Juifs et finalement aucun n’a été créé. Les Arabes voulaient avoir à faire le moins possible avec les Juifs et le mandat. Ils ne participaient pas aux conseils municipaux, ni même à l’agence arabe que les Britanniques ont voulu créer en Palestine. Ormsby-Gore, sous-secrétaire d’état aux colonies, en concluait, ‘ »la Palestine est en grande partie habitée par les personnes peu raisonnables. »
Émeutes arabes et immigration juive – au printemps de 1920, comme à celui de 1921 et lors de l’été 1929, les nationalistes arabes opposés à la déclaration Balfour, au mandat et au foyer national juif, incitèrent les émeutes et les pogroms contre les Juifs de Jérusalem, Hébron, Jaffa et Haïfa. La violence a mené à la formation de l’organisation juive d’autodéfense Hagana en 1920. Les émeutes de 1920 et de 1921 ont reflété l’opposition à la déclaration Balfour et la crainte que les Arabes de Palestine soient dépossédés. Elles étaient probablement des tentatives de montrer aux Anglais qu’une Palestine devenue le foyer national juif, serait ingouvernable. Les instigateurs principaux étaient Haj Amin El-Husseini, qui allait devenir le Grand Mufti de Jérusalem, et Arif – EL Arif, un journaliste palestinien très connu. Les émeutes de 1929 eurent lieu dans le contexte d’un antagonisme nationaliste Juif-Arabe. Elles étaient attisées par les fausses rumeurs que les Juifs avaient l’intention de construire une synagogue au Mur des Lamentations ou d’attaquer d’une manière ou l’autre la gestion musulmane du complexe du Mont du Temple, y compris la mosquée Al-Aqsa. Ces pogroms ont mené à l’évacuation de la communauté juive de Hébron. Environ la moitié des 5.000 résidents du quartier juif de la vieille ville de Jérusalem ont également été forcés de se sauver. Les Anglais ont réagi avec le livre blanc de Passfield, qui essayait d’arrêter l’immigration en Palestine en application des recommandations du rapport Hope-Simpson, selon lequel dans le meilleur cas, moyennant un développement économique intensif, le pays ne pourrait plus accueillir que 20.000 familles immigrées en tout, sinon l’immigration juive déborderait sur la position de la population arabe existante. Des parlementaires britanniques et le mouvement sioniste critiquèrent vivement la nouvelle politique et le Premier Ministre Ramsay McDonald publia une « clarification » déclarant que l’immigration juive ne serait pas arrêtée.
L’immigration juive a gonflé dans les années 30, suite aux persécutions en Europe de l’Est, bien avant le nazisme. Un grand nombre de Juifs ont quitté la Pologne suite aux lois discriminatoires et aux dures conditions économiques. L’arrivée de Hitler au pouvoir en Allemagne a ajouté à ce flot de l’immigration. L’Agence juive conclut un accord, le Hesder, qui permettait aux Juifs de quitter l’Allemagne pour la Palestine en échange des devises dont le Reich avait besoin. Le Hesder a sauvé des dizaines de milliers des vies.
La Révolte arabe et le livre blanc – En 1936 de grandes émeutes, plus tard appelées la Révolte arabe, ont éclaté. La révolte a été menée par la famille de Husseini et par Fawzi El Kaukji, un ancien officier turc. Elle était, semble-t-il financée par l’Allemagne nazie et l’Italie fasciste. Des centaines d’Arabes et Juifs ont été tués dans cette révolte, qui s’est répandue rapidement suite au manque initial de préparation des autorités britanniques. La famille Husseini a tué des Juifs et des membres des familles arabes palestiniennes opposées à leur hégémonie. Le Yishuv a répondu par des mesures défensives et aussi par la terreur aveugle et les bombardements de cibles civiles arabes, commis par l’Irgun (Irgun Tsvai Leumi ou « Etsel, »). Etsel était le bras militaire clandestin du groupe révisionniste » dissident de droite, séparé du mouvement sioniste, dirigé d’abord par Vladimir Jabotière, et plus tard par Menachem Begin. Les commissions Peel et Woodhead de 1937 et de 1938 ont recommandé la division de la Palestine en un petit Etat juif et un grand Etat arabe. Les recommandations des commissions prévoyaient également de séparer les populations par le transfert volontaire d’Arabes et de Juifs. La direction juive a envisagé le plan mais les Arabes, en particulier le roi Séoud d’Arabie Saoudite, ont rejeté la partition et exigé que les Anglais diminuent l’immigration juive. Séoud a prévenu que si les Anglais ne suivaient pas les souhaits arabes en Palestine, les Arabes se retourneraient contre eux et s’allieraient avec leurs ennemis. Il disait que les Arabes ne comprenaient pas « l’attitude étrange de votre gouvernement britannique, et moins encore l’étrange influence hypnotique dont les Juifs, une race maudite par Dieu selon le Livre saint, et vouée à la destruction finale et la malédiction éternelle ensuite, semblaient disposer sur les ministres britanniques et les Anglais en général. »
En réponse aux émeutes, les Anglais ont commencé par limiter l’immigration. Le livre blanc de 1939 a fixé pour 5 ans l’immigration en Palestine à 15.000 Juifs par an. Ensuite, l’immigration serait sujette à l’approbation arabe. En même temps, les Anglais ont pris des mesures énergiques et souvent cruelles pour mater les émeutes. Husseini s’est enfui en Irak et de là en Allemagne nazie, d’où il a, plus tard, fait des discours à la radio en faveur des puissances de l’Axe. Il s’est également occupé de stopper l’immigration juive des pays neutres et a organisé des escadrons de la mort pour la SS en Yougoslavie.
L’Holocauste – Au cours de la Seconde guerre mondiale (1939-1945), beaucoup d’Arabes et de Juifs de Palestine ont rejoint les forces alliées quoique quelques dirigeants arabes et palestiniens étaient favorables à la cause nazie. Les Juifs avaient une motivation particulière pour combattre les Allemands suite à leur persécution des Juifs et les suspicions grandissantes que les nazis étaient en train d’exterminer systématiquement les Juifs d’Europe. Ces suspicions furent plus tard confirmées et l’extermination des Juifs d’Europe est maintenant connue comme l’Holocauste. La menace d’extermination a également fortement augmenté la pression en faveur de l’émigration vers la Palestine mais les portes de la Palestine étaient fermées par le Livre Blanc britannique. En 1941, dans une amnistie générale, les Britanniques libérèrent les chefs de la Haganah clandestine. Ceux-ci s’allièrent aux britanniques pour combattre les Allemands..
Immigration illégale – les Juifs ont réagi au livre blanc en organisant l’immigration illégale en Palestine depuis l’Europe occupée. Ils créèrent une organisation d’immigration illégale » (Hamossad L’aliya parié). L’immigration illégale eut lieu entre 1939 et 1942 jusqu’à ce qu’un blocus britannique serré la rendit impossible et puis entre 1945 et 1948. Des bateaux déglingués remplis de réfugiés essayaient d’atteindre la Palestine. Plusieurs de ces bateaux ont coulés ou ont été capturés par les Anglais ou les nazis et renvoyés ou expédiés aux îles Maurice ou vers d’autres destinations pour y être internés. Le Patrie (également appelé « Patra ») a été remorqué au port de Haïfa avant d’être envoyé aux îles Maurice. Pour empêcher le transbordement, la Hagannah a placé sur le bateau, le 25 novembre 1941, une petite charge explosive, pensant qu’elle créerait une bréche dans la coque. Au lieu de cela, le bateau a coulé et 252 vies ont été perdues. Quelques semaines plus tard, le SS Bulgarie a accosté à Haïfa avec 350 réfugiés juifs avant de repartir avec eux vers la Bulgarie. Le Bulgarie a chaviré dans les détroits turcs, tuant 280 personnes. Le Struma, avait quitté Constanta en Roumanie avec 769 réfugiés. Il a accosté à Istanbul le 16 décembre 1941 pour des réparations au moteur et à la coque. Les Turcs ont refusé l’asile aux réfugiés. Les Anglais n’ont pas accepté le transbordement vers les îles Maurice ni l’entrée en Palestine. Le 24 février 1942, les Turcs ont ordonné au Struma de quitter le port. Il a coulé entraînant la perte de 428 hommes, 269 femmes et 70 enfants. Apparemment, il a été torpillé par un sous-marin soviétique, soit parce qu’il a été confondu avec un bateau nazi ou plus probablement parce que les Soviétiques avaient accepté de collaborer avec les Anglais pour bloquer l’immigration juive.
La Déclaration Biltmore – Des rapports sur les atrocités nazies devinrent progressivement fréquents et plus précis. Malgré le besoin vital de trouver un asile pour des réfugiés, les portes de la Palestine demeurèrent fermées à l’immigration juive. La direction sioniste se réunit en 1942 à l’hôtel Biltmore de New York . Ils déclarèrent qu’ils supportaient la transformation de la Palestine en un membre juif du Commonwealth. Il ne s’agissait pas seulement de revenir à la déclaration Balfour répudiée par le Livre blanc des Anglais mais de la réaffirmer des buts sionistes au-delà de ce document et de conclure que les Anglais étaient en principe plus un ennemi qu’un allié.
L’assassinat de Lord Moyne – Le 6 novembre 1944, des membres du mouvement clandestin juif Lehi, Eliyahu Hakim et Eliyahu Beit-Zuri ont assassiné Lord Moyne au Caire. Moyne, un anti-Sioniste connu, était Ministre d’Etat pour le Moyen-Orient et le responsable de faire appliquer le Livre Blanc de 1939 – c’est à dire d’empêcher par la force l’immigration juive vers la Palestine. L’assassinat n’a pas changé la politique britannique mais il a poussé Winston Churchill contre les Sionistes. Hakim et Beit-Zuri ont été capturés et pendus par les Anglais en 1945.
La Saison (la « Sézon ») – L’Agence Juive et la direction Sioniste ont cru que la réaction des Anglais et du monde à l’assassinat de Lord Moyne pouvait compromettre après la guerre la coopération que les Anglais avaient laissé sous-entendre et pouvait mettre en danger le yishuv juif s’il en venait à être perçu comme l’ennemi de la Grande-Bretagne et des Alliés. En conséquence, ils se lancèrent dans une campagne, connue en hébreu comme la « Sézon » (« Saison »), contre le Lehi et l’Irgun. Des membres de ces groupes furent ostracisés. Des chefs ont été capturés par la Haganah, interrogés et parfois torturés, et environ mille personnes ont été livrées aux Anglais.
Personnes déplacées- Après la guerre, on a découvert que les Allemands avaient massacré six millions de Juifs dans l’Holocauste. Ces personnes avaient été piégées en Europe parce que pratiquement aucun pays ne leur donnait asile. Les Sionistes ont estimé que la limitation britannique à l’immigration vers la Palestine a coûté des centaines de milliers de vies. Les Juifs essayèrent alors par tous les moyens d’amener en Palestine les Juifs survivants en Europe, environ 250.000 personnes vivant dans les camps de personnes déplacées.
Résistance unie – A l’été 1945, le parti travailliste est élu au pouvoir en Grande-Bretagne. Ils avaient promis qu’ils annuleraient le Livre Blanc britannique et soutiendraient un Etat juif en Palestine. Cependant, ils sont en fait revenus sur leur promesse. Ils ont poursuivi et redoublé leurs efforts afin d’arrêter l’immigration juive. La Haganah s’efforça d’introduire illégalement les immigrés en Palestine. Les groupes sionistes clandestins rivaux se sont alors uni, et tous, en particulier, les groupes dissidents terroristes, l’Irgun et le Lehi (le gang « Stern ») ont commencé une campagne violente pour pousser les Anglais à quitter la Palestine. Leurs bombes ont attaqué des trains, des gares de chemin de fer, un club des officiers, et le quartier général britannique à l’Hôtel King David. Ils ont également enlevé et assassiné du personnel britannique. En Grande-Bretagne, les journaux et les politiciens ont commencé à exiger que le gouvernement en finisse avec le conflit et cesse de mettre en danger les vies des soldats britanniques.
Les USA et d’autres pays ont fait pression sur les Anglais pour qu’ils permettent l’immigration. Une commission d’enquête Anglo-Américaine a recommandé de permettre à 100.000 juifs d’immigrer immédiatement en Palestine. Les Arabes ont fait également pression sur les Anglais mais pour bloquer cette immigration. Les Anglais ont jugé la Palestine ingouvernable et rendu leur mandat aux Nations Unies, successeur de la Ligue des Nations. Le rapport du Comité Anglo-Américain a établi un aperçu détaillé de la période du Mandat britannique de la situation de sécurité en Palestine, ainsi qu’un rapport sur l’Holocauste et la situation des Juifs européens.
Partition – la Commission spéciale des Nations Unies sur la Palestine (UNSCOP) a recommandé que la Palestine soit scindée en un Etat arabe et un Etat juif. La commission prévoyait de placer Jérusalem sous une administration internationale. Le 29 novembre 1947 l’Assemblée Générale de l’ONU a adopté ce plan, la résolution de l’ONU (GA 181), avec l’appui des USA et de l’Union soviétique, en particulier, l’appui personnel du Président américain Harry S. Truman . Sans doute, beaucoup de facteurs ont contribué à la décision de Truman de soutenir la partition, y compris des considérations de politique intérieure et un lobbying sioniste intense. Pourtant Truman a écrit dans son journal intime : »Je pense que la chose à faire et ce que j’ai fait est de faire ce que je crois juste et d’envoyer tout le monde au diable. »
Les Juifs ont accepté la décision de l’ONU mais les Arabes l’ont rejetée. La résolution divisait le pays en deux parties approximativement égales dans un arrangement compliqué avec des frontières en zigzag. L’intention était d’établir une union économique entre les deux Etats et des frontières ouvertes. Au moment de la partition, un peu moins de la moitié de toute la Palestine était la propriété d’Arabes, un peu moins de la moitié était domaine public, les « terres de la couronne », et environ 8% était possédés par des Juifs ou par l’Agence juive. Il y avait environ 600.000 Juifs en Palestine, presque tous vivant dans les secteurs alloués à l’Etat juif ou dans la zone internationale de Jérusalem, et à peu près 1,2 millions d’Arabes. La répartition de la terre par la Résolution 181 créait deux secteurs avec respectivement des majorités juive et arabe. Jérusalem et ses environs étaient internationalisés. La population juive proportionnellement importante de Jérusalem et de ses environs, soit 100.000 personnes, était géographiquement coupée du reste de l’Etat juif par une zone relativement grande, le ‘Corridor » attribué à l’Etat palestinien. Le Corridor comprenait les villes arabes très peuplées de Lod et de Ramla et les villes plus petites de Qoloniyeh, d’Emmaüs, de Qastel et d’autres qui gardaient la route de Jérusalem.
Il est bientôt devenu évident que l’arrangement ne pourrait pas fonctionner. L’antagonisme mutuel rendrait impossible que l’une ou l’autre communauté tolère l’autre. L’ONU ne voulait pas et ne pouvait pas imposer l’internationalisation de Jérusalem. La Ligue Arabe, à l’instigation de Haj Amin Al-Husseini, a déclaré la guerre dans le but de débarrasser la Palestine des Juifs. En fait cependant, chaque pays arabe avait son propre agenda. Abdulhah, le roi de Jordanie, avait conclu un accord informel et secret avec Israel, négocié avec Golda Meir, lui permettant d’annexer les territoires palestiniens de la Rive occidentale du Jourdain, empêchant de ce fait la formation d’un Etat palestinien. La Syrie voulait annexer la partie Nord de la Palestine, y compris des secteurs juifs et arabes.
L’histoire moderne D’Israel et Palestine

La guerre de l’indépendance – la guerre 1948 – la guerre de l’indépendance, appelée également la guerre de 1948, est divisée en deux périodes : la période avant et la période après l’indépendance. Les affrontements entre les groupes israéliens clandestins et arabes irréguliers ont commencé pratiquement dès que l’ONU a approuvé la résolution de partition. Pendant ce temps, les pays arabes n’ont pas envahi bien que la Légion de Jordanie ait aidé l’attaque contre Gush Etzion, un petit bloc de colonies installées dans le territoire assigné à l’Etat palestinien au Sud de Jérusalem.
Avant l’Indépendance – pendant la période avant la proclamation de l’Indépendance israélienne, deux armées de volontaires irréguliers arabes, dirigées par Haj Amin El Hussein dans la région de Jérusalem, et par Fawzi El Kaukji en Galilée, ont placé leurs combattants dans les villes arabes et conduit, sous les yeux des Anglais, diverses agressions contre les villes et villages juifs. Kaukji et ses irréguliers furent autorisés par les Anglais, à passer de Syrie en Palestine moyennant l’engagement de ne pas engager d’actions militaires mais il a bientôt rompu l’accord et attaqué à travers la Galilée. Les irréguliers arabes ont été combattus par l’armée clandestine sioniste, la Haganah, et par les groupes clandestins des factions dissidentes de l’Irgoun et du Lehi
À Jérusalem, les émeutes arabes ont éclaté les 30 novembre et 1er décembre 1947. Les irréguliers palestiniens ont coupé l’approvisionnement en nourriture, eau et carburant de Jérusalem durant un long siège qui a commencé à la fin de 1947. Les combats et la violence éclatèrent immédiatement dans tout le pays, y compris les embuscades des transport, le blocus de Jérusalem, des émeutes telles que les troubles à la raffinerie de Haïfa les massacres à Gush Etzion ( commis par les Palestiniens) et à Deir Yassin (par les Juifs). Les Palestiniens arabes ont commencé à abandonner leurs villes et villages pour échapper aux combats. Ainsi, la majeure partie de la population arabe de Haïfa est partie en mars et avril 1948, en dépit des appels des fonctionnaires juifs et britanniques pour qu’ils restent.
Les Anglais ont peu fait pour arrêter le combat mais les hostilités restaient limitées, des deux côtés, par le manque d’armes et de soldats formés. Au commencement, les Palestiniens ont eu un avantage clair et un rapport de mars, 1948 de la Haganah sur les opérations a jugé la situation critique, particulièrement dans la région de Jérusalem. On convient généralement qu’avril 1948 a marqué un tournant dans le combat, avant l’invasion des armées arabes, en faveur des forces juives dépassées initialement en armes et en effectif. Pour briser le siège de Jérusalem, la Haganah a activé prématurément le « plan Dalet » – un plan préparé pour la défense générale et censé n’être mis en application qu’au départ des Anglais. Il a exigé l’utilisation des forces armées et de tactiques de troupes régulières combattant ouvertement plutôt que clandestinement. Il prévoyait également l’évacuation « provisoire » des civils arabes des villes dans certains secteurs stratégiques, tels que le corridor de Jérusalem. Cette disposition a été citée comme preuve que les Sionistes ont projeté à l’avance l’exode et l’expulsion des civils arabes.
La Haganah a monté sa première opération de grande envergure, l’opération Nahshon, avec 1.500 soldats. Elle a attaqué les villages arabes de Qoloniyah et de Qastel, occupés par des forces irrégulières arabes après la fuite des villageois sur la route de Jérusalem. Elle a brisé temporairement le siège, permettant aux convois d’approvisionnements d’atteindre la ville. Qastel est tombé le 8 avril et le principal commandant militaire palestinien, Abdel Khader Al-Husseini y a été tué. Qoloniyeh est tombé le 11 avril. Dans le Nord, l’armée du Salut de Fawzi El-Kaukji a été repoussée lors de la bataille de Mishmar Haemeq, le 12 avril 1948. Ces succès aidèrent à convaincre le Président Truman que les Juifs ne seraient pas écrasés par les forces arabes et lui ont fait abandonner la proposition de tutelle que les Etats-Unis avaient déposée plus tôt à l’ONU . A la suite d’attaques par des Arabes irréguliers, Irgoun a attaqué la ville arabe de Jaffa, juste au Sud de Tel Aviv. Les Palestiniens se sont sauvés en masse en dépit des appels des Anglais pour qu’ils restent.
L’invasion arabe – En dépit de leurs déclarations belliqueuses, les gouvernements des pays arabes voisins étaient plus réticents à entrer en guerre contre Israël qu’on ne le pense généralement. Cependant la peur de la pression populaire combinée avec la crainte que les autres Etats arabes gagneraient un avantage sur eux en combattant en Palestine aidèrent à persuader la Syrie, la Jordanie et l’Egypte d’entrer en guerre. Quoique officiellement, ils se battaient en conformité avec un plan unique, il n’y avait en fait qu’une faible coordination entre eux.
Le 14 mai 1948, les Juifs ont proclamé l’Etat indépendant de Israël, et les Anglais se sont retirés de Palestine. Au cours des jours et semaines qui ont suivi, les pays arabes voisines ont envahi la Palestine et Israël Les combats ont duré de brèves périodes séparées d’accords de cessez-le-feu (des trêves ont été déclarées du 11 juin au 8 juillet 1948 et du 19 juillet au 15 octobre 1948).
Au départ, les armées égyptiennes et syriennes ont remporté des succès notables. En particulier, les Egyptiens, soutenus par des tanks, de ‘artillerie, des avions dont Israël ne disposait pas, parvenaient à isoler tout le Néguev et à occuper des régions qui avaient été assignées à l’Etat juif. Dans son livre, « Dans les champs de Philistine: (bisdoth palesheth), l’activiste pacifiste israélien Uri Avnery raconte comment l’armée égyptienne a essayé une attaque blindée massive contre Tel Aviv. Les tentatives palestiniennes d’installer leur Etat ont été bloquées par l’Egypte et la Jordanie. La Jordanie a respecté son accord de ne pas envahir des régions assignées à l’Etat juif, contrairement à la Syrie et à l’Egypte. L’attaque a été repoussée par quelques avions Messerschmitt récemment arrivés de Tchécoslovaquie. Les Syriens avancèrent dans le territoire qui avait été alloué à l’Etat palestinien.
Si la Jordanie n’envahissait pas le territoire juif, la Légion arabe empêchait l’arrivée à la partie juive assiégée de Jérusalem des convois partis de ses positions fortifiées du Latrun. Jérusalem aurait dû être internationalisée selon les résolutions 181 et 303 de l’Assemblée Générale des nations Unies. la résolution 303 de la résolution 181 de l’Assemblée générale de l’ONU et de l’Assemblée générale de l’ONU. Les positions jordanienne dans le Latroun (ou Latrun) ne purent pas être conquises malgré plusieurs attaques sanglantes. Pour les contourner, les Israéliens ont finalement construit une « route de Birmanie « . Terminée en juin 1948, elle a permis de briser le siège de Jérusalem.
Le premier cessez-le-feu et l’Altalena – Le cessez-le-feu de juin a donné à toutes les parties un répit pour se regrouper et se réorganiser. Les Arabes ont commis une erreur majeure en acceptant la trêve. Les Israéliens en ont tiré profit pour se réorganiser et recruter et former des soldats. Ils pouvaient maintenant apporter de grandes cargaisons d’armes, en dépit des restrictions du traité, et former et organiser une vraie force de combat de 60.000 hommes qui leur a donné pour la première fois, l’avantage en effectif et en armement. La trêve a probablement sauvé Jérusalem, au bord de la famine. Pendant la longue trêve, les forces clandestines de la Haganah, du Palmach, de l’Irgoun et de Lehi ont été amalgamées en une armée nationale unique, la force de défense d’Israël (Tsahal). Les révisionnistes du mouvement Irgoun ont essayé d’introduire en Israël la cargaison d’armes d’un bateau appelé l’Altalena. Leur but était de maintenir une force de combat séparée. Le Premier Ministre israélien Ben Gourion a commandé à Tsahal de couler l’Altalena quand Menachem Begin, le chef de l’Irgoun, a refusé de renoncer à sa cargaison d’armes. Les Palestiniens et les Arabes n’ont pas bien utilisé le répit. Une grande cargaison d’armes destinées aux Palestiniens a été bloquée par Tsahal/Haganah et n’a jamais atteint la Syrie. Les Etats arabes étaient réticents à engager plus d’hommes dans la lutte comme de dépenser plus d’argent.
La reprise de la guerre – La guerre avec les Egyptiens avait été statique car ils étaient isolés dans la poche de « Faluja » dans le centre d’Israël. Après l’expiration du cessez-le-feu, Israël a porté la guerre contre les Egyptiens dans leur territoire en pénétrant dans la péninsule du Sinaï. Tsahal a été forcée de se retirer après des rencontres avec des avions britanniques.
Dans le Centre, Tsahal a conquis un arc de cercle de terre et ouvert le « Corridor » entre Jérusalem et le reste d’Israël. Au cours des dix jours de combat entre les deux trêves, les Israéliens ont envahi les villes arabes de Lod et de Ramla qui bloquaient la route de Jérusalem. Ils ont expulsé la plupart des Palestiniens qui vivaient là, après en avoir tué un grand nombre. Ils ont détruit de nombreux petits villages palestiniens autours de Tel-Aviv, de sorte que pratiquement aucun Palestinien ne restait dans le centre d‘israël. .Le conflit a créé à peu près autant de réfugiés juifs des pays arabes. Beaucoup d’entre eux furent privés de leur propriété, de leurs droits et de leur nationalité. Israël n’a pas initié des demandes d’indemnisation de ces réfugiés.
La défaite arabe et la naissance du problème des réfugiés – En dépit des reculs initiaux, leur meilleure organisation, les succès des services de renseignement ainsi que l’arrivée opportune de cargaisons clandestines d’armes, ont permis aux juifs de gagner une victoire décisive. Les Arabes et les Palestiniens ont perdu leur avantage initial parce qu’ils ne se sont pas organisés ni unis. Quand le combat s’est terminé en 1949, Israël occupait des territoires au-delà des frontières fixées par le plan de l’ONU – un total de 78% de la région à l’Ouest du fleuve Jourdain. L’ONU n’a fait aucune tentative sérieuse pour imposer l’internationalisation de Jérusalem, alors divisée entre la Jordanie et Israël par des barrières de barbelés et des zones de no man’s land. Le reste du secteur assigné à l’Etat arabe a été occupé par l’Egypte et la Jordanie. L’Egypte avait la bande de Gaza et la Jordanie tenait la Rive occidentale. Environ 726.000 Arabes s’étaient enfuis ou avaient été poussés hors d’Israël. Ils devenaient des réfugiés dans les pays arabes voisins. Les pays arabes ont refusé de signer un traité permanent de paix avec Israël En conséquence, les frontières d’Israël établies par la commission d’armistice n’ont jamais reçu de reconnaissance internationale de jure (légale).
L’ONU a arrangé, en 1948 et en 1949, une série de cessez-le-feu entre les Arabes et les Juifs. La résolution 194 de l’ONU GA a réclamé la cessation des hostilités et le retour des réfugiés qui souhaitaient vivre dans la paix. La résolution 62 du Conseil de sécurité a réclamé l’exécution d’accords d’armistice qui mèneraient à une paix permanente. Les frontières de Israël ont été établies suivant « la ligne verte » des accords d’armistice de 1949.). Ces frontières n’ont pas été reconnues par les Etats arabes, qui continuaient à refuser de reconnaître Israël. Bien que les hostilités aient cessé, le problème des réfugiés n’a pas été résolu. Les négociations ont bloqué lorsqu’Israël a refusé de réadmettre plus qu’un petit nombre de réfugiés. L’URSS, au début favorable à l’Etat sioniste, s’aligna avec les pays arabes. En dépit du soutien continu des USA pour l’existence de Israël, l’aide américaine vers Israël était minimale et n’a pas inclus d’aide militaire pendant les administrations de Truman et d’Eisenhower. Les forces de défense d’Israël (Tsahal) étaient équipées d’armes de surplus achetées en troisième main et d’avions et de blindés légers français. Les pays arabes, particulièrement la Syrie et Egypte, ont commencé à recevoir de grandes quantités d’aide militaire soviétique. La Ligue arabe a institué un boycott économique contre Israël. Il a été respecté en partie par la plupart des nations industrielles et est resté en vigueur jusque dans les années 90.
La campagne du Sinaï – A la suite du renversement du Roi Farouk d’Egypte par les officiers libres dirigés par Naguib et Nasser, l’Egypte fait quelques mouvements en direction de la paix avec Israël. Cependant, en 1954, un réseau d’espionnage israélien était capturé alors qu’il tentait de faire sauter l’agence d’information américaine et d’autres institutions étrangères installées en Egypte. Le but était de créer une crise entre les USA et l’Egypte et d’empêcher un rapprochement. En Israël, le ministre de la défense Pinhas Lavon et le Premier ministre David Ben Gourion ont chacun démenti leur responsabilité dans l’action, et se sont accusés réciproquement. Cet incident est connu indifféremment comme « l’affaire de Lavon » et « l’affaire honteuse.. L’Egypte est devenue soupçonneuse des intentions israéliennes, et a commencé à négocier l’achat de grandes quantités d’armes. Quand celles-ci lui ont été refusées par l’Ouest, les Egyptiens se sont tournés vers les pays du Bloc de l’Est. Ils ont fait affaire avec la Tchécoslovaquie. Le Président égyptien Gamal Nasser a également fermé aux transports israéliens le détroit de Tiran et le canal de Suez. Les stratèges israéliens ont cru que l’Egypte ferait la guerre ou lancerait une épreuve de force diplomatique dès que les armes seraient opérationnelles. Israël a également recherché un approvisionnement en armes. Il les a achetées à la France. Des incursions répétées de palestiniens et d’Egyptiens de Gaza à travers la frontière ont provoqué des représailles israéliennes de plus en plus graves, amenant à leur tour de plus grandes incursions. L’évaluation des « activistes » israéliens tels que Moshe Dayan était que Israël devait faire une guerre préventive avant que l’Egypte n’ait entièrement intégré ses nouvelles armes.
Au cours de l’été 1956, Israël, la France et la Grande-Bretagne se sont entendus sur une action visant à annuler la nationalisation du canal de Suez. Israël envahirait le Sinaï et ses parachutistes prendraient la passe de Mitla. La Grande-Bretagne et la France émettraient un ultimatum avant de débarquer des troupes, ostensiblement dans le but de séparer les parties. L’exécution du plan commença le 29 octobre 1956. Israël a vite conquis le Sinaï. Les Etats-Unis étaient irrités contre Israël, la Grande-Bretagne et la France. La résolution 997 de l’Assemblée générale de l’ONU a réclamé leur retrait immédiat. Les troupes israéliennes sont restées un bon nombre de mois dans le Sinaï avant de se retirer sous la pression de l’ONU et en particulier des Etats-Unis. Israël a obtenu la garantie que les voies d’eau internationales resteraient ouvertes à la navigation entre Israël et les USA et l’installation d’une force de l’ONU dans le Sinaï.
La naissance du Fatah – Yasser Arafat, un Palestinien né en Egypte, a grandi dans la bande de Gaza. Il a été un membre de l’Ikhwan (les Frères musulmans) et du Futtuwah (faction armée palestinienne de Haj Amin El Husseini). Recruté en 1955 par les services de sécurité égyptiens alors qu’il étudiait au Caire, il a fondé l’Union Générale des Etudiants Palestiniens (GUPS). En 1957 il s’est déplacé au Koweït où avec Khalil Al Wazir (Abu Jihad) Farouq Qadumi, Khalid al Hassan et d’autres, il a fondé le Comité de libération de la Palestine, plus tard renommé le Fatah (l’acronyme renversé de Harakat Tahrir Filistin – le mouvement de libération de la Palestine), modelé sur le FLN algérien.
1967 – La guerre des 6-jours – la tension a commencé à monter entre Israël et les pays arabes au cours des années 60. Israël a commencé la réalisation de son plan national de l’eau, pompant l’eau de la mer de Galilée pour irriguer le Sud et le Centre d’Israël. Le projet se conformait au plan proposé, en 1955, par le délégué américain Eric Johnston, en accord avec des ingénieurs arabes mais auquel les gouvernements arabes avaient refusé de participer pour ne pas reconnaître implicitement Israël. Lors de réunions secrètes, Israël et la Jordanie ont accepté de respecter les quotas fixés par ce plan.
Le mouvement palestinien Fatah, nouvellement créé, considéra, pour catalyser leur révolution, le captage de l’eau par les Israéliens comme un » acte impérialiste. Yasser Arafat commença à appeler à la guerre pour éliminer Israël. Yasser Arafat commença à appeler à la guerre pour éliminer Israël. Dans le journal du Fatah, Filistinunah, ( « Notre Palestine ») Arafat ridiculisait l’impuissance du Président égyptien Nasser et d’autres dirigeants arabes et réclamait une action efficace contre Israël. Nasser a décidé de fonder l’organisation de libération de la Palestine (OLP) comme une alternative » apprivoisée » au Fatah et a placé à sa tête Ahmed Shukhairy, un diplomate inefficace et pompeux.
Les Syriens, qui avaient rompu avec le pan-Arabisme de Nasser, le contrèrent en soutenant le Fatah qu’ils essayèrent de dominer. Les renseignements militaires syriens ont recruté des terroristes pour des actions contre Israël, donnant le crédit au Fatah. La première de ces actions a été annoncée le 31 décembre 1964. Il s’agissait d’une attaque contre un aqueduc israélien à Beit Netopha, mais en fait aucune attaque n’avait eu lieu. Une deuxième tentative a été faite le 2 janvier 1965 mais la charge d’explosifs a été désarmée. Cependant, les 14 janvier et 28 février, des attaques réussies ont suivi. Ces attaques terroristes mineures ont reçu une grande publicité dans le monde arabe. Elles étaient comparées au manque d’action et aux propos grandiloquents de Gamal Nasser, défiant son leadership. Ce ferment est considéré comme le catalyseur des événements qui ont mené à la guerre des six jours. S’il doit être attribué à la rivalité syrienne avec Nasser ou au mouvement Fatah, comme Yasser Arafat et les Palestiniens le revendiquent, n’a pas grande importance. Confronté aux actions « héroïques » des Palestiniens sous parrainage syrien, Nasser a été poussé à une position de plus en plus belliqueuse
Lors de plusieurs conférences au sommet, à partir de 1964, les chefs arabes ont ratifié la création de l’OLP, affirmé leur résolution de détruire Israël, et décidé de détourner les sources du fleuve Jourdain qui alimente la mer de Galilée, de manière à empêcher Israël de réaliser le plan israélien d’irrigation. Les Syriens et les Libanais ont commencé à construire des déviations. Israël a répondu en tirant sur les tracteurs et l’équipement utilisé en Syrie, à l’aide de canons, progressivement plus précis et à plus longue portée au fur et à mesure que les Syriens écartaient leurs engins de la frontière. Ensuite, il y eut des tentatives des Israéliens de cultiver les zones démilitarisées (DMZ) comme convenu dans les accords d’armistice. Israël était dans son droit selon ces accords mais Moshe Dayan, des années après, a reconnu que 80% des incidents avaient été délibérément provoqués. Les Syriens ont répondu en canonnant les DMZs Quand les Israéliens ont répondu en force, la Syrie a canonné les villes israéliennes du Nord. Le conflit s’est envenimé jusqu’à des attaques aériennes. L’URSS était attentive à protéger le nouveau gouvernement ba’athiste pro-Soviétique de Syrie. Elle avertissait les Syriens et les Egyptiens qu’Israël se préparait à attaquer la Syrie. Comme la tension montait, la Syrie a fait appel à l’Egypte, acceptant l’information soviétique qui disait qu’Israël amassait des troupes à la frontière syrienne. La nouvelle était fausse et a été démentie par l’ONU.
Dans ces circonstances, à la mi-mai 1967, le Président égyptien Gamal Nasser a fait des déclarations belliqueuses. Le 16 mai 1967, une émission à la radio du Caire a annoncé: « l’existence d’Israël a duré trop longtemps. Nous sommes heureux de l’agression israélienne. Nous aspirons à la bataille que nous avons longtemps attendue. L’heure H est là. La bataille est venue et nous détruirons Israël. » Le même jour, l’Egypte a demandé le retrait de la force d’interposition de l’ONU (UNEF) du Sinaï et de la bande de Gaza. Le 18 mai, le Secrétaire général de l’ONU U Thant a accepté de retirer les troupes. Formellement, les troupes ne pouvaient être stationnées en Egypte qu’avec l’accord égyptien. Cependant, pendant longtemps, on a cru que Nasser avait vraiment espéré qu’U Thant ne retirerait pas les troupes de l’ONU et qu’il pourrait utiliser leur présence comme excuse pour ne rien faire.
Le 23 mai, Nasser a fermé les détroits de Tiran aux Israéliens. Les Etats-Unis n’ont pas honoré leur garantie d’assurer la liberté des voies d’eau vers Israël. Un torrent de rhétorique venait des capitales arabes qui les répétaient dans les réunions de l’ONU. À l’ONU, le Président de l’OLP Ahmed Shukhairy a déclaré « que ce sera notre privilège de frapper le premier coup », que l’OLP expulserait de Palestine tous les Sionistes arrivés après 1917 et éliminerait l’état d’Israël Il a également critiqué les Jordaniens comme étant les outils des impérialistes, augmentant sa pression constante sur le Roi Hussein de Jordanie.
En dépit de cette rhétorique belliqueuse, les analystes tels qu’Avi Shlaim (le mur de fer) et d’autres croient que chaque pays a été entraîné dans le conflit par la rivalité inter-arabe et n’envisageait pas la guerre. Nasser n’a jamais eu l’intention d’attaquer Israël selon Shlaim. Il a été entraîné dans un conflit par les manœuvres des Soviétiques, les peurs syriennes et son besoin de prétendre au leadership du monde arabe. Quoiqu’il en soit, d’après Michael Oren, des documents récemment déclassés indiquent que les Egyptiens projetaient en fait d’attaquer Israël le 28 mai 1948. Le plan, connu sous le nom de code d’opération Aube, fut découvert par Israël. Les Israéliens ont prévenu les Américains. Le Président Johnson l’a dit au Premier Ministre soviétique Kossyguine, et ce dernier l’a écrit à Nasser. Nasser a compris qu’il avait perdu l’effet de surprise et annulé l’attaque. Pourtant, le 29 mai 1967, Nasser parlait toujours d’affronter Israël et déclarait à des parlementaires égyptiens, « Dieu nous aidera sûrement et nous demandera de rétablir la situation comme elle existait en 1948. »
Les officiers de Tsahal ont poussé le gouvernement à déclarer la guerre parce qu’il était admis qu’une attaque arabe était imminente et parce que la capacité d’Israël à maintenir entièrement mobilisée son armée était limitée. Le Premier ministre Eshkol était pourtant peu enclin à agir et le ministre des affaires étrangères Abba Eban s’opposait à une action unilatérale, qu’il croyait contraire aux souhaits des Etats-Unis. Ariel Sharon admet aujourd’hui que lui et d’autres, y compris Yitzhak Rabin, avaient discuté de la possibilité d’une sorte de putsch, dans laquelle les officiels du gouvernement seraient enfermés dans une chambre pendant que l’armée commencerait la guerre. L’idée ne passa cependant jamais l’étape de la réflexion à haute voix.
Le 30 mai, la Jordanie a signé un pacte de défense avec l’Egypte. Elle se préparait à la guerre et Nasser déclarait : « les armées d’Egypte, de Jordanie, de Syrie et du Liban sont prêtes aux frontières d’Israël… pour relever le défi, pendant que derrière nous se tiennent les armées d’Iraq, d’Algérie, du Koweït, du Soudan et de toute la Nation arabe. Cet acte étonnera le monde. Aujourd’hui ils sauront que les Arabes sont en ordre de bataille et que l’heure critique est arrivée. Nous en sommes au stade de l’action, plus à celui des déclarations. »
Le 4 juin, l’Irak se joignait également à l’alliance militaire avec l’Egypte et s’engageait à la guerre. Le 31 Mai, le Président irakien Rahman Aref annonçait, « c’est notre occasion d’éliminer l’ignominie qui a été avec nous depuis 1948. Notre but est clair – effacer Israël de la carte. »
Les évaluations israéliennes et américaines étaient qu’Israël gagnerait aisément n’importe quelle guerre, en dépit de la supériorité énorme en blindés, avions et soldats en faveur des forces combinées des pays arabes. Avant 1967, Israël n’a pratiquement reçu aucune aide militaire des Etats-Unis. L’Egypte et la Syrie étaient équipées de grandes quantités des derniers modèles d’armes soviétiques. Le fournisseur principal d’armes d’Israël était la France. Sur papier, Israël avait presque autant d’avions que les Egyptiens, mais les avions israéliens étaient pour la plupart âgés et même les Super-mirage n’étaient pas à comparer aux chasseurs Mig-21 acquis de l’URSS par l’Egypte. Sur papier, Tsahal avait un grand nombre de « tanks » aussi capables ou presque que ceux des pays arabes. Cependant, alors que les Syriens et les Egyptiens étaient équipés de tanks lourds soviétiques du dernier modèle, nombre des « blindés israéliens étaient en fait des petits véhicules antichars, des AMX français. Les tanks lourds étaient des chars Sherman de la Seconde guerre mondiale, remis en état et équipés de moteurs diesel. Israël avait également pu acheter aux Américains, en 1965, environ 250 Patton M-48. Le public israélien et Juif et certains membres du gouvernement ont cru à une menace mortelle pour Israël. Des milliers de tombes ont été creusés dans les parcs publics de Tel Aviv en prévision de lourdes pertes.
Il est probable que le gouvernement israélien n’a pas voulu la guerre et certains ministres, au moins, la craignaient. Ben Gourion a réprimandé le chef de l’état major, Itzhak Rabin, pour ses rapports agressifs qui avaient, selon lui, augmenté la tension et créé des difficultés pour Israël. Le Premier Ministre israélien, Levi Eshkol, a paru hésitant. Il a bégayé lors d’un discours dramatique, radiodiffusé à la nation. Suite à la pression exercée publiquement par les partis de l’opposition, un gouvernement d’unité fut formé. Abba Eban, le ministre des affaires étrangères, a essayé en vain d’obtenir des USA la garantie qu’ils feraient rouvrir le détroit de Tiran. Au début, le Président Johnson avait promis une flottille internationale et averti Israël de ne pas attaquer seul. Cependant, les USA ne sont pas parvenu à lancer une action internationale et ont fait marche arrière, faisant largement comprendre à Israël qu’il devrait résoudre le problème lui-même.
Israël ne pouvait pas maintenir indéfiniment une mobilisation totale. Le 5 juin 1967, quand il est devenu évident que l’Egypte ne reculerait pas, Israël a attaqué. Dans les premières heures de la guerre, Israël a détruit plus de 400 avions ennemis et obtenu une supériorité aérienne totale. Les troupes israéliennes ont rapidement conquis la péninsule du Sinaï et Gaza. Le premier jour de la guerre, l’artillerie jordanienne a commencé à tirer sur Jérusalem malgré l’avertissement du Premier Ministre israélien Levi Eshkol de rester en dehors de la guerre. Ensuite, la Légion de Jordanie a avancé. elle a pris le quartier général de l’ONU (la maison du Gouverneur – Armon Hanatziv ) à Jérusalem. Après avoir averti à plusieurs reprises le Roi Hussein de cesser le feu et de se retirer, Israël a conquis la Rive occidentale et Jérusalem. Pendant les premiers jours de la guerre, l’artillerie syrienne basée sur les Hauteurs du Golan a martelé des cibles civiles dans le Nord d’Israël. Après avoir battu l’Egypte, Israël a décidé de conquérir les Hauteurs du Golan malgré l’opposition et les doutes d’une partie du gouvernement, y compris de Moshe Dayan, qui avait été nommé ministre de la défense et en dépit du fait que l’ONU réclamait déjà un cessez-le-feu. Le 11 juin 11 1967, Israël acceptait le cessez-le-feu après avoir conquis les Hauteurs du Golan. La résolution 242 de l’ONU a appelé à la négociation d’une paix permanente entre les parties et au retrait israélien des terres occupées en 1967.
Les retombées de la guerre – La guerre de 1967 a changé la perception de l’équilibre des forces dans le Moyen-Orient et a créé une nouvelle réalité. Israël avait acquis des territoires étendus, plusieurs fois plus grands que les frontières de 1947 – le désert du Sinaï, les hauteurs du Golan et la Rive occidentale. En 1956, Nasser avait pu attribuer la défaite égyptienne à l’appui aux Israéliens des Anglais et des Français. Bien qu’il ait essayé de blâmer la défaite de1967 sur un appui supposé de la Sixième flotte des USA, c’était manifestement faux.
Selon des analystes tels que Fouad Ajami, la défaite désastreuse Arabes a signifié la fin de l’approche Pan arabe préconisée par Gamal Abdel Nasser. Elle a contribué à la montée du fondamentalisme islamique. Il devrait être rappelé cependant que Nasser et les Panarabistes se sont toujours vus comme les leaders du monde musulman aussi bien que du monde arabe.
Israël avait acquis des territoires et obtenu une victoire militaire ce qui marquait aussi un nouveau jour pour les aspirations palestiniennes. La défaite plaçait sous le contrôle d’Israël environ un million d’Arabes palestiniens. Après la guerre des Six Jours, le sort des Palestiniens en est venu à jouer un grand rôle dans le conflit Arabo-Israélien. Le Fatah (le mouvement pour la libération de la Palestine) était fondé vers 1957 (bien qu’il n’ait été formalisé que beaucoup plus tard) et l’OLP (organisation de libération de la Palestine) en 1964. Tous les deux avaient le but avoué de détruire Israël. Après la guerre des Six Jours, Ahmad Shukairy était remplacé comme Président de l’OLP par Yasser Arafat, qui dirigeait le Fatah. Le Fatah et l’OLP avaient maintenant la liberté d’agir sans les limites imposées par des régimes arabes discrédités. Puisque toute la Palestine était maintenant sous contrôle israélien, les actions du Fatah n’étaient plus une menace directe pour les gouvernements arabes. Avec le temps, l’organisation de libération de la Palestine a été reconnue par tous les Etats arabes et par la suite par l’ONU comme représentant les Palestiniens. Yasser Arafat, Président de l’OLP, a fait un exposé lors de l’Assemblée générale des Nations Unies de 1974. Israël s’est fortement opposé à l’OLP à cause de ses actions terroristes contre des Juifs et en raison des objectifs de sa charte de détruire l’Etat d’Israël et d’expulser les juifs arrivés après 1917.
A la requête du Roi Hussein de Jordanie, Ya’akov Herzog a rencontré lui, le 2 juillet 1967, au cabinet de son médecin de Londres. Selon les notes de Herzog, Hussein a discuté longuement les raisons qui l’avaient forcé à entrer en guerre. Le Roi disait que seule une paix dans l’honneur était possible mais il n’a pas demandé la paix. Lorsque Herzog lui demanda s’il offrait la paix, Hussein dit qu’il répondrait plus tard. Israël n’avait pas une offre de paix concrète à offrir à la Jordanie. Herzog offrit son opinion personnelle que la paix devait mener à une confédération économique. (Cette réunion est documentée par Tom Segev, Israël en 1967.
Des groupes religieux et nationalistes commencèrentà revendiquer l’annexion et la colonisation de régions de la Cisjordanie et des hauteurs du Golan. Quelques ministres, parmi eux, Pinchas Sapir, Zalman Aran du parti travailliste et Yaakov Shimshon Shapira du parti national religieux avertirent du danger démographique qui résulterait de la conquête de tous ces Arabes. Shapira a montré également que l’annexion de la Rive Occidentale donnerait du crédit à l’accusation qu’Israël était une entreprise coloniale. Menachem Begin et Yigal Alon prirent position en faveur de l’annexion. Moshe Dayan proposa que les Arabes de la Rive occidentale se voient accorder une autonomie mais se heurta à l’opposition de Menachem Begin qui plus tard défendrait cette idée. Il croyait alors qu’il était possible d’amener un grand nombre de Juifs en Israël pour s’installer dans les territoires et que les Arabes devraient choisir entre devenir des citoyens ou s’en aller.
Le Mossad avait proposé, dans un rapport du 14 juin 1967, un Etat palestinien sous la protection d’Israël mais cette idée ne fut pas acceptée. Selon certaines sources, Moshe Dayan reçut, durant l’été 67, une délégation de notables qui demandaient pour la Cisjordanie le droit de se gouverner mais il rejeta la proposition.
En juillet 1967, Yigal Alon a présenté le « plan Alon » qui prévoyait qu’Israël conserve, dans n’importe quel règlement de paix, pour des raisons stratégiques, de grands pans de la Rive occidentale. Un nombre croissant de colonies ont été établies lorsqu’il devint évident que les Etats arabes ne négocieraient pas avec Israël.
Un tournant décisif fut le sommet arabe de Khartoum, en août et septembre 1967, qui a paru fermer la porte à la possibilité de négociations avec Israël ou à la reconnaissance d’Israël sous n’importe quelle forme. Une deuxième barrière a été la résolution » Sionisme = Racisme » votée par l’Onu en 1975, qui a crédibilisé en Israël la thèse des extrémistes israéliens que l’opposition aux colonies était une opposition à Israël et qu’Israël étant essentiellement seul dans un monde hostile, ne pouvait s’attendre à aucune justice. Bien que la résolution ait été abrogée en 1991, des sentiments similaires sont apparus en 2001 à la conférence de l’ONU de Durban. De même, en novembre 1975, un assistant du Secrétaire d’Etat des Etats-Unis, Harold H Saunders, a dit à une Commission de l’intérieur du Congrès que les Etats-Unis reconnaissaient maintenant l’importance du problème national palestinien dans le conflit et sous-entendait fortement que les Etats-Unis accepteraient d’aider une solution qui tiendrait compte des droits palestiniens si l’OLP reconnaissait les résolutions de l’ONU sur ce sujet y compris le droits d’Israël à exister et qu’un compromis raisonnable pouvait être acceptable. Cette politique déboucha ultérieurement sur le Processus de paix d’Oslo après que le Président de l’OLP, Yasser Arafat, ait annoncé en 1988 l’acceptation de la résolution 242.
Pendant ce temps cependant, l’expansion de la colonisation, expansion des colonies est devenue la politique officielle israélienne avec l’arrivée au pouvoir du parti révisionniste Likoud en 1977. Elle a continué pendant les accords d’Oslo. En 2003, environ 220.000 Israéliens étaient installés dans les territoires de la Rive Ouest et de Gaza. 200.000 de plus habitaient les régions de Jérusalem et environs conquis en 1967. Environ 15.000 juifs sont installés sur les Hauteurs du Golan pris à la Syrie .
La guerre d’Usure – après la guerre des Six jours, le Président égyptien Nasser, rompant le cessez-le-feu, a lancé une guerre d’usure sur le canal de Suez. En Israël, le Premier ministre Levi Eshkol était mort et remplacé par Golda Meir, un faucon. Les troupes ont combattu depuis leurs positions dans des échanges de plus en plus sanglants qui comprenaient, du côté égyptien, la participation de pilotes soviétiques. La pression des USA amena la signature d’un second cessez-le-feu en août 1970, les deux parties déclarant officiellement accepter la résolution 242 des Nations Unies. Nasser est mort peu après. Il a été remplacé par Anwar Sadate. Sadate a essayé à plusieurs reprises d’amener Israël à des accords partiels en échange de retraits israéliens partiels. Les Etats Unis et l’ONU essayèrent de négocier la paix à travers les bons offices de Gunnar Jarring. Rien n’a résulté de ces efforts de paix, en partie suite à l’obstination du Premier Ministre israélien Golda Meir qui insistait pour que les troupes israéliennes ne bougent pas avant la réalisation d’un traité de paix. Sadate continuait à alterner les plans de paix avec les menaces de guerre mais Israël ne le prenait pas au sérieux. Les renseignements militaires israéliens et le gouvernement étaient convaincus de la supériorité militaire absolue d’Israël et que l’Egypte n’oserait pas attaquer avant d’avoir reconstruit son armée. Par conséquent, la meilleure politique semblait être d’attendre que les pays arabes acceptent les conditions d’Israël.
La guerre d’octobre (guerre du Kippour) – En octobre 1973, l’Egypte et la Syrie ont déclenché une autre guerre contre Israël, après que le gouvernement israélien de Golda Meir ai repoussé les offres de négocier du Président égyptien Anwar Sadate. Les Egyptiens ont traversé le canal de Suez l’après-midi du 6 octobre, lors de la fête du Yom Kippour, le jour le plus saint du calendrier religieux juif. Le gouvernement israélien avait ignoré les avertissements répétés des services de renseignements. Il était convaincu que la force militaire d’Israël était suffisante pour décourager n’importe quel agresseur. Sadate avait annoncé deux fois son intention de faire la guerre et rien ne s’était produit. Quand, le matin de l’attaque, les rapports des services de renseignements ont finalement été cru, le Premier ministre Meir et le ministre de la défense Dayan ont décidé de ne pas mobiliser les réserves
Les Israéliens ont été pris par surprise de plus d’une manière. Les Egyptiens ont, sans opposition, fait traverser le canal à des forces importantes. Ils ont réussi à établir une tête de pont. L’armée d’Israël avait négligé les entretiens de base et l’exercice. Pendant que les troupes se rassemblaient, il est apparu que de l’équipement manquait et que les blindés n’étaient pas opérationnels. La ligne des avant-postes, conçus pour être des sentinelles le long du canal de Suez – la ligne Bar Lev, était utilisée comme une ligne fortifiée dont le but aurait été d’arrêter les Egyptiens le plus longtemps possible. Une poignée de soldats a fait face à l’assaut égyptien et a été balayée après une résistance obstinée. Les Soviétiques avaient vendu aux Egyptiens de nouvelles armes – Les missiles sol-air SAM et les Sager, des antichars portables. Israël avait compté sur sa puissance aérienne pour prendre le dessus sur le champ de bataille, et avait négligé l’artillerie. Mais son aviation a été neutralisée au début par l’efficacité des missiles SAM et ce jusqu’à ce qu’Israël puisse détruire les stations radar qui les dirigeaient. Plusieurs jours durant, les contre-attaques furent rendues futiles par des embouteillages dans le Sinaï qui empêchaient la concentration des forces et par une résistance égyptienne efficace.
Pendant ce temps, moins de 200 blindés israéliens restaient disponibles pour garder les Hauteurs du Golan contre des forces très supérieures. Les Syriens ont fait de sérieuses incursions dans le Golan et sans opposition pendant que les Egyptiens traversaient le canal de Suez et reprenaient une partie de la péninsule du Sinaï. Après de lourdes pertes, Israël a pu reconquérir le Golan.
Dans le Sinaï, les soldats israéliens ont traversé le canal. Le Général Ariel Sharon , désobéissant aux ordres de supérieurs prudents, a foncé en avant des transports et des unités d’appui et créé une tête de pont sur la rive égyptienne du canal de Suez, isolant la troisième armée égyptienne toute entière. Au bout d’un mois, des cessez-le-feu ont terminé la plupart des combats. Environ 2.700 soldats israéliens et 8.500 soldats arabes étaient morts. Suite à cette guerre, Golda Meir a été forcée de démissionner de son poste de Premier ministre d’Israël, laissant la place à Izhak Rabin, qui avait été ambassadeur aux Etats Unis et précédemment chef d’état major.
L’embargo pétrolier arabe – Parmi les conséquences de la Guerre des Six Jours, il y eut la décision des pays arabes, emmenés par l’Arabie Saoudite, de déclarer un embargo pétrolier des Etats Unis et des Pays-Bas en particulier pour leur support à Israël. La production pétrolière diminua de 340 millions de barils entre octobre et décembre 1973. Les prix grimpèrent de 3 à 11$ le baril tant à cause de la panique qui mena à l’augmentation des stocks que des manques réels. Le pétrole vendu aux pays européens aboutit finalement aux USA et aux Pays-Bas mais il provoqua néanmoins des longues files devant les stations services et des augmentations brutales des prix. L’embargo dura jusqu’en mars 1971.
Il accrut la prise de conscience que les pays arabes pouvait exercer une influence politique par le contrôle des livraisons de pétrole. Il a peut-être aidé à motiver les gestes conciliants de la diplomatie européenne vis-à-vis des Arabes et joué un rôle dans l’invitation faite à Arafat de faire un discours à l’Assemblée générale des Nations Unies et l’obtention d’un siège d’observateur à l’ONU par l’OLP ainsi que dans le passage de la résolution » Sionisme = Racisme » en 1975.
Paix avec l’Egypte – la navette diplomatique entreprise par le Secrétaire d’Etat Henry Kissinger a résulté dans des retraits israéliens partiels de la péninsule du Sinaï sous des conditions beaucoup moins favorables que celles qui auraient pu être obtenues avant la guerre. Le chef de l’opposition de droite Menahem Begin était résolu dans son opposition à tout retrait. Cependant, en 1978, l’Egypte de Anwar Sadate et Israël, avec Menahem Begin comme Premier ministre, ont signé les accords-cadres de Camp david menant à un traité de paix en 1979. En 1982, Israël s’est retiré de la péninsule du Sinaï.
OLP au Liban et la guerre civile libanaise – Le Liban est devenu de plus en plus instable au fur et à mesure que les chrétiens maronites ont vu leur position dominante menacée par les changements démographiques qui donnaient aux musulmans une majorité grandissante. Les tensions entre les différents groupes religieux étaient aggravées par les rivalités des clans. Le Liban comptait de plus une population relativement importante de réfugiés palestiniens qui avait à subir l’animosité des Libanais d’origine, particulièrement des chrétiens. En 1970, la révolte de l’OLP contre le gouvernement jordanien s’est terminée par son expulsion de la Jordanie. Les combattants de l’OLP sont partis au Liban. Ils y ont attisé la tension entre les musulmans et les chrétiens et transformé le pays en une base d’attentats contre Israël. En 1975, l’attaque d’un autobus transportant des Palestiniens par les Phalanges chrétiennes a commencé la guerre civile. Les Phalanges chrétiennes et les milices musulmanes ont massacré au moins l600 musulmans et chrétiens à des points de contrôle routier et lancé ainsi la guerre civile de 1975-1976. Les Palestiniens se sont alliés aux forces musulmanes. Ensemble, ils ont contrôlé Beyrouth Ouest qui est devenue de plus en plus anarchique. La vie politique et sociale libanaise est tombée dans un chaos, caractérisé par une sinistre routine d’attentats à la bombe, d’assassinats, de harcèlements et de massacres de civils aux barrages routiers installés par les milices qui se faisaient la guerre.
Le 20 janvier 1976, des combattants de l’OLP, probablement renforcé par un contingent OLP venant de Syrie entré au Liban en 1975, ont détruit les villes chrétiennes de Jiyeh et Damour, massacrant environ 500 personnes. En mars, le Major Saad a formé l’Armée du Liban Sud (SLA), une milice qui s’est alliée à Israël et dont la mission était de protéger les chrétiens résidants dans le Sud Liban. En juin, 1976, les Maronites étant au bord de la défaite, le Président Elias Sarkis a, réclamé l’intervention de la Syrie. Avec l’accord des Américains et des Israéliens, les Syriens sont entrés dans le Liban sous couvert de protéger les chrétiens et la fragile constitution multi-religieuse multiethnique libanaise mais également pour réaliser la vieille ambition baasistes de faire du Liban un élément de la Grande Syrie. Le 13 août 1976, avec la protection et probablement la participation active de l’armée syrienne, la milice phalangiste chrétienne a attaqué le camp de réfugié d’Al-Za’atar et y a tué au moins 3.000 civils.
Après l’attaque d’un autobus sur la route Haifa-Tel-Aviv au cours de laquelle une trentaine de personnes ont été tuées, Israël a envahi le Liban en mars 1978 (opération Litani) et occupé la majeure partie de la région au sud du fleuve Litani. En réaction, la résolution 425 du Conseil de sécurité de l’ONU a demandé le retrait immédiat des forces israéliennes et la création d’une force intérimaire de l’ONU au Liban (UNIFIL), chargée du maintien de la paix.
Les forces israéliennes transférèrent au SLA leurs positions à l’intérieur du Liban, le long de la frontière. Le SLA et Israël établirent une zone de sécurité, large de 18 km. Son but était de , protéger le territoire israélien des attaques à travers la frontière et aussi les Libanais du Sud de l’OLP qui occupait et utilisait leurs villages comme bases pour canonner Israël. Le secteur sud est devenu une » frontière ouverte » séparée par la « bonne barrière, » qui permettait aux habitants du Liban de trouver du travail en Israël Les attaques et contre-attaques le long de la frontière Nord d’Israël ont about,i en juillet 1981, à un cessez-le-feu entre Israël et l’OLP, sponsorisé par les USA, Il a été généralement respecté par les deux côtés. Néanmoins, l’OLP a continué à se renforcer et à s’enraciner dans le Sud Liban.
La guerre du Liban de 1982 (Paix pour la Galilée) – Le 3 juin 1982, des terroristes du groupe Abu Nidal, indépendant de l’OLP, ont tiré sur l’Ambassadeur israélien Shlomo Argov à Londres. Il a été atteint à la tête. En réponse, Israël a envahi le Liban en force. La plupart des analystes croient que l’attentat contre Argov a simplement servi d’excuse à une opération prévue par le ministre de la défense Ariel Sharon avec l’approbation tacite de l’administration Etats Unis. Le régime islamiste iranien envoya au Liban des Pasdaran, les gardes révolutionnaires, qui avaient antérieurement organisé la prise de l’ambassade des USA à Téhéran. Ils ont commencé à organiser un mouvement de résistance, le Hizb Allah (le parti d’Allah) ou Hizbolla.
L’invasion par Israël a eu comme résultat, en août, l’expulsion de l’OLP du Liban vers Tunis. La guerre a commencé à être très contestée en Israël dès que l’armée a dépassé ses objectifs officiels. Le 14 septembre 1982, le président élu du Liban, Bashir Gemayel, un allié d’Israël, fut tué par une bombe apparemment installée par le service secret Syrien. Ostensiblement pour maintenir l’ordre, le gouvernement israélien décida d’entrer dans Beyrouth Ouest. Ils ont autorisé leurs alliés, les phalanges chrétiennes libanaises à pénétrer les camps de réfugiés palestiniens de Sabra et de Shatilla ou ils les y ont envoyé. Les phalangistes ont perpétré un massacre, tuant environ 700 personnes dans Sabra et Shatilla et excitant la colère de la communauté internationale aussi bien que du public israélien. Une commission d’enquête israélienne dirigée par le juge Kahan a impliqué indirectement le ministre israélien de la défense Ariel Sharon et plusieurs autres dans les massacres, notant qu’ils auraient pu prévoir la possibilité de la violence et agir pour l’empêcher. Le rapport de Kahan a provoqué la démission de Sharon comme ministre de la défense. Israël s’est dégagé ensuite lentement du Liban. Pendant Israël se retirait, le Liban est devenu de plus en plus anarchique. La vie de Beyrouth en vint à être caractérisée par les tirs, les kidnappings et les bombardements. Les tentatives américaines de rétablir l’ordre ont échoué suite à des attentats suicide à grande échelle contre la base des marines et l’ambassade des USA. Les USA se sont retirés et le Liban, particulièrement Beyrouth, a plongé dans le chaos. L’ordre n’a été rétabli qu’après que le Liban soit devenu essentiellement un satellite de la Syrie. Israël a continué à maintenir une présence au Sud Liban jusqu’en 2000, quand les dernières troupes israéliennes ont été retirées par le Premier ministre Ehud Barak.
L’affaire Pollard – en novembre 1985, Jonathan Pollard, un Juif américain employé par le Centre de la marine américaine d’alerte antiterroriste a été arrêté pour espionnage au service Israël Il a plaidé coupable dans le cadre d’un accord entre parties que le gouvernement des USA n’a apparemment pas respecté et Pollard a été condamné à l’emprisonnement à vie en 1987, une condamnation exceptionnelle en comparaison à d’autres affaires. L’affaire a été un handicap grave aux relations américano-Israéliennes qui soulevait le spectre de l’accusation de double loyauté contre les Juifs américains. En même temps, Pollard est devenu une cause célèbre de la droite sioniste, qui a souligné qu’il avait été employé et abandonné par le gouvernement israélien, qui a peu fait pour obtenir sa liberté.
La première Intifada – Alors que l’OLP était affaiblie, les Palestiniens des territoires occupés ont pris leur destin dans leurs propres mains. Début 1987, une révolte appelée l’Intifada a éclaté dans la Bande de Gaza et la Rive ouest. Cette révolte, initiée par les habitants, n’a impliqué la plupart du temps qu’une faible violence comme le lancement de pierres, Elle a accru la sympathie pour la lutte des Palestiniens contre les occupants israéliens. Cette l’Intifada était terminée pour 1991.
Le processus d’Oslo
Après la guerre du Golfe, la pression des USA, l’éclatement de l’URSS et une opinion internationale favorable ont permis d’organiser des négociations pour régler le problème palestinien. En 1993 et 1995, Israël et l’OLP ont signéla Déclaration de principe d’Oslo et l’Accord intérimaire d’oslo. Cet accord a créé l’Autorité nationale palestinienne (ANP), une entité supposée provisoire avec la capacité de négocier avec Israël et de gouverner les secteurs de la Rive Ouest et de Gaza évacués par Israël. Israël et la Jordanie ont signé un traité de paix en 1994. Le processus de paix avec les Palestiniens a conduit au retrait des troupes israéliennes de la bande de Gaza et de la plupart des villes de la Rive occidentale pour le début de1996. En janvier 1996, les Palestiniens de Gaza et des parties sous contrôle de l’ANP de la Rive Ouest élisent une Assemblée législative contrôlée par le Fatah et avec Yasser Arafat comme Président (avec le titre de » Raïs » – » président » – pour les Palestiniens) pour administrer les régions dont les Palestiniens prenaient le contrôle après le retrait des Israéliens. Environ 97% des Palestiniens des territoires dépendaient directement de l’ANP mais seulement à peu près 8% du territoire. Israël s’est embarqué dans un programme accéléré de colonisation, bâtissant des milliers de logements sur la Rive Ouest et doublant le nombre de colons entre cette époque et 2004.
Bien que l’OLP ait accepté de renoncer à la violence par la Déclaration de principe d’Oslo, des attaques sur les colons ont continué. Sinistre avertissement, avant même la déclaration des principes d’Oslo, le 16 avril 1993, un attentat du Hamas, à Mehola, sur la Rive occidentale, a provoqué l’explosion d’une bombe suicide dans une voiture, entraînant la mort d’un Israélien en plus de celle du terroriste. Le 25 février 1994, Baruch Goldstein, un colon de droite irrité, a ouvert le feu sur des fidèles arabes dans le Caveau des Patriarches à Hébron, tuant 30 personnes avant d’être tué à son tour. En guise de vengeance, le Hamas a effectué plusieurs attaques suicide en Israël à partir d’avril 1994. En Israël, le processus de paix est devenu de plus en plus impopulaire. Le 5 novembre 1995, le Premier ministre israélien Yitzhak Rabin était assassiné par Yigal Amir, un jeune fanatique de droite durant un rassemblement pour la paix. Il a été remplacé par Shimon Peres , le père de l’Accord intérimaire d’Oslo. Une vague de bombardements suicide du Hamas au printemps de 1996 et sa stratégie inepte durant la campagne électorale ont fait perdre à Peres l’élection de mai 1996 qui a tourné à l’avantage de Benjamin Netanyahu, le chef du Likoud et adversaire du processus d’Oslo. Netanyahu a décidé d’achever une attraction touristique souterraine controversée à Jérusalem en ouvrant une porte entre deux tunnels. Les milieux arabes ont répandu la fausse rumeur que la porte mettait en danger les fondations de la mosquée Al-Aqsa. Il en est résulté plusieurs jours d’émeutes et de nombreuses victimes.
En dépit de l’opposition de Netanyahu au processus d’Oslo, Israël et l’ANP ont signé en janvier 1997 un accord intérimaire sur Hébron. Tsahal s’est retirée des la plus grande partie de Hébron, laissant une enclave d’environ 500 colons, protégée par Tsahal, au milieu d’une ville arabe. Les négociations de Wye River , en octobre d’1998 ont résulté en un accord comprenant un nouveau retrait des troupes israéliennes et le renouvellement de l’engagement des Palestiniens à empêcher la terreur et l’incitation. Cependant, la plupart des dispositions de l’accord n’ont pas été réalisées par les Palestiniens et les Israéliens ne se sont pas retirés comme stipulé dans les accords tant que Netanyahu est resté au pouvoir. En mai 1999, Benjamin Netanyahu a été battu et le travailliste Ehud Barak est devenu Premier ministre. Barak a continué les programmes d’expansion des colonies mais il s’est engagé à poursuivre activement les négociations de paix. Barak a d’abord essayé de reprendre des négociations avec la Syrie mais le Président syrien Hafez Assad a rejeté une offre relayée par le Président Clinton qui, est-il dit, aurait donné à la Syrie la plus grande partie des Hauteurs du Golan excepté un accès à la mer de Galilée.
Barak a tourné son attention vers la Syrie et les négociateurs ont commencé à travailler sur un règlement final. Barak a offert de rendre Abu Dis, une banlieue de Jérusalem, comme capitale palestinienne. Cependant, cette offre a été retirée suite à la violence qui éclata à la mi-mai 2000.
Les événements récents
La deuxième Intifada
En juillet, 2000, les négociations de Camp David aux Etats-Unis pour un règlement final ont fini dans une impasse. Les Palestiniens insistaient sur le droit des réfugiés à retourner en Israël ce qui aurait créé une majorité arabe en Israël. Israël insistait pour annexer des points clés des secteurs palestiniens et laisser intacte la plupart des colonies. Il n’offrait seulement qu’une forme limitée de souveraineté palestinienne. Les Palestiniens prétendent que les seules offres faites à Camp David prévoyaient un Etat palestinien constitué de cantons ou Bantoustans. Il semble que cela caractérise l’offre initiale d’Israël. Cependant dans son livre » The Missing Peace, 2004 « , Denis Ross montre une carte qui est supposée refléter le compromis proposé par les Américains à Camp David. Elle inclut à peu près 91% du territoire de la Cisjordanie. Les deux parties étaient d’accord sur le retrait de Gaza.
L’ction violente des Palestiniens a commencé le 28 septembre 2000, en réaction à la visite d’Ariel Sharon au Mont du Temple à Jérusalem. Cet endroit, le Haram as Sharif en arabe est le site de la mosquée Al-Aqsa, sainte pour les musulmans. Des fausses rumeurs que Sharon était entré dans la mosquée attisèrent la violence.
Les USA appelèrent une conférence à Charm el-Cheikh pour mettre un terme aux violences. Les deux parties s’engagèrent à mettre fin aux effusions de sang et à retourner à la table de négociation. Lors de cette Conférence, il fut également décidé qu’une commission d’enquête sous direction américaine étudierait les causes du conflit et ferait des recommandations à l’ONU. Cette décision aboutit au Rapport Mitchell. Peu de temps après cependant, Les dirigeants arabes et Yasser Arafat se réunirent au Caire, en un Sommet extraordinaire de la Ligue arabe. Ils publièrent un communiqué belliqueux en faveur de l’Intifada et appelant une enquête internationale plutôt que celle acceptée à Charm el-Cheikh. Deux semaines plus tard, un attentat suicide à Jérusalem mit un terme à la trêve.
Le temps manquait pour les négociations, car le Premier ministre israélien Ehud Barak avait à faire face à des élections et le Président Clinton terminait son mandat. Les négociations à Washington en décembre 2000 échouèrent. Le Président Clinton avait émis une proposition de compromis et demandé que els parties els acceptent pour le 27 décembre.,

Selon le résumé de Ross, les propositions de Clinton donnaient aux Palestiniens à peu près 97% de la Cisjordanie et la souveraineté de leur espace aérien. Les Réfugiés ne pouvaient retourner en Israël qu’avec l’accord de celui-ci. Une force internationale serait basée 6 ans dans la vallée du Jourdain en remplacement de Tsahal. Les quartiers arabes de Jérusalem et le Haram as Sharif (Mont du Temple) serait incorporé à la Palestine.
Le 27 décembre, le gouvernement israélien accepta, avec des réserves qui, selon Ross, » étaient dans les paramètres « . Les Palestiniens ne disaient ni oui ni non. L’échéance passa sans une réponse Palestinien claire. Selon Ross, il dit le 29 décembre à Abu Ala (Abu Qurei) :
Retenez mes paroles. Ils (les Etats Unis) se retireront du problème et ils le feront à un moment où vous n’aurez pas à faire à Barak, ni à Amnon, ni à Shlomo, mais quand Sharon sera Premier ministre. Il sera certainement élu s’il n’y a pas d’accord et vos 97% deviendront 40-45%, votre capitale ) Jérusalem Est s’envolera, le départ de Tsahal de la Vallée du Jourdain aussi ainsi que le droit illimité de retour des Réfugiés à votre propre Etat.
Abu Ala a répondu:
J’ai peur qu’il ne faille un autre 50 ans pour régler le problème. »
Lors des négociations de dernières minutes de Taba du 21 au 27 janvier 2001, sous le patronage européen et égyptien, les Parties n’ont pas réussi à s’entendre malgré de nouvelles concessions israéliennes. Bien que les deux côtés se soient entendus sur un communiqué commun disant qu’ils n’ont jamais été aussi prés d’un accord, des divergences substantielles restaient à propos du problème des réfugiés et des cartes finales. Le Premier ministre israélien Barak a interrompu les négociations le 28 janvier 2001, les suspendant jusqu’après les élections. Barak avait espéré atteindre un accord qu’il pourrait présenter au public israélien. Il était fâché et déçu. Les négociations ont été arrêtées puisque que Barak, qui avait favorisé le processus de paix, avait perdu les élections du début février et était remplacé par Ariel Sharon et un gouvernement de droite.
Durant les négociations, aucune carte officielle n’a été présentée par ni aux parties. Après l’échec des négociations, les Palestiniens ont continué à dire qu’Israël n’avait offert que des » Bantoustans » en Cisjordanie. Le gouvernement israélien n’a publié aucune carte.. Le groupe Gush Shalom et la Fondation pour la Paix au Moyen-Orient ont en plus publié une carte de l’offre faite à Taba par le gouvernement Barak.
La violence a continué en 2001 et 2002, en dépit des tentatives de la commission Mitchell et d’autres de ramener le calme. L’attaque terroriste sur le World Trade Center, le 11 septembre 2001, a eu des répercussions directes sur le conflit Israélo-Palestinien. D’une part, les pays arabes et islamiques ont essayé de marchander leur coopération dans la guerre contre la terreur pour gagner des concessions en faveur des Palestiniens. De l’autre, beaucoup d’Américains ont commencé à regarder les actions terroristes d’un autre oeil, lorsque des organisations telles que Hamas et le Hizbulla ont été liées avec le groupe Al-Qaeda d’Osama Ben-Laden. Particulièrement dommageables pour les Palestiniens, les démonstrations qui eurent lieu en faveur de Ben Laden et l’évidence reliant une cargaison d’armes illégales interceptée par Israël, le Karine A, à un soutien iranien pour l’ANP. Ce bateau fut arraisonné le 3 janvier 2002, le jour de l’arrivée du délégué américain Anthony Zinni pour essayer d’arriver à un accord. Dans cette perspective, les USA et l’EU ont paru donner à Israël une liberté plus large d’action contre les Palestiniens. Israël a fait des incursions de plus en plus importantes dans les zones palestiniennes. Il a confiné Arafat, le Président de l’ANP, dans son bureau de Ramallah. Mais les Palestiniens ont intensifié les attaques sur les soldats aussi bien que les bombardements suicide.
La Proposition séoudienne de paix et la Résolution pour un Etat palestinien – Le Prince héritier séoudien Abdulhah a émis une proposition dramatique pour en finir avec la longue guerre arabe contre Israël moyennant le retrait israélien des territoires palestiniens et du Golan ainsi que des arrangements appropriés pour Jérusalem et les réfugiés. Cette proposition, modifiée pour la préciser en ce qui concerne les réfugiés, a été adoptée par une réunion de la Ligue arabe. Par la suite, elle a été incorporée dans le plan du Quartet appelé la » Feuille de route « . Le 12 mars, 2002 le Conseil de sécurité de l’ONU a voté la résolution 1397, invitant de nouveau les parties à arrêter la violence, mentionnant le plan de paix du Prince héritier séoudien Abdulhah et, pour la première fois, réclamant la création d’un Etat palestinien à côté d’Israël.
Opération Mur défensif – Durant cette même période cependant, les attaques terroristes et suicide ainsi que les représailles israéliennes ont continué. Yasser Arafat a proclamé plusieurs fois l’arrêt de la violence mais cela n’a pas semblé affecter la fréquence ou la sévérité des bombardements suicides et des embuscades. Les Israéliens, de leur côté, ont continué leur politique d’assassinat des hommes recherchés dans les territoires palestiniens. Au cours de la dernière semaine de mars, comme le Général Zinni venait une fois de plus au Moyen-Orient, les Palestiniens ont réussit une attaque suicide pratiquement chaque jour, sans compter les nombreux échecs. Une explosion au Park Hotel de Netanya a tué 27 personnes qui célébraient la Pâque. Israël a lancé une incursion massive, l’Opération Mur défensif, dans le but de déraciner l’infrastructure terroriste. Ramallah, Naplouse, Jenine, Tulkarm et d’autres villes ont été réoccupées. Israël a déclaré qu’une cinquantaine de personnes seulement ont été tuées dans la bataille pour le camp de réfugiés de Jenine, la plupart des membres des brigades suicide du Fatah, les Martyrs d’Al-Aqsa. Les Palestiniens accusaient les Israéliens ‘d’avoir commis un massacre dans le camp de réfugiés de Jenine, tuant plus de 500 personnes. Ces accusations ont été répétées par la plupart des médias en Europe bien qu’elles aient plus tard été rétractées. Les groupes des droits de l’homme qui ont visité le camp de réfugiés de Jenine après l’invasion israélienne ont rapporté beaucoup de dégâts et que l’armée avait probablement commis des crimes de guerre en empêchant l’aide médicale, mais que seulement environ 50 personnes avaient été tuées dont plus de la moitié étaient des terroristes, confirmant la version israélienne des événements.
Les attaques suicide ont diminué, mais elles ne se sont pas arrêtées. Au cours des combats, Israël a capturé de nombreux documents fournissant des preuves que Yasser Arafat avait personnellement approuvé l’organisation de cellules terroristes et que le ministre des finances de l’ANP avait approuvé des paiements pour des ceintures d’explosif pour bombes suicides. Les Israéliens ont capturé ou tué de nombreuses personnes suspectes de participation aux activités terroristes. L’armée a également détruit des registres, des bâtiments, des routes et les infrastructures civiles innocentes de banques, d’ONG et d’autres organisations clairement extérieures au terrorisme. Plus tard dans la campagne, Tsahal est parvenue à localiser Marwan Barghouti, le chef de la jeune garde du Fatah, le Tanzeem, et à le capturer. Israël a déclaré avoir les preuves de sa complicité dans de nombreux actes terroristes et il l’a par la suite envoyé devant un tribunal. Barghouti a reçu cinq condamnations à perpétuité pour complicité de meurtre. Des critiques ont argué qu’il était impossible de mettre un terme à la terreur par la force militaire sans progrès vers un accord de paix. Cependant, à la suite de l’opération Mur défensif, le nombre et la fréquence des attaques terroristes réussies ont commencé à diminuer, comme les forces israéliennes de sécurité faisaient un toujours meilleur usage des renseignements recueillis pendant les combats pour détecter et arrêter les attaques. Le nombre des tentatives n’a cependant pas sensiblement diminué.
Après l’opération Mur défensif, le Secrétaire d’Etat des USA, Colin Powell, qui avait besoin de calme en Israël et en Palestine pour organiser une alliance contre l’Irak, vint essayer de terminer la violence. La mission de Powell échoua. Il n’a pas pu obliger les Israéliens à se retirer complètement des secteurs réoccupés, ni les Palestiniens à accepter un cessez-le-feu. Les manifestations et la colère dans les pays arabes, attisées par les bruits d’un massacre, ont poussé au vote par l’ONU de La résolution 1402 qui exigeait qu’Israël se retire immédiatement des territoires. Avant le départ de Powell, Israël s’était retiré de quelques villes mais Yasser Arafat était toujours emprisonné dans Ramallah et les Israéliens assiégeaient l’église de la Nativité à Bethlehem où des Palestiniens armés avaient cherché refuge. Le Conseil de sécurité de l’ONU a adopté la résolution 1403 exprimant sa consternation du non-respect de la résolution 1402. Le 19 avril, le Conseil de sécurité a adopté la résolution 1405, réclamant une investigation impartiale des allégations palestiniennes. Israël s’est opposé à la composition de l’équipe. Israël avait d’abord accepté l’enquête mais plus tard, il a fait marche arrière et l’a bloquée, déclarant que la composition et les procédures seraient injustes vis-à-vis Israël, et que l’ONU avait dénoncé un accord initial au sujet de l’investigation. L’opposition à l’enquête a été attisée par le souvenir des Israéliens de la récente conférence de Durban ainsi que par l’infamante résolution » Sionisme = Racisme « de l’ONU, qui est revenue plusieurs fois dans le débat public.
Le Premier ministre israélien Ariel Sharon a visité les USA en mai 2002. Il a été mis sous pression par l’administration américaine d’avancer un programme de paix acceptable aux Palestiniens et aux Etats arabes. Ils ont discuté le plan d’un sommet régional plus tard en 2002 et les Israéliens ont présenté les preuves de la participation de Yasser Arafat et de l’ANP aux activités terroristes. La nouvelle d’un bombardement suicide commis par le Hamas est arrivée au cours de la réunion de Bush et Sharon, obligeant le Premier ministre israélien à abréger sa visite et à retourner en Israël
Les sièges de la Muqata et de l’église de la Nativité été également conclus en mai 2002. Des militants de l’église de la Nativité ont été exilés à Chypre et en Europe. Certains des hommes recherchés abrités à la Muqata de Ramallah ont été emprisonnés à Jéricho mais d’autres y sont apparemment restés. Le chef du FPLP a été accusé d’avoir coordonné une attaque suicide à partir de sa cellule à Jéricho. À fin mai, pressé de démocratiser, Yasser Arafat a signé la loi fondamentale c’est a dire la constitution de l’Etat transitoire palestinien. Elle déclare que la loi palestinienne sera basée sur les principes de la loi islamique (Sha’ariyah).
En juin, suite à une autre série d’attaques suicide palestiniennes, les forces israéliennes ont t réoccupé pratiquement toute la Rive Ouest. Le gouvernement israélien s’est empressé d’annoncer que la nouvelle occupation ne durerait pas indéfiniment et puis il a dit le contraire. Le Président Bush a fait un long discours attendu sur la politique au Moyen-Orient réclamant un Etat palestinien tout en insistant pour une réforme démocratique de l’Autorité nationale palestinienne.
En août et septembre 2002, plusieurs tentatives palestiniennes de cessez-le-feu ont été contrecarrées par le refus des groupes extrémistes de participer et par des actions d’Israël tels que tuer Salah Shehadeh, le chef de l’aile militaire du Hamas avec des missiles sur Gaza coûtant la vie à 13 civils. Shehadeh a été remplacé par Mohamed Deif. Août et septembre ont vu un répit de six semaines de grandes attaques suicides terroristes ce qui a facilité un plan israélo-palestinien pour restaurer la pleine autorité palestinienne sur Gaza et Bethlehem pour commencer. Cependant, plusieurs attaques violentes dans Gaza ont fait échouer la tentative. Au début septembre, les forces israéliennes de sécurité ont contrecarré plusieurs tentatives d’attaque suicides. Elles ont trouvé un camion chargé de 1300 livres d’explosifs et de bonbonnes de gaz, qui devait être utilisé par des Palestiniens dans une attaque suicide.
Le PLC (parlement palestinien) s’est réuni en septembre pour approuver le nouveau cabinet choisi en conformité avec les efforts de réforme. Les membres du PLC ont refusé de ratifier le cabinet jusqu’à ce que Yasser Arafat permette au Premier ministre de partager son autorité. Au lieu de cela, Arafat a accepté des élections pour janvier 2003, en dépit de l’occupation israélienne. La popularité d’Arafat était au plus bas. Ces élections n’ont jamais eu lieu.
La période de calme relatif s’est terminée avec les attaques suicides de Umm El Fahm et dans un autobus de Tel-Aviv. Le gouvernement israélien a envahi Gaza y compris une incursion dans la ville de Gaza. Il a assiégé Yasser Arafat et environ 200 autres dans la Muqata de Ramallah. Israël a exigé que les Palestiniens cèdent les personnes recherchées qui avaient pris refuge dans la Muqata y compris Tawfiq Tirawi, le patron de la sécurité. Arafat est resté défiant. Israël a détruit tous les bâtiments de la Muqata excepté le principal, promettant de ne pas toucher à Arafat. La rumeur qu’Israël était sur le point de faire sauter la Muqata a provoqué des manifestations massives dans la Rive Ouest et à Gaza. Il y eut quatre décès. Les Etats-Unis ont fait pression pour qu’Israël cesse de détruire les bâtiments de la Muqata et se retire. En dépit d’une résolution de l’ONU, Israël a continué le siège. La popularité d’Arafat avec des Palestiniens a grandi. Par la suite, le siège a été levé mais Arafat est resté confiné et isolé à Ramallah. Un deuxième siège a eu lieu à l’automne.
En avril 2002, le gouvernement américain a initié une série de consultations avec un groupe de diplomates qui sont devenus connus comme « le Quartet. » Le Quartet a émis une Feuille de route pour un règlement, y compris le retrait israélien des territoires occupés et l’établissement d’un Etat palestinien.
En octobre 2002, le parti travailliste a quitté le gouvernement israélien d’union. Le Premier ministre Ariel Sharon a organisé une élection anticipée le 28 janvier. Le parti Likoud d’Ariel Sharon a reçu un large mandat pour continuer sa ligne politique dure contre les Palestiniens. Le parti travailliste d’Israël a refusé de former un gouvernement d’union. Israël a continué à occuper la majeure partie de la Rive Ouest.
Au cours de cette période, les USA continués à rassembler des forces pour l’invasion de l’Irak et les partenaires des Etats Unis et du Quartet ont continué à promouvoir la Feuille de route du Quartet pour la paix au Moyen-Orient. Les associés du Quartet et particulièrement les USA ont fait pression sur les Palestiniens pour qu’une réforme complète de leur gouvernement élimine la corruption et le soutien au terrorisme. Il a été proposé que Mahmud Abbas (Abu Mazen) assume le poste de Premier ministre, éclipsant et déplaçant le encore populaire Yasser Arafat.
La guerre d’Irak et la réforme de l’Autorité palestinienne – Le 20 mars 2003, les armées américaines, britanniques et australiennes ont envahi l’Irak. Les Palestiniens soutenaient Saddam Hussein. Son régime avait fourni une aide financière aux familles des auteurs des attentats suicide et abritait aussi des militants palestiniens. Les forces américaines sont entrées dans Bagdad le 9 avril et, le 1er mai, le Président Bush a déclaré la fin de la guerre. Celle-ci a provoqué le bouleversement du Moyen-Orient et particulièrement affecté les Palestiniens. Les Arabes ont été surpris par la rapidité de l’effondrement de l’Irak. Les gouvernements arabes, y compris le palestinien, se sont empressés de faire des gestes conciliants et de parler de démocratie, tout en critiquant l’occupation de l’Irak par les Etats Unis qui a suscité beaucoup de ressentiment.
Mahmud Abbas a été élu Premier ministre palestinien le 29 avril mais la violence n’a pas diminué. Le jour de son élection, les Israéliens ont fait des incursions sanglantes dans Gaza et d’autres places. Quelques heures plus tard, le Fateh et le Hama lançaient une attaque suicide contre une boîte de nuit de Tel-Aviv. Le jour suivant, Israël a commencé à faire des incursions étendues dans les territoires en violation de la Feuille de route, Yasser Arafat a pris lui-même en charge l’organisation d’une nouvelle force unifiée de sécurité. Comme promis aux Palestiniens, les USA ont publié une mise à jour de laFeuille de route avril 30 juste après l’élection d’Abu Mazen.
Lors d’un sommet de fête qui s’est tenu le 4 juin à Aqaba, le Premier ministre israélien Sharon et le palestinien Mahmud Abbas (Abu-Mazen) se sont engagés à remplir les conditions de la Feuille de route. Ils se sont serré la main en présence du président George Bush. Abu Mazen a appelé à la fin de la violence.
Les extrémistes islamistes du Hamas et les chefs du Jihad islamique ont juré de continuer la violence. Peu après le sommet, quatre soldats israéliens ont été tués dans Gaza lors d’une opération commune des extrémistes islamistes et du Fatah d’Abu Mazen. Israël a commencé à démanteler dix d’une centaine d’avant-postes illégaux mais il n’a démantelé finalement que ceux qui n’étaient pas habités. Le 10 juin, Israël a essayé d’assassiner Ahmed Rantissi, le chef du Hamas, provoquant la fureur des Palestiniens et une critique des Etats Unis. Le 11 juin, un attentat suicide du Hamas a tué 16 Israéliens dans un autobus sur la rue principale de Jérusalem. Le 20 août, un attentat suicide a tué 21 personnes dans un autobus de Jérusalem. Le jour suivant, Israël a assassiné Ismail Abu Shanab, un chef de Hamas, probablement en guise de représailles. Israël a également annoncé que tous les chefs du Hamas devenaient des cibles et il a procédé à plusieurs tentatives d’assassinat, certaines non réussies contre eux, y compris contre »leur chef spirituel » âgé et estropié. Pendant que la trêve se défaisait, il y avait des menaces et des rumeurs d’attentats par des extrémistes palestiniens contre la vie du Premier ministre de l’ANP Mahmud Abbas. Les jours suivants, Israël a envahi la Rive Ouest pour un nettoyage de sécurité prévu pour durer plusieurs jours. Abbas et Mohamed Dahlan, son chef sécurité à Gaza, ont commencé à agir contre les terroristes palestiniens en accord avec les exigences de la Feuille de route. Sur quoi Yasser Arafat a remplacé Dahlan par Gibril Rajoub pour remettre la sécurité et le ministère de l’intérieur dans les mains de ses partisans. Abbas a annoncé le 4 septembre qu’il n’agirait pas contre les terroristes mais cela n’a pas sauvé sa carrière politique. Abbas a démissionné le 6 septembre et Ahmed Qurei (« Abu Ala »), un supporter d’Arafat, est devenu Premier ministre à sa place. Qurei s’est engagé à une ligne dure contre Israël. Le 8 septembre les dirigeants de l’UE ont interdit l’aile politique du Hamas et stoppé les aides financières qu’elle recevait.
Au cours de la soirée du 10 septembre 2003, des attaques suicides simultanées à Jérusalem et à l’extérieur de la base militaire de Tzrifin près de Rishon Le Zion, ont coûté 15 vies. Le 4 octobre, une période de calme s’est terminée par l’attentat suicide, attribué au Jihad islamique, dans un restaurant de Haïfa, Le Premier ministre palestinien désigné, Ahmed Qurei, et l’ANP ont condamné cet attentat mais ont refusé de s’engager à agir contre les groupes terroristes. En représailles, Israël a envahi Gaza et Jenine et, le 5 octobre, Israël a attaqué une base en Syrie qu’il accusait de former les terroristes des groupes palestiniens. C’était la première attaque israélienne contre le territoire syrien depuis la guerre du Kippour (Ramadan) en 1973. Une longue période de diminution relative du nombre des attaques des Palestiniens a suivi mais Israël a continué ses attaques sur les cibles palestiniennes causant des pertes considérables en vie civile. Les attaques suicides ont sporadiquement continué, commises soit par le Hamas soit par le Jihad islamiques ou soit par les brigades du Fatah Al Aqsa, une groupe du Fatah d’Yasser Arafat dont l’ANP a apparemment perdu le contrôle. Des attaques suicide ont été effectuées le 25 décembre 2003, le 14 janvier 2004, le 29 janvier 2004, et le 22 février par les » modérés » des brigades du Fatah Al Aqsa comme par le Hamas et le Front Populaire pour la Libération de la Palestine.
L’Accord de Genève – Des leaders politiques israéliens de l’opposition et des personnalités palestiniennes ont annoncé leur accord de principe sur les conditions d’un accord final. Cet accord, connu comme l’Accord de Genève,demandait des concessions historiques aux deux parties. Israël renoncerait à la souveraineté sur les parties arabes de Jérusalem. Les Palestiniens renonceraient explicitement au droit de retour en Israël des réfugiés palestiniens. Bien qu’il n’ait aujourd’hui aucun caractère officiel, l’Accord a été largement publié. Il a reçu l’appui du Secrétaire d’état Colin Powell et un commentaire chaleureux du Président Yasser Arafat de l’ANP. Le gouvernement israélien a dénoncé l’accord et ses auteurs et a essayé de bloquer la publicité faite dans les médias publics. Les extrémistes palestiniens et leurs alliés ont aussi dénoncé l’accord.
La » Barrière de Sécurité » (appelée également la » Clôture de Sécurité « ou le » Mur de l’Apartheid « ) – une question importante en Israël, pour la campagne électorale 2003, a été la construction d’une barrière (mur) de sécurité que préconisait le parti travailliste d’Israël qui se range dans le camp de la paix. cette barrière, érigée en suivant la ligne verte, devait servir à empêcher les attaques suicide en Israël. Une barrière similaire à Gaza avait supprimé complètement les infiltrations. La droite, y compris le parti Likoud d’Ariel Sharon, s’opposait à une barrière qui créerait, à leur avis, une frontière de-facto, divisant Jérusalem, et plaçant la plupart des colonies israéliennes de la Rive Ouest en dehors de la protection qu’elle pouvait offrir. Sharon et le Likud ont gagné l’élection avec une majorité écrasante, provoquant la déroute totale du parti travailliste et du parti de gauche Meretz..
Pendant l’année 2003, le Premier ministre Ariel Sharon a adapté et adopté le concept de barrière, changeant son tracé pour inclure les principales colonies israéliennes et préparant le plan d’un tronçon oriental qui envelopperait les Palestiniens dans deux enclaves. Pendant que la barrière s’élevait, il est devenu évident qu’elle emprisonnerait beaucoup de Palestiniens qui se retrouveraient coupés de leurs champs et lieux de travail, certains du côté israélien de la ligne de l’armistice de 1948, la ligne Verte, et d’autres du côté palestinien. Dans les secteurs peuplés où elle est la plus visible, la barrière est en fait un mur menaçant de ciment quoiqu’il s’agisse d’une barrière sur la plus grande partie de son parcours.. Les groupes palestiniens et les groupes pacifistes israéliens ont commencé une campagne intensive de protestation. Le 8 décembre 2003, l’Assemblée générale des Nations Unies s’est réunie en session d’urgence. Elle a adopté la résolution ES-10/14, qui demandait à la Cour de Justice internationale (ICJ) de La Haye un avis consultatif sur la légalité de la barrière. L’ICJ a commencé ses auditions le 24 février. Israël les a boycottées mais a soumis un document expliquant sa position que la cour ne devrait pas se prononcer en la matière. Environ 30 autres pays, dont les Etats-Unis et plusieurs pays de l’UE, ont soumis des documents arguant que la cour ne devrait pas se prononcer dans une question politique plutôt que légale et n’ont pas non plus assisté aux auditions. La plupart de ces pays critiquaient également la barrière considérée comme illégale ou un obstacle aux négociations de paix. Les groupes sionistes et israéliens ont organisé des manifestations à La Haye. Les Palestiniens ont contre- manifesté. Les Israéliens ont apporté la carcasse d’un autobus bombardé et insisté que le mur devait empêcher des attaques suicide. Les Palestiniens ont utilisé les auditions comme plate-forme pour délégitimer l’occupation.
Le 9 Juillet, la Cour de Justice internationale a rendu un avis consultatif sur la barrière israélienne de sécurité. Le Tribunal a jugé que la barrière viole les droits de l’homme et qu’Israël doit la démanteler. Israël a annoncé qu’il ne respecterait pas la décision de la Cour mais il a projeté des modifications du tracé de la barrière pour répondre aux exigences de la Cour Suprême israélienne
Retrait unilatéral – une deuxième proposition du parti travailliste d’Israël, mené par Amram Mitzna, pendant la campagne électorale de 2003, était que si les négociations avec les Palestiniens échouaient, Israël devrait se retirer unilatéralement de la Bande de Gaza et peut-être aussi de parties de la Rive occidentale et essayer de vivre sa vie derrière la barrière de sécurité. Ariel Sharon et le Likoud ont condamné cette proposition comme défaitiste mais fin 2003, Sharon lui-même a annoncé qu’il élaborait un plan unilatéral de retrait, à effectuer « en 6 mois » (une date plus tard postposée). Le plan pour se retirer de tout Gaza a rencontré une opposition intense l’opposition intense des membres du parti Likoud et des colons. Les rapports de février indiquaient qu’Israël confisquait toujours des terres pour construire des barrières de sécurité autour de colonies de Gaza que Sharon était censé avoir marquées pour évacuation.
Un scandale de corruption en Israël – Après l’élection d’Ariel Sharon en 2003, une atmosphère oppressive de soupçons est tombée sur lui et sur d’autres membres du parti Likoud suite à des allégations de corruption et d d’influence mafieuse. En janvier 2003, David Appel, un associé étroit du Premier ministre israélien Ariel Sharon, a été mis en examen pour corruption. L’accusation a allégué qu’il avait suborné le fils de Sharon et le Vice-Premier ministre Ehud Olmert. La question évidente était de savoir si Sharon serait ou non mis en examen
Échange controversé de prisonniers – après plusieurs mois de négociations via un intermédiaire allemand, Israël et le mouvement Libanais Hezbollah se sont mis d’accord sur un échange de prisonniers à des conditions très inégales. Le 29 janvier 2004, Israël a libéré plus de 400 prisonniers palestiniens et libanais et rendu de nombreux cadavres en échange des corps de trois soldats israéliens enlevés et tués par le Hezbollah, et d’un civil, un officier de réserve, Elhanan Tannenbaum, un « homme d’affaires » douteux qui a menti à propos de la manière de son enlèvement. L’échange a offert au Hezbollah un film publicitaire gratuit pour la télévision Al-Manar .
L’assassinat de cheik Yassin – Israël avait l’intention depuis des mois d’assassiner Cheik Ahmed Yassin, le Chef du Hamas . Après l’attaque suicide dans le port d’Ashdod, Tsahal a intensifié les opérations contre les islamistes de Gaza, et prévenu de nouveau tous les chefs du Hamas qu’ils étaient des cibles. Le 22 mars, les renseignements israéliens ont établi qu’Ahmed Yassin, le fondateur et chef du mouvement islamiste Hamas, s’était rendu à la prière sans son épouse et ses enfants. Le feu vert a été donné pour l’assassiner. L’assassinat du vieil homme estropié, pourtant le responsable indirect du décès de centaines de personnes et du sabotage du processus de paix, a attiré des protestations d’une grande partie du monde et des serments de vengeance du Hamas. L’assassinat n’a probablement eu que peu de valeur stratégique et n’a été effectué que pour soutenir la popularité déclinante du Premier ministre Ariel Sharon.
Plan de désengagement et lettre de garantie de George Bush – en avril 2004, le Premier ministre israélien Ariel Sharon a voyagé aux USA. Le 14 avril, il a rencontré le Président George Bush, pour obtenir le support américain et des garanties pour son projet de désengagement unilatéral Bush lui a fourni une lettre déclarant que les Etats Unis acceptent le plan de dégagement et que la Feuille de route reste le seul plan de paix qu’ils soutiennent. En outre, pour aider Sharon à convaincre les Israéliens, Bush a ajouté que les Etats Unis croient que les réfugiés palestiniens doivent être accueillis dans le nouvel Etat palestinien plutôt qu’en Israël, qu’à son avis, Israël ne devrait pas être obligé der se retirer jusqu’aux frontières de l’armistice de 1949 et que les USA approuvent la barrière israélienne de sécurité. Sharon a réitéré l’engagement israélien à la Feuille de route et a affirmé que la barrière de sécurité n’était qu’une mesure provisoire et pas la frontière finale. La lettre de Bush ne pourra pas peser lourd dans de futures négociations. Elle répétait les positions prises par l’ancien Président Clinton sur les réfugiés et les frontières. Néanmoins, elle a attiré la réprobation générale du monde musulman. Le plan de dégagement a été refusé lors d’un référendum du Likoud, le 2 mai 2004. A la suite de quoi, Sharon a proposé une version modifiée du plan. En outre, Israël a conduit en mai des opérations militaires étendues à Gaza, l’opération Arc-en-ciel, tuant plus de 40 personnes, laissant des milliers de sans-abri et provoquant la colère internationale. En octobre 2004, Israël a lancé l’opération Jours de Repentir pour empêcher le tir de fusées palestiniennes sur les villes israéliennes. L’opération a tué beaucoup de civils et en a laissé beaucoup d’autres sans foyer. En octobre, le parlement israélien (la Knesset) a voté en première lecture la loi de désengagement, forçant finalement le parti national-religieux, de droite, à quitter le gouvernement, et réduisant le gouvernement à une minorité de 55 sièges.
L’assassinat d’Abdel Azis Rantisi – Le 17 avril 2004, l’aviation israélienne a tué le Dr Abdel Azis Rantisi, le chef nouvellement élu du Hamas. Le Dr Mahmoud Zahar a été apparemment élu pour le remplacer mais aucune annonce officielle n’a été faite par crainte d’un attentat israélien. Zahar est supposé être le dernier survivant des sept fondateurs du Hamas. Les autres ont tous été assassinés par Israël.
Le Gouvernement de Ahmed Qurei – Le 12 novembre 2003, après une longue période de négociations, le Premier ministre palestinien Ahmed Qurei a formé un gouvernement permanent. Des tentatives ont eu lieu pour installer un cessez-le-feu et pour renouveler les négociations avec les Israéliens mis sans grand résultat. Le 19 novembre, le Conseil de sécurité de l’ONU a approuvé la résolution 1515, supportant la Feuille de route pour la paix du Quartet et appelé les parties à respecter leurs engagements à son égard. Les incursions israéliennes ont continué cependant. Les Palestiniens, pour leur part, ont semblé peu disposés ou incapables de contrôler les groupes terroristes. Des réunions possibles entre Ahmed Qurei et le Premier ministre israélien Ariel Sharon ont été successivement annoncées, l’objet de rumeur et vantées avant de s’évaporer. Pendant un temps, Qurei a annoncé qu’il ne rencontrerait pas Sharon tant qu’Israël construisait sa barrière de sécurité (voir ci-dessous). Cependant, quand Sharon a annoncé son plan unilatéral de dégagement et qu’il a paru sérieux, Qurei s’est inquiété de ce qu’un retrait sans aucune négociation soit une victoire pour le Hamas et le Jihad islamique, les rivaux politiques de l’OLP au pouvoir, qui se préparent à hériter du gouvernement palestinien. Qurei a alors annoncé qu’il était prêt à rencontrer Sharon et qu’une réunion aurait certainement lieu à la fin de février. Cependant, des négociations pour placer l’ordre du jour de cette réunion ont été remises à plus tard pour différentes raisons, y compris des attaques suicide et des assassinats israéliens.
Le Chaos à Gaza – En attendant, il est devenu évident que Qurei n’était pas vraiment capable de gouverner malgré quelques succès dans l’amélioration de la transparence financière exigée par l’UE et les Etats-Unis. Au début 2004 il y eut plusieurs rapports sur le chaos, la division et l’anarchie dans les territoires palestiniens. À la fin de février, l’ex-chef de la sécurité Mohamed Dahlan a indiqué que l’autorité palestinienne n’était pas à même d’arrêter les brigades dissidentes du Fatah Al-Aqsa, responsables de plusieurs attentats suicide. Les tentatives d’unifier les forces de sécurité étaient bloquées par Arafat. Elles ont fini dans la dissension et des récriminations amères. Le 26 février, le Président Arafat a promis de tenir les élections longtemps remises à plus tard. Beaucoup de Palestiniens n’ont pas cru qu’il tiendrait sa promesse. Dans Naplouse, l’anarchie régnait et le maire démissionnait.
Le week-end du 18 juillet 2004, la violence a éclaté entre les factions du Fatah de Gaza. Un groupe a enlevé le chef de la police Ghazzi Jibbali et plusieurs ressortissants français puis les a relâchés avec la condition que Jibbali soit poursuivi en justice. Yasser Arafat a réorganisé la Sécurité, nommant son neveu, Musa Arafat, responsable des forces palestiniennes de sécurité. Les opposants ont réagi en donnant l’assaut au QG de Musa Arafat. Le Premier ministre Ahmed Qurei a alors annoncé sa démission. Arafat ne l’a pas acceptée mais Qurei a affirmé qu’il démissionnait de toute façon. Arafat a retiré la nomination de Musa Arafat mais a ajouté qu’il restait responsable de la sécurité dans Gaza. L’agitation en faveur d’une réforme a suivi. Elle a obtenu des déclarations d’Arafat mais quand celles-ci n’ont pas été appliquées, les législateurs palestiniens ont ajourné l’Assemblée en protestation.
La situation de la sécurité en 2004 – Au cours du printemps et de l’été 2004 il n’y a eu aucune attaque terroriste majeure réussie en Israël, en dépit de nombreuses tentatives. Les Israéliens et les Palestiniens ont attribué la tranquillité relative à la barrière de séparation en construction et à de meilleurs renseignements israéliens. Israël a continué à arrêter et tuer des Palestiniens appartenant aux organismes terroristes et à occuper les villes palestiniennes de la Rive Ouest. Le 31 août 2004, Hamas a commis une double attaque suicide à Beersheba en représailles pour les assassinats de leurs chefs. Les attaquants sont venus de la zone Sud de Hébron dans la Rive Ouest, où aucune barrière n’avait été construite. L’attaque a accéléré la construction de la barrière et Israël a pris une revanche sanglante en bombardant un camp de formation du Hamas dans Gaza. En octobre 2004, Israël a réalisé l’opération Jours de Repentir pour empêcher les tirs palestiniens de fusées sur les villes israéliennes. L’opération a tué beaucoup de civils et en a laissé beaucoup d’autres sans foyer.
Les entretiens de paix entre la Syrie et Israël
Après la conférence de paix de Madrid, la Syrie et Israël ont commencé des entretiens de paix et en mai 1995, ils en étaient arrivés à un accord de paix assez détaillé impliquant le retrait israélien des Hauteurs du Golan, qu’Israël occupait depuis 1967 et a plus tard annexé. Les Syriens en retour reconnaissaient Israël, acceptaient de normaliser le commerce et autorisaient une station israélienne d’alerte sur le territoire syrien. La promesse israélienne de quitter tout le Golan a été donnée indirectement par le Premier ministre Yitzhak Rabin au Secrétaire d’Etat américain Warren Christopher, comme « un dépôt » à ne présenter aux Syriens que s’ils étaient d’accord sur les autres conditions israéliennes. Ce dépôt est également appelé » la poche « , car il est dit que Rabin a dit à Christopher : » Gardez ceci dans votre poche jusqu’à ce que toutes les autres conditions soient réunies « . Au cours des négociations, Christopher a violé l’accord avec Rabin et révélé le » dépôt » à Assad.ý Pendant la période des négociations, Rabin a souvent répété le slogan : « la profondeur du retrait sera équivalente à la profondeur de la paix », indiquant qu’en échange pour la vraie paix, Israël était disposé à se retirer jusqu’aux lignes d’armistice. Cependant, les négociations avec l’administration Rabin n’ont pas été poursuivies et Rabin a été assassiné le 5 novembre 1995. Les négociations ont été relancées en janvier 2000 par le Premier ministre Ehud Barak. Elles se sont arrêtées le 27 mars 2000. La Syrie a insisté pour que les négociations commencent au point où elles s’étaient terminées, y compris le « dépôt » du Premier ministre Rabin – les lignes du 4 juin 1967 – ce qui signifiait la présence syrienne sur les rives de la mer de la Galilée et le territoire supplémentaire conquis en 1948 tandis que l’offre israélienne suivait la frontière internationale négociée avant la guerre israélienne d’Indépendance. Rabin avait en fait promis les lignes du 4 juin dans le « dépôt » mais Barak n’était pas disposé à satisfaire ces demandes. Néanmoins, sous la pression des Américains, Barak acceptait d’honorer l’engagement d’un ýretrait israélien sur la ligne du 4 juin 1967, moyennant des modifications mineures. Le ýPrésident Clinton a présenté à Assad la proposition d’Israël de se retirer sur les lignes du 4 ýjuin modifiées de commun accord comme (voir la carte à droite) et en phase avec les ýaccords précédents pris avec la Syrie. Néanmoins, Assad a refusé.ý Le 10 juin 2000, Hafez Assad est mort. Il a été remplacé par son fils Bashar. La piste de paix entre la Syrie et Israël a disparu.
israel

HISTORIEN JUIF, ISRAËL, TERRE SAINTE

FLAVIUS JOSEPHE (37/38 – ap.100)

FLAVIUS JOSEPHE
Flavius Josèphe
Historien juif (Jérusalem 37 ou 38 – apr. 100).
Issu d’une famille sacerdotale, il suit des études rabbiniques et, après trois années dans le désert, il décide, à 19 ans, de « se conduire en suivant les principes de la secte des Pharisiens, qui présente des ressemblances avec ce que les Grecs appellent l’école du Portique » (Autobiographie, 7-12). Envoyé à Rome, en 64, pour solliciter de Néron la libération de prêtres juifs, il revient impressionné par la puissance de l’Empire, et tente de convaincre ses compatriotes qu’une rébellion les mènera à l’échec, mais, ensuite, il organise la résistance en Galilée. Lorsque Vespasien envahit celle-ci, Josèphe est bloqué dans la ville de Jotapath, prise en quarante-neuf jours. Il se réfugie, avec des compagnons, dans une grotte, échappe au suicide collectif et se rend à l’ennemi. Conduit devant Vespasien, il prophétise l’élévation à l’Empire du général et de son fils, Titus. Vespasien devient empereur en 69 ; Josèphe, affranchi (« Flavius »), accompagne Titus à Jérusalem et sert d’intermédiaire. Après la chute de Jérusalem, il accompagne Titus à Rome.
Quatre ouvrages de Josèphe nous sont parvenus : deux traités historiques, la Guerre des Juifs contre les Romains et les Antiquités judaïques ; deux écrits polémiques, le Contre Apion et l’Autobiographie. La Guerre des Juifs [Peri tou Ioudaikou polemou], publiée vers 78 apr. J.-C., est consacrée à la révolte des Juifs en 66-70 et à sa répression. Ce récit, influencé par Thucydide, est aussi une apologie de son auteur, et rassemble les témoignages des acteurs du conflit et des documents dans un style empreint d’une grande vivacité. LesAntiquités judaïques [Ioudaïkê Arkhaiologia], imitant les Antiquités romaines de Denys d’Halicarnasse, furent publiées en 93-94, en vingt livres qui recouvrent l’histoire d’Israël de la Création du monde à la guerre contre Rome. Pour les derniers siècles, Josèphe utilise le ier Livre des Maccabées et recourt à des auteurs dont l’œuvre est perdue ou à la tradition orale : la haggadah traditionnelle enjolive les récits bibliques en y insérant des légendes colorées, par exemple à propos de Moïse. D’un grand intérêt historique pour la période du second Temple, le récit comporte des passages contestés, comme celui qui est relatif au Christ (XVIII, 3-3). L’Autobiographie, appendice à la seconde édition des Antiquités, répond aux accusations de Juste de Tibériade contre la conduite de Josèphe durant ses six mois de commandement en Galilée et le siège de Jotapath. LeContre Apion, en deux tomes, répond aux critiques soulevées par les Antiquités judaïques : Josèphe s’efforce d’y démontrer l’antiquité du peuple juif.
L’œuvre de Josèphe est importante pour l’histoire du canon des Écritures et du judaïsme. La halachah, ou pratique légale, n’étant pas encore fixée, certaines règles qu’il rapporte représentent un état antérieur à leur expression rabbinique. Enfin, on trouve dans les Antiquités judaïques de nombreuses traditions juives, ouhaggadot, qui n’ont pas d’équivalent dans les recueils midrashiques postérieurs
flavius josèphe

ISRAËL, TERRE SAINTE

LE MUR DES LAMENTATIONS

2015LE MUR DES LAMENTATIONS
Mur des Lamentations
Le Mur des Lamentations, appelé aussi Mur occidental (hébreu : הכותל המערבי, translit. : HaKotel HaMa’aravi) ou HaKotel(« le Mur » ; en arabe : il-Mabka) et El-Bourak, est un mur de soutènement de l’esplanade du Temple de Jérusalem situé dans le quartier juif de la vieille ville de Jérusalem datant du ier siècle av. J.-C., lors de la construction du Temple d’Hérode à la fin de l’époque du Second Temple. Il a été intégré au viie siècle aux murs d’enceinte de l’Esplanade des mosquées, ou Mont du Temple, lors de la construction du Dôme du Rocher et de la mosquée al-Aqsa1.
Il est révéré par les juifs pour sa proximité avec le Saint des Saints, situé sur le mont du Temple et est de ce fait considéré comme l’endroit le plus saint (généralement accessible) aux juifs pour la prière.
Le Mur des lamentations est également un symbole national israélien, et des cérémonies non intrinsèquement religieuses s’y tiennent comme la Yom Hazikaron.
Construction du mur : vers 17 ap. J.-C.
Le Mur occidental est un vestige du mur d’enceinte qui avait été érigé afin d’étendre le plateau quasi naturel sur lequel les temples de Jérusalem avaient été construits. Jusqu’au début du XXIe siècle, les historiens pensaient que1 cette extension avait été réalisée par Hérode Ier le Grand en vue d’agrandir, ou de reconstruire, le temple. Mais, en 2011 des recherches archéologiques par l’équipe de Ronny Reich (en) viennent remettre cette version en question. En effet, la découverte, au pied des fondations du Mur, de pièces de monnaie frappées par Valerius Gratus, préfet de Judée vers 17/18 de l’ère commune, démontrerait que la construction du mur n’avait même pas commencé avant la mort d’Hérode. Cela pourrait donner raison à l’historien romain Flavius Josèphe qui affirme que les travaux au Mont du Temple n’avaient été terminés que sous le règne du roi Agrippa II.
Le pan de 57 mètres de long visible n’est en fait qu’une partie de la muraille occidentale, de 497 mètres de long. Le reste du mur est actuellement situé pour une partie dans le quartier arabe de la ville, utilisé comme quatrième mur par les maisons attenantes, et pour l’autre enterré sur plus de 200 mètres. Cette partie souterraine peut être vue en empruntant le tunnel souterrain qui longe le mur sur plus de 200 mètres.
Le Mur occidental fait partie d’un plus grand site religieux de la vieille ville de Jérusalem, appelé Har haBayit par les juifs, mont du Temple par les chrétiens et Al-Haram al-Qudsi al-Sharif (le « Noble Sanctuaire ») par les musulmans. Il existe une autre portion de ce mur, un peu plus au nord, qui est appelée le Kotel HaKatan, le Petit Kotel, considérée par certains comme plus proche du Saint des Saints que le grand Kotel. Une petite chambre souterraine, appelée « La Grotte », située dans le tunnel du Mur occidental, est encore plus proche du Saint des Saints, mais elle ne peut être fréquentée que par quelques visiteurs à la fois.
Le lieu saint juif
Le Kotel est le lieu le plus saint selon la religion juive car c’est aujourd’hui l’endroit le plus proche du Kodesh Ha’ Kodashim (Saint des Saints), salle des premier et second temples à laquelle seul le Grand prêtre d’Israël pouvait accéder. Il existe en fait un endroit plus proche, dans le souterrain du Kotel, étant directement face au Kodesh Ha’Kodashim (où est aujourd’hui érigé le dôme du Rocher). Selon la coutume, certains juifs qui vont prier au Mur occidental ou Kotel, y déposent des vœux, le plus souvent sous la forme de prière et de petits papiers pliés où sont rédigés leurs souhaits, lesquels sont ensuite glissés dans les fentes qui séparent les différentes pierres du mur.
Origine de l’appellation de « mur des Lamentations »
Le terme de « Mur des Lamentations » est introduit au xixe siècle par les mandataires britanniques, qui le traduisent de l’arabe il-Mabka. Ce terme est tombé en disgrâce dans les milieux juifs5 ainsi que dans les milieux arabes, qui le nomment El-Bourak, le nom de la monture de Mahomet lorsqu’il fit son voyage nocturne5,. En revanche il reste toujours très majoritairement utilisé en France et dans la chrétienté en général.
Aujourd’hui, l’usage des termes « Mur occidental » ou « Mur des Lamentations » ou « El-Bourak » est un enjeu de la guerre des mots dans le conflit israélo-palestinien
Le Mur pour l’islam
Le Mur revêt aussi une signification importante pour les musulmans car il sert de soutènement à l’esplanade où sont construits le dôme du Rocher et la mosquée al-Aqsa, troisième lieu saint de l’Islam.
Selon la tradition islamique, lors du voyage nocturne du prophète Mahomet au cours duquel il est monté sur le buraq, qui l’a conduit de La Mecque jusqu’à Jérusalem, Mahomet attacha le buraq au mur occidental, avant de prier sur l’Esplanade et de voyager avec l’ange Jibril (Gabriel) au Ciel, où il a rencontré plusieurs autres prophètes (Adam, Jésus, Jean le Baptiste, Joseph fils de Jacob, Hénoch, Aaron,Moïse et Abraham) avec qui il a prié. À l’endroit précis où il attacha le buraq, une petite mosquée fut construite et nommée « mosquée du buraq ». Elle se situe au coin sud-ouest de l’Esplanade des mosquées, juste au-dessus du Mur occidental.
Des écrits du xive siècle d’Ibn Furkah racontent que la monture de Mahomet a été attachée au mur occidental lors du voyage du Prophète à Jérusalem11. Cette tradition aurait été surtout ravivée par les Jordaniens après la création de l’État d’Israël pour contrebalancer l’intérêt des juifs pour ce site.
En 2013, des travaux israéliens autour de la porte Al-Magharbeh (creusements, déblaiement des voies souterraines et destructions) provoquent une polémique et l’inquiétude des musulmans. Selon le chef adjoint du Mouvement islamique en Israël, Sheikh Kamal al-Khatib : « l’expansion israélienne en cours dans la partie où les juifs avaient l’habitude de prier comprend toute la zone restant aux musulmans et touche directement la mosquée Al-Buraq. .
Histoire
Selon la Bible, le Temple de Salomon aurait été le premier Temple de Jérusalem, dont la construction se situerait aux alentours duxe siècle av. J.-C. sur un site mégalithique. Sa destruction par les Babyloniens date de 586 av. J.-C.. Les archéologues n’ont cependant trouvé aucune trace de cette construction mais la conjoncture politique a empêché des fouilles systématiques. Le nombre d’habitants de Jérusalem à cette époque, quelques centaines, rend improbable la construction d’une grande structure.
Le second temple fut érigé en 515 av. J.-C., la cinquième année du règne de Darius le Grand (Esdras 6:15), considérablement agrandi et embelli par Hérode le Grand, inauguré en 63 ap. J.-C.et détruit par les armées romaines en 70, à la suite de la première guerre judéo-romaine. Le mur actuel semble postérieur à l’extension hérodienne et daterait du début du ier siècle.
Témoignage de la destruction du Temple par les Romains
Flavius Josèphe, témoin de la chute de Jérusalem prise par Titus en 70, relate dans La Guerre des juifs, Livre VII, que seule subsiste la partie occidentale du Mur :
« Quand l’armée n’eut plus rien à tuer ni à piller, faute d’objets où assouvir sa fureur – car si elle avait eu de quoi l’exercer, elle ne se serait abstenue par modération d’aucune violence – Titus César lui donna aussitôt l’ordre de détruire toute la ville et le Temple, en conservant cependant les tours les plus élevées, celles de Phasaël, d’Hippicos, de Mariamme, et aussi toute la partie du rempart qui entourait la ville du côté de l’ouest. Ce rempart devait servir de campement à la garnison laissée à Jérusalem ; les tours devaient témoigner de l’importance et de la force de la ville dont la valeur romaine avait triomphé. Tout le reste de l’enceinte fut si bien rasé par la sape que les voyageurs, en arrivant là, pouvaient douter que ce lieu eût jamais été habité. Telle fut la fin de Jérusalem, cité illustre, célèbre parmi tous les hommes, victime de la folie des factieux (Guerre des juifs Livre VII, I, 1). »
Destruction de Jérusalem vers 135
Après la défaite de la révolte de Bar Kokhba (vers 135), Jérusalem est détruite. La nouvelle ville qui porte le nom d’Ælia Capitolina est reconstruite sur le plan d’une colonie romaine.
Interdiction de la ville aux Juifs sauf un jour par an pour venir s’y « lamenter »
Les Juifs, toutes tendances confondues sont expulsés de la ville comme de l’ensemble de la Chôra13, y compris les juifs nazôréens qui reconnaissaient Jésus comme Messie. Selon Épiphane de Salamine, seuls les chrétiens de la « Grande Église » sont autorisés à vivre et à se rendre à Jérusalem. La population d’Aelia Capitolina est désormais essentiellement composée de vétérans de la Ve légion Macedonia et de la Xe légion romaine qui reconstruit son camp et forme aussi le cœur de la population de la ville, mais aussi de Grecs et de Syriens en général.
Certains historiens estiment que l’interdiction de venir dans l’ancienne Jérusalem aurait été assouplie à l’époque d’Antonin le pieux, toutefois cette interdiction semble avoir perduré même après la conversion de l’empereur Constantin au christianisme.
Ainsi au ive siècle, Jérôme de Stridon, l’un des quatre Pères de l’Église latine, violemment anti-juif, mentionne dans un commentaire de Sophonie 1.15 « Ce jour est un jour de fureur, Un jour de détresse et d’angoisse, Un jour de ravage et de destruction, Un jour de ténèbres et d’obscurité, Un jour de nuées et de brouillards,… », puis il reprend l’accusation de déicide formulée dans le corpus patristique: « Jusqu’à ce jour, ces locataires hypocrites ont l’interdiction de venir à Jérusalem, car ils sont les meurtriers des prophètes et notamment du dernier d’entre eux, le Fils de Dieu ; à moins qu’ils ne viennent pour pleurer car on leur a donné permission de se lamenter sur les ruines de la ville, moyennant paiement ».
Jérôme indique donc que les Juifs interdit de cité le reste de l’année, venaient « se lamenter » un jour particulier, moyennant paiement. Il s’agit du 9 Ab du calendrier hébraïque« où ils ont le droit de venir se lamenter sur les ruines du Temple afin d’en commémorer la chute ou ses chutes successives (Tisha Beav). » Bien que Jérôme ne mentionne pas explicitement le « Mur », on retrouve dans sa formulation le nom du « Mur des lamentations » que le monde chrétien utilisait pour désigner le mur Ouest du Temple, qui n’a pas été détruit en 70.
Il est également possible que dès l’époque des Sévères des Juifs « aient de nouveau habité Jérusalem, même si l’interdiction n’a pas été annulée car la population judéenne d’Ælia est attestée dans la littérature rabbinique par plusieurs mentions faisant état d’une « sainte synagogue de Jérusalem »»
Au Moyen Âge
Le mur est déjà un lieu de prière comme en témoigne Benjamin de Tudèle au xiie siècle : « À l’opposé de cet endroit, à l’occident est une muraille qui est un reste de celle du Temple et même du Saint des Saints. On l’appelle la porte de Miséricorde. Tous les juifs vont prier à cet endroit où était le parvis .
Sous l’Empire ottoman
Pendant 400 ans, de 1517 à 1917, les Turcs administrent la Palestine et laissent les juifs prier au Mur. La Jewish Encyclopedia décrit ainsi le Mur vers 1906 : « Le fameux lieu des Lamentations (le « Kotel Ma’arabi ») est intéressant à tout point de vue. Chaque vendredi après-midi et après le service du Chabbat matin ou des jours de fête, les juifs s’assemblent en une foule pittoresque pour se lamenter sur leur gloire passée. C’est le lieu de rassemblement des juifs de Jérusalem comme l’est le mont du Temple pour les musulmans ou le Saint-Sépulcre pour les chrétiens »18.
Sous le mandat britannique
À leur tour, les Britanniques administrent la Palestine de 1917 à 1948 et y perpétuent le statu quo. En 1929, des tensions apparaissent entre juifs et musulmans autour du Mur. Des émeutes éclatent. Elles s’étendent à Hébron où des juifs sont massacrés. Les Britanniques nomment une commission d’enquête qui conclut que le Mur était propriété des musulmans et administré par eux. Toutefois, les juifs ont le droit d’y prier à condition de se conformer à certaines régulations limitant leur droit d’y apporter des objets ou leur interdisant de sonner le shofar.
Sous contrôle jordanien
Durant la guerre israélo-arabe de 1948-1949, la Légion arabe prend le contrôle de la Vieille Ville de Jérusalem et l’accès au Mur est interdit aux Juifs par les autorités jordaniennes, en violation de l’article VIII des accords d’armistice. Pendant les dix-neuf années qui suivent, les nombreuses demandes par des officiels israéliens et des groupes juifs, tant aux Nations unies qu’auprès d’autres organismes internationaux pour essayer de mettre en application l’accord d’armistice, restent vaines. Seuls les soldats jordaniens et les touristes peuvent avoir accès au site qui est un temps transformé en dépotoir
Depuis 1967
Lors de la guerre des Six Jours en juin 1967, les Israéliens prennent le contrôle de toute la rive droite du Jourdain et donc de l’ensemble de la ville de Jérusalem. Cette reconquête du Mur occidental, près de 19 siècles après la prise de Jérusalem par Titus, est symbolisée par la sonnerie du shofar effectuée par le grand rabbin Shlomo Goren dès que les troupes israéliennes atteignent le Mur le 7 juin 1967. L’accès au Mur occidental, interdit aux juifs par les autorités jordaniennes pendant une vingtaine d’années, leur redevient alors possible. Très vite, les Israéliens entament la destruction d’un hectare du « quartier juif » et en expulsent 650 habitants, afin de dégager l’esplanade actuelle « alors que pendant des siècles les juifs qui venaient y prier se contentaient des quatre mètres existants entre les maisons et le mur » Le reste du quartier voit le retour des juifs et particulièrement l’établissement de yechivoth.
Le Mur, aujourd’hui
De l’extérieur de la vieille ville, on accède à l’esplanade devant le Mur par une porte des remparts, la porte des Maghrébins ou encore porte des Détritus, et les contrôles de police y sont stricts. Cette porte donne aussi accès au quartier des Maghrébins, l’ancien et à nouveau florissant quartier juif de la vieille ville de Jérusalem. L’esplanade devant le Mur est séparée en 3 parties : la plus éloignée est ouverte à tout public ; deux sections séparées par une mekhitsa (cloison) sont à la disposition des personnes qui voudraient se rendre près du Mur, la section nord étant réservée aux hommes et la section sud aux femmes.
Les salles souterraines bordant la section des hommes comprennent de nombreuses arches saintes où sont rangés des rouleaux de la Torah utilisés lors des offices de prière qui se tiennent à toute heure. C’est aussi au nord du Mur que s’amorce le tunnel du Mur occidental (dont la sortie est sur la via Dolorosa), accessible au public sur rendez-vous.
Le site est fréquemment choisi pour des célébrations et cérémonies, en particulier celles de bar mitzvah. Beaucoup sacrifient à la coutume fort populaire bien que non unanimement approuvée de déposer des feuillets contenant des souhaits ou des prières dans les fentes et crevasses du mur.
À l’extrémité sud du Mur occidental, on distingue nettement le départ de l’arche de Robinson (du nom de l’archéologue l’ayant le premier étudiée) qui supportait jadis les escaliers permettant de monter de la rue au mont du Temple. Au pied de cette arche a été découverte la pierre d’Isaïe sur laquelle est gravé en hébreu le verset Isaïe 66,14 : וראיתם ושש לבכם ועצמותיכם כדשא תפרחנה (« Vous le verrez, et votre cœur se réjouira, et vos os reprendront vigueur comme l’herbe reverdit »). Elle se trouve sous l’arche de Robinson dans le parc archéologique Davidson.
mur des lamentations