6 AOÛT 1945 : HIROSHIMA, BOMBE ATOMIQUE, GUERRE MONDIALE 1939-1945, JAPON, JAPON (histoire du)

6 août 1945 :Hiroshima

6 août 1945

Une bombe atomique sur Hiroshima !

une-bombe-atomique-etait-larguee-sur-hiroshima_5392863.jpg

Le 6 août 1945, trois mois après la capitulation de l’Allemagne, l’explosion d’une bombe atomique au-dessus de la ville d’Hiroshima, au Japon, met un terme à la guerre du Pacifique, précipite la fin de la Seconde Guerre mondiale et inaugure l’Âge nucléaire.

Depuis lors plane sur le monde la crainte qu’un conflit nucléaire ne dégénère en une destruction totale de l’humanité.

Le gouvernement américain a justifié ce précédent en affirmant qu’il aurait évité l’invasion de l’archipel et épargné la vie de plusieurs centaines de milliers de combattants (américains)…

André Larané

hiroshima-1945

Un projet ancien

Le 2 août 1939, dès avant la Seconde Guerre mondiale, les physiciens hongrois Szilard, Teller et Wagner réfugiés aux États-Unis avertissent le président Franklin Roosevelt du risque que Hitler et les nazis ne mettent au point une bombe d’une puissance meurtrière exceptionnelle fondée sur le principe de la fission nucléaire. Avec le soutien d’Albert Einstein, ils lui recommandent d’accélérer les recherches dans ce domaine afin de devancer à tout prix les Allemands.

À la suite de quoi, en novembre 1942, le président inaugure en secret le programme de mise au point de la bombe atomique sous le nom de code Manhattan Engineer Project.

Il en confie la direction au physicien Julius Robert Oppenheimer. Les essais se déroulent dans le laboratoire de Los Alamos (Nouveau-Mexique).

ROBERT OPPENHEIMER

À la mi-1945, la bombe est pratiquement au point mais les conditions de la guerre ont entre temps changé. L’Allemagne nazie est à genoux et s’apprête à capituler sans conditions. Seul reste en guerre le Japon, mais celui-ci est loin de disposer d’une puissance militaire, industrielle et scientifique comparable à celle de l’Allemagne.

Atomic_bombing_of_Japan.jpg

Résistance désespérée du Japon

À l’instigation des généraux qui tiennent le pouvoir, le Japon s’entête dans une résistance désespérée.

Les Américains ont pu en mesurer la vigueur lors de la conquête de l’île méridionale d’Okinawa: pas moins de 7 600 morts et 31 000 blessés dans les rangs américains entre avril et juin 1945 ! Dans la conquête de l’île d’Iwo Jima, 5 000 Américains sont tués. Les Japonais, quant à eux, n’ont que 212 survivants sur 22 000 combattants….

Les avions-suicides surnommés kamikaze (« vent divin ») et jetés contre les navires américains montrent également que les Japonais ne reculent devant rien pour retarder l’échéance.

Les bombardements conventionnels qui se multiplient depuis le début de l’année 1945 n’ont pas davantage raison de leur détermination. Le plus important a lieu le 19 mars 1945 : ce jour-là, une armada de 234 bombardiers B-29 noie Tokyo sous un déluge de bombes incendiaires, causant 83 000 morts.

tokyo-1945

L’état-major américain avance le risque de perdre 500 000 soldats pour conquérir Honshu, l’île principale de l’archipel (un débarquement est projeté le… 1er mars 1946). Le président Truman, dans ses Mémoires, évoque même le chiffre d’un million de victimes potentielles (sans étayer ce chiffre).

Plus sérieusement, d’aucuns pensent aujourd’hui qu’une soumission de l’archipel par des voies conventionnelles aurait coûté environ 40 000 morts à l’armée américaine. Une évaluation raisonnable compte tenu de ce que les Américains ont perdu en tout et pour tout 200 000 hommes dans la Seconde Guerre mondiale, tant en Europe que dans le Pacifique (c’est cent fois moins que les Soviétiques).

C’est ainsi qu’émerge l’idée d’utiliser la bombe atomique, non plus contre l’Allemagne mais contre l’empire du Soleil levant, en vue de briser sa résistance à moindres frais.

Le président Franklin Roosevelt meurt le 12 avril 1945 et son successeur à la Maison Blanche, le vice-président Harry Truman, reprend à son compte le projet d’un bombardement atomique sur le Japon. Celui-ci paraît d’autant plus opportun qu’à la conference de Yalta, dictateur soviétique Staline a promis d’entrer en guerre contre le Japon dans les trois mois qui suivraient la fin des combats en Europe, soit avant le 8 août 1945.

Le 3 juin 1945, l’empereur Showa (Hiro-Hito)), qui a compris que son pays a de facto perdu la guerre, demande par l’entremise de l’URSS l’ouverture de négociations de paix. Mais Staline, qui voudrait participer à l’invasion de l’archipel et au partage de ses dépouilles, fait traîner les choses.

De son côté, Truman, informé par ses services secrets de cette demande de négociations, feint de l’ignorer. Le président américain commence à s’inquiéter des visées hégémoniques de Staline et souhaite donc en finir avec le Japon avant que son encombrant allié n’ait l’occasion d’intervenir. 

Il souhaite aussi ramener le dictateur soviétique à plus de mesure. Dans la perspective de l’après-guerre, il ne lui déplaît pas, ainsi qu’aux militaires et au lobby militaro-industriel, de faire la démonstration de l’écrasante supériorité militaire américaine. Ce sera le véritable motif de l’utilisation de la bombe atomique, la plus terrifiante des « armes de destruction massive ».

Les généraux nippons, partisans d’une résistance à outrance, se tiennent satisfaits du rejet de la demande de négociations.

Le bombardement

Le 16 juillet 1945, l’équipe de scientifiques rassemblée autour de Robert Oppenheimer procède dans le désert du Nouveau Mexique, sur la base aérienne d’Alamogordo (près de Los Alamos), à un premier essai nucléaire. L’expérience est pleinement réussie et convainc le président Truman de passer à la phase opérationnelle.

Un ultimatum adressé au Japon le 26 juillet par les États-Unis, la Grande-Bretagne et la Chine, pendant la conference de Postdam, , fait implicitement allusion à une arme terrifiante.

Dans les cercles du pouvoir, chacun est partagé entre la crainte d’ouvrir la boîte de Pandore et la hâte d’en finir avec la guerre. Pour éviter de tuer des civils innocents, on évoque l’idée d’une frappe atomique sur le sommet du Fuji Yama, la montagne sacrée du Japon.

L’idée est rapidement abandonnée car son efficacité psychologique est jugée incertaine et en cas d’échec, les Américains, qui ne disposent que de deux bombes A (A pour atomique), seraient en peine de rattraper le coup.

Disons aussi que, faute d’expérience, les scientifiques du projet Manhattan ne mesurent pas précisément les effets réels de la bombe atomique sur les populations. Et la perspective d’une bombe atomique sur une ville ennemie choque assez peu les consciences après les bombardements massifs sur les villes d’Allemagne et du Japon, les révélations sur les camps d’extermination nazis et les horreurs de toutes sortes commises sur tous les continents.

Finalement, au petit matin du 6 août 1945, un bombardier B-29 s’envole vers l’archipel nippon. Aux commandes, le colonel Paul Tibbets (30 ans). La veille, il a donné à son appareil le nom de sa mère, Enola Gay.

champignon

Dans la soute, une bombe à l’uranium 235 de quatre tonnes et demi joliment surnommée Little Boy par l’équipage. Sa puissance est l’équivalent de 12 500 tonnes de TNT (trinitrotoluène, plus puissant explosif conventionnel) avec des effets mécaniques, radioactifs et surtout thermiques).

L’appareil est seulement accompagné de deux autres avions, l’un pour effectuer des mesures scientifiques pendant et après l’explosion, l’autre pour prendre des photos.

enolagay.jpg

L’objectif est déterminé pendant le vol. Parmi plusieurs cibles potentielles (Nigata, Kyoto, Kokura et Hiroshima), l’état-major choisit en raison de conditions météorologiques optimales la ville industrielle d’Hiroshima (300 000 habitants).

Le B29 largue la bombe à 8h15 – heure locale – et aussitôt effectue un virage serré sur l’aile et s’éloigne au plus vite pour échapper au souffle de l’explosion.

La bombe explose à 600 mètres du sol, à la verticale de l’hôpital Shima. Elle lance un éclair fulgurant, sous la forme d’une bulle de gaz de 4000°C d’un rayon de 500 mètres ! Puis elle dégage le panache en forme de champignon caractéristique des explosions atomiques.

Plus de 70 000 personnes sont tuées et parfois volatilisées sur le coup sous l’effet conjugué de l’onde de choc, de la tempête de feu et des rayonnements gamma. La majorité meurent dans les incendies consécutifs à la vague de chaleur.

Plusieurs dizaines de milliers sont grièvement brûlées et beaucoup d’autres mourront des années plus tard des suites des radiations (on évoque un total de 140 000 morts des suites de la bombe).

Le président Truman annonce aussitôt l’événement à la radio, non sans abuser son auditoire sur la nature prétendûment militaire de l’objectif (un mensonge comme le pouvoir américain en a l’habitude) : « Le monde se souviendra que la première bombe atomique a été lancée sur Hiroshima, une base militaire. Pour cette découverte, nous avons gagné la course contre les Allemands. Nous l’avons utilisée pour abréger les atrocités de la guerre, et pour sauver les vies de milliers et de milliers de jeunes Américains. Nous continuerons à l’utiliser jusqu’à ce que nous ayons complètement détruit le potentiel militaire du Japon »(note).

truman.jpg

Les Soviétiques sortent de leur neutralité

L’attaque sans précédent sur Hiroshima ne suffit pas à vaincre la détermination des généraux japonais. Par contre, elle convainc Staline de rompre son pacte de neutralité avec les Japonais et d’attaquer ceux-ci avant qu’ils ne se rendent aux Américains !

Dès le surlendemain, le 8 août, il déclare la guerre au Japon et lancé ses troupes sur la Mandchourie. Pour les Japonais, c’est une défaite sans nom malgré l’héroïsme désespéré des fantassins qui attaquent les chars soviétiques à la baïonnette, au cri de « Banzaï ».

En l’espace d’une journée, toute l’armée de Mandchourie, soit 1,2 million de soldats japonais, s’est rendue à l’agresseur.

La débandade face aux Soviétiques achève de convaincre les généraux japonais de mettre fin à une résistance désespérée. Ils appréhendent plus que tout l’invasion de l’archipel par des troupes communistes qui installeraient un gouvernement à leur dévotion.

Ils préfèrent à tout prendre les Américains et souhaitent seulement qu’Hiro Hito, symbole essentiel de la nation, soit maintenu sur le trône.

À Washington, c’est la consternation. Truman a perdu son pari de faire fléchir les Japonais et, plus grave que tout, a provoqué l’intervention soviétique contre le Japon. Il décide donc de jouer sans attendre sa dernière carte. Le même jour, le 9 août, il donne l’ordre de larguer la deuxième et dernière bombe atomique dont dispose. Celle-là est au plutonium et non à l’uranium 235, une différence au demeurant insignifiante du point de vue des futures victimes.

Le bombardier B-29 de Charles Sweeney survole d’abord la ville de Kokura. La cible étant occultée par les nuages, il poursuit sa route vers Nagasaki (250 000 habitants) où une éclaircie du ciel lui permet d’effectuer le funeste largage. 40 000 personnes sont cette fois tuées sur le coup et des dizaines de milliers d’autres gravement brûlées (80 000 morts au total selon certaines estimations). Plusieurs milliers de victimes sont catholiques, la ville étant au cœur du christianisme japonais.

La reddition

Le Japon, ravagé par les bombardements, le blocus américain et les menaces de famine, n’est depuis longtemps plus en état de résister à qui que ce soit.

L’empereur Hirohito réunit le conseil de guerre en son palais et chacun de se prononcer sur l’opportunité d’une capitulation. Les généraux n’arrivant pas à s’accorder, c’est l’empereur qui, pour une fois enfin, use de son autorité morale pour imposer celle-ci.

Le 12 août, à Washington, Truman peut fièrement annoncer avoir reçu un télégramme du gouvernement japonais par lequel celui-ci déclare accepter une capitulation sans condition. C’est la jubilation générale…

Rien de tel au Japon. Le 15 août, à leur domicile, à leur travail ou dans la rue, les Japonais, sidérés, entendent pour la première fois à la radio et dans les hauts-parleurs la voix de leur empereur qui annonce sa décision de mettre fin à la guerre et la justifie par le fait que « l’ennemi a commencé de recourir à une bombe de l’espèce la plus cruelle qui soit, à la puissance incalculable et susceptible de briser la vie d’innombrables innocents ».

hirohito-3

L’empereur se garde habilement de faire allusion à l’attaque massive de l’Armée rouge et à l’effondrement de l’armée de Mandchourie. Il veut modérer l’humiliation de la défaite en l’attribuant seulement à la cruauté d’une arme nouvelle. Il veut aussi n’avoir de compte à rendre qu’aux Américains, dont il espère qu’ils respecteront la Constitution impériale du Japon.

Les Américains ne font pas la fine bouche. Ils ont maintenant hâte d’en finir car l’Armée rouge progresse sur tous les fronts en Asie, en Corée, vers le 38e parallèle comme sur le sud de l’île de Sakhaline, jusque-là sous souveraineté japonaise. Il n’est donc plus question donc de chipoter sur la responsabilité de l’empereur dans les dérives criminelles des dernières décennies…

Le 2 septembre 1945, le général américain Douglas MacArthur reçoit la capitulation sans conditions du Japon.

La Seconde Guerre mondiale est terminée… et le monde entre dans la crainte d’une apocalypse nucléaire.

Points de vue

Pour les survivants d’Hiroshima et Nagasaki, le calvaire allait se poursuivre jusqu’à leur mort. Beaucoup allaient mourir des suites de leurs brûlures ou de leur irradiation. Les survivants, appelés hibakusha (« personnes irradiées »), à peine plus chanceux, allaient être ostracisés toute leur vie par la société nippone, systématiquement empêchés de se marier, voire de simplement travailler en entreprise.

Les forces d’occupation américaines, de mèche avec l’administration nippone, allaient maintenir pendant plusieurs décennies une chape de plomb sur les conséquences humaines des bombardements, immédiates et à plus long terme.  

Notons que l’opinion publique occidentale ne prit guère la mesure des événements qui venaient de se produire ces 6 et 9 août 1945. Ainsi le quotidien français Le Monde titre-t-il le 8 août 1945, comme s’il s’agissait d’un exploit scientifique quelconque : « Une révolution scientifique. Les Américains lancent leur première bombe atomique sur le Japon ».

Parmi les rares esprits lucides figure le jeune romancier et philosophe Albert Camus, qui écrit dans Combat, le même jour, un article non signé : « Le monde est ce qu’il est, c’est-à-dire peu de chose. C’est ce que chacun sait depuis hier grâce au formidable concert que la radio, les journaux et les agences d’information viennent de déclencher au sujet de la bombe atomique. On nous apprend, en effet, au milieu d’une foule de commentaires enthousiastes, que n’importe quelle ville d’importance moyenne peut être totalement rasée par une bombe de la grosseur d’un ballon de football. Des journaux américains, anglais et français se répandent en dissertations élégantes sur l’avenir, le passé, les inventeurs, le coût, la vocation pacifique et les effets guerriers, les conséquences politiques et même le caractère indépendant de la bombe atomique. Il est permis de penser qu’il y a quelque indécence à célébrer une découverte qui se met d’abord au service de la plus formidable rage de destruction dont l’homme ait fait preuve depuis des siècles ».

 

https://www.herodote.net/histoire/evenement.php?jour=19450806&ID_dossier=454

JAPON, MISSION JESUITE AU JAPON

Un missionnaire jésuite au Japon au XVIè siècle

Les Jésuites au Japon: Relation missionnaire (1583) 

Alexandre Valignano ; traduit par J.Bésineau, sj

Paris, Desclée de Brouwer (Coll. Christus), 1990, 285pp.

 

Présentation :

La première évangélisation des «extrémités de la terre», au XVIe siècle commence à être connue grâce aux récits des missionnaires qui sont de vrais romans d’aventures. Les jésuites ont écrits de nombreuses relations de leurs missions respectives

Cependant l’histoire religieuse du Japon – de plus en plus présent dans le monde entier en cette fin du XXe siècle – est encore, le plus souvent, ignorée. Le film Silence de Martin Scorsese en est d’ailleurs une illustration. C’est dire l’intérêt de cette Relation faite à ses supérieurs de Rome par le Père Alexandre Valignano (1539-1606), «Visiteur des Indes orientales», qui fut aussi le «maître des novices» de Matthieu Ricci, l’apôtre de la Chine.

Dans cette relation Alexandre Valignano arrivé au Japon en 1579. Très vite il se fait accepter et crée une ambassade japonaise en 1582. Il restera dans ce pays jusqu’en 1587.

Déjà il avait pris conscience qu’il fallait tenir compte de la culture japonaise pour y enraciner durablement le christianisme Quelques-uns de ces éléments sont : Études de la langue et culture locale ; Respect et appréciation de cette culture ; Formation d’un clergé local; Développement d’une littérature chrétienne dans la langue du pays ; Adoption des coutumes régionales dans tout ce qui n’est pas contraire à la foi. Ce programme comme celui de Matteo Ricci en Chine fut trouvé contraire à la foi chrétienne par Rome.

L’auteur

 Alesjaponsandro Valignano, né le 7 février 1539 à Chieti, Abruzzes, Italie et mort le 20 janvier 1606 à Macao, Chine est un prêtre jésuite italien, envoyé en Extrême-Orient par Everard Mercurian, supérieur général de la Compagnie de Jésus. Il y initia une approche inculturée de la foi chrétienne qui transforma le travail missionnaire en Asie. Quelques-uns de ces éléments sont : Études de la langue et culture locale ; Respect et appréciation de cette culture ; Auteurs classiques occidentaux et orientaux enseignés dans les collèges (ouverture, en 1593, du fameux collège Saint-Paul de Macao qui devint le centre de soutien de toute la mission d’Extrême-Orient) ; Formation d’un clergé local (première ordination sacerdotale à Nagasaki en 1601) ; Développement d’une littérature chrétienne en chinois, japonais et langues indiennes ; Adoption des coutumes régionales dans tout ce qui n’est pas contraire à la foi ? Sa vaste correspondance, dont de nombreuses lettres sont conservées, révèle un
homme qui réfléchit à la manière de parler du Christ à des peuples totalement étrangers au monde gréco-latin : Comment éviter un eurocentrisme nuisible à la mission, et d’ailleurs sans lien avec la foi ?

Source : site jésuite et de l’éditeur