CROIX GLORIEUSE, FETE LITURGIQUE, FETES DE LA SAINTE CROIX, JESUS-CHRIST

Fêtes de la Sainte Croix

Fêtes de la Croix

Feast_of_the_Cross

Icône russe de l’Exaltation de la Croix. (Icône de Iaroslavl par Goury Nikitine, 1680. Galerie Tretiakov, Moscou).

Les calendriers liturgiques chrétiens comportent différentes Fêtes de la Croix qui célèbrent toutes la Croix ayant servi à la crucifixion de Jésus-Christ. Alors que le Vendredi saint commémore la Passion du Christ et sa crucifixion, ces jours de fête honorent la Croix elle-même comme instrument du Salut.

Exaltation de la Sainte-Croix, 14 septembre

Cette fête s’appelle en grec ancien : Ὕψωσις τοῦ Τιμίου καὶ Ζωοποιοῦ Σταυροῦ, « Exaltation de la précieuse et vivifiante Croix » et en latin : Exaltatio Sanctae Crucis.

Selon une tradition largement répandue, la Vraie Croix fut découverte en 326 par sainte Hélène, mère de l’empereur Constantin le Grand, lors d’un pèlerinage qu’elle fit à Jérusalem. Par ordre d’Hélène et de Constantin, l’église du Saint-Sépulcre fut bâtie sur le lieu de la découverte. L’église, conservant une portion de la Croix, fut consacrée neuf ans plus tard. Une légende raconte qu’en 614, cette relique fut dérobée et emportée par les Perses. Reconquise en 618 par l’empereur byzantin Héraclius, elle fut d’abord rapportée à Constantinople puis renvoyée plus tard à Jérusalem.

La date de la fête commémore la consécration de l’église du Saint-Sépulcre en 3352. Ce fut alors une fête de deux jours : l’église fut consacrée le 13 septembre ; la relique de la Croix fut extraite de l’église le 14 septembre et présentée à l’adoration des fidèles.

 

Pratique occidentale

320px-Folio_193r_-_The_Exaltation_of_the_Cross

Exaltation de la Sainte-Croix, Les Très Riches Heures du duc de Berry (musée Condé, Chantilly)

Dans le rite romain de l’Église catholique, le clergé arbore des habits sacerdotaux de couleur rouge le jour de la Sainte-Croix. Même si ce jour est un dimanche, la messe est celle de la fête avec ses lectures propres. Dans l’Église d’Angleterre et autres Églises anglicanes, le rituel précise également que les vêtements sacerdotaux sont rouges le jour de la Sainte-Croix

Jusqu’en 1960, quand on considérait encore comme premier dimanche de septembre le dimanche plus proche du premier jour du mois, les mercredi, vendredi et samedi de la semaine suivant l’Exaltation de la Croix, la troisième semaine de septembre, constituaient l’un des Quatre-Temps du cycle liturgique annuel, au cours duquel étaient prescrits un jeûne et un rituel approprié. Le Code de Rubriques du pape Jean XXIII définit le premier dimanche de septembre comme le premier qui tombe dans le mois, et par conséquent la troisième semaine, avec la célébration arrivait quelquefois plus tard. Aujourd’hui, l’ordonnancement des célébrations est laissé à l’appréciation de la Conférence épiscopale en fonction des coutumes locales.

Le 14 septembre est la fête capitale de la Congrégation de Sainte-Croix, des Compagnons de la Croix  et de l’ordre monastique anglican de la Sainte-Croix . Cette date est le début du jeûne des Carmélites selon la règle de saint Albert de 1247, qui finit à Pâques. La règle de saint Benoît prescrit cette date comme début de l’hiver des bénédictins, lequel se termine aussi à Pâques.

 

Pratique du rite byzantin

800px-Orthodox_Cross--Universal_Exaltation_of_the_Precious_and_Life_Giving_Cross.jpg

Croix orthodoxe exposée à la vénération des fidèles pour la fête de l’Exaltation universelle de la précieuse et vivifiante Croix.

Dans le rite byzantin, l’Exaltation (Élévation en grec) universelle de la Précieuse et Vivifiante Croix commémore à la fois l’invention de la Croix en 326 et sa reconquête sur les perses en 628. C’est l’une des douze grandes fêtes du cycle liturgique annuel. Le 14 septembre est un jour de jeûne : la consommation de produits carnés, de laitages et de poisson est proscrite. Il y a un jour d’avant-fête et huit jours d’apodose. Les samedi et dimanche avant et après le 14 septembre comportent des lectures spéciales des Épîtres et de l’Évangile.

La veille de la fête, lors des petites Vêpres, le prêtre prépare un bassin où une croix repose sur un lit de basilic ou de fleurs et la recouvre d’un aër ; il dispose ce bassin sur la table de prothèse ; puis il pose le bassin sur sa tête et, précédé de cierges et du diacre qui encense la croix, il pénètre dans le sanctuaire et dépose le bassin au centre de l’autel, où se trouve normalement le livre de l’Évangile ; celui-ci est déplacé à l’arrière de l’autel. Lors de l’Orthros qui suit, la croix est solennellement transportée au centre de l’église et exposée à la vénération des fidèles.

Les parties des Vêpres et de l’Orthros qui, selon diverses coutumes locales, se tiennent normalement devant l’Icône de la fête (par exemple le chant du polyeleos et l’Évangile de l’Orthros) ont lieu devant la croix9. L’élévation et la cérémonie d’exaltation de la Croix ont lieu à l’Orthros.

La croix demeure au milieu du temple tout le long de l’apodose ; les fidèles la vénèrent chaque fois qu’ils entre ou sortent de l’église. À la fin de l’apodose, le prêtre et le diacre encensent la croix et, après une dernière vénération, rapporte la croix dans le sanctuaire par les Saintes Portes. Ce rituel est reproduit au cours des autres fêtes de la Croix décrites ci-après.

 

Pratique orthodoxe orientale

 

Église apostolique arménienne

Les fidèles de l’Église apostolique arménienne observent un jeûne de cinq jours du 10 au 14 septembre en préparation de la Fête de la Sainte Église pour la Sainte-Croix. Celle-ci est célébrée le 15 septembre. Le 16 septembre commence l’Exaltation (ou élévation de la Sainte-Croix (en arménien : Khachverats), qui dure plusieurs jours. C’est l’une de cinq fêtes majeures de l’Église arménienne et la plus importante des fêtes de la Croix. Selon la tradition de l’Église arménienne, le premier à vénérer la Croix fut l’apôtre Jacques le Juste, frère du Seigneur. Le dimanche le plus proche du 14 septembre, on célèbre l’antasdan (bénédiction des points cardinaux) au cours duquel les quatre points cardinaux de l’église et du Monde sont bénis en signe de sanctification universelle et où une croix (généralement celle de l’autel), ornée de basilic en signe de royauté, est sortie en procession et déposée sur une table à la vue de tous. Le prêtre asperge ensuite les basilics d’eau bénite et les diacres en distribuent une tige aux fidèles qui vénère ensuite la croix.

Le dimanche le plus proche du 28 septembre (et toujours deux semaines après l’Exaltation de la Croix), l’Église d’Arménie célèbre la Fête de la Sainte-Croix de Varak. Cette cérémonie commémore la déposition d’un morceau de la Croix dans le sol arménien à Varagavank ; elle est propre à l’Église arménienne.

Le dimanche le plus proche du 26 octobre, l’Église d’Arménie fête l’Invention de la Sainte-Croix (Kyood Khach) par sainte Hélène en 326.

Église éthiopienne orthodoxe

L’Église éthiopienne orthodoxe tewahedo, l’une des Églises orthodoxes orientales, commémore l’invention de la Vraie Croix le 17 du mois de Meskerem, en calendrier éthiopien, qui correspond au 27 septembre du calendrier Julien (ou un jour plus tard les années bissextiles). La veille de ce jour est appelée Demera, signifiant « feu de joie » en amharique. Le patriarche de l’Église éthiopienne orthodoxe allume un grand feu de joie sur la place Maskal, le plus grand espace d’Addis-Abeba, tandis que d’autres feux sont allumés dans les paroisses de tout le pays. De nombreux fidèles assistent aux chants et aux célébrations de la place Maskal dont le nom signifie Croix en Guèze. Selon la tradition, le feu de joie commémore comment, à la lumière de feux, la Reine Hélène trouva la Croix, ou bien comment, par une série de feux, elle informa son fils Constantin de sa découverte.

Église indienne orthodoxe

Un service spécial est célébré en ce jour par l’Église malankare orthodoxe, en particulier dans l’église de Mor Sabor-Mor Aphroth11 d’Akaparambu  (district d’Ernakulam, état du Kerala, Inde).

 Invention de la Sainte Croix, 3 mai

Dans le rite romain, jusqu’à l’an 1960, on célébrait le 3 mai la fête de l’Invention de la Saint Croix. Il y a plusieurs hypothèses pour en expliquer l’origine. Selon certains la fête célèbre la découverte de la Saint Croix par Sainte Helène en 326. Selon d’autres elle célèbre le recouvrement par l’empereur Héraclius de la Croix enlevée par les Perses. Selon d’autres encore c’est l’anniversaire de l’arrivée à Rome d’un fragment important de la Croix En 1960 elle a été supprimée dans la réforme du pape Jean XXIII (voir Calendrier romain général 1960).

 Invention de la Croix, 13 septembre

L’Église de l’Orient (Église assyrienne de Mésopotamie) célèbre l’Invention de la Croix le 13 septembre. C’est une fête majeure de cette Église. L’Église de l’Orient tient le signe de croix pour un septième sacrement qui scelle tous les autres (il scelle en particulier le mariage, qui ne fait pas partie des sacrements de cette Église). Lors de cette fête, les fidèles se réunissent, chantent et dansent, échangent des vœux et, en certains lieux, sacrifient un mouton.

 Translation d’un morceau de la vivifiante Croix de Malte à Gatchina, 12 octobre

L’Église russe orthodoxe fête le 12 octobre la Translation d’un morceau de la vivifiante Croix de Malte à Gatchina.

Un morceau de la Vraie Croix, ainsi que l’icône de la Vierge de Philerme et la main droite de Jean le Baptiste étaient conservés à Malte par les chevaliers de l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem. En 1798, les troupes françaises s’emparèrent de l’île ; le Grand Maître de l’Ordre, Ferdinand von Hompesch zu Bolheim et ses compagnons, furent autorisés par Bonaparte à quitter l’île avec les reliques de l’Ordre non sans préalablement les avoir dépouillées de leurs reliquaires en métal précieux. Les reliques étaient encore en la possession du Grand Maître quand celui-ci s’installa à Trieste, alors autrichienne, le 18 Juin 1798 et aussi deux mois plus tard quand il déménagea à Ljubljana. Von Hompesch abdiqua le 6 juillet 1799. Les chevaliers de l’Ordre élurent Grand Maître le tsar Paul Ier ; celui-ci accepta cette élection et les reliques lui furent présentées le 12 octobre 1799 dans son palais de Gatchina. Elles furent transférées un peu plus tard au Palais d’hiver de Saint-Pétersbourg, dans la chapelle consacrée à l’Icône acheiropoïète du Seigneur. La fête fut établie en 1800

 Invention de la précieuse Croix et des clous précieux par l’impératrice Hélène, 6 mars

Selon le calendrier liturgique de l’Église de l’Orient, ce jour commémore la véritable date de l’Invention de la Précieuse Croix et des Clous précieux par l’impératrice Hélène, le 14 septembre commémorant la consécration de l’église du Saint-Sépulcre de Jérusalem. C’est une fête mineure qui n’a pas les particularités du 14 septembre

 Recouvrement de la Croix, 7 mai

Selon l’ancien rite gallican (du viie au ixe siècle), la Fête de la Croix était célébrée le 3 mai. Lorsque les rites gallican et romain furent fusionnés au ixe siècle, la date du 14 septembre fut instituée pour célébrer la reconquête de la Croix sur les Perses. La date du 7 mai fut conservée pour commémorer le recouvrement de la Croix par sainte Hélène, et se trouve dans le calendrier romain tridentin de saint Pie V. En 1960, le pape Jean XXIII supprima cette fête, de sorte que le calendrier romain général actuel retint la seule date du 14 septembre. La fête du 7 mai est absente aussi dans le calendrier romain général 1960 incorporé dans les livres liturgiques 1962, dont l’emploi est encore autorisé comme forme extraordinaire du rite romain selon le motu proprio Summorum Pontificum du 7 juillet 2007.

 Procession de la Croix, 1er août

Les Églises orthodoxes et catholiques de rite byzantin célèbrent le 1er août la Fête et Procession du Vénérable Bois de la Vivifiante Croix de Jésus-Christ. Ce jour marque le début du Jeûne de la Dormition. Les propres de la fête sont combinés avec ceux de la fête des Maccabées dont l’endurance semble appropriée au premier jour du jeûne de la Dormition. Au contraire du 14 septembre, cette fête est mineure ; toutefois, on y procède à l’exposition et à la vénération de la croix comme lors de l’Exaltation de la Sainte-Croix.

L’histoire de la fête commence à Constantinople. La veille, le 31 juillet, la relique de la Croix était extraite du trésor impérial et déposée sur l’autel de la Grande Église (Sainte Sophie). Le 1er août, elle était solennellement déposée au milieu de la Grand Église ; puis elle était quotidiennement déplacée en procession par la ville, à la vénération des fidèles demandant la bénédiction divine et la guérison des malades, jusqu’à la fête de la Dormition de Theotokos le 15 août ; la relique retournait alors dans le trésor impérial.

En souvenir de cette tradition, il y a fréquemment des processions de la Croix. On procède également à la bénédiction de l’eau le 1er août. Cette fête est la première des trois Fêtes du Seigneur du mois d’août : les deux autres sont la Transfiguration de Jésus-Christ le 6 août et la célébration de l’Icône acheiropoïète du Christ le 16 août. À cause de la bénédiction de l’eau, cette fête est parfois appelée Sauveur des eaux. En ce jour on célèbre aussi en certains lieux le rite de Bénédiction du miel nouveau et ce jour y est appelé Sauveur du Miel.

Selon saint Nicolas d’Ochrid, cette fête fut instituée par accord entre les Églises grecque et russe pour commémorer les victoires simultanées de l’empereur byzantin Manuel Ier Comnène sur les Bulgares et du prince russe André Ier Bogolioubski sur les Sarrasins au xiie siècle

Dans l’Église russe orthodoxe, cette date commémore aussi la Baptême de la Russie le 1er août 988.

 

Fêtes mobiles

En plus des dates fixes, la Croix est célébrée à des dates mobiles, en particulier lors du Grand Carême du temps pascal.

Les Églises d’Orient célèbrent une Vénération de la Croix le troisième dimanche du Grand Carême. Le service de ce jour est adapté de la fête de l’Exaltation de la Croix du 14 septembre : la croix est portée solennellement sur l’autel lors des petites Vêpres et au centre du temple à m’Orthros, toutefois sans le déploiement cérémoniel du 14 septembre

La croix demeure au centre du temple lors de la quatrième semaine du Grand Carême. Les lundi et mercredi de cette semaine, on vénère la croix à l’office de Prime. Le vendredi, la vénération a lieu après l’office de None, après laquelle le prêtre rapporte la croix au sanctuaire19.

Les Églises orthodoxe et catholique romaine, ainsi que certaines Églises anglicanes incluent une Adoration de la Croix lors des offices du vendredi saint.

Mercredis et vendredis

En plus des célébrations décrites ci-dessus, les fidèles orthodoxes commémorent la Croix tous les mercredis et vendredis.

 

Pratiques de vénération de la Croix

Jours de fête

Dans les Églises d’Orient, lors des fêtes décrites ci-dessus, la vénération de la Croix peut avoir lieu à l’Orthros, après l’exposition de la croix, à la fin de la Divine Liturgie ou à la fin des Petites Heures selon la coutume locale.

Les fidèles s’avancent vers la croix, se prosternent deux fois, se signent, baisent les pieds du Christ sur la croix et se prosternent une troisième fois. Fréquemment ils reçoivent ensuite une bénédiction du prêtre et s’inclinent vers les autres fidèles de part et d’autre de l’église (pratique en vigueur surtout dans les monastères).

Fin du service

À la fin de la Divine Liturgie et d’autres offices, il est courant que les fidèles s’avancent et vénèrent la Croix de bénédiction tenue en main par l’évêque ou le prêtre puis baisent la main de celui-ci. Cette pratique est aussi appelée Vénération de la Croix quoiqu’elle ne comporte pas de prostration. La Croix de bénédiction est petite (généralement haute de 25 à 40 cm) ; elle est faite de métal — or ou plaqué or — ; elle est ornée d’émaux et de pierres précieuses et tenue à l’aide d’une étoffe ornée (pratique arménienne). L’image de Jésus (ou soma) est gravée, émaillée ou peinte sur la croix, plutôt que sculptée en relief. Ceci est dû à la préférence des chrétiens orientaux pour les icônes plutôt que pour les statues dans les églises.

CORPS ET SANG DU CHRIST, EUCHARISTIE, FETE DU CORPS ET DU SANG DU CHRIST, JESUS-CHRIST, Non classé, SACREMENTS, THOMAS D'AQUIN

L’Eucharistie expliquée par saint Thomas d’Aquin

 

Ceci est mon Corps, par saint Thomas d’Aquin

Père Cantalamessa, Ceci est mon Corps
Dans son commentaire sur la première épître aux Corinthiens, saint Thomas d’Aquin nous donne l’interprétation juste des paroles de Jésus à la dernière Cène lorsqu’il a dit à ses disciples en tenant le pain qu’il venait de rompre : « Ceci est mon Corps ». Écoutons-le :

Sur ces paroles, nous avons trois choses à considérer :

A) ce qui est exprimé par ces paroles, à savoir que le corps de Jésus-Christ s’y trouve ;
B) la vérité de cette manière de parler ;
C) si cette forme est convenable pour ce sacrement.

A) Sur le premier de ces points, il faut observer qu’il a été dit par quelques auteurs que le corps de Jésus-Christ ne se trouve point en vérité dans ce sacrement, mais seulement que ce sacrement en est le signe. Ils font dire à ces paroles : « Ceci est mon corps » ceci : c’est le signe et la figure de mon corps ; ainsi qu’il a été dit ci-dessus (X, 4) : Or cette pierre était le Christ, c’est-à-dire la figure du Christ. Mais cette interprétation est hérétique, puisque le Sauveur dit expressément (Jean VI, 56) : « Ma chair est vraiment une nourriture, et mon sang est vraiment un breuvage. » D’autres auteurs ont dit qu’il y a dans le Sacrement véritablement le corps de Jésus-Christ, mais qu’il y est conjointement avec la substance du pain ; ce qui est impossible, comme il a été dit plus haut. D’autres encore ont prétendu qu’il y a seulement dans le Sacrement le corps de Jésus-Christ, la substance du pain ne demeurant pas, soit parce qu’elle serait anéantie, soit parce qu’elle serait absorbée par la matière qui reste ; mais cela ne peut être, parce que, comme dit saint Augustin (livre des 83 Questions) : Dieu n’est pas l’auteur de ce qui tend à n’être pas. D’ailleurs, cette supposition détruirait encore ceci que la substance du pain est changée au corps de Jésus-Christ. Ainsi, le corps de Jésus-Christ ne commençant pas à être dans le Sacrement par le changement d’une autre substance en la sienne, il faut admettre qu’il commence à s’y trouver par un changement de lieu, ce qui est impossible, comme il a été dit. Il faut donc dire que le corps de Jésus-Christ est dans le Sacrement par le changement du pain en Lui-même. Toutefois il faut remarquer que ce changement diffère de tous ceux qu’on voit dans la nature, car l’action de la nature présuppose la matière, et par conséquent son action ne peut aller au-delà d’un changement partiel quant à la forme substantielle ou accidentelle : aussi tout changement naturel s’appelle-t-il un changement de formeMais Dieu, qui opère le changement dont nous parlons, est l’auteur de la matière et de la forme ; par conséquent, la substance entière du pain, la matière ne subsistant plus, peut être changée en la substance entière du corps de Jésus-Christ. Et parce que la matière est le principe de l’individualisation des êtres, ce tout individuel et déterminé, qui est une substance particulière, est en entier changé en une autre substance particulière : c’est de là que ce changement est appelé substantiel ou transsubstantiation. Il arrive donc dans ce changement le contraire de ce qui a lieu dans les changements naturels : dans ceux-ci le sujet demeure, et la transmutation se fait parfois quant aux accidents ; mais dans l’Eucharistie la substance subit la transmutation, et les accidents demeurent sans sujet, par un effet de la puissance divine, qui, en tant que cause première, les soutient sans cause matérielle. Elle devient substance à cette fin que le corps et le sang de Jésus-Christ puissent être reçus sous deux espèces pour les raisons exposées ci-dessus. Mais parce que, dans un certain ordre, les accidents se rapportent à la substance, les dimensions, pour ce motif, demeurent sans sujet, et les autres accidents demeurent dans les dimensions elles-mêmes qui leur servent de sujet. Si cependant, sous ces dimensions, il ne se trouve aucune autre substance que le corps du Christ, on peut élever une difficulté à l’occasion de la fraction de l’hostie consacrée, attendu que le corps de Jésus-Christ est glorifié, et par conséquent ne saurait être rompu. Il ne pourrait donc se trouver sous cette fraction ; d’ailleurs, on ne peut supposer que quel qu’autre sujet s’y trouve, parce que nulle fiction ne saurait être compatible avec le Sacrement de vérité. Rien donc n’est perçu par les sens dans ce sacrement qui n’y soit en vérité ; car ce qui est en soi sensible, ce sont les qualités, qui demeurent dans ce sacrement telles qu’elles étaient auparavant, ainsi qu’il a été dit. C’est ce qui a fait dire à d’autres auteurs qu’il y a véritablement fraction, mais sans sujet, et qu’ainsi rien n’est rompu dans le Sacrement. Mais cela n’est pas admissible, car, la fraction supposant l’état passif, état inférieur à la qualité, elle ne peut pas plus se trouver dans ce sacrement sans sujet, que la qualitéIl reste donc à dire que la fraction porte sur les dimensions du pain et du vin, qui demeurent là comme sujet, mais qu’elle n’atteint pas le corps de Jésus-Christ, parce qu’il réside sous chaque partie des dimensions après la division. On peut expliquer ainsi ce point : le corps de Jésus-Christ réside dans le sacrement de l’Eucharistie par le changement de la substance du pain en sa propre substance ; or ce changement ne se fait pas à raison des dimensions, puis- qu’elles demeurent, mais seulement à raison de la substance ; donc le corps de Jésus-Christ y est présent, à raison de sa propre substance, et non à raison de ses dimensions, bien que ces dimensions s’y trouvent par voie de conséquence, en tant qu’elles ne sont pas séparées de la substance de Jésus-Christ. Mais, pour ce qui est de la nature de la substance, elle est tout entière sous chaque partie des dimensionsAinsi, de même qu’avant la consécration toute la vérité de la substance et la nature du pain subsistent sous chaque partie des dimensions, ainsi, après la consécration, tout le corps de Jésus-Christ est sous chaque partie du pain divisé. La division de l’hostie consacrée marque : premièrement, la passion de Jésus-Christ, dans laquelle son corps fut brisé par ses blessures, suivant cette parole (Psaume XXI, 17) : « Ils ont percé mes mains et mes pieds » ; deuxièmement, la distribution des dons de Jésus-Christ, qui sortent de lui comme de leur source, suivant ce qui est dit (ci-après, XII, 4) : Il y a diversité de grâces ; troisièmement, les diverses parties de l’Eglise : car parmi ceux qui sont les membres de Jésus-Christ, les uns sont encore en pèlerinage dans ce monde ; les autres vivent déjà dans la gloire avec Jésus-Christ, et quant à l’âme et quant au corps ; d’autres, enfin, attendent à la fin du monde la résurrection dernière : c’est ce que signifie la division de l’hostie en trois parties.

B) Il faut examiner la vérité de ce qui précède, car cette façon de parler (verset 24) : Ceci est mon corps, ne parait pas être vraie. En effet, le changement du pain au corps de Jésus-Christ se fait au moment même où ces paroles sont proférées, car alors se complète la signification de ces termes, la forme des sacrements opérant suivant sa signification ; il s’ensuit donc qu’au commencement de cette phrase, quand on dit que là n’est pas le corps Jésus-Christ, mais la seule substance du pain désignée par ce pronom « ceci » qui est alors démonstratif de la substance, ce pronom « ceci » signifie, dans ces paroles Ceci est mon corps, que la substance du pain est mon corps : ce qui est faux manifestement. Quelques auteurs disent que le prêtre prononce ces paroles matériellement, et en forme de récit, au nom de Jésus-Christ, et par conséquent, ce pronom, en tant qu’il est démonstratif, ne se rapporte pas à. la matière présente : ce serait une manière de parler fausse, qui favoriserait l’objection formulée plus haut. Mais cette explication ne peut se soutenir. D’abord, si cette locution ne s’applique pas à la matière présente, elle ne s’y rapportera en aucune façon : ce qui est faux. En effet, saint Augustin dit (Traité sur Jean, LXXX) : « La parole vient se joindre à l’élément, et le sacrement a lieu. » Il faut donc reconnaître que ces paroles sont prises dans leur sens formel, et qu’il les faut rapporter à la matière présente. Or le prêtre les profère au nom du Christ, de qui elles tiennent leur efficacité, afin de montrer qu’elles ont encore maintenant la vertu qu’elles avaient alors que Jésus-Christ les a prononcées. Car la puissance qui leur a été donnée ne s’évanouit ni par la diversité des temps ni par la différence des ministres. D’ailleurs, la même difficulté reste sur la première fois où Jésus a prononcé ces paroles. Voilà pourquoi d’autres auteurs ont dit que ces mots : Ceci est mon corps, signifient : ce pain désigne mon corps, en sorte que cette expression « Ceci » désigne ce qui est indiqué au commencement de la phrase. Mais cette explication n’est pas non plus admissible, car, les sacrements effectuant réellement ce qu’ils figurent, ces paroles ne peuvent produire que ce qu’elles signifient. De plus, il s’ensuivrait que ces paroles n’opéreraient rien autre chose que de rendre le corps de Jésus-Christ présent comme sous un signe, ce à quoi il a été répondu plus haut. On a dit encore que cette expression : « Ceci » est une démonstration pour l’intelligence, et exprime ce qui sera à la fin de la phrase, à savoir le corps de Jésus-Christ. Mais cette explication ne parait pas non plus convenable, car alors tel serait le sens : Mon corps est mon corps : ce qui ne se réalise pas par ces paroles, attendu que cela était vrai avant les paroles de la consécrationIl faut donc répondre autrement et dire que la forme du sacrement est non seulement significative, mais encore effective, car en signifiant elle opère. Or, dans toute opération active, il est nécessaire de reconnaître quelque chose de commun et comme un principe. Ce qui est commun dans le changement qui nous occupe, ce n’est pas une substance, ce sont les accidents qui subsistaient auparavant et subsistent après : voilà pourquoi, du côté du sujet, dans cette phrase, le nom n’est pas exprimé, parce qu’il marque une espèce de substance déterminée, mais le pronom seulement, qui marque la substance indéterminée et sans désignation spécifique. Le sens est donc : Ceci, à savoir ce qui est contenu sous ces accidents, est mon corps. C’est ce qui s’opère par les paroles de la consécration ; car, avant la consécration, ce qui était contenu sous les accidents n’était pas le corps de Jésus-Christ, mais il devient le corps de Jésus-Christ par la consécration.

C) Il faut examiner la convenance de cette forme du sacrement. Ce sacrement consiste, comme il a été dit, non dans l’usage de la matière, mais dans sa consécration. Or cette consécration ne s’opère pas en ce sens que la matière consacrée reçoit seulement une vertu spirituelle, mais en ce que la transsubstantiation de la matière se réalise, quant à son être, au corps de Jésus-Christ, en sorte qu’il n’a pas été possible de se servir d’aucun autre mot que de l’expression substantive pour dire : Ceci est mon corps. En effet, on marque par là ce qui est la fin, ce qui s’opère au même instant qu’en est donnée la signification.

Saint Thomas d’Aquin, Commentaire de la première épître de saint Paul aux Corinthiens, 1 Corinthiens XI, 23-24 — L’eucharistie

St-thomas-aquin.jpg

 

EGLISE CATHOLIQUE, FETE DU SACRE-COEUR, FETE LITURGIQUE, JESUS-CHRIST, SACRE-COEUR DE JESUS

La fête du Sacré-Coeur

Le Sacré-Coeur

fra_angelico_-_piercing_of_the_side_of_jesus.001

La Fête du Sacré-Cœur est célébrée le 3e vendredi après la Pentecôte. Elle trouve son origine dans les apparitions du Christ à sainte Marguerite Marie Alacoque, religieuse à Paray-le- Monial. La dévotion au Sacré Cœur  invite à fixer l’attention sur le coeur aimant de Jésus, compatissant et miséricordieux

 

Le culte du Sacré-Cœur

sacré coeur 001

 

En 1673, à Paray-le-Monial, une religieuse de l’ordre de la Visitation, Marguerite-Marie Alacoque, voit Jésus et l’entend lui dire : « Voici ce Cœur qui a tant aimé les hommes et qui en est si peu aimé. » Ce message sera reconnu par le pape Clément XIII en 1765. C’est le début du culte du Sacré-Cœur. En 1856, le pape Pie IX décide de lui consacrer une fête pour toute l’Église. Les représentations figurées du Sacré-Cœur font alors le tour du monde. En 1899, le pape Léon XIII lui consacre toute l’humanité. C’est le pape Pie XII qui explicitera pour le « monde d’aujourd’hui » la théologie du Sacré-Cœur dans son encyclique Haurietis aquas in gaudio (« Vous puiserez les eaux dans la joie aux sources du Sauveur »). En 1995, Jean-Paul II associe la fête du Sacré-Cœur à une journée de prière pour la sanctification des prêtres. En 2011, lors des Journées mondiales de la jeunesse à Madrid, Benoît XVI consacre la jeunesse du monde entier au Sacré-Cœur de Jésus. Au XVIIe siècle, au cœur des controverses protestantes ou jansénistes, l’Église développa le culte au Sacré-Cœur pour rappeler la primauté de l’amour de Dieu. Aujourd’hui, dans un monde hyper technicisé, la dévotion au Sacré-Cœur permet de reconsidérer les dons de la tendresse, de l’amour, des relations humaines qui donnent un surplus de sens à la vie.

 

Paray-le-Monial cité du sacré cœur

Paray Le Monial, France - September 13, 2016:  Shrine of St.. C

Le sanctuaire de Paray-le-Monial est mondialement connu. Cette petite ville de Bourgogne est devenu en près de 400 ans une grande destination de Pèlerinage au Sacré-Cœur  de Jésus.

Apparition du 27 décembre 1673

 » Mon divin cœur est si passionné d’amour pour les hommes et pour toi en particulier, que ne pouvant plus contenir en lui-même les flammes de son ardente charité, il faut qu’il les répande par ton moyen et qu’il se manifeste à eux pour les enrichir de ses précieux trésors que je te découvre. « 

Grande apparition, de juin 1675

 » Voilà ce Cœur qui a tant aimé les hommes qu’il n’a rien épargné jusqu’à s’épuiser et se consommer pour leur témoigner son amour. Et pour reconnaissance je ne reçois de la plupart que des ingratitudes « 

Dans une communication plus personnelle, Jésus demande à Marguerite-Marie de l’accompagner chaque jeudi soir, durant une heure, pour participer à son agonie à Gethsémani. Il lui dit : « C’est ici où j’ai le plus souffert qu’en tout le reste de ma Passion (…) ; il n’y a point de créature qui puisse comprendre la grandeur des tourments que je souffris alors ».

Marguerite-Marie n’a pas « inventé » la dévotion au Sacré Cœur. Celle-ci se déploie particulièrement au XVIIe siècle et prépare la mission que Jésus lui confiera.

St Jean Eudes (1601 -1680) missionnaire au cœur de feu, travaille ardemment à la réforme du clergé. Aux prêtres de la congrégation qu’il a fondée, il écrit : » Il nous faut apprendre de notre divin Docteur, qui est Jésus, à être humbles non seulement d’esprit mais de cœur. « Il composera la première messe en l’honneur des coeurs de Jésus et Marie.

 

Lettre de Marguerite-Marie au Père Croiset :

 » La première grâce particulière qu’il me semble avoir reçue pour cela, ce fut un jour de saint Jean l’Évangéliste qu’après m’avoir fait reposer plusieurs heures sur cette sacrée poitrine, je reçus de cet aimable Cœur  des grâces dont le souvenir me met hors de moi-même. Après cela, ce divin Cœur  me fut présenté comme dans un trône de flammes, plus rayonnant qu’un soleil et transparent comme un cristal, avec cette plaie adorable, et il était environné d’une couronne d’épines, qui signifiait les piqûres que nos péchés lui faisaient, et une croix au-dessus qui signifiait que dès les premiers instants de son Incarnation, c’est-à-dire que dès lors que ce sacré Cœur  fut formé, la Croix y fut plantée, et il fut rempli dès ces premiers instants, de toutes les amertumes que devaient lui causer les humiliations, pauvreté, douleurs et mépris que la sacrée humanité devait souffrir, pendant tout le cours de sa vie et en sa sainte Passion… ».

Un autre témoin du Cœur de Jésus a marqué de sa présence discrète et rayonnante Paray-le-Monial : Claude la Colombière, jésuite, qui fut le confesseur de Marguerite-Marie.

La chapelle de La Colombière se trouve sur la droite en sortant de la Visitation, à 100 m. Elle est confiée à la garde de la communauté des Pères de la Compagnie de Jésus résidant à Paray-le-Monial.

Bâtie en 1930, juste après la béatification de Claude La Colombière, le 16 juin 1929. Son style rappelle les Basiliques de Fourvières (Lyon) et de Montmartre (Paris) par les mosaïques nombreuses et les vitraux.

Au début du XVIIe siècle, Paray-le-Monial compte un nombre important de protestants. Des Pères jésuites résident alors de temps en temps dans la ville à partir de 1618 pour prêcher la foi catholique. Ils s’y établissent définitivement à partir de 1651. Le Père Claude La Colombière fut supérieur de la petite résidence pendant 18 mois, en 1675-1676, et revint à Paray pour y mourir en 1682, à l’âge de 44 ans. Il fut confesseur de Marguerite-Marie, envoyé par Dieu comme son » fidèle serviteur et parfait ami. « 

La grande fresque de l’abside relate la vision de Marguerite-Marie du 2 juillet 1688, deux ans avant sa mort Le Christ siège au sein de flammes qui représentent le feu brûlant de son amour. À droite, Marie a le visage tourné vers Marguerite-Marie. Elle lui confie ce message : les sœurs de la visitation doivent promouvoir la dévotion au Cour de Jésus, mais les jésuites sont chargés d’expliquer théologiquement le mystère du Cœur de Jésus. Cette phrase est transcrite au bas de la fresque. Les anges présentent tous des images du Sacré Cœur, que Jésus a demandé que l’on dessine pour les répandre dans les foyers chrétiens.

Châsse de Sainte Marguerite-Marie : ses ossements sont enveloppés dans une effigie de cire et de coton revêtue de l’habit de l’Ordre au XVIIe siècle. Cette chasse date de sa béatification en 1864. Décédée le 17 octobre 1690, Marguerite-Marie fut canonisée en 1920.

Au-dessus de la châsse, un tableau représente une autre vision de Marguerite-Marie : au moment de communier des mains du Père la Colombière, elle a la vision des trois cœurs : le plus grand est celui du Christ, uni désormais aux deux plus petits que sont ceux de Marguerite-Marie et de Claude.

 

Marguerite-Marie Alacoque

web-st-margaret-mary-alacoque-c2a9fr-lawrence-lew-o-p-cc (1)

Née le 22 juillet 1647, Marguerite-Marie Alacoque entre au monastère de la Visitation à Paray-le-Monial en 1671. Le 27 décembre 1673, le Christ lui apparaît. Elle reçoit un premier message : « Mon divin Cœur est si passionné d’amour pour les hommes, et pour toi en particulier, que ne pouvant plus contenir en lui-même les flammes de son ardente charité, il faut qu’il les répande par ton moyen. » Jésus demande à la voyante de « faire connaître aux hommes l’Amour débordant de Dieu… » Un an plus tard, elle voit de nouveau le cœur de Jésus « tout rayonnant de gloire avec ses cinq plaies brillantes comme cinq soleils ». En 1675, Jésus lui dit : « Voilà ce Cœur qui a tant aimé les hommes, qu’il n’a rien épargné jusqu’à s’épuiser et se consommer pour leur témoigner son amour ; et pour reconnaissance, je ne reçois de la plupart que des ingratitudes, par leurs irrévérences et leurs sacrilèges, et par les froideurs et les mépris ». Jésus poursuit en demandant que soit rendu un culte public au Sacré-Cœur. Elle meurt à Paray-le-Monial le 17 octobre 1690. Elle est canonisée en 1920.

Ancienne-médaille-religieuse-ARGENT-MASSIF-Vierge-Sacré-Coeur

CHJRISTIANISME, DIEU, EGLISE CATHOLIQUE, ESPRIT SAINT, JESUS CHRIST, JESUS-CHRIST, SAINT ESPRIT

La sainte Trinité

Qu’est ce que la Trinité ?

Icône-de-la-Trinité-Sr-Lorette_m

 

Les chrétiens sont baptisés « au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit ». Quand ils commencent leur prière, ils se marquent du signe de la croix sur le front, le cœur et les épaules en invoquant Dieu : Au Nom du Père, et du Fils et du Saint-Esprit : c’est la Trinité.

L’homme n’est pas capable d’imaginer un Dieu unique qui existe en trois personnes. C’est Dieu qui nous a révélé ce mystère de son amour par l’envoi de son Fils et du Saint-Esprit. Jésus nous a révélé que Dieu est « Père », en nous montrant d’une façon unique et originale, que Lui-même n’existe que par son Père. Jésus est un seul Dieu avec le Père. Jésus a promis à ses apôtres – les douze hommes qu’Il a choisis et envoyés – le don de l’Esprit Saint. Il sera avec eux et en eux pour les instruire et les conduire « vers la vérité tout entière » (Jean 16, 13). Ainsi, Jésus nous le fait connaître comme une autre personne divine.

La Trinité est Une : nous ne croyons pas en trois dieux, mais en un seul Dieu en trois personnes : le Père, le Fils et l’Esprit Saint. Chacune des trois personnes est Dieu tout entier. Chacune des trois personnes n’existe qu’en union avec les deux autres dans une parfaite relation d’amour. Ainsi toute l’œuvre de Dieu est l’œuvre commune des trois personnes et toute notre vie de chrétiens est une communion avec chacune des trois personnes.

Source : Petit guide de la foi, Mgr Vingt-Trois, éd. le Sénevé.

 

+++++++++++++

Qui est la Trinité ?

ob_2b9f73_ste-trinite-annee-c-2

S’il y a quelque chose de difficile à comprendre dans la foi chrétienne, c’est bien le mystère d’un seul Dieu en trois personnes..

Croire en un Dieu unique, et aussi relations en lui-même au point d’être trois, c’est tout de même un étrange mystère. Et ce d’autant plus que le mot n’apparaît pas dans le vocabulaire biblique. On raconte que saint Augustin, auteur d’un magnifique Traité sur la Trinité, vit un jour un ange qui essayait de mettre toute l’eau de la mer dans un seul petit coquillage. Lorsque l’évêque d’Hippone lui faisait remarquer la difficulté de son entreprise, l’ange lui répondit que cela lui serait plus facile que de vouloir épuiser, avec ses seules ressources de la raison humaine, le mystère de la Trinité. Pourtant, la Bible n’est pas muette à ce propos.

Au tout début du livre de la Genèse, Abraham reçoit la visite du seigneur sous la forme de trois mystérieux personnages. Le texte de la Bible alterne singulier et pluriel au point que l’hospitalité d’Abraham devint, pour les chrétiens, le symbole par excellence et la préfiguration de la Trinité. Les évangiles eux aussi connaissent les trois termes : le Père, le Fils et l’Esprit, pour désigner Dieu. Les textes les plus clairs à cet égard sont ceux de l’annonciation, du baptême de Jésus et, à la fin de l’Évangile de Matthieu, de l’envoi en mission.

Divinité une et trine

Mais il faudra plus de trois siècles pour que le mot Trinité apparaisse, sous la plume d’Athanase d’Alexandrie. Le terme, formé à partir du grec « trias », décrit cette réalité étonnante d’une divinité une et trine proposée à la foi des chrétiens. S’agirait-il d’une invention tardive, quelque peu éloignée du message originel de Jésus? N’a-t-on pas « brodé » sur Dieu?  Pour se convaincre du contraire, il faut revenir à l’histoire des premiers chrétiens. Juifs avant tout, ils partagent le monothéisme ombrageux d’Israël face à l’idolâtrie régnante. Ils ont donc assez logiquement du mal à rendre compte, par des concepts, de l’expérience vécue avec Jésus.

Sa résurrection est le meilleur gage de sa divinité, mais il ne nie pas l’existence d’un Créateur et Père, au contraire. Ainsi Jésus est vraiment Fils de Dieu et il envoie aux apôtres un Défenseur (Paraclet), l’Esprit, qui leur met, au cœur et sur les lèves, les paroles de vérité et de vie. Mais il existe une autre source de la foi : la liturgie. Le baptême n’est-il pas donné, selon Matthieu, « au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit? ». Ne commençons-nous pas nos prières par un signe de croix qui est fait « au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit? ».

La liturgie eucharistique est d’une  grande richesse à cet égard. Les textes des prières qui la composent proclament un mouvement interne à Dieu. Il est don, dans la Création, l’Incarnation et l’action permanente et renouvelée de l’Esprit. Il est amour, et l’amour est tout sauf immobile. Il est vie, et il n’existe pas de vie sans engendrement. Il est impossible au chrétien de se fixer sur une personne de la Trinité, car chacune d’elle réoriente le regard vers une des deux autres. Le croyant est alors en quelque sorte intégré à ce mouvement de vie et d’amour. Ce mouvement perpétuel d’une personne à l’autre de la Trinité montre aussi la divinité du Fils et celle de l’Esprit, ainsi que leur unité au Père.

L’amour absolu

Ni l’un ni l’autre ne sont des intermédiaires entre un Dieu solitaire et ses créatures. Pour contempler l’unité de la Trinité, la voie la plus accessible est de considérer l’amour dans sa forme d’absolue gratuité que nous appelons charité ou agapè. Cet amour désintéressé tend vers l’unité comme tout amour, dans une distance respectueuse de chacun. Lorsque l’amour est divin et donc parfait, il génère ce paradoxe inouï qu’est une unité plurielle. Pour avancer dans la saisie de ce mystère, deux voies s’offrent à nous, celle, simple et sûre, de la liturgie et celle, plus âpre mais indispensable, de l’amour réciproque.

 Le mystère de la Trinité

ob_9968c9_chagall-abraham-3visiteurs-g

C’est en faisant la volonté d’Amour du Père, en conformité avec la vie de Jésus Christ, que nous avons accès au Mystère de Dieu.

Le Père se donne totalement en engendrant son Fils : il ne garde rien qui ne serait une possession personnelle d’où naîtrait une supériorité sur son Fils. Ainsi, le Fils est engendré.

Par contre, le Fils, en se retournant vers son Père, ne garde rien qu’il ne rende à ce Père. Sa filiation est parfaite comme la paternité est totale. Ainsi l’échange d’amour est-il parfait, puisque le Père et le Fils son un : le Père est Père dans les profondeurs du Fils, le Fils est Fils dans les profondeurs du Père ; et cette relation mutuelle est l’Amour des deux, on l’appelle l’Esprit.

Cet Amour, cet Esprit ne peut être autre chose qu’eux-mêmes : si ce lien qui les unit n’était pas une personne, il y aurait en Dieu autre chose que Dieu ! Nous avons du mal à nous représenter ce que peut être cet amour substantiel du Père et du Fils, réalisé par le Don total qu’ils se font d’eux-mêmes. Le Christ nous fait pressentir cependant très clairement ce qu’il est. Cet Esprit sait tout ce que le Père et le Fils savent ; il viendra tout expliquer et tout vivifier de l’intérieur.

L’Esprit Saint au cœur de la Trinité

Il est l’Esprit, celui qui surgit de l’intime et pénètre l’intime ; et il a, par ailleurs, la liberté du vent. C’est pourquoi on l’appelle le Souffle. Il est le Souffle et le Soupir du Père au Fils, et réciproquement.

Il est Cœur de leur relation… Il est la perfection du Don, il est l’Amour. En lui, finalement, nous est révélée l’essence même de Dieu, qui est d’être Amour… Une fois arrivé à ce point, il semble inutile de cherche à expliquer la profondeur de Dieu. L’amour met en silence. Tout le reste est affaire d’intelligence spirituelle !

Mystère finalement très simple, car nous le connaissons en y pénétrant avec le Christ. Dès l’instant où nous croyons en lui, le Christ nous introduit dans l’univers de Dieu… C’est en faisant la volonté du Père, en conformité avec la vie du Fils, que nous avons accès au Mystère de Dieu.

DICTIONNAIRE, ENCYCLOPEDIE, JESUS CHRIST, JESUS L 'ENCYCLOPEDIE, JESUS-CHRIST, LIVRE, LIVRES, LIVRES - RECENSION

Jésus, l’encyclopédie

Jésus, l’encyclopédie

Sous la direction de Joseph Doré et Christine Pedotti

Paris, Albin Michel, 2017. 846 pages

mdb-jesus

Jésus donne de ses nouvelles

Exploration rigoureuse de la figure centrale du christianisme, « Jésus. L’encyclopédie » soulève d’inépuisables questions : qui était le Christ ? Quelle place occupe-t-il aujourd’hui ? 

Disons-le d’emblée. Que celui qui s’interroge sur l’existence ou la non-existence de Jésus passe son chemin. Cette question est volontairement mise entre parenthèses dans la magistrale encyclopédie réalisée sous la férule de Joseph Doré et Christine Pedotti. Non pas supprimée mais subordonnée à une autre interrogation qui la précède, interrogation à la fois plus actuelle et plus personnelle : « Qui est Jésus ? »

Plus actuelle, car l’existence de Jésus de Nazareth fait l’objet d’un très large consensus scientifique depuis le siècle dernier, point d’aboutissement de deux cents ans de recherches historiques internationales sur la question. Oui, Jésus a existé, c’est un fait attesté par les historiens et aujourd’hui admis par toute personne s’intéressant au sujet de manière objective. Pour s’en convaincre, il suffit de consulter, par exemple, le livre de l’historien américain Bart D. Ehrman, agnostique à tendance athée, intitulé Did Jesus Exist ? (2012, non traduit). Le « mythe-Jésus » étant ainsi renvoyé aux ténèbres de l’ignorance ou de la mauvaise foi idéologique, il devient possible de se concentrer sur ce que Joseph Doré appelle le « problème-Jésus », dont l’intérêt est de mettre croyants et non-croyants sur un pied d’égalité.

 

Passionnante enquête scientifique sur l’identité de Jésus

C’est dans cette perspective qu’a été conçu Jésus. L’encyclopédie, dont le premier mérite est de rendre accessible au grand public la recherche la plus en pointe. Historiens, théologiens, philosophes et psychanalystes, de toute confession et conviction, sont convoqués pour nous faire entrer dans une passionnante enquête scientifique sur l’identité de Jésus. On se laisse ainsi embarquer dans le cheminement de la « rumeur » de sa résurrection, à laquelle on ne savait quel crédit accorder, à son « récit », c’est-à-dire à la constitution de l’Evangile qui en rend raison, en passant par sa naissance, son baptême, ses gestes, son enseignement, sa condamnation et sa passion.

Cette exploration, qui suit le fil conducteur de l’Evangile de Luc – le plus complet des quatre –, prend la forme de dizaines d’articles à la fois synthétiques et approfondis, encadrés, dans chaque chapitre, par de courtes séquences narratives, régulièrement titrées « On pourrait raconter l’histoire ainsi… », et par des cartes blanches où témoignent notamment des écrivains (François Cheng, Amos Oz, Sylvie Germain…). Le tout est accompagné d’une très belle iconographie, savamment choisie par l’historien d’art François Boespflug, qui rend délectable la lecture de l’ensemble.

 

Décider de lui décidera en même temps de nous-mêmes

Mais il y a plus. « Qui est Jésus ? » est aussi une question éminemment personnelle. Car si la science a permis de trancher le sujet de l’existence d’un certain juif nommé « Jésus de Nazareth », elle ne pourra jamais décider pour nous de son identité, de son essence, de ce qu’il prétend être lui-même – le « Fils de Dieu ». Il revient seulement à la science d’éclairer ce problème, le plus objectivement et le plus rigoureusement possible. Comme l’écrit le philosophe Jean-Luc Marion dans sa carte blanche, « nous sommes tous comme Pilate devant lui ». La question de l’existence n’étant plus d’actualité, nous nous retrouvons dans la situation du préfet romain qui, avant de prononcer son verdict, se voit contraint de se renseigner sur l’identité de Jésus : « Es-tu le roi des juifs ? »

Comme Pilate, nous avons aussi le vague pressentiment que tout jugement que nous porterons sur lui sera en même temps un jugement que nous porterons sur nous-mêmes, autrement dit : que décider de lui décidera en même temps de nous-mêmes.

Cette décision admet de multiples déclinaisons : Jésus messie, prophète, homme parmi les hommes… Selon ce que nous déciderons, nous nous apparaîtrons à nous-mêmes comme chrétien, juif, musulman, d’une autre religion ou tout simplement athée, ou encore agnostique – bref, au regard de l’histoire des réponses au « problème-Jésus », nous aurons décidé de l’orientation spirituelle de notre existence.

 

La possibilité d’une réponse personnelle au « problème-Jésus »

 

Personne ne peut donc répondre à notre place, surtout dans une société où personne ne nous demande non plus de répondre de notre orientation spirituelle. La possibilité d’une réponse personnelle au « problème-Jésus » est sans doute l’un des fruits de la sécularisation, entendue comme processus de séparation de l’ordre temporel et de l’ordre spirituel, dont Jésus lui-même avait défendu le principe : « Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu. »

Dans l’économie de cette encyclopédie, l’actualité scientifique ménage ainsi la place pour une question à propos de laquelle, quelles que soient les singularités de notre temps, aucune époque n’est plus avancée qu’une autre, car la question de l’identité de Jésus, que nous avons chacun à trancher en conscience, fût-ce pour la rejeter, est sans cesse relancée, de siècle en siècle.

Une occasion privilégiée de se demander ou de se redemander : « Qui est Jésus ? », et donc en même temps : « Qui suis-je face à lui ? »

 

Emilie Tardivel est maître de conférences à l’Institut catholique de Paris.

  

https://www.lemonde.fr/livres/article/2017/12/24/jesus-donne-de-ses-nouvelles_5234057_3260.html

++++++++++++++++++++

jesus_encyclopedie_albin_michel_pedotti_joseph_dore_v_0

 Pour avoir participé depuis trois ans avec bonheur et passion au travail de conception, d’écriture et d’édition de ce beau livre, je ne peux que le recommander aux membres du Cetad, et à quiconque ouvre ce site.

 Un titre ambitieux, un livre de poids (848 pages), les éditions Albin Michel publient un ouvrage d’une grande originalité. Il est clair que la figure de Jésus continue d’interroger aujourd’hui, dans une culture qui hésite à assumer ses racines chrétiennes, mais où la quête de spiritualité est partout présente. L’éditeur non confessionnel relève avec force le défi.

 Refusant les « révélations » sensationnelles et une médiatisation parfois douteuse, cet ouvrage collectif veut apporter à un large public, mais aussi aux biblistes plus spécialisés, une synthèse de ce que peut dire aujourd’hui sur Jésus de Nazareth la recherche historique, sociologique et exégétique, à la fois dans une critique rigoureuse et dans une lecture attentive à la façon dont le texte évangélique veut agir sur ses lecteurs. Le terme « encyclopédie » vise la diversité des approches convoquées : historique, exégétique et littéraire, mais aussi sociologique, psychanalytique, voire poétique. Mais comment aborder « de façon encyclopédique » la personne et la question de Jésus ?

 Il n’était pas question de faire un dictionnaire alphabétique, et encore moins d’être exhaustif dans les études historiques. Aussi les auteurs de L’Encyclopédie ont-ils décidé d’honorer et d’épouser le projet même des auteurs des Evangiles, en entrant dans leur perspective narrative. Là se trouve, probablement, la plus grande originalité de ce travail. En effet, ce choix tient compte des dernières recherches en théorie de la littérature et notamment du récit et de l’énorme travail de la critique narrative ces dernières décennies ; il permet à chacun de se situer comme le lecteur que Luc construit par son récit, mais un lecteur critique et à chaque instant attentif aux choix narratifs et à leur sens. C’était la meilleure façon de respecter l’épaisseur et la richesse de signification du texte évangélique, en échappant à la fois à un historicisme naïf, et à un dogmatisme pesant.

 L’Encyclopédie est formée de 3 livres : Commencements, Vie publique, Passion et Résurrection, chacun comprenant 3 ou 4 parties. Ces parties se subdivisent en 27 chapitres, qui suivent les étapes de l’évangile de Luc. Chaque chapitre s’ouvre sur un « récit » des faits composé avec brio par C. Pedotti selon l’évangile de Luc ; il est suivi d’un ou plusieurs Articles principaux qui ont été demandés à des spécialistes reconnus ; des élairages plus brefs viennent compléter tel ou tel point plus technique ou répondre aux questions les plus fréquentes des lecteurs. La recherche est en cours, les spécialistes apportent parfois des analyses en tension, qui montrent bien à quel point la figure de Jésus reste l’objet de confrontations. Viennent ensuite un Contrepoint et une Carte blanche. Le Contrepoint honore le point de vue différent que peut avoir sur la question un spécialiste autre que ceux de l’exégèse biblique, spécialiste juif notamment ou chercheur relevant d’un autre point de vue religieux ou philosophique. Les Cartes blanches sont l’œuvre d’écrivains contemporains, parmi les plus connus ; chacun propose sa contribution sur la question, montrant comment la figure de Jésus résonne aujourd’hui dans des sphères différentes parfois très éloignées du christianisme.

 On est frappé par la qualité de la réflexion, la clarté de la présentation et l’honnêteté des auteurs qui entrent dans le débat, pour ne pas dire dans l’orchestre. Près de 50 exégètes venus de huit pays différents, des contrepoints venus encore d’ailleurs, 27 cartes blanches ; la richesse de ce travail est remarquable. Elle ne s’arrête pas là, car François Boepsflug, éminent spécialiste de l’iconographie chrétienne chargé de l’illustration de l’Encyclopédie, a proposé quelques 200 planches illustrant à travers les siècles, la réception multiforme de la personne de Jésus. Ces planches qu’il commente avec un regard aussi subtil que compétent sont souvent peu connues et très originales : citons seulement, pour sourire, l’enfant Jésus en youpala du 15ème siècle… Il est ainsi manifesté que la réception du récit évangélique à travers les siècles, participe aussi de l’effort pour éclairer la figure de Jésus de Nazareth.

Jésus. L’Encyclopédie offre donc un lieu de compétence et de liberté autour d’un sujet qui se révèle inépuisable et dont chacun a conscience que de toutes les façons il nous dépasse et continuera à nous dépasser. Ainsi pourra-t-il être utilisé largement d’une part comme un ouvrage de travail précieux, puisque, sur chacune des étapes de la vie de Jésus et sur les divers aspects de son message, il permet de faire le point sur la recherche actuelle et d’ouvrir plus largement l’horizon du lecteur qui travaille les textes bibliques. Mais il peut aussi être lu comme un passionnant commentaire de l’évangile de Luc, accompagnant pas à pas le lecteur dans le questionnement que le texte biblique ne cesse de soulever, et lui proposant un parcours qui le conduira, d’une façon ou d’une autre, à s’interroger sur ce qui reste le mystère de Jésus de Nazareth

 Un livre pour la rentrée… et pour la suite.

 

Roselyne DUPONT-ROC

 https://cetad.catholique.fr/connexion

ASCENSION DE JESUS, ASCENSION DE NOTRE SEIGNEUR, AUGUSTIN D'Ippone, FETE DE L'ASCENSION, FETE LITURGIQUE, JESUS-CHRIST, LITURGIE, SERMONS

L’Ascension de Notre Seigneur

Que fête-t-on à l’Ascension ?

ascensione11 (1)

La fête de l’Ascension célèbre la montée de Jésus vers Dieu son Père. Elle est fêtée en France le jeudi de l’Ascension, quarante jours après Pâques. Mort et ressuscité, il quitte ses disciples tout en continuant d’être présent auprès d’eux, mais différemment. Il promet de leur envoyer une force, celle de l’Esprit-Saint.

La fête de l’Ascension, célébrant l’entrée du Christ dans la gloire de Dieu, est une des principales fêtes chrétiennes, qui s’inscrit dans le prolongement de Pâques et annonce la Pentecôte, dix jours plus tard. Le jour de l’Ascension, la couleur des vêtements liturgiques (que porte le prêtre) est le blanc, couleur de la fête, de la lumière et de la joie.

Jésus rejoint son Père

L’Ascension est relatée par l’évangile de Marc (chapitre 16, verset 19), l’évangile de Luc (chapitre 24, verset 51) et le livre des Actes des Apôtres (chapitre 1, versets 6-11). Le livre des Actes des Apôtres rapporte que, quarante jours après Pâques, Jésus apparaît une dernière fois à ses disciples et leur annonce : « Vous allez recevoir une force, celle de l’Esprit Saint qui viendra sur vous. Alors vous serez mes témoins (…) jusqu’aux extrémités de la terre ». Après ces paroles, ils le virent s’élever et disparaître à leurs yeux dans une nuée. L’évangile de Luc précise quant à lui que les apôtres « retournèrent à Jérusalem, remplis de joie ».

Ainsi s’achève le temps des rencontres du Ressuscité avec ses disciples. Cependant, selon sa promesse, Il sera toujours avec eux, mais d’une présence intérieure : ils ne le verront plus de leurs yeux. Le Christ n’est plus visible, mais il n’abandonne pas ses disciples. Il leur promet la venue de l’Esprit à la Pentecôte.

Un nouveau mode de présence

Croire que le Christ ressuscité est entré dans la gloire est un acte de foi. L’Ascension est source de liberté : loin de s’imposer aux hommes, Jésus les laisse libres de croire, et donc d’aimer véritablement. Jésus ne cesse d’inviter les hommes à le suivre : dans la foi, ils doivent apprendre à lire les signes de sa présence et de son action, en particulier dans la célébration des sacrements, notamment l’Eucharistie, mais aussi dans sa Parole, son Peuple, ses ministres (évêques, prêtres, diacres)…

« Pourquoi restez-vous là à regarder vers le ciel ?  » (Ac 1, 11) s’entendent dire les apôtres : l’Ascension du Christ est aussi un appel à un plus grand engagement dans le monde pour porter la Bonne Nouvelle.

La signification des Cieux

L’Ascension de Jésus n’est pas un voyage dans l’espace, vers les astres les plus lointains, car les astres sont eux aussi faits d’éléments physiques comme la terre. Pour les croyants, monter aux cieux c’est rejoindre Dieu et vivre en son amour. Ici, nulle question de magie ou d’action spectaculaire. À propos du Ciel, le Catéchisme de l’Eglise catholique parle de « l’état de bonheur suprême et définitif ». Jésus ne s’est pas éloigné des hommes mais maintenant, grâce à sa présence auprès du Père, il est proche de chacun, pour toujours.

 

Pourquoi célèbre-t-on l’Ascension dans la joie ?

Ascension.jpg

Jésus, fils de Dieu fait homme, a pleinement assumé cette condition humaine depuis le jour de sa naissance, dans la nuit de Noël. Environ une trentaine d’années plus tard, sa présence terrestre s’achève avec l’Ascension. Pourtant, comme le mentionne saint Luc, les apôtres s’en retournent à Jérusalem « remplis de joie » et non tristes, comme on aurait pu s’y attendre. De la même manière, les chrétiens célèbrent l’Ascension dans la joie.

L’Ascension fait en effet partie de l’événement inouï de Pâques : par sa mort et sa résurrection, Jésus a sauvé l’homme qui, à sa suite, est désormais appelé à rejoindre Dieu son Père pour vivre dans la gloire céleste.

Il ne s’agit pas, bien-sûr, de rejoindre le ciel au sens du firmament, de l’espace que nous observons au-dessus de nos têtes. Il s’agit d’un espace spirituel, celui de Dieu. A propos du Ciel, le Catéchisme de l’Eglise catholique précise que « ce mystère de communion bienheureuse avec Dieu et avec tous ceux qui sont dans le Christ dépasse toute compréhension et toute représentation. L’écriture nous en parle en images : vie, lumière, paix, festin de noces, vin du royaume, maison du Père, Jérusalem céleste, paradis »…

Après ces paroles, ils le virent s’élever et disparaître à leurs yeux dans une nuée. Et comme ils fixaient encore le ciel où Jésus s’en allait, voici que deux hommes en vêtements blancs se tenaient devant eux et disaient : Galiléens, pourquoi restez-vous là à regarder vers le ciel ? Jésus, qui a été enlevé du milieu de vous, reviendra de la même manière que vous L’avez vu s’en aller vers le ciel. (Ac 1, 9-11)

Les deux hommes vêtus de blanc décrits par les Actes des Apôtres annoncent alors aux Apôtres que Jésus « reviendra de la même manière ». Et, pour le moment, ils les incitent à ne pas rester les yeux vers le ciel : ils doivent retourner à leurs responsabilités. Celles-ci leur avaient justement été indiquées par le Christ : être ses témoins par toute la terre en annonçant sa mort et sa Résurrection, en faisant connaître son enseignement, en baptisant.

L’Ascension est ainsi un envoi en mission adressé aux Apôtres comme aux hommes de tous temps. Il est l’articulation entre le désir du ciel et le service des hommes.

La joie qui fait suite à cet événement s’explique aussi par cette annonce du Christ rapportée par Saint Matthieu (Mt 28, 20) (et lue au cours de la messe de l’Ascension) : « Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde ».

Autrement dit, le Christ est sans cesse présent auprès des hommes : même si, à la suite de l’Ascension, il n’est plus là physiquement, il l’est dans les sacrements. Il l’est également auprès de ceux qui prient, seuls ou à plusieurs : « Quand deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis là, au milieu d’eux », avait-Il dit un jour aux apôtres (Matthieu 18, 20). Finalement, l’achèvement de sa vie terrestre permet sa présence auprès des hommes de tous temps et de tous lieux, présent dans sa Parole, présent là où deux ou trois sont réunis en son nom, présent dans ses ministres sur terre, présent dans le pain et le vin de l’eucharistie, présent dans l’affamé nourri ou le malade visité, présent dans la liturgie communautaire comme dans la prière faite dans le secret de nos chambres.

Cette fête de l’Ascension nous rejoint tous au cœur, quelle que soit notre situation. Elle se définit comme le lieu de décision qui oriente toute vie chrétienne, tendue entre le désir du ciel et le service des hommes. L’Ascension fait donc partie des événements fondateurs de la foi en Christ, d’autant plus qu’elle a donné aux hommes leur liberté : loin de s’imposer à eux, Jésus les laisse libres de croire et donc d’aimer véritablement.

Que dit la Bible sur l’Ascension ?

ascension-e1526128552500.jpg

Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc (16, 15-20)

Jésus ressuscité dit aux onze Apôtres : « Allez dans le monde entier. Proclamez la Bonne Nouvelle à toute la création. Celui qui croira et sera baptisé sera sauvé ; celui qui refusera de croire sera condamné.
Voici les signes qui accompagneront ceux qui deviendront croyants : en mon nom, ils chasseront les esprits mauvais ; ils parleront un langage nouveau ; ils prendront des serpents dans leurs mains, et, s’ils boivent un poison mortel, il ne leur fera pas de mal ; ils imposeront les mains aux malades, et les malades s’en trouveront bien. »

Le Seigneur Jésus, après leur avoir parlé, fut enlevé au ciel et s’assit à la droite de Dieu. Quant à eux, ils s’en allèrent proclamer partout la Bonne Nouvelle. Le Seigneur travaillait avec eux et confirmait la Parole par les signes qui l’accompagnaient.

 

Commencement du livre des Actes des Apôtres (1, 1-11)

Mon cher Théophile, dans mon premier livre j’ai parlé de tout ce que Jésus a fait et enseigné depuis le commencement, jusqu’au jour où il fut enlevé au ciel après avoir, dans l’Esprit Saint, donné ses instructions aux Apôtres qu’il avait choisis.
C’est à eux qu’il s’était montré vivant après sa Passion : il leur en avait donné bien des preuves, puisque, pendant quarante jours, il leur était apparu, et leur avait parlé du royaume de Dieu. Au cours d’un repas qu’il prenait avec eux, il leur donna l’ordre de ne pas quitter Jérusalem, mais d’y attendre ce que le Père avait promis.

Il leur disait : C’est la promesse que vous avez entendue de ma bouche. Jean a baptisé avec de l’eau ; mais vous, c’est dans l’Esprit Saint que vous serez baptisés d’ici quelques jours. »
Réunis autour de lui, les Apôtres lui demandaient : « Seigneur, est-ce maintenant que tu vas rétablir la royauté en Israël ? »
Jésus lui répondit : « Il ne vous appartient pas de connaître les délais et les dates que le Père a fixés dans sa liberté souveraine. Mais vous allez recevoir une force, celle du Saint-Esprit qui viendra sur vous. Alors vous serez mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu’aux extrémités de la terre. »

Après ces paroles, ils le virent s’élever et disparaître à leurs yeux dans une nuée.
Et comme ils fixaient encore le ciel où Jésus s’en allait, voici que deux hommes en vêtements blancs se tenaient devant eux et disaient : « Galiléens, pourquoi restez-vous là à regarder vers le ciel ? Jésus, qui a été enlevé du milieu de vous, reviendra de la même manière que vous l’avez vu s’en aller vers le ciel. »

 

SERMON DE SAINT AUGUSTIN POUR L’ASCENSION

hqdefault (2).jpg

« Dieu nous a fait régner aux cieux, dans le Christ Jésus »

Aujourd’hui notre Seigneur Jésus Christ monte au ciel ; que notre cœur y monte avec lui.

Écoutons ce que nous dit l’Apôtre : Vous êtes ressuscités, avec le Christ. Recherchez donc les réalités d’en haut : c’est là qu’est le Christ, assis à la droite de Dieu. Le but de votre vie est en haut, et non pas sur la terre. De même que lui est monté, mais sans s’éloigner de nous, de même sommes-nous déjà là-haut avec lui, et pourtant ce qu’il nous a promis ne s’est pas encore réalisé dans notre corps.

Il a déjà été élevé au-dessus des cieux ; cependant il souffre sur la terre toutes les peines que nous ressentons, nous ses membres. Il a rendu témoignage à cette vérité lorsqu’il a crié du haut du ciel : Saul, Saul, pourquoi me persécuter ? Et il avait dit aussi : J’avais faim, et vous avez donné à manger.

Pourquoi ne travaillons-nous pas, nous aussi, sur la terre, de telle sorte que par la foi, l’espérance, la charité, grâce auxquelles nous nous relions à lui, nous reposerions déjà maintenant avec lui, dans le ciel ? Lui, alors qu’il est là-bas, est aussi avec nous ; et nous, alors que nous sommes ici, sommes aussi avec lui. Lui fait cela par sa divinité, sa puissance, son amour ; et nous, si nous ne pouvons pas le faire comme lui par la divinité, nous le pouvons cependant par l’amour, mais en lui.

Lui ne s’est pas éloigné du ciel lorsqu’il en est descendu pour venir vers nous ; et il ne s’est pas éloigné de nous lorsqu’il est monté pour revenir au ciel. Il était là-haut, tout en étant ici-bas ; lui-même en témoigne : Nul n’est monté au ciel, sinon celui qui est descendu du ciel, le Fils de l’homme, qui est au ciel. ~

Il a parlé ainsi en raison de l’unité qui existe entre lui et nous : il est notre tête, et nous sommes son corps. Cela ne s’applique à personne sinon à lui, parce que nous sommes lui, en tant qu’il est Fils de l’homme à cause de nous, et que nous sommes fils de Dieu à cause de lui.

C’est bien pourquoi saint Paul affirme : Notre corps forme un tout, il a pourtant plusieurs membres ; et tous les membres, bien qu’étant plusieurs, ne forment qu’un seul corps. De même en est-il pour le Christ. Il ne dit pas : le Christ est ainsi en lui-même, mais il dit : De même en est-il pour le Christ à l’égard de son corps. Le Christ, c’est donc beaucoup de membres en un seul corps.

Il est descendu du ciel par miséricorde, et lui seul y est monté, mais par la grâce nous aussi sommes montés en sa personne. De ce fait, le Christ seul est descendu, et le Christ seul est monté ; non que la dignité de la tête se répande indifféremment dans le corps, mais l’unité du corps ne lui permet pas de se séparer de la tête.

 

 

EGLISE CATHOLIQUE, HOMELIES, JESUS-CHRIST, PÂQUES, PRIERE, RESURRECTION

Jour de la résurrection : homélies et prières

Jour de la résurrection, jour de notre joie

christ-resuscité-320x205

Voici  le jour que le Seigneur a fait ; passons-le dans la joie et dans l’allégresse ! » (Ps 117,24) Pourquoi ? Parce que le soleil n’est plus obscurci, mais tout s’illumine ; le voile du Temple n’est plus déchiré, mais l’Église est révélée ; nous ne tenons plus des rameaux de palmier, mais nous entourons les nouveaux baptisés. « Voici le jour que le Seigneur a fait »… Voici le jour au sens propre, le jour triomphal, le jour consacré à fêter la résurrection, le jour où l’on se pare de grâce, le jour où l’on partage l’Agneau spirituel, le jour où l’on abreuve de lait ceux qui viennent de naître, le jour où se réalise le plan de la Providence en faveur des pauvres. « Passons ce jour dans la joie et dans l’allégresse »… Voici le jour où Adam a été libéré, où Ève a été délivrée de sa peine, où la mort sauvage a frémi, où la puissance des pierres a été brisée, où les verrous des tombeaux ont été arrachés…, où les lois immuables des puissances des enfers ont été abrogées, où les cieux se sont ouverts quand le Christ, notre Maître, est ressuscité. Voici le jour où, pour le bien des hommes, la plante verdoyante et fertile de la résurrection a multiplié ses rejetons dans tout l’univers comme dans un jardin, où les lys des nouveaux baptisés se sont épanouis…, où la foule des croyants se réjouissent, où les couronnes des martyrs reverdissent. « Voici le jour que le Seigneur a fait ; passons-le dans la joie et dans l’allégresse.

Homélie attribuée à saint Jean Chrysostome (v. 345-407)

prêtre à Antioche puis évêque de Constantinople, docteur de l’Église

(trad. SC 187, p. 321 rev. Brésard)

 

la-résurrection-de-jésus-1-320x213

°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

Extrait

descente-enfer1

« Que la mort ait été détruite, que la croix soit la victoire sur elle, en voici un témoignage évident : tous les disciples du Christ méprisent la mort ; par le signe de la croix et la foi au Christ, ils foulent la mort aux pieds. Avant la venue du Sauveur, la mort était cause d’effroi pour les vivants eux-mêmes ; tous pleuraient ceux qui allaient mourir comme s’ils étaient voués à la corruption. Depuis que le Sauveur a ressuscité son corps, la mort n’est plus cause d’effroi ; ceux qui sont au Christ préfèrent mourir plutôt que de renier leur foi ; ils savent qu’en mourant, ils ne périssent pas car, par la Résurrection du Christ, ils deviennent comme lui incorruptibles. Ils se font les témoins de la victoire qui a été remportée sur la mort par le Sauveur, dans la Résurrection. Ils répètent ce qui a été écrit autrefois par l’Apôtre : « Mort, où est ta victoire ? Enfer, où est ton aiguillon ? » »

Saint Athanase, IVe siècle, Sur l’Incarnation du Verbe, SC 199.

 

°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

 La Prière du Père Charles Singer:
« On a essayé par la violence, Il a continué avec l’amour. On a essayé par les crachats, il a continué dans le silence. On a essayé par le mensonge, il a continué dans la transparence. On a essayé par les coups, on a essayé par les pièges, il a continué. On a essayé par l’envie d’abandonner qui s’empare de chacun lorsque vient la panique devant l’inutilité de toute action, il a continué dans la confiance en la volonté du Père. On a essayé par le ridicule, il a continué dans la dignité, avec le manteau rouge sur l’épaule, comme les fous. On a essayé par les clous, il a continué avec le pardon. On a essayé par la solitude de l’extrême angoisse des condamnés, il a continué en se remettant entre les mains du Père. Alors, on a essayé par la mort, car la mort, c’est connu, est la solution finale ; personne ne peut aller au-delà, car la mort, c’est connu, est l’ultime puissance, l’obstacle dernier sur lequel chacun trébuche, même le plus grand, même le plus saint, même le Fils, fût-il le Bien-Aimé de Dieu. Mais il a continué ! Animé par l’Amour du Père, il est entré dans la mort comme on entre dans un obstacle qui verrouille le passage ! Il a été brisé, éclaté, son corps et son esprit ont été déchirés. Mais il a continué et il est passé : le Père l’a maintenu debout ! C’est fait à jamais, la mort est définitivement entamée et l’entaille ira s’agrandissant, car désormais la mort a perdu son pouvoir. Pour l’éternité, le passage est dégagé : c’est Pâques pour toujours. Ainsi soit-il. »

CB-LHVdW4AA68tm