CONFINEMENT (temps de), CORONAVIRUS, JE RESTE A LA MAISON, SEIGNEUR !, MEDITATIONS, PRIERE, PRIERES

Je reste à la maison, Seigneur !

JE RESTE À LA MAISON, SEIGNEUR !

College-Sainte-Marie-Albi-Enfance-Jesus-Sainte-Famille-Joseph-artisan

Je reste à la maison, Seigneur ! Et aujourd’hui, je m’en rends compte, tu m’as appris cela, demeurant obéissant au Père, pendant trente ans dans la maison de Nazareth, en attente de ta grande mission.

Je reste à la maison, Seigneur, et dans l’atelier de Joseph, ton gardien est le mien, j’apprends à travailler, à obéir, pour arrondir les angles de ma vie et te préparer une œuvre d’art.

Je reste à la maison, Seigneur ! Et je sais que je ne suis pas seul parce que Marie, comme toute mère, est dans la pièce à côté, en train de faire des corvées et de préparer le déjeuner pour nous tous, la famille de Dieu.

Je reste à la maison, Seigneur ! Et je le fais de manière responsable pour mon propre bien, pour la santé de ma ville, de mes proches, et pour le bien de mon frère, que tu as mis à côté de moi, me demandant de m’en occuper dans le jardin de la vie. Je reste à la maison, Seigneur ! Et dans le silence de Nazareth, je m’engage à prier, à lire, étudier, méditer, être utile pour les petits travaux, afin de rendre notre maison plus belle et plus accueillante.

Je reste à la maison, Seigneur ! Et le matin, je te remercie pour le nouveau jour que tu me donnes, en essayant de ne pas la gâcher et l’accueillir avec émerveillement, comme un cadeau et une surprise de Pâques. Je reste à la maison, Seigneur ! Et à midi, je recevrai la salutation de l’ange, je me rendrai utile pour l’amour, en communion avec toi qui t’es fait chair pour habiter parmi nous ; et, fatigué par le voyage, assoiffé, je te rencontrerai au puits de Jacob, et assoiffé d’amour sur la Croix.

Je reste à la maison, Seigneur ! Et si le soir me prend la mélancolie, je t’invoquerai comme les disciples d’Emmaüs : « Reste avec nous, le soir est arrivé et le soleil se couche ».

Je reste à la maison, Seigneur ! Et dans la nuit, en communion de prière avec les nombreux malades, les personnes seules et tous les soignants, j’attendrai l’aurore pour chanter à nouveau ta miséricorde et dire à tout le monde que, dans les tempêtes, tu as été mon refuge.

Je reste à la maison, Seigneur ! Et je ne me sens pas seul et abandonné, parce que tu me l’as dit : « Je suis avec vous tous les jours ». Oui, et surtout en ces jours de confusion, ô Seigneur, dans lesquels, si ma présence n’est pas nécessaire, je vais atteindre chacun, uniquement avec les ailes de la prière.

Amen.

(mars 2020 – Prière d’un prêtre italien en quarantaine)

img_9247-1

HANS URS VON BLATHASAR, LITTERATURE CHRETIENNE, LIVRES, LIVRES - RECENSION, LIVRES DE SPIRITUALITE, MEDITATIONS, SEUL L'AMOUR EST DIGNE DE FOI, SPIRITUALITE

Seul l’amour est digne de foi

L’amour seul est digne de foi

Hans-Urs von Balthasar

Saint-Maur, Parole et Silence, 1999. 125 pages

 

Résumé

 » Quel est, dans le christianisme, l’élément spécifiquement chrétien ? Le christianisme, dans sa réflexion sur lui-même, ne peut être considéré ni comme une doctrine de sagesse surélevant la sagesse religieuse de l’humanité grâce à un enseignement divin, ni comme un avènement définitif de l’homme personnel et social grâce à la révélation et à la rédemption. Il ne peut être compris que comme l’amour divin se glorifiant lui-même. Dans l’Ancien Testament, cette gloire est la présence de la majesté souveraine de Yahvé dans son Alliance ; dans le Nouveau Testament, cette gloire sacrée se manifeste comme le geste de Dieu qui dans le Christ aime « jusqu’à la fin », c’est-à-dire s’abaisse jusque dans la mort et dans les ténèbres. Cet amour qui va jusqu’à l’extrême et que le monde et l’homme ne peuvent même soupçonner, ne peut être perçu que s’il est reçu comme le « tout Autre ».  » Hans-Urs von Balthasar

BENOIT XVI, DIEU, DIEU PARLE AUSSI A TRAVERS LE SILENCE, LE SILENCE DE DIEU, LIVRES, LIVRES - RECENSION, LIVRES DE SPIRITUALITE, MEDITATIONS, PAR DELA LE SILENCE, QUAND DIEU NE REPOND PAS, QUAND DIEU SE TAIT, SPIRITUALITE

Le silence de Dieu

8fff0fd200290c0146cb07fe8742793d

Dieu parle aussi à travers le silence – Benoit XVI

pape_emerite_benoit_xvi

– « Comme le montre la croix du Christ, Dieu parle aussi à travers son silence. Le silence de Dieu, l’expérience de l’éloignement du Tout-Puissant et du Père est une étape décisive du parcours terrestre du Fils de Dieu, Parole incarnée. Pendu au bois de la croix, il a crié la douleur qu’un tel silence lui causait: «Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné?» (Mc 15, 34; Mt 27, 46). Persévérant dans l’obéissance jusqu’à son dernier souffle de vie, dans l’obscurité de la mort, Jésus a invoqué le Père. C’est à lui qu’il s’en remet au moment du passage, à travers la mort, à la vie éternelle: «Père, entre tes mains je remets mon esprit» (Lc 23, 46).

Cette expérience de Jésus est comparable à la situation de l’homme qui, après avoir écouté et reconnu la Parole de Dieu, doit aussi se mesurer avec son silence. Bien des saints et des mystiques ont vécu une telle expérience qui aujourd’hui encore fait partie du cheminement de nombreux chrétiens. Le silence de Dieu prolonge ses paroles précédemment énoncées. Dans ces moments obscurs, il parle dans le mystère de son silence. C’est pourquoi, dans la dynamique de la Révélation chrétienne, le silence apparaît comme une expression importante de la Parole de Dieu. »

 Benoit XVI, in Verbum Domini, du 30.9.2010, numéro 21

 

Par-delà le silence : Quand Dieu se tait

Gérard Delteil

Lyon, Editions Olivétan, 2018.  206 pages.

par-dela-le-silence-quand-dieu-se-tait

Présentation de l’éditeur

Le religieux s’affiche bruyamment, mais Dieu s’efface de notre horizon. Tel est l’un des paradoxes de notre temps : la violence et le silence. Quiconque réfléchit sur le sens de l’existence se heurte à ce silence. Nulle évidence. Nulle trace d’une Présence. Nous vivons, nous pensons à l’aplomb du silence. Serions-nous à nous-mêmes une question sans réponse ? Les drames de la vie, les tragédies de l’histoire rendent encore plus brûlante l’interrogation : pourquoi ? Le malheur est toujours non-sens. C’est d’un tel questionnement que procède cet essai. Il n’est pas surprenant que la figure de Job, emblématique de l’affrontement au tragique, y tienne une place importante. Plus surprenantes, les pages consacrées au Cantique des Cantiques, ce silence de Dieu dans l’éblouissement de la vie. Au travers d’une enquête à travers les écrits bibliques, l’auteur relève différentes interprétations données de ce silence. Blessure au coeur de la foi, qui l’empêche de se boucler en un système. Retrait d’un Dieu qui s’efface pour que l’humain grandisse dans son autonomie. Mystère d’une altérité irréductible. Ce silence serait-il l’ombre portée de la Parole ? Entre confiance et doute, comment assumer la traversée du silence ? Ces pages invitent à un questionnement ouvert. Le silence serait-il le dernier mot ? Par-delà le silence… le peut-être de Dieu

Biographie de l’auteur

Gérard Delteil est Doyen honoraire de la Faculté de théologie protestante de Montpellier.

 

Le point de vue de la Nouvelle Revue Théologique

Dans notre monde où les guerres, les conflits et tant de « misère » humaine semblent triompher, pourquoi Dieu reste-t-il silencieux ? Pourquoi la plupart de nos contemporains ont-ils le sentiment que, s’il existe, Dieu est bien lointain ? Que signifie cette distance ? Cette interrogation est en arrière-fond du paysage contemporain par ailleurs bruissant de religiosité et de recherche « religieuses » tous azimuts ! « La fièvre et le silence ». Cette situation paradoxale doit rencontrer bien des situations humaines et, on en convient, énigmatiques pour le « bon sens ». Mais « il faut risquer de dire des choses contestables pourvu que des questions vitales soient soulevées » (Dietrich Bonhoeffer). Faudra-t-il se « situer entre violence et silence » ? Les nombreuses recherches bibliques et aussi profanes, ici proposées, explorant ces mêmes contrées dangereuses et éprouvantes pour la conscience religieuse et l’histoire profane mondaine sont et font l’intérêt de ces pages. « Rien n’est plus proche de l’angoisse du non-sens que la timide espérance. » (Paul Ricoeur, Histoire et vérité, Paris, Seuil, 1955, p. 334). Que recèle le « silence de Dieu » ? Il a tant aimé le monde… – J. Burton s.j.

https://www.nrt.be/fr/recensions/par-dela-le-silence-quand-dieu-se-tait-13202

 

^^^^^^^^^^^^

 

Quand Dieu ne répond pas : une réflexion biblique sur le silence de Dieu

Pierre Coulange

Paris, Le Cerf, 2013. 232 pages

9782204100427 (1)

« Où donc est Dieu ? : le cri angoissant de chacun devant la souffrance, cri qui retentit du Golgotha jusqu’aux camps de la mort ; un cri toujours actuel face à la pandémie du Coronavirus . Pourquoi ce silence de Dieu ? Face à cette question l’auteur nous fait découvrir ce que tous les textes bibliques nous disent de ce Dieu qui se tait : les mots du Psaume 22 « Mon Dieu, mon Dieu pourquoi m’as-tu abandonné ? » expriment la souffrance d’Israël, des prophètes, la déréliction de Jésus sur la Croix, ainsi que la nôtre.

Mais le silence de Dieu ne serait-il qu’apparent ? Ne serait-il pas une manière de révéler sa transcendance et sa miséricorde ? Les prophètes et les grands mystiques nous disent le mystère de ce « Dieu caché ». Et un saint Jean de la Croix peut écrire écrire ; « Ô nuit qui m’a guidé ! »

®Claude Tricoire

Présentation de l’éditeur

Dieu aux abonnés absents… Quel homme ne s’est jamais senti défaillir face à ce silence angoissant ? Pourquoi Dieu se tait-il quand son peuple souffre, au moment même où il a besoin de lui ? Cette question lancinante et immémoriale fait chuter l’homme de foi le plus convaincu et transperce les athées comme les cœurs fervents.

Il est donc temps de revenir au texte sacré. Les grands personnages de la Bible ont déjà éprouvé le silence angoissant du retrait divin. Du Dieu qui se cache du prophète Isaïe au cri d’abandon de Jésus sur la croix, du silence à l’absence, il n’y a qu’un pas. Pierre Coulange nous invite à prendre de la hauteur : la nuit est un chemin de foi. Le chemin obscur ne peut être séparé de l’expérience de Dieu ni de sa miséricorde, comme en témoigne le cri de Jean de la Croix : « Ô nuit qui m’as guidé ! »

^^^^^^^^^^^^^^

Quand Dieu se tait

Charles Wackenheim 

Paris, Le Cerf, 2002. 190 pages.

9782204069199

 

Présentation de l’éditeur

Au terme de ce siècle où l’idée d’un Dieu absent a été fortement ressentie, tout se passe, semble-t-il, comme si l’image traditionnelle du Dieu parlant cédait insensiblement la place à celle d’un Dieu qui s’efface et se tait. Silence et parole de Dieu s’expriment, certes, en termes de métaphore ou d’analogie, mais est-il plus pertinent de partir d’un Dieu qui parle ou, au contraire d’un Dieu dont ni la parole ni l’agir ne sont immédiatement perceptibles ? En se mettant à l’écoute du silence de Dieu et en s’exposant au souffle de son Esprit, l’homme acquiert la faculté de discerner dans la production langagière d’hier et d’aujourd’hui l’écho de l’agir créateur et sauveur du Dieu vivant.

 

Quatrième de couverture

Dans la tradition biblique, juive et chrétienne, l’image de Dieu s’est construite autour d’un rapport original à la parole et à l’histoire. C’est en parlant que Dieu suscite le monde et conduit le destin de l’humanité. Simultanément, des croyants se disent sensibles et attentifs aux silences de Dieu. Au terme d’un siècle où l’idée d’un Dieu absent a été fortement ressentie, tout se passe, semble-t-il, comme si l’image traditionnelle du Dieu parlant cédait insensiblement la place à celle d’un Dieu qui s’efface et se tait. Silence et parole de Dieu s’expriment, certes, en termes de métaphore ou d’analogie, mais est-il plus pertinent de partir d’un Dieu qui parle ou, au contraire d’un Dieu dont ni la parole ni l’agir ne sont immédiatement perceptibles ? En privilégiant la seconde hypothèse, l’auteur passe en revue six propositions qui requièrent aujourd’hui un nouvel examen : Dieu nous parle, dit-on, par la création, par ses témoins, dans l’histoire des hommes, par l’Écriture sainte, en Jésus Christ, enfin dans et par l’Église. Mais on doit se demander aussi si le silence de Dieu ne pourrait pas s’interpréter comme un acte délibéré de retrait pour permettre à l’homme d’exercer pleinement sa liberté d’action et de parole. En se mettant à l’écoute du silence de Dieu et en s’exposant au souffle de son Esprit, l’homme acquiert la faculté de discerner dans la production langagière d’hier et d’aujourd’hui l’écho de l’agir créateur et sauveur du Dieu vivant. Il évitera ainsi le recours fétichiste à une parole délestée de son substrat humain. L’image d’un Dieu qui se tait offre à la théologie et à la vie spirituelle un espace singulièrement fécond.

 

Silence de Dieu, silence de l’homme

Dans notre monde où « ça parle » partout et dans tous les sens, Dieu apparaît comme le grand silencieux. De nombreuses voix lui en font aujourd’hui le reproche. Ce silence n’est-il pas le signe d’une absence et d’un désintérêt pour l’aventure humaine ? Où était Dieu lors des grands drames du XXe siècle : deux guerres mondiales aux millions de morts, les camps de concentration nazis et soviétiques, la Shoah, plus près de nous les atrocités commises dans les Balkans et le terrorisme qui se donne libre cours ?  Où était Dieu à Auschwitz ? Où était Dieu à Stalingrad ? La question est devenue si pressante que le « comment parler de Dieu après Auschwitz ? » est devenu un lieu commun. Jamais Dieu n’est apparu aussi silencieux et aussi absent que depuis cette dernière centaine d’années. Comment répondre à de telles questions sans une inconscience, peut-être naïve, mais pas innocente ? Ne vaudrait-il pas mieux se taire à son tour ? Que le lecteur se rassure, les réflexions qui suivent se veulent modestes et ne prétendent pas résoudre l’énigme opaque du mal.

Dieu en procès
Quand l’homme souffre au-delà de ce qu’il estime tolérable, en effet, sa réaction première est de s’en prendre à Dieu, de le mettre en procès. La Bible elle-même est le témoin émouvant de ce cri de détresse. On le trouve dans les Psaumes : « O Dieu, ne reste pas muet, plus de repos, plus de silence, ô Dieu » (83,2) ; « Seigneur, je fais appel à toi. Mon roi, ne sois pas sourd ! » (28,1) ; « Tu as vu, Seigneur, ne sois pas sourd ! » (35,22 ; de même 39,13 ; 50,3 ; 109,1). On le rencontre aussi dans la bouche de Job qui souffre sans raison : « Je hurle vers toi et tu ne réponds pas ; je me tiens devant toi et ton regard me transperce » (30,20). Mais allons tout de suite au terme de cette série. Ce cri est aussi celui du Christ en croix, hurlé « d’une voix forte » : « Eli, Eli lema sabaqthani : Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » (Mt 27,46). Que Jésus ait été jusqu’à faire sien le cri de toutes les détresses du monde devant le silence de Dieu nous dit immédiatement la profondeur d’un tel mystère. L’épître aux Hébreux nous dira bien qu’après avoir « offert prières et supplications avec grand cri et larmes à celui qui pouvait le sauver de la mort » il fut « exaucé en raison de sa soumission » (5,7) : il reste qu’au moment de la détresse et de la mort le ciel est resté d’airain.
Aujourd’hui encore, nous voyons de partout le procès intenté à Dieu : ce Dieu sensé être bon et qui tolère sans ciller tant d’atrocités ; ce Dieu unique qui est à l’origine de la violence dans le monde, parce qu’il justifie que les hommes s’entre-tuent en son nom. Récemment, un chroniqueur n’hésitait pas à faire l’éloge du polythéisme païen des Grecs et des Romains. Ces dieux-là étaient à mesure humaine, ils avaient des moeurs d’hommes, et surtout ils ne demandaient pas de tuer en leur nom 1. On retrouve l’antique objection qui revient de la nuit des âges : « Ou donc est Dieu ? « 

Revue Christus, avril 2002

 

XVM4f3d2db4-729c-11ea-b66d-67f83c760bc9

 

HANS URS VON BLATHASAR, L'AMOUR SEUL EST DIGNE DE FOI, LA PRIERE CONTEMPLATIVE, LE COEUR DU MONDE, LIRE HANS URS VON BALTHASAR, LITTERATURE CHRETIENNE, LIVRES, LIVRES - RECENSION, LIVRES DE SPIRITUALITE, MEDITATIONS, SPIRITUALITE

Hans Urs von Balthasar

Lire Hans Urs Von Balthasar

Sans-titre-3

LE COEUR DU MONDE DE HANS URS VON BALTHASAR

M02850497150-large

Beaucoup de livres dits «de spiritualité» déçoivent et laissent le lecteur sur sa faim. Il y a, bien sûr, quelques exceptions. Le « Cœur du Monde », de Hans Urs von Balthasar en est une. C’est un des quelques livres de spiritualité chrétienne qu’il m’ait été donné de découvrir récemment et que l’on aime reprendre…

Que dire de ce chef d’œuvre? C’est une œuvre «de jeunesse» du grand théologien suisse, sans doute très différente de ses grands ouvrages, en particulier de sa trilogie (esthétique, dramatique et théologique). Celui que le P. Henri de Lubac présentait comme l’homme «sans doute le plus cultivé de son temps» y médite le mystère chrétien sur un ton lyrique et poétique, qui emporte le lecteur comme un flot au-delà de lui-même !

En voici un extrait glané au cours de cette lecture…. mais dès les premières lignes on se laisse prendre au piège

«En quelle prison gémit tout être fini ! C’est en prison que l’homme, comme tout être, est né: son âme, son corps, sa pensée, sa volonté, ses aspirations, tout en lui est entouré d’une frontière, constitue même une frontière palpable, tout le sépare et l’isole. Par les ouvertures grillagées des sens, chacun regarde au-dehors vers une réalité étrangère à lui qu’il ne sera jamais. Et son esprit s’élancerait-il, comme l’oiseau, à travers les espaces du monde: lui-même n’est pas cet espace qu’il parcourt, et de son passage il ne subsiste aucune trace durable. D’un être à l’autre, quelle distance! Et même lorsqu’ils s’aiment et se font signe mutuellement de l’îlot qui leur sert de prison, même lorsqu’ils tentent de faire communiquer leurs solitudes et de se donner une illusoire unité, bien vite les surprend, d’autant plus douloureuse, la désillusion, lorsqu’ils retrouvent les barreaux invisibles, la froide paroi de verre contre laquelle ils viennent buter, pauvres oiseaux captifs… (p. 21).

Tu restes seul. Tu es tout en tous. Même si ton amour nous veut pour se déployer en nous et pour célébrer en nous le mystère de la génération et de la fécondité, c’est pourtant ici et là ton amour qui donne et qui est donné, qui est à la fois semence et terre féconde. Et l’enfant mis au monde, c’est toi encore. Lorsque l’amour a besoin de deux pieds pour marcher, celui qui marche est unique, et c’est toi. Et lorsque l’amour a besoin de deux êtres qui aiment, un amant et un aimé, alors il n’y a qu’un seul amour, et c’est toi qui es l’amour. Tout est ordonné à ton cœur qui bat éternellement. Maintenant encore, le temps et la durée battent la mesure de la création et, à grands coups douloureux, poussent en avant le monde et son histoire. C’est l’inquiétude de l’horloge, et ton cœur est inquiet jusqu’à ce que nous reposions en toi, et toi en nous, temps et éternité absorbés l’un dans l’autre. Mais soyez tranquilles: j’ai vaincu le monde. Le fracas du péché a disparu dans le silence de l’amour. Celui-ci en est devenu plus sombre, plus flamboyant, plus ardent, à cause de l’expérience de ce qu’est le monde. Mais l’abîme moins profond de la révolte a été englouti par la miséricorde insondable, et en battements majestueux règne paisiblement le Cœur divin» (p. 196-197).

Voilà, il ne vous reste plus qu’à lire les 175 pages qui séparent le début de la fin et découvrir comment nous sommes conduits de notre prison au Cœur du Christ

(*) Editions Saint-Paul, réédition 2014, 208

 

L’amour seul est digne de foi

Urs von Balthasar

Saint-Maur, Parole et Silence, 1999. 125 pages.

md30446821343

 

Résumé

 » Quel est, dans le christianisme, l’élément spécifiquement chrétien ? Le christianisme, dans sa réflexion sur lui-même, ne peut être considéré ni comme une doctrine de sagesse surélevant la sagesse religieuse de l’humanité grâce à un enseignement divin, ni comme un avènement définitif de l’homme personnel et social grâce à la révélation et à la rédemption. Il ne peut être compris que comme l’amour divin se glorifiant lui-même. Dans l’Ancien Testament, cette gloire est la présence de la majesté souveraine de Yahvé dans son Alliance ; dans le Nouveau Testament, cette gloire sacrée se manifeste comme le geste de Dieu qui dans le Christ aime « jusqu’à la fin », c’est-à-dire s’abaisse jusque dans la mort et dans les ténèbres. Cet amour qui va jusqu’à l’extrême et que le monde et l’homme ne peuvent même soupçonner, ne peut être perçu que s’il est reçu comme le « tout Autre ».  » Hans-Urs von Balthasar.

 

La Prière contemplative 

Hans Urs von Balthasar

Paris, Parole et Silence, 2002. 280 pages.

41H24FFEWYL._SX315_BO1,204,203,200_

Présentation de l’éditeur

Bien des chrétiens connaissent la nécessité et la beauté de la prière contemplative et y aspirent sincèrement. Mais peu, en dehors d’essais tâtonnants, bientôt abandonnés, restent fidèles à cette prière, et moins nombreux encore sont ceux qui sont convaincus et satisfaits de leurs efforts propres en cette matière. Une atmosphère de découragement et de pusillanimité entoure, dans l’Eglise, la contemplation. Nous voudrions bien, mais nous n’y arrivons pas. L’heure de méditation projetée s’écoule dans la distraction et dans l’incohérence et, parce qu’elle ne produit aucun fruit visible, nous sommes tentés d’abandonner. Le présent livre tente, en partant d’une vue d’ensemble de la révélation chrétienne, de décrire la profondeur et la splendeur de cette forme de prière. Il cherche à éveiller la joie qu’elle fait naître, à faire éprouver sa nécessité, à affirmer son caractère indispensable pour la vie. La prière contemplative nous découvre et exalte cette dimension verticale de la vie chrétienne. Rien de critique ni de négatif en ces pages, mais la plus constructive, la plus belle, la plus stimulante des ascensions spirituelles.

Quatrième de couverture

Bien des chrétiens connaissent la nécessité et la beauté de la prière contemplative et y aspirent sincèrement. Mais peu, en dehors d’essais tâtonnants, bientôt abandonnés, restent fidèles à cette prière, et moins nombreux encore sont ceux qui sont convaincus et satisfaits de leurs efforts propres en cette matière. Une atmosphère de découragement et de pusillanimité entoure, dans l’Église, la contemplation. Nous voudrions bien, mais nous n’y arrivons pas. L’heure de méditation projetée s’écoule dans la distraction et dans l’incohérence et, parce qu’elle ne produit aucun fruit visible, nous sommes tentés d’abandonner.

Le présent livre tente, en partant d’une vue d’ensemble de la révélation chrétienne, de décrire la profondeur et la splendeur de cette forme de prière. Il cherche à éveiller la joie qu’elle fait naître, à faire éprouver sa nécessité, à affirmer son caractère indispensable pour la vie. La prière contemplative nous découvre et exalte cette dimension verticale de la vie chrétienne. Rien de critique ni de négatif en ces pages, mais la plus constructive, la plus belle, la plus stimulante des ascensions spirituelles.

 

 

L'EVANGILE INTERIEUR, LITTERATURE CHRETIENNE, LIVRES - RECENSION, LIVRES DE SPIRITUALITE, MAURIE ZUNDEL (1877-1975), MEDITATIONS, SPIRITUALITE

L’Evangile intérieur de Maurice Zundel

L’Evangile intérieur

Maurice Zundel

Editions Saint-Augustin, 2007. 151 pages

4115dPGGaEL._SX356_BO1,204,203,200_

Résumé :

« L’humanité n’a Jamais éprouvé plus tragiquement le besoin de Dieu. Elle ne semble repousser le plus souvent que pour avoir mis sous son nom des choses incompatibles avec l’idée que toute âme droite est appelée à s’en faire… Dieu n’est pas une invention, c’est une découverte. » Maurice Zundel situe le message chrétien dans la perspective intérieure qui fait saisir son rapport avec la vie spirituelle. L’Évangile intérieur relate les entretiens du Père Zundel diffusés sur Radio-Luxembourg en 1935. Le fruit de ces méditations lumineuses et prophétiques reçut un accueil unanime qui ne s’est jamais démenti.

Extrait

À la recherche de l’âme

Vous vous rappelez cette inscription que les pèlerins de la Grèce antique lisaient à Delphes sur le fron­ton du temple d’Apollon :
ΓΝΩΘΙ ΣΑΥΤΟΝ
«Connais-toi toi-même.»

Elle signifiait : connais-toi mortel, et non point dieu.
Les Sages y virent une invitation à philosopher. Ils pensaient avec raison que la vie intérieure de l’homme est le premier sanctuaire de la divinité, et ils inscrivaient dans leur âme les mots qu’ils avaient lus sur la pierre :

ΓΝΩΘΙ ΣΑΥΤΟΝ
«Connais-toi toi-même.»

C’est là que commence la découverte de la vie, et rien n’est plus passionnant que cette recherche : savez-vous qui vous êtes et quel est votre vrai nom ?
Quand vous vous poserez sérieusement cette question, vous sentirez soudain tout ce qu’elle soulève de mystère.
Une mère ne peut oublier l’instant où, pour la première fois, son petit enfant a dit : Maman. Une voix enfin répondait à la sienne. Après tant de sourires, où silencieusement déjà s’épanchait la lumière de l’esprit, cet appel soudain jaillissait comme l’explosion de l’âme : le dedans venait au jour. Elle ne cessera plus d’écouter cette révélation. Elle voudra connaître ce cœur  qu’elle s’applique à former. Elle n’aura pourtant jamais fini de le découvrir : son secret est à lui, et peut-être un jour sera-t-elle atrocement meurtrie d’y demeurer étrangère : jusqu’à ce qu’elle comprenne qu’on ne rencontre une âme qu’en baissant les yeux.
Nous ne savons pas qui nous sommes, et chaque jour, nous voyons surgir en nous des régions inexplorées, des terres inconnues, des continents en dérive, des cités qui s’élèvent ou s’écroulent : tout un univers en perpétuelle gestation.
Et le mystère de notre vie : nos espoirs et nos rêves, nos douleurs et nos faiblesses, notre grandeur et notre misère, tout cela chacun de nos semblables, à sa manière, le vit.
Voici notre ami le plus cher ; nous lui serrons la main pour lui donner le bonjour. À peine réalisons-nous le contact matériel qui s’établit entre nous par ce geste : sa main n’est dans la nôtre que le symbole et le gage de son amitié. Notre intention se porte au-delà, c’est son cœur  que nous cherchons. Non point évidemment ce muscle de chair qui bat dans sa poitrine, mais ce cœur spirituel avec lequel il nous aime : ce cœur , qu’on ne peut situer nulle part, et que les mains ne saisiront jamais, ce cœur  qui est l’être même en sa source : toute sa vie intérieure et tout le mystère de sa personne.
Combien de tragédies d’amour s’exaspèrent dans cette impuissance à saisir ce dedans qu’on ne peut atteindre qu’en renonçant à le posséder, car il est infini comme le rêve d’une pensée libre.
Personne ne pourra jamais forcer notre estime, contraindre notre jugement ou violer notre cœur .

 

Maurice Zundel (1897-1975).

AVT_Maurice-Zundel_1270

Maurice Zundel est un prêtre et théologien catholique suisse.

Ordonné prêtre pour le diocèse de Lausanne-Genève en 1919, il passe quelques années à Rome pour y obtenir un doctorat en théologie. Il s’initie aux recherches de la science, de la littérature et des arts. En 1920 sa rencontre avec le philosophe Pascal Goofy le bouleversera.

Il mène ensuite une vie itinérante de conférencier qui le conduit de Suisse en France, en Israël, en Égypte et au Liban. C’est à Paris, en 1926, qu’il fait la connaissance de l’abbé Jean-Baptiste Montini qui deviendra le pape Paul VI. Une profonde amitié liera les deux hommes tout au long de leur vie. Paul VI invite Maurice Zundel à prêcher la retraite au Vatican en 1972.

Publiée sous le titre de « Quel homme et quel Dieu? » (1986), cette retraite est la synthèse de sa recherche personnelle.
Écrivain, poète, mystique et conférencier, Maurice Zundel a publié une trentaine de livres.

site : http://www.mauricezundel.com/fr/
Source : Wikipedia

CAREME, MEDITATIONS, PRIERE, PRIERE POUR UN TEMPS DE CAREME, PRIERES, SI JE N'AI PAS COMPRIS CE SOIR !

Prière pour un temps de Carême

SI JE N’AI PAS COMPRIS CE SOIR

94338992

Si je n’ai pas compris ce soir
Le souffle de Ta Parole
Je veux entrer dans Ta Demeure
Ne m’abandonne pas
Ne me ferme pas Ta Porte
Il fait trop froid dehors
Il fait trop nuit dehors

 

 Si je n’ai pas compris ce soir
De quel feu Tu nous consumes
Je veux entrer dans Ton Foyer
Ne m’abandonne pas
Ne me ferme pas Ta Porte
Il fait trop froid dehors
Il fait trop nuit dehors

 

 Si je n’ai pas compris ce soir
De quel Amour Tu brûles
Je veux Te suivre
Ne m’abandonne pas
Ne me Ferme pas Ton Cœur
Il fait trop froid dehors
Il fait trop nuit dehors

 

 Si je n’ai pas compris ce soir
Que Tu es venu verser nous sauver
Je veux le croire
Ne me ferme pas Ta Parole
Ne m’abandonne pas
Il fait trop froid dehors
Il fait trop nuit dehors

 

Si je n’ai pas compris ce soir
Que Tu envoies Ton Esprit
Je veux Te dire « OUI ! »
Ne me ferme pas l’Espérance
Ne m’abandonne pas
Il fait trop froid dehors
Il fait trop nuit dehors

 

 Si je n’ai pas compris ce soir
Je sais que Tu reviendras
Je sais Que Tu feras toute choisi nouvelle
Le froid du dehors sera Ton AMOUR

La nuit du dehors sera Ta Lumière

 

Si je n’ai pas compris ce soir
Je veux entrer chez Toi
Ne m’abandonne pas
Ne ferme pas Ta Porte
Parlons corps à corps
Parlons cœur  à cœur
Ne t’éloigne pas car le jour tombe
Et Il fait si froid dehors
Et Il fait si nuit dehors
Parlons encore corps à corps
Parlons Toujours cœur  à cœur
Et tu feras de mes nuits des promesses de Pâques
Et tu feras de mes nuits des Promesses de Pentecôte

 

Claude Tricoire
Mars 2014

CAREME, JESUS-CHRIST, LA TENTATION DU CHRIST, LE TINTORET (Jocopo Robusti dit Tintoretto ; 1518:1519 - 1594), MEDITATIONS, PEINTRE ITIALIEN, PEINTURE

La tentation du Christ par Le Tintoret

LA TENTATION DU CHRIST PAR LE TINTORET

Tintoretto, La tentazione di Cristo, Salone, Scuola Grande di Sa

Le Tintoret (1515-1594) La tentation du Christ, tableau peint vers 1578. Scuola di San Rocco, Venise.

Méditation sur un tableau

 

Tintoret est l’un des plus grands peintres vénitiens du XVIème siècle. Son œuvre est souvent associée à un contexte religieux, ici l’évangile de Matthieu et la première tentation au désert, avec des représentations tendant à souligner les effets nocturnes et un maniérisme ténébriste.

La lumière violette du carême nous rappelle ce nocturne. De fait, ici, l’effet nocturne est étudié pour que les fidèles regardent le Christ lumineux et à ses côtés le tentateur. Une nature bien luxuriante nous fait oublier le désert. Tintoret tasse ou allonge des personnages selon qu’ils sont censés être admirés de loin, vers le haut, ou encore de côté.

Jésus sur une hauteur est donc ici allongé à l’abri d’une vétuste charpente pour rappeler la pauvreté du Christ. Il discute avec le tentateur, le regarde, argumente avec un geste de la main gauche qui désigne la pierre présentée au verset 3. La tunique de Jésus est d’une subtile touche de rouge – annonce de la Passion.

Le tentateur, ici représenté bien loin selon une apparence qui n’est pas la sienne. Il est humainement idéalisé, car rien dans le texte ne parle de son aspect. Une bien belle duperie diabolique : presque nu, reconnaissable à ses deux ailes, sous l’aspect de la jeunesse (un visage resplendissant), de la force (un corps musclé), de la richesse (des bracelets autour des bras à la manière antique), le genou gauche à terre comme pour marquer une proximité avec Jésus, voilà ce qui le rend visible. Mais les pierres, ramassées sur le bord du chemin, resteront des pierres.

Au début de ce premier des trois récits de tentation, mention est faite de l’Esprit, descendu sur Jésus pendant la théophanie. Le lien se trouve ainsi encore renforcé entre baptême et tentation, puisque c’est ce même Esprit qui pousse Jésus au désert, selon Matthieu : c’est bien celui qui vient d’être déclaré le Fils de Dieu qui va être mis à l’épreuve.  Changer les pierres en pain, est pour Jésus une tentation qui n’est que la médiation de la vraie tentation à laquelle il se trouve confronté : se prévaloir du titre de Fils de Dieu pour agir en conséquence. Or, manifester par des prodiges sa filialité divine reviendrait pour lui à succomber à la tentation fondamentale : « devenir comme des dieux » comme on le lit dans le livre de la Genèse.

A la suggestion du diable, le Fils de Dieu répond en faisant appel à son humanité la plus profonde, celle qui a besoin de pain pour vivre : « L’homme ne vivra pas de pain seul… ». Le récit livre par là une leçon double et essentielle. Premièrement, la seule tentation, pour Jésus ou pour l’humanité, consiste à se poser en rival de Dieu, ce qui revient à se déterminer contre Lui. Deuxièmement, si le récit est à visée d’abord christologique, tant il est vrai que c’est le Fils de Dieu qui est mis à l’épreuve, il n’en comporte pas moins une dimension catéchétique à dominante éthique : il appartient aux disciples de se comporter comme leur maître face à la tentation.

Le carême nous donne de voir, comme Jésus, le combat spirituel.

Nous voyons donc, au début de notre carême, tout l’enjeu. Dans le désert, les hébreux affamés furent directement nourris par la manne envoyée par Dieu. On vit de pain mais on vit aussi de Dieu. La réponse de Jésus est lumineuse et sa tête est toute éclairée par cette réalité-là. La force du Christ réside dans sa parole, qui représente celle de Dieu.

Si, avec la toile du Tintoret, nous partons à Venise au XVIème siècle, l’hypocrisie morale demeure pour le croyant au cœur de toute tentation.

 

Père Hervé Loubriat

 

ABUS SEXUELS, ARCHE (L') DE JEAN VANIER, EGLISE CATHOLIQUE, JEAN VANIER (1928-...), JEAN VANIER (1928-2019), LE MYSTERE D'INIQUITE AUJOURD'HUI.... COMME HIER !, MEDITATIONS, SCANDALES DANS L'EGLISE

Le mystère d’iniquité aujourd’hui… comme hier !

Le mystère d’iniquité aujourd’hui… comme hier

ND-l-autel-devaste

         Les révélations sur la part d’ombre que cachait la figure lumineuse de Jean Vanier choquent parce qu’elles fissurent l’image de celui que tout un chacun prenait pour un saint dans ses actes et dans ses paroles. Mais tout ceci nous en dit beaucoup du mystère de chaque être humain tout comme elle nous dit beaucoup sur notre besoin d’avoir des êtres à admirer, à idolâtrer même ; ce besoin d’avoir des héros entraîne aussi sans que l’on en prenne conscience chez l’être ainsi mis en avant une obligation de correspondre à ce que les autres attendent et également un isolement dans une sorte de tour d’ivoire qui enferme. Et chaque fois que le masque tombe c’est un sentiment de trahison que nous éprouvons : celui qui était tant loué devient l’objet d’une mise au ban de la société. L’histoire est pourtant riche de ses exemples : combien ont été l’objet d’un culte de leur vivant puis de condamnation lorsque leurs faiblesses ont été révélées. Toute société fonctionne ainsi et il n’est donc pas étonnant que l’église elle-même en soit affectée.

jean-vanier-fondateur-de-l-arche_5068668_676x338p

         A travers les dernières révélations concernant le fondateur de l’Arche on peut se rappeler les mots de saint Paul parlant du « mystère de l’iniquité » (2 Th 2, 7) – inscrit dans le cœur de l’homme depuis le péché du premier homme –  tant il est vrai que depuis quelques temps il semble que se déchaîne une cascade de scandales qui entachent  le message que l’Eglise veut porter au monde sans oublier les persécutions dont sont l’objet les chrétiens dans le monde.

         A propos des scandales qui affectent l’Eglise on pourrait être tenté par une certaine forme de désespérance mais ce serait oublier d’une part que ceux-ci ne sont pas une exception dans toute l’histoire de l’église et d’autre part ce que nous disent les textes bibliques et les paroles même de Jésus au soir de son arrestation quand le « Mal » entre dans le cœur de Judas. Ce que l’on apprend depuis hier, à l’approche de ce temps de Carême, n’est qu’un appel de plus à une conversion radicale ; c’est aussi un avertissement quant à notre comportement vis-à-vis de certaines personnes que l’on a tendance à aduler au-delà du raisonnable de leur vivant. Il faut se garder de tomber dans l’idolâtrie envers tel ou tel : certes leurs actions sont louables, leurs œuvres ne sont à condamner dans la mesure où elles font le bien autour d’elles et sont sources d’exemples mais il ne faut oublier non plus que ce sont que des êtres humains. Ceux que l’on admire de leur vivant, que l’on canonise au moment de leur mort ne sont que des êtres humains qui ont eux aussi leur part d’ombre.

         Que les hommes d’église, que les fondateurs d’ordre ou d’œuvres diverses soient dans une certaine mesure des exemples c’est fort bien (parce que tout le monde a besoin d’êtres exceptionnels à admirer et à célébrer, de héros à aduler ou encore à idolâtrer quelque soit les périodes de l’histoire des hommes) si l’on n’oublie pas qu’ils ne sont que des messagers, qu’ils ne sont que les serviteurs d’un Autre, qu’ils ne sont, comme tout être humain, des « vases fragiles » dépositaires d’un message à transmettre qui vient de Quelqu’un : ce quelqu’un n’est autre que Dieu lui-même.

         Comme nous le rappelle l’apôtre Paul : Moi, j’ai planté, Apollos a arrosé, mais c’est Dieu qui faisait croître. Ainsi, ce n’est pas celui qui plante qui importe, ni celui qui arrose, mais Dieu, qui fait croître. Celui qui plante et celui qui arrose ne sont qu’un, mais chacun recevra son propre salaire selon son propre travail. Car nous sommes des collaborateurs de Dieu. Vous êtes le champ de Dieu, la construction de Dieu. Selon la grâce de Dieu qui m’a été accordée, comme un sage maître d’œuvre, j’ai posé les fondations, et quelqu’un d’autre construit dessus. Mais que chacun prenne garde à la façon dont il construit. Personne, en effet, ne peut poser d’autre fondation que celle qui est en place, à savoir Jésus–Christ. (1 Cor 3, 5-11)


Ces scandales ne doivent en aucun cas cependant nous plonger dans le désespoir ou la désespérance : « Garde courage, moi j’ai vaincu le mal » (Jn 16, 33). Nous le savons après le temps de la Passion, derrière et au-delà de la Croix et du tombeau il y a et il y aura toujours la lumière de Pâques.

 

Croix

 

L Espérance Ch.Peguy

 

La foi que j’aime le mieux, dit Dieu, c’est l’Espérance

La foi, ça ne m’étonne pas, ça n’est pas étonnant. J’éclate tellement dans ma création.

La charité, dit Dieu, ça ne m’étonne pas, ça n’est pas étonnant… Ces pauvres créatures sont si malheureuses qu’à moins d’avoir un coeur de pierre, comment n’auraient- elles point charité les unes envers les autres ..

Mais l’Espérance, dit Dieu, voilà ce qui m’étonne….Moi-même…. ça , c’est étonnant….

Que ces pauvres enfants voient comme tout ça se passe, et qu’ils croient que demain ça ira mieux. Qu’ils voient comme ça se passe aujourd’hui et qu’ils croient que ça ira mieux demain matin ….ça c’est étonnant, et c’est bien la plus grande merveille de notre grâce.

 Et j’en suis étonné moi-même !

 Quelle ne faut-ill pas que soit ma grâce et la force de ma grâce pour que cette petite espérance, vacillante au souffle du péché, tremblante à tous les vents, anxieuse au moindre souffle, soit aussi invariable, se tienne aussi fidèle, aussi droite, aussi pure et invincible, et immortelle,

et impossible à éteindre que cette petite flamme du sanctuaire qui brûle éternellement dans la lampe fidèle…

3057be0f476cb9323cbd593dbf1fa033

©Claude-Marie T.

23 février 2020

MEDITATIONS, NOUVEL AN, POUR L'ANNEE QUI S'ACHEVE, POUR L'ANNEE QUI VA COMMENCER, PRIERES

Pour l’année qui se termine, pour celle qui va commencer

Prières

pour l’année qui se termine et celle qui va commencer

prière

 

Seigneur Jésus,

Merci pour cette année qui finit

Et merci pour la nouvelle année qui vient.

Qu’elle apporte aux hommes de ce monde la paix

Qu’elle comble de grâces ceux que j’aime,

et qu’elle m’apporte la Force et l’Amour dont j’ai besoin.

 

Dans cette année qui finit,

Des hommes ont souffert;

Guérissez, si c’est possible,

Diminuez le mal ou le chagrin.

Faîtes que quelque chose

vienne apaiser leur peine,

Faites que quelqu’un s’en aille les aider,

et que cette nouvelle année leur fasse du bien.

 

Dans cette année qui finit,

Je n’ai pas été ce que j’aurais dû être.

Faites-moi meilleur, mon Dieu :

Moins dur avec les autres,

Plus patient, plus fort,

Plus exigeant avec moi-même,

Plus vrai dans mes paroles,

Plus actif dans mes travaux,

Plus obéissant, plus rieur aussi;

et que demain soit plus beau qu’aujourd’hui,

Plus grand.

 

Merci de cette année qui finit,

Merci pour cette nouvelle année qui vient.

 

^^^^^^^^

 

TERMINER L’ANNÉE AVEC JÉSUS     

« L’amour du Seigneur n’est pas épuisé,

sa compassion chaque matin se renouvelle. »

(antienne Office)   

Businessman jump between 2019 and 2020 years.

Me voici, Seigneur, une année s’achève,
Et en ce dernier jour, je veux passer un peu de temps avec toi.

Seigneur Jésus, je te contemple au dernier jour de ta vie ici-bas,
je t’adore et je t’aime !
Je te contemple en tes dernières pensées, paroles, actions,
En tes souffrances.
En ce dernier jour, je vois que tu aimes ton Père jusqu’au bout,
Tu le remercies des grâces qu’Il t’a faites, et par toi au monde entier !
Tu demandes pardon pour nous.

Béni sois tu !
Seigneur, je te remercie
pour tout ce que tu as fait pour moi et pour toute l’humanité,
au long de cette année.

Pardon de t’avoir si souvent déçu,
pardon pour toutes les fois où j’ai refusé
le « jusqu’au bout » de ton amour.
Pardon de l’indifférence des hommes.

Que le désir de t’appartenir désormais, à tout moment,
soit le plus fort, et que jamais je ne fasse obstacle à ton amour.
Que tout mon être, toute ma vie, soient une louange à ta gloire !

Ô Mère de Jésus, toi qui as tant aimé ton Fils,
Unis-moi aux dispositions de ton cœur au dernier jour de ta vie.
Prie pour moi, que le dernier soir de cette année,
et le dernier moment de ma vie
soient un acte d’amour envers Jésus.                 

À partir d’un texte de St Jean Eudes OCI, 366-369  

2020 

HANS URS VON BLATHASAR, L'INCARNATION DU CHRIST, LE COEUR DU MONDE, MEDITATIONS, NATIVITE DE JESUS

L’Incarnation du Christ : une méditation de Hans Urs von Balthasar

 

L’incarnation du Verbe de Dieu

rembrandt-simeon.jpg

Jésus et le vieillard Syméon : un tableau de Rembrandt

Dans cet ouvage, Le Cœur du monde, de Hans Urs von Balthasar, l’auteur évoque dans la première partie de son livre (deuxième chapitre intulé « Il vint au monde ») le mystère de l’incarnation de Jésus, le Verbe de Dieu, sa kénose et sa gloire.

 

          L’océan divin contraint d’entrer dans la source minuscule d’un cœur humain, le puissant chêne de la divinité implanté dans le petit vase fragile d’un cœur de terre. Dieu trônant dans la gloire et le serviteur agenouillé dans la poussière désormais indiscernables l’un de l’autre. La conscience royale du Dieu éternel ramassée dans l’inconscience de l’humilité humaine. Tous les trésors de la sagesse et de la science divine entassés dans l’étroite cellule de l’humaine pauvreté. La vision du Père éternel enveloppée dans l’obscurité de la foi. Le roc de la sécurité divine se risquant sur les flots de l’espérance terrestre. Le triangle de la Trinité dressé sur sa pointe et prenant appui dans un cœur humain.

            Ainsi ce cœur, comme l’étroite ouverture du sablier, est-il suspendu entre le ciel et la terre, et incessamment s’écoule de la coupe supérieure, par cet orifice, le sable de la grâce tombant sur le sol terrestre. D’en bas, inversement, s’élève vers les sphères supérieures, à travers l’ouverture, une faible senteur inconnue du ciel, et aucune parcelle de la divinité infinie ne demeure indemne de ce nouvel arôme. Lentement et sans arrêt une vapeur rose teinte les champs immaculés des anges, et l’amour inaccessible du Père et du Fils se nuance de tendresse et d’inclination cordiale. Tous les mystères de Dieu qui, jusqu’à présent, cachaient leur face sous trois paires d’ailes, s’ouvrent et se penchent en souriant vers les hommes. Car, à l’improviste, la région terrestre, telle un miroir sans tache, leur renvoie intact le reflet de leur propre visage.

            Tout ce qui est un devient double, et tout ce qui est double devient un. Ce n’est pas une pâle image de la vérité céleste qui se joue sur terre, mais le ciel lui-même, traduit en langue terrestre. Lorsque, fatigué et accablé par le poids du jour, le serviteur ici-bas tombe à terre, et dans un geste d’adoration touche le sol de son front, cet acte tout simple enferme le parfait hommage du Fils incréé devant le trône du Père. Et, pour toujours, il ajoute à cette perfection éternelle la perfection douloureuse et sans éclat d’une humilité humaine. Mais jamais le Père n’a si bien aimé le Fils pour toujours qu’au moment où il aperçut ce geste las d’agenouillement : c’est alors qu’il jura d’élever cet enfant au-dessus de tous les cieux jusqu’à son cœur de Père, cet enfant d’homme qui est son Fils, et pour l’amour de ce Fils, d’élever aussi tout ceux qui ressemblaient à cet Unique, le bien-aimé par excellence, et dans lesquels il devinait, défigurés est recouverts d’un voile, les traits de son Fils.(*)

 

(*) Hans Urs von Balthasar, Le Cœur du monde, Versailles, Ed. Saint-Paul, 1997, pp. 45-47.