¨SANS JESUS, BOUS NE POUVONS RIEN FAIRE, FRANÇOIS (pape), LIVRE, LIVRES, LIVRES - RECENSION, MISSION

Les dix punchlines du pape François sur la mission — Aleteia : un regard chrétien sur l’actualité, la spiritualité et le lifestyle

Dans un livre-entretien intitulé « Sans Jésus, nous ne pouvons rien faire » sortie le 8 janvier 2020, le pape François délivre une feuille de route sur la mission. Loin d’être une méthode toute faite, la « mystérieuse fécondité de la mission » naît du « vertige que l’on éprouve en présence des paroles de Jésus », déclare le pape François…

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L’évangélisation selon François : les extraits du nouveau livre du pape

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Le pape François publie ce mercredi 8 janvier, en français, « Sans Jésus, nous ne pouvons rien faire » (éditions Bayard), consacré à l’évangélisation. Dans ce livre d’entretien, il insiste sur la dimension évangélisatrice de l’Église et revient sur des notions chères comme le prosélytisme, l’attraction ou l’inculturation.

Le nouveau livre d’entretien que le pape publie ce mercredi 8 janvier est l’occasion pour François de revenir sur ce qui, dès l’origine, a été au cœur de son pontificat : la volonté d’une Église plus crédible dans l’évangélisation.

Une volonté affichée dès les réunions de cardinaux précédant le conclave quand, dans une intervention remarquée, il avait plaidé pour une Église appelée « à sortir d’elle-même vers la périphérie existentielle de l’humanité, pour qu’elle devienne mère féconde de la “douce et réconfortante joie d’évangéliser” ».

Ou bien avec son exhortation Evangelii gaudium « sur l’annonce de l’Évangile dans le monde d’aujourd’hui », véritable programme du pontificat. Ou encore quand, parmi ses premières interventions, il avait repris les mots de son prédécesseur Benoît XVI : « L’Église ne grandit pas par prosélytisme. Elle grandit par attraction ».

« Sans l’Esprit, la mission devient une conquête »

Au fil des pages de cet entretien avec le journaliste Gianni Valente, François prend le temps d’expliquer cette vision souvent mal comprise, voire détournée par tous ceux qui veulent dépeindre François comme un pape refusant l’annonce explicite de la foi.

François est pourtant clair : « Soit l’Église est en sortie, soit elle n’est pas l’Église. Soit elle est annonce, soit elle n’est pas l’Église ». « Si l’Église ne sort pas, elle se corrompt, se dénature, explique-t-il. Elle devient (…) une multinationale destinée à lancer des initiatives et des messages au contenu éthique et religieux. »

L’évangélisateur, explique François, ne saurait être « le petit imprésario de la vie ecclésiale où tout arrive selon un programme établi et où il suffit de suivre les instructions ». Ce qui arrive, continue-t-il, quand on ne propose plus la rencontre avec le Christ et qu’on oublie le rôle de l’Esprit Saint : sans, lui, affirme-t-il, « la mission devient autre chose (…) une conquête religieuse, ou peut-être idéologique ».

« Faciliter la foi et non à la contrôler »

D’où un long développement pour expliquer combien « l’élan missionnaire ne peut être fécond » que s’il se produit par « attraction »« Si c’est le Christ qui vous attire et que vous agissez parce que vous êtes attiré par le Christ, les autres n’ont aucune peine à s’en rendre compte », insiste-t-il.

Et si François rappelle que « l’Église n’est pas une ONG », il défend le travail humanitaire comme faisant « partie de sa mission ». « Tout dépend de l’amour qui anime le cœur de celui ou celle qui fait les choses », explique-t-il, prenant l’exemple d’une religieuse dans un hôpital : « fut-ce au milieu de personnes non chrétiennes, (elle) annonce l’Évangile par la charité avec laquelle elle soigne les malades et manifeste ainsi son amour pour Jésus et l’amour de Jésus pour les malades ».

Pour ce pape qui a toujours refusé les « douanes pastorales », le missionnaire chrétien est donc celui qui cherche « à faciliter la foi et non à la contrôler », à « ne pas mettre d’obstacle au désir de Jésus d’embrasser tout le monde, de guérir tout le monde, de sauver tout le monde ».

« Rendre visible le Christ aux autres par le témoignage »

C’est ce qui explique son rejet d’une évangélisation « élitiste » qui serait « la compétence exclusive de groupes particuliers » : « Jésus ne dit pas aux apôtres de former un groupe exclusif, un groupe d’élite », affirme celui pour qui « le baptême est suffisant pour annoncer l’Évangile » et qui se dit réticent face à l’expression « laïcs engagés ». « Si vous êtes un laïc baptisé, vous êtes déjà engagé. Le baptême suffit. Il n’est pas nécessaire d’imaginer un baptême double, un baptême spécial réservé à la catégorie des “laïcs engagés”. »

Au contraire, à la suite du concile Vatican II, le pape rappelle qu’il revient à tous les laïcs de « “rendre visible” le Christ aux autres par le témoignage de leur vie », notamment en vivant « sur le mode missionnaire les choses les plus ordinaires de la vie quotidienne ».

D’où, enfin, pour François, la nécessité de l’inculturation. Il faut, insiste-t-il, « tenir compte des rythmes quotidiens et des événements ordinaires des lieux et des communautés humaines »« Comment imaginer que la foi puisse se transmettre comme une espèce de transplantation de l’organisation d’un pays dans un autre, d’une situation dans une autre ? », s’interroge-t-il.

« Se libérer de certaines sacralisations orgueilleuses »

S’il reconnaît que « plusieurs cultures ont été étroitement liées à la prédication de l’Évangile et au développement de la pensée chrétienne », il souligne que « le christianisme ne dispose pas d’un seul et unique modèle culturel » et qu’il faut « garder présent à l’esprit que le message révélé ne s’identifie à aucune culture ». « Il ne faut pas essayer d’imposer une forme culturelle déterminée en même temps que la proposition évangélique », insiste-t-il.

« Aujourd’hui, dans l’œuvre missionnaire aussi, il convient de ne pas emporter de lourds bagages, de se libérer de certaines sacralisations orgueilleuses de leur propre culture », met en garde le pape pour qui « il ne s’agit pas de faire de l’animation missionnaire comme s’il s’agissait d’un métier, mais de vivre avec les autres, de les suivre pas à pas, de demander à les accompagner en apprenant à cheminer à leur rythme. »

La réforme de la Curie en ligne de mire

Avec ce livre, qui rappelle les fondements évangélisateurs de son pontificat, François pose aussi les jalons d’une année qui s’annonce cruciale. 2020 devrait en effet voir la publication de la constitution régissant la Curie romaine, en chantier depuis sept ans. Provisoirement intitulée Praedicate evangelium, « Proclamez l’Évangile », elle devrait rappeler combien la Curie est au service du travail d’évangélisation des Églises locales qui disposeraient de beaucoup plus d’autonomie qu’actuellement.

 

Un brouillon de ce texte qui a circulé a suscité de vives réactions et n’est sans doute pas étranger à la remobilisation de tous ceux qui, par peur de voir s’estomper leur pouvoir ou battre en brèche leur vision de l’Église, veulent à tout prix en empêcher la publication.

C’est à cette aune qu’il convient de lire les récentes rumeurs de démission du pape qui visent surtout à affaiblir la réforme : pourquoi suivre un pape qui va bientôt partir ? D’où l’importance pour François de redire l’urgence évangélisatrice qui fait le cœur de sa réforme.

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Extraits

Le témoignage suscite l’admiration

« L’attraction se fait témoignage en nous. Le témoin montre ce que l’œuvre du Christ et de son Esprit a vraiment accompli dans sa vie. Après la Résurrection, c’est le Christ qui se rend visible aux apôtres. C’est lui qui fait d’eux des témoins. Le témoignage n’est pas une prestation pour elle-même, on est témoin des œuvres du Seigneur. (…) Le témoignage suscite l’admiration, et l’admiration suscite des questions chez ceux qui le voient. Les autres se demandent : “Comment se fait-il que cette personne soit ainsi ? D’où lui vient le don d’espérer et de traiter les autres avec charité ?” Lorsque Dieu œuvre directement dans la vie et le cœur des gens, cela est source de stupeur. Admiration et stupeur voyagent ensemble dans la mission. (…) Admiration et stupeur sont les sentiments, les traits distinctifs qui caractérisent le chemin des missionnaires. Cela n’a rien à voir avec l’impatience et les angoisses des publicitaires envoyés par les entreprises pour gagner des adhérents et faire des prosélytes. »

La tromperie du prosélytisme

« Il y a du prosélytisme partout où se trouve l’idée de faire croître l’Église en se passant de l’attraction du Christ et de l’œuvre de l’Esprit, en misant tout sur une sorte de “discours savant”. Aussi, le prosélytisme exclut de la mission le Christ lui-même, et l’Esprit Saint même quand il prétend parler et agir au nom du Christ, de manière nominaliste. Par nature, le prosélytisme est toujours violent, même quand il dissimule sa violence ou qu’il l’exerce avec des gants. Il ne supporte pas la liberté et la gratuité avec lesquelles la foi peut se transmettre, par la grâce, de personne à personne. C’est pourquoi le prosélytisme n’appartient pas uniquement au passé, à l’époque du colonialisme ou des conversions forcées ou obtenues contre la promesse d’avantages matériels. Il peut exister du prosélytisme aujourd’hui, au sein des paroisses, des communautés, des mouvements ou encore des congrégations religieuses. »

Faire goûter la tendresse de Dieu

« Annoncer l’Évangile à haute voix ne consiste pas à assiéger les autres à l’aide de discours apologétiques, à hurler rageusement à l’adresse des autres la vérité de la Révélation. Il n’est pas plus utile de lancer à la tête des autres des vérités et des formules doctrinales comme si elles étaient des pierres. Quand cela se produit, c’est le signe que les paroles chrétiennes elles-mêmes sont passées à travers un alambic et se sont transformées en idéologie. (…) Annoncer l’Évangile signifie transmettre à l’aide de mots sobres et précis le témoignage du Christ comme le firent les apôtres. Mais il ne sert à rien d’inventer des discours persuasifs. (…) C’est pourquoi la répétition littérale de l’annonce n’a pas d’efficacité en elle-même et peut tomber dans le vide si les personnes à qui elle s’adresse n’ont pas l’occasion de rencontrer et de goûter d’une manière ou d’une autre la tendresse de Dieu pour eux, et sa miséricorde qui guérit. »

La force de la rencontre

« Dans l’expérience commune, on n’est pas frappé si l’on rencontre quelqu’un qui circule en martelant ce qu’est le christianisme, ce que sont le bien et le mal et ce qu’il faut faire ou ne pas faire pour aller ou non en enfer ou au paradis. Dans l’expérience commune, il arrive le plus souvent d’être marqué par la rencontre avec une personne ou une réalité humaine qui surprennent par des gestes et des mots révélant leur foi dans le Christ. Ce n’est que dans le climat d’admiration et de stupeur provoquant des questions que cette personne et cette réalité humaine peuvent attester et proclamer le nom et le mystère de Jésus de Nazareth, dans l’espoir de pouvoir répondre aux attentes et aux questions suscitées chez les autres par leur témoignage. (…) La stupeur suscitée par ce que le Seigneur réalise dans ses témoins précède habituellement l’annonce. »

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Le message révélé ne s’identifie à aucune culture

« Tous les processus féconds d’inculturation ont toujours creusé leur chemin petit à petit dans la trame de la vie concrète et quotidienne. Voilà quelle est la véritable inculturation. S’inculturer, c’est être dans la vie ordinaire, dans la temporalité comme dans la manière de s’exprimer et
d’exprimer la vie de ces peuples. Comment imaginer que la foi puisse se transmettre comme une espèce de transplantation de l’organisation d’un pays dans un autre, d’une situation dans une autre ? L’inculturation ne se fait pas dans des laboratoires théologiques, mais dans la vie quotidienne. (…)

Au cours des deux derniers millénaires, les peuples qui ont reçu la grâce de la foi l’ont fait s’épanouir dans leur vie quotidienne et l’ont transmise selon leurs propres usages culturels. Le christianisme ne dispose pas d’un seul et unique modèle culturel. (…)

Il est vrai que plusieurs cultures ont été étroitement liées à la prédication de l’Évangile et au développement de la pensée chrétienne. À l’époque où nous vivons, il devient toujours plus urgent de garder présent à l’esprit que le message révélé ne s’identifie à aucune culture. Dans la rencontre avec de nouvelles cultures ou avec des cultures qui n’ont pas accueilli la prédication chrétienne, il ne faut pas essayer d’imposer une forme culturelle déterminée en même temps que la proposition évangélique. Aujourd’hui, dans l’œuvre missionnaire aussi, il convient de ne pas emporter de lourds bagages, de se libérer de certaines sacralisations orgueilleuses de leur propre culture. »

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Repères

Un livre d’entretien avec le journaliste Gianni Valente

Sans Jésus, nous ne pouvons rien faire. Être missionnaire aujourd’hui dans le monde, texte inédit du pape François (entretien avec Gianni Valente), Bayard/Librairie éditrice vaticane, 128 p., 12,90 €.

Romain d’origine et spécialiste de l’Orient chrétien, Gianni Valente a collaboré au magazine 30 Giorni avant de rejoindre l’agence Fides, liée à la Congrégation pour l’évangélisation des peuples.

Grand connaisseur de la Chine, il collabore aussi à la revue italienne de géopolitique Limes et au site d’information Vatican Insider.

 

https://www.la-croix.com/Religion/Catholicisme/Pape/Levangelisation-selon-Francois-extraits-nouveau-livre-pape-2020-01-07-1201070284

APOSTOLAT, EGLISE CATHOLIQUE, EVANGELISATION, EVANGELISER ? OUI !.... MAIS !....., MISSION

Evangéliser ? Oui …. Mais !…..

Evangéliser ? oui …. mais !

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A lire une certaine presse catholique, à lire certains commentaires sur les réseaux sociaux on peut constater plusieurs choses dont on peut soit se réjouir soit être vraiment désespéré ou en colère même parfois.

 

On pourrait se réjouir pourtant de voir le zèle de certains pour l’annonce de l’Evangile ! Mais il y a la manière comme dirait la chanson ! On voit fleurir ça et là la rêve d’une «France chrétienne », le rêve d’un âge d’or d’une Europe où tout le monde était chrétien ; sinon catholique ; mais c’est oublier qu’il n’y avait pas d’autre choix : les vaudois, les cathares, les protestants, les juifs ont été bannis, pourchassés quand ils n’étaient pas brûlés sur les bûchers !  Quand on rappelle cela on se fait traiter d’ennemi de l’Eglise : pourtant cela fait partie de son histoire. Tout comme fait parti de son histoire la Contre-Réforme avec le Concile de Trente qui a donné à l’Eglise de grands saints : François de Sales, Charles Borromée…. et combien d’autres qui ont incarnés par leur vie l’Evangile.

Pour expliquer la déchristianisation d’aujourd’hui on invoque la période des Lumières, la Révolution française, l’instauration de la République, les lois de Séparation de l’Eglise et de l’Etat, la Révolution de Mai 68…. et même le Concile Vatican II et aujourd’hui l’immigration et tant d’autres facteurs ! La barque est chargée ! Tant et si bien qu’aujourd’hui on assiste à une volonté de reconquête : slogans, pétitions, manifestations, constructions dans l’espace public de crèches plus grandioses les unes que les autres, inscription dans les Constitutions des « racines chrétiennes » de l’Europe. Les politiques doivent aussi donner des gages de leur attachement à l’Eglise catholique. Mais tous ces signes que l’on réclame feront-ils des hommes des chrétiens selon l’Evangile ? On aura peut-être beau brandir les croix et les bannières dans les espaces publics cela suffira-t-il à changer le cœur de l’homme ? Toutes ces manifestations donneront-elles au monde le désir de se tourner vers Dieu ?

 

Poser la question c’est déjà d’une certaine manière y répondre au risque de se faire traiter de chrétien « tiède » ou pire d’avoir pactisé avec le diable ! Pourtant si Jésus avait voulu au soir des Rameaux comme le voulait la foule se faire roi et faire en sorte que le monde entier croit en Lui c’était tellement facile ! Au lieu de cela les insultes, les crachats, la dérision et la mort sur la croix ! Pourquoi ? A Pilate Jésus répond « Mon royaume n’est pas de ce monde ! » Aux pharisiens qui lui demandaient si il fallait payer l’impôt à César : « Rendez à César ce qui est César, à Dieu ce qui est à Dieu ! ». Jésus ne se laisse pas saisir Il se donne ! Jésus n’impose pas sa domination sur le monde : Il se laisse contempler, Il veut que nos regards s’élèvent vers Lui : « ils regarderont celui qu’ils ont transpercé ! »

Si le zèle missionnaire nous est demandé par le Christ, par l’Eglise il y a une manière de témoigner qui est demandé : par la charité. « J’aurais beau parler toutes les langues des hommes et des anges, si je n’ai pas la charité, s’il me manque l’amour, je ne suis qu’un cuivre qui résonne, une cymbale retentissante.  J’aurais beau être prophète, avoir toute la science des mystères et toute la connaissance de Dieu, j’aurais beau avoir toute la foi jusqu’à transporter les montagnes, s’il me manque l’amour, je ne suis rien. » (Saint Paul dans la Première Epître aux Corinthiens, 1-2).

On pourrait penser que saint Paul ne nous commande que la charité envers les membres de notre communauté ! Il est vrai qu’aimer ceux qui nous sont proches, aimer les membres de notre communauté chrétienne est difficile … mais aimer les autres ! Mais aimer ceux qui ne pensent pas comme nous, aimer qui nous insultent, aimer ceux qui persécutent ? Et pourtant !

 

EVANGILE DE JÉSUS-CHRIST SELON SAINT MATTHIEU (chapître 5)

01 Voyant les foules, Jésus gravit la montagne. Il s’assit, et ses disciples s’approchèrent de lui.

02 Alors, ouvrant la bouche, il les enseignait. Il disait :

03 « Heureux les pauvres de cœur, car le royaume des Cieux est à eux.

04 Heureux ceux qui pleurent, car ils seront consolés.

05 Heureux les doux, car ils recevront la terre en héritage.

06 Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice, car ils seront rassasiés.

07 Heureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde.

08 Heureux les cœurs purs, car ils verront Dieu.

09 Heureux les artisans de paix, car ils seront appelés fils de Dieu.

10 Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice, car le royaume des Cieux est à eux.

11 Heureux êtes-vous si l’on vous insulte, si l’on vous persécute et si l’on dit faussement toute sorte de mal contre vous, à cause de moi.

12 Réjouissez-vous, soyez dans l’allégresse, car votre récompense est grande dans les cieux ! C’est ainsi qu’on a persécuté les prophètes qui vous ont précédés.

21 « Vous avez appris qu’il a été dit aux anciens : Tu ne commettras pas de meurtre, et si quelqu’un commet un meurtre, il devra passer en jugement.

22 Eh bien ! moi, je vous dis : Tout homme qui se met en colère contre son frère devra passer en jugement. Si quelqu’un insulte son frère, il devra passer devant le tribunal. Si quelqu’un le traite de fou, il sera passible de la géhenne de feu.

23 Donc, lorsque tu vas présenter ton offrande à l’autel, si, là, tu te souviens que ton frère a quelque chose contre toi,

24 laisse ton offrande, là, devant l’autel, va d’abord te réconcilier avec ton frère, et ensuite viens présenter ton offrande.

25 Mets-toi vite d’accord avec ton adversaire pendant que tu es en chemin avec lui, pour éviter que ton adversaire ne te livre au juge, le juge au garde, et qu’on ne te jette en prison.

38 Vous avez appris qu’il a été dit : Œil pour œil, et dent pour dent.

39 Eh bien ! moi, je vous dis de ne pas riposter au méchant ; mais si quelqu’un te gifle sur la joue droite, tends-lui encore l’autre.

40 Et si quelqu’un veut te poursuivre en justice et prendre ta tunique, laisse-lui encore ton manteau.

41 Et si quelqu’un te réquisitionne pour faire mille pas, fais-en deux mille avec lui.

42 À qui te demande, donne ; à qui veut t’emprunter, ne tourne pas le dos !

43 Vous avez appris qu’il a été dit : Tu aimeras ton prochain et tu haïras ton ennemi.

44 Eh bien ! moi, je vous dis : Aimez vos ennemis, et priez pour ceux qui vous persécutent,

45 afin d’être vraiment les fils de votre Père qui est aux cieux ; car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, il fait tomber la pluie sur les justes et sur les injustes.

46 En effet, si vous aimez ceux qui vous aiment, quelle récompense méritez-vous ? Les publicains eux-mêmes n’en font-ils pas autant ?

47 Et si vous ne saluez que vos frères, que faites-vous d’extraordinaire ? Les païens eux-mêmes n’en font-ils pas autant ?

48 Vous donc, vous serez parfaits comme votre Père céleste est parfait

 

Cet extrait des Béatitudes de l’Evangile de saint Matthieu pourrait peut-être aider également dans notre manière de concevoir la mission que le Christ nous donne. Certes cette mission demande d’être d’un amour jaloux pour Dieu et Sa Parole. Mais il demande aussi d’aimer l’autre : cet autre qui ne croit pas ou qui ne veut pas croire est un frère créé par Dieu, créé lui aussi à l’image de Dieu.

Quand Jésus a rencontré ceux qui étaient en marge des règles du judaïsme, Il ne leur a pas demandé un certificat  de bonne pratique : « Il le regarda et Il l’aima ! ».  A la Samaritaine, à Marie-Madeleine Il ne demande pas de certificat de bonne conduite : c’est une parole qui libère et qui guérit pour amener à la conversion, pour amener à Le reconnaître, tout comme pour Zachée ou Lévi (deux collaborateurs de l’occupant romain). Aux apôtres qui l’abandonnent au moment de la Passion Il ne fait aucun reproche ; à Pierre qui l’a renié trois fois Jésus Le regarde au sortir du Prétoire (mais quel regard qui bouleverse tant Pierre !) et après la Résurrection Il lui demande simplement : « Pierre m’aimes-tu ? »  Même Judas n’a pas été condamné par Jésus puisque celui-ci l’appelle « Mon ami ! » !

 

Ces quelques exemples tirés de l’histoire, tirés surtout de l’Evangile devraient nous inciter à plus de charité entre nous et faire en sorte que les commentaires sur les réseaux sociaux, que nos comportements ne charrient ces flots de haine, ces torrents d’injures, d’anathèmes que l’on se lance entre chrétiens ! Et cela devrait nous inciter aussi à une charité encore plus vraie envers tous ceux qui ne croient pas !

L’annonce de l’Evangile se fait en vivant pleinement de ces trois vertus théologales enseignées par l’Eglise : la foi, la charité et l’espérance. Il faut que nos vies brûlent de ces trois vertus et l’Esprit Saint pourra se répandre comme au matin de Pentecôte sur les Apôtres afin d’annoncer la Bonne Nouvelle du Salut de Dieu.

 

« Ce qui m’étonne, dit Dieu, c’est l’espérance.
Et je n’en reviens pas.
Cette petite espérance qui n’a l’air de rien du tout.
Cette petite fille espérance.
Immortelle.

Car mes trois vertus, dit Dieu.
Les trois vertus mes créatures.
Mes filles mes enfants.
Sont elles-mêmes comme mes autres créatures.
De la race des hommes.
La Foi est une Épouse fidèle.
La Charité est une Mère.
Une mère ardente, pleine de cœur.
Ou une sœur aînée qui est comme une mère.
L’Espérance est une petite fille de rien du tout.
Qui est venue au monde le jour de Noël de l’année dernière.
Qui joue encore avec le bonhomme Janvier.
Avec ses petits sapins en bois d’Allemagne couverts de givre peint.
Et avec son bœuf et son âne en bois d’Allemagne.
Peints.
Et avec sa crèche pleine de paille que les bêtes ne mangent pas.
Puisqu’elles sont en bois.
C’est cette petite fille pourtant qui traversera les mondes.
Cette petite fille de rien du tout.
Elle seule, portant les autres, qui traversera les mondes révolus.

[…]

Mais l’espérance ne va pas de soi.

L’espérance ne
va pas toute seule.

Pour espérer, mon enfant,
il faut être bien heureux, 
il faut avoir obtenu,
reçu une grande grâce.

[…]

La petite espérance s’avance entre ses deux grandes sœurs et on ne prend pas seulement garde à elle.
Sur le chemin du salut, sur le chemin charnel, sur
le chemin raboteux du salut, sur la route interminable, sur la route entre ses deux sœurs la
petite espérance
S’avance.
Entre ses deux grandes sœurs.
Celle qui est mariée.
Et celle qui est mère.
Et l’on n’a d’attention, le peuple chrétien n’a d’attention que pour les deux grandes sœurs.
La première et la dernière.
Qui vont au plus pressé.
Au temps présent.
À l’instant momentané qui passe.
Le peuple chrétien ne voit que les deux grandes sœurs, n’a de regard que pour les deux grandes sœurs.
Celle qui est à droite et celle qui est à gauche.
Et il ne voit quasiment pas celle qui est au milieu.
La petite, celle qui va encore à l’école.
Et qui marche.
Perdue entre les jupes de ses sœurs.
Et il croit volontiers que ce sont les deux grandes qui traînent la petite par la main.
Au milieu.
Entre les deux.
Pour lui faire faire ce chemin raboteux du salut.
Les aveugles qui ne voient pas au contraire.
Que c’est elle au milieu qui entraîne ses grandes sœurs.
Et que sans elle elles ne seraient rien.
Que deux femmes déjà âgées.
Deux femmes d’un certain âge.
Fripées par la vie.

C’est elle, cette petite, qui entraîne tout.
Car la Foi ne voit que ce qui est.
Et elle elle voit ce qui sera.
La Charité n’aime que ce qui est.
Et elle elle aime ce qui sera.

La Foi voit ce qui est.
Dans le Temps et dans l’Éternité.
L’Espérance voit ce qui sera.
Dans le temps et dans l’éternité.
Pour ainsi dire le futur de l’éternité même.

La Charité aime ce qui est.
Dans le Temps et dans l’Éternité.
Dieu et le prochain.
Comme la Foi voit.
Dieu et la création.
Mais l’Espérance aime ce qui sera.
Dans le temps et dans l’éternité.

Pour ainsi dire dans le futur de l’éternité.

L’Espérance voit ce qui n’est pas encore et qui sera.
Elle aime ce qui n’est pas encore et qui sera
Dans le futur du temps et de l’éternité.

Sur le chemin montant, sablonneux, malaisé.
Sur la route montante.
Traînée, pendue aux bras de ses deux grandes sœurs,
Qui la tiennent pas la main,
La petite espérance.
S’avance.
Et au milieu entre ses deux grandes sœurs elle a l’air de se laisser traîner.
Comme une enfant qui n’aurait pas la force de marcher.
Et qu’on traînerait sur cette route malgré elle.
Et en réalité c’est elle qui fait marcher les deux autres.
Et qui les traîne.
Et qui fait marcher tout le monde.
Et qui le traîne.
Car on ne travaille jamais que pour les enfants.

Et les deux grandes ne marchent que pour la petite.

Charles Péguy, Le Porche du mystère de la deuxième vertu, 1912

Il faut que le monde retrouve le chemin de l’Espérance, le chemin de la confiance en un Dieu qui nous dit « Je serais avec vous jusqu’à la fin des temps ! » Il faut que le monde sache qu’il aura au  bout de nos Carêmes des matins de Pâques, des matins de Pentecôte ! 

©Claude-Marie T.

6 mars 2018

 

APOSTOLAT, EGLISE CATHOLIQUE, MADELEINE DELBRÊL (1904-1964), MISSION

Madeleine Delbrêl (1904-1964)

Madeleine Delbrêl : une vie missionnaire au cœur  de la ville

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« Dieu est mort, vive la mort » et la vie est absurde… Qui aurait pu imaginer que la jeune fille de 17 ans, qui lance alors comme un cri de défi cette profession de foi nihiliste, s’engagerait dix ans plus tard comme « missionnaire sans bateau » au cœur de la ville pour y vivre l’Évangile ?

Madeleine Delbrêl est née en 1904 à Mussidan, en Dordogne. Elle est fille unique, très choyée, et déjà sa personnalité s’affirme, vive, impulsive, artiste. Elle mène une vie très libre et poursuit ses études de manière un peu anarchique car sa santé fragile l’oblige souvent à travailler seule à la maison. De plus, étant cheminot, son père entraîne les siens dans de multiples déplacements. Dès 13 ans, à Paris, elle fréquente avec lui des milieux littéraires agnostiques ou athées, s’adonne à la poésie, à la musique. Elle aime danser et faire la fête entre amis. Elle s’inscrit à une académie de peinture et suit des cours en Sorbonne. Il y a en elle, à cette époque, un mélange de lucidité désespérée et d’amour passionné de la vie.

Mystérieux destin

 A 18 ans, elle fait connaissance d’un garçon brillant, Jean Maydieu. Au bal de ses 19 ans, ils ne se quittent guère et on les voit déjà fiancés. Mais Jean a déjà entendu un autre appel et il la quitte brusquement pour rejoindre le noviciat des Dominicains. Mystérieux destins croisés… Cet éloignement soudain laissera Madeleine dans le désarroi et les questions. Cinq ans plus tard, dans une lettre à sa mère, elle écrira pourtant : « Nous aurions pu manquer tragiquement notre vie, Jean et moi. Nous étions faits pour autre chose et le réveil aurait pu être terrible ». L’un et l’autre, en effet, sont appelés à une autre vocation.

Elle est en quête de vérité. La question de Dieu la taraude, et c’est une question qui ne peut être éliminée d’un trait puisque d’autres jeunes, ses camarades, « ni plus vieux ni plus bêtes ni plus idéalistes que moi, dira-t-elle plus tard, se disent chrétiens et en vivent ». Elle cherche alors à comprendre, à rejoindre leur « réel ». Elle, dont la formation religieuse s’est bornée à un catéchisme vite rejeté, se met à lire et décide de prier. Un jour, sur ce chemin, Dieu la saisit.

De cette rencontre intime qui va bouleverser sa vie, nous ne saurons rien sinon que ce fut un éblouissement et qu’il dura toute sa vie. « Car Dieu est grand et ce n’est pas l’aimer du tout que de l’aimer petitement. » Nous sommes en 1924, elle a 20 ans et songe à entrer au Carmel. Ce n’est pas là que Dieu l’appelle, mais dans un engagement dans la cité avec les pauvres. Dans sa paroisse, elle découvre peu à peu, avec l’aide du Père Lorenzo, toute la richesse et toute la radicalité de l’Évangile. Elle se lance avec passion dans le scoutisme. Avec certaines jeunes cheftaines, elle se retrouve une fois par semaine pour lire et méditer l’Évangile. Elle prie beaucoup et se laisse conduire par l’Esprit-Saint. L’Évangile va peu à peu devenir pour elle « non seulement le livre du Seigneur vivant, mais encore le livre du Seigneur à vivre ».

Ainsi trouve-t-elle sa route qui la conduite à entamer des études d’assistante sociale et à s’installer en 1933 à Ivry, en plein quartier ouvrier, pour y vivre avec deux compagnes une vie fraternelle, une vie laïque toute semblable à celle des « gens ordinaires » mais entièrement donnée à Dieu, livrée au Christ et, pour l’amour de lui, aux autres. Ivry est une ville fortement marquée par le marxisme ; le parti communiste y est très actif. Quand elle y arrive, elle ignore tout de ce qu’elle va trouver : la grande pauvreté et la misère liées à la crise économique et sociale des années trente, ainsi qu’une déchristianisation profonde, « un mur entre la classe ouvrière et l’Église » (cardinal Suhard). Elle se sent envoyée à ce monde-là. Elle va y demeurer jusqu’à sa mort.

Aux côtés des militants communistes

Elle vit la mission en proximité avec « les gens des rues », « au coude à coude avec les pauvres et les incroyants », dans la vie la plus ordinaire. Dans la cité, elle prend des engagements aux côtés des militants communistes, mais sans jamais s’inféoder à cette idéologie athée qu’elle ne peut partager. Elle noue un dialogue vrai, des relations amicales et profondes avec tous, y compris avec la municipalité, tout en gardant l’entière liberté de parole qui la caractérise. Elle mène avec eux des actions communes sans pour autant cacher sa foi et son attachement filial à l’Église. « Milieu athée, circonstance favorable à notre propre conversion », tel sera le titre de sa dernière conférence à des étudiants, quelques semaines avant sa mort.

Son expérience est précieuse pour tous ceux qui veulent alors, dans les années quarante et cinquante, s’engager pour la mission ouvrière. C’est une époque bouillonnante de recherches, débats et tâtonnements dans l’Église de France et son discernement si juste sait mesurer les enjeux de cette grande aventure apostolique. En 1952, soucieuse des menaces de division à l’intérieur de l’Église autour de la question des prêtres-ouvriers, elle fait un voyage éclair à Rome. Elle y reste douze heures qu’elle passera entièrement à prier auprès du tombeau de saint Pierre. « Rome est pour moi une sorte de sacrement du Christ-Église et il me semblait que certaines grâces ne se demandent pour l’Église et ne s’obtiennent pour elle qu’à Rome » (lettre au Père Jean Gueguen). Toute la foi de Madeleine est là, tout l’élan qui l’anime. Pendant trente ans, elle vit « aux frontières, là où l’Évangile ne retentit pas ». La maison de la rue Raspail est toujours pleine, elle est très sollicitée et se dépense sans compter en dépit d’une santé toujours très fragile et de lourdes épreuves familiales. Elle passe des nuits à écrire des lettres, des notes, des conférences. Elle répond à des appels venus de Pologne, d’Afrique. A ce rythme, elle s’épuise et se consume. « L’amour de Dieu est une chose si dévorante, si totale, si intransigeante pour ceux qui veulent l’aimer. » Le 13 octobre 1964, on la trouve inanimée à sa table de travail. Elle allait avoir 60 ans.

Aujourd’hui, la cause de béatification de Madeleine Delbrêl est introduite à Rome. Son rayonnement est à la mesure du souffle missionnaire qui l’a habitée.

https://www.mavocation.org/vocation/suivre-jesus-christ/319-saints/109-madeleine-delbrel.html

APOSTOLAT, MADELEINE DELBRÊL (1904-1964), MISSION

Actualité de Madeleine Delbrêl

La mission à l’école de Madeleine Delbrêl

DELBREL

 

         Madeleine Delbrêl a vécu sa mission de chrétienne avec les pauvres, les incroyants et les athées. Dans la ville d’Ivry, de 1933 à 1964,  elle a vécu une vie ordinaire mais jamais repliée sur elle-même. Dans cette cité marxiste elle va beaucoup apprendre : leurs combats, leur idéologie ; si elle s’engage à leurs côtés dans certaines occasions elle aura toujours le courage de dire et de témoigner ce qui la sépare d’eux : sa foi dans le Christ et son attachement indéfectible à l’Eglise Elle nouera des amitiés vraies mais basées sur la vérité. « Milieu athée, circonstance favorable à notre propre conversion« , tel sera le titre de sa dernière conférence à des étudiants, quelque temps avant sa mort.

 

         Aujourd’hui nous ne sommes plus dans les années où le Communisme pouvait attirer nombre de personnes généreuses.

Le temps de certaines idéologies semble mort bien que l’actualité nous montre combien certaines idées mortifères ressurgissent çà et là. Aujourd’hui le temps est à la désespérance parce que notre monde ne serait plus chrétien ! Mais l’a-t-il été vraiment ? Le temps est à la désespérance parce le christianisme est (ou semble) minoritaire en Occident  Il y a donc mille et une raison de désespérer : haine de l’autre, racisme, sécularisation agressive, montée d’un islamiste que l’on ne maîtrise pas, culte de la performance à tout prix, lois de la nature que l’on oublie devant les progrès de la technologie…..

 

         Et pourtant il encore des raisons d’espérer ! Il reste encore une mission à accomplir ! Le petit livre de Madeleine Delbrêl Ville marxiste terre de mission peut être une lumière sur notre chemin … Ce petit livre est riche d’enseignements pour aujourd’hui parce qu’il parle de foi, de charité et d’espérance à hauteur humaine ! Il parle d’apostolat non pas dans des missions impossibles mais dans ce qui fait notre vie de tous les jours, un apostolat dans le hic et nunc  de notre quotidien. Et surtout il nous rappelle que chaque être humain – que ce soit le croyant ou l’incroyant, l’athée ou le musulman –est avant tout une créature de Dieu, un être aimé de Dieu, donc un frère à aimer. Cette conviction devrait nous rappeler cette parole de Jésus : « Je ne suis pas venu pour les justes ! »

 

         L’apostolat, la mission envers  ceux qui ne connaissent pas le Christ, envers ceux qui ne croient pas en Lui  devrait donc nous porter non pas à vouloir les convertir d’emblée mais de prendre le temps de les connaître, de les aimer ; la pensée d’être en amitié avec celui qui ne croit pas on la trouve déjà chez un saint François d’Assise. Ce n’est peut-être qu’après un compagnonnage avec eux que l’on pourra témoigner de notre foi mais que cette foi soit aussi une foi vécue avec Joie et dans la Charité. Quant au désir de convertir l’autre – ce qui est louable – cela est-il bien de notre ressort ? Finalement qui convertit ? N’est-ce pas Dieu qui décide de l’heure, du moment et aussi de la manière dont il ouvrira un cœur à la grâce de le rencontrer.

 

         Peut-être que notre tâche de chrétien si elle est d’amener quelqu’un à rencontrer Dieu un jour ressemble davantage au travail du laboureur qui travaille la terre mais dont le fruit ne se verra que bien plus tard. Alors si nous sommes collaborateur de Dieu, laissons-lui faire son travail de Dieu : laissons Dieu être Dieu.

         Il nous faut aussi penser à l’attitude de Marie. Marie lors de la visite de l’ange Gabriel a dit simplement : « Qu’il me soit fait selon Sa Parole ! » Aux noces de Cana elle dit simplement : « Faites tout ce qu’Il vous dira ! ». Au pied de la Croix Marie ne dit rien quand Jésus lui dit « Femme voici ton fils ! ». Et c’est pourtant ainsi qu’elle est devenue la Mère de Dieu, la Mère de tous les hommes.

 

         Il y a peut-être dix mille raisons de désespérer mais on pourrait trouver  mille raisons d’espérer aussi ! Et même s’il n’en restait qu’un seule : puisque  Jésus nous a fait cette promesse : « Et moi, Je suis avec vous tous les jours  jusqu’à la fin des temps ! » (Matthieu 28, 20)

 

►©Claude-Marie T.

5 mars 2018