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Basilique Sainte-Marie-Majeure à Rome

Basilique Sainte-Marie-Majeure

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La basilique Sainte-Marie-Majeure de Rome est l’une des quatre basiliques majeures. Elle est la propriété du Vatican. C’est le plus grand monument et la plus ancienne église romaine consacrée à la Vierge Marie. Depuis 1999, l’animation et la pastorale sont confiées aux Frères Franciscains de l’Immaculée.

Histoire

La légende raconte que la nuit du 4 au 5 août 356, la Vierge apparut en rêve au pape saint Libère, ainsi qu’à un riche romain nommé Jean. Elle demanda d’ériger un sanctuaire à un lieu déterminé. Au matin, constatant qu’il avait neigé en plein mois d’août, à l’endroit que la Vierge leur avait indiqué, le pape ordonna de construire la basilique Liberiana de « Santa Maria ad Nives » (« Sainte-Marie-aux-Neiges ») sur la surface enneigée en haut de la colline Esquilin.

Le retable de Sassetta, Vierge et l’Enfant en majesté, avec quatre anges, saint Jean Baptiste, saint Pierre, saint François et saint Paul  dite, La Madone des neiges, v. 1432, exécuté pour la chapelle San Boniface de la Cathédrale de Sienne, et conservé dans la Galerie Palatine de Florence, représente dans sa prédelle la fondation de la Basilique au lendemain de cette chute de neige.

Plus sûrement, la construction démarre sous le règne de Sixte III pour célébrer la fin du Concile d’Éphèse en 431. L’édifice a subi plusieurs modifications au cours des siècles. La façade notamment date du xviiie siècle et est l’œuvre de Ferdinando Fuga. Durant l’époque baroque sont construites les deux coupoles, ainsi que les façades occidentale et orientale.

Architecture

La basilique Sainte-Marie-Majeure est un abrégé des grandes étapes de l’art chrétien à Rome, avec son plan basilical aux nobles proportions de style paléochrétien, ses mosaïques antiques (nef) et médiévales (abside et façade), et ses imposantes chapelles polychromes de la Contre-Réforme.

Sa façade initiale conserve des mosaïques de Filippo Rusuti, quelque peu dissimulées par la façade ajoutée au xviiie siècle, avec sa loggia à trois arcades précédée d’un portique. Elle est l’œuvre, comme le baldaquin soutenu par des colonnes de porphyre rouge, de Ferdinando Fuga, au service de Benoît XIV. Cinq portes ouvrent sur la façade, dont à gauche la porte dite Porte Sainte, similaire à celle de la basilique Saint-Pierre.

La nef est encore bordée par des colonnes ioniques portant de superbes architraves et entablements en marbre, très bien conservés, décorés d’une frise en mosaïque à rinceaux sur fond d’or, datant du sanctuaire paléochrétien du ve siècle. Dans la nef centrale au-dessus des entablements, sous la claire-voie, 36 panneaux en mosaïque figuratives à fond d’or datent également du ve siècle et racontent des épisodes bibliques. L’arc triomphal qui sépare la nef du transept est de la même époque, il est entièrement couvert par un cycle de mosaïques qui illustrent le rôle de Marie. Le pavement de l’église quant à lui, de style cosmatesque, a été refait par les marbriers Cosmati au xiie siècle. L’édifice est ensuite remanié à la Renaissance : une fenêtre sur deux de la claire-voie dans la nef centrale est bouchée pour donner de la place aux peintures, de même que la plupart des fenêtres des bas-côtés lors de la construction progressive des chapelles latérales, ce qui a fortement diminué la luminosité naturelle dans l’édifice, originellement beaucoup plus éclairé. Le plafond à caisson en bois doré date également de la Renaissance. Le maître-autel se retrouve sous le baldaquin et abrite la relique de la Crèche, cinq morceaux de bois conservés dans une urne d’argent exécutée au xixe siècle par Luigi Valadier.

Au-dessus du maître-autel, la calotte de l’abside est revêtue d’une mosaïque de Jacopo Torriti de 1295 et célébrant le Couronnement de la Vierge : Jésus couronne sa mère, elle-même assise sur un trône, sous le regard d’anges et de saints.

De riches chapelles se succèdent de chaque côté de la nef :

La Chapelle du baptistère réalisée en 1605 par Flaminio Ponzio, avec les fonts baptismaux en porphyre, créés au xixe siècle par Luigi Valadier.

La Chapelle Pauline, bâtie en 1611 par Flaminio Ponzio sous Paul V Borghèse, possède un plan identique à la Chapelle Sixtine, de l’autre côté de la nef. Surplombée par la première coupole peinte sans être divisée par des nervures (Ludivico Cardi, dit le Cigoli), la chapelle présente le retable de la Vierge à l’Enfant plus connu sous le nom de Salus populi romani et objet de vénération à travers les siècles.

La Chapelle Sixtine, dans le bras droit du transept, est l’œuvre de Domenico Fontana. Le pape Sixte V y repose. La chapelle est couronnée d’une coupole recouverte de fresques. On y retrouve également un ciborium doré datant de la fin du xvie siècle.

La basilique abrite également dans la Cappella Paulina (ou Borghesiana) le tombeau de Pauline Bonaparte, sœur de Napoléon.

Le campanile haut de 75 mètres remonte au Moyen Âge, il est le plus haut de Rome. En style roman, polychrome, il fut reconstruit durant le pontificat de Grégoire XI, sur un embasement précédent. Il subit de nombreuses modifications au cours des siècles. Au xvie siècle, une flèche pyramidale fut ajoutée au sommet.

Sur le parvis, se dresse une colonne corinthienne provenant de la Basilique de Maxence et Constantin, déplacée à l’initiative de Paul V. Elle surmonte une fontaine et des marches.

De l’autre côté de la basilique, soit à l’arrière, s’étend un autre parvis aménagé vers 1670 par Carlo Rainaldi.

Galerie

Extérieur

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Peinture de 1744 par Giovanni Pannini montrant la basilique et la Colonne de la Paix

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Façade de la basilique

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Le campanile

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Saints couronnant la façade

Intérieur

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La nef centrale

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Le chœur et le baldaquin

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Relique de la Crèche ou du Saint Berceau

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Christ en majesté, mosaïque de la façade à l’entrée de la basilique, par Filippo Rusuti, xiiie siècle

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Chapelle du baptistère

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Chapelle Borghesiana dite chapelle Pauline ou est inhumée Pauline Bonaparte

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Chapelle Sixtine

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Le dôme, 1608, par Lodovico Cigoli.

La première crèche et reliques

Dans cette basilique est conservée la première crèche qui ait été réalisée en pierre. On la doit au pape Nicolas IV qui en 1288 passa commande à Arnolfo di Cambio d’une représentation de la Nativité. Cette tradition remonterait l’an 432 lorsque le pape Sixte III (432-440) aurait créé dans la basilique originelle une « grotte de la Nativité » inspirée de celle de Bethléem, ce qui fit donner à cette église le nom de Notre-Dame ad praesepem (du latin : praesepium, « mangeoire »).

Des pèlerins revenant de Terre sainte en ramenèrent par ailleurs de précieux fragments du bois du Saint Berceau (en italien Sacra Culla, du latin Cunabulum), qui sont encore aujourd’hui conservés dans un reliquaire doré.

La basilique renfermerait les reliques de saint Jérôme.

ARLES (Bouches-du-Rhône), CATHEDRALE SAINT-TROPHIME D'ARLES, CATHEDRALES, EGLISE CATHOLIQUE, MONUMENTS HISTORIQUES, TROPHIME D'ARLES (saint ; IIIè siècle)

Cathédrale Saint-Trophime d’Arles

Saint-Trophime d’Arles, un joyau provençal

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Bâtie sur des vestiges de l’Antiquité tardive, le chantier de la cathédrale d’Arles commence en 1100. Elle obtiendra un temps le rang de primatiale des Gaules, et demeurera siège d’un archevêché jusqu’à la Révolution. C’est l’un des plus importants édifices du domaine roman provençal. Aujourd’hui, Saint-Trophime est église paroissiale.

 

Une histoire très ancienne

La communauté chrétienne d’Arles est l’une des premières de la Gaule, avec la présence d’un évêque attestée dès 254. Initialement située à proximité du rempart antique de l’Hauture, la cathédrale fut déplacée vers le Ve siècle à proximité de l’ancien forum romain.
Elle fut élevée en plusieurs phases et l’essentiel du monument que nous voyons aujourd’hui date du XIIe siècle, époque à laquelle sa façade, initialement sobre, fut rehaussée de sa magnifique statuaire historiée. À cette époque, Arles connaît un essor important qui nourrit les ambitions de renouer avec un passé glorieux. Avec la construction de l’église, l’ancien vocable de Saint-Étienne est remplacé par celui de Saint-Trophime, en hommage au premier évêque légendaire de la cité. Le chantier commença vers 1100, la translation des reliques de saint Trophime dans la nouvelle cathédrale eut lieu en 1152.

 

Un joyau provençal

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Le monument possède le plan caractéristique des édifices de Provence : une haute nef de cinq travées, voûtées en berceau brisé et flanquée d’étroits collatéraux ; un transept très court dont la croisée est surmontée d’une coupole et supporte le clocher. Outre d’innombrables trésors architecturaux, le portail possède une statuaire – consacrée au Jugement Dernier – tout simplement admirable de finesse.

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Autre joyau, le cloître.

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Sa construction est venue achever une réédification du complexe cathédral qui avait débuté vers la toute fin du XIe siècle. À partir du XIIe siècle, l’espace au sud de la cathédrale est occupé par deux grands ensembles : le palais de l’évêque, et le claustrum, un espace réservé à la communauté des chanoines. Les deux galeries romanes (au nord et à l’est) ornées de sculptures sont d’une qualité exceptionnelle. Les deux dernières galeries (au sud et à l’ouest), voûtées sur croisées d’ogives, sont de style gothique et n’ont été réalisées que vers 1370-1380.

À la fin du XVIIe siècle, Monseigneur de Grignan entreprit une vaste modernisation de l’église, ajoutant notamment des balcons à balustres aux extrémités du transept ainsi que de grandes verrières. Deux nouvelles portes à fronton sont ajoutées sur la façade.
Lors de la Révolution, l’église fut transformée en temple de la Raison, et son mobilier d’origine en grande partie détruit.

 

Une restauration exemplaire

À la fin du XIXe siècle, l’architecte en chef des Monuments historiques Henri Révoil entreprend de remettre l’édifice dans le goût médiéval et de supprimer des adjonctions modernes. Ainsi, il procède à la suppression d’un clocheton en haut de la façade, ouvre des fenêtres bouchées et remplace la porte du XVIIIe siècle. En 1873, l’intérieur de l’église subit de grands travaux portant notamment sur la nef, les collatéraux et les tribunes.
Par ailleurs, de nombreuses pièces de mobilier sont ajoutées, tels trois sarcophages paléochrétiens.

Dans les années 1970, plusieurs interventions ont lieu sur les toitures et le clocher.
En 1980 est lancée l’opération de restauration du portail et de sa statuaire. Partant d’un constat préoccupant (l’importance des dégradations) et inspiré par une approche scientifique, le chantier se révéla comme une opération pilote, drainant des compétences multiples.
Durant sept années (1988-1995), le portail est le point de rencontre de spécialistes venus du monde entier, réunis par une action commune et un même enthousiasme.
Outre la consolidation de la pierre, la technique retenue pour la débarrasser de sa gangue noire fut celle de la micro-abrasion, conduite avec un outillage aussi fin que celui d’un dentiste.

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Saint-Trophime est par ailleurs une église à reliques sur la route de Compostelle

https://croire.la-croix.com/Definitions/Sanctuaires/Saint-Trophime-dArles-joyau-provencal-2020-06-26-1701101954?utm_medium=email&utm_source=mailrel&utm_campaign=cro%20edi

 

Trophime d’Arles

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Trophime d’Arles ou saint Trophime est un saint chrétien dont l’histoire est mal connue. Il serait le premier évêque d’Arles.

Il est fêté le 29 décembre.

 

Légendes et traditions

Une légende dit que saint Trophime serait arrivé à Arles en 46. Le point de départ de cette légende est à chercher dans l’homonymie avec le compagnon de saint Paul.

Une autre légende, reprise notamment par Grégoire de Tours, raconte qu’il aurait été un des sept missionnaires envoyés par Rome pour évangéliser la Gaule, sous le règne de l’empereur Dèce et le premier évêque d’Arles ; il serait le fondateur de l’église d’Arles au IIIè siècle.

Biographie

Mais cet évêque légendaire, pourrait avoir bien existé. En cohérence avec les propos rapportés par Grégoire de Tours, des sources ténues mais basées sur des documents authentiques – des lettres de l’évêque de Carthage Cyprien écrites dans les années 250-254 – précisent la participation d’un évêque Trofime aux évènements liés à la persécution de Dèce. En effet, peu après ces évènements, vers 252, une lettre de Cyprien à Antonianus évêque en Numidie (lettre LV) évoque un Trofime qui après avoir renié l’église, avait demandé à revenir en son sein.

Pour ce qui est de Trofime, au sujet duquel vous avez exprimé le désir d’avoir des explications, les choses ne sont pas telles que vous les ont présentées des rumeurs vagues ou des mensonges malveillants. Comme l’ont fait souvent nos prédécesseurs, notre frère a tenu compte de ce qu’imposaient les circonstances pour ramener nos frères séparés. Une grande partie du peuple fidèle s’était éloignée avec Trofime. Or, Trofime revenait à l’Église, il donnait satisfaction; il avouait, en demandant pardon, son erreur passée; il satisfaisait encore et montrait une humilité parfaite en ramenant à l’Église les frères qu’il en avait séparés. Aussi a-t-on écouté ses prières, et l’Église a reçu non pas tant Trofime lui-même qu’un très grand nombre de frères qui étaient avec Trofime et qui n’auraient point repris le chemin de l’Église, si Trofime n’avait été avec eux. À la suite d’un conseil tenu là-bas entre plusieurs collègues, on a admis Trofime, pour qui satisfaisaient le retour des frères et le salut rendu à un grand nombre. Trofime d’ailleurs n’a été admis à notre communion qu’à titre laïc, et non pas, quoi qu’aient pu vous en dire des écrits malveillants, avec la dignité épiscopale.

Bien qu’il ne soit pas affirmé que cet évêque soit l’évêque d’Arles, il est impossible de ne pas apercevoir une grande concordance entre ce Trofime et l’évêque légendaire d’Arles Trophime. Ce Trofime, dont le patronyme est proche de Trophime, a été évêque vers 250 à la même époque que le Trophime de Grégoire de Tours ; il a renié la foi chrétienne lors des persécutions de Dèce, ce que ne rappelle toutefois pas -avec une certaine logique- le récit hagiographique légendaire. Ce Trofime, comme le Trophime légendaire, semble très connu dans la chrétienté au point que Cyprien, s’adressant à son interlocuteur, ne se sent pas obligé de préciser le diocèse dont Trofime est l’évêque.  Cyprien nous apprend également que ce Trofime, évêque universellement connu, souhaite retourner dans la communauté de l’Église, ce qui suscite des interrogations de la part de ses anciens collègues, tels que cet Antonianus. Or, l’évêque de Carthage évoque dans une de ses lettres suivantes, la lettre LXVIII datée de 254, toujours à propos du schisme novatien, l’évêque d’Arles Marcianus qui refuse de réintégrer dans l’Église les chrétiens repentants :

Faustinus, notre collègue de Lyon, m’a écrit à plusieurs reprises, frère très cher, pour me faire connaître (et je sais que la nouvelle vous a été aussi annoncée par mes autres collègues dans l’épiscopat de la même province) que Marcianus d’Arles s’est joint à Novatien, et éloigné de la vérité de l’Église catholique et de l’unanimité de notre corps épiscopal, il a adopté les dures maximes d’une hérésie présomptueuse, qui fermant la porte de l’Église à des serviteurs de Dieu qui regrettent et pleurent leur faute, et y viennent frapper avec des gémissements et des larmes, leur refuse les consolations et les secours de la Bonté de Dieu et de sa paternelle Miséricorde, sans se soucier d’admettre des blessés à soigner leurs blessures, préférant les abandonner à la rapacité des loups et à la rage du diable.

Enfin comme évoqué dans la lettre LV, un des enjeux de ce pardon papal, c’est de savoir si Trofime récupère ou non son diocèse. Tous ces éléments expliquent très bien la conduite de Marcianus, élu évêque d’Arles à la place de Trofime, qui ne souhaite pas que Trofime reprenne sa place au sein de l’église arlésienne. Il est donc possible que ce Trofime et le Trophime semi-légendaire ne soient qu’une seule et même personne comme l’admet historien du XIXè siècle, Wladimir Guettée.

Épilogue

Son nom a été donné à la cathédrale de la cité construite au Vè siècle ; initialement appelé Saint-Étienne, l’édifice prend le nom de Trophime au xiie siècle.

CATHEDRALE DE NANTES (Loire-Atlantique), CATHEDRALE SAINT-PIERRE-ET SAINT-PAUL, CATHEDRALES, EGLISE - CHAPELLE, EGLISE CATHOLIQUE, MONUMENTS HISTORIQUES, NANTES (Loire-Atlantique)

Cathédrale Saint-Pierre-et-Saint-Paul de Nantes

cathédrale Saint-Pierre-et-Saint-Paul de Nantes

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La cathédrale Saint-Pierre-et-Saint-Paul (appelée aussi localement « cathédrale Saint-Pierre ») est une cathédrale catholique située place Saint-Pierre, à Nantes (Loire-Atlantique). C’est la cathédrale du diocèse de Nantes, siège de l’évêque de Nantes. Sa construction s’est étalée sur 457 ans, de 1434 à 1891, mais ces délais n’altèrent en rien la qualité ni la cohérence de son style gothique. Elle est classée monument historique depuis 1862.

Actuellement, le siège épiscopal est vacant. Dans l’attente de la nomination d’un nouvel évêque par le Saint-Siège, le diocèse est régi par un ecclésiastique qui porte le titre d’administrateur apostolique.

La cathédrale est touchée par les bombardements de Nantes, une bombe en 1944 atteint la sacristie de la cathédrale et endommage considérablement l’abside et trois chapelles. Durant les travaux de restauration, un incendie se déclare le 28 janvier 1972, et détruit la plus grande partie de la toiture. La restauration de l’édifice dure jusqu’en 1985. Un nouvel incendie détruit l’orgue, la verrière du XVe siècle de la façade Ouest et divers éléments du mobilier, le 18 juillet 2020.

 

Histoire

Les édifices antérieurs

Le site aurait été initialement occupé par un temple druidique dédié à Janus ou « Bouljanus ».

Par la suite, trois édifices religieux chrétiens ont précédé l’actuelle cathédrale sur les mêmes lieux :

une basilique bâtie au ive siècle ;

une première cathédrale, bâtie au vie siècle ;

une deuxième cathédrale romane, bâtie au xie siècle.

L’édifice actuel est bâti à l’emplacement de cette dernière, en l’absorbant peu à peu.

Saint-Clair et la première église

Une tradition légendaire fait remonter au iiie siècle l’arrivée de saint Clair, premier évêque de la ville, venu de Rome en possession d’un clou qu’il affirme provenir de la croix qui supporta le martyre de saint Pierre. Il aurait fait édifier une chapelle pour abriter la relique qu’il dédie à saint Pierre et saint Paul. Historiquement, on trouve effectivement trace d’un oratoire à l’ouest de la ville, sur les coteaux de Saint-Similien

Mais c’est au ive siècle qu’une première véritable église est implantée, cette fois à l’est, là où les futurs bâtiments de la cathédrale se succèderont. Cet édifice est implanté près de l’enceinte gallo-romaine, et ce choix va en conditionner le développement ultérieur : le chevet de l’église étant très proche des remparts, l’extension de la future cathédrale a été par la suite en butte à ce problème. Sous cette basilique sont creusées trois petites cryptes. Elle durera jusqu’au vie siècle, où le besoin d’accueillir des fidèles plus nombreux poussera à l’établissement d’une première véritable cathédrale.

 

La première cathédrale

Église Saint-Jean-du-Baptistère

La cathédrale diffère de l’église paroissiale nommée « Saint-Jean-du-Baptistère » édifiée au ive ou ve siècle sur son côté nord, et dont les vestiges furent mis au jour lors des fouilles menées par le chanoine Durville, entre 1910 et 1913. Cette église, qui était aussi le siège du doyenné de la « chrétienté », c’est-à-dire de la partie du diocèse qui s’étendait entre la Loire, le diocèse d’Angers et le cours de l’Erdre, se composait d’une nef coupée par un transept débordant, sans abside, mais était de dimension suffisante pour recevoir durant le xe siècle « tout le peuple chrétien de la cité ».

Comme son nom l’indique, l’édifice renfermait un baptistère et, de fait, deux piscines baptismales ont été retrouvées dans la nef. L’une de ces piscines, datant du ive siècle, formait un bassin octogonal de côtés inégaux de 0,60 à 0,71 mètre de longueur, pour un diamètre de 1,56 mètre et une profondeur d’environ 1 mètre. L’autre, du vie siècle, consistait en un bloc circulaire de maçonnerie d’un diamètre de 3,65 m pour 0,70 m de profondeur, dans lequel s’enfonçait une excavation octogonale, en briques, qui constituait, à proprement parler, la cuve baptismale.

Le chevet de l’église fut détruit, vers la fin du ixe siècle, tandis que la nef disparut avant la fin du xve siècle, entre 1469 et 1486, pour faire place au collatéral nord de la cathédrale.

La cathédrale

La construction de la première cathédrale débute au vie siècle, à l’initiative de l’évêque Evhemerius, Evhémérus ou Eumélius II (527-549). Elle est consacrée en 567 ou 568 ou même le 30 septembre 580 par son successeur, Félix Ier (550-582).

Cet édifice avait trois nefs, avec trois portiques correspondant en façade, et était surmonté d’une tour carrée surmontée d’une lanterne en forme de dôme. La cathédrale fait alors l’admiration de Venance Fortunat, évêque de Poitiers, qui la décrit en ces termes :

D’une hauteur élevée s’étend une triple nef
dédiée à Dieu, sous le vocable des Apôtres.
Autant parmi les saints leur gloire prédomine,
Autant dépasse les autres le faîte de cette église.
En son milieu se dresse en hauteur une tour élancée.
L’ouvrage d’abord carré s’élève en forme de rotonde.
On dirait une forteresse, soutenue par des arcs,
qui monte à une hauteur stupéfiante.
Elle domine l’édifice, comme le sommet d’une montagne.
Des figures de pourpre y représentent des êtres vivants :
Peintures qui semblent vivre par un effet de l’art
Quand le soleil mouvant vient les colorer à travers la toiture d’étain…

Fortunat évoque par ailleurs la lumière des toits « couverts de métal » ; les lambris intérieurs et le toit étaient couverts d’étain, issu probablement des mines proches de Piriac-sur-Mer et Pénestin

Outre les descriptions dithyrambiques d’observateurs (Fortunat, Albert le Grand), diverses fouilles aux xixe siècle et xxe siècle attestent également de la richesse et de la magnificence de l’église d’Evhémérus et de Félix, ce qui en fit sans doute une cible de choix pour les Normands au cours des ixe et xe siècles.

Ainsi le 24 juin 843, lors d’une invasion normande, l’évêque Gohard y est massacré avec ses paroissiens. L’évêque Fulquerius ou Foucher procède à une restauration et à un renforcement entre 897 et 906, mais en 919 l’église est à nouveau pillée lors d’un nouveau raid, et cette fois considérablement incendiée. Il faut attendre la fin du xe siècle pour que l’édifice soit reconstruit, à l’initiative du duc Guérec. De cette époque daterait le noyau de la crypte médiévale. Un ambitieux projet de reconstruction, probablement dû à l’évêque Benoît de Cornouaille entre 1079 et 1111, est abandonné après la construction de départs d’un bras sud du transept.

La cathédrale romane

Pour rebâtir la cathédrale, le choix est fait de ne pas détruire la crypte de Guérec. Celle-ci n’étant pas souterraine il faut alors surélever le sol pour établir le chœur. La nef, probablement dotée de collatéraux, aurait été couverte de trois coupoles faites de blocages, à l’image de la cathédrale du Puy. L’hypothèse généralement retenue établit la période de construction après 1130. Il n’y a pas de certitudes concernant l’aspect extérieur et les détails de cette cathédrale. À la fin du xiie siècle le chœur est modifié, étape la plus achevée de l’église romane. En 1415, un incendie entraîne la démolition d’une tour carrée, au xvie siècle puis au xviie siècle les ébauches du bras sud du transept sont supprimées, en 1733 le chœur roman est aplani, l’ensemble est détruit en 1876. De cette époque, il ne subsiste au xxie siècle que la crypte située sous le chœur, et quelques chapiteaux conservés au musée Dobrée. L’un des chapiteaux conservés au musée Dobrée présente un personnage barbu à deux paire d’yeux, vêtu d’un pagne. Il est entouré d’un sphynx à tête humaine et d’un dragon dont la queue se termine par une tête crachant du feu.

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Personnage barbu

 

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sphynx

 

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dragon

 

La cathédrale actuelle

Première phase de construction

La construction de l’édifice actuel est initialement conduite par Guillaume de Dammartin, dont les liens avec Guy de Dammartin ou Jean de Dammartin (architecte de la cathédrale de Tours) ne sont que suppositions, puis par Mathurin Rodier, sous l’impulsion du duc de Bretagne Jean V et de l’évêque Jean de Malestroit, qui posent la première pierre le 14 avril 1434.

Le milieu du xve siècle est en effet une période propice au lancement de tels projets, la Bretagne ayant retrouvé une prospérité commerciale suffisante grâce à une politique diplomatique opportuniste et habile qui lui permet de rester relativement à l’écart des déchirements européens de l’époque, notamment entre les royaumes de France et d’Angleterre.

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Blason du chapitre de la cathédrale de Nantes.

De plus, l’établissement d’une aussi imposante cathédrale, et l’implication qu’y met le pouvoir ducal, participent à la légitimation de ce pouvoir dans un contexte difficile à la suite des guerres de succession du duché de Bretagne. Nantes n’est pas la seule ville à bénéficier de cette volonté politique de Jean V : citons, par exemple, le chantier similaire de la façade de la cathédrale de Quimper, initié dix ans plus tôt en 1424.

Le portail central qui orne la façade est achevé en 1481, pour les grand-messes. Henri IV la franchira en 1598, lors de son passage à Nantes pour y signer l’Édit de Tolérance.

Si la façade est achevée dès la fin du xve siècle, les tours ne le sont qu’en 1508 ; la nef et les collatéraux le sont également au début du xvie siècle, mais la voûte gothique de la nef, le bras sud du transept et les arcs-boutants sont terminés au xviie siècle. Un projet d’achèvement du xviie siècle (dont il reste une maquette) envisageait d’ajouter un transept ainsi qu’un chevet court, adossé aux remparts.

Révolution et Empire

Sous la Révolution, la cathédrale est utilisée comme poste d’observation militaire lors du siège de Nantes en 1793. Une tour de bois de 10 mètres de hauteur est construite sur la tour sud, et la surveillance est assurée au moyen d’un télescope. Les décisions militaires sont prises en fonction des renseignements ainsi obtenus.

Dans cette période, elle est transformée en arsenal et en écurie, puis un arrêté départemental de 1794 la consacre officiellement à la célébration des fêtes publiques (ce à quoi doit également servir le grand-orgue)

La cathédrale est menacée de destruction en 1796, et il est envisagé de prolonger la « rue du Département » (devenue rue du Roi-Albert) en droite ligne jusqu’à la « rue Brutus » (rue Prémion) face au château. L’intervention, en tant qu’expert, de Mathurin-Julien Grolleau, évite la destruction de l’édifice. Il rédige un rapport où il stipule que la cession de l’église ne peut se faire qu’à la condition que le bâtiment ne subisse aucune modification de structure extérieure, et rappelle l’importance d’un observatoire aussi élevé à Nantes, qu’il aurait été coûteux de construire si la cathédrale était détruite.

Le 25 mai 1800, l’explosion d’une poudrière dans la tour des Espagnols du château des ducs de Bretagne entraîne d’importants dommages sur l’aile sud de la cathédrale.

Par la suite, l’observatoire est maintenu, pour les études astronomiques, et pour les besoins de l’école d’hydrographie, qui forme les officiers de marine aux nouvelles techniques de navigation. La tour en bois présente rapidement des signes de vétusté13, et, la cathédrale ayant retrouvé sa vocation religieuse, n’est pas située à un endroit adapté à un usage civil intensif. L’observatoire est déplacé en 1823 dans la tour de la « maison Graslin », rue Molière.

Achèvement

La démolition des murailles à l’est de la ville permit l’achèvement de la cathédrale au xixe siècle: le bras nord du transept et le chevet sont entrepris en 1840, le vieux chœur roman est abattu à partir de 1876 et l’ancienne tour de la croisée du transept en 1886. Après 457 années de travaux, la cathédrale est enfin inaugurée le 25 décembre 1891 par Mgr Le Coq.

Les lustres de la nef sont réalisés vers 1870 par François Evellin, et classés en 1994 au titre objet des Monuments historiques.

Restaurations et incendies

Bombardements de 1944 et incendie de 1972

Les violents bombardements du 15 juin 1944 conduisent également à des travaux de restauration de l’édifice qui sont presque achevés lorsque, le 28 janvier 1972, se déclenche dans les combles un gigantesque incendie (dû à la mauvaise manipulation d’un chalumeau par Clair Brevet, ouvrier couvreur soudant un chéneau) qui embrase la toiture. Les pompiers parviennent à maîtriser le sinistre, mais la charpente est largement détruite, et de nombreux autres dommages sont à déplorer. Les suites judiciaires qui seront données à cette affaire après huit ans de procédure concluront à la responsabilité de l’État (et non celle de l’entreprise nantaise Rineau Frères) qui sera finalement condamné à payer les dégâts. Les juges reprocheront en effet à l’État de ne pas avoir fait nettoyer la poussière (matière très inflammable) qui s’y était accumulée depuis des décennies avant d’y envoyer des ouvriers. Après cet incendie, les cathédrales Saint-Maurice d’Angers et Saint-Julien du Mans avaient été dépoussiérées.

Restaurations

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La façade restaurée de la cathédrale.

À la suite du sinistre accidentel de 1972, d’importants travaux de restauration sont entrepris. La charpente en bois d’origine est remplacée par une structure en béton (seuls les liteaux retenant les ardoises sont en bois). La technique et les matériaux utilisés pour la reconstruction de la charpente ont permis la réouverture du chœur de l’édifice dès 1975, lors d’un office solennel, mais il a fallu encore attendre dix ans pour la reconstruction d’un chœur provisoire et 2013 pour son achèvement définitif. Son aspect actuel est dû à une rénovation complète due aux architectes Jean-Marie Duthilleul et Bruno Ferré. Mgr Jean-Paul James, inaugure le nouveau chœur le 12 mai 2013.

On profite également des travaux pour reconstituer le décor de la façade ouest, telle que celle-ci se présentait à l’origine au xve siècle (cette opération prend fin en septembre 2008).

Il est envisagé d’effectuer après cette phase des travaux similaires, notamment sur la façade est de la tour sud, puis sur le portail du transept nord (côté Porte Saint-Pierre), et enfin sur le chevet.

Incendie de 2020

Un nouvel incendie se déclenche le 18 juillet 2020 vers 7 h 45, dont les flammes sont visibles à travers les vitraux principaux de la façade. Grâce à l’intervention de 104 pompiers, le feu est circonscrit vers 10 h du matin. Trois départs de feu ont été repérés, un au niveau de l’orgue et un de chaque côté de la nef. La piste d’un incendie criminel est évoquée par Pierre Sennès, procureur de la République de Nantes, qui confie une enquête en ce sens à la police judiciaire. Un premier bilan de l’incendie fait état de la destruction totale du grand orgue de tribune, datant du xviie siècle, d’un affaiblissement dangereux de la tribune qui le supporte et de la destruction probable des ultimes vitraux datant de la fin du xve siècle, contemporains d’Anne de Bretagne. Le tableau Saint Clair guérissant les aveugles d’Hippolyte Flandrin aurait aussi été réduit en cendres.

Une enquête pour incendie volontaire a été ouverte.

L’édifice

Architecture

La cathédrale présente les dimensions suivantes :

hauteur de l’édifice : 63 mètres (Notre-Dame de Paris : 69 mètres) ;

longueur intérieure : 103 mètres (Notre-Dame de Paris : 130 mètres) ;

hauteur de la nef sous voûtes : 37,5 mètres (Notre-Dame de Paris : 33 mètres).

La façade de la cathédrale de Nantes est encadrée de deux tours assez massives, au sommet en terrasse. Elle présente quelques particularités remarquables, comme la présence d’une chaire extérieure prévue pour prêcher aux foules assemblées sur la place, ou encore l’organisation en cinq portails aux voussures richement décorées, trois centraux et deux latéraux. Les portails sont respectivement dédiés, du nord au sud, aux Enfants nantais (les martyrs Donatien et Rogatien), à saint Pierre, au Jugement Dernier, à saint Paul et enfin à saint Yves ; les sculptures des voussures ont une fonction historiographique, en fonction du personnage auquel le portail est dédié.

Éléments remarquables

On peut y admirer le tombeau et les gisants du duc François II de Bretagne et de son épouse Marguerite de Foix (parents d’Anne de Bretagne) exécutés au début du xvie siècle par Michel Colombe et Jean Perréal. Considéré comme un chef-d’œuvre de la sculpture française, il établit un lien entre les époques (du Moyen Âge vers la Renaissance) et les régions (le style italien côtoie et s’unit harmonieusement au style français). Ce tombeau de marbre, que Michel Colombe a mis cinq ans à réaliser (1502-1507), est décoré des douze apôtres et de quatre femmes, figures allégoriques des vertus cardinales de force, prudence, tempérance et justice. Il est installé dans la cathédrale en 1817.

L’édifice abrite également le cénotaphe du général de Lamoricière, monument érigé en 1878 en hommage papal aux services rendus par cet enfant du pays nantais.

Tableaux

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Saint Clair guérissant les aveugles. Hippolyte Flandrin

Saint Clair, premier évêque de Nantes, guérissant les aveugles par Hippolyte Flandrin en la cathédrale Saint-Pierre et Saint-Paul de Nantes.

La cathédrale compte plusieurs tableaux :

Descente de Croix d’André Mineaux (1956).

Série de saintes et de saints de Joachim Sotta, xixe siècle.

Saint Clair guérissant les aveugles d’Hippolyte Flandrin. Ce tableau a été détruit lors de l’incendie du 18 juillet 2020.

Christ en croix, atelier de Charles de La Fosse ?

La Remise des clefs à saint Pierre de Charles Errard dit l’ancien.

L’Adoration des Mages de Mathurin Bonnecamp, dans la sacristie.

Saint Charles Borromée communiant les pestiférés de Milan, de Jean-Baptiste-François Désoria.

Saint Clair rendant la vue à un aveugle, de Jean-Baptiste Mauzaisse.

La Crucifixion avec la Vierge et saint Jean, d’Édouard Hauser.

La Vierge aux anges, de Charles Doussault.

L’Ensevelissement de la Vierge, de Charles-Auguste Van den Berghe.

Le Martyre de saint Donatien et saint Rogatien, de Théophile-Auguste Vauchelet.

La Descente de Croix, d’Étienne-Barthélémy Garnier.

Ex-voto, Vincent Vidal.

La Communion des apôtres, Jules-Élie Delaunay.

La Tempête apaisée, François Donné.

Saint Jean-Baptiste, François Lemoyne.

Vitraux

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Anne de Bretagne (XVè siècle)
Vitrail de la façade de la cathédrale de Nantes Certainement détruit dans l’incendie
Photo : Selbymay (CC BY-SA 4.0)

La création des 500 m2 de vitraux modernes (1978-1988) est confiée à Jean Le Moal, ainsi qu’à Anne Le Chevallier.

Cénotaphes

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Tombeau de François II de Bretagne.

 

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Gisant de François II de Bretagne.

 

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La Prudence.

 

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Cénotaphe du général de Lamoricière.

 

Événements

C’est devant la cathédrale, place Saint-Pierre, que Nicolas Fouquet   est arrêté par d’Artagnan le 5 septembre 1661 sur ordre de Louis XIV.

Cryptes

La cathédrale comporte deux cryptes :

une crypte romane du xie siècle datant de l’époque de la deuxième cathédrale. Elle est formée d’un martyrium rectangulaire s’achevant en abside entourée d’un couloir déambulatoire qui s’achève en cul-de sac. Au centre du martyrium, quatre épaisses colonnes romanes à chapiteaux et imposte portaient la voûte qui retombait sur les colonnes engagées dans le mur. Le chœur de la cathédrale romane étant surélevé par rapport au reste de l’édifice, la voûte romane a été détruite pour aplanir le sol pendant la construction du chœur néo-gothique et remplacée par le plafond plat actuel. Le long de l’abside, le sol est creusé d’un couloir auquel on accède par un escalier à chaque extrémité. Le couloir-déambulatoire à colonnes engagées permettait de voir les reliques exposées dans le martyrium par les trois fenestrellae percée dans le mur épais. Des objets de culte y sont exposés : ciboires, calices, encensoirs. On peut y voir la crosse de Mgr Fournier, évêque de Nantes de 1870 à 1877, réalisée par François Evellin en 1870, et classée en 1982 au titre objet des monuments historiques.

Plus bas, la vaste crypte du xixe siècle fut créée pour soutenir le nouveau chœur. Quatre salles qui y sont ouvertes retracent l’histoire de la cathédrale.

Cloches

La cathédrale contient une sonnerie de 8 cloches de volée électrique en lancé-franc et en super-lancé, situées dans la tour sud :

Cloche 1 : Jeanne Antoinette ; 2,04 m de diamètre ; 5650 kg ; fondue en 1842 (ou 1843) par Bollée Frères (Le Mans) ; FA#2

Cloche 2 : Françoise Thérèse ; 1,83 m de diamètre ; 4010 kg ; fondue en 1841 par Guillaume-Besson (Angers) ; SOL#2

Cloche 3 : Joséphine ; 1,61 m de diamètre ; 2945 kg ; fondue en 1842 (ou 1843) par Bollée Frères (Le Mans) ; LA#2

Cloche 4 : Julie Félicité ; 1,57 m de diamètre ; 2431 kg ; fondue en 1841 par Guillaume-Besson (Angers) ; SI2

Cloche 5 : Marie Françoise ; 1,39 m de diamètre ; 1675 kg ; fondue en 1841 par Guillaume-Besson (Angers) ; DO#3

Cloche 6 : Perrine Marie ; 1,24 m de diamètre ; 1200 kg ; fondue en 1841 par Guillaume-Besson (Angers) ; RÉ#3

Cloche 7 : Émilie ; 1,11 m de diamètre ; 870 kg ; fondue en 1841 par Guillaume-Besson (Angers) ; FA3

Cloche 8 : Louise ; 1,03 m de diamètre ; 690 kg ; fondue en 1841 par Guillaume-Besson (Angers) ; FA#3

Dans une des baies de la tour sud (côté ouest) est suspendue un carillon d’Horloge de 12 cloches fixes, fondues en 1843 par Bollée Frères (Le Mans), d’un poids total de 1209 KG et donnant les notes suivantes : SOL#3 – LA#3 – SI3 – DO#4 – RÉ#4 – FA4 – FA#4 – SOL#4 – LA#4 – SI4 – DO5 – DO#5

Outre cet ensemble campanaire de 20 cloches, la cathédrale contient également une cloche (actuellement déposée) :

 

Donatienne ; 0,65 M de diamètre ; ? KG ; fondue en 1829 par SARRAZIN (Nantes) ; DO#4

Orgues

Les grandes orgues

280px-NantesCathédraleOrgues_02

Les documents témoignent de la présence d’un orgue dans la cathédrale dès le xve siècle, époque à laquelle l’édifice est érigé. L’orgue à l’origine de l’instrument actuel est l’œuvre de Jacques Girardet pour la partie centrale et le positif, et date de 1619. Les parties latérales sont dues au facteur Adrien Lépine au siècle suivant (1768), puis c’est François-Henri Clicquot, facteur du Roi, qui refait cet orgue à neuf en 1784. Il est alors doté de 49 jeux, répartis sur 5 claviers manuels et un pédalier.

À la Révolution française, l’organiste Denis Joubert sauve l’orgue neuf de la vente ou de la destruction en le faisant participer aux fêtes révolutionnaires qui se déroulent à la cathédrale. En 1833, le Chapitre confie à Geiger, facteur de Nantes, le soin de relever le grand orgue. Mais le travail reste incomplet, avant d’être achevé en 1893.

Le 15 juin 1944, l’orgue subit des dégâts à la suite d’un violent bombardement sur Nantes. Un dommage de guerre affecté à l’instrument permet d’envisager une restauration. La manufacture Beuchet-Debierre, de Nantes, s’occupa du chantier et l’inauguration du nouvel instrument a lieu le 21 novembre 1971. Le nombre de jeux est alors porté à 74.

Lors de l’incendie qui se produit en 1972, Joseph Beuchet, alors à la tête de la manufacture, et ses ouvriers risquent leur vie pour bâcher l’instrument afin d’éviter des dégâts trop importants : cette opération permit d’abriter l’instrument de l’eau des pompiers qui, si elle s’était introduite dans les tuyaux, aurait rendu l’orgue hors d’usage. Des travaux doivent néanmoins être réalisés à la suite de cet incendie.

Les titulaires de cet orgue sont actuellement Michel Bourcier, Mickaël Durand et Marie-Thérèse Jehan. Félix Moreau (1922-2019) en a été titulaire de 1954 à 2013, puis titulaire honoraire jusqu’à son décès survenu le 24 février 2019.

La composition du grand orgue, avant sa destruction, était la suivante :

I. Grand-Orgue
C–c6
61 notes
II. Positif
C–c6
61 notes
III. Récit
C–c6
61 notes
IV. Bombarde
C-c6
61 notes
Pédale
C-g3
32 notes
Montre 16
Bourdon 16
Montre 8
Flûte harmonique 8
Principal 8
Diapason 8
Bourdon 8
Grosse Quinte 5 1/3
Prestant 4
Flûte 4
Grosse Tierce 3 1/5
Quinte Flûte 2 2/3
Quarte 2
Doublette 2
Tierce 1 3/5
Grosse Fourniture 2 à 4 rgs
Fourniture 4 rgs
Cymbale 4 rgs
Cornet (dessus)
1ère Trompette 8
2ème Trompette 8
Clairon 4
Montre 8
Salicional 8
Bourdon 8
Prestant 4
Flûte douce 4
Nasard 2 2/3
Doublette 2
Tierce 1 3/5
Larigot 1 1/3
Piccolo 1
Fourniture 4 rgs
Cornet (dessus)
Trompette 8
Clairon 4
Cromorne 8
Quintaton 16
Principal 8
Flûte 8
Bourdon 8
Gambe 8
Voix céleste 8
Prestant 4
Flûte 4
Doublette 2
Nasard 2 2/3
Quarte 2
Tierce 1 3/5
Doublette 2
Plein Jeu 4 rgs
Cymbale 4 rgs
Bombarde acoustique 16
Trompette 8
Clairon 4
Hautbois 8
Voix humaine (tremblant) 8
Violoncelle 8
Cornet (dessus)
Bombarde 16
Trompette 8
Clairon 4
Hautbois
Soubasse 32
Soubasse 16 (par extension)
Basse 8 (par extension)
Flûte 16
Flûte 8
Flûte 4
Principal 16
Principal 8
Principal 4
Principal 2
Doublette 2
Plein Jeu 4 rgs
Bombarde acoustique 32
Bombarde 16
Trompette 8
Clairon 4

Commandes aux pieds :

Accouplements II/I, III/I, IV/I, III/II, IV/II, IV/III,

Tirasses I, II, III, IV,

Tutti/Renvoi Pédale,

Tutti Anches, Appels Anches Pédale, Anches I, Anches II, Anches III, Anches IV,

+/-, Crescendo (programmable), Plénum, Tutti général, Trémolo III

Expression par bascule (récit).

Commandes digitales :

Tirasses I, II, III, IV,

Accouplements II/I, III/I, IV/I, III/II, IV/II, IV/III,

Tutti Pédale, I, II, III, IV,

Tutti général, Mutations, Anches,

Mixtures Pédale, I, II, III, IV,

Anches Pédale, Anches I, Anches II, Anches III, Anches IV,

Combinateur (depuis 2006).

La traction des jeux et des notes est électropneumatique, la console en fenêtre.

 

Les grandes orgues

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Détail

 

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Vue de la tribune

 

L’orgue de chœur

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Les cérémonies ordinaires sont généralement accompagnées par l’orgue de chœur, aussi appelé « petit orgue », qui n’en est pas moins le plus grand orgue d’accompagnement de France. Achevé par Louis Debierre en 1897, il est doté de 31 jeux. Également endommagé par les bombardements de 1944 puis par l’incendie de 1972, il est restauré puis rendu à ses fonctions en 1985. La partie instrumentale de l’orgue est classée au titre des monuments historiques depuis le 2 décembre 1987. La composition en est la suivante :

I. Grand-Orgue
C–g5
56 notes
II. Positif
C–g5
56 notes
III. Récit
C–g5
56 notes
Pédale
C-f3
30 notes
Bourdon 16
Montre 8
Bourdon 8
Flûte harmonique 8
Montre douce 4
Plein-jeu IV
Trompette 8
Salicional 8
Bourdon 8
Prestant 4
Doublette 2
Cornet II-V
Fourniture IV
Trompette 8
Clairon 4
Flûte traversière 8
Cor de nuit 8
Gambe 8
Voix céleste 8
Flûte octaviante 4
Octavin 2
Trompette 8
Basson-hautbois 8
Cromorne 8
Clairon 4
Contrebasse 16
Soubasse 16
Dolce 8
Basse 8
Flûte 4
Bombarde 16

Combinaisons par cuillères :

Appel grand orgue

Tutti tirasses

Tutti copulas

Tutti quanti

Fonds de 8

Fonds de 8 et 4

Fonds de 16, 8 et 4

Fonds et mixtures

Anches récit

Anches positif et grand orgue

Expression récit par bascule

Octave aigüe

Combinaisons

Combinaisons par tirettes dans les bras de claviers :

Tirasse grand orgue

Tirasse positif

Tirasse récit

Copula récit / grand orgue

Copula récit / positif

Copula positif / grand orgue

Trémolo récit

Traction électrique.

Orgue détruit par un incendie potentiellement criminel le 18 juillet 2020

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Cinéma

La cathédrale de Nantes apparaît dans plusieurs scènes du film Une chambre en ville de Jacques Demy, réalisé en 1982, ainsi que dans le film Cessez-le-feu d’Emmanuel Courcol, sorti en 2017

 

Galeries

Vues extérieures

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De nuit.

 

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Détails de la façade occidentale en 2008, après restauration.

 

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Vue de la façade de la cathédrale en HDR.

 

Détails

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Saint Pierre trônant au milieu du portail restauré.

 

Tympan sud.

Vues intérieures

 

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Le chœur.

 

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Chapelle dédiée à la bienheureuse Françoise d’Amboise.

 

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Orgue au-dessus de l’entrée principale, tribune, buffet et candélabre après restauration.

 

800px-Cathédrale_de_Nantes_-_clé_de_voûte_travée_sud

Clé de voûte de la travée sud.

 

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Plaque commémorative aux combattants de l’Empire britannique morts en 1914-1918.

 

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La nef

 

 

Bibliographie

Charles Marionneau, Peintures de la cathédrale Saint-Pierre de Nantes et tableau d’autel par Charles Errard. 1618-1622, dans Réunion des sociétés des beaux-arts des départements à la Sorbonne du 15 au 19 avril 1884, typographie E. Plon, Paris, 1884, p. 156-163

Martine Bey et Louis Grodecki (dir.), Les vitraux du Centre et des Pays de la Loire, Corpus vitrearum : Recensement des vitraux anciens de la France, vol. 2, Paris, Éditions du Centre national de la recherche scientifique, 1981, 335 p. . 281.

Marie-Christine Bocquet, La cathédrale de Nantes, Patrimoine des Têtes en l’air, 2010.

Eusèbe Girault de Saint-Fargeau, Histoire Nationale et Dictionnaire Géographique de toutes les communes du département de la Loire-Inférieure, Paris, Nantes, Baudouin Frères, 1829, 147 p.

Jean-Marie Guillouët, Les Portails de la cathédrale de Nantes : un grand programme sculpté du xve siècle et son public, Rennes, Presses universitaires de Rennes, coll. « Art et société », 2003, 303 p.

Jean-Paul James (dir.), Jean Bouteiller, Hervé Chouinard, Marcel Launay et Michel Leroy (directeurs scientifiques) et al.Nantes, Strasbourg/Paris, La Nuée Bleue/DNA, coll. « La Grâce d’une Cathédrale », 2013, 393 p.

Jean-Michel Leniaud, Gilles Bienvenu, Pierre Curie, Véronique Daboust, Dominique Eraud, Catherine Gros, François-Charles James, Odette Riffet et al. (photogr. Patrice Giraud, Denis Pillet), Nantes, la cathédrale : Loire-Atlantique, Nantes, Inventaire général des monuments et des richesses artistiques de la France ; commission régionale Pays de la Loire, coll. « Images du patrimoine » (no 100), 1991, 64 p.

Martial Monteil, « Les édifices des premiers temps chrétiens (ive – viie siècle de notre ère) à Nantes », dans Hélène Rousteau-Chambon (dir.) et al.Nantes religieuse, de l’Antiquité chrétienne à nos jours : actes du colloque organisé à l’université de Nantes (19-20 octobre 2006), Département d’histoire et d’archéologie de l’université de Nantes, coll. « Bulletin de la Société archéologique et historique de Nantes et de la Loire-Atlantique » (no hors série), 2008, 268 p. p. 29-38.

Félix Moreau, Le Grand-Orgue de la Cathédrale de Nantes, Nantes, brochure auto-éditée, 2005, 81 p.

Jean-Baptiste Russon et Donatien Duret, La Cathédrale de Nantes, Savenay, Roumegoux, 1933, 145 p.

Olivier Sauzereau (préf. Jacques Gapaillard), Nantes au temps des observatoires, Nantes, Coiffard éditions, 2000, 120 p. .

Pierre Curie, « Les peintures de la cathédrale Saint-Pierre de Nantes », In Situ revue des patrimoines, no 26,‎ 2015

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AIX-EN-PROVENCE (BOUCHES-DU-RHÔNE), HÔTEL BOYER D'EGUILLES (Aix-en-Provence), JEAN-BAPSTISTE BOYER D'EGUILLES (1645-1709), MONUMENTS HISTORIQUES

L’Hôtel Boyer d’Eguilles (Aix-en-Provence)

L’Hôtel Boyer d’Éguilles à Aix-en-Provence

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L’hôtel Boyer d’Éguilles est un hôtel particulier situé au n° 6 de la rue Espariat, à Aix-en-Provence (France).

Cet édifice est classé au titre de monument historique : l’hôtel, l’enclos, le sol des deux cours et la toiture sont classés depuis 1988.

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Historique

La construction du bâtiment fut échelonnée sur plusieurs années depuis le premier quart du XVIIe siècle. Des travaux de rénovation furent commandités par l’aristocrate aixois Jean-Baptiste de Boyer d’Éguilles, fils du conseiller parlementaire Vincent de Boyer, en 1672 à l’architecte aixois Jean Jaubert.  Des rénovations ultérieures sont effectuées en 1715 et 1750.

En 2010 l’hôtel Boyer d’Éguilles a été cédé par la ville d’Aix-en-Provence à un groupe immobilier.
Celui-ci effectue depuis une rénovation de l’ensemble qui y installe progressivement jusqu’en 2020 des boutiques de prêt-à-porter, une boutique de cosmétique bio et un café littéraire.

 

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Jean-Baptiste Boyer d’Éguilles

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Jean-Baptiste II de Boyer, seigneur d’Éguilles, de Vacquières et de Joyeuse-Garde, est un érudit et parlementaire provençal, né à Aix-en-Provence le 21 décembre 1645 et mort dans la même ville le 4 octobre 1709.

Biographie

Fils de Vincent de Boyer d’Éguilles de Malherbe (1618-1659), conseiller au Parlement d’Aix et Madeleine de Forbin de Maynier (1630-1671)n 1, Jean-Baptiste de Boyer, second du nom, fut célèbre en son temps pour son cabinet de curiosité et pour avoir été commanditaire de nombreuses œuvres d’art.

En effet, conseiller au parlement de Provence dès 1677, Boyer possédait l’un des plus riches cabinets de sa ville d’Aix-en-Provence. On y voyait un grand nombre d’œuvres originales qui témoignaient de son goût pour la peinture italienne ; pièces significatives de Raphaël, Andrea del Sarto, Titien, Michel-Ange Caravage, de Paul Véronèse, du Corrège, Carracci, du Tintoret, du Guide, Nicolas Poussin, Sébastien Bourdon, Eustache Lesueur, Pierre Puget, Rubens, Antoine Van Dyck, etc.

Il avait gravé lui-même plusieurs de ces tableaux qu’on trouve dans la première édition de ses estampes, publiée en 1709, par Jacques Cœlemans (Anvers, ? – Aix-en-Provence, 1735) et par Barras, et qui ne se trouvent plus dans la seconde édition donnée par Mariette. Dans son « Voyage du Levant », Pitton de Tournefort loue plus le collectionneur que la collection :

« Étant arrivé à Aix, nous allâmes saluer M. Boyer d’Eguilles, conseiller au Parlement, et nous fûmes bien moins touché de ses tableaux, quelque rares qu’ils soient, que nous ne le fûmes de son mérite ce savant magistrat n’excelle pas seulement dans la connaissance de l’antiquité, il a naturellement ce goût exquis du dessin qui rend si recommandables les grands hommes de ce genre. M. d’Éguilles a fait graver une partie de son cabinet en cent grandes planches, d’après les originaux de Raphaël, d’André del Sarto, de Titien, de Michel-Ange, de Caravage, de Paul Véronèse, de Carrache, de Tintoret, du Guide, de Poussin, de Bourdon, de Lesueur, de Puget, de Valentin, de Rubens, de Van Dyck et d’autres peintres fameux. Ce magistrat me permettra-t-il de dire qu’il a gravé lui-même quelques-unes de ces planches, que les frontispices des deux volumes qui composent ce recueil, sont de son invention, qu’il a conduit le graveur pour la fidélité des contours et pour la force de l’expression. Un homme de qualité, qui remplit d’ailleurs les devoirs de sa charge, ne saurait se délasser plus noblement. »

En 1678, Jean-Baptiste Boyer reprend la suite de son père, qui avait bâti, à partir de 1657 le château d’Éguilles (aujourd’hui mairie d’Éguilles). Il suit les dessins du célèbre architecte Pierre Puget et réalise les aménagements intérieurs.

Il épousa à Draguignan, le1er avril 1671, Jeanne-Marie Surle dame d’Argens (v.1650-v. 1720), l’un des plus riches partis de sa région.

Ses enfants furent :

Marie-Madeleine (1672-1751)

Vincent (né en 1673)

Jeanne (née en 1674)

Marie-Thérèse (1675-1749)

Julie (née en 1678)

Elzéard (né en 1680)

Pierre-Jean de Boyer d’Éguilles (né en 1682)

François (né en 1685)

Anne (née en 1687)

Anne (née en 1689)

Élisabeth (née en 1691)

 

Iconographie

Le portrait de Jean-Baptiste Boyer d’Éguilles a été peint par Hyacinthe Rigaud en 1690 contre 300 livres.

L’œuvre est typique de ces grands portraits peints à la Van Dyck et figurant les riches bourgeois de Lyon que le Catalan côtoya durant son séjour dans cette ville. Mariette, trouvera le tableau « l’un des plus excellens » de Rigaud. Il poursuit en notant que « cette date [1689, sic] fait connoître que cet homme rare que l’on vient de perdre a commencé de fort bonne heure à se distinguer ; car à peine avoit-il trante ans ». Boyer d’Éguilles est présenté dans une attitude reposée, en habit de ville, debout dans un parc dont on devine le paysage en fond. Un grand et lourd rideau (sans pompons) ferme la perspective, tandis que le modèle s’accoude à un élément d’architecture (simple mur de pierre à peine mouluré), le coude posé sur un pan de son manteau, ce qui lui permet de le retenir. L’autre main est délicatement ouverte, vers l’extérieur opposé de la composition, suivant la rhétorique d’une gestuelle particulièrement élégante.

Le tableau a été gravé en 1697 par Coelemans. L’estampe fut reprise par Gravé par Cornelis Martinus Vermeulen, élève de Cœlemans, pour être placée dans le recueil des tableaux de Boyer d’Éguilles de Mariette, dans un « plus petit format, mais exécuté d’une meilleure manière » selon Hulst.

 Bibliographie

Joseph Pitton de Tournefort, « Relation d’une voyage du Levant », Paris, Imprimerie Royale, 1717.

La Chesnaye-Desbois (F. de) & Badier, Dictionnaire de la noblesse, tome III, 1770-1786, p. 941.

« Recueil d’estampes d’après les tableaux des peintres les plus célèbres d’Italie, des Pays-Bas et de France, qui sont à Aix dans le cabinet de M. Boyer d’Aguilles, procureur général du Roy au Parlement de Provence, gravées par Jacques Colemans d’Anvers, par les soins et sous la direction de Monsieur Jean-Baptiste Boyer d’Aguilles, conseiller au même Parlement. Avec une description de chaque tableau et le caractère de chaque peintre », À Paris, chez Pierre-Jean Mariette, rue Saint-Jacques, aux colonnes d’Hercule, 1744.

Joseph Roman, Le Livre de raison du peintre Hyacinthe Rigaud, Paris, Laurens, 1919.

Charles-Philippe de Chennevières-Pointel, Louis Étienne Dussieux, Paul Mantz, Anatole de Montaiglon, Eudore Soulié, Mémoires inédits sur la vie et les ouvrages des membres de l’Académie royale de peinture et de sculpture, publiés d’après les manuscrits conservés à l’école impériale des beaux-arts, vol. II, Paris, Société de l’histoire de l’art français, 1854.

ARCHITECTURE, ART CORINTHIEN, HISTOIRE DE L'ART, MONUMENTS HISTORIQUES

L’Ordre corinthien

 

Ordre corinthien

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Chapiteau, entablement et corniche corinthiens. Panthéon de Rome

 

Les différentes parties de l’ordre corinthien

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Chapiteau, entablement et corniche corinthiens. Panthéon de Rome

L’ordre corinthien est le dernier ordre, ou style d’architecture apparu en Grèce antique dans le courant du .ive siècle av J.–C. ( vers -380 av. J.-C.). Il est facilement identifiable par son chapiteau composé de feuilles d’acanthe et de laurier. Les Romains l’ont beaucoup utilisé.

Base de la colonne

Dans l’ordre corinthien, la base de la colonne reprend celle de l’ordre attique (une variante de l’ordre ionique), avec des tores souvent décorés de feuillages ou d’entrelacs sculptés.

La colonne corinthienne

Le fût de la colonne est cannelé s’il est en marbre, mais lisse s’il est en porphyre ou en granite. Le nombre de cannelures est de 24, mais peut atteindre 34, si le fût a un grand diamètre.

Le chapiteau corinthien

Le chapiteau (c’est-à-dire le sommet de la colonne) est caractérisé par l’emploi de feuilles d’acanthe. La hauteur du chapiteau est égale au diamètre de la colonne.

L’entablement corinthien

L’entablement mesure le 1/5 de la hauteur de la colonne. Les dimensions de l’architrave et de la frise sont variables. La frise est le plus souvent très sculptée. La corniche très décorative a une composition variable d’un édifice à l’autre.

L’ordre corinthien a été beaucoup utilisé par les Romains, mais aussi à la Renaissance et à l’époque baroque.

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Temple d’Auguste et de Livie à Vienne (Isère)

 

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Temple sur le forum de Douga (Tunisie)

 

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La porte d’entrée de la colonnade du Louvre à Paris

 

 

 

AIX-EN-PROVENCE (BOUCHES-DU-RHÔNE), MONUMENTS HISTORIQUES, PATRIMOINE, PROVENCE

L’Hôtel de Caumont à Aix-en-Provence

Hôtel de Caumont

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L’hôtel de Réauville, dit « de Caumont » est un hôtel particulier situé au no 3 rue Joseph Cabassol dans le quartier Mazarin à Aix-en-Provence. Construit entre 1715 et 1742, il fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le 16 février 1990.

 

Historique

L’hôtel de Réauville est bâti entre 1715 et 1742 par Georges Vallon à la demande du président de la Cour des comptes, François de Rolland, seigneur de Réauville et marquis de Cabannes et sur le plan d’un architecte parisien, Robert de Cotte

Trois générations de Rolland de Réauville s’y succèderont : après le décès en 1718 de François dit de Rolland-Tertulle (il reprend le nom de sa mère, condition pour hériter de son oncle Joseph François de Raffélis Tertulle, marquis de la Roque, mort sans enfant), les propriétaires en sont : Joseph-François de Rolland Tertulle, seigneur de Réauville (mort en 1728), puis son fils Jean-Baptiste de Rolland de Tertulle-Réauville. L’hôtel est cédé par la veuve de ce dernier, née Covet de Marignane, en 1758.

La deuxième famille propriétaire est celle de François de Bruny, baron de la Tour-d’Aigues. Son fils, Jean-Baptiste Jérôme de Bruny, président à mortier du parlement d’Aix, tint dans cet hôtel, un train de maison princier. Une de ses filles, Pauline de Bruny, épouse le marquis de Caumont en 1795, qui donnera son nom à l’hôtel. On dit alors que le marquis avait pris à la Provence « sa plus belle fille, son plus bel hôtel, son plus beau château, et sa plus grosse fortune ».

Cet hôtel de Réauville, devenu de la Tour-d’Aigues, puis de Caumont, puis Conservatoire Darius Milhaud, est un des plus somptueux du xviiie siècle aixois. Il a une superficie totale de 2 500 mètres carrés.

Aujourd’hui

La ville d’Aix-en-Provence acquiert le bâtiment en 1964. De 1970 jusqu’à sa vente, il abrita le Conservatoire de musique d’Aix-en-Provence sans doute « le plus beau conservatoire de France, inauguré à la rentrée de septembre 1970 par le directeur de la musique Marcel Landowski. C’est le 23 octobre 1972 qu’on donna au bâtiment le nom de “Conservatoire Darius Milhaud” cet illustre compositeur aixois était présent quand on dévoila la plaque. C’était en somme une inauguration définitive, comme le rapporte Pierre Villette qui en était alors le directeur ».

En mars 2010, la municipalité d’Aix-en-Provence annonce son intention de vendre l’hôtel pour douze millions d’euros, ce qui provoque l’inquiétude d’associations de défense du patrimoine aixois.

C’est finalement Culturespace , filiale du groupe Suez, qui en fait l’acquisition en 2013 pour un montant de dix millions d’euros, avec l’intention de consacrer le bâtiment à des expositions temporaires consacrées à la peinture et au piano.

Dès septembre 2013, Culturespaces va mener une restauration exemplaire à laquelle elle consacre un budget de 12,8 millions d’euros, sous la houlette de Mireille Pellen, Architecte du Patrimoine. Ces travaux concernent aussi bien l’hôtel particulier lui-même que les communs, les cours et les jardins.

L’inauguration du nouveau lieu, baptisé « Caumont Centre d’Art » s’est faite le 6 mai 2015. À cette occasion, une journée portes ouvertes avait été organisée jusqu’à minuit. Le monument contient désormais un lieu d’exposition temporaire, un « musée reconstitué » (décoration et ambiance d’époque), un jardin à la française, ainsi qu’un élégant salon de thé proposant également de la restauration.

Depuis, Culturespaces y a produit plusieurs expositions consacrée à Marilyn Monroe, Fernando Botero, Nicolas de Staël ou encore Marc Chagall.

 

Architecture

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Extérieur

On pénètre dans la cour d’honneur de l’hôtel de Réauville en franchissant un porche en pierre sculptée, avec un mascaron au visage d’homme à gauche, et celui d’une femme à droite. La grille d’entrée est en fer forgé.

Sa façade offre une composition classique harmonieuse et bien équilibrée, C’est une construction en pierre de taille dite aussi « pierre mousse » ou molasse des Carrières de Bibémus, molasse de Calissanne, pierre en calcaire froid, maçonnée et crépie.

L’édifice comporte trois niveaux qui s’élèvent sur un sous-sol. On accède au rez-de-chaussée par un escalier de trois marches dans un avant-corps encadré de refends en saillie. La porte d’entrée légèrement cintrée, est surmontée d’une clef ornée d’un masque de faune, du au sculpteur Adrien Dhuez et encadrée de quatre pilastres doriques soutenant une frise composée de métopes, aux motifs allégoriques des faits d’armes des Réauville, sculptée par Jean-Claude Rambot (1621–1694), ainsi que des roses et des gouttes du balcon central.

L’entablement à modillons, qui supporte le balcon du premier étage est orné d’une belle grille à rinceaux et volutes en fer forgé, dans laquelle la famille de Bruny fit insérer en 1758 un cerf courant, emblème de leur Maison. La fenêtre centrale est encadré par de chaque côté par deux pilastres d’ordre ionique que surmonte un fronton curviligne.

L’étage supérieur comporte un fronton triangulaire sur toute la largeur de l’avant-corps, qui s’appuie sur des pilastres aux chapiteaux ornés de feuilles d’eau de chaque côté d’une petite fenêtre, ainsi que sur le chaînage de refend à ses extrémités.

De chaque côté de l’avant-corps, et sur chacun des étages, s’ouvrent trois fenêtres hautes, ornées d’une grille en fer forgé sur le premier et le second étages.

La toiture à longs pans, avec un toit polygonal en partie centrale, est recouverte en tuile creuse.

 

Intérieur

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L’aménagement intérieur correspond à la tradition des demeures du xviiie siècle.

Le sous-sol

Il est constitué d’une cave voûtée en berceau.

Le rez-de-chaussée

Le hall d’entrée

Son sol est composé d’un dallage en carreaux carrés alternés, de marbre blanc et marbre noir, il dessert plusieurs pièces. Sur son côté gauche il est flanqué d’un escalier avec une rampe en fer forgé réalisé par le serrurier Raynaud en 1722, avec des volutes et des entrelacs où sont insérés des médaillons ovales ornés de la lettre « R ». La cage de l’escalier est encadrée de deux atlantes qui soutiennent la poutre maîtresse du premier palier. Leurs regards sont inversés, le premier qui a les traits marqués par le temps, regarde vers l’escalier, l’autre plus jeune, regarde vers l’extérieur. Ces deux œuvres sont de Honoré Gastaud et Esprit Routier. Elles sont séparées par un mascaron portant les armes des Bruny.

Dans un angle se trouve une fontaine typique des hôtels particuliers aixois, composée d’une vasque en marbre, surmontée d’un vase décoratif. Les Réauville firent installer des canalisations permettant de recevoir l’eau courante dans leur demeure en 1743.

La librairie-boutique

Ces deux pièces en enfilade sont situées à gauche de l’escalier.

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Le salon des putti

Première pièce en entrant à droite de l’escalier, il a conservé le charme et l’atmosphère des intérieurs anciens. Cette pièce est consacrée à Vénus, déesse de l’Amour. Elle est décorée de gypseries mettant en scène des personnages mythologiques. Elle conserve un mobilier du xviiie siècle avec un canapé rognon de style Louis XV, une table bouillotte en acajou et laiton, une console en demi-lune en bois sculpté, un grand miroir Régence, un portrait de jeune femme de l’entourage de Sebastiano Bombelli (vers 1720).

 Le salon des Rinceaux

Pièce ornée de gypseries comme les autres, elle est dans un ton bleu clair. Les quatre vertus cardinales, les putti, les dragons, Tempérance, Prudence, Force et Justice y sont mis en scène. On y trouve une console galbée en chêne sculpté et ajouré avec son plateau de marbre brèche rouge du Languedoc, un tableau anonyme représentant Jupiter et Léda, un Pan et Syrinx du xviiie siècle, un Portrait de Marie-Antoinette lisant et un Portrait de la marquise de Pompadour, une paire d’appliques en bronze redoré de style Régence.

 Le salon chinois et la grande galerie

Des décors en gypserie mettent en scène des putti et les dieux de l’Olympe, ainsi qu’une allégorie de l’Abondance. La grande galerie offre une belle vue du jardin. C’était le lieu ou le maître de maison accueillait ses invités avant de passer dans les jardins. Un Bouquet de fleurs sur un entablement (xviie siècle) est attribué à Pieter Hardime.

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Le premier étage

Le salon de musique

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Cette pièce est considérée comme étant la plus belle de la demeure, son riche décor de gypseries dorées , écrin de clavecin de style Louis XV, avec une table de jeu et un jeu de bingo du xviiie siècle, des fauteuils à motifs floraux, une harpe peinte, une paire d’appliques Louis XV en bronze doré, des représentations de putti et de scène mythologiques.

La chambre de Pauline

Cette pièce évoque la jeunesse de cette femme considérée comme étant une des plus belles du pays. On y trouve un bureau à cylindre et un lit à la polonaise. La décoration est de style rocaille, avec des figures de singes orientaux et des putti jouant avec les guirlandes de fleurs. Un guéridon bouillotte en acajou, bronze et marbre blanc, une bergère et une duchesse brisée d’époque Louis XV, une paire d’appliques de même époque en bronze doré, et sur les murs, Artémise attribué à Antoine Rivalz, des Femmes au bain par Caspar Netscher, , et devant le grand miroir surplombant la cheminée de marbre gris et rose, un portrait anonyme de Pauline, duchesse de Caumont (vers 1785). Le décor est de gypserie dorée.

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Les jardins

Ils furent dessinés selon les caractéristiques des jardins dits à la française, sur des tracés géométriques, avec des jeux d’eau.

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Le jardin haut

On y accède directement depuis le salon chinois et la grande galerie dont il est le prolongement lors des réceptions. Un bassin circulaire est encadré de quatre parterre de gazon ponctués de buis boule.

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Le jardin bas

Organisé autour d’une palmette végétale, d’après un dessin de Robert de Cotte, il est bordé de buis, de rosiers et chênes verts, d’ifs, et d’une fontaine dite des Trois Tritons.

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Expositions temporaires

du 6 mai au 13 septembre 2015 : Canaletto, le triomphe de la lumière;

du 4 mai au 18 septembre 2016 : Turner et la couleur.

du 10 juin au 15 octobre 2017, une exposition monographique sous l’égide de Culturespaces et de Bruce Museum of Arts and Science  intitulée Sisley l’impressionnisterassemble 60 toiles d’Alfred Sisley .

du 1er novembre 2018 au 24 mars 2019 : Chagall, du noir et blanc à la couleur

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Bibliographie

Daniel Chol et Huguette Lasalle, Secrets et décors des hôtels particuliers aixois, Éditions Chol, 2002.

Collectif, « Caumont centre d’art », Beaux Arts magazine, numéro hors-série, éditions Claude Pommereau, 2015, 42 p.

AIX-EN-PROVENCE (BOUCHES-DU-RHÔNE), HISTOIRE DE FRANCE, HISTOIRE DE LA PROVENCE, MONUMENTS HISTORIQUES, PALAIS COMTAL, PROVENCE

Le Palais comtal de la ville d’Aix-en-Provence

Palais Comtal

Place des Prêcheurs

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L’histoire du palais commence avec les comtes de Provence de la famille de Barcelone, dès le XIIe siècle. Après la réunion du comté de Provence au royaume de France, le palais ne cesse d’être modifié et embelli, accueille les nouvelles administrations de la province, dont le Parlement instauré en 1501 dans une aile construite sous le roi René.

Grâce aux plans de Ledoux (1775), la distribution des espaces nous est donnée. Au rez-dechaussée : l’aile Est, donnant sur la place des Prêcheurs, abritait le Parlement et le Bureau des Finances. L’aile Sud était occupée par la Cour des Comptes. Vers l’arrière se trouvaient les locaux de la Conciergerie, les prisons, les écuries et autres annexes donnant sur des cours intérieures. L’angle sud-ouest était affecté au logement des gouverneurs.

Le roi René, ‘‘prenant exemple sur les modèles des Este de Ferrare’’, décide de moderniser et embellir le palais, flanqué à l’Est d’une ‘‘aile nouvelle ornée de loggias modernes à l’italienne ouvertes en portique’’.
Il créé un grand jardin agrémenté d’oeillets, de plantes exotiques et où sont cultivées de rares variétés de raisin.

Il fait naître une Cour d’où rayonneront l’art et la culture. Il s’entoure de peintres et de
musiciens, fait venir des peintres flamands dont Van Eyck, des sculpteurs réputés de Naples et de la célèbre école de peinture d’Avignon, le plus prestigieux des maîtres du XVe siècle : Nicolas Froment ou encore Enguerrand Char ton, artistes qui illustrèrent sonrègne.

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Le Palais Comtal

Il doit y avoir plus d’une centaine de sites qui raconte le Palais comtal d’Aix-en-Provence. Alors, l’Aixois va juste se contenter de recopier François Ambroise Thomas Roux-Alpheran dans son ouvrage emblématique « Les Rues D’Aix » en deux tomes, publiés en 1846 et 1848. Voici ce qu’il dit :

Le monument, que nous avons vu détruire dans notre enfance et dont il nous reste de bien faibles souvenirs, était en grande partie l’ouvrage des Romains; mais nos anciens auteurs étaient peu d’accord sur l’époque précise de sa construction. L’opinion la plus probable est que les deux tours appelées , l’une du Trésor, l’autre du Chaperon, dataient du temps de Marius, et que la troisième, dite de l’Horloge, était un mausolée élevé à trois patrons de la colonie, vers le milieu du IIe siècle de l’ère vulgaire. Les trois urnes trouvées dans l’intérieur de cette tour, qu’on voit aujourd’hui à la bibliothèque Méjanes, et la médaille de L. Oelius Verus qui était contenue dans l’urne de porphyre attestent la destination du monument et le temps où il fut construit.

Palais de Comtes de Provence et des Cours souveraines démoli en 1786.

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Quant aux deux autres tours, évidemment d’une date plus ancienne, elles servaient de défense à la principale porte de la ville de Sextius que Marius voulut protéger contre l’approche des Barbares. Les préteurs romains y firent leur résidence, et l’on y voyait encore, dans ces derniers temps, le cachot où saint Mitre avait été renfermé et qui avait conservé le nom de ce saint martyr.Ces tours échappèrent à la destruction lors des invasions des Lombards et des Sarrasins, et lorsque les comtes catalans vinrent fixer leur résidence à Aix, ils bâtirent autour d’elles un vaste palais qui leur servit de demeure ainsi qu’à leurs successeurs. C’est là que fut célébré, en 1193, le mariage d’Alphonse, second fils d’Alphonse 1er, roi d’Aragon et comte de Provence, avec Garsende de Sabran, petite fille et héritière de Guillaume IV, comte de Forcalquier, mariage qui unit irrévocablement ce comté à la Provence en 1209.

Alphonse II, successeur de son père en 1196, et la comtesse Garsende, sa femme, 1 tinrent à Aix la cour la plus polie qui fut alors en Europe. Protecteur des troubadours et troubadour lui-même, ce prince fit fleurir dans ses États les sciences et les arts, de même que le fit après lui Raymond-Bérenger IV, son fils, dernier comte de sa race. Celui-ci ne laissa à sa mort, arrivée à Aix le 19 août 1245, que quatre filles qu’il avait eues de Béatrix de Savoie, sa femme : Marguerite, épouse de Louis IX (saint), roi de France ; Éléonore, mariée à Henri III, roi d’Angleterre ; Sancie, femme de Richard, comte de Cornouailles et roi des Romains, frère d’Henri III ; et Béatrix qui, après la mort de son père dont elle fut l’héritière, épousa Charles 1er, comte d’Anjou, frère du roi saint Louis, et depuis roi de Naples. Ces quatre reines étaient nées dans le palais d’Aix, et quels regrets n’éprouve-t-on pas à ne pouvoir plus parcourir les chambres qu’elles avaient habitées pendant leurs jeunes ans ! Marguerite surtout fut une héroïne ; elle suivit son royal époux dans sa croisade en Egypte […].

De tous les comtes de Provence successeurs de Charles 1er d’Anjou et de sa femme Béatrix, il n’en est aucun qui ait plus longtemps habité le palais d’Aix que le bon roi René, l’avant-dernier de nos comtes particuliers. Ce prince l’agrandit considérablement du côté du levant et y mourut le 10 juillet 1480, au milieu des larmes de son peuple qui le chérissait comme un père. Sa mémoire est encore en vénération parmi nous, et peut-il en être autrement quand nul souverain ne mérita mieux que lui l’affection de ses sujets!
Ses prédécesseurs avaient établi dans ce même palais le siége de toutes les juridictions de la Provence, telles que celles du Grand Sénéchal, des Maîtres rationaux, du Juge-Mage, du Conseil Eminent, etc.; et plus tard les rois de France y fixèrent aussi la résidence des grands corps de magistrature dont ils dotèrent la ville d’Aix, tels que le Parlement de Provence, la Cour des Comptes, Aides et Finances, le Bureau des Trésoriers-généraux de France et autres tribunaux qui, jusqu’à la révolution, ont assuré son illustration et sa prospérité, sa suprématie sur la province entière, en un mot, tout ce qui pouvait constituer la grandeur et la richesse d’une ville que sa position topographique et le défaut de rivière rendent incapable d’un commerce un peu étendu.

Au mois d’août 1775 un événement malheureux, qu’on soupçonna depuis avoir été prémédité, fut la cause vraie ou apparente de quelques réparations que le parlement ordonna pour consolider diverses parties du palais,  et au mois de mars del’année suivante, cette cour souveraine, ayant réellement ou feignant d’avoir des craintes sur la solidité de l’édifice, délibéra de l’abandonner et de transférer ses séances dans le couvent des dominicains, comme celles de la sénéchaussée au collège Bourbon. La cour des comptes, obligée de suivre cet exemple, se retira alors dans le couvent des grands-carmes, et les trésoriers-généraux de France dans celui des augustins. Cette délibération du parlement fut prise, il faut le dire, quoique personne ne l’ignore, en haine du parlement Maupeou, tenu pendant quelques années par les officiers de la cour des comptes.  Quoi ! Pourrions-nous siéger désormais, dirent ceux du parlement, dans des salles qu’ont occupées des intrus ? Non, sans doute! Que ces salles disparaissent donc et le palais entier avec elles !

Des réclamations se firent entendre, mais rares et impuissantes. – L’édifice menace ruine, dirent les modernes Vandales… – Il faut l’étançonner avec des poutres d’or, répondirent quelques voix patriotes. La démolition n’en fut pas moins résolue et fut terminée en 1786. Le roi Louis XVI ordonna alors la construction d’un nouveau palais sur l’emplacement de l’ancien ; mais les premiers désordres de la révolution firent suspendre les travaux. Ainsi, pendant plus de trente ans, au lieu de ces superbes monuments, antiques témoignages de la grandeur romaine et de la noble origine de la cité, au lieu de ce palais, vénérable séjour de tant de bons souverains amis de leur peuple, nous eûmes des ruines neuves dans le centre même de la ville. Cet aspect dégoûtant disparut sous Louis XVIII, et le palais actuel fut élevé sur les fondations commencées en 1786,  moins beau toutefois que celui qu’on avait projeté. Il est vrai qu’avant la révolution on voulait travailler pour la capitale d’une grande province dont elle réunissait dans son sein l’administration et les tribunaux, la plupart des familles les plus distinguées et des propriétaires les plus riches ; tandis qu’après il ne s’est plus agi que d’une ville réduite à la chétive condition d’un pauvre chef-lieu de sous-préfecture dont la plupart de ses notables habitants ont même disparu.

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Tours et constructions romaines enclavées dans le Palais démoli en 1786.

Dussions-nous être traité de blasphémateur ou d’extravagant, nous dirons toute notre pensée à cet égard : une métamorphose aussi prompte, aussi humiliante pour les bons citoyens, nous paraît une punition infligée par la providence à l’ingrate génération qui se montra si peu jalouse de la mémoire de ses ancêtres et qui même la proscrivit. Les tours romaines furent pendant près de deux mille ans comme un talisman protecteur de la ville d’Aix. Des mains profanes ont brisé ce talisman, et les mânes courroucés de ses fondateurs se sont éloignés pour toujours de leur fille aînée dans les Gaules.

 

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