EGLISE CATHOLIQUE, LIVRE, LIVRES, LIVRES - RECENSION, NICOLAS DIAT, ROBERT SARAH

Le soir approche et le jour baisse : cardinal Robert Sarah

Le soir approche et le jour baisse

Cardinal Robert Sarah avec Nicolas Diat

Paris, Fayard, 2019. 443 pages.

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« Pourquoi prendre à nouveau la parole ? Dans mon dernier livre, je vous incitait au silence. Pourtant je ne peux plus me taire. Je ne dois plus me taire. Les chrétiens sont désorientés. Chaque jour, je reçois de toute part les appels au secours de ceux qui ne savent plus que croire. Chaque jour, je reçois à Rome des prêtres découragés et blessés. L’Eglise fait l’expérience de la nuit obscure. Le mystère d’iniquité l’enveloppe et l’aveugle. »

« Les chrétiens tremblent, vacillent, doutent. J’ai voulu ce livre pour eux. Pour leur dire : ne doutez pas ! Tenez ferme la doctrine ! Tenez la prière ! J’ai voulu ce livre pour réconforter les chrétiens et les prêtres fidèles »

« À la racine de l’effondrement de l’Occident, il y a une crise culturelle et identitaire. L’Occident ne sait plus qui il est, parce qu’il ne sait plus et ne veut pas savoir qui l’a façonné, qui l’a constitué, tel qu’il a été et tel qu’il est. De nombreux pays ignorent aujourd’hui leur histoire. Cette autoasphyxie   conduit naturellement à une décadence qui ouvre la voie à de nouvelles civilisations barbares. »

Cette affirmation du cardinal Robert Sarah résume le propos de son troisième livre d’entretiens avec  Nicolas Diat. Son constat est simple  : notre monde est au bord du gouffre. Crise de la foi et de l’Église, déclin de l’Occident, trahison de ses élites, relativisme moral, mondialisme sans limite, capitalisme débridé, nouvelles idéologies, épuisement politique, dérives d’un totalitarisme islamiste… Le temps est venu d’un diagnostic sans concession. Il ne s’agit pas seulement d’analyser le grand retournement de notre monde  : tout en faisant prendre conscience de la gravité de la crise traversée, le cardinal démontre qu’il est possible d’éviter l’enfer d’un monde sans Dieu, d’un monde sans homme, d’un monde sans espérance.
 
Dans cette réflexion ambitieuse, le cardinal Robert Sarah se penche sans exclusive sur les crises du monde contemporain en livrant une importante leçon spirituelle  : l’homme doit faire du chemin de sa vie l’expérience d’une élévation de l’âme, et ainsi quitter cette vie en créature plus élevée qu’il n’y était entré. 
 

Les auteurs.

Le cardinal Robert Sarah est une figure majeure du monde catholique d’aujourd’hui. Il Robert Sarah et né le 15 juin 1945 à Ourouss en Guinée. Archevêque de Conakry (1979-2001), il est créé cardinal par Benoît XVI en 2010 et il est préfet de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements depuis 2014.

Écrivain et spécialiste reconnu de l’Église catholique, Nicolas Diat est l’auteur d’un ouvrage de référence sur  Benoît XVI,  L’Homme qui ne voulait pas être pape  (Albin Michel, 2014  ; Pluriel, 2018), et d’Un temps pour mourir. Derniers jours de la vie des moines  (Fayard, 2018  ; Pluriel, 2019. Prix du cardinal Lustiger, grand prix de l’Académie française).

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Nicolas Diat : Pouvons-nous parler d’une crise de l’Église ? 

Cardinal Robert Sarah : Un regard extérieur et superficiel pourrait être surpris que l’on parle de crise de l’Église. À vues humaines, le christianisme est en pleine expansion dans certaines parties du monde. Mais je ne veux pas parler de l’Église comme d’une entreprise dont on commenterait les résultats chiffrés. La crise que vit l’Église est beaucoup plus profonde, elle est comme un cancer qui ronge le corps à l’intérieur. De nombreux théologiens comme Henri de Lubac, Louis Boyer, Hans Urs von Balthasar et Joseph Ratzinger ont largement analysé cette crise. Je ne serai que l’humble écho et le prolongement de leur analyse. 

Le symptôme le plus alarmant est certainement la manière dont les hommes et les femmes qui se disent catholiques font leur choix dans les vérités du Credo. Joseph Ratzinger l’a évoqué en ces termes lors d’une conférence donnée à Munich en 1970 : « Ce qui était jusqu’à maintenant impensable est devenu normal : les hommes qui ont depuis longtemps abandonné le Credo de l’Église se considèrent en toute bonne conscience comme des chrétiens véritablement progressistes.

Il n’y a pour eux qu’un seul critère qui compte et qui leur permet de juger l’Église : le critère de fonctionnalité qui guide son action. » Dans de larges pans de l’Église, nous avons perdu le sens de l’objectivité de Dieu. Chacun part de son expérience subjective et se crée une religion à sa taille. Quel malheur ! Chacun veut construire son Église à sa mesure et selon son idée. Mais ce genre d’entreprise n’intéresse personne. Les hommes n’ont que faire d’une Église qui serait un parti, un club ou une société de pensée. Nous avons déjà pléthore de ce type d’institutions humaines. L’Église n’a d’intérêt que parce qu’elle est l’Église de Jésus‑Christ. En elle, il se donne, il me surprend. 

Le cardinal Ratzinger écrivait dans son Entretien sur la foi : « Il faut recréer un climat authentiquement catholique, retrouver le sens de l ’Église en tant qu’Église du Seigneur, en tant que lieu de la présence réelle de Dieu dans le monde. C’est le mystère dont parle Vatican II quand il reproduit ces mots terriblement exigeants et qui, pourtant, correspondent à toute la tradition catholique : “L’Église qui est le règne de Dieu déjà mystérieusement présent” (Lumen gentium, 3). » 

La perte de ce regard de foi sur l’Église engendre tous les symptômes de la sécularisation. La prière est rongée par l’activisme, la charité véritable se mue en solidarité humaniste, la liturgie est livrée à la désacralisation, la théologie se transforme en politique, l’idée même du sacerdoce entre en crise. La sécularisation est un phénomène terrible. Comment le définir ? On pourrait dire qu’il consiste en un aveuglement volontaire. Des chrétiens décident de ne plus s’éclairer à la lumière de la foi. Ils décident de soustraire à cette lumière une partie de la  réalité, puis une autre. Ils décident de vivre dans les ténèbres. Voilà le mal qui ronge l’Église. Nous décidons de nous passer de la lumière de la foi en pratique et même en théorie. Nous étudions la théologie en faisant de Dieu une simple hypothèse rationnelle. Nous lisons l’Écriture comme un livre profane et non comme la parole inspirée par Dieu. Nous organisons la liturgie comme un spectacle et non comme le renouvelle‑ ment mystique du sacrifice de la Croix. Nous en venons à ce que les prêtres et les consacrés vivent de manière purement profane. Bientôt les chrétiens eux‑mêmes vivront « comme si Dieu n’existait pas ». 

« Le visage de Dieu disparaît progressivement. La mort de Dieu est un processus tout à fait réel qui touche aujourd’hui le cœur même de l’Église. On a l’impression que Dieu meurt dans la chrétienté », écrivait douloureusement Joseph Ratzinger dans son discours du 4 juin 1970 à l’académie catholique de Bavière. Au cœur de la crise de l ’Église, la foi devient comme une réalité encombrante aux yeux même des chrétiens. « Dans ce processus, dit le pape François, la foi a fini par être associée à l’obscurité. On a pensé pouvoir la conserver, trouver pour elle un espace pour la faire cohabiter avec la lumière de la raison. L’espace pour la foi s’ouvrait là où la raison ne pouvait pas éclairer, là où l’homme ne pouvait plus avoir de certitudes. Alors la foi a été comprise comme un saut dans le vide que nous accomplissons par manque de lumière, poussés par un sentiment aveugle ; ou comme une lumière subjective, capable peut‑être de réchauffer le cœur, d’apporter une consolation privée, mais qui ne peut se proposer aux autres comme lumière objective et commune pour éclairer le chemin. Peu à peu, cependant, on a vu que la lumière de la raison autonome ne réussissait pas à éclairer assez l’avenir ; elle reste en fin de compte dans son obscurité et laisse l’homme dans la peur de l’inconnu. Ainsi l’homme a‑t‑il renoncé à la recherche d’une grande lumière, d’une grande vérité, pour se contenter des petites lumières qui éclairent l’immédiat, mais qui sont incapables de montrer la route. Quand manque la lumière, tout devient confus, il est impossible de distinguer le bien du mal, la route qui conduit à destination de celle qui nous fait tourner en rond, sans direction. Aussi il est urgent de récupérer le caractère particulier de lumière de la foi parce que, lorsque sa flamme s’éteint, toutes les autres lumières finissent par perdre leur vigueur. La lumière de la foi possède, en effet, un caractère singulier, étant capable d’éclairer toute l’existence de l’homme. Pour qu’une lumière soit aussi puissante, elle ne peut provenir de nous‑mêmes, elle doit venir d’une source plus originaire, elle doit venir, en définitive, de Dieu » (Lumen fidei, 3‑4). 

Lorsque nous parlons d’une crise de l »Église, il est important de préciser que l’Église, en tant que Corps mystique du Christ, continue d’être « une, sainte, catholique et apostolique ». La théologie, l’enseignement doctrinal et moral restent inchangés, immuables et intangibles. L’Église, comme continuation et prolongement du Christ dans le monde, n’est pas en crise. Elle a les promesses de la vie éternelle. Les portes de l’enfer ne prévaudront jamais contre elle. Nous savons, nous croyons fermement que, en son sein, il y aura toujours assez de lumière pour celui qui veut sincèrement chercher Dieu. 

L’appel de saint Paul à Timothée, son fils dans la foi, nous concerne tous : « Je t’ordonne en présence de Dieu qui donne la vie à toutes choses, et en présence du Christ Jésus qui a rendu un beau témoignage devant Ponce Pilate dans une belle profession, […] garde le dépôt de la foi, évite les bavardages impies et les objections d’une pseudo‑science. Pour l’avoir professée, certains se sont écartés de la foi » (1Tm 6, 13.20‑21). 

La foi continue d’être un don divin surnaturel. Mais c’est nous, les baptisés dans la mort du Christ, qui résistons à ce que nos pensées, nos actions, notre liberté et notre existence entière soient éclairées et guidées en tout moment par la lumière de la foi que nous professons. Il y a une dichotomie tragique et une incohérence dramatique entre la foi que nous professons et notre vie concrète. Dans son magnifique Journal d’un curé de campagne, Georges Bernanos écrivait : « Vous revendiquez d’être les pierres du Temple appelé Dieu, les concitoyens des Saints, les enfants du Père Céleste. Avouez que cela ne se voit pas toujours du premier coup ! » 

Aujourd’hui, la crise de l’Église est entrée dans une nouvelle phase : la crise du magistère. Certes, le vrai magistère, en tant que fonction surnaturelle du Corps mystique du Christ, assurée et conduite de manière invisible par l’Esprit‑Saint, ne peut pas être en crise : la voix et l’agir de l ’Esprit‑Saint sont constants, et la vérité vers laquelle il nous guide est ferme et immuable. L ’évangéliste Jean nous dit : « Quand il viendra, lui, l’esprit de vérité, il vous guidera dans la vérité tout entière ; car il ne parlera pas de lui‑même, mais ce qu’il entendra, il le dira et il vous expliquera les choses à venir. Lui me glorifiera, car c’est de mon bien qu’il recevra et il vous l’expliquera. Tout ce qu’a le Père est à moi. Voilà pourquoi j’ai dit que c’est de mon bien qu’il reçoit et qu’il vous expliquera » (Jn16, 13‑15). 

Mais il règne aujourd’hui une vraie cacophonie dans les enseignements des pasteurs, évêques et prêtres. Ils semblent se contredire. Chacun impose son opinion personnelle comme une certitude. Il en résulte une situation de confusion, d’ambiguïté et d’apostasie. Une grande désorientation, un profond désarroi et des incertitudes destructrices ont été inoculés dans l’esprit de beaucoup de fidèles chrétiens. Le philosophe Robert Spaemann exprimait clairement ce désarroi par une citation extraite de la première lettre de saint Paul apôtre aux Corinthiens : « Et si la trompette produit des sons confus, qui va se préparer au combat ? » (1Co 14, 8). 

Pourtant, nous le savons, le magistère demeure le gage de l’unité de la foi. Notre capacité à recevoir l’enseignement de l’Église dans un esprit de disciple, avec docilité et humilité, est la vraie marque de notre esprit de fils de l’Église. Malheureusement, certains, qui devraient transmettre la vérité divine avec une infinie précaution, n’hésitent pas à la mêler aux opinions à la mode, voire aux idéologies du moment. Comment discerner ? Comment trouver un chemin sûr dans cette confusion ? 

Saint Vincent de Lérins apporte dans son Commonitorium une lumière précieuse à propos du progrès ou du changement dans la foi : « Ne peut‑il y avoir, dans l’Église du Christ, aucun progrès de la religion ? Si, assurément, et un très grand progrès. Car qui serait assez jaloux des hommes et ennemi de Dieu pour essayer d’empêcher ce progrès ? À condition du moins qu’il s’agisse d’un véritable progrès dans la foi, et non d’un changement. Car il y a progrès si une réalité s’amplifie en demeurant elle‑même ; mais il y a changement si elle se transforme en une autre réalité. Il faut donc qu’en chacun et en tous, en chaque homme aussi bien qu’en l’Église entière au cours des âges et des générations, l’intelligence, la science et la sagesse croissent et progressent fortement, mais selon leur genre propre, c’est‑à‑dire dans le même sens, selon les mêmes dogmes et la même pensée […]. Nos ancêtres ont jadis ensemencé le champ de l’Église avec le blé de la foi. Il serait injuste et inconvenant pour nous leurs descendants de récolter l’ivraie de l’erreur au lieu du froment de la vérité. Au contraire, il est normal et il convient que la foi ne renie pas l’origine, et qu’au moment où le blé de la doctrine a levé nous moissonnions l’épi du dogme. Ainsi, lorsque le grain des semailles a évolué avec le temps et se réjouit maintenant de mûrir, rien cependant ne change des caractères propres du germe. » 

Je voudrais supplier les évêques et les prêtres de prendre garde à la foi des fidèles ! Ne nous fions pas à quelques commentaires postés à la va‑vite sur Internet par de soi‑disant experts. Recevoir le magistère, l’interpréter selon une herméneutique de continuité prend du temps. Ne nous laissons pas imposer le rythme des médias si prompts à parler de changements, de retournements ou de révolutions. Le temps de l’Église est un temps long. C’est le temps de la vérité contemplée qui donne tout son fruit si on la laisse germer paisiblement dans la terre de la foi. « En vertu même de la nature de l’espèce humaine, le temps est nécessaire pour atteindre l’intelligence pleine et parfaite des grandes idées, écrivait en 1864 le cardinal John Henry Newman dans Apologia pro vita sua. Les vérités les plus hautes et les plus merveilleuses, même communiquées aux hommes une fois pour toutes par des maîtres inspirés, ne peuvent être comprises d’un coup par ceux qui les reçoivent, car reçues et transmises par des esprits non inspirés et par des moyens humains, elles requièrent un temps prolongé, une réflexion plus profonde, pour être pleinement élucidées. » 

Quand la tempête fait rage sur un navire, il est important de s’arrimer à ce qui est stable et solide. Il n’est pas temps de courir après les nouveautés à la mode qui risquent fort de s’évanouir avant même qu’on ait pu s’en saisir. Il est nécessaire de garder le cap, sans dévier, en attendant que l’horizon se dévoile. Je voudrais dire aux chrétiens : ne vous laissez pas troubler ! Vous avez entre les mains le trésor de la foi de l’Église. Il vous est légué par des siècles de contemplation, par l’enseignement constant des papes. Vous pouvez y nourrir votre vie de foi sans crainte.

Extrait du livre du cardinal Robert Sarah et de Nicolas Diat, « Le Soir approche et déjà le jour baisse », 

DIEU OU RIEN, LA FORCE DU SILENCE, LE SOIR APPROCHE ET DEJA LE JOUR BAISSE, LIVRES, NICOLAS DIAT, ROBERT SARAH

Cardinal Robert Sarah : Le soir approche et déjà le jour baisse

 

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Le soir approche et déjà le jour baisse

Robert Sarah avec Nicolas Diat

Paris, Fayard, mars 2019.

 

Je suis heureux d’annoncer la sortie en France – le 20 mars prochain – de mon nouveau livre réalisé avec Nicolas Diat et dont le titre sera : Le soir approche et déjà le jour baisse. 
Mon analyse portera sur la profonde crise spirituelle, morale et politique du monde contemporain.

Après Dieu ou rien, et La force du silence, Le soir approche et déjà le jour baisse est le dernier tome du triptyque que j’ai voulu écrire. Ce livre sera le plus important. Car je considère que la décadence de notre époque a tous les visages d’un péril mortel.

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Dieu ou rien : entretiens sur la foi

Cardinal Robert Sarah

Paris, Fayard, 2015.

 

Né dans la brousse africaine au sein d’une famille coniagui qui ne possédait qu’une modeste case de briques, il a quitté son village à onze ans afin d’entrer au petit séminaire, avec pour seul trésor une valise confectionnée par son père. Après avoir été ordonné prêtre dans un pays miné par l’une des dictatures les plus sanguinaires d’Afrique, il est devenu, à trente-trois ans, le plus jeune archevêque du monde, et a lutté avec une énergie formidable pour la liberté de son peuple.

Sa vie est construite sur le roc de la foi, le combat pour la vérité de Dieu, l’humilité, la simplicité et le courage.
Cet homme profondément spirituel se nomme Robert Sarah. Jean-Paul II l’a appelé à Rome en 2001, Benoît XVI l’a créé cardinal en 2010, et François en a fait l’un de ses plus proches collaborateurs en le nommant à la tête de la prestigieuse Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements. La vie entière du cardinal est une sorte de miracle, une succession de moments qui semblent impossibles sans l’intervention du Ciel.
Au fil d’un entretien exclusif, le cardinal, réputé pour sa liberté de parole, livre ses réflexions sur l’Église, les papes, Rome, le monde moderne, l’Afrique, l’Occident, la morale, la vérité, le mal, et Dieu, toujours.

Le cardinal Robert Sarah, né en Guinée en 1945, est un des plus proches collaborateurs du pape François.

Spécialiste reconnu des arcanes du Vatican et de l’Église, écrivain, Nicolas Diat est l’auteur d’un livre de référence sur le pontificat de Benoît XVI, L’Homme qui ne voulait pas être pape (Albin Michel, 2014).

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La force du silence : contre la dictature du bruit

Cardinal Robert Sarah avec Nicolas Diat

Paris, Fayard, 2016.

Après Dieu ou rien, qui a rencontré un grand succès en France et à l’étranger, le cardinal Robert Sarah, dans ce nouveau livre d’entretien avec Nicolas Diat, entreprend de redonner au silence ses lettres de noblesse.

Dans une époque de plus en plus bruyante, alors que la technique et les biens matériels ne cessent d’étendre leur emprise, c’est certainement une gageure que de vouloir écrire un livre consacré au silence. Pourtant, le monde émet tant de bruits que la recherche de quelques gouttes de silence n’en devient que plus nécessaire.
Pour le cardinal Robert Sarah, à force de repousser le divin, l’homme moderne se retrouve dans un grand silence, une épreuve angoissante et oppressante. Le cardinal veut rappeler que la vie est une relation silencieuse entre le plus intime de l’homme et Dieu. Le silence est indispensable pour l’écoute de la musique de Dieu : la prière naît du silence et y revient sans cesse plus profondément.
Dans cet entretien avec Nicolas Diat, le cardinal s’interroge : les hommes qui ne connaissent pas le silence peuvent-ils jamais atteindre la vérité, la beauté et l’amour ? La réponse est sans appel : tout ce qui est grand et créateur est formé de silence. Dieu est silence.
Après le succès international de Dieu ou rien, traduit dans quatorze langues, le cardinal Robert Sarah entreprend de redonner au silence ses lettres de noblesse.
 
LE TEXTE EST SUIVI D’UN ENTRETIEN EXCEPTIONNEL AVEC DOM DYSMAS DE LASSUS, PRIEUR À LA GRANDE CHARTREUSE ET MINISTRE GÉNÉRAL DE L’ORDRE DES CHARTREUX
  
 Né en juin 1945, le cardinal Robert Sarah est une des figures les plus importantes du monde catholique d’aujourd’hui – il est le numéro trois du Vatican.
Spécialiste reconnu de l’Église, écrivain, Nicolas Diat est l’auteur d’un livre de référence sur le pontificat de Benoît XVI, L’Homme qui ne voulait pas être pape (Albin Michel, 2014).
Le cardinal Robert Sarah et Nicolas Diat ont publié chez Fayard en 2015 un premier livre, Dieu ou rien. Entretien sur la foi.
Né en mars 1956, dom Dysmas de Lassus est prieur au monastère de la Grande Chartreuse, et ministre général de l’ordre des Chartreux, fondé par saint Bruno en 1084.
Entré à la Grande Chartreuse à l’âge de vingt ans, il en fut maître des novices pendant de nombreuses années. Selon la tradition, le prieur ne sort jamais du désert de la Chartreuse.

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DERNIERS JOURS DE LA VIE DES MOINES, LIVRES, LIVRES - RECENSION, MOINES, MORT, NICOLAS DIAT

Derniers jours de la vie des moines

Un temps pour mourir : derniers jours de la vie des moines

Nicolas Diat

Paris, Fayard, 2018. 226 pages.

 

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Voilà un livre peu banal. Son auteur, Nicolas Diat, est connu pour ses livres sur Benoît XVI et le cardinal Sarah, qui ont obtenu un grand succès en France comme à l’étranger. Cette fois, il s’est transformé en enquêteur et a recueilli les confidences de nombreux moines sur la fin de vie entre les murs de leurs monastères. Les témoignages qu’il rapporte sont extrêmement divers ; parfois, ils sont bouleversants. Certains ont peur de la mort, ce qui peut sembler étonnant, d’autres l’attendent comme la rencontre, celle qui donne sens à la vie, et à toutes choses. La mort est le grand révélateur, devant lequel il est impossible de tricher. Ces moines ont beaucoup à nous apprendre, écrit Nicolas Diat : «Leur humanité, leur courage, leur sincérité force l’admiration.» Et plus encore une attitude qui paraît presque enfantine tant elle est simple devant une fin à la fois inéluctable et, la plupart du temps, tellement désirée.

  

Extraits choisis

 Comprendre les derniers instants de la vie

« Aujourd’hui, la liturgie de la mort n’existe plus. Or les peurs et les angoisses n’ont jamais été aussi fortes. Les hommes ne savent plus comment mourir.

Dans cet univers désolé, j’ai eu l’idée de prendre le chemin des grands monastères pour découvrir ce que les moines ont à nous dire de la mort. Derrière les murs des clôtures, ils passent leur existence à prier et à réfléchir aux fins dernières.

J’ai pensé que leurs témoignages pourraient aider les hommes à comprendre la souffrance, la maladie, la peine et les derniers instants de la vie. Ils savent les morts compliquées, les morts rapides, les morts simples. Ils y ont été confrontés plus souvent, et de plus près, que la plupart de ceux qui vivent au-delà des enceintes des monastères. J’avais l’intuition, en commençant mon travail, que les moines ne me cacheraient rien, qu’ils me parleraient du trépas des leurs avec vérité.

Les récits recueillis dans les abbayes que j’ai visitées ne m’ont pas détrompé. J’aimerais que ce livre donne un peu d’espoir, car les moines nous montrent qu’une mort humaine est possible. […] Les histoires que m’ont confiées les bénédictins d’En-Calcat, de Solesmes et de Fontgombault, les trappistes de Sept-Fons, les cisterciens de Cîteaux, les chanoines de Lagrasse, les prémontrés de Mondaye et les ermites de la Grande-Chartreuse sont aussi belles et exceptionnelles que les paroles mémorables des temps anciens. »

Lagrasse

 

« Frère Vincent est mort avec une grande facilité.

En écoutant le Père Emmanuel-Marie, il me semble entendre un homme qui parle de la disparition de son propre enfant : “Je me suis penché au-dessus de lui, j’ai su que les dernières minutes approchaient. J’ai dit à sa mère de prendre sa main droite, à sa sœur de saisir la gauche. Son corps était brûlant. J’ai récité les prières des agonisants et je lui ai donné le sacrement des malades. Soudainement, nous avons senti qu’il s’apaisait.

Le petit Frère semblait plus reposé, emporté dans un voyage qui le dépassait. Nous avions la certitude qu’il allait nous quitter. Il était devenu transparent. Le temps des crises, le temps des suffocations s’éloignait.

Il ne nageait plus dans cette mer de souffrances qui était sa prison. Frère Vincent n’avait pas peur. Son départ a été doux.

La veille, les spasmes déformaient son visage. À l’heure de la mort, il était rayonnant.” »

 

En-Calcat

« Une année avant sa mort, pendant sa rémission, le Père Michel-Marie a reçu un journaliste. Il avait peur de souffrir, et cependant il a tenu [au journaliste] ce discours magnifique : “Me savoir ainsi atteint par la maladie m’a donné une hypersensibilité. Je me rends compte à quel point la vie n’est pas grand-chose. En même temps, elle revêt toute son importance. Je prends conscience désormais avec clarté de la fin de toute chose. Il faut cependant se lever et se battre pour la vie. J’ai le trac de la mort, comme avant un examen. La dimension de ce qui nous attend au ciel est affolante. Pourtant, j’ai un rôle à jouer dans cette grandeur. Dès ici-bas, tout ce que je fais prépare ce que j’aurai à vivre au ciel. Mais cela me dépasse. J’ai pris conscience de l’incroyable immensité de ce qui m’attend de l’autre côté.” […]

En-Calcat est une oasis qu’on quitte à regret. »

 

Solesmes

« Je me souvenais de sa manière respectueuse et délicate de parler d’un moine qu’il aimait : “Je demande toujours à mes Frères de mourir lorsque je suis à l’abbaye. Je voyage beaucoup en raison de mes fonctions de supérieur de la congrégation de Solesmes.

Le Frère Pierre Buisson ne voulait pas devenir centenaire. Je savais donc que le temps était compté. Depuis quelques semaines, il était diminué.

À la fin du mois de mai, lorsque je suis parti en Espagne, je lui ai demandé d’attendre mon retour pour mourir. Il m’a obéi.

En revenant à l’abbaye, je suis monté rapidement dans sa chambre. Nous étions la veille de son décès.

Il est parti comme une petite flamme. Il disait que sa valise était prête. Jusqu’à la fin, le Frère Pierre a passé des heures à prier. Il visitait tous les jours le cimetière pour honorer les morts. Il ne disait jamais de mal de personne. Notre Frère est parti avant l’office de sexte, alors que l’infirmier s’était brièvement absenté pour préparer une perfusion. Je suis monté lui donner l’absolution.”

Le Père abbé était heureux et serein. Il avait pu le voir une dernière fois. Il n’imaginait pas être absent de Solesmes en ces moments si particuliers. »

 

La Grande-Chartreuse

« Dom Innocent me dit avec son humour habituel que la vie serait un désastre si nous ne savions pas que la mort viendrait nous chercher un jour. Comment les hommes resteraient-ils indéfiniment dans cette vallée de larmes ?

“Nous sommes nés pour rencontrer Dieu. Les vieux chartreux lui demandent de ne pas tarder. La mort, c’est la fin de l’école. Après, le paradis arrive. Un moine a donné sa vie à Dieu, et il ne l’a jamais rencontré. Il est normal qu’il soit impatient de le voir. Comme dans les poèmes de Thérèse d’Ávila et de Jean de la Croix, les chartreux meurent de ne pas mourir. À notre grand regret, le Saint-Esprit n’est pas pressé de venir nous chercher. Dans notre Ordre, les purifications et les grandes épreuves ne sont pas courantes. Les derniers mois, le Christ s’est déjà emparé de nos vieux moines. Le corps usé retourne à la terre, mais c’est pour attendre la gloire de sa résurrection. Nous ne savons pas encore ce qu’est réellement notre corps, sa beauté, sa gloire et sa lumière. Le plus beau, et de loin, est encore devant.” »

https://www.famillechretienne.fr/livres/foi/temoignages-chretiens/un-temps-pour-mourir-derniers-jours-de-la-vie-des-moines-231416

LIVRES, LIVRES - RECENSION, MOINES, NICOLAS DIAT, UN TEMPS POUR MOURIR

Un temps pour mourir : derniers jours de la vie des moines

Un temps pour mourir : derniers jours de la vie des moines

Nicolas Diat

Paris, Fayard, 218. 226 pages.

 

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Comprendre les derniers instants de la vie : ce qu’en dit l’auteur au début de ce livre :

« Aujourd’hui, la liturgie de la mort n’existe plus. Or les peurs et les angoisses n’ont jamais été aussi fortes. Les hommes ne savent plus comment mourir.

« Dans cet univers désolé, j’ai eu l’idée de prendre le chemin des grands monastères pour découvrir ce que les moines ont à nous dire de la mort. Derrière les murs des clôtures, ils passent leur existence à prier et à réfléchir aux fins dernières.

« J’ai pensé que leurs témoignages pourraient aider les hommes à comprendre la souffrance, la maladie, la peine et les derniers instants de la vie. Ils savent les morts compliquées, les morts rapides, les morts simples. Ils y ont été confrontés plus souvent, et de plus près, que la plupart de ceux qui vivent au-delà des enceintes des monastères. J’avais l’intuition, en commençant mon travail, que les moines ne me cacheraient rien, qu’ils me parleraient du trépas des leurs avec vérité.

« J’aimerais que ce livre donne un peu d’espoir, car les moines nous montrent qu’une mort humaine est possible. L’homme du XXIè siècle n’est pas condamné à des fins solitaires, sans amour, dans des chambres anonymes d’hôpitaux. L’homme du XXIè siècle n’est pas condamné à la fausse humanité d’une mort maquillée et travestie dans des salons funéraires désincarnés.

Aujourd’hui les moines sont peut-être les derniers à pouvoir comprendre les mots de saint François d’Assise dans son « Cantique au frère soleil » :

Loué sois-tu Seigneur,

pour notre sœur la mort corporelle

à qui nul homme vivant ne peut échapper.

Malheur à ceux qui meurent en péché mortel ;

heureux ceux qu’elle surprendra en faisant sa volonté,

car la seconde mort ne pourra leur nuire.

« Les récits recueillis dans les abbayes que j’ai visitées ne m’ont pas détrompé. J’aimerais que ce livre donne un peu d’espoir, car les moines nous montrent qu’une mort humaine est possible. […] Les histoires que m’ont confiées les bénédictins d’En-Calcat, de Solesmes et de Fontgombault, les trappistes de Sept-Fons, les cisterciens de Cîteaux, les chanoines de Lagrasse, les prémontrés de Mondaye et les ermites de la Grande-Chartreuse sont aussi belles et exceptionnelles que les paroles mémorables des temps anciens. »

 

Présentation du livre

Voilà un livre qui parle de la mort, mais de la mort qui s’ouvre sur la Vie.  Son auteur, Nicolas Diat, est surtout connu pour ses livres sur Benoît XVI et le cardinal Sara, qui ont obtenu un grand succès en France comme à l’étranger. Mais ici c’est en enquêteur sur un sujet difficile qu’il a entrepris de recueillir les confidences de nombreux moines sur la fin de vie derrière les murs clos de leurs monastères. Les témoignages sont extrêmement divers et l’attitude devant la mort est celle de tout être humain ce qui les rend plus proches de nous et plus bouleversants encore. Certains ont peur de la mort, ce qui peut sembler étonnant de la part d’un religieux, certains aussi ont peur de ne pas « faire une bonne mort » ; d’autres l’attendent comme la rencontre, celle qui donne sens à la vie, et à toutes choses.

Devant la mort personne ne peut tricher ! Il peut y avoir chez certains comme une attitude enfantine devant cet instant à la fois inéluctable, devant cette fin à la fois redoutée mais le plus souvent désirée :

 « Nous savons où nos frères partent »   « Le lendemain de sa mort, je disais le chapelet dans le jardin et je me suis fait la réflexion que je n’avais pas eu le temps de pleurer ; j’ai aussitôt fondu en larmes. Pourtant, dans un monastère, nous ne pleurons pas pour un décès. Il ne faut pas y voir une sécheresse de nos sentiments. Nous savons où nos frères partent. Les enterrements sont toujours joyeux. Notre existence doit être un noviciat d’éternité. » (page 92)

 

Extraits du livre donnant quelques témoignages de moines

Témoignage recueilli à l’Abbaye de Lagrasse

« Frère Vincent est mort avec une grande facilité.

En écoutant le Père Emmanuel-Marie, il me semble entendre un homme qui parle de la disparition de son propre enfant : “Je me suis penché au-dessus de lui, j’ai su que les dernières minutes approchaient. J’ai dit à sa mère de prendre sa main droite, à sa sœur de saisir la gauche. Son corps était brûlant. J’ai récité les prières des agonisants et je lui ai donné le sacrement des malades. Soudainement, nous avons senti qu’il s’apaisait.

Le petit Frère semblait plus reposé, emporté dans un voyage qui le dépassait. Nous avions la certitude qu’il allait nous quitter. Il était devenu transparent. Le temps des crises, le temps des suffocations s’éloignait.

Il ne nageait plus dans cette mer de souffrances qui était sa prison. Frère Vincent n’avait pas peur. Son départ a été doux.

La veille, les spasmes déformaient son visage. À l’heure de la mort, il était rayonnant.” »

 

Témoignage recueilli à En-Calcat

« Une année avant sa mort, pendant sa rémission, le Père Michel-Marie a reçu un journaliste. Il avait peur de souffrir, et cependant il a tenu [au journaliste] ce discours magnifique : “Me savoir ainsi atteint par la maladie m’a donné une hypersensibilité. Je me rends compte à quel point la vie n’est pas grand-chose. En même temps, elle revêt toute son importance. Je prends conscience désormais avec clarté de la fin de toute chose. Il faut cependant se lever et se battre pour la vie. J’ai le trac de la mort, comme avant un examen. La dimension de ce qui nous attend au ciel est affolante. Pourtant, j’ai un rôle à jouer dans cette grandeur. Dès ici-bas, tout ce que je fais prépare ce que j’aurai à vivre au ciel. Mais cela me dépasse. J’ai pris conscience de l’incroyable immensité de ce qui m’attend de l’autre côté.” […]

En-Calcat est une oasis qu’on quitte à regret. »

 

Témoignage recueilli à Solesmes

« Je me souvenais de sa manière respectueuse et délicate de parler d’un moine qu’il aimait : “Je demande toujours à mes Frères de mourir lorsque je suis à l’abbaye. Je voyage beaucoup en raison de mes fonctions de supérieur de la congrégation de Solesmes.

Le Frère Pierre Buisson ne voulait pas devenir centenaire. Je savais donc que le temps était compté. Depuis quelques semaines, il était diminué.

À la fin du mois de mai, lorsque je suis parti en Espagne, je lui ai demandé d’attendre mon retour pour mourir. Il m’a obéi.

En revenant à l’abbaye, je suis monté rapidement dans sa chambre. Nous étions la veille de son décès.

Il est parti comme une petite flamme. Il disait que sa valise était prête. Jusqu’à la fin, le Frère Pierre a passé des heures à prier. Il visitait tous les jours le cimetière pour honorer les morts. Il ne disait jamais de mal de personne. Notre Frère est parti avant l’office de sexte, alors que l’infirmier s’était brièvement absenté pour préparer une perfusion. Je suis monté lui donner l’absolution.”

Le Père abbé était heureux et serein. Il avait pu le voir une dernière fois. Il n’imaginait pas être absent de Solesmes en ces moments si particuliers. »

 

Témoignage recueilli à La Grande-Chartreuse

« Dom Innocent me dit avec son humour habituel que la vie serait un désastre si nous ne savions pas que la mort viendrait nous chercher un jour. Comment les hommes resteraient-ils indéfiniment dans cette vallée de larmes ?

“Nous sommes nés pour rencontrer Dieu. Les vieux chartreux lui demandent de ne pas tarder. La mort, c’est la fin de l’école. Après, le paradis arrive. Un moine a donné sa vie à Dieu, et il ne l’a jamais rencontré. Il est normal qu’il soit impatient de le voir. Comme dans les poèmes de Thérèse d’Ávila et de Jean de la Croix, les chartreux meurent de ne pas mourir. À notre grand regret, le Saint-Esprit n’est pas pressé de venir nous chercher. Dans notre Ordre, les purifications et les grandes épreuves ne sont pas courantes. Les derniers mois, le Christ s’est déjà emparé de nos vieux moines. Le corps usé retourne à la terre, mais c’est pour attendre la gloire de sa résurrection. Nous ne savons pas encore ce qu’est réellement notre corps, sa beauté, sa gloire et sa lumière. Le plus beau, et de loin, est encore devant.” »

 

©Claude-Tricoire

13 juiller 2018