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Vitraux : église Saint-Jean-de-Malte (Aix-en-Provence)

Les vitraux de l’église Saint-Jean-de-Malte

 

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Vitrail du chœur

Le vitrail du chœur conçu par une pléiade d’érudits aixois fut réalisé par le maître-verrier lorrain Laurent-Charles Maréchal en 1859.  Ce vitrail a pour objet de raconter l’histoire du Salut et est centré sur la figure  de saint Jean Baptiste.

Au somment se trouve la figure de Dieu le Père. Au dessous le comte Raymond Béranger V qui porte par erreur le manteau bleu (le manteau bleu n’est pas celui d’un prince de la maison de Barcelone mais de la maison de France). A sa droite, sa fille, Béatrix de Provence, épouse de Charles d’Anjou.

Au milieu du vitrail se trouvent des scènes de la vie de Jean le Baptiste : la rencontre de la Vierge avec Elisabeth (Visitation) ; au centre : le baptême de Jésus par Jean au Jourdain ; enfin sur la droite Jean Baptiste affirme la divinité de Jésus en le désigant comme l’Agneau de Dieu.

Au niveau inférieur on reconnaît : le patriarche Abraham, Moïse portant les tables de la Loi, les prophètes Ezéchiel et Daniel.  A la base de ce vitrail se trouvent différents blasons (Provence, Malte, Aragon, Aix, ceux des maisons de Bérenger Monachi et Hélion de Villeneuve).

Charles Maréchal

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Laurent-Charles Maréchal (1801-1887) est un dessinateur, pastelliste et peintre verrier français du xixe siècle. Il est connu pour ses vitraux peints. Mais il est surtout considéré comme le chef de file du mouvement pictural que Baudelaire avait qualifié d’École de Metz, au Salon de 1845.

Biographie

Laurent-Charles Maréchal naît à Metz, en Moselle, le 27 janvier 1801. Intéressé par l’art, le jeune Laurent-Charles suit les cours de l’école municipale de dessin, de 1820 à 1825. Un autoportrait de cette époque, nous montre un jeune homme sûr de lui et déterminé. Fasciné par l’Italie, Laurent-Charles Maréchal vouera une admiration sans limite à la peinture italienne, et l’Italie, qu’il considère comme la patrie des artistes.

Laurent-Charles Maréchal s’intéresse à des genres variés, allant des paysages aux grands tableaux d’histoire. Mais la demande locale l’oriente bientôt vers la peinture sur vitrail, où il excelle dans le vitrail-tableau. En 1838, il ouvre à Metz un atelier de peinture sur verre avec son beau-frère Gugnon. De 1838 à 1853, Laurent-Charles Maréchal a ses ateliers dans l’hôtel de Malte, sur la colline Sainte-Croix. Travaillant les arts appliqués, au contact d’une industrie en plein essor, Maréchal se distingue particulièrement dans l’art du vitrail. Laurent-Charles Maréchal place bientôt son ancien élève Louis-Théodore Devilly à la tête de son atelier de vitraux peints. Travailleur infatigable, Maréchal ne donne son temps qu’à une poignée d’élèves véritablement doués et réellement volontaires.

En 1853, Laurent-Charles Maréchal installe au numéro 4 de la rue de Paris, dans le prolongement du pont des Morts, ses ateliers de maître verrier. Il perfectionne les techniques et la fabrication industrielle des vitraux, devenant l’un des peintres verriers les plus importants de France, dans la deuxième moitié du xixe siècle. Signe de sa réussite, Laurent-Charles Maréchal crée les vitraux de l’exposition universelle de 1855. Avec Gugnon, son beau-frère, il crée les vitraux néo-gothiques de l’église Saint-Germain-l’Auxerrois à Paris. Parmi ses 12000 verrières, dont 4600 à figures, on lui doit la restauration des vitraux de la cathédrale Saint-Étienne de Metz, ou encore celle de la petite église Sainte-Brigide à Plappeville, qu’il connaissait pour s’être souvent promené du côté du Mont Saint-Quentin À côté des commandes publiques, il travaille aussi pour des particuliers, notamment le baron Haussmann ou Eugène Viollet-le-Duc.

Après la Guerre franco-allemande de 1870, Laurent-Charles Maréchal opte pour la France et quitte sa ville natale, rattachée à l’Empire allemand. Il s’installe alors à Bar-le-Duc, dans la Meuse, où il refonde son atelier sous la houlette de son cadet, le verrier Louis-Charles-Marie Champigneulle. Après une vie de labeur bien remplie, Laurent-Charles Maréchal décède le 17 janvier 1887, à Bar-le-Duc son dernier refuge.

  1. Mouilleron et F. Étienne ont été ses élèves à Bar-le-Duc. Ils ont fondé à Bar-le-Duc l’atelier de vitraux Étienne et Mouilleron dont l’activité est attestée, de 1884 à 1904, par plusieurs œuvres identifiées dans le Lot-et-Garonne, la Haute-Saône et la Somme.

Laurent-Charles Maréchal est le père du peintre Charles-Raphaël Maréchal (1818-1886).

Son œuvre

Son œuvre est multiple. On connait de lui des dessins, des pastels, des cartons, mais aussi et surtout des vitraux, facilement identifiables. Au cours de sa carrière, Laurent-Charles Maréchal a réalisé près de 57000 m2 de vitraux, pour plus de 1600 édifices

Arts graphiques

Les traces, (dessin), musée du Louvre, département des Arts graphiques, Paris.

Art du vitrail

Vitrail L’Artiste (1867), portrait. Antichambre de la Galerie des Fastes du château de Fontainebleau ;

Vitraux de l’église Saint-Martin de Hayange construite en 1884 sur le modèle de la Trinité de Paris ;

Trois verrières illustrant l’histoire de Metz, salon de Guise de l’hôtel de ville de Metz;

autoportrait de Maréchal, conservé aux Musées de la Cour d’Or ;

Vitraux de l’église Saint-Ambroise de Paris (11e ardt.) ;

Vitraux de la chapelle du collège Saint-Clément de Metz ;

Vitraux de l’église Notre-Dame de Metz ;

Vitraux du chœur de l’église Notre-Dame de Cholet ;

Vitraux de l’église Saint-Eucaire de Metz (1863) ;

Vitraux de l’église Saint-Martin de Metz ;

Vitraux de l’église Saint-Martin de Pange ;

Vitraux de la cathédrale Saint-Étienne de Metz ;

Vitraux de la sacristie du Chapitre de la cathédrale Notre-Dame de Paris ;

Vitrail Le Pâtre.

Vitraux de l’église Saint-Georges de Lyon, réalisés entre 1844 et 1857, détruits en septembre 1944.

37 vitraux de l’église d’Ecully Rhône

10 vitraux de la cathédrale Notre-Dame de Luxembourg entre 1846 et 1860

 

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Vitrail du transept sud

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Le maître-verrier qui a réalisé le vitrail du transept sud de l’église Saint Jean de Malte à Aix-en-Provence médite sur son travail de création.

« Un voile de lumière dorée ». Voilà ce que je désirais secrètement réaliser pour la fenêtre du transept sud de Saint Jean de Malte. C’est, je crois, ce qui demeure maintenant lorsque le soleil luit, s’empare de ce vitrail et le fait disparaître, le consumer presque, dans la lumière du milieu du jour.

Tout le travail d’atelier de ces six mois d’hiver a été d’essayer de demeurer fidèle à cette intention tremblante, inscrite sur la maquette. Mais la maquette n’est justement qu’une intention, une partition qu’il faut faire vivre et que je dois incarner par le verre, dans le verre, matière à la fois rude et angulaire, autant que fragile et que j’assemblais semaine après semaine avec tous les soins de l’artisan.

Avec cette mémoire nécessaire pour qu’en chaque panneau, pourtant réalisé pour lui-même, une suite, un relais se fasse, passe de l’un à l’autre en mouvements continus, comme une respiration, aux rythmes complémentaires d’inspiration-expiration qui venaient se charpenter sur l’axe du meneau de la fenêtre.

Pour que cette colonne de pierre, d’ombre aussi, vienne en lente levée, comme une tige s’épanouir en fleur dans l’arcature, dans le remplage ouvragé de l’ogive gothique et qu’ainsi en son final, cette floraison lente s’achève en majeur, tons et rythmes accordés pour une gloire dont il n’est que le serviteur en ce lieu consacré.

L’inspiration que je n’ai cessé de demander et poursuivi, tout au long de ce travail (malgré le peu de lumière certains jours) était de suggérer avec mes moyens « la lumière au matin de Pâques ». Cette aube rosée de la chair du Christ transfigurée au retour de la mort, se levant avec lui, éclatante de lumière, lui le Soleil Levant, doré de gloire, qu’en son Père il offre avec toute l’humanité sauvée par sa Passion.

J’ai découvert assez tardivement au travail, à l’atelier, que les petits signes noirs qui ponctuaient ma maquette, étaient devenus dans les vitraux comme des étoiles à l’envers, les fragments dispersés de la mort, de la souffrance et du mal, volatilisés par la victoire du Christ, mais dont les traces subsistent et perdureront jusqu’à ce jour éternel où toute larme sera essuyée, où toute larme sera changée en rosée de Pâques.

Les mots pour un artiste sont en retrait sur ses actes. Je ne voudrais pas non plus vous livrer une clef pour déchiffrer ce vitrail, un mode d’emploi avec sous-titre de sa langue originale, le silence. L’art est comme la musique, son signe est dans son sens, enfoui dedans.

C’est avec les yeux du cœur  qu’il faut le lire, pas le cœur  affectif, mais le cœur  selon la Bible, qui est au centre de l’être. Ce regard vous dira mieux, vous fera sentir que ce vitrail n’est qu’un chemin, un serviteur, un écran voilé, le signe visible et maladroit dans cette église d’une lumière promise qui vient déjà nous visiter, par la Parole et la liturgie si attachantes, célébrées dans votre église.

Voilà mon intention et de plus en plus je veux me vouer à cela. Un ami me disait récemment : « Tu dois devenir le Diacre de la lumière ». Cette parole m’a peut-être désigné ma vocation profonde et je vais essayer d’y demeurer fidèle. Priez pour moi pauvre aveugle. Pour ce vitrail comme à chaque fois le meilleur m’a été donné, et si j’ai été inspiré dans ce travail si long, c’est que ma main a été guidée, j’en suis certain. »

Source : Site de la Paroisse Saint Jean de Malte

Confidence de Henri Guérin sur son travail

Lumière

« Depuis toujours la lumière est ce qui m’intéresse le plus, au calme ou en mouvement avec ses accents d’ombre qui donnent au vitrail sa gravité spécifique, joie mesurée, contenue. Le vitrail, c’est pour moi comme les mains sur le visage, la lumière filtre entre les doigts, espace à l’intérieur pour le silence.  »

Matière et couleur

« Le verre a ses limites, comme tout matériau. Il a des qualités spécifiques, angulaires, fragiles, instables dans la lumière, matière rude et somptueuse à la fois dont il faut se méfier pour les effets faciles. Je joue la coloration dans la masse, taillant dans son épaisseur pour dégrader vers la clarté, pour le passage d’un ton sur un autre, créant de grandes souplesses harmoniques. « 

« L’invention des coupes est essentielle; elles caractérisent chaque vitrail, chaque chantier dans leur nature et leur élan. J’aime les grands contrastes d’ombres sur des fonds limpides. Pour moi la couleur est au service des valeurs de tons, les module vers le chaud ou le froid, parti-pris fondamental pour le vitrail. »

 

 

Henri Guérin (peintre-verrier)

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Henri Guérin, né le 30 juillet 1929 à Bruges (Pyrénées-Atlantiques) et mort le 24 octobre 2009 à Toulouse (Haute-Garonne), est un peintre-verrier français.

Biographie

Né le 30 juillet 1929 à Bruges, village des Pyrénées-Atlantiques, Henri Guérin passe son enfance et sa jeunesse à Saint-Prix dans le Val-d’Oise, en lisière de la forêt de Montmorency, près de Paris. En 1954, il séjourne à l’abbaye bénédictine d’En Calcat dans le Tarn où il rencontre le père bénédictin Ephrem Socard qui l’initie à la technique du vitrail en dalle de verre. En 1961, il s’installe à Plaisance-du-Touch, près de Toulouse où il réalisera son œuvre, toujours en solitaire, à la fois concepteur et créateur de ses vitraux. En 2009, son dernier vitrail est la verrière Marie, Porte du ciel, pour la crypte Notre-Dame de Sous-Terre, de la cathédrale de Chartres. Sa pose posthume est effectuée en 2010 par son petit-fils Matthieu Gasc qui a pris la relève dans l’atelier depuis 2009.

  

L’œuvre

Vitraux

Son œuvre vitrail considérable comporte plus de six cents références, situées dans des édifices religieux, des bâtiments civils, des demeures privées et des lieux publics. Si on la trouve principalement en France elle est aussi très présente à l’étranger (Suisse, Canada, États-Unis, Japon, Cameroun, etc.).

Matériau de verre utilisé

Henri Guérin a opté dès sa jeunesse pour la technique de la dalle de verre jointe au ciment. Il a utilisé des dalles de verre de toutes nuances, issues pour la plupart des fourneaux de la fabrique Albertini, à Montigny-les-Cormeilles. Son originalité consiste en la taille dans l’épaisseur des dalles pour créer des passages subtils de tons et dans l’utilisation d’un joint de ciment très fin et coloré dans la masse.

Dessins et tapisseries

Son œuvre comprend aussi un ensemble important d’œuvres sur papier (gouaches et dessins à l’encre de Chine) et une cinquantaine de tapisseries d’Aubusson réalisées par les ateliers Pinton à Felletin.

Textes

Henri Guérin est l’auteur de textes publiés dans des revues, catalogues ou actes de colloques, qui livrent sa réflexion sur son activité créatrice. Deux albums de dessins et textes ont été édités par les Éditions de La Porte du Sud : Les Arbres (1984, coll. Le Goût du Dessin) et Pèlerin au Mont Saint-Michel (1992), et, en 1996, Patience de la main par les Éditions du Cerf (Paris), méditation sur sa pratique du dessin.

De lumière et d’ombre est son dernier ouvrage : anthologie de ses textes, paru en 2009, aux Éditions de la Revue de la Céramique et du verre1.

Il a également publié un recueil de poésie La Corbeille à papiers en 1955 chez Seghers.

 Catalogue des œuvres

Sophie Guérin Gasc, fille de l’artiste, architecte et docteur en histoire de l’art, a mis en ligne un catalogue des œuvres classées par pays et, en France, par département, avec les adresses des lieux où elles peuvent être vues, inventaire réalisé à partir d’une base de données numérique créée lors de sa thèse de doctorat (inédite) « Henri Guérin, peintre verrier, né en 1929 – Son œuvre au 20e siècle », soutenue en 2003, à l’université Jean-Jaurès (ex Toulouse 2 Le Mirail) sous la direction de Claude Bédat. Thèse encore inédite mais dont est issu l’ouvrage Henri Guérin – L’œuvre vitrail paru en 2015 aux Éditions Privat.

Plus de six cents lieux ont ainsi été référencés en France et à l’étranger. Édifices religieux (églises paroissiales, chapelles de communauté religieuses), édifices civils (établissement scolaires, sièges d’entreprises …) mais aussi un nombre important de créations pour des demeures privées (plus de 200). Un listing géographique peut être consulté sur le site henri-guerin.com.

Parallèlement, le fonds d’atelier est en cours d’inventaire et de conditionnement. Il comprend un important fonds de vitraux, les maquettes peintes, les œuvres graphiques et toutes les archives de l’atelier.

 Expositions

De nombreuses expositions collectives et personnelles ont révélé son œuvre à un large public. On retrouvera le détail chronologique de ces expositions d’une part sur le site de Narthex, art sacré, patrimoine, création et d’autre part sur le site Henri Guérin, peintre verrier  géré par une association loi de 1901 qui se consacre à la connaissance, la mise en valeur et la sauvegarde de l’œuvre de l’artiste. La dernière grande exposition de l’artiste, de son vivant, fut l’été 2009 Lumière d’été, à l’orangerie du Sénat, dans les Jardins du Luxembourg, à Paris. Son souvenir en est conservé dans le DVD « Confidences »; film d’Hervé Desvaux, édité et diffusé par l’association Henri Guérin. Entre 2005 et 2007, une grande rétrospective de l’œuvre vitrail Éclats de verre et de lumière au Centre International du vitrail de Chartres a marqué les 50 ans d’atelier de l’artiste. En 2010, le Musée du verre de Conches-en-Ouche consacra une exposition au fonds d’atelier Henri Guérin (catalogue). Puis en 2015, la Galerie nationale de la Tapisserie de Beauvais (devenu puis Le Quadrilatère) organisa la grande exposition « Henri Guérin – Matières/Lumières »

Bibliographie

Sophie Guérin Gasc : « Henri Guérin – L’œuvre vitrail », préface de Dominique Ponnau, éditions Privat/Centre international du Vitrail, 2005.

Actes du colloque Art et culture religieuse, « Henri Guérin, Écouter la lumière », p. 128-131. Le Monde la Bible, École du Louvre, La Croix, Bayard.

Henri Guérin, De lumière et d’ombre, éditions de la Revue de la Céramique et du Verre, 2009; réédition 2011. Anthologie de textes d’Henri Guérin.

Henri Guérin, Patience de la main, éditions du Cerf, Paris. 1996 ; réédition 2012.

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Rose de façade

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Rose de façade

En novembre 1896 fut inaugurée la nouvelle rose de façade (obstruée au XVIIIè siècle par Viany qui y plaça un orgue). Réalisée par le peintre verrier aixois, Louis André, elle a un diamètre de quatre mètres et est constituée de six trèfles alternés qui entourent un  médaillon hexagonal.

Le motif décoratif représente une Croix de Malte entourés de six blasons disposés en trois axes (un axe vertical pour l’Eglise et deux axes obliques pour l’Ordre de Malte et le prieuré de Saint Gilles).

Les couleurs qui passent du bleu au rouage selon la lumière ou l’endroit où l’on se trouve, les ornements stylisés jouant avec le soleil en font une œuvre d’art remarquable.

 

Louis André

Louis André était un peintre-verrier, né en 1852 et mort à Aix-en-Provence le 3 juillet 1938.

Biographie

Il est initié à l’art par l’abbé de Bonde. Pendant la guerre de 1870, il est combattant volontaire.

Il a créé ensuite un atelier de production de vitraux à Aix-en-Provence, rue Jacques de la Roque. Ses œuvres se retrouvent dans des églises d’Aix-en-Provence et autour:

église Saint-Jean-de-Malte d’Aix-en-Provence, rose au-dessus de l’orgue (1896),

église de la Madeleine d’Aix-en-Provence,

église du Saint-Esprit d’Aix-en-Provence,

église Notre-Dame de la Seds,

église d’Arles, Tarascon, Salon-de-Provence, Saint-Rémy-de-Provence, …

dans le Gard, à l’église Saint-Laurent de Lanuéjols, en 1892.

Après la promulgation de la loi de séparation des Églises et de l’État, en 1905, Louis André ne reçoit plus de commande et doit fermer son atelier. Il est alors devenu professeur de dessin au collège catholique et à l’école des beaux-arts d’Aix-en-Provence. Il a cessé de donner son enseignement à 82 ans.

 

AIX-EN-PROVENCE (BOUCHES-DU-RHÔNE), EGLISE SAINT-JEAN-DE-MALTE (Aix-en-Provence), PAROISSE SAINT-JEAN-DE-MALTE (Bouches-du-Rhône), PEINTURE, TABLEAUX

Tableaux : église Saint-Jean-de-Malte (Aix-en-Provence)

Les tableaux exposés à l’église Saint-Jean-de-Malte.

 

Parmi les tableaux exposées dans l’église, la Crucifixion de Delacroix est celui qui attire le plus de visiteurs. Plusieurs vitraux se trouvent à l’intérieur. Le vitrail du chevet datant de 1854 a pour thème principal le Baptême du Christ.

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L’Annonciation et La Mort de la Vierge, André Boisson (1678). Ces tableaux avaient été commandés pour la chapelle de la Cour des comptes de l’ancien palais. Dans la même série de Boisson, deux œuvres sont aujourd’hui à la Madeleine, tandis que deux autres sont perdues.toiles_018 (2).jpgL’Annonciation

 

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La Mort de la Vierge

 

La Théologie, Michel-François Dandré-Bardon (entre 1744 et 1749). Il s’agit de l’œuvre la plus récente de Saint-Jean-de-Malte. On a longtemps cru devoir l’attribuer à Carle van Loo.

 

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La Résurrection du Christ, Louis Finson (1610). Ce tableau est la plus ancienne œuvre de Finson répertoriée en Provence. Il se trouve dans l’église Saint-Jean-de-Malte depuis le Consulat.

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Le Christ apparaissant à sainte Madeleine au jardinLe Miracle de saint Blaise et Notre-Dame de Bon-Repos, Gilles Garcin (1690). Tous trois commandés par le prieur Viany.

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Le Christ apparaissant à Marie-Madeleine

 

 

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Le Miracle de Saint Blaise

 

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Notre-Dame de Bon Repos

 

Descente de croix, André Gaudion (1612). Ce tableau proviendrait d’un couvent franciscain d’Aix.

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Saint Bruno au pied de la Vierge, Reynaud Levieux (1663), peint à l’origine pour le maître-autel de la chartreuse d’Aix.

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Descente de croix, Guillaume Martin dit Adam (1611). Cette œuvre a été acquise par Joseph-Félix Alphéran, futur prieur de Saint-Jean, qui en a fait don à l’église.

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Vierge du Carmel, Nicolas Mignard, dit Mignard d’Avignon (s. d.). Tableau venant de l’église des Grands-Carmes ; il est transféré à l’église du Saint-Esprit à la Révolution, puis à Saint-Jean.

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Le Christ en croix entre la Vierge et saint JeanLe Jugement de Salomon et La Femme adultère, Nicolas Pinson (1673). Ces tableaux étaient initialement installés dans la grande chambre du Parlement de l’ancien palais des comtes de Provence.

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Le Christ en Croix entre la Vierge et Saint Jean

 

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Le Jugement de Salomon

 

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La Femme adultère

 

L’Apothéose de saint Augustin, Michel Serre (s. d.). Ancien tableau de l’église des Augustins.

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Baptême du Christ

 

 

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Saint Roch, Bernardin de Sienne, saint Sébastien. Florence. XIVè siècle

 

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Transfiguration. N. Pegand. 2006.

 

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Notre-Dame des Calissons. XVIè siècle

 

  • Notre-Dame de Lorette (anonyme). Tableau offert par Mme Bourguignon de Fabregoules.
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Portraits des artistes ayant oeuvrés pour l’église Saint-Jean-de-Malte (Aix-en-Provence)

Portraits d’artistes ayant oeuvrés pour embellir l’église de Saint-Jean-de-Malte

 

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Charles-Laurent Maréchal (1801-1887)

Charles-Laurent Maréchal

 

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Henri Guérin (1929-2009)

Henri Guérin

 

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Michel-François Dandré-Baron (1700-1783)

Michel-François Dandré-Bardon

 

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Louis Finson (1580-1617)

Louis Finson

 

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Nicolas Miganrd (1606-1668)

Nicolas Mignard

 

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Eugène Delacroix (1798-1863)

Eugène Delacroix

 

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Charles-André van Loo ou Carle Van Loo (1705-1765) à qui fut d’abord attribué le tableau La Théologie en faint une oeuvre de Michel-François Dandré-Bardon

Charles-André van Loo

 

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Antoine Van Dick (1599-1641)

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Le Christ en Croix d’Antoine Van Dickjean_malte_028 (1)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Louis André (peintre-verrier)

Louis André était un peintre-verrier, né en 1852 et mort à Aix-en-Provence le 3 juillet 1938.

Biographie

Église Saint-Laurent de Lanuéjols (Gard) : saint Paul et saint Pierre

Il est initié à l’art par l’abbé de Bonde. Pendant la guerre de 1870, il est combattant volontaire.

Il a créé ensuite un atelier de production de vitraux à Aix-en-Provence, rue Jacques de la Roque. Ses œuvres se retrouvent dans des églises d’Aix-en-Provence et autour:

église Saint-Jean-de-Malte d’Aix-en-Provence, rose au-dessus de l’orgue (1896),

église de la Madeleine d’Aix-en-Provence,

église du Saint-Esprit d’Aix-en-Provence,

église Notre-Dame de la Seds,

église d’Arles, Tarascon, Salon-de-Provence, Saint-Rémy-de-Provence, …

dans le Gard, à l’église Saint-Laurent de Lanuéjols, en 1892.

Après la promulgation de la loi de séparation des Églises et de l’État, en 1905, Louis André ne reçoit plus de commande et doit fermer son atelier. Il est alors devenu professeur de dessin au collège catholique et à l’école des beaux-arts d’Aix-en-Provence. Il a cessé de donner son enseignement à 82 ans.

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André BOISSON (Aix, 1643 – 1733)
Originaire d’Aix-en-Provence où il naît l’année de la mort de Louis XIII, André Boisson débute véritablement sa carrière à Rome, auprès du peintre classique Reynaud Levieux avec lequel il travaille de 1667 à 1676. Ce dernier, issu d’une famille protestante, l’initie aux grandes commandes en lui faisant copier les chefs-d’œuvre  de Raphaël. Tout comme lui, après un séjour romain qui devait le marquer durablement, où la leçon des Carrache s’est assouplie dans l’exercice poussinien des grandes perspectives, il rentre en Provence à la fin des années 1670. D’ailleurs, sa première commande notable n’est-elle pas pour la chapelle de la cour des Comptes de l’ancien palais épiscopal. Là, il réalise L’Annonciation et La mort de la Vierge, aujourd’hui conservées dans l’église de la Madeleine. En 1693, il renouvelle l’exercice, mais cette fois-ci en rendant hommage au Christ supplicié dans une Transfiguration qu’on peut toujours admirer sur les murs de l’église de Saint-Jean de Malte. La redécouverte de ce tableau est importante à plus d’un titre. Tout d’abord, elle oblige à revoir certains présupposés de l’histoire de l’art dont l’un des plus tenaces est de considérer Jean Daret (1613-1668) et Pierre Puget (1620-1694) comme les seuls grands exégètes du classicisme en Provence. Cette version doit être revue au profit d’une vision plus nuancée qui s’attache à reconsidérer la place que les peintres formés à Rome et revenus à Aix ont occupée au cours de ces années-là et qu’ils ont prolongée au-delà du siècle, établissant une sorte de sage continuité annonçant la Régence. D’autre part, cette redécouverte conforte la tendance actuelle des recherches dix-septiémistes vers une réévaluation de la peinture en province, et singulièrement en Provence, à la fin du Grand Siècle. En effet, dans ce tableau, la leçon de Poussin est constante sans être ni servile ni mièvre. Si la rencontre du Christ et de la Samaritaine n’est pas le sujet sacré le plus sérieux qui soit, puisqu’il raconte avant tout l’histoire d’un homme et d’une femme au bord d’un puits, André Boisson le traite avec une humanité rare. La scène religieuse n’est qu’un prétexte à une évocation plus aimable où la douceur du Christ rencontre la candeur de cette jeune Juive qui reçoit la parabole comme un don du Ciel. Loin des mises en scènes sévères de l’atticisme parisien, André Boisson livre ici une composition pleine d’équilibre et de poésie qui consacre la pleine maturité de la peinture provençale à la fin du XVIIème siècle.

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Gilles Garcin

Gilles Garcin (Aix-en-Provence, 1647–1702) est un peintre français. Il a essentiellement travaillé pour le prieur Viany de l’église Saint-Jean-de-Malte dont il a réalisé plusieurs toiles destinées à des retables. On trouve toujours dans cette église trois de ses œuvres, toutes commandées en 1690 :

Le Christ apparaissant à sainte Madeleine au jardin,

Le Miracle de saint Blaise,

Notre-Dame de Bon-Repos.

Si la première de ces œuvres était destiné au retable du bras sud du transept de l’église, les deux suivantes furent placées sur un autel, celui de la chapelle des Viany et celui de la chapelle des porteurs de livrée.

Il réalise aussi d’autres œuvres pour d’autres édifices religieux d’Aix, comme La Vierge et saint Jean, pour la cathédrale Saint-Sauveur.

À l’instar de plusieurs peintres provençaux et notamment d’Aix, Gilles Garcin visite Rome (Italie) avec l’aide d’un mécène. Sa présence y est attestée en 1664, tout comme celle de Nicolas Pinson la même année, ou de Reynaud Levieux deux ans plus tôt. Outre Aix et Rome, il travaille également à Apt, Rians et Toulon.

 

Œuvres dans les musées

L’Annonciation, hôtel d’Agar (Cavaillon).

Pomone, Musée des Beaux-Arts, Marseille.

 

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Nicolas Pinson (1635-1681)

Nicolas Pinson, né à Valence (France) en 1635 et mort à Rome le 12 mars 1681, est un peintre, dessinateur et graveur français.

Biographie

Nicolas Pinson né à Valence en 1635 est le fils de Jean Pinson maître sculpteur, sans doute sculpteur sur bois. Sa vocation de peintre naît dans son milieu familial où il acquiert de son père les premiers rudiments il quitte très jeune le foyer familial car il arrive en 1653 à Rome où il fera l’essentiel de sa carrière. Ses maîtres romains sont les académiciens de Saint Luc. Il a pour condisciples de nombreux français dont le provençal Gilles Garcin et des italiens dont Pietro Lucatelli et Ludovico Gimignani. Il se lie avec des marchands de tableaux dont Paolo Plincene et l’arlésien Jean-louis Pilleporte ce qui lui procure une certaine réussite financière

Le 17 février 1658 il se marie avec une italienne, Laura Saludina (5-04-1622/17-11-1704) fille d’un fabricant de chapelet ; le couple n’aura pas d’enfant. Alors qu’il est au sommet de sa carrière, Nicolas Pinson se rend en 1668 à Aix-en-Provence. Son intention de revenir à Rome est certaine car il y laisse sa femme et son frère René-Charles auquel il signe une procuration pour régler ses affaires financières. Le peintre d’Aix-en-Provence Jean Daret est mort le 2 octobre de cette même année 1668 sans avoir pu honorer l’engagement pris en 1666 de décorer la Grande Chambre du Parlement au palais comtal. Nicolas Pinson réalisera une partie de cette commande dont trois tableaux se trouvent dans l’Église Saint-Jean-de-Malte d’Aix-en-Provence.

En 1675 Nicolas Pinson retourne à Rome où il peint un tableau pour une chapelle de l’église saint-Louis-des-Français. Il meurt peu après le 12 mars 1681.

Œuvres dans les collections publiques

L’Adoration des mages, musée des Beaux-Arts de Marseille

En France

Aix-en-Provence, église Saint-Jean-de-Malte : trois tableaux provenant de la grande chambre du parlement de Provence de l’ancien palais des comtes de Provence à savoir :

Le Jugement de Salomon : le roi Salomon , assis sur son trône, ordonne à un soldat de pourfendre un enfant que deux femmes prétendent être le sien. La vraie mère se désignera en arrêtant le geste du soldat.

Le Christ en croix entre la Vierge et saint Jean.

Jésus et la femme adultère : Jésus, agenouillé de profil, écrit sur le sol tandis qu’un scribe et un pharisien lui amènent une femme surprise en flagrant délit d’adultère et lui demandent s’il faut la lapider..

Avignon, musée Calvet : Repos de la sainte famille

Marseille, musée des Beaux-Arts de Marseille : L’Adoration des mages

En Italie

Rome, église Saint-Louis-des-Français : En 1672, l’abbé Elpidio Benedetti décide de financer la décoration de l’une des chapelles latérales de cette église et en confie la réalisation à une femme architecte, Plautilla Bricci qui peint également le retable représentant le roi saint Louis. Les parois latérales de cette chapelle sont chacune décorées d’un tableau signé et daté de 1680.

À droite un tableau signé Ludovico Gimignani représente saint Louis remettant la couronne d’épine à l’archevêque de Paris.

À gauche un tableau signé Nicolas Pinson représente un sujet singulier élaboré par le donateur. D’après Geneviève Michel ce tableau représenterait non pas Catherine de Médicis, mais Anne d’Autriche présentant à saint Louis le projet de la façade de l’église Saint-Louis-des-Français de Madrid. Ce tableau est le seul témoignage en Italie de l’œuvre picturale de Nicolas Pinson.

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Michel Serre

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Autoportrait de Michel Serre peignant les ravages de la peste devant l’hôtel de ville.

 Michel Serre, né à Tarragone (Espagne) le 10 janvier 1658 et mort à Marseille le 10 octobre 1733, est un peintre baroque français.

Il est connu pour ses tableaux religieux et surtout pour ses représentations de la peste à Marseille en 1720.

Sa jeunesse

Michel Serre, quatrième enfant de Jacques Serres, marchand ambulant, et de Marie Barbos est né à Tarragone le 10 janvier 1658. Orphelin très tôt, il est accueilli à la chartreuse de Scala Dei, située à une quarantaine de kilomètres de Tarragone. En 1670, il se rend en Italie où il apprend la peinture dans différents ateliers à Rome, Naples et Gênes.

En 1675, il quitte l’Italie pour s’installer définitivement à Marseille.

Ses débuts

Peu de temps après son arrivée à Marseille, il obtient une importante commande pour l’église des Dominicains, Le martyre de Saint Pierre Vérone (musée des beaux-arts de Marseille).

En 1684, il peint pour les Chartreux l’immense toile de Madeleine enlevée par des anges conservée dans le chœur de l’église des Chartreux à Marseille.

Le 1er mai1685, à Notre-Dame des Accoules, il épouse Florie Régimonde, fille de Jean Régimonde et de Jeanne Montaignon. En juin 1688, il achète un terrain à Suzanne de Marle et André Venture, puis y fait construire une grande maison dans la future rue Venture. L’emplacement exact de cette habitation n’a pu être trouvé.

Le 10 mai 1685, il obtient des échevins une lettre de citadinage et accepte de peindre pour l’hôtel de ville une toile, actuellement disparue, représentant le Christ mourant sur la croix.

Pour le récompenser de ses succès, Louis XIV le nomme peintre des galères et maître à dessiner des officiers et pilotes. Il travaille aux ouvrages de peinture des galères et enseigne aux jeunes officiers . Il exécute plusieurs portraits de chefs d’escadre, dont celui de Louis de Montolieu (musée des beaux-arts de Marseille).

Les années de maturité

Le 27 février1704, il donne procuration à sa femme pour régir ses biens et se rend à Paris. C’est là qu’il rencontre Jean-Baptiste Oudry qui devient son élève pendant quelque temps. Il se fait connaître par l’exécution de diverses toiles dont celle du Christ chassant les vendeurs du temple (Versailles, église Saint-Symphorien). Il envoie un tableau représentant Bacchus et Ariane à l’Académie de Paris qui l’admet au nombre de ses adhérents le 6 décembre1704 (musée des Beaux-Arts de Caen, œuvre détruite en 1944).

Ayant acquis une certaine fortune, il achète les charges de lieutenant du roi de la ville de Salon-de-Provence et de major de la ville de Gardanne. Louis XIV signe les lettres patentes correspondantes respectivement le 22 janvier 1712 et le 22 octobre 1712. Ses armes sont d’azur à trois serres d’aigles d’or posées l’une sur l’autre.

Il achète de nombreuses maisons de rapport et des terrains à bâtir dans les quartiers de Mazargues et de Saint-Giniez.

La peste et les années de vieillesse

Pendant la grande peste qui sévit à Marseille en 1720, Michel Serre se distingue par sa conduite. Il se révèle un homme de cœur et d’action. Il accepte la responsabilité de commissaire général de son quartier Saint-Ferréol et préside aux opérations de déblaiement du quartier. Il s’attira l’attention de l’intendant Lebret qui écrit aux échevins le 18 décembre 1721 : « Comme j’espère aller dans peu à Marseille, je verrai avec vous ce qui pourra se faire pour le tableau du sieur Serre dont je connais le mérite ».

Il distribue sa fortune pour soulager la misère des survivants. Son nom figure sur la stèle élevée en 1802 et placée actuellement au square du palais des Arts. Ayant été un très proche témoin de cette terrible épidémie, il peindra trois toiles qui sont ses œuvres majeures.

En 1726 il acquiert une chapelle qu’il dédie à Saint Jean de la Croix dans l’église des Carmes déchaussés.

Deux tableaux représentent la peste dans l’église paroissiale de La Ciotat. L’un des deux est du peintre Michel Serre. Il représente Le grand Saint Antoine, le bateau qui apporta la peste en Provence, en 1720, quittant sans secours la baie de La Ciotat.

Il meurt à Marseille le 10 octobre 1733, veuf et ruiné, mais entouré du respect de tous. Il est enseveli à la paroisse Saint-Ferréol.

Une rue du 16e arrondissement de Marseille porte son nom

Son œuvre

La virtuosité de Michel Serre lui a permis de réaliser un très grand nombre de peintures dont plusieurs ont disparu. Il a surtout peint des scènes bibliques ou de la vie de la Vierge et du Christ. Il a également exécuté des tableaux relatifs à la mythologie et des représentations historiques, ainsi que des portraits. Ses tableaux sont conservés au musée des beaux-arts de Marseille et dans des églises de Marseille et de sa région.

Tableaux religieux

Sainte Marguerite, église des Augustins de Marseille.

Musée des beaux-arts de Marseille :

La Madeleine pénitente

Éducation de la Vierge

Présentation de la Vierge au temple

La Visitation

Présentation de Jésus au temple

Jésus parmi les docteurs

Saint-Benoît ressuscite un jeune moine mort

Cycle de La Vie de Saint-François (quatorze toiles, dont deux ont disparu)

Le martyre de Saint-Pierre de Vérone, provenant de l’église des prêcheurs. Une copie a été faite par Joseph Coste qui remporte avec elle le prix d’encouragement

Le Miracle de Saint Hyacinthe

La Vierge à l’enfant, Saint-François de Sales et Sainte Jeanne de Chantal

Église des Augustins de Marseille :

Sainte Marguerite

La Vierge à l’enfant apparaissant à Saint Pierre et Saint Paul. Ce tableau se trouve à l’intérieur d’un retable placé au-dessus de l’autel dit des portefaix dans l’église des Augustins à Marseille. Ce retable est couronné par un fronton animé de putti situés de part et d’autre d’une gloire qui rayonne autour d’une tiare et des clefs qui sont le symbole de l’apôtre Pierre, premier Pape de l’Église. L’attribution de cette œuvre peinte en 1692 pour la confrérie des portefaix à Michel Serre a été remise en question par l’historienne de l’art Marie Claude Homet.

Le Repos pendant la fuite en Égypte

La Vierge à l’enfant apparaissant à Saint Pierre et Saint Paul, église des Augustins de Marseille.

Marseille, église des chartreux : Madeleine enlevée par les anges

Marseille, église Saint-Matthieu de Château Gombert :

Le Christ roi, la Vierge et Saint-Joseph, ou Le Purgatoire

L’Agonie de la Madeleine (attribution).

Franciscains devant la Vierge ou Apothéose de saint François (attribution)

Abbaye Saint-Victor de Marseille : La Vierge en prière dans l’atelier de Nazareth

Marseille, église Saint-Cannat :

La Vierge à l’enfant et le purgatoire

La Purification de la Vierge

Marseille, église des Grands Carmes : cycle de La Vie de la Vierge, six toiles classées en 1911

Apothéose de saint Roch, Marseille, église de Mazargues.

Marseille, église de Mazargues : Apothéose de saint Roch. L’église actuelle de Mazargues construite de 1849 à 1851 est dédiée à saint Roch, patron des pestiférés. Sur l’emplacement de cette église était érigée une chapelle dédiée au même saint. En effet lors de la peste de 1387 qui fit mourir le tiers de la population marseillaise, Mazargues reçut un afflux considérable de Marseillais qui fuyaient le fléau. Saint Roch fut tellement invoqué dans la vieille église que son nom y primât tous les autres. la présence dans cette église du tableau de Michel Serre représentant ce saint peut s’expliquer par le fait que l’artiste possédait une maison de campagne dans ce quartier, mais aucun document na fait explicitement mention de cette œuvre, pas même au début du xixe siècle. Ainsi l’abbé Marius Ganay précise seulement dans son livre La poétique histoire de Mazargues « derrière le maître-autel il y a une grande peinture qui représente l’apothéose de saint Roch ». Ce tableau d’un format remarquable (320 x220 cm) cintré à deux « oreilles » a été daté de la fin du xviie siècle. Sa forme particulière semble indiquer que cette œuvre devait venir s’encastrer dans le plafond d’un monument : église conventuelle ou chapelle d’hôpital. Au cours du xviiie siècle eut lieu sa transformation en toile encadrée pour orner un espace réduit par exemple un autel de chapelle ou d’église. Cette apothéose de saint Roch a fait l’objet de 2004 à 2008 d’une minutieuse restauration par le Centre Interrégional de Conservation et Restauration du Patrimoine à Marseille. Cette restauration a permis de constater que le châssis en bois résineux présentait la particularité d’être pliant suivant son axe vertical : des marques de pliage ont été constatées sur la couche picturale. L’étude des singularités du châssis indique que le tableau n’est probablement pas dans son format d’origine. Saint Roch contracta la peste au cours d’un pèlerinage qu’il fit en Italie et fut sauvé grâce à un chien qui venait le nourrir. Il est donc traditionnellement représenté revêtu du costume de pèlerin avec un bâton et une coquille cousue sur le manteau, un bubon pesteux sur la cuisse et accompagné d’un chien. Une statue placée dans la même église de Mazargues représente bien ainsi saint Roch. Or dans le tableau le saint montant au ciel ne présente pas le symptôme de la peste et n’est pas accompagné d’un chien : on peut donc supposer que le tableau représenterait en fait saint Jacques lui-même qui est le patron de l’Espagne, patrie originelle du peintre. Ce tableau fait partie des décors baroques plafonnants réalisés en Provence à la fin du xviie siècle pour des églises conventuelles ou des hôtels particuliers et dont Michel Serre a réalisé un certain nombre, aujourd’hui tous disparus.

Annonciation, saint Jean-Baptiste et saint Étienne, Marseille, église de la Pomme.

Marseille, église de la Pomme : Annonciation, saint Jean-Baptiste et saint Étienne. Ce tableau orne le chevet plat du chœur de l’église. Cette toile a été peinte au début du xviiie siècle pour orner le maître-autel de la chapelle des Comtes située traverse des Comtes à Marseille, placée alors sous le vocable de l’Annonciation. Très usé, le tableau a fait l’objet d’une restauration en 1978 pour l’exposition l’âge d’or de la peinture provençale et a été ensuite placé dans l’église de la Pomme. Michel Serre réalise ici une mise en abyme peignant un tableau dans un autre tableau : l’Annonciation est réalisée dans un cadre semblant flotter dans les airs devant saint Jean-Baptiste à gauche portant un agneau et saint Étienne à droite en habit de diacre. Les rideaux qui bordent la composition créent un élément d’illusion propre au théâtre.

Église d’Allauch (Bouches-du-Rhône) :

Mort de Saint-Joseph. Ce tableau a appartenu à Julie Pellizzone

La Fuite en Égypte

Église Saint-Jean-de-Malte d’Aix-en-Provence : Apothéose de Saint-Augustin

Église de la Madeleine d’Aix-en-Provence :

Le Christ et sainte Madeleine chez Simon le lépreux

Ex-voto offert pour la peste de 1720

Église du Beausset (Var) : Le Vœu de Mgr de Belsunce

Saint-Maximin-la-Sainte-Baume (Var), basilique Sainte-Marie Madeleine :
Michel Serre peint pour cette basilique quatre toiles de dimension à peu près identique (190 cm × 140 cm) encastrées dans les boiseries du pourtour du chœur. Elles ont été réalisées très probablement en même temps que ces boiseries c’est-à-dire entre 1689 et 1692, et sont malheureusement en mauvais état. Elles ne constituent pas à proprement parler un cycle car elles ne traitent pas d’un même sujet ; elles représentent les scènes suivantes :

L’Enfant Jésus. Ce tableau dont le cadre adopte une forme compliquée est placé au-dessus d’un grand tabernacle en bois sculpté destiné à recevoir une crèche aujourd’hui disparue. L’enfant Jésus, glorieux et triomphant, est représenté vêtu de draperies flottantes autour de lui, le fond lumineux étant peuplé d’anges. Cet ensemble aimable annonce cependant la passion.

Sainte-Anne, la Vierge et l’enfant jésus, Saint-Joseph. Ce tableau représente la Vierge assise tenant sur ses genoux l’enfant Jésus se tournant vers sainte Anne. En arrière est représenté saint Joseph.

La Vierge à l’Enfant et le purgatoire. Ce thème du purgatoire est fréquent à la fin du xviie siècle en raison du changement des mentalités qui se produit après 1660 époque où on prévoit la fin du monde pour le dernier tiers du siècle présent, le temps du nouveau Testament devant égaler celui de l’ancien. Le séjour en purgatoire devient le passage obligé après la mort d’où de nombreuses représentations de ce thème. Dans la partie inférieure du tableau est évoqué le séjour douloureux du purgatoire avec des flammes tandis que la partie supérieure représente l’entrée au ciel facilitée par la sainte Vierge. Ce tableau est à rapprocher de celui qui se trouve dans l’église Saint-Cannat à Marseille.

Saint-Thomas d’Aquin foudroyant l’hérésie. Le saint est représenté tenant dans sa main gauche l’ostensoir tandis qu’il brandit de la main droite la foudre pour terrasser l’hérésie qu’il piétine : il s’agit probablement du protestantisme car la toile a été réalisée peu de temps après la révocation de l’édit de Nantes (1685). Derrière saint Thomas d’Aquin, l’artiste a représenté un fond architectural avec à droite une niche contenant une statue représentant un personnage barbu. Le saint est représenté en pleine force de l’âge, c’est l’homme d’action qui triomphe plus par la force que par la persuasion.

Tableaux de la basilique Sainte-Marie Madeleine

L’Enfant Jésus.

Sainte Anne, la Vierge et l’enfant Jésus et saint Joseph.

La Vierge à l’enfant et le purgatoire.

 Saint Thomas d’Aquin foudroyant l’hérésie.

Vierge des grâces et purgatoire, La Ciotat, église Notre-Dame.

La Ciotat, église Notre-dame :

Vierge de grâces

Vierge de grâces et purgatoire

Sainte Marie-Magdeleine et Saint Maximin (tableau non visible)

Marseille, musée Grobet-Labadié : Notre-Dame du bon voyage

Marseille, villa Gaby Deslys : La Résurrection de Lazare

Draguignan, église Saint-Michel : Vierge donnant le scapulaire à Simon Stock

Aix-en-Provence, musée Granet : La vierge à l’enfant, moine bénédictin, Sainte félicité et Perpétue

Versailles, église Saint-Symphorien : Les Vendeurs chassés du temple

Œuvres de Michel Serre

La Fuite en Égypte, Allauch, église Saint-Sébastien.

 La Mort de saint Joseph, Allauch, église Saint-Sébastien.

 Agonie de la Madeleine, Marseille, Château-Gombert, église Saint-Matthieu.

 Le Purgatoire, Marseille, Château-Gombert, église Saint-Matthieu.

 Apothéose de l’ordre de saint François, Marseille, Château-Gombert, église Saint-Matthieu.

 Vierge des grâces, La Ciotat, église Notre-Dame.

 Apothéose de Saint-Augustin, Aix-en-Provence, église Saint-Jean-de-Malte.

 Vierge en prière dans l’atelier de Nazareth, Marseille, abbaye de Saint-Victor.

Vierge à l’enfant et le purgatoire, Marseille, église de Saint-Cannat.

Tableaux historiques

Les trois tableaux peints peu de temps après la peste de 1720 représentant les scènes de cette épidémie sont les plus connus. Ces œuvres qui eurent un très grand retentissement à leur époque, demeurent un témoignage majeur de cet évènement.

Musée des beaux-arts de Marseille :

Vue du Cours pendant la peste, Hauteur = 3,17 m × Largeur = 4,10 m

Vue de l’hôtel de ville pendant la peste, Hauteur = 3.06 × Largeur = 2,77 m

« Ces deux tableaux représentent le déplorable aspect qu’offraient alors les quais et le cours : là on voit les moribonds étendus, ayant près d’eux une cruche et un vase que quelques personnes compatissantes remplissent avec terreur d’eau et de bouillon ; le cours est jonché des cadavres de ceux qui ont cherché l’ombrage de ses arbres ou celui des toiles que les officiers municipaux y ont fait tendre : partout ce sont des scènes déchirantes d’enfants, de femmes, de vieillards expirants. »

Stendhal a apprécié ces deux tableaux : « Je viens de monter au premier étage de la Bourse (à l’époque bâtiment de l’hôtel de ville) pour les tableaux de Michel Serre. Contre mon attente, je les ai trouvés fort bons. »

Montpellier, musée Atger : La Scène de la peste de 1720 : épisode de la tourette, Hauteur = 1,25 m × Largeur = 2,10 m

Tableaux de la peste à Marseille

Vue du Cours pendant la peste de 1720, musée des beaux-arts de Marseille

 Vue de l’hôtel de ville pendant la peste de 1720, musée des beaux-arts de Marseille

Portraits

Michel Serre a peint divers portraits qui se trouvent pour la plupart dans des collections privées.

 

 

 

 

AIX-EN-PROVENCE (BOUCHES-DU-RHÔNE), AMBROISE-THOMAS ROUX-ALPHERAN (1776-1858), CHEVALIERS DE L'ORDRE DE MALTE, CHRONOLOGIE DES PRIEURS DE L'EGLISE SAINT-JEAN, EGLISE SAINT-JEAN-DE-MALTE (Aix-en-Provence), HISTORIEN FRANÇAIS, ORDRE DE MALTE, ORDRE DES HOSPITALIERS DU SAINT-ESPRIT, PAROISSE SAINT-JEAN-DE-MALTE (Bouches-du-Rhône)

Chronologie des prieurs de l’église Saint-Jean par Ambroise Roux-Alphéran

 

CHRONOLOGIE DES PRIEURS DE L’ÉGLISE DE SAINT-JEAN,

Sceau_des_Grands_Prieurs_des_St_Gilles_au_XIIIeme_siècle.

Chapelains conventuels de l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem. 1

 

Frère DIDIER vivait en 1251, lors de la consécration de l’église et mourut en 1264. C’est le plus ancien prieur dont on ait connaissance, car nous n’admettons pas qu’il ait été le premier. Les Hospitaliers étaient alors établis à Aix depuis environ un siècle, et puisqu’ils avaient bâti une chapelle avant la construction de l’église actuelle, les prêtres qui la desservaient devaient avoir un chef qui portait probablement le titre de prieur. Didier est représenté la mitre en tête sur le principal bas-relief du tombeau des comtes Alphonse II, et Raymond-Bérenger IV, qu’on voit à Saint-Jean.

  1. RAYMOND ISNARDI, élu en 1264, mort en 1276. Le prieur de Naberat se sert constamment du terme d’élu tant à l’égard d’Isnardi qu’à celui de ses successeurs, et c’est avec raison, puisqu’alors ils étaient nommés et choisis par les autres religieux composant la communauté. Le commandeur d’Aix, chef de la maison, approuvait ce choix, ce qui a eu lieu jusqu’au milieu du XVe siècle. Depuis cette dernière époque, les commandeurs nous paraissent s’être arrogés le droit de nommer eux-mêmes les prieurs, sauf quelques exceptions que nous fairons connaître
  2. BERTRAND LANCE, élu en 1276, mort en 1288. Naberat place à la suite de ce prieur, un Guillaume de Villars qui n’est autre que Guillaume de Villaret alors grand-prieur de Saint-Gilles et depuis grand-mitre, duquel nous avons parlé plus haut. Aussi de Haitze, qui sans doute avait reconnu l’erreur, ne fit-il aucune mention de ce Guillaume de Villars comme prieur.
  3. ANDRÉ BAROLI, élu en 1288, mort en 1299. Ce prieur a été omis dans le prétendu catalogue publié par l’historien moderne de Saint-Jean, dans le tome V des Mémoires de l’Académie d’Aix(pag. 301), où sont également omis les trois suivants.
  4. PIERRE DE MALAMORT, élu en 1299, mort en 1312. En 1306, F. Dragonet de Montdragon, grand-prieur de Saint-Gilles, fit en personne la visite de l’église et du prieuré de Saint-Jean et fit dresser un inventaire des reliques et objets qui se trouvaient dans la sacristie, parmi lesquels existaient déjà la mitre et la crosse en ivoire dont parle de Haitze dans ses Curiosités d’Aix, pag. 169. Cet inventaire fut fait en présence des frères de l’Ordre dont les noms suivent et qui desservaient l’église à cette époque, savoir : les frères Pierre de Malamort, prieur, Jean Picard, Pierre de Roquebrune (Rocabruna), Jean Folquerii, Rostaing de Fracha, Jacques Magne, Vincent de Chalansono, Raymond Sorloqui, Guillaume de Aludya , Raymond Simon, Raymond de Bouc (de Buco) et Jean Colombeti. Acte reçu par Guillaume Estienne, notaire institué par Chartes II, roi de Naples, comte de Provence, etc. 2
  5. VINCENT VERRIER , élu en 1312, mort au plus tard en 1322.
  6. PIERRE de CURISIO, élu vers 1322, mort au plus tard en 1328. Ce prieur est inconnu, à l’auteur dont nous parlons dans la pag. précédente, comme il l’a été à Naberat et à de Haitze.
    Nous avons trouvé dans les titres du prieuré (sac B., n° 8), découverts par le prieur Viany, un demi siècle après la mort de Naberat, un acte du 8 août 1322, passé devant Guillaume Cavaleri, notaire, par lequel Pierre de Curisio, prieur de Saint-Jean, permet à Jean Pagani de convertir en vignoble une terre labourable située au terroir d’Aix, quartier de Casanova, qui supportait une redevance à l’église de Saint-Jean, et ce en présence et du consentement de F. Geoffroi Rostang, commandeur d’Aix, ce qui nous autorise à placer ici ce prieur dans notre chronologie.
  7. JACQUES DE CLERIO, chapelain du grand-maître Hélion de Villeneuve, fut nommé prieur par ce prince en 1328, et mourut en 1347. De son temps eut lieu la réformation du prieuré par le même grand-maître, que nous avons rapportée plus haut, et frère Isnard de Albarno, grand-prieur de Capoue et commandeur d’Aix, fonda dans l’église de Saint-Jean la chapelle des onze mille vierges. C’est ce commandeur que l’historien moderne de Saint-Jean a pris pour un prieur et qu’il a compris comme tel dans son prétendu catalogue sous les noms d’Isnard de Grasse, entre Jacques de Clerio et Pierre Curti. Le prieur de Clerio fit dresser, en 1333, un inventaire des reliques et du mobilier qui existaient dans la maison de Calissane, dépendante du prieuré de Saint-Jean. 3Parmi les reliques se trouvait une caisse en cristal renfermant la chemise de la bienheureuse vierge Marie, au sujet de laquelle chemise on peut voir : 1° l’arrêt du parlement d’Aix, du 8 juillet 1683, en faveur du prieur de Saint-Jean, Viany, à qui cet arrêt adjuge la moitié des offrandes faites à cette sainte relique ; 2° le Dictionnaire géographique de la Provence, par Achard, au mot Berre, pag. 338 ; 3°et la Statistique de la ville de Berre et de son terroir, par M. Porte, pag. 73 et 74.
  8. BERTRAND AUDIBERT, chapelain du grand-maître Dieudonné de Gozon, fut nommé par celui-ci prieur de Saint-Jean, le 5 octobre 1347, et mourut en 1352. Il a été encore inconnu à l’historien moderne de Saint-Jean qui l’a omis dans son prétendu catalogue, de même que les cinq prieurs qui suivent.
  9. JEAN TRIPOLI, élu en 1352, mort en 1355.
  10. HUGUES DE ALERIO, élu en 1355, mort en 1375. Il est appelé de Clerio dans quelques titres, probablement par erreur.
  11. PIERRE AYCARDI, élu en 1375, mort en 1401. Sous lui le nombre des prêtres desservant l’église de Saint-Jean fut réduit à douze, attendu l’insuffisance des revenus, occasionnée par les guerres qui désolèrent la Provence pendant le règne de la reine Jeanne et celui des premiers comtes de la seconde maison d’Anjou. De son temps encore , F. Bernard Grassi, l’un des prêtres de Saint-Jean, fut élu grand-prieur de l’église de Rhodes, ainsi que nous l’avons dit ci-dessus d’après Naberat. 4
  12. RAYMOND ROSTINI, élu en 1401, mort en 1404.
  13. ROSTANG MALIPILI, élu en 1404, mort en 1408.
  14. PIERRE CURTI, était curé de la paroisse Saint-Sauveur d’Aix, 5lorsqu’il fut nommé prieur de Saint-Jean en 1408. Il mourut en 1434 et non en 1424 comme le disent Naberat et de Haitze, car on trouve dans les archives du prieuré une foule d’actes de reconnaissances passés en sa faveur dans le courant des années 1427, 1432 et 1433. Il assista au chapitre général de l’Ordre tenu dans son église en 1410, sous le grand-maître Philibert de Naillac. 6Il parait que c’était un saint personnage, puisque après sa mort, son portrait fut placé sur l’autel de la chapelle de Saint-Barthélemy où il se trouvait lors de la visite de 1613. 7 Ce portrait existait encore dans la sacristie de Saint-Jean au moment de la révolution et a disparu depuis. Le prieur Curti y était représenté à genoux, en robe et en manteau long, marqué d’une croix sur l’épaule gauche, sans colet, ayant la tête rase et une couronne de cheveux.. Tel était le costume des prieurs de Saint-Jean dans leur église, avant qu’ils prissent le camail.
  15. MATHIEU HONORAT, d’une famille d’Aix aujourd’hui éteinte, qui avait donné plusieurs consuls et deux conseillers au parlement au XVIIe siècle et possédé la seigneurie de Porcieux, fut nommé prieur de Saint-Jean le 27 janvier 1434 (Lantelmi, notaire), et non en 1424 comme le disent Naberat, de Haitze et l’historien moderne de Saint-Jean, par frère Elzéar de Glandevès, bailli de Manosque et lieutenant du grand-prieur de Saint-Gilles frère Bertrand d’Arpajon, avec le consentement des autres religieux desservant l’église. Il mourut en 1462.
  16. ANTOINE HONORAT, neveu du précédent, lui succéda en 1468, après six ans de vacance du prieuré, et mourut en 1472.
  17. HUGUES ARBAUD, fils de noble Arbaud d’Arbaud, premier syndic d’Aix en 1428, 8nommé par le pape Paul II, en 1470, mourut en 1483, suivant Naberat et de Haitze. Nous remarquerons encore ici une inexactitude de ces auteurs qui font élire ce prieur suivant les formes ordinaires en 1482 seulement. C’est qu’ils ne connaissaient pas, sans doute, la bulle du pape en date des ides de janvier 1469 (v. st.) qui commet Bérenger de Rupe, chanoine official de l’église cathédrale de Marseille, pour l’exécution d’une autre bulle en date du même jour, portant collation du prieuré de Saint-Jean vacant par le décès de F. Mathieu Honorat, en faveur de Hugues Arbaud ; lesdites bulles suivies de la procédure faite à ce sujet à Aix, dans la maison de noble Jean Gastinelli, le 22 juin 1470, en présence de magnifique Palamède de Fortin, seigneur de Soliès, et de Pierre de Guiramand, seigneur de La Pène. Il y a apparence que Hugues Arbaud, quoique nommé par le pape, ne voulut ou ne put prendre possession qu’en 1472, après la mort d’Antoine Honorat pourvu légalement depuis 1468 et antérieurement aux bulles du pape. 9
  18. GUILLAUME DE RONCHINOL, natif de Mâcon dans la langue d’Auvergne, fut nommé, en 1483, par honoré de Pontevès, seigneur de Bargème, en qualité de procureur fondé de frère Antoine de Pontevès, commandeur d’Aix, son frère, lequel approuva cette nomination le 24 septembre de la même année. 10Le grand-prieur de Saint-Gilles, Préjan de Pidoux, partant pour Rhodes au mois de mars 1518, l’établit son vicaire-général. 11Il parait qu’étant tombé malade, il se démit du prieuré en 1526 et alla mourir à Montpellier en 1528.
  19. FRANÇOIS LARISSE, l’un des quatre chapelains du grand-maître, Philippe Villiers de l’Isle-Adam, fut nommé par lui le 22 septembre 1526, lorsque le gouvernement de l’Ordre résidait momentanément à Nice après la perte de l’île de Rhodes. Il mourut en 1530, suivant Naberat et de Haitze, car l’historien moderne de Saint-Jean ne fait aucune mention de lui, non plus que de Hugues Arbaud nommé plus haut.
  20. VALENTIN DUBOIS (de Bosco), élu en 1530, mourut le 22 juillet 1555. Il était auparavant chanoine régulier de Saint-Ruf, et il appartenait à une famille noble alors établie en Savoie, transplantée depuis à Apt en Provence, où elle est plus connue sous le nom de Saint-Vincent, ce qu’on prouve par le sceau de ce prieur apposé au bas de diverses pièces signées de lui et conservées aux archives du prieuré. On voit sur ce sceau deux lances posées en sautoir qui sont les armes de la famille Dubois de Saint-Vincent. L’historien moderne de Saint-Jean place l’avènement de Valentin Dubois à l’année 1555 qui est celle de sa mort, et le fait succéder à un Géraud Dubois qui n’a jamais été prieur. Ce Géraud ou plutôt Giraud, était frère de Valentin et tous les deux, membres de l’ordre de Saint-Jean, étaient les neveux de F. Poncet d’Urre, bailli de Manosque et commandeur d’Aix, auquel ils firent élever au milieu du chœur de l’église de Saint-Jean, en 1548, un mausolée qui fut transporté, sous le prieur Viany, dans la chapelle de la reine Béatrix. 12
  21. JEAN NICOLAS, servant d’armes et commandeur de Joucas, fut commis en 1555, après la mort du prieur Dubois, à la garde du prieuré en qualité de capitaine avec garnison, à la charge de se faire ordonner prêtre lorsque les troubles occasionnés par les guerres de religion seraient appaisés ; de quoi il se fit décharger par le chapitre général tenu à Montpellier le 7 mai 1560, et plus tard il obtint du grand-maître Hugues de Loubenx de Verdalle, une bulle qui le confirma dans la jouissance du prieuré en 1583. En 1565, il avait été porteur des lettres que le grand-maître Jean de la Valette écrivit au roi Charles IX, à la reine mère et aux princes du sang, alors à Bayonne, pour leur donner avis du siège de Malte que les Turcs allaient entreprendre et solliciter des secours. 13C’est ce prieur que l’historien moderne de Saint-Jean place mal à propos après Guillaume de Ronchinol et avant le prétendu Géraud Dubois dont nous avons parlé sous le précédent prieur. Jean Nicolas mourut à Aix, le 24 février 1592.
  22. ANGELO PACE, Sicilien ou, selon d’autres, Calabrais, de la langue d’Italie, se trouvait à Rome lorsqu’il apprit la mort du prieur Nicolas. Il s’adressa au pape Clément VIII qui le pourvut, en 1595, 14du prieuré de Saint-Jean, en sa qualité de chef et supérieur suprême de l’Ordre. Mais ses bulles ne furent jamais enregistrées par l’effet des oppositions de F. Jean de Castellane d’Aluis, commandeur d’Aix, qui se mit en possession des revenus du prieuré. 15C’est ce commandeur d’Aluis, et non Dalvis, dont l’historien moderne de Saint-Jean fait un prieur sous le nom de Dalvis de Castellane. A sa mort, arrivée six ou sept ans après, le receveur de l’Ordre au grand-prieuré de Saint-Gilles, conféra le prieuré de Saint-Jean à F. Jacques Sallonis, servant d’armes, natif de Berre, lequel se mit en possession et jouit des revenus, jusqu’à ce que le prieur Pace, voyant ses poursuites inutiles, se rendit à Malte où il se démit, le 24 mai 1602, entre les mains du grand-maître Alof de Vignacourt.
  23. ANNE DE NABERAT, de la langue d’Auvergne, commandeur de Ville-Jésus et de Lieu-Dieu, ensuite prieur de Saint-Chartrier, vicaire et visiteur-général in spiritualibusdes grands-prieurés de Saint-Gilles et d’Auvergne, fut pourvu du prieuré de Saint-Jean le même jour 24 mai 1602, par provisions magistrales confirmées par le pape Clément VIII le 12 septembre suivant.
    En 1611, il échangea sa commanderie de Ville-Jésus pour celle du Temple d’Ayen et devînt successivement aumônier du roi, puis de la reine. Il mourut au mois de février 1630, âgé d’environ soixante-quatre ans, à Paris où il s’était rendu l’année précédente pour faire imprimer son dernier ouvrage, car c’était un homme de lettres qui a laissé plusieurs monuments de son savoir. 16Il avait puissamment contribué à relever le prieuré de Saint-Jean des pertes que les troubles du XVIe siècle lui avaient occasionnées.
  24. HONORÉ PELLEGRIN. porteur d’un bref apostolique de survivance de l’année 1623, fut mis en possession du prieuré de Saint-Jean, aussitôt après la mort de Naberat. La peste faisait alors les plus grands ravages dans Aix, en sorte que cette prise de possession eut lieu de visu, des hauteurs du Prignon, au pied de la tour dite de la Prouvenquoou de laKeirié17 Les désagréments qu’il eut à éprouver de la part de F. Jean de Berre, commandeur d’Aix, qui voulait le faire destituer pour mettre à sa place F. Hercules de Berre, son neveu, le forcèrent à se retirer à Malte où il mourut le 19 janvier 1649.
  25. HERCULES DE BERRE, des seigneurs de Collongue, protonotaire du Saint-Siége, nommé en survivance du précédent par le commandeur d’Aix, son oncle, depuis 1630, et par autres bulles du grand-maître Jean-Paul de Lascaris-Castellar, des 18 avril 1638 et 20 janvier 1649, prit possession le 19 février suivant. 18En 1653, il fut privé de l’administration du prieuré par la langue de Provence et rétabli l’année d’après. Mais en 1657, il fut suspendu de nouveau et F. Pierre de Chailan, qui fut depuis son successeur, administra le prieuré pendant son interdiction qui dura jusqu’à sa mort arrivée à Aix le 29 août 1666. Les divers auteurs des nobiliaires de Provence le nomment Jean de Berre au lieu d’Hercules ; c’est une erreur. Deux de ces auteurs ajoutent qu’il était d’une simplicité apostolique. 19
  26. PIERRE DE CHAILAN, des seigneurs de Villevieille, 20capiscol, puis infirmier de l’église collégiale de Saint-Gilles, fut nommé prieur de Saint-Jean le 10 septembre 1666, par F. Antoine de Glandevès-Castellet, bailli de Manosque et commandeur d’Aix, et prit possession, le 4 octobre suivant, 21du prieuré qu’il administrait depuis 1657. Il n’en jouit pas longtemps, étant mort à Malte au mois d’avril 1667. C’est le dernier prieur nommé par un commandeur d’Aix ; les suivants, au nombre de six, l’ont tous été par des grands-maîtres.
  27. JEAN-CLAUDE VIANY, frère consanguin de Pierre, grand-prieur de l’église de Malte dont nous avons parlé plus haut, né à Aix le 18 janvier 1659, 22fut nommé au prieuré de Saint-Jean, le 22 avril 1667, par le grand-maître Nicolas Cotoner, 23et prit possession le 15 juin suivant. 24 Il s’appliqua dès lors à restaurer son église qui lui doit ses principaux embellissements. Nous ne les rapporterons pas ici, pour ne pas nous répéter. Ils sont indiqués d’ailleurs avec le plus grand détail dans la notice publiée par l’historien moderne de St-Jean. En 1698 et le 10 mai, il obtint du pape Innocent XII, un bref qui lui donnait pour coadjuteur, F. Jacques-Christophle Viany, son neveu 25 ; mais celui-ci étant mort en 1703, et bien d’autres désagréments ayant été suscités au prieur Viany, par les ennemis que son caractère hautain et impérieux lui avait fait, notamment le bailli de Merles-Beauchamp, commandeur d’Aix, il se démit du prieuré en 1720, entre les mains du grand-maître Zondodari. Il vécut encore six ans et mourut à Aix, le 16 mars 1726 , âgé de quatre-vingt-sept ans et quelques mois. 26 Il était bon littérateur et lié avec les beaux esprits de son temps.
  28. PAUL ALPHERAN, neveu de Melchior alors grand-prieur de l’église de Malte duquel il a été parlé ci-dessus, né à Aix le 28 octobre 1686, fut pourvu du prieuré de Saint-Jean par le grand-maître Marc-Antoine Zondodari, le 13 juin 1720, et prit possession par procureur le 26 juillet suivant. 27L évêché de Malte étant venu à vaquer en 1727, le grand-maître Antoine-Manuel de Villhena, dont il était secrétaire en chef et qui l’avait employé en diverses négociations importantes auprès du vice-roi de Sicile, le porta, de concert avec le grand-conseil de l’Ordre, en tête de la liste des trois sujets qu’ils devaient présenter à l’empereur Charles VI, à qui appartenait en ce moment la nomination comme roi de Sicile. Il fut nommé en effet par ce monarque le 15 octobre de la même année, et le pape Benoît XIII, fit en personne la cérémonie de son sacre dans la chapelle de Saint-Pie au Vatican, le 14 mars 1728, le décorant le même jour du titre de prélat domestique et d’assistant au trône pontifical. 28
    Pendant près de trente ans qu’il gouverna le diocèse de Malte, il ne cessa de donner l’exemple de toutes les vertus. Il fit bâtir à ses dépens un séminaire qu’il dota de fonds suffisants pour élever et entretenir gratuitement vingt jeunes ecclésiastiques pauvres et y attacha une riche bibliothèque. C’est lui qui fit accorder par le pape aux chanoines du chapitre de Malte en 1749, le droit d’assister aux offices de la cathédrale avec la croix pectorale et la mitre. Il mourut dans son palais épiscopal le 20 avril 1757, et fut inhumé dans la chapelle souterraine de son église destinée à la sépulture des évêques. Le pape Benoît XIV, l’avait nommé archevêque de Damiete in partibuset se proposait, dit-on, de le décorer de la pourpre romaine lorsque la mort enleva l’évêque avec lequel il était lié d’une étroite amitié. 29 Celui-ci s’était démis, depuis le mois de juin 1729, du prieuré de Saint-Jean d’Aix, dont l’historien moderne de cette église le fait jouir jusqu’en 1754, on ne sait sur quel fondement.
  29. JEAN-MELCHIOR ALPHERAN, frère du précédent, né à Aix le 5 mai 1690, fut nommé prieur de Saint-Jean le 3 juillet 1729, par le grand-maître Antoine-Manuel de Villhena, et prit possession le 25 août suivant. 30Il eut à soutenir contre M. de Brancas, archevêque d’Aix, relativement à l’administration des sacrements dans son église, des démêlés dont on trouve une analyse dans les mémoires du clergé. 31Convaincu du néant de la vie humaine et de la vanité des grandeurs de ce monde, il résolut de se retirer dans la maison de Sept-Fonts, abbaye de l’ordre de Cîteaux, à quelques lieues de Moulins en Bourbonnais, célèbre par l’austérité de la règle qu’on y observait. Il y fit un premier voyage en 1740, et y retourna quatre ans plus tard pour y prendre l’habit qu’il revêtit en effet le 21 novembre 1743. Une lettre qu’il écrivit à sa famille le même jour pour lui faire connaître sa dernière résolution, est signée F. Joseph, prieur d’Aix, novice à Sept-Fonts, et ajoute par P. S.: M. l’abbé m’a donné ce nom à cause de son prédécesseur qui le portait.
    En 1750, il fut nommé prieur de cette sainte maison et au mois de mars 1755, l’abbé de Sept-Fonts était mort, le roi Louis XV nomma le frère Joseph pour lui succéder. Enfin, après une pénitence des plus rigides pendant environ quatorze ans, il mourut sur la cendre, en odeur de sainteté, le 11 août 1757, quelques mois après l’évêque de Malte son frère. Tel fut le saint personnage que l’historien moderne de Saint-Jean n’a pas même nommé dans son prétendu catalogue des prieurs de cette église.
    En quittant pour toujours sa ville natale, il avait passé par Rognes dont il avait été longtemps curé dans sa jeunesse et où il avait fait tant de bien pendant la peste de 1720 et 1721, et il avait déposé dans l’église paroissiale de ce lieu, une lampe en argent autour de laquelle on lisait cette inscription : ad dirigendos pedes nostros in viam pacis32 Nous ignorons ce qu’est devenue cette lampe. Dès le jour où il eut terminé son noviciat à Sept-Fonts, le frère Joseph avait envoyé à Malte sa démission du prieuré de Saint-Jean que le grand-maître Emmanuel Pinto, conféra, le 28 décembre 1744, au frère suivant.
  30. JEAN-BAPTISTE DE VIGUIER, ancien religieux Augustin de la maison d’Aix, d’une noble et ancienne famille d’Arles où il était né le 18 mars 1707. Il était frère du commandeur Paul-Antoine de Viguier, célèbre dans l’Ordre pour avoir découvert, en 1749, la conspiration ourdie par Mustapha, pacha de Rhodes, tendant à égorger le grand-maître ainsi que tous les chevaliers et à s’emparer de Malte où ce pacha était prisonnier. Le prieur de Viguier prit possession le 3 juin 1745, 33et ayant été appelé à Malte environ vingt-cinq ans plus tard, il y mourut au mois d’août 1773, ne laissant dans Aix que le souvenir de la reconstruction de la pointe du clocher que la foudre avait abattue en 1754, ainsi que nous l’avons dit plus haut. Le grand-maître François Ximenès de Texade, nomma pour lui succéder, le 23 du même mois d’août
  31. JOSEPH-FELIX ALPHERAN, cousin de Paul et de Jean-Melchior, né à Aix le 9 juillet 1720, fils de Félix, qui fut depuis dernier consul de cette ville en 1724, et petit-fils de François qui l’avait été en 1649 et 1650, après les troubles du Semestre. Il prit possession le 6 octobre 1773, 34et fut pourvu en 1782 de la commanderie de Gouts au grand-prieuré de Toulouse.
    S’étant démis du prieuré de Saint-Jean en 1788, il sortit de France quatre ans plus tard à cause des troubles et rentra peu de mois après pour se réfugier à Lyon où il se trouva pendant le fameux siége que cette ville soutint contre les républicains en 1793. Il se retira lors de la catastrophe du 18 fructidor, en Toscane, d’où il revint à Aix à la fin de 1801, et il y mourut le 11 février 1806. C’est lui qui avait donné à son église le grand tableau qu’on y voit encore, représentant la descente de croix, bonne copie du Barroche, qu’il avait acheté des pénitents noirs de celle ville après la dissolution de cette compagnie en 1771.
  32. JEAN-FRANÇOIS ALPHERAN, né à Aix le 29 avril 1753, neveu du précédent, lui fut donné pour successeur par le grand-maître Emmanuel de Rohan, le 26 août 1788, et prit possession le 1er décembre suivant. 35A la fin de février 1792, voyant ses jours menacés, il passa à Nice, de là à Tarin, puis en Toscane et en Angleterre, et enfin à Malte où il se trouvait, au mois de juin 1798, lors de la prise de cette île par le général Bonaparte. Proscrit en France comme émigré et comme frère de deux émigrés, 36l’un desquels était mort l’année précédente sous les drapeaux du prince de Condé ; dénué de toute ressource par l’anéantissement de son Ordre ; entraîné d’ailleurs par l’exemple de quelques amis intimes, 37 il ne vit de salut pour lui que dans les rangs de l’armée française qu’il suivit en Egypte, 38 avec le général du Muy son compatriote. Celui-ci étant retourné en Europe, le prieur Alpheran fut placé dans l’état-major du général Menou qui devint bientôt après général en chef de l’armée d’Egypte. Il rentra avec lui en France à la fin de l’année 1801. De puissantes protections auprès du général Bonaparte, alors premier consul, auraient pu lui faire obtenir un des évêchés nouvellement créés en vertu du Concordat conclu avec le pape Pie VII ; mais il se refusa à toute espèce de démarches, opposant ainsi aux détracteurs de sa conduite, un désintéressement noble et franc que tous ne surent pas imiter. Après quelques années de séjour à Paris et à Turin, il fit un dernier voyage à Aix, et y mourut le 5 octobre 1808.

On sait qu’après la prise de Malte par les Français, l’empereur de Russie Paul 1er, mit les débris de l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem sous sa protection et s’en déclara grand-maître. Il fut dit dans le temps que, considérant le prieuré de Saint-Jean d’Aix comme vacant par la retraite du prieur Alpheran en Egypte, le nouveau grand-maître en avait conféré le titre à frère Auguste Bonnet de la Beaume, natif d’Aix, ancien conseiller-clerc au parlement de Provence, alors émigré, qui s’était fait affilier à l’Ordre. Faute de documents précis, nous n’affirmerons rien à cet égard ; mais nous rappellerons que depuis l’époque de la restauration en 1814, jusqu’à la mort de l’abbé de la Beaume, arrivée à Aix à la fin de janvier 1820, celui-ci, devenu chanoine de Saint-Sauveur, a porté publiquement la décoration de l’ordre de Malte et a étalé sur sa voiture l’écu de ses armes entouré du cordon de cet Ordre, sans y ajouter néanmoins la mitre et la crosse en cimier, comme il aurait pu le faire en qualité de prieur de Saint-Jean. Ainsi, doit-on le compter au nombre des prieurs, ou non ? Nous en laissons le choix à nos lecteurs, en leur faisant observer seulement que ce n’eût été pour lui qu’un titre sans attributs, l’église de Saint-Jean ayant cessé d’appartenir à l’ordre de Malte depuis 1792.

 

1 Cette chronologie, dressée par le prieur Anne de Naberat sur les titres du prieuré, fut par lui jointe au procès-verbal de la visite faite en 1613, dont nous avons parlé ci-dessus. Le prieur Viany la communiqua, un siècle plus tard, à son ami P. J. de Haitze qui l’a insérée, suivant l’ordre des dates, dans son Histoire d’Aix demeurée manuscrite. Il est vraiment surprenant que l’historien moderne de Saint-Jean n’ait su la voir là ni là, lui qui cite si souvent les archives du prieuré et l’ouvrage de de Haitze, dans sa Notice historique et archéologique imprimée au tom. V des Mém. de l’acad. d’Aix. Nous avons relevé dans le prétendu catalogue qui suit cette notice et qui comprend vingt-trois lignes seulement, l’omission de treize prieurs, la supposition de trois autres, la transposition d’un autre et une douzaine de dates fausses, ainsi que nous l’écrivîmes, le 10 septembre 1845, à l’éditeur du Mémorial d’Aix, qui inséra notre lettre dans sa feuille du lendemain 11 septembre. Il fut tiré de cette lettre quelques exemplaires séparés que nous distribuâmes à nos amis, uniquement, nous le répétons, par amour et dans l’intérêt de la vérité historique fortement compromise par la publication faite sous le patronage d’un corps savant et respectable, d’un travail rempli d’anachronismes au milieu d’une foule de passages vraiment dignes d’éloges, nous le répétons aussi, dut encore l’auteur répéter de son côté que nous amusons le public par nos petitesses. La chronologie de Naberat s’arrête à 1615 ; nous l’avons continuée jusqu’à la suppression du prieuré, en 1792. Retour

2 Reg. intitulé Vita de Naberat fol. 100 et 101. Retour

3 Registre de Guillaume Ripert, notaire d’Aix, année 1333. Retour

4 Voyez ci-dessus, pag. 306 et suivRetour

5 Cette qualification lui est donnée dans le testament de Michel Picard , reçu le 22 avril 1405, par Jean de Turribus, notaire d’Aix Archives du Prieuré, sac R, n° 42. Retour

6 Voyez ci-dessus, pag. 310Retour

7 Voyez ci-dessus, pag. 320Retour

8 Voyez notre 1er vol. pag. 20 et 21Retour

9 Ces bulles, conservées aux archives du prieuré, sac EE n° 23, furent découvertes par le prieur Viany, longtemps après la mort de Naberat. Retour

10 Voyez ci-dessus ce qui est dit de la transaction passée entre le commandeur de Pontevès et le prieur de Ronchinol, au sujet du partage des biens de la commanderie d’Aix. Retour

11 Raybaud, Hist. du grand-prieuré de Saint-Gilles, tom. 1er, pag. 418. Retour

12 Voyez ci-dessus, pag. 317, ce qui est dit au sujet de ce tombeau qui, lors de sa translation dans la chapelle du transsept du sud, fut dépécé en plusieurs pièces. Les deux inscriptions rapportées dans le tom. V des Mém.. de l’Acad. d’Aix, pag. 242 et 268, n’en formaient qu’une sur l’un des fragments de laquelle on lit encore le mot prior appliqué à Valentin Dubois, et que l’historien moderne a cru pouvoir interpréter par priores qu’il applique ainsi tant à Valentin qu’à Géraud-Dubois, et c’est sur ce fondement, seul qu’il fait de celui-ci un prieur, contre toute vérité. Retour

13 Raybaud, Hist. du grand-prieuré de Saint-Gilles, tom. 1er , pag. 471. Retour

14 Archives, sac Z, n° 18. Retour

15 Archives du prieuré et mémoires imprimés du prieur Viany, contre le commandeur de Merles-Beauchamp. Retour

16 Voici la liste de ses ouvrages imprimés :
Advertissements chrestiens et politiques, recueillis de divers autheurs anciens et modernes, par F. A. de Naberat, commandeur de Ville-Jésus, prieur de Saint-Jean d’Aix et de Saint-Chartrier, conseiller et aumosnier ordinaire du roi. Aix, Tholosan, 1610, in-16.
Instruction pour faire les preuves de noblesse des chevaliers de Malte, la forme de donner l’habit, et faire les ameillorissements de leurs commanderies, colligée par F. A. de Naberat, etc. Aix,Tholosan, 1610, in-16. Se relie avec le précédent.
Malte suppliante aux pieds du roi, contre un mémoire pour la réunion de la grande-maîtrise à la couronne, par frère Anne de Naberat, conseiller aumosnier servant la reine, 1627, in-4°, sans nom de lieu (mais à Aix, chez Etienne David, gendre de Tholosan, ce qui se prouve par le papier et les caractères employés).
Sommaire des privilégies octroyés à l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem, par F. A. de Naberat, avec les portraits des grands-maîtres. Paris, 1630, in-f° -Ce sommaire se trouve aussi à la suite de l’Histoire des chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem, traduite de l’Italien, de Bosio, par Boissat, avec les annotations de Baudoin, Paris, Soly, 1629, in-f° – On le trouve encore avec Malte suppliante et l’Instruction pour les preuves, etc., à la suite de l’Histoire des chevaliers, par Bosio, avec les annotations de Baudoin, Paris, 1643, in-f°. Retour

17 Cet acte, reçu à la date du 21 février 1630, par Jean-Gaspard Jaubert, notaire à Rians, nous a été communiqué avec beaucoup de politesse par M. Pailheiret, notaire dudit Rians, propriétaire actuel de la minute. Boniface Alpheran, notaire d’Aix, réfugié à Esparron de Pallières, attendu la contagion, y intervient comme procureur-fondé du prieur Pellegrin, alors à Malte, duquel il déclare ne pouvoir représenter les titres qui sont à Aix dans sa maison où la peste l’empêche d’aller les chercher ; et sur cet exposé le chevalier frère François d’Agoult-Seillon, met ledit Pellegrin en possession de son prieuré. Retour

18 PJ. de Haitze, Hist. d’Aix, manuscrite, liv. XVIII, § 19. Retour

19 Robert de Briançon, Etat de la Prov., etc., tom. 1er, pag. 385 ; -Maynier, Hist. de la principale nobl. de Prov., 1ère part., pag. 74 ; – Artefeuil, Hist. hér. et univ. de la nobl. de Prov., tom. 1er, pag. 138 ; – Barcilon de Mauvans. Critiq. du nobil. de Prov., mss., au mot BerreRetour

20 Tome III ou Supplém. au nobil. de Provence d’Artefeuil au mot Chailan, pag. 122, branche de Villevieille. Retour

21 P-J. de Haitze, Hist. d’Aix, manuscrite, liv. XXII, § 25. Retour

22 Sa mère s’appelait Louise de Albis et non Balbi, comme le dit l’historien moderne de Saint-Jean, pag. 264 du tom. V des Mémoires de l’Acad. d’Aix. La première femme de l’avocat Jacques Viany, mère du grand-prieur, se nommait Anne Vanel. Retour

23 Archives du Prieuré, sac DD, n° 30 et 31. Retour

24 P.-J. de Haitze, Hist. d’Aix, manuscrite, liv. XXII, § 28. Retour

25 Archives du Prieuré. Retour

26 C’est à tort que l’historien moderne de Saint-Jean le fait mourir à Malte (tom. V des Mém. de l’acad. d’Aix, pag. 293). Il fut enterré dans son église de Saint-Jean, au pied du maître-autel, et sur sa tombe fut placée une inscription sépulcrale que chacun a vue ou pu voir jusqu’en 1835, époque à laquelle elle fut recouverte par le nouveau pavé du chœur de l’église en carreaux de marbres gris et blanc. Cette épitaphe est rapportée d’ailleurs dans le manuscrit du P. Moulin, conservé à la bibliothèque Méjanes, où l’auteur dont nous parlons a puisé toutes les inscriptions qu’il a copiées dans sa notice et où il a dû voir celle-ci. – Les ouvrages imprimés du prieur Viany ne sont, en général, que des pièces fugitives en vers et quelques discours en prose aux ducs de Bourgogne et de Berri, au roi d’Espagne Philippe V, etc. Retour

27 Acte reçu ledit jour par Michel Jean, notaire à Aix, et non par Me Thibaud, comme il est dit par erreur au tom. V des Mém. de l’acad. d’Aix, pag. 295. Retour

28 Notice des Provençaux qui ont été élevés à l’épiscopat, par le P. Bicaïs, de l’Oratoire, mss. de la biblioth. Méjanes, pag. 334, où l’on trouve l’éloge de cet évêque. On ne peut dissimuler toutefois qu’il fut accusé d’ostentation et de vanité, plus qu’il ne convenait à son état. Le jour de son sacre, dans sa première lettre pastorale adressée à ses diocésains (datum Romae extra portam Flaminiam 14 martii M DCC XXVIII), il prit pour surnom le nom de Bussan, qui était celui de sa quatrième aïeule (*) et le fit prendre à son frère aîné Claude, ennobli quelques années auparavant. Les descendants de celui-ci l’ont porté constamment depuis lors et le portent encore de nos jours, en mémoire de cet illustre prélat. Ce dernier jouissait en sus de l’évêché de Malte, de la commanderie de Vahours, l’une des plus importantes de l’Ordre au grand-prieuré de Saint-Gilles, et de celle de Gabre et Capoulet au grand-prieuré de Toulouse, ce qui lui procurait des revenus très considérables dont il faisait un noble emploi, source peut-être de la jalousie que son élévation avait suscitée contre lui parmi les autres chapelains. -Voyez aussi les savants et curieux manuscrits du chevalier Louis de Boisgelin, concernant l’ordre de Malte, déposés à la bibliothèque Méjanes à Aix, par le chevalier Joseph de Boisgelin, neveu de l’auteur. Retour

29 Nous sommes redevable à M. le chevalier Miége, ancien consul de France à Malte, auteur d’une excellente histoire de cette île (**), aujourd’hui agent des affaires étrangères à Marseille, d’une foule de documents dont nous n’avions aucune connaissance sur les monuments élevés à Malte par l’évêque Paul Alpheran, les diverses inscriptions qui y existent encore en son honneur ou celui du grand-prieur de l’église, son oncle, etc., notamment sur un ancien cimetière de l’île du Goze où cet évêque pensait qu’avaient été enterrés une partie des compagnons de Saint-Louis, après la seconde croisade de ce prince en 1270. M. Miége a eu l’extrême obligeance d’en écrire à deux de ses amis, M. le chevalier Augustin Portelli, membre du conseil du gouvernement à Malte, et M. César Vassallo, bibliothécaire de cette ville, qui, à sa recommandation, nous ont fourni, avec toute l’honnêteté possible, les détails les plus étendus et même de très beaux dessins touchant ce cimetière du Goze dont parlent le comte de Borch et Ciantar dans les ouvrages que nous citons ci-dessous (***) .Nous nous proposons de donner un jour au public, si Dieu nous prête vie, une notice sur ce curieux monument absolument inconnu en France, et nous y exprimerons mieux que nous ne pouvons le faire ici, les sentiments de vive reconnaissance et de haute estime dont nous sommes pénétré envers lesdits MM. Miége, Portelli et Vassallo.

* Voyez notre 1er vol., pag. 471, 472 et 474.
** Histoire de Malte, par M. Miége, ancien consul de France à Malte, etc., Paris, 1840, 3 vol., in-8°.
*** Lettres sur la Sicile et sur l’île de Malte, par M. le comte de Borch, écrites en 1777 ; Turin, 1782, 2 vol. in-8°, tom. II, p. 10 et 11. – Malta illustrata, ovvero descrizione di Malta, etc., del Commandatore Giovanno Francisco Abela, correta,accresciutta et continovata dal conte Giovanno Antounio Ciantar. etc. Malta, 1772, in-f° Lib. I. not. X, pag. 358, et tav. XVIII. Retour

30 Acte reçu ledit jour par Thibaud, notaire à Aix. Retour

31 Recueil des Actes, titres et mémoires concernant les affaires du clergé de France, ou table raisonnée, formant le tom. XVI ; 2e partie, pag. 117.- Mais dans le procès-verbal de visite du prieuré d’Aix, du 30 décembre 1776, on voit que l’archevêque fut condamné par arrêt du conseil du roi, du 30 janvier 1760, et autre arrêt de défaut du 8 août 1761, signifié et devenu définitif faute d’opposition, portant qu’il y a abus dans l’ordonnance de l’archevêque, en ce qui touche les églises, chapelles et oratoires de l’ordre de Malte. Retour

32 Cantiq. de ZacharRetour

33 Acte reçu ledit jour, par Rambot, notaire à Aix. Retour

34 Acte reçu ledit jour, par Rambot, notaire à Aix. Retour

35 Acte reçu ledit jour, par Jean-Boniface Bremond, notaire à Aix. L’historien moderne de Saint-Jean dit (pag. 300) que le prieur Joseph-Félix Alpheran résigna son bénéfice en faveur de son neveu Jean-François. C’est encore une erreur. Dans l’ordre de Malte, les commanderies, prieurés et autres bénéfices ne pouvaient pas être résignés. Quand ils devenaient vacants, ce qui ne pouvait arriver que par mort, démission ou destitution du titulaire, il était pourvu au remplacement de celui-ci suivant les règles établies dans l’Ordre. Retour

36 François-Nicolas-Boniface Alpheran, avocat, assesseur d’Aix, procureur du pays de Provence en 1781 et 1782, émigré après la pendaison de M. Pascalis en 1790 ; rentré en France en 1801, mort étant professeur-directeur de l’Ecole de droit d’Aix, en juillet 1808 ; et François-Laurent-Félix Alpheran, officier au régiment de Soissonnais, chevalier de Saint-Louis mort à Venise en 1797 l’un et l’autre enfants, comme le prieur Jean- François, de François, ancien garde du corps du roi Louis XV, etc. Retour

37 Les chevaliers de Lascaris, d’Auray de St-Pois, de Brizon du Roure, de Cheffontaine, de Barras, etc. Retour

38 Voyez les ouvrages du chevalier de Boisgelin et du vicomte de Villeneuve- Bargemont, cités ci-dessus, pag. 135, not. 1 ; et pour le général du Muy, voy. Pag. 64 et la même 135. Retour

 

Les Rues d’Aix – Chronologie des prieurs de Saint Jean
Les Rues d’Aix ou recherches historiques sur l’ancienne capitale de Provence
par Roux-Alpheran en 2 tomes 1848 et 1851

 

https://laixois.fr/les-rues-d-aix-chronologie/

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Ambroise-Thomas Roux-Alphéran

Ambroise Thomas Roux-Alphéran, né le 29 décembre 1776 à Aix-en-Provence où il est mort le 8 février 1858, est un historien français et greffier à la cour d’Aix-en-Provence pendant la Restauration. Son œuvre principale, Les Rues d’Aix, publiée en 1846-1848, est considérée comme une référence sur l’histoire d’Aix-en-Provence.

Roux-Alpheran

Biographie

Fils de Jean-Baptiste Roux, avocat au parlement, secrétaire et greffier de la viguerie, et de Gabrielle d’Alphéran, il fait ses études au collège Bourbon puis à la faculté de droit d’Aix. Époux en 1801 de Marie Anne Antoinette Renoux, il entreprend la carrière d’avocat malgré une forte timidité qui l’entrave dans l’exercice de sa profession. Il décide donc de rentrer dans l’administration et devient secrétaire en chef de la mairie d’Aix en 1807, poste qu’il conserve jusqu’en 1815, date du retour de Louis XVIII. Grâce au soutien de député, il est nommé greffier en chef de la cour royale d’Aix jusqu’en 1830. Du 11 février 1808 à 1830, il exerce la fonction de membre de l’Académie des sciences, agriculture, arts et belles-lettres d’Aix et, de 1821 à 1830, celle de conseiller municipal. Il démissionne de tous les postes qu’il occupe en 1830 pour mieux se consacrer à sa passion : l’histoire.

En 1840, il reprend ses fonctions à l’Académie, est nommé greffier en chef de la cour royale d’Aix et entre, l’année suivante, à la Commission d’archéologie. Lorsque Louis-Philippe prend le pouvoir, il démissionne et s’adonne à l’étude et l’écriture de l’histoire d’Aix-en-Provence.

Par ordonnance royal du 20 septembre 1814, Ambroise Roux, fut autorisé à joindre à son nom, celui de sa mère, pour devenir Roux-Alphéran.

Il meurt le 8 février 1858, à l’âge de 82 ans, sans avoir obtenu aucune distinction pour son œuvre. Ce n’est qu’après sa mort qu’une rue du quartier Mazarin, la rue Longue-Saint-Jean, reçoit le nom de rue Roux-Alphéran, qu’elle porte toujours. Roux-Alphéran avait occupé, durant une partie de sa vie, une maison au n°9.

 

Œuvres et thèmes

Les historiens lui attribuent un gros manuscrit anonyme rédigé pendant les années sanglantes de la Terreur Blanche à Aix en Provence (1795-1798). Titré Journal historique de tout ce qui s’est passé de remarquable dans Aix, depuis le dimanche 26 avril 1795 jusqu’au dimanche 31 décembre 1797, pour servir à rédiger des mémoires, ce manuscrit raconte d’un point de vue royaliste les années mouvementées du Directoire à Aix.

En 1846-1848, il publie Les Rues d’Aix. Ses nombreuses œuvres sont conservées à la bibliothèque Méjanes, à Aix.
En 2013, Aix sous la Terreur vient d’être édité en deux tomes par les éditions Desbaumes, d’après les archives de la bibliothèque Méjanes d’Aix-en-Provence.

 

 

AIX-EN-PROVENCE (BOUCHES-DU-RHÔNE), AMBROISE-THOMAS ROUX-ALPHERAN (1776-1858), EGLISE SAINT-JEAN-DE-MALTE (Aix-en-Provence), L'EGLISE SAINT-JEAN-DE-MALTE DU XIIè SIECLE JUSQU'EN 1828, LES RUES D'AIX, ORDRE DE MALTE, ORDRE DE SAINT JEAN DE JERUSALEM, PAROISSE SAINT-JEAN-DE-MALTE (Bouches-du-Rhône)

L’Eglise Saint-Jean-de-Malte du XIIè siècle jusqu’en 1828 par Ambroise Roux-Alphéran

ÉGLISE DE SAINT-JEAN ANCIENNEMENT COMMANDERIE ET PRIEURÉ DE MALTE.

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Par Roux-Alphéran

Les Rues d’Aix
ou recherches historiques sur l’ancienne capitale de Provence
par Roux-Alpheran en 2 tomes 1848 et 1851

L’ÉGLISE de Saint-Jean appartenait, avant la révolution à l’ordre religieux et militaire des chevaliers Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem, appelés depuis chevaliers de Rhodes et, en dernier lieu, chevaliers de Malte. Elle était le chef de la commanderie d’Aix, dépendante du grand-prieuré de Saint-Gilles et l’une des plus importantes de la langue de Provence, la première des langues ou provinces de cet Ordre illustre. A la tête de son clergé marchait un prieur tiré du rang des chapelains conventuels du même Ordre et qui jouissait, de toute ancienneté, à l’instar des prieurs de l’église primatiale et conventuelle de Saint-Jean de Rhodes ou de Malte, du droit d’officier pontificalement avec la mitre et la crosse, dans les grandes solennités. Enfin, cette église est une des plus remarquables de cette ville, soit par l’élégance de son architecture et la hardiesse de son clocher, soit par les monuments qu’elle renferme et les souvenirs qui y sont attachés. C’est ce qui faisait le sujet d’une notice assez étendue que nous avions destinée depuis longtemps à l’impression, 1 que nous avons retirée depuis et dont nous allons donner ici un abrégé.
Les Hospitaliers s’établirent à Aix vers l’an 1129, ou tout au moins avant la fin de la première moitié du XIIe siècle, 2 c’est-à-dire trente ou quarante ans après leur institution à Jérusalem. Quelques pieux habitants et les souverains du pays eux-mêmes leur cédèrent gratuitement des terres au midi et à peu de distance en dehors des murs de la ville comtale, et ils y bâtirent une chapelle sous l’invocation de saint Jean-Baptiste leur patron. Ces terres étaient situées là même où subsiste encore l’église de Saint-Jean, dont les alentours ont continué d’appartenir aux prieurs de cette église qui en aliénèrent ensuite diverses parties à titre de baux emphytéotiques avec cens, directe, droit de lods et autres droits seigneuriaux dont ces prieurs ont joui jusqu’à la révolution. 3
Eglise de St Jean.anciennement commanderie et prieuré de Malte.

Les comtes catalans qui régnaient alors en Provence, favorisèrent de tout leur pouvoir cet établissement naissant et contribuèrent à sa dotation. On doit citer plus particulièrement parmi eux Alphonse, roi d’Aragon, comte de Barcelonne et le premier de son nom en Provence ; Raymond-Bérenger III et Sanche d’Aragon ses frères, auxquels il avait cédé momentanément ce dernier comté en commande, et Alphonse Il, son second fils qui lui succéda depuis dans la souveraineté de ce pays.
Alphonse II avait épousé Garsende de Sabran, héritière du comté de Forcalquier, 4 et ils tinrent à Aix la cour la plus polie et la plus brillante de l’Europe par l’effet des encouragements que ces nobles époux accordèrent aux troubadours. Le comte Alphonse II s’était fait agréger à l’ordre des Hospitaliers et avait résolu de faire construire pour ces religieux une église plus grande et plus belle que celle qu’ils occupaient et dans laquelle il voulait être enseveli. Mais il n’eut pas le temps d’exécuter son dessein, étant mort en 1209 à Palerme où il était allé pour le mariage de sa sœur avec le roi de Sicile. Son corps fut transporté à Aix, suivant ses intentions et déposé dans l’ancienne église ou chapelle de Saint-Jean.
Raymond-Bérenger IV, son fils et son successeur, ne fut pas moins affectionné que lui à l’ordre des Hospitaliers, et par les dons considérables qu’il fit à leur maison, il mit le grand-prieur de Saint-Gilles, frère Bertrand de Comps, depuis grand-maître de l’Ordre, à même d’entreprendre la bâtisse de la nouvelle église de Saint-Jean, vers l’an 1234. Ce prince doit donc en être considéré comme le véritable fondateur, d’autant mieux que par son testament fait au mois de juin 1238, après avoir élu sa sépulture dans cette église, il légua le lieu de Vinon à la commanderie d’Aix, 5 à la charge d’entretenir trois prêtres qui diraient tous les jours la messe à son intention. Au mois de février 1239 (n. st.). ce même prince prit l’habit des Hospitaliers dans l’église de Saint-Jean en présence de tous les archevêques, évêques et barons de ses comtés de Provence et de Forcalquier et reçut d’eux en même temps le serment de fidélité. 6
La réputation de sainteté que s’étaient acquise les Hospitaliers dès leur établissement à Aix, leur ayant attiré dès lors une grande quantité de dons et de legs, leur valut aussi un nombre considérable d’élections de sépulture dans le cimetière attenant à leur église, 7 ce qui privait le chapitre de Saint-Sauveur, curé primitif de toute la ville, d’une bonne partie des droits qu’il percevait à raison des inhumations. Il voulut donc interdire celles qui auraient lieu dans le cimetière des Hospitaliers, lesquels ayant résisté à toutes les défenses que leur faisait le chapitre, les parties convinrent de s’en rapporter à la décision de cinq arbitres dont faisaient partie les archevêques d’Arles et de Vienne, l’évêque de Riez, etc. Ces arbitres ou leurs délégués, étant venus à Aix, ordonnèrent, par leur sentence du 5 des calendes d’août 1234, que le quart des offrandes ou legs faits à raison des sépultures dans l’église ou le cimetière des Hospitaliers, appartiendrait aux prévôt et chanoines de Saint-Sauveur, excepté toutefois les legs faits par les Hospitaliers eux-mêmes ou les gens tenant à leur maison ; que le chapitre jouirait aussi du quart de la dîme sur les biens acquis ou à acquérir par les Hospitaliers ; que ceux-ci ne pourraient administrer le sacrement de l’eucharistie due dans l’intérieur de leur maison, prout viaticum ; qu’ils donneront, annuellement à Pâques, six livres de cire à l’archevêque ; qu’ils ne pourront faire la bénédiction des rameaux qu’après celle de l’archevêque ; qu’ils n’auront que deux cloches à leur clocher et ne pourront les sonner que modérément ; etc., etc. 8
La plupart de ces dispositions furent plus ou moins modifiées par la suite, notamment celle concernant les cloches, le roi Charles II, comte de Provence, ayant permis aux Hospitaliers, par ses lettres du 22 avril 1291, 9 d’en avoir quatre à leur clocher, y compris les deux qu’ils avaient déjà.
Raymond-Bérenger IV, sous qui fut rendu cette sentence arbitrale, mourut à Aix, le 19 août 1245, laissant quatre filles dont nous avons déjà parlé. 10 L’église de Saint-Jean n’était pas encore entièrement bâtie à cette époque. Néanmoins elle fut consacrée le 3 mai 1251, par le cardinal Pierre de Colmieu, évêque d’Albano, légat du pape Innocent IV en Provence, assisté de l’évêque de Panéas, ville de Syrie qu’on nommait anciennement Césarée de Philippe. 11
C’est alors que le frère Bérenger Monachi (nommé indifféremment par les auteurs Monge ou Moyne), commandeur d’Aix et. de Manosque, fit ensevelir dans l’église de Saint-Jean et dans un magnifique sépulcre, sur lequel nous reviendrons, les corps des comtes Alphonse II et Raymond-Bérenger IV, père et fils.
La comtesse Béatrix de Savoie, veuve de ce dernier, donna, en 1257, à l’église de Saint-Jean, plusieurs héritages situés dans le territoire d’Aix, à la condition d’entretenir trois autres prêtres qui prieraient Dieu pour le repos de son âme et de celle de son mari 12 ; et en 1266, leur fille, Béatrix, reine de Naples, fit son testament par lequel elle élut sa sépulture dans le tombeau de son père et de son aïeul, et fonda encore dans l’église de Saint-Jean, l’entretien de cinq prêtres chargés de prier Dieu pour elle. Cette princesse étant morte la même année à Nocéra, dans le royaume de Naples, le roi Charles 1er, son mari, la fit ensevelir dans une église de Naples, de quoi le frère Feraud de Barras, grand-prieur de Saint-Gilles, ayant porté plainte au pape Clément IV, le souverain pontife en écrivit, le 12 juillet 1268, au roi Charles qui fit aussitôt transporter le corps de Béatrix à Aix, où il fut inhumé dans l’église de Saint-Jean et dans un mausolée supérieur en beauté à celui de son père et de son aïeul. 13 Nous parlerons plus bas de ce monument.
Le même Charles 1er donna à cette église, en 1278, plusieurs saintes reliques et de très riches ornements qui furent consignés en son nom entre les mains du prieur, par le grand-sénéchal de Provence, en présence de l’archevêque d’Aix. 14 Parmi ces reliques, il en était une qu’on croit être le bras de saint Jean-Baptiste et qui est encore exposée comme telle à la vénération des fidèles.
Frère Guillaume de Villaret, grand-prieur de Saint-Gilles, qui fut depuis grand-maître de l’Ordre, se mit aussi au nombre des bienfaiteurs de l’église de Saint-Jean, à laquelle il donna, le jour de la fête de saint Jean-Baptiste de l’an 1286, divers objets de prix, consistant en une croix d’argent du poids de vingt-deux marcs, enrichie d’émail et de pierres précieuses ; un doigt de sainte Magdelaine dans une châsse d’argent ; une image de sainte Véronique que Villaret avait apportée de Rome ; deux bassins en argent sur l’un desquels était une croix blanche (probablement en émail) et sur l’autre, les armes de Villaret ; un beau missel contenant le texte des Evangiles, avec ses fermoirs en argent ; un pluvial tissu de fil d’or, etc., le tout accompagné d’imprécations contre ceux qui tenteront d’enlever ces objets de l’église.15 Ce grand-prieur fonda de plus l’entretien d’un prêtre à Saint-Jean, qui prierait Dieu à son intention.
Enfin Charles II, dit le Boiteux, roi de Naples et comte de Provence, fils de Charles 1er et de Béatrix, établit à Saint-Jean, en 1294, les cinq prêtres que sa mère avait chargé le roi, son mari, de fonder dans cette église, ce que celui-ci avait négligé de faire.16
Il parait inutile de pousser plus loin la liste de ces fondations. Il suffira de dire qu’une foule de grands-maîtres de l’ordre, de grands-prieurs de Saint-Gilles, de commandeurs d’Aix, de prieurs de Saint-Jean et de simples chevaliers donnèrent, en différents temps, des preuves de leur dévotion et de leur attachement à l’église dont nous parlons.
Le commandeur d’Aix, frère Bérenger Monachi, mourut en l’année 1300 dans un âge très avancé. 17 Il avait achevé la bâtisse de l’église en 1264, et c’est à lui qu’est due la construction du superbe clocher dont elle est ornée.
Le XIVe siècle ne fut pas moins fécond que les deux précédents en événements importants pour la maison hospitalière de Saint-Jean.
Frère Dragonet de Montdragon, pieux et vaillant chevalier de Saint-Jean, ayant combattu honorablement les infidèles dans la terre sainte, fut nommé grand-prieur de Saint-Gilles en 1300, et lieutenant du grand-maître en-deçà des mers. Il choisit la commanderie d’Aix pour l’une de ses chambres prieurales, et il y fit sa résidence habituelle jusqu’à sa mort, d’autant mieux que le roi de Naples, Charles II, comte de Provence, l’avait créé son conseiller et son commensal. 18 Étant mort à Aix le 11e jour des calendes de février de l’an 1310 (22 janvier 1311, suivant la nouvelle manière de compter), il fut enseveli dans l’église de Saint-Jean, sous un riche mausolée dont nous parlerons ci-après.
L’abolition de l’Ordre des Templiers prononcée au concile de Vienne, par le pape Clément V, en 1312, fut suivie du don que fit le même pape des grands biens de cet Ordre à celui des Hospitaliers. C’est ainsi que le prieur de Saint-Jean fut mis en possession de la chapelle de Sainte-Catherine qui avait appartenu aux chevaliers du Temple. Nous avons dit que ceux-ci habitaient le quartier de la ville au nord-ouest du palais des comtes de Provence et que ce quartier était appelé anciennement, le Puy de la Cavalerie. 19 Les biens que les Templiers y possédaient ainsi qu’en d’autres rues, notamment dans celle du Puits-Neuf, devinrent à cette époque la propriété de la commanderie d’Aix de l’ordre des Hospitaliers.
Le dimanche 10 mars 1330 (1331, n. st.), le grand-maître Hélion de Villeneuve, issu d’une des plus illustres maisons de Provence, tint dans l’église de Saint-Jean le chapitre du grand-prieuré de Saint-Gilles et y publia une célèbre bulle de réformation du prieuré d’Aix, par laquelle il ordonna que l’église serait desservie désormais par dix-huit prêtres, tous religieux de l’Ordre, au lieu de vingt-quatre ; douze desquels satisfairaient aux fondations du comte Raymond-Bérenger IV et de la reine Béatrix, sa fille ; deux à celles de Pierre Corsini, trésorier du roi ; un à celles du grand-maître Guillaume de Villaret et du commandeur Bérenger Monachi, et un à celle du grand-prieur Dragonet de Montdragon ; réservant les deux derniers pour le service de l’église Sainte-Catherine, anciennement des Templiers et pour celui de la chapelle de Saint-Louis et des onze mille Vierges qu’il avait fondée lui-même dans l’hôpital de Saint-Jean. Le grand-maître ordonna encore qu’il y aurait à perpétuité dans la maison d’Aix un diacre, un sous-diacre et deux clercs ; le commandeur d’Aix fut chargé par lui de la nourriture de tous ces prêtres et chapelains dont l’entretien serait pris sur le revenu des commanderies d’Aix, des Bayles et de Calissanne. Enfin, le grand-maître voulut que tous les prêtres allassent en procession, chaque dimanche, à son hôpital pour y chanter l’épître et l’évangile, ainsi que cela avait lieu à l’église conventuelle de Rhôdes. 20 Ces divers règlements furent approuvés par le chapitre général de l’Ordre tenu à Rhodes, au mois de décembre 1344. 21
L’hôpital dont il vient d’être question ne doit pas être confondu, comme l’a fait Pitton dans ses Annales de la sainte Église d’Aix, avec la maison des Hospitaliers qui, comme leur maison-mère à Jérusalem, à Acre et à Rhodes portait le nom générique d’hôpital. C’était une dépendance ou annexe de cette maison d’Aix, que le grand-maître Villeneuve avait fondée pour le soulagement des pauvres de la ville et à laquelle il avait affecté spécialement certains revenus. Mais ceux-ci ayant disparu en totalité par les malheurs des siècles suivants, la dépréciation des monnaies et autres causes, cet hôpital particulier ne subsista pas longtemps. Ses bâtiments néanmoins, étaient encore en état lors de la venue du connétable de Bourbon à Aix en 1524. Ils furent abattus alors et les matériaux employés, dix ou douze ans plus tard, à la construction des Boucheries ou abattoir public que nous voyons encore aujourd’hui, à quelques cents pas hors des murs de la ville, au midi de la porte d’Orbitelle. 22
Hélion de Villeneuve portait une extrême affection à l’église de Saint-Jean. Il y fit construire une chapelle aussi élevée que l’église même, actuellement la quatrième à gauche en entrant par la porte principale et qui touche immédiatement celle où reposent les comtes Alphonse II et Raymond-Bérenger IV. Il eut même une fois l’intention de s’y faire enterrer, ainsi qu’il paraît par une lettre de lui, datée de Rhodes, le 20 août 1340, 23 et adressée au commandeur d’Aix, frère Isnard de Albarno, par laquelle le grand-maître le commet pour faire choix de sa sépulture dans l’église de Saint-Jean et lui ordonne d’y faire porter son corps et ses hardes dans le cas où il viendrait à mourir sur mer.
Ce frère Isnard de Albarno, commandeur d’Aix, appartenait à la noble maison de Grasse qui a possédé, depuis le XIIIe siècle jusqu’à la révolution, la seigneurie du Bar, village nommé en latin Castrum de Albarno et qui est situé entre les villes de Grasse et de Vence, non loin du Var. Suivant l’usage usité de son temps et dont on pourrait citer une foule d’exemples, il ne portait pas le nom patronimique de sa famille et ne prenait que celui du fief qu’elle possédait. Les historiens de l’Ordre parlent tous honorablement de sa valeur et de son habileté dans les affaires. En même temps commandeur d’Aix, de Naples et de Sainte-Euphémie dans la Calabre, il fut pourvu, vers 1340, du grand-prieuré de Capoue qui dépendait alors de la langue de Provence, et c’est en cette qualité qu’il fut commis par le grand-maître Hélion de Villeneuve, avec Odon de Montaigu, grand-prieur d’Auvergne, et Pierre Plantin, prieur de l’église de Rhodes, pour aller soumettre à la sanction du pape, les règlements que ce grand-maître et le conseil de l’Ordre avaient faits pour la réformation des mœurs, surtout dans les provinces d’Occident. 24 D’après ces règlements les chevaliers ne pouvaient se vêtir que de draps valant moins de deux florins la canne (deux mètres d’aujourd’hui) ; ils ne devaient avoir à leur table que d’une sorte de viande ou de poisson, et l’usage des vins délicieux leur était interdit. 25 Isnard de Albarno fut nommé, en 1347, lieutenant du grand-sénéchal de Provence, Philippe de Sanguinetto, 26 et mourut au plus tard en 1362.
Vers la fin du même siècle, vivait dans l’église de Saint-Jean, un pieux religieux de l’Ordre, nommé frère Bernard Grassi, né à Aix, d’une famille qui y exerçait alors le notariat et qui avait fourni plusieurs syndics ou consuls de cette ville. 27 S’il faut en croire le prieur Anne de Naberat, ce vertueux prêtre fut élu prieur de l’église de Rhodes, le 24 août 1394, sous le grand-maître Jean-Ferdinand d’Hérédia. 28 Les divers historiens de l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem font unanimement la plus honorable mention du prêtre Grassi ; mais ils le nomment Gautier Grassi au lieu de Bernard, ce qui peut faire douter de l’exactitude du témoignage de Naberat. Celui-ci est avantageusement connu par ses nombreuses recherches dans les archives de l’Ordre à Malte et celles du prieuré d’Aix, ainsi que par sa scrupuleuse exactitude comme nous le dirons plus bas, et si l’on peut conjecturer qu’il a fait erreur ici, on peut répondre d’un autre côté, que c’est peut-être Jacques Bosio, le plus ancien historien de l’Ordre, qui a commis l’erreur en appelant Gautier Grassi le personnage qui se nommait Bernard Grassi car, c’est d’après Bosio, que Baudoin, Vertot et autres on écrit sans se donner la peine de vérifier un fait si peu important pour eux que ce prénom, et qu’ils n’ont même jamais su avoir été écrit autrement par Naberat.
Tenant donc pour certain ce que rapporte ce dernier d’un illustre enfant d’Aix, nous dirons que le prieur de l’église de Rhodes était le second dignitaire de l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem. Il avait rang immédiatement après le grand-maître et précédait tous les autres baillis et grand’croix. Il officiait pontificalement dans son église avec la mitre et la crosse, et était le chef de tous les chapelains de l’Ordre. 29 Mais lorsque les chevaliers de Saint-Jean eurent établi le site de leur gouvernement à Malte, les évêques de cette île disputèrent le pas au prieur et obtinrent enfin la préséance sur lui, sous le grand-maître Claude de la Sangle. Depuis lors, le prieur de l’église n’eut plus que la troisième place dans le conseil, en conservant néanmoins toutes ses autres prérogatives et même le pas sur l’évêque dans l’église conventuelle de Saint-Jean à Malte. 30
Un poste aussi éminent suppose de hautes qualités dans celui en est revêtu. Il est donc à présumer que Bernard Grassi était d’un rare mérite, lorsqu’on voit ce simple religieux de l’église de Saint-Jean d’Aix appelé à la seconde dignité d’un Ordre alors si fécond en illustres personnages. Aussi, voyons-nous, par le peu que nous connaissons de la vie de ce prieur, qu’il justifia pleinement l’opinion qu’on avait de lui et qu’il fut chargé de commissions importantes.
En 1409, il eut celle d’accompagner le grand-maître Philibert de Naillac au concile de Pise 31 où fut élu le pape Alexandre V. Cette élection, qui semblait devoir éteindre le schisme, fut reçue avec la plus grande joie dans toute l’église.  » Il n’y eut personne, dit l’abbé de Vertot, qui en fut plus touché que le grand-maître qui l’envisagea comme un moyen de réunir tous les princes chrétiens et de les engager dans une ligue contre les Turcs. Dans cette vue, il fit choix de frère Grassi, prieur de l’église de Rhodes et de frère Luce de Valines, grand-maréchal, qu’il envoya comme ses ambassadeurs vers la plupart des souverains de la chrétienté, pour leur faire part de l’élection du pape. Ils avaient ordre de leur représenter de sa part, combien la conjoncture présente était favorable pour faire la guerre aux Turcs ; que le trône de Bajazet avait été ébranlé par la chûte de ce prince et par les victoires de Tamerlan, et qu’il fallait profiter des guerres civiles allumées entre les enfants du prince turc qui se disputaient sa succession et les débris de son empire. 32« 
Dans le temps que vivait Bernard Grassi, Reforciat d’Agout, fils de Raymond, seigneur de Sault, était commandeur d’Aix et de Puymoisson. Nous avons dit ailleurs 33 qu’il avait été l’un des plus zélés partisans de la seconde maison d’Anjou, contre Charles de Duras, et que le pape Benoît XIII (Pierre de Lune) l’avant nommé grand-prieur de Saint-Gilles, au mois de mars 1402, il avait élu sa sépulture dans l’église de Saint-Jean d’Aix. Nous n’en dirons rien de plus ici, sinon qu’if ne jouit pas longtemps du grand-prieuré, étant mort avant les moissons de la même année 1402, et que, deux siècles plus tard, ses armes se voyaient encore sur l’autel de la chapelle où il fut enterré suivant ses intentions. Il déclara dans son testament ou désappropriement qu’il possédait la quantité de vaisselle d’argent que voici : Vingt-quatre plats armoriés à ses armes, dont quatre avaient été par lui mis en gage entre les mains d’Antoine Fabre d’Aix, qui lui avait prêté cinquante florins courants ; quatre douzaines d’écuelles (escudellas) aussi à ses armes ; cinq douzaines de tasses (tassas), dont trois douzaines étaient dorées, c’est-à-dire en vermeil ; douze pots, dont six dorés ; huit aiguières (eygadieras), dont six dorées ; plus une épée (spaza), dont la garniture en argent pesait trois marcs, etc. 34
Un célèbre chapitre général de l’Ordre fut tenu dans l’église de Saint-Jean aux mois d’avril et de mai 1410, auquel assistèrent tous les prieurs et les quatre plus anciens commandeurs de chaque prieuré. 35 Le grand-maître Philibert de Naillac devait le présider ; mais les intérêts de la religion exigeant sa présence aux cours de France et d’Angleterre où le pape l’avait envoyé en ambassade, les frères Jacques Tivelly, prieur d’Auvergne, Raymond de Lesture, prieur de Toulouse, et Philippe de Languèglia, prieur de Lombardie, présidèrent en son absence. Il se fit dans ce chapitre plusieurs règlements très importants, soit par rapport aux responsions que le trésor commun tirait de chaque commanderie, soit à l’égard de l’abus que quelques-uns des prieurs faisaient de leur autorité.
En 1480, sous le magistère du célèbre Pierre d’Aubusson, eut lieu le siège de Rhodes où résidait le gouvernement de l’Ordre, entrepris le 25 mai par le pacha Misach Paléologue, chrétien renégat, au nom du sultan Mahomet II, avec une flotte de cent soixante vaisseaux et une armée de terre de cent mille combattants. Le grand-maître, instruit à l’avance de l’armement des Turcs, avait cité à Rhodes tous les chevaliers de son Ordre, et René Martin, commandeur d’Aix, avait été des premiers à répondre à son appel avec Pierre Raoul ou Rodulphe, l’un de ses compatriotes. Le premier était fils de Jean Martin, seigneur de Puyloubier, chancelier de Provence sous le bon roi René, 36 et l’autre l’était de Pierre Raoul, dit le Baron, seigneur de Limans, chambellan du même prince. Ces deux nobles enfants d’Aix combattirent vaillamment pendant toute la durée du siège, qui fut enfin levé au bout de trois mois, le 19 août, avec Perle pour les Turcs d’environ neuf mille morts et quinze mille blessés. 37
Un accord très important fut passé, en 1484, entre frère Antoine de Pontevès-Bargème, commandeur d’Aix, et frère Guillaume de Ronchinol, prieur de Saint-Jean. Suivant cet acte rédigé en forme de sentence arbitrale acquiescée par chacune des parties, le commandeur, qui avait en vue de se décharger du soin d’entretenir l’église et d’y faire les réparations convenables, de nourrir et de salarier les prêtres qui la desservaient, etc., laissa tout ce soin au prieur, lui abandonnant à cet effet le domaine de Moissac dans le territoire d’Aix, aux quartiers de Luynes et du Plan d’Aillanne ; les censes, lods, directe et autres droits imposés sur les maisons et terres dans la ville ou le territoire, etc., se réservant, ledit commandeur pour lui et ses successeurs, les terres de Vinon et de Ginasservis, le droit de nommer les prêtres et d’occuper la première place dans l’église de Saint-Jean, comme en étant le collateur et prieur primitif, et quelques autres droits tels que celui d’être défrayé avec deux ou trois de ses serviteurs, trois fois chaque année et chaque fois pendant sept ou huit jours, c’est-à-dire lorsqu’il viendrait à Aix visiter l’église de Saint-Jean, chef de la commanderie. 38 Le prieur n’avait auparavant aucune autre prérogative sur les prêtres que celle d’une double distribution au chœur, d’avoir un valet à ses ordres et un cheval à son usage dans son écurie.
On sait que le dérèglement des mœurs du clergé dans les commencements du XVIe siècle, fut l’une des principales causes de l’hérésie de Luther et de la réforme dont il fut le chef. Les prêtres de l’église de Saint-Jean nous paraissent avoir donné dans ces désordres et avoir mérité les censures de Luther, autant que nous pouvons en juger par la lecture d’un arrêt du parlement d’Aix, en date du 6 février 1542, 39 le seul, au reste, sur lequel nous puissions appuyer notre conjecture peut-être un peu hasardée, car nul auteur n’a parlé avant nous de ces désordres.
Au milieu du XVIIe siècle, l’église de Saint-Jean fut renfermée dans la ville avec le faubourg du même nom et le quartier d’Orbitelle qui comprenait, avons-nous dit ailleurs, une bonne partie des prés et des jardins de l’archevêque. D’autres tentatives avaient été faites plus anciennement ayant le même but, quant au quartier de Saint-Jean seulement, notamment en 1608 ; mais le prieur frère Anne de Naberat y avait mis de fortes oppositions, et le projet avait échoué. Il ne parait pas que l’ordre de Malte ni le prieur frère Honoré Pellegrin, qui siégeait en 1646, y aient apporté les mêmes obstacles, peut-être parce qu’ils prévoyaient l’inutilité de leurs efforts en présence du crédit tout puissant de l’archevêque Mazarin, qui avait fort à cœur ce nouvel agrandissement. Il en coûta de grandes sommes à l’Ordre pour satisfaire aux prétentions du sieur d’Hervart, cessionnaire des droits de l’archevêque, lesquelles furent réglées à vingt-cinq mille huit cent quarante-deux livres quatre sols, par arrêt du conseil du roi, du 2 décembre 1654, rendu entre le bailli de Souvré, ambassadeur de Malte à la cour de France, et frère Hercules de Berre, prieur de Saint-Jean, d’une part, et le sieur d’Hervart, d’autre part. La langue de Provence fut condamnée à payer sur cette somme celle de vingt-trois mille livres, dont elle se remboursa plus tard sur le produit des ventes de places à bâtir, et elle céda au prieur Viany l’ancien enclos de Saint-Jean, situé à l’entour de son église. 40
Nous arrivons à l’époque où ledit frère Jean-Claude Viany, ayant été pourvu du prieuré de Saint-Jean, entreprit les changements et les améliorations qu’il fit dans son église pendant environ un demi-siècle. Un auteur moderne en a parlé avec beaucoup de détails auxquels nous ne saurions mieux faire que de renvoyer nos lecteurs. 41 Toutefois, pour leur en faciliter encore plus l’intelligence, nous rapporterons ici une pièce assez curieuse, ce nous semble, que cet auteur n a probablement ni lue ni même vue, quoiqu’il la cite dans son ouvrage. 42 Cette pièce, qui ne date guère plus que de deux cent trente ans, n’est autre que le procès-verbal de visite du prieuré et de l’église de Saint-Jean, faite au mois de janvier 1613, par les frères Jean-Jacques de Mauléon de la Bastide, commandeur d’Espalion et de SaintChristol, et Anne de Naberat, commandeur de Ville-Jésus, prieur de Saint-Chartrier et de Saint-Jean d’Aix, aumônier ordinaire du roi, vicaires et visiteurs-généraux de toutes les commanderies, membres et annexes du grand-prieuré de Saint-Gilles, suivant la commission du grand-prieur, frère Pierre d’Esparbès de Lussan. 43
 » . . . . Ce faict, m’a ledict de Naberat, 44 prieur susdict, déclaré sondict prieuré consister en deux églises, l’une dans la ville d’Aix, dédiée soubs le titre de Sainte-Catherine, 45 qui a esté autrefois aux Templiers, laquelle n’est paroisse.
 » L’aultre est hors la ville, 46 qui est l’église prieuralle, collégiale et conventuelle dudict prieuré et est une dignité ou prélature fondée au mesme prototype de la dignité prieuralle de Saint-Jean de Rhodes et de Malte ; et les prieurs dudict prieuré de Saint-Jean d’Aix, de toute antiquité, dèz son institution et origine, ont tousjours cellébré la messe in pontificalibus, ayant l’usage de la mittre et de la crosse, les grandes festes annuelles. M’a dict aussi que le prieur de l’église de Saint-Jean de Rhodes avoit soubs sa mittre et dignité prieuralle deux aultres mittres ou prieurés mittrés deppandants de la sienne, assavoyr le prieuré de Saint-Jean d’Aix, comme fondation des comtes de Provence ainsi que dessus a esté dict, et le prieuré de Saint-Jean de l’Isle de Corbeil, deppandant du grand-prieuré de France, lequel est une fondation des rois de France, le prieur duquel de tout temps cellébroit in pontificalibus et avoit le mesme usage de la mittre et crosse et mesme portoit la grand croix et présidait aux chapittres provinciaulx au Temple à Paris, en absence des grands-prieurs de France. 47
Ladicte église et chapelle a été édiffiée par frère Bérenger Moyne, 48 bailli de Manosque et commandeur d’Aix; consistant en un grand temple vouté, y ayant plusieurs chapelles au dedans et par le dessus y a plusieurs pointes de pierres de taille faictes en forme de pyramides qui est belle chose à voir ; prèz de laquelle y a un grand clocher carré par le bas et la pointe faicte en pyramide voutée, le tout de pierres de taille, auquel y a trois grandes cloches, si bien il y en a eu autrefois quatre, l’une desquelles a été mise à l’église et clocher de Saint-Saulveur, ne sachant pour quel sujet elle fut transportée audict lieu. De plus m’a dict ladicte église n’estre paroisse, n’y ayant aulcuns fonts baptismaux.
Pour l’église elle est belle, grande et spacieuse, consistant en cinq chapelles dedans icelle et un autel au milieu de l’église dédié à l’honneur de saint Blaise, et un aultre petit prèz du grand autel, dédié à saint Pantaleon.
Quant au grand autel il est tout d’une pièce, au-dessus duquel y a un grand rétable peinct d’or et d’azur, auquel sont depeincts les images de N. D., de saint Jean-Baptiste et de saint Jean l’Evangéliste, auquel rétable sont dépeinctes les armoiries de la religion et celles de la maison d’Agoult qui est un loup ravissant d’azur au champ d’or.
Prèz duquel grand autel à main droicte est le sépulchre du jeune fils du feu comte Raymond-Bérenguier. 49 Au-devant du grand autel, il y a le chœur faict en bois de chastaignier, auquel il y a vingt-deux siéges en hault et seize en bas.
Au milieu du chœur, y a un sépulchre relevé pour les commandeurs et prieurs, auquel d’un costé sont les armoiries de feu frère Poncet d’Urre, bailli de Manosque, commandeur d’Aix et de Marseille, et de l’autre costé celles de frère Valentin du Boys, prieur dudict prieuré.50
Et à main droite du grand autel, descendant sur la nef, est la chapelle de feu comte Raymond-Bérenguier, appelée la chapelle des onze mille vierges, 51 avec les armoiries de la maison d’Agoult. Près duquel autel est le sépulchre de feu comte Raymond-Bérenguier avec son portraict relevé en bosse au-dessus, lequel mourut en l’an 1244, le jeudi après la saint Luc, ayant régné vingt-neuf ans.52
Et aux costés dudict sépulchre est le portraict dudict comte tout debout, de pierre de Calissane, et de l’autre costé est l’effigie de la reine Béatrix, fille dudict comte, femme du roi Charles 1er.53
Et en continuant du même costé, est la chapelle fondée et faicte par frère Ellion de Villeneuve, grand-maître de Rhodes, dotée par icelui, pavée et voûtée et au-dessus de la voûte sont les armoiries dudict grand-maître, de lances brisées et entrelacées, avec la croix magistrale.54
Près duquel autel y a un sépulchre pour ensevelir les religieux dudict couvent, et de l’autre costé, la chapelle du prédicateur.
Et de même costé dans la nef, y a deux autels, l’un dédié à saint Antoine, et l’autre à l’honneur de saint Blaise, le bras duquel est enchâssé en argent dans ladicte église, en grande dévotion pour le peuple d’Aix.55
Et du mesme costé, sous le grand clocher, est une chapelle dédiée à Notre-Dame du Repos et d’Espérance, près de laquelle est la porte de la visette pour monter au clocher.56
Et retournant de l’aultre costé, est une chapelle dédiée à saint Louis, saint Roch et sainte Anne, où est un grand sépulchre avec l’effigie relevée en bosse de Dragonet de Montdragon, jadis grand-prieur de Saint-Gilles, lequel fonda et dota ladicte chapelle d’une messe tous les jours.57
 » Au milieu de ladicte église y a un puits faict en rond en pierres de taille, de bonne eau claire et nette. 58
Et du mesme costé, retournant rentrer à main gauche dudict choeur, y a une chapelle dédiée à saint Barthélemy, en laquelle sur l’autel est le portraict du prieur Pierre Curti 59 et les armoiries de la maison d’Agoult ; préz duquel y a un bien grand et superbe sépulchre en pierre de Calissane, auquel est enterrée la susdicte reine Béatrix.
De ladicte chapelle on entre dans une grande visette en pierres de taille pour monter sur l’église, etc., etc.
Peu de mois avant l’avènement de Jean-Claude Viany au prieuré de Saint-Jean, un frère de ce prieur, comme lui chapelain conventuel de l’Ordre, avait été appelé, à cause de son mérite, à l’éminente dignité de grand-prieur de l’église primatiale de Saint-Jean, à Malte. Nous avons rapporté plus haut, à l’occasion de frère Bernard Grassi, quelle était jadis la seconde dignité de l’ordre, ce grand-prieur ayant le pas immédiatement après le grand-maître et avant tous les autres baillis et grand’croix. Mais celui dont nous allons parler, n’occupa plus que lei troisième rang, les évêques de Malte ayant obtenu, depuis un siècle environ, comme on l’a vu, la préséance sur les prieurs de l’église.
Frère Pierre Viany, né a Aix le 4 août 1632, fils d’un premier lit de Jacques Viany, avocat très distingué, qui, deux fois avait occupé la charge d’assesseur, fut reçu dans l’Ordre en 1642, au nombre des chapelains, et envoyé, peu d’années plus tard, à Malte, où le grand-maître Nicolas Cotoner, instruit de sa capacité, le choisit pour son secrétaire des commandements dans la langue latine. L’évêché de Malte étant venu à vaquer vers le même temps, il fut porté sur la liste des trois sujets que le conseil de l’Ordre proposait au roi d’Espagne comme roi de Sicile, pour remplir le siége vacant, et la nomination du grand-prieur de l’église à ce siége étant arrivée après trois ans d’attente, dans les premiers jours de 1667, Viany, qui remplissait alors les fonctions de vice-prieur, fut élu unanimement grand-prieur le 6 février de la même année 1667 60. Il gouverna très sagement son église pendant trente-quatre ans, jusqu’à sa mort arrivée à Malte le 18 novembre 1700, et fut enterré solennellement dans son église conventuelle, où l’on plaça sur sa tombe une inscription qu’on peut lire dans de Haitze. 61
Treize ans après , un autre enfant d’Aix fut encore nommé grand-prieur de Saint-Jean de Malte : frère Melchior Alpheran, né le 8 novembre 1654, fils de Claude, dernier consul en 1690 et frère de Boniface qui le fut également en 1716. Reçu dans l’Ordre comme chapelain en 1664, Melchior était sacristain de l’église de Saint-Jean d’Aix et se trouvait à Malte lorsque le grand-prieuré vint à vaquer, il fut élu dans le conseil tenu le mercredi 10 janvier 1714, à la grande majorité des suffrages et l’emporta sur ses concurrents qui étaient deux Provençaux comme lui : frère Jean Rebutti, de Marseille, et frère François Bardon, d’Aix ; mais le pape Clément XI l’avait recommandé vivement, et la plupart des grand’croix formant le conseil, le désiraient non moins ardemment. C’était justice. Plein de zèle et de piété, il s’occupa uniquement des devoirs de son état, et loin de disposer en faveur de sa famille du quint de sa dépouille, ainsi que l’y autorisaient les statuts de l’Ordre, il laissa comme monument de sa libéralité à l’église de Malte, un tabernacle de la valeur de quatorze mille livres monnaie de France, et une somme de quinze mille écus maltais au Grand-Conservatoire des filles établies à la Floriane. Il mourut à Malte le 30 décembre 1734 et fut inhumé dans la nef de l’église conventuelle de Saint-Jean, au-devant de la principale porte d’entrée. Nous nous dispenserons de rapporter ici l’inscription qui fut placée sur sa tombe et qu’on trouvera au besoin dans les manuscrits du chevalier Louis de Boisgelin, conservés à Aix à la bibliothèque Méjanes. 62
L’église de Saint-Jean avait été, en 1701, témoin de deux évènements aussi glorieux pour elle qu’honorables pour la ville d’Aix. Au mois d’octobre de l’année précédente, les galères de l’Ordre s’étaient emparées de la Sultane-Benghem, gros vaisseau turc de quatre-vingts pièces de canon et trois cents hommes d’armes, qui fut pris à l’abordage après un combat très opiniâtre et très sanglant sur les côtes de Barbarie. Le chevalier frère Sextius-Ange de Ricard, depuis grand’croix de l’Ordre et commandeur de La Ville-Dieu, né à Aix le 31 mai 1673 d’une famille parlementaire avait le plus contribué, par sa valeur, à cette capture importante. Le grand-maître Raymond Perellos de Rocafull, voulant honorer cette action d’éclat et la bravoure du généreux enfant d’Aix, avait envoyé au bailli de Manosque, frère Thomas-Joseph de Merles-Beauchamp, commandeur d’Aix, et au frère Jean-Claude Viany, prieur de Saint-Jean, le grand étendard du vaisseau turc pour le faire suspendre solennellement à la voûte de l’église de Saint-Jean. 63
La cérémonie eut lieu dans le courant de février, présidée par le seul bailli de Beauchamp qui, voulant mortifier le prieur Viany, son ennemi, ne le fit pas prévenir de venir l’assister dans la pose de l’étendard. Viany eut bientôt après l’occasion de se venger de cet affront. Les ducs de Bourgogne et de Berri étant arrivés à Aix au mois de mars suivant, le prieur les invita à venir dans son église visiter le tombeau d’Alphonse II et de Raymond-Bérenger IV, augustes ancêtres de ces princes, et le magnifique étendard nouvellement conquis sur les Infidèles, le tout sans en prévenir le commandeur d’Aix. Les petits-fils de Louis XIV vinrent en effet à Saint-Jean le 5 mars et furent reçus par le prieur Viany seul qui, voulant éterniser le souvenir de cette visite, fit placer dans la chapelle du transsept du nord de son église, une plaque de marbre où était gravée une inscription qu’on peut lire dans l’historien moderne de Saint-Jean. 64 Le bailli de Beauchamp fit enlever, peu de temps après, cette inscription qu’il fit replacer avec quelques changements dans le chœur, ce qui amena entre le prieur et lui de puériles discussions indignes de tels rivaux et d’être rappelées ici, les mémoires imprimés et manuscrits qu’ils publièrent à cette occasion étant remplis de personnalités aussi plates que déplacées.
Le prieur que le grand-maître Zondodari donna pour successeur, en 1720, au frère Jean-Claude Viany qui venait de se démettre, parvint, sept ans plus tard, à l’évêché de Malte, ce qui répandit un nouvel éclat sur l’église de Saint-Jean dont jamais aucun prieur n’avait encore été élevé à l’épiscopat. Nous en parlerons plus bas dans la chronologie de ces prieurs, et nous passerons au récit d’un événement qui faillit détruire l’un des plus beaux monuments de cette ville. Dans le courant de novembre 1754 la foudre tomba sur le clocher de Saint-Jean et abattit la boule et la croix latine en fer qui le surmontaient. Sans la promptitude des réparations qui y furent faites, la flèche se fût écroulée, dit-on, pierre par pierre. Mais le mal n’alla pas si loin, et au mois de septembre de l’année suivante, une grande croix de Malte (à huit pointes) en fer doré, qu’on voit encore aujourd’hui, fut placée au haut du clocher dont la flèche fut alors raccourcie de deux mètres environ, suivant les calculs de l’historien moderne de Saint-Jean, calculs que nous croyons un peu exagérés. 65 Le clocher était anciennement d’une élévation totale de cent quatre-vingt-douze pieds ; il n’en a plus que cent quatre-vingt-cinq environ, s’il faut en croire l’auteur que nous citons.
Le même auteur donne, sur le clocher de Saint-Jean quelques détails que nous ne reproduirons pas ici, attendu qu’on peut les lire, soit dans son ouvrage même, soit dans le Mémorial d’Aix où nous les avions consignés antérieurement et d’où il les a tirés mot pour mot, ce dont les curieux pourront se convaincre en comparant les pièces. Ce qu’ils ne manqueront pas surtout d’admirer, c’est le talent de l’auteur qui, en copiant l’article du Mémorial, par note seulement sans daigner ajouter notre signature qui le termine, en a cependant extrait avec art le passage le plus intéressant, à notre avis, et l’a intercalé dans son propre texte, apparemment pour se faire honneur de notre remarque. Voici le passage que les dénicheurs de plagiats rencontreront littéralement là et là :
 » En réparant, disions-nous, le dommage occasionné par la foudre, on trouva, vers l’extrémité de la flèche, deux pierres blanches sur lesquelles étaient gravées, en caractères gothiques, deux inscriptions semblables que nous allons rapporter :

XPS (christus) REX VENIT IN
PACE DEUS HOMO
FACTUS EST

Ces deux inscriptions furent replacées extérieurement au-dessus des plus hautes lucarnes du clocher, l’une sur la face méridionale, l’autre sur la face septentrionale. On les distingue facilement à l’œil nu, mais il faut des lunettes d’approche pour les lire. Ce qu’elles ont de singulier, c’est que ces mots Christus rex venit in pace, Deus homo factus est, forment la légende des écus d’or à la couronne frappés à la fin du XIVe siècle ou au commencement du XVe (de 1384 à 1417) sous le règne de Louis II d’Anjou, roi de Naples et comte de Provence, etc., etc.  » 66
Une autre inscription existe sur la face orientale du clocher de Saint-Jean, à côté de la seconde fenêtre. Suivant l’auteur que nous venons de citer, c’est là l’inscription romaine  » très curieuse et très difficile à expliquer,  » dit-il, 67 rapportée par H. Bouche 68 et par J.-S. Pitton, 69 de laquelle J.-R. de Soliers et J.-M. Suarèz, évêque de Vaison, ont donné de savantes explications et qui est ainsi conçue :

  1. MA. OP.
    PPPPPPP
    FFFFFFF

De très consciencieux et habiles antiquaires, aux connaissances desquels chacun rend hommage dans cette ville, ayant voulu examiner la pierre avec attention pour la déchiffrer et l’expliquer à leur tour, assurent que loin d’être écrite en caractères romains elle l’est en caractères gothiques, et que ce n’est pas là l’inscription citée par Bouche et par Pitton ; c’est tout simplement, disent-ils, une troisième copie de l’inscription : Christus rex venit in pace, Deus homo factus est !!! 70
Nous donnions, dans notre notice plus étendue sur l’église de Saint-Jean, la description du tombeau des comtes de Provence Alphonse II et Raymond-Bérenger IV, et de celui de la reine Béatrix de Provence, femme de Charles 1er d’Anjou, roi de Naples. Ne nous croyant pas en état de parler aussi dignement qu’il convient de ces superbes monuments, nous nous contentions de copier, avec citations de pages, de volume et surtout avec des guillemets, les descriptions qu’en a fait Millin dans son Voyage dans le midi de la France. Ce n’est plus le cas, dans cet abrégé de reproduire ces extraits de Millin ; chacun peut se procurer et lire son ouvrage, et à défaut, le tome V des Mémoires de l’académie d’Aix, où on les retrouvera, à quelques changements près, dans les expressions qui n’empêchent nullement de reconnaître dans quel auteur ils ont été copiés. 71
Aucune ville de la langue de Provence, peut-être même de la France entière, Paris excepté, n’a fourni autant de chevaliers à l’ordre de Malte que la ville d’Aix. Nous en comptons plus de trois cents sur la Liste générale des chevaliers reçus ou présentés dans l’Auberge 72 de Provence, depuis l’année 1513 jusqu’en l’année 1795 inclusivement ; liste authentique, composée de trois mille deux cent vingt-sept noms, conservée à Aix, chez MM. les chevaliers de Lestang-Parade. 73 Dans ce nombre ne sont compris que les chevaliers de justice proprement dits, et nullement les frères chapelains, non plus que les servants-d’armes, formant la seconde classe des membres de l’Ordre.
Parmi les chevaliers portés sur cette liste, un grand nombre étaient parvenus aux plus hautes dignités de l’Ordre, telles que celles de grands-commandeurs, chefs ou piliers de la langue de Provence, de grands-prieurs de Saint-Gilles ou de Toulouse, de baillis de Manosque, etc. Un bien plus grand nombre étaient devenus commandeurs, et la plupart faisant leur résidence à Aix, y répandaient des revenus considérables qui joints à tant d’autres, augmentaient l’opulence et l’éclat dont cette ville jouissait avant la révolution.
Ceux des chevaliers qui mouraient à Aix, étaient enterrés à Saint-Jean, et lorsque Louis XVI prohiba les inhumations dans les églises en 1776, le prieur Joseph-Félix Alpheran fit construire, dans la cour située auprès de la sacristie, une chapelle sépulcrale en pierres de taille, au-dessous de laquelle étaient des tombes où furent ensevelis les chevaliers jusqu’en 1792. Celles-ci ont été détruites depuis, ainsi que la chapelle, et les ossements transportés au cimetière commun de la ville.
Les registres mortuaires de Saint-Jean ne remontant pas bien haut, nous regrettons de ne pouvoir donner les noms de tous les grand’croix de l’Ordre qui reposent dans cette église. Voici ceux que nous avons pu découvrir appartenant aux derniers temps.
F. Vincent de Forbin-la-Fare, né à Aix en 1611,grand-prieur de Toulouse, mort en 1688. 74
F. François-Antoine de Croze-Lincel, né à Aix en 1651, bailli de Manosque, mort en 1731.
F. Vincent-Sauveur de Gaillard, né à Aix en 1663, grand-prieur de Saint-Gilles, mort en 1745.
F. Antoine d’Albertas-Dauphin, né à Aix en 1678, grand-prieur de Toulouse, mort en août 1766.
F. Jacques-Armand de Vachon-Belmont, natif de Grenoble, grand-prieur de Toulouse, mort en novembre 1766.
F. Joseph d’Olivary, né à Aix en 1682, grand-prieur de Toulouse, mort en 1767.
F. Joseph d’Albert du Chaine, né à Aix, bailli de Manosque, mort en 1774.
F. Nicolas de Cabre-Roquevaire, natif de Marseille, bailli de Manosque, mort en 1784. 75

A la suite de ces noms on sera peut-être curieux de connaître ceux de quelques autres hauts dignitaires de l’Ordre qui, nés à Aix, n’y sont pas morts cependant, tels que les suivants :
F. André de Tressemanes-Chastueil, né en 1653, lieutenant-général et commandant en Dauphiné, mort à Grenoble en 1718. 76
F. Joseph-Sauveur de Foresta-Collongue, né en 1653, grand-prieur de Saint-Gilles et chef d’escadre des galères de France, mort à Marseille en 1737.
F. Claude de Simiane-la-Coste, né en 1673, grand-prieur de Toulouse, mort à… vers 1750. 77
F. Joseph-François de Piolenc, né en 1681, grand-prieur de Saint-Gilles, mort à… en 1757.
F. Henri-Augustin de Piolenc, né en 1687, grand-prieur de Saint-Gilles, mort à… vers 1765.
F. Paul-Augustin de Rolland-Beauville, né en 1699, grand-prieur de Saint-Gilles, mort à… vers 1780.
F. Louis-Nicolas-Victor de Félix du Muy, né en 1711, mort en 1775, étant chevalier-commandeur de l’ordre du Saint-Esprit, maréchal de France et ministre de la guerre. 78
F. Antoine de Lestang-Parade, né en 1716, grand-prieur de Saint-Gilles, mort à Arles en 1786.
F. Pierre-André de Suffren-Saint-Tropez, né en 1729 à Saint-Cannat, d’une famille d’Aix, bailli, grand’croix de l’Ordre, chevalier-commandeur de celui du Saint-Esprit, vice-amiral de France, mort à Paris en 1788. 79
F. François-Henri de Guiran-la-Brillane, né en 1727, bailli, grand’croix, mort à Paris en 1790 ou 91, étant ambassadeur de l’Ordre à la cour de France. 80
F. Pierre de Lombard-Montauroux, né en 1731, dernier grand-commandeur de l’Ordre, chef ou pilier de la langue de Provence. Il se trouvait à Malte lors de la capitulation de l’île en 1798, et s’attacha à la fortune du grand-maître Ferdinand de Hompech qu’il suivit d’abord à Trieste, puis à Montpellier où celui-ci mourut, et où nous croyons qu’il mourut lui-même. Il fut le dernier mâle de sa famille.
Les biens que l’ordre de Malte possédait en France, ayant été déclarés domaines nationaux au mois de septembre 1792, ceux appartenant à la commanderie et au prieuré d’Aix, ne tardèrent pas à être vendus. Un curé et des vicaires, membres du clergé constitutionnel ou assermenté, furent établis dans l’église et dans la maison prieurale de Saint-Jean et les occupèrent pendant quinze ou dix-huit mois environ, au bout desquels la Nation, qui les avait créés, les mit dehors elle-même, ne voulant plus d’aucune religion. La plupart d’entre eux allèrent alors sacrifier leurs lettres de prêtrise sur l’Autel de la patrie au club des Frères Anti-Politiques républicains, et quelques-uns se marièrent. C’est à cette époque que furent abattus et réduits en poudre les mausolées des anciens souverains provençaux qui se trouvaient à Saint-Jean et dans d’autres églises de la ville, telles que Saint-Sauveur, Saint-Barthélemy, etc. Celle de Saint-Jean fut convertie en magasin de fourrages et entièrement dévastées mais quelques huit ou dix mois après la mort de Robespierre, l’exercice du culte catholique par des prêtres non assermentés revenus d’Espagne ou d’Italie, y fut toléré momentanément.
Un régime de demi-terreur s’étant de nouveau établi sous le directoire exécutif, l’église, la maison prieurale et les jardins de Saint-Jean, échappés jusqu’alors à la vente des domaines nationaux, furent enfin exposés aux enchères comme tels, dans les premiers jours de mai 1798, et adjugés à un particulier au prix énorme d’un million soixante-trois mille francs. Mais ce particulier jouait la comédie, car il n’avait pas un sou à lui pour payer son acquisition. Instruit qu’une association de citoyens pieux s’était formée dans l’intention de conserver ces édifices pour de meilleurs temps, et qu’elle s’était vantée fort imprudemment qu’elle pousserait les enchères plus haut que personne, il les poussa lui-même, et lorsque l’adjudication eut été prononcée en sa faveur, il vint offrir aux chefs de l’association de faire une déclaration de commande au nom de celle-ci, moyennant douze ou quinze cents francs de pot-de-vin pour lui, avouant que si dès l’ouverture de l’enchère on se fût entendu avec lui, on aurait obtenu l’adjudication au prix de cinquante ou soixante mille francs au plus, la mise à prix n’ayant été que de trente mille francs. La sottise était faite ; il n’y avait plus moyen de reculer. Il fallut en passer par là, sous peine de voir démolir l’église et la maison prieurale dont la valeur des matériaux eût servi à l’adjudicataire pour payer le montant du prix d’achat à la nation. Le tout n’était pas payable en argent. Une partie l’était aussi en bons de deux tiers mobilisés et une autre partie en tiers consolidé ; bref, il n’en coûta définitivement à l’association qui se substitua au premier adjudicataire, en sus du pot-de-vin donné à celui-ci de la main à la main, que la somme de cinq cent treize mille francs en valeur réelle. 81
M. Champion de Cicé, archevêque d’Aix, nommé en suite du Concordat conclu en 1801 entre la France et le Saint-Père, étant arrivé au mois de juillet 1802, les propriétaires de l’église de Saint-Jean se hâtèrent de la mettre à sa disposition, et le nouveau prélat l’érigea aussitôt en succursale, qui, depuis, a été convertie en église paroissiale sous le titre de Saint-Jean-Baptiste intra muros.
Dès l’année 1813, le conseil municipal considérant que depuis longtemps ces propriétaires ne retiraient aucune indemnité des sacrifices énormes qu’ils avaient faits en 1798 pour la conservation de l’église de Saint-Jean, leur alloua une somme annuelle de huit cents francs, à titre de loyer, qui leur a été payée jusqu’en 1824. A cette époque, le roi Charles X ayant autorisé la ville d’Aix à acheter l’église, la maison prieurale et les jardins de Saint-Jean au prix de quarante mille francs convenu avec les propriétaires, le contrat de vente en fut passé, le 29 Janvier 1825, devant Me Bayle et son collègue, stipulant pour la ville M. Louis-Jules-François d’Estienne du Bourguet, maire, chevalier de la Légion-d’Honneur, etc.
M. le comte Christophle de Villeneuve-Bargemont était alors préfet du département des Bouches-du-Rhône. Il eut la généreuse pensée de faire rétablir le tombeau des comtes de Provence Alphonse II et Raymond-Bérenger IV, détruits à la fin de 1795 ; une souscription fut ouverte à cet effet, à la tête de laquelle voulut se placer le roi Charles X. Le département et la ville d’Aix contribuèrent aussi, et l’ouvrage confié à l’habile ciseau de M. Sébastien Pezetti, sculpteur de cette ville, étant achevé, la reconnaissance des ossements de ces anciens souverains, conservés miraculeusement depuis la profanation de leur mausolée, eut lieu le mardi, 11 novembre 1828, dans l’église de Saint-Jean, par M. de Villeneuve, préfet du département et commissaire du roi, Mgr. de Bausset, archevêque, M. le premier président de Sèze et autres personnes de distinction.
Le lendemain 12, dans la matinée, M. le commissaire du roi se rendit de nouveau à Saint-Jean, accompagné de tous les hauts fonctionnaires ecclésiastiques, civils et militaires du département et suivi d’une foule innombrable de citoyens de toutes les classes. Une chapelle ardente, où était déposé le cercueil renfermant les ossements reconnus la veille, avait été disposée dans l’église, et après un discours de Mgr l’archevêque et une grand’messe de requiem célébrée par Mgr de Posada, ancien évêque de Carthagène et de Murcie, qui faisait sa résidence à Aix en ce temps-là, l’inauguration du monument fut faite solennellement par M. le commissaire du roi. Le cercueil y fut transporté processionnellement et l’entrée en fut scellée aussitôt. 82 C’est ce monument que nous voyons aujourd’hui à Saint-Jean ; mais celui de la reine Béatrix n a jamais été rétabli et ne le sera probablement jamais.

Dans le dernier chapitre général tenu à Malte en 1777, la commanderie d’Aix avait été taxée, pour sa cotisation aux charges de l’Ordre, à raison d’un revenu annuel de vingt-un mille livres, et le prieuré de Saint-Jean sur un de dix mille. Ce dernier revenu est le même que celui dont jouissent actuellement les évêques de France, depuis le rétablissement du culte en 1802.
1 Voyez le Mémorial d’Aix du 10 avril 1843, art, la Tour d’Aygosi, et celui du 17 décembre suivant, art. rue Cardinale, où cette publication est annoncée. Retour

2 L’époque certaine de l’établissement des Hospitaliers à Aix n’est pas connue ; mais elle a été regardée de tout temps comme antérieure à celle des Templiers. Or, il est positif qu’une bulle du pape Adrien IV, de l’an 1454, citée partie Haitze, en son Histoire d’Aix, liv. III, § 35, parle des Templiers connue récemment établis à Aix, d’où il suit que les hospitaliers l’avaient été avant l’épiscopat de Hugues de Montlaur, qui siégea de 1166 à 1178, suivant tous les auteurs. Retour

3 Nous entendons ici par le mot Prieur, non pas le chef de plusieurs commanderies, tels que les Prieurs de Saint-Gilles et de Toulouse dans la langue de Provence, qu’on appelait aussi Grands-Prieurs, mais le chef spirituel des prêtres attachés au service de l’église de Saint-Jean et qui les présidait dans l’exercice des fonctions sacerdotales. Retour

4 Voyez notre 1er volume, pag. 11Retour

5 Les noms de commanderie et de commandeur dérivent des mots commendamus tibi, employés dans les commissions données par le chef de l’Ordre à ceux des chevaliers qu’il chargeait d’administrer une partie des biens de celui-ci. Ces commanderies furent ensuite rangées sous divers prieurs, qu’on appela plus tard grands-prieurs, chargés d’en faire la visite, et d’envoyer à la terre sainte, en troupes ou en argent, les contributions ordinaires de chaque commanderie de son prieuré. On voit par là que ces prieurs ou grands-prieurs n’avaient absolument aucun rapport avec les chefs spirituels des prêtres desservant les églises de l’Ordre, quoique ceux-ci portassent aussi le titre de prieurs, tel que celui de Saint-Jean d’Aix. Retour

6 Archives du roi en Provence, regist. pergamenorum, f° 66. – H. Bouche, Histoire de Provence, in-f° tom. II, pag. 241. – J. Raybaud, Histoire du Grand-Prieuré de Saint-Gilles, manuscrit de la bibliothèque Méjanes, in-f° tom. 1er, pag. 126, etc. Retour

7 Les sacs N, O, P, Q et R des archives du prieuré sont remplis en grande partie d’actes portant élections de sépulture dans le cimetière de Saint-Jean, ou d’offrandes d’âme et de corps à l’église de Saint-Jean, pour l’amour de Dieu, de la sainte Vierge, de saint Jean-Baptiste, etc. Les offrants se mettent à genoux devant le prieur, et, les mains jointes, promettent de garder et défendre de tout leur pouvoir les biens de cette église ; et le prieur les reçoit comme confrères et participant à toutes les prières qui seront faites tant sur terre que sur mer. Retour

8 Archives du prieuré, sac Z, n° 1 et Histoire d’Aix , liv. III, § 47, par de Haitze, à qui son ami, lit prieur Viany, parait avoir ouvert ses archives. Retour

9 Archives du prieuré, sac &, n°5. Retour

10 Voyez notre 1er vol., pag. 12Retour

11 Pitton, Annales de la sainte église d’ Aix, in-4°, pag. 118.- J. Raybaud, Histoire de prieuré de Saint-Gilles, tom. 1er, pag. 136. – Procès-verbal de visite de l’église et prieuré de Saint-Jean d’Aix, du mois de janvier 1613, f° 334. Nous parlerons plus bas de ce curieux procès-verbal que des auteurs qui le citent n’ont jamais lu ni même vu. Retour

12 Archives du prieuré, sac N, n° 5. Retour

13 Voyez la lettre du pape à Charles 1er, dans l’Histoire des comtes de Provence, par Ruffi, Aix, 1654, in-f° pag. 213. Retour

14 Archives du Prieuré, sac z, n°3. Cet acte de consignation fut reçu par Rostang Gantelmi, notaire, issu de famille noble, le jour des calendes d’avril 1278. Retour

15 Archives du prieuré, sac Z, n° 4. Retour

16 Archives du roi en Provence, regist. Carolus II, n° 292. Retour

17 Il fut enterré dans le cimetière de Saint-Jean, suivant l’élection qu’il y avait faite de sa sépulture, le jour des calendes de mars 1280. Archives du prieuré, sac Z, n° 22. Retour

18 Histoire du grand-prieuré de Saint-Gilles, par J. Raybaud , tom. 1er pag. 194 et suiv. Retour

19 Voyez notre 1er vol., pag. 18 et suiv., 146452466 et suivRetour

20 Archives du prieuré, sac Z, n° 8. Archives du roi en Provence, arm. A, regist. Lividis, f° 319. Retour

21 Archives du prieuré, Sac Z, n° 11. Retour

22 Archives du prieuré, et Gaufridi, Hist. de ProvRetour

23 Archives du prieuré, sac DD, n° 5. Retour

24 Vertot, histoire de Malte, in-4°, tom. II, pag. 35. Retour

25 Vertot , ibid. – Baudoin, Hist. des chevaliers de l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem, in-f°, 2e édit., pag. 64. Retour

26 J. Bosio, dell’ Istoria della sacra religione et illma militia di san Giovanni Gerosolimitano, édition du vatican, 1594, in-f°, parte seconda, pag. 49. – J. Raybaud, Hist. du grand-prieuré de Saint-Gilles, tom. 1er, pag. 275. Retour

27 Elzéard Grassi, Jean Grassi, notaires, et Jacques Grassi étaient syndics d’Aix, en 1381, 1385, 1416 et 1421. Bertrand Grassi y était notaire en 1425, 26 et 27, après Jean son père. Depuis lors, les Grassi avaient continué de vivre honorablement dans Aix jusqu’au milieu du XVIIIe siècle. Un Jean-Louis Grassi se qualifie de conseiller et médecin ordinaire du roi, dans un acte de 1645 que nous avons sous les yeux. Joseph et Jean-Louis Grassi, troisièmes consuls d’Aix en 1697, 1730, 1743 et ann. suiv., paraissent avoir été les derniers mâles de cette famille dont les armes étaient d’argent au cœur enflammé de gueules, au chef d’azur chargé de trois étoiles d’or. On connaît, aux environs de la ville, au-dessous du faubourg Notre-Dame, une domaine important qui porte encore leur nom pour leur avoir appartenu. Retour

28 Visites générales des commanderies dépendantes du grand-prieuré de Saint-Gilles, aux archives de ce grand-prieuré, actuellement réunies à celles de la préfecture à Marseille, ann. 1613 , tom. 1er, pag. 335 , où le prieur de Naberat cite le registre des archives de Malte, intitulé Liber Bullarum, f° 39. Ce dernier registre nous paraît être le seul titre à consulter pour décider si le prieur de l’église de Rhodes dont il est question s’appelait Gautier ou Bernard Grassi. Retour

29 Vertot, Hist. de Malte ; Traité sur le gouvernement de l’Ordre, à la suite de cette histoire. Retour

30 Bosio, parte terza, pag. 213 et 351 ; Baudoin, pag. 362 et 425. Retour

31 Bosio, parte seconda, pag. 122 ; Baudoin, pag. 90. Retour

32 Vertot, in-4°, liv. VI, tom. II, pag. 175. Retour

33 Voyez notre 1er vol. pag. 318, not. 3Retour

34 J. Raybaud, tom. 1er , pag. 329, et tom. II., pag. 242 et suiv. Retour

35 J Bosio, parte seconda, pag. 127 ; Baudoin, pag. 91; et Vertot, in-4°, tom II, pag. 176. Retour

36 Voyez notre 1er vol., pag. 520 et suiv. jusqu’à 527 inclusRetour

37 Voyez tous les historiens de l’Ordre sous l’année 1480, et J. Raybaud, Hist. du grand-prieuré de Saint-Gilles, tom. 1er, pag. 381. Retour

38 Archives de la commanderie d’Aix, actuellement réunies avec celles du prieuré d’Aix, du grand-prieuré de Saint-Gilles, etc., aux archives de la préfecture à Marseille. Retour

39 Le prieur Viany cite cet arrêt dans l’un de ses mémoires imprimés contre le bailli de Merles-Beauchamp, commandeur d’Aix, adressé à monseigneur l’éminentissime grand-maître ( in-f° pag. 12), et après en avoir rapporté quelques dispositions, il ajoute : et autres choses qu’on obmet par modestie. Ces derniers mots ayant un jour piqué notre curiosité, nous recourûmes au premier registre des arrêts rendus par le parlement en 1542, où se trouve celui dont nous parlons et nous lûmes:  » Sur la requeste faicte judiciellement par le procureur-général du roi, contenant que en receptant les papiers dudit seigneur, il aurait trouvé que l’église Saint-Jehan en ceste ville d’Aix estait de fondation royale et en icelle se doivent faire aulmones suivant les légats faits en ladicte église, et aultres charges d’icelle, ce que ne faisoient les commandeurs et aultres gens qui se tiennent en ladite église, ains tiennent femmes impudiques, et requiert, etc. La Cour a ordonné et ordonne que les prieur et commandeur de ladicte église Saint-Jehan seront adjournés à venir deffendre à la requeste dudict procureur-général à quinzaine, etc., et a, ladicte cour, admonesté et enjoint à iceulx prieur et commandeur de faire dire les messes et aultres heures canoniales et tenir l’église garnie des choses nécessaires, et néanmoins de faire vivre honnestement ceulx qui sont par eux députés au service de ladicte église, ainsi qu’il appartient à gens de leur estat.  » Le lecteur voudra bien décider lui-même, d’après cette citation, si notre conjecture est fondée ou non ; car, nous le répétons volontiers, elle est uniquement appuyée sur l’arrêt que nous venons de rapporter et nul auteur n’en dit le moindre mot. Retour

40 Voyez aux archives du prieuré, notamment la transaction du 8 juillet 1656, passée devant André, notaire, à Aix, ratifiée le 15 septembre suivant par le chapitre général du grand-prieuré de Saint-Gilles ; et celle du 30 juillet 1669, devant Claude Alpheran, aussi notaire, à Aix. Retour

41 Mémoires de l’académie d’Aix, tom. V, pag. 201 à 308. Retour

42 Ibid, pag.339, not. 1. Retour

43 Archives du grand-prieuré de Saint-Gilles, réunies à celles de la préfecture à Marseille, tom. 1er des visites générales de 1613, f° 295 et suiv. jusqu’au f° 337 inclusivement, où se trouvent les signatures : F. de Mauléon, le commandeur de Ville-Jésus, F. A. de Naberat et Raybaud ; not. et secretRetour

44 Le commandeur de Mauléon parle seul ici, attendu qu’il s’agit d’un bénéfice de son collègue le prieur de Naberat qui fait la déclaration, laquelle, dans tous les autres cas, est faite aux deux délégués du grand-prieur. Retour

45 Voyez notre 1er vol., pag. 18 et suiv., et ci-dessus, pag. 303. Retour

46 Il faut se rappeler que ce procès-verbal est de 1613, antérieur de trente-trois ans à la clôture de l’église de Saint-Jean dans la ville. Retour

47 Antiquités nationales, etc., par Millin, cinq vol., in-4°, Paris, 1791, tom. III, art. XXXIII (Commanderie de Saint-Jean-en-l’Isle, départ. de Seine-et-Oise, dist. de Corbeil ; trente-deux pages avec cinq planches). Là se trouve la liste des vingt-neuf prieurs de Saint-Jean-en-l’lsle de Corbeil, connus depuis 1239 jusqu’à la révolution. Ils ne portaient la mitre et la crosse que depuis 1450 environ. Retour

48 Voyez ci-dessus, pag. 302Retour

49 Ce petit tombeau fut transporté, sous le prieur Viany, dans la chapelle du comte Raymond-Bérenger, où il est encore en face de l’autel actuel de la Sainte-Vierge. On l’a transformé en armoire. Retour

50 L’historien moderne de Saint-Jean prétend que la sépulture commune des prieurs était dans la chapelle de la reine Béatrix, dans le transsept du sud (Mém. de l’acad. d Aix tom. V, pag. 242 et 268). C’est une erreur. Les prieurs et les commandeurs avaient toujours eu la même sépulture, comme le dit ici le prieur de Narebat, située au milieu du chœur, jusqu’au jour où le prieur Viany fit déplacer ce tombeau pour élever le grand autel au même lieu. Retour

51 Le prieur de Naberat dit, dans la chronologie des prieurs de Saint-jean, que cette chapelle des onze mille vierges fut fondée par le grand-prieur de Capoue, Isnard de Albarno, sous le prieur Jacques de Clerio. Retour

52 Il y a ici une erreur évidente quant à l’année. Raymond-Bérenger mourut en 1245 à son retour du concile général de Lyon, où il reçut la rose d’or des mains du pape Innocent IV. C’est ce dont conviennent tous les auteurs. La date du 19 août qu’ils rapportent est moins certaine, et celle du jeudi après la saint Luc que donne ici Naberat, mérite attention ; car c’était anciennement, jusqu’à la révolution, le premier jeudi après la saint Luc que le chapitre de Saint-Sauveur allait célébrer annuellement un service pour le repos de l’âme du comte Raymond-Bérenger, dans l’église de Saint-Jean, où il était obligé de porter tous les vases sacrés et ornements nécessaires, le prieur ne lui fournissant absolument rien pour cela, pas même le feu pour allumer les cierges. Retour

53 Il est fâcheux que M. de Saint-Vincens ait dit par inadvertance (Mém. msst sur les églises, monuments, etc., de la ville d’Aix, que cette statue était celle de Béatrix de Savoie, femme de Raymond-Bérenger IV. Millin l’a dit, d’après lui (Voyage dans le midi, tom. II, pag. 288), et l’historien moderne de Saint-Jean l’a répété (Mém. de l’acad. d’Aix, tom. V, pag. 234), sans faire attention, les uns et les autres, que la statue porte une couronne de reine, ce qui indique la reine de Naples, Béatrix de Provence, plutôt que la comtesse Béatrix de Savoie, sa mère. H. Bouche (Hist. de Prov., in-f°. tom. II, pag. 287) ne s’y était pas trompé non plus que Naberat. Retour

54 Chacun peut aisément reconnaître là les armoiries de l’illustre maison de Villeneuve, et l’on ne comprend pas comment l’historien moderne de Saint-Jean y a vu celles des grands-prieurs de Saint-Gilles (Mém. de l’acad. d’Aix, tom. V, pag. 252). Celles-ci étaient un agneau pascal avec sa banderolle, telles qu’on les voit encore à la clef de voûte de la dernière travée de la nef de Saint-Jean dans le chœur. Retour

55 Ces autels étaient situés dans la nef l’un, celui de saint Antoine, en avant de la chapelle actuelle où se trouve la petite porte de l’église ; l’autre, celui de saint Blaise, en avant de la chapelle actuellement dédiée au même saint, fondée par l’avocat Jacques Viany, père du prieur Viany. Retour

56 On voit ici que ce n’est pas seulement vers 1680 que cette chapelle fut dédiée à Notre-Dame d’Espérance, comme le dit l’historien moderne (pag. 265) : elle l’était plus anciennement. C’est celle qu’avait fondée et où fut enterré, en 1347, non pas le chevalier Grossis, mais le professeur en droit civil, François de Grossis, chevalier, ce qui n’est pas la même chose. Le testament de ce personnage existe aux archives du prieuré, sac O, n° 17, et par copie au sac AA, n° 15, à la date du 4 avril 1347, Jean Bastardi, notaire. Noble François de Grossis, chevalier, professeur en droit civil, fils de Barthélemy de Grossis, élit la sépulture de son corps dans l’église de Saint-Jean ; fait des legs à Douce de la Lande, sa femme ; à noble Catherine de Grossis, sa fille, femme de noble Raymond Bossi, de la ville d’Apt ; à N…. de Grossis, soit autre fille, femme d’Elzear d’Allamanon, demeurant à Puyricard, outre les douze cents florins qu’elles ont reçus en dot lors de leur mariage ; nomme sa femme tutrice et régente de Jean et Louis de Grossis, ses fils, auxquels il substitue Barthélemy et Georges de Grossis, ses neveux, et au cas où ceux-ci mourront sans enfants, leur substitue ses dites filles, susnommées ; veut que ses armes soient gravées sur sa tombe ; fonde deux chapelles dans l’église de Saint-Jean et l’établissement de deux prêtres pour les desservir, avec le consentement du prieur, etc.. etc. Ce testament indique, ce nous semble, une fortune considérable chez le testateur. – Voyez au tom. 1er, p. 172, note 1, 218 et 283. – Noble Jean de Grossis, l’un des fils de François, s’en allant au Saint-Sépulcre, institua pour ses héritiers ses enfants à naître, et leur substitua Louis de Grossis, son frère, religieux de Saint-Honoré de Lérins et prieur de la Napoule, établissant Phanette, sa femme, exécutrice de son testament reçu le 2 octobre 1363, par Antoine Henrici, notaire. Archiv. du prieuré, sac O, n° 21. Guillaume Barrel, et non Barret comme le dit le moderne historien de Saint-Jean (pag. 266), avocat très distingué, issu d’un Honoré Barrel, assesseur d’Aix en 1492, se chargea, sous le prieur Viany, des frais de la restauration de cette chapelle dans laquelle il élut sa sépulture et celle de sa famille, et où il fut enterré en effet en 1687. Joseph Barrel son fils, assesseur d’Aix en 1685, y fut enterré aussi en 1711. Celui-ci avait épousé Anne de Pontevès, d’où est venu que leurs descendants ont pris le nom de Pontevès et mis de côté celui de Barrel. Retour

57 Nous avions perdu de vue ce passage, lorsque, aux mois de mai et de juin 1843, nous indiquâmes assez maladroitement à messieurs les Membres de la commission d’archéologie, nos confrères, la chapelle du transsept du sud de l’église de Saint-Jean, comme celle où le tombeau et la statue en pierre du grand-prieur Dragonet de Montdragon auraient été enfouis sous l’autel, en 1693, par ordre du prieur Viany. L’épitaphe de ce grand-prieur, placée dans cette chapelle où elle est encore aujourd’hui et quelques phrases assez embarrassées de de Haitze et de Jean Raybaud, avaient causé notre erreur que nous rectifions ici, en indiquant l’autel de la chapelle actuellement dédiée à saint Roch, saint Sébastien et saint Bernardin (c’est-à-dire la troisième chapelle, à droite en entrant à Saint-Jean par la porte principale et qui fait face à celle où s’ouvre la petite porte), comme étant celui où sont enfouis les monuments en question, à moins qu’on ne les ait découverts et détruits lors de la dévastation des églises pendant la révolution, ce que nous ignorons complètement. – Voyez le Rapport sur les fouilles d’antiquités faites à Aix, en 1843 et 1844 ; Aix, Vitalis, 1844, in-4°, pag. 19 et suiv. – Voyez aussi les feuilles du Mémorial d’Aix des mêmes mois de mai et de juin 1843, n° 55, 57, etc. Retour

58 Nous regrettons que l’historien moderne de Saint-Jean n’ait pas connu ce procès-verbal de visite de 1613 ; il nous aurait appris sans doute à quel usage pouvait servir ce puits faict en rond en pierres de taille, de bonne eau, claire et nette, ouvert au milieu de l’église. Retour

59 Voyez ci-après, l’article de ce prieur dans la Chronologie des prieurs de Saint-JeanRetour

60 Pitton, Annales de la sainte église d’Aix, pag. 304 et 305. Retour

61 De Haitze, Hist. d’Aix, manusc., liv. 25, § 4. – Voyage de Malte, par Dumont (tom. II, de ses voyages, pag. 23), où, après avoir parlé de la dignité de grand-prieur de l’église, il ajoute :  » Celui qui la possède aujourd’hui (1697) est  » Provençal, de la ville d’Aix d’un nom qui n’est pas connu hors de son quartier, bien que d’ailleurs il soit très honnête homme.  » En effet, le grand-prieur de l’église comme l’évêque de Malte, étaient tirés du rang des chapelains et appartenaient la plupart à des familles bourgeoises, quoiqu’ils fussent les premiers grand’croix de l’Ordre après le grand-maître, leur dignité les relevant du défaut de naissance, à defectu natalium, suivant les expressions de l’abbé de Vertot dans sa Dissertation sur le gouvernement de l’Ordre de MalteRetour

62 De Haitze, Hist. d’Aix manusc., liv. 25, § 59. – Le chevalier Luc de Boyer d’Argens, Réflexions politiques sur l’état et les devoirs des chevaliers de Malte, pag. 99 et suiv., où l’auteur s’exprime ainsi  » Le dernier grand-prieur de l’église était un homme d’un mérite distingué, dont le nom et la mémoire doivent être éternellement respectables à tous les chevaliers ; il s’appelait Alpheran. Il est mort dans un âge très avancé et a laissé deux neveux dans l’Ordre ; l’un, est évêque de Malte et a toutes les vertus de son oncle ; il est, ainsi qu’était ce sage vieillard, pieux, charitable, affable, cherchant à obliger tout le monde, rendant même des services à ses ennemis et joignant l’esprit le plus orné à toutes les plus excellentes qualités du cœur ; l’autre, prieur de la Commanderie de Saint-Jean, à Aix en Provence, n’est pas moins estimable que son frère et moins digne d’un oncle aussi illustre.  » – A L’égard de ces deux derniers, voyez ci-après la Chronologie des prieurs de Saint-JeanRetour

63 Vertot, Hist. de Malte, in-4°, tom. IV, pag. 220.-MM. les chevaliers Alexandre et Melchior de Lestang-Parade, arrière-petits-neveux par leur mère du chevalier de Ricard, possèdent une médaille frappée à cette occasion, où ce dernier est représenté d’un côté, avec cette légende autour F. SEXTUS ANGELUS DE RICARD MILES HOSPITALIS HIE : TRIREMIS MAGIST : PREFECTUS. Le revers offre les armoiries du chevalier, entourées du cordon et des attributs de l’Ordre, avec cette exergue : PREMIUM IN EXPUGNATIONE SULTANAE BENGHEM, ANNO SALUTIS M DCC. Nous n’en connaissons à Aix pas d’autre exemplaire que celui-là. Ce glorieux étendard a disparu pendant la révolution, lorsque l’église fut dévastée. Retour

64 Mém. de l’acad. d’Aix, tom. V, pag. 282 et suiv. – Gallaup de Chastueil, Disc. sur les arcs triomph. dressés en la ville d’Aix pour les ducs de Bourgogne et de Berri, Aix, 1701, in-f°, pag. 73. -De Haitze, Hist. d’Aix manusc., liv. 25, § 6.- Quant aux mémoires du bailli de Beauchamp (Merles et non Merlès) et du prieur Viany, on les trouve dans tous les anciens recueils de factums des vieilles bibliothèques d’avocats. Ils nous paraissent peu dignes de l’honneur qu’on leur promet de les faire réimprimer, d’autant mieux qu’ils sont remplis de fautes d’impression propres à induire en erreur ceux qui y puiseraient des dates et des noms, sans les comparer avec des documents plus authentiques et plus certains. Retour

65 Mém. de l’acad. d’Aix, tom. V, pag. 221 et 297 not. 1. Retour

66 Voyez le Mémorial d’Aix du 3 octobre 1840, art. rue Cardinale, en réponse à un article du précédent numéro, intitulé : lou clouchié de San-Jean. C’est dans celui-ci qu’on peut lire une petite pièce de vers provençaux qui nous paraissent peu faits pour entrer dans un ouvrage sérieux et qu’on trouve néanmoins dans le tom. V des Mém. de l’acad. d’Aix, pag. 296 et 297. – Il est surprenant que personne, avant nous, n’ait parlé de ces inscriptions. Retour

67 Mém. de l’acad. d’Aix, tom. V, pag. 298, in fine, 299 et 300. Retour

68 Chorographie et histoire de Provence, in-f°, tom. 1er, pag. 198. Retour

69 Hist. de la ville d’Aix, in-f°, pag. 635 et 664. Retour

70 C’est ainsi que nous venons de le reconnaître nous-même récemment, et si l’historien moderne de Saint-Jean eût pris la précaution de revoir la pierre avant de faire imprimer sa notice, il ne fût pas tombé dans une méprise aussi grossière que plaisante. Nous invitons les curieux à aller la vérifier sur place. Retour

71 Mém. de l’acad. d’Aix, tom. V, pag. 231, 236 et 278. – Au surplus, nous convenons bien volontiers que l’ouvrage dont nous venons de critiquer quelques passages, en renferme un plus grand nombre d’autres qui sont dignes de tous les éloges. On y trouve avec plaisir le recueil complet des inscriptions anciennes et modernes qui existaient jadis ou qu’on lit encore dans l’église de Saint-Jean, et même six vers d’Antonius Aréna, qu’on croit, au premier coup d’œil, être une belle inscription romaine, tant ils sont bien exposés (pag. 223), sauf le quatrième qui est faux. Enfin, la partie descriptive de l’ouvrage est parfaitement traitée, et si nous ne craignions que l’auteur ne nous accusât encore une fois d ‘être un homme dévoré par le dépit (celui sans doute que nous cause son œuvre), nous dirions que nul mieux que lui ne sait parler de trilobes, de transsepts et de choux-frisés. Retour

72 Le mot Auberge équivalait à celui de Langue dans l’ordre de Malte. Retour

73 Nous possédons une pareille liste parmi un grand nombre de pièces sur l’ordre de Malte et particulièrement sur le prieuré de Saint-Jean d’Aix. Celle-ci se trouve dans un registre in-f° manuscrit, que nous tenons de l’obligeance de l’honorable M. Bouteuil, doyen de la faculté de droit d’Aix, intitulé : Etat et inventaire général des archives de la vénérable langue de Provence, 1752, deux parties en un seul vol. de plus de mille pages ; mais le tout s’arrête à 1752. Retour

74 C’est lui qui fit construire à ses frais la première chapelle à droite en entrant dans l’église, où se trouvait la porte de communication avec la maison prieurale. Retour

75 Parmi quelques autres sépultures remarquables dans l’église de Saint-Jean, nous citerons, à la date du 21 août 1689, celle de Jean-François-Charles de Panola, âgé de trois ans, fils de feu noble Charles, petit-fils du roi de Madagascar et de dame Catherine des Essars de Cardon. On nous ferait plaisir de nous dire qui était ce petit-fils du roi de Madagascar qui vint mourir à Aix ; nous n’avons jamais su le découvrir, et le registre mortuaire ne dit rien de plus. Retour

76 Voyez au tom. 1er, pag. 545Retour

77 Il ne faut pas confondre, comme l’a fait l’historien moderne de Saint-Jean (tom. V des Mém. de l’acad. d’Aix, pag. 274), ce Claude de Simiane devenu grand-prieur de Toulouse en 1722, avec le fondateur de la chapelle du purgatoire dans l’église de Saint-Jean. Celui-ci était l’oncle du grand-prieur et se nommait Henri de Simiane, né à Aix en 1642, reçu dans l’Ordre en 1658. En 1704, le 17 décembre, il fit encore présent à l’église de Saint-Jean, d’une croix en diamants de la valeur de quatre mille livres environ, pour être placée au-dessus de l’ostensoire, laquelle croix ne se trouva plus valoir que huit cents livres le 10 octobre 1708, deux ans après la mort du donateur, par l’effet de quelque supercherie qu’il serait inutile d’approfondir. Henri mourut en 1706 et fut enterré, le 6 août, dans la chapelle du Purgatoire qu’il avait fondée, où reposaient déjà trois de ses frères comme lui chevaliers de Malte. Claude de Simiane, leur neveu, depuis grand-prieur de Toulouse, était né à Aix le 19 juin 1673, et n’avait ainsi que quinze ans lors de la fondation de la chapelle dont il est question, ce qui suffit pour prouver qu’il n’en est pas le fondateur. Retour

78 Voyez ci-après, rue Saint-MichelRetour

79 Voyez au tom. 1er, pag. 645Retour

80 Voyez au tom. 1er, pag. 543 et suivRetour

81 A cette époque la nation venait de rembourser les deux tiers de la dette publique en bons dits de deux tiers mobilisés, dont le taux n’était que de deux francs par cent francs à la bourse de Paris, et avait inscrit l’autre tiers sur le grand-livre, ce qu’on appelait le tiers consolidé, qui se vendait au prix de quinze ou seize francs pour cent francs. Les membres de l’association employèrent à cette acquisition leurs bons de deux tiers et leur tiers consolidé qui, négociés à la bourse à l’effet de parfaire le prix d’achat dans les proportions voulues par la loi, représentèrent pour eux en définitive ladite somme de cinq cent treize mille francs. – Ces membres étaient MM. Aubert-Mignard et Antoine Aubert, syndics, de Philip et de Callamand, anciens conseillers aux comptes, de Mayol-Saint-Simon, de Meyronnet-Châteauneuf, Pellicot, médecin, Vial et Roux-Alpheran (auteur de cette notice) ; mesdames Lieutaud épouse Pochet, de Calvy veuve de Joannis, Pazèry de Thorame veuve d’Eymar de Nans, Barrème veuve Brochier, et mademoiselle Tamisier. Retour

82 La cérémonie fut extrêmement longue, d’autant mieux qu’elle avait commencé par une première séance à l’Hôtel-de-Ville où M. le commissaire du roi avait prononcé un discours analogue la circonstance. Nous n’assistâmes qu’à celle qui eut lieu à Saint-Jean, et nous nous souvenons qu’un autre spectateur placé assez près de nous, dit à l’un de ses voisins-  » Croyez-vous que ce soit en l’honneur de Raymond-Bérenger qu’on nous fait ennuyer depuis deux ou trois heures ? pas du tout. C’est pour nous apprendre que Romée de Villeneuve était le ministre de ce prince, il y a six cents ans. « – En effet, les discours de M. le comte de Villeneuve et de M. l’archevêque de Bausset, son oncle, s’étaient fort étendus sur les hautes qualités de ce ministre. Retour

La+croix+de+Malte+est+omniprésente.

Eglise Saint Jean de Malte

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Galerie de portraits : ils sont liés à l’histoire de l’église de Saint-Jean-de-Malte (Aix-en-Provence)

Portraits :

Ils font partie de l’histoire de l’église de Saint-Jean-de-Malte

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Comtes de Provence

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Alphonse II comte de Provence (v. 1180-1209)

Alphonse II de Provence

 

 

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Raymond Bérenger V de Provence (v. 1198-1245)

Raymond Bérenger V

 

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Charles Ier d’Anjou (1227-1285) et Béatrice de Provence (1229-1267) son épouse

Charles Ier d’Anjou

Béatrice de Provence

 

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Charles II d’Anjou (1285-1309)

Charles II d’Anjou

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Saint Louis d’Anjou (1274-1297)

Saint Louis d’Anjou

Souverains 

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Charles Quint (1500-1558)

Charles Quint

 

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Marie de Médicis (1575-1642)

Marie de Médicis

 

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Napoléon Bonaparte (1769-1821) au siège de Toulon

Napoléon Bonaparte

 

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Charles X (1757-1836)

Charles X

 

Prieurs de l’Ordre de Malte et l’église Saint-Jean-de-Malte

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Frère Gérard Tenque (v. 1047-1120)

Frère Gérard Tenque

 

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Bertrand de Comps (? – v. 1239/1240)

Bertrand de Comps

 

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Guillaume de Villaret (v. 1235 -1305)

Guillaume de Villaret

 

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Hélion de Villeneuve (v. 1270-1346)

Hélion de Villeneuve

 

 

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Prieur Jean-Claude Viany (1639-1726)

Jean-Claude Viany

 

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Melchior Alphéran (1654-1734)

Melchior Alphéran

 

Prélats et évêques du diocèse d’Aix dans l’histoire de l’église

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Cardinal Pierre de Colmieu (XIIè siècle – 1253)

Cardinal Pierre de Colmieu

 

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Mgr Daniel de Cosnac (1628-1708)

Mgr Daniel de Cosnac

 

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Cardinal Michel Mazarin (1605-1648)

Cardinal Michel Mazarin

 

 

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Mgr Jérôme Champion de Cissé (1735-1810)

Mgr Jérôme Champion de Cissé

 

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Mgr Charles de Provenchères (1904-1984)

Mgr Charles de Provenchères

Le Musée Granet installé dans l’ancienne commanderie des chevaliers de Malte

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François Marius Granet (1775-1849)

François Marius Granet

 

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Louis Nicolas Philippe Auguste de Forbin (1777-1841)

Auguste de Forbin

 

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Musée Granet (ouvert au public dès 1836)

Musée Granet

 

 

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Notre-Dame-du-Bon-Repos : tableau de Gilles Garcin en l’église Saint-Jean-de-Malte (Aix-en-Provence)

Notre-Dame du Bon Repos

en l’Eglise-Saint-Jean-de- Malte

 

Notre-Dame du Bon Repos. 169. Gilles Garcin (1647-1702).

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Cette toile du peintre aixois faisait partie d’une commande pour la chapelle des Viany (avec un tableau représentant Le miracle de Saint Blaise). Cette oeuvre fut placée sur l’autel de la chapelle des porteurs de livrée (domestiques) évidemment nombreux dans ce quartier (chapelle Saint-Louis-Evêque).

Ce tableau porte bien son titre : en effet, au sommet l’on voit la Viere assise sur un nuage tenant l’Enfant-Jésus su ses genoux. Il faut remarquer aussi des mères groupées dans une attitude de spupplication pour mettre leurs enfants sous la protection de la Mère de Dieu.

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GILLES GARCIN

 Gilles Garcin (Aix-en-Provence, 1647–1702) est un peintre français. Il a essentiellement travaillé pour le prieur Viany de l’église Saint-Jean-de-Malte dont il a réalisé plusieurs toiles destinées à des retables. On trouve toujours dans cette église trois de ses œuvres, toutes commandées en 1690 :

Le Christ apparaissant à sainte Madeleine au jardin,

Le Miracle de saint Blaise,

Notre-Dame de Bon-Repos.

Si la première de ces œuvres était destiné au retable du bras sud du transept de l’église, les deux suivantes furent placées sur un autel, celui de la chapelle des Viany et celui de la chapelle des porteurs de livrée.

Il réalise aussi d’autres œuvres pour d’autres édifices religieux d’Aix, comme La Vierge et saint Jean, pour la cathédrale Saint-Sauveur.

À l’instar de plusieurs peintres provençaux et notamment d’Aix, Gilles Garcin visite Rome (Italie) avec l’aide d’un mécène. Sa présence y est attestée en 1664, tout comme celle de Nicolas Pinson la même année, ou de Reynaud Levieux deux ans plus tôt. Outre Aix et Rome, il travaille également à Apt, Rians et Toulon.

Œuvres dans les musées

L’Annonciation, hôtel d’Agar (Cavaillon).

Pomone, Musée des Beaux-Arts, Marseille.

Une étude sur son oeuvre dans la revue Provence historique

Gilles Garcin