JOAQUIN SOROLLA (1863-1923), JOAQUIN SOROLLA (1863-1923), PEINTRE ESPAGNOL, PEINTRE ESPAGNOL, PEINTRES, PEINTURE

Joaquin Sorolla (1863-1923), peintre espagnol

Le peintre Joaquín Sorolla

Joaquin_Sorolla_by_Gertrude_Käsebier,_1908

Joaquín Sorolla y Bastida (en catalan : Joaquim Sorolla i Bastida), né le 27 février 1863 à Valence (Espagne) et mort le   août 1923 Cercedilla, est un peintre espagnol.

Sorolla est connu pour ses scènes de genre alliant réalisme et lyrisme ainsi que pour ses scènes de plage et sa maîtrise de la couleur blanche dont il use avec brio dans de nombreux tableaux. Son style a été qualifié d’impressionniste, de post-impressionniste   ou encore de luministe.

 

Biographie

Marina   1880

Marine (1880), Madrid, musée Sorolla. Œuvre de jeunesse de Sorolla, avant qu’il ne finisse sa formation académique.

Sorolla est né à Valence, en Espagne. Il est l’aîné d’un marchand, également nommé Joaquín Sorolla et de son épouse Concepción Bastida. Sa sœur Concha naît un an plus tard. En août 1865, leurs deux parents meurent lors d’une épidémie de choléra ; les enfants sont pris en charge par leur tante maternelle et leur oncle, serrurier de profession. Avec les années, l’oncle tenta en vain d’enseigner la serrurerie à son neveu. Joaquin fait connaître tôt sa volonté d’étudier la peinture. Il apprit le dessin à l’école des artisans de Valence Durant ses études au 12 rue Avellanas, il eut comme compagnons José Vilar y Torres, les frères Benlliure et Pinazo.

À la fin de ses études, il envoie des œuvres pour participer à des concours en province et à des expositions nationales des beaux-arts – celle de Madrid en 1881 – où il présenta trois marines de Valence qui furent ignorées car elles ne correspondaient pas à la peinture officielle qui demandait des thèmes historiques et dramatiques. L’année suivante, il étudia l’œuvre de Vélasquez et d’autres auteurs au Musée du Prado. Après ces visites, Sorolla peignit en 1883 une toile inédite Étude du Christ redécouverte récemment, et où on note l’influence de Christ crucifié de Vélasquez. C’est avec cette toile que commença son étape « réaliste » où il eut Gonzalo Salva pour professeur. Finalement, en 1883, il obtint la médaille de l’exposition régionale de Valence et en 1884 il obtint la médaille de deuxième classe de l’Exposition Nationale grâce à son tableau Défense du Parc d’artillerie de Montéléon, œuvre mélodramatique et obscure, réalisée expressément pour l’exposition. Il confia à ce propos à un de ses collègues « Ici, pour se faire connaître et gagner des médailles, il faut qu’il y ait des morts ».

Il obtint un grand succès à Valence avec son tableau El Crit del Palleter (« Le Cri du marchand de paille ») sur la guerre d’indépendance espagnole grâce à quoi il obtint en 1885 une bourse de la Députation Provinciale de Valence pour Rome où, en parallèle de son travail, il découvrit l’art classique et renaissance, visita les grands musées et noua des liens avec les autres artistes. Il y développa son style et sa technique.

Avec son ami, le peintre Pedro Gil, il se rendit à Paris durant le premier semestre 1885, pour y observer de près la peinture impressionniste, qui, de retour à Rome, produisit un changement de thèmes et de style, avec des toiles à motifs religieux L’Enterrement du Christ, avec lequel il n’eut pas le succès espéré. Il se rapprocha ainsi des avant-gardes européennes. Les peintres qui l’influencèrent le plus furent John Singer Sargent, Giovanni Boldini et Anders Leonard Zorn.

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La Vente des melons (1890), huile sur toile, Malaga, musée Carmen Thyssen.

En 1888 il se maria avec Clotilde García del Castillo à Valence, bien qu’ils vécurent une année en Italie, à Assise. Il réalisa à cette époque quelques tableaux importants comme La Vente des melons (Malaga, musée Carmen Thyssen) ainsi que plusieurs autres sur des thèmes costumbristes qu’il pouvait vendre facilement. C’étaient en général de petites aquarelles commercialisées par son marchand Francisco Jover.

Ascension

En 1889, le peintre et sa famille s’installèrent à Madrid. En à peine cinq années, Sorolla jouit d’un grand renom comme peintre. Avec le retour en Espagne, sa palette s’éclaircit, illustrant les plages méditerranéennes, les ébats d’enfants, les nus, les pêcheurs valenciens. Il obtint son premier succès important avec Une autre Marguerite, qui lui valut la médaille d’or à Madrid et fut vendu à la galerie Saint-Louis. Il devient vite très connu, meneur incontesté de l’école moderne espagnole de peinture.

En 1894, il voyagea de nouveau à Paris, où il développa le style appelé luminisme qui devient dès lors caractéristique de son œuvre. Il commença à peindre à l’air libre, maîtrisant et utilisant la lumière pour des scènes quotidiennes et des paysages du bord de la Méditerranée. Joaquin Sorolla exposa au Salon des artistes français en 1893, où il fut régulièrement admis entre cette date et 1909, obtenant un 3e prix pour le Baiser à la Relique, puis un 2e prix pour Retour de la pêche : halage de la barque (1894), œuvre très admirée au salon de Paris et acquis par l’État pour le musée du Luxembourg.

Consécration

Dans ses tableaux, le Retour de la pêche : halage de la barqueLa Plage de Valence, ou Triste héritage, il communique sa vision de la Méditerranée, la splendeur d’une matinée à la plage dans des coloris vibrants, un style léger, vigoureux. Avec Triste héritage, il reçoit en 1900 le « Grand Prix » du concours international de Paris. Il continue à traiter des thèmes sociaux qui lui avaient valu son succès, avec notamment Et en plus elles disent que le poisson est cher ! (1894).

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Traite des blanches (1895), Madrid, musée Sorolla.

En août 1900, à Valence, son ami sculpteur Ricardo Causarás Casaña lui rend visite. Il pose pour une statue de terre et de plâtre finalement exposée à l’exposition générale des beaux-arts de Madrid. Elle se trouve actuellement dans les jardins royaux de Los Viveros à Valence. À cette époque, la ville de Valence lui fait l’honneur d’une rue à son nom, le nommant fils émérite de la ville. Après avoir beaucoup voyagé en Europe – en Angleterre et en France – il remporte une médaille d’honneur l’exposition universelle de Paris en 1900 et en 1901, est nommé chevalier de la Légion d’honneur. Ce succès lui donne des moyens financiers et une reconnaissance internationale nouvelle, aidant à la diffusion de son œuvre dans toute l’Europe et aux États-Unis.

À l’été 1905, il se rend à Jávea pour réaliser une série de peinture d’enfants nus, dont l’une de ses plus célèbres lui vaut une commande de l’Hispanic Society of America et parmi lesquelles figure notamment Le Bain (Musée Métropolitain, New York). Une exposition de ses œuvres — paysages, portraits — à la galerie Georges Petit à Paris en 1906 lui apporte une gloire encore plus grande : il est fait officier de la Légion d’honneur. Son succès social comme économique est complet.

En 1905, le peintre acquiert un terrain sur le paseo del Obelisco à Madrid (Actuellement rue General Martínez Campos), à côté de la résidence de l’actrice María Guerrero. Peu après il achète le terrain contigu qu’il transforme en trois jardins. Sorolla inaugure en 1911 sa nouvelle résidence madrilène.

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Jardín du musée Sorolla à Madrid.

Il expose à New York en 1909, où il obtient un succès sans précédent, avec notamment les tableaux Soleil du soir et Les Nageurs et triomphe également en 1911 au musée d’Art de Saint-Louis et à l’Art Institute of Chicago.

Vision d’Espagne

En novembre 1911, il signe une commande pour Hispanic Society de New York. Il réalisa quatorze panneaux de très grandes dimensions pour décorer les salles de l’institution. Chacune est dédicacée à une région d’Espagne. Il réalise cette commande entre 1913 et 1919.

Chaque tableau mesure 3,5 mètres de haut ; mis bout à bout, ils mesurent 70 m de long, ce qui en fait un monument magistral d’Espagne. En 1912, Sorolla consacre l’année à voyager dans toute l’Espagne, faisant des croquis des scènes populaires ou coutumières auxquelles il assiste. Chaque tableau décrit des détails caractéristiques des diverses provinces espagnoles et portugaises

Portraitiste

Une facette importante de Sorolla est son activité de portraitiste. Il réalise de nombreux portraits de célébrités Santiago Ramón y CajalGaldós, Machado, Vicente Blasco Ibáñez, des politiques comme Emilio Castelar, le roi Alphonse XIII, le président William Howard Taft, ainsi qu’une collection de portraits de famille et autoportraits.

En 1914 il est nommé universitaire. Après ses travaux pour l’Hispanic Society il travaille comme professeur de composition et de couleurs à l’école des beaux arts de Madrid.

En août 1919, il se rend à Majorque, aux Baléares, près de Pollença. Il puise plusieurs tableaux dans la lumière majorquine, dont Elena en la cala de San Vicente. Le voici à Ibiza en septembre 1919. Ce sont bientôt ses derniers tableaux.

Le 17 avril 1920, alors qu’il peignait le portrait de l’épouse de l’écrivain Ramón Pérez de Ayala, dans le jardin de sa maison madrilène, il est victime d’un accident vasculaire cérébral qui le laisse hémiplégique. Diminué dans ses facultés physiques il ne peut plus peindre. Il mourut trois années après dans sa résidence d’été à Cercedilla, le 10 août 1923.

Portraits

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Portrait de William Howard Taft, Président des États-Unis (1909), Taft Museum of Art

 

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Autoportrait de Joaquín Sorolla, (1909), musée Sorolla, Madrid

 

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Portrait de Raquel Meller (1918), musée Sorolla, Madrid

 

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Portrait de Ramón Pérez de Ayala (1920), Hispanic Society of America, New York

 

Postérité

Après sa mort, sa veuve fait don de beaucoup de ses tableaux à l’État espagnol. Ces peintures forment le fonds du musée Sorolla   situé depuis 1932 dans la maison de l’artiste à Madrid. En 1933, Paul Getty achète dix de ses tableaux représentant des scènes de plages impressionnistes. Son principal disciple est Théodore Andreu .

Œuvres

En plus de la maison-musée Sorolla, on trouve ses tableaux à la Alte Nationalgalerie de Berlin, au musée national d’Art de Catalogne de Barcelone, dans les musées de Venise et Madrid et dans de nombreuses collections privées en Europe et en Amérique, en particulier à Buenos Aires. Il peignit des portraits du roi Alphonse et de la reine Victoria Eugénie d’Espagne.

Collections publiques

La liste est non exhaustive. Le musée Sorolla à Madrid rassemble plusieurs centaines d’œuvres. Le classement par pays, villes et institutions est fait selon l’ordre alphabétique. Celui des œuvres est chronologique.

Argentine

Buenos Aires, Musée des Beaux-Arts

Dans la sacristie (1893) huile sur toile (39,5 × 58 cm)

Loup de mer (1894) aquarelle (35,5 × 48,5 cm)

Le retour de la pêche (1898) huile sur toile (50 × 98 cm)

Sur la côte de Valence (1898) huile sur toile (57 × 88,5 cm)

Nuage d’été (1899) aquarelle (48,5 × 77,5 cm)

Assemblage du filet de pêche (1902) huile sur toile (48 × 59,5 cm)

Portrait de José Prudencio de Guerrico (1907) huile sur toile (148,5 × 103 cm)

La prière (1907) aquarelle (59 × 36 cm)

Paysage avec personnage (1912) huile sur toile (68 × 97,5 cm)

La última copla (non daté) huile sur toile (100 × 156 cm

Mucha alegria (non daté) aquarelle (49 × 96,5 cm)

Espagne

Bilbao, Musée des Beaux-Arts

Table de pétition (vers 1892) huile sur toile (86 × 107 cm)

Le baiser de la relique (1893) huile sur toile (103,5 × 122,5 cm)

Portrait du peintre Mañanos (1903) huile sur toile (112 × 72 cm)

Portrait d’Unamuno (vers 1912) huile sur toile (143 × 105 cm)

Madrid, Musée du Prado

Tête de femme à la mantille blanche (vers 1882) huile sur toile (48 × 33 cm)

Dos de mayo (Défense du Parc d’artillerie de Monteleón) (1884) huile sur toile (400 × 580 cm)

Rafael Altamira y Crevea (1886) huile sur toile (55,5 × 41 cm)

Sainte Clotilde (1888-1889) huile sur toile (78 × 61 cm)

Le peintre Juan Espina y Capo (1892) huile sur toile (69,5 × 54,5 cm)

Jaime García Banús (1892) huile sur toile (85,5 × 110 cm)

Ils disent toujours que le poisson coûte cher! (1894) huile sur toile (151,5 × 204 cm)

María Teresa Moret (1901) huile sur toile (111 × 88 cm)

María Figueroa vêtue en ménine (1901) huile sur toile (151,5 × 121 cm)

Le peintre Aureliano de Beruete (1902) huile sur toile (115,5 × 110,5 cm)

Aureliano de Beruete y Moret, fils (1902) huile sur toile (140 × 82 cm)

Jacinto Felipe Picón y Pardiñas (1904) huile sur toile (65 × 98 cm)

María de los Ángeles Beruete y Moret, comtesse douairière de Muguiro (1904) huile sur toile (180 × 132,5 cm)

Le docteur Francisco Rodríguez de Sandoval (1906) huile sur toile (104,5 × 104,5 cm)

L’actrice Maria Guerrero en Dama boba (1906) huile sur toile (131 × 120,5 cm)

Mercedes Mendeville, comtesse de San Félix (1906) huile sur toile (198 × 99 cm)

Le peintre Antonio Gomar (1906) huile sur toile (59 × 100 cm)

Le docteur Joaquín Decref y Ruiz (1907) huile sur toile (67 × 91,7 cm)

Enfants sur la plage (1909) huile sur toile (118 × 185 cm)

 Don Ramón Piña y Millet (1909) huile sur toile (80 × 62 cm)

 Ella J. Seligman (1913) huile sur toile (151 × 108 cm)

Madrid, Musée de l’Académie royale des Beaux-Arts de San Fernando

Roma (1884-1889) huile sur panneau (14 × 19 cm)

Huerta de Valence (1895-1910) huile sur panneau (14 × 19 cm)

Repas sur le bateau (1898) huile sur toile (180 × 250 cm)

Le Bain à la Plage (1909) huile sur toile (77 × 105 cm)

Madrid, Musée Sorolla

Scène de port; marine (1880) huile sur toile (44,5 × 78 cm)

Amandier en fleurs (1888-1889) huile sur panneau (15,5 × 25,3 cm)

Traite de blanches (1894) huile sur toile (166,5 × 195 cm)

Mère (vers 1895-1910) huile sur toile (125 × 169 cm)

Mes enfants (1904) huile sur toile (160,5 × 230,5 cm)

Autoportrait (1904) huile sur toile (66 × 105,5 cm)

Le bateau blanc, Jávea (1905) huile sur toile (105 × 150 cm)

Ombre du pont d’Alcántara, Tolède (1906) huile sur toile (66 × 93,5 cm)

Plage de Valence (1908) huile sur toile (66 × 96 cm)

Promenade au bord de la mer (1909) huile sur toile (205 × 200 cm)

Elena à la plage (1909) huile sur toile (200 × 120 cm)

Autoportrait (1909) huile sur toile (70 × 50,5 cm)

Clotilde assise sur un canapé (1910) huile sur toile (180 × 110 cm)

Le vieux pont d’Ávila (1910) huile sur toile (82 × 105 cm)

Lagarterans typiques ou Mariée Lagarterane (1912) huile sur toile (200 × 206,5 cm)

 Vue sur le Tage, Tolède (1912) huile sur toile (49,5 × 65,5 cm)

Andalouse (1914) huile sur toile (72 × 54,5 cm)

Joaquina la gitane (1914) huile sur toile (125,5 × 81 cm)

Sortie de baignade (1915) huile sur toile (130 × 150,5 cm)

Les voiles (1915) huile sur toile (75 × 90 cm)

Jardin de la maison Sorolla (1920) huile sur toile (104 × 87,5 cm)

Málaga, Musée Carmen Thyssen

La vente de melons (1890) huile sur toile (52 × 79 cm)

Oviedo, Musée des Beaux-Arts des Asturies

En Courant sur la Plage. Valence (1908) huile sur toile (90 × 166,5 cm)

Valence, Musée des Beaux-Arts

Etats-Unis

Buffalo, Albright-Knox Art Gallery

Mrs. William H. Gratwick (1909) huile sur toile (152 × 99 cm)

Portrait of Charles M. Kurtz, Founding Director, Albright Art Gallery (1909) huile sur toile (102 × 76 cm)

Chicago, Art Institute

Rochers près du phare, Biarritz (1906) huile sur toile (61,5 × 103 cm)

Deux sœurs, Valence (1909) huile sur toile (176 × 112 cm)

Los Angeles, The J.Paul Getty Museum

Le Pied blessé (1909) huile sur toile (109 × 100 cm)

La Salle des Ambassadeurs, Alhambra, Grenade (1909) huile sur toile (104 × 82 cm)

Pepilla la Gitane et sa Fille (1910) huile sur toile (182 × 110,5 cm)

Cour des Danses, Alcazar, Séville (1910) huile sur toile (95 × 63,5 cm)

Coin du Jardin, Alcazar, Séville (1910) huile sur toile (95 × 63,5 cm)

New York, Brooklyn Museum

Paysage asturien (1903-1904) huile sur toile (62 × 94,5 cm)

Plage à Valence (vers 1908) huile sur panneau (13 × 27 cm)

New York, The Metropolitan Museum of Art

Le Bain, Jàvea (1905) huile sur toile (90 × 128 cm)

Señora de Sorolla en noir (1906) huile sur toile (187 × 119 cm)

Chateau de San Servando, Tolède (1906) huile sur toile (67 × 93 cm)

Mrs. Winthrop W. Aldrich (1909) huile sur toile (102 × 77 cm)

Philadelphia Museum of Art

Enfants au bord de la mer (1903) huile sur toile (96 × 130,5 cm)

Saint Louis Art Museum

Sous l’auvent, Zarautz (1910) huile sur toile (99 × 114 cm)

San Diego Museum of Art

Au bord de la mer, Valence (1908) huile sur toile (129,5 × 104 cm)

San Francisco, Fine Arts Museums

Sur le plage (1908) huile sur toile (83 × 105 cm)

France

Bayonne, Musée Bonnat-Helleu

Enfant au bord de la mer (1905) huile sur toile (35 × 37 cm)

Bordeaux, Musée des Beaux-Arts

Portrait de Madame Dequis (1913) huile sur toile (73 × 93 cm)

Castres, Musée Goya

Portrait de Jacques Seligmann (1911) huile sur toile (151 × 108 cm)

Limoges, Palais de Justice

Barques et groupes de pêcheurs à Valence (1894) huile sur toile (47 × 67 cm)

Paris, Musée d’Orsay

Retour de la pêche: halage de la barque (1894) huile sur toile (265 × 403,5 cm)

Pau, Musée des Beaux-Arts

La préparation des raisins secs (1901) huile sur toile (195 × 139 cm)

Royaume-Uni

Leeds Museums and Galleries

Une Dame et un Chien à la Plage (1906) huile sur toile (15,9 × 22,2 cm)

Dames sur la Plage (1906) huile sur toile (15,9 × 22,2 cm)

Le Pont (1906) huile sur toile (15,9 × 22,2 cm)

Personnes Assises sur la Plage (1906) huile sur toile (15,9 × 22,2 cm)

La Plage (1906) huile sur toile (15,9 × 22,2 cm)

Londres, National Portrait Gallery

La Princesse Beatrice de Battenberg (1908) huile sur toile (129 × 97 cm)

Southampton City Art Gallery

L’estuaire du Nalón (date non indiquée) huile sur toile (62 × 93 cm)

Collections privées

Espagne

Banco de España

Voltaire raconte une de ses histoires (1905) huile sur toile (40 × 28 cm)

 

Élèves

Álvaro Alcalá Galiano y Vildósola (1873-1936)

Vicente Santaolaria (1886-1967).

ARTISTE, ECRIVAIN ESPAGNOL, ESPAGNE, LITTERATURE ESPAGOLE, PEINTRE ESPAGNOL, SALVADOR DALI (1904-1989)

Salvador Dali (1904-1989)

Salvador Dalí

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Peintre, graveur et écrivain espagnol (Figueras 1904-Figueras 1989).

Génie protéiforme, cultivant l’extravagance et l’autocélébration, Salvador Dalí pratiqua une forme d’art de l’inconscient dont il eut la révélation en lisant Freud. Il marqua de sa personnalité le surréalisme en peinture comme au cinéma.

 

L’ENTRÉE DANS LE SURRÉALISME

Élève rêveur et indiscipliné jusqu’à son entrée à l’École des beaux-arts de Madrid, Salvador Dalí se place à la croisée de plusieurs influences, qui mêlent les réalismes hollandais et espagnol, l’impressionnisme et le cubisme (Jeune Fille assise, vue de dos, 1925, Centre d’art Reina Sofía, Madrid). C’est à Madrid qu’il fait la connaissance de Luis Buñuel, tandis que De Chirico et la « peinture métaphysique », Magritte ou encore Miró décident de sa vocation, qui s’affirme dès 1927 par un style que caractérise une exécution minutieuse mise au service de représentations oniriques. Dans ses compositions apparaît aussi l’obsession des paysages marins qui ne le quittera plus (Femme devant les rochers, 1926, collection privée, Milan). C’est après un premier voyage à Paris qu’il « s’insinue » dans le surréalisme, selon le mot d’André Breton. Sa contribution au mouvement est moins celle du peintre que de l’auteur, avec Buñuel, d’Un chien andalou (1928). À peine moins déterminante est sa part dans la réalisation de l’Âge d’or (1930), qui restera longtemps interdit. La carrière cinématographique de Dalí s’achève en 1932 avec la publication d’un scénario, Babaouo, qui « se passe en 1934 dans n’importe quel pays d’Europe pendant la guerre civile ».

Dalí, qui a pour compagne et inspiratrice Gala Éluard, est le pourvoyeur d’un feu d’artifice ininterrompu. Il a « une idée par minute », de préférence incongrue ou obscène, mettant au service du mouvement surréaliste une publicité ingénieuse et tapageuse. Ses œuvres, telle l’Énigme du désir – Ma mère, ma mère, ma mère (1929, collection privée, Zurich), illustrent sa théorie de la « paranoïa critique » qu’il expose dans son livre la Femme visible (1930). Il s’agit d’une « libre interprétation des associations délirantes ». De là ces peintures où, sous l’apparence d’un trompe-l’œil, les objets s’allongent, se dissolvent, se métamorphosent ; de là ces loufoqueries à propos de tableaux célèbres, comme l’Angélus de Millet, où le chapeau de l’homme dissimule, selon Dalí, un sexe en érection. Malgré le reniement de Breton, en 1934, l’art hallucinatoire de Dalí relève bien de l’esthétique surréaliste (Persistance de la mémoire, ou les Montres molles, 1931, MoMA, New York ; Prémonition de la guerre civile, 1936, Philadelphie), résumée par cet aphorisme : « La culture de l’esprit s’identifiera à la culture du désir. »

 

DALÍ AIME DALÍ

En 1936, Dalí affecte un retour spectaculaire au « classicisme » italien, qui consacre sa rupture définitive avec le surréalisme historique. De 1940 à 1948, il vit aux États-Unis. De retour en Espagne, il s’installe à Port Lligat, en Catalogne. Il épousera religieusement Gala en 1958. Puisant à toutes les sources, réalisme et baroque (Christ de Saint-Jean-de-la-Croix, 1951, Glasgow), expressionnisme abstrait et pop art, il a aussi recours, à partir des années 1970, à des procédés capables de donner l’illusion du relief comme l’holographie et la stéréoscopie.

 

Salvador Dalí, définition du surréalisme

À force d’inventions et de rodomontades, d’avances aux gens du monde, de compromissions avec les puissances politiques et religieuses, Dalí entretient son mythe personnel et continue de passer, aux yeux du grand public, pour l’authentique représentant du surréalisme. Vie et œuvre se confondent alors dans une imposture générale qui pourrait bien être aussi une œuvre d’art digne de forcer, sinon l’approbation, du moins une attention moins sceptique. Un musée Dalí, dont le peintre sera lui-même le promoteur, sera créé en 1974 à Figueras, où verra aussi le jour en 1984 la fondation Gala-Salvador-Dalí. Cinq ans plus tard, c’est elle qui recevra le corps de l’artiste.

 

AVIDA DOLLARS

Le sobriquet, en forme d’anagramme, a pour auteur André Breton. Il s’applique malicieusement à Salvador Dalí, à l’époque de son séjour aux États-Unis, où il n’eut pas d’autre choix que se proclamer le peintre le plus riche du monde ! Dalí, au demeurant, toujours situé aux frontières du dandysme et de la clownerie, ne laissa à personne d’autre qu’à lui-même le soin de faire valoir sa personne. Il endossa la défroque de l’histrion génial, à la moustache hilarante, et entreprit son propre panégyrique sur un ton glorieux et outrancier qui atteignait précisément à la dérision théâtrale… celle-là même dont il usa dans une célèbre publicité où il déclarait être « fou » d’un certain chocolat…

 

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Biographie Salvador Dalí

« A six ans je voulais être cuisinière. A sept ans Napoléon. Depuis, mon ambition n’a cessé de croître comme ma folie des grandeurs. » Salvador Dalí

L’artiste surréaliste espagnol Salvador Dalí naît le 11 mai 1904 à Figueres. Il y décède le 23 janvier 1989 à l’âge de 84 ans. Il est le fils du notaire Salvador Dalí Cusí et de Felipa Domènech Ferrés.

En 1908, son père l’inscrit à l’École publique maternelle de Figueres, avec le maître Esteban Trayter. Deux ans plus tard et, au vu de l’échec de cette option, son père décide de l’inscrire au collège hispano-français Inmaculada Concepción de Figueres, où il apprend le français, sa future langue de culture.
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Salvador Dali with ocelot and cane – Library of Congress. New York World-Telegram & Sun Collection. 1965 – Auteur : Roger Higgins, World Telegram staff photographer

En 1916, Salvador Dalí passe une période aux alentours de Figueres, dans la propriété El Molí de la Torre, de la famille Pichot – famille d’intellectuels et d’artistes – où, grâce à la collection que possède le peintre Ramon Pichot, il découvre l’impressionnisme. Après une scolarité primaire médiocre, il commence, en automne, ses études secondaires au collège des Frères Maristes et au Lycée de Figueres. Il assiste également aux classes du professeur Juan Núñez à l’École municipale de dessin de Figueres. Au cours de cette année et de la suivante, Salvador Dalí dessine des contes pour sa soeur Anna Maria (née en 1908) lorsque celle-ci est malade.

En 1917, son père lui organise, chez lui, une exposition de dessins au charbon. En 1918, Salvador Dalí collabore, avec une vignette, à la revue populaire catalane Patufet. En 1919, il participe à une exposition collective dans les salons de la Societat de Concerts, au Théâtre municipal de Figueres (futur Théâtre-musée Dalí). Avec un groupe d’amis du lycée, il fonde la revue Studium, où il publie ses premiers écrits : une série de chroniques d’art dans lesquelles, sur un ton académique et scolaire, il écrit sur les artistes qu’il admire : Goya, El Greco, Dürer, Léonard de Vinci, Michel-Ange et Vélasquez. Il collabore également, avec un autre groupe d’amis de Figueres, à la revue humoristique El sanyó Pancraci, dont il peint un portrait imaginaire. Il commence un journal personnel sous le titre Mes impressions et souvenirs intimes (publié en espagnol en 1919-1920), qu’il continue l’année suivante.

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Salvador Dalí, 29 novembre 1939 – Library of Congress, Prints and Photographs Division, Van Vechten Collection – Photographe : Carl Van Vechten

En 1920, Dalí commence à écrire un roman, Soirs d’été. Son père lui impose, comme condition pour être peintre, d’aller étudier à Madrid, à l’École des beaux-arts, afin d’obtenir un diplôme de professeur. Dalí l’accepte. La mère de Dalí meurt en février 1921.

A Madrid, en 1922, Dalí assiste à l’École spéciale de peinture, sculpture et gravure (Real Academia de Bellas Artes de San Fernando) et il habite à la Residencia de Estudiantes. Il s’y lie d’amitié avec un groupe de jeunes qui, avec le temps, deviendront d’importantes personnalités intellectuelles et artistiques : Luis Buñuel, Federico García Lorca, Pedro Garfias, Eugenio Montes et Pepín Bello, entre autres. Il commence à écrire un cahier qu’il intitule Pantins. C’est probablement à cette époque qu’il reçoit les premières informations sur la peinture cubiste à travers le catalogue futuriste Peinture et sculpture futuriste (dynamisme plastique) que Pepito Pichot lui avait apporté de Paris et également à travers des revues étrangères comme Esprit nouveau ou Valori Plastici que lui procure son oncle Anselm Domènech, propriétaire d’une importante librairie à Barcelone, à laquelle il demande d’être abonné.

En 1923, Salvador Dalí publie dans la revue Empordà Federal son poème intitulé « De la feria ». Il est expulsé de l’Académie de San Fernando, accusé d’avoir mené une révolte étudiante contre la non-concession au peintre Daniel Vázquez Díaz de la chaire de Peinture de l’École. Il revient à Figueres, où il reprendra ses classes avec Juan Núñez, qui l’instruit dans la modalité de la gravure. En 1924, ses dessins sont publiés dans les revues Alfar et España. En automne, il revient à l’Académie où il se voit obligé de redoubler son année.

En 1925, Dalí participe à la Ie Exposition de la Société des artistes ibériques à Madrid et sa première exposition individuelle est présentée aux Galeries Dalmau de Barcelone. Certaines des oeuvres présentées dans ces expositions se situent à mi-chemin entre les tendances cubistes du moment et les oeuvres des métaphysiciens italiens qu’il avait contemplées dans Valori Plastici. C’est son époque de rejet de l’avant-garde et de recherche d’une tradition picturale, essentiellement italienne. Dalí entre en contact avec une peinture, en particulier celle de Giorgio Morandi, qui lui est très utile dans le processus d’épuration qu’il a commencé. Durant cette année scolaire, 1925-1926, il ne revient pas à l’Académie de San Fernando. Federico García Lorca passe ses vacances avec Dalí à Cadaqués.

En 1926, Dalí participe à plusieurs expositions. En compagnie de sa tante et de sa soeur, il réalise son premier voyage à Paris, ville dans laquelle il fait la connaissance de Picasso et il visite le Musée du Louvre. Il est expulsé définitivement de l’École des beaux-arts de Madrid pour avoir déclaré incompétent le jury qui doit l’examiner. Il revient de nouveau à Figueres et se consacre intensément à peindre.

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Salvador Dalí, 29 novembre 1939 – Library of Congress, Prints and Photographs Division, Van Vechten Collection – Photographe : Carl Van Vechten

En 1927, Dalí réalise sa deuxième exposition individuelle aux Galeries Dalmau de Barcelone et participe au IIe Salon d’automne de la Salle Parés de cette même ville. Dans les oeuvres présentées, les premières influences claires du surréalisme peuvent être observées, ainsi que l’anticipation de beaucoup de composants de l’esthétique future de Dalí : les mains et les têtes coupées, les corps amputés, les veines et les artères, le poisson, les figures coupées en morceaux, les ânes pourris, les animaux en état de décomposition…, autrement dit, les premiers pas dans une nouvelle esthétique qui recherche de nouveaux principes formels et qu’il ne fonde plus autant sur ce qui est classique et clairement défini.

En 1928, Dalí participe à l’exposition collective Manifestation d’art d’avant-garde, aux Galeries Dalmau. La Gaceta Literaria publie son poème « À Lydia de Cadaqués » et son article « Réalité et surréalité ». Il réalise l’emblème de Gallo, la revue de Grenade à inspiration superréaliste, ainsi que toutes les illustrations du premier numéro. Avec Lluís Montanyà et Sebastià Gasch, il publie le Manifeste jaune (manifeste antiartistique catalan). Il participe au IIIe Salon d’automne de la Salle Parés et à la XXVIIe Exposition internationale de peintures de Pittsburgh aux États-Unis.

En 1929, Salvador Dalí participe à l’Exposition de peintures et sculptures d’Espagnols résidant à Paris, qui se tient au Jardin Botanique de Madrid. Le dernier numéro de L’Amic de les Arts est publié : la conception et la majeure partie des textes sont réalisés par Salvador Dalí, qui fait une profession de foi surréaliste. Il se rend de nouveau à Paris et, au travers de Joan Miró, il entre en contact avec le groupe des surréalistes, dirigé par André Breton. Durant son séjour dans la capitale française, le journal La Publicitat de Barcelone publie sous le titre « Documentaire-Paris-1929 » les sept articles qui recueillent ses impressions sur tout ce qui se passe dans cette ville. Le film Un chien andalou, fruit de sa collaboration avec Luis Buñuel, est projeté au cinéma Studio des Ursulines de Paris. Il passe l’été à Cadaqués, où il reçoit la visite du galériste Camille Goemans et sa compagne, de René Magritte et son épouse, de Luis Buñuel, de Paul Eluard et Gala, avec la fille de ces derniers, Cécile. À partir de ce moment-là, Gala restera pour toujours à ses côtés. Il participe à l’exposition collective Abstrakte und surrealistische Malerei und Plastik à la Kunsthaus de Zurich. Sa première exposition individuelle a lieu à la Galerie Goemans de Paris.

Au début de la décennie des années 1930, Dalí trouve son propre style, son langage particulier et la forme d’expression qui l’accompagneront toujours et, bien qu’il change et qu’il évolue, ce seront, dans le fond, ceux que nous connaissons tous et qui le définissent si bien. Un mélange d’avant-garde et de tradition. Ses premières toiles impressionnistes restent en arrière, ainsi que ses oeuvres influencées, entre autres mouvements, par le cubisme, le purisme et le futurisme. Dalí est complètement intégré dans le surréalisme et c’est le début de sa consécration comme peintre. L’Âge d’or, le deuxième film réalisé en collaboration avec Buñuel, passe en exclusivité au Studio 28 de Paris.

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Salvador Dalí – Photographe : Philippe Halsman

En 1931, Dalí réalise sa première exposition individuelle à la Galerie Pierre Colle de Paris où il expose son oeuvre La persistance de la mémoire. Il participe à la première exposition surréaliste aux États-Unis qui a lieu au Wadsworth Atheneum de Hartford. En 1932, Dalí participe à l’exposition Surréalisme : peintures, dessins et photographies, de la Julien Levy Gallery de New York. Sa deuxième exposition individuelle a lieu à la Galerie Pierre Colle de Paris. Son livre Babaouo, dans lequel il expose sa conception du cinéma, est publié aux Éditions des Cahiers Libres. À la fin de cette année, Dalí annonce au vicomte de Noailles la création du « groupe du Zodiaque », un groupe d’amis qui s’unissent pour aider économiquement Salvador Dalí, en lui commandant des oeuvres qu’ils achètent régulièrement.

En 1934, Dalí épouse civilement Gala (née Elena Ivanovna Diakonova), en présence des témoins Yves Tanguy et André Gaston. Il expose à l’Exposition du cinquantenaire au Salon des Indépendants du Grand Palais de Paris, sans prendre en compte l’opinion du reste des surréalistes qui avaient décidé de ne pas y participer, un fait qui suppose pratiquement son expulsion du groupe dirigé par Breton. La librairie Quatre Chemins de Paris expose les 42 eauxfortes et les 30 dessins qu’il avait réalisés pour illustrer Les chants de Maldoror d’Isidore Ducasse, Comte de Lautréamont. Il réalise sa première exposition individuelle à la Zwemmer Gallery de Londres. Il embarque avec Gala à bord du Champlain pour effectuer son premier voyage aux États-Unis. Pour l’occasion, il publie un tract, « New York me salue ». Deux expositions individuelles de Dalí sont organisées : l’une à la Julien Levy Gallery et l’autre à l’Avery Memorial du Wadsworth Atheneum, Hartford (Connecticut).

En 1935, Dalí réalise une série de dessins et de textes pour American Weekly où il décrit différents concepts de la vie moderne et urbaine américaine. Le couple rentre en Europe à bord du Normandie. Il illustre avec Arp, Max Ernst, Marcel Duchamp, Alberto Giacometti, Valentine Hugo, Oscar Domínguez, Man Ray, Marcel Jean et Yves Tanguy, le programme du Cycle systématique de conférences sur les plus récentes positions du surréalisme. Il participe à l’exposition surréaliste de la Salle d’exposition de la commune de La Louvière (Belgique) et à l’Exposition internationale de peintures de 1935 du Carnegie Institute de Pittsburgh.

En mai 1936, il participe à l’Exposition surréaliste d’objets à la Galerie Charles Ratton de Paris, où il expose La veste aphrodisiaque et Monument à Kant. En juin, il participe à l’Exposition surréaliste internationale qui se tient aux New Burlington Galleries de Londres. Le 14 décembre, la revue Time lui consacre sa couverture, la photo est de Man Ray. Il participe à l’exposition Surréalisme dadaïsme fantastique au MoMA de New York. C’est à la Julien Levy Gallery de New York que se tient sa troisième exposition individuelle.

En février 1937, il fait la connaissance des frères Marx à Hollywood. Il commence à travailler avec Harpo sur le scénario d’un film, Salade de girafes à cheval (connu dans sa dernière version comme La femme surréaliste), qui n’arrivera jamais à être tourné. Dalí et Gala rentrent en Europe. À Paris, à la Galerie Renou et Colle, il présente son portrait de Harpo Marx et les dessins qu’ils avaient réalisés ensemble pour le film.

Le 17 janvier 1938 a lieu l’inauguration à la Galerie Beaux-Arts de Paris de l’Exposition internationale du surréalisme, organisée par André Breton et Paul Eluard. À l’entrée de la galerie, le Taxi pluvieux de Salvador Dalí est exposé. Dalí rend visite à Sigmund Freud à Londres, en compagnie de Stefan Zweig et d’Edward James.

En 1939, les grands-magasins Bonwit-Teller de New York chargent Salvador Dalí de la décoration de deux de ses vitrines. Le jour de la présentation, la direction change certains éléments sans en avertir Dalí. Lorsque celui-ci voit qu’une partie de sa création a été modifiée, une petite algarade se produit et Dalí passe même quelques heures en détention. Au mois de mai, Dalí signe un contrat pour participer à la World’s Fair de New York. Il dessine le pavillon Rêve de Vénus, qui est présenté dans la zone de divertissement de la Foire. Il publie la Déclaration de l’indépendance de l’imagination et des droits de l’homme à sa propre folie pour protester contre la décision du comité de la Foire mondiale de lui interdire d’exposer sur la façade une reproduction de la Vénus de Sandro Botticelli avec une tête de poisson. L’article de Breton « Des tendances les plus récentes de la peinture surréaliste » suppose l’expulsion de Dalí du groupe surréaliste. En septembre, le couple rentre de nouveau en Europe.

En 1940, son article « Les idées lumineuses. Nous ne mangeons pas de cette lumière-là » paraît dans la revue L’usage de la parole. Avec l’incursion des troupes allemandes à Bordeaux, le ménage Dalí abandonne Arcachon, où ils habitent depuis un certain temps et ils s’en vont vivre aux États-Unis, où ils resteront jusqu’en 1948. À leur arrivée, ils s’installent chez Caresse Crosby, à Hampton Manor (Virginie).

En 1941, l’intérêt de Dalí dans la création de bijoux s’éveille. Tout d’abord en collaboration avec le Duc de Verdura. Plus tard, associé à deux bijoutiers établis à New York, Alemany et Ertman. Dalí entame sa relation professionnelle avec le photographe Philippe Halsman qui continuera jusqu’à la mort de celui-ci en 1979. Il publie dans la revue Vogue « Le rêve de bijoux de Dalí ». Le MoMA de New York inaugure le 18 novembre une exposition anthologique de Dalí et Miró.

En avril 1943, le couple Reynolds Morse achète le premier tableau de Dalí, Araignée du soir… Espoir. C’est le début d’une importante collection d’oeuvres du peintre. Au printemps, à New York, il réalise la décoration de l’appartement d’Helena Rubinstein. En mai, il conçoit un nouveau ballet, Café de Chinitas, sur la base d’une histoire réelle adaptée par Federico García Lorca, qui est représentée à Detroit et au Metropolitan Opera House de New York.

En 1945, Dalí se rend à Hollywood pour travailler avec Alfred Hitchcock dans le film La maison du docteur Edwardes dont il réalise les séquences oniriques. L’exposition Peintures récentes de Salvador Dalí est inaugurée à la Bignou Gallery. En cette occasion, il présente le premier numéro du Dalí News, qu’il édite lui-même et où il ne parle que de son personnage et de son oeuvre.

En 1946, Dalí participe aux expositions Quatre espagnols : Dalí, Gris, Miró, Picasso à l’Institute of Modern Art de Boston, Une sélection de peintures contemporaines à la Bignou Gallery et IIe Exposition d’été d’art contemporain qui se tient à l’Université d’Iowa. En 1947, se tient la deuxième exposition de Dalí à la Bignou Gallery dans laquelle le deuxième et le dernier numéro du Dalí News sont présentés.

En 1949, Dalí annonce qu’il a écrit un scénario pour un « film paranoïaque » intitulé La carretilla de carne, qui n’arrive jamais à être tourné. En décembre, Anna Maria Dalí publie le livre Salvador Dalí vu par sa soeur. À la fin de la décennie des années 40, il commence son étape mystique et nucléaire – dont il expose le corpus dans son Manifeste mystique – caractérisée par le traitement des thèmes religieux et de ceux rattachés aux avances scientifiques de l’époque. Il se montre particulièrement intéressé par les progrès relatifs à la fusion et à la fission nucléaires. Dans ses créations de cette période, nous pouvons observer comment le lancement de la bombe atomique et ses effets ont une influence sur sa création.

En septembre 1950, le père de Dalí meurt. En 1951, Dalí participe à la Ie Exposition biennale hispano-américaine d’art créée par l’Institut de Culture Hispanique. Il présente à Paris le Manifeste mystique avec des oeuvres fondées sur celui-ci. Carlos de Beistegui organise un bal masqué au Palais Labia de Venise. Les Dalí y font leur apparition, dans des costumes créés par l’artiste et confectionnés par la maison Christian Dior. Il prononce la conférence « Picasso et moi » au Théâtre María Guerrero de Madrid. Il expose à Londres à la Lefevre Gallery.

En 1953, la revue Connaissance des arts publie « Salvador Dalí explique sa propre peinture ». Il participe à l’Exposition de la fiesta 1953 : Picasso, Gris, Miró, Dalí au Santa Barbara Museum of Art de Santa Barbara. En 1954, Dalí expose ses dessins au Palais Pallavicini de Rome pour illustrer La divine comédie de Dante. À l’occasion de cette exposition, Dalí apparaît soudain sortant d’un « cube métaphysique » qui symbolise sa renaissance.

En 1955, Dalí réalise le Portrait de Laurence Olivier dans le rôle de Richard III, pour la promotion du film Richard III, d’après l’oeuvre de Shakespeare et mis en scène par Alexander Korda. Il peint au zoo de Vincennes, dans l’enceinte d’un rhinocéros, une interprétation paranoïaque-critique de l’oeuvre de Vermeer La dentellière et prépare un film sur ce sujet.

Au cours de l’année 1958, Dalí reçoit différentes commandes : il dessine pour Hoechst Ibérica une carte de voeux pour Noël. La collaboration avec cette entreprise se prolongera durant 19 ans. Pour les laboratoires Wallace, il conçoit une exposition pour la promotion de la pilule tranquillisante Miltown. Pour la Foire de Paris, il commande un pain de douze mètres qui lui sert à illustrer la conférence qu’il prononce au Théâtre de l’Étoile. Le 8 août, Dalí et Gala se marient au sanctuaire des Àngels, à Sant Martí Vell, près de Gérone.

En 1964, la Grande Croix d’Isabelle la Catholique, la plus haute distinction espagnole, lui est concédée. Une grande rétrospective organisée par Mainichi Newspapers est inaugurée à Tokyo. L’exposition parcourt ensuite différentes villes japonaises.

En 1968, Dalí participe à l’exposition Surréalisme et dadaïsme et leur héritage qui se tient au Museum of Modern Art de New York.À l’occasion des événements du mois de mai français, il publie Ma révolution culturelle, qui est distribué entre les étudiants de l’Université de La Sorbonne.

En 1969, Dalí achète le château de Púbol qu’il décore pour Gala. Dans les années 1960 et 1970, l’intérêt du peintre s’accroît pour la science et l’holographie, qui lui offrent de nouvelles perspectives dans sa quête constante de la maîtrise des images tridimensionnelles. Dalí étudie et utilise les possibilités des nouvelles découvertes scientifiques, surtout celles relatives à la troisième dimension. Il s’intéresse à tous les procédés qui ont pour but d’offrir au spectateur l’impression de plasticité et d’espace. Avec la troisième dimension, il aspire à accéder à la quatrième, c’est à dire, à l’immortalité.

En 1970, il tient une conférence de presse au Musée Gustave Moreau de Paris où il annonce la création du Théâtre-musée Dalí de Figueres. Le Musée Boijmans-van Beuningen de Rotterdam organise pour lui une grande rétrospective, qui pourra être admirée l’année suivante à la Staatliche Kunsthalle de Baden-Baden. En 1971, le Musée Dalí qui accueille la collection d’A. Reynolds Morse est inauguré à à Cleveland. Dalí crée un jeu d’échecs, dédié à Marcel Duchamp, pour l’American Chess Foundation. Le 28 septembre 1974, le Théâtre-musée Dalí est inauguré.

En 1978, Dalí présente au Solomon R. Guggenheim Museum de New York sa première peinture hyperstéréoscopique, Dalí soulevant la peau de la mer Méditerranée pour montrer à Gala la naissance de Vénus. Pendant les années 80, Dalí peint ses dernières oeuvres, fondamentalement inspirées dans Michel-Ange et Raphaël, qu’il avait toujours admirés.

Du 14 mai au 29 juin 1980, une rétrospective de Salvador Dalí est présentée à la Tate Gallery de Londres, où sont montrées un total de deux cent cinquante et une oeuvres. En 1982, The Salvador Dalí Museum, propriété du couple Reynolds Morse, est inauguré à St. Petersburg (Floride). Le 10 juin, Gala meurt à Portlligat. Le roi Juan Carlos I le nomme Marquis de Púbol. Salvador Dalí s’installe au château de Púbol.

En 1983, une grande exposition anthologique : « 400 oeuvres de Salvador Dalí de 1914 à 1983 », se tient à Madrid, Barcelone et Figueres. Ses dernières oeuvres picturales datent de cette période. En 1984, suite à un incendie au château de Púbol, Dalí transfère définitivement sa résidence à Torre Galatea, Figueres, où il vit jusqu’à sa mort.

Salvador Dalí meurt à Torre Galatea le 23 janvier 1989.

« Le véritable peintre, c’est celui qui est capable de peindre des scènes extraordinaires au milieu d’un désert vide. Le véritable peintre, c’est celui qui est capable de peindre patiemment une poire au plus fort des tumultes de l’histoire. » Salvador Dalí.

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