AIX-EN-PROVENCE (BOUCHES-DU-RHÔNE), LIVRE, LIVRES, LIVRES - RECENSION, MIKA BIERMMANN, PAUL CEZANNE (1839-1906), PEINTRE FRANÇAIS, PEINTRES, PEINTURE, TROIS JOURS DANS LA VIE DE PAUL CEZANNE

Trois jours dans la vie de Paul Cézanne

Trois jours dans la vie de Paul Cézanne

Mika Biermmann

Toulouse, Editions Anacharsis, 2020. 96 pages.

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Présentation de l’éditeur

L’oeil chafouin, le poil hirsute, Paul Cézanne crapahute par les collines, suant sous son melon, le dos courbé sous le poids du chevalet. Apparaît la bottine d’une femme gisant sur un talus, et c’est le drame. Trois jours dans la vie de Paul Cézanne suffisent à Mika Biermann pour faire sauter les écailles de peinture, gratter la trame, ajourer jusqu’à l’os le portraitiste de la Sainte-Victoire. Un vilain fait divers transformé en une odyssée de garrigue sur une mer de peinture, dans le sillage du peintre bourru, vaniteux et obsédé par des chimères grotesques qui n’engendrent pas la mélancolie. On en termine la lecture l’oeil fringant et les doigts maculés de couleurs fauves

 

Critique dans la revue Etudes (mai-juin 2020)

Mika Biermann concentre en un court roman l’essence du peintre d’Aix-en-Provence, sans fioriture mais avec une écriture sensorielle et réaliste. Revenu de tous les honneurs, Paul Cézanne (1839-1906) est ici un vieil homme rustre, un ours mal léché qui vit en ermite dans sa bastide, se nourrissant d’un morceau de pain et d’un oignon. Pendant des heures, sous la chaleur printanière, il arpente la garrigue avec sa mallette à peinture et son chevalet de campagne à la recherche de son motif. Au cours de ces trois jours, il reçoit la visite du docteur Paul Gachet, de son fils Paul et de son ami Pierre-Auguste Renoir ; le premier lui rebat les oreilles avec son Hollandais, l’autre vient pour une histoire de placement d’argent, tandis que celui qui est surnommé le « peintre du bonheur » s’extasie sur les progrès techniques de leur temps. Cézanne, lui, ne pense qu’à son art, mais le lieu qu’il a élu pour son tableau, une crête au-dessus d’un bois avec la montagne pour horizon, est le théâtre d’une scène de crime où gît le cadavre d’une pauvresse. Ce meurtre le confronte à la misère de ses semblables, ébranle un peu plus sa foi en l’humanité, mais ce n’est pas pour autant qu’il préfère la compagnie des muses et autres figures mythologiques croisées ici ou là, pauvres hères en fin de carrière mendiant un peu d’attention. Délaissant les portraits et les grands sujets, Cézanne s’abîme dans la représentation de la nature, avec la couleur comme instrument de la lumière et de la vie crue, dérisoire et essentielle. Humant l’odeur des sentiers provençaux, du café et des pommes pourries, écoutant le bruit des insectes, observant les animaux et les hommes, il poursuit sans trêve la vérité de la peinture.

https://www.revue-etudes.com/article/trois-jours-dans-la-vie-de-paul-cezanne-de-mika-biermann-22581

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Paul Cézanne

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Peintre français (Aix-en-Provence 1839-Aix-en-Provence 1906).

Peintre postimpressionniste, Paul Cézanne n’exécuta rien qui ne fût conforme à son authentique sentiment intérieur et s’évertua à transposer la sensation visuelle dans une construction purement plastique. Son influence fut capitale sur tout l’art moderne.

  1. UN ENFANT D’AIX

Fils d’un chapelier devenu banquier en 1847, Paul Cézanne fait des études classiques au collège Bourbon d’Aix-en-Provence, où il se lie d’amitié avec Émile Zola. Bachelier en 1858, il entre à la faculté de droit, mais la quitte en invoquant sa vocation picturale (les Quatre Saisons, 1860) et rejoint Zola à Paris, en 1861.

Il y travaille à l’académie Suisse (un atelier privé) et fréquente le Louvre. Il échoue cependant au concours d’entrée aux Beaux-Arts et, au cours des années 1862-1869, passe de Paris à Aix puis d’Aix à Paris.

  1. LA PREMIÈRE MANIÈRE

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Paul Cézanne, le Nègre Scipion

Cézanne traduit ses débordements et ses angoisses dans ce qu’il appelle sa « manière couillarde », aux couleurs épaisses et souvent sombres, qu’il s’agisse de scènes macabres (la Douleur ou la Madeleine, vers 1867;l’Autopsie, 1868), de portraits traités au couteau à palette (le Nègre Scipion, vers 1867 ; Paul Alexis lisant un manuscrit à Zola, 1869-1870) ou encore d’une scène d’inspiration religieuse comme la Tentation de saint Antoine (vers 1867-1870).

Toutefois, cette manière s’atténue dans les natures mortes – exécutées au pinceau –, où commencent à s’exprimer de façon purement picturale les relations de la surface, des formes et de l’espace (la Pendule noire, vers 1870). Cézanne aborde ensuite le travail sur le motif en peignant des paysages audacieusement composés (Neige fondante à l’Estaque, 1870).

  1. SOUS L’INFLUENCE IMPRESSIONNISTE

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Paul Cézanne, Vue d’Auvers

Prêt à assimiler les recherches des impressionnisme, Cézanne – accompagné de sa maîtresse, Hortense Fichet, et de son fils qui vient de naître – va s’installer auprès de Camille Pissarro, à Pontoise, en 1872, puis, en 1873, auprès du docteur Paul Gachet (collectionneur et peintre lui-même) à Auvers-sur-Oise, où il se retrouve aux côtés de Vincent Van Gogh.

Alors, il éclaircit sa palette, raccourcit sa touche et commence à substituer l’étude des tons au modelé (la Maison du pendu, Auvers-sur-Oise, 1873), réservant l’analyse psychologique aux autoportraits et la rigueur constructive aux portraits (la Femme à la cafetière, v. 1895 ; Madame Cézanne au fauteuil rouge, 1877).

À travers ses recherches, Cézanne met au point une touche orientée qui unifie les éléments de la composition et qui « module » les passages d’ombre et de lumière, en particulier dans les paysages et les natures mortes (dont ses célèbres pommes).

En 1874, il présente trois œuvres à la première exposition des impressionnistes qui se tient dans les anciens ateliers du photographe Nadar ; puis seize toiles et aquarelles à l’exposition de 1877. Mais, blessé par les réactions de la presse et du public, il s’abstiendra désormais d’exposer avec ses amis.

  1. L’ÉMANCIPATION PLASTIQUE

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Paul Cézanne, les Joueurs de cartes

Instable, l’artiste fait des séjours à Paris, mais il se rend aussi à Médan chez Zola (1880), à Pontoise chez Camille Pissarro (1881), à La Roche-Guyon avec Auguste Renoir, puis à Marseille (1883), à l’Estaque avec ce dernier et Claude Monet (1884).

Son travail apparaît alors comme un dépassement de l’impressionnisme, notamment dans les paysages immobiles et intemporels que lui inspire la nature méditerranéenne (le Golfe de Marseille vu de l’Estaque, 1885). Dans des œuvres où la réalité n’est plus que prétexte, on perçoit une tendance à l’abstraction qui s’accentue dans le traitement géométrique du sujet (le Village de Gardanne, 1885-1886).

Tandis que des événements majeurs marquent sa vie privée (la même année 1886, il se brouille avec Zola et son père meurt), Cézanne combine ses diverses expériences. Il joue librement des oppositions entre rigueur et lyrisme, stabilité et mouvement, exactitude et déformation (Vase bleu, 1889-1890). Il approfondit la recherche d’un espace pictural totalement autonome à travers quelques grands thèmes : les paysages de la montagne Sainte-Victoire (la Montagne Sainte-Victoire au grand pin, 1887), les natures mortes (Nature morte au panier, vers 1888-1890), ses séries sur le thème des baigneurs et des baigneuses intégrés dans le paysage, et les cinq versions des Joueurs de cartes des années 1890-1895.

  1. CÉZANNE ET LA PROVENCE

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Paul Cézanne, le Golfe de Marseille vu de l’Estaque

Cézanne apprend dès son adolescence à s’approprier la Provence lorsqu’il part, en compagnie de Zola, se promener des journées entières dans les garrigues jouxtant la montagne Sainte-Victoire. Celle-ci, qu’il peignit tant de fois, est comme le centre de gravité de son imaginaire personnel, que jalonnent aussi les noms de Château Noir, belle demeure au milieu des pins, de Bibémus, site des carrières de la ville d’Aix, ou de Bellevue, colline située entre Aix et le proche village des Milles.

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Paul Cézanne, la Montagne Sainte-Victoire vue des Lauves

Entre 1859 et 1899, Cézanne décore la propriété familiale du Jas de Bouffan de fresques immenses. L’atelier du quartier des Lauves, dominant Aix au nord, est sa création. Il faut également mentionner, un peu plus éloignés, l’Estaque, dans la baie de Marseille, et Gardanne, à mi-chemin d’Aix et de Marseille.

  1. VERS L’ART MODERNE

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Paul Cézanne, les Grandes Baigneuses

Annoncée par l’éclatement de la couleur (Jeune Garçon au gilet rouge, 1888-1889), l’exaltation lyrique caractéristique de la dernière période du peintre se nourrit d’une nouvelle liberté de la touche qui s’exprime de manière exemplaire dans de somptueuses natures mortes (Pommes et oranges, 1899). L’art de Cézanne culmine tant dans ses ultimes toiles provençales que dans ses Grandes Baigneuses, où le nu féminin n’a plus d’autre raison d’être que de concourir à l’édification de l’œuvre en tant que système rythmé de formes et de couleurs.

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Ambroise Vollard

Incompris de la plupart de ses contemporains, hormis de jeunes artistes comme Émile Bernard, qui lui rendent visite et recueillent ses propos sur l’art, Cézanne rompt avec son isolement en exposant au Salon d’automne de 1903, trois ans avant sa mort.

L’œuvre qu’il laisse – faite de quelque 900 toiles et 400 aquarelles – est revendiquée par les fauves, puis annexée par les cubistes, quitte à la transformer. En Grande-Bretagne, en Allemagne, en Italie, aux États-Unis, elle ne cesse pas d’irriguer les courants auxquels s’identifiera l’évolution de l’art moderne.

  1. CITATIONS

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Paul Cézanne, Rideau, cruchon et compotier

« Je suis le primitif d’un art nouveau. »

Paul Cézanne

« Quand la couleur est à sa richesse, la forme est à sa plénitude. »

Paul Cézanne

« La nature, pour nous hommes, est plus en profondeur qu’en surface, d’où la nécessité d’introduire dans nos vibrations de lumière, représentées par les rouges et les jaunes, une somme suffisante de bleutés, pour faire sentir l’air. »

Paul Cézanne, dans une lettre à Émile Bernard du 15 avril 1904.

https://www.larousse.fr/encyclopedie/personnage/Paul_C%C3%A9zanne/112455

 

IAM-WHA-051-0911 - © - World History Archive/Ann Ronan Collection

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CALVAIRE BRETON, LE CHRIST DE PAUL GAUGUN, LE CHRIST JAUNE, LE CHRIST VERT, PAUL GAUGUN (1848-1903), PEINTRE FRANÇAIS, PEINTRES, PEINTURE

Le Christ de Paul Gaugun

Le Christ de Paul Gaugun

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Le Christ au Jardin des Oliviers. Paul Gaugun

 

Le Christ vert

Calvaire breton

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Le Christ vert, ou Calvaire breton, est un tableau que Paul Gauguin réalise en 1889 à Pont-Aven, représentant un calvaire breton, de couleur verte, à proximité de la mer, au-dessus des dunes, avec une Bretonne assise au premier plan. Ce tableau est conservé aux musées royaux des Beaux-Arts de Belgique, à Bruxelles.

Le Christ vert ou Calvaire breton est réalisé par Paul Gauguin en 1889 pendant son séjour à Pont-Aven, peu avant de peindre le Christ jaune.

Il fait partie des quelques toiles à thématique religieuse de cette période, qui se distinguent et constituent selon Manuel Jover le noyau originel du symbolisme en peinture, comprenant notamment le Christ jaunele Christ vert, l’Autoportrait au Christ jaune.

Il figure dans la collection de M. Jos (Joseph) Breckpot à Bruxelles en 1922, propriétaire de la galerie Breckpot, lorsqu’il est acquis par les musées royaux des Beaux-Arts de Belgique.

 

Description

Le tableau est une huile sur toile, de 92 cm de haut sur 73,5 de large. Il est signé et daté « P Gauguin 89 », en bas sur la gauche.

Il représente un calvaire breton, de couleur verte, plus précisément la pietà ou Vierge de pitié, Marie portant le Christ mort, descendu de la croix, le bras droit pendant verticalement, paume ouverte. La pietà comporte aussi deux autres saintes femmes, de part et d’autre de Marie. Juste derrière Marie est représenté le début du fut portant la croix du calvaire.

Juste devant le calvaire, au premier plan, une Bretonne assise, l’air fatigué, semble sur le point de se lever, un panier à la main.

Derrière le calvaire, et en contrebas, de hautes dunes jaunes sont représentées sur la gauche du tableau. Légèrement verdoyantes, elles s’ouvrent sur la mer d’un vert sombre. Deux petits personnages marchent entre les dunes. Le ciel, nuageux, est d’un bleu grisâtre.

La pietà reproduite est celle qui figure sur le calvaire à côté de l’église de Nizon, près de Pont-Aven. Gauguin a représenté le calvaire transposé devant les dunes du Pouldu, au bord de la mer de couleur entourés d’un cerne (qui les cloisonne), stylisées à la façon de motifs ornementaux, des couleurs pures, bref un type de représentation n’ayant plus qu’un lointain rapport avec les choses représentées.

Leurs sujets sont empruntés à la vie quotidienne des populations locales, un mode de vie apprécié non pour son pittoresque, mais pour son « authenticité » : loin de la vie agitée et corrompue des grandes villes modernes, ignorant la société industrielle, les Bretons mènent une existence régie par leurs traditions ancestrales, ils offrent l’image d’une humanité plus proche des origines, accordée à la nature et pétrie de religiosité.

Symbolisme obscur et subtil

Peintre autodidacte, formé dans l’orbe des impressionnistes, et voyageur toujours en quête d’horizons lointains, Gauguin trouve en Bretagne les conditions propices à l’éclosion de son génie. « J’aime la Bretagne, écrit-il : j’y retrouve le sauvage, le primitif. Quand mes sabots résonnent sur ce sol de granit, j’entends le son sourd, mat et puissant que je cherche en peinture. »

Dans l’abondante production bretonne de Gauguin, une série de toiles à thématique religieuse se distingue, elles conjuguent la recherche formelle très poussée à une dimension « idéelle » qui les a fait percevoir comme le noyau originel du symbolisme en peinture. Ces œuvres sont célèbres, il s’agit du Christ au jardin des Oliviers, de la Vision après le sermon (La Lutte de Jacob avec l’ange), du Christ jaune, du Christ vert, de l’Autoportrait au Christ jaune. La Vision montre les personnages du sermon (Jacob et l’ange) tels que les auditrices peuvent se les figurer mentalement, mais projetés devant leurs yeux ; le Christ vert montre une Bretonne assise au pied d’un calvaire sculpté. Ici, on ne sait exactement quelle est la nature de ce Christ. Est-ce un crucifix avec des Bretonnes en prière ? Est-ce le « vrai » Christ, transposé en Bretagne, avec les saintes femmes à ses pieds ?

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Le peintre définissait son tableau comme « un mélange inquiétant et savoureux de splendeur barbare, de liturgie catholique, de rêverie hindoue, d’imagerie gothique, de symbolisme obscur et subtil ». Le charme pénétrant de l’œuvre tient en partie à l’ambiguïté du sujet. Il tient au travail de la couleur, ce bain chromatique de jaunes et d’orangés. Il tient au cadrage inhabituel, le patibulum de la croix rivé au bord supérieur de la toile. Et il tient au détail : la minuscule silhouette du Breton enjambant le muret dans les champs. Cette amusante note de quotidienneté, de chose vue, épinglée dans l’instant, rehausse par contraste le grand geste éternel du Crucifié embrassant tout l’espace, le silence des prières sanctifiant le paysage entier. On a l’impression d’un monde, d’un « pays » littéralement infusé par le sentiment religieux.

 

 

Le Christ Jaune

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En 1889, Paul Gauguin (1848-1903) est à Pont-Aven, petite ville bretonne du Finistère, où s’est installée une colonie d’artistes. Il y avait séjourné plusieurs fois, depuis 1886, formant, avec ses camarades Émile Bernard, Paul Sérusier et quelques autres, ce que les historiens ont depuis appelé l’« école de Pont-Aven » : un style de peinture, fondé sur le cloisonnisme de Bernard et le synthétisme de Gauguin, qui privilégie les formes traitées en aplats

 

Paul Gauguin, Le Christ jaune, 1889 (92 × 73 cm), Buffalo, Albright-Knox Art Gallery.LA COLLECTION

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En 1889, Paul Gauguin (1848-1903) est à Pont-Aven, petite ville bretonne du Finistère, où s’est installée une colonie d’artistes. Il y avait séjourné plusieurs fois, depuis 1886, formant, avec ses camarades Émile Bernard, Paul Sérusier et quelques autres, ce que les historiens ont depuis appelé l’« école de Pont-Aven » : un style de peinture, fondé sur le cloisonnisme de Bernard et le synthétisme de Gauguin, qui privilégie les formes traitées en aplats

htps://www.la-croix.com/Journal/Christ-jaune-2017-05-26-1100850446

 

Portrait de l’artiste au Christ jaune

Réalisé à la veille de son premier départ pour Tahiti, le Portrait de l’artiste au Christ jaune constitue un véritable manifeste. Il s’agit en réalité d’un portrait au triple visage, dans lequel l’artiste révèle différentes facettes de sa personnalité. Alors méconnu, incompris, abandonné par sa femme qui est rentrée au Danemark avec leurs enfants, Gauguin peine à obtenir une mission officielle pour s’établir dans les colonies.

Dans la figure centrale, le regard fixe que Gauguin adresse au spectateur exprime le poids de ses difficultés, mais également toute sa détermination à poursuivre son combat artistique. Il représente derrière lui deux autres de ses œuvres , réalisées l’année précédente, qui se confrontent d’un point de vue esthétique et symbolique.

A gauche se trouve Le Christ jaune, image de la souffrance sublimée, auquel Gauguin prête ses propres traits. Mais le bras étendu par le Christ au-dessus de la tête du peintre évoque également un geste protecteur. Le jaune de ce tableau, couleur fétiche de l’artiste, s’oppose au rouge du Pot autoportrait en forme de tête de grotesque, posé à droite, sur une étagère. Ce pot anthropomorphe que Gauguin décrivait lui-même comme une « tête de Gauguin le sauvage » porte la trace du grand feu qui en a pétrifié la matière. Avec son masque grimaçant et sa facture primitive, il incarne les souffrances et le caractère sauvage de la personnalité de Gauguin.

Entre l’ange et la bête, entre synthétisme et primitivisme, Gauguin anticipe l’importance et la gravité de la grande aventure artistique et humaine qu’il s’apprête à vivre.

 

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ART ET SPIRITUALITE, CHRISTIAN JAMET (1951-....), GAUGUN - LES CHEMINS DE LA SPIRITUALITE, LA SPIRITUALITE DE GAUGUN, PAUL GAUGUN (1848-1903), PEINTRE FRANÇAIS, PEINTRES, PEINTURE

La spiritualité de Gaugun

Gauguin – Les chemins de la spiritualité

Christian Jamet

Edition Cohen et Cohen, 2020. 353 pages.

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Présentation de l’éditeur

Malgré les célèbres Vision du sermon ou Christ jaune, l’image répandue de Paul Gauguin n’est pas celle d’un être enclin à la spiritualité. Sa formation religieuse au petit séminaire d’Orléans l’a pourtant marqué d’une empreinte durable. Notre ouvrage analyse les étapes d’un parcours spirituel qui a conduit Gauguin de la théologie de sa jeunesse à la réfutation des dogmes.

En dépit de son aphorisme provocateur  » Il faut tuer Dieu « , Gauguin n’a en fait jamais cessé d’être fasciné par ce qu’il nommait  » l’Insondable Mystère « . Confrontant la religion de son enfance à diverses formes de pensée et de spiritualité au fil de ses lectures et de ses rencontres, il est resté convaincu de la valeur universelle de l’Évangile dont il a toutefois contesté l’interprétation littérale. Sous l’influence de la théosophie, il a peu à peu évolué vers un syncrétisme religieux mêlant Jésus, Bouddha, les divinités hindoues et polynésiennes à l’animisme le plus primitif dans une quête passionnée du divin.
Le présent ouvrage se propose d’analyser les étapes d’un parcours spirituel qui a conduit Gauguin de la théologie de sa jeunesse à la réfutation des dogmes. Outre une analyse des œuvres et des textes du peintre-écrivain nécessaires à la compréhension de sa spiritualité, on trouvera ici une présentation des livres majeurs qui ont directement ou indirectement nourri sa réflexion.

 

Biographie de l’auteur

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Agrégé de l’Université et docteur en littérature comparée, Christian Jamet a enseigné durant de nombreuses années en classes préparatoires aux grandes écoles en partageant cette activité avec l’écriture. Dans des romans où se mêlent fiction et réalité, il a notamment fait revivre le peintre du Bain turc dans M. Ingres et Magdeleine ou encore Claude Monet. Il est également auteur de plusieurs ouvrages d’histoire de l’art : Botticelli – Le sacré et le profane, Delacroix – Images de l’Orient, Introduction à la peinture, Célébration de l’offrande (en collaboration avec Michel Tournier)… Le livre qu’il a consacré aux années orléanaises de Paul Gauguin, en 2013, lui a valu un Laurier vert, prix littéraire qui lui a été remis par Gonzague Saint Bris lors de la 18e édition de la Forêt des Livres présidée par René de Obaldia de l’Académie française.

 

 

Paul Gauguin : une vie, une oeuvre 

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Peintre français (Paris 1848-Atuona, îles Marquises, 1903).

Voyageur dans l’âme, Paul Gauguin suit une trajectoire artistique qui fait la transition entre l’impressionnisme et le symbolisme. Par ses formes et ses couleurs, il exerce une influence décisive sur les peintres fauves et expressionnistes.

 

  1. LA VOCATION FORCÉE

De sa prime enfance passée au Pérou, Paul Gauguin gardera le goût de l’inconnu. Il s’engage dans la marine en 1865, mais, suivant les conseils de son tuteur Gustave Arosa (qui est un collectionneur de peintures), il la quitte en 1871 pour entrer chez un agent de change parisien.

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Marié en 1873 avec une Danoise, Mette-Sophie Gad, dont il aura cinq enfants, il peint le dimanche et fréquente l’académie fondée par l’Italien Filippo Colarossi. Camille Pissarro, ami des Arosa, le conseille et l’incite à participer, à partir de 1879, aux expositions impressionnistes ; il l’invite ensuite à travailler à Pontoise avec Jean-Baptiste Armand Guillaumin et Paul Cézanne, dont l’exemple pousse Gauguin à se détacher de l’impressionnisme.

À la fin de 1883, chassé de la Bourse par la crise économique, Gauguin tente d’abord de vivre de sa peinture à Rouen, où Pissarro et Claude Monet sont en relation avec de riches amateurs, puis il décide de faire du commerce au Danemark. Il échoue et regagne Paris en 1885, sans femme ni enfants. Son destin est scellé : pendant des années, il continue à rêver d’affaires, mais la peinture est devenue sa vie.

 

  1. L’IMPRÉGNATION BRETONNE
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Paul Gauguin, Lutte de Jacob avec l’ange

Au retour d’un premier voyage à Pont-Aven, Gauguin expose en 1886 les toiles qu’il en rapporte avec celles de la période de Rouen et du Danemark, aux tonalités denses et sourdes.

L’année suivante, faisant un séjour en Martinique où il s’essaye au métier de planteur, il y exécute des tableaux discrètement pointillistes où apparaissent l’exotisme et la couleur dont ses souvenirs du Pérou et ses voyages en mer ont inscrit les émerveillements dans sa mémoire (Bord de mer).

Le second séjour de Gauguin à Pont-Aven se situe en 1888. Des longues discussions avec le jeune Émile Bernard naît alors une esthétique nouvelle opposant au néo-impressionnisme le synthétisme (couleurs pures posées à plat, cernes sombres), dont la Vision après le sermon (1888) – ou la Lutte de Jacob avec l’Ange – est l’œuvre manifeste.

 

  1. EN ARLES AVEC VAN GOGH

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Paul Gauguin, Vieilles Femmes à Arles

Gauguin apparaît comme le chef de l’école symboliste au cours de cette période, où s’intercalent, de novembre à décembre 1888, le séjour en Arles chez Vincent Van Gogh et les toiles éclatantes (les Alyscamps). Gauguin quitte Van Gogh après une violente crise de folie de ce dernier. La Belle Angèle (1889), le Christ vert (1889) reflètent les préoccupations plastiques et morales de cette période, que va suivre le premier voyage à Tahiti (1891-1893).

 

  1. L’APPEL DE L’EXOTISME

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Paul Gauguin, Quoi ? Tu es jalouse ?

La vie de Paul Gauguin s’est partagée entre l’Europe et les Tropiques. C’est la Polynésie qui lui insuffle une force créatrice nouvelle en faisant de lui le premier grand peintre à apprécier et à étudier les arts que l’on dit aujourd’hui « premiers », puis à en livrer les clés à l’Occident.

« Je pars pour être tranquille, pour être débarrassé de l’influence de la civilisation », déclare Gauguin avant de s’embarquer pour Tahiti, au printemps 1891. « Je ne veux faire que de l’art simple ; pour cela, j’ai besoin de me retremper dans la nature vierge […] sans autre préoccupation que de rendre, comme le ferait un enfant, les conceptions de mon cerveau avec l’aide seulement des moyens d’art primitifs, les seuls bons, les seuls vrais. »

 

  1. RECONNAISSANCES D’ARTISTES

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Paul Gauguin, Arearea (« Joyeusetés »)

Gauguin trouve à Tahiti l’univers relativement préservé dont il rêvait (Femmes de Tahiti, 1891). Mais, craignant à la fois les intrigues et l’oubli, il revient à Paris dès qu’il a suffisamment de tableaux nouveaux pour exposer chez Durand-Ruel (Arearea [ou Joyeusetés], 1892 ; la Lune et la Terre, 1893).

Voyant ses œuvres, Stéphane Mallarmé s’émerveille d’y trouver « tant de mystère dans tant d’éclat ». Non seulement les écrivains – dont August Strindberg  et Charles Morice, avec lequel il compose son autobiographie, Noa-Noa (1897) – mais aussi les musiciens fréquentent son atelier.

Pourtant, le succès financier se fait attendre. Un procès perdu, une échauffourée à Concarneau, où des marins se moquent de sa compagne Annah la Javanaise, et Gauguin, écœuré par l’Europe, repart en 1895 pour Tahiti.

 

  1. ENFER ET PARADIS.

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Paul Gauguin, Nevermore

À la religiosité confuse des œuvres bretonnes succèdent en Polynésie les grands mythes (plaisir, peur, mort), les formes massives aux couleurs saturées. La joie d’un retour aux sources baigne les tableaux de 1896 (Jours délicieux), puis l’angoisse s’infiltre (Nevermore, 1897).

Souffrant et déprimé par l’annonce de la mort de sa fille Aline, Gauguin pense au suicide. D’où venons-nous ? Que sommes-nous ? Où allons-nous ? (1897) a dès lors valeur de testament.

Le regain d’enthousiasme qui suit son installation au village d’Atuona, dans l’île d’Hiva-Oa, aux Marquises (1901), est générateur de chefs-d’œuvre où passe son sentiment d’un univers édénique (Contes barbares, 1902 ; Cavaliers au bord de la mer, ibid.). Gauguin exécute également des sculptures. Mais, épuisé par la maladie, par l’alcool et par de lancinants démêlés avec les autorités locales, il trouve la mort peu avant d’atteindre l’âge de 55 ans.

 

  1. CITATIONS

Paul Gauguin

« Le laid peut être beau, le joli, jamais. »

Paul Gauguin

« Les impressionnistes cherchent autour de l’œil et non au centre mystérieux de la pensée. »

Paul Gauguin, cité par André Breton (le Surréalisme et la peinture).

 

https://www.larousse.fr/encyclopedie/personnage/Paul_Gauguin/120941

Paul Gugun

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Paul Gauguin jouant de l’harmonium à l’atelier d’Alphonse Mucha, rue de la Grande-Chaumière, Paris (vers 1895)

EGLISE SAINT-JEAN-DE-MALTE (Aix-en-Provence), EVANGILE SELON SAINT JEAN, JACQUES MACADRE, LE CHRIST APPARAISSANT A THOMAS, PAROISSE SAINT-JEAN-DE-MALTE (Bouches-du-Rhône), PÂQUES, PEINTRES, PEINTURE, RESURRECTION

La Résurrection : Thomas l’incrédule : tableau dans l’Eglise de Saint-Jean-de-Malte (Aix-en-Provence)

Le Christ apparaissant à l’apôtre Thomas

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Le Christ ressuscité apparaissant à Thomas , 1614 , de Jacques Macadre

 

2ème Dimanche de Pâques

Dimanche 19 avril 2020

 

 

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Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (20, 19-31)

C’était après la mort de Jésus.
Le soir venu, en ce premier jour de la semaine,
alors que les portes du lieu où se trouvaient les disciples
étaient verrouillées par crainte des Juifs,
Jésus vint, et il était là au milieu d’eux.
Il leur dit :
« La paix soit avec vous ! »
Après cette parole, il leur montra ses mains et son côté.
Les disciples furent remplis de joie
en voyant le Seigneur.
Jésus leur dit de nouveau :
« La paix soit avec vous !
De même que le Père m’a envoyé,
moi aussi, je vous envoie. »
Ayant ainsi parlé, il souffla sur eux
et il leur dit :
« Recevez l’Esprit Saint.
À qui vous remettrez ses péchés,
ils seront remis ;
à qui vous maintiendrez ses péchés,
ils seront maintenus. »

Or, l’un des Douze, Thomas,
appelé Didyme (c’est-à-dire Jumeau),
n’était pas avec eux quand Jésus était venu.
Les autres disciples lui disaient :
« Nous avons vu le Seigneur ! »
Mais il leur déclara :
« Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous,
si je ne mets pas mon doigt dans la marque des clous,
si je ne mets pas la main dans son côté,
non, je ne croirai pas ! »

Huit jours plus tard,
les disciples se trouvaient de nouveau dans la maison,
et Thomas était avec eux.
Jésus vient,
alors que les portes étaient verrouillées,
et il était là au milieu d’eux.
Il dit :
« La paix soit avec vous ! »
Puis il dit à Thomas :
« Avance ton doigt ici, et vois mes mains ;
avance ta main, et mets-la dans mon côté :
cesse d’être incrédule,
sois croyant. »
Alors Thomas lui dit :
« Mon Seigneur et mon Dieu ! »
Jésus lui dit :
« Parce que tu m’as vu, tu crois.
Heureux ceux qui croient sans avoir vu. »

Il y a encore beaucoup d’autres signes
que Jésus a faits en présence des disciples
et qui ne sont pas écrits dans ce livre.
Mais ceux-là ont été écrits
pour que vous croyiez
que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu,
et pour qu’en croyant, vous ayez la vie en son nom.

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JESUS CHRIST, LA RESURRECTION, MATTHIAS GRÜNEWALD (v. 1475-1528), PÂQUES, PEINTRE ALLEMAND, PEINTRES, PEINTURE

La Résurrection de Matthias Grünewald

Les clés d’une œuvre :

« La Résurrection » de Matthias Grünewald

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© Wikipedia Grunewald, Retable d’Issenheim, La Résurrection du Christ

Alleluia ! Il est vivant ! Plus de 500 ans après sa réalisation, le retable ouvert d’Issenheim propose toujours à nos regards le Christ ressuscité, image d’espérance et de lumière après la désolation du Vendredi saint.

Jésus est ressuscité. Il n’est que lumière et n’a plus son corps d’homme crucifié, pesant, que retenaient les disciples lors de la descente de croix. Cette lumière donne une image d’espérance à ceux qui venaient le vénérer. Son linceul blanc, hier encore ensanglanté du sang coulant des blessures ouvertes, a pris ici les couleurs vives d’un arc-en-ciel d’étoffes au drapé travaillé.

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© Grunewald | Wikipedia | Public DomainGrunewald, Retable d’Issenheim, La Résurrection du Christ

 

Un corps presque transparent

L’image nous surprend. Jésus, dans son corps glorieux, est représenté au-dessus de son cercueil, ouvert et vide. Comme si la Résurrection et l’Ascension étaient résumées en une seule image. Ce Christ aux cheveux blonds, rayonnant, est pour le moins inhabituel à nos yeux. Son corps est presque transparent, montrant ses cinq plaies à l’univers entier. Aux mains, ouvertes, les paumes face à nous, aux pieds et au côté. En une explosion de lumière, Il semble jaillir d’une nébuleuse ronde aux couleurs aussi vives que celles du linceul. L’image est presque irréelle.

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© WikipediaGrunewald, Retable d’Issenheim, La Résurrection du Christ

Ce nimbe coloré, rare représentation, donne une dimension cosmologique à la résurrection, en ce qu’il met le Christ au cœur de toute la création, ciel et terre. Le visage semble se fondre dans cet environnement. « Les ténèbres ne sont point ténèbres devant toi ; la nuit comme le jour illumine » (Ps 138,12). Pourtant, le jour ne s’est pas encore levé, les étoiles illuminent un ciel sans nuage.

 

Croire en l’incroyable

En arrière-plan, un énorme rocher rappelle celui qui ne ferme plus le sépulcre dans lequel Jésus avait été enseveli, car « elles trouvèrent la pierre roulée sur le côté du tombeau », comme le rapporte saint Luc (Lc 24, 2). On l’imagine rond, c’est un bloc massif qu’a voulu le peintre.

« Les gardes tressaillirent d’effroi et devinrent comme morts » (Mt 28,4). C’est à la vue de l’ange du Seigneur que les gardes ne sont plus en mesure de garder le tombeau. Ils s’effondrent, comme terrassé par la fulgurance de l’instant. À terre ou sur le point de tomber, ils lui tournent le dos et ne peuvent voir le Ressuscité. Ainsi, seuls restent et voient ceux qui acceptent de croire en l’incroyable.

Le saviez-vous ?

Le retable d’Issenheim avait été commandé pour un hôpital qui accueillait des malades souvent mourants. Il se compose de plusieurs niveaux : l’image la plus fréquemment présentée était la Passion, retable fermé. Les panneaux n’étaient ouverts qu’en de rares occasions, aux grandes fêtes. Cette première ouverture révèle, outre la Résurrection, l’Annonciation et l’Incarnation. Une seconde ouverture permet d’accéder à un panneau comportant des sculptures dues à un autre artiste, Nicolas de Haguenau.

https://fr.aleteia.org/2019/04/21/les-cles-dune-oeuvre-la-resurrection-de-matthias-grunewald/

 

Matthias Grünewald  :

Peintre allemand (Würzburg ? vers 1475/1480 ?-Halle ? 1528 ?).

Ses débuts restent obscurs ; une de ses premières œuvres connues, la Dérision du Christ (Pinacothèque de Munich), date de 1503, et l’on sait qu’il exerça la charge de peintre de la cour de l’archevêque de Mayence, à Aschaffenburg, d’environ 1508 à 1526. Ses tableaux religieux, ses retables, et d’abord le monumental polyptyque de l’église des antonins d’Issenheim (vers 1511-1516, aujourd’hui au musée d’Unterlinden à Colmar), manifestent un réalisme mêlé de fantastique, soutenu par une riche palette et poussé dans la violence pathétique jusqu’à l’horreur et au monstrueux. Il a souvent traité le thème de la Crucifixion (National Gallery de Washington, etc.).

Matthias Grünewald

DIMANCHE DE PÂQUES, EGLISE SAINT-JEAN-DE-MALTE (Aix-en-Provence), EVANGILE SELON SAINT JEAN, PAROISSE SAINT-JEAN-DE-MALTE (Bouches-du-Rhône), PÂQUES, PEINTURE, SAINT JEAN DE MALTE (Eglise ; Aix-en-Provence)

La Résurrection de Jésus : tableau en l’Eglise Saint-Jean-de-Malte (Aix-en-Provence)

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La Résurrection du Christ. Louis Finson (1610).

Ce tableau est la plus ancienne œuvre de Finson répertoriée en Provence.
Il se trouve dans l’église Saint-Jean-de-Malte depuis le Consulat après avoir été dans la chapelle des Jésuites.

C’est un Christ rayonnant de lumière qui s’avance au-dessus du tombeau, bras ouverts dont la main droite tient une bannièrent tandis que les gardes dans leurs lourdes armures autour de lui sont à peine réveillés. Tout est constraste : la lumière du Christ au milieu des ténèbres de la nuit, son linceul blanc au milieu des lourdes armures sombres, la verticalité de Jésus face à ses corps affalés. C’est un Jésus bien vivant que l’on peut contemplé au milieu des gardes surpris dans leur sommeil : le soldat au premier plan est si complète opposition avec Jésus ressuscité qu’il semble mort.

 

Louis Finson

 

Dimanche de Pâques : Résurrection du Seigneur 

 

ÉVANGILE

« Il est ressuscité et il vous précède en Galilée » (Mt 28, 1-10)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

 

Après le sabbat,
à l’heure où commençait à poindre le premier jour de la semaine,
Marie Madeleine et l’autre Marie
vinrent pour regarder le sépulcre.
Et voilà qu’il y eut un grand tremblement de terre ;
l’ange du Seigneur descendit du ciel,
vint rouler la pierre et s’assit dessus.
Il avait l’aspect de l’éclair,
et son vêtement était blanc comme neige.
Les gardes, dans la crainte qu’ils éprouvèrent,
se mirent à trembler et devinrent comme morts.
L’ange prit la parole et dit aux femmes :
« Vous, soyez sans crainte !
Je sais que vous cherchez Jésus le Crucifié.
Il n’est pas ici,
car il est ressuscité, comme il l’avait dit.
Venez voir l’endroit où il reposait.
Puis, vite, allez dire à ses disciples :
‘Il est ressuscité d’entre les morts,
et voici qu’il vous précède en Galilée ;
là, vous le verrez.’
Voilà ce que j’avais à vous dire. »
Vite, elles quittèrent le tombeau,
remplies à la fois de crainte et d’une grande joie,
et elles coururent porter la nouvelle à ses disciples.
Et voici que Jésus vint à leur rencontre et leur dit :
« Je vous salue. »
Elles s’approchèrent,
lui saisirent les pieds et se prosternèrent devant lui.
Alors Jésus leur dit :
« Soyez sans crainte,
allez annoncer à mes frères
qu’ils doivent se rendre en Galilée :
c’est là qu’ils me verront. »

 

Le Christ apparaissant à sainte Madeleine au jardin,
de Gilles Garcin (1690).

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Gilles Garcin

Evangile selon Saint Jean (20, 1-18)

01 Le premier jour de la semaine, Marie Madeleine se rend au tombeau de grand matin ; c’était encore les ténèbres. Elle s’aperçoit que la pierre a été enlevée du tombeau.

02 Elle court donc trouver Simon-Pierre et l’autre disciple, celui que Jésus aimait, et elle leur dit : « On a enlevé le Seigneur de son tombeau, et nous ne savons pas où on l’a déposé. »

03 Pierre partit donc avec l’autre disciple pour se rendre au tombeau.

04 Ils couraient tous les deux ensemble, mais l’autre disciple courut plus vite que Pierre et arriva le premier au tombeau.

05 En se penchant, il s’aperçoit que les linges sont posés à plat ; cependant il n’entre pas.

06 Simon-Pierre, qui le suivait, arrive à son tour. Il entre dans le tombeau ; il aperçoit les linges, posés à plat,

07 ainsi que le suaire qui avait entouré la tête de Jésus, non pas posé avec les linges, mais roulé à part à sa place.

08 C’est alors qu’entra l’autre disciple, lui qui était arrivé le premier au tombeau. Il vit, et il crut.

09 Jusque-là, en effet, les disciples n’avaient pas compris que, selon l’Écriture, il fallait que Jésus ressuscite d’entre les morts.

10 Ensuite, les disciples retournèrent chez eux.

11 Marie Madeleine se tenait près du tombeau, au-dehors, tout en pleurs. Et en pleurant, elle se pencha vers le tombeau.

12 Elle aperçoit deux anges vêtus de blanc, assis l’un à la tête et l’autre aux pieds, à l’endroit où avait reposé le corps de Jésus.

13 Ils lui demandent : « Femme, pourquoi pleures-tu ? » Elle leur répond : « On a enlevé mon Seigneur, et je ne sais pas où on l’a déposé. »

14 Ayant dit cela, elle se retourna ; elle aperçoit Jésus qui se tenait là, mais elle ne savait pas que c’était Jésus.

15 Jésus lui dit : « Femme, pourquoi pleures-tu ? Qui cherches-tu ? » Le prenant pour le jardinier, elle lui répond : « Si c’est toi qui l’as emporté, dis-moi où tu l’as déposé, et moi, j’irai le prendre. »

16 Jésus lui dit alors : « Marie ! » S’étant retournée, elle lui dit en hébreu : « Rabbouni ! », c’est-à-dire : Maître.

17 Jésus reprend : « Ne me retiens pas, car je ne suis pas encore monté vers le Père. Va trouver mes frères pour leur dire que je monte vers mon Père et votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu. »

18 Marie Madeleine s’en va donc annoncer aux disciples : « J’ai vu le Seigneur ! », et elle raconta ce qu’il lui avait dit.

 

 

 

 

DESCENTE DE CROIX, EGLISE SAINT-JEAN-DE-MALTE (Aix-en-Provence), EVANGILE SELON SAINT JEAN, JESUS-CHRIST, PAROISSE SAINT-JEAN-DE-MALTE (Bouches-du-Rhône), PASSION DE JESUS, PEINTRES, PEINTURE, TABLEAUX, VENDREDI SAINT

Vendredi Saint : Descente de croix : tableaux en l’Eglise Saint-Jean-de-Malte (Aix-en-Provence)

Descente de croix, André Gaudion , 1612

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Tableau provenant sans doute d’un couvent franciscain comme le laisse penser la présence de saint François d’Assise (à gauche) reconnaissable à ses stigmates.  Au pied de la Croix se trouvent Marie-Madeleine et saint Jean. Derrière le Christ se trouve sa mère que l’on peut voir presque évanouie, une représentation peu habituelle surout à cette époque.

 

Descente de croix de Guillaume Martin , 1611

 

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Ce tableau est l’oeuvre de Martin Guillaume dit « Adam », artiste originaire de Lyon, qui a séjourné Aix de 1602 à 1634 et il étaitt destiné à la chapelle des Pénitents Noirs. Acheté en 1771 par Joseph-Félix Alphéran – futur prieur et avan dernier avant la disparition des prieurs de saint Jean – ce tableau est une ccopie d’une composition de Baroche (1528-1612), célèbre peintre italien, dont les descentes de croix ont sevi de modèles à de nombreux artistes.

On remarque des hommes robustes, montés sur des échèlles, qui descendent le corps du Christ. C’est l’apôtre Jean qui reçoit le corps de Jésus dans ses bras tandis que la Vierge évanouie est soutenue par Marie Madeleine tandis que deux femmes tendent les bras vers elle.

 

ÉVANGILE DE LA PASSION DE NOTRE SEIGNEUR

Passion de notre Seigneur Jésus Christ (Jn 18, 1 – 19, 42)

La Passion de notre Seigneur Jésus Christ selon saint Jean (v. 31-42)

Comme c’était le jour de la Préparation (c’est-à-dire le vendredi),
il ne fallait pas laisser les corps en croix durant le sabbat,
d’autant plus que ce sabbat était le grand jour de la Pâque.
Aussi les Juifs demandèrent à Pilate qu’on enlève les corps
après leur avoir brisé les jambes.
Les soldats allèrent donc briser les jambes du premier,
puis de l’autre homme crucifié avec Jésus.
Quand ils arrivèrent à Jésus,
voyant qu’il était déjà mort,
ils ne lui brisèrent pas les jambes,
mais un des soldats avec sa lance lui perça le côté ;
et aussitôt, il en sortit du sang et de l’eau.
Celui qui a vu rend témoignage,
et son témoignage est véridique ;
et celui-là sait qu’il dit vrai
afin que vous aussi, vous croyiez.
Cela, en effet, arriva
pour que s’accomplisse l’Écriture :
Aucun de ses os ne sera brisé.
Un autre passage de l’Écriture dit encore :
Ils lèveront les yeux vers celui qu’ils ont transpercé.

Après cela, Joseph d’Arimathie,
qui était disciple de Jésus,
mais en secret par crainte des Juifs,
demanda à Pilate de pouvoir enlever le corps de Jésus.
Et Pilate le permit.
Joseph vint donc enlever le corps de Jésus.
Nicodème – celui qui, au début, était venu trouver Jésus pendant
la nuit – vint lui aussi ;
il apportait un mélange de myrrhe et d’aloès
pesant environ cent livres.
Ils prirent donc le corps de Jésus,
qu’ils lièrent de linges,
en employant les aromates
selon la coutume juive d’ensevelir les morts.
À l’endroit où Jésus avait été crucifié, il y avait un jardin
et, dans ce jardin, un tombeau neuf
dans lequel on n’avait encore déposé personne.
À cause de la Préparation de la Pâque juive,
et comme ce tombeau était proche,
c’est là qu’ils déposèrent Jésus.

 

 

EGLISE SAINT-JEAN-DE-MALTE (Aix-en-Provence), EVANGILE SELON SAINT JEAN, JESUS CHRIST, LE CHRIST EN CROIX ENTRE LA VIERGE ET SAINT JEAN, NICOLAS PINSON (1365-1681), PAROISSE SAINT-JEAN-DE-MALTE (Bouches-du-Rhône), PASSION DE JESUS, PEINTRES, PEINTURE, VENDREDI SAINT

Vendredi Saint : Crucifixion de Jésus : tableaux en l’Eglise Saint-Jean-de-Malte (Aix-en-Provence)

Vendredi Saint : Le Christ en Croix

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Le Christ en croix entre la Vierge et saint Jean , Nicolas Pinson , 1673

 

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Au pied de la croix sainte Marie Madeleine

ÉVANGILE

Passion de notre Seigneur Jésus Christ (Jn 18, 1 – 19, 42)

La Passion de notre Seigneur Jésus Christ selon saint Jean (v. 23-30)

Quand les soldats eurent crucifié Jésus,
ils prirent ses habits ;
ils en firent quatre parts, une pour chaque soldat.
Ils prirent aussi la tunique ;
c’était une tunique sans couture,
tissée tout d’une pièce de haut en bas.
Alors ils se dirent entre eux :
A. « Ne la déchirons pas,
désignons par le sort celui qui l’aura. »
L. Ainsi s’accomplissait la parole de l’Écriture :
Ils se sont partagé mes habits ;
ils ont tiré au sort mon vêtement.

C’est bien ce que firent les soldats.

Or, près de la croix de Jésus se tenaient sa mère
et la sœur de sa mère, Marie, femme de Cléophas,
et Marie Madeleine.
Jésus, voyant sa mère,
et près d’elle le disciple qu’il aimait,
dit à sa mère :
X « Femme, voici ton fils. »
L. Puis il dit au disciple :
X « Voici ta mère. »
L. Et à partir de cette heure-là,
le disciple la prit chez lui.
Après cela, sachant que tout, désormais, était achevé
pour que l’Écriture s’accomplisse jusqu’au bout,
Jésus dit :
X « J’ai soif. »
L. Il y avait là un récipient plein d’une boisson vinaigrée.
On fixa donc une éponge remplie de ce vinaigre
à une branche d’hysope,
et on l’approcha de sa bouche.
Quand il eut pris le vinaigre, Jésus dit :
X « Tout est accompli. »
L. Puis, inclinant la tête,
il remit l’esprit.

Comme c’était le jour de la Préparation (c’est-à-dire le vendredi),
il ne fallait pas laisser les corps en croix durant le sabbat,
d’autant plus que ce sabbat était le grand jour de la Pâque.
Aussi les Juifs demandèrent à Pilate qu’on enlève les corps
après leur avoir brisé les jambes.
Les soldats allèrent donc briser les jambes du premier,
puis de l’autre homme crucifié avec Jésus.
Quand ils arrivèrent à Jésus,
voyant qu’il était déjà mort,
ils ne lui brisèrent pas les jambes,
mais un des soldats avec sa lance lui perça le côté ;
et aussitôt, il en sortit du sang et de l’eau.
Celui qui a vu rend témoignage,
et son témoignage est véridique ;
et celui-là sait qu’il dit vrai
afin que vous aussi, vous croyiez.
Cela, en effet, arriva
pour que s’accomplisse l’Écriture :
Aucun de ses os ne sera brisé.
Un autre passage de l’Écriture dit encore :
Ils lèveront les yeux vers celui qu’ils ont transpercé.

 

 

Nicolas Pinson (1635-1681)

Nicolas Pinson, né à Valence (France) en 1635 et mort à Rome le 12 mars 1681, est un peintre, dessinateur et graveur français.

Biographie

Nicolas Pinson né à Valence en 1635 est le fils de Jean Pinson maître sculpteur, sans doute sculpteur sur bois. Sa vocation de peintre naît dans son milieu familial où il acquiert de son père les premiers rudiments. il quitte très jeune le foyer familial car il arrive en 1653 à Rome où il fera l’essentiel de sa carrière. Ses maîtres romains sont les académiciens de Saint Luc. Il a pour condisciples de nombreux français dont le provençal Gilles Garcin et des italiens dont Pietro Lucatelli et Ludovico Gimignani. Il se lie avec des marchands de tableaux dont Paolo Plincene et l’arlésien Jean-louis Pilleporte ce qui lui procure une certaine réussite financière.

Le 17 février 1658 il se marie avec une italienne, Laura Saludina (5-04-1622/17-11-1704) fille d’un fabricant de chapelet ; le couple n’aura pas d’enfant. Alors qu’il est au sommet de sa carrière, Nicolas Pinson se rend en 1668 à Aix-en-Provence. Son intention de revenir à Rome est certaine car il y laisse sa femme et son frère René-Charles auquel il signe une procuration pour régler ses affaires financières Le peintre d’Aix-en-Provence Jean Daret est mort le 2 octobre de cette même année 1668 sans avoir pu honorer l’engagement pris en 1666 de décorer la Grande Chambre du Parlement au palais comtal. Nicolas Pinson réalisera une partie de cette commande dont trois tableaux se trouvent dans l’Église Saint-Jean-de-Malte d’Aix-en-Provence

En 1675 Nicolas Pinson retourne à Rome où il peint un tableau pour une chapelle de l’église saint-Louis-des-Français. Il meurt peu après le 12 mars 1681.

ART RELIGIEUX, ARTS, PEINTRE ITIALIEN, PEINTRES, PEINTURE, RAFAËL (peintre ; 1483-1520), RAFAËL, PEINTRE DE LA RENAISSANCE, RENAISSANCE

Raphaël, peintre de la Renaissance

Le Peintre Raphaël (1483-1520)

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Autoportrait avec un ami

 

Raffaello Santi ou Sanzio, dit en français Raphaël

 

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Ingres, Raphaël et la Fornarina

Peintre et architecte italien (Urbino 1483-Rome 1520).

Considéré par ses contemporains comme un être quasi divin, Raphaël fut par excellence le peintre de l’harmonie et de la grâce. Dans son œuvre, qui atteint à l’expression idéale de l’humanisme dans l’art, s’accomplit à merveille le classicisme de la seconde Renaissance.

  1. UN DÉBUT DE CARRIÈRE FULGURANT
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Raphaël, le Mariage de la Vierge

Urbino, où Raphaël est né le 6 avril 1483, est un actif foyer artistique. Son père, Giovanni Santi (mort en 1494), y dirige un atelier, qui bénéficie du mécénat ducal.

C’est toutefois à Pérouse, auprès du Pérugin, que le jeune artiste fait son apprentissage. Aux termes d’un contrat signé le 10 décembre 1500, il y devient magister (chef d’atelier). De cette époque datent trois retables, dont le Mariage de la Vierge (1504), son premier chef-d’œuvre.

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Raphaël, Madone

C’est sans doute au cours de l’automne 1504 que Raphaël se rend à Florence. Le séjour qu’il y fait se révèle capital, car il lui permet d’étudier l’art de Fra Bartolomeo, celui de Léonard de Vinci, dont il adopte les procédés dans d’émouvantes Madones (Madone du grand-duc, 1504 ; la Belle Jardinière, 1507), et celui de Michel-Ange, son aîné d’à peine huit ans, qui lui donne l’exemple de la peinture de nus.

D’autres tableaux, comme les Saint Michel et Saint Georges du Louvre (vers 1505), annoncent le grand représentant de la Renaissance classique qu’il sera.

  1. LES « CHAMBRES » DU VATICAN

LES APPARTEMENTS DE JULES II

Raphaël a 25 ans lorsqu’il s’établit à Rome, à la fin de l’année 1508. Recommandé par son oncle Bramante au pape Jules II, qui désire s’entourer des meilleurs artistes de son temps pour redonner tout son lustre à la capitale de la chrétienté, il va devoir réunir de nombreux collaborateurs pour mener à bien la tâche qui l’attend : la décoration des appartements pontificaux, que l’on appelle « Chambres » (Stanze).

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En 1507 en effet, Jules II a décidé de quitter les appartements d’Alexandre VI Borgia, décorés par le Pinturicchio, et de s’installer dans les Chambres, situées à l’étage supérieur, dans l’aile nord du Vatican. Avant de faire appel à Raphaël, il a déjà congédié quatre autres peintres de renom, dont le Sodoma et Lorenzo Lotto. Il n’a pas davantage hésité à faire effacer les fresques existantes, qui étaient pourtant de la main de Piero Della Francesca et de Luca Signorelli.

 

LA CHAMBRE DE LA SIGNATURE

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Raphaël, l’École d’Athènes

La « chambre de la Signature », ancien cabinet de travail du pape, est la salle où se réunissait le tribunal du Saint-Siège pour signer les appels en grâce.

Pour la décoration de cette pièce (1508-1511), il emprunte son sujet au néoplatonisme de Marsile Ficin, selon lequel le Beau, le Bien et le Vrai doivent faire l’objet d’une même quête. Sur la voûte, il évoque la Théologie, la Philosophie, la Justice et la Poésie. Sur les parois, il peint la fresque de l’École d’Athènes, qui scelle la réconciliation par l’humanisme du savoir antique et de la révélation chrétienne, et celle dite de la Dispute du saint sacrement (en réalité, le Triomphe de l’eucharistie), qui affirme la primauté de la révélation. Sur les autres murs, le Parnasse réunit Apollon et les Muses.

LA CHAMBRE D’HÉLIODORE

Après avoir achevé ce premier cycle, Raphaël s’acquitte des fresques de la « chambre d’Héliodore » (1512-1514) ; cette pièce, réservée aux audiences privées, porte le nom d’un personnage du iie siècle avant J.-C., qui avait été chassé du Temple de Jérusalem après avoir tenté d’en ravir les trésors.

Le travail de Raphaël y réalise atteste de son intérêt croissant pour les effets de lumière (Délivrance de saint Pierre).

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LES CHAMBRES DE L’INCENDIE DU BORGO ET DE CONSTANTIN

La « chambre de l’Incendie du Borgo » commémore le souvenir du pape Léon IV (847-855), qui éteignit miraculeusement un incendie dans ce quartier de la Cité du Vatican. Les fresques (1514-1517) qu’y entreprend Raphaël seront terminées par ses élèves – dont Jules Romain. Leur monumentalité même proclame l’autorité qui s’attache au Saint-Siège.

Pour la quatrième chambre, dite « de Constantin », Raphaël ne fournit que des dessins.

 

  1. LES AUTRES PEINTURES ROMAINES

 

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Baldassarre Castiglione

À Rome, Raphaël trouve en la personne du banquier siennois Agostino Chigi (1465-1520) un autre puissant mécène. Pour ce dernier, il décore la villa Farnésine (le Triomphe de Galatée, 1511), ainsi que deux chapelles, celle de l’église Santa Maria della Pace et celle de l’église Santa Maria del Popolo, la seconde étant une chapelle funéraire en croix grecque dont il est aussi l’architecte.

Parallèlement, Raphaël continue à illustrer ses genres de prédilection : le retable, qui, après la Madone de Foligno (1511-1512) et la Madone Sixtine (1513-1514), trouve son aboutissement, dans les domaines de la composition, de la perspective et de la lumière, avec la Transfiguration (1517-1520) ; le tableau de dévotion, tel que la Sainte Famille de François Ier (1518) ; le portrait, où il témoigne d’une intuition psychologique unie au choix de gammes harmonieuses (Baldassare Castiglione, vers 1515 ; La Velata, vers 1516 ; Léon X et deux cardinaux, 1518-1519).

 

  1. UNE PLURALITÉ D’ACTIVITÉS

 

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Raphaël, Portrait de Jeanne d’Aragon

À l’avènement de Léon X (1513), Raphaël jouit de la même faveur qu’auprès de Jules II. En 1514, succédant au poste prestigieux de Bramante, il dirige les travaux de la nouvelle basilique Saint-Pierre, puis il achève la galerie des Loges (1517-1519), dont il conçoit le décor en grotesques imitées de l’antique (exécuté par Giovanni da Udine).

À la demande du pape, il fournit les cartons pour les dix tapisseries des Actes des Apôtres qui seront tissées à Bruxelles (1515-1516) et installées dans la chapelle Sixtine. En 1516, le poste de conservateur des Antiquités romaines lui échoit.

À l’architecte, on doit encore les plans de la petite église de Sant’Eligio degli Orefici (vers 1512), ceux de plusieurs palais (tel le palais Pandolfini, à Florence) et ceux de la villa Madama (entreprise en 1517), à Rome, dont le parti général dérive de la Domus aurea de Néron.

Célèbre comme dessinateur, Raphaël laisse aussi une trace dans l’histoire de l’estampe grâce à sa collaboration avec le graveur Marc-Antoine Raimondi (vers 1480-vers 1534), qui diffusera ses thèmes dans toute l’Europe.

Atteint de fièvre maligne, Raphaël meurt le jour même de ses 37 ans, alors que de nombreux chantiers sont en cours. Le sac de Rome par les troupes de Charles Quint, en 1527, entraînera la dispersion de ses élèves.

 

  1. CITATIONS

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Raphaël, la Belle Jardinière

 

« À sa vue, la nature craignit d’être vaincue par lui ; aujourd’hui qu’il est mort, elle craint de mourir. »

Épitaphe de Raphaël, due au cardinal Pietro Bembo

« Quand il ferma les yeux, la peinture devint aveugle. »

Giorgio Vasari (les Vies des plus excellents peintres, sculpteurs et architectes)

« Il a réussi ce que les autres rêvaient de faire. » Johann Wolfgang von Goethe

 

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Eglise Santa Maria del Popolo

 

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Chambre de Constantin au Vatican

 

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La Crucificion

 

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La Dépositon de Croix

 

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AGNEAU MYSTIQUE, JAN VAN EYCK (v. 1390 - 1441), PEINTRE FLAMAND, PEINTURE

L’Agneau mystique de Jan van Eyck

L’Agneau mystique de Gand de Jan van Eyck

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L’Adoration de l’Agneau mystique (détail), Van Eyck, 1432, Gand, cathédrale Saint-Bavon.

 « L’Agneau mystique » des frères Van Eyck est certainement l’une des œuvres résumant à elle seule un grand nombre de thèmes essentiels du christianisme. Cette grande peinture à l’huile manifeste un mysticisme religieux qui n’a pas cessé d’étonner depuis sa création au XVe siècle. À l’occasion de la publication d’un exceptionnel livre d’art aux éditions Flammarion, il est désormais possible de découvrir en ses plus infimes détails la richesse de ce chef-d’œuvre de l’art sacré.

L’Agneau mystique peint par les frères Van Eyck s’inscrit dans un contexte historique et politique important pour la compréhension de l’œuvre. Nous sommes en Flandre, à Gand, au XVe siècle. La grande ville des Pays-Bas est dirigée par une dynastie princière puissante, rattachée aux Valois et à la maison des ducs de Bourgogne. La commande adressée aux frères Van Eyck eut lieu pour le baptême du prince Josse de Bourgogne, le 6 mai 1432 précisément, un enfant sur lequel portaient de nombreux espoirs, étant l’héritier légitime de la dynastie bourguignonne. Cette commande officielle est donc d’importance et s’inscrit dans un contexte politique et historique sensible du pouvoir des ducs de Bourgogne sur la Flandre.

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Un véritable catéchisme en images

La complexité de ce chef-d’œuvre de l’art primitif flamand conservé dans l’ancien baptistère de la cathédrale Saint-Bavon de Gand n’a cessé d’interroger. La fascination suscitée depuis le XVsiècle par cette œuvre tient non seulement à la qualité des artistes qui la conçurent, mais également au message spirituel qui rayonne des différentes parties qui la composent.

L’art du XVe siècle reste très étroitement lié à la foi, surtout dans un contexte de commande officielle comme pour L’Agneau mystique. Hubert Van Eyck, et son frère Jan qui achèvera la réalisation de l’œuvre, ont littéralement développé en images un catéchisme de la foi chrétienne. Le thème central est celui de l’Agneau mystique décrit par l’Apocalypse de Jean, une histoire sacrée évoquée au dernier livre de la Bible et que le retable réinterprète en une narration d’une richesse impressionnante avec ses 24 panneaux encadrés pour une dimension majestueuse de 5,20 mètres de large pour 3,75 mètres de hauteur.

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Deux manières de le découvrir, ainsi qu’il se doit pour un retable, sont proposées par les frères Van Eyck, selon que les panneaux sont ouverts ou fermés. Le retable part de l’Annonciation jusqu’au sacrifice du Christ, représenté non plus par l’instrument traditionnel de torture romain, mais ici en la forme d’un autel richement orné sur lequel trône un agneau à la robe immaculée et dont le sang s’écoule en un calice d’or…

Un travail d’orfèvre des frères Van Eyck

L’immense dépliant proposé avec le livre étudiant L’Agneau mystique permet de se faire également une idée de la richesse artistique et iconographique de la composition de l’œuvre, parallèlement à sa dimension mystique. Un récent travail de restauration a cependant permis de redécouvrir des détails restés jusqu’alors inaperçus à l’œil nu. Fermé, le polyptyque représente l’Annonciation avec l’Archange Gabriel en une pose élégante et raffinée annonçant à la Vierge Marie le message divin, message lui-même gravé en lettres d’or sur un fond architectural d’une richesse éblouissante avec la ville médiévale en ses plus infimes détails à l’arrière-plan.

Les couleurs sont neutres et une sobriété retenue laisse la priorité au message transmis par l’envoyé céleste. Une fois ouvert, le retable rayonne de couleurs et de richesses étonnantes, le regard convergeant vers la scène centrale de l’adoration de LAgneau mystique, en un sacrifice librement accepté sur l’autel richement orné. Le jardin dans lequel s’inscrit cette scène aux nombreux personnages foisonne de détails, en un rapprochement manifeste avec le jardin d’Éden. Au-dessus, le Christ Roi trône en majesté entre la Vierge Marie et saint Jean Baptiste. Adam et Ève encadrent l’ensemble de la représentation d’où s’élève une musique céleste faite de chants et d’orgue. Véritable apothéose artistique, L’Agneau mystique est une œuvre témoignant à elle seule de la société et de la foi d’une époque, une richesse époustouflante particulièrement rendue et transmise par cet ouvrage magistral.

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L’Agneau mystique : Van Eyck : art, histoire, science et religion, Danny Praet, Maximiliaan P. J. Martens, Flammarion, 60 euros.

 

https://fr.aleteia.org/2020/01/30/pourquoi-le-monde-entier-reste-fascine-par-lagneau-mystique-de-gand/

https://www.beauxarts.com/expos/lincroyable-destin-du-retable-de-gand/

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Jan van Eyck (v. 1390 – 1441)

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Jan van Eyck

Deux oeuvres de Jan van Eyck

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L’Annonciation. 1434-1436.  (Musée du Viel Aix – Aix-en-Provence)

 

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L’Agneau mystique. 1432. Cathédrale Saint-Bavon de Gand (Belgqique)