ART RELIGIEUX, ARTS, PEINTRE ITIALIEN, PEINTRES, PEINTURE, RAFAËL (peintre ; 1483-1520), RAFAËL, PEINTRE DE LA RENAISSANCE, RENAISSANCE

Raphaël, peintre de la Renaissance

Le Peintre Raphaël (1483-1520)

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Autoportrait avec un ami

 

Raffaello Santi ou Sanzio, dit en français Raphaël

 

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Ingres, Raphaël et la Fornarina

Peintre et architecte italien (Urbino 1483-Rome 1520).

Considéré par ses contemporains comme un être quasi divin, Raphaël fut par excellence le peintre de l’harmonie et de la grâce. Dans son œuvre, qui atteint à l’expression idéale de l’humanisme dans l’art, s’accomplit à merveille le classicisme de la seconde Renaissance.

  1. UN DÉBUT DE CARRIÈRE FULGURANT
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Raphaël, le Mariage de la Vierge

Urbino, où Raphaël est né le 6 avril 1483, est un actif foyer artistique. Son père, Giovanni Santi (mort en 1494), y dirige un atelier, qui bénéficie du mécénat ducal.

C’est toutefois à Pérouse, auprès du Pérugin, que le jeune artiste fait son apprentissage. Aux termes d’un contrat signé le 10 décembre 1500, il y devient magister (chef d’atelier). De cette époque datent trois retables, dont le Mariage de la Vierge (1504), son premier chef-d’œuvre.

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Raphaël, Madone

C’est sans doute au cours de l’automne 1504 que Raphaël se rend à Florence. Le séjour qu’il y fait se révèle capital, car il lui permet d’étudier l’art de Fra Bartolomeo, celui de Léonard de Vinci, dont il adopte les procédés dans d’émouvantes Madones (Madone du grand-duc, 1504 ; la Belle Jardinière, 1507), et celui de Michel-Ange, son aîné d’à peine huit ans, qui lui donne l’exemple de la peinture de nus.

D’autres tableaux, comme les Saint Michel et Saint Georges du Louvre (vers 1505), annoncent le grand représentant de la Renaissance classique qu’il sera.

  1. LES « CHAMBRES » DU VATICAN

LES APPARTEMENTS DE JULES II

Raphaël a 25 ans lorsqu’il s’établit à Rome, à la fin de l’année 1508. Recommandé par son oncle Bramante au pape Jules II, qui désire s’entourer des meilleurs artistes de son temps pour redonner tout son lustre à la capitale de la chrétienté, il va devoir réunir de nombreux collaborateurs pour mener à bien la tâche qui l’attend : la décoration des appartements pontificaux, que l’on appelle « Chambres » (Stanze).

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En 1507 en effet, Jules II a décidé de quitter les appartements d’Alexandre VI Borgia, décorés par le Pinturicchio, et de s’installer dans les Chambres, situées à l’étage supérieur, dans l’aile nord du Vatican. Avant de faire appel à Raphaël, il a déjà congédié quatre autres peintres de renom, dont le Sodoma et Lorenzo Lotto. Il n’a pas davantage hésité à faire effacer les fresques existantes, qui étaient pourtant de la main de Piero Della Francesca et de Luca Signorelli.

 

LA CHAMBRE DE LA SIGNATURE

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Raphaël, l’École d’Athènes

La « chambre de la Signature », ancien cabinet de travail du pape, est la salle où se réunissait le tribunal du Saint-Siège pour signer les appels en grâce.

Pour la décoration de cette pièce (1508-1511), il emprunte son sujet au néoplatonisme de Marsile Ficin, selon lequel le Beau, le Bien et le Vrai doivent faire l’objet d’une même quête. Sur la voûte, il évoque la Théologie, la Philosophie, la Justice et la Poésie. Sur les parois, il peint la fresque de l’École d’Athènes, qui scelle la réconciliation par l’humanisme du savoir antique et de la révélation chrétienne, et celle dite de la Dispute du saint sacrement (en réalité, le Triomphe de l’eucharistie), qui affirme la primauté de la révélation. Sur les autres murs, le Parnasse réunit Apollon et les Muses.

LA CHAMBRE D’HÉLIODORE

Après avoir achevé ce premier cycle, Raphaël s’acquitte des fresques de la « chambre d’Héliodore » (1512-1514) ; cette pièce, réservée aux audiences privées, porte le nom d’un personnage du iie siècle avant J.-C., qui avait été chassé du Temple de Jérusalem après avoir tenté d’en ravir les trésors.

Le travail de Raphaël y réalise atteste de son intérêt croissant pour les effets de lumière (Délivrance de saint Pierre).

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LES CHAMBRES DE L’INCENDIE DU BORGO ET DE CONSTANTIN

La « chambre de l’Incendie du Borgo » commémore le souvenir du pape Léon IV (847-855), qui éteignit miraculeusement un incendie dans ce quartier de la Cité du Vatican. Les fresques (1514-1517) qu’y entreprend Raphaël seront terminées par ses élèves – dont Jules Romain. Leur monumentalité même proclame l’autorité qui s’attache au Saint-Siège.

Pour la quatrième chambre, dite « de Constantin », Raphaël ne fournit que des dessins.

 

  1. LES AUTRES PEINTURES ROMAINES

 

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Baldassarre Castiglione

À Rome, Raphaël trouve en la personne du banquier siennois Agostino Chigi (1465-1520) un autre puissant mécène. Pour ce dernier, il décore la villa Farnésine (le Triomphe de Galatée, 1511), ainsi que deux chapelles, celle de l’église Santa Maria della Pace et celle de l’église Santa Maria del Popolo, la seconde étant une chapelle funéraire en croix grecque dont il est aussi l’architecte.

Parallèlement, Raphaël continue à illustrer ses genres de prédilection : le retable, qui, après la Madone de Foligno (1511-1512) et la Madone Sixtine (1513-1514), trouve son aboutissement, dans les domaines de la composition, de la perspective et de la lumière, avec la Transfiguration (1517-1520) ; le tableau de dévotion, tel que la Sainte Famille de François Ier (1518) ; le portrait, où il témoigne d’une intuition psychologique unie au choix de gammes harmonieuses (Baldassare Castiglione, vers 1515 ; La Velata, vers 1516 ; Léon X et deux cardinaux, 1518-1519).

 

  1. UNE PLURALITÉ D’ACTIVITÉS

 

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Raphaël, Portrait de Jeanne d’Aragon

À l’avènement de Léon X (1513), Raphaël jouit de la même faveur qu’auprès de Jules II. En 1514, succédant au poste prestigieux de Bramante, il dirige les travaux de la nouvelle basilique Saint-Pierre, puis il achève la galerie des Loges (1517-1519), dont il conçoit le décor en grotesques imitées de l’antique (exécuté par Giovanni da Udine).

À la demande du pape, il fournit les cartons pour les dix tapisseries des Actes des Apôtres qui seront tissées à Bruxelles (1515-1516) et installées dans la chapelle Sixtine. En 1516, le poste de conservateur des Antiquités romaines lui échoit.

À l’architecte, on doit encore les plans de la petite église de Sant’Eligio degli Orefici (vers 1512), ceux de plusieurs palais (tel le palais Pandolfini, à Florence) et ceux de la villa Madama (entreprise en 1517), à Rome, dont le parti général dérive de la Domus aurea de Néron.

Célèbre comme dessinateur, Raphaël laisse aussi une trace dans l’histoire de l’estampe grâce à sa collaboration avec le graveur Marc-Antoine Raimondi (vers 1480-vers 1534), qui diffusera ses thèmes dans toute l’Europe.

Atteint de fièvre maligne, Raphaël meurt le jour même de ses 37 ans, alors que de nombreux chantiers sont en cours. Le sac de Rome par les troupes de Charles Quint, en 1527, entraînera la dispersion de ses élèves.

 

  1. CITATIONS

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Raphaël, la Belle Jardinière

 

« À sa vue, la nature craignit d’être vaincue par lui ; aujourd’hui qu’il est mort, elle craint de mourir. »

Épitaphe de Raphaël, due au cardinal Pietro Bembo

« Quand il ferma les yeux, la peinture devint aveugle. »

Giorgio Vasari (les Vies des plus excellents peintres, sculpteurs et architectes)

« Il a réussi ce que les autres rêvaient de faire. » Johann Wolfgang von Goethe

 

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Eglise Santa Maria del Popolo

 

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Chambre de Constantin au Vatican

 

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La Crucificion

 

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La Dépositon de Croix

 

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AGNEAU MYSTIQUE, JAN VAN EYCK (v. 1390 - 1441), PEINTRE FLAMAND, PEINTURE

L’Agneau mystique de Jan van Eyck

L’Agneau mystique de Gand de Jan van Eyck

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L’Adoration de l’Agneau mystique (détail), Van Eyck, 1432, Gand, cathédrale Saint-Bavon.

 « L’Agneau mystique » des frères Van Eyck est certainement l’une des œuvres résumant à elle seule un grand nombre de thèmes essentiels du christianisme. Cette grande peinture à l’huile manifeste un mysticisme religieux qui n’a pas cessé d’étonner depuis sa création au XVe siècle. À l’occasion de la publication d’un exceptionnel livre d’art aux éditions Flammarion, il est désormais possible de découvrir en ses plus infimes détails la richesse de ce chef-d’œuvre de l’art sacré.

L’Agneau mystique peint par les frères Van Eyck s’inscrit dans un contexte historique et politique important pour la compréhension de l’œuvre. Nous sommes en Flandre, à Gand, au XVe siècle. La grande ville des Pays-Bas est dirigée par une dynastie princière puissante, rattachée aux Valois et à la maison des ducs de Bourgogne. La commande adressée aux frères Van Eyck eut lieu pour le baptême du prince Josse de Bourgogne, le 6 mai 1432 précisément, un enfant sur lequel portaient de nombreux espoirs, étant l’héritier légitime de la dynastie bourguignonne. Cette commande officielle est donc d’importance et s’inscrit dans un contexte politique et historique sensible du pouvoir des ducs de Bourgogne sur la Flandre.

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Un véritable catéchisme en images

La complexité de ce chef-d’œuvre de l’art primitif flamand conservé dans l’ancien baptistère de la cathédrale Saint-Bavon de Gand n’a cessé d’interroger. La fascination suscitée depuis le XVsiècle par cette œuvre tient non seulement à la qualité des artistes qui la conçurent, mais également au message spirituel qui rayonne des différentes parties qui la composent.

L’art du XVe siècle reste très étroitement lié à la foi, surtout dans un contexte de commande officielle comme pour L’Agneau mystique. Hubert Van Eyck, et son frère Jan qui achèvera la réalisation de l’œuvre, ont littéralement développé en images un catéchisme de la foi chrétienne. Le thème central est celui de l’Agneau mystique décrit par l’Apocalypse de Jean, une histoire sacrée évoquée au dernier livre de la Bible et que le retable réinterprète en une narration d’une richesse impressionnante avec ses 24 panneaux encadrés pour une dimension majestueuse de 5,20 mètres de large pour 3,75 mètres de hauteur.

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Deux manières de le découvrir, ainsi qu’il se doit pour un retable, sont proposées par les frères Van Eyck, selon que les panneaux sont ouverts ou fermés. Le retable part de l’Annonciation jusqu’au sacrifice du Christ, représenté non plus par l’instrument traditionnel de torture romain, mais ici en la forme d’un autel richement orné sur lequel trône un agneau à la robe immaculée et dont le sang s’écoule en un calice d’or…

Un travail d’orfèvre des frères Van Eyck

L’immense dépliant proposé avec le livre étudiant L’Agneau mystique permet de se faire également une idée de la richesse artistique et iconographique de la composition de l’œuvre, parallèlement à sa dimension mystique. Un récent travail de restauration a cependant permis de redécouvrir des détails restés jusqu’alors inaperçus à l’œil nu. Fermé, le polyptyque représente l’Annonciation avec l’Archange Gabriel en une pose élégante et raffinée annonçant à la Vierge Marie le message divin, message lui-même gravé en lettres d’or sur un fond architectural d’une richesse éblouissante avec la ville médiévale en ses plus infimes détails à l’arrière-plan.

Les couleurs sont neutres et une sobriété retenue laisse la priorité au message transmis par l’envoyé céleste. Une fois ouvert, le retable rayonne de couleurs et de richesses étonnantes, le regard convergeant vers la scène centrale de l’adoration de LAgneau mystique, en un sacrifice librement accepté sur l’autel richement orné. Le jardin dans lequel s’inscrit cette scène aux nombreux personnages foisonne de détails, en un rapprochement manifeste avec le jardin d’Éden. Au-dessus, le Christ Roi trône en majesté entre la Vierge Marie et saint Jean Baptiste. Adam et Ève encadrent l’ensemble de la représentation d’où s’élève une musique céleste faite de chants et d’orgue. Véritable apothéose artistique, L’Agneau mystique est une œuvre témoignant à elle seule de la société et de la foi d’une époque, une richesse époustouflante particulièrement rendue et transmise par cet ouvrage magistral.

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L’Agneau mystique : Van Eyck : art, histoire, science et religion, Danny Praet, Maximiliaan P. J. Martens, Flammarion, 60 euros.

 

https://fr.aleteia.org/2020/01/30/pourquoi-le-monde-entier-reste-fascine-par-lagneau-mystique-de-gand/

https://www.beauxarts.com/expos/lincroyable-destin-du-retable-de-gand/

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Jan van Eyck (v. 1390 – 1441)

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Jan van Eyck

Deux oeuvres de Jan van Eyck

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L’Annonciation. 1434-1436.  (Musée du Viel Aix – Aix-en-Provence)

 

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L’Agneau mystique. 1432. Cathédrale Saint-Bavon de Gand (Belgqique)

AIX-EN-PROVENCE (BOUCHES-DU-RHÔNE), ANNONCIATION, BARTHELEMY D'EYCK (1420-1470), PEINTRE FLAMAND, PEINTURE, VIERGE MARIE

L’Annonciation de Barthélémy d’Eyck

 

Le retable de l’Annonciation

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Le retable de l’Annonciation, l’un des plus connu de Bathélémy van Eyck était autrefois dans la cathédrale Saint-Sauveur d’Aix-en-Provence avant d’être transféré dans l’Eglise de la Madeleine, puis celle du Saint-Esprit (à partir de 2006) avant de trouver refuge dans le Musée du Viel Aix en 2016. C’est le panneau central qui se trouve ici à Aix. Les deux autres morceaux (les prophètes Isaïe et Jérémie) ont été dispersés dans les musées d’Amsterdam, de Bruxelles et de Rotterdam. Daté de 1445, on l’attribue au Flamand Barthélémy d’Eyck ou au Dijonnais Guillaume Dombet, installé à Aix à cette époque.

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On a souvent parlé des détails « bizarres » de cette peinture. Qu’en est-il vraiment ? La scène se passe vraisemblablement dans une des églises aixoises. L’ange Gabriel, à genoux, dit à la Vierge : Ave gracia plena, Dominus tecum qui veut dire « Je vous salue Marie pleine de grâce, le Seigneur est avec vous ». Marie reçoit le message, un peu étonnée. En haut à gauche, Dieu envoie un rayon de lumière sur elle : un petit singe lève la tête vers ce rayon divin. Que cherche-t-il à faire ?

Plus étonnant encore : au milieu d’un rai de lumière on distingue une forme presque humaine : en regardant attentivement on peut deviner qu’il s’agit de Jésus à l’état de fœtus, portant une croix, envoyé par Dieu en personne.  
Au premier plan on remarque un  vase rempli de fleurs. Ce vase n’est pas sans poser de questions vu l’importance que le peintre semble lui apporter. Quant aux fleurs elles ne sont pas sans poser question non plus !
Certains pensent que oui : dans le Guide de la Provence mystérieuse (éd Tchou), on peut lire qu’il s’agirait de belladone et de digitale, plantes considérées comme diaboliques à l’époque médiévale ! Diaboliques, comme ces étranges chauves-souris au-dessus de la tête de Gabriel, qui soit dit en passant, a des ailes en plumes de chouette, oiseau maudit par excellence ! Alors si  la perspective est superbe, les drapés magnifiques, les visages sereins certains détails peuvent troubler le spectateur !  La légende veut que le peintre, pas assez payé par le commanditaire du retable, se soit vengé en intégrant des éléments inquiétants et très peu chrétiens dans son œuvre ! Na, il ne l’emportera pas au paradis…

 

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Barthélémy d’Eyck (1420-1470)

Barthélemy d’Eyck (peut-être apparenté à la famille de Jan van Eyck, autre célèbre peintre flamand) est un artiste peintre originaire de la principauté de Liège et actif entre 1444 et 1470, peintre de René d’Anjou, à qui plusieurs peintures sur bois, enluminures et dessins sont attribués.

Les archives le désignent à plusieurs reprises comme peintre de René d’Anjou, originaire de la région de Maaseik dans les Pays-Bas, vivant dans l’intimité du prince, par ailleurs roi titulaire de Naples. Cependant, à aucun moment, la documentation historique ne permet de lui attribuer une œuvre avec certitude, seules des déductions de styles effectuées par plusieurs historiens de l’art permettent de lui constituer un corpus d’œuvres. Après quelques hypothèses avancées dès la fin du xixe siècle, c’est principalement depuis les années 1980 que plusieurs historiens tels que Charles Sterling et François Avril ont permis de mettre son nom sur plusieurs œuvres jusque-là attribuées à des maîtres anonymes.

Barthélemy d’Eyck a été identifié au peintre, jusqu’alors anonyme, désigné sous le nom de convention de « Maître du cœur d’amour épris », appelé aussi « Maître du roi René », qui est l’auteur probable des enluminures d’une dizaine de manuscrits réalisés pour René d’Anjou dont le Livre du cœur d’Amour épris, un manuscrit de la Théséide, le Livre des tournois et peut-être même quelques ajouts au calendrier des Très Riches Heures du duc de Berry. Il est aussi assimilé au « Maître du triptyque d’Aix », auteur du Triptyque de l’Annonciation d’Aix, ce qui a permis de voir sa main dans plusieurs autres panneaux sur bois du deuxième tiers du xve siècle. Son style, inspiré de Robert Campin et empruntant à Jan van Eyck, est caractérisé par des personnages d’aspect massif, au regard énigmatique glissant sur le côté. Il use particulièrement de jeux d’ombres et du clair-obscur qui viendraient de son séjour en Provence. Enfin, il manie à de multiples reprises les symboles héraldiques et les emblèmes, sans doute sous l’influence directe de son mécène, le roi René, dont il est très proche. Ces attributions d’œuvres font de plus en plus l’unanimité parmi les historiens d’art, même si certaines d’entre elles sont encore sujettes à controverses.

AIX-EN-PROVENCE (BOUCHES-DU-RHÔNE), ANNONCIATION, ANNONCIATION A MARIE, EGLISE DU SAINT-ESPRIT (AIX-EN-PROVENCE), EVANGILE SELON SAINT LUC, PAROISSE DU SAINT-ESPRIT (Aix-en-Provence : Bouches-du-Rhône), PEINTURE, VIERGE MARIE

Annonciation : Eglise du Saint-Esprit (Aix-en-Provence)

L’Annonciation : 

Eglise du Saitnt-Esprit (Aix-en-Provence)

 

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EVANGILE

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc ‘(1, 26-38)

 En ce temps-là,
l’ange Gabriel fut envoyé par Dieu
dans une ville de Galilée, appelée Nazareth,
à une jeune fille vierge,
accordée en mariage à un homme de la maison de David,
appelé Joseph ;
et le nom de la jeune fille était Marie.
L’ange entra chez elle et dit :
« Je te salue, Comblée-de-grâce,
le Seigneur est avec toi. »
À cette parole, elle fut toute bouleversée,
et elle se demandait ce que pouvait signifier cette salutation.
L’ange lui dit alors :
« Sois sans crainte, Marie,
car tu as trouvé grâce auprès de Dieu.
Voici que tu vas concevoir et enfanter un fils ;
tu lui donneras le nom de Jésus.
Il sera grand,
il sera appelé Fils du Très-Haut ;
le Seigneur Dieu
lui donnera le trône de David son père ;
il régnera pour toujours sur la maison de Jacob,
et son règne n’aura pas de fin. »
Marie dit à l’ange :
« Comment cela va-t-il se faire,
puisque je ne connais pas d’homme ? »
L’ange lui répondit :
« L’Esprit Saint viendra sur toi,
et la puissance du Très-Haut
te prendra sous son ombre ;
c’est pourquoi celui qui va naître sera saint,
il sera appelé Fils de Dieu.
Or voici que, dans sa vieillesse, Élisabeth, ta parente,
a conçu, elle aussi, un fils
et en est à son sixième mois,
alors qu’on l’appelait la femme stérile.
Car rien n’est impossible à Dieu. »
Marie dit alors :
« Voici la servante du Seigneur ;
que tout m’advienne selon ta parole. »
Alors l’ange la quitta.

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Cette oeuvre représentant l’Annonciation de l’Archange Gabriel à Marie est visible dan l’Eglise du Saint-Esprit à Aix-en-Provence quand le retable de l’Assomption (dit retable du Parlement) est fermé durant certaine périoes de l’année : pendant la période de l’Avent et celle du Carême. On aimerait  connaître l’auteur des merveilleuses figues de l’Ange et de la Vierge de l’Annonciation, peintes en grisaille au revers des volets. Leur élégance et leur style d’une impétueuse virtuosité dénotent une main formée à la manière italienne.

ANDRE BOISSON (1643-1733), ANNONCIATION, ANNONCIATION A MARIE, EGLISE SAINT-JEAN-DE-MALTE (Aix-en-Provence), EVANGILE SELON SAINT LUC, PAROISSE SAINT-JEAN-DE-MALTE (Bouches-du-Rhône), PEINTURE, VIERGE MARIE

L’Annonciation : tableau en l’Eglise de Saint-Jean-de-Malte (Bouches-du-Rhône)

L’Annonciation de André Boisson

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L’Annonciation ( et La Mort de la Vierge ) , André Boisson (1678).
Ces tableaux avaient été commandés pour la chapelle de la Cour des comptes de l’ancien palais.
Dans la même série de Boisson, deux œuvres sont aujourd’hui à la Madeleine, tandis que deux autres sont perdues .

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 L’Annonciation est une composition dans le style du XVIIè siècle qui a renouvelé un thème traditionnel de la peinture religieuse ; c’est un renouvellement qui s’est imposé à toute l’Europe catholique suite au Concile de Trente et donc l’on retrouve de nombreuses compositions semblable à celle-ci.

A la fin du Moyen-Age l’Annonciation se passe dans une atmosphère intimiste loin de tout regard extérieur où l’ange et la Vierge sont seuls, face à face dans une pièce où l’on relève des livres de piété et des fleurs. Ici le quotidien s’efface pour signifier une annonce triomphante : l’ange Gabriel lève la main droite et tient dans sa main gauche un lys, symbole de pureté. Derrière la Vierge une foule d’anges dans un ciel rempli d’une lumière irréelle où l’on distingue la colombe du Saint-Esprit. C’est le ciel qui descend sur Marie agenouillée et les mains jointes dans une attitude de totale acceptation.

 

ÉVANGILE

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (1, 26-38)

En ce temps-là,
l’ange Gabriel fut envoyé par Dieu
dans une ville de Galilée, appelée Nazareth,
à une jeune fille vierge,
accordée en mariage à un homme de la maison de David,
appelé Joseph ;
et le nom de la jeune fille était Marie.
L’ange entra chez elle et dit :
« Je te salue, Comblée-de-grâce,
le Seigneur est avec toi. »
À cette parole, elle fut toute bouleversée,
et elle se demandait ce que pouvait signifier cette salutation.
L’ange lui dit alors :
« Sois sans crainte, Marie,
car tu as trouvé grâce auprès de Dieu.
Voici que tu vas concevoir et enfanter un fils ;
tu lui donneras le nom de Jésus.
Il sera grand,
il sera appelé Fils du Très-Haut ;
le Seigneur Dieu
lui donnera le trône de David son père ;
il régnera pour toujours sur la maison de Jacob,
et son règne n’aura pas de fin. »
Marie dit à l’ange :
« Comment cela va-t-il se faire,
puisque je ne connais pas d’homme ? »
L’ange lui répondit :
« L’Esprit Saint viendra sur toi,
et la puissance du Très-Haut
te prendra sous son ombre ;
c’est pourquoi celui qui va naître sera saint,
il sera appelé Fils de Dieu.
Or voici que, dans sa vieillesse, Élisabeth, ta parente,
a conçu, elle aussi, un fils
et en est à son sixième mois,
alors qu’on l’appelait la femme stérile.
Car rien n’est impossible à Dieu. »
Marie dit alors :
« Voici la servante du Seigneur ;
que tout m’advienne selon ta parole. »
Alors l’ange la quitta.

 

André Boisson

André Boisson (1643-1733) est né à Aix en 1643. Il entre en apprentissage chez Reynaud Levieux pour trois ans. Il continue à travailler avec lui quelque temps malgré l’expiration de son contrat.
En 1667, il fait son testament avant de partir pour Rome où il est rejoint par Reynaud Levieux.
En 1676, il est de retour à Aix. Il exécute simultanément en 1678, le cycle des six tableaux de la Vie de la Vierge pour la chapelle de la Cour des Comptes et les trois tableaux du cycle de sainte Madeleine pour le chœur de la basilique de Saint-Maximin. Il se marie l’année suivante à 36 ans, engage trois apprentis de 1679 à 1681. Devenu veuf, il se remarie en 1681 et aura dix enfants. Dès lors, il accepte les travaux les plus divers (plans de l’Etang de Berre) puis travaille à Avignon jusqu’en 1691 attiré par une clientèle appréciant sa peinture de petit format. Il est alors un artiste aisé.
En 1693, il obtient de réaliser la grande fresque de la Transfiguration du Christ au-dessus de la chapelle du Corpus Domini dans la cathédrale Saint-Sauveur d’Aix. Il participe en 1701 aux décors des entrées des Princes de Bourgogne et de Berry. Il fait plusieurs voyages à Toulouse dans les années 1700 pour revenir à Aix en 1706.
En 1715, il exécute la gravure du frontispice de l’Histoire des plantes de Garidel puis en 1716-1717, une fresque derrière le maître-autel et un retable pour l’église du Saint-Esprit. On perd sa trace de 1719 à 1725. Il meurt à Aix en 1733 de contagion.

AIX-EN-PROVENCE (BOUCHES-DU-RHÔNE), ANDRE BOISSON (1643-1733), ANNONCIATION, ANNONCIATION A MARIE, EGLISE SAINT-JEAN-DE-MALTE (Aix-en-Provence), EVANGILE SELON SAINT LUC, PEINTURE, SAINT JEAN DE MALTE (Eglise ; Aix-en-Provence), VIERGE MARIE

L’Annonciation : tableau dans l’Eglise Saint-Jean-de-Malte (Aix-en-Provence)

L’Annonciation :

tableau d’André Boisson (Eglise Saint-Jean-de-Malte, Aix-en-Provence)

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EVANGILE

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc ‘(1, 26-38)

 En ce temps-là,
l’ange Gabriel fut envoyé par Dieu
dans une ville de Galilée, appelée Nazareth,
à une jeune fille vierge,
accordée en mariage à un homme de la maison de David,
appelé Joseph ;
et le nom de la jeune fille était Marie.
L’ange entra chez elle et dit :
« Je te salue, Comblée-de-grâce,
le Seigneur est avec toi. »
À cette parole, elle fut toute bouleversée,
et elle se demandait ce que pouvait signifier cette salutation.
L’ange lui dit alors :
« Sois sans crainte, Marie,
car tu as trouvé grâce auprès de Dieu.
Voici que tu vas concevoir et enfanter un fils ;
tu lui donneras le nom de Jésus.
Il sera grand,
il sera appelé Fils du Très-Haut ;
le Seigneur Dieu
lui donnera le trône de David son père ;
il régnera pour toujours sur la maison de Jacob,
et son règne n’aura pas de fin. »
Marie dit à l’ange :
« Comment cela va-t-il se faire,
puisque je ne connais pas d’homme ? »
L’ange lui répondit :
« L’Esprit Saint viendra sur toi,
et la puissance du Très-Haut
te prendra sous son ombre ;
c’est pourquoi celui qui va naître sera saint,
il sera appelé Fils de Dieu.
Or voici que, dans sa vieillesse, Élisabeth, ta parente,
a conçu, elle aussi, un fils
et en est à son sixième mois,
alors qu’on l’appelait la femme stérile.
Car rien n’est impossible à Dieu. »
Marie dit alors :
« Voici la servante du Seigneur ;
que tout m’advienne selon ta parole. »
Alors l’ange la quitta.

 

 

 Le tableau de l’Annonciation

L’Annonciation est une composition aux coloris agréables dans le style Contre-Réforme du XVIIè siècle qui a renouvelé le thème de la peinture religieuse après le Concile de Trente (1542-1563) dans toute l’Europe.

  A la fin du Moyen-Age l’Annonciation se passe dans une atmosphère intimiste loin de tout regard extérieur où l’ange et la Vierge sont seuls, face à face dans une pièce où l’on relève des livres de piété et des fleurs. Ici le quotidien s’efface pour signifier une annonce triomphante : l’ange Gabriel lève la main droite et tient dans sa main gauche un lys, symbole de pureté. Derrière la Vierge une foule d’anges dans un ciel rempli d’une lumière irréelle où l’on distingue la colombe du Saint-Esprit. C’est le ciel qui descend sur Marie agenouillée et les mains jointes dans une attitude de totale acceptation.

 

André Boisson

André Boisson (1643-1733) est né à Aix en 1643. Il entre en apprentissage chez Reynaud Levieux pour trois ans. Il continue à travailler avec lui quelque temps malgré l’expiration de son contrat.
En 1667, il fait son testament avant de partir pour Rome où il est rejoint par Reynaud Levieux.
En 1676, il est de retour à Aix. Il exécute simultanément en 1678, le cycle des six tableaux de la Vie de la Vierge pour la chapelle de la Cour des Comptes et les trois tableaux du cycle de sainte Madeleine pour le chœur de la basilique de Saint-Maximin. Il se marie l’année suivante à 36 ans, engage trois apprentis de 1679 à 1681. Devenu veuf, il se remarie en 1681 et aura dix enfants. Dès lors, il accepte les travaux les plus divers (plans de l’Etang de Berre) puis travaille à Avignon jusqu’en 1691 attiré par une clientèle appréciant sa peinture de petit format. Il est alors un artiste aisé.
En 1693, il obtient de réaliser la grande fresque de la Transfiguration du Christ au-dessus de la chapelle du Corpus Domini dans la cathédrale Saint-Sauveur d’Aix. Il participe en 1701 aux décors des entrées des Princes de Bourgogne et de Berry. Il fait plusieurs voyages à Toulouse dans les années 1700 pour revenir à Aix en 1706.
En 1715, il exécute la gravure du frontispice de l’Histoire des plantes de Garidel puis en 1716-1717, une fresque derrière le maître-autel et un retable pour l’église du Saint-Esprit. On perd sa trace de 1719 à 1725. Il meurt à Aix en 1733 de contagion.

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GEORGES DE LA TOUR (1593-1652), LE VIELLEUR A LA MOUCHE, PEINTRE FRANÇAIS, PEINTURE

Le vielleur à la mouche de Georges de La Tour

Le vielleur dit aussi le vielleur à la mouche
Georges de La Tour, vers 1630

Huile sur toile, 162 x 105 cm (Nantes, Musée des Beaux-arts)

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 Ce tableau n’est pas signé. Il a été acquis en 1810 par la ville de Nantes comme une des pièces les plus estimées de la collection Cacault et placé dans le cabinet du maire, à l’hôtel de ville. En 1830, il a été transféré au Musée des Beaux-arts, au moment de sa création. Vers 1860, un nettoyage aurait fait disparaître du fond « une porte ajoutée par un peintre maladroit et sans talent ».

En 1810, il était attribué à Murillo, ce qui fut mis en doute par Mérimée en 1835. En visitant le Musée en 1837, Stendhal le décrit dans un passage célèbre des Mémoires d’un touriste: « Ignoble et effroyable de vérité, tableau espagnol attribué á Murillo. Il n’est pas sans mérite, coloris sage, expression vraie… Peut-être est-il de Vélasquez, qui, à son début, s’essaya dans les sujets vulgaires ». Le nom de Murillo est maintenu dans les catalogues, jusqu’en 1903. Ensuite, c’est la confusion et après des débats l’attribuant successivement à Vélasquez, Zurbaran… c’est le nom de Georges de La Tour qui est proposé en 1923. Les spécialistes se mettent d’accord pour l’exposition Les peintres de la réalité, en 1934 à Paris où le tableau est admis comme un Georges de La Tour. Il s’agirait d’une œuvre  des débuts de La Tour, vers les années 1630. On peut la rapprocher de la Rixe des mendiants du Musée de Chambéry dans lequel on voit aussi un aveugle joueur de vielle.

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Se détachant sur un fond sombre, un pauvre vieillard aveugle chante, en s’accompagnant d’une vielle. L’instrument est élégamment décoré et rendu avec une grande précision. Le musicien tourne la manivelle de sa main droite, ce qui actionne une roue sur laquelle passent les cordes ; il appuie sur les touches de sa main gauche. La vielle est, à l’époque, un instrument très populaire dans toutes les campagnes d’Europe. Le vielleur fait danser aux bals de noce. Mais c’est aussi un instrument de luxe que l’on peut trouver dans de riches familles. Le musicien est assis de biais, les jambes croisées, sur un gros bloc de pierre. D’autres pierres, plus petites, délimitent l’espace, derrière lui, sur sa droite, et devant au premier plan. Il a posé sur l’une d’elles son chapeau rouge garni de plumes. Une mouche peinte en trompe-l’oeil au-dessous du ruban rose explique le titre longtemps donné á ce tableau : le vielleur à la mouche

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L’équilibre du tableau repose sur le jeu des obliques et des courbes : grande oblique de la jambe gauche qui forme un angle avec celle de la manivelle. Un grand arc de cercle allant de la tête au genou gauche, arrondit la composition et enveloppe l’ensemble de la scène dans les courbes amples et douces du manteau. Ces lignes de composition créent une impression d’élégance et donnent au personnage une certaine noblesse.

Le réalisme de ce tableau se situe dans la tradition du Caravage et des peintres espagnols qui ont traité des sujets populaires, des mendiants en guenilles et à qui l’on a justement pensé attribuer un tel thème : Murillo, Vélasquez, Zurbaran… Les yeux clos, la bouche ouverte et édentée, la barbe grise, des cheveux rares et hirsutes sur le côté du crâne chauve, donnent à ce visage une expression de souffrance infinie, comme s’il criait toute la misère humaine. Mais, dit P. Quignard, c’est un cri silencieux : « Vous qui voyez la toile qui est sous vos yeux, n’avez de témoin de votre vue qu’un aveugle. Cet homme qui ne vous voit pas, hurle de douleur: vous ne l’entendez pas ? ».

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Le souci de vérité se lit aussi dans les vêtements : le manteau élimé, la collerette défraîchie, la culotte déchirée aux genoux, tellement usée que l’on voit la trame du tissu dans les plis de la cuisse droite et sur trois lignes parallèles de la cuisse gauche, les bas blancs sont tendus tant bien que mal et resserrés sous le genou par un ruban. Le lacet rouge dénoué des chaussures parle comme un signe de détresse. Enfin, le soin avec lequel est peint dans les moindres détails l’instrument de musique, révèle la volonté de réalisme de l’artiste. Comme dans les tableaux de natures mortes et de vanités, l’artiste mobilise la vue mais aussi l’ouïe. La mouche que l’on a envie de chasser de la main nous invite à une réflexion sur la fragilité, la décrépitude, mais aussi sur le réel et l’illusion.

Ce tableau est classé parmi les « diurnes » de Georges de La Tour, mais il y a un travail de la lumière tellement subtil qu’on ne sait trop s’il fait jour ou s’il fait nuit. La lumière vient de la gauche et les ombres sont portées vers la droite, mais certaines parties sont beaucoup mieux éclairées que d’autres. Le fond sombre est séparé en deux zones d’éclairage différentes. La richesse et l’harmonie des couleurs ont été maintes fois admirées. C’est A. Chastel qui parle « d’une coulée de miel et de vieux rose » (Le Monde, 1972) pour évoquer l’extraordinaire camaïeu de beiges, d’orangés, d’ocres, de blancs rosés, de blancs jaunes, de gris, de roses, soulignés par la tâche rouge du chapeau et le fil rouge des lacets. Misère et grandeur de l’homme, selon Pascal. Georges de La Tour traduit ici magnifiquement les tensions de ce XVIIe siècle, entre la souffrance, la fragilité, la douleur sans nom de son musicien des rues et sa grandeur, sa dignité, sa profonde humanité. Mystère et réflexion sur le travail du peintre, du musicien, de l’artiste créateur relié.

Source : Musée des Beaux-arts de Nantes

 

GEORGES DE LA TOUR (1593-1652)

Georges de La Tour