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Gilles Garcin, photographe marseillais

 

Gilbert Garcin (1929-2020)

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Gilbert Garcin, né à La Ciotat le 21 juin 1929, et mort le 17 avril 2020, est un photographe français.

 

Biographie

Originaire de La Ciotat, Gilbert Garcin nait le 21 juin 1929. Vendeur de luminaires à Marseille, il commence à faire des photographies à l’âge de la retraite.

C’est en 1995, après un stage avec Pascal Dolémieux aux Rencontre de la Photographie d’Arles, qu’il découvre le photomontage en noir et blanc, où il se met en scène dans différentes situations, dans des paysages irréels pour la plupart. Il expose pour la première fois ses œuvres en 1998 à l’âge de 69 ans.

Gilbert Garcin possède un style singulier : ses montages mettent en scène différentes situations qui ont en commun la dérision et l’absurdité de la condition humaine. Ses photographies en noir et blanc traitent, en général, de sujets existentiels (amour, mort, vie, solitude, image de soi…) qu’il expose avec un humour qui s’apparente parfois à celui du théâtre de l’absurde d’Eugène Ionesco. Ses images font aussi écho à la mythologie et à la peinture

Gilbert Garcin meurt le 17 avril 2020 à l’âge de 90 ans.

 

Publications

Simulacres, préface d’Yves Gerbal, Allauch, Phocal, 1999

La vie est un théâtre, texte d’Yves Gerbal, Trézélan, éditions Filigranes, 1999

L’Homme qui est une image, texte d’Yves Gerbal, Marseille, Autres temps, 1999

Le Témoin, texte d’Armelle Canitrot, Trézélan, éditions Filigranes, 2005

Tout peut arriver, texte de Magali Jauffret, Trézélan, éditions Filigranes, 2007

Réel en option – Gilbert Garcin, Teun Hocks, Luc Chéry, textes de Patrick Roegiers, Jean-Marc Lacabe et Anne-Marie Garat, Éditions Le Château d’eau, Toulouse, 2008.

MISTER G Gilbert Garcin, textes d’Yves Gerbal, Christine Ollier, éditions Filigranes, 2009

Faire de son mieux, textes d’Yves Gerbal et Marie Darrieussecq, éditions Filigranes, 2013

Lorsque le vent viendra, texte de Vincent Josse, éditions Filigranes, 2013

Gilbert Garcin (préf. Magali Jauffret), Arles, Actes Sud, coll. « Photo Poche » (no 157), 2016, 144 p.

 

 

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Le photographe marseillais Gilbert Garcin s’en est allé

Le photographe marseillais Gilbert Garcin, dont les montages en noir et blanc mettant en scène l’absurdité de la condition humaine évoquaient tantôt Magritte ou Tati, est décédé dans son sommeil à l’âge de 90 ans. Notre journaliste Armelle Canitrot l’avait rencontré en 2013, lorsque les Rencontres d’Arles lui avait consacré une grande exposition.

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Gilbert Garcin lors des Rencontres d’Arles 2013.FRANÇOIS

  « Dans ma vie antérieure je n’aurai jamais imaginé avoir une telle activité entre 65 et 84 ans. Je me voyais bien aller à la pêche. Je suis surpris, disons-le de façon prétentieuse, du côté universel de mes photographies qui sont aussi bien reçues à Kobé qu’à Istanbul. » Rencontré dans son exposition arlésienne de 2013, entouré de 150 tableaux dans lesquels son clone – Mister G. – se plie à ses moindres volontés, l’artiste Gilbert Garcin n’en revient toujours pas d’être ainsi sous le feu des interviews et le héros d’un documentaire sur son œuvre.

Tout commence en 1995, lorsque Gilbert Garcin remporte le concours de photographie amateur du photo-club d’Aubagne. La récompense ? Un stage dans le cadre des Rencontres internationales d’Arles. À cette occasion, le sympathique Marseillais de 65 ans ne perd pas une miette des conseils donnés par le photographe Pascal Dolémieux expliquant qu’il n’est pas nécessaire d’aller au bout du monde, ni de louer des studios exorbitants pour faire œuvre photographique. Sable, galets, sucre en morceaux ou en poudre, allumettes et bouts de papier, chacun peut se contenter de ces petits riens pour s’inventer un univers…

Esprit « magrittien », narcissisme hitchcockien

Ancien patron d’une petite entreprise de luminaires, Gilbert Garcin trouve dans ces recommandations de quoi occuper sa retraite, passant le plus clair de son temps, désormais, à photo-graphier – soit « écrire avec la lumière », sous le regard médusé de sa femme Monique, sceptique, de son fils, ébloui, de Christine Ollier, directrice de la galerie les Filles du Calvaire, à Paris, qui décide de promouvoir son œuvre.

« Le Funambule » de Gilbert Garcin / gilbert-garcin.com

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Allure de Monsieur Hulot, état d’esprit « magrittien », narcissisme hitchcockien, Gilbert Garcin devient alors le héros de son petit théâtre de carton-pâte, se photographiant dans diverses postures pour mieux se miniaturiser ensuite, et mettre son effigie en scène dans des saynètes plus « surréalisantes » les unes que les autres. Tentant de remettre de l’ordre dans un fouillis de lignes (Changer le monde), jouant à saute-mouton sur lui-même (L’Égoïste), marchant en équilibre sur une ligne noire tracée au sol (Le Funambule)… Chaque titre est en soi tout un programme.

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Le moulin de l’oubli

Autodérision et lampe de poche

« Un titre ne doit pas être descriptif, ni fermer le sens de la photo à laquelle je souhaite que l’on donne des interprétations multiples, voire contradictoires », explique-t-il. Dans Le Visionnaire – tableau dans lequel il a réussi à entraîner sa femme –, il montre avec l’autodérision qui le caractérise la direction à suivre tandis qu’elle s’essouffle derrière lui à pousser un énorme rouleau.

Ingrédients ? Une table peinte en noir, une bobine de fil blanc, deux figurines de quinze centimètres, deux néons, deux spots et une lampe de poche. « Pour avoir un fond noir et un objet lumineux, je balade ma lampe de poche dessus. C’est si élémentaire que personne ne fait de la mise en scène par ce procédé, s’amuse-t-il.

 Un univers « philosophico-humoristico-angoissé »

Lorsqu’on lui parle de son univers « philosophico-humoristico-angoissé », Gilbert Garcin approuve : « C’est un bon condensé de mon caractère. » Quoique. Depuis le décès de sa femme, le troisième terme tente d’avoir la peau des deux autres. « Il y a peut-être là derrière comme une autobiographie masquée. De nombreuses photographies correspondent à des circonstances de ma vie », concède Gilbert Garcin, qui se dérobe toujours au décryptage de ses images.

« Je produis moins, ajoute-t-il. Avant le décès de Monique, je lui montrais, on discutait, elle me donnait son point de vue. Aujourd’hui, j’ai tendance à me dire : à quoi bon. » Gilbert Garcin oublie juste de préciser un point : les expositions internationales et les livres qui se succèdent lui laissent peu de temps pour de nouvelles images. Début avril 2020, la galerie Lisa Sette lui avait consacré une exposition Gilbert Garcin dans le cadre du salon « Paris-Photo New-York » 2020.

http://www.gilbert-garcin.com/

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Divergences

https://www.la-croix.com/Culture/Le-photographe-marseillais-Gilbert-Garcin-sen-alle-2020-04-19-1201090084