FRANÇOIS CHARLES-ROUX (1879-1961), FRANCE, FREDERIC LE MOAL, PAPAUTE, PIE XI (Pape ; 1857-1939), PIE XII : UN PAPE POUR LA FRANCE, RELATIONS ENTRE LE VATICAN ET LA FRANCE

Pie XII : un pape pour la France de Frédéric Le Moal

Pie XII – Un pape pour la France 

Frédéric Le Moal

Paris, Le Cerf, 2019. 416 pages

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Ce livre éclaire d’une façon magistrale une face méconnue des relations entre la France et le Vatican. De part et d’autre on assiste aux efforts entrepris pour renouer des liens qui s’étaient distendus après les Lois de Séparation entre l’Eglise et l’Etat en 1905 et la rupture des relations diplomatiques qu’en était suivie. D’un côté comme de l’autre on mesure combien il était nécessaire de renouer ces liens. Les voyages du Cardinal Pacelli en France (Lisieux, Paris et Lourdes) y furent pour beaucoup ainsi que l’action des ambassadeurs auprès le Saint-Siège qui surent avec intelligence être des relais précieux entre le Vatican et les gouvernements  français (même sous le Front Populaire avec Léon Blum). Il n’est guère étonnant de voir le prestige dont a joui le cardinal Pacelli dans la France d’après la Première Guerre mondiale de 1914-1918. Adulé par toute la presse française (même parfois au-delà du raiusonnable) il fut bien « le pape de la France » avant son élection sur le trône de Saint-Pierre. 

Il faut noter que cet engouement pour Pacelli fut de courte durée : les espoirs français de voir le Pape Pie XII se ranger du côté des démocraties contres les Etats totalitaires (Allemagne, Italie) se heurtèrent à une autre réalité car le Secrétaire d’Etat était devenu non plus un diplomate mais le chef de la chrétienté et de ce fait de toute la catholicité.

®Claude-Marie T.

Présentation de l’éditeur

Il y eut un temps où Paris faisait les papes. C’est parce qu’elle avait vérifié son anti-germanisme que la IIIe république contribua à l’élection de Pacelli, le futur Pie XII, pontife de la Seconde Guerre mondiale. Le Récit secret d’un grand jeu politico-religieux décrypté par l’un des historiens majeurs d’aujourd’hui.

En 1939, Pie XII est élu grâce aux cardinaux français. La presse de l’Hexagone exulte. La France a son pape, un antinazi qui la soutiendra dans la lutte contre l’hydre brune. Depuis, la réputation du souverain pontife de la Seconde Guerre mondiale a été remise en cause et on a oublié qu’il était alors considéré comme le plus humaniste des prélats. 
Fondé sur des archives inédites et exhumées en France, en Italie, en Belgique et au Vatican, ce livre démontre que, du rétablissement des relations diplomatiques entre Paris et le Saint-Siège en 1920 à l’arrivée d’Hitler au pouvoir en 1933, l’Église et sa fille aînée ont fait front commun contre les totalitarismes. L’homme à la manoeuvre de cette alliance n’était autre que le jeune secrétaire d’État et futur pape Pacelli. 
Cet ouvrage détonant éclaire d’un nouveau jour le rôle fondamental de Pie XII, militant acharné de l’humanisme chrétien. 
Une contribution majeure à l’histoire du xxe siècle.

Un mot de l’auteur

Docteur en histoire, Frédéric Le Moal est professeur au lycée militaire de Saint-Cyr et à l’Institut Albert-le-Grand. Son dernier livre, Histoire du fascisme , a reçu en 2018 le prix Ernest Lemonon par l’Académie des sciences morales et politiques.

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Quand la France s’enthousiasmait pour le futur Pie XII

 

Le pape Pie XII (1939-1958) fait partie de ces héros discrets mais dont l’action contre le nazisme a été colossale.

Que s’est-il passé lors du conclave de 1939 qui a élu Pie XII et quel rôle la France y a-t-elle joué ? L’auteur de « Pie XII, un pape pour la France », qui vient de paraître au Cerf, a mené l’enquête dans les archives françaises, belges, italiennes et vaticanes. Il a découvert nombre de documents prouvant la grande proximité à partir des années 1930 entre Paris et le Saint-Siège autour du cardinal Pacelli, le futur pape. Très vite, les Français lui apportent un soutien inconditionnel et en font le candidat de la France contre l’Italie fasciste et l’Allemagne nazie.

Si la période 1922-1925 s’avère trop lourde de tensions pour permettre à la diplomatie française de recueillir les fruits de son retour auprès de la papauté en 1920, tout change avec l’arrivée du cardinal Pacelli à la tête de la secrétairerie d’État puis avec celle d’Hitler au pouvoir en Allemagne. La convergence franco-vaticane devient alors aussi évidente que forte, soigneusement entretenue par les ambassadeurs Joseph de Fontenay et François Charles-Roux qui, tour à tour, œuvrent à exploiter les bonnes dispositions de Pacelli dont la profonde hostilité à l’encontre du régime hitlérien est évidente. Ses différents entretiens avec les diplomates des démocraties nous le font apparaître comme un responsable très au fait des réalités de son temps, sans illusions sur le programme hitlérien et les méthodes du IIIe Reich.

 L’homme de la France

Mais à partir de 1937 la santé du vigoureux Pie XI se dégrade brutalement, ouvrant la perspective d’un conclave inédit : le premier depuis les accords du Latran. Dès lors les diplomaties française et italienne se livrent une guerre sourde dans les chancelleries et les couloirs du Vatican pour influencer le prochain vote des cardinaux. L’Italie fasciste paraît la plus inquiète devant la perspective de la montée sur le trône pétrinien du cardinal Pacelli qui lui apparaît comme l’homme de la France. N’a-t-il pas effectué deux voyages, l’un à Lourdes en 1935, l’autre à Paris en 1937, véritables triomphes que le Quai d’Orsay et la presse ne se sont pas fait faute d’exploiter ?

Sans surprise, à la mort de Pie XI en 1939, le Sacré Collège choisit le cardinal Pacelli en faveur duquel les cardinaux français ont usé de toute leur influence pendant la Sede Vacante. Notons bien qu’ils le font en toute connaissance de cause de sa volonté d’apaisement avec l’Italie et l’Allemagne car ils en ont compris le sens. Loin d’être l’expression d’une complicité ou d’une lâcheté, elle vise à sauver l’Église allemande et à affaiblir l’Axe Rome-Berlin. La presse française quant à elle exulte, y compris Le Populaire, le journal de Léon Blum, et même L’Humanité ! La France a son pape, un antinazi qui devra lui servir de caution morale. Elle envoie une délégation prestigieuse aux grandioses cérémonies du couronnement. Qu’il est loin le temps du laïcisme de Combes et des violences anticléricales ! La fille aînée renoue avec l’Église.

Les archives parlent

Or, très vite, les Français s’aperçoivent que Pie XII n’est pas à leur service mais à celui du Saint-Siège, que la papauté défend d’abord ses intérêts qui ne coïncident pas forcément avec les leurs et que le Vatican a sa propre conception du système international. La désillusion de l’été 1939 est cruelle et annonce les attaques contre Pie XII dont beaucoup viendront de France. En fin de compte, les archives parlent. Encore une fois en faveur de Pie XII.

Site Aleteia

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Diplomatie papale entre les deux guerres

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S’appuyant sur des archives inédites, l’historien étudie le rôle d’Eugenio Pacelli (1876-1958) dans la reprise des relations entre Paris et le Saint-Siège.

D’un côté, on a vu depuis une trentaine d’années un grand nombre d’ouvrages paraître sur Pie XII, que ce soit des biographies ou des monographies consacrées à son attitude durant la Seconde guerre mondiale, d’un autre côté, le jeune historien Martin Dumont publiait l’an dernier, toujours au Cerf, un très beau petit livre sur les relations entre la France et le pape depuis Pie VI.

Aujourd’hui, Frédéric Le Moal, docteur et enseignant en histoire, spécialiste des Balkans et de l’Italie (surtout à l’époque fasciste) sur lesquels il a déjà écrit une demi-douzaine d’ouvrages, en consacre un à la France et Pie XII, et, plus précisément encore, au conclave qui vit en mars 1939 l’élection de ce dernier. Autant dire que le livre parle aussi abondamment de son prédécesseur et mentor, à savoir Pie XI, que l’on voit vivant, même si très affaibli par la maladie, durant la plus grande partie du livre (il meurt seulement à la page 218 !). Le pontificat de Pie XI a vu le rétablissement des relations diplomatiques entre la France et le Saint-Siège après la rupture de 1905 due à la loi de séparation des Églises et de l’État et l’abrogation de fait du Concordat plus de cent ans après sa signature, en 1801.

 Un des conclaves les plus courts de l’histoire

Le Moal montre bien toutes les tensions diplomatiques dans lesquelles étaient pris le Saint-Siège avec la montée du nazisme en Allemagne et celle du fascisme en Italie. Pie XI a gardé jusqu’au bout une attitude critique intransigeante et, à sa mort, un certain nombre de cardinaux souhaitaient un pape plus diplomate. Les cardinaux français, eux, emmenés par leur chef de file, le cardinal Verdier, archevêque de Paris (que d’aucuns qualifièrent alors de ‘faiseur de roi’ !), penchaient fortement tous, sauf un (le cardinal Tisserant) pour la cardinal Eugenio Pacelli qui était le secrétaire d’État de Pie XI depuis 1930. Ses deux venues en France, en 1935 à Lourdes et en 1937 à Lisieux et Paris, avaient été un vrai triomphe. Bref, il fut élu au terme d’un des conclaves les plus courts de l’histoire puisqu’il dura à peine deux jours ! La joie fut alors grand à tous les niveaux dans la République française mais retomba aussi assez vite car, en quelques mois, voire quelques semaines, beaucoup de voix dans notre pays s’élevèrent pour critiquer l’attitude du nouvel élu, jugée pas assez offensive face aux totalitarismes naissants, et, en particulier, trop dépendant de la politique italienne. Et, le livre se clôt sur le début de la guerre, à la fin de l’été 1939 !

Le Moal a réalisé ici une œuvre impressionnante, à partir d’archives encore peu connues du Vatican ou en France, en Italie et même en Belgique et à partir de nombreux journaux français, depuis l’Action française jusqu’à l’Humanité. On dirait qu’il a tout lu et tout assimilé ! Et, cet ouvrage, qui se lit facilement malgré des coquilles, présente donc avec une grande précision un moment très particulier, important dans l’histoire du monde et de l’Église. Pour autant, il nous apparaît un brin excessif qu’il soit présenté en quatrième de couverture comme « une contribution majeure à l’histoire du vingtième siècle » ! En tout cas, très orienté vers les relations diplomatiques entre le Saint-Siège et la France, il met bien en exergue le rôle de celui qui était alors, entre 1932 et 1940, l’ambassadeur de France auprès du Vatican, le Marseillais François Charles-Roux, père de Jean, futur prêtre, de Cyprienne, épouse du prince Del Drogo, proche du comte Ciano, et d’Edmonde, future femme de Gaston Defferre. D’autres ambassadeurs sont souvent cités dans ce livre, en particulier ceux, toujours auprès du Saint-Siège, d’Allemagne, Diego von Bergen, et d’Italie, Bonifacio Pignatti Morano di Custoza (il semble que notre auteur l’ait confondu dans son index des noms de personnes avec son parent, de même patronyme, mais prénommé Carlo, qui, lui, était amiral…).

 Un homme prudent et cohérent ?

En toute fin d’ouvrage, Le Moal livre sa pensée personnelle sur Pie XII, le réhabilitant largement après toutes les accusations dont il fut l’objet quant à son attitude jugée trop passive durant la Seconde guerre mondiale. Voici donc les dernières phrases de son dernier chapitre : « Foi et politique dans l’action, mais la seconde au service de la première, et même à travers elle : telle était, telle est et telle sera toujours la ligne du Saint-Siège. Le défaut si souvent reproché à Pie XII était en réalité une vertu cardinale, celle de la prudence présentée par Saint Augustin comme ‘l’amour faisant un choix judicieux’ et par Saint Thomas d’Aquin comme ‘la droite règle de l’action’. Une vertu que n’avait rien avoir avec la peur, la duplicité ou la dissimulation. Pie XII correspondait ainsi à la définition qu’avait donnée Cicéron de l’homme prudent : celui ‘qui se projette vers un avenir toujours incertain, qui se préoccupe des conséquences’. Des Pères de l’Église à ses maîtres en politique, Pacelli naviguait avec cohérence. » Ne doutons pas que de pareilles considérations paraîtront un peu courtes à plus d’un lecteur…

https://livre-religion.blogs.la-croix.com/diplomatie-vaticane-entre-les-deux-guerres/2019/06/19/

 

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 12 mars 1939 : Élection du pape Pie XII

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Le 12 mars 1939, les cardinaux réunis en conclave au Vatican élisent Eugenio Pacelli (63 ans) à la succession du vieux pape Pie XI (81 ans), mort quelques semaines plus tôt, le 10 février.

Le nouveau pape est intronisé dix jours plus tard sous le nom de Pie XII.

 Un moment crucial

Eugenio Pacelli était le cardinal le plus connu de la planète du fait de ses nombreux voyages en qualité de secrétaire d’État (ministre des Affaires étrangères) du Vatican. Il prend le nom de Pie XII. Son intronisation se déroule sous les acclamations de plusieurs centaines de milliers de fidèles.

La cérémonie, pleine de magnificence, est pour la première fois radiodiffusée dans le monde entier. Elle est à l’image du nouveau pontificat.

Avec l’élection de Pie XII, l’Église catholique semble atteindre le summum de son autorité morale et spirituelle.

Le catholicisme réunit à cette époque 500 millions de fidèles sur un total de 2 milliards d’hommes (le quart de la population mondiale). Mais au-delà des apparences, l’élection amorce le déclin de l’Église triomphaliste héritée de Pie IX.

De l’autre côté des Alpes, au même moment, un dictateur furibond (Hitler) dépèce ce qui reste de la Tchécoslovaquie et s’apprête à porter la guerre dans le monde entier…

 Né pour la papauté

Eugenio Pacelli a vu le jour à Rome le 2 mars 1876, dans une famille d’avocats attachés au Saint-Siège, qui ruminent leur désolation depuis la prise de Rome par l’armée italienne et l’enfermement volontaire du pape au Vatican.

Au séminaire, pour des raisons de santé, Eugenio Pacelli échappe au lot commun et obtient de rentrer chaque soir au domicile parental. Notons que, devenu adulte, il entrera très tôt dans la diplomatie vaticane et n’aura pas davantage l’occasion de côtoyer le peuple, si l’on excepte les domestiques à son service. Il ne connaîtra jamais les hommes ordinaires qu’à travers les dossiers. Mais, polyglotte, il connaîtra jusqu’à six langues.

Dès l’âge de 25 ans, il est remarqué par un fonctionnaire de la secrétairerie d’État et va rapidement grimper tous les échelons de cette institution. C’est ainsi qu’il devient nonce (ambassadeur) en Bavière puis à Berlin en 1920 (en 1915, il est chargé de présenter à l’empereur Guillaume II les plans de paix de Benoît XV). Pour finir, il devient secrétaire d’État en 1930 et va le rester jusqu’à son élection à la papauté en 1939. Fin diplomate, charismatique et séducteur, élégant dans la pourpre cardinalice, Eugenio Pacelli sait recevoir ses interlocuteurs dans ses résidences de Munich comme de Berlin.

En 1919, comme Munich est livrée à une bande de révolutionnaires brutaux qui se réclament du communisme, le nonce est heurté dans sa chair par ces individus qui le menacent de leurs fusils. Il doit être hospitalisé pour dépression nerveuse. De cette expérience, il va conserver une méfiance viscérale à l’égard des communistes.

Dans les années 1920, il prépare d’arrache-pied un Concordat entre le Vatican et les Allemands qui donnerait au Saint-Siège la haute main sur les nominations d’évêques. Mais les négociations achoppent sur des broutilles. Rappelé en 1929, Eugenio Pacelli reçoit le chapeau de cardinal et succède au cardinal Gasparri comme Secrétaire d’État.

Finalement, le Concordat avec l’Allemagne sera signé le 20 juillet 1933 avec le gouvernement dirigé par Hitler, celui-ci s’étant habilement servi de son vice-chancelier, le conservateur Franz von Papen, pour endormir la méfiance du Vatican.

Cinq mois après son arrivée au pouvoir, Hitler gagne avec le Concordat la légitimité internationale qui lui faisait encore défaut. Dans le même temps, à Berlin, Monseigneur Ludwig Kaas, chef du parti catholique du Centre, le Zentrum, vote les pleins pouvoirs à Hitler puis saborde son parti. Plus tard, les détracteurs du futur pape soupçonneront celui-ci d’avoir poussé son ami Ludwig Kaas à voter les pleins pouvoirs en contrepartie du Concordat. Aucune preuve, toutefois, ne vient corroborer ces accusations, note l’historien John Cornwell (Le pape et Hitler , Albin Michel, 1999).

Dans les faits, le pape Pie XI et son secrétaire d’État, pas plus que leurs contemporains, auraient été bien en peine en 1933 de discerner la nature foncièrement criminelle du nazisme. Mais dans les mois et les années qui suivent l’accession de Hitler au pouvoir, ils prennent très vite conscience de la monstruosité du régime. Qui sait d’ailleurs si la lettre adressée par la philosophe Edith Stein au pape en avril 1933 n’a pas contribué à cette prise de conscience ?…

Dès février 1934, le pape dénonce la fierté raciale et la même année, à Pâques, dans une lettre écrite de sa main à la jeunesse catholique allemande, il s’en prend à « cette nouvelle conception de vie s’éloignant du Christ et ramenant au paganisme».

Sa dénonciation du nazisme culmine avec l’encyclique Mit brennender Sorge (Avec un souci brûlant). Ce texte, écrit avec le concours d’Eugenio Pacelli, dénonce avec virulence l’idéologie de la race. Publié en allemand le 14 février 1937, il est lu en chaire le 21 mars 1937 dans les églises catholiques d’Allemagne.

Entre temps, le 19 mars, le pape Pie XI a publié une encyclique en latin (Divini Redemptoris) pour dénoncer parallèlement le communisme athée (on est à l’époque des grands procès de Moscou et les victimes de Staline se comptent déjà par millions). Mais il a aussi approuvé la conquête de l’Éthiopie par l’Italie fasciste, bourde que son Secrétaire d’État Eugenio Pacelli a eu le plus grand mal à rattraper.

 « Protestez !»

En 1939, à la mort de Pie XI, Eugenio Pacelli est de tous les papabile le favori. Il est élu sans surprise au trône de Saint Pierre au terme du conclave le plus bref des trois derniers siècles ! Mais pour nous qui connaissons la suite de l’Histoire, il ne fait guère de doute que ce n’était pas l’homme de la situation.

Pie XII s’avère plus proche de ses contemporains Chamberlain et Daladier, partisans d’un accommodement avec Hitler, que de Churchill, partisan de la rupture. Deux mois après son accession au pontificat, il adresse au Führer une lettre on ne peut plus conciliante : « Nous désirons rester liés par une intime bienveillance au peuple allemand confié à vos soins».

Mais le 28 décembre 1939, pour sa première visite au Quirinal, le palais royal, il supplie Victor-Emmanuel III, roi d’Italie, de s’abstenir d’entrer en guerre aux côtés des Allemands. Il se fait éconduire et cet échec va dès lors le décourager de toute intervention trop voyante dans les affaires politiques.

À l’approche de la Seconde Guerre mondiale, il hésite à protester contre les persécutions que les nazis infligent aux institutions catholiques d’Allemagne dans la crainte d’occasionner de plus grands torts à ses fidèles. D’un autre côté, en 1940, il s’entremet imprudemment dans un complot secret contre Hitler, à la demande d’amis allemands antinazis.

Après l’invasion de la Yougoslavie par Hitler et la création d’un État croate fantoche, le Vatican tarde à prendre ses distances avec les Oustachis, bandes de criminels responsables d’innombrables atrocités contre les Juifs et les Serbes.

Quand arrivent les premières informations sur l’extermination programmée des Juifs en Europe centrale, le pape, pas davantage que quiconque, n’est disposé à y croire. Certains responsables le pressent néanmoins de parler. Parmi eux l’ambassadeur britannique auprès du Saint-Siège, lord Osborne.

L’appel vient enfin dans l’homélie de Noël 1942. Le pape évoque le sort des personnes persécutées en raison de leur naissance ou de leur race (mais par un excès de prudence diplomatique, il évite de nommer les Juifs et les nazis). Son message tient en quelques mots, après le vœu de ramener le monde à la loi divine : « L’humanité doit ce vœu  aux centaines de milliers de personnes qui, sans aucune faute de leur part, parfois seulement en raison de leur nationalité ou de leur race, sont destinées à mourir ou à disparaître peu à peu». Le pape n’osera pas en dire plus. Sa réserve diplomatique suscitera plus tard des interrogations légitimes.

Mais est-il sûr que des appels pressants de sa part eussent brisé le mur d’incrédulité et de propagande de l’époque ? Ceux-ci n’eussent-ils pas entraîné au contraire un redoublement de répression des organisations catholiques, en première ligne dans l’aide aux Juifs et aux persécutés ? Le pape en est convaincu à la lumière du drame hollandais : en août 1942, les évêques de ce pays ayant publiquement dénoncé les persécutions, celles-ci redoublèrent aussitôt d’intensité et, en une nuit, les nazis raflèrent 40 000 Juifs, y compris dans les institutions catholiques (dont Edith Stein) !

Se taire ou parler au risque d’aggraver les choses ? Le dilemme devient pathétique le samedi 16 octobre 1943. Mussolini ayant été renversé, les Allemands occupent Rome. Un détachement de SS rafle le matin de ce jour les juifs romains. Trois mille trouvent refuge dans les couvents qui leur ouvrent les portes. Mais un millier sont embarqués par les SS et prennent la direction du camp d’extermination d’Auschwitz. Les convois passent devant la basilique Saint-Pierre.

Convoqué par le secrétaire d’État du Vatican, l’ambassadeur allemand Van Weizsäcker l’aurait encouragé à mots couverts à réagir. « Protestez !» lui aurait-il dit à plusieurs reprises, suggérant que lui-même saurait faire relâcher les Juifs en cas de protestation claire du pape. Mais ni le pape ni son secrétaire d’État, le cardinal Maglione, ne dénoncent publiquement la rafle…

 Un pape adulé

Une fois le nazisme vaincu, Pie XII devient le pape de la lutte contre le communisme. Il pèse de tout son poids pour que la Démocratie chrétienne l’emporte aux élections de 1948 en Italie. En 1949, il excommunie les catholiques membres du parti communiste…

Notons que Pie XII a joui pendant son pontificat comme après sa mort (8 octobre 1958) d’une immense ferveur populaire. Chacun lui a été reconnaissant d’avoir porté le message de l’Église pendant la Seconde Guerre mondiale.

Les représentants juifs n’étaient pas en reste. Le 29 novembre 1944, une délégation de 70 rescapés exprima à Pie XII, au nom de la United Jewish Appeal, sa reconnaissance pour les institutions catholiques qui ont accueilli, aidé et caché les juifs persécutés dans toute la mesure du possible. Le grand rabbin de Rome alla lui-même jusqu’à se convertir et prendre le prénom d’Eugenio.

L’aura du pape s’est accrue pendant les dernières années de son pontificat, jusqu’en 1958. L’israélienne Golda Meir déclara à sa mort, le 9 octobre de cette année-là : « Pendant la décennie de terreur nazie, quand notre peuple a subi un martyre terrible, la voix du pape s’est élevée pour condamner les persécuteurs et pour invoquer la pitié envers leurs victimes…. Nous pleurons un grand serviteur de la paix».

C’est en 1963 seulement que le doute sur l’action de Pie XII s’est insinué dans l’opinion publique avec la sortie en Allemagne de la pièce de théâtre Le Vicaire (Der Stellvertreter). L’auteur, Rolf Hochhuth, est un dramaturge allemand au parcours ambigu (membre des Jeunesses hitlériennes dans son enfance, plus tard défenseur du « négationniste» David Irving !). De la pièce, le cinéaste Costa-Gavras a tiré en 2002 le film Amen.. Une inscription du mémorial Yad Vashem, à Jérusalem, illustre ce nouveau regard sur l’action du pape Pie XII.

 Commentaire : trompeuse prophétie

Pie XII a témoigné d’indéniables qualités à l’origine de son immense popularité : une piété parfois ostentatoire dans sa manière de bénir à tout propos, une humilité sincère, une immense capacité de séduction, une vive sensibilité aux peines de ses interlocuteurs… Mais il avait aussi des faiblesses non moins indéniables. Enfant de la bourgeoisie, éloigné du peuple et mûri dans la haute diplomatie, il était porté à préférer les conversations entre gens bien élevés aux harangues populistes.

Le contexte antidémocratique de son époque a encouragé Pie XII à prendre sa place au sommet de la structure pyramidale du Saint-Siège, voulue par Pie IX et renforcée par ses successeurs. Il était tout le contraire d’un tribun et on l’imagine mal, comme son successeur Jean-Paul II, lançant un appel à l’insoumission.

Le pape Pie XII a été, d’une certaine manière, leurré par la fausse prophétie de Malachie qui désignait le 260e pape (lui-même) sous le surnom de Pastor angelicus (pasteur angélique). Il s’est appliqué à aligner son comportement sur cette appellation. Il a même fait réaliser au plus fort de la guerre un film de propagande tout simplement intitulé « Pastor angelicus».

Le pape aurait peut-être agi autrement face au nazisme si la prophétie l’avait désigné par exemple sous l’appellation de Lion féroce ainsi que le suggère l’ambassadeur anglais auprès du Saint-Siège ?… Mais rien ne permet d’affirmer que cela aurait modifié l’attitude vis-à-vis de la Shoah de ses contemporains.

  

Bibliographie

Sur l’itinéraire de Pie XII, son portrait psychologique et son attitude vis-à-vis du nazisme, on peut lire l’essai de John Cornwell : Le pape et Hitler, l’histoire secrète de Pie XII (Albin Michel, 1999).

On regrette le parti pris systématique de l’auteur, son ignorance du contexte (le rôle de la Curie – le gouvernement du Vatican -, et l’attitude des autres dirigeants de l’époque) et la sous-estimation du rôle de Pie XI, prédécesseur de Pie XII. On peut déplorer aussi quelques erreurs manifestes de l’auteur, lorsqu’il s’éloigne de son sujet, et des indications bibliographiques presque exclusivement anglo-saxonnes.

Sur un ton plus convenu, on peut lire : Pie XII et la Seconde Guerre Mondiale, de Pierre Blet, chez Perrin.

À retenir enfin un excellent document historique sur la diplomatie vaticane depuis Pie IX (milieu du XIXe siècle), par un témoin de premier choix qui fut conseiller des éditions de la Bibliothèque vaticane et des Archives secrètes : Histoire secrète de la diplomatie vaticane, d’Eric Lebec (320 pages, Albin Michel, 1997).

https://www.herodote.net/12_mars_1939-evenement-19390312.php

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Pie XII (1876 – 1958)

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Biographie

Eugenio Maria Giuseppe Giovanni Pacelli (Rome, 2 mars 1876–Castel Gandolfo, 9 octobre 1958), élu pape le 2 mars 1939 sous le nom de Pie XII (en latin Pius XII, en italien Pio XII). Sa béatification, un temps prévue en même temps que celle de Jean XXIII, le 2 septembre 2000, a été différée.

Eugenio Pacelli naît à Rome dans une famille de petite noblesse très liée, depuis le XIXe siècle, aux milieux du Vatican. Son père, Filippo Pacelli, est avocat à la Rote romaine puis avocat consistorial ; il se montre défavorable à l’intégration des États pontificaux au royaume d’Italie. Sa mère vient d’une famille distinguée pour ses services rendus au Saint-Siège.

Eugenio fait ses études au lycée Visconti, un établissement public. Il entame en 1894 sa théologie à l’Université grégorienne, comme pensionnaire du Collège capranica. De 1895 à 1896, il effectue également une année de philosophie à la Sapienza, l’université d’État de Rome. En 1899, il rejoint l’Apollinaire, où il obtient trois licences, l’une de théologie et les autres in utroque jure (« dans les deux droits », c’est-à-dire droit civil et droit canonique). Au séminaire, pour des raisons de santé, il échappe au lot commun et obtient de rentrer chaque soir au domicile parental.

Il est ordonné prêtre le 2 avril 1899 par Mgr Cassetta, vice-régent de Rome et grand ami de la famille.

En 1901, il entre à la Congrégation des affaires ecclésiastiques extraordinaires, chargée des relations internationales du Vatican, suite à la recommandation du cardinal Vannutelli, ami de la famille. Il y devint minutante. Pacelli assiste au conclave d’août 1903, qui voit l’empereur d’Autriche porter la dernière exclusive contre le cardinal Rampolla. En 1904, il est nommé par le cardinal Gasparri secrétaire pour la Commission pour la codification du droit canonique. Il devient également camérier secret, signe de confiance de la part du pape. Il publie une étude sur La Personnalité et la territorialité des lois, spécialement dans le droit canon, puis un livret blanc sur la séparation de l’Église et de l’État en France. Pacelli doit décliner de nombreuses offres de chaires de droit canonique, aussi bien à l’Apollinaire qu’à l’université catholique de Washington. Il accepte cependant d’enseigner à l’Académie des nobles ecclésiastiques, vivier de la Curie romaine. En 1905, il est promu prélat domestique.

Ses promotions continuent d’être rapides et régulières :

en 1911, il devient sous-secrétaire aux Affaires ecclésiastiques extraordinaires. Ceci le porte parmi les têtes pensantes de la diplomatie vaticane ;

en 1912, Pie X le nomme secrétaire adjoint, puis secrétaire le 1er février 1914. Il conserve ce poste sous le règne de Benoît XV et assume alors la tâche de promouvoir la politique du pape pendant la Première Guerre mondiale. En particulier, il tente de dissuader l’Italie d’entrer en guerre, en partie parce qu’il craint une révolution communiste à Rome ;

en 1915, il voyage à Vienne et travaille en collaboration avec Mgr Scapinelli, nonce apostolique à Vienne, pour convaincre l’empereur François-Joseph de se montrer plus patient à l’égard de l’Italie.

Le 20 avril 1917, Benoît XV nomme Pacelli nonce apostolique en Bavière — Munich est alors l’unique représentation pontificale de l’Empire allemand. Trois jours plus tard, le nouveau nonce est nommé archevêque in partibus de Sardes. Il oeuvre pour la réception de la note du 1er août 1917 de Benoît XV, mais n’obtient que des résultats décevants. Il s’efforce également de mieux connaître l’Église catholique allemande, visitant les diocèses et assistant aux principales manifestations catholiques, comme le Katholikentag, en ramenant soeur Pasqualina qui lui servira de gouvernante jusqu’à la fin de sa vie. Parallèlement, il prend connaissance des discussions entre le Vatican et l’URSS. Il relaie des propositions soviétiques pour l’organisation du catholicisme. En 1926, il consacre évêque le jésuite D’Herbigny, chargé de constituer un clergé en Russie.

Depuis 1919, la nonciature en Bavière était reconnue compétente pour l’ensemble du territoire allemand. Le 23 juin 1920, une nonciature en Allemagne est créée. Pacelli y est transféré en même temps qu’il reçoit la nonciature de Prusse, double casquette purement formelle puisque le personnel et l’adresse sont les mêmes. Lorsque des troubles éclateront en Bavière, des révolutionnaires menaceront Pacelli de leurs fusils, ce qui entraînera son hospialisation pour dépression nerveuse.

Afin de régulariser les relations entre le Saint-Siège et les autres États et d’y défendre les activités catholiques, il négocie plusieurs concordats avec différents pays. Avec la Lettonie en 1922, la Bavière en 1924, la Pologne en 1925, la Roumanie en 1927. Il est accrédité à Berlin en 1920. En 1929, il signe un concordat avec la Prusse, est élevé à la dignité de cardinal et nommé cardinal secrétaire d’État. Il devient le principal collaborateur de Pie XI.

Le 20 juillet 1933, il signe, au nom du Saint-Siège, le concordat avec Hitler, qui venait d’être élu chancelier de la république de Weimar.

L’Allemagne nazie n’entend pas respecter cet accord. Pacelli envoya 55 notes de protestations au gouvernement allemand de 1933 à 1939. En conséquence, en mars 1937, il durcit le texte de l’encyclique Mit brennender Sorge, préparé par le cardinal-archevêque de Munich. Le concordat n’est cependant pas dénoncé.

En 1933, il signe également un concordat avec l’Autriche, et en 1935, avec la Yougoslavie.

En 1938, il critique l’approbation immédiate de l’Anschluss par l’épiscopat autrichien et exige du cardinal Innitzer, archevêque de Vienne, une déclaration prenant position contre l’invasion. Innitzer s’exécute le 6 mai, dans un article paru dans l’Osservatore Romano, qui n’aura cependant pas de répercussions d’ampleur.

Armoiries de Pie XIIÀ la mort de Pie XI, le cardinal Pacelli semble le candidat le plus probable, d’autant que le feu pape a laissé échapper quelques phrases tendant à le désigner comme son successeur (« Sarà un bel papa ! », « il sera un beau pape ! »).

De fait, Pacelli est élu pape le 2 mars 1939, au troisième tour de scrutin. Le conclave a à peine duré 24 heures et cette courte durée accrédite une rumeur selon laquelle l’élection avait été unanime. Il est cependant probable que plusieurs cardinaux italiens eussent préféré le cardinal Dalla Costa, archevêque de Florence. Pacelli est élu avec probablement 48 voix sur 62. Le nouveau pape choisit le nom de règne de Pie XII (Pius XII), dans la continuité du pontificat précédent.

Il nomme le cardinal Maglione, ancien nonce à Paris, secrétaire d’État. Fait remarquable, Pie XII est le premier secrétaire d’État élu pape depuis Clément IX en 1667.

Aussitôt, Pie XII se trouve plongé dans la Seconde Guerre mondiale. Après l’invasion de la Tchécoslovaquie, la diplomatie vaticane intervient pour empêcher la guerre, sans succès. Après le pacte Ribbentrop-Molotov, le Vatican tente au moins de garder l’Italie hors du conflit. Dans sa première encyclique, Summi pontificatus (20 octobre 1939), il dénonce l’engrenage de la guerre. Fin 1939, Pie XII visite même le roi Victor-Emmanuel III dans sa résidence du Quirinal, ancienne résidence pontificale.

Pie XII choisit de maintenir l’Église hors du conflit des belligérants. À la supplique des évêques polonais décrivant les atrocités des Nazis, il réplique par la voix de Mgr Tardini :

« Tout d’abord, il ne semblerait pas opportun qu’un acte public du Saint-Siège condamne et proteste contre tant d’injustices. Non pas que la matière manque (…) mais des raisons pratiques semblent imposer de s’abstenir.»

Mgr Tardini ajoute qu’une condamnation officielle du Vatican « accroîtrait les persécutions ». Pie XII précise lui-même :

« Nous laissons aux pasteurs en fonction sur place le soin d’apprécier si, et dans quelle mesure, le danger de représailles et de pressions, comme d’autres circonstances dues à la longueur et à la psychologie de la guerre, conseillent la réserve — malgré les raisons d’intervention — afin d’éviter des maux plus grands. C’est l’un des motifs pour lesquels nous nous sommes imposés des limites dans nos déclarations.»

Cherchant à mener une politique de compromis, Pie XII ouvre les institutions du Vatican aux victimes du nazisme dans la Rome occupée, mais n’intervient pas publiquement contre les persécutions, celles contre le clergé ayant déjà été évoquées dans Mit brennender Sorge.

Dans l’ensemble, la diplomatie vaticane se heurte à de nombreux échecs pendant le conflit. Elle ne parvient pas à maintenir des relations satisfaisantes avec l’Allemagne nazie, ni avec l’Italie fasciste. Les rapports avec l’URSS se révèlent inexistants. En revanche, le Vatican peut nouer des liens avec les États-Unis. Le président Roosevelt a nommé un représentant personnel auprès du Saint-Siège, Myron Taylor. D’après les travaux d’Annie Lacroix-Ruiz, ce dernier fut le relais pour l’évacuation vers l’Amérique latine de certains dirigeants nazis.

Au début de la guerre, les puissances de l’Axe tentent de lever le drapeau de la croisade contre l’URSS pour légitimer leur action. Mgr Tardini répond que « la croix gammée n'[était] pas précisément celle de la croisade. » En septembre 1944, à la demande de Myron Taylor, il rassure les catholiques américains, inquiets de l’alliance de leur pays avec les soviétiques.

La fin de la guerre permet la pénétration du communisme en Europe de l’Est. Les rapports, inexistants durant la guerre, empirent. Les gouvernements liés à Moscou font fermer peu à peu les représentations du Saint-Siège. En 1952, le maréchal Tito rompt les relations diplomatiques avec le Vatican. L’arrestation brutale en 1948 du prince-primat de Hongrie, le cardinal Mindszenty, archevêque d’Esztergom, symbolise la tension entre les régimes communistes et l’Église catholique romaine. De même, Mgr Stepinac, archevêque de Zagreb et primat de Yougoslavie, subit l’emprisonnement et la torture. Mgr Beran, archevêque de Prague, se voit interdire d’exercer son ministère. Les Églises catholiques de rite byzantin d’Ukraine et de Roumanie sont incorporées de force dans des Églises indépendantes. Les gouvernements communistes accusent en effet le pape d’être le « chapelain de l’Occident ».

En juillet 1949, le Saint-Office excommunie globalement les communistes. Pie XII y fait allusion dans son discours de béatification d’Innocent XI, affirmant sa volonté de « défense de la chrétienté ». Les deux parties se crispent donc dans des attitudes d’opposition. Quelques exceptions voient le jour en Europe de l’Est. Ainsi, en Pologne, le primat, Mgr Wyszynski, signe un accord garantissant quelques libertés à l’Église catholique polonaise, en échange de son soutien dans la politique de défense des frontières. Le Vatican se montre réservé face à cet accord, et Mgr Wyszynski est arrêté peu après par le gouvernement polonais.

Pie XII se distingue par son usage intensif de nouveaux moyens de communication, comme la radio. Durant la guerre, il adresse cinq messages radio :

le 1er juin 1941, sur l’anniversaire de Rerum novarum ;

à Noël 1941, sur l’ordre international ;

à Noël 24 décembre 1942, sur l’ordre intérieur des nations : « …Ce voeu (de retour à la paix), l’humanité le doit à des centaines de milliers de personnes qui, sans aucune faute de leur part, pour le seul fait de leur nationalité ou de leur origine ethnique, ont été vouées à la mort ou à une progressive extinction »…

le 1er septembre 1944, sur la civilisation chrétienne ;

à Noël 1944, sur les problèmes de la démocratie.

Par la suite, il utilisera également la télévision. Pie XII a proclamé le dogme de l’Assomption de la Vierge Marie par la constitution apostolique Munificentissimus Deus du 1er novembre 1950. La même année, le 23 décembre, il annonça la découverte de la tombe de saint Pierre, retrouvée exactement à l’aplomb de la coupole de Michel-Ange (sous l’autel majeur) à la suite de fouilles archéologiques.

Il canonisa Pie X en 1954. On a pu parler de Pie XII comme d’un « docteur universel » (Yves-Marie Hilaire) : il s’exprima sur un grand nombre de sujets. Il est le pape le plus cité dans les textes de Vatican II. On le surnomme aussi Pastor Angelicus, « pasteur angélique » d’après la prophétie de saint Malachie. Il eut une réputation de saint et de mystique. La presse parla des apparitions de Fátima dont il aurait été témoin. Vivant avec son temps, une photo de lui tapant à la machine à écrire lui aurait, selon Roger Peyrefitte gagné la haute finance américaine par sa modernité. La polémique et le soupçon  n’interviendront qu’à partir de 1963.

En janvier 1954, Pie XII tombe gravement malade. Mal soigné, il sort très diminué de cette attaque. Il meurt le 9 octobre 1958 à Castel Gandolfo, résidence d’été des papes, où depuis 1954 il faisait de longs séjours de repos.

Il est enterré dans les grottes Vaticanes, près de la chapelle ad caput, qui touche à la tombe de saint Pierre. Jean XXIII lui succède.

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 François Charles-Roux

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François Charles-Roux, né à Marseille (Bouches-du-Rhône) le 19 novembre 1879 et mort à Paris le 26 juin 1961, est un diplomate, historien et homme d’affaires français.

Biographie

Fils de l’armateur Jules Charles-Roux, il est licencié en droit et en lettres, diplômé d’études supérieures d’histoire et de géographie, ainsi que de l’École libre des sciences politiques. Il mène une carrière diplomatique à Paris (notamment comme inspecteur des postes diplomatiques et consulaires), Saint-Petersbourg,  Constantinople, Le Caire, Londre et avant d’être nommé ambassadeur de France en Tchécoslovaquie puis auprès du Saint-Siège en 1932.

En mai 1940, il succède à Alexis Léger au poste de secrétaire général du ministère des Affaires étrangères, mais, en opposition avec la politique mise en place, il quitte ses fonctions au mois d’octobre suivant.

Après guerre, il est fervent défenseur du maintien de l’empire colonial français et anime notamment le groupe ultra « Présence française » qui lutte pour le maintien du protectorat au Maroc. Il préside de 1944 à 1956 un lobby colonial, le Comité central de la France d’outre-Mer ( CCFOM ), héritier de l’Union coloniale française que son père avait présidée. Il préside également la Compagnie universelle du canal maritime de Suez de 1948 à 1956. Accumulant les charges, il préside aussi le Secours catholique.

Ses travaux d’historien lui valent d’être élu membre de l’Académie des sciences morales et politiques en 1934.

François Charles-Roux épouse en 1914 Sabine Gounelle, d’une famille de négociants marseillais propriétaire de la Villa Valmer. Il est le père de l’écrivain Edmonde Charles-Roux, de Cyprienne, princesse del Drago, et du prêtre rosminien Jean-Marie Charles-Roux.

 

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ACTION CATHOLIQUE (mouvement d'), EGLISE CATHOLIQUE, LIVRE, LIVRES, LIVRES - RECENSION, MICHEL LAUNAY, PIE XI (Pape ; 1857-1939), PIE XI, LE PAPE DE L'ACTION CATHOLIQUE

Pie XI, le Pape de l’Action catholique

Pie XI, le Pape de l’action catholique 

Marcel Launay

Paris, Le Cerf, 2018. 267 pages.

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Présentation de l’éditeur

On lui doit la consécration de Jeanne d’Arc comme sainte patronne de la France, la canonisation de Bernadette Soubirous, de Thérèse de Lisieux ou encore du curé d’Ars, la condamnation de Charles Maurras, la réprobation du communisme, du fascisme et du nazisme. Cet homme, c’était Pie XI (1857-1939) ; et il régna près de vingt ans avec autorité et courage en combattant toutes les formes du mal. C’est en s’appuyant sur les archives vaticanes mises à la disposition du public en 2003 que Marcel Launay reconstitue la vie et l’oeuvre de ce pape. Dans un contexte de colère et de haine, il n’a cessé de rappeler les fondamentaux de l’humanisme chrétien. Jalon essentiel de cette mission : un retour au Christ et à son message premier : la vie avant tout, face au fascisme qui exalte, par définition, la mort. Ce livre, c’est enfin un constat sans appel : Pie XI a été l’artisan du retour du Saint-Siège sur la scène internationale. Après quarante années de maladresse, d’hésitation et d’atermoiement, le Vatican retrouve son rôle de guide et protecteur de l’Europe éternelle. Professeur émérite d’histoire contemporaine à l’université de Nantes, Marcel Launay est spécialiste d’histoire du catholicisme. Il est notamment l’auteur d’un ouvrage majeur sur Benoît XV, un pape pour la paix (2015).

Biographie de l’auteur

Professeur émérite d’histoire contemporaine à l’université de Nantes, Marcel Launay est spécialiste d’histoire du catholicisme. Il est notamment l’auteur d’un ouvrage majeur sur Benoît XV, un pape pour la paix (2015).

 

BIOGRAPHIE :

 

Pie XI, l’artisan du retour du Saint-Siège sur la scène internationale

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Pie XI (1857-1939) régna près de vingt ans avec autorité et courage en combattant toutes les formes du mal.

Depuis sa mort, en 1939, seulement une petite-douzaine de biographies du pape Pie XI (1857-1939) sont parues en français, la dernière en date étant, en 2004, chez Perrin, celle d’Yves Chiron, spécialiste des papes (Pie IX, Pie X, Paul VI). Environ deux fois moins longue, cette récente biographie est le fruit du travail de l’historien Marcel Launay, professeur honoraire d’histoire contemporaine à l’université de Nantes, qui, lui, parmi une abondante bibliographie axée sur l’histoire religieuse contemporaine, a déjà commis voici peu une biographie de Benoît XV fort appréciée (Cerf, 2014).

Passionné par les livres et l’alpinisme
A la différence de Chiron, Launay passe assez vite sur les années précédent avant l’élection du Milanais Achille Ratti sur le trône de Pierre, qui représentent néanmoins 80 % de son existence. Érudit passionné par les livres, il deviendra préfet de la Bibliothèque Ambrosienne de Milan (1888) puis vice-préfet (1911) et préfet (1914) de la Bibliothèque vaticane. Mais sa carrière ecclésiastique prendra ensuite un cours beaucoup plus pastoral quand il deviendra visiteur apostolique en Pologne (1918) puis nonce dans ce pays (1919) avant d’être en juin 1921 créé cardinal par Benoît XV et nommé archevêque de Milan. Mais il ne restera que quelques mois à ce poste puisque, dès février 1922, il sera élu pape au quatorzième tour de scrutin, candidat de compromis entre un conservateur (Merry del Val) et un libéral (Gasparri) qu’il conservera ensuite comme secrétaire d’État jusqu’en 1930. Cette biographie traite surtout du personnage public, pas suffisamment sans doute de l’homme privé, duquel pointent parcimonieusement quelques traits, comme sa passion pour l’alpinisme !

Les différents chapitres traitent, chacun, des grands thèmes qui ont marqué ce pontificat situé entre les deux grandes guerres du vingtième siècle et, comme le dit Launay, « la hantise de la Première Guerre mondiale et l’obsession de la Seconde caractérisent l’ensemble du pontificat ». Il détaille alors les relations avec l’État italien, qui devient fasciste et signe les accords du Latran en 1929 créant un État du Vatican, petit mais indépendant.

L’aspiration à « étendre le Règne du Christ dans le monde »

De même, le pape réussit à passer des accords avec l’Allemagne de Weimar en 1925 (continués par le concordat de 1933) ou avec la France de la Troisième République. Mais, quand vient la montée des périls un peu partout en Europe au cours de la décennie suivante, Pie XI, dont l’aspiration profonde était depuis le début de son pontificat d’étendre le Règne du Christ dans le monde (il a d’ailleurs institué la fête du Christ Roi de l’univers dès 1925), réagit en s’opposant fortement tant au nazisme qu’au communisme, les deux encycliques promulguées à cinq jours de distance en mars 1937 en sont la preuve (Mit brennender Sorge et Divini Redemptoris). Et en mai 1938, quand Hitler visite la ville éternelle, il quitte ostensiblement Rome pour Castelgondolfo. Il meurt au début de l’année même (10 février) qui verra le commencement de la terrible Deuxième guerre mondiale,  » à la veille de ce qu’on a qualifié de ‘crépuscule de la civilisation’ ».

A côté de ce rôle du pape dans le cours politique du monde, dans une époque si lourde de menaces, Launay développe quelques autres aspects importants du pontificat, très centralisé sur la figure et le ministère du pape : un véritable « élan missionnaire » avec de nouveaux engagements partout dans le monde, en particulier en Asie – un « mirage unioniste » qui voulait faire revenir dans le giron de l’Église romaine tous les chrétiens dissidents, s’opposant donc à l’œcuménisme naissant contre lequel Pie XI écrivit d’ailleurs en 1928 une encyclique, Mortalium animos – un intérêt marqué pour la recherche scientifique avec la réforme des universités romaines et la création de l’Académie pontificale des sciences où furent admis, c’était une première, des non catholiques et même des non chrétiens – enfin, et ce n’est pas le moins important, le sous-titre du présent ouvrage en témoigne, le soutien sans faille du pape à l’Action catholique qu’il qualifia de « prunelle de ses yeux », « mais cet apostolat est d’abord spirituel, un moyen de sanctification personnelle et collective en vue de la rechristianisation des mœurs et de l’instauration d’une nouvelle chrétienté par l’adhésion de tous ceux qui se reconnaissent dans les enseignements de l’Eglise » et, un peu plus loin, notre auteur précise : « Dans cette perspective, sans faire de la politique au sens stricte (sic) du terme, selon le message aux Portugais de 1923, l’Action catholique devra ‘préparer ses militants à faire de la bonne politique, c’est-à-dire une politique qui en toutes choses devra obéir aux principes du christianisme, les seuls qui puissent apporter aux peuples la prospérité et la paix’. »

Malgré ses nombreuses fautes de français et de ponctuation pénibles pour le lecteur, cet ouvrage bien mené peut permettre à ce dernier une (re)découverte de ce pape qui a vécu à une époque de grands périls pour la société et le monde de son temps !

 

https://livre-religion.blogs.la-croix.com/biographie-pie-xi/2018/06/15/
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Biographie: Pie XI¨(1857-1939)

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Achille Ratti naît à Desio en 1857 ; il est ordonné prêtre en 1889. L’année 1921 est capitale pour lui puisqu’il devient archevêque de Milan et cardinal. Quelques mois plus tard, en 1922, il succéde à Benoît XV sous le nom de Pie XI. C’est un érudit mais aussi un sportif accompli qui pratique l’alpinisme. Son pontificat est marqué par plusieurs encycliques « sociales » sur l’éducation, le mariage, la question sociale, la crise économique, le rôle du cinéma…

Le fait politiquement le plus marquant de son pontificat est la signature des accords du Latran avec Mussolini le 11 février 1929. Il établit aussi de nombreux concordats (aussi appelés modus vivendi) avec le Portugal, la Tchécoslovaquie et le IIIè Reich en 1933. 

Mais malgré ce dernier concordat, Pie XI condamne très fermement toutes formes de totalitarismes : en 1926 il condamne l’Action française, en 1931 le fascisme (« Non abbiamo bisogno »), en 1937 le nazisme (« Mite brennender Sorge ») et en 1938 le communisme. Il dira : « spirituellement, nous sommes tous des sémites ». Pourtant il apporte son soutien à Franco lors de la guerre civile d’Espagne et ses relations avec le gouvernement mussolinien étaient loin d’être mauvaises. 

Il soutient activement le clergé missionnaire en ordonnant des prêtes chinois, japonais, indiens, vietnamiens. Il encourage fortement l’Action catholique et aide notamment l’École biblique de Jérusalem, il crée la Commission de la Vulgate, l’Académie pontificale des sciences et la station de radio-Vatican. « Une Église formée seulement de riches n’est plus l’Église de Notre-Seigneur. C’est surtout pour les pauvres qu’il a fondé son Église. »

Il décède le 10 février 1939.

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Action catholique

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L’Action catholique est le nom d’ensemble des mouvements créés par l’Église catholique au xxe siècle dans le cadre du catholicisme social à destination de catégories précises de la société. Créée en 1924, la Jeunesse ouvrière chrétienne (JOC) constitue l’un de ses exemples célèbres.

 

Histoire et objectif

L’objectif de l’Action catholique est double :

constituer de nouveaux outils pour christianiser ou entretenir la foi de ces milieux ;

apporter dans ces derniers la doctrine humaniste et sociale de l’Église.

En Italie, l’Action catholique italienne (1922) est organisée par Pie XI au sein de quatre branches (hommes, femmes, jeunes hommes, jeunes filles) qui donnera naissance à l’Action catholique générale.

En France, l’Association catholique de la jeunesse française (ACJF) est créée en 1886 par Albert de Mun et présidée par Henri Savatier. Puis l’ACJF se scinde en formations spécialisées : la Jeunesse ouvrière chrétienne (JOC, 1927), la Jeunesse agricole catholique (JAC, 1929), la Jeunesse étudiante chrétienne (JEC, 1929), la Jeunesse maritime catholique (JMC, 1932), la Jeunesse indépendante chrétienne (JIC, 1935), la Jeunesse indépendante chrétienne féminine (JICF, 1935). Chacune de ces formations prenant son autonomie, l’ACJF se dissout en 1956.

Le mouvement est porté principalement par des laïcs, bien que soutenus par des théologiens et philosophes tels que Yves CongarMarie-Dominique ChenuEmmanuel Mounier et Jacques Maritain (L’humanisme intégral, 1936). Il s’oriente rapidement à gauche de l’échiquier politique, Mounier, fondateur du personnalisme, allant jusqu’à proclamer que « le capitalisme doit être supprimé et remplacé par une organisation socialiste de la production et de la consommation » (Qu’est-ce que le personnalisme ?, 1946).

En 1938Pie XI créait un office central pour l’Action catholique. À partir de 1950, une quarantaine de mouvements s’organisent au sein de la conférence des Organisations internationales catholiques (OIC).

Jean XXIII crée une commission préparatoire pour l’apostolat des laïcs en 1960.

Les différents mouvements d’Action catholique

La Fédération nationale catholique (FNC), créée par le général Édouard de Castelnau en 1924 devient le mouvement d’Action catholique générale pour les hommes (ACGH), avec l’encouragement de Pie XI. L’Action catholique générale est construite sur le maillage paroissial et pas par « milieu social ». Le général de Castelnau préside la FNC jusqu’à sa mort en 1944. Elle devient alors la FNAC (Fédération nationale d’Action catholique) présidée par Jean Le Cour Grandmaison. Le mouvement se transforme ensuite en ACGH (Action catholique générale des hommes) ;

Jeunesse ouvrière chrétienne (JOC), créée par un jeune prêtre belge, l’abbé Cardijn en Belgique (1924) puis en France (1927) ;

Jeunesse agricole catholique (JAC), créée en 1929, qui deviendra le Mouvement rural de jeunesse chrétienne (MRJC) en 1963 ;

Jeunesse étudiante chrétienne (JEC), créée en 1929 ;

Jeunesse maritime chrétienne (JMC), créée en 1930 ;

Jeunesse indépendante chrétienne (JIC), créée en 1935 ;

Jeunesse indépendante chrétienne féminine (JICF), créée en 1935 ;

Cœurs vaillants-Âmes vaillantes (1936), qui devient en 1956 l’Action catholique des enfants (ACE) ;

Les Focolari, lancés par l’Italienne Chiara Lubich (1944) ;

Action catholique des milieux indépendants (ACI), fondée en France en 1941 par Marie-Louise Monnet, sœur de Jean Monnet ;

Action catholique ouvrière (ACO), créée en France en 1950 ;

Jeunesse ouvrière chrétienne internationale (JOC Internationale), créée en 1957 ;

Vivre ensemble l’Évangile Aujourd’hui (VEA), mouvement d’Action catholique générale (1975), mouvement mixte issu de l’ACGH ;

Chrétiens dans le monde rural (CMR), qui porte ce nom depuis 1966 (mouvement créé en 1939 sous le nom de Ligue agricole catholique) ;

Mouvement chrétien des retraités (MCR) ;

Mouvement chrétien des cadres et dirigeants (MCC).