CHASTETE, LA VIE EN ABONDANCE, LIVRE, LIVRES, LIVRES - RECENSION, PRÊTRE, PRETRES, RELIGIEUX, SACERDOCE

La vie en abondance de Jean-Marie Guellette

La vie en abondance : la vertu de chasteté pour les prêtres et les religieux

 Jean-Marie Gueullette
Paris, Le Cerf, 2019. 288 pages

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« Avant d’envisager comment mener une vie chaste à la suite du Christ, il est indispensable de prendre la mesure de ce qui, dans le contexte occidental  actuel, marque cette question d’une manière nouvelle. On trouve peu de publications sur la chasteté et celles qui datent un peu apparaissent comme très décalées par rapport au style de vie et de relations qui sont les nôtres. L’accueil de plus jeunes dans des formes de vies où cette vertu est essentielle, de même que l’accompagnement de plus anciens confrontés à des difficultés inhabituelles, doivent tenir compte de ce contexte qui transforme notre rapport au monde et à notre propre corps » (page 29)

« La vie en abondance : la vertu de chasteté pour les prêtres et les religieux » : le titre de cet ouvrage peut paraître provocateur tant il semble en contradiction dans l’ambiance où baignent le monde en général et l’église en particulier aujourd’hui. Les récents scandales révélés ces derniers temps, leurs conséquences et les prises de position de certains (débats sur le mariage des prêtres, remise en question du célibat sacerdotal) ne plaident pas en faveur d’un tel ouvrage où la chasteté est érigée en vertu pour une « vie en abondance ». Si le titre peut également faire sourire tant les mots de « vertu » et de « chasteté » ne semblent plus faire partie du vocabulaire courant mais paraissent plutôt faire penser aux ouvrages de théologie morale du XIXè siècle, il faudrait plutôt saluer le courage de l’auteur pour avoir abordé sans tabou ni langue de bois un tel sujet : finalement c’est peut-être un ouvrage salvateur pour aujourd’hui tant pour les prêtres, les religieux que pour tous ceux qui le liront sans préjugés aucun.

L’auteur dit bien dès son introduction que son propos est de parler pour les prêtres et les religieux et tout son livre est d’en affirmer le bien-fondé. D’emblé il remarque combien les ouvrages s’ils sont peu nombreux aujourd’hui sur ce sujet ceux qui ont été écrits auparavant sont dépassés : il ne s’agit donc pas d’un traité de morale ou de spiritualité qui ignore le monde actuel mais qui s’encre résolument dans la réalité du monde tel qu’il est aujourd’hui, dans la réalité qu’affrontent dans ce début du XXIè siècles les prêtres et les religieux. Il s’agit moins de parler de leur sexualité que de tout ce qui concerne leur vie d’homme appelé à vivre leur célibat d’une façon la plus épanouissante possible et la plus féconde possible

Au fil du texte – et pour s’en convaincre il n’est qu’à ce reporter à la table des matières – il insiste sur le fait que ces consacrés n’en demeurent pas moins des hommes avec un corps qu’il faut apprendre à aimer et à en prendre soin afin de na pas tomber dans des pièges qui peuvent les précipiter vers des chutes désastreuses : tentation du « tout ou rien » qui provoque le découragement, négation ou mépris du corps, activisme pastoral menant au burn-aout, s’en tenir à une norme formelle, rigueur dans une attitude raide par peur de soi ou des autres, fuite dans une spiritualité éthérée. L’auteur pointe avec acuité toutes ces attitudes qui sont autant d’erreurs et de pièges à éviter ; le prêtre et le religieux restent des hommes dans leur psychologie comme dans leur corps : ce sont des êtres sexués avec des désirs et des tentations non à refoulés mais à assumer afin que ce don d’eux-mêmes soient tournés par amour vers les autres et vers Dieu.

L’auteur consacre toute une partie de son livre à une réalité que l’on ne saurait négliger : la prise de conscience du « manque ». En effet « la forme de vie que nous avons choisie […] est inlassablement confrontée à la solitude et au manque de ce qui constitue pourtant une dimension importante de la vie humaine : l’amour dans sa dimension sexuelle… Réduit à une privation absurde, le manque serait à court intenable à court terme » (page 185). C’est pourquoi l’auteur insiste sur le fait que la chasteté est au service de la charité : dans l’amour de Dieu, dans l’amour des autres, l’amour de soi également et que la chasteté est une vie vécue par anticipation en vue du Royaume.

Jean-Marie Guillemette pour conforter son propos cite à de nombreuses reprises les exemples donnés par saint Thomas d’Aquin, de certains Pères du désert ou de moines dont les propos sont pleins de bons sens : prendre du plaisir, avoir des relations amicales avec d’autres que le milieu ecclésial, savoir prendre du repos, savoir se détendre, une vie de prière. Les exemples et les conseils égrainés tout au long de cet ouvrage peuvent être une aide précieuse afin que ces vies données à Dieu et aux autres soient une « vie en abondance »

 

« La chasteté est une vertu » conclut le dominicain : « Vivre la chasteté dans la forme spécifique qu’elle prend dans la vie religieuse ou le sacerdoce, c’et accueillir la vie que Dieu nous donne, la vie en abondance ».

 

Au final c’est un ouvrage qui est à recommander non seulement aux prêtres, aux religieux, mais également aux séminaristes et à tous ceux qui désirent aller au-delà d’un discours convenu sur le sens du célibat et sur la valeur et la beauté même de la chasteté comme vertu et en comprendre tout le sens.

 

 

TABLE DES MATIERES

 

LE CONTEXTE D’UN ENGAGEMENT DEROUTANE

Entre « trop bien » et « trop nul », le réel

Le culte de la performance, jusqu’aux illusions de toute-puissance

Maîtriser sa vie, dans tous les domaines

 

Les mirages de l’immédiateté

Internet, le monde à portée de main

La pornographie accessible à tous

La vie spirituelle et ses effets

 

Recherches de présence dans un monde éclaté

La conscience peut-elle être pleine ?

La communication ou la parole ?

Etre en lien ou rester présent

Un contexte pour la chasteté

 

CHASTETE ET SEXUALITE

 

Un angle mort dans le propos sur la suite du Christ

Avons-nous banni le trouble de nos vies ?

Que faire avec son désir ?

Imaginaire et intelligence à l’œuvre dans la chasteté

 

Dans une vie chaste, où est le corps ?

Le déni du corps ?

Sortir de l’amalgame entre corporel et sexuel

En dehors du plaisir sexuel, quelle place pour le plaisir ?

 

Dans une vie chaste, où s’exprime la sexualité ?

Le déni du sexe

Le déni de la différence sexuelle

Une forme spécifique de chasteté pour les personnes homosexuelles ?

 

Peut-on encore parler de maîtrise de soi ?

Tous les renoncements semblent acceptables, sauf un

Connaissance de soi

Peut-on se donner vraiment sans exercer une certaine maîtrise de son désir ?

La place de la continence dans la vertu de chasteté

Où se situe le volontaire ?

 

CHASTETE ET TEMPERANCE UN CHEMIN D’UNIFICATION

 

La vertu de tempérance

Qu’est-ce que la tempérance ?

Le pire ennemi de la tempérance : l’insensibilité

L’amour de la beauté et la pudeur disposent à la tempérance

La chasteté passe-t-elle par l’abstention de tout contact corporel ?

 

La tempérance n’est pas la mort des passions

La chasteté est-elle contre nature ?

Vivre la tempérance n’est pas vivre à moitié

Le combat de la chasteté

 

Et si on parlait de Dieu ?

L’amour trinitaire principe et modèle

Suivre le Christ chaste

Dieu en qui la virginité retrouve un nouveau sens

Un don de Dieu

 

UN CHOIX MARQUE PAR LE MANQUE

 

L’engagement à la chasteté comme réponse à un don de Dieu

Vivre dans la chasteté : une décision accompagnée par la grâce

C’est au nom d’une relation qu’un tel renoncement est vécu

Le Christ, un choix prioritaire, exclusif, absolu ?

Le choix comporte un manque, il n’et pas le choix du manque

 

Comme toute vie humaine, notre vie est marquée par le manque

La finitude, la condition corporelle

Bienheureuses défaillances qui nous rappellent le réel

Le célibat : scandale ou condition commune

Marqués par un manque, et pourtant toujours des hommes

Marqués par le manque et pourtant disponibles

 

LE MANQUE SUSCITE UNE ELABORATION DE SENS

La solitude du désir

Au-delà de la conformité à la norme

Au-delà de la signification

Penser le manque à la lumière de la virginité

 

EVITER LE MANQUE, UNE TENTATION

Le comblement du manque

Par le travail, jusqu’au burn-aout

Par les responsabilités, les charges, mêmes minimes

Par la séduction

Par la vie spirituelle

Par la radicalité

 

La fuite du manque

En confondant chasteté et toute-puissance

En confondant impuissance et chasteté

En fuyant la complexité des relations humaines

 

 

LA CHASTETE AU SERVICE DE LA CHARITE

 

Amour de Dieu

Se donner à Dieu, une expérience amoureuse ?

La prière, un défi pour la chasteté

La liturgi, une expérience de chasteté

 

Amour des autres

La chasteté dans les relations humaines

La vie apostolique

La vie de communauté

L’amitié

La chasteté dans la parole

 

Amour de soi

Nul ne peut vivre sans plaisir

Aimer son propre corps

Aimer son corps d’homme

 

LE TEMPS DE LA CHASTETE

Une intégration progressive, qui prend du temps

Du bon usage des rechutes

Une contre-façon du temps de Dieu

La procrastination

La patience, sœur de la chasteté

 

La chasteté, anticipation du Royaume à venir

 

©Claude Tricoire

 

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Quatrième de couverture

Impossible de vivre sans sexe ? Un mirage, la chasteté ? Et, d’ailleurs, comment font-ils ces hommes qui se disent de Dieu ? Sans tabou et sans concession, un vrai guide.

La chasteté, comprise comme l’abstinence sexuelle volontaire pour des raisons religieuses, a toujours suscité beaucoup de suspicion. Les récents scandales qui frappent l’Église semblent donner raison à ceux qui y voient un mirage ou une imposture. Mais est-ce si vrai ? Ne serait-ce pas plutôt qu’il faut comprendre cette même chasteté dans un élan de vie consacré où la sexualité n’est pas amputée, refoulée, mais transcendée. Mais alors comment ? À quel prix ? Et par quels moyens ? L’enjeu spirituel de la chasteté est-il de l’ordre de la conformité à un modèle ou de l’humilité ?

Mobilisant l’histoire, la théologie, la biologie, la psychologie, c’est en religieux mais aussi en scientifique que Jean-Marie Gueullette livre ici une réflexion concrète où la frustration s’efface devant la transfiguration. Il ne s’agit pas de tuer le désir, mais de le vivre autrement.

Un traité libérateur.

 

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Comment la chasteté peut être une manière d’aimer

À la fois théologien et médecin, le dominicain Jean-Marie Gueullette explore avec simplicité et franchise les défis posés aux prêtres et religieux par la chasteté, « comprise comme l’abstinence sexuelle volontaire ».

Pourquoi la chasteté, lorsqu’elle est vécue dans le célibat, n’est-elle plus comprise comme un signe particulier de l’amour de Dieu ? Est-ce la conséquence d’une évolution de la société et de ses mœurs, d’un défaut d’explication par l’Église ? Ou encore de la manière dont elle est parfois vécue par les intéressés ?

C’est en dominicain, théologien et médecin à la fois, que Jean-Marie Gueullette s’affronte au beau est vaste sujet de la chasteté des prêtres et des religieux, « comprise comme l’abstinence sexuelle volontaire ». Sa parole, précise-t-il d’emblée, loin de se réduire au seul contexte des révélations d’agressions sexuelles commises par des clercs, s’adresse en priorité « à des hommes, prêtres ou religieux », car « la manière de vivre ces questions est profondément différente entre hommes et femmes ». Mais d’autres qu’eux pourront lire ses réflexions avec profit, tant les prises de paroles sur le sujet sont à la fois rares… et nécessaires. « La période douloureuse que traverse l’Église sur ces sujets a le mérite de faire prendre conscience de la pauvreté de son propos éducatif et théologique sur la chasteté », note-t-il au passage.

Soucieux de ne pas copier ces écrits « qui énoncent des principes respectables, voire de profondes pensées spirituelles, mais qui laissent leurs lecteurs sur leur faim car ils n’ont pas répondu à leur principale question – quotidienne parfois : dans cette vie que j’ai choisie, que faire avec mon désir, que faire avec mes émotions ? », Jean-Marie Gueullette n’esquive pas ni le combat et ni la souffrance. Il aborde les questions délicates comme cette « tendance vers un déni du corps » lorsque celui-ci n’est plus « investi dans le registre du travail manuel ou de la performance sportive », la recherche d’un « plaisir solitaire », ou plus récemment, ces règlements adoptés par des institutions religieuses en forme de « listes de gestes interdits » et qui confondent « corporel et sexuel ».

L’auteur met aussi en garde contre une forme de chasteté qui « fermerait le cœur et nourrirait l’orgueil », consisterait « à élever une muraille autour de soi » au point d’être « incapable de se confier ou de se montrer vulnérable », ou encore comprise comme « un empire absolu exercé par l’esprit sur la chair ». Ses interrogations se font parfois provocantes : « Est-ce qu’on honore Dieu en ayant honte de la créature qu’on est ? (…) Comment se fait-il que les chrétiens aient de telles difficultés avec leur corps, alors qu’ils sont censés contempler inlassablement le mystère de leur création à l’image de Dieu  ? »

Mais si le chemin est parsemé de tant d’embûches, pourquoi exiger un tel renoncement de ceux qui choisissent la vie religieuse ou le ministère presbytéral  ? Parce que la chasteté, qui est une vertu et non un interdit, peut être « la source d’une manière de vivre et d’aimer » qui convient à certains, affirme ce disciple de Thomas d’Aquin, amusé de voir la surprise de ses interlocuteurs lorsqu’il leur répond qu’ils « n’ont aucune idée de ce dont ils sont privés »  ! « Ce n’est qu’une fois qu’elle est goûtée comme simplicité de vie, pureté et liberté du cœur, capacité à entrer en relation autrement que par la séduction que la chasteté peut devenir aimable et ne pas être vécue exclusivement comme une privation », témoigne-t-il.

« Oui, le célibat consacré est une croix »

Vingt ans après le frère Timothy Radcliffe, ancien maître de son ordre, Jean-Marie Gueullette prend à son tour son bâton de pèlerin pour rappeler que « le premier péché contre la chasteté, c’est le manque d’amour » (1). Pour construire leur équilibre personnel, prêtres et religieux doivent reconnaître que le choix d’une vie consacrée au Christ comporte un manque « que rien ni personne ne viendra combler ». Mais ce manque n’a de sens qu’orienté vers « un bien », qui n’est pas seulement la disponibilité à Dieu ou à l’Église : « Si nous avons fait le choix de vouer toute notre existence à son service, ce ne peut être que parce que nous voyons dans cette forme de vie une manière d’accueillir la vie, la vie qu’il nous offre en abondance. »

Cf. Je vous appelle amis, Entretiens avec G. Goubert. (Cerf, 2000).

La Croix du 27 mai 2019.

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La vie en abondance : un livre de Jean-Marie Gueullette sur la chasteté des prêtres et des religieux

Comment la chasteté peut être une manière d’aimer

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À la fois théologien et médecin, le dominicain Jean-Marie Gueullette explore avec simplicité et franchise les défis posés aux prêtres et religieux par la chasteté, « comprise comme l’abstinence sexuelle volontaire ».

 La vie en abondance. la vertu de chasteté pour les prêtres et les religieux,

 Jean-Marie Gueullette,

Paris, Le Cerf, 2019. 290 pages

Pourquoi la chasteté, lorsqu’elle est vécue dans le célibat, n’est-elle plus comprise comme un signe particulier de l’amour de Dieu ? Est-ce la conséquence d’une évolution de la société et de ses mœurs, d’un défaut d’explication par l’Église ? Ou encore de la manière dont elle est parfois vécue par les intéressés ?

C’est en dominicain, théologien et médecin à la fois, que Jean-Marie Gueullette s’affronte au beau est vaste sujet de la chasteté des prêtres et des religieux, « comprise comme l’abstinence sexuelle volontaire ». Sa parole, précise-t-il d’emblée, loin de se réduire au seul contexte des révélations d’agressions sexuelles commises par des clercs, s’adresse en priorité « à des hommes, prêtres ou religieux », car « la manière de vivre ces questions est profondément différente entre hommes et femmes ». Mais d’autres qu’eux pourront lire ses réflexions avec profit, tant les prises de paroles sur le sujet sont à la fois rares… et nécessaires.

« La période douloureuse que traverse l’Église sur ces sujets a le mérite de faire prendre conscience de la pauvreté de son propos éducatif et théologique sur la chasteté », note-t-il au passage.

Stéphane Joulain: la formation des prêtres doit aider « à faire la vérité sur eux-mêmes et leur sexualité »

Soucieux de ne pas copier ces écrits « qui énoncent des principes respectables, voire de profondes pensées spirituelles, mais qui laissent leurs lecteurs sur leur faim car ils n’ont pas répondu à leur principale question – quotidienne parfois : dans cette vie que j’ai choisie, que faire avec mon désir, que faire avec mes émotions ? », Jean-Marie Gueullette n’esquive pas ni le combat et ni la souffrance. Il aborde les questions délicates comme cette « tendance vers un déni du corps » lorsque celui-ci n’est plus « investi dans le registre du travail manuel ou de la performance sportive », la recherche d’un « plaisir solitaire », ou plus récemment, ces règlements adoptés par des institutions religieuses en forme de « listes de gestes interdits » et qui confondent « corporel et sexuel ».

L’auteur met aussi en garde contre une forme de chasteté qui « fermerait le cœur et nourrirait l’orgueil », consisterait « à élever une muraille autour de soi » au point d’être « incapable de se confier ou de se montrer vulnérable », ou encore comprise comme « un empire absolu exercé par l’esprit sur la chair ». Ses interrogations se font parfois provocantes : « Est-ce qu’on honore Dieu en ayant honte de la créature qu’on est ? (…) Comment se fait-il que les chrétiens aient de telles difficultés avec leur corps, alors qu’ils sont censés contempler inlassablement le mystère de leur création à l’image de Dieu ? »

Mais si le chemin est parsemé de tant d’embûches, pourquoi exiger un tel renoncement de ceux qui choisissent la vie religieuse ou le ministère presbytéral ? Parce que la chasteté, qui est une vertu et non un interdit, peut être « la source d’une manière de vivre et d’aimer » qui convient à certains, affirme ce disciple de Thomas d’Aquin, amusé de voir la surprise de ses interlocuteurs lorsqu’il leur répond qu’ils « n’ont aucune idée de ce dont ils sont privés » ! « Ce n’est qu’une fois qu’elle est goûtée comme simplicité de vie, pureté et liberté du cœur, capacité à entrer en relation autrement que par la séduction que la chasteté peut devenir aimable et ne pas être vécue exclusivement comme une privation », témoigne-t-il.

« Oui, le célibat consacré est une croix »

Vingt ans après le fr. Timothy Radcliffe, ancien maître de son ordre, Jean-Marie Gueullette prend à son tour son bâton de pèlerin pour rappeler que « le premier péché contre la chasteté, c’est le manque d’amour » (1). Pour construire leur équilibre personnel, prêtres et religieux doivent reconnaître que le choix d’une vie consacrée au Christ comporte un manque « que rien ni personne ne viendra combler ». Mais ce manque n’a de sens qu’orienté vers « un bien », qui n’est pas seulement la disponibilité à Dieu ou à l’Église : « Si nous avons fait le choix de vouer toute notre existence à son service, ce ne peut être que parce que nous voyons dans cette forme de vie une manière d’accueillir la vie, la vie qu’il nous offre en abondance. »

 

  • Je vous appelle amis, Entretiens avec G. Goubert. (Cerf, 2000

 

 

https://livre-religion.blogs.la-croix.com/spiritualite-comment-la-chastete-peut-etre-une-maniere-daimer/2019/05/27

).

PRETRE, PRETRES, PRIERE, PRIERES, PRIERES POUR LES PRETRES, THERESE DE L'ENFANT-JESUS (sainte ; 1873-1897)

Prières pour les prêtres de sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus

 « Prière pour les Prêtres » de Sainte Thérèse de Lisieux

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Voici plusieurs « Prières pour la Sanctification des Prêtres » de Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus (1873-1897) qui disait : « Je suis entrée au Carmel pour sauver les âmes et surtout afin de prier pour les Prêtres » et un résumé de la « Vie de Sainte Thérèse de Lisieux ».

La Prière « Ô Jésus, Eternel souverain Prêtre :

« Ô Jésus, Eternel souverain Prêtre, gardez vos prêtres sous la protection de votre Sacré-Cœur, où personne ne peut leur faire de mal. Gardez sans tache leurs mains consacrées, qui touchent chaque jour votre Corps sacré. Gardez pures leurs lèvres, qui sont empourprées de votre Précieux Sang. Gardez pur et détaché leur cœur, qui est marqué du sceau sublime de votre glorieux Sacerdoce. Faites-les grandir dans l’amour et la fidélité envers Vous ; protégez-les de la contamination de l’esprit du monde. Donnez-leur avec le pouvoir de changer le pain et le vin, le pouvoir de changer les cœurs. Bénissez leurs travaux par des fruits abondants, donnez-leur un jour la couronne de la Vie éternelle. Ainsi soit-il. »

La Prière à « Notre-Dame du Sacerdoce » de Sainte Thérèse :

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« Vierge Marie, Mère du Christ-Prêtre, Mère des prêtres du monde entier, Vous aimez tout particulièrement les prêtres, parce qu’ils sont les images vivantes de votre Fils Unique. Vous avez aidé Jésus par toute votre vie terrestre, et Vous l’aidez encore dans le Ciel. Nous Vous en supplions, priez pour les prêtres !  » Priez le Père des Cieux pour qu’il envoie des ouvriers à sa moisson « . Priez pour que nous ayons toujours des prêtres qui nous donnent les Sacrements, nous expliquent l’Evangile du Christ, et nous enseignent à devenir de vrais enfants de Dieu ! Vierge Marie, demandez Vous-même à Dieu le Père les prêtres dont nous avons tant besoin ; et puisque votre Cœur a tout pouvoir sur Lui, obtenez-nous, ô Marie, des prêtres qui soient des Saints ! Amen. »

La vie de Sainte Thérèse de Lisieux : 

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Thérèse Martin naquit à Alençon, en France, le 2 janvier 1873. Elle fut baptisée deux jours plus tard en l’église Notre-Dame, recevant les noms de Marie Françoise Thérèse. Ses parents étaient Louis Martin et Zélie Guérin. Après la mort de sa mère, le 28 août 1877, Thérèse s’installa avec toute sa famille à Lisieux. 

Vers la fin de 1879 (presque 7ans), elle s’approche pour la première fois du sacrement de la Pénitence. Le jour de la Pentecôte 1883, elle reçoit la grâce insigne de la guérison d’une grave maladie, par l’intercession de Notre-Dame des Victoires. Formée par les Bénédictines de Lisieux, elle fait sa première communion le 8 mai 1884 (11 ans), après une préparation intense, couronnée par une expérience très vive de la grâce de l’union intime avec le Christ. Quelques semaines après, le 14 juin de la même année, elle reçoit le sacrement de la confirmation, accueillant en toute conscience le don de l’Esprit Saint dans une participation personnelle à la grâce de la Pentecôte. 

Elle avait le désir d’entrer dans la vie contemplative, comme ses sœurs Pauline et Marie, au Carmel de Lisieux, mais son jeune âge l’en empêchait. Pendant un voyage en Italie, après avoir visité la Maison de Lorette et la Ville éternelle, au cours de l’audience accordée par le Pape aux pèlerins du diocèse de Lisieux le 20 novembre 1887, elle demanda à Léon XIII avec une audace filiale de pouvoir entrer au Carmel à l’âge de quinze ans. 

Le 9 avril 1888 (15 ans), elle entra au Carmel de Lisieux. Elle prit l’habit le 10 janvier de l’année suivante et fit sa profession religieuse le 8 septembre 1890, en la fête de la Nativité de la Vierge Marie. 

Au Carmel, elle s’engage sur le chemin de perfection tracé par la Mère fondatrice, Thérèse de Jésus, avec une ferveur et une fidélité authentiques, par l’accomplissement des divers services communautaires qui lui sont confiés. Éclairée par la Parole de Dieu, éprouvée très vivement par la maladie de son père bien-aimé, Louis Martin, qui meurt le 29 juillet 1894, elle avance vers la sainteté, inspirée par la lecture de l’Évangile, plaçant au centre de tout l’amour. Dans ses manuscrits autobiographiques, Thérèse nous a laissé non seulement les souvenirs de son enfance et de son adolescence, mais aussi le portrait de son âme, la description de ses expériences les plus intimes. Elle découvre et communique aux novices qui lui sont confiées la petite voie de l’enfance spirituelle; elle reçoit comme un don spécial la charge d’accompagner par le sacrifice et la prière deux « frères missionnaires ». Elle pénètre toujours plus le mystère de l’Église et sent croître en elle sa vocation apostolique et missionnaire, pour attirer tout le monde à sa suite, saisie par l’amour du Christ, son unique Époux. 

Le 9 juin 1895, en la fête de la Très Sainte Trinité, elle s’offre en victime d’holocauste à l’Amour miséricordieux de Dieu. Elle rédige alors le premier manuscrit autobiographique qu’elle remet à Mère Agnès le jour de sa fête, le 21 janvier 1896. 

Quelques mois après, le 3 avril, dans la nuit entre le jeudi et le vendredi saints, elle souffre d’une hémoptysie, première manifestation de la maladie qui la conduira à sa mort et qu’elle accueille comme une mystérieuse visite de l’Époux divin. Elle entre alors dans une épreuve de la foi qui durera jusqu’à sa mort et dont elle donnera un témoignage bouleversant dans ses écrits. Au mois de septembre, elle achève le manuscrit B qui illustre de manière impressionnante la maturité dans la sainteté à laquelle elle est parvenue, en particulier par la découverte de sa vocation au cœur de l’Eglise. 

Alors que sa santé se dégrade et que le temps de l’épreuve se poursuit, elle commence au mois de juin le manuscrit C dédié à Mère Marie de Gonzague; de nouvelles grâces l’amènent à une plus haute perfection et elle découvre de nouvelles lumières pour la diffusion de son message dans l’Église au profit des âmes qui suivront sa voie. Le 8 juillet, elle est transférée à l’infirmerie. Ses sœurs et d’autres religieuses recueillent ses paroles, tandis que s’intensifient ses souffrances et ses épreuves, supportées avec patience, jusqu’à sa mort dans l’après-midi du 30 septembre 1897. « Je ne meurs pas, j’entre dans la vie » , avait-elle écrit à son frère spirituel missionnaire, l’Abbé M. Bellier. Ses dernières paroles, « Mon Dieu…, je vous aime ! » , scellent une existence qui s’éteint sur la terre à l’âge de vingt-quatre ans pour entrer, suivant son désir, dans une phase nouvelle de présence apostolique en faveur des âmes, dans la communion des saints, pour répandre une pluie de roses sur le monde. 

Elle fut canonisée par Pie XI le 17 mai 1925 et proclamée Patronne universelle des missions, en même temps que saint François Xavier, par le même Pape, le 14 décembre 1927. 

Sa doctrine et son exemple de sainteté ont été reçus par toutes les catégories de fidèles de ce siècle avec un grand enthousiasme, et aussi en dehors de l’Église catholique et du christianisme. 

De nombreuses Conférences épiscopales, à l’occasion du centenaire de sa mort, ont demandé au Pape qu’elle soit proclamée Docteur de l’Église, à cause de la solidité de sa sagesse spirituelle, inspirée par l’Évangile, à cause de l’originalité de ses intuitions théologiques où brille sa doctrine éminente, et à cause de l’universalité de la réception de son message spirituel, accueilli dans le monde entier et diffusé par la traduction de ses œuvres dans une cinquantaine de langues. 

Accueillant ces requêtes, le Saint-Père Jean-Paul II a voulu que soit étudiée l’opportunité de déclarer Thérèse de Lisieux Docteur de l’Église universelle par la Congrégation pour les Causes des Saints, compétente en la matière, avec l’avis de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi en ce qui concerne sa doctrine éminente. Le 24 août, au terme de la célébration eucharistique de la XII Journée mondiale de la Jeunesse à Paris, en présence de centaines d’Évêques et devant une immense foule de jeunes du monde entier, Jean-Paul II a annoncé son intention de proclamer Thérèse de l’Enfant-Jésus et de la Sainte-Face Docteur de l’Église universelle le 19 octobre 1997, le dimanche où l’on célèbre la Journée mondiale des Missions.

11 NOVEMBRE, EGLISE CATHOLIQUE, GUERRE MONDIALE 1914-1918, PRETRES, RELIGIEUX, RELIGION, RELIGIONS

Prêtres et religieux dans la Grande Guerre 14-18

Prêtres et religieux, héros de 14-18

 

World War I: New Zealand troops taking Holy Communion administered by an Army chaplain in the open air

Le 11 novembre, jour de commémoration de l’armistice de 1918, hommage est rendu aux morts de la Grande Guerre. Parmi eux, de nombreux prêtres, religieux et religieuses. Un colloque organisé le 15 novembre à Paris à l’initiative du diocèse aux armées prolongera cet hommage.

 

Lorsque la guerre est déclarée début août 1914, l’Église de France manifeste son patriotisme en dépit d’un anticléricalisme encore très présent. Elle encourage les prêtres et les religieux en âge d’être engagés à répondre à l’appel à la mobilisation. Ce qu’ils font comme un seul homme : selon l’historien Xavier Boniface, ils sont au total près de 32 000, auxquels il convient d’ajouter plus de 12 000 religieuses.

L’apport du clergé catholique à l’effort de guerre français a donc été important. Comme la législation le prévoyait, le gros des effectifs comprenait des aumôniers et des combattants. Il y a eu, durant toute la guerre, pas loin de 1 000 aumôniers officiels (400 titulaires, 600 volontaires) et 31 000 combattants qui étaient prêtres (19 000), séminaristes (4 000), religieux ou novices (8 000) et pouvaient aussi avoir un rôle d’aumônier officieux.

Une réponse à la demande d’ « union sacrée »

Des chiffres étonnants pour un pays marqué par plusieurs années d’anticléricalisme, et par la législation de séparation des Églises et de l’État qui, de 1901 à 1905, s’était traduite notamment par l’expulsion des congrégations vers l’étranger. La contribution des prêtres et religieux se faisait au nom du patriotisme et, l’Allemagne ayant déclaré la guerre à la France, de la guerre juste. Elle venait répondre aussi à la demande d’« union sacrée » formulée dès le début du conflit par le président de la République, Raymond Poincaré.

Le clergé séculier s’est massivement mobilisé. Loin alors étaient les protestations indignées des évêques lorsqu’en 1889, la loi « curés sac au dos » avait supprimé l’exemption du service militaire pour les séminaristes ; ceux-ci, après l’avoir effectué, étaient mobilisables en cas de guerre, comme infirmiers ou brancardiers. Entre-temps, par une loi votée en 1905, la République avait mis tous les citoyens mâles à égalité devant l’obligation militaire en cas de conflit en étendant la mobilisation comme combattants aux hommes de religion, qui étaient jusque-là exclusivement destinés au service de santé.

Le sens du sacrifice

Les religieux des congrégations, qui avaient toujours été soumis à l’obligation militaire, se trouvaient pour leur part expulsés du territoire national depuis quelques années : ils rentrèrent en France dès le début du conflit pour s’enrôler.

Le sens du sacrifice dont les uns et les autres ont fait preuve (environ 5 000 tués au total, soit une proportion de 16 %) les a légitimés auprès de la troupe et a finalement favorisé la réconciliation ultérieure entre l’Église et l’État. Même si cette évolution n’a pas toujours été évidente. Ainsi, début 1916, à l’initiative du quotidien La Dépêche de Toulouse, une « infâme rumeur » a fait passer les prêtres mobilisés pour des « embusqués » dans les services de santé à l’arrière. Pour rétablir la vérité, La Croix a alors décidé de publier une rubrique des serviteurs de Dieu tués au front (1). Celle-ci a ensuite servi de base, après le conflit, à la publication par la Bonne Presse du Livre d’or du clergé et des congrégations, avec une préface de l’académicien Henry Bordeaux titrée « Le sang des prêtres ».

 

14 000 ont été cités et décorés

Avant 1914, les autorités avaient envisagé que, par temps de guerre, les soldats puissent avoir besoin d’un soutien spirituel : elles avaient prévu à cet effet environ 200 postes d’aumôniers dits « titulaires ». Mais l’ampleur de la mobilisation, l’installation dans la durée d’une guerre aux horreurs inattendues et la demande de spiritualité au sein de la troupe les obligèrent à augmenter le nombre de titulaires et à faire appel à des bénévoles (les aumôniers « volontaires »), qui ont fini par recevoir une indemnité journalière.

À l’initiative de Mgr Luc Ravel, évêque aux armées, un colloque sera organisé à Paris samedi 15 novembre, pour rendre hommage au courage de ces hommes. Plus de 14 000 ont été cités et décorés pendant la guerre. L’hommage concernera aussi les quelques dizaines de pasteurs et rabbins mobilisés. Durant le conflit, aucun imam n’était recensé dans les troupes musulmanes.

 

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L’Église se souvient 

Un temps de prière pour les morts de 14-18 et pour la paix est proposé pour le mardi 11 novembre dans toutes les paroisses du pays par le diocèse aux armées avec l’accord des évêques de France.

La chaîne de télévision KTO programme deux documentaires de 52 minutes : l’un sur « les aumôniers héroïques dans l’enfer de la guerre » d’Armand Isnard (lundi 10 novembre 20 h 40), l’autre sur « les religieuses de la Grande Guerre » d’Alexandre Dolgorouky (mercredi 12 novembre 20 h 40).

L’association Droits du religieux ancien combattant (DRAC) annonce trois événements pour le samedi 15 novembre : tenue d’un colloque intitulé « Prêtres et religieux dans la Grande Guerre » sous la présidence de Mgr Luc Ravel, évêque aux armées, de 10 heures à 18 heures au couvent des Franciscains, 7 rue Marie-Rose 75014 Paris ; publication d’un livre La Grande Guerre des hommes de Dieu (192 p., 20 €) ; lancement d’une exposition itinérante sur le même thème. Inscriptions, commandes ou réservations auprès de l’association Drac.

La Conférence des évêques de France vient d’éditer une brochure sur la « Mémoire chrétienne de la Grande Guerre » (Documents-Épiscopat numéro 3, 2014, 34 p., 5 €.)

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Auteur : Mgr Luc Ravel

La mémoire est une dimension de notre foi chrétienne et commémorer permet à l’Église d’évangéliser le temps en proposant une vision de l’histoire. Faire mémoire ensemble aujourd’hui de la Grande Guerre et proposer des initiatives durant le cycle des commémorations est le défi que l’Église entend relever.

 

  • Cette riposte est racontée dans Biographie d’un journal, d’Yves Pitette (Perrin, 336 p., 23 €).

 

https://www.la-croix.com/Actualite/France/Pretres-et-religieux-heros-de-14-18-2014-11-07-1233737

EGLISE CATHOLIQUE, LETTRE A UN PRETRE DESESPERE, PRETRE, PRETRES, SACERDOCE

Lettre à un prêtre désespéré

 Lettre à un prêtre désespéré

 

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Mon très cher Père,

Permets que je te tutoie pour cette lettre un peu particulière. Il y a quelques jours, un de tes confrères, puis un autre, ont tristement poussé la désespérance à son paroxysme. Jusqu’à l’interdit. La tristesse de ces nouvelles a été doublée pour moi d’une soudaine prise de conscience : les prêtres, toi, qui êtes a priori des repères solides dans ma foi, des conseillers dans ma vie, des soutiens dans mes difficultés, vivez des détresses parfois insupportables.

Il m’est venu à l’esprit que ta position de pasteur, de dispensateur des sacrements, de ministre de l’Eucharistie, d’enseignant et toutes les projections que les laïcs font sur toi devaient constituer un sacré frein à la possibilité de t’ouvrir sur tes propres difficultés. Alors, bien sûr, tu as ton évêque, ton directeur spirituel, si tu en as un, mais si précisément tes difficultés portent sur ces relations, qui te reste-t-il alors ?

« Le Bon Dieu évidemment ! » diront les premiers de la classe, ceux qui n’ont pas eu la chance de goûter aux tactiques de l’adversaire, ce salaud qui ajoute bien souvent aux doutes terrestres des doutes célestes.

Alors je me suis dit « il te reste moi ». C’est bien l’objet de cette lettre. Je veux ici te dire plusieurs choses :

Tout d’abord je ne pense pas que tu es un surhomme incapable de désespérance. Tu as le droit d’en baver. Je ne serais pas surpris ni étonné d’entendre, si tu as besoin que cela soit entendu, que ta paroisse est lourde à porter; que tu luttes avec les comptes, les quêtes, les quelques paroissiens toxiques qui te pompent, ceux qui bloquent toute initiative, les zizanistes en tout genre, les calomniateurs qui distillent à tous vents le doute sur tes compétences ou ta probité; qu’être confronté tous les deux jours à des cercueils c’est dur ; que c’est dur aussi de voir que tu enterres plus que tu ne baptises; que la solitude te pèse, que parfois tu bois pour tenir le coup ou pour oublier; que ton engagement au célibat est vacillant; que dans la rue les regards de biais sur ton col romain, parce que des malades pédophiles avaient le malheur d’en porter un aussi, te blessent; que tes supérieurs ne te comprennent pas et que pourtant ils prennent à ton égard des décisions peut-être uniquement sur la base des innombrables lettres d’avertissement qu’ils reçoivent chaque année à ton sujet de la part de paroissiens scrupuleux; que tu es (très) fatigué et que vu le recul du nombre de prêtres tu n’es pas près de te reposer, que ça t’inquiète parce que tu sens tes forces diminuer; que l’augmentation des non-pratiquants et les ingratitudes ou les silences des pratiquants te font douter de l’orientation que tu as donné à ta vie le jour de ton ordination; que tu ne trouves plus de sens à tout ça…

Tu vois, sois tranquille, je ne serai pas choqué : tout ça je le sais déjà.

 

Du coup, je voudrais ici te dire pardon d’avoir été parfois un de ces paroissiens ingrats, prompt à la critique de ton homélie ou de ta façon de célébrer et pas spontanément enclin à commencer par te bénir pour tout le reste, pardon de n’avoir jamais écrit à mon évêque pour lui dire tout le bien que je pensais de toi. Je me trouve même honteux et horrifié d’avoir pu être un caillou de plus jeté dans le jardin de ton espérance, aujourd’hui dévasté.

En réparation et en espérant ôter ainsi mes cailloux et permettre que ce jardin refleurisse, je veux te bénir. Parce que « merci » serait trop peu. Je veux te bénir pour le don de ta vie, pour toutes les fois où tu m’as entendu en confession et où j’ai pu même ressentir par tes mains la proximité de Dieu et sa miséricorde, pour toutes ces messes célébrées – j’ai remarqué d’ailleurs que tu n’es jamais malade (à moins que tu ne prennes sur toi pour venir quand même lorsque cela t’arrive ?) – je veux te bénir d’avoir baptisé mes enfants et donc de les avoir sauvés, je te bénis d’avoir célébré mon mariage, je te bénis d’être venu à l’enterrement de ce membre de ma famille alors que, normalement, ce sont des laïcs qui s’en chargent, je te bénis pour tous ces bouquins que tu m’as conseillés et qui ont été si lumineux, pour tes paroles bienveillantes ou même celles, plus toniques, mais qui étaient celles dont j’avais besoin pour repartir à ce moment-là, je te veux te bénir pour tout ce que tu déploies pour faire vivre ta (tes !) paroisse, je te bénis pour ton obéissance à l’Eglise, je te bénis et je t’admire pour toutes les fois où tu as tenu bon dans les tentations contre la chasteté, je te bénis pour tous ces soirs où tu as offert ton fort sentiment de solitude pour le salut de tes paroissiens et donc le mien.

Dieu donne le sens de ma vie et toi tu me tiens par la main sur le chemin vers Dieu. C’est un truc de dingue ce que tu fais. Ce que tu es.

Je te propose un truc maintenant que je t’ai dit tout ça : viens dîner à la maison, viens marcher un coup avec moi, avec nous. Oui, tes paroissiens sont parfois vachards mais la tristesse et la désespérance c’est notre rayon : on sait que ça passe. Et qu’une fois que c’est passé on se demande bien comment on s’était mis dans cet état.

Alors mon Père, viens comme un frère !

Ton magret plutôt rosé ou à point ?

 

La Mouche du Coche

Dans A la uneDiaporamaReligion le 30 octobre 2018

DIOCESE DE MARSEILLE (Bouches-du-Rhône), EGLISE CATHOLIQUE, JEAN-BAPTISTE FOUQE (1851-1926), PRETRES, SAINTETE

Béatification de l’Abbé Jean-Baptiste Fouque (1851-1926)

Béatification de l’abbé Fouque

Le service diocésain des pèlerinages d’Aix Arles vous invite à rejoindre la Cathédrale de La Major à Marseille, le dimanche 30 septembre 2018, pour fêter et célébrer la béatification de l’Abbé Fouque

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Dans un contexte difficile, pour la société et pour l’Église, ce «  téméraire de la charité » fut attentif à toutes les détresses et fonda des œuvres d’assistance dont certaines existent encore aujourd’hui.

Quelle est l’histoire de ce fondateur ?

Né à Marseille en 1851, à l’actuel boulevard de la Libération, dans une famille de portefaix, Jean-Baptiste Fouque est formé par le Père Timon-David à l’École du Sacré-Cœur. Il gardera pour cet éducateur hors pair « un culte d’affectueuse vénération, car s’il y eut dans ma vie sacerdotale un peu d’élan et quelque bien, après Dieu, c’est à lui que je le dois. » 
Jean-Baptiste décide de devenir prêtre, mais il lui faudra vaincre l’opposition de sa mère. Il sera ordonné par Mgr Place le 10 juin 1876. Le lendemain, il célèbre sa première messe dans la chapelle de l’Œuvre Timon-David, assisté par son « bien-aimé Père ».
Vicaire à Sainte-Marguerite pendant quinze mois, l’abbé Fouque s’occupe des enfants du patronage

En 1877, c’est le départ pour Auriol, où il restera huit ans. Confesseur, visiteur de malades, travailleur intrépide, formateur spirituel des jeunes qu’il oriente vers le culte de l’Eucharistie, éveilleur de vocations, ;il fonde un Cercle où l’on jouera musique et théâtre et  crée un ouvroir pour les plus pauvres.

En juillet 1885, il est nommé vicaire à La Major. Dans le quartier pauvre du Panier, il poursuit sa mission auprès du « petit peuple », en particulier des pêcheurs à propos desquels il dit parfois : « Je crois que je le tiens, qu’il est dans la nasse »… A cette époque, il met en place une première maison d’accueil pour jeunes filles, rue de la République.

Nouvelle affectation en 1888 : il devient vicaire à la paroisse de la Palud. Il y restera trente-huit ans ! Dans ce quartier du centre de Marseille, l’abbé Fouque attire une foule de pénitents. Dans ses prédications, il invite ses auditeurs à ne pas se décourager face aux difficultés : « Dieu qui nous a créés sans nous, qui veut nous sauver, ne fera rien sans nous. » Lui-même, face aux épreuves qui ne manqueront pas, trouvera sa force dans l’Eucharistie : tous ceux qui l’ont approché en ont été frappés.
Le couloir de l’église de la Sainte-Trinité, où l’attendaient sur un banc ceux qui venaient solliciter une aide ou un conseil du vicaire, était surnommé « l’omnibus de la misère ».

Les religieuses étant bannies des hôpitaux publics, l’Abbé songe à fonder un hôpital catholique.Il va réussir son entreprise. l’hôpital Saint-Joseph est inauguré en 1921 Dans ce lieu où l’on assure soins médicaux et aide spirituelle, les malades pauvres sont reçus gratuitement, et le financement est assuré par les « fondateurs de lits ».

 L’abbé Fouque meurt le 5 décembre 1926 dans son cher Hôpital Saint Joseph, où son corps sera transporté le 29 avril 1993. Les marseillais, qui le considèrent comme leur Saint Vincent de Paul, saluent la bonté et le courage de cet homme qui mit toute son énergie et tout son temps au service des autres.

Quelles sont ses œuvres ?

Les œuvres créées par l’abbé Fouque sont nombreuses et diverses, mais sont toutes destinées à aider les plus vulnérables : orphelins, enfants handicapés, jeunes filles en danger moral, personnes âgées, malades …. Bon nombre d’entre elles perdurent encore aujourd’hui.

Dans le centre-ville, proches de l’église de la Sainte-Trinité, l’Abbé Fouque a créé des écoles (Perrin-Sainte-Trinité et le Cours Saint-Thomas d’Aquin), des foyers pour recevoir étudiantes et jeunes travailleuses de tous milieux (Les Amies du Foyer et La Résidence Marengo

En 1905, le foyer de La Protection de la Jeune Fille s’installe dans un ancien couvent au Prado. Le but de cette œuvre est de « préserver les jeunes filles appartenant au monde du travail des dangers auxquels les expose l’isolement et de leur fournir à des prix modiques les moyens de subsistance. » . L’Abbé y ajoute un orphelinat et une maison de retraite pour dames âgées

 Ses deux dernières œuvres furent inaugurées en 1921 : à Marseille, l’Hôpital Saint Joseph, géré alors par les Sœurs de la Présentation de Tours, présentes jusqu’en 1981 ; et à Montfavet (Vaucluse), le Château Saint Ange pour l’Enfance anormale, aujourd’hui L’Institut Saint Ange, membre de l’Association Fouque.
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Depuis 2007, une Union des Œuvres et Amis de l’abbé Fouque a été créée, sur l’initiative de divers responsables d’associations créées par l’abbé Jean-Baptiste Fouque. L’objectif de cette Union est de rassembler et multiplier les synergies entre les associations créées par Jean-Baptiste Fouque, faire connaître l’abbé Fouque et ses œuvres, faire perdurer et promouvoir l’esprit de charité de l’abbé Fouque, faciliter l’entraide et les échanges entre les membres de l’Union, œuvrer à la béatification et à la canonisation de l’abbé Jean-Baptiste Fouque.

 

Retrouvez l’inspiration du fondateur, :

Les sites suivants nous ont permis de réaliser le résumé ci-dessus. N’hésitez pas à aller directement à la source de leurs auteurs :

https://marseille.catholique.fr/L-abbe-Jean-Baptiste-Fouque-beatifie-le-30-septembre-2018

https:// marseille.catholique.fr/L-abbe-Jean-Baptiste-Fouque-le-temeraire-de-la-charité

www.fondation-saintjoseph.fr/2/42/les-oeuvres-de-l-abbe-fouque

https://fr.aleteia.org/…/marseille-se-met-en-marche-pour-la-beatification-de-l-abbe-fouque

https://marseille.catholique.fr/Revue-diocesaine

 

Source principale : Service des Pèlerinages du diocèse d’Aix et Arles

 

 

EGLISE CATHOLIQUE, FETE DES PRÊTRES, PAUL (saint ; Apôtre), PIERRE (saint ; apôtre), PRETRE, PRETRES, SAINT PIERRE ET SAINT PAUL

Quel jour pour fêter les prêtres ?

Quel jour peut-on fêter les prêtres ?

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Le jour de la Saint-Pierre et Saint-Paul, les deux piliers sur lesquels se fonde l’Église, est la date le plus souvent choisie pour les ordinations. Mais ne serait-ce pas aussi la fête des prêtres ? Notre éclairage…

 

La fête des prêtres le 29 juin  ?

Le 29 juin, fête de saint Pierre et saint Paul , est la date traditionnelle des ordinations sacerdotales, mais c’est aussi l’occasion de fêter les apôtres du Christ. Pierre et Paul étant considérés comme les deux piliers ou les « pierres vivantes » sur lesquels est construite l’Église, les évêchés célèbrent souvent ce jour-là les jubilés des ordinations de leurs prêtres diocésains (10, 25, 40, 50 ou 60 ans d’ordination) et choisissent cette date pour les principales nominations au sein du diocèse. C’est donc un jour particulier pour prier pour les prêtres, ce qui se fait généralement lors d’une messe d’actions de grâces à leur intention.

Cette année, la solennité des saints Pierre et Paul aura lieu le vendredi 29 juin 2018.

 

La fête des prêtres le Jeudi Saint ?

Mais alors, et le Jeud Saint ?  En effet, le jour de la Cène est fondamental dans la liturgie chrétienne, car il est le fondement de l’Eucharistie. En 1969, Paul VI fait du Jeudi-Saint une fête du sacerdoce où tous les prêtres sont invités à renouveler l’engagement qu’ils ont pris à leur ordination. Le Jeudi saint est ainsi considéré comme la fête des prêtres. Le pape Jean Paul II leur adressait chaque année à l’occasion du Jeudi saint une lettre. Et le pape François, lors de la première messe chrismale qu’il célébra, a demandé aux croyants dans l’homélie et lors du renouvellement des promesses sacerdotales, d’être proches  des prêtres « par l’affection et par la prière afin qu’ils soient toujours des pasteurs selon le cœur de Dieu ».

 

La fête des prêtres le 4 août ?

Lors de sa béatification en 1905, le curé d’Ars avait été déclaré le « patron des prêtres de France », puis canonisé en 1925 par Pie XI, ce dernier l’avait proclamé « patron de tous les curé de l’univers ». Aussi pour certains, le curé d’Ars étant le saint patron des prêtres, le 4 août, le jour de la saint Jean-Marie- Vianney, est aussi celle des prêtres…

Alors la fête des prêtres se fête-t-elle le Jeudi saint, le 29 juin ou le 4 août ? Pourquoi choisir, finalement ? On peut tout à fait fêter trois fois ceux qui se sont donnés pour accompagner et guider la communauté chrétienne !

 

Pourquoi les ordinations ont lieu en juin ?

 

Le 29 juin, fête de la Saint Pierre et saint Paul, est aussi le jour de la fête des prêtres, qui guident et accompagnent la communauté chrétiennes dans leurs pas.

Saint Pierre et saint Paul : on ne peut les séparer. Ils sont les deux piliers de l’Église et jamais la Tradition ne les a fêtés l’un sans l’autre. L’Église romaine, c’est l’Église de Pierre et de Paul, l’Église des témoins directs qui ont partagé la vie du Seigneur. Ils sont les « pierres vivantes » sur lesquelles est construite l’Église, et c’est pourquoi ils sont fêtés le 29 juin, et que cette date est choisie comme date traditionnelle pour les ordinations sacerdotales ou pour célébrer les jubilés d’ordination (10, 25, 40, 50 ou 60 ans d’ordination) des prêtres.

 

Pierre et Paul, deux destins vers les mêmes buts

Pierre était galiléen, pêcheur installé à Capharnaüm au bord du lac de Tibériade. Paul était un juif de la diaspora, de Tarse en Asie Mineure, mais pharisien et citoyen romain. Tous deux ont vu leur vie bouleversée par l’irruption d’un homme qui leur dit : « Suis-moi. Tu t’appelleras Pierre » ou « Saul, pourquoi me persécutes-tu ? ». L’un, Simon devenu Pierre, laisse ses filets et son foyer pour le suivre. L’autre, Saul, persécuteur des premiers chrétiens, foudroyé par la lumière du Christ sur le chemin de Damas, devient Paul et se met à la disposition des apôtres.  Pierre reçoit la charge de paître le troupeau de l’Église. Paul devient l’apôtre des païens. Pour le Maître, Pierre mourra crucifié et Paul décapité.

Deux destins pour une finalité commune, comme le souligne saint Augustin dans un sermon prononcé lors de la célébration de cette fête : « En un seul jour, nous fêtons la passion des deux apôtres, mais ces deux ne font qu’un. Pierre a précédé, Paul a suivi. Aimons donc leur foi, leur existence, leurs travaux, leurs souffrances ! Aimons les objets de leur confession et de leur prédication ! »

Un événement important pour la vie de l’Église locale

À l’occasion des ordinations sacerdotales du mois de juin, les initiatives de prière pour les vocations sont nombreuses. Événement important pour la vie de l’Église locale, la célébration d’une ordination presbytérale a lieu de préférence le dimanche et à la cathédrale, en présence du plus grand nombre. Par l’ordination, le nouveau prêtre reçoit le caractère sacerdotal « qui le configure au Christ Prêtre pour le rendre capable d’agir en la personne du Christ Tête » (Presbyterorum ordinis, n.2). Sur les 125 prêtres ordonnés cette année en France, 67 d’entre eux le seront comme prêtres diocésains sans appartenir à d’autres institutions et 20 comme prêtres religieux.

 

 

Le 29 juin c’est aussi…

Mais à savoir que le 29 juin est aussi le jour où les archevêques métropolitains nouvellement créés reçoivent symboliquement, à la basilique Saint-Pierre de Rome, le pallium, symbole du lien personnel qui les unit à l’évêque de Rome. Une fête qui a lieu en présence des évêques du monde entier qui fait revivre en un certain sens « l’évènement de la Pentecôte : aujourd’hui, comme alors, la foi de l’Église s’exprime dans toutes les langues et veut unir les peuples en une seule famille », soulignait le pape François, le 29 juin 2013, à sa première messe et imposition du pallium. Depuis 2015, le Pape n’impose plus lui-même mais bénit les palliums qui sont désormais remis en public aux archevêques métropolitains dans leur pays respectif. La messe à Saint-Pierre aura lieu en présence du collège cardinalice et des 14 nouveaux cardinaux « créés » la veille.

 

 

https://fr.aleteia.org/2017/06/04/date-de-la-fete-des-pretres/