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Prière à la Vierge Marie de Charles Péguy

« Et voici le plateau de notre pauvre amour » – Charles Péguy –

DSC00181-Modifier.jpgÉtoile du matin, inaccessible reine, 
Voici que nous marchons vers votre illustre cour,
Et voici le plateau de notre pauvre amour,
Et voici l’océan de notre immense peine.

Ainsi nous naviguons vers votre cathédrale.
De loin en loin surnage un chapelet de meules
Rondes comme des tours, opulentes et seules
Comme un rang de châteaux sur la barque amirale.

Deux mille ans de labeur ont fait de cette terre
Un réservoir sans fin pour les âges nouveaux.
Mille ans de votre grâce ont fait de ces travaux
Un reposoir sans fin pour l’âme solitaire.

Vous nous voyez marcher sur cette route droite,
Tout poudreux, tout crottés, la pluie entre les dents
Sur ce large éventail ouvert à tous les vents
La route nationale est notre porte étroite.

Nous allons devant nous, les mains le long des poches,
Sans aucun appareil, sans fatras, sans discours,
D’un pas toujours égal, sans hâte ni recours.
Des champs les plus présents vers les champs les plus proches...

Nous sommes nés pour vous au bord de ce plateau,
Dans le recourbement de notre blonde Loire,
Et ce fleuve de sable et ce fleuve de gloire
N’est là que pour baiser votre auguste manteau.

Un homme de chez nous, de la glèbe féconde
A fait jaillir ici d’un seul enlèvement,
Et d’une seule source et d’un seul portement,
Vers votre assomption la flèche unique au monde.

Tour de David, voici votre tour beauceronne.
C’est l’épi le plus dur qui soit jamais monté
Vers un ciel de clémence et de sérénité,
Et le plus beau fleuron dedans votre couronne.

Un homme de chez nous a fait ici jaillir,
Depuis le ras du sol jusqu’au pied de la croix,
Plus haut que tous les saints, plus haut que tous les rois,
La flèche irréprochable et qui ne peut faillir.

C’est la pierre sans tache et la pierre sans faute,
La plus haute oraison qu’on ait jamais portée,
La plus droite raison qu’on ait jamais jetée,
Et vers un ciel sans bord la ligne la plus haute.
 
 Charles PÉGUY

CHARLES PEGUY, PRIERE MARIALE DE CHARLES PEGUY, PRIERES, VIERGE MARIE

Prière mariale de Charles Péguy

 « Prière Mariale » de Charles Péguy

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La Prière Mariale de Charles Péguy « Il y a des jours où les patrons et les saints ne suffisent pas ! » 

« Il y a des jours où les patrons et les saints ne suffisent pas !

Alors il faut prendre son courage à deux mains et s’adresser directement à Celle qui est au-dessus de tout.

Être hardi, une fois, s’adresser hardiment à Celle qui est infiniment belle parce qu’aussi Elle est infiniment bonne.

À Celle qui intercède, la Seule qui puisse parler de l’autorité d’une mère. S’adresser hardiment à Celle qui est infiniment pure parce qu’aussi Elle est infiniment douce.

À Celle qui est infiniment riche parce qu’aussi Elle est infiniment pauvre.

À Celle qui est infiniment grande parce qu’aussi Elle est infiniment petite, infiniment humble.

À Celle qui est infiniment joyeuse parce qu’aussi Elle est infiniment douloureuse.

À Celle qui est Marie parce qu’Elle est pleine de grâce.

À Celle qui est pleine de grâce parce qu’Elle est avec nous.

À Celle qui est avec nous parce que le Seigneur est avec Elle.

Ainsi soit-il. » 

Charles Péguy (1873-1914)

Autre version de la Prière Mariale de Charles Péguy « Il y a des jours où les patrons et les saints ne suffisent pas ! » 

« Il y a des jours où les patrons et les saints ne suffisent pas.

Les plus grands patrons et les plus grands saints.

Les patrons ordinaires et les saints ordinaires.

Et où il faut monter, monter encore, monter toujours ; toujours plus haut, aller encore.

Alors il faut prendre son courage à deux mains.

Et s’adresser directement à celle qui est au-dessus de tout.

Être hardi.

Une fois.

S’adresser hardiment à celle qui est infiniment belle.

Parce qu’aussi elle est infiniment bonne.

A celle qui intercède.

La seule qui puisse parler avec l’autorité d’une mère.

S’adresser hardiment à celle qui est infiniment pure.

Parce qu’aussi elle est infiniment douce.

A celle qui est infiniment noble.

Parce qu’aussi elle est infiniment courtoise.

A celle qui est infiniment riche.

Parce qu’aussi elle est infiniment pauvre.

A celle qui est infiniment haute.

Parce qu’aussi elle est infiniment descendante.

A celle qui est infiniment grande.

Parce qu’aussi elle est infiniment petite.

Infiniment humble.

Une jeune mère.

A celle qui est infiniment jeune.

Parce qu’aussi elle est infiniment mère.

A celle qui est infiniment droite.

Parce qu’aussi elle est infiniment penchée.

A celle qui est infiniment joyeuse.

Parce qu’aussi elle est infiniment douloureuse.

A celle qui est toute Grandeur et toute Foi.

Parce qu’aussi elle est toute Charité.

A celle qui est toute Foi et toute Charité.

Parce qu’aussi elle est toute Espérance.

Amen. » 

Charles Péguy (1873-1914) – (Le Porche du mystère de la deuxième vertu)

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Voici la Prière Mariale « Il y a des jours où les patrons et les saints ne suffisent pas ! » de Charles Péguy (1873-1914), écrivain, poète et essayiste français catholique également connu sous les noms de plume de Pierre Deloire et Pierre Baudouin, mort sur le champ de bataille de l’Ourcq en disant : « Oh mon Dieu ! Mes enfants ! »