CONFINEMENT (temps de), CORONAVIRUS, JE RESTE A LA MAISON, SEIGNEUR !, MEDITATIONS, PRIERE, PRIERES

Je reste à la maison, Seigneur !

JE RESTE À LA MAISON, SEIGNEUR !

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Je reste à la maison, Seigneur ! Et aujourd’hui, je m’en rends compte, tu m’as appris cela, demeurant obéissant au Père, pendant trente ans dans la maison de Nazareth, en attente de ta grande mission.

Je reste à la maison, Seigneur, et dans l’atelier de Joseph, ton gardien est le mien, j’apprends à travailler, à obéir, pour arrondir les angles de ma vie et te préparer une œuvre d’art.

Je reste à la maison, Seigneur ! Et je sais que je ne suis pas seul parce que Marie, comme toute mère, est dans la pièce à côté, en train de faire des corvées et de préparer le déjeuner pour nous tous, la famille de Dieu.

Je reste à la maison, Seigneur ! Et je le fais de manière responsable pour mon propre bien, pour la santé de ma ville, de mes proches, et pour le bien de mon frère, que tu as mis à côté de moi, me demandant de m’en occuper dans le jardin de la vie. Je reste à la maison, Seigneur ! Et dans le silence de Nazareth, je m’engage à prier, à lire, étudier, méditer, être utile pour les petits travaux, afin de rendre notre maison plus belle et plus accueillante.

Je reste à la maison, Seigneur ! Et le matin, je te remercie pour le nouveau jour que tu me donnes, en essayant de ne pas la gâcher et l’accueillir avec émerveillement, comme un cadeau et une surprise de Pâques. Je reste à la maison, Seigneur ! Et à midi, je recevrai la salutation de l’ange, je me rendrai utile pour l’amour, en communion avec toi qui t’es fait chair pour habiter parmi nous ; et, fatigué par le voyage, assoiffé, je te rencontrerai au puits de Jacob, et assoiffé d’amour sur la Croix.

Je reste à la maison, Seigneur ! Et si le soir me prend la mélancolie, je t’invoquerai comme les disciples d’Emmaüs : « Reste avec nous, le soir est arrivé et le soleil se couche ».

Je reste à la maison, Seigneur ! Et dans la nuit, en communion de prière avec les nombreux malades, les personnes seules et tous les soignants, j’attendrai l’aurore pour chanter à nouveau ta miséricorde et dire à tout le monde que, dans les tempêtes, tu as été mon refuge.

Je reste à la maison, Seigneur ! Et je ne me sens pas seul et abandonné, parce que tu me l’as dit : « Je suis avec vous tous les jours ». Oui, et surtout en ces jours de confusion, ô Seigneur, dans lesquels, si ma présence n’est pas nécessaire, je vais atteindre chacun, uniquement avec les ailes de la prière.

Amen.

(mars 2020 – Prière d’un prêtre italien en quarantaine)

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N'AI-JE PAS SANGLOTE TON AGOISSE SUPRÊME ?, PAUL VERLAINE, POEME, POEMES, POETE FRANÇAIS, PRIERE, PRIERES

« N’ai-je pa sangloté ton angoisse suprême ? » de Paul Verlaine

« N’ai-je pas sangloté ton angoisse suprême ? » – Paul Verlaine

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Mon Dieu m’a dit …

 

Mon Dieu m’a dit : « Mon fils, il faut m’aimer. Tu vois
Mon flanc percé, mon cœur qui rayonne et qui saigne,
Et mes pieds offensés que Madeleine baigne
De larmes, et mes bras douloureux sous le poids

De tes péchés, et mes mains ! Et tu vois la croix,
Tu vois les clous, le fiel, l’éponge et tout t’enseigne
A n’aimer, en ce monde amer, où la chair règne,
Que ma Chair et mon Sang, ma parole et ma voix.

Ne t’ai-je pas aimé jusqu’à la mort, moi-même,
O mon frère en mon Père, ô mon fils en l’Esprit,
Et n’ai-je pas souffert, comme c’était écrit ?

N’ai-je pas sangloté ton angoisse suprême
Et n’ai-je pas sué la sueur de tes nuits,
Lamentable ami qui me cherches où je suis ?

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Sagesse de Paul Verlaine

CORONAVIRUS, GUERIR AVEC LES SAINTS, MALADIE, MALADIES, PRIERE, PRIERES, ROCH (saint ; 1350-1380), SEBASTIEN (saint ; 256-288)

Guérir avec les saints

 Guérir avec les Saints

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Saint Sébastien (256-288)

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Saint Sébastien (256-288)

Fêté le 20 Janvier

Lieux de culte en Normandie.

Saint Sébastien de Raids(Canton de Périers 50).

Mantilly (Canton de Passais la conception 61).

Nom.

D’origine grecque, signifie « Vénérable »

Iconographie.

Deux scènes dominent l’iconographie:

Sébastien est percé de flèches. et celle (moins courante) des soins apportés par Iréne. (Souvent représentés par Georges de La Tour « Saint Sébastien soigné par Iréne« )

Patronages.

Il est le patron des athlétes.

des archers.

des prisonniers.

des employés des pompes funébres.

des arquebusiers

des soldats.

Dictons.

A la Saint-Sébastien, l’hiver reprend ou se casse les dents.

 

Sa vie /Histoires/Légendes

Il est sans doute l’un des plus célèbres martyrs romains.

Un récit du V° siècle raconte sa vie et son martyr.

Sébastien, citoyen de Narbonne, élevé à Milan, est un soldat apprécié des empereurs Dioclétien et Maximien, qui lui confient le commandement de la première cohorte prétorienne, ignorant qu’il est chrétien. L’officier a en effet dissimulé sa foi afin de pouvoir mieux réconforter ceux qui sont promis au martyr. C’est ainsi qu’il exhorte à la fermeté les deux frères jumeaux Marcus et Marcellianus et, ce faisant, parvient à convertir aussi, par la parole et les miracles, tout leur entourage : les parents, le geôlier, sa femme, ses frères… En tout soixante-huit personnes recevront le baptême ! Le préfet Agrestius, voyant les miracles que provoquent ces conversions, finit par détruire les idoles qu’il adorait, pour se tourner vers le vrai Dieu… et obtenir la guérison ! C’est l’époque où Dioclétien et Maximien déclenchent une vaste persécution contre les chrétiens. Dioclétien accuse Sébastien d’avoir trahit sa confiance. Bien que Sébastien rappelle qu’il a toujours prié Dieu pour le salut de Rome, l’empereur ordonne de le percer de flèches, jusqu’à ce qu’il en soit criblé « comme un hérisson de ses piquants ». Après le supplice, Irène, une veuve pieuse, va prendre le corps pour l’ensevelir, mais constatant qu’il est encore vivant, le ramène chez elle pour le soigner. Guéri, Sébastien se place sur le chemin de l’empereur Dioclétien, afin de lui prouver que ce sont les prêtres païens qui accusent à tord les chrétiens. Ces derniers ne cessent de prier pour la sauvegarde de l’Empire. Arrêté, Sébastien est battu à mort et son corps est jeté dans l’égout principal de la ville. L’officier apparaît en songe à Lucine, une chrétienne, lui indique où elle trouvera son corps, et où elle aura à l’ensevelir.

 

Intercessions.

Invoqué contre la poliomyélite.

Contre la paralysie

Contre les maladies contagieuses.

Contre les fièvres.

Contre la peste

(Vénéré comme un saint efficace contre la peste, au même titre que saint Roch, saint Antoine, saint Adrien et saint Christophe. Cette vénération vient de l’efficacité d’une procession avec des reliques de Sébastien qui mit fin à une peste à Rome en 680. Invoqué à Pavie pour les mêmes causes, il obtient le même miracle. Les grandes épidémies du Moyen-Age entraînent une renaissance de cet aspect du culte de Sébastien.)

 

 

Prière à Saint Sébastien

Saint Sébastien écoute ma prière et présente là au Seigneur. Tu as été attaché et percé de flèches, mais ton corps inerte a été remis en vie.

Obtiens moi une nouvelle vigueur dans mes membres qui ne peuvent bouger, rends fermes mes pas sur les chemins que Dieu a tracé.

Saint Sébastien, mon âme est bouleversée et toute ma force m’a abandonné. Les flèches t’ont fait perdre du sang, mais pas la Foi.

Ne m’abandonne pas et aide-moi à garder l’espérance dans le Seigneur et la volonté de guérir.

Amen

 

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 Saint Roch (1350-1380)

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Fêté le^16 Août

Nom et iconographie

D’origine germanique signifie: »incertain »

On le représente habillé en pèlerin,une plaie sur la cuisse ;un chien se tient prés de lui,avec un morceau de pain .

 

Patronages.

des chirurgiens

des fossoyeurs

des pharmaciens

des pèlerins

des voyageurs

des invalides

des prisonniers.

 Dictons.

Connaissez-vous l’origine du proverbe: «C’est saint Roch et son chien» pour désigner deux personnes inséparables?

Intercessions.

Invoqué contre la peste, invocation un peu désuette aujourd’hui bien sûr, mais on peut se placer sous sa protection: lorsqu’on craint une épidémie, ou une contagion.

Pour se prémunir ou soigner les malades incurables.

Contre les rhumatismes, et les problèmes aux genoux.

Il intercède aussi pour aider à maigrir.

 

 

Prières 

Prière en cas d’épidémie

Roch, laïc pèlerin en Europe,

Pestiféré, emprisonné,

Toi qui guérissais les corps

Et amenais les hommes à Dieu,

Intercède pour nous

Et préserve-nous des misères

Du corps et de l’âme

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Coronavirus : Roch, le saint à invoquer contre les épidémies

 

Alors que l’épidémie de coronavirus semble prendre des proportions difficilement contrôlables dans le monde entier, les chrétiens peuvent se tourner vers saint Roch pour prier. Depuis le Moyen Âge et les pestes dévastatrices, c’est lui qui est invoqué comme protecteur des épidémies.

Saint Roch est le saint le plus invoqué, dès le Moyen Âge, comme protecteur contre le terrible fléau de la peste, et sa popularité est toujours aussi grande, notamment en Asie en ce moment, d’après les témoignages de missionnaires sur place. Sa protection s’est progressivement étendue au monde agricole, aux animaux, aux grandes catastrophes telles que les tremblements de terre, les épidémies et les maladies très graves. De façon plus récente, sa protection est également un exemple de solidarité humaine et de charité chrétienne, sous le signe du bénévolat.

Une vie auprès des pestiférés

Saint Roch était le fils d’un gouverneur de Montpellier. Ses parents, âgés, obtinrent sa naissance par de persévérantes prières, se promettant de donner à Dieu l’enfant qu’il leur accorderait. À la mort de ses parents — il a 20 ans — il décide alors de vendre ses biens, de se faire pauvre du Christ à l’exemple de saint François d’Assise. Il entre dans le Tiers-Ordre, et, vêtu en pèlerin, il prend le chemin de Rome, en demandant l’aumône. La peste sévissant en Italie, il se dévoue aux soins des pauvres pestiférés et il obtient beaucoup de guérisons.

Atteint à son tour de la maladie, et de retour à Montpellier, il est mourant et se retire dans une cabane dans les bois où un chien va lui apporter chaque jour un petit pain. D’où sa représentation dans l’histoire de l’art avec un chien à ses côtés. Miraculeusement guéri, il réapparait à Montpellier sans donner son identité et, considéré comme espion, il est mis en prison. Il y meurt au bout de cinq ans après avoir reçu les sacrements en révélant alors sa véritable identité au prêtre.

Peu de temps après sa mort, son culte devient très populaire en Italie, en France puis dans toute l’Église. Saint Roch est le protecteur notamment invoqué lors des épidémies de peste, depuis le concile de Ferrare, après les graves ravages de ce mal venu d’Orient et transmis par les marins, en particulier à Venise, Marseille, Lisbonne, Anvers et en Allemagne… Il est fêté le 16 août.

 

Voici une petite prière d’intercession à saint Roch :

Roch, laïc pèlerin en Europe,
Pestiféré, emprisonné,
Toi qui guérissais les corps
Et amenais les hommes à Dieu,
Intercède pour nous
Et préserve-nous des misères
Du corps et de l’âme.

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CAREME, MEDITATIONS, PRIERE, PRIERE POUR UN TEMPS DE CAREME, PRIERES, SI JE N'AI PAS COMPRIS CE SOIR !

Prière pour un temps de Carême

SI JE N’AI PAS COMPRIS CE SOIR

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Si je n’ai pas compris ce soir
Le souffle de Ta Parole
Je veux entrer dans Ta Demeure
Ne m’abandonne pas
Ne me ferme pas Ta Porte
Il fait trop froid dehors
Il fait trop nuit dehors

 

 Si je n’ai pas compris ce soir
De quel feu Tu nous consumes
Je veux entrer dans Ton Foyer
Ne m’abandonne pas
Ne me ferme pas Ta Porte
Il fait trop froid dehors
Il fait trop nuit dehors

 

 Si je n’ai pas compris ce soir
De quel Amour Tu brûles
Je veux Te suivre
Ne m’abandonne pas
Ne me Ferme pas Ton Cœur
Il fait trop froid dehors
Il fait trop nuit dehors

 

 Si je n’ai pas compris ce soir
Que Tu es venu verser nous sauver
Je veux le croire
Ne me ferme pas Ta Parole
Ne m’abandonne pas
Il fait trop froid dehors
Il fait trop nuit dehors

 

Si je n’ai pas compris ce soir
Que Tu envoies Ton Esprit
Je veux Te dire « OUI ! »
Ne me ferme pas l’Espérance
Ne m’abandonne pas
Il fait trop froid dehors
Il fait trop nuit dehors

 

 Si je n’ai pas compris ce soir
Je sais que Tu reviendras
Je sais Que Tu feras toute choisi nouvelle
Le froid du dehors sera Ton AMOUR

La nuit du dehors sera Ta Lumière

 

Si je n’ai pas compris ce soir
Je veux entrer chez Toi
Ne m’abandonne pas
Ne ferme pas Ta Porte
Parlons corps à corps
Parlons cœur  à cœur
Ne t’éloigne pas car le jour tombe
Et Il fait si froid dehors
Et Il fait si nuit dehors
Parlons encore corps à corps
Parlons Toujours cœur  à cœur
Et tu feras de mes nuits des promesses de Pâques
Et tu feras de mes nuits des Promesses de Pentecôte

 

Claude Tricoire
Mars 2014

ANSELME DE CANTERBERY (saint ; 1033-1109), CAREME, PRIERE, PRIERE POUR LE CARÊME DE SAINT ANSELME DE CANTERBERY, PRIERES

Prière pour le Carême de saint Anselme

Prière pour le Carême de Saint Anselme

bible Croix du Christ

Seigneur, mon Dieu,
donne à mon cœur  de Te désirer,
en Te désirant, de Te chercher,
en Te cherchant, de Te trouver,
en Te trouvant, de T’aimer,
et en T’aimant, de racheter mes fautes,
et une fois rachetées, de ne plus les commettre.

Seigneur, mon Dieu,
donne à mon cœur  la pénitence,
à mon esprit le repentir,
à mes yeux la source des larmes,
et à mes mains la largesse de l’aumône.

Toi qui es mon Roi,
éteins en moi les désirs de la chair,
et allume le feu de ton Amour.
Toi qui es mon Rédempteur,
chasse de moi l’esprit d’orgueil,
et que ta bienveillance
m’accorde l’esprit de ton humilité.
Toi qui es mon Sauveur,
écarte de moi la fureur de la colère,
et que ta bonté me concède le bouclier de la patience.

Toi qui es mon Créateur,
déracine de mon âme la rancœur ,
pour y répandre la douceur d’esprit.
Donne-moi, Père très bon,
une foi solide, une espérance assurée
et une charité sans faille.

Toi qui me conduis,
écarte de moi la vanité de l’âme,
l’inconstance de l’esprit,
l’égarement du cœur ,
les flatteries de la bouche,
la fierté du regard.

O Dieu de miséricorde,
je Te le demande par Ton Fils bien-aimé,
donne-moi de vivre la miséricorde,
l’application à la piété,
la compassion avec les affligés
et le partage avec les pauvres.

Anselme de Canterbury (1033-1109)

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JEAN-JACQUES LEFRANC DE POMPIGNAN (1709-1784), POEME, POEMES, PRIERE, PRIERES, TA BONTE SEULE M'EST VISIBLE

Ta bonté seule m’est visible

 » Ta bonté seule m’est visible « –

J-J Lefranc de Pompignan.

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Voici des extraits de la Prière universelle du poète lyrique Jean-Jacques Lefranc de Pompignan. 

 

 » Ô Toi, que la raison, que l’instinct même adore,
Souverain maître et créateur
De tout l’univers qui t’implore ;
Jéhova, Jupiter, Seigneur.

Source, cause première, être incompréhensible,
               Que je suis borné devant toi !
               Ta bonté seule m’est visible ;
               Le reste est un chaos pour moi.

Mais le bien et le mal dans cette nuit obscure,
Dépendent de ma volonté ;
Et tu gouvernes la nature
Sans enchaîner ma liberté.

(…)
Si je marche avec toi, fais-moi la grâce entière
De te suivre jusqu’à la fin,
Si je m’égare, ta lumière
Doit me remettre au bon chemin.

(…)
Fais que de mon prochain je plaigne les souffrances
             Toujours lent à condamner ;
             Et pardonne-moi mes offenses,
               Pour mieux m’apprendre à pardonner.

Tout retrace aux mortels le néant de leur être ;
Mais ils sont l’œuvre de tes mains ;
Sois leur guide autant que leur maître,
Jusqu’au terme de leurs destins.

Que le pain, la paix, soient ici mon partage,
J’attends que ton auguste choix
Des autres biens fixe l’usage ;
Tes volontés seront mes lois.

Ton temple est en tous lieux, tu remplis la nature ;
Tout l’univers est ton autel ;
Rien ne vit, n’existe, ne dure,
Qui ne t’offre un culte éternel. »

 

Jean-Jacques Lefranc de Pompignan

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Jean-Jacques Lefranc (ou Le Franc), marquis de Pompignan, dit Lefranc de Pompignan, né à Montauban le 10 août 1709 et mort à Pompignan le 1er novembre 1784, est un poète français.

 Biographie

Jean-Jacques Lefranc naquit dans une famille de noblesse de robe qui détenait de père en fils depuis le xviie siècle la charge de président de la Cour des aides de Montauban. Après des études à Paris au collège Louis-le-Grand, il fut avocat général près cette cour avant de succéder à son père dans les fonctions de président. Il mena la campagne de diffamation contre l’intendant de Montauban, Lescalopier, accusé d’irrégularités budgétaires et dont il finit par obtenir le déplacement. En 1745, il fut nommé conseiller d’honneur au parlement de Toulouse. Défenseur des privilèges fiscaux de la noblesse, mais ému en même temps par le poids des impôts que devait payer le peuple, il s’opposa avec véhémence aux réformes de Machault.

Sa première tragédie, Didon (1734) — qu’on dit inspirée de la Didon abandonnée (1724) de Métastase — fut jouée à la Comédie-Française et connut un succès que ne confirmèrent pas les Adieux de Mars (1735) et quelques livrets d’opéra qui suivirent.

Lefranc de Pompignan se fit avant tout connaître comme poète lyrique. Son Ode sur la mort de Jean-Baptiste Rousseau est une œuvre d’une grande noblesse d’inspiration. Très dévôt, il chercha l’inspiration dans les textes sacrés, comme son ami Louis Racine, publiant en 1751 et 1755 les deux volumes de ses Poésies sacrées, inspirées des Psaumes et des Prophètes.

Il composa également des pièces plus légères comme son Voyage en Languedoc et en Provence, mêlé de prose et de vers à la manière de celui de Chapelle et Bachaumont.

Le 6 septembre 1759, il fut élu à l’Académie française. Dans son discours de réception, prononcé le 10 mars 1760, il eut le tort de faire étalage d’une extrême vanité et d’attaquer vivement le parti philosophique — attaque d’autant plus inconsidérée que, dans l’assistance, plusieurs de ses membres avaient voté pour lui. Les Philosophes lui firent subir de violentes représailles, notamment Voltaire, qui en fit sa tête de Turc dans une longue bataille de libelles et de pamphlets. Lefranc de Pompignan, couvert de ridicule, n’osa plus reparaître à l’Académie et se retira en 1763 dans ses terres, partageant son temps entre ses châteaux de Pompignan, près de Montauban et de Caïx, qu’il fit reconstruire et où il s’occupa notamment à traduire des classiques grecs comme Eschyle.

Il pourrait être l’auteur d’un traité historique et politique publié anonymement en 1780 : Essai sur la dernière révolution de l’ordre civil en France, qui porte sur la réforme judiciaire réalisée en janvier 1771 sous l’impulsion du chancelier Maupeou.

Élu membre de l’Académie de Cortone , en Italie, il lui adressa une dissertation en latin sur Les Antiquités de la ville de Cahors, où il rend compte de ses recherches archéologiques. Il avait également été élu membre de l’Académie des Jeux floraux de Toulouse en 1740.

Grand bibliophile, il fit acquérir pour sa collection quelque 26 000 volumes dont 1 500 partitions musicales. Vendu par ses héritiers à la bibliothèque du clergé de Toulouse, ce fonds est aujourd’hui conservé à la bibliothèque de Toulouse.

 

BERNARD DE CLAIRVAUX, BERNARD DE CLAIRVAUX (saint ; 1091-1153), FETE DE LA TOUSSAINT, FETE LITURGIQUE, JOHN HNERY NEWMAN (1801-1890), PRIERE, SERMONS

Premier novembre : fête de la Toussaint

Le premier novembre : Fête de tous les saints

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« Recherchons les choses d’en-haut « ,

Une homélie de saint Bernard pour la Toussaint

 

 Du fond des siècles, la prédication de St. Bernard de Clairvaux nous parvient et n’a rien perdu de sa fougue! Il nous confie une chose essentielle: les saints ne sont pas faits que pour être admirés! Nous sommes tous appelés à faire partie de “la foule immense des témoins” dont le grand bonheur est de voir un jour le visage du Seigneur et d’être semblable à lui (1 Jn 3,2). Tel est le sens de la fête de la Toussaint célébrée le 1er novembre.

Pourquoi notre louange à l’égard des saints, pourquoi notre chant à leur gloire, pourquoi cette fête même que nous célébrons ? Que leur font ces honneurs terrestres, alors que le Père du ciel, en réalisant la promesse du Fils, les honore lui-même ? De nos honneurs les saints n’ont pas besoin, et rien dans notre culte ne peut leur être utile. De fait, si nous vénérons leur mémoire, c’est pour nous que cela importe, non pour eux. […] Pour ma part, je l’avoue, je sens que leur souvenir allume en moi un violent désir […]

Le premier désir, en effet, que la mémoire des saints éveille, ou plus encore stimule en nous, le voici : nous réjouir dans leur communion tellement désirable et obtenir d’être concitoyens et compagnons des esprits bienheureux, d’être mêlés à l’assemblée des patriarches, à la troupe des prophètes, au groupe des Apôtres, à la foule immense des martyrs, à la communauté des confesseurs, au chœur des vierges, bref d’être associés à la joie et à la communion de tous les saints. […] Cette Église des premiers-nés nous attend, et nous n’en aurions cure ! Les saints nous désirent et nous n’en ferions aucun cas ! Les justes nous espèrent et nous nous déroberions !

Réveillons-nous enfin, frères ; ressuscitons avec le Christ, cherchons les réalités d’en haut ; ces réalités, savourons-les. Désirons ceux qui nous désirent, courons vers ceux qui nous attendent, et puisqu’ils comptent sur nous, accourrons avec nos désirs spirituels. {…] Ce qu’il nous faut souhaiter, ce n’est pas seulement la compagnie des saints, mais leur bonheur, si bien qu’en désirant leur présence, nous ayons l’ambition aussi de partager leur gloire, avec toute l’ardeur et les efforts que cela suppose. Car cette ambition-là n’a rien de mauvais : nul danger à se passionner pour une telle gloire. […]

Et voici le second désir dont la commémoration des saints nous embrase : voir, comme eux, le Christ nous apparaître, lui qui est notre vie, et paraître, nous aussi, avec lui dans la gloire. Jusque-là, il ne se présente pas à nous comme il est en lui-même, mais tel qu’il s’est fait pour nous : notre Tête, non pas couronnée de gloire, mais ceinte par les épines de nos péchés […] Viendra le jour de l’avènement du Christ : alors on n’annoncera plus sa mort de manière à nous faire savoir que nous aussi sommes morts et que notre vie est cachée avec lui. La Tête apparaîtra dans la gloire, et avec elles les membres resplendiront de gloire, lorsque le Christ restaurera notre corps d’humilité pour le configurer à la gloire de la Tête, puisque c’est lui la Tête.

Cette gloire, il nous faut la convoiter d’une absolue et ferme ambition. […] Et vraiment, pour qu’il nous soit permis de l’espérer, et d’aspirer à un tel bonheur, il nous faut rechercher de tout cœur l’aide et la prière des saints : ce qui est au-dessus de nos forces puisse-t-il nous être donné par leur intercession !

 

Saint Bernard de Clairvaux (1090-1153)

 

 

Rayonne à travers moi !

 

A l’approche de la Toussaint, voici une prière du Cardinal Newman (1801-1890) qui pourrait être un programme de sainteté.

Seigneur Jésus,
inonde-moi de ton Esprit et de ta vie.
Prends possession de tout mon être
pour que ma vie ne soit
qu’un reflet de la tienne

Rayonne à travers moi, habite en moi,
et tous ceux que je rencontrerai
pourront sentir ta Présence auprès de moi,
en me regardant ils ne verront plus que Toi seul,
Seigneur!

Demeure en moi et alors je pourrai,
comme Toi, rayonner,
au point d’être à mon tour
une lumière pour les autres,
lumière, Seigneur,
qui émanera complètement de Toi,
c’est Toi qui, à travers moi,
illuminera les autres.

Ainsi ma vie deviendra une louange à ta gloire,
la louange que tu préfères,
en te faisant rayonner sur ceux qui nous entourent.
Par la plénitude éclatante de l’amour
que te porte mon cœur. Amen.

 

https://www.jeunes-cathos.fr/toussaint/recherchons-les-choses-den-haut-une-homelie-de-saint-bernard-pour-la-toussaint

ANGES, JOHN HNERY NEWMAN (1801-1890), PRIERE, PRIERE DU CARDINAL NEWMAN A SON ANGE GARDIEN, PRIERES

Prière du cardinal Newman à son ange gardien

La Prière du Bx Cardinal J H Newman à son ange gardien 

« Mon plus vieil ami » :

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« Mon plus vieil ami, ami depuis mon premier souffle de vie  ; mon ami fidèle, tu le seras, sans trahir, jusqu’à ma mort.

Tu as toujours été auprès de moi  ; mon Créateur à ta garde confia mon âme, dès qu’Il forma l’enfant tiré de la poussière.

Ni la ferveur du cœur dans la prière, ni la foi droitement formée, ne m’ont donné pour tuteur Joseph, ou la puissance conquérante de Michel.

Nul saint patron, ni l’amour de Marie, le plus cher, le meilleur, ne me connais, moi, comme tu me connais, et m’a béni, comme tu m’as béni.

Tu me portas sur les fonts baptismaux  ; et toi, chaque année, allant croissant, tu as murmuré les rudiments de la vérité dans mes oreilles d’enfant.

Et quand l’adolescence fut dépassée, et que mon esprit rebelle eut cédé, Ah ! Oui, tu as vu, et tu tremblais aussi, et cependant supportais ce qui mène en Enfer.

Alors, quand le jugement venait, et que la frayeur me reprenait, ton souffle doux s’empressait d’apaiser et de sanctifier toutes mes peines.

Oh ! Qui de tes labeurs et de tes soucis peut faire entièrement le récit, toi qui m’as placé sous le sourire de Marie, et conduit aux pieds de Pierre !

Et tu te pencheras sur mon lit, à l’heure où de la vie les ombres s’allongent  ; toi, du doute, de l’impatience et de la tristesse, l’ennemi vigilant et jaloux.

Mon ami, moi devant le Juge  ; mon ami, si, épargné, je peux demeurer dans le feu de la mort dorée, le temps que mon péché tout entier soit consumé.

Mon ami, ô frère de mon âme, quand le jour de ma libération sera arrivé  ; alors tes bras doucement me relèveront, tes ailes me porteront à mon foyer d’éternité.

Amen. »

Cardinal John Henry Newman (1801-1890)

ASSOMPTION DE LA VIERGE MARIE, EGLISE CATHOLIQUE, EPHREM LE SYRIEN (saint ; 306-373), PRIERE, PRIERES, VIERGE MARIE

Assomption de la Vierge Marie

Prière de Saint Éphrem à la Sainte Vierge

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« Vierge Souveraine, Génitrice de Dieu, Salut de la famille unie des chrétiens, Tu ne cesses de jeter sur nous le regard d’une tendre mère.

Tu nous aimes comme si nous étions tes enfants, toujours disposée à nous chérir, Tu répands sur nous d’ineffables bienfaits :

Tu nous protèges et Tu nous sauves ; veillant sur nous avec sollicitude, Tu nous délivres du danger des tentations, et de la multitude des pécheurs qui nous environnent; pleins de reconnaissance, nous Te remercions, nous célébrons Ta munificence, nous publions Tes bienfaits, nous chantons à haute voix Tes merveilles, nous louons Ta sollicitude, Ta prévoyance, nous élevons dans nos hymnes Ta puissance tutélaire, nous immortalisons Ton inépuisable miséricorde.

Les bienfaits que Tu as répandus sur nous par le passé sont gravés dans notre mémoire, et nous nous souvenons à quels dangers imminents

Tu nous as arrachés; nous T’adressons ce cantique de grâces, comme une dette que nous acquittons, cantique toujours au-dessous de Tes bienfaits : eh ! Quelle voix pourrait les célébrer dignement ? Cependant, nous prenons courage, nous implorons humblement Ta miséricorde, pour que Tu entendes les cris de détresse de tes serviteurs.

Dépose notre demande aux Pieds de ce Dieu que Tu as engendré, pour qu’Il nous sauve de la damnation éternelle, et que nous puissions louer le Nom trois fois saint du Père, du Fils et du saint Esprit; et aujourd’hui et dans l’éternité des siècles.

Tu vois, ô Très Sainte Souveraine Enfantrice de Dieu, Tu vois tous les pièges dont nous enveloppe l’esprit malin, l’esprit impur. Vois toutes les passions criminelles qu’il éveille en nous, et dont il nous enlace comme d’un réseau.

Apparais et ne repousse point notre prière. Pourquoi détourner Ton visage et oublier notre faiblesse ?

Écarte les embûches du démon qui nous tente, sois notre asile dans cette guerre, apaise par Ton intercession bienfaisante la Colère divine que nos égarements ont excitée; ajoute ce nouveau bienfait à tant d’autres, et nous célébrerons dans nos cantiques Ton nom, Celui de ton Fils et notre Dieu qui, de même que son Père, est sans commencement. Souveraine Mère de Dieu qui enfantas le Christ Dieu notre Sauveur, je place toute mon espérance en Toi qui es au-dessus de toutes les puissances du ciel.

Ô Vierge, emblème de la pureté, fortifie-moi de Ta sainte grâce; dans cette vie, sois mon guide, conduis-moi selon la Volonté de ton auguste Fils notre Dieu.

Obtiens-moi la rémission de mes péchés, sois mon refuge, ma protection, ma délivrance, sois la main qui me dirige vers la vie éternelle. Souveraine, Souveraine, ne m’abandonne pas à l’heure suprême, hâte-toi de m’apporter le secours qui m’est nécessaire, arrache-moi de la cruelle tyrannie des esprits de l’enfer. T

u es la très bonne Mère du Christ notre Dieu, tout ce que Tu veux, Tu dois le pouvoir. Toi, seule Souveraine et Génitrice de Dieu, Tu es dans une sphère élevée au-dessus de toute la terre.

Quant à nous, Épouse de Dieu, nous Te bénissons avec foi, nous T’honorons avec amour, nous Te rendons un culte respectueux, nous chantons Tes louanges et nous proclamons Ta béatitude dans le langage de la vénération. Tu es en effet la gloire des gloires, la récompense des récompenses, la puissance des puissances.

Ô Souveraine, mon bonheur après Dieu, rosée divine qui apaises l’ardeur brûlante qui me dévore, source jaillissante du sein de Dieu même, à laquelle se rafraîchit mon cœur embrasé, lumière éclatante de mon âme plongée dans les ténèbres, guide du faible, appui du pauvre, manteau de la nudité, richesse de l’indigent, remède des plaies incurables, Tu taris les pleurs, Tu apaises les soupirs, Tu allèges les infortunes, Tu guéris les douleurs, Tu brises les chaînes; Espérance de mon salut, exauce mes prières; aie pitié de mes gémissements, accueille mes lamentations, aie compassion de moi, laisse-toi fléchir par mes larmes.

Que pour moi tes entrailles soient émues; n’es-Tu pas la Mère d’un Dieu bienfaisant ?

Jette un regard de bonté, accueille favorablement ma prière, réponds à mon désir, étanche ma soif; unis-moi à ma famille, à mes compagnons de service, dans la terre des hommes pacifiques, dans le sanctuaire des justes, dans le chœur des saints, et rends-moi digne, Toi, protection et joie de tous et volupté pure, de participer à Ta félicité, je Te le demande, à la joie inénarrable du Dieu et Roi que Tu as engendré, à ses noces inexplicables aux délices inépuisables, à son Règne éternel et sans fin.

Car tu es ma Souveraine, mon refuge, ma vie, ma protection, mon armure, ma joie, mon espérance, ma force; fais-moi jouir, de concert avec Toi, vers les régions célestes, des Dons indicibles et inconcevables de ton Fils. Tu as, je le sais, une puissance égale à Ta volonté, telle enfin que doit l’avoir la Mère du Très-Haut.

Aussi me suis-je enhardi; fais que je ne sois pas trompé dans mon attente, fais que cette attente soit remplie, ô très pure Souveraine, Épouse de Dieu, Toi qui, contre les lois de la nature, as enfanté le Seigneur attendu de tous, notre Seigneur et vrai Dieu Jésus Christ à qui revient toute gloire, tout honneur et toute vénération, avec son Père sans commencement et son très saint, bon et vivifiant Esprit, maintenant et toujours et dans les siècles des siècles.

Amen. » 

Saint Éphrem le Syrien de Nisibe (306-373), Diacre et Docteur de l’Eglise, Grand Théologien et chantre des Eglises de langue syriaque du IVe siècle.

DOMINIQUE DE GUZMAN (saint ; 1170-1221), PRIERE, PRIERES, SAINTETE, SAINTS

Les neufs manières de prier de saint Dominique

 

Les neufs manières de prier de saint Dominique

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Des docteurs comme saint Augustin, saint Grégoire, saint Hilaire, saint Isidore, saint Jean Chrysostome, saint Jean Damascène, saint Bernard, et d’autres très pieux docteurs grecs et latins, ont longuement traité de l’oraison. Ils l’ont recommandée et décrite, en ont montré la nécessité et la bienfaisance, en ont expliqué la méthode, la préparation et les obstacles. De plus notre glorieux et vénérable frère Thomas d’Aquin et Albert, de l’ordre des Prêcheurs, dans leurs divers écrits ; comme aussi Guillaume dans son traité des vertus, ont exposé avec noblesse, sainteté, dévotion et élégance, la manière de prier, suivant laquelle l’âme se sert des membres du corps afin de se porter vers Dieu avec plus de ferveur ; de telle sorte que l’âme, qui anime le corps, est à son tour mue par celui-ci, et entre parfois en extase comme saint Paul, ou bien en de saints transports comme le prophète David. Il convient de raconter a ce propos ce que faisant saint Dominique qui recourait fréquemment à ce mode d’oraison. On remarque que les saints de l’Ancien et du Nouveau Testament ont ainsi prié quelquefois. Cette méthode, en vérité, excite la dévotion, par l’action réciproque de l’âme sur le corps et du corps sur l’âme. Grâce à elle, saint Dominique en venait à verser d’abondantes larmes ; il accroissait la ferveur de sa bonne volonté à tel point, qu’il ne pouvait empêcher les membres de son corps de manifester sa piété par quelque signe indubitable. De là, avec quelle élévation son esprit ne s’adonnait-il pas aux demandes, aux supplications, aux actions de grâces ! 
Nous ne parlerons pas ici des grands mouvements de ferveur qui lui étaient habituels dans la célébration de la sainte messe et la prière de la psalmodie. Souvent, en effet, quand il remplissait ces fonctions saintes, au chœur comme en voyage, on le voyait tout à coup ravi au-dessus de lui-même, et perdu en Dieu dans la compagnie des anges. Mais voici quelles furent ses autres manières de prier.

 

I 
La première manière était la suivante. Humblement prosterné devant l’autel, comme si Jésus-Christ, représenté par cet autel, lui était réellement et personnellement présent, et non pas seulement dans son symbole, il disait « Mon Dieu, vous avez toujours eu pour agréable la prière des hommes humbles et doux [Judith IX, 16]. N’est-ce point par leur humilité que la Chananéenne et l’enfant prodigue se virent exaucés ? Pour moi « je ne suis pas digne que vous entriez sous mon toit » [Matth. VIII, 8] ; « mais voici que je me suis humilié jusqu’à terre devant vous, ô mon Dieu » [Ps. CXLVI, 6 ; cxviii, 107]. 
Après avoir prié de la sorte, le saint père se relevait, inclinait la tête, et considérant avec humilité son chef Jésus-Christ, comparant sa propre position d’esclave avec l’excellence du Christ, il appliquait tout son être à lui manifester sa vénération. Il enseignait aux frères à faire de même quand ils passaient devant le crucifix, signe de l’humiliation de Jésus-Christ ; afin, que, si profondément humilié par amour de nous, il nous vît aussi humiliés devant sa majesté. 
Cette sorte d’humilité, il la demandait aussi en l’honneur de la Sainte Trinité, lorsqu’on chantait le verset : « Gloria Pat ri et Filio et Spiritui Sancto. » Cette manière d’incliner profondément la tête, comme le montre la figure, était le point de départ de ses dévotions.

II

Souvent aussi le bienheureux Dominique priait entièrement étendu la face contre terre. Il entretenait alors dans son cœur de vrais sentiments de componction. Il se rappelait les enseignements des divines Écritures, prononçant quelquefois, à voix haute pour être entendue, cette parole du saint Évangile « O Dieu, ayez pitié de moi qui suis un pécheur » [Luc xviii, 13]. Pieusement et avec une crainte respectueuse, il redisait ce verset de David : « C’est bien moi qui ai péché et accompli l’iniquité » [Ps. L, 5, ou mieux II Reg. xxiv, 17]. Alors, il pleurait et il poussait de grands gémissements. Ensuite il s’écriait « Je ne suis pas digne de lever mes yeux vers le ciel à cause de la grandeur de mon péché, car j’ai provoqué votre colère, Seigneur, et fait ce qui est mal à vos yeux. » Et dans le psaume Deus auribus nostris audivimus, il disait avec force et dévotion ce passage « Mon âme est humiliée jusque dans la poussière, mon corps est attaché à la terre » [Ps. XLIII, 25] ; ou encore ces autres paroles « Mon âme est enchainée à la terre, mon Dieu, rendez-moi la vie selon votre parole » [Ps. CXVIII, 25]. 
Lorsqu’il se proposait d’enseigner aux frères avec quelle crainte respectueuse ils devaient prier, il leur disait « Les mages, ces rois si remplis de dévotion, entrèrent dans la maison et trouvèrent l’enfant avec Marie, sa mère ; et se prosternant, ils l’adorèrent » [Matth. ii, 11]. Il n’y a donc point de doute que nous ne trouvions l’Homme-Dieu avec Marie, sa servante. « Venez, prosternons-nous devant notre Dieu et adorons-le, pleurons en présence du Seigneur notre Créateur [Ps. xciv, 6]. 
Il exhortait aussi les plus jeunes en ces termes : « Si vous ne pouvez pleurer vos péchés parce que vous n’en avez pas, Pensez au grand nombre de pécheurs qui peuvent être préparés à la miséricorde et à la charité pour eux les prophètes et les apôtres ont adressé au ciel leurs gémissements ; pour eux aussi Jésus, qui les pénétrait de son regard, pleura douloureusement. C’est bien ainsi que le saint roi David pleurait déjà lorsqu’il s’écriait « À la vue des prévaricateurs j’ai senti mon âme défaillir de douleur » [Ps. CXVIII, 158].

III

Pouf ce motif, comme suite naturelle de ce qui vient d’être dit, il se relevait pour se donner la discipline avec une chaîne de fer, en disant « Votre discipline m’a corrigé jusqu’à la fin » [Ps. xvii, 36]. C’est pourquoi l’ordre entier a statué que tous les frères, en mémoire de cet exemple de saint Dominique, les jours de féries, après complies, recevraient la discipline avec des verges de bois sur les épaules nues ; pendant ce temps, ils réciteraient avec dévotion le Miserere ou le De Profundis. Ils feraient cette pénitence soit pour leurs propres fautes, soit pour celles des bienfaiteurs qui les font vivre de leurs aumônes. Aussi personne, si innocent qu’il puisse être, ne doit se soustraire à cet usage.

 

IV

Ensuite saint Dominique se rendait devant l’autel, ou bien au chapitre. Là, le regard fixé sur le crucifix, il le considérait avec une incomparable pénétration. Devant lui il faisait de nombreuses génuflexions. Parfois aussi, depuis complies jusqu’au milieu de la nuit, tantôt il se relevait, tantôt il s’agenouillait comme l’apôtre saint Jacques. À l’exemple du lépreux de l’évangile, il disait, le genou en terre « Seigneur, si vous le voulez, vous pouvez me guérir » [Matth. viii, 2]. À genoux encore, comme saint Étienne, il criait avec force « Ne leur imputez pas ce péché, Seigneur » [Act. VII, 59]. Il se formait alors dans notre père saint Dominique, un grand sentiment de confiance dans la miséricorde de Dieu pour lui-même, pour tous les pécheurs et pour la conservation des frères plus jeunes qu’il envoyait au milieu du monde prêcher l’évangile aux âmes. Aussi bien lui arrivait-il de ne pouvoir contenir sa voix, et les frères l’entendaient s’écrier « C’est vers vous que je crie, mon Dieu, ne restez pas sourd à ma voix, de peur que si vous gardez le silence, je ne ressemble à ceux qui descendent dans la fosse. » [Ps. XXVII, 1] ; ou d’autres paroles semblables de la Sainte Écriture. 
Quelquefois cependant il se parlait au-dedans de lui-même, et l’on n’entendait plus du tout sa voix. Il restait parfois très longtemps en génuflexion, l’âme perdue dans le ravissement. Et quelquefois il semblait que dans cette sorte de regard son intelligence pénétrait le ciel, et tout aussitôt rempli d’une céleste joie, il essuyait les larmes qui coulaient de ses yeux. Il se laissait alors aller à de saints transports, comme un homme altéré qui parvient à la source, comme un voyageur qui va enfin retrouver sa patrie. Son animation et son ardeur croissaient, comme on le pouvait voir à la rapidité de ses mouvements, qui gardaient cependant toute leur dignité, quand il se relevait et s’agenouillait. Il était tellement habitué à fléchir les genoux que, même en voyage, dans les hôtelleries, après les fatigues de la route et jusque sur les chemins, pendant que ses compagnons dormaient ou se reposaient, il revenait à ses génuflexions comme à son art et à son ministère particuliers. Et par son exemple plus que par ses paroles, il enseignait aux frères cette manière de prier.

 

V

Quand il était au couvent, le saint père Dominique se tenait aussi quelquefois debout devant l’autel, bien droit de tout son corps sur les pieds, sans se soutenir ou s’appuyer à quoi que ce fût, les mains étendues devant la poitrine à la façon d’un livre ouvert. Ainsi se comportait-il dans la manière de se tenir debout avec grand respect et dévotion, comme s’il eût fait sa lecture en la présence visible de Dieu. Alors plongé en oraison, on le voyait méditer la parole de Dieu, et comme se la redire à lui-même avec suavité. Il avait pris cette habitude pour imiter le Seigneur. Saint Luc nous dit en effet que « selon sa coutume, Jésus entra dans la synagogue, le jour du sabbat et se leva pour faire la lecture » [Luc iv, 16]. Le psalmiste dit aussi que Phinées se leva, adressa à Dieu sa prière, et le fléau cessa [Ps. cv, 30]. 
Tantôt il joignait les mains et les tenait fortement unies devant ses yeux en se ramassant sur lui-même ; tantôt il les élevait à la hauteur des épaules, comme le prêtre a coutume de le faire quand il célèbre la sainte messe. Il semblait vouloir tendre l’oreille pour mieux écouter quelque parole qui lui aurait été dite de l’autel. À voir sa dévotion lorsqu’il priait ainsi debout, vous auriez cru voir un prophète s’entretenir avec un ange ou avec Dieu, tour à tour parlant, écoutant, méditant en silence les révélations qui lui auraient été faites. En voyage il dérobait bien vite et en secret le temps nécessaire à la prière ; et fixant pour ainsi dire toute son âme, il se hâtait de l’appliquer aux pensées du ciel. Alors sans doute vous l’eussiez entendu prononcer, avec une douceur et une délicatesse exquises, quelques suaves paroles tirées de la moelle et de la graisse de la Sainte Écriture. En vérité il semblait l’avoir puisée aux sources mêmes du Sauveur. 
Témoins de cet exemple, les frères étaient très impressionnés en présence de leur père et de leur maître ; et, devenus plus fervents, ils se trouvaient merveilleusement entraînés à une prière admirable de piété et de constance : « Comme l’œil de la servante est fixé sur la main de sa maîtresse, et l’œil du serviteur sur la main de son maître, ainsi nos yeux se tiennent élevés vers le Seigneur » [Ps. CXXII, 2].

 

VI

On a vu aussi d’autres fois le saint père Dominique prier les mains ouvertes, les bras fortement tendus en forme de croix, et debout, le corps bien droit autant qu’il le pouvait. C’est ainsi qu’il pria quand, sur sa prière, Dieu ressuscita le jeune Napoléon, dans la sacristie du couvent de Saint-Sixte, à Rome. De même à l’église, lorsqu’il fut élevé de terre pendant qu’il célébrait la messe, comme le raconte la pieuse et sainte sœur Cécile, qui était présente, et qui le vit en compagnie d’un grand nombre de témoins. Ainsi avait fait le prophète Élie lorsqu’il ressuscita le fils de la veuve, après s’être étendu sur l’enfant [III Reg. xvii, 21]. Il pria semblablement quand, près de Toulouse, il sauva des pèlerins anglais en danger de se noyer dans le fleuve. N’est-ce pas ainsi que pria le Seigneur, cloué en croix les mains et les bras étendus, poussant des cris puissants accompagnés de larmes abondantes et méritant d’être exaucé pour l’excellence de sa piété [Hebr. V, 7]. 
Le saint homme Dominique n’avait recours à cette manière de prier que dans les circonstances où, sous l’inspiration de Dieu, il savait que quelque chose de grand et de merveilleux allait se produire par la vertu de sa prière. S’il ne défendait pas aux frères de prier ainsi, il ne les y exhortait pas davantage. 
Et lorsqu’il ressuscita le jeune Napoléon, en priant les mains et les bras étendus en forme de croix, nous ignorons quelles paroles il prononça. Peut-être répéta-t-il celles mêmes du prophète Élie : « Seigneur, mon Dieu, je vous en prie, que l’âme de cet enfant revienne au dedans de lui » [III Reg. xvii, 21]. Frères et sœurs, seigneurs et cardinaux, et tous ceux qui étaient présents à ce miracle, se souvinrent bien de la manière dont il pria, nouvelle pour eux et vraiment extraordinaire ; mais aucun ne retint ses paroles. Et plus tard, personne n’osa interroger notre saint et admirable Dominique, qui inspira à tous sur ce point une respectable réserve. 
Il prononçait avec lenteur, gravité et mûre réflexion les paroles du psautier qui font mention de ce genre de prière. C’est ainsi qu’il disait avec grande attention le psaume : « Seigneur, Dieu de mon salut, j’ai crié vers vous et le jour et la nuit… », jusqu’à ces mots : « Je vous invoque tout le jour, Seigneur, et vers vous j’étends les mains » [Ps. LXXXVII, 2-10] ; ou bien encore cet autre psaume : « Seigneur, écoutez ma prière, prêtez l’oreille à mes supplications… » jusqu’à ces paroles « J’étends vers vous des mains suppliantes, hâtez-vous de m’exaucer, Seigneur » [Ps. CXLII, 1-6]. 
Ainsi, tout homme pieux pouvait admirer à la fois et la dévotion et la science de notre père quand il priait de la sorte, soit qu’il voulût comme exercer sur Dieu une grande violence, par la vertu de son oraison ; soit plutôt que, sous l’effet d’une inspiration intérieure, il eût le sentiment que Dieu le poussait à demander quelque grâce singulière pour lui ou pour le prochain. Il puisait alors sa force dans la doctrine de David, dans le feu d’Élie, dans la charité du Christ, dans une dévotion toute divine.

 

VII

On le voyait souvent aussi se dresser de toute sa taille vers le ciel, à la manière d’une flèche qu’un arc bien tendu aurait lancée droit dans l’azur. Il élevait au-dessus de la tête les mains fortement tendues, jointes l’une contre l’autre, ou légèrement ouvertes comme pour recevoir quelque chose du ciel. On croit qu’il était alors l’objet d’un accroissement de grâce et que, ravi à lui-même, il obtenait de Dieu, pour l’ordre dont il avait jeté les fondements, les dons du Saint-Esprit ; pour lui même et pour les frères, un peu de la suavité délectable qui se trouve dans les actes des béatitudes et qui fait qu’on s’estime heureux dans les rigueurs de la pauvreté, l’amertume de la douleur, la violence de la persécution, la faim et la soif de la justice, les étreintes de la miséricorde, et qu’on se maintient dans une joyeuse ferveur, pour l’observance des préceptes et la pratique des conseils évangéliques. 
Dans ces moments, le saint père semblait entrer comme à la dérobée dans le Saint des Saints, et jusqu’au troisième ciel aussi, après une telle prière, s’il avait à corriger, à donner quelques avis ou à prêcher, il se comportait vraiment comme un prophète. Le saint père ne priait pas longtemps de cette manière, mais reprenant possession de lui-même, il paraissait arriver d’une région lointaine, et ressemblait un moment à un étranger, comme il était facile de le remarquer à son air et à ses manières. Quelquefois les frères l’entendaient prier à haute voix et dire comme le prophète « Écoutez, Seigneur, la voix de mes supplications quand je crie vers vous, quand j’élève mes mains vers votre temple saint » [Ps. xxvii, 2). Par sa parole et son saint exemple, il ne cessait d’enseigner les frères à prier de même, leur redisant le psaume « Bénissez le Seigneur, vous tous ses serviteurs » [Ps. Cxxxiii] jusqu’à : « pendant les nuits levez vos mains vers le sanctuaire » ; et cet autre 
« Seigneur, je crie vers vous, exaucez-moi, prêtez l’oreille à ma voix lorsque je vous invoque. [Que ma prière soit devant vous comme l’encens, et l’élévation de mes mains comme l’offrande du soir » [Ps. CXL, 1 et 2].

 

VIII

Notre père saint Dominique avait encore une autre manière de prier, toute pleine de beauté, de dévotion et de charmes. Il s’y livrait après les heures canoniales et après l’action de grâces commune qui suit les repas. 
Ce bon père, admirable de sobriété et débordant de l’esprit de dévotion, qu’il avait puisé dans les divines paroles qui se chantaient au chœur ou au réfectoire, se mettait bien vite dans un endroit solitaire, en cellule ou ailleurs, pour lire et prier, recueilli en lui-même et fixé en Dieu. Paisiblement il s’asseyait, et après avoir fait le signe de la croix, il lisait dans quelque livre ouvert devant lui ; son âme éprouvait alors une douce émotion, comme s’il eût entendu le Seigneur lui-même lui adresser la parole selon qu’il est écrit « J’écouterai la parole que le Seigneur Dieu dira au-dedans de mon cœur, etc. » [Ps. Lxxxiv, 9]. Et comme s’il disputait avec un compagnon, il paraissait tantôt ne pouvoir contenir ses paroles et sa pensée, tantôt écouter paisiblement, discuter et lutter. On le voyait rire et pleurer tour à tour, regarder fixement et baisser les yeux, puis se parler bas et se frapper la poitrine. 
Si quelque curieux, en secret, voulait le voir, le saint père Dominique lui apparaissait tel que Moïse lorsque ce patriarche, s’enfonçant dans le désert, parvint à la montagne de Dieu, à Horeb, contempla le buisson ardent, parla au Seigneur et s’humilia, en sa présence. Cette montagne de Dieu n’est-elle pas comme l’image prophétique de la sainte coutume qu’avait notre père, de s’élever bien vite de la lecture à la prière, de la prière à l’oraison, de l’oraison à la contemplation ? 
Et tandis qu’il lisait ainsi dans la solitude, il vénérait son livre ; et, s’inclinant vers lui, le baisait avec amour, surtout quand c’était le livre des Évangiles, et qu’il lisait les paroles que Jésus-Christ avait daigné prononcer de sa bouche. 
D’autres fois il détournait le visage, le voilait de sa chape, le mettait dans ses mains ou se couvrait un moment la tête de son capuce. Alors, ou bien il versait d’abondantes larmes sous l’action d’une crainte ou d’un désir véhément ; ou bien il s’élevait médiocrement en faisant une inclination de tête, comme s’il eût voulu remercier quelque grand personnage pour un bienfait reçu. Puis, satisfait et paisible au-dedans de lui-même, il poursuivait sa lecture.

 

IX

Il gardait ces pratiques de dévotion quand il voyageait d’un pays à un autre, surtout s’il se trouvait en quelque région solitaire. Toute sa joie était de se livrer à ses méditations, de retrouver sa contemplation. Tout en cheminant il disait parfois à son compagnon : « Il est écrit dans le prophète Osée : « Je conduirai mon épouse au désert et lui parlerai au cœur » [Os. n. 14]. Aussi bien s’écartait-il de son compagnon, le devançant ou mieux le suivant à distance. Ainsi, il cheminait seul et priait ; et le feu de sa charité puisait dans sa méditation un surcroît d’ardeur. Il lui arrivait, en ces sortes d’oraisons, de faire des gestes comme pour écarter les cendres légères ou des mouches importunes ; et il se munissait souvent du signe de la croix. 
Dans la pensée des frères, c’est en priant de la sorte que le saint acquérait cette plénitude de connaissance de la Sainte Écriture, pénétrait la moelle même des paroles divines, apprenait les saintes audaces de son ardente prédication, et vivait dans cette intime familiarité avec l’Esprit Saint, d’où lui venait la connaissance des choses cachées.

 

* Le texte est extrait de : « Saint Dominique – La vie apostolique » – Textes présentés et annotés par M.-H. Vicaire, o.p., CERF, 1965. 
Imprimi potest : 1953, E. Suarez, o.p., maître général. 

Le texte qui va suivre date pour sa rédaction entre 1260-1262 et 1272-1288, d’après Vicaire (voir ouvrage cité plus haut, p.28).