ANCIEN TESTAMENT, EVANGILE SELON MATTHIEU, LETTRE DE SAINT PAUL AUX ROMAINS, NOUVEAU TESTAMENT, PREMIER LIVRE DES ROIS, PSAUME 118

Dimanche 26 juillet 2020 : 17è dimanche du Temps Ordinaire : lectures et commentaires

Dimanche 26 juillet 2020 : 

17éme dimanche du Temps Ordinaire

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Commentaires de Marie-Noëlle Thabut

 

1ère lecture

Psaume

2ème lecture

Evangile

 

PREMIERE LECTURE – Livre du premier livre des Rois 3, 5. 7-12

En ces jours-là,
5 A Gabaon, pendant la nuit,
le SEIGNEUR apparut en songe à Salomon.
Il lui dit :
« Demande ce que je dois te donner. »
6 Salomon répondit : (…)
7 « SEIGNEUR, mon Dieu, c’est toi qui m’as fait roi,
moi, ton serviteur, à la place de David, mon père :
or, je suis un tout jeune homme,
ne sachant comment se comporter,
8 et me voilà au milieu du peuple que tu as élu ;
c’est un peuple nombreux,
si nombreux qu’on ne peut ni l’évaluer ni le compter.
9 Donne à ton serviteur un coeur attentif
pour qu’il sache gouverner ton peuple
et discerner le bien et le mal ;
sans cela gouverner ton peuple qui est si important ? »
10 Cette demande de Salomon plut au Seigneur,
qui lui dit :
11 « Puisque c’est cela que tu as demandé,
et non pas de longs jours,
ni la richesse,
ni la mort de tes ennemis,
mais puisque tu as demandé le discernement,
l’art d’être attentif et de gouverner,
12 je fais ce que tu as demandé :
je te donne un coeur intelligent et sage,
tel que personne n’en a eu avant toi
et que personne n’en aura après toi. »

Salomon fut le successeur de David sur le trône de Jérusalem à une époque où toutes les tribus d’Israël étaient réunies sous une même couronne. On situe le règne du premier roi, Saül, dans les années 1030 à 1010 av.J.C environ, celui de David de 1010 à 973 et celui de Salomon de 973 à 933.
Le texte du livre des Rois que nous lisons aujourd’hui nous rapporte la première grande cérémonie de son règne. Le roi, fraîchement couronné, s’est rendu en pèlerinage au sanctuaire de Gabaon, à quelques kilomètres de Jérusalem, pour y offrir un sacrifice (mille animaux précise le texte) ; et là, il prononce la fameuse prière qui est restée dans la mémoire d’Israël comme un modèle. Mais, pour comprendre les enjeux de ce texte, il faut en relire le contexte : car à ne lire que ces seules lignes, on risquerait d’orner Salomon de toutes les qualités ! La réalité est moins flatteuse : son accession au trône avait été émaillée de péripéties peu vertueuses, intrigues politiques et assassinats compris. Trois frères aînés au moins briguaient la place, car David avait plusieurs autres fils (nés de mères différentes) plus âgés que Salomon ; ses chances de parvenir au trône étaient donc des plus minimes. Les luttes fratricides des aînés se chargèrent de déblayer le terrain (1er livre des Rois) et sa mère, Bethsabée, fit le reste : au moment où Adonias, le survivant des trois aînés, savourait déjà sa victoire, elle s’arrangea pour le griller de vitesse. Salomon fut sacré en grande précipitation à la source de Gihôn.
Et le peuple, prêt à tout, acclama ce nouveau roi, comme il aurait acclamé l’autre. Salomon était parvenu à ses fins, il était sur le trône. Il ne restait plus qu’à liquider les opposants, ce qu’il fit sans tarder. Ce n’était donc pas apparemment un grand saint qui se présentait devant Dieu ! Et si sa sagesse est proverbiale, on voit qu’elle ne lui est pas venue tout de suite ! Elle fut pour lui un don de Dieu. (Celui qui écrit ce texte compte bien que nous retenions cette vérité élémentaire).
Salomon savait que, maintenant, il fallait régner, ce qui était bien difficile, et c’est là qu’il fit preuve d’un commencement de sagesse et de lucidité. Car ce jeune roi, et c’est là tout son mérite, avait compris au moins une chose, première leçon de ce texte, c’est que la sagesse est le bien le plus précieux du monde (Matthieu parlera de trésor et de perle ; cf l’évangile de ce dimanche Mt 13, 44-46) et que Dieu seul détient les clés de la vraie sagesse. Ainsi la prière de Salomon au sanctuaire de Gabaon est-elle un modèle d’humilité et de confiance : « Je suis un tout jeune homme, incapable de se diriger. Donne à ton serviteur un coeur attentif pour qu’il sache gouverner ton peuple et discerner le bien et le mal ; comment sans cela gouverner ton peuple qui est si important ? »
La deuxième leçon de ce passage concerne les rois d’abord mais aussi tous les détenteurs d’un pouvoir, quel qu’il soit : ce qui est remarquable dans la prière de Salomon, c’est que sa demande vise exclusivement le service du peuple. Il ne demande rien pour lui-même personnellement, il demande seulement les capacités nécessaires pour exercer la mission que Dieu lui a confiée. Le jeune roi prouve ici qu’il a parfaitement intégré l’idéal monarchique prescrit par Dieu à David (par l’intermédiaire du prophète Natan) : en Israël, dès le tout début de la royauté, les prophètes les uns après les autres rappellent à tous les rois qu’ils ne doivent avoir qu’un souci en tête, à savoir le bonheur et la sécurité du peuple qui leur est confié.
La réponse de Dieu insiste sur ce désintéressement tout à fait remarquable de la prière de Salomon : « Puisque tu ne m’as demandé ni de longs jours, ni la richesse, ni la mort de tes ennemis (y a-t-il là une pointe d’ironie ? Dieu n’ignorait pas que Salomon s’en était fort bien occupé lui-même), mais puisque tu as demandé le discernement, l’art d’être attentif et de gouverner, je fais ce que tu as demandé : je te donne un coeur intelligent et sage, tel que personne n’en a eu avant toi et que personne n’en aura après toi. » Voilà qui dépasse toutes les espérances du jeune roi. Et Dieu ne s’arrête pas là : la liturgie, malheureusement, ne nous fait pas entendre la suite qui est pourtant une bien belle leçon sur la générosité de Dieu : « Et même ce que tu n’as pas demandé, je te le donne : et la richesse et la gloire, de telle sorte que durant toute ta vie il n’y aura personne comme toi parmi les rois. »
Belle révélation pour nous : ce n’était pas un grand saint qui se présentait devant Dieu, mais parce qu’il a prié humblement, il a été comblé ; cela fait penser à un certain publicain de la parabole (Lc 18, 9-14) ; enfin et surtout, nous découvrons une fois de plus, grâce à Salomon, que Dieu continue à donner et pardonner quel que soit notre passé, si peu vertueux soit-il. Ainsi vérifions-nous le sens du mot « pardon » : c’est le don qui passe par-dessus toutes les offenses.
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Compléments

1 – Lire la méditation puis la superbe prière que le livre de la Sagesse prête au roi Salomon : Sg 8, 17-21 puis 9, 1-12. On sait que, malheureusement, vers la fin de sa vie, Salomon s’est écarté gravement de ce beau chemin de sagesse ; ses nombreuses femmes l’ont poussé à l’idolâtrie et il s’est laissé envahir par la mégalomanie du pouvoir. Il suffit de relire le résumé que Ben Sirac écrit de sa vie : Si 47, 12-22.
2 – « Et même ce que tu n’as pas demandé, je te le donne : et la richesse et la gloire, de telle sorte que durant toute ta vie il n’y aura personne comme toi parmi les rois. » : à rapprocher de Mt 6, 33 : « Cherchez d’abord le Royaume et la justice de Dieu et tout cela (le reste) vous sera donné par surcroît. »
3 – Pour une introduction au livre de la Sagesse et aux livres Deutérocanoniques, voir au seizième dimanche du temps ordinaire – A, le commentaire de la première lecture.

 

PSAUME – 118 (119)

57 Mon partage, Seigneur, je l’ai dit,
c’est d’observer tes paroles.
72 Mon bonheur, c’est la loi de ta bouche,
plus qu’un monceau d’or ou d’argent.

76 Que j’aie pour consolation ton amour
selon tes promesses à ton serviteur !
77 Que vienne à moi ta tendresse et je vivrai :
ta loi fait mon plaisir.

127 Aussi j’aime tes volontés,
plus que l’or le plus précieux.
128 Je me règle sur chacun de tes préceptes,
je hais tout chemin de mensonge.

129 Quelle merveille, tes exigences,
aussi mon âme les garde !
130 Déchiffrer ta parole illumine
et les simples comprennent.

Dans la première lecture, nous avions vu que Salomon, tout au moins au début de son règne, avait tout compris : la vraie sagesse est le trésor le plus précieux, et elle ne peut venir que de Dieu. Dans ce psaume, c’est la même méditation qui continue : « Mon bonheur, c’est la loi de ta bouche, plus qu’un monceau d’or ou d’argent. »
Et le bonheur, d’après ce psaume, c’est donc tout simple ; la bonne route, pour un croyant, c’est tout simplement de suivre la Loi de Dieu. Le croyant connaît la douceur de vivre dans la fidélité aux commandements de Dieu, voilà ce que veut nous dire ce psaume : « Quelle merveille, tes exigences, aussi mon âme les garde ! »
Les quelques versets retenus aujourd’hui ne sont qu’une toute petite partie du psaume 118 (119 dans la Bible), l’équivalent d’une seule strophe. En réalité, il comporte 176 versets, c’est-à-dire 22 strophes de 8 versets. 22…8… ces chiffres ne sont pas dûs au hasard.
Pourquoi 22 strophes ? Parce qu’il y a 22 lettres dans l’alphabet hébreu : chaque verset de chaque strophe commence par une même lettre et les strophes se suivent dans l’ordre de l’alphabet : en littérature, on parle « d’acrostiche », mais ici, il ne s’agit pas d’une prouesse littéraire, d’une performance ! Il s’agit d’une véritable profession de foi : ce psaume est un poème en l’honneur de la Loi, une méditation sur ce don de Dieu qu’est la Loi, les commandements, si vous préférez. D’ailleurs, plus que de psaume, on ferait mieux de parler de litanie ! Une litanie en l’honneur de la Loi ! Voilà qui nous est passablement étranger.
Car une des caractéristiques de la Bible, un peu étonnante pour nous, c’est le réel amour de la Loi qui habite le croyant biblique. Les commandements ne sont pas subis comme une domination que Dieu exercerait sur nous, mais des conseils, les seuls conseils valables pour mener une vie heureuse. « Aussi j’aime tes volontés, plus que l’or le plus précieux. Je me règle sur chacun de tes préceptes, je hais tout chemin de mensonge. » Quand l’homme biblique dit cette phrase, il la pense de tout son coeur.
Et, non seulement la Loi n’est pas subie comme une domination, mais elle est accueillie comme un cadeau que Dieu fait à son peuple, le mettant en garde contre toutes les fausses routes ; elle est l’expression de la sollicitude du Père pour ses enfants ; tout comme nous, parfois, nous mettons en garde un enfant, un ami contre ce qui nous paraît être dangereux pour lui. On dit que Dieu « donne » sa Loi et elle est bien considérée comme un « cadeau ». Car Dieu ne s’est pas contenté de libérer son peuple de la servitude en Egypte ; laissé à lui-même, Israël risquait de retomber dans d’autres esclavages pires encore, peut-être. En donnant sa loi, Dieu donnait en quelque sorte le mode d’emploi de la liberté. La Loi est donc l’expression de l’amour de Dieu pour son peuple.
Il faut dire une fois de plus qu’on n’a pas attendu le Nouveau Testament pour découvrir que Dieu est Amour et que finalement la Loi n’a pas d’autre but que de nous mener sur le chemin de l’amour. Toute la Bible est l’histoire de l’apprentissage du peuple élu à l’école de l’amour et de la vie fraternelle. Le livre du Deutéronome disait : « Ecoute Israël, le Seigneur ton Dieu est le Seigneur UN ; tu aimeras 1 le Seigneur ton Dieu de tout ton coeur, de tout ton être, de toute ta force ». (Dt 6, 4). Et le livre du Lévitique enchaînait : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même » (Lv 19, 18). Voici le commentaire que les rabbins faisaient de ce verset : « Tu aimeras ton prochain, de sorte que ce que tu détestes pour toi-même, tu ne le lui feras pas à lui. » C’est ce que l’on appelait « la Règle d’or ». Et le célèbre rabbin Hillel qui a précédé Jésus de quelques dizaines d’années (il a vécu de -70 + 10) commentait : « Ce que tu détestes pour toi-même, ne le fais pas à ton prochain : c’est là toute la Torah, le reste est explication. Va et étudie. » Il aimait dire également : « Ne juge pas ton prochain jusqu’à ce que tu sois à sa place ». Jésus était exactement dans la même ligne lorsqu’il disait que les deux commandements de l’amour de Dieu et de l’amour du prochain étaient le résumé de la loi juive. Quant à la « Règle d’or », il la reprenait à son compte en disant : « Tout ce que vous voulez que les hommes fassent pour vous, faites-le vous-mêmes pour eux : c’est la Loi et les Prophètes. » (Mt 7, 12).
Pour revenir au psaume 118 (119), il ressemble bien à une sorte de litanie : après les trois premiers versets qui sont des affirmations sur le bonheur des hommes fidèles à la loi, les 173 autres versets s’adressent directement à Dieu dans un style tantôt contemplatif, tantôt suppliant du genre : « Ouvre mes yeux, que je contemple les merveilles de ta loi. » Et la litanie continue, répétant sans arrêt les mêmes formules ou presque : par exemple, en hébreu, dans toutes les strophes, reviennent huit mots2 toujours les mêmes en hébreu pour décrire la loi. Seuls les amoureux osent ainsi se répéter sans risquer de se lasser.
Huit mots toujours les mêmes et aussi huit versets dans chacune des 22 strophes : le chiffre 8, lui non plus, n’est pas dû au hasard ; dans la Bible, c’est le chiffre de la nouvelle création : la première Création a été faite par Dieu en 7 jours, donc le huitième jour sera celui de la Création renouvelée, des « cieux nouveaux et de la terre nouvelle », selon une autre expression biblique. Celle-ci pourra surgir enfin quand toute l’humanité vivra selon la loi de Dieu, c’est-à-dire dans l’amour puisque c’est la même chose !

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Note
1 – « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton coeur, de tout ton être, de toute ta force » : tu aimeras, ici, veut dire « tu t’attacheras » au Seigneur ton Dieu, à l’exclusion de tout autre. Le livre du Deutéronome lutte encore contre l’idolâtrie).
2 – On trouvera dans le commentaire de ce même psaume pour le sixième dimanche ordinaire – A, une étude de vocabulaire.

 

DEUXIEME LECTURE – Lettre de saint Paul aux Romains – 8, 28 – 30

Frères,
Nous le savons,
quand les hommes aiment Dieu,
lui-même fait tout contribuer à leur bien,
puisqu’ils sont appelés selon le dessein de son amour.
Ceux que, d’avance, il connaissait,
il les a aussi destinés d’avance à être configurés à l’image de son Fils,
pour que ce Fils soit le premier-né d’une multitude de frères.
Ceux qu’il avait destinés d’avance,
il les a aussi appelés ;
ceux qu’il a appelés,
il en a fait des justes ;
et ceux qu’il a rendus justes,
il leur a donné sa gloire.

Depuis plusieurs semaines, nous lisons le chapitre 8 de la lettre aux Romains : saint Paul contemple toute l’histoire de l’humanité, il la décrit comme une longue marche vers un avenir magnifique. Un jour, nous serons semblables à Jésus-Christ, nous serons à son image et nous ne ferons plus qu’un en Lui. Voilà le projet de Dieu : « les hommes sont appelés selon le dessein de son amour » (v. 28).
Le meilleur commentaire du passage d’aujourd’hui se trouve chez Paul lui-même dans sa deuxième lettre aux Thessaloniciens : « Dieu vous a choisis dès le commencement pour être sauvés par l’Esprit qui sanctifie et par la foi en la vérité : c’est à cela qu’il vous a appelés par notre Evangile, à posséder la gloire de Notre Seigneur Jésus-Christ. » (2 Th 2, 13-14). Tout est là, dans ces quelques lignes, de ce que nous avons lu ces derniers dimanches dans la lettre aux Romains : ce projet de Dieu qui débouche sur notre union à Jésus-Christ (ce qu’il appelle « posséder la gloire de Jésus-Chrit »), l’œuvre de l’Esprit sur laquelle Paul insiste beaucoup, et enfin notre propre participation sollicitée, mais libre, évidemment, à ce dessein de Dieu. Ailleurs, dans la première lettre aux Thessaloniciens, Paul dit plus simplement encore : « Dieu vous appelle à son Royaume et à sa gloire. » (1 Th 2, 12).
Nous sommes donc en chemin vers cette transformation de tout notre être, ce façonnage, pourrait-on dire, qui nous modèlera à l’image de Jésus-Christ. Plus haut, dans la lettre aux Romains, Paul comparait ce processus de transformation à une naissance : « La création tout entière passe par les douleurs d’un enfantement qui dure encore », disait-il (8, 22). Ici l’image est plutôt celle de l’entrée dans une grande famille : « Dieu nous a a destinés à être l’image de son Fils, pour faire de ce Fils l’aîné d’une multitude de frères. » (v. 29). Quelques lignes auparavant, sur le même registre, il avait employé à notre sujet l’expression : « enfants de Dieu ». Et il avait continué : « Enfants, et donc héritiers : héritiers de Dieu, cohéritiers du Christ » (8, 17).
Pour entrer dans cette famille, la porte est ouverte à tous, mais nous restons libres. Dans le passage de la lettre aux Thessaloniciens que je lisais tout-à-l’heure, Paul emploie le mot « foi » : à l’appel de Dieu, sa proposition de participer au grand projet, au « dessein de son amour », nous répondons par la foi, la confiance : « Dieu vous a choisis dès le commencement pour être sauvés par l’Esprit qui sanctifie et par la foi en la vérité ». Nous disons volontiers « L’homme propose, Dieu dispose », mais il me semble que Paul nous dit juste l’inverse : « Dieu propose, l’homme dispose ».
Car Dieu ne nous impose pas son projet, il nous le propose ; c’est pourquoi, depuis les origines de la Révélation, on entend Dieu appeler l’homme et lui proposer son Alliance ; un peu comme si Dieu inlassablement répétait : « Aime-moi, fais-moi confiance, puisque je t’aime. » Paul nous dit en quelque sorte, « Dieu ne vous force pas la main, mais si vous décidez de lui faire confiance, de le laisser mener votre vie, soyez bien certains qu’il fera progresser son dessein en vous et par vous. »
Dans le passage d’aujourd’hui de la lettre aux Romains, notre liberté d’adhérer ou non au projet de Dieu est dite également, mais autrement : « Quand les hommes aiment Dieu, lui-même fait tout contribuer à leur bien, puisqu’ils sont appelés selon le dessein de son amour. » (v. 28). Le mot choisi ici par Paul « aiment » dit la réponse libre de l’homme à la proposition, l’appel de Dieu. Ce n’est pas un sentiment, c’est un élan, c’est l’adhésion de la « foi ». Il est l’équivalent du mot « foi » dans la lettre aux Thessaloniciens.
Il reste que les formules de Paul peuvent prêter à confusion : ici, il dit : « quand les hommes aiment Dieu, lui-même fait tout contribuer à leur bien, puisqu’ils sont appelés selon le dessein de son amour. » Mais alors on voit bien tout de suite l’objection qui pourrait jaillir : alors, pour ceux qui n’aiment pas Dieu, son plan d’amour n’existe-t-il pas ?
Bien sûr que si : croire que la bonté de Dieu est restreinte à quelques-uns serait une mauvaise lecture des paroles de Paul et de toute la Bible, la fameuse lecture du soupçon qui nous guette toujours. Le vrai croyant sait bien que le « dessein » de Dieu ne vise que notre bonheur ; il veut rassembler tous les hommes, et même l’univers entier, nous le savons bien. Mais nous restons libres de ne pas aimer Dieu.
Autre difficulté, Paul continue : « Ceux que, d’avance, il connaissait, il les a aussi destinés d’avance à être configurés à l’image de son Fils » ; et, à plusieurs reprises, il emploie cette expression « ceux que » : « Ceux qu’il avait destinés d’avance… ceux qu’il a appelés… ceux qu’il a rendus justes … ». N’imaginons pas qu’il y aurait les privilégiés, les chanceux et les autres. Dieu ne fait pas des choix comme les hommes peuvent en faire. Pour reprendre le vocabulaire de Paul, nous sommes tous « connus » de Dieu, « appelés, justifiés, introduits dans sa gloire », à condition de l’accepter, bien sûr.
L’expression « Ceux que, d’avance, il connaissait » n’est donc pas restrictive ; elle désigne sans limitation tous ceux qui acceptent d’entrer dans le projet de Dieu. Par ces formulations successives « Ceux qu’il avait destinés d’avance… ceux qu’il a appelés… ceux qu’il a rendus justes… », Paul décrit tout simplement l’itinéraire de tous ceux qui veulent bien entrer dans ce merveilleux plan de salut. En premier lieu, Dieu a envoyé son Fils ; c’est lui qui est « le commencement, premier-né d’entre les morts, afin de tenir en tout, lui, le premier rang. » (Col 1, 18). Ainsi ceux qui répondent à l’amour de Dieu ressemblent à ce Fils qui a réalisé la volonté de salut du Père. « Ceux qu’il avait destinés d’avance, il les a aussi appelés ; ceux qu’il a appelés, il en a fait des justes ; et ceux qu’il a rendus justes, il leur a donné sa gloire. » Manière de dire que cette rencontre les a mis en harmonie parfaite avec Dieu (justifiés), rendus participants de sa nature divine (sanctifiés), et d’ores et déjà accueillis dans sa gloire (glorifiés).
Pas étonnant que Paul écrive dans le verset qui suit immédiatement cette contemplation : « Que dire de plus ? »
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Complément
Les prophètes ont annoncé à plusieurs reprises que le projet de Dieu est pour tous les hommes ; Isaïe par exemple : « Le Seigneur, le tout-puissant, va donner sur cette montagne un festin pour tous les peuples… on dira ce jour-là : c’est lui notre Dieu… Exultons, jubilons, puisqu’il nous sauve. » (Is 25, 6… 9). Et ailleurs : « Ma maison sera appelée Maison de prière pour tous les peuples. » (Is 56, 7 ; voir le commentaire de ce texte au vingtième dimanche ordinaire – année A).
C’est bien ce que dit le texte de la lettre aux Ephésiens : « Dieu nous a fait connaître le mystère de sa volonté, le dessein bienveillant qu’il a d’avance arrêté en lui-même pour mener les temps à leur accomplissement ; réunir l’univers entier sous un seul chef, le Christ, ce qui est dans les cieux et sur la terre. » (Ep 1, 9-10). C’est exactement cela que Paul contemple ici.

 

EVANGILE – selon saint Matthieu 13, 44 – 52

En ce temps-là,
Jésus disait à la foule ces paraboles :
« Le Royaume des cieux est comparable
à un trésor caché dans un champ ;
l’homme qui l’a découvert le cache de nouveau.
Dans sa joie, il va vendre tout ce qu’il possède,
et il achète ce champ.
Ou encore :
Le Royaume des cieux est comparable
à un négociant qui recherche des perles fines.
Ayant trouvé une perle de grande valeur,
il va vendre tout ce qu’il possède,
et il achète la perle.
Le Royaume des cieux est encore comparable
à un filet qu’on jette dans la mer,
et qui ramène toutes sortes de poissons.
Quand il est plein, on le tire sur le rivage,
on s’assied,
on ramasse dans des paniers ce qui est bon,
et on rejette ce qui ne vaut rien.
Ainsi en sera-t-il à la fin du monde :
les anges sortiront pour séparer les méchants du milieu des justes
et les jetteront dans la fournaise :
là il y aura des pleurs et des grincements de dents.
Avez-vous compris tout cela ? Ils lui répondent « Oui ».
Jésus ajouta :
« C’est pourquoi tout scribe
devenu disciple du Royaume des cieux
est comparable à un maître de maison
qui tire de son trésor du neuf et de l’ancien. »

Voilà trois ou plutôt quatre histoires bien dans le style de Jésus et des rabbins de son temps 1. Toutes les quatre parlent du Royaume de Dieu : il y a d’abord un laboureur qui trouve dans un champ (qui ne lui appartient pas) un trésor qui l’éblouit ; puis c’est un négociant en perles fines qui tombe sur une perle plus belle que toutes les autres ; et puis encore des pêcheurs qui ont ramené un filet tellement plein de poissons qu’il leur faut passer du temps à trier ce qui est bon pour le garder et ce qui ne vaut rien et qui sera rejeté à la mer. Enfin, un scribe juif devenu chrétien comparé à un propriétaire qui fait du tri dans ses affaires.
On peut se demander quel est le lien entre ces quatre paraboles ?
Première remarque : dans les versets précédents, nous avions lu la parabole de l’ivraie et Jésus avait terminé par une annonce du jugement : à la fin du monde, les anges feront le tri entre les bons et les méchants ; et nous avions noté que bons et méchants ne sont pas deux catégories distinctes d’hommes mais des comportements. Or ici, Jésus reprend la même annonce du jugement après la troisième parabole : « A la fin du monde, les anges viendront séparer les méchants des justes ».
C’est certainement une insistance sur la gravité des enjeux qui sont représentés dans ces trois premières paraboles qui sont ainsi enchâssées entre deux annonces du jugement représenté comme un tri.
C’est dans la troisième petite histoire, celle du filet plein de poissons que l’image du tri est la plus manifeste. « Le Royaume des cieux est comparable à un filet qu’on jette dans la mer, et qui ramène toutes sortes de poissons. Quand il est plein, on le tire sur le rivage, on s’assied, on ramasse dans des paniers ce qui est bon, et on rejette ce qui ne vaut rien. »
Mais de quel tri s’agit-il ? Là, ce sont les deux premières paraboles qui nous disent de quoi il s’agit : elles sont très ressemblantes : les deux personnages font une découverte. Pour le premier, c’est totalement inopiné ; la charrue qu’il pousse dans le champ du propriétaire qui l’a embauché bute sur quelque chose qui a été caché là et probablement oublié depuis longtemps : un trésor, quelle aubaine, cela va changer sa vie ! Pour le second, au contraire, c’est au bout de longues recherches qu’il découvre enfin la perle qui supplante toutes les autres.
L’évangéliste cherche-t-il à nous faire remarquer la différence de caractère des deux personnages ? Le premier exulte de joie devant sa découverte (« Dans sa joie, il va vendre tout ce qu’il possède, et il achète ce champ »), le second est moins démonstratif, mais lui aussi « il va vendre tout ce qu’il possède, et il achète la perle ».
Le point commun entre ces trois histoires, c’est une affaire de choix : entre les bons et les mauvais poissons du filet, il y a un choix à faire ; entre le trésor enfoui dans le champ et ce que le laboureur possédait jusque là, entre la perle et ce que le négociant possédait jusque-là, c’est aussi une affaire de choix. La leçon est claire : Recevoir la Bonne Nouvelle du Royaume de Dieu exige un choix et mérite que nous sacrifiions tout le reste. Mais grâce à la joie de cette découverte, le dépouillement, le renoncement deviennent possibles !
Nous retrouvons là, en définitive, un thème très fort de l’enseignement de Jésus : « Nul ne peut servir deux maîtres » ; ou encore l’image de la porte étroite ou celle de la maison bâtie sur le roc. Et ces choix que nous avons à faire sont d’une extrême gravité. La sévérité de l’image du jugement est là pour nous le rappeler. Cela nous fait penser à la toute première prédication de la vie publique de Jésus : « Convertissez-vous : le Règne des cieux s’est approché. » (Mt 4, 17). Et au jeune homme riche de biens matériels et spirituels qui vient lui demander : « Maître, que dois-je faire de bon pour avoir la vie éternelle ? », Jésus répond : « Si tu veux être parfait, va, vends ce que tu possèdes, donne-le aux pauvres et tu auras un trésor dans les cieux. Puis viens, suis-moi ! » (Mt 19, 16… 21). On connaît la suite : le jeune homme n’a pas compris le trésor que représentait cet appel de Jésus, il n’a pas, du coup, trouvé la force du renoncement et il s’en est retourné à sa vie ordinaire, tout triste.
On voit tout de suite, bien sûr, les exigences que Jésus pose ici pour notre vie de baptisés : à l’entendre, il n’y a pas de demi-mesure. Cela veut dire que tout, désormais, dans nos vies, se juge à la lumière du Royaume de Dieu. « Réintroduire dans nos pensées, nos jugements, nos comportements, une référence au Royaume de Dieu qui vient, disait Mgr Coffy, est aujourd’hui une tâche essentielle de l’Eglise. »
Reste la quatrième parabole : elle est précédée d’un court dialogue entre Jésus et ses disciples : « Avez-vous compris tout cela ? », leur demande-t-il et eux répondent Oui. Alors Jésus reprend : « C’est ainsi que tout scribe devenu disciple du Royaume des cieux est comparable à un maître de maison qui tire de son trésor du neuf et de l’ancien. »
Les scribes étaient familiers des Ecritures, c’est-à-dire de l’Ancien Testament, pétri de la foi et de l’espérance de leur peuple. Mais Jésus savait quel effort ils auraient à faire pour accueillir la nouveauté qu’il apportait par rapport à leurs idées préconçues et pour se mettre au diapason de Dieu ; il les met en garde d’une certaine manière : pour accueillir le Royaume, vous aurez vous aussi des renoncements à opérer. Vous allez devenir propriétaires d’un trésor fait de neuf et d’ancien. 2 Il vous faudra savoir garder tous les acquis de l’Ancien Testament, tout son trésor de découverte du mystère de Dieu et, en même temps, vous préparer à accueillir la nouveauté révélée par Jésus-Christ.
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Notes
1 – Tout ce passage est propre à Matthieu
2 – Sur le rapport entre Ancien et Nouveau Testament, et notre trésor fait à la fois d’Ancien et de Nouveau, relire Mt 5, 17 : « N’allez pas croire que je sois venu abroger la Loi ou les Prophètes : je ne suis pas venu abroger mais accomplir. » Nous savons combien les mystères révélés par Jésus s’enracinent dans la révélation de la première Alliance ; nous savons aussi que celle-ci trouve tout son son sens et son accomplissement en Jésus-Christ. Connaître l’Une et l’Autre, inséparablement, voilà le grand, l’unique trésor.
Complément
La vie de Paul est une illustration de ces quatre paraboles ; il suffit de relire les confidences qu’il fait aux Philippiens : après avoir énuméré ses titres de fierté en tant que Juif et Pharisien, il ajoute : « Toutes ces choses qui étaient pour moi des gains, je les ai considérées comme une perte à cause du Christ. Mais oui, je considère que tout est perte en regard de ce bien suprême qu’est la connaissance de Jésus-Christ mon Seigneur. » (Ph 3, 7-8).

ANCIEN TESTAMENT, EVANGILE SELON MATTHIEU, LIVRE DE BEN SIRA LE SAGE, NOUVEAU TESTAMENT, PREMIERE LETTRE AUX CORINTHIENS, PSAUME 118

Dimanche 16 février 2020 : 6ème dimanche du Temps Ordinaire : lectures et commentaires

Dimanche 16 février 2020 :

6ème dimanche du Temps Ordinaire 

Jésus+est+venu+pour+ACCOMPLIR+la+Loi

Commentaires de Marie-Noëlle Thabut,

1ère lecture

Psaume

2ème lecture

Evangile

 

PREMIERE LECTURE – Ben Sira le Sage 15, 15-20

15 Si tu le veux, tu peux observer les commandements,
il dépend de ton choix de rester fidèle.
16 Le Seigneur a mis devant toi l’eau et le feu :
étends la main vers ce que tu préfères.
17 La vie et la mort sont proposées aux hommes,
l’une ou l’autre leur est donnée selon leur choix.
18 Car la sagesse du Seigneur est grande,
fort est son pouvoir, et il voit tout.
19 Ses regards sont tournés vers ceux qui le craignent,
il connaît toutes les actions des hommes.
20 Il n’a commandé à personne d’être impie,
il n’a donné à personne la permission de pécher.

Ben Sira le Sage nous propose ici une réflexion sur la liberté de l’homme ; elle tient en trois points : premièrement, le mal est extérieur à l’homme ; deuxièmement l’homme est libre, libre de choisir de faire le mal ou le bien ; troisièmement, choisir le bien, c’est aussi choisir le bonheur.
Premièrement, le mal est extérieur à l’homme ; cela revient à dire que le mal ne fait pas partie de notre nature, ce qui est déjà une grande nouvelle ; car si le mal faisait partie de notre nature, il n’y aurait aucun espoir de salut, nous ne pourrions jamais nous en débarrasser. C’était la conception des Babyloniens par exemple ; au contraire la Bible est beaucoup plus optimiste, elle affirme que le mal est extérieur à l’homme ; Dieu n’a pas fait le mal et ce n’est pas lui qui nous y pousse. Il n’est donc pas responsable du mal que nous commettons ; c’est le sens du dernier verset que nous venons d’entendre : « Dieu n’a commandé à personne d’être impie, il n’a permis à personne de pécher ». Et quelques versets avant ceux d’aujourd’hui, Ben Sira écrit : « Ne dis pas, c’est à cause du Seigneur que je me suis écarté… Ne dis pas le Seigneur m’a égaré ».
Si Dieu avait fait d’Adam un être mélangé, en partie bon en partie mauvais, comme l’imaginaient les Babyloniens, le mal ferait partie de notre nature. Mais Dieu n’est qu’amour, et le mal lui est totalement étranger. Et le récit de la chute d’Adam et Eve, au livre de la Genèse, a été écrit justement pour faire comprendre que le mal est extérieur à l’homme puisqu’il est introduit par le serpent ; et il se répand dans le monde à partir du moment où l’homme a commencé à se méfier de Dieu.
On retrouve la même affirmation dans la lettre de Saint Jacques : « Que nul, quand il est tenté, ne dise ‘Ma tentation vient de Dieu’. Car Dieu ne peut être tenté de faire le mal et il ne tente personne. » Autrement dit, le mal est totalement étranger à Dieu, il ne peut pousser à le commettre. Et Saint Jacques continue : « Chacun est tenté par sa propre convoitise, qui l’entraîne et le séduit. » (Jc 1,13-17).
Deuxième affirmation de ce texte : l’homme est libre, libre de choisir le mal ou le bien : cette certitude n’a été acquise que lentement par le peuple d’Israël, et pourtant, là encore, la Bible est formelle. Dieu a fait l’homme libre. Pour que cette certitude se développe en Israël, il a fallu que le peuple expérimente l’action libératrice de Dieu à chaque étape de son histoire, à commencer par l’expérience de la libération d’Egypte. Toute la foi d’Israël est née de son expérience historique : Dieu est son libérateur ; et petit à petit on a compris que ce qui est vrai aujourd’hui l’était déjà lors de la création, donc on en a déduit que Dieu a créé l’homme libre.
Et il faudra bien que nous apprenions à concilier ces deux certitudes bibliques : à savoir que Dieu est tout-puissant et que, pourtant, face à lui l’homme est libre. Et c’est parce que l’homme est libre de choisir, qu’on peut parler de péché : la notion même de péché  suppose la liberté ; si nous n’étions pas libres, nos erreurs ne pourraient pas s’appeler des péchés.
Peut-être, pour pénétrer un peu dans ce mystère, faut-il nous rappeler que la toute-puissance de Dieu est celle de l’amour : nous le savons bien, seul l’amour vrai veut l’autre libre.
Pour guider l’homme dans ses choix, Dieu lui a donné sa Loi ; cela devrait donc être simple. Et le livre du Deutéronome y insiste : « Oui, ce commandement que je te donne aujourd’hui n’est pas trop difficile pour toi, il n’est pas hors d’atteinte. Il n’est pas au ciel : on dirait alors ‘Qui va, pour nous, monter au ciel nous le chercher, et nous le faire entendre pour que nous le mettions en pratique ?’ Il n’est pas non plus au-delà des mers ; on dirait alors : ‘Qui va, pour nous, passer outre-mer nous le chercher, et nous le faire entendre pour que nous le mettions en pratique ?’ Oui, la parole est toute proche de toi, elle est dans ta bouche et dans ton cœur , pour que tu la mettes en pratique. » (Dt 30,11-14).
Troisième affirmation de Ben Sira aujourd’hui : choisir le bien, c’est choisir le bonheur. Je reprends le texte : « La vie et la mort sont proposées aux hommes, l’une ou l’autre leur est donnée selon leur choix… Le Seigneur a mis devant toi l’eau et le feu, étends la main vers ce que tu préfères ». Pour le dire autrement, c’est dans la fidélité à Dieu que l’homme trouve le vrai bonheur. S’éloigner de lui, c’est, tôt ou tard, faire notre propre malheur. On dit de manière imagée que l’homme se trouve en permanence à un carrefour : deux chemins s’ouvrent devant lui (dans la Bible, on dit deux « voies »). Une voie mène à la lumière, à la joie, à la vie ; bienheureux ceux qui l’empruntent. L’autre est une voie de nuit, de ténèbres et, en définitive n’apporte que tristesse et mort. Bien malheureux sont ceux qui s’y fourvoient. Là encore on ne peut pas s’empêcher de penser au récit de la chute d’Adam et Eve. Leur mauvais choix les a entraînés sur la mauvaise voie.
Ce thème des deux voies est très souvent développé dans la Bible : dans le livre du Deutéronome, particulièrement ; « Vois, je mets aujourd’hui devant toi la vie et le bonheur, la mort et le malheur, moi qui te commande aujourd’hui d’aimer le SEIGNEUR ton Dieu, de suivre ses chemins, de garder ses commandements, ses Lois et ses coutumes… Tu choisiras la vie pour que tu vives, toi et ta descendance, en aimant le SEIGNEUR ton Dieu, en écoutant sa voix et en t’attachant à lui. » (Dt 30, 15…20).
D’après le thème des deux voies, nous ne sommes jamais définitivement prisonniers, même après des mauvais choix, puisqu’il est toujours possible de rebrousser chemin. Par le Baptême, nous avons été greffés sur Jésus-Christ, qui, à chaque instant, nous donne la force de choisir à nouveau la bonne voie : c’est bien pour cela qu’on l’appelle le Rédempteur, ce qui veut dire le « Libérateur ». Ben Sira disait « Il dépend de ton choix de rester fidèle ». Baptisés, nous pouvons ajouter « avec la force de Jésus-Christ ».

 

PSAUME – 118 (119)

1 Heureux les hommes intègres dans leurs voies
qui marchent suivant la Loi du SEIGNEUR !
2 Heureux ceux qui gardent ses exigences,
ils le cherchent de tout cœur  !

4 Toi, tu promulgues des préceptes
à observer entièrement.
5 Puissent mes voies s’affermir
à observer tes commandements !

17 Sois bon pour ton serviteur, et je vivrai,
j’observerai ta parole.
18 Ouvre mes yeux
que je contemple les merveilles de ta Loi.

33 Enseigne-moi, SEIGNEUR, le chemin de tes ordres :
à les garder, j’aurai ma récompense.
34 Montre-moi comment garder ta Loi,
que je l’observe de tout cœur .

Ce psaume fait parfaitement écho à la première lecture tirée de Ben Sira : c’est la même méditation qui continue ; l’idée qui est développée (de façon différente, bien sûr, mais très cohérente), dans ces deux textes, c’est que l’humanité ne trouve son bonheur que dans la confiance en Dieu et l’obéissance à ses commandements. Le malheur et la mort commencent pour l’homme dès qu’il s’écarte de la voie de la confiance tranquille. Laisser entrer en nous le soupçon sur Dieu et sur ses commandements et du coup n’en faire qu’à sa tête, si j’ose dire, c’est s’engager sur un mauvais chemin, une voie sans issue. C’est tout le problème d’Adam et Eve dans le récit de la chute au Paradis terrestre.
Et nous retrouvons bien ici en filigrane le thème des deux voies dont nous avions parlé au sujet de la première lecture : si on en croit Ben Sira, nous sommes de perpétuels voyageurs obligés de vérifier notre chemin… Bienheureux parmi nous ceux qui ont trouvé la bonne route ! Car des deux voies, des deux routes qui s’ouvrent en permanence devant nous, l’une mène au bonheur, l’autre mène au malheur.
Et le bonheur, d’après ce psaume, c’est tout simple ; la bonne route, pour un croyant, c’est tout simplement de suivre la Loi de Dieu : « Heureux les hommes intègres en leurs voies qui marchent suivant la Loi du SEIGNEUR ! » Le croyant connaît la douceur de vivre dans la fidélité aux commandements de Dieu, voilà ce que veut nous dire ce psaume.
Il est le plus long du psautier et les quelques versets retenus aujourd’hui, n’en sont qu’une toute petite partie, l’équivalent d’une seule strophe. En réalité, il comporte cent soixante-seize versets, c’est-à-dire vingt-deux strophes de huit versets. Vingt-deuxhuit… ces chiffres ne sont pas dûs au hasard.
Pourquoi vingt-deux strophes ? Parce qu’il y a vingt-deux lettres dans l’alphabet hébreu : chaque verset de chaque strophe commence par une même lettre et les strophes se suivent dans l’ordre de l’alphabet : en littérature, on parle « d’acrostiche », mais ici, il ne s’agit pas d’une prouesse littéraire, d’une performance ! Il s’agit d’une véritable profession de foi : ce psaume est un poème en l’honneur de la Loi, une méditation sur ce don de Dieu qu’est la Loi, les commandements, si vous préférez. D’ailleurs, plus que de psaume, on ferait mieux de parler de litanie ! Une litanie en l’honneur de la Loi ! Voilà qui nous est passablement étranger.
Car une des caractéristiques de la Bible, un peu étonnante pour nous, c’est le réel amour de la Loi qui habite le croyant biblique. Les commandements ne sont pas subis comme une domination que Dieu exercerait sur nous, mais comme des conseils, les seuls conseils valables pour mener une vie heureuse.1 « Heureux les hommes intègres en leurs voies qui marchent suivant la Loi du SEIGNEUR ! » Quand l’homme biblique dit cette phrase, il la pense de tout son cœur .
Ce n’est pas magique, évidemment : des hommes fidèles à la Loi peuvent rencontrer toute sorte de malheurs au cours de leur vie, mais, dans ces cas tragiques, le croyant sait que, seul le chemin de la confiance en Dieu peut lui donner la paix de l’âme.
Et, non seulement la Loi n’est pas subie comme une domination, mais elle est reçue comme un cadeau que Dieu fait à son peuple, le mettant en garde contre toutes les fausses routes ; elle est l’expression de la sollicitude du Père pour ses enfants ; tout comme nous, parfois, nous mettons en garde un enfant, un ami contre ce qui nous paraît être dangereux pour lui. On dit que Dieu « donne » sa Loi et elle est bien considérée comme un « cadeau ». Car Dieu ne s’est pas contenté de libérer son peuple de la servitude en Egypte ; laissé à lui-même, Israël risquait de retomber dans d’autres esclavages pires encore, peut-être. En donnant sa Loi, Dieu donnait en quelque sorte le mode d’emploi de la liberté. La Loi est donc l’expression de l’amour de Dieu pour son peuple.
Il faut dire qu’on n’a pas attendu le Nouveau Testament pour découvrir que Dieu est Amour et que finalement la Loi n’a pas d’autre but que de nous mener sur le chemin de l’amour. Toute la Bible est l’histoire de l’apprentissage du peuple élu à l’école de l’amour et de la vie fraternelle. Le livre du Deutéronome disait : « Ecoute Israël, le SEIGNEUR ton Dieu est le SEIGNEUR UN ; tu aimeras le SEIGNEUR ton Dieu de tout ton cœur , de tout ton être, de toute ta force ». (Dt 6,4). Et le livre du Lévitique enchaînait : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même » (Lv 19,18). Et, un peu plus tard, Jésus rapprochant ces deux commandements, a pu dire qu’ils étaient le résumé de la Loi juive.
Je reviens à cette curieuse « Béatitude » du premier verset de ce psaume : « Heureux l’homme qui suit la Loi du SEIGNEUR » : le mot « heureux », nous avons déjà appris à le traduire par l’expression « En marche » ; on pourrait par exemple traduire ce premier verset : « Marche avec confiance, toi, l’homme qui observes la Loi du SEIGNEUR ». Et l’homme biblique est tellement persuadé qu’il y va de sa vie et de son bonheur que cette litanie dont je parlais tout à l’heure est en fait une prière. Après les trois premiers versets qui sont des affirmations sur le bonheur des hommes fidèles à la Loi, les cent soixante-treize autres versets s’adressent directement à Dieu dans un style tantôt contemplatif, tantôt suppliant du genre : « Ouvre mes yeux, que je contemple les merveilles de ta Loi. » Et la litanie continue, répétant sans arrêt les mêmes formules ou presque : par exemple, en hébreu, dans chaque strophe, reviennent huit mots toujours les mêmes pour décrire la Loi. Seuls les amoureux osent ainsi se répéter sans risquer de se lasser.
Huit mots toujours les mêmes et aussi huit versets dans chacune des vingt-deux strophes : le chiffre huit, dans la Bible, est le chiffre de la nouvelle Création 2 : la première Création a été faite par Dieu en sept jours, donc le huitième jour sera celui de la Création renouvelée, des « cieux nouveaux et de la terre nouvelle », selon une autre expression biblique. Celle-ci pourra surgir enfin quand toute l’humanité vivra selon la Loi de Dieu, c’est-à-dire dans l’amour puisque c’est la même chose !
———————
Note
1 – En hébreu, le mot traduit ici par « enseigner » est de la même racine que le mot « Loi »
2 – Voici d’autres éléments de la symbolique du chiffre huit :
– il y avait quatre couples humains (8 personnes) dans l’Arche de Noé
– la Résurrection du Christ s’est produite le dimanche qui était à la fois le premier et le huitième jour de la semaine
C’est pour cette raison que les baptistères des premiers siècles étaient souvent octogonaux ; encore aujourd’hui nous rencontrons de nombreux clochers octogonaux.
Complément
– Voici les huit mots du vocabulaire de la Loi ; ils sont considérés comme synonymes : commandements, Loi, Promesse, Parole, Jugements, Décrets, Préceptes, Témoignages. Ils disent les facettes de l’amour de Dieu qui se donne dans sa Loi
« commandements » : ordonner, commander
« Loi » : vient d’une racine qui ne veut pas dire « prescrire », mais « enseigner » : elle enseigne la voie pour aller à Dieu. C’est une pédagogie, un accompagnement que Dieu nous propose, c’est un cadeau.
« Parole » : la Parole de Dieu est toujours créatrice, parole d’amour : « Il dit et cela fut » (Genèse 1). Nous savons bien que « je t’aime » est une parole créatrice !
« Promesse » : La Parole de Dieu est toujours promesse, fidélité
« Juger » : traiter avec justice
« Décrets » : du verbe « graver » : les paroles gravées dans la pierre (Tables de la Loi)
« Préceptes » : ce que tu nous as confié
« Témoignages » : de la fidélité de Dieu.

 

DEUXIEME LECTURE –

première lettre de Saint Paul aux Corinthiens 2,6-10

Frères,
6 c’est bien de sagesse que nous parlons
devant ceux qui sont adultes dans la foi,
mais ce n’est pas la sagesse de ce monde,
la sagesse de ceux qui dirigent ce monde
et qui vont à leur destruction.
7 Au contraire, ce dont nous parlons,
c’est de la sagesse du mystère de Dieu,
sagesse tenue cachée,
établie par lui dès avant les siècles,
pour nous donner la gloire.
8 Aucun de ceux qui dirigent ce monde ne l’a connue,
car, s’ils l’avaient connue,
ils n’auraient jamais crucifié le Seigneur de gloire.
9 Mais ce que nous proclamons, c’est, comme dit l’Écriture :
« ce que l’œil n’a pas vu,
 ce que l’oreille n’a pas entendu,
ce qui n’est pas venu à l’esprit de l’homme,
ce que Dieu a préparé pour ceux dont il est aimé. »
10 Et c’est à nous que Dieu, par l’Esprit, en a fait la révélation.
Car l’Esprit scrute le fond de toutes choses,
même les profondeurs de Dieu.

Dimanche dernier, la lettre de Paul opposait déjà sagesse humaine et sagesse de Dieu : « Votre foi, disait-il, ne repose pas sur la sagesse des hommes mais sur la puissance de Dieu. » Et il insistait pour dire que le mystère du Christ n’a rien à voir avec nos raisonnements humains : aux yeux des hommes, l’évangile ne peut que passer pour une folie : et sont considérés comme insensés ceux qui misent leur vie dessus. Soit dit en passant, cette insistance sur le mot « sagesse » nous surprend peut-être, mais Paul s’adresse aux Corinthiens, c’est-à-dire à des Grecs pour qui la sagesse est la vertu la plus précieuse.
Aujourd’hui, Paul poursuit dans la même ligne : oui, la proclamation du mystère de Dieu est peut-être une folie aux yeux du monde, mais il s’agit d’une sagesse combien plus haute, la sagesse de Dieu. « C’est bien une sagesse que nous proclamons devant ceux qui sont adultes dans la foi mais ce n’est pas la sagesse de ce monde… Au contraire, nous proclamons la sagesse du mystère de Dieu… »
A nous de choisir, donc : vivre notre vie selon la sagesse du monde, l’esprit du monde, ou selon la sagesse de Dieu. Les deux ont bien l’air totalement contradictoires ! Nous retrouvons là le thème des autres lectures de ce dimanche : la première lecture tirée du livre de Ben Sira et le psaume 118/119 développaient tous les deux, chacun à sa manière, ce qu’on appelle le thème des deux voies : l’homme est placé au carrefour de deux routes et il est libre de choisir son chemin ; une voie mène à la vie, à la lumière, au bonheur ; l’autre s’enfonce dans la nuit, la mort, et n’offre en définitive que de fausses joies.

« Sagesse tenue cachée » : une des grandes affirmations de la Bible est que l’homme ne peut pas tout comprendre du mystère de la vie et de la Création, et encore moins du mystère de Dieu lui-même. Cette limite fait partie de notre être même.
Voici ce que dit le livre du Deutéronome : « Au SEIGNEUR notre Dieu sont les choses cachées, et les choses révélées sont pour nous et nos fils à jamais, pour que soient mises en pratique toutes les paroles de cette Loi. » (Dt 29,28). Ce qui veut dire : Dieu connaît toutes choses, mais nous, nous ne connaissons que ce qu’il a bien voulu nous révéler, à commencer par la Loi qui est la clé de tout le reste.
Cela nous renvoie encore une fois au récit du paradis terrestre : le livre de la Genèse raconte que dans le jardin d’Eden, il y avait toute sorte d’arbres « d’aspect attrayant et bon à manger ; et il y avait aussi deux arbres particuliers : l’un, situé au milieu du jardin était l’arbre de vie ; et l’autre à un endroit non précisé s’appelait l’arbre de la connaissance de ce qui rend heureux ou malheureux. Adam avait le droit de prendre du fruit de l’arbre de vie, c’était même recommandé puisque Dieu avait dit « Tu pourras manger de tout arbre du jardin… sauf un ». Seul le fruit de l’arbre de la connaissance était interdit. Manière imagée de dire que l’homme ne peut pas tout connaître et qu’il doit accepter cette limite : « Au SEIGNEUR notre Dieu (sous-entendu et à lui seul) sont les choses cachées » dit le Deutéronome. En revanche, la Torah, la Loi, qui est l’arbre de vie, est confiée à l’homme : pratiquer la Loi, c’est se nourrir jour après jour de ce qui nous fera vivre.
Je reviens sur cette formule : « Sagesse tenue cachée, prévue par lui dès avant les siècles, pour nous donner la gloire ». Paul insiste plusieurs fois dans ses lettres sur le fait que le projet de Dieu est prévu de toute éternité : il n’y a pas eu de changement de programme, si j’ose dire. Parfois nous nous représentons le déroulement du projet de Dieu comme s’il avait dû changer d’avis en fonction de la conduite de l’humanité. Par exemple, nous imaginons que, dans un premier temps, acte 1 si vous voulez, Dieu a créé le monde et que tout était parfait jusqu’au jour où, acte 2, Adam a commis la faute : et alors pour réparer, acte 3, Dieu aurait imaginé d’envoyer son Fils. Contre cette conception, Paul développe dans plusieurs de ses lettres cette idée que le rôle de Jésus-Christ est prévu de toute éternité et que le dessein de Dieu précède toute l’histoire humaine.
Par exemple, je vous rappelle la très belle phrase de la lettre aux Ephésiens : « Dieu nous a fait connaître le mystère de sa volonté, le dessein bienveillant qu’il a d’avance arrêté en lui-même pour mener les temps à leur accomplissement, réunir l’univers entier sous un seul chef (une seule tête), le Christ. » (Ep 1,9-10). Ou bien, dans la lettre aux Romains, Paul dit « J’annonce l’évangile en prêchant Jésus-Christ, selon la Révélation d’un mystère gardé dans le silence durant des temps éternels, mais maintenant manifesté et porté à la connaissance de tous les peuples païens… » (Rm 16,25-26).
Et l’aboutissement de ce projet, si je reprends la phrase de Paul, c’est de « nous donner la gloire » : la gloire, normalement, c’est un attribut de Dieu et de lui seul. Notre vocation ultime, c’est donc de participer à la gloire de Dieu. Cette expression est, pour Paul, une autre manière de nous dire le dessein bienveillant : le projet de Dieu, c’est de nous réunir tous ensemble en Jésus-Christ et de nous faire participer à la gloire de la Trinité.
Je continue le texte : « Ce que nous proclamons, c’est, comme dit l’Ecriture, ce que personne n’avait vu de ses yeux, ni entendu de ses oreilles, ce que le coeur de l’homme n’avait pas imaginé, ce qui avait été préparé pour ceux qui aiment Dieu ». L’expression « comme dit l’Ecriture » renvoie à une phrase du prophète Isaïe : « Jamais on n’a entendu, jamais on n’a ouï-dire, jamais l’œil  n’a vu qu’un dieu, toi excepté, ait agi pour qui comptait sur lui. » (Is 64, 3). Elle dit l’émerveillement du croyant biblique gratifié de la Révélation des mystères de Dieu.
Reste la fin de la phrase « Ce qui avait été préparé pour ceux qui aiment Dieu » : y aurait-il des gens pour qui cela n’était pas préparé ? Y aurait-il donc des privilégiés et des exclus ? Bien sûr que non : le projet de Dieu, son dessein bienveillant est évidemment pour tous ; mais ne peuvent y participer que ceux qui ont le cœur  ouvert. Et de notre cœur , nous sommes seuls maîtres. D’une certaine manière, c’est le saut dans la foi qui est dit là. Le mystère du dessein de Dieu ne s’ouvre que pour les petits. Comme le disait Jésus, « Dieu l’a caché aux sages et aux savants, et il l’a révélé aux tout-petits ». Nous voilà tout-à-fait rassurés : tout-petits, nous le sommes, il suffit de le reconnaître.

 

EVANGILE – selon Saint Matthieu 5, 17-37

En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples
17 « Ne pensez pas que je sois venu abolir la Loi ou les Prophètes :
je ne suis pas venu abolir, mais accomplir.
18 Amen, je vous le dis :
Avant que le ciel et la terre disparaissent,
pas un seul iota, pas un seul trait ne disparaîtra de la Loi
jusqu’à ce que tout se réalise.
19 Donc, celui qui rejettera
un seul de ces plus petits commandements,
et qui enseignera aux hommes à faire ainsi,
sera déclaré le plus petit dans le royaume des Cieux.
Mais celui qui les observera et les enseignera,
celui-là sera déclaré grand dans le royaume des Cieux.
20 Je vous le dis en effet :
Si votre justice ne surpasse pas celle des scribes et des pharisiens,
vous n’entrerez pas dans le royaume des Cieux.
21 Vous avez appris qu’il a été dit aux anciens :
Tu ne commettras pas de meurtre,
et si quelqu’un commet un meurtre,
il devra passer en jugement.
22 Eh bien ! moi, je vous dis :
Tout homme qui se met en colère contre son frère
devra passer en jugement.
Si quelqu’un insulte son frère,
il devra passer devant le tribunal.
Si quelqu’un le traite de fou,
il sera passible de la géhenne de feu.
23 Donc, lorsque tu vas présenter ton offrande à l’autel,
si, là, tu te souviens que ton frère a quelque chose contre toi,
24 laisse ton offrande, là, devant l’autel,
va d’abord te réconcilier avec ton frère,
et ensuite viens présenter ton offrande.
25 Mets-toi vite d’accord avec ton adversaire
pendant que tu es en chemin avec lui,
pour éviter que ton adversaire ne te livre au juge,
le juge au garde,
et qu’on ne te jette en prison.
26 Amen, je te le dis :
tu n’en sortiras pas
avant d’avoir payé jusqu’au dernier sou.
27 Vous avez appris qu’il a été dit :
Tu ne commettras pas d’adultère.
28 Eh bien ! moi, je vous dis :
Tout homme qui regarde une femme avec convoitise
a déjà commis l’adultère avec elle dans son cœur.
29 Si ton œil droit entraîne ta chute,
arrache-le et jette-le loin de toi,
car mieux vaut pour toi perdre un de tes membres
que d’avoir ton corps tout entier jeté dans la géhenne.
30 Et si ta main droite entraîne ta chute,
coupe-la et jette-la loin de toi,
car mieux vaut pour toi perdre un de tes membres
que d’avoir ton corps tout entier qui s’en aille dans la géhenne.
31 Il a été dit également :
Si quelqu’un renvoie sa femme,
qu’il lui donne un acte de répudiation.
32 Eh bien ! moi, je vous dis :
Tout homme qui renvoie sa femme,
sauf en cas d’union illégitime,
la pousse à l’adultère ;
et si quelqu’un épouse une femme renvoyée,
il est adultère.
33 Vous avez encore appris qu’il a été dit aux anciens :
Tu ne manqueras pas à tes serments,
mais tu t’acquitteras de tes serments envers le Seigneur.
34 Eh bien ! moi, je vous dis de ne pas jurer du tout,
ni par le ciel, car c’est le trône de Dieu,
35 ni par la terre, car elle est son marchepied,
ni par Jérusalem, car elle est la Ville du grand Roi.
36 Et ne jure pas non plus sur ta tête,
parce que tu ne peux pas
rendre un seul de tes cheveux blanc ou noir.
37 Que votre parole soit ‘oui’, si c’est ‘oui’,
‘non’, si c’est ‘non’.
Ce qui est en plus
vient du Mauvais. »

Nous avons entendu là un des maîtres mots de Saint Matthieu : le mot « accomplir ». Il vise ce grand projet que Paul appelle « le dessein bienveillant de Dieu » ; et si le mot est de Saint Paul, l’idée remonte beaucoup plus Loin que lui ; depuis Abraham, toute la Bible est tendue vers cet accomplissement. Le Chrétien, normalement, n’est pas tourné vers le passé, c’est quelqu’un qui est tendu vers l’avenir. Et il juge toutes les choses de ce monde en fonction de l’avancement des travaux, entendez l’avancement du Royaume ». Quelqu’un disait : « La Messe du dimanche, c’est la réunion du chantier du Royaume » : le lieu où on fait le point sur l’avancement de la construction.
Et réellement, le Royaume avance, lentement mais sûrement : c’est le coeur de notre foi. Bien sûr, cela ne se juge pas sur quelques dizaines d’années : il faut regarder sur la longue durée ; Dieu a choisi un peuple comme tous les autres : il s’est peu à peu révélé à lui et après coup, on est bien obligé de reconnaître qu’un énorme chemin a été parcouru. Dans la découverte de Dieu, d’abord, mais aussi dans la relation aux autres hommes ; les idéaux de justice, de liberté, de fraternité remplacent peu à peu la loi du plus fort et l’instinct de vengeance.
Ce lent travail de conversion du cœur  de l’homme a été l’œuvre  de la Loi donnée par Dieu à Moïse : les premiers commandements étaient de simples balises qui disaient le minimum vital en quelque sorte, pour que la vie en société soit simplement possible : ne pas tuer, ne pas voler, ne pas tromper… Et puis, au long des siècles on avait affiné la Loi, on l’avait précisée, au fur et à mesure que les exigences morales progressaient.
Jésus s’inscrit dans cette progression : il ne supprime pas les acquis précédents, il les affine encore : « On vous a dit… moi je vous dis… » Pas question de gommer les étapes précédentes, il s’agit d’en franchir une autre : « Je ne suis pas venu abolir, mais accomplir ». Première étape, tu ne tueras pas, deuxième étape, tu t’interdiras même la colère et tu iras jusqu’au pardon. Dans un autre domaine, première étape, tu ne commettras pas l’adultère en acte, deuxième étape, tu t’interdiras même d’y penser, et tu éduqueras ton regard à la pureté. Enfin, en matière de promesses, première étape, pas de faux serments, deuxième étape, pas de serments du tout, que toute parole de ta bouche soit vraie.
Aller plus loin, toujours plus loin dans l’amour, voilà la vraie sagesse ! Mais l’humanité a bien du mal à prendre ce chemin-là ! Pire encore, elle refuse bien souvent les valeurs de l’évangile et se croit sage en bâtissant sa vie sur de tout autres valeurs. Paul fustige souvent cette prétendue sagesse qui fait le malheur des hommes : « La sagesse de ceux qui dominent le monde et qui déjà se détruisent », lisions-nous dans la deuxième lecture.
Dans chacun de ces domaines, Jésus nous invite à franchir une étape pour que le Royaume vienne. Curieusement, mais c’est bien conforme à toute la tradition biblique, ces commandements renouvelés de Jésus visent tous les relations avec les autres. Si on y réfléchit, ce n’est pas étonnant : si le dessein bienveillant de Dieu, comme dit saint Paul, c’est de nous réunir tous en Jésus-Christ, tout effort que nous tentons vers l’unité fraternelle contribue à l’accomplissement du projet de Dieu, c’est-à-dire à la venue de son Règne. Il ne suffit pas de dire « Que ton Règne vienne », Jésus vient de nous dire comment, petitement, mais sûrement, on peut y contribuer.

ANCIEN TESTAMENT, BIBLE, PSAUME 118, PSAUMES

Le Psaume 118

PSAUME 118

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 Heureux les hommes intègres dans leurs voies qui marchent suivant la loi du Seigneur !

Heureux ceux qui gardent ses exigences, ils le cherchent de tout cœur !

Jamais ils ne commettent d’injustice, ils marchent dans ses voies.

Toi, tu promulgues des préceptes à observer entièrement.

Puissent mes voies s’affermir à observer tes commandements !

Ainsi je ne serai pas humilié quand je contemple tes volontés.

D’un cœur droit, je pourrai te rendre grâce, instruit de tes justes décisions.

Tes commandements, je les observe : ne m’abandonne pas entièrement.

Comment, jeune, garder pur son chemin ? En observant ta parole.

De tout mon cœur, je te cherche ; garde-moi de fuir tes volontés.

Dans mon cœur, je conserve tes promesses pour ne pas faillir envers toi.

Toi, Seigneur, tu es béni : apprends-moi tes commandements.

Je fais repasser sur mes lèvres chaque décision de ta bouche.

Je trouve dans la voie de tes exigences plus de joie que dans toutes les richesses.

Je veux méditer sur tes préceptes et contempler tes voies.

Je trouve en tes commandements mon plaisir, je n’oublie pas ta parole.

Sois bon pour ton serviteur, et je vivrai, j’observerai ta parole.

Ouvre mes yeux, que je contemple les merveilles de ta loi.

Je suis un étranger sur la terre ; ne me cache pas tes volontés.

Mon âme a brûlé de désir en tout temps pour tes décisions.

Tu menaces les orgueilleux, les maudits, ceux qui fuient tes volontés.

Épargne-moi l’insulte et le mépris : je garde tes exigences.

Lorsque des grands accusent ton serviteur, je médite sur tes ordres.

Je trouve mon plaisir en tes exigences : ce sont elles qui me conseillent.

Mon âme est collée à la poussière ; fais-moi vivre selon ta parole.

J’énumère mes voies : tu me réponds ; apprends-moi tes commandements.

Montre-moi la voie de tes préceptes, que je médite sur tes merveilles.

La tristesse m’arrache des larmes : relève-moi selon ta parole.

 Détourne-moi de la voie du mensonge, fais-moi la grâce de ta loi.

J’ai choisi la voie de la fidélité, je m’ajuste à tes décisions.

Je me tiens collé à tes exigences ; Seigneur, garde-moi d’être humilié.

Je cours dans la voie de tes volontés, car tu mets au large mon cœur !

Enseigne-moi, Seigneur, le chemin de tes ordres ; à les garder, j’aurai ma récompense.

Montre-moi comment garder ta loi, que je l’observe de tout cœur

Guide-moi sur la voie de tes volontés, là, je me plais.

Incline mon cœur vers tes exigences, non pas vers le profit.

Détourne mes yeux des idoles : que tes chemins me fassent vivre.

Pour ton serviteur accomplis ta promesse qui nous fera t’adorer.

Détourne l’insulte qui m’effraie ; tes décisions sont bienfaisantes.

Vois, j’ai désiré tes préceptes : par ta justice fais-moi vivre.

Que vienne à moi, Seigneur, ton amour, et ton salut, selon ta promesse.

J’aurai pour qui m’insulte une réponse, car je m’appuie sur ta parole.

N’ôte pas de ma bouche la parole de vérité, car j’espère tes décisions.

J’observerai sans relâche ta loi, toujours et à jamais.

Je marcherai librement, car je cherche tes préceptes.

Devant les rois je parlerai de tes exigences et ne serai pas humilié.

Je trouve mon plaisir en tes volontés, oui, vraiment, je les aime.

Je tends les mains vers tes volontés, je les aime, je médite sur tes ordres.

Rappelle-toi ta parole à ton serviteur, celle dont tu fis mon espoir.

Elle est ma consolation dans mon épreuve : ta promesse me fait vivre.

Des orgueilleux m’ont accablé de railleries, je n’ai pas dévié de ta loi.

Je me rappelle tes décisions d’autrefois : voilà ma consolation, Seigneur.

Face aux impies, la fureur me prend, car ils abandonnent ta loi.

J’ai fait de tes commandements mon cantique dans ma demeure d’étranger.

La nuit, je me rappelle ton nom pour observer ta loi.

Ce qui me revient, Seigneur, c’est de garder tes préceptes.VIII – Je n’oublie pas ta loi

Mon partage, Seigneur, je l’ai dit, c’est d’observer tes paroles.

De tout mon cœur,  je quête ton regard : pitié pour moi selon tes promesses.

J’examine la voie que j’ai prise : mes pas me ramènent à tes exigences.

Je me hâte, et ne tarde pas, d’observer tes volontés.

Les pièges de l’impie m’environnent, je n’oublie pas ta loi.

Au milieu de la nuit, je me lève et te rends grâce pour tes justes décisions.

Je suis lié à tous ceux qui te craignent et qui observent tes préceptes.

Ton amour, Seigneur, emplit la terre ; apprends-moi tes commandements.

IX – J’ai souffert pour mon bien

Tu fais le bonheur de ton serviteur, Seigneur, selon ta parole.

Apprends-moi à bien saisir, à bien juger : je me fie à tes volontés.

Avant d’avoir souffert, je m’égarais ; maintenant, j’observe tes ordres.

Toi, tu es bon, tu fais du bien : apprends-moi tes commandements.

Des orgueilleux m’ont couvert de calomnies : de tout coeur, je garde tes préceptes.

Leur cœur , alourdi, s’est fermé ; moi, je prends plaisir à ta loi.

C’est pour mon bien que j’ai souffert, ainsi, ai-je appris tes commandements.

Mon bonheur, c’est la loi de ta bouche, plus qu’un monceau d’or ou d’argent.

Tes mains m’ont façonné, affermi ; éclaire-moi, que j’apprenne tes volontés.

A me voir, ceux qui te craignent se réjouissent, car j’espère en ta parole.

Seigneur, je le sais, tes décisions sont justes ; tu es fidèle quand tu m‘éprouves.

Que j’aie pour consolation ton amour selon tes promesses à ton serviteur !

Que vienne à moi ta tendresse, et je vivrai : ta loi fait mon plaisir.

Honte aux orgueilleux qui m’accablent de mensonges ; moi, je médite sur tes préceptes.

Qu’ils se tournent vers moi, ceux qui te craignent, ceux qui connaissent tes exigences.

Que j’aie par tes commandements le cœur intègre : alors je ne serai pas humilié.

Usé par l’attente du salut, j’espère encore ta parole.

L’oeil usé d’attendre tes promesses, j’ai dit : « Quand vas-tu me consoler ? »

Devenu comme une outre durcie par la fumée, je n’oublie pas tes commandements.

Combien de jours ton serviteur vivra-t-il ? quand jugeras-tu mes persécuteurs ?

Des orgueilleux ont creusé pour moi une fosse au mépris de ta loi.

Tous tes ordres ne sont que fidélité ; mensonge, mes poursuivants : aide-moi !

 Ils ont failli m’user, me mettre à terre : je n’ai pas abandonné tes préceptes.

Fais-moi vivre selon ton amour : j’observerai les décrets de ta bouche.

Pour toujours, ta parole, Seigneur, se dresse dans les cieux.

Ta fidélité demeure d’âge en âge, la terre que tu fixas tient bon.

Jusqu’à ce jour, le monde tient par tes décisions : toute chose est ta servante.

Si je n’avais mon plaisir dans ta loi, je périrais de misère.

Jamais je n’oublierai tes préceptes : par eux tu me fais vivre.

Je suis à toi : sauve-moi, car je cherche tes préceptes.

Des impies escomptent ma perte : moi, je réfléchis à tes exigences.

De toute perfection, j’ai vu la limite ; tes volontés sont d’une ampleur infinie.

De quel amour j’aime ta loi : tout le jour je la médite !

Je surpasse en habileté mes ennemis, car je fais miennes pour toujours tes volontés.

Je surpasse en sagesse tous mes maîtres, car je médite tes exigences.

Je surpasse en intelligence les anciens, car je garde tes préceptes.

Des chemins du mal, je détourne mes pas, afin d’observer ta parole.

De tes décisions, je ne veux pas m’écarter, car c’est toi qui m’enseignes.

Qu’elle est douce à mon palais ta promesse : le miel a moins de saveur dans ma bouche !

Tes préceptes m’ont donné l’intelligence : je hais tout chemin de mensonge.

Ta parole est la lumière de mes pas, la lampe de ma route.

Je l’ai juré, je tiendrai mon serment, j’observerai tes justes décisions.

J’ai vraiment trop souffert, Seigneur ; fais-moi vivre selon ta parole.

Accepte en offrande ma prière, Seigneur : apprends-moi tes décisions.

A tout instant j’expose ma vie : je n’oublie rien de ta loi.

Des impies me tendent un piège : je ne dévie pas de tes préceptes.

Tes exigences resteront mon héritage, la joie de mon cœur .

Mon cœur incline à pratiquer tes commandements : c’est à jamais ma récompense.

Je hais les cœurs  partagés ; j’aime ta loi.

Toi, mon abri, mon bouclier ! j’espère en ta parole.

Écartez-vous de moi, méchants : je garderai les volontés de mon Dieu.

Que ta promesse me soutienne, et je vivrai : ne déçois pas mon attente.

Sois mon appui : je serai sauvé ; j’ai toujours tes commandements devant les yeux.

Tu rejettes ceux qui fuient tes commandements : leur ruse les égare.

Tu mets au rebut tous les impies de la terre ; c’est pourquoi j’aime tes exigences.

Ma chair tremble de peur devant toi : tes décisions m’inspirent la crainte.

J’ai agi selon le droit et la justice : ne me livre pas à mes bourreaux.

Assure le bonheur de ton serviteur : que les orgueilleux ne me tourmentent plus !

Mes yeux se sont usés à guetter le salut et les promesses de ta justice.

Agis pour ton serviteur selon ton amour, apprends-moi tes commandements.

Je suis ton serviteur, éclaire-moi : je connaîtrai tes exigences.

Seigneur, il est temps que tu agisses : on a violé ta loi.

Aussi j’aime tes volontés, plus que l’or le plus précieux.

Je me règle sur chacun de tes préceptes, je hais tout chemin de mensonge.

Quelle merveille, tes exigences, aussi mon âme les garde !

Déchiffrer ta parole illumine et les simples comprennent.

La bouche grande ouverte, j’aspire, assoiffé de tes volontés.

Aie pitié de moi, regarde-moi : tu le fais pour qui aime ton nom.

Que ta promesse assure mes pas : qu’aucun mal ne triomphe de moi !

Rachète-moi de l’oppression des hommes, que j’observe tes préceptes.

Pour ton serviteur que ton visage s’illumine : apprends-moi tes commandements.

Mes yeux ruissellent de larmes car on n’observe pas ta loi.

Toi, tu es juste, Seigneur, tu es droit dans tes décisions.

Tu promulgues tes exigences avec justice, avec entière fidélité.

Quand mes oppresseurs oublient ta parole, une ardeur me consume.

Ta promesse tout entière est pure, elle est aimée de ton serviteur.

Moi, le chétif, le méprisé, je n’oublie pas tes préceptes.

Justice éternelle est ta justice, et vérité, ta loi.

La détresse et l’angoisse m’ont saisi ; je trouve en tes volontés mon plaisir.

Justice éternelle, tes exigences ; éclaire-moi, et je vivrai.

J’appelle de tout mon cœur : réponds-moi ; je garderai tes commandements.

Je t’appelle, Seigneur, sauve-moi ; j’observerai tes exigences.

Je devance l’aurore et j’implore : j’espère en ta parole.

Mes yeux devancent la fin de la nuit pour méditer sur ta promesse.

Dans ton amour, Seigneur, écoute ma voix : selon tes décisions fais-moi vivre !

Ceux qui poursuivent le mal s’approchent, ils s’éloignent de ta loi.

Toi, Seigneur, tu es proche, tout dans tes ordres est vérité.

Depuis longtemps je le sais : tu as fondé pour toujours tes exigences.

Vois ma misère : délivre-moi ; je n’oublie pas ta loi.

Soutiens ma cause : défends-moi, en ta promesse fais-moi vivre !

Le salut s’éloigne des impies qui ne cherchent pas tes commandements.

Seigneur, ta tendresse est sans mesure : selon ta décision fais-moi vivre !

Ils sont nombreux mes persécuteurs, mes oppresseurs ; je ne dévie pas de tes exigences.

J’ai vu les renégats : ils me répugnent, car ils ignorent ta promesse.

Vois combien j’aime tes préceptes, Seigneur, fais-moi vivre selon ton amour !

Le fondement de ta parole est vérité ; éternelles sont tes justes décisions.

Des grands me persécutent sans raison ; mon cœur ne craint que ta parole.

Tel celui qui trouve un grand butin, je me réjouis de tes promesses.

Je hais, je déteste le mensonge ; ta loi, je l’aime.

Sept fois chaque jour, je te loue pour tes justes décisions.

Grande est la paix de qui aime ta loi ; jamais il ne trébuche.

Seigneur, j’attends de toi le salut : j’accomplis tes volontés.

Tes exigences, mon âme les observe : oui, vraiment, je les aime.

J’observe tes exigences et tes préceptes : toutes mes voies sont devant toi.

Que mon cri parvienne devant toi, éclaire-moi selon ta parole, Seigneur.

Que ma prière arrive jusqu’à toi ; délivre-moi selon ta promesse.

Que chante sur mes lèvres ta louange, car tu m’apprends tes commandements.

Que ma langue redise tes promesses, car tout est justice en tes volontés.

Que ta main vienne à mon aide, car j’ai choisi tes préceptes.

J’ai le désir de ton salut, Seigneur : ta loi fait mon plaisir.

Que je vive et que mon âme te loue ! Tes décisions me soient en aide !

Je m’égare, brebis perdue : * viens chercher ton serviteur. Je n’oublie pas tes volontés.

 

ANCIEN TESTAMENT, BIBLE, PSAUME 118, PSAUMES

Le Psaume 118

PSAUME 118

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Heureux les hommes intègres dans leurs voies qui marchent suivant la loi du Seigneur !

Heureux ceux qui gardent ses exigences, ils le cherchent de tout cœur !

Jamais ils ne commettent d’injustice, ils marchent dans ses voies.

Toi, tu promulgues des préceptes à observer entièrement.

Puissent mes voies s’affermir à observer tes commandements !

 Ainsi je ne serai pas humilié quand je contemple tes volontés.

D’un cœur droit, je pourrai te rendre grâce, instruit de tes justes décisions.

Tes commandements, je les observe : ne m’abandonne pas entièrement.

 Comment, jeune, garder pur son chemin ? En observant ta parole.

De tout mon cœur, je te cherche ; garde-moi de fuir tes volontés.

Dans mon cœur, je conserve tes promesses pour ne pas faillir envers toi.

Toi, Seigneur, tu es béni : apprends-moi tes commandements.

Je fais repasser sur mes lèvres chaque décision de ta bouche.

Je trouve dans la voie de tes exigences plus de joie que dans toutes les richesses.

Je veux méditer sur tes préceptes et contempler tes voies.

Je trouve en tes commandements mon plaisir, je n’oublie pas ta parole.

Sois bon pour ton serviteur, et je vivrai, j’observerai ta parole.

Ouvre mes yeux, que je contemple les merveilles de ta loi.

Je suis un étranger sur la terre ; ne me cache pas tes volontés.

Mon âme a brûlé de désir en tout temps pour tes décisions.

Tu menaces les orgueilleux, les maudits, ceux qui fuient tes volontés.

Épargne-moi l’insulte et le mépris : je garde tes exigences.

Lorsque des grands accusent ton serviteur, je médite sur tes ordres.

Je trouve mon plaisir en tes exigences : ce sont elles qui me conseillent.

Mon âme est collée à la poussière ; fais-moi vivre selon ta parole.

J’énumère mes voies : tu me réponds ; apprends-moi tes commandements.

Montre-moi la voie de tes préceptes, que je médite sur tes merveilles.

La tristesse m’arrache des larmes : relève-moi selon ta parole.

Détourne-moi de la voie du mensonge, fais-moi la grâce de ta loi.

J’ai choisi la voie de la fidélité, je m’ajuste à tes décisions.

Je me tiens collé à tes exigences ; Seigneur, garde-moi d’être humilié.

Je cours dans la voie de tes volontés, car tu mets au large mon cœur.

Enseigne-moi, Seigneur, le chemin de tes ordres ; à les garder, j’aurai ma récompense.

Montre-moi comment garder ta loi, que je l’observe de tout cœur .

Guide-moi sur la voie de tes volontés, là, je me plais.

Incline mon cœur vers tes exigences, non pas vers le profit.

Détourne mes yeux des idoles : que tes chemins me fassent vivre.

Pour ton serviteur accomplis ta promesse qui nous fera t’adorer.

Détourne l’insulte qui m’effraie ; tes décisions sont bienfaisantes.

Vois, j’ai désiré tes préceptes : par ta justice fais-moi vivre.

Que vienne à moi, Seigneur, ton amour, et ton salut, selon ta promesse.

J’aurai pour qui m’insulte une réponse, car je m’appuie sur ta parole.

N’ôte pas de ma bouche la parole de vérité, car j’espère tes décisions.

J’observerai sans relâche ta loi, toujours et à jamais.

Je marcherai librement, car je cherche tes préceptes.

Devant les rois je parlerai de tes exigences et ne serai pas humilié.

Je trouve mon plaisir en tes volontés, oui, vraiment, je les aime.

Je tends les mains vers tes volontés, je les aime, je médite sur tes ordres.

Rappelle-toi ta parole à ton serviteur, celle dont tu fis mon espoir.

Elle est ma consolation dans mon épreuve : ta promesse me fait vivre.

Des orgueilleux m’ont accablé de railleries, je n’ai pas dévié de ta loi.

Je me rappelle tes décisions d’autrefois : voilà ma consolation, Seigneur.

Face aux impies, la fureur me prend, car ils abandonnent ta loi.

J’ai fait de tes commandements mon cantique dans ma demeure d’étranger.

La nuit, je me rappelle ton nom pour observer ta loi.

Ce qui me revient, Seigneur, c’est de garder tes préceptes. VIII – Je n’oublie pas ta loi

Mon partage, Seigneur, je l’ai dit, c’est d’observer tes paroles.

De tout mon cœur , je quête ton regard : pitié pour moi selon tes promesses.

J’examine la voie que j’ai prise : mes pas me ramènent à tes exigences.

Je me hâte, et ne tarde pas, d’observer tes volontés.

Les pièges de l’impie m’environnent, je n’oublie pas ta loi.

Au milieu de la nuit, je me lève et te rends grâce pour tes justes décisions.

Je suis lié à tous ceux qui te craignent et qui observent tes préceptes.

Ton amour, Seigneur, emplit la terre ; apprends-moi tes commandements. IX – J’ai souffert pour mon bien

Tu fais le bonheur de ton serviteur, Seigneur, selon ta parole.

Apprends-moi à bien saisir, à bien juger : je me fie à tes volontés.

Avant d’avoir souffert, je m’égarais ; maintenant, j’observe tes ordres.

Toi, tu es bon, tu fais du bien : apprends-moi tes commandements.

Des orgueilleux m’ont couvert de calomnies : de tout coeur, je garde tes préceptes.

Leur cœur, alourdi, s’est fermé ; moi, je prends plaisir à ta loi.

C’est pour mon bien que j’ai souffert, ainsi, ai-je appris tes commandements.

Mon bonheur, c’est la loi de ta bouche, plus qu’un monceau d’or ou d’argent.

Tes mains m’ont façonné, affermi ; éclaire-moi, que j’apprenne tes volontés.

A me voir, ceux qui te craignent se réjouissent, car j’espère en ta parole.

Seigneur, je le sais, tes décisions sont justes ; tu es fidèle quand tu m’éprouves.

Que j’aie pour consolation ton amour selon tes promesses à ton serviteur !

Que vienne à moi ta tendresse, et je vivrai : ta loi fait mon plaisir.

Honte aux orgueilleux qui m’accablent de mensonges ; moi, je médite sur tes préceptes.

Qu’ils se tournent vers moi, ceux qui te craignent, ceux qui connaissent tes exigences.

Que j’aie par tes commandements le cœur  intègre : alors je ne serai pas humilié.

Usé par l’attente du salut, j’espère encore ta parole.

L’œil usé d’attendre tes promesses, j’ai dit : « Quand vas-tu me consoler ? »

Devenu comme une outre durcie par la fumée, je n’oublie pas tes commandements.

Combien de jours ton serviteur vivra-t-il ? quand jugeras-tu mes persécuteurs ?

Des orgueilleux ont creusé pour moi une fosse au mépris de ta loi.

Tous tes ordres ne sont que fidélité ; mensonge, mes poursuivants : aide-moi !

lls ont failli m’user, me mettre à terre : je n’ai pas abandonné tes préceptes.

Fais-moi vivre selon ton amour : j’observerai les décrets de ta bouche.

Pour toujours, ta parole, Seigneur, se dresse dans les cieux.

Ta fidélité demeure d’âge en âge, la terre que tu fixas tient bon.

Jusqu’à ce jour, le monde tient par tes décisions : toute chose est ta servante.

Si je n’avais mon plaisir dans ta loi, je périrais de misère.

Jamais je n’oublierai tes préceptes : par eux tu me fais vivre.

Je suis à toi : sauve-moi, car je cherche tes préceptes.

Des impies escomptent ma perte : moi, je réfléchis à tes exigences.

De toute perfection, j’ai vu la limite ; tes volontés sont d’une ampleur infinie.

 De quel amour j’aime ta loi : tout le jour je la médite !

Je surpasse en habileté mes ennemis, car je fais miennes pour toujours tes volontés.

Je surpasse en sagesse tous mes maîtres, car je médite tes exigences.

Je surpasse en intelligence les anciens, car je garde tes préceptes.

Des chemins du mal, je détourne mes pas, afin d’observer ta parole.

De tes décisions, je ne veux pas m’écarter, car c’est toi qui m’enseignes.

Qu’elle est douce à mon palais ta promesse : le miel a moins de saveur dans ma bouche !

Tes préceptes m’ont donné l’intelligence : je hais tout chemin de mensonge.

Ta parole est la lumière de mes pas, la lampe de ma route.

Je l’ai juré, je tiendrai mon serment, j’observerai tes justes décisions.

J’ai vraiment trop souffert, Seigneur ; fais-moi vivre selon ta parole.

Accepte en offrande ma prière, Seigneur : apprends-moi tes décisions.

A tout instant j’expose ma vie : je n’oublie rien de ta loi.

Des impies me tendent un piège : je ne dévie pas de tes préceptes.

Tes exigences resteront mon héritage, la joie de mon coeur.

Mon cœur incline à pratiquer tes commandements : c’est à jamais ma récompense.

Je hais les cœurs partagés ; j’aime ta loi.

Toi, mon abri, mon bouclier ! j’espère en ta parole.

Écartez-vous de moi, méchants : je garderai les volontés de mon Dieu.

Que ta promesse me soutienne, et je vivrai : ne déçois pas mon attente.

Sois mon appui : je serai sauvé ; j’ai toujours tes commandements devant les yeux.

Tu rejettes ceux qui fuient tes commandements : leur ruse les égare.

Tu mets au rebut tous les impies de la terre ; c’est pourquoi j’aime tes exigences.

Ma chair tremble de peur devant toi : tes décisions m’inspirent la crainte.

J’ai agi selon le droit et la justice : ne me livre pas à mes bourreaux.

Assure le bonheur de ton serviteur : que les orgueilleux ne me tourmentent plus !

Mes yeux se sont usés à guetter le salut et les promesses de ta justice.

Agis pour ton serviteur selon ton amour, apprends-moi tes commandements.

Je suis ton serviteur, éclaire-moi : je connaîtrai tes exigences.

Seigneur, il est temps que tu agisses : on a violé ta loi.

Aussi j’aime tes volontés, plus que l’or le plus précieux.

Je me règle sur chacun de tes préceptes, je hais tout chemin de mensonge.

Quelle merveille, tes exigences, aussi mon âme les garde !

Déchiffrer ta parole illumine et les simples comprennent.

La bouche grande ouverte, j’aspire, assoiffé de tes volontés.

Aie pitié de moi, regarde-moi : tu le fais pour qui aime ton nom.

Que ta promesse assure mes pas : qu’aucun mal ne triomphe de moi !

Rachète-moi de l’oppression des hommes, que j’observe tes préceptes.

Pour ton serviteur que ton visage s’illumine : apprends-moi tes commandements.

Mes yeux ruissellent de larmes car on n’observe pas ta loi.

Toi, tu es juste, Seigneur, tu es droit dans tes décisions.

Tu promulgues tes exigences avec justice, avec entière fidélité.

Quand mes oppresseurs oublient ta parole, une ardeur me consume.

Ta promesse tout entière est pure, elle est aimée de ton serviteur.

Moi, le chétif, le méprisé, je n’oublie pas tes préceptes.

Justice éternelle est ta justice, et vérité, ta loi.

La détresse et l’angoisse m’ont saisi ; je trouve en tes volontés mon plaisir.

Justice éternelle, tes exigences ; éclaire-moi, et je vivrai.

J’appelle de tout mon cœur : réponds-moi ; je garderai tes commandements.

Je t’appelle, Seigneur, sauve-moi ; j’observerai tes exigences.

Je devance l’aurore et j’implore : j’espère en ta parole.

Mes yeux devancent la fin de la nuit pour méditer sur ta promesse.

Dans ton amour, Seigneur, écoute ma voix : selon tes décisions fais-moi vivre !

Ceux qui poursuivent le mal s’approchent, ils s’éloignent de ta loi.

Toi, Seigneur, tu es proche, tout dans tes ordres est vérité.

Depuis longtemps je le sais : tu as fondé pour toujours tes exigences.

Vois ma misère : délivre-moi ; je n’oublie pas ta loi.

Soutiens ma cause : défends-moi, en ta promesse fais-moi vivre !

Le salut s’éloigne des impies qui ne cherchent pas tes commandements.

Seigneur, ta tendresse est sans mesure : selon ta décision fais-moi vivre !

Ils sont nombreux mes persécuteurs, mes oppresseurs ; je ne dévie pas de tes exigences.

J’ai vu les renégats : ils me répugnent, car ils ignorent ta promesse.

Vois combien j’aime tes préceptes, Seigneur, fais-moi vivre selon ton amour !

Le fondement de ta parole est vérité ; éternelles sont tes justes décisions.

Des grands me persécutent sans raison ; mon coeur ne craint que ta parole.

Tel celui qui trouve un grand butin, je me réjouis de tes promesses.

Je hais, je déteste le mensonge ; ta loi, je l’aime.

Sept fois chaque jour, je te loue pour tes justes décisions.

Grande est la paix de qui aime ta loi ; jamais il ne trébuche.

Seigneur, j’attends de toi le salut : j’accomplis tes volontés.

Tes exigences, mon âme les observe : oui, vraiment, je les aime.

J’observe tes exigences et tes préceptes : toutes mes voies sont devant toi.

Que mon cri parvienne devant toi, éclaire-moi selon ta parole, Seigneur.

Que ma prière arrive jusqu’à toi ; délivre-moi selon ta promesse.

Que chante sur mes lèvres ta louange, car tu m’apprends tes commandements.

Que ma langue redise tes promesses, car tout est justice en tes volontés.

Que ta main vienne à mon aide, car j’ai choisi tes préceptes.

J’ai le désir de ton salut, Seigneur : ta loi fait mon plaisir.

Que je vive et que mon âme te loue ! Tes décisions me soient en aide !

Je m’égare, brebis perdue : * viens chercher ton serviteur. Je n’oublie pas tes volontés.

 

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