CHINE, LONGUE MARCHE (la), MAO ZEDONG (1893-1976), REPUBLIQUE POPULAIRE DE CHINE

La longue marche de Mao Zedong

19 octobre 1935

Fin de la Longue Marche

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Le 19 octobre 1935 s’achève la Longue Marche des communistes chinois et de leur chef Mao Zedong.

Après une épopée de douze mille kilomètres à travers la Chine, les communistes se réfugient au Shaanxi. Dans cette province montagneuse isolée du nord-ouest, ils échappent aux attaques du parti rival du Guomindang et de son chef, Chiang Kaï-shek.

C’est au cours de la Longue Marche que Mao Zedong s’est imposé comme le leader des communistes chinois avant de les mener à la victoire finale.

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De difficulté en difficulté

Fils d’un riche paysan, Mao est né le 28 décembre 1893 au Hounan, au coeur de la Chine. Il a participé au mouvement étudiant du 4 mai 1919 puis à la fondation du Parti communiste en 1921.

Au risque de mécontenter les alliés soviétiques, il cultive l’idée que les révolutionnaires chinois doivent s’appuyer en priorité sur la paysannerie des campagnes, si méprisée soit-elle, plutôt que sur la classe ouvrière des villes. Cette idée est longtemps combattue par les autres leaders du Parti, notamment le très influent Zhou Enlai.

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Mais les troupes du Guomindang, le grand parti républicain de Sun Yat-sen, désormais dirigé par Chiang Kaï-shek, lancent une offensive sur le bastion communiste. Voilà Mao et ses fidèles obligés de fuir vers le nord. Ils ne sont pas les seuls. Au total, 130 000 hommes répartis en trois colonnes armées tentent de fuir vers l’ouest ou le nord-ouest.

La principale colonne, le 1er front, auquel participent Mao et les principaux hiérarques du Parti communiste chinois, compte près de 90 000 hommes au départ du Jiangxi, en octobre 1934. S’étant dirigés vers l’ouest, ils arrivent à Zunyi Guizhou) le 15 janvier 1935.

Mais les chefs s’interrogent sur la marche à suivre. Fuir mais où et dans quel but ? Mao Zedong témoigne alors d’une clarté de vue qui lui vaut le ralliement de l’influent Zhou Enlai, l’un des chefs de l’insurrection ouvrière de Shanghai de 1927. Au terme de rudes débats, il impose l’idée de se diriger vers le nord et, pourquoi pas ? d’en profiter pour combattre les Japonais et rallier les patriotes chinois à leur cause.

La colonne poursuit donc sa route, toujours traquée par les troupes nationalistes et parfois mitraillés par leur aviation. La marche elle-même est épuisante, par les déserts et les montagnes enneigées. Les hommes doivent marcher environ quarante kilomètres par jour, avec une vingtaine de kilos sur le dos, ravitaillement et fusil compris. Autant dire que les effectifs fondent très vite, du fait des batailles, de la faim, des maladies… et plus que tout des désertions.

Après Zunyi, le 1er front tourne un moment en rond car Mao, qui voit son autorité s’affermir sur le groupe, ne veut pas rejoindre trop tôt l’autre colonne qui vient à leur rencontre, celle du général Zhang Guotao.

En février 1935, avec l’appui de Zhou Enlai, Mao se fait enfin élire président du Comité central du PCC (Parti communiste chinois). Quand les deux colonnes se rejoignent enfin, leurs chefs ne tardent pas à diverger sur la stratégie.

Zhang Guotao entraîne ses hommes vers le plein Ouest avec l’espoir de rejoindre la république bolchévique du Sinkiang. Presque tous ses hommes se feront massacrer avant le but, par les cavaliers Hui, des musulmans ralliés aux nationalistes. Lui-même finira par rejoindre le Guomindang !

Désormais chef incontesté de son groupe, Mao, quant à lui, est plus que jamais décidé à aller vers le nord. Incidemment, dans un village, il découvre en effet sur une coupure de presse qu’un soviet communiste s’est constitué au Shaanxi, une province misérable d’environ 200 000 km2 et 25 millions d’habitants.

Il y arrive le 19 octobre 1935, après un parcours de douze mille kilomètres en 368 jours, dont seulement cent jours de repos. Il n’est plus accompagné que de vingt à trente mille hommes, un cinquième des effectifs initiaux.

Aujourd’hui encore, la Longue Marche fait l’admiration de la plupart des Chinois. Elle est vue non sans raison comme un spectaculaire exploit collectif, une anabase des temps modernes. Entre autres moments épiques, le franchissement sous la mitraille du célèbre pont suspendu de Luding s’inscrit dans le roman national !

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CHINE, REPUBLIQUE POPULAIRE DE CHINE

Histoire de la Chine

Une histoire de la Chine

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Histoire de la Chine impériale du VIe au début du XXe siècle

 

Après plus de trois siècles de division et l’installation en Chine du Nord de plusieurs dynasties d’origine turque, en 577, la dynastie Sui réunifie la Chine. Les dynasties Tang et Song qui lui succèdent pendant six siècles vont connaître une civilisation remarquable, en dépit de périodes de division. Au début du xiiie siècle, les Mongols sous la conduite de Gengis Khan et de Koubilai conquièrent la totalité de la Chine : c’est la dynastie Yuan. Au milieu du xive siècle, une réaction chinoise installe la dynastie Ming. Cette dynastie pacifique fige la Chine alors que les premiers Européens arrivent sur les côtes chinoises. La dernière dynastie, celle des Qing, est fondée en 1651 par les envahisseurs mandchous. Elle conquiert l’espace actuel de la Chine, mais ferme le pays aux influences occidentales. Au milieu du xixe siècle, les puissances occidentales (Européens et États-Unis) obtiennent par la force de nombreux avantages en Chine, ce qui provoque des révoltes nationalistes. En 1911, la République de Chine est proclamée. Mais rapidement, le conflit éclate entre les conservateurs (nationalistes) et les communistes chinois. Dans les années 1930, le Japon commence à conquérir l’Est du territoire chinois. En 1949, la République populaire chinoise est proclamée par les communistes victorieux.

Le système de transcription du chinois (mandarin) en alphabet latin utilisé ici est le système pinyin « épeler les sons ». Ce système de transcription phonétique a été adopté en 1958 par la République populaire de Chine et approuvé par l’organisation internationale de normalisation en 1979. L’orthographe des noms peut donc être différente de celle que l’on peut trouver dans des publications anciennes sur la Chine ou dans des livres qui n’utilisent pas ce système.

 

La dynastie Sui (589-618)

La dynastie Sui est fondée par l’empereur Sui Wendi. Malgré sa brièveté, elle joue un rôle considérable. Elle réunifie la Chine et fait de Xian sa capitale. Certains Chinois du sud reviennent au Nord. L’empereur Sui Wendi reconstruit et allonge la Grande Muraille, il fait creuser le Grand Canal qui réunit la Chine du Nord et celle du Sud. Mais ces travaux sont faits à l’aide du travail forcé des paysans. L’expansion territoriale reprend à l’ouest vers le bassin du Tarim ce qui permet la réouverture de la route de la soie. Cependant l’expédition militaire en Corée est un échec coûteux (les paysans se mutilent pour ne pas être mobilisés comme soldats). Les impôts trop élevés, le refus de la conscription militaire, les intrigues sanglantes de la Cour impériale provoquent des révoltes qui finissent par abattre la dynastie.

La dynastie Tang (618-907)

La dynastie Tang, d’origine turco-chinoise, a son berceau dans le Shanxi. La capitale est Xi’an, ville qui, à l’époque, avec deux millions d’habitants, était la plus grande ville du monde. La Chine comptait alors cinquante millions de personnes et était l’état le plus peuplé du monde. Les premiers empereurs font une réforme agraire qui supprime le fermage et fait de la Chine un pays de paysans petits propriétaires. Le gouvernement revient au confucianisme qui avait été malmené sous les Sui. Mais le bouddhisme se répand tandis que de nouvelles religions comme l’Islam et le christianisme apparaissent en Chine. L’empereur Taizong (626-649) agrandit considérablement l’empire chinois. Il oblige le roi du Tibet à le reconnaître comme suzerain, il soumet les oasis du Tarim, les Turcs de Mongolie et du Turkestan. L’empire atteint alors la mer Caspienne. Cependant, la défaite des Chinois devant les musulmans à Tlalas en 751, arrête l’expansion vers l’ouest. L’influence chinoise est considérable en Asie orientale où la langue chinoise devient le moyen de communication international. La Chine est prospère et la civilisation Tang est brillante : l’imprimerie est inventée ainsi que sous le règne de Xuanzong (712-756) l’opéra chinois. La littérature et les arts sont florissants.

À la mort de Xuanzong, les Chinois se divisent et la guerre civile qui en résulte fait disparaître le tiers de la population. Les petits propriétaires ruinés par les troubles doivent vendre leurs terres et deviennent serfs dans les grands domaines (situation qui durera jusqu’au xxe siècle). Profitant des troubles les gouverneurs de provinces deviennent héréditaires. Pour faire face les empereurs s’appuient sur le peuple étranger des Ouïgours. Afin de mettre la main sur les énormes richesses que les offrandes des fidèles ont accumulées dans les temples bouddhistes, en 843 les religions étrangères sont interdites (il en est de même pour les religions très minoritaires comme l’Islam et le Christianisme). La misère déclenche de nombreuses révoltes comme en 874-880 et une réaction xénophobe (près de 10 000 étrangers sont massacrés à Guangzhou (Canton)). Les Tang disparaissent en 907 et la Chine une nouvelle fois connaît la division. Les peuples voisins (Tibétains à l’Ouest et Mongols au Nord) en profitent pour ravager la Chine.

 

La dynastie Song (960-1279)

 

La Chine vers 1140 pendant l’époque Song

De 960 à 1127, les Song contrôlent la totalité de la Chine depuis leur capitale Kaïfeng. Mais de 1127 à 1279, ils abandonnent la Chine du Nord à la dynastie Jin (d’origine mongole). Repliée au Sud, leur capitale est alors Hangzhou. L’empire Song est gouverné à l’aide d’une bureaucratie formée et très centralisée. La Chine connaît de grandes transformations. Le commerce devient une activité importante. Les marins-commerçants chinois, utilisant la boussole, sont en relations avec le Japon, l’Inde, l’Arabie et l’Égypte. La monnaie de papier est développée pour favoriser le développement commercial. Un nouveau système de pont, avec armature en bois, sans piles dans le lit du cours d’eau, est mis au point afin de faciliter les échanges avec l’intérieur sans gêner la navigation fluviale. L’imprimerie permet aux commerçants de bénéficier de l’éducation jusque-là réservée aux mandarins pratiquant la calligraphie. La métallurgie du fer prend une grande ampleur. Les Chinois inventent la poudre à canon et le canon. Les villes qui étaient jusque-là des centres politiques et administratifs deviennent des centres de commerce et d’industrie. Le bouddhisme persécuté à la fin de la dynastie Tang décline tandis que le confucianisme impose l’idée que l’autorité est la base de l’organisation sociale (le peuple doit obéir au roi, l’enfant à son père, les jeunes aux personnes âgées). L’immobilisme social et politique se met ainsi en place.

La dynastie Yuan (1271-1368)

La dynastie Yuan introduit une grande nouveauté : pour la première fois la Chine est gouvernée par des non-chinois. La Chine devient une partie de l’immense empire mongol créé par Gengis Khan. En 1234, les Mongols s’emparent de la Chine du Nord contrôlée par la dynastie Jin. En 1271, Kubilaï Khan, petit-fils de Gengis Khan, fonde la dynastie chinoise Yuan (nom chinois). En 1279, il s’empare de la Chine du Sud dirigée par la dynastie Song. Désormais toute la Chine est sous le contrôle des Mongols. Kubilaï très attiré par la civilisation chinoise fait reconstruire Beijing (Pékin) que son grand-père avait ravagée. Il en fait sa capitale (Kanbalik). Il fait prolonger le Grand canal jusqu’à Beijing, réouvre la route de la soie (même si les territoires mongols de l’ouest se séparent de la Chine). Cette réouverture permet l’arrivée d’Européens (Marco Polo entre autres en 1275). Le développement scientifique est important (invention de la clepsidre et de la sphère armillaire). Kubilaï échoue dans ses deux tentatives d’invasion du Japon (1274 et 1284), il en est de même au Viêt Nam et à Java.

Les Mongols favorisent le bouddhisme et sont tolérants pour les autres religions (en particulier l’Islam et le Christianisme).

La dynastie Yuan est mal acceptée par les Chinois. Les Mongols pratiquent une politique de ségrégation ethnique. Ils interdisent les mariages des Mongols avec les Chinois. Ils hiérarchisent la société en quatre castes : les mongols et les peuples non-chinois venus d’Asie centrale sont dans les deux premières castes qui se réservent les bonnes places de l’administration. Les Chinois du Nord et les Chinois du Sud forment les deux dernières castes et sont systématiquement exclus (au moins jusqu’en 1315) de l’administration. Les Mongols sont tenus pour responsables des calamités naturelles de la forte fiscalité rendue nécessaire par les expéditions militaires (désastreuses). La dynastie Yuan doit faire face à la révolte des Turbans rouges à partir de 1356. Cette révolte est dirigée par un paysan Zhu Yuanzang qui en 1368 chasse de Chine les Mongols et fonde la dynastie Ming.

La dynastie Ming (1368-1644)

Après la période mongole, l’époque Ming apparaît comme un retour aux traditions chinoises. La capitale d’abord fixée à Nanjing (Nankin) est transférée en 1421 à Beijing (Pékin) où commence la construction de la Cité interdite. Hongwu, le fondateur de la dynastie, un paysan devenu chef de guerre, réalise une réforme agraire en confisquant les grands domaines, en les morcelant et en les louant à de petits paysans. Une nouvelle classe de petits propriétaires réapparaît. Le confucianisme redevient la doctrine qui règle la société chinoise. L’empereur concentre de plus en plus de pouvoir. Contrairement à la période mongole l’administration est confiée à des fonctionnaires recrutés sur examen. Un cadastre est établi afin de mieux percevoir les impôts. La population est assignée à résidence, nul ne peut s’éloigner de son domicile sans un passeport. Entre 1405 et 1433, Zheng He dirige sept expéditions maritimes vers l’Afrique et dépasse le Cap de Bonne Espérance et pénètre dans l’Atlantique. Marins et commerçants créant un grand réseau commercial permettent à l’influence chinoise de s’étendre vers les îles de la Sonde (Indonésie) et l’Inde. Cependant, en 1513, les Portugais arrivent en Chine et en 1553, ils s’installent à Macao. En 1582, des missionnaires catholiques sont présentes en Chine. Le théâtre chinois se développe avec des pièces à sujet sentimentaux, historiques ou fantastiques. La céramique polychrome devient un objet d’exportation.

Les empereurs Ming consacrent une grande énergie à contenir la pression des peuples voisins. En 1529, 1530, 1542 puis 1550, les Mongols font des raids en Chine du Nord, malgré le doublement de la grande muraille. Les Japonais en 1592-1593 puis 1597-1598 tentent de s’installer en Chine et ravagent périodiquement les côtes chinoises. Puis en 1620, les Ming perdent la Mandchourie. C’est le début de la conquête par les Mandchous, qui en 1644 s’emparent de Beijing puis en 1651 sont maîtres de la totalité de la Chine.

La dynastie Qing (1644-1912)

La dynastie Qing est la dernière dynastie impériale de Chine. Elle est fondée en 1616 par Nurhachi un chef mandchou qui pour faire la conquête de la Chine s’allie à certaines tribus mongoles. En 1642, les Mandchous repoussent les Chinois Ming au sud de la Grande muraille et en 1644 ils sont maîtres de la totalité de la Chine. Sous le règne de l’empereur Kangzi, les Manchous s’emparent de Taïwan (1683) et en 1720 imposent leur protectorat sur le Tibet. Pendant le règne de Qianlong (1735-1796) la Chine s’empare du Xinjiang, de la Mongolie extérieure, elle renforce son protectorat sur le Tibet (1792). Mais Qinlong échoue dans ses tentatives militaires en Birmanie et au Viêt Nam. La Chine atteint alors son maximum d’extension. L’adaptation rapide des Mandchous à la civilisation chinoise leur fit conserver la bureaucratie des mandarins qui rejette toutes innovations. Le gouvernement devient de plus concentré et autoritaire. Dans le premier siècle de leur gouvernement les Qing ont mené une politique favorable aux paysans en les exonérant d’impôts. D’abord favorables aux missionnaires catholiques (en particulier les Jésuites qui fournissent des conseillers aux empereurs) les Qing sont déçus par le refus de la papauté de permettre l’existence d’une adaptation du catholicisme à la Chine. À partir de 1717, le gouvernement persécute les Chrétiens. La Chine se ferme alors aux étrangers, seul le port de Xuangzhou (Canton) permet le commerce avec le reste du monde.

L’agression militaire des Européens va alors bouleverser la Chine. Les Britanniques qui trafiquent la drogue de l’opium en Asie, sont furieux que le gouvernement chinois interdise l’introduction en Chine de l’opium produit dans l’Inde britannique. En 1839-1842, a lieu la première guerre de l’opium. Vaincus les Chinois doivent céder Hong-Kong au Royaume-Uni, ouvrir cinq ports aux navires anglais. Des avantages identiques sont rapidement obtenus par les États-Unis et la France. Cette défaite qui s’ajoute à de graves difficultés économiques provoque le soulèvement des Taïping. De 1851 à 1864, ces paysans révoltés contre le gouvernement impérial créent un royaume en Chine du Sud ; ils y installent une société de type communiste (pas de propriété privée, biens de consommations distribués en fonctions des besoins des familles, égalité des sexes, interdiction des drogues). Il faudra l’aide de mercenaires étrangers pour que le gouvernement parvienne à anéantir la révolte. Une seconde intervention franco-britannique a lieu en 1858 et 1859-60. Elle aboutit au ravage de Pékin (sac du palais d’été). La Chine doit alors accepter la présence de missions chrétiennes à l’intérieur de l’empire, elle doit ouvrir de nouveaux ports, elle est contrainte de verser une très forte indemnité de guerre. Parallèlement les Russes en profitent pour annexer des territoires sur la rive sud du fleuve Amour et en Mandchourie où ils construisent Vladivostok. En 1894-1895, le Japon attaque la Chine. Victorieux le Japon obtient la Corée, Taïwan. Cette succession d’humiliations permet au jeune empereur Guangxu de tenter en 1898 une modernisation politique de la Chine en proposant une monarchie constitutionnelle. Mais l’impératrice douairière Xici, qui gouverne de fait depuis 1861, fait interner l’empereur. Pour lutter contre les Occidentaux, Xici favorise le mouvement xénophobe des Boxers (1898-1901). La défaite des Boxers permet aux Occidentaux d’obtenir des droits supplémentaires. Xici se résout à faire des réformes mais elle meurt en 1908. Le nouvel empereur Xuangtong-Puyi est un enfant de trois ans, son entourage annule les réformes. En 1911, en Chine du Sud puis en Chine du nord des révoltes parviennent à abattre le gouvernement impérial. La république est proclamée en décembre à Nanjing. En février 1912, Puyi abdique, mais jusqu’en 1924, il restera cloîtré dans la Cité interdite à Beijing.

 

 

Histoire de la Chine de 1911 à 1949

 

La naissance de la République de Chine

En 1908, le régent de Chine, père du très jeune empereur Pu Yi, renvoie le ministre réformateur Yuan Shikai qui aurait pu sauver la monarchie Qing. En octobre 1911, déçus les nationalistes chinois déclenchent une révolution dans le Hubei. Rapidement tout le sud de la Chine se révolte contre le gouvernement impérial. Fin décembre une République de Chine est proclamée à Nanjing (Nankin) et désigne Sun Yat sen, fondateur du parti Tongmenghui comme président. Ce parti avait pour but de chasser les étrangers (y compris les empereurs Qing d’origine mandchoue), de restaurer la souveraineté de la Chine, de fonder une république et de redistribuer les terres. En février 1912, à Beijing (Pékin), Yuan Shikai, oblige l’empereur Pu Yi à abdiquer. Sun Yat sen reconnait l’autorité de Yuan Shikai qui devient le président de la Chine réunifiée.

En 1912, Sun Yat sen crée le parti Guomindang (parti national du peuple) qui remporte les élections législatives de 1913. En novembre 1913, Yuan Shikai renvoie les députés du Guomindang, puis il dissout le parlement chinois et en 1915 tente en vain de rétablir l’empire à son profit. Il meurt en 1916. La Chine est de nouveau divisée. Au sud le Guomindang de Sun Yat sen forme un gouvernement républicain qui s’installe à Xuangzhou (Canton). Au nord des généraux, les « seigneurs de la guerre », s’emparent du pouvoir mais s’entredéchirent dans une guerre civile très destructrice. Pendant ce temps en août 1914, les Japonais alliés des franco-britanniques s’emparent des possessions allemandes de Chine. En janvier le gouvernement japonais exige de la Chine qu’elle accepte la colonisation économique. Malgré son entrée en guerre en 1917, la Chine n’obtient pas en 1919, la renégociation des traités inégaux qui lui avaient été imposés à la fin du xixe siècle. Aussi le 4 mai 1919, de violentes manifestations anti-occidentales et anti-japonaises ont lieu dans les villes de Chine.

 

 

Tchang Kaï-chek réunifie la Chine

Dès 1918, les communistes russes apportent leur soutien politique et technique à la formation d’une armée du Guomindang, qui est rapidement commandée par Tchang Kaï-chek. Le parti communiste chinois fondé en 1921 à Shanghaï, est poussé par la Troisième internationale à collaborer avec le Guomindang. En 1926, les troupes du Guomindang, aidée par les communistes, attaquent les seigneurs de la guerre. En septembre 1926 elles s’emparent de Hangzhou, puis de Shanghaï en avril 1927 et enfin de Nanjing en mars 1927, qui devient la capitale de la République. Tchang Kaï-chek craint l’implantation systématique des communistes dans les villes libérées. En avril 1927 il fait massacrer les communistes de Shanghaï puis en novembre 1927 ceux de Wuhan. Le chef communiste Mao Zedong décide alors de tourner l’action de son parti en direction des paysans. Débarrassé provisoirement des communistes Tchang Kaï-shek reprend l’offensive contre les seigneurs de la guerre et reprend Beijing (Pékin) en juin 1928. La Chine est de nouveau réunifiée.

Le Guomindang modernise la Chine. De gros efforts sont faits pour développer l’enseignement, le réseau routier et celui de chemin de fer. Mais la plus grande partie de l’industrie reste aux mains des étrangers (90% de la métallurgie, 80% du textile, 70% de la houille). Dans les campagnes où vivent les trois quarts des Chinois règne la misère. Les paysans qui sont surtout des fermiers versent plus de la moitié de leurs productions aux grands propriétaires. Dans certaines régions du sud les communistes s’implantent. Zhou Enlai organise une armée communiste. Les grands domaines sont confisqués, morcelés et les terres distribuées aux petits paysans. Les dettes et l’usure, plaies traditionnelles des campagnes chinoises sont annulées. Un impôt unique fondé sur la richesse est créé. En 1931, la république soviétique du Jiangxi est fondée avec Mao Zedong comme président. En octobre 1934, Tchang Kaï-chek attaque les communistes du Jiangxi. Ces derniers doivent partir et après une longue marche de 12 000 km parviennent dans le Shaanxi où ils s’installent.

 

La lutte contre l’invasion japonaise (1931-1945)

Les japonais sont fortement touchés par la crise économique de 1929. Déjà fortement implantés économiquement en Mandchourie, ils pensent en faire une colonie capable de leur fournir des matières premières bon marché et de pouvoir accueillir le trop plein de la population japonaise. En septembre 1931, à partir d’un incident sur le chemin de fer sud-mandchourien, ils attaquent la Chine. Rapidement maîtres de la Mandchourie, ils la transforment en un état vassal, le Mandzouguo, où ils installent l’ancien empereur chinois Puyi.

En janvier 1936, le Guomindang accepte après beaucoup de difficultés de collaborer avec les communistes. À partir de juillet 1937, le Japon reprend la guerre contre la Chine. Il s’agit de mettre en application la doctrine officielle de la supériorité de la « race » japonaise et de son droit à conquérir l’espace qui lui est nécessaire (ce qui rappelle la doctrine nazie en Europe). Rapidement les Japonais s’emparent de Beijing et de Tien Sin (juillet), de Shanghai (novembre), de Nanjing (décembre). Puis en 1938, Xuangzhou et Han Cheou tombent. Au cours de la conquête, les Japonais n’appliquent pas les conventions internationales sur les prisonniers de guerre et pratiquent la guerre chimique et bactériologique. Il y aura plus de 300 000 morts à Nanjing. En mars 1938, les Japonais installent un gouvernement chinois à leur solde à Nanjing. Le Guomindang se retire à Chongqing dans le Sichuan et continue la guerre grâce à l’appui des Américains. Le Guomindang essaie de contrôler l’action des communistes. Ces derniers installés surtout dans le nord et en Mandchourie mènent une guerrilla contre l’envahisseur et organisent les territoires qu’ils contrôlent. Cette guerre sino-japonaise tuera plus de 3 millions de soldats et plus de 9 millions de civils chinois. Les Japonais feront travailler de force plus de 10 millions de Chinois.

En août 1945, l’armée japonaise est en déroute. Les Américains aident le Guomindang à s’installer dans les territoires qu’elle évacue et à s’emparer du matériel. L’URSS obtient du gouvernement de Chiang Kaï-Shek, seul reconnu internationalement, des territoires en Mandchourie. Les communistes soviétiques obligent les communistes chinois à se réconcilier avec le Guomindang.

 

La guerre civile (1946-1949)

Le départ des Japonais laisse les deux camps chinois face à face. D’un côté le Guomindang, dominé par la famille de Tchang Kaï-shek (des banquiers et des industriels). Le parti limite la liberté d’expression, le régime s’est inspiré des partis fascistes européens avec police politique, jeunesse enrégimentée (près de 600 000 chemises bleues). Surtout l’inefficacité politique et la corruption, dénoncées par les Américains, sont partout présentes. Les paysans et les habitants des villes sont fortement mécontents du fait de la hausse vertigineuse des prix (augmentés de 500 fois entre 1937 et 1945), du service militaire obligatoire qui désorganise le travail. Cependant, le Guomindang dispose d’une armée nombreuse et bien équipée. Il est considéré comme le représentant légal de la Chine, ce qui lui donne droit à un siège de membre permanent (avec droit de veto) à l’ONU. En face les communistes sont auréolés par la guerre de partisans qu’ils ont menée victorieusement contre les Japonais. Ils ont réussi à regrouper les ouvriers, les paysans, les petits bourgeois et les capitalistes chinois et à les diriger souplement. Dans les zones qu’ils contrôlent ils ont fait une réforme agraire modérée pour ne pas brusquer les paysans mais ils les encouragent à travailler en commun.

En 1945 puis en 1946, les Américains tentent d’imposer un gouvernement d’union entre le Guomindang et les communistes. C’est un accord de façade. En juin 1946, les Soviétiques évacuent la Mandchourie (après en avoir déménagé toutes les installations industrielles). Les deux camps chinois se disputent alors le contrôle de la province. C’est le début de la guerre civile. Dans les premiers mois la supériorité en matériel des armées du Guomindang (les nationalistes) leur donnent l’avantage. Yanan, la capitale communiste du Shaanxi est prise, mais les communistes ne sont pas détruits. Ils refusent la bataille rangée et obligent les nationalistes à éparpiller leurs troupes pour sécuriser les villes et les voies de communications. Cela rend les soldats nationalistes vulnérables et faciles à battre. En juillet 1947, les communistes attaquent à partir de la Mandchourie. Beijing et Tien sin sont prises en janvier 1949. De septembre 1948 à janvier 1949, la bataille de Huai Hai oppose un million d’hommes, les armées nationalistes sont écrasées. Nanjing tombe en avril 1949, Shanghaï en mai, Guangzhou (Canton) en octobre, Chonqing en décembre 1949. Le Guomindang avec près d’un million de soldats et de civils quittent alors la Chine continentale et s’installent à Taïwan. La Chine est passée sous le contrôle des communistes. Ceux-ci, le 1er octobre 1949, à Beijing, avaient proclamé la fondation de la République populaire chinoise.

 

Histoire de la Chine communiste

Depuis la fin de 1949, la Chine est dirigée par le parti communiste. Sous la direction de Mao Zedong, les communistes chinois ont établi un régime politique dictatorial et organisé une économie planifiée dirigée par l’État. De 1949 à 1976, l’histoire de la Chine a été agitée, en particulier dans les années 1960 avec la révolution culturelle chinoise. Depuis la mort de Mao Zedong en 1976, tout en maintenant un régime dictatorial et après beaucoup d’hésitations violentes, les communistes chinois ont décidé de moderniser l’économie en introduisant la propriété privée et des entreprises étrangères. Aujourd’hui la République populaire de Chine est une des plus grandes puissances du monde.

Mao Zedong installe le communisme en Chine

 

La Chine en 1949

En 1949, la Chine est un pays ravagé par près de trente années de guerres civiles et étrangères. L’agriculture, ressource principale du pays, a une production réduite car des terres ont été abandonnées par les paysans fuyant les combats ou les pillages, les digues et les canaux n’ont pas été entretenus et sont en partie détruits. La grande industrie de Mandchourie a disparu depuis que les Soviétiques ont démonté les installations. La flotte marchande est partie à Taïwan avec les partisans nationalistes du Guomindang. La monnaie est sans valeur, car il y eu trop de billets émis par le gouvernement du Guomindang. Une partie de la population est sur le chemin du retour vers leurs régions d’origine.

Cependant, le parti communiste chinois peut compter sur ses 6 millions de militants, qui ont acquis un prestige considérable dans la guerre contre les Japonais, et ont l’habitude de l’organisation expérimentée dans les régions qu’ils administraient depuis 1925. L’Armée Populaire de Libération fournit aussi l’encadrement et éventuellement la main-d’œuvre. De plus grâce au pacte d’assistance mutuelle économique et militaire signé avec l’URSS en février 1950, celle-ci s’engage à fournir des techniciens et des conseillers.

 

La reconstruction et la mise en place du collectivisme (1950-1956)

Afin de ne pas faire fuir les trop peu nombreux cadres économiques compétents, les communistes débutent par des réformes modérées. Seules les grandes entreprises industrielles appartenant à des sociétés étrangères ou à des membres importants du Guomindang deviennent propriétés de l’État (nationalisation). Les autres entreprises sont seulement contrôlées par l’État.

Dans les campagnes les domaines des grands propriétaires sont confisqués et distribués à plus de 70 millions de familles de paysans pauvres. Les petits propriétaires ne sont pas inquiétés. On encourage les agriculteurs à travailler en commun afin de leur faire perdre l’état d’esprit individualiste. Cependant de nombreux procès expéditifs sont faits contre les anciens gros propriétaires qui sont soit exécutés soit contraints à une « rééducation par le travail ».

La société est aussi « remodelée ». L’égalité entre les hommes et les femmes est décidée. L’écriture est simplifiée afin de permettre son acquisition par le plus grand nombre. Périodiquement des « campagnes de masse » sont organisées afin de faire participer la population à la lutte contre la corruption, la fraude aux impôts, la bureaucratie.

La situation économique étant partiellement rétablie, les dirigeants communistes décident de passer à la construction d’une société socialiste.

Fortement inspirés par les conseillers soviétiques, ils mettent en place un plan quinquennal de développement pour les années 1953-1957. L’état investit dans l’industrie (près de 60% des fonds), dans les transports (près de 20%) mais très peu dans l’agriculture qui pourtant occupe les trois quarts de la population. Ce choix est dicté par le souci de créer une industrie quasi inexistante jusque-là et à travers elle de créer une classe ouvrière nombreuse capable de faire contrepoids à la masse des paysans. Il faut aussi tirer parti des immenses richesses naturelles du pays et de l’expérience des soviétiques. C’est surtout l’industrie lourde (acier, chimie, grosses constructions mécaniques), très gourmande en capitaux, qui est favorisée ; l’industrie des biens de consommation est négligée (faute de moyens financiers de l’État propriétaire et de revenus suffisants pour les consommateurs dont les achats sont restreints). Les résultats, du moins tels qu’ils sont donnés officiellement montrent une forte progression de l’acier (multiplié par quatre). Mais l’agriculture piétine avec seulement 0,5% de croissance annuelle alors que la population augmente de 2,3% par an.

En 1955-1956, les communistes mettent en place le collectivisme. Toutes les entreprises industrielles privées sont nationalisées (les anciens dirigeants en deviennent souvent les cadres), il en est de même pour le commerce (sauf le commerce de détail). Dans les campagnes on oblige les paysans à se regrouper en coopératives (elles ne représentaient que 7% des familles en 1954, en 1956, toutes les familles sont membres d’une coopérative). Ce système facilite la perception des impôts, doit permettre une meilleure utilisation du travail et du matériel agricole et aussi doit faire changer les mentalités (moins d’individualisme).

 

Le grand bond en avant

À la fin de 1957, les dirigeants communistes chinois décident d’abandonner le modèle économique soviétique.

Faute de capitaux suffisants ils décident de mobiliser l’énorme richesse que représente le travail des centaines de millions de ruraux. Désormais les campagnes doivent produire tout ce dont elles ont besoin. Des bas-fourneaux et des mini-centrales sont construits afin de permettre la fabrication d’objets de la vie courante. Les ruraux sont regroupés dans 26 000 communes populaires (environ 5000 familles dans chacune d’elles). Ces communes détiennent les moyens de production (terres, matériel agricole, ateliers industriels…). De plus, elles remplacent l’administration et gère l’éducation, la santé, la défense. Elles créent des crèches, des réfectoires communs, elles organisent les loisirs.

Cette politique échoue pour de multiples raisons. Pendant trois années de suite des catastrophes naturelles frappent la Chine. De plus la volonté de produire plus a conduit à défricher les pentes ce qui provoque du ravinement emportant les terres cultivables ; les produits des bas-fourneaux sont de qualité médiocre et peu utilisables. La tâche à accomplir submerge les cadres locaux qui commettent des erreurs. Enfin, en 1960, les soviétiques rompent leurs relations avec la Chine et retirent leurs techniciens.

 

La révolution culturelle

L’échec partiel du « Grand bond en avant » met en cause Mao Zedong, son principal organisateur. Des communistes « gestionnaires », comme Liu Shaoqi et Deng Xiaoping tentent de réduire les pouvoirs de Mao.

Aidé par l’armée chinoise commandée par Lin Biao, Mao riposte. Dès 1964, des millions d’exemplaires du « petit livre rouge », où est regroupée et résumée la « pensée maozedong », sont distribués dans l’armée et parmi les jeunes. En novembre 1965, commence la Révolution culturelle. Soldats et jeunes gardes rouges attaquent violemment par des affiches murales manuscrites (les dazibaos) les cadres communistes hostiles à Mao. Ces derniers doivent démissionner, sont traduits devant des tribunaux populaires improvisés, sont contraints de faire leur autocritique publique. Beaucoup sont envoyés en camp d’internement ou dans les villages pour leur « rééducation » politique. Certains sont emprisonnés voire tués. Partout les autorités anciennes sont débordées.

À l’automne 1967, l’armée crée des comités révolutionnaires, formés de gardes rouges, de cadres communistes favorables à Mao et de militaires. Ces comités prennent localement le pouvoir et rétablissent l’ordre (difficilement puisque la reprise en main durera jusqu’en 1971). Liu Shaoqi et Deng Xiaoping ont été écartés du pouvoir dès 1966.

Mais des divergences entre maoistes apparaissent. Lin Biao, pourtant désigné dès 1969, comme successeur de Mao aurait comploté contre lui. Il trouve la mort en septembre 1971, dans un « accident » d’avion alors qu’il s’enfuyait à Moscou. Le Premier ministre chinois Zhou en lai, resté en poste pendant toute la révolution culturelle, rappelle les anciens dirigeants écartés, en particulier Deng Xiaoping.

 

La Chine depuis la mort de Mao Zedong

 

La liquidation du maoïsme

Le retour en grâce des communistes « gestionnaires » ne désarme pas les partisans de la Révolution culturelle (ceux que l’on nommera après leur défaite politique, la « Bande des quatre »). Ils profitent de la mort de Zhou Enlaï (janvier 1976) puis de celle de Mao Zedong (septembre 1976) pour évincer Deng Xiaoping. Ils acceptent de mettre au pouvoir un dirigeant communiste de deuxième rang Hua Guofeng. Mais début octobre 1976, la bande des quatre est arrêtée pour complot contre l’État (ils seront jugés en 1980). C’est la fin de la période maoïste.

 Deng Xiaoping modernise la Chine

En juillet 1977, Dien Xiaoping est réhabilité et reprend progressivement toutes ses fonctions. À partir de l’automne 1978, la politique de Mao pendant la révolution culturelle est fortement critiquée. En 1980, Liu Shaoqi, qui est mort en 1969 en prison, est réhabilité. Deng Xioping parvient à placer ses partisans à tous les postes de commande du parti et de l’État. Hua Guofeng est ainsi éliminé.

Depuis 1977, sous la conduite de Deng Xiaoping, la Chine s’engage dans la modernisation. Tout en conservant la dictature politique et le rôle dirigeant du parti communiste, Deng bouleverse l’économie chinoise.

Le profit individuel est introduit, des stimulants matériels (primes) sont versés aux salariés qui travaillent plus ou mieux. La responsabilité individuelle devient une des bases de l’organisation économique. On peut alors créer de petites entreprises industrielles et dans les campagnes les familles sont incitées à posséder des terres afin d’augmenter leur productivité.

Les entreprises étrangères sont invitées à venir s’installer en Chine (grâce à des avantages fiscaux et à la mise à leur disposition d’une main-d’œuvre bon marché). On crée pour cela des zones économiques spéciales sur les côtes. La partie la plus moderne des entreprises d’État sont vendues à des investisseurs privés chinois. L’État se charge de moderniser progressivement les entreprises les plus archaïques.

Afin d’augmenter les conditions de vie des familles, la politique de l’enfant unique est mise en place. Elle doit permettre de faire face à l’explosion démographique (la population passe de 583 millions en 1953, à 950 millions en 1982, elle est d’environ 1 300 millions aujourd’hui). Cette politique n’est vraiment suivie qu’en ville où il plus facile de contrôler les familles.

De 1980 à 1987, Hu Yaobang, secrétaire général du parti communiste, mène une politique plus ouverte envers les intellectuels et les Tibétains. Mais cette « libéralisation » engendre des manifestations et Hu Yaobang est écarté du pouvoir. Les Tibétains sont durement repris en mains par Hu Jintao. Pour déplorer la mort de Hu Yaobang, en 1989, les étudiants de Beijing manifestent sur la place Tian’anmen de Beijing. Ils sont violemment réprimés par l’armée qui fait intervenir les chars. Deng Xiaoping meurt en 1997. Comme « petit timonier », les dirigeants chinois le placent au même niveau que Mao Zedong (le grand timonier).

Depuis la Chine populaire connaît un développement économique spectaculaire. Mais celui-ci aggrave le déséquilibre entre les régions côtières très développées et riches et les régions intérieures qui ont du mal à retenir leur population. Les contrastes sociaux sont également devenus très grands. À côté d’une grande masse d’urbains et de ruraux qui vivement sans pouvoir faire d’excès, se développent une classe moyenne et une petite frange de nouveaux riches qui vivent confortablement. Le parti communiste chinois maintient une politique de répression contre les opposants politiques et a installé une censure étroite des moyens de communications modernes (internet en particulier).

 

La Chine troisième grand mondiale

Le leader du Tiers Monde

Dans les premières années la Chine populaire s’aligne sur la politique extérieure de l’URSS. En février 1950, les deux pays signent un traité d’amitié, d’alliance et d’assistance mutuelle. À partir de juin 1950, la Chine populaire participe à la guerre de Corée où elle soutient la partie communiste. La diplomatie chinoise est le domaine de Zhou Enlai. En 1954, il participe à la conférence de Genève qui met fin à la guerre d’Indochine et accorde l’indépendance du Viêt Nam. En 1955, à la Conférence de Bandoeng Zhou Enlaï apparait comme un des leaders des pays sous développés. Il développe la collaboration diplomatique avec les pays se réclamant du neutralisme (l’Inde en particulier).

 

L’affirmation internationale de la Chine

La Chine rompt avec l’URSS et les pays de l’Europe de l’Est pendant la période du « Grand bond en avant » (seule l’Albanie lui reste fidèle). En 1959, la répression de révoltes au Tibet aboutit au départ forcé du Dalaï Lama, chef religieux tibétain, et le début d’une colonisation chinoise de la région. À l’automne 1962, à la suite d’un conflit sur les frontières himalayennes la Chine rompt avec l’Inde et se rapproche du Pakistan (ennemi de l’Inde). En 1963-1964, Zhou Enlaï visite de nombreux pays d’Afrique qui viennent d’obtenir leur indépendance. Il y signe de nombreux accords économiques et obtient l’appui de ces pays pour poser la candidature de la Chine populaire à l’ONU. Les Chinois aident au mieux de leurs possibilités, les Vietnamiens du Nord qui luttent contre les Américains pendant la guerre du Viêt Nam. En 1969, un conflit de frontières sur le fleuve Oussouri aggrave les mauvaises relations entre L’URSS et la Chine. En 1967, la Chine fait exploser sa première bombe atomique de type H.

 

La Chine populaire se rapproche des États-Unis

En 1949, la Chine populaire n’est pas membre de l’ONU. C’est le gouvernement nationaliste chinois de Tchang Kaï-chek, installé à Taïwan, qui est un des cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU. La Chine populaire n’est reconnue que par l’URSS, les pays communistes européens ainsi que par quelques pays occidentaux comme le Royaume-Uni et les Pays-Bas. En 1964, la France du général de Gaulle reconnait la Chine populaire. Elle est suivie par de nombreux autres pays africains et européens. En octobre 1971, Taïwan est expulsé de l’ONU et y est remplacé par la Chine populaire. Le rapprochement avec les États-Unis commence par une rencontre sportive, un match de ping pong entre une équipe chinoise et une équipe états-unienne au printemps 1971. En février 1972, Richard Nixon, le président des États-Unis se rend en visite officielle en Chine populaire. En 1978, les États-Unis reconnaissent officiellement la Chine populaire (tout en maintenant leur alliance militaire avec Taïwan).

 

La Chine partenaire incontournable

Aujourd’hui la Chine tente d’avoir des relations pacifiées avec ses voisins. Elle a résolu ses problèmes frontaliers avec la Russie. Malgré la persistance de revendications territoriales réciproques la Chine et l’Inde sont en paix. Les relations avec le Japon sont perturbées par le fait que ce dernier n’a toujours pas reconnu sa responsabilité dans les destructions et les pertes humaines qu’il a occasionnées dans les années 1930 en attaquant la Chine. Par ailleurs, la Chine est un membre influent de nombreuses organisations régionales comme l’APEC (qui s’occupe de la coopération économique dans la zone Asie et océan Pacifique), de l’ANSEA (qui s’occupe de la sécurité dans la même région). Deux problèmes restent en suspend. L’avenir de Taïwan, que la Chine populaire estime être une de ses provinces, alors qu’une partie de la population taïwanaise souhaiterait obtenir l’indépendance officielle (qui si elle intervenait serait par la Chine comme une déclaration de guerre). L’autre problème est celui de l’autonomie du Tibet et de la pression internationale que la Chine fait pour que les gouvernements n’apportent pas leur appui au Dalaï Lama. La Chine est membre de l’OMC (organisation mondiale du commerce) où elle défend ses intérêts économiques. L’importante croissance économique de la Chine, exige qu’elle trouve les ressources minières et énergétiques indispensables. Pour cela la Chine a conclu des accords économiques avec de nombreux pays en Afrique et en Amérique latine. En échange des matières qu’ils fournissent à la Chine ces pays reçoivent des équipements. Enfin avec les États-Unis les relations sont ambiguës. La Chine finance l’énorme déficit budgétaire des États-Unis, mais elle a besoin du marché américain pour écouler une partie de ses produits manufacturés. Les États-Unis sont inquiets de la croissance de la Chine qui risque de leur ravir la première place.

Source : Wikipédia