BENOIT XVI, DES PROFONDEURS DE NOS COEURS, EGLISE CATHOLIQUE, LIVRE, LIVRES, LIVRES - RECENSION, PRETRE, PRETRES, ROBERT SARAH, SACERDOCE

Des profondeurs de nos coeurs

Benoit XVI, Cardinal Robert Sarah

Des profondeurs de nos cœurs

Paris, Fayard, 2020. 172 pages.

 

Retour  sur une polémique au sujet de la parution de cet ouvrage

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Présentation de l’éditeur

Les débats qui agitent l’Église depuis plusieurs mois ont convaincu Benoît XVI et le cardinal Robert Sarah qu’ils devaient s’exprimer.
Depuis sa renonciation, en février 2013, la parole du Pape émérite est rare. Il cultive le silence, protégé par les murs du monastère Mater Ecclesiae, dans les jardins du Vatican.
Exceptionnellement, en compagnie du cardinal Sarah, son grand ami, il a décidé d’écrire sur le sujet le plus difficile pour l’Église : l’avenir des prêtres, la juste définition du sacerdoce catholique et le respect du célibat.
À quatre-vingt-douze ans, Benoît XVI signe un de ses plus grands textes. D’une densité intellectuelle, culturelle et théologique rare, celui-ci remonte aux sources du problème : « Au fondement de la situation grave dans laquelle se trouve aujourd’hui le sacerdoce, écrit-il, on trouve un défaut méthodologique dans la réception de l’Écriture comme Parole de Dieu. »
À son analyse implacable répond le texte du cardinal Robert Sarah. Il apporte son éclairage singulier avec la force, la radicalité et la sagesse qui lui sont propres. Nous y retrouvons le courage de la réflexion de l’un des plus importants prélats de l’Église.
Les deux auteurs se répondent, se complètent et se stimulent. Ils livrent une démonstration parfaite, sans crainte d’ouvrir le débat.

Benoît XVI et le cardinal Robert Sarah ont répondu à l’élan de leurs cœurs. Ce livre fera date. À bien des égards, il est unique. Et, certainement, historique.

Livre sur le célibat sacerdotal : une mise au point de Mgr Gänswein, Préfet de la Maison pontificale et secrétaire du Pape émérite Benoît XVI

Le préfet de la Maison pontificale, qui est aussi le secrétaire particulier du Pape émérite, a déclaré que Benoît XVI n’avait pas donné l’autorisation pour une double signature, comme co-auteur, du livre du cardinal Sarah intitulé “Des profondeurs de nos cœurs”.

Mgr Georg Gänswein, préfet de la Maison pontificale et secrétaire particulier du Pape émérite, a laissé aux agences KNA et Ansa une déclaration concernant le livre du cardinal Robert Sarah sur le célibat sacerdotal, avec une contribution de Benoît XVI, censé sortir demain en France aux éditions Fayard.

«Je peux confirmer que ce matin, sur l’indication du Pape émérite, j’ai demandé au cardinal Robert Sarah de contacter les éditeurs du livre en les priant de retirer le nom de Benoît XVI comme co-auteur du livre, et de retirer aussi sa signature de l’introduction et des conclusions.»

«Le Pape émérite savait en effet que le cardinal était en train de préparer un livre, et il lui avait envoyé un bref texte sur le sacerdoce en l’autorisant à en faire l’usage qu’il voulait. Mais il n’avait approuvé aucun projet pour un livre à double signature, ni n’avait vu et autorisé la couverture. Il s’agit d’un malentendu, sans mettre en doute la bonne foi du cardinal Sarah», a précisé le préfet de la Maison pontificale.

Ce livre avait été interprété par certains comme une attaque dirigée contre le Pape François, à l’approche de la publication de l’exhortation post-synodale sur l’Amazonie. En octobre dernier, le Document final du Synode avait envisagé la possibilité d’ordonner des hommes mariés afin de répondre aux besoins spécifiques de la région. Cette proposition n’avait toutefois pas été évoquée par le Pape dans son discours conclusif. À plusieurs reprises, le Pape François s’est montré très prudent et réservé quant à cette option.

 

https://www.vaticannews.va/fr/vatican/news/2020-01/livre-benoit-xvi-cardinal-sarah-mise-au-point-mgr-gaenswein.html

Le pape émérite Benoît XVI n’a pas « co-signé » le livre sur le célibat sacerdotal

Démenti de son secrétaire Mgr Gänswein

Benoît XVI n’est pas le co-auteur du livre Des profondeurs de nos cœurs signé par le cardinal Robert Sarah en défense du célibat sacerdotal. Il a « pris ses distances de la paternité de ce livre » dont la teneur a fait couler beaucoup d’encre, déclare son secrétaire particulier Mgr Georg Gänswein à la veille de sa publication (le 15 janvier 2020 en français).

Le pape émérite, précise Mgr Gänswein à l’agence autrichienne Kathpress, a demandé que l’éditeur (Fayard) supprime son nom et sa photo de la couverture du livre, et que sa signature soit enlevée également de l’introduction et des conclusions, auxquelles il n’a « pas collaboré ». En revanche, le texte contenu dans l’ouvrage est de lui. Il a été écrit à l’été 2019 – avant le synode sur l’Amazonie qui a soulevé la question de l’ordination d’hommes mariés – et mis à disposition du cardinal Sarah.

Ainsi le pape émérite « savait que le texte devait apparaître dans un livre », sans en connaître le programme éditorial et sans signer aucun droit avec Fayard. Pour Mgr Gänswein, il s’agit d’un « malentendu », « sans remettre en cause la bonne foi du cardinal Sarah ».

Le préfet de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements a publié un tweet confirmant cette demande de Benoît XVI : « Considérant les polémiques qu’a provoquées la parution de l’ouvrage Des profondeurs de nos cœurs, il est décidé que l’auteur du livre sera pour les publications à venir : Card Sarah, avec la contribution de Benoît XVI. En revanche, le texte complet demeure absolument inchangé. »

Le cardinal Sarah a également publié trois lettres d’une correspondance avec le pape émérite, apportant des détails sur sa contribution. Dans la première, datée du 20 septembre 2019, Benoît XVI confie qu’il a « commencé à écrire quelques réflexions sur le sacerdoce » mais que, sentant ses forces faiblir, il a interrompu son travail.

Il annonce qu’il reprend la plume après la demande « inattendue » du préfet concernant « un texte sur le sacerdoce, avec une attention particulière au célibat ». « Je vous laisse le soin de voir si ces notes dont je sens fortement l’insuffisance, ajoute-t-il, peuvent avoir quelque utilité. »

Le pape émérite a ensuite transmis son texte le 12 octobre 2019. Puis le 25 novembre, il écrit à nouveau en remerciant le cardinal : « J’ai été profondément touché par la façon dont vous avez compris mes intentions ultimes. J’avais écrit sept pages d’éclairage méthodologique sur mon texte et je suis heureux de dire que vous avez su dire l’essentiel en une demi-page. »

Benoît XVI autorise alors à publier son texte, vraisemblablement sans savoir que son nom serait indiqué en co-auteur de l’ouvrage.

https://fr.zenit.org/articles/celibat-sacerdotal-benoit-xvi-na-pas-co-signe-le-livre-du-card-sarah/

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EGLISE CATHOLIQUE, LIVRE, LIVRES, LIVRES - RECENSION, NICOLAS DIAT, ROBERT SARAH

Le soir approche et le jour baisse : cardinal Robert Sarah

Le soir approche et le jour baisse

Cardinal Robert Sarah avec Nicolas Diat

Paris, Fayard, 2019. 443 pages.

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« Pourquoi prendre à nouveau la parole ? Dans mon dernier livre, je vous incitait au silence. Pourtant je ne peux plus me taire. Je ne dois plus me taire. Les chrétiens sont désorientés. Chaque jour, je reçois de toute part les appels au secours de ceux qui ne savent plus que croire. Chaque jour, je reçois à Rome des prêtres découragés et blessés. L’Eglise fait l’expérience de la nuit obscure. Le mystère d’iniquité l’enveloppe et l’aveugle. »

« Les chrétiens tremblent, vacillent, doutent. J’ai voulu ce livre pour eux. Pour leur dire : ne doutez pas ! Tenez ferme la doctrine ! Tenez la prière ! J’ai voulu ce livre pour réconforter les chrétiens et les prêtres fidèles »

« À la racine de l’effondrement de l’Occident, il y a une crise culturelle et identitaire. L’Occident ne sait plus qui il est, parce qu’il ne sait plus et ne veut pas savoir qui l’a façonné, qui l’a constitué, tel qu’il a été et tel qu’il est. De nombreux pays ignorent aujourd’hui leur histoire. Cette autoasphyxie   conduit naturellement à une décadence qui ouvre la voie à de nouvelles civilisations barbares. »

Cette affirmation du cardinal Robert Sarah résume le propos de son troisième livre d’entretiens avec  Nicolas Diat. Son constat est simple  : notre monde est au bord du gouffre. Crise de la foi et de l’Église, déclin de l’Occident, trahison de ses élites, relativisme moral, mondialisme sans limite, capitalisme débridé, nouvelles idéologies, épuisement politique, dérives d’un totalitarisme islamiste… Le temps est venu d’un diagnostic sans concession. Il ne s’agit pas seulement d’analyser le grand retournement de notre monde  : tout en faisant prendre conscience de la gravité de la crise traversée, le cardinal démontre qu’il est possible d’éviter l’enfer d’un monde sans Dieu, d’un monde sans homme, d’un monde sans espérance.
 
Dans cette réflexion ambitieuse, le cardinal Robert Sarah se penche sans exclusive sur les crises du monde contemporain en livrant une importante leçon spirituelle  : l’homme doit faire du chemin de sa vie l’expérience d’une élévation de l’âme, et ainsi quitter cette vie en créature plus élevée qu’il n’y était entré. 
 

Les auteurs.

Le cardinal Robert Sarah est une figure majeure du monde catholique d’aujourd’hui. Il Robert Sarah et né le 15 juin 1945 à Ourouss en Guinée. Archevêque de Conakry (1979-2001), il est créé cardinal par Benoît XVI en 2010 et il est préfet de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements depuis 2014.

Écrivain et spécialiste reconnu de l’Église catholique, Nicolas Diat est l’auteur d’un ouvrage de référence sur  Benoît XVI,  L’Homme qui ne voulait pas être pape  (Albin Michel, 2014  ; Pluriel, 2018), et d’Un temps pour mourir. Derniers jours de la vie des moines  (Fayard, 2018  ; Pluriel, 2019. Prix du cardinal Lustiger, grand prix de l’Académie française).

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Nicolas Diat : Pouvons-nous parler d’une crise de l’Église ? 

Cardinal Robert Sarah : Un regard extérieur et superficiel pourrait être surpris que l’on parle de crise de l’Église. À vues humaines, le christianisme est en pleine expansion dans certaines parties du monde. Mais je ne veux pas parler de l’Église comme d’une entreprise dont on commenterait les résultats chiffrés. La crise que vit l’Église est beaucoup plus profonde, elle est comme un cancer qui ronge le corps à l’intérieur. De nombreux théologiens comme Henri de Lubac, Louis Boyer, Hans Urs von Balthasar et Joseph Ratzinger ont largement analysé cette crise. Je ne serai que l’humble écho et le prolongement de leur analyse. 

Le symptôme le plus alarmant est certainement la manière dont les hommes et les femmes qui se disent catholiques font leur choix dans les vérités du Credo. Joseph Ratzinger l’a évoqué en ces termes lors d’une conférence donnée à Munich en 1970 : « Ce qui était jusqu’à maintenant impensable est devenu normal : les hommes qui ont depuis longtemps abandonné le Credo de l’Église se considèrent en toute bonne conscience comme des chrétiens véritablement progressistes.

Il n’y a pour eux qu’un seul critère qui compte et qui leur permet de juger l’Église : le critère de fonctionnalité qui guide son action. » Dans de larges pans de l’Église, nous avons perdu le sens de l’objectivité de Dieu. Chacun part de son expérience subjective et se crée une religion à sa taille. Quel malheur ! Chacun veut construire son Église à sa mesure et selon son idée. Mais ce genre d’entreprise n’intéresse personne. Les hommes n’ont que faire d’une Église qui serait un parti, un club ou une société de pensée. Nous avons déjà pléthore de ce type d’institutions humaines. L’Église n’a d’intérêt que parce qu’elle est l’Église de Jésus‑Christ. En elle, il se donne, il me surprend. 

Le cardinal Ratzinger écrivait dans son Entretien sur la foi : « Il faut recréer un climat authentiquement catholique, retrouver le sens de l ’Église en tant qu’Église du Seigneur, en tant que lieu de la présence réelle de Dieu dans le monde. C’est le mystère dont parle Vatican II quand il reproduit ces mots terriblement exigeants et qui, pourtant, correspondent à toute la tradition catholique : “L’Église qui est le règne de Dieu déjà mystérieusement présent” (Lumen gentium, 3). » 

La perte de ce regard de foi sur l’Église engendre tous les symptômes de la sécularisation. La prière est rongée par l’activisme, la charité véritable se mue en solidarité humaniste, la liturgie est livrée à la désacralisation, la théologie se transforme en politique, l’idée même du sacerdoce entre en crise. La sécularisation est un phénomène terrible. Comment le définir ? On pourrait dire qu’il consiste en un aveuglement volontaire. Des chrétiens décident de ne plus s’éclairer à la lumière de la foi. Ils décident de soustraire à cette lumière une partie de la  réalité, puis une autre. Ils décident de vivre dans les ténèbres. Voilà le mal qui ronge l’Église. Nous décidons de nous passer de la lumière de la foi en pratique et même en théorie. Nous étudions la théologie en faisant de Dieu une simple hypothèse rationnelle. Nous lisons l’Écriture comme un livre profane et non comme la parole inspirée par Dieu. Nous organisons la liturgie comme un spectacle et non comme le renouvelle‑ ment mystique du sacrifice de la Croix. Nous en venons à ce que les prêtres et les consacrés vivent de manière purement profane. Bientôt les chrétiens eux‑mêmes vivront « comme si Dieu n’existait pas ». 

« Le visage de Dieu disparaît progressivement. La mort de Dieu est un processus tout à fait réel qui touche aujourd’hui le cœur même de l’Église. On a l’impression que Dieu meurt dans la chrétienté », écrivait douloureusement Joseph Ratzinger dans son discours du 4 juin 1970 à l’académie catholique de Bavière. Au cœur de la crise de l ’Église, la foi devient comme une réalité encombrante aux yeux même des chrétiens. « Dans ce processus, dit le pape François, la foi a fini par être associée à l’obscurité. On a pensé pouvoir la conserver, trouver pour elle un espace pour la faire cohabiter avec la lumière de la raison. L’espace pour la foi s’ouvrait là où la raison ne pouvait pas éclairer, là où l’homme ne pouvait plus avoir de certitudes. Alors la foi a été comprise comme un saut dans le vide que nous accomplissons par manque de lumière, poussés par un sentiment aveugle ; ou comme une lumière subjective, capable peut‑être de réchauffer le cœur, d’apporter une consolation privée, mais qui ne peut se proposer aux autres comme lumière objective et commune pour éclairer le chemin. Peu à peu, cependant, on a vu que la lumière de la raison autonome ne réussissait pas à éclairer assez l’avenir ; elle reste en fin de compte dans son obscurité et laisse l’homme dans la peur de l’inconnu. Ainsi l’homme a‑t‑il renoncé à la recherche d’une grande lumière, d’une grande vérité, pour se contenter des petites lumières qui éclairent l’immédiat, mais qui sont incapables de montrer la route. Quand manque la lumière, tout devient confus, il est impossible de distinguer le bien du mal, la route qui conduit à destination de celle qui nous fait tourner en rond, sans direction. Aussi il est urgent de récupérer le caractère particulier de lumière de la foi parce que, lorsque sa flamme s’éteint, toutes les autres lumières finissent par perdre leur vigueur. La lumière de la foi possède, en effet, un caractère singulier, étant capable d’éclairer toute l’existence de l’homme. Pour qu’une lumière soit aussi puissante, elle ne peut provenir de nous‑mêmes, elle doit venir d’une source plus originaire, elle doit venir, en définitive, de Dieu » (Lumen fidei, 3‑4). 

Lorsque nous parlons d’une crise de l »Église, il est important de préciser que l’Église, en tant que Corps mystique du Christ, continue d’être « une, sainte, catholique et apostolique ». La théologie, l’enseignement doctrinal et moral restent inchangés, immuables et intangibles. L’Église, comme continuation et prolongement du Christ dans le monde, n’est pas en crise. Elle a les promesses de la vie éternelle. Les portes de l’enfer ne prévaudront jamais contre elle. Nous savons, nous croyons fermement que, en son sein, il y aura toujours assez de lumière pour celui qui veut sincèrement chercher Dieu. 

L’appel de saint Paul à Timothée, son fils dans la foi, nous concerne tous : « Je t’ordonne en présence de Dieu qui donne la vie à toutes choses, et en présence du Christ Jésus qui a rendu un beau témoignage devant Ponce Pilate dans une belle profession, […] garde le dépôt de la foi, évite les bavardages impies et les objections d’une pseudo‑science. Pour l’avoir professée, certains se sont écartés de la foi » (1Tm 6, 13.20‑21). 

La foi continue d’être un don divin surnaturel. Mais c’est nous, les baptisés dans la mort du Christ, qui résistons à ce que nos pensées, nos actions, notre liberté et notre existence entière soient éclairées et guidées en tout moment par la lumière de la foi que nous professons. Il y a une dichotomie tragique et une incohérence dramatique entre la foi que nous professons et notre vie concrète. Dans son magnifique Journal d’un curé de campagne, Georges Bernanos écrivait : « Vous revendiquez d’être les pierres du Temple appelé Dieu, les concitoyens des Saints, les enfants du Père Céleste. Avouez que cela ne se voit pas toujours du premier coup ! » 

Aujourd’hui, la crise de l’Église est entrée dans une nouvelle phase : la crise du magistère. Certes, le vrai magistère, en tant que fonction surnaturelle du Corps mystique du Christ, assurée et conduite de manière invisible par l’Esprit‑Saint, ne peut pas être en crise : la voix et l’agir de l ’Esprit‑Saint sont constants, et la vérité vers laquelle il nous guide est ferme et immuable. L ’évangéliste Jean nous dit : « Quand il viendra, lui, l’esprit de vérité, il vous guidera dans la vérité tout entière ; car il ne parlera pas de lui‑même, mais ce qu’il entendra, il le dira et il vous expliquera les choses à venir. Lui me glorifiera, car c’est de mon bien qu’il recevra et il vous l’expliquera. Tout ce qu’a le Père est à moi. Voilà pourquoi j’ai dit que c’est de mon bien qu’il reçoit et qu’il vous expliquera » (Jn16, 13‑15). 

Mais il règne aujourd’hui une vraie cacophonie dans les enseignements des pasteurs, évêques et prêtres. Ils semblent se contredire. Chacun impose son opinion personnelle comme une certitude. Il en résulte une situation de confusion, d’ambiguïté et d’apostasie. Une grande désorientation, un profond désarroi et des incertitudes destructrices ont été inoculés dans l’esprit de beaucoup de fidèles chrétiens. Le philosophe Robert Spaemann exprimait clairement ce désarroi par une citation extraite de la première lettre de saint Paul apôtre aux Corinthiens : « Et si la trompette produit des sons confus, qui va se préparer au combat ? » (1Co 14, 8). 

Pourtant, nous le savons, le magistère demeure le gage de l’unité de la foi. Notre capacité à recevoir l’enseignement de l’Église dans un esprit de disciple, avec docilité et humilité, est la vraie marque de notre esprit de fils de l’Église. Malheureusement, certains, qui devraient transmettre la vérité divine avec une infinie précaution, n’hésitent pas à la mêler aux opinions à la mode, voire aux idéologies du moment. Comment discerner ? Comment trouver un chemin sûr dans cette confusion ? 

Saint Vincent de Lérins apporte dans son Commonitorium une lumière précieuse à propos du progrès ou du changement dans la foi : « Ne peut‑il y avoir, dans l’Église du Christ, aucun progrès de la religion ? Si, assurément, et un très grand progrès. Car qui serait assez jaloux des hommes et ennemi de Dieu pour essayer d’empêcher ce progrès ? À condition du moins qu’il s’agisse d’un véritable progrès dans la foi, et non d’un changement. Car il y a progrès si une réalité s’amplifie en demeurant elle‑même ; mais il y a changement si elle se transforme en une autre réalité. Il faut donc qu’en chacun et en tous, en chaque homme aussi bien qu’en l’Église entière au cours des âges et des générations, l’intelligence, la science et la sagesse croissent et progressent fortement, mais selon leur genre propre, c’est‑à‑dire dans le même sens, selon les mêmes dogmes et la même pensée […]. Nos ancêtres ont jadis ensemencé le champ de l’Église avec le blé de la foi. Il serait injuste et inconvenant pour nous leurs descendants de récolter l’ivraie de l’erreur au lieu du froment de la vérité. Au contraire, il est normal et il convient que la foi ne renie pas l’origine, et qu’au moment où le blé de la doctrine a levé nous moissonnions l’épi du dogme. Ainsi, lorsque le grain des semailles a évolué avec le temps et se réjouit maintenant de mûrir, rien cependant ne change des caractères propres du germe. » 

Je voudrais supplier les évêques et les prêtres de prendre garde à la foi des fidèles ! Ne nous fions pas à quelques commentaires postés à la va‑vite sur Internet par de soi‑disant experts. Recevoir le magistère, l’interpréter selon une herméneutique de continuité prend du temps. Ne nous laissons pas imposer le rythme des médias si prompts à parler de changements, de retournements ou de révolutions. Le temps de l’Église est un temps long. C’est le temps de la vérité contemplée qui donne tout son fruit si on la laisse germer paisiblement dans la terre de la foi. « En vertu même de la nature de l’espèce humaine, le temps est nécessaire pour atteindre l’intelligence pleine et parfaite des grandes idées, écrivait en 1864 le cardinal John Henry Newman dans Apologia pro vita sua. Les vérités les plus hautes et les plus merveilleuses, même communiquées aux hommes une fois pour toutes par des maîtres inspirés, ne peuvent être comprises d’un coup par ceux qui les reçoivent, car reçues et transmises par des esprits non inspirés et par des moyens humains, elles requièrent un temps prolongé, une réflexion plus profonde, pour être pleinement élucidées. » 

Quand la tempête fait rage sur un navire, il est important de s’arrimer à ce qui est stable et solide. Il n’est pas temps de courir après les nouveautés à la mode qui risquent fort de s’évanouir avant même qu’on ait pu s’en saisir. Il est nécessaire de garder le cap, sans dévier, en attendant que l’horizon se dévoile. Je voudrais dire aux chrétiens : ne vous laissez pas troubler ! Vous avez entre les mains le trésor de la foi de l’Église. Il vous est légué par des siècles de contemplation, par l’enseignement constant des papes. Vous pouvez y nourrir votre vie de foi sans crainte.

Extrait du livre du cardinal Robert Sarah et de Nicolas Diat, « Le Soir approche et déjà le jour baisse », 

DIEU OU RIEN, LA FORCE DU SILENCE, LE SOIR APPROCHE ET DEJA LE JOUR BAISSE, LIVRES, NICOLAS DIAT, ROBERT SARAH

Cardinal Robert Sarah : Le soir approche et déjà le jour baisse

 

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Le soir approche et déjà le jour baisse

Robert Sarah avec Nicolas Diat

Paris, Fayard, mars 2019.

 

Je suis heureux d’annoncer la sortie en France – le 20 mars prochain – de mon nouveau livre réalisé avec Nicolas Diat et dont le titre sera : Le soir approche et déjà le jour baisse. 
Mon analyse portera sur la profonde crise spirituelle, morale et politique du monde contemporain.

Après Dieu ou rien, et La force du silence, Le soir approche et déjà le jour baisse est le dernier tome du triptyque que j’ai voulu écrire. Ce livre sera le plus important. Car je considère que la décadence de notre époque a tous les visages d’un péril mortel.

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Dieu ou rien : entretiens sur la foi

Cardinal Robert Sarah

Paris, Fayard, 2015.

 

Né dans la brousse africaine au sein d’une famille coniagui qui ne possédait qu’une modeste case de briques, il a quitté son village à onze ans afin d’entrer au petit séminaire, avec pour seul trésor une valise confectionnée par son père. Après avoir été ordonné prêtre dans un pays miné par l’une des dictatures les plus sanguinaires d’Afrique, il est devenu, à trente-trois ans, le plus jeune archevêque du monde, et a lutté avec une énergie formidable pour la liberté de son peuple.

Sa vie est construite sur le roc de la foi, le combat pour la vérité de Dieu, l’humilité, la simplicité et le courage.
Cet homme profondément spirituel se nomme Robert Sarah. Jean-Paul II l’a appelé à Rome en 2001, Benoît XVI l’a créé cardinal en 2010, et François en a fait l’un de ses plus proches collaborateurs en le nommant à la tête de la prestigieuse Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements. La vie entière du cardinal est une sorte de miracle, une succession de moments qui semblent impossibles sans l’intervention du Ciel.
Au fil d’un entretien exclusif, le cardinal, réputé pour sa liberté de parole, livre ses réflexions sur l’Église, les papes, Rome, le monde moderne, l’Afrique, l’Occident, la morale, la vérité, le mal, et Dieu, toujours.

Le cardinal Robert Sarah, né en Guinée en 1945, est un des plus proches collaborateurs du pape François.

Spécialiste reconnu des arcanes du Vatican et de l’Église, écrivain, Nicolas Diat est l’auteur d’un livre de référence sur le pontificat de Benoît XVI, L’Homme qui ne voulait pas être pape (Albin Michel, 2014).

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La force du silence : contre la dictature du bruit

Cardinal Robert Sarah avec Nicolas Diat

Paris, Fayard, 2016.

Après Dieu ou rien, qui a rencontré un grand succès en France et à l’étranger, le cardinal Robert Sarah, dans ce nouveau livre d’entretien avec Nicolas Diat, entreprend de redonner au silence ses lettres de noblesse.

Dans une époque de plus en plus bruyante, alors que la technique et les biens matériels ne cessent d’étendre leur emprise, c’est certainement une gageure que de vouloir écrire un livre consacré au silence. Pourtant, le monde émet tant de bruits que la recherche de quelques gouttes de silence n’en devient que plus nécessaire.
Pour le cardinal Robert Sarah, à force de repousser le divin, l’homme moderne se retrouve dans un grand silence, une épreuve angoissante et oppressante. Le cardinal veut rappeler que la vie est une relation silencieuse entre le plus intime de l’homme et Dieu. Le silence est indispensable pour l’écoute de la musique de Dieu : la prière naît du silence et y revient sans cesse plus profondément.
Dans cet entretien avec Nicolas Diat, le cardinal s’interroge : les hommes qui ne connaissent pas le silence peuvent-ils jamais atteindre la vérité, la beauté et l’amour ? La réponse est sans appel : tout ce qui est grand et créateur est formé de silence. Dieu est silence.
Après le succès international de Dieu ou rien, traduit dans quatorze langues, le cardinal Robert Sarah entreprend de redonner au silence ses lettres de noblesse.
 
LE TEXTE EST SUIVI D’UN ENTRETIEN EXCEPTIONNEL AVEC DOM DYSMAS DE LASSUS, PRIEUR À LA GRANDE CHARTREUSE ET MINISTRE GÉNÉRAL DE L’ORDRE DES CHARTREUX
  
 Né en juin 1945, le cardinal Robert Sarah est une des figures les plus importantes du monde catholique d’aujourd’hui – il est le numéro trois du Vatican.
Spécialiste reconnu de l’Église, écrivain, Nicolas Diat est l’auteur d’un livre de référence sur le pontificat de Benoît XVI, L’Homme qui ne voulait pas être pape (Albin Michel, 2014).
Le cardinal Robert Sarah et Nicolas Diat ont publié chez Fayard en 2015 un premier livre, Dieu ou rien. Entretien sur la foi.
Né en mars 1956, dom Dysmas de Lassus est prieur au monastère de la Grande Chartreuse, et ministre général de l’ordre des Chartreux, fondé par saint Bruno en 1084.
Entré à la Grande Chartreuse à l’âge de vingt ans, il en fut maître des novices pendant de nombreuses années. Selon la tradition, le prieur ne sort jamais du désert de la Chartreuse.

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HOMELIES, PELERINAGE DE CHARTRES, ROBERT SARAH

Pèlerinage de Chartres

Pèlerinage de Chartres : le message du cardinal Sarah aux catholiques de France

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Repoussant le chiffre record de l’an dernier, le pèlerinage de Chartres a réuni près de 15 000 fidèles lors de la messe du lundi de Pentecôte. Le cardinal Sarah a profité de cet évènement pour adresser un message très fort aux catholiques français.

« Chers pèlerins de France, regardez cette cathédrale, vos ancêtres l’ont construite pour proclamer leur foi. (…) Vos ancêtres n’étaient pas parfaits, ils n’étaient pas sans péchés, mais ils voulaient laisser la lumière de la foi éclairer leurs ténèbres. Aujourd’hui aussi, toi, peuple de France, réveille-toi, choisis la Lumière, renonce aux ténèbres ! »

Si la fatigue faisait craindre, aux pèlerins harassés par trois jours de marche, de s’endormir, le cardinal Robert Sarah s’est chargé de les réveiller. Dès les premiers mots de son homélie, le ton était donné : celui d’un vigoureux appel au réveil spirituel des catholiques de France. Un appel qui résonne avec celui qu’il avait lancé le 31 octobre 2016, lors de la messe de clôture d’un autre pèlerinage : celui des routiers Scouts d’Europe, à Vézelay. « Si vous êtes fidèles à votre engagement, vous changerez le monde » avait alors lancé le cardinal aux centaines de jeunes présents.

Un message aux prêtres et aux parents

Si le pèlerinage de Chartres frappe d’abord par la jeunesse de ses troupes — la moyenne d’âge était de 21 ans, cette année — le cardinal Sarah a souhaité s’adresser, en premier lieu, aux prêtres et aux parents présents. Les prêtres étaient, comme chaque année, très nombreux. Issus des communautés traditionnelles (Fraternité Saint-Pierre, Institut du Christ-Roi, Fraternité Saint-Vincent-Ferrier…), d’ordres religieux (Communauté Saint-Jean, Franciscains de l’Immaculée, Bénédictins de la congrégation de Solesmes…) ou de diocèses français et étrangers.

À eux, le cardinal a adressé deux messages : ne pas s’user dans un activisme dévorant, « la liturgie nous l’apprend, être prêtre, ce n’est pas d’abord faire beaucoup » ; et ne jamais renoncer à être « signe de contradiction ». Quant aux parents, qui marchaient souvent en couple ou en famille, il a tenu à les remercier au nom de l’Église : « À vous chers parents, je vais adresser un message tout particulier. Etre père et mère de famille, dans le monde d’aujourd’hui, est une aventure difficile, pleine de souffrances, d’obstacles et de soucis. L’Église vous dit merci. Oui, merci pour le don généreux de vous-mêmes. »

« Faites l’expérience de la seule joie qui ne passe pas »
Aux milliers de jeunes présents, le cardinal Sarah n’a rien voulu cacher des maux qui touchent nos sociétés, spirituellement affaiblies. La société de consommation, la solitude et l’effondrement d’individus brisés par le tout économique, les ravages de la pornographie, le terrorisme islamiste ou la haine que portent aux chrétiens certaines idéologies contemporaines.

Mais refusant toute posture victimaire, il les a exhortés à marcher à contre-courant avec la légèreté des enfants de Dieu, citant l’écrivain T.S. Eliot : « Dans le monde des fugitifs, celui qui prend la direction opposée aura l’air d’un déserteur. » Alors qu’en Europe, l’Eglise paraît affaiblie, le cardinal a balayé toute tentation du désespoir : « Vous serez les saints et les martyrs que les nations attendent pour une nouvelle évangélisation. Vos patries ont soif du Christ, ne les décevez pas. » À chaque jeune, le cardinal Sarah a demandé de s’interroger sur son propre appel à la vocation. « Chers jeunes, si aujourd’hui le Christ vous appelle à le suivre comme prêtre, comme religieux ou religieuse, n’hésitez pas, dites-lui « Fiat », un « Oui » enthousiaste et sans condition. » Chaque année, de nombreux jeunes viennent confier sur les routes de Chartres, le pressentiment d’un appel à la vie sacerdotale ou religieuse, ils sont les prêtres, les religieuses, les moines de demain. C’est aussi cela le « miracle » du pèlerinage.

 

Aleteia

DIEU OU RIEN, LIVRES - RECENSION, ROBERT SARAH

DIEU OU RIEN : CARDINAL ROBERT SARAH

Dieu ou rien : entretiens sur la foi

Cardinal Robert Sarah avec Nicolas Diat

Paris, Fayard, 2015. 415 pages.

Présentation du cardinal Sarah

Né dans la brousse africaine au sein d’une famille coniagui, il a quitté son village à onze ans afin d’entrer au petit séminaire. Après avoir été ordonné prêtre dans un pays miné par l’une des dictatures les plus sanguinaires d’Afrique, il est devenu, à trente-trois ans, le plus jeune archevêque du monde, et a lutté avec une grande énergie  pour la liberté de son peuple.

Sa vie est construite sur la foi, le combat pour la vérité de Dieu, l’humilité, la simplicité et le courage.

Le cardinal Robert Sarah (né en 1945) :  Jean-Paul II l’a appelé à Rome en 2001, Benoît XVI l’a créé cardinal en 2010, et François en a fait l’un de ses plus proches collaborateurs en le nommant à la tête de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements.

Au fil d’un entretien exclusif, le cardinal livre ses réflexions sur l’Église, les papes, Rome, le monde moderne, l’Afrique, l’Occident, la morale, la vérité, le mal, et Dieu, toujours.

Extraits du livre où le cardinal livre ses réflxions sur des sujets qui lui tiennent à cœur

Abandon « Dans ma vie, Dieu a tout fait ; de mon côté, je n’ai voulu que prier. Je suis certain que le rouge de mon cardinalat est vraiment le reflet du sang de la souffrance des missionnaires qui sont venus jusqu’au bout de l’Afrique pour évangéliser mon village. »

Adoration « Ces tournants, ce sont ces heures, ces moments de la journée où, seul à seul avec le Seigneur, j’ai pris conscience de sa volonté sur moi. Les grands moments d’une vie, ce sont les heures de prière et d’adoration. Ils enfantent l’être, ils façonnent notre véritable identité, ils enracinent notre existence dans le mystère. »

Euthanasie « L’euthanasie est le marqueur le plus aigu d’une société sans Dieu, infra-humaine […]. Pourtant, dans mes voyages, je constate un réveil des consciences. Les jeunes chrétiens d’Amérique du Nord montent progressivement au front pour re-pousser la culture de mort. Dieu ne s’est pas endormi, Il est vraiment avec ceux qui défendent la vie ! »

Gender « Concernant mon continent d’origine, je veux dénoncer avec force une volonté d’imposer de fausses valeurs en utilisant des arguments politiques et financiers. Dans certains pays africains, des ministères dédiés à la théorie du genre ont été créés en échange de soutiens économiques ! Ces politiques sont d’autant plus hideuses que la plus grande partie des populations africaines est sans défense, à la merci d’idéologues occidentaux fanatiques. 

Prière « La véritable prière laisse Dieu libre de venir à nous selon sa volonté. Nous devons savoir L’attendre dans le silence. Il faut durer dans le silence, dans l’abandon et dans la confiance. Prier, c’est savoir se taire longtemps ; nous sommes si souvent sourds, distraits par nos paroles… »

Transmission « Mon père m’a appris à beaucoup aimer la Vierge Marie. Je le revois encore se jeter à genoux, dans le sable d’Ourous, pour prier l’Angélus, chaque jour, à midi et le soir. Je n’ai jamais oublié ces moments où il fermait les yeux pour rendre grâce à Marie. Je l’imitais et je récitais mes prières pour la mère de Jésus, à ses côtés. »

Synode « L’idée qui consisterait à placer le Magistère dans un bel écrin en le détachant de la pratique pastorale, qui pourrait évoluer au gré des circonstances, des modes et des passions, est une forme d’hérésie, une dangereuse pathologie schizophrène. J’affirme donc avec solennité que l’Église d’Afrique s’opposera fermement à toute rébellion contre l’enseignement de Jésus et du Magistère. » 

cardinal sarahDIEU « L’Église d’Afrique s’engage au nom du Seigneur Jésus »

« Face à la crise morale, tout particulièrement celle du mariage et de la famille, l’Église peut contribuer à la recherche de solutions justes et constructives, mais elle n’a d’autres possibilités que d’y participer en se référant de façon vigoureuse à ce que la foi en Jésus Christ apporte de propre et d’unique à l’entreprise humaine. En ce sens, il n’est pas possible d’imaginer une quelconque distorsion entre le Magistère et la pastorale. L’idée qui consisterait à placer le Magistère dans un bel écrin en le détachant de la pratique pastorale, qui pourrait évoluer au gré des circonstances, des modes et des passions, est une forme d’hérésie, une dangereuse pathologie schizophrène. J’affirme donc avec solennité que l’Église d’Afrique s’opposera fermement à toute rébellion contre l’enseignement de Jésus et du Magistère. […] L’Église d’Afrique s’engage au nom du Seigneur Jésus à maintenir inchangé l’enseignement de Dieu et de l’Église sur l’indissolubilité du mariage : ce que Dieu à uni, que l’homme ne le sépare pas. Comment un Synode pourrait-il revenir sur l’enseignement constant, unifié et approfondi du bienheureux Paul VI, de saint Jean-Paul II et de Benoît XVI ? Je place ma confiance dans la fidélité de François. »