LITTERATURE, LIVRE, LIVRES, LIVRES - RECENSION, LIVRES DE SPIRITUALITE, ROMANS, SOCIOLOGIE, SPIRITUALITE

Lectures été 2020

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Lectures d’été en 2020

 

BAZIN, Réné. – Charles de Foucauld au Maroc, ermite au Sahara. Paris,  Nouvelle Cité, 2003. 543 pages.

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En écrivant cette biographie de Charles de Foucauld en 1921, l’auteur révélait au grand public une figure encore assez peu connue, même si certains milieux vantaient déjà sa science et sa foi missionnaire. L’auteur a fait un véritable travail d’enquête sur les lieux de la vie du Frère Charles. Convaincu qu’il était en présence d’un saint, il s’est contenté de tracer l’itinéraire de sa vie et de le faire parler. Ce livre qui fut un best-seller à sa sortie (200 000 exemplaires) reste une œuvre  majeure et un document fondamental pour mieux connaître l’ermite du Sahara, d’autant plus que la canonisation de Charles de Foucauld est proche.

 

BECK,  Béatrix. – Léon Morin, prêtre. – Paris, Gallimard, 1972. 215 pages.

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Un roman sorti en 1952 et qui a obtenu – peu le savent – le prix Goncourt cette même année. Le récit passionnant de la rencontre d’un prêtre intelligent et charismatique avec une jeune femme agnostique et rebelle. Une histoire adaptée au cinéma par Jean-Pierre Melville en 1961 (avec Jean-Paul Belmondo dans le rôle titre) puis dans le film sous le titre  « La Confession ». Comme souvent, le livre est encore bien mieux que le film

 

 

 

BENSON, Robert Hugh. – Le Maître de la terre : la crise des derniers temps. – Paris, Téqui, 1993. 420 pages.

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Un roman visionnaire, pourtant écrit en 1907. Une réflexion très actuelle sur les inévitables dérives d’un monde qui veut se construire sans Dieu.

« J’ai l’idée d’un livre si vaste que je n’ose y penser, écrit Hugh Benson en 1905. L’Antéchrist commence à m’obséder. Si jamais je l’écris, quel livre ce sera ! ». Un an plus tard, paraît Le Maître de la terre. Ce roman est une sorte de broderie flamboyante ; c’est un livre de mysticisme intense, un cri de foi éperdu. Véritable fresque de la fin des temps – spectacle fort et grandiose à la fois-, qui fait vibrer le lecteur au son des trompettes de l’Apocalypse. Ce remarquable récit contient une vision prophétique d’un monde coupé en deux empires apparemment antagonistes, mais bien unis dans la persécution des chrétiens. Ce livre, écrit par un des plus grands romanciers catholiques de son temps, est tout simplement passionnant ! L’auteur est né en 1871, au sein d’une famille anglicane (son père deviendra archevêque de Cantorbery). Pasteur anglican, sa quête de la vérité le pousse à s’interroger sur sa foi, et sa sincérité intellectuelle le conduit à la conversion. Il est reçu dans l’Église romaine en 1903. Ordonné prêtre, il partage son temps entre la prédication intense et la rédaction d’une trentaine d’ouvrages : uvres théâtrales, romans et essais apologétiques. Il meurt en 1914, au début d’une guerre qu’il pressentait déjà lorsqu’il rédigeait Le Maître de la terre. « Le Maître de la terre est une de mes lectures préférées. » « En le lisant, vous comprendrez le drame de la colonisation idéologique. » (Pape François) « La lecture du Maître de la terre fut pour moi un fait de grande importance. » (Benoît XVI)

 

BERNET,  Anne. – Père Jérôme  : un moine au croisement des temps. – Paris, Le Cerf, 2015. 608 pages.

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La biographie d’un homme dont le rayonnement a été immense et qui perdure encore, alors qu’il est décédé depuis quelque temps déjà, après une longue vie dans un cloître, vouée au silence, à la prière, au travail manuel et à l’étude.

La vie monastique est un chemin de vérité. Elle est une conquête, lente et quotidienne, de l’Évangile. C’est ce que prouve le récit de la vie de Père Jérôme (1907-1985), dans une époque où tout semble contrarier ce désir d’absolu. Moine trappiste de l’abbaye de Sept-Fons, en Bourbonnais, Père Jérôme a été révélé au public comme l’un des grands maîtres spirituels du xxe siècle. C’est tout le mérite d’Anne Bernet, à travers ce portrait vivant et habité, de nous faire découvrir le visage de cet homme de Dieu qui a offert à toute sa génération des sentiers dans un monde désorienté. Rédigée à partir d’archives inédites conservées à Sept-Fons, cette première biographie retrace une existence passée dans un cloître, vouée au silence et à la prière, au travail manuel et à l’étude. La vie simple d’un moine, à l’image des Pères du désert, qui fut, depuis son monastère, le contemporain et le pédagogue de ses frères chrétiens.
Un livre pour retrouver vivant, tel qu’en lui-même, Père Jérôme ; recueillir et accueillir sa parole jaillissante de la prière et de la foi.

BLOY,  Léon. – La femme pauvre : un épisode contemporain. – Paris, Gallimard, 1980. 448 pages.

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Un livre oublié et un livre habité ; ne serait-ce qu’à cause de ce constat final qu’il délivre : « Il n’y a qu’une tristesse, c’est de n’être pas des saints » 

Ce grand roman poétique, dominé par l’image du feu, glorifie la femme, identifiée au thème chrétien de la pauvreté. Clotilde, l’héroïne de La femme pauvre, parvient à la lumière lorsque, dépouillée de tout, elle est laissée à la totale solitude et à la misère absolue. Au-delà de toute tristesse et de tout malheur humain, elle accède alors à l’univers spirituel «et sa continuelle prière est une torche secouée contre les puissants…»

 

CANDIARD, Adrien. – Quand tu étais sous le figuier je t’ai vu. –  Paris, Le Cerf, 2017. 176 pages.

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Beaucoup ont du mal à prendre le temps de lire des bouquins spirituels, de peur de s’ennuyer au bout de trois phrases. Pourtant c’est bien nécessaire pour nourrir sa foi et ne pas faire du sur-place ! En voilà un, à conseiller vivement, simple, concret, profond et plein d’humour. Dès le lycée, on peut le lire avec profit et sans difficulté ; mais toutes les générations s’y retrouveront. Des pages utiles pour avancer sur un tas de sujets très quotidiens de notre vie chrétienne.

Qui est cette personne assise, dans l’Évangile, sous un figuier ? C’est vous, c’est moi, c’est chacune, chacun d’entre nous rêvant de vivre enfin notre vie en plénitude. Mais à quelle existence Dieu appelle-t-il Nathanaël ? En quoi l’accomplira-t-il en suivant Jésus ? Qu’est-ce qu’une vocation ? Nos vies sociale, intellectuelle, amoureuse, ne sont jamais que la recherche et la poursuite de la vie véritable. Jusqu’à la lumineuse évidence que la vie que nous désirons et la vie que Dieu veut pour nous ne sont qu’une. Explorant comme jamais le fil anodin de la quotidienneté anonyme, Adrien Candiard en délivre ici le miroitement secret au regard de l’éternité. Une grande leçon, sans leçon, de spiritualité simple et haute. Un livre pour se jeter sur la voie, après l’avoir lu et dévoré. Dominicain vivant au couvent du Caire, Adrien Candiard est l’auteur notamment de En finir avec la tolérance, Veilleur, où en est la nuit ?, Comprendre l’islam, ou plutôt : pourquoi on n’ycomprend rien.

 

 

CANDIARD, Adrien. – A Philémon, réflexions sur la liberté chrétienne. – Paris, Le Cerf, 2019. 144 pages.

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Même si la morale a mauvaise presse, le questionnement « obligé ou interdit ? » est plus présent que jamais. Ceux qui le posent ne sont pas des névrosés, mais des personnes estimables – croyants ou non croyants – qui s’efforcent de bien vivre et de bien faire. Pour cela, ils se débattent de leur mieux avec le grand bazar contradictoire de leurs désirs, de leurs convictions, de leurs attachements, de leurs devoirs, de leurs envies, de leurs fatigues… s’efforçant de faire rentrer le réel compliqué dans trois catégories simples : le permis, le défendu, l’obligatoire. Et si la réponse était plutôt dans un tout autre chemin : celui d’une authentique et exigeante liberté, sous la conduite de l’Esprit Saint ? Religieux dominicain, l’auteur a également publié d’autres ouvrages lumineux.

 

CHAUTARD,  Jean-Baptiste. – L’âme de tout apostolat. – Perpignan, Artège, 2010. 345 pages.

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Le pape saint Pie X en avait fait son livre de chevet. La description d’une recette intemporelle, toujours d’actualité : notre action et notre engagement dans ce monde doivent être le trop plein de notre vie intérieure. Un classique incontournable de la spiritualité chrétienne à mettre dans toutes les mains, rien que pour entendre cette belle parole : « Si le monde va de mal en pis, c’est qu’il y a plus de batailles que de prières »

 » Ceux qui prient font plus pour le monde que ceux quicombattent, et si le monde va de mal en pis, c’est qu’il y aplus de batailles que de prières. « L’âme de tout apostolat, classique parmi les classiques,propose des indications précieuses sur le sens de la viechrétienne. Dom Chautard rappelle que la mission du chrétien n’a de sens qu’enracinée dans une rencontrepersonnelle avec le Christ. Conformèment aux intuitionsde son époque et en particulier de l’Action Catholique,il encourage une évangélisation authentique qui se gardede tout activisme. Devenu le livre de chevet de nombreuxsaints, L’âme de tout apostolat répond aux préoccupationsde tous ceux qui vivent dans un monde en manque de repères. Dom Chautard, excellent guide spirituel, nous enseigneque l’apostolat authentique n’est qu’un déploiement de lavie intérieure.Jean-Baptiste Chautard (1858-1935), moine cistercien,entré l’age de 19 ans à l’abbaye d’Aiguebelle, fût tourà tour abbé de Chambarand puis de la Trappe de Sept-Fons. L’âme de tout apostolat, son principal ouvrage, a étéimprimé à plusieurs centaines de milliers d’exemplairesdepuis sa parution en 1907.

 

CHIRON, Yves. – Fatima : vérités et légendes. – Perpignan Artège, 2017. 248 pages.

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A l’occasion du centenaire des apparitions de la Vierge Marie à Fatima en 1917, voici un récit complet des événements, depuis les préparations (les apparitions de l’Ange en 1915 et 1916) jusqu’à aujourd’hui. Tout en s’appuyant sur les études les plus sérieuses consacrées à Fatima, l’auteur revient aux sources : les mémoires rédigés par sœur  Lucie, la biographie qu’ont publiée après sa mort les carmélites de Coïmbra et la vaste Documentação Crítica de Fátima – inédite en français – qui recueille toutes les pièces du dossier depuis les premiers interrogatoires des trois voyants jusqu’au long procès canonique. Les controverses sur Fatima n’ont pas cessé et l’auteur répond à toutes les objections. Il a aussi interrogé le pape émérite Benoît XVI et publie sa réponse, inédite

 

CISZEK,  Walter J.  – Avec Dieu au Goulag : témoignage d’un jésuite. – Paris, Editions des Béatitudes, 2010. 320 pages.

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Accusé d’être un espion du Vatican, un prêtre est interné 23 années en Sibérie durant les années les plus terribles de la guerre froide. On y découvre l’itinéraire spirituel impressionnant d’un jésuite qui surmonte une épreuve terrible, à travers désarroi et souffrances, qu’il ne cache pas. A lire comme une odyssée spirituelle et un acte de foi et d’abandon à la volonté de Dieu qui ne veut pas le mal mais le permet.

Traduit de l américain par Emilie Pecheul et Cathy Brenti Capturé par l armée russe durant la Seconde Guerre mondiale, accusé d être un « espion du Vatican », Walter J. Ciszek, prêtre jésuite américain, a passé vingt-trois ans dans les prisons soviétiques et les camps de travail de Sibérie entre 1940 et 1963. Son livre présente un intérêt historique certain car très peu de témoignages ont été édités sur le ministère des prêtres catholiques dans les camps soviétiques durant cette période. Mais il est avant tout le récit d un itinéraire spirituel impressionnant que le père Ciszek a accepté de rédiger parce qu après son retour aux Etats-Unis, on lui demandait comment il avait pu surmonter pareilles épreuves. Avec beaucoup de simplicité, il relate les événements auxquels il a été confronté les cinq ans d emprisonnement à la Lubianca, le travail dans les mines de sel en Sibérie, etc. et qui l on conduit à un long dépouillement, mais aussi à un abandon de plus en plus confiant à la Providence, à une sérénité intérieure grâce à laquelle il a pu se préserver de « l arrogance du mal » qui l entourait. Il rapporte son désarroi, ses souffrances mais aussi le cheminement intérieur qu il a été amené à faire jusqu à considérer tout événement, grâces ou épreuves, comme un don de Dieu et une expression de Sa volonté. Cela lui a donné la force de tenir bon et d exercer ensuite son ministère avec discrétion mais audace dans les conditions extrêmement éprouvantes des camps puis des villes de Sibérie. Un cheminement humain hors du commun et une odyssée spirituelle unique. Auteur: Prêtre américain, ce témoignage retrace la période où il a été capturé par les Russes durant la seconde guerre mondiale et sa détention pendant 23 ans

 

CUCHET,  Guillaume. – Comment notre monde a cessé d’être chrétien. – Paris, Le Seuil, 2018. 288 pages.

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Dans un ouvrage de haute qualité, cet universitaire analyse les raisons du déclin du catholicisme en France depuis les années 1960. Comment a-t-on pu arriver à une pratique dominicale inférieure à 2 %, le seuil sous lequel les enquêtes d’opinion sont discutables, tellement les indicateurs sont faibles ? Un livre qui offre une analyse sociologique et historique redoutable de la déchristianisation de notre pays

 

 

 

DAUZET, Dominique-Marie. – Claire de Castelbajac. – Paris, Presses de la Renaissance, 2010. 250 pages.

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L’histoire de cette jeune fille, disparue en 1975 qui découvre l’amour de Dieu, immense, étonnant, si simple. Une sainte pour notre temps ?

La première biographie de Claire de Castelbajac, dont l’existence, à la fois simple et fulgurante, est marquée par son aspiration à la sainteté.

Née en 1953, Claire de Castelbajac frappe ses proches par sa joie de vivre et sa confiance en Dieu. Étudiante, elle va au-delà des conventions de la bourgeoisie catholique : musicienne, douée pour le dessin, elle expérimente la difficulté d’aimer vraiment et d’être aimé, de rester fidèle à la foi de l’enfance, dans l’immédiat après-mai-68.
En 1973, elle est admise au concours d’un prestigieux institut de restauration de peinture et se retrouve projetée dans un milieu artistique, au cœur de la vie romaine, loin des siens. Claire s’étourdit du plaisir de vivre libre. Mais son cœur, d’amours en amitiés, cherche douloureusement sa voie.
À l’été 1974, elle fait un pèlerinage en Terre sainte qui la remet dans une quête spirituelle intense. À l’automne, elle restaure les fresques de la basilique inférieure de Saint-François à Assise. Deux mois de grâce qui la conduisent au terme de sa recherche : seule, désormais, compte la louange de Dieu par sa vie. Mais aux vacances de Noël, une méningo-encéphalite l’emporte en deux semaines. Claire meurt à Toulouse le 22 janvier 1975, elle a 21 ans.
Claire de Castelbajac est de plus en plus connue et aimée en France et au-delà, spécialement par les jeunes. Bien des grâces divines semblent passer par elle. L’enquête diocésaine pour son procès de béatification s’est terminée en février 2008. Le dossier a été ouvert à la Congrégation pour la cause des saints à Rome, le 3 juin 2008. Sans prétendre anticiper aucunement sur les conclusions romaines, le présent ouvrage retrace le parcours de Claire. Il s’agit de la première biographie exhaustive réalisée à partir des nombreuses sources disponibles.

 

DENIS,  Jean-Pierre. – Un catholique s’est échappé.- Paris, Le Cerf, 2019. 192 pages.

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 Dans la crise que traverse l’Eglise en Europe et en France, le rédacteur en chef du journal La Vie est convaincu – et nous aussi ! – que le christianisme représente encore aujourd’hui une contre-culture agissante. Entre la dilution ou la crispation, comment les catholiques peuvent-ils échapper aux deux grands pièges qui les guettent : être naïfs ou médiocres ? La démonstration est source d’espérance et exprime avec force ce qu’on peut (encore) attendre des chrétiens dans une société sécularisée. Stimulant !

 

DERVILLE, Tugdual. – Le temps de l’homme : pour une révolution de l’écologie humaine. – Paris, Plon, 2016. 320 pages.

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La menace de ce 21ième siècle est claire : c’est celle de ne plus être des hommes. Le fondateur de « A bras ouverts » et délégué général de « Alliance Vita » délivre un diagnostic et propose des remèdes. Un must read pour comprendre les enjeux d’une écologie humaine qui nous évitera l’avènement d’une société atomisée, remplie d’individus errants et sans racines

 

 

 

DERVILLE, Tugdual.  – La bataille de l’euthanasie : enquête sur les 7 affaires qui ont bouleversé la France. – Paris, Salvator, 2012. 230 pages.

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Une enquête minutieuse et captivante qui montre comment l’émotion médiatique peut être utilisée pour manipuler l’opinion. Un ouvrage qui se lit comme un roman policier. Une question d’actualité brûlante qui nous concerne tous, un jour ou l’autre …

 

 

DOSTOÏEVSKI, Fedor. – Les frères Karamazov. – Paris, Gallimard, 1994.  992 pages.

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L’odieux Féodor Karamazov est assassiné. De ses trois fils – Dimitri le débauché, Ivan le savant et l’ange Aliocha –, tous ont pu le tuer, tous ont au moins désiré sa mort.
Drame familial, drame de la conscience humaine, interrogations sur la raison d’être de l’homme, tableau de la misère, de l’orgueil, de l’innocence, de la Russie au lendemain des réformes de 1860, orgies, miracles, la richesse de ce roman de Dostoïevski, son dernier, et considéré comme son chef-d’œuvre, ne sera jamais épuisée.
Le génie de Dostoïevski est à ce point divers que Nabokov a même osé écrire : « N’oublions jamais que Dostoïevski est avant tout un auteur de romans policiers… un maître du suspens. »

Célèbre écrivain russe qui y fait la synthèse des problèmes philosophiques, religieux et moraux qui ont hanté son univers. Il aborde la question ultime de l’existence de Dieu, qui l’a tourmenté toute sa vie. De nombreux thèmes chers à l’auteur y sont développés : l’expiation des péchés dans la souffrance, l’absolue nécessité d’une force morale au sein d’un univers irrationnel et incompréhensible, la lutte éternelle entre le bien et le mal, la valeur suprême conférée à la liberté individuelle. C’est de cet ouvrage qu’on a tiré la célèbre citation : « Si Dieu n’existe pas, alors tout est permis »

 

GUEULETTE Jean-Marie. – La vie en abondance : la vertu de chasteté pour les prêtres et les religieux.- Paris, Le Cerf, 2019. 288 pages.

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La chasteté : mirage ou imposture ? Mal compris, le célibat sacerdotal suscite beaucoup de suspicion, à la lumière des récents scandales qui frappent l’Église. Les prêtres et les consacrés n’ont-ils pas d’autre choix que de tuer leurs désirs ? En mobilisant l’histoire, la théologie, la biologie ou encore la psychologie, c’est en religieux et en scientifique que l’auteur livre ici une réflexion concrète où la frustration s’efface devant la transfiguration. La réponse est simple : il ne s’agit pas de tuer le désir, mais de le vivre autrement. Et les centaines de milliers de consacrés heureux dans leur célibat, dont on parle beaucoup moins, sont là pour le prouver

 

GROSJEAN, Pierre-Hervé. – Catholiques, engageons-nous ! – Perpignan, Artège, 2018. 196 pages.

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Face à ce monde hostile ou indifférent, quelle marge entre démission ou exil ? Dilution ou repli sur soi ? Plein d’espérance, l’abbé nous explique qu’on ne peut se résigner à regarder ce monde comme un spectateur regarde un match depuis les tribunes ou le banc de touche. Il faut passer à l’action ! En montrant comment l’engagement des catholiques est possible, en particulier en politique, dans l’enseignement, les médias ou la culture, il appelle la génération qui vient à être celle des « témoins décomplexés » évoqués par le pape Benoît XVI et à « descendre du balcon » pour passer à l’action, comme le réclame le pape François

GROSJEAN, Pierre*Hervé. – Aimer en vérité. – Perpignan, Artège, 2014. 150 pages.

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Depuis des années qu’il rencontre et écoute des jeunes, l’abbé Grosjean les connaît bien. De son expérience d’accompagnement et de ses conférences, il a recueilli le meilleur pour répondre à toutes leurs questions sur la construction d’un amour vrai.Ni cours de morale, ni code de conduite, ce livre veut transmettre aux jeunes de 15 à 22 ans des convictions qui font grandir et encouragent, pour se préparer à aimer. Un ouvrage indispensable également pour tous ceux qui veulent donner à leurs ados et leurs aînés une vision juste et constructive de l’amour.

L’abbé Pierre-Hervé Grosjean est prêtre du diocèse de Versailles. Ordonné en 2004, il est aujourd’hui curé de paroisse à Saint-Cyr-l’école. Aumônier de lycée, il accompagne également beaucoup de jeunes, dans le cadre du scoutisme ou des Universités d’été « Acteurs d’Avenir » qu’il a fondées. Il anime Padreblog.fr avec d’autres cinfrères.

 

GROSJEAN, Pierre-Hervé. – Donner sa vie : Es-tu prêt à donner ta vie ? Si oui, pour qui et pour quoi ? – Perpigan, Artège, 2018. 168 pages.

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Voilà la question fondamentale qui se pose à tout jeune entre 15 et 30 ans au moment de discerner sa vocation, puis de faire ses choix de vie. Comment y répondre ? Comment vivre aujourd’hui cette joie du don de soi dans ses études, sa vie spirituelle ou le service des autres ? Et demain, comment discerner une vocation, quelle qu’elle soit ? Un discours franc et concret, très encourageant, qui nous rappelle que toute vie est belle quand elle est donnée

 

HADJADJ Fabrice . – Résurrection, mode d’emploi. – Paris, Magnificat, 2016. 192 pages.

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Vous souvenez-vous du brûlot intitulé : Suicide, mode d’emploi de C. GUILLON et Y. le BONNIEC ? Paru en 1982, il est désormais interdit à la vente en France. Cet essai est en quelque sorte la suite, en beaucoup mieux et pour cause ! Jésus revient parmi les siens (!) et sa vie a désormais une prise directe sur la nôtre : l’argent, la féminité, le service, l’attention aux autres, les repas, la Bible, le pardon, le martyre, la foi, la nouvelle évangélisation, l’amour… rien n’est oublié, le tout dans un style à la fois tonique et profond.

« Forcément, l’événement d’un Ressuscité paraît difficile à avaler pour un habitué des avatars, des profils, des objets 3D qui ne sont ni nés ni morts ni vivants. Mais pour un gars positif et manuel d’autrefois, un paysan, un meunier, un mégissier, c’était de l’invraisemblable, sans doute, et cependant à peine entendait-il : Amen, amen, je vous le dis : si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il reste seul ; mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruit (in 12, 24), ça devenait simple, c’était aussi vrai qu’avril, le renouveau de la verdure, l’or des moissons… » Que nous disent les apparitions du Christ après sa Résurrection ? Comment les comprendre aujourd’hui ? A travers une méditation à la fois profonde et légère, Fabrice Hadjadj pose un regard neuf et plein de finesse sur le mystère du Ressuscité.

 

HUMBRECHT Thierry-Dominique – Eloge de l’action politique. – Paris, Parole et Silence, 2015. 206 pages.

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Le théologien et philosophe y décrit l’avènement d’une génération politique qui se lève, composée de chrétiens et de non chrétiens. Elle veut passer à l’action et s’illustrer dans le débat. Des questions se posent : légitimité de l’ambition, fins du politique, équilibre du nécessaire et du possible, manipulation des passions publiques, rayonnement professionnel, disponibilité des acteurs, recherche des terrains d’entente. Avec en outre, pour les chrétiens, la place du témoignage dans une société sécularisée

 

 

 

UMBRECHT, Thierry-Dominique.L’évangélisation impertiente : guide du chrétien en pays postmoderne.Paris, Parole et Silence, 2012. 286 pages.

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Un ouvrage pour devenir un évangélisateur impertinent qui délivrera un message d’espérance par temps de relativisme.

Dans les débats de société, pourquoi le catholique se reconnaît-il surtout à son silence ? Intimidé, exclu de la culture, il se demande ce qui se passe. Le pays dans lequel il vit n’est plus chrétien, il est devenu celui des postmodernes. En a-t-il pris la mesure ? Les postmodernes ne cessent de s’affranchir de leur héritage chrétien. Leur nihilisme affiché masque une stratégie de pouvoir, parfois une nostalgie. Comment un chrétien peut-il se situer, entre compassion, complicité et contre-culture ? Par rupture de transmission, culture antichrétienne, dictature du relativisme, athéisme catholique, le paquebot est devenu barque. Les chrétiens eux-mêmes y trouvent leur compte :  » j’en prends et j’en laisse « . Comment, dans ces conditions, faire entendre l’Evangile ? Par la parole ou par l’exemple ? Dans quels lieux : famille, éducation, politique, culture ? Entre laïcité mal comprise et vains appels au miracle, le chemin est celui d’une providence qui compte sur notre courage public. Le chrétien aussi a quelque chose à dire à ses contemporains. Il n’y a pas d’Eglise sans évangélisateurs impertinents, qui délivrent un message d’espérance par temps de relativisme.

 

JEAN-PAUL II. – Mémoire et identité.- Paris, Flammarion, 2005. 250 pages.

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Le livre testament du Pape, publié à peine trois mois avant sa mort. Sous un ton très personnel, celui qui a été canonisé en 2014 décrit la mort d’un Occident qui perd sa mémoire et ne sait plus définir son identité. Un véritable bréviaire pour une Europe désincarnée

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JOURDAN ; François. – La Bible face au Coran : les vrais fondements de l’Islam. – Editions de l’Oeuvre, 2011. 160 pages.

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Après « Dieu des chrétiens, Dieu des musulmans », qui a connu un vrai retentissement, le père François Jourdan récidive avec cette nouvelle incursion du côté des fondements de l’islam. Ses conclusions sont révolutionnaires. Pas à pas, avec le sens de la formule et de la pédagogie, il démontre que la religion musulmane n’est pas biblique, qu’elle ne tire pas ses sources de l’Ancien Testament et que les musulmans ne sont pas des enfants d’Abraham. Un petit livre clair qui refuse la facilité et la paresse intellectuelle, et contribue à une meilleure compréhension des réalités de l’islam.

 

KESSEL,  Joseph. – Les mains du miracle. – Paris, Gallimard Folio, 2013. 416 pages.

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L’incroyable histoire du docteur finlandais Felix Kersten. À la veille de la seconde guerre mondiale, Felix Kersten est spécialisé dans les massages thérapeutiques. Parmi sa clientèle huppée figurent les grands d’Europe. Pris entre les principes qui constituent les fondements de sa profession et ses convictions, le docteur Kersten consent à examiner le puissant chef de la Gestapo : Heinrich Himmler. Affligé d’intolérables douleurs d’estomac, celui-ci en fait bientôt son médecin personnel. C’est le début d’une étonnante lutte, Felix Kersten utilisant la confiance du fanatique bourreau pour arracher des milliers de victimes à l’enfer nazi.

 

LYONNET, Pierre. – Traverser la souffrance avec le Christ. – Perpignan, Artège, 2014. 170 pages.

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Assumer les douleurs et les peines de la maladie oblige à descendre au plus profond de soi-même, là où Dieu est présent, pour puiser en lui le courage de continuer à avancer, malgré tout. Un ouvrage qui aidera les personnes éprouvées, et tous ceux qui se dévouent auprès d’elles, à traverser la souffrance avec le Christ.

 

 

 

 

MALEGUE Joseph. – Augustin ou le maître est là. – Paris, Le Cerf, 2014. 832 pages.

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Le « Proust catholique » des années 1930, écrivain lu avec ferveur par saint Paul VI comme le conteur de l’histoire de l’âme et par le pape François comme le grand romancier moderne des « classes moyennes de la sainteté ». Un magnifique roman d’une confondante actualité sur la crise religieuse des sociétés d’abondance.

L’heure est venue de redécouvrir Joseph Malègue, célébré comme le « Proust catholique » dans les années 1930, écrivain lu avec ferveur par le pape Paul VI comme le « conteur de l’histoire de l’âme », et par le pape François comme le grand romancier moderne des « classes moyennes de la sainteté. De 1876 à 1924, des monts d’Auvergne aux boulevards de Paris, de la France rurale des clochers à la France urbaine des usines et des universités, c’est tout un monde qui disparaît, marqué par la séparation de l’Église et de l’État, puis par la Grande Guerre, et que traverse Augustin Méridier, héros déchiré entre la foi et le doute, la transmission et la sécularisation, l’espérance et la mélancolie. De cette destinée tourmentée, hantée par les femmes, et de ce temps de convulsion, qui oppose les hommes, Malègue dresse superbement la double chronique où l’abandon à la transcendance ordinaire s’impose comme le seul héroïsme. Un magnifique roman-univers, d’une confondante actualité, sur la crise religieuse des sociétés d’abondance.

 

MANENT, Pierre. – Situation de la France. – Paris, Desclée de Brouwer, 2015. 176 pages.

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Un ouvrage réaliste qui n’a pas peur de dire que la laïcité française veut exclure de son champ de vision tous les phénomènes religieux pour se convaincre qu’il n’y a aucun problème d’intégration des populations arabo-musulmanes. L’auteur considère qu’une telle attitude est contre-productive et, à plus ou moins long terme, suicidaire pour notre pays. Il faut au contraire faire mémoire de nos origines et y retrouver la place singulière de la « marque chrétienne » pour fuir deux tentations : la résignation et le renoncement. On a très envie de lui donner raison.

 

 

MARION, Jean-Luc. – Brève apologie pour un moment catholique. – Paris, Grasset, 2017. 128 pages.

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De Descartes et de Heidegger (les « pères » de notre postmodernité), Jean-Luc Marion occupe le siège du cardinal Lustiger à l’Académie française. Alors qu’on dit les catholiques de France désunis, affaiblis et découragés, l’auteur remarque qu’ils n’ont jamais autant été à la fois courtisés et dénigrés. Preuve s’il en est, de leur place singulière ! Comme les Apôtres le jour de la Pentecôte, nous avons reçu un Esprit de douceur et de force, de créativité et d’unité, de lucidité et d’espérance. Que notre époque n’ait pas peur des chrétiens : leur amour d’une vérité toujours à approfondir, leur exigence éthique, leur rapport à l’universel peuvent être salutaires pour notre cité. Un livre qui donne du souffle

MENTHIERE, Guillaume de.- Dix raisons de croire. – Paris, Salvator, 2010. 240 pages.

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On ne peut aujourd’hui être un chrétien adulte sans l’avoir voulu et réfléchi. Un exposé simple et accessible qui montre que la foi ne relève pas d’une déficience mentale. Le livre qui pourra aider pour les discussions du soir entre amis.

Il y a dans ce monde des raisons de croire et des raisons de ne pas croire. Un grand nombre de nos contemporains se réfugient frileusement dans ce qu on appelle l agnosticisme. Mais Jésus n a-t-il pas dit : « Que votre oui soit oui, que votre non soit non, tout le reste vient du Malin » ? Les catholiques ont « la faiblesse de croire » ce que l Église enseigne. N est elle pas bien révélatrice cette étrange expression : « faiblesse de croire » ? Comme si la foi ne pouvait relever que d une déficience, d une asthénie mentale. Quelle force d âme, bien au contraire, n est-elle pas requise pour croire ! De nos jours on ne peut guère être un chrétien adulte sans l avoir voulu et réfléchi. Ne doit-on pas renouer avec cette vieille discipline par trop oubliée, l apologétique, en présentant simplement toutes les bonnes raisons qu il y a d adhérer à la vérité du christianisme ?

MOREAU, Denis. – Comment peut-on être catholique ?. – Paris, Le Seuil, 2018. 368 pages.

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Un livre à offrir à tous ceux qui vous ont dit un jour : « c’est drôle, t’es catho mais… t’es sympa ! ». Cet ouvrage ne convertira probablement personne au catholicisme. Mais à ceux qui ne croient pas, il suggérera qu’un catholique n’est pas nécessairement un imbécile. À ceux qui croient déjà, il fournira quelques arguments susceptibles d’affermir leur foi. À tous, il expliquera que lorsque se pose la seule question qui vaille vraiment — comment tenter de réussir sa vie ? — le catholicisme constitue une des bonnes réponses envisageables. Et même un choix de raison.

 

O’BRIEN Michael D. – Père Elijah : une apocalypse. – Paris, Salvator, 2008. 589 pages.

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« Père, dit le Pape, vous vous demandez pourquoi nous vous avons fait venir ici à Rome dans des circonstances si inhabituelles.
– Oui, Saint-Père.
– L’affaire qui nous échoit ne concerne que très superficiellement l’archéologie. C’est un sujet des plus délicats. Je vous demande de garder les choses dont nous allons parler dans la plus grande confidentialité.

Père Elijah est le récit d’un moine carme, ancien homme politique israélien et rescapé de la Shoah, appelé par le Pape à une mission particulièrement périlleuse. Sorti de son monastère du Mont Carmel, le Père Elijah se retrouve dans un tourbillon où se croisent les forces les plus ténébreuses. À qui pourra-t-il faire confiance et comment pourra-t-il accomplir sa mission ? L’épreuve à laquelle il est soumis prend au fil des pages une dimension politique et spirituelle des plus complexes et passionnantes.
Miroir du monde contemporain et aventure palpitante, Père Elijah donne une profondeur nouvelle aux thrillers du genre. Un récit d’exception écrit par un expert des âmes et un orfèvre des complots.

Un thriller par un vrai spécialiste du Vatican.

Les romans de Michael O’Brien sont puissants, chargés d’une réflexion métaphysique, psychologique et religieuse de haut vol. Ce bon connaisseur des âmes sait décrire à merveille la vie humaine et notre temps. Ce roman présente un monde où le mal a pris l’apparence d’un jeune dirigeant du monde, mâtiné de bons sentiments. Une histoire qui vous donnera certainement envie de lire l’ensemble des livres de l’auteur !

 

PAPPERT Aloysius. – Mémoires de guerre. – Paris, Salvator, 2017.  (tome 1 « une jeunesse volée » et tome 2 « Le sang des prisonniers »).

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Le récit authentique et troublant d’une épopée : celle d’Aloysius Pappert, né en Allemagne en 1924 dans une famille catholique et antinazie. Contre son gré, il doit partir en guerre en Russie alors qu’il a à peine 17 ans. Le jour de son départ, sa mère lui donne une médaille et le confie à la protection de la Vierge Marie pour qu’il revienne sain et sauf. Ses mémoires  évoquent son parcours en deux tomes. A travers l’épopée d’un jeune homme emporté dans le tourbillon d’une terrible guerre, on découvre une remarquable profession de foi qui transmet une force inégalable.

POLTAWSKA,  Wanda. – Journal d’une amitié : la famille Poltawski et Karol Wojtyla. – Paris, Médiaspaul, 2011. 624 pages.

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Peu de gens savent que le 2 avril 2005, jour de la mort de saint Jean-Paul II, deux personnes se trouvaient à ses côtés dans les appartements pontificaux : Mgr Stanisław Dziwisz, son fidèle secrétaire mais aussi une femme, sa « sœur spirituelle » de toujours : Wanda Połtawska. Ancienne résistante et médecin réputé, cette mère de quatre enfants a vécu 55 ans d’une amitié unique avec Karol Wojtyła. Elle est donc l’une des personnes au monde qui le connait le mieux. Cette amitié inédite, source d’élévation et de méditation, se nourrit d’une imposante correspondance mais aussi de randonnées au contact de la nature. Sorti en 2011, ce livre qui se lit par étapes, est le récit de la rencontre entre l’auteur et Karol Wojtyła, son guide spirituel et son ami. On y découvre avec intérêt le recueil d’une riche correspondance qui nous révèle l’intimité du pape polonais mais nous éclaire aussi sur une saine et sainte amitié entre un homme de Dieu et une femme

 

POTDEVIN Jean-Marc. – Les mots ne peuvent dire ce que j’ai vu : l’expérience mystique d’un business angel. – Paris, Editions de l’Emmanuel, 2012. 192 pages.

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Sous-titré « L’expérience mystique d’un business angel » cet ouvrage s’adresse à la fois aux non-chrétiens et aux chrétiens. L’auteur, baptisé et en fait « mal-croyant », raconte comment le Seigneur a employé de grands moyens pour le repêcher. Le récit d’une conversion assez radicale

 

 

 

 

RASPAIl, Jean. – Le jeu du roi. – Paris, Robert Laffont, 2003. 359 pages.

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Un petit garçon rêvait d’un royaume.
Un roi – réellement, légitimement roi, mais de Patagonie – vivait seul, face à l’océan, dans un fort délabré de la côte du Ponant, attendant l’héritier qui recueillerait son rêve avec sa royauté. Il choisit l’enfant. Il lui fit partager les mirages de cette Terre de Feu où il n’avait peut-être jamais mis les pieds, mais qui était toute sa vie, son être même ; il l’introduisit dans les mystères du royaume invisible qu’il portait en lui ; il le fit roi…
C’est le petit garçon devenu adulte qui nous raconte cette histoire, au lendemain de la mort d’Antoine IV,  » roi de Patagonie par la grâce de Dieu et la volonté des Indiens de l’extrême sud du continent américain « . Une histoire qui a un fondement historique vérifiable par tous, mais que la passion et l’imagination de Jean Raspail ont élevée au rang des grandes aventures de l’esprit. Tandis que le monde, notre monde, s’agite au rythme inquiétant des grandes foules contemporaines, le vieil homme et l’enfant contemplent l’horizon marin ; ils l’identifient à l’océan patagon hérissé de  » furies  » et aux archipels de la Terre de Feu, porteurs d’un certain destin dont l’homme d’aujourd’hui a perdu le chemin.
Là-bas, l’homme devient roi. Sa longue nuit s’illumine… Une grande et belle histoire, pleine de significations, comme on n’en écrit plus, comme seul pouvait l’écrire Jean Raspail.

La grande et belle histoire, pleine de significations, entre un petit garçon et un roi. Il faut avoir lu au moins une fois ce roman écrit par l’auteur de Sire ou de L’Anneau du pêcheur qui signe ici une authentique aventure de l’esprit. Le résultat est immédiat ; le récit nous fait quitter la grisaille du monde pour nous faire entrer dans un royaume imaginaire : la Patagonie. Des milliers de Français se revendiquent aujourd’hui Patagons, une confrérie du cœur qui se vit comme une deuxième nationalité. Une manière décalée et pleine de fraîcheur pour résister aux temps présents.

 

RASPAIL, Jean.Le camp des saints. Précédé de Big Other – Paris, Robert Laffont, 2011.  372 pages

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 » Dans la nuit, au midi de notre pays, cent navires se sont échoués, chargés d’un million d’immigrants. Ils viennent chercher l’espérance. Ils inspirent la pitié. Ils sont faibles… Ils ont la puissance du nombre. Ils sont l’Autre, c’est-à-dire multitude, l’avant-garde de la multitude. À tous les niveaux de la conscience universelle, on se pose alors la question : que faire ? Il est trop tard ».
Paru pour la première fois en 1973, Le Camp des Saints, qui est un roman, relève en 2011 de la réalité. Nous sommes, tous, les acteurs du Camp des Saints. C’est notre destin que ce livre raconte, notre inconscience et notre acquiescement à ce qui va nous dissoudre.
C’est pourquoi, en guise de préface à cette nouvelle édition, dans un texte intitulé Big Other, j’ai voulu, une dernière fois, mettre un certain nombre de points sur les i. »
Pas très politiquement correct mais tellement bien écrit ! La réédition du roman qui prédit la troisième guerre mondiale, sans armes, entre une multitude affamée et une minorité de nantis. « Le récit de notre inconscience et de notre acquiescement face à ce qui va nous dissoudre » dit l’auteur.

 

RASPAIL, Jean. – Moi, Antoine de Tounens, roi de Patagonie. – Paris, Albin Michel, 1981. 316 pages.

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Sur une modeste tombe d’un petit cimetière du Périgord, on peut lire cette épitaphe: Ci-gît Orélie-Antoine Ier, roi de Patagonie, décédé le 18 septembre 1878. La plus étrange épopée qui se puisse concevoir… Durant les vingt-huit années du règne d’Orélie-Antoine, le rêve et la réalité se confondent aux bornes extrêmes du monde, là-bas, en Patagonie, au détroit de Magellan. Qui est Antoine de Tounens, roi de Patagonie, conquérant solitaire, obscur avoué périgourdin embarqué sur les flottes de la démesure, son pavillon bleu, blanc, vert claquant aux vents du cap Horn ? Un fou ? Un naïf ? Un mythomane ? Ou plus simplement un homme digne de ce nom, porteur d’un grand destin qu’il poursuivra toute sa vie en dépit des échecs, des trahisons, des sarcasmes qui peupleront son existence… Es-tu roi de Patagonie ? Je le suis! Il n’en démordra pas. Roi il fut, quelques jours au moins, et toute une vie. Des sujets, il en eut : Quillapan, cacique des Araucans, Calfucura, cacique des Patagons, mais aussi Verlaine, Charles Cros, le commodore Templeton, le général Chabrier, l’amiral Dumont d’Urville, l’astronome Camille Flammarion, le colonel von Pikkendorff, Véronique, reine de Patagonie, aux multiples visages, et tant d’autres, le cœur débordant d’émotion, qui se déclarèrent un jour ou l’autre, l’espace d’un instant, sujets du roi Orélie-Antoine. Car nous sommes tous des Patagons. Là-bas, en Patagonie, l’homme devient roi. Sa longue nuit s’illumine

 

RASPAIL, Jean. – La miséricorde. – Editions des Equateurs, 2019. 174 pages.

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A partir d’un fait divers particulièrement horrible, la réponse à la grande question du pardon et du salut.

À la fin des années 1950, l’affaire du curé d’Uruffe a été l’une des plus grandes histoires criminelles françaises de l’après guerre. Un jeune curé amateur de femmes avait tué sa maîtresse et l’enfant qu’elle portait, qu’il considérait comme « l’enfant du péché ». De ce fait divers terrifiant, Jean Raspail a écrit un roman sur le péché, le catholicisme et la miséricorde. Son narrateur est un avocat qui fut le secrétaire d’un as du barreau qui a défendu le curé criminel. Au hasard d’une promenade dans une église, il se retrouve dans le confessionnal avec ce curé criminel, l’occasion de raconter ce drame qui foudroya l’église.

 

RATZINGER,  Joseph. – Mon Concile Vatican II  : 1962-1965. – Perpigan, Edition Artège, 2011. 304 pages.

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Les divisions qui se sont fait jour au moment du Concile Vatican II ont resurgi avec l’élection de Benoît XVI. Considéré comme un tenant de la réaction conservatrice, beaucoup ignorent encore la place importante qu’a pu occuper le jeune abbé Ratzinger comme expert au Concile. Inédit en France, ce document exceptionnel rassemble les prises de positions du futur pape au cours de cette étape historique pour l’Église.

 

RATZINGER, Joseph. – Lumière du monde. – Paris, Bayard-Centurion, 2010. 300 pages.

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Une série d’entretiens où le pape se livre sans détours. On a l’impression d’être en face de Benoît XVI, assis dans un bon fauteuil, avec, dans la cheminée, le feu qui crépite ! Le ton est libre, simple, léger parfois, mais au fil de la « soirée », la conversation se fait plus profonde, embrassant les enjeux du monde et de l’Eglise ou les grandes interrogations spirituelles

 

 

SABOURDIN-PERRIN, Dominique. – Madame Elisabeth de France (1764-1794) : l »offrande d’une vie. – Paris, Salvator, 2017. 90 pages.

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Un livre pour découvrir la personnalité attachante de la sœur de Louis XVI, guillotinée pendant la Révolution française. D’une exigence spirituelle rare, comprenant qu’elle ne se mariera pas, elle trouve dans son célibat non-choisi une véritable fécondité, dans le soin des pauvres et la fidélité au devoir d’état. Son procès en béatification vient de connaître de singulières avancées, plus de deux cents ans après sa mort, redonnant toute sa valeur à une belle prière qu’elle aimait réciter chaque jour.

Née à Versailles le 3 mai 1764, Madame Élisabeth de France est la petite-fille de Louis XV, fille du dauphin et soeur du roi Louis XVI. Belle personnalité, cultivée, elle se montre très attentive aux autres et à l’exigence spirituelle. Comprenant qu’elle ne se mariera pas et qu’elle n’est pas appelée non plus à la vie religieuse, elle décide de mener son existence dans la prière et le soutien des pauvres. Sa réputation de bonté se répand. Dans le contexte dramatique de la Révolution, elle réactive la dévotion du Voeu Louis XIII et au Coeur de Marie. Pour son courage lors d’une émeute, on va même la surnommer la « sainte Geneviève des Tuileries » Emprisonnée au Temple, elle est exécutée sur l’échafaud le 10 mai 1794 en donnant jusqu’au bout un témoignage de foi exemplaire. Dominique Sabourdin-Perrin retrace ici son parcours au moment où le diocèse de Paris vient d’introduire sa cause de béatification.

 

SAINT-EXUPÉRY,  Antoine de. – Terre des hommes. – Paris, Gallimard, 1972. 181 pages.

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Un petit livre superbement écrit, tout en caresses et en légèreté, sur le dos des nuages. Un sublime morceau de littérature française qui offre des réponses à une question essentielle : qu’est-ce qui permet de devenir vraiment un homme ? L’occasion de redécouvrir la plume de l’écrivain-aviateur disparu trop vite.

« Nous habitons une planète errante. » Saint-Exupéry, qui vient d’être nommé pilote de ligne, découvre, admire, médite notre planète. Assurant désormais le courrier entre Toulouse et Dakar, il hérite d’une vaste responsabilité à l’égard des hommes, mais surtout de lui-même et de son rapport au monde. Tout en goûtant « la pulpe amère des nuits de vol », il apprend à habiter la planète et la condition d’homme, lit son chemin intérieur à travers les astres. En plus du langage universel, il jouit aussi chaque jour de la fraternité qui le lie à ses camarades du ciel. Il rend hommage à Mermoz ou à Guillaumet, à qui est dédicacé le roman, et dont il rappelle les célèbres paroles : « Ce que j’ai fait, je le jure, jamais aucune bête ne l’aurait fait. » Dès Courrier Sud et Vol de nuit, l’homme d’action a su admirablement se mettre au diapason de l’homme de pensée et de l’humaniste qu’était tout à la fois Saint-Exupéry. Dans Terre des hommes, l’aviateur-écrivain s’intéresse particulièrement à la rigueur qu’exigent les relations humaines. –Laure Anciel

 

SARAH, cardinal. Robert. – Dieu ou rien : entretien sur la foi. – Paris, Fayard,  2016. 424 pages.

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Dans ce livre d’entretien réalisé avec Nicolas DIAT, le préfet de la Congrégation pour le Culte divin et la discipline des sacrements raconte avec humilité et profondeur son incroyable histoire. Un récit étayé de réflexions personnelles franches, argumentées et souvent directes, notamment sur le néo-colonialisme idéologique exercé en Afrique par l’Occident décadent. Décapant, émouvant, tonifiant

 

 

 

SARAH, cardinal Robert. – La force du silence. – Paris, Fayard, 2017. 378 pages.

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Un livre paradoxal puisqu’il nous parle en plus de 300 pages… du silence ! Le sous-titre éclaire déjà le propos : « Contre la dictature du bruit ». Il invite à l’action, peut-être même à un exercice spirituel, fait de pensées numérotées qui reflètent la richesse du silence : le lecteur peut butiner chacune pour en faire librement son miel .

 

 

 

 

SARAH, cardinal Robert. – Le soir approche et déjà le jour baisse. – Pari, Fayard, 2019. 448 pages.

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Comme d’habitude, l’auteur ne mâche pas ses mots et son constat est simple : notre monde est au bord du gouffre. Crise de la foi et dans l’Église, déclin de l’Occident, trahison de ses élites, relativisme moral, mondialisme sans limite, capitalisme débridé, nouvelles idéologies, épuisement politique, dérives d’un totalitarisme islamiste… Mais si le diagnostic est sans concession, le cardinal démontre aussi qu’il est possible d’éviter l’enfer d’un monde sans Dieu, sans homme et sans espérance. Il livre surtout une importante leçon spirituelle : il faut faire du chemin de notre vie l’expérience d’une élévation de l’âme et quitter ainsi l’existence en créature plus élevée qu’elle n’y était entrée.

 

 

STREB,  Blanche. – Bébés sur mesure : le meilleur des mondes. – Perpigan, Editions Artège, 2018. 266 pages.

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Le saviez-vous ? Les bébés génétiquement modifiés sont déjà nés. C’est ce qu’affirme, preuves à l’appui, cette jeune docteur en pharmacie dans un essai décapant qui nous révèle ce qui se trame dans le secret des labos. A quoi ressemblerait le monde des meilleurs, un monde où les êtres humains, en plus d’être triés, seraient améliorés, voire augmentés ? Les générations futures seront-elles encore libres de faire des bébés sous la couette ou allons-nous vers un avenir sans sexe où la fabrication des bébés serait confiée à des experts ? Ce livre accessible à tous aide à comprendre les basculements qui s’opèrent dans le domaine de la procréation artificielle et dénonce l’emballement technique qui se retournera contre l’homme.

 

STREB, Blanche. –  Eclats de vie : témoignages. – Paris, Editions de l’Emmanuel, 2019. 287 pages.

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Un petit concentré de vie, d’espérance et d’amour, à glisser dans toutes les mains. Alors qu’elle n’est pas épargnée par l’épreuve, notre pharmacienne connue pour d’autres écrits plus engagés (comme celui présenté juste au-dessus) parle ici de la souffrance avec une plume juste et sensible. En refermant son livre, on a envie de partager sa conviction : la vie est courte, fragile mais tellement belle !

 

 

 

SUREAU François. – Inigo : portrait. – Paris, Gallimard, 2010.150 pages.

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Comment un gentilhomme espagnol découvre l’enjeu de la vie : se divertir ou se convertir. Le boulet tranchera…

« J’ai longtemps détesté Ignace de Loyola, lui trouvant l’air d’un égaré baigné de larmes. nous appelant sans discrétion aux sacrifices qu’une imagination médiévale lui faisait concevoir. Je n’aimais ni sa phrase, ni ses deux étendards, ni son passé de soldat ni son avenir de général du pape, ni son visage au front étroit et fuyant. Son militarisme m’écoeurait, tout comme ses règles et ses disciplines et les mille arguties de sa correspondance. Je ne voyais pas comment le même homme qui avait voulu, selon la tradition orientale, devenir « fou pour le Christ », et méprisé. pouvait dans ses lettres peser à ce point le pour et le contre et composer avec les puissants ». En un portrait bref et acéré, François Sureau fait céder l’image trop lisse d’un homme auquel les livres pieux sont impuissants à rendre justice.

 

VERLINDE,  Joseph-Marie. – Initiation à la lectio divina . – Paris, Parole et Silence, 2002. 180 pages.

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Le livre qui vous permettra de suivre l’invitation du pape à prendre l’évangile dans vos bagages de vacances !

La Parole est le lieu privilégié de la rencontre avec le Dieu vivant qui s’est fait proche. L’Ecriture en effet n’annonce pas seulement le Verbe de Dieu; elle est le Verbe de Dieu, présent et agissant parmi nous, un des « lieux » privilégiés où se donne à contempler son Visage et où se communique sa grâce.

Le but de l’ouvrage est de faciliter l’accès à cette présence, en conviant le lecteur à l’école de la grande tradition monastique de lecture priante des Ecritures. Au fil des nombreuses citations puisées dans les écrits des Pères, il invite à une mise en pratique personnelle à partir d’exemples donnés par les auteurs anciens.

La lecture savoureuse des Ecritures, passant par les degrés de la lectio, la meditatio, l’oratio et la contemplatio, conduit à une intériorisation progressive de la Parole, qui peut dès lors accomplir son ouvre de transformation au plus intime de l’être.

En invitant à boire à la Source vive de la Parole, l’ouvrage rappelle de façon opportune la spécificité de la spiritualité chrétienne au milieu des multiples propositions qui sollicitent le pèlerin de l’Absolu en ce début de troisième millénaire.

Le Père Joseph-Marie Verlinde, docteur en sciences, docteur en philosophie et titulaire d’un DEA de théologie, enseigne à l’Université catholique de Lyon, au séminaire de Belley-Ars et au studium Intermonastique de France. Il est l’auteur de nombreux ouvrages et a prêché les conférences du Carême 2002 à Notre-Dame. Il est également prieur de la fraternité monastique de la Famille de Saint Joseph, dont la spiritualité est centrée sur la lectio divina.

 

WARREN, Rick. – Une vie motivée par l’essentiel : pourquoi suis-je sur Terre ? – Ourania Editions, 2013.  400 pages.

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Pasteur baptiste, fondateur de la célèbre « Saddleback Church » en Californie aux Etats-Unis, Richard Warren est l’auteur de nombreux ouvrages chrétiens. Celui-ci est le plus connu et répond à une question essentielle : pourquoi ou pour quoi suis-je sur terre ?

Quel est le sens de notre vie? Dieu aurait-il des projets pour nous, pour notre vie et pour l éternité? Pendant 40 jours et autant de chapitres quotidiens, le pasteur Rick Warren propose de partir à la découverte du sens de la vie. «Pourquoi suis-je sur terre?»: la réponse à cette question permet de vivre l essentiel, d affronter la vie avec sérénité, et de se préparer pour l éternité. Une vie motivée par l essentiel est un guide de vie chrétienne pour les chrétiens du 21e siècle, pour une existence basée sur les plans éternels de Dieu et non sur les valeurs culturelles. A partir de plus de 1200 citations et références bibliques, il remet en question les définitions conventionnelles de l adoration, de la communion fraternelle, de la maturité, du ministère et de l évangélisation. Dans la tradition d Oswald Chambers, Rick Warren nous offre des explications judicieuses sur le vrai sens de la vie. C est un livre plein d espoir que vous allez lire et relire, et qui deviendra un classique apprécié des générations futures.

 

ZANOTTI-SORKINE,  Michel-Marie. – L’Amour, une affaire sacrée, une sacrée affaire. – Paris, Le Rocher, 2014. 120 pages.

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On y explique, avec flamboyance et vérité, comment s’aimer et s’aimer bien.

L’ Amour avec un grand A. Dans un très beau texte, parseméd’ exemples ancrés dans la réalité, Michel-Marie Zanotti-Sorkine entre avec délicatesse dans ce qu’ est l’ Amour, le grand, levrai. Sans jamais désespérer, il montre combien l’ Amour a besoind’un cadre et de temps, de patience et d’ écoute pour atteindreson plein épanouissement. De l’ enfance à l’ âge d’ homme enpassant par l’ adolescence, de la rencontre de l’ être aimé à la viecommune, comment s’ aimer et s’ aimer bien ? Michel-Marie Zanotti-Sorkine répond : « […] l’ Amour, le vrai,l’ enivrant, le fort, l’ éclatant, l’ absolu, l’ irrésistible et l’ immuable,vous désire depuis la nuit des temps, vous espionne à tous âgeset sur tous les fronts, vous guette sur chaque seconde, et surtout,vous espère, vous attend et vous veut, pour qu’ un brin d’ éternitédescende en votre temps. »

ZELLER, Guillaume. – La baraque des prêtres  : Dachau 1938-1945. – Paris, Tallandier, 2015. 424 pages.

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Le récit d’un drame méconnu : celui de milliers de religieux qui ont été déportés dans le camp de concentration de Dachau où beaucoup y laissèrent la vie. Outre les conditions de subsistance et de détention, l’auteur détaille la façon dont la vie spirituelle et sacerdotale a pu se maintenir dans le camp grâce à l’entretien d’une chapelle, la seule autorisée dans tout le système concentrationnaire nazi.

De 1938 à 1945, 2 720 prêtres, religieux et séminaristes sont déportés dans le camp de concentration de Dachau, près de Munich. Regroupés dans des « blocks » spécifiques – qui conserveront pour l’histoire le nom de « baraques des prêtres », 1 034 d’entre eux y laisseront la vie. Polonais, Belges, Allemands, Français, Italiens, Tchèques, Yougoslaves : derrière les barbelés de Dachau, l’ « universalité de l’Église » est palpable. Ces hommes qui, dans une Europe encore christianisée, jouissaient d’un statut respectable, parfois éminent, se retrouvent projetés dans une détresse absolue. La faim, le froid, les maladies, le travail harassant, les coups des SS et des kapos, les expériences médicales ou les transports d’invalides ont raison de ces hommes de tous les âges. Quelques-uns sombreront dans le désespoir et s’effondreront, d’autres – la grande majorité d’entre eux – ne fléchiront pas, peut-être soutenus par leur foi. Partageant le sort commun des déportés, les prêtres de Dachau s’efforcent de maintenir intacte leur vie spirituelle et sacerdotale. Une chapelle, la seule autorisée dans tout le système concentrationnaire, leur apporte un secours considérable. Cette expérience unique dans l’histoire de l’Église éclaire d’un jour nouveau les rapports entre le nazisme et le christianisme. Près de 70 ans après sa libération, le camp de concentration de Dachau demeure le plus grand cimetière de prêtres catholiques du monde.

 

 

 

 

Et pour terminer : L’évangile selon Saint Marc. 

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Oui, vous avez bien lu ! L’évangile, tout simplement… et celui de Saint Marc est le plus accessible. A travers le texte, d’une brièveté et d’une simplicité extrêmes (mais génial d’expressivité), Saint Marc nous fait percevoir le Christ et nous fait vivre auprès de lui. Il nous le donne à lire et à aimer ! Nous vous proposons une lecture lente, dans le silence, terminée – pourquoi pas ? – par une courte prière. Afin de comprendre que Jésus n’est pas un concept mais une personne : à connaître, à aimer et à suivre.

KARINE TUIL, LES CHOSES HUMAINES, LITTERATURE, LITTERATURE FRANÇAISE, LIVRE, LIVRES, LIVRES - RECENSION, ROMAN, ROMANS, ROMANS FRANÇAIS

Les choses humaines de Karine Tuil

Les choses humaines

Karine Tuil

Paris, Gallimard, 2019.

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Quatrième de couverture

Les Farel forment un couple de pouvoir. Jean est un célèbre journaliste politique français ; son épouse Claire est connue pour ses engagements féministes. Ensemble, ils ont un fils, étudiant dans une prestigieuse université américaine. Tout semble leur réussir. Mais une accusation de viol va faire vaciller cette parfaite construction sociale. Le sexe et la tentation du saccage, le sexe et son impulsion sauvage sont au cœur de ce roman puissant dans lequel Karine Tuil interroge le monde contemporain, démonte la mécanique impitoyable de la machine judiciaire et nous confronte à nos propres peurs. Car qui est à l’abri de se retrouver un jour pris dans cet engrenage ?

Biographie de l’auteur

Karine Tuil est l’auteure de L’invention de nos vies et de L’insouciance, traduits en plusieurs langues. Les choses humaines est son onzième roman.

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Fiche de l’Observatoire Foi et culture (OFC) du mercredi 29 janvier 2020 sur l’ouvrage :  » Les choses humaines » de Karine Tuil.

Le jeudi 14 novembre 2019, à l’hôtel de ville de Rennes, le 32e prix Goncourt des lycéens a été attribué à Karine Tuil pour son roman Les Choses humaines. C’est un roman difficile parce qu’il aborde la question de la maltraitance faite aux femmes, de l’agression sexuelle et du viol. Le jury a aimé ce livre par la force et la finesse de son écriture. Le thème d’actualité est abordé de façon originale ainsi que la réflexion profonde sur la complexité des choses humaines. Le titre est, à ce sujet, très bien choisi.

La page 244 résume le propos du roman. Claire, la mère d’Alexandre accusé du viol d’une jeune fille appelée Mila, exprime ce qu’elle ressent au moment où le procès va avoir lieu : « Quelques semaines avant le début de l’audience, Claire avait assisté à des procès d’assises pour se préparer à ce qui les attendait. Après avoir vu quatre ou cinq procès, elle avait la conviction que l’on pouvait déterminer l’état d’une société au fonctionnement de ses tribunaux et aux affaires qui s’y plaidaient : la justice révélait la fragilité des trajectoires, les fractures sociales, les échecs politiques – tout ce que l’État cherchait à occulter au nom d’une certaine cohésion nationale ; peut-être aussi pour ne pas être confronté à ses insuffisances. Les itinéraires des victimes comme des accusés étaient le plus souvent des récits pleins d’épouvante, matière éruptive et contagieuse, où chaque détail narratif vous renvoyait à la fragilité des choses ; des existences tranquilles avaient soudain basculé dans l’horreur, et pendant plusieurs jours, jurés, auxiliaires de justice et juges essayaient de comprendre ce qui s’était joué, à un moment donné, dans la vie d’un être. »

Le basculement dans l’horreur ? C’est ce que raconte ce roman. Les Farel forment un couple préoccupé de notoriété et de pouvoir. Jean est un célèbre journaliste politique français ; son épouse Claire est connue pour ses écrits féministes. Leur fils, Alexandre, est étudiant dans une prestigieuse université américaine. Tout semble réussir dans cette famille jusqu’au jour où une accusation de viol va faire écrouler ce parfait édifice social.

La première phrase du roman, l’incipit, annonce le chaos qui va se produire : « La déflagration extrême, la combustion définitive, c’était le sexe, rien d’autre – fin de la mystification » (p. 15). Ce roman éclaire en effet sur ce que produit une sexualité mal régulée. La domination sur l’autre peut provoquer d’importantes catastrophes. Le sexe et son impulsion sauvage saccagent les relations familiales, la vie personnelle et sociale. Karine Tuil interroge alors le monde contemporain : « Un chagrin d’amour pouvait-il être considéré comme la plus grande épreuve d’une vie ? Tout amour était-il une illusion ? L’amour rendait-il heureux ? Était-il raisonnable d’aimer ? L’amour était-il un jeu de hasard ? Qui aimait-on dans l’amour ? Pouvait-on vivre sans amour ? Comment se remettre rapidement d’une rupture amoureuse ? » (p. 71).

C’est un roman magistralement construit ! Les quatre premiers chapitres décrivent les quatre principaux personnages. Ils font entrer dans la psychologie des personnages. Ils dévoilent peu à peu leurs failles éventuelles. Un autre intérêt du livre est de démonter la mécanique impitoyable de la machine judiciaire. C’est cependant l’aspect le plus pénible de la lecture : les interrogatoires des enquêteurs sont exprimés avec des mots réalistes, dérangeants et choquants. La question du consentement dans la relation sexuelle est abordée. Mila, la jeune fille qui a été agressée a-t-elle accepté cette relation ? Ce qui s’est passé entre Alexandre et elle, est-il la conséquence d’une soirée entre étudiants où l’on a consommé de l’alcool et des drogues ? L’actualité est aussi évoquée : les agressions sexuelles du 12 janvier 2016 à Cologne ; l’affaire Weinstein…

Le lecteur ne peut qu’être profondément questionné sur son positionnement face à l’affaire. Par exemple, les hommes sont-ils violents par nature ou à cause de la violence sociale ? Que produit une éducation obnubilée par la performance, l’excellence. Alexandre semble en effet prisonnier de la situation professionnelle de son père. Au passage sont soulignés également les dégâts que peuvent provoquer les prises de paroles sur les réseaux sociaux.

Ce roman devrait permettre des échanges avec des jeunes au sujet des abus sexuels. Comment respecter le corps de l’autre ? Comment faire comprendre qu’un désir ne s’impose pas par la force (p. 246) ? Comment prendre en compte le retentissement typique des suites que l’on peut observer chez les victimes de viol (p. 243). Le roman fait découvrir la complexité de la société française, la décrit, la décrypte, la décortique, oblige à réfléchir, mais sans jamais tomber dans la caricature ou la leçon de morale. Tout au long du livre, le lecteur se demande s’il y a vraiment eu viol. Le verdict arrive enfin : Alexandre sera condamné à cinq ans de prison avec sursis (p. 330).

Karine Tuil s’est expliquée sur son travail d’écriture : « J’écris pour comprendre ce qui me dérange, me choque. L’inspiration, cette nécessité impérieuse, naît de la discipline et du travail. Le romancier est un observateur et un témoin de son époque et le roman l’espace où l’on peut tout dire, sans tabou. » Karine Tuil donne peu de place à une vision optimiste de l’être humain. Les dernières phrases du livre laissent le lecteur sur un sentiment de fatalisme et de cynisme : « C’était dans l’ordre des choses. On naissait, on mourait ; entre les deux, avec un peu de chance, on aimait, on était aimé, cela ne durait pas, tôt ou tard, on finissait par être remplacé. Il n’y avait pas à se révolter, c’était le cours invariable des choses humaines » (p. 342).

 

Fiche de l’Observatoire Foi et culture (OFC) du mercredi 29 janvier 2020 sur l’ouvrage :  » Les choses humaines » de Karine Tuil.

+ Hubert Herbreteau

 

https://eglise.catholique.fr/sengager-dans-la-societe/culture/492221-karine-tuil-choses-humaines/

 

 

A LA RECHERCHE DU TEMPS PERDU, ECRIVAIN FRANÇAIS, LITTERATURE, LITTERATURE FRANÇAISE, LIVRE, LIVRES, LIVRES - RECENSION, MARCEL PROUST (1871-1922), ROMAN, ROMANS, ROMANS FRANÇAIS

A la recherche du Temps perdu de Marcel Proust

À la recherche du temps perdu

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À la recherche du temps perdu, couramment évoqué plus simplement sous le titre La Recherche, est un roman de Marcel Proust, écrit de 1906 à 1922 et publié de 1913 à 1927 en sept tomes, dont les trois derniers parurent après la mort de l’auteur. Plutôt que le récit d’une séquence déterminée d’événements, cette œuvre s’intéresse non pas aux souvenirs du narrateur mais à une réflexion psychologique sur la littérature, sur la mémoire et sur le temps. Cependant, comme le souligne Jean-Yves Tadié dans Proust et le roman, tous ces éléments épars se découvrent reliés les uns aux autres quand, à travers toutes ses expériences négatives ou positives, le narrateur (qui est aussi le héros du roman), découvre le sens de la vie dans l’art et la littérature au dernier tome.

À la recherche du temps perdu est parfois considéré comme l’un des meilleurs livres de tous les temps.

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Le roman est publié en sept tomes :

Du côté de chez Swann (à compte d’auteur chez Grasset en 1913, puis dans une version modifiée chez Gallimard en 1919 ;

 À l’ombre des jeunes filles en fleurs (1919, chez Gallimard ; reçoit le prix Goncourt la même année)

Le Côté de Guermantes (en deux volumes, chez Gallimard, 1920-1921)

Sodome et Gomorrhe I et II (chez Gallimard, 1921-1922)

La Prisonnière (posth. 1923)

Albertine disparue (posth. 1925 ; titre original : La Fugitive)

Le Temps retrouvé (posth. 1927)

En considérant ce découpage, son écriture et sa publication se sont faites parallèlement, et la conception même que Proust avait de son roman a évolué au cours de ce processus.

Alors que le premier tome est publié à compte d’auteur chez Grasset en 1913 grâce à René Blum (Proust en conserve la propriété littéraire), la guerre interrompt la publication du deuxième tome et permet à Proust de remodeler son œuvre, cette dernière prenant de l’ampleur au fil des nuits de travail qui l’épuisent. L’auteur retravaille sans cesse ses dactylographies autant que ses brouillons et ses manuscrits, et souhaite mettre fin à sa collaboration avec l’éditeur3La Nouvelle Revue française, dirigée par Gaston Gallimard, est en pleine bataille éditoriale avec Grasset depuis 1914 mais a commis l’erreur de refuser en 1913 de publier Du côté de chez Swann par l’entremise d’André Gide, figure dominante du comité éditorial de la NRF qui juge que c’est un livre de snob dédié à Gaston Calmette, directeur du Figaro. La NRF qui se prétend le fleuron du renouveau des lettres françaises aggrave son cas le 1er janvier 1914 lorsqu’un de ses fondateurs Henri Ghéon juge Du côté de chez Swann « une œuvre de loisir dans la plus pleine acception du terme ». Pourtant des écrivains de renom comme Lucien Daudet, Edith Wharton et Jean Cocteau ne tarissent pas d’éloges sur ce premier tome. André Gide reconnaît vite son erreur et supplie Proust de rejoindre la NRF qui a retrouvé des moyens d’imprimer, au contraire de Grasset Proust fait part à Grasset de son intention de le quitter en août 1916, et après un an de règlement du problème (question des indemnités, des compensations, solde des droits sur Swann), Gaston Gallimard lance la fabrication de deux volumes et rachète à son concurrent en octobre 1917 les quelque deux cents exemplaires de Swann qui n’ont pas été vendus : il les revêt d’une couverture NRF et d’un papillon de relais avant de les remettre en vente

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Du côté de chez Swann

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Combray (d’après le nom littéraire donné par Proust à son village d’enfance, Illiers, rebaptisé après sa mort Illiers-Combray) est un petit ensemble qui ouvre La Recherche du Temps Perdu. Le narrateur, adulte, songe aux différentes chambres où il a dormi au cours de sa vie, notamment celle de Combray, où il passait ses vacances lorsqu’il était enfant. Cette chambre se trouvait dans la maison de sa grand-tante : « La cousine de mon grand-père — ma grand-tante — chez qui nous habitions… »

Le narrateur se remémore à quel point l’heure du coucher était une torture pour lui ; cela signifiait qu’il allait passer une nuit entière loin de sa mère, ce qui l’angoissait au plus haut point : « …le moment où il faudrait me mettre au lit, loin de ma mère et de ma grand-mère, ma chambre à coucher redevenait le point fixe et douloureux de mes préoccupations. » Pendant longtemps, il ne se souvint que de cet épisode de ses séjours dans la maison de sa grand-tante. Et puis, un jour, sa mère lui proposa une tasse de thé et des madeleines, qu’il refusa dans un premier temps puis finit par accepter. C’est alors que, des années après son enfance, le thé et les miettes du gâteau firent remonter toute la partie de sa vie passée à Combray : « … et tout Combray et ses environs, tout cela qui prend forme et solidité, est sorti, ville et jardins, de ma tasse de thé. »

Cette partie de la vie du narrateur n’était pas seulement marquée par le drame du coucher. Elle fut l’occasion de s’éveiller aux sens (l’odeur des aubépines, la vue de la nature autour de Combray, lors de promenades familiales), à la lecture (les romans de Bergotte, auteur fictif qui d’ailleurs sera lui-même un personnage du roman) ; le narrateur se promène de part et d’autre de Combray avec sa famille : du côté de Méseglise, ou du côté de Guermantes si le temps le permet. Il adore sa mère et sa grand-mère, mais, plus globalement, sa famille apparaît comme un cocon dans lequel le narrateur enfant se sent heureux, protégé et choyé.

Un amour de Swann est une parenthèse dans la vie du narrateur. Il y relate la grande passion qu’a éprouvée Charles Swann (qu’on a rencontré dans la première partie comme voisin et ami de la famille) pour une cocotte, Odette de Crécy. Dans cette partie, on voit un Swann amoureux mais torturé par la jalousie et la méfiance vis-à-vis d’Odette. Les deux amants vivent chacun chez soi, et dès que Swann n’est plus avec son amie, il est rongé par l’inquiétude, se demande ce que fait Odette, si elle n’est pas en train de le tromper. Odette fréquente le salon des Verdurin, couple de riches bourgeois qui reçoivent tous les jours un cercle d’amis pour dîner, bavarder ou écouter de la musique. Dans un premier temps, Swann rejoint Odette dans ce milieu, mais au bout d’un moment, il a le malheur de ne plus plaire à madame Verdurin et se fait écarter des soirées organisées chez elle. Il a alors de moins en moins l’occasion de voir Odette et en souffre affreusement, puis peu à peu il se remet de sa peine et s’étonne : « Dire que j’ai gâché des années de ma vie, que j’ai voulu mourir, … pour une femme…qui n’était pas mon genre ! » Cette parenthèse n’est pas anecdotique. Elle prépare la partie de la Recherche dans laquelle le héros connaîtra des souffrances similaires à celles de Swann.

Noms de pays : le nom commence par une rêverie sur les chambres de Combray, et sur celle du grand hôtel de Balbec (ville imaginaire inspirée en partie à Proust par la ville de Cabourg). Adulte, le narrateur compare, différencie ces chambres. Il se souvient que, jeune, il rêvait sur les noms de différents lieux, tels Balbec, mais aussi Venise, Parme ou Florence. Il aurait alors aimé découvrir la réalité qui se cachait derrière ces noms, mais le docteur de la famille déconseilla tout projet de voyage à cause d’une vilaine fièvre que contracta le jeune narrateur. Il dut alors rester dans sa chambre parisienne (ses parents vivaient à deux pas des Champs-Élysées) et ne put s’octroyer que des promenades dans Paris avec sa nourrice Françoise. C’est là qu’il fit la connaissance de Gilberte Swann, qu’il avait déjà aperçue à Combray. Il se lia d’amitié avec elle et en tomba amoureux. Sa grande affaire fut à ce moment d’aller jouer avec elle et ses amies dans un jardin proche des Champs-Élysées. Il se débrouille pour croiser les parents de Gilberte dans Paris, et salue Odette Swann, devenue la femme de Swann, et la mère de Gilberte.

 

À l’ombre des jeunes filles en fleurs

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À l’ombre des jeunes filles en fleurs commence à Paris, et toute une partie intitulée Autour de Madame Swann marque l’entrée de notre héros dans la maison des parents de Gilberte Swann. Il s’y rend sur invitation de sa jeune amie, pour jouer ou goûter. Il est si épris qu’une fois rentré chez ses parents, il fait tout pour orienter les sujets de conversation sur le nom de Swann. Tout ce qui constitue l’univers des Swann lui semble magnifique : « …je ne savais ni le nom ni l’espèce des choses qui se trouvaient sous mes yeux, et comprenais seulement que quand elles approchaient les Swann, elles devaient être extraordinaires… » Il est heureux et fier de sortir dans Paris avec les Swann. C’est au cours d’un dîner chez eux qu’il rencontre l’écrivain Bergotte, dont il aime les livres depuis longtemps. Il est désappointé : le vrai Bergotte est à mille lieues de l’image qu’il s’était forgée de lui à la lecture de ses œuvres ! « Tout le Bergotte que j’avais lentement et délicatement élaboré… se trouvait d’un seul coup ne plus pouvoir être d’aucun usage… » Sa relation avec Gilberte évolue : ils se brouillent et le narrateur décide de ne plus la voir. Sa peine est intermittente. Peu à peu il parvient à se détacher d’elle, à ne plus ressentir que de l’indifférence à l’égard de Gilberte. Il reste néanmoins lié avec Odette Swann.

Deux ans après cette rupture, il part à Balbec avec sa grand-mère (dans la partie intitulée Noms de Pays : le Pays). Il est malheureux lors du départ pour cette station balnéaire, car il va se trouver éloigné de sa mère. Sa première impression de Balbec est la déception. La ville est très différente de ce qu’il avait imaginé. En outre, la perspective d’une première nuit dans un endroit inconnu l’effraie. Il se sent seul puis, jour après jour, il observe les autres personnes qui fréquentent l’hôtel. Sa grand-mère se rapproche d’une de ses vieilles amies, madame de Villeparisis. C’est le début de promenades dans la voiture de cette aristocrate. Au cours de l’une d’elles, le narrateur ressent une étrange impression en apercevant trois arbres, alors que la voiture se rapproche d’Hudimesnil. Il sent le bonheur l’envahir mais ne comprend pas pourquoi. Il sent qu’il devrait demander qu’on arrête la voiture pour aller contempler de près ces arbres mais par paresse, il y renonce. Madame de Villeparisis lui présente son neveu, Saint-Loup, avec lequel le héros se lie d’amitié. Il retrouve Albert Bloch, un ami d’enfance, qu’il présente à Saint-Loup. Il rencontre enfin le baron de Charlus (un Guermantes, comme madame de Villeparisis et bien d’autres personnages de l’œuvre de Proust). Le héros est surpris par le comportement étrange du baron : celui-ci commence par dévisager intensément notre héros, puis une fois qu’il a fait connaissance avec lui, il se montre incroyablement lunatique. Petit à petit, le narrateur élargit le cercle de ses connaissances : Albertine Simonet et ses amies deviennent ses amies et au début, il se sent attiré par plusieurs de ces jeunes filles. Il finit par tomber amoureux d’Albertine. Le mauvais temps arrive, la saison se termine et l’hôtel se vide.

 

Le Côté de Guermantes

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Le Côté de Guermantes : Ce volet est divisé en deux parties, dont les événements se déroulent essentiellement à Paris : les parents du narrateur y changent de logement et vivent désormais dans une partie de l’hôtel des Guermantes. Leur bonne, la vieille Françoise, regrette ce déménagement. Le narrateur rêve au nom des Guermantes, comme jadis il rêvait aux noms de pays. Il aimerait beaucoup pénétrer dans le monde des aristocrates. Pour tenter de se rapprocher de madame de Guermantes, qu’il importune à force de la suivre indiscrètement dans Paris, il décide de rendre visite à son ami Robert de Saint-Loup, qui est en garnison à Doncières : « L’amitié, l’admiration que Saint-Loup avait pour moi, me semblaient imméritées et m’étaient restées indifférentes. Tout d’un coup j’y attachai du prix, j’aurais voulu qu’il les révélât à Madame de Guermantes, j’aurais été capable de lui demander de le faire. » Il rend donc visite à son ami qui le reçoit avec une très grande gentillesse et est aux petits soins pour lui. De retour à Paris, le héros s’aperçoit que sa grand-mère est malade. Saint-Loup profite d’une permission pour se rendre à Paris ; il souffre à cause de sa maîtresse, Rachel, que le narrateur identifie comme une ancienne prostituée qui travaillait dans une maison de passe. Le narrateur fréquente le salon de madame de Villeparisis, l’amie de sa grand-mère ; il observe beaucoup les personnes qui l’entourent. Cela donne au lecteur une image très fouillée du faubourg Saint-Germain entre la fin du dix-neuvième siècle et le début du vingtième. Le narrateur commence à fréquenter le salon des Guermantes. La santé de sa grand-mère continue à se détériorer : elle est victime d’une attaque en se promenant avec son petit-fils.

 

Sodome et Gomorrhe

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Le titre évoque deux villes bibliques détruites par Dieu pour punir les habitants, infidèles et immoraux (Sodome et Gomorrhe). Dans ce volet, le narrateur découvre que l’homosexualité est très présente autour de lui. Un jour, il découvre celle de monsieur de Charlus ainsi que celle de Jupien, un giletier qui vit près de chez lui. Charlus n’est pas seulement l’amant de Jupien ; riche et cultivé, il est aussi son protecteur. Le narrateur, après la découverte de l’inversion sexuelle de Charlus, se rend à une soirée chez la princesse de Guermantes. Cela lui permet d’observer de près le monde de l’aristocratie du faubourg Saint-Germain, et de se livrer à des considérations sur cette partie de la société. Après cette longue soirée, le narrateur rentre chez lui et attend la visite de son amie Albertine ; comme celle-ci se fait attendre, le héros s’irrite et devient anxieux. Finalement, Albertine arrive et la glace fond. Cela dit, le cœur du narrateur est instable. Il lui arrive de ne plus ressentir d’amour pour Albertine, ce qu’il appelle « les intermittences du cœur ». Il fait un deuxième séjour à Balbec. Cette fois-ci, il est seul, sa grand-mère est morte. Cela l’amène à faire des comparaisons avec son premier séjour dans cette station balnéaire. En se déchaussant, il se souvient qu’alors, sa grand-mère avait tenu à lui ôter elle-même ses souliers, par amour pour lui. Ce souvenir le bouleverse ; il comprend seulement maintenant qu’il a perdu pour toujours sa grand-mère qu’il adorait. Ce séjour à Balbec est rythmé par les sentiments en dents de scie que le héros éprouve pour Albertine : tantôt il se sent amoureux, tantôt elle lui est indifférente et il songe à rompre. Il commence d’ailleurs à avoir des soupçons sur elle : il se demande si elle n’est pas lesbienne. Mais il n’arrive pas à avoir de certitudes. À la fin de ce second séjour, il décide d’épouser Albertine, pensant que, ce faisant, il la détournera de ses penchants pour les femmes.

 

La Prisonnière

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La Prisonnière : Le narrateur est de retour à Paris, dans la maison de ses parents, absents pour le moment. Il y vit avec Albertine, et Françoise, la bonne. Les deux amants ont chacun leur chambre et leur salle de bains. Le narrateur fait tout pour contrôler la vie d’Albertine, afin d’éviter qu’elle donne des rendez-vous à des femmes. Il la maintient pour ainsi dire prisonnière chez lui, et lorsqu’elle sort, il s’arrange pour qu’Andrée, une amie commune aux deux amoureux, suive Albertine dans tous ses déplacements. L’attitude du narrateur est très proche de celle de Swann avec Odette dans Un amour de Swann. L’amour, loin de le rendre heureux, suscite une incessante méfiance, et une jalousie de tous les instants. Le héros se rend compte aussi que malgré toutes ses précautions, Albertine lui est étrangère à bien des égards. Quoi qu’il fasse, elle reste totalement un mystère pour lui. Cette vie en commun ne dure pas longtemps. Un jour, Françoise annonce au narrateur qu’Albertine est partie de bon matin.

 

Albertine disparue

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Albertine disparue : Dans certaines éditions, ce volet est intitulé La Fugitive (titre originellement voulu par Proust mais que portait déjà un autre livre), titre qui correspond aussi très bien au contenu de cette partie (et qui fait diptyque avec La Prisonnière). Albertine s’est enfuie de chez le narrateur alors que celui-ci commençait à ressentir la plus complète indifférence pour elle. Cela provoque un nouveau revirement de son cœur. Il fait tout pour retrouver sa maîtresse, et veut croire qu’il sera très vite en sa présence. Hélas, il apprend par un télégramme qu’Albertine est morte, victime d’une chute de cheval. Elle lui échappe ainsi définitivement. Son cœur oscille entre souffrance et détachement au fil du temps. Il se livre, auprès d’Andrée, à un travail d’enquêteur pour savoir si oui ou non elle était lesbienne et découvre bientôt que c’était effectivement le cas. Il se rend chez la duchesse de Guermantes et y croise son amour d’enfance, Gilberte Swann, devenue mademoiselle Gilberte de Forcheville : Swann est mort de maladie, et Odette s’est remariée avec monsieur de Forcheville. Swann rêvait de faire admettre sa femme dans les milieux aristocratiques : à titre posthume, son souhait est exaucé par le riche remariage d’Odette. Le narrateur fait un voyage à Venise avec sa mère. Au retour, il apprend le mariage de Gilberte avec son ami Robert de Saint-Loup. Quelque temps après, il se rend à Tansonville, non loin de Combray, chez les nouveaux mariés. Gilberte se confie au narrateur : elle est malheureuse car Robert la trompe. C’est exact, mais elle croit que c’est avec des femmes alors que Robert est attiré par les hommes.

 

Le Temps retrouvé

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Le Temps retrouvé : Le début de ce dernier volet se passe encore à Tansonville. Le narrateur, qui voudrait devenir écrivain depuis qu’il est enfant, lit un passage du Journal des Goncourt avant de s’endormir, et cela l’amène à croire qu’il n’est pas capable d’écrire. Il décide de renoncer à devenir écrivain. Nous sommes en pleine Première Guerre mondiale. Le Paris de cette période montre des personnages globalement germanophobes, et totalement préoccupés par ce qui se passe sur le front. Charlus est une exception : il est germanophile. Saint-Loup s’est engagé et il est parti combattre. Il se fait tuer sur le champ de bataille. Après la guerre, le narrateur se rend à une matinée chez la princesse de Guermantes. En chemin, il a de nouveau conscience de son incapacité à écrire. Il attend la fin d’un morceau de musique dans le salon-bibliothèque des Guermantes et le bruit d’une cuiller, la raideur d’une serviette qu’il utilise déclenchent en lui le plaisir qu’il a ressenti autrefois en maintes occasions : en voyant les arbres d’Hudimesnil par exemple. Cette fois-ci, il décide d’approfondir son impression, de découvrir pourquoi certaines sensations le rendent si heureux. Et il comprend enfin que la mémoire involontaire est seule capable de ressusciter le passé, et que l’œuvre d’art permet de vivre une vraie vie, loin des mondanités, qu’elle permet aussi d’abolir les limites imposées par le Temps. Le héros est enfin prêt à créer une œuvre littéraire.

 

Analyse

Il est difficile de résumer la Recherche. Mais l’on peut se reporter à des études portant sur l’œuvre de Proust comme l’essai de Gérard Genette : « Comment le petit Marcel est devenu écrivain » (Figures) ou le livre de Jean-Yves Tadié, « Proust et le Roman ». Dans celui-ci Jean-Yves Tadié pense que l’œuvre « a pour sujet sa propre rédaction. » Dans l’article Marcel Proust de l’Encyclopædia universalis, il précise : « Proust a caché son jeu plus qu’aucun autre romancier avant lui, car, si l’on entrevoit que le roman raconte une vocation, on la croit d’abord manquée, on ne devine pas que le héros aura pour mission d’écrire le livre que nous sommes en train de lire. » Pour Tadié, La Recherche est mouvement vers l’avenir de la vocation auquel « se superpose la plongée vers le passé de la remémoration : le livre sera achevé lorsque tout l’avenir de l’artiste aura rejoint tout le passé de l’enfant. »

 

Éléments de réflexion

La démarche de Proust est paradoxale : dans la Recherche, dont sa vie personnelle a beaucoup influencé le roman, les événements sont décrits dans les moindres détails, dans un milieu très spécifique (la haute bourgeoisie et l’aristocratie française du début du xxe siècle) ce qui lui permet d’accéder à l’universel : « J’ai eu le malheur de commencer mon livre par le mot « je » et aussitôt on a cru que, au lieu de chercher à découvrir des lois générales, je m’analysais au sens individuel et détestable du mot », écrit Marcel Proust

Influence

La philosophie et l’esthétique de l’œuvre de Proust ne peuvent cependant être extraites complètement de leur époque :

la philosophie de Schopenhauer : pour Anne-Henry, dont l’influence de ce philosophe est capitale,

la sociologie de Gabriel Tarde,

l’impressionnisme,

la musique de Wagner,

l’affaire Dreyfus.

Son style reste très particulier. Ses phrases, souvent longues et à la construction complexe rappellent le style du duc de Saint-Simon, l’un des auteurs qu’il cite le plus souvent. Certaines nécessitent un certain effort de la part du lecteur pour distinguer leur structure et donc leur sens précis. Ses contemporains témoignent que c’était à peu près la langue parlée de l’auteur.

Quant à l’influence de Saint-Simon, Jacques de Lacretelle rapporte qu’ « un professeur américain, M. Herbert de Ley, auteur d’une étude courte mais précise et documentée intitulée Marcel Proust et le duc de Saint-Simon, a constaté que sur quelque quatre cents personnages aristocratiques chez Proust presque la moitié portent des noms qui paraissent dans les Mémoires de Saint-Simon. »

Ce style particulier traduit une volonté de saisir la réalité dans toutes ses dimensions, dans toutes ses perceptions possibles, dans toutes les facettes du prisme des différents intervenants. On rejoint les préoccupations des impressionnistes : la réalité n’a de sens qu’à travers la perception, réelle ou imaginaire, qu’en a le sujet.

Le prisme n’est pas que celui des acteurs, mais aussi celui de l’auteur qui se trouve dans plusieurs angles de vue avec le temps qui passe, le point de vue du moment présent, le point de vue du moment passé, le point de vue du moment passé tel qu’il le revit au présent.

L’œuvre ne se limite pas à cette dimension psychologique et introspective, mais analyse aussi, d’une manière souvent impitoyable, la société de son temps : opposition entre la sphère aristocratique des Guermantes et la bourgeoisie parvenue des Verdurin, auxquelles il faut ajouter le monde des domestiques représenté par Françoise. Au fil des tomes, l’œuvre reflète aussi l’histoire contemporaine, depuis les controverses de l’affaire Dreyfus jusqu’à la guerre de 1914-1918.

 

A propos du temps et des lieux de la Recherche

L’action s’inscrit dans un temps parfaitement défini; de nombreuses références historiques sont là pour fixer le temps de la Recherche. On peut citer de nombreux exemples:

Swann, quand il commence à fréquenter le salon des Verdurin, déjeune un jour chez M. Grévy, à l’Elysée; les Verdurin ont assisté à l’enterrement de Gambetta.

Il est question dans A l’ombre des jeunes filles en fleurs de la visite du tsar Nicolas II à Paris à l’automne 1896

Mais il ne faut pas chercher à rendre toutes ces allusions cohérentes.

De même, les lieux de la Recherche sont souvent parfaitement identifiables:

Quand elle rencontre Swann, Odette de Crécy habite rue La Pérouse, derrière l’Arc de triomphe; Swann, le quai d’Orléans.

Le narrateur et Gilberte Swann jouent dans les jardins des Champs-Elysées.

Un roman d’apprentissage selon Gilles Deleuze

Deleuze voit dans La Recherche un roman d’apprentissage sur les signes. Il y a consacré un livre, Proust et les signes, 1964.

 

Personnages principaux

le narrateur

sa mère

sa grand-mère

Albertine

Françoise

Charles Swann : inspiré par Charles Haas (1833-1902)

Odette Swann : Laure Hayman, amie de Proust et de Paul Bourget, serait le modèle supposé du personnage

Gilberte Swann

Robert de Saint-Loup ; inspiré en partie par le prince Léon Radziwill, par Gaston Arman de Caillavet et par le duc de Guiche

le baron de Charlus

la duchesse de Guermantes : inspirée notamment par Mme Straus, la comtesse de Chevigné, Hélène Standish et par la comtesse Greffulhe

Madame Verdurin : inspirée en partie par Madame Arman de Caillavet

mais aussi des représentants emblématiques des arts (Bergotte pour la littérature, Vinteuil pour la musique, Elstir pour la peinture), de la médecine (le docteur Cottard), etc.

 

Éditions

Edition italienne, I Meridiani, Mondadori, 1983.

Gallimard : Les quatre versions chez Gallimard utilisent toutes le même texte :

Pléiade : édition en 4 volumes, reliée cuir, avec notes et variantes

Folio : édition en 7 volumes, poche

Collection blanche : édition en 7 volumes, grand format

Quarto : édition en 1 volume, grand format

Garnier-Flammarion : édition en 10 volumes, poche

Livre de Poche : édition en 7 volumes, poche

Bouquins : édition en 3 volumes, grand format

Omnibus : édition en 2 volumes, grand format

Intégrale de À la recherche du temps perdu, lu par André Dussollier, Guillaume Gallienne, Michaël Lonsdale, Denis Podalydès, Robin Renucci et Lambert Wilson aux éditions Thélème.

 

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Marcel Proust (1871-1922)

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Biographie :

Valentin Louis Georges Eugène Marcel Proust est un auteur français qui a marqué le XXe siècle et la littérature mondiale par son œuvre éblouissante.

Issu d’un milieu bourgeois, cultivé et marqué par un entourage féminin, le jeune Marcel est de santé fragile ; il aura toute sa vie de graves difficultés respiratoires causées par l’asthme.
Il fait d’abord des études de droit, puis de lettres, pour finir par intégrer le milieu artistique et mondain de Paris, ce qui lui vaut une réputation de dilettante mondain.
Il commence une carrière de journaliste-chroniqueur, travaillant aussi à un roman qui semble ne jamais pouvoir s’achever (« Jean Santeuil »).
En 1900, il voyage à Venise et à Padoue pour découvrir les œuvres d’art en suivant les pas de John Ruskin sur lequel il publie des articles et dont il traduit sans succès certains ouvrages.

La mort de sa mère déstabilise encore sa personnalité sensible et inquiète. Son activité littéraire devient plus intense, et c’est en 1907 que Marcel Proust commence l’écriture de son grand œuvre « À la recherche du temps perdu », dans la solitude de sa chambre aseptisée. Il écrit l’un des romans occidentaux les plus achevés, dont les sept tomes sont publiés entre 1913 et 1927, c’est-à-dire en partie après sa mort.

Il s’insurge contre la méthode critique de Sainte-Beuve, alors très en vogue, selon laquelle l’œuvre d’un écrivain serait avant tout le reflet de sa vie et ne pourrait s’expliquer que par elle.
Tandis que la première partie, « Du côté de chez Swann », passe inaperçue, « A l’ombre des jeunes filles en fleurs », le deuxième volet de la « Recherche » reçoit en 1919 le prix Goncourt.

Dans l’ensemble de son œuvre, Proust questionne les rapports entre temps, mémoire et écriture. Connu pour la longueur de ses phrases parsemées de relatives au rythme dit « asthmatique », Marcel Proust reste une référence et un monument incontestable de la littérature française. Dans la « Recherche du Temps Perdu », il réalisa une réflexion sur le sens de l’art et de la littérature, sur l’existence même du temps, sur sa relativité et sur l’incapacité à le saisir au présent.
Ses amis et relations utilisaient, pour qualifier sa manière d’écrire, le verbe « proustifier » .

Il meurt, épuisé, emporté par une bronchite mal soignée.

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GOLIARDA SAPIENZA (1924-1996), L'ART DE LA JOIE, LITTERATURE ITALIENNE, LIVRE, LIVRES, LIVRES - RECENSION, ROMAN, ROMANS

L’art de la joie de Goliarda Sapienza

L’art de la joie

Goliarda Spapienza

Paris, Editions Viviane Hamy, 2005. 336 pages.

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Roman majeur de la littérature italienne, ce chef-d’œuvre vient d’être réédité aux éditions Le Tripode. Une occasion de se (re)plonger dans les aventures de l’héroïne Modesta, qui transgresse les règles afin de découvrir le plaisir spirituel et charnel.

1998 est l’année de naissance officielle de L’Art de la Joie, roman majeur de la littérature italienne, fruit de l’imagination d’une femme de lettres, de théâtre et de cinéma, anarchiste et passionnée. Cette année-là, les éditions Stampa Alternative publient, en très peu d’exemplaires, le roman que Goliarda Sapienza porte depuis toujours. En réalité, ce chef-d’œuvre est né bien avant, dans la douleur de dix années d’écriture, entre 1967 et 1976. Et l’éditrice française Viviane Hamy lui a donné une troisième naissance, posthume et triomphale, avec la publication de sa traduction française, en 2005. Une constellation d’admirateurs s’illuminait alors que la réédition du roman, dix ans plus tard, aux éditions Le Tripode, devrait faire grandir, pour au moins trois raisons que voici :

 

  1. Les premières pages marquent à jamais

Le roman s’ouvre sur trois scènes cathartiques inoubliables. La première fait quelques lignes, écrites à la machette. L’héroïne, Modesta, se présente en déchirant le blanc de la page, elle déboule avec un souvenir de ses quatre ans, au bout d’un bâton de bois, et un panoramique cinématographique remonte jusqu’à sa mère, dont «les cheveux de lourds voile noir sont couverts de mouches», et sa sœur trisomique qui «la fixe de deux fentes sombres ensevelies dans la graisse». Goliarda Sapienza fait les présentations en nous propulsant dans l’arène d’une enfance scandaleuse.
Puis viennent deux scènes de dépucelage précoce. La première avec un prince charmant mais rustre qui assure les préliminaires dans la campagne, et fait découvrir à Modesta «cette étrange fatigue, une fatigue douce pleine de frissons qui empêche de sombrer». La seconde avec un ogre incestueux, qui assure la conclusion traumatisante, et transforme son corps en charpie, donnant raison à sa mère, qui l’avait prévenue : «les hommes ne cherchent que leur plaisir, ils te démolissent de fond en comble et ne sont jamais rassasiés».
Ces trois déflagrations successives empêchent de refermer le livre. On erre ensuite, en état de choc, dans 600 pages ravagées par un même feu. Et on se dit que seul le cinéaste Bruno Dumont pourrait restituer la violence dévastatrice de ce texte, cru, abrasif, extralucide.

 

  1. Modesta

Modesta, un prénom rare, mystérieux, comme celui de Goliarda, qui valut tant de quolibets à la romancière, pendant son enfance… Quelques lecteurs fervents de L’Art de la Joie ont certainement appelé leur fille comme cela. Dans le livre, on ne peut pas dire qu’elle soit vraiment modeste, cette Modesta qui se fait parfois appeler Mody, ce qui ne lui va guère, sauf si on rapproche le surnom du «muddy» anglais, qui signifie «boueux». Dans la fange d’une existence poisseuse d’avilissements, d’humiliations, de trahisons, Modesta continue de briller de mille feux. Non, décidément, Modesta n’est pas du genre à baisser les yeux pudiquement dans un coin, et à se faire oublier. Sans doute Goliarda Sapienza a-t-elle voulu jouer sur le paradoxe d’une femme mouvante, sculptée par les expériences, les rencontres, les épreuves, qui jamais ne se rebelle frontalement, mais toujours se relève de ses cendres. Le livre la regarde vieillir, avancer vers la mort, sans perdre une once de lumière, «parce que la jeunesse et la vieillesse ne sont qu’une hypothèse, ton âge est celui que tu te choisis, que tu te convaincs d’avoir». Rien que pour elle, pour cette rencontre unique avec une femme d’exception, le roman vaut qu’on s’y perde, qu’on s’y noie… D’ailleurs, Modesta ne sait pas nager. Elle en nourrit un grand complexe, mais quand elle se jette à l’eau, dans tous les sens du terme, la victoire est totale, et le bond en avant, incommensurable. Comme quand on achève la lecture de ce livre inclassable et foisonnant, arrimé à cette héroïne hors du commun.

  1. Naissance d’une conscience

L’art de la joie est un roman historique très particulier. Née le 1er janvier 1900, Modesta traverse toute la première moitié du XXe siècle. Comme la petite sirène devenue femme, chaque pas l’électrise de douleur, mais elle avance vers son destin, persuadée que la vie est une métamorphose de chaque instant. La pauvreté dans sa petite enfance, l’emprise de l’Eglise dans son adolescence, quand le couvent la recueille après son viol, la bisexualité assumée pendant sa jeunesse, puis la découverte du communisme et de la maternité, à l’âge adulte : le monde change, et Modesta évolue en profondeur, tout en restant fidèle à sa nature, exceptionnelle d’énergie.
Goliarda Sapienza excelle à la mettre dans une série de situations d’enfermements, dont elle se sort toujours avec grâce et panache. La romancière connaîtra d’ailleurs elle-même la prison, pour avoir volé des bijoux dans une soirée, et en tirera ensuite deux livres pénétrants, à la fois sociologiques et poétiques, qu’il faut absolument lire en complément : L’Université de Rebbibia et Les Certitudes du doute.

 

 

Goliarda Sapienza

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Goliarda Sapienza, née à Catane (en Sicile) le 10 mai 1924 et morte à Gaète le 30 août 1996, est une comédienne et écrivaine italienne contemporaine.

Biographie

Goliarda Sapienza est née dans une famille socialiste anarchiste sicilienne recomposée et comptant de nombreux enfants. Elle grandit au 20, rue Pistone à Catane. Son père, Giuseppe Sapienza, avocat, est une figure importante du socialisme sicilien jusqu’à l’arrivée au pouvoir des fascistes, et sa mère, Maria Giudice, également une figure importante de la gauche italienne, est directrice du Grido del popolo (Le Cri du peuple), le journal de la section turinoise du Parti socialiste italien, dont Antonio Gramsci est l’un des rédacteurs. Ses parents tiennent à la garder éloignée des écoles fascistes et elle reçoit une éducation originale, athée et socialiste.

En 1940, une bourse d’étude permet à Goliarda Sapienza, âgée de 16 ans, d’entrer à l’Académie nationale d’art dramatique à Rome. Dans les années qui suivirent, elle se produit régulièrement sur les scènes de théâtre, entre autres dans des pièces de Luigi Pirandello. Elle travaille aussi de temps en temps dans le cinéma, avec plusieurs réalisateurs de renom mais souvent dans de petits rôles. Tardivement, à presque 70 ans, elle enseigne la comédie au Centre expérimental de cinématographie de Rome.

Elle met fin à sa carrière d’actrice pour écrire, et commence un cycle de récits autobiographiques à la fin des années 1960 (Lettre ouverte (1967), Le Fil de midi (1969)), dans lequel elle parle de sa jeunesse, de sa relation avec ses parents, de la vie de sa famille durant le régime fasciste et son séjour dans un hôpital psychiatrique après une tentative de suicide. Les livres L’Université de Rebibbia (1983), dans lequel elle raconte son incarcération après un vol de bijoux, Les Certitudes du doute (1987) et Destin forcé (paru en 2002) complètent plus tard son œuvre.

Son roman L’Art de la joie, écrit entre 1967 et 1976, est considéré comme une œuvre majeure de la littérature italienne contemporaine. Il suscita pourtant des réticences initiales de la part des éditeurs italiens pour son contenu contestataire et féministe. Même l’intervention du président de la République, ami de sa mère, ne suffit pas à faire accepter son manuscrit qui ne sera publié pour la première fois qu’en 1998 à compte d’auteur par le mari de Goliarda Sapienza, Angelo Pellegrino (un acteur et écrivain italien), après la mort de celle-ci — en 1996 —, et passe à l’époque inaperçu.  C’est en 2005 avec la publication en Allemagne par Waltraud Schwarze, puis en France par son amie Viviane Hamy, qu’il devient un best-seller et un long-seller, traduit en quinze langues et enfin reconnu aussi en Italie.

« Le certezze del dubbio » (Les certitudes du doute, Pellicanolibri, 1987) lui permet de rencontrer son compatriote, poète publié et éditeur, Beppe Costa, qui tente, en vain, de lui donner la rente de la loi Bacchelli, sans pouvoir obtenir une réimpression de ses œuvres. Il n’est publié en italien qu’en 1998, après la mort de son auteur.

 

Œuvres

Lettera aperta (Lettre ouverte, 1967)

Il filo di mezzogiorno (Le fil de midi, 1969) (rassemblé avec Lettera aperta sous le titre Le Fil d’une vie, trad. française et préface de Nathalie Castagné, Paris, Viviane Hamy, 2008, 

L’Università di Rebibbia (L’Université de Rebibbia, 1983)

Le certezze del dubbio (Les certitudes du doute, 1987)

L’Arte della gioia, Angelo Maria Pellegrino, 1998, (L’Art de la joie, traduit de l’italien par Nathalie Castagné, Paris, Viviane Hamy, 2005, 

Io, Jean Gabin (trad. Française Moi, Jean Gabin, Le Rayol, France, Éditions Attila, 2012, 176 p. 

Appuntamento a Positano (Einaudi, Turin 2015), (Rendez-vous à Positano, traduit de l’italien par Nathalie Castagné, Le Tripode, Paris 2017)

 

ECRIVAIN FRANÇAIS, JEAN GIONO (1895-1970), LE HUSSARD SUR LE TOIT, LITTERATURE, LITTERATURE FRANÇAISE, LIVRE, LIVRES, LIVRES - RECENSION, ROMAN, ROMANS, ROMANS FRANÇAIS

Le Hussard sur le toit de Jean Giono

Le Hussard sur le toit

Jean Giono

Le hussard sur le toit de Jean Giono : entre les spectres du nazisme et de l’Occupation, 1-le-hussard-sur-le-toit-de-jean-giono-aux-editions-france-loisirs-c57par Gregory Mion

 

«Serrés les uns contre les autres, tous rentrèrent alors chez eux, aveugles au reste du monde, triomphant en apparence de la peste, oublieux de toute misère et de ceux qui, venus aussi par le même train, n’avaient trouvé personne et se disposaient à recevoir chez eux la confirmation des craintes qu’un long silence avait déjà fait naître dans leur cœur. Pour ces derniers, qui n’avaient maintenant pour compagnie que leur douleur toute fraîche, pour d’autres qui se vouaient, à ce moment, au souvenir d’un être disparu, il en allait tout autrement et le sentiment de la séparation avait atteint son sommet. Pour ceux-là, mères, époux, amants qui avaient perdu toute joie avec l’être maintenant égaré dans une fosse anonyme ou fondu dans un tas de cendre, c’était toujours la peste».
Albert Camus, La Peste.

Quatre ans après La Peste d’Albert Camus qui fut publié en 1947, Jean Giono, avec Le hussard sur le toit reprend à nouveaux frais le thème de la maladie épidémique pour comprendre les vices et les vertus de l’humanité. Campé dans la Provence des années 1830, le roman se réfère à une véritable épidémie de choléra qui terrifia la France en 1832. C’est à peu près la seule inclination historique de Jean Giono car, pour le reste, Le hussard sur le toit joue avec la réalité factuelle comme un chat s’amuse avec une pelote de laine. Il n’est pas question pour Giono de s’attarder sur un choléra documentaire et d’établir la chronique précise de la contamination. Tout au contraire, le romancier personnalise les effets du choléra, il en bafoue certains aspects pour en inventer d’autres, et, de fil en aiguille, la maladie devient moins l’instrument de la mort que la machine à déshabiller les âmes, nous exhibant impudiquement ce qu’il en est du profond tempérament de l’homme. Ainsi le choléra n’est plus l’objet d’un hasard défavorable qui s’abattrait sur tel ou tel individu, telle ou telle famille ou telle ou telle ville, il est plutôt une présence démoniaque s’appliquant à nouer des pactes avec les hommes qui lui ressemblent (cf. pp. 462-484). Les gens ne meurent alors du choléra qu’en secondes noces, parce que, en première instance, durant quelques ébats issus d’un premier lit symboliquement dévergondé, ils étaient déjà morts de ce qui devait attirer sur eux l’ombre titanesque de cette épidémie venue d’Asie (2) : ils étaient les trépassés de l’égoïsme et de la peur, en l’occurrence, respectivement, les morts d’un navrant souci de soi de plus en plus compatible avec une société en voie d’industrialisation, puis les morts d’une sidérante méfiance, d’un incommensurable soupçon qui s’installe vis-à-vis d’autrui quand toutes les actions se trouvent régulées par la matrice directe ou indirecte de la concurrence. Dans le fond, ce que décrit Giono, c’est une Provence secrètement passée au crible d’un progrès néfaste, une Provence qui commence à tomber dans le parjure, théâtre d’une humanité qui est en train de perdre son goût du pittoresque, son «goût supérieur» dirait Nietzsche, pour succomber aux sirènes de la réussite sociale qui défait toutes nos attaches ancestrales avec les beautés de la nature. Il s’agit encore d’une Provence extra-diégétique où plane le fantôme du nazisme, lestée de ses bûchers, de ses camps et de ses rafles, de ses Juifs allusifs (tous les morts du choléra) et de son Juif errant (le personnage principal).
Indépendamment toutefois de l’hypothèse nazie sur laquelle nous reviendrons, on dira donc que le choléra de Jean Giono s’apparente à une forme de punition divine qui vient corriger définitivement les hommes en surnombre, et, surtout, les hommes d’une masse corrompue dont l’existence menace les principes innocents de la vie, ou, tout du moins, la vie qui traverse l’homme d’outre en outre. Cette immense et invincible justice semble du reste s’organiser comme la réponse romanesque de Jean Giono à tous les reproches qu’il a pu subir au cours de la Seconde Guerre mondiale, lorsque son statut de patriote était ardemment discuté, questionné et interpellé, tant pour de bonnes que pour de mauvaises raisons. Quels que soient par ailleurs les rapports que Giono a pu entretenir avec la verve pétainiste, il a été marqué par le fait que ses romans fondateurs aient pu nourrir a priori les idées politiques de droite, en cela que la nature exaltée de Regain, par exemple, pouvait constituer la matrice idéologique d’une apologie de la pureté, de la famille et de la tradition retrouvées, par contraste avec toute espèce de mouvement révolutionnaire aspirant à entrer pleinement dans la modernité progressiste. En d’autres termes, Giono, en amont de la Seconde Guerre mondiale, aurait déroulé un tapis rouge fictif aux partis politiques fétichistes de la terre primitive et apôtres des indigènes rétifs à toute forme de mixité.
La chose a l’air absurde et superflue, elle est même intellectuellement nécessiteuse, mais Giono n’en a pas moins été affecté, d’où le progressif abandon de ses thèmes de prédilection et le commencement d’une littérature davantage politique (3). C’est pourquoi Le hussard sur le toit s’inscrit officiellement dans une dimension littéraire où l’élément naturel paraît dominé par l’élément politique, dans la mesure où l’inoubliable héros de ce texte, Angelo Pardi, n’est de passage en Provence qu’à dessein de ravitailler ses énergies révolutionnaires avant de retourner en Italie pour terminer l’œuvre de la liberté. Cependant, d’un point de vue plus officieux, il s’avère que l’épidémie de choléra peut s’interpréter à l’instar d’une vengeance sublime, orchestrée par la main de Giono, comme si la maladie avait pour mission de le débarrasser de ses détracteurs tout en libérant la nature de ses maudits encombrants. De surcroît, c’est bien parce que le colonel des hussards Angelo Pardi, fils intrépide d’une duchesse du Piémont, apprécie et vit intensément ses multiples virées dans la nature, qu’il est immunisé contre le choléra et qu’il parvient à contourner le faisceau de pièges qu’on lui tend. Résolument vivant et phosphorescent comme l’impitoyable soleil qui accable la Provence tout entière pendant la moitié du roman, Angelo transporte en lui un feu inextinguible, une «étoile dansante» (4), une chaleur ébouriffante qui disqualifie d’emblée toutes les natures humides dépravées par des mœurs coupables et irrécupérables. En tout état de cause, Angelo est le personnage incandescent par excellence, peut-être un alter ego de Jean Giono qui proclame fictivement et véridiquement le surplomb immortel de la nature, à savoir la nécessaire subsistance d’un chaos de sensations qui doit s’imposer au détriment des pâles affirmations de l’organisation politique.
Autrement dit la politique et son histoire, même quand elles sont apparemment culminantes chez Giono, ne sont possiblement que des présences éphémères au regard de la nature qui n’a que faire d’un énième crépuscule de l’humanité en crise. Que la Provence soit pervertie par le nouvel homme industriel ne l’empêchera pas de survivre en tant que région imprégnée de l’invisible divinité. Le «chant du monde» n’est jamais loin dans l’univers de Jean Giono, cette symphonie inlassable qui redresse les partitions difformes de la société, et pour qui douterait de la puissance de ces vertus cosmiques, pour qui se demanderait si cette musique est parfois sujette à caution, nous l’exhorterions à lire et relire attentivement chaque page de cette grande œuvre influencée par Faulkner et Melville, en débutant éventuellement par son ultime segment, L’Iris de Suse, où Giono renoue explicitement avec son sensualisme légendaire.
Ces remarques liminaires, en outre, nous ont permis de montrer que Le hussard sur le toit n’est pas qu’un roman d’imagination. Par bien des aspects, en écrivant ce livre mythique, Jean Giono a oscillé entre la virtuosité littéraire et l’adroit règlement de comptes. Les aventures d’Angelo Pardi sont une impressionnante odyssée de l’écriture à laquelle s’adjoint une critique des formes de vie les plus délétères. Caracolant dans les collines, galopant sur les toits de Manosque et battant la campagne jusqu’aux environs de Gap, le carbonaro du Piémont visite des paysages à la fois homériques et hantés. D’un côté la nature se manifeste comme au jour de sa naissance, comme si des siècles de civilisation n’avaient nullement compromis sa perfection antique, et, d’un autre côté, la nature paraît chargée d’une intention meurtrière, partout maladive et obscurcie, adressant au monde son arrêt de mort et accouchant des «splendeurs barbares du terrible été» (p. 31) qui frappe la Provence. La barbarie du choléra et des chaleurs caniculaires, pourtant, ne ralentit pas la progression obstinée d’Angelo. Son feu intérieur est plus robuste que le brasier provençal, ou, en tout cas, il est de même extraction. Au milieu de l’épidémie et de l’enfer estival qui précipitent la Provence dans un hiver symbolique, Angelo, tel Camus dans le Retour à Tipasa, découvre en lui «un été invincible» (5), une limpidité invulnérable qui connaît instinctivement les parades pour déjouer les époques enténébrées. Tandis que la majorité des hommes s’effondre sous les assauts de la calamité, Angelo continue d’avancer, de suivre infatigablement le fil de ses convictions, imperturbable malgré la confusion régnante où l’on se met à redouter autre chose que les agressions du soleil. Quoique le nom de la maladie ne soit jamais prononcé lors des prémisses de la catastrophe sanitaire (cf. pp. 11-43), les médecins de Toulon, Nîmes, Aix-en-Provence, Draguignan, Marseille, etc., sentent grimper l’évidence et l’hécatombe. C’est un gigantesque fléau qui se prépare, une peste revenue du Moyen Âge et nantie d’une densité allégorique par le truchement de laquelle ne périront que les esclaves des passions tristes, les étrangers de la joie innocente. N’étant pas de ceux qui sont déjà diminués dans l’existence à cause d’un manque d’adéquation à la nature essentielle, Angelo, tout au contraire, franchit les brumes du choléra avec le même dynamisme dont il se sert pour franchir les obstacles sur les toitures de Manosque (cf. pp. 135-185). Il ne peut pas être atteint par «l’entreprise délibérée de la mort», par la «victoire foudroyante» (p. 165) de la maladie, ceci dans la mesure où il incarne la santé, voire la grande santé qui riposte fièrement à la «grande maladie» (6).
Par conséquent la course et les stations d’Angelo Pardi à travers cette Provence des années 1830 nous instruit aussi bien des ravages d’un style de vie (celui des victimes) que des aurores d’une ascèse vécue dans une liberté et une bonté fondamentales (celle du hussard flamboyant). Ne meurent que les hommes qui ont perdu l’instinct des origines, devenus infidèles à la nature, c’est-à-dire la plupart de nos semblables, et ne sont épargnés que les individus possédant l’ingénuité constitutive de la vie animale. Au cœur de cette humanité dévastée par la religion conquérante de la rationalité, Angelo a l’air d’un intrus, d’un intempestif qui n’aurait pas troqué le monde contre l’arrière-monde des techniciens et des exploitants, héritiers mal dégrossis du récent siècle des Lumières. Il n’est pas non plus cet «animal raté» que Nietzsche malmène en s’attaquant aux hommes qui se sont affaiblis dans les dogmes et les eldorados bibliques (7), tout cela n’étant que du sacré artificiel, du toc transcendantal, par rapport au divin qui prévaut dans la nature. Ni colonisateur de la Provence, ni adorateur d’un Dieu magnanime qui se substituerait au mystère du vivant, Angelo arpente le sol millénaire du midi de la France avec l’allure d’un bon sauvage assorti à la farandole des oiseaux déchaînés par les cadavres entassés. Au hameau des Omergues, près de Banon, les corbeaux et toutes sortes de volatiles se rassasient des chairs mortes, comme si le monde animal renversait le monde humain (cf. pp. 47-52). Ces «bourrasques d’oiseaux» (p. 52), du reste, évoquent par anticipation une vision hitchcockienne. Elles évoquent également la nouvelle Les oiseaux de Daphné du Maurier, qui, au gré du hasard où se rencontrent les chefs-d’œuvre, paraîtra juste un an après Le hussard sur le toit et inspirera bien sûr le film d’Alfred Hitchcock en 1963. Mais avant l’alliance qui unira du Maurier et Hitchcock autour d’une iconographie de l’horreur aviaire, Jean Giono ne démérite pas avec ses descriptions nauséeuses, tantôt s’attardant sur tel œil féminin becqueté par un oiseau vorace (cf. pp. 49-50), tantôt suggérant la prise de pouvoir des oiseaux, lesquels sont rassemblés par milliers sur les toits des maisons où la vie a été décimée par le choléra (cf. p. 331). Un tel contexte ne laisse subsister aucune ambiguïté quant au fait que les animaux ont momentanément acquis une supériorité sur la civilisation, et, ce faisant, Angelo illustre à merveille l’homme qui se serait mis au diapason des créatures, loyal envers ses instincts, comparable à un Orphée marginal qui aurait déposé sa lyre enchanteresse pour suivre assidûment la symphonie des bêtes, fût-elle une symphonie guerrière et dévoratrice, punitive aussi, étant donné la trahison de l’homme à l’égard de tout ce qui n’est pas lui. Par ailleurs, bien loin d’être «pauvre en monde» comme l’a supposé Heidegger (8), l’animal, tant s’en faut, se justifie dans Le hussard sur le toit à l’instar d’un amplificateur du monde après que les hommes ont initié les registres d’une vie acosmique – absente au monde.
Cet éventail de considérations nous permet désormais d’opposer deux superbes personnages italiens de la littérature : d’un côté nous avons donc Angelo Pardi, aussi nu et sincère que la nature, dépourvu d’arrière-pensée du fait même qu’il ne se rattache à aucun arrière-monde, et d’un autre côté nous avons l’antithèse de ce révolté du Piémont, en l’occurrence le Nostromo de Joseph Conrad, dont le dévouement à sa société n’est que le paravent de l’insurrection qui s’exaspère en lui, prête à surgir à la moindre opportunité afin non pas d’apporter un surcroît de justice parmi les siens, mais afin de se garantir uniquement des avantages pour son propre compte. On nous objectera volontiers que les combinaisons révolutionnaires d’Angelo ne sont pas plus transparentes que les manigances de Nostromo, mais au fur et à mesure que l’insurgé de Jean Giono se frotte au «pays infernal» de la Provence bouleversée (p. 90), au fur et à mesure que se vérifie la prévalence du vice sur la vertu, Angelo, plutôt que de se formuler des alibis, suspend peu à peu ses projets originaux pour se consacrer hic et nunc au sacerdoce de la générosité. L’ampleur du désastre humain l’incite à s’engager auprès de ceux qu’il croit pouvoir sauver ou soulager. Chaque malade qui meurt entre ses mains, d’une certaine manière, expie une partie de ses péchés. Et dans un second temps, son indulgence désintéressée reprend son souffle auprès de Pauline, une jeune femme honnête et courageuse, d’abord rencontrée à l’improviste pendant le périple des toitures (cf. pp. 178-185), puis retrouvée fortuitement lors de son chemin du retour au pays natal (cf. pp. 299-300). Ce sont ces retrouvailles inattendues qui modifient superlativement les résolutions contestataires d’Angelo. Il s’aperçoit que la politique italienne peut attendre et que l’accompagnement de Pauline sur les dangereuses routes méridionales est un ordre du jour beaucoup plus important. Ce n’est pas tant l’amour balbutiant que la dévotion intrinsèque d’Angelo qui s’exprime lors de son voyage avec Pauline. Il sait que c’est une femme mariée qui espère rejoindre sa famille à Gap. Quoique Pauline ne lui soit pas indifférente (cf. p. 447), Angelo respecte l’histoire sentimentale de cette femme, ainsi promu au rang de chevalier courtois dont le code d’honneur est inviolable. C’est donc par l’intermédiaire d’un amour plus vaste qu’Angelo assure la sécurité de Pauline, par devoir bien davantage que par calcul, typique de celui qui a les épaules pour «sacrifier sa vie au bonheur de l’humanité» (p. 487), emblématique de cet homme qui a su jouer les Edmond Dantès pour s’évader d’une affreuse quarantaine avec la femme d’un autre (cf. pp. 388-399), symptomatique d’une personnalité altruiste qui ne recule pas devant la pluie et le froid (cf. p. 457) pour ramener chez elle une dulcinée qu’il n’oserait aimer en dehors du périmètre mental du fantasme.
Toute la bonté d’Angelo Pardi nous semble par conséquent résider au cœur de son attitude retenue avec Pauline, les deux fugitifs de Manosque se rapprochant discrètement, subrepticement, tels deux ballons portés par le même vent qui les fait tournoyer sans qu’ils ne se confondent jamais, s’abreuvant d’une intraduisible réciprocité accrue par l’épreuve du choléra, se perpétuant dans une valse-hésitation qui discrédite par sa pureté même les amours précipitamment consommées. Sauvée du choléra par Angelo, guérie de cette maladie qui commençait à la ronger, Pauline confirme qu’elle appartient au firmament des âmes justes (cf. pp. 488-499) et qu’une telle beauté d’esprit ne pouvait pas être gâchée par de vulgaires caresses. C’est pourquoi le tutoiement qu’elle offre ultimement à son sauveur dépasse toutes les embrassades possibles, et lui, avec une rare élégance, peut-être aussi avec la timidité des justes, lui répond par des vouvoiements qui en disent long. Ils ont vécu un amour métaphysique, platonique, se contentant des idéaux de l’imagination au milieu d’une réalité qui ne pouvait accueillir de si fabuleuses connivences. D’une part les liens matrimoniaux de Pauline ne devaient pas être détruits, sinon cela eût altéré les qualités d’Angelo, et, d’autre part, les circonstances mortifères de l’épidémie exigeaient un reflux de la grâce afin que cette dernière ne soit pas appesantie par les poids de la laideur morale (car le choléra de Giono n’est que l’autre nom des vicissitudes humaines).
L’amour serait en effet mortellement accablé s’il se manifestait concrètement dans un univers aussi infecté que cette Provence fictive. Il ne peut survivre au cataclysme qu’en rusant avec la mort et en empruntant des voies détournées. Par pessimisme, ce que Jean Giono paraît soutenir, c’est que l’amour est une catégorie de la vie qu’il est impossible d’invoquer distinctement contre les puissances démultipliées du mal. Si des gens sont morts de l’épidémie parce qu’ils n’ont pas su aimer, il ne s’ensuit pas que des gens vivront parce qu’ils s’aiment en binôme. De toute façon, les délais impartis par le choléra empêchent la tranquille maturation des sentiments amoureux, d’où la nécessité d’aller au plus urgent : sauver son prochain, soustraire la veuve et l’orphelin aux étreintes épidémiques, ne pas se demander si nous aurons le temps d’aimer quelqu’un inconditionnellement. À l’heure où tous les glas font retentir la musique du diable, en cette époque malade où la désunion afflige la société, l’amour classique est reporté sine die, remplacé par des vertus plus collectives où ce n’est pas seulement un être que nous visons, mais, si possible, l’humanité dans toute son extension (9). Comme Angelo et Pauline, il convient de garder par-devers soi les épanchements de la passion dans le but d’accomplir une meilleure synthèse du particulier (soi-même) avec l’universel (le monde entier). C’est la raison pour laquelle le lien qui unit Angelo et Pauline résiste admirablement aux disjonctions impliquées par le choléra et crée à une échelle plus étendue un potentiel de relations susceptible de vaincre la monstruosité ambiante. Leur amour n’est pas égoïste et replié dans les limites de leurs priorités – il est inconsciemment prodigue et investi dans le combat pour la vie. Il n’en faut d’ailleurs pas moins pour surmonter les terribles anéantissements perpétrés par ce choléra étrangement métaphorique.
De quoi le choléra est-il donc le nom dans Le hussard sur le toit ? Nous voulons poser l’hypothèse que le choléra de Giono, en sus d’être le révélateur des régressions morales, s’accommode de toutes les abjections du nazisme. Les crémations nocturnes donnent le ton de la catastrophe (cf. p. 82). Voyant et sentant cela, Angelo «[se demande] tout à coup [s’il n’y a pas], quelque part, mêlée à l’univers, une énorme plaisanterie» (p. 82). On parle d’un épicentre de la mort à Sisteron (cf. p. 59), figurant la réminiscence d’Auschwitz, sorte de convergence des malheurs et des humiliés. On recense encore trois bûchers vaniteux dans les collines de Manosque, trois fosses maléfiques où s’élèvent des fumées qui empuantissent la ville et font fuir les derniers habitants (cf. p. 162). Que dire aussi de ces crématoires inondés par des pluies diluviennes ? Ce ne sont plus que des douves bouillonnantes dans lesquelles l’eau n’a pas suffi à laver les crimes contre l’humanité (cf. p. 280). Et pour accentuer cette litanie des gouffres maudits, nous ne pouvons taire l’existence des charniers où se mélangent les morts et les agonisants, ces lugubres amoncellements où «les vivants réduits à l’état de squelette [titubent] sur des cadavres laissés sans sépulture et dans des vols de charognards» (p. 289). Les visages émaciés aux «lèvres [retroussées] sur [les] dents pour un rire infini» (p. 276) rappellent plusieurs configurations des tableaux de Zoran Mušič, comme l’éternel retour des tombereaux (cf. p. 175), pilotés la plupart du temps par des forçats, réveille les inquiétantes perceptions du Triomphe de la mort de Pieter Brueghel l’Ancien. Cette agglomération de cauchemars semble du reste se coaliser dans les afflictions représentées par Masaccio avec sa fresque Adam et Ève chassés du paradis terrestre, à ceci près qu’Angelo et Pauline, contrairement à leurs vénérables prédécesseurs en peinture, bravent les souffrances et affrontent une succession de dangers, recréant un paradis provisoire pour ceux qui les côtoient et narguant à leur manière toutes les allégories d’un antisémitisme farouche.
La résistance charitable d’Angelo et de Pauline déconcerte le traquenard des quarantaines qui sont une autre façon de nommer les camps de concentration (cf. p. 246). Si «tout le monde meurt aux quarantaines», si «de tous ceux qui y sont allés, aucun n’est sorti» (p. 246), Angelo et Pauline, eux, s’en extirperont vivants et d’autant plus décidés à combattre jusqu’au bout les démons de cette Provence persécutée (cf. pp. 372-399). Avant cela, Angelo n’avait pas démérité, réfugié sur les toits de Manosque, où le point de vue des cimes urbaines lui avait inspiré «l’éloquence du cœur» (p. 139), de même qu’il avait jugé ces spectacles macabres avec le compréhensible dédain d’une âme éthérée de vingt-cinq ans, déçu d’observer la désolation du choléra, pour ne pas dire désarçonné par les effets du nazisme, stupéfait par cette vieille rengaine pangermaniste où la folie s’invite partout (cf. pp. 247-251). De son passage sur les toits de Manosque, on peut retenir un genre de jugement analogue à celui de Micromégas, le célèbre géant de Voltaire, ébahi de découvrir les «mites philosophiques» de la Terre, désagréablement surpris de constater que ces hommes «infiniment petits» se distinguent par «un orgueil presque infiniment grand» (10). Il y a quelque chose de supposément intransigeant chez Angelo lorsqu’il s’expatrie sur les toitures manosquines, comme s’il était Hector sur les remparts de Troie, mais un Hector auquel il manquerait pour l’instant une Andromaque. Il est facile de juger et moins facile d’agir, aussi Angelo ne demeurera pas longtemps au sommet des maisons de Manosque, déterminé à descendre de son perchoir, à rejoindre le cœur du problème, impavide à l’idée de participer aux remous des zone calde où l’on peut objectivement saboter le système horrifique en vigueur. On le verra s’épaissir en assistant une nonne dans ses infatigables visitations des offensés (cf. pp. 201-6). On le verra même, à cette occasion, se transfigurer en une espèce de thanatopracteur, comme s’il était le membre réfractaire d’un Sonderkommando, hardi à prendre soin des morts mais intérieurement affranchi des processus concentrationnaires. À n’en pas douter, c’est là, précisément là où la mort se gavait de son effroyable omniprésence, qu’Angelo a appris à se rassasier de la vie et à proportionner sa grandeur aux dimensions de Pauline et de tous les infortunés du monde.

 

Jean Giono (1895-1970)

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Jean Giono est un écrivain français. Son œuvre mêle un humanisme naturel à une révolte violente contre la société du XXe siècle.

Dès l’enfance, il aime inventer des histoires et s’exerce très tôt à l’écriture. Mais il attendra d’avoir trente-cinq ans pour voir paraître Colline (1929), son second roman, le premier ayant été refusé.

Un grand nombre des ouvrages de Jean Giono ont pour cadre le monde paysan provençal. Inspirée par son imagination et ses visions de la Grèce antique, son œuvre romanesque dépeint la condition de l’Homme dans le monde, face aux questions morales et métaphysiques et possède une portée universelle.

Il fut accusé à tort de soutenir le Régime de Vichy et d’être collaborateur avec l’Allemagne nazie pendant la Seconde Guerre mondiale, en raison de son pacifisme, ne soutenant nul camp. Il s’est alors attiré de nombreux ennemis littéraires même s’il a aussi aidé des juifs, des communistes et des résistants pourchassés. Il sera arrêté en septembre 1944, passera cinq mois en détention et sera pratiquement mis en quarantaine jusqu’en 1951, date à laquelle il sort enfin du purgatoire où il s’est trouvé relégué.

Elu à l’Académie Goncourt en 1954, il voyage, diversifie sa production par des récits de voyage, des comptes-rendus judiciaires, des billets d’humeur remis à des journaux, se lance même dans la production de scénarios pour le cinéma. De son œuvre vaste et prolifique, on se souviendra du « Le hussard sur le toit » (1951), qui compte Angelo, protagoniste récurrent, ou encore « Un roi sans divertissement » (1947) et le poétique « Que ma joie demeure » (1935).

Celui qui s’est surnommé «le voyageur immobile» est enterré à Manosque.

ECRIVAIN AMERICAIN, LITTERATURE, LITTERATURE AMERICAINE, MARY HIGGINS CLARK (1927-2020), ROMANS, ROMANS POLICIERS

Mary Higgins Clark (1927-2020)

Mary Higgins Clark

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Biographie

Nationalité : États-Unis
Né(e) à : New-York , le 24/12/1927
Mort(e) à : Naples (Floride) , le 31/01/2020

Mary Theresa Eleanor Higgins connue sous le nom de Mary Higgins Clark est une écrivaine américaine.

Mary Higgins Clark est d’origine irlandaise. Orpheline de père à dix ans, elle arrête très jeune ses études pour exercer la profession de secrétaire, puis celle d’hôtesse de l’air.

Elle épouse ensuite Warren Clark, se consacre à sa famille (cinq enfants) et commence l’écriture de nouvelles. Après de nombreux refus, une première nouvelle est publiée en 1956 par un magazine. A la mort de son mari, en 1964, elle devient rédactrice de scripts pour une radio…

Parallèlement, elle continue à écrire. Son premier livre, une biographie de Georges Washington, est un échec. Elle décide alors de rédiger un roman à suspens : « La maison du guet » qui devient un best seller. En 1980, « La nuit du renard » obtient le Grand Prix du Roman Policier.

Tout en s’occupant de ses enfants, l’écrivain reprend ses études (elle obtient un doctorat de philosophie) et publie un roman par an. Aujourd’hui, elle co-écrit des livres avec sa fille, Carol Higgins Clark.

  

Œuvre

Romans

1975 La Maison du guet

1977 La Nuit du renard

1980 La Clinique du Docteur H.

1982 Un cri dans la nuit

1984 Le Démon du passé

1987 Ne pleure pas ma belle

1989 Dors ma jolie

1989 Le Billet gagnant

1991  Recherche jeune femme aimant danser

1992  Nous n’irons plus au bois

1993  Un jour tu verras…

1994  Souviens-toi

1995  Ce que vivent les roses  

1995  Douce Nuit

1996  La Maison du clair de lune

1997  L’Homme d’à côté

1997  Ni vue, ni connue

1998  Tu m’appartiens

1998  Une si longue nuit

1999  Et nous nous reverrons

2000  Avant de te dire adieu

2000  Trois jours avant Noël (en collaboration avec Carol Higgins Clark)    

2001  Dans la rue où vit celle que j’aime

2001  Ce soir je veillerai sur toi (en collaboration avec Carol Higgins Clark)

2002  Toi que j’aimais tant

2003  Une seconde chance

2004  La nuit est mon royaume

2004  Le Voleur de Noël (en collaboration avec Carol Higgins Clark)

2005  Rien ne vaut la douceur du foyer

2006  Deux petites filles en bleu

2006  La Croisière de Noël (en collaboration avec Carol Higgins Clark)       

2007  Cette chanson que je n’oublierai jamais

2008  Où es-tu maintenant ?

2008  Le Mystère de Noël (en collaboration avec Carol Higgins Clark)

2009  Je t’ai donné mon cœur

2010  L’Ombre de ton sourire

2011  Quand reviendras-tu ?

2012  Les Années perdues

2013  Une chanson douce

2014  Le Bleu de tes yeux

2014  L’Affaire Cendrillon (en collaboration avec Alafair Burke)

2015  La Boîte à musique

2015  La mariée était en blanc (en collaboration avec Alafair Burke)

2016  Le Temps des regret

2016  Le Piège de la Belle au bois dormant (en collaboration avec Alafair Burke)

2016  Noir comme la mer

2017  La Reine du bal (en collaboration avec Alafair Burke)        

2018  Dernière danse

2018  De si belles fiançaille (en collaboration avec Alafair Burke)

2019  En Secret

 

Recueils de nouvelles

1989  Le Fantôme de Lady Margaret

1995  Au commencement était le crime

1996  Joyeux Noël, Merry Christmas

2002  Le Billet gagnant

Nouvelles

1986  L’Ange perdu

1986  Un jour de chance

1987  Terreur dans le campus

1988  L’une pour l’autre

1989  Le Fantôme de Lady Margaret

1989  La Réserve à charbon

1989  Meurtre à Cape Cod

1989  Le Billet gagnant

1990  Le Cadavre dans le placard

1990  Ohé du Columbia !

1992  Recherche plombier désespérément        

1994  Comment rafler la mise

1994  Les Bijoux volés

1994  Le Nid d’ange

1996  On a enlevé la femme du président

1996  Un crime passionnel

1996  Joyeux Noël

Ouvrages de littérature d’enfance et de jeunesse

1969  Le Roman de George et Martha (biographie)

2007  Le Bateau fantôme

Mémoires

2003  Entre hier et demain

EMMANUEL ROBLES (1914-1995), LE VESUVE, LITTERATURE FRANÇAISE, LIVRE, LIVRES, LIVRES - RECENSION, ROMAN, ROMANS

Le Vésuve, roman d’Emmanuel Roblès

Le Vésuve

Emmanuel Roblès

Paris, Le Seuil, 1961.

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A Naples, au début de 1944, Serge Longereau, officier du Corps expéditionnaire français en Italie, bénéficie d’une permission de convalescence. Il s’éprend d’une jeune fille italienne qui longtemps lui résiste puis devient sa maîtresse. Or, cette Sylvia si réservée se révèle passionnée, éprise de bonheur absolu. Elle s’enferme aveuglément dans cet amour qui efface à ses yeux la ville affamée, terrorisée par les bombardements, le front tout proche, Cassino où se succèdent des batailles meurtrières, la terre entière livrée à la violence et au malheur. Quelques jours avant le départ de son amant pour les premières lignes, elle l’incite à déserter. Cependant, les laves ardentes vont s’éteindre, ne laisser que scories et cendres. C’est qu’à travers Serge et Sylvia, deux conceptions de la vie et du bonheur s’opposent et se détruisent.

 

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« On sait gré à Roblès de croire, finalement, à une victoire possible pour ceux qui, quoi qu’il advienne, se refusent à toute tricherie et à toute ruse et savent, cependant, se reconnaître entre eux. L’espoir vient de cette foi même, de cette part inaliénable qu’il faut préserver et qui reste susceptible de vaincre tant de conjurations monstrueuses. »

G.-A. Astre, France-Observateur

JOHN RONALD REUEL TOLKIEN (1892-1973), LE SEIGNEUR DES ANNEAUX, LITTERATURE BRITANNIQUE, LIVRE, LIVRES, ROMAN, ROMANS

Le Seigneur des anneaux de J.R.R Tolkien

Le Seigneur des anneaux

Cet article utilise autant que possible la traduction de Daniel Lauzon, ce qui explique par exemple que l’on parle de La Fraternité de l’Anneau ou de Frodo Bessac.

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Le Seigneur des anneaux (The Lord of the Rings) est un roman en trois volumes de J. R. R. Tolkien paru en 1954 et 1955.

Prenant place dans le monde de fiction de la Terre du Milieu, il suit la quête du hobbit Frodo Bessac, qui doit détruire l’Anneau unique afin que celui-ci ne tombe pas entre les mains de Sauron, le Seigneur des ténèbres. Plusieurs personnages lui viennent en aide, parmi lesquels son serviteur Sam, le mage Gandalf ou encore l’humain Aragorn, héritier d’une longue lignée de rois.

À la suite du succès critique et commercial du Hobbit, Tolkien entreprend la rédaction du Seigneur des anneaux à la fin des années 1930 à la demande de son éditeur, Allen & Unwin. Il lui faut douze ans pour parvenir à achever cette suite, qu’il truffe de références et d’allusions au monde du Silmarillion, la Terre du Milieu, sur lequel il travaille depuis 1917 et dans lequel Le Hobbit a été attiré « contre l’intention première » de son auteur.

À l’origine, Tolkien souhaite publier Le Seigneur des anneaux en un seul volume, mais le prix du papier étant trop élevé en cette période d’après-guerre, l’œuvre est divisée en trois volumes : La Fraternité de l’Anneau (The Fellowship of the Ring), Les Deux Tours (The Two Towers) et Le Retour du roi (The Return of the King). C’est un succès commercial immédiat qui ne se démentit pas tout au long de la deuxième moitié du xxe siècle et donne lieu à des adaptations sur plusieurs supports, dont une série de trois films à grand budget réalisés par Peter Jackson et sortis entre 2001 et 2003.

C’est une des œuvres fondamentales de la littérature dite de fantasy, terme que Tolkien explicite dans son essai Du conte de fées de 1939. Tolkien lui-même considérait son livre comme « un conte de fées […] pour des adultes », écrit « pour amuser (au sens noble) : pour être agréable à lire ».

 

 

Résumé

La Fraternité de l’Anneau

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Après un prologue décrivant les Hobbits et leurs mœurs, le passé de la Terre du Milieu et un rapide résumé des aventures de Bilbo Bessac, le livre I s’ouvre sur le cent onzième anniversaire de ce dernier, soixante années après les événements décrits dans Le Hobbit. Au cours de la réception, Bilbo s’éclipse grâce à l’invisibilité que lui confère son anneau magique et quitte Hobbiteville, laissant la plus grande partie de ses biens, anneau compris, à son neveu et héritier désigné, Frodo Bessac. Dix-sept ans plus tard, leur vieil ami, le magicien Gandalf le Gris, révèle à Frodo que son anneau est en réalité l’Anneau unique, instrument du pouvoir de Sauron, le Seigneur Sombre, qui l’a perdu jadis ; s’il devait le retrouver, son pouvoir deviendrait insurmontable. Gandalf presse Frodo de quitter le Comté, qui n’est plus sûr pour lui et de se mettre en route pour le refuge qu’est Fendeval, la demeure d’Elrond le Semi-elfe.

Frodo vend sa demeure de Cul-de-Sac, dissimulant son départ sous le prétexte d’un déménagement au Pays-de-Bouc, à la lisière orientale du Comté. Accompagné de son jardinier Sam Gamgie et d’un jeune ami, Peregrin Touc (Pippin), il échappe de justesse à plusieurs reprises aux Cavaliers noirs, serviteurs de Sauron chargés de retrouver l’Anneau unique. Les trois compagnons atteignent le Pays-de-Bouc, à l’est du Comté, où Meriadoc Brandibouc (Merry) les rejoint. Les quatre hobbits poursuivent leur route vers l’est, échappant aux dangers de la Vieille Forêt et des Coteaux des Tertres grâce à l’énigmatique Tom Bombadil. À Brie, ils font la connaissance de l’étrange Arpenteur, un ami de Gandalf, qui devient leur guide. Les Cavaliers noirs, toujours à leurs trousses, parviennent à blesser Frodo près de la colline de Montauvent, mais grâce à l’elfe Glorfindel, il parvient à franchir le gué de Bruinen. Les Cavaliers, qui le suivent de près, sont emportés par une crue soudaine de la rivière, et Frodo s’évanouit.

Au début du livre II, Frodo se réveille à Fendeval, où il a reçu les soins d’Elrond et où il retrouve Bilbo. S’ensuit le Conseil d’Elrond, auquel assistent des représentants des principales races de la Terre du Milieu : Elfes, Nains et Hommes. Gandalf leur apprend la trahison de Saruman, son supérieur dans l’Ordre des Mages, qui recherche l’Unique pour lui-même. Après avoir examiné toutes les possibilités qui s’offrent à eux, les participants au Conseil décident que le seul moyen de vaincre Sauron est de détruire l’Anneau en l’amenant au cœur du Mordor, pays de Sauron, et en le jetant dans la lave des Failles du Destin, là où il fut forgé. Frodo se déclare volontaire pour accomplir cette tâche, et une « Fraternité de l’Anneau » est formée pour l’accompagner et l’aider : elle comprend Frodo et ses trois compagnons hobbits, Gandalf, Aragorn, Boromir du Gondor, Gimli le nain et Legolas l’elfe.

La compagnie traverse l’Eregion déserte avant de tenter de franchir les Montagnes de Brume par le col enneigé du Caradhras. Après leur échec face aux éléments déchaînés, Gandalf conduit ses compagnons dans les mines de Moria, ancienne cité naine désormais peuplée par des gobelins, mais il tombe dans un gouffre en affrontant le Balrog, une antique créature démoniaque. La Fraternité, désormais menée par Aragorn, quitte la Moria et entre dans le pays elfique de Lothlórien, gouverné par Celeborn et Galadriel. Frodo regarde dans le miroir de Galadriel et voie des visions du passé, du présent et d’un possible futur. Terrifié par l’Œil de Sauron, Frodo propose de remettre l’Anneau à Galadriel, mais celle-ci surmonte la tentation. Les compagnons quittent la Lórien à bord de trois bateaux et descendent le grand fleuve Anduin. Arrivée à hauteur des chutes de Rauros, la Fraternité se sépare après une attaque d’Orques et Frodo et Sam partent seuls en direction du Mordor.

 Les Deux Tours

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Un cavalier de Rohan

Le deuxième volume suit les différents chemins empruntés par les membres de la Fraternité défunte.

Au début du livre III, Boromir meurt en tentant de défendre Merry et Pippin, qui sont enlevés par les Uruk-hai de Saruman. Après avoir offert des funérailles au capitaine du Gondor, Aragorn, Legolas et Gimli se lancent à leurs trousses à travers les plaines du Rohan. Aux abords de la forêt de Fangorn, ils retrouvent Gandalf, désormais le Blanc, qui a été renvoyé en Terre du Milieu pour achever sa mission après avoir péri en terrassant le Balrog. Les quatre compagnons se rendent à Edoras, où Gandalf libère le roi Théoden de l’emprise de son conseiller Gríma Langue de Serpent, un pantin de Saruman. Ils participent à la guerre du Rohan contre les armées de Saruman, qui sont vaincues lors de la bataille de la Ferté-au-Cor tandis qu’Orthanc, la forteresse de Saruman, est prise d’assaut par les Ents, des créatures à l’apparence d’arbres menées par Barbebois, auprès de qui Merry et Pippin ont trouvé refuge. Refusant de se repentir de ses erreurs, Saruman est exclu de l’Ordre des Mages par Gandalf.

Le livre IV suit Frodo et Sam sur la route du Mordor. Ils parviennent à capturer et à apprivoiser Gollum, l’ancien possesseur de l’Anneau, qui les suivait depuis la Moria. Il les guide vers une entrée secrète du Mordor, dans la vallée de Minas Morgul. Traversant l’Ithilien, ils sont capturés par Faramir, le frère de Boromir, qui les relâche lorsqu’il apprend l’importance de leur mission. À la fin du livre, Gollum trahit Frodo en le menant dans le repaire d’Araigne, l’araignée géante. Il survit, mais est fait prisonnier par les Orques de Cirith Ungol après que Sam lui a pris l’Anneau, le croyant mort empoisonné par le venin de l’araignée.

 

Le Retour du Roi

Le livre V relate la lutte entre le Gondor et le Mordor, vue par Merry aux côtés du roi Théoden et Pippin à Minas Tirith, capitale du Gondor. La Cité Blanche, assiégée par des milliers d’Orques, est sauvée par l’arrivée des cavaliers du Rohan, puis par celle d’Aragorn, qui a libéré le sud du Gondor grâce à l’armée des Morts et s’est emparé de la flotte des pirates d’Umbar, alliés de Sauron. La bataille des champs du Pelennor se conclut par une défaite des forces de Sauron, mais ce dernier dispose encore de forces prodigieuses dont ne peuvent espérer triompher les Peuples libres. Afin de détourner l’attention de Sauron de la quête de Frodo, Aragorn mène une armée devant la Morannon, la Porte Noire du Mordor, pour y livrer une bataille désespérée.

Le livre VI revient à Sam, qui libère Frodo des Orques de Cirith Ungol. Les deux hobbits traversent à grand-peine le désert du plateau de Gorgoroth et atteignent le Mont Destin, Gollum sur leurs talons. La tentation se révèle alors trop forte pour Frodo, qui revendique l’Anneau et le passe à son doigt. Il est attaqué par Gollum, qui lui tranche le doigt à coups de dents pour récupérer l’Unique avant de tomber dans les flammes de la montagne en fêtant son triomphe. Par ce retournement de situation eucatastrophique, l’Anneau est détruit, Sauron définitivement vaincu et ses armées en déroute. Aragorn est couronné roi du Gondor et épouse sa promise Arwen, la fille d’Elrond. Après plusieurs semaines de festivités, les membres de la Fraternité retournent chez eux. De retour dans le Comté, les quatre hobbits retrouvent leur pays ravagé par des brigands humains et des semi-orques. À Cul-de-Sac, après avoir mis les bandits en déroute, ils découvrent que le responsable de ce chaos n’est autre que Saruman, qui trouve peu après la mort aux mains de Gríma. Le Comté connaît par la suite une grande embellie, mais Frodo, blessé physiquement et mentalement, ne peut apprécier ce renouveau. Il finit par faire voile vers l’Ouest avec Bilbo pour y trouver la paix, accompagné des porteurs des Trois anneaux des Elfes, Galadriel, Elrond et Gandalf. Le Troisième Âge du Soleil et Le Seigneur des anneaux s’achèvent.

Le récit proprement dit est suivi de six appendices, visant à donner de plus amples informations sur des éléments passés de l’histoire des peuples présents dans le livre.

L’appendice A retrace brièvement l’histoire des royaumes des Hommes et des Nains.

L’appendice B est une chronologie des Deuxième et Troisième Âges.

L’appendice C contient les arbres généalogiques des principaux hobbits du récit.

L’appendice D étudie les divers calendriers employés par les Elfes, les Hommes et les Hobbits.

L’appendice E présente les deux principaux alphabets de la Terre du Milieu, les tengwar et les cirth, avec des précisions sur la prononciation des langues.

L’appendice F s’intéresse aux langues des peuples de la Terre du Milieu et discute de questions de traduction.

 

Histoire

Rédaction

Un mois après la publication du Hobbit, le 21 septembre 1937, Stamley Unwin,  septembre l’éditeur de Tolkien, lui écrit qu’un « large public réclamerait à cor et à cri dès l’année suivante qu’il leur en dise plus au sujet des Hobbits ! », ce à quoi Tolkien, « inquiet », répond qu’il « ne saurai[t] que dire de plus à propos des Hobbits », mais qu’il n’a « en revanche que trop de choses à dire […] à propos du monde dans lequel ce Hobbit a fait intrusion »4 : en effet, cela fait vingt ans qu’il travaille sur les textes du « Silmarillion ». Après une réponse encourageante d’Unwin, Tolkien promet qu’il commencera quelque chose dès que possible. Le 19 décembre, il écrit à C. A. Furth, de Allen & Unwin : « J’ai écrit le premier chapitre d’une nouvelle histoire sur les Hobbits — « Une réception depuis longtemps attendue ». » Dans ce chapitre, le héros est encore Bilbo Bessac, qui disparaît de Hobbiteville lors de la réception donnée pour son soixante-dixième anniversaire : le trésor qu’il a rapporté d’Erebor est épuisé, et il éprouve le désir de repartir à l’aventure

Après plusieurs faux départs, Tolkien décide de placer l’anneau trouvé par Bilbo lors de son aventure au centre de cette suite : à l’origine simple objet magique, il devient au fil des réécritures le terrible Anneau unique forgé par Sauron. L’histoire se met lentement en place : les hobbits Bingo, Frodo et Odo partent pour Fendeval, dans un récit au ton encore bon enfant, proche de celui du Hobbit, qui subsistera en grande partie dans la version définitive des premiers chapitres du Livre I. Sur leur route, les hobbits croisent un cavalier entièrement drapé dans un manteau. Après un bref moment d’angoisse, le cavalier éclate de rire : il s’agit du magicien Gandalf Mais Tolkien abandonne aussitôt cette idée au profit d’une autre, bien plus sinistre : Bingo et ses compagnons sont désormais poursuivis par des Cavaliers Noirs. Dans une lettre à Stanley Unwin, Tolkien indique alors que l’histoire a pris « un tour inattendu».

À la mi-septembre 1938, le récit atteint le milieu de la conversation entre Bingo, peu après rebaptisé Frodo, et le nain Glóin à Fendeval. Tolkien s’arrête alors un moment et retravaille les premiers chapitres, car l’histoire évolue alors même qu’il l’écrit, nécessitant de fréquentes corrections pour accorder les passages les plus anciens avec les plus récents. Le livre couvre alors 300 pages manuscrites et Tolkien, optimiste, estime qu’il en faudra encore 200 pour le terminer. Le récit est pourtant encore loin de sa version finale : par exemple, l’étranger que les hobbits rencontrent à Brie n’est pas encore Aragorn, Coureur descendant des rois de jadis, mais Trotter, un simple hobbit aventureux qui porte des chaussures de bois.

1939 est une année difficile pour Tolkien : un accident survenu au cours de l’été se solde par une commotion cérébrale, et le début de la Seconde Guerre mondiale entraîne un accroissement de ses responsabilités à Oxford. Il continue pourtant à travailler sur Le Seigneur des anneaux, qui atteint le chapitre « Les Mines de la Moria » (finalement « Un voyage dans le noir », chapitre 4 du Livre II) en décembre. Il n’y revient pas avant août 1940, mais se consacre à des corrections dans le texte déjà existant, et ne recommence à écrire qu’à la fin de l’année 1941. Il termine alors le Livre II et commence le III, dont les quatre premiers chapitres sont écrits fin janvier. À l’automne, le Livre III est terminé.

Le livre ne progresse plus avant le printemps 1944, lorsque Tolkien entame « dans la douleur » le Livre IV. Tolkien écrit les chapitres et les fait lire au fur et à mesure à son ami C. S. Lewis et à son fils Christopher, qui se trouve alors en Afrique du Sud pour s’entraîner avec la Royal Air Force. Tous deux sont très enthousiastes, ce qui motive Tolkien : il achève le Livre IV à la fin du mois de mai, avant de s’arrêter de nouveau. Le 12 août, il écrit à Christopher : « Toute inspiration pour [Le Seigneur des anneaux] s’est complètement tarie, et j’en suis au même point qu’au printemps, avec toute l’inertie à surmonter de nouveau. Quel soulagement ce serait d’en finir »

Tolkien commence le Livre V, persuadé qu’il s’agira du dernier, en octobre. Mais il n’avance guère, et ce n’est qu’en septembre 1946 qu’il progresse véritablement, après un long moment sans avoir travaillé sur le récit. Ce cinquième livre est achevé un peu plus d’un an plus tard, en octobre 1947, Tolkien ayant dans le même temps apporté le lot habituel de corrections aux premiers livres. Finalement, la rédaction du Seigneur des anneaux est achevée, du moins au brouillon, entre la mi-août et la mi-septembre 1948. Le livre inclut alors un épilogue centré sur Sam et ses enfants, mais Tolkien se laisse convaincre de l’omettre.

Les brouillons du Seigneur des anneaux ont été publiés et étudiés par Christopher Tolkien dans les tomes 6 à 9 de son Histoire de la Terre du Milieu, non traduits en français : The Return of the ShadowThe Treason of IsengardThe War of the Ring et Sauron Defeated (1988-1992).

En mai 1957, Tolkien vend les brouillons du Seigneur des anneaux (entre autres) pour 1 500 £ à l’université Marquette de Milwaukee, à la requête du bibliothécaire de cette dernière, William B. Ready. Avant de les envoyer, Tolkien entreprend de les annoter et de les classifier, mais la tâche se révèle trop longue, et en fin de compte, les papiers sont envoyés dans le désordre à Marquette en 1958. Tolkien s’aperçoit ultérieurement que certains papiers liés au Seigneur des anneaux (principalement parmi les brouillons les plus anciens) sont toujours en sa possession. Finalement, c’est son fils Christopher qui, après avoir étudié et publié ces brouillons dans le cadre de son Histoire de la Terre du Milieu, envoie ces documents à Marquette. L’université américaine possède plus de 9 200 pages concernant Le Seigneur des anneaux.

 

Influences de Tolkien

Le Seigneur des anneaux est né des passions de Tolkien : la philologie, les contes de fées ainsi que les sagas norroises, notamment Beowulf et les Eddas, et le Kalevala, l’épopée nationale finlandaise. L’idée de l’Anneau unique qui gouverne le monde et trompe son porteur est présente dans le cycle des Nibelungen, saga germanique médiévale reprise par Richard Wagner dans sa tétralogie de L’Anneau du Nibelung. Tolkien nie cependant cette influence : « Ces deux anneaux sont ronds, et c’est là leur seule ressemblance », répond-il à l’introduction de la traduction suédoise du Seigneur des anneaux qui affirme que « l’Anneau est, d’une certaine manière, « der Nibelungen Ring » ». Comme le soulignent Wayne G. Hammond et Christina Scull, l’anneau d’invisibilité est un objet courant dans la littérature, que l’on retrouve dans les contes de fées d’Andrew Lang, chez Chrétien de Troyes (Yvain ou le Chevalier au lion) et jusque dans La République de Platon avec l’anneau de Gygès.

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Première page du manuscrit de Beowulf

De la même façon, Tolkien réfute vigoureusement toute interprétation allégorique de son œuvre, en particulier celle visant à dresser un parallèle entre la guerre de l’Anneau et la Seconde Guerre mondiale :

« La vraie guerre ne ressemble en rien à la guerre légendaire, dans sa manière ou dans son déroulement. Si elle avait inspiré ou dicté le développement de la légende, l’Anneau aurait certainement été saisi et utilisé contre Sauron ; celui-ci n’aurait pas été anéanti, mais asservi, et Barad-dûr n’aurait pas été détruite, mais occupée. Saruman, n’ayant pas réussi à s’emparer de l’Anneau, aurait profité de la confusion et de la fourberie ambiantes pour trouver, au Mordor, le chaînon manquant de ses propres recherches dans la confection d’anneaux ; et bientôt il aurait fabriqué son propre Grand Anneau, de manière à défier le Maître autoproclamé de la Terre du Milieu. Dans un tel conflit, les deux camps n’auraient eu que de la haine et du mépris pour les hobbits, qui n’auraient pas survécu longtemps, même en tant qu’esclaves. »

— Avant-propos de la seconde édition du Seigneur des anneaux

Il ne nie toutefois pas avoir été influencé par la « noirceur » des années d’écriture du Seigneur des anneaux.

Dans une lettre au père Robert Murray, Tolkien décrit Le Seigneur des anneaux comme « une œuvre fondamentalement religieuse et catholique ; de manière inconsciente dans un premier temps, puis de manière consciente lorsque je l’ai retravaillée ». Plusieurs thèmes mythologiques et catholiques sous-tendent la narration : l’ennoblissement des humbles, la pitié, le libre arbitre, ainsi que l’attirance pour le pouvoir et la « tentation du Bien », celle qui vise à atteindre le Bien en usant de tous les moyens, même les plus mauvais, à laquelle Gandalf et Galadriel manquent de succomber. Mais pour Tolkien, l’élément au centre de son livre n’est autre que la Mort et le désir d’immortalité. Cet aspect est étudié par Vincent Ferré dans son livre Tolkien : sur les rivages de la Terre du Milieu (Christian Bourgois, 2001).

 

Publication

Le Seigneur des anneaux est globalement achevé en octobre 1949. En théorie, il devrait être publié par Allen & Unwin, à qui Tolkien avait promis une suite du Hobbit. Cependant, l’idée le prend de vouloir publier Le Seigneur des anneaux avec Le Silmarillion, qui avait été refusé par Allen & Unwin en 1937, lorsque Tolkien le leur avait soumis — refus qui, par ailleurs, a fait naître un certain ressentiment chez lui.

Durant l’automne 1949, Tolkien fait la connaissance de Milton Waldman, de la maison d’édition londonienne Collins, par l’entremise de Gervase Mathew, un membre des Inklings. Waldman propose à Tolkien d’éditer les deux livres ensemble, offre que Tolkien s’empresse d’accepter. En février 1950, il écrit à Stanley Unwin qu’il exige que Le Silmarillion soit édité avec Le Seigneur des anneaux. Après quelques mésaventures, notamment une note de Rayner Unwin que Tolkien n’aurait pas dû lire, dans laquelle le fils de Stanley propose à son père d’éditer Le Seigneur des anneaux, puis de « laisser tomber » Le Silmarillion, Tolkien pose un ultimatum à Unwin : soit il prend les deux ouvrages, soit il n’en a aucun. Unwin refuse, n’ayant même pas vu le manuscrit du Seigneur des anneaux.

Tolkien s’en remet alors à Waldman ; celui-ci l’assure que Collins éditera ses deux livres durant l’automne 1950. Mais Waldman, malade, est forcé de faire de fréquents séjours en Italie, et ses remplaçants sont beaucoup moins enthousiastes au sujet des deux volumineux livres de Tolkien. Au début de l’année 1952, rien n’est encore fait, si bien que Tolkien somme Collins de publier Le Seigneur des anneaux au plus tôt, sans quoi il se rapproprie le manuscrit. La longueur du texte affole les éditeurs, qui refusent net.

Rayner Unwin, au courant de ses démêlés avec Collins, reprend alors contact avec Tolkien, qui fait son mea culpa et demande s’il est encore possible de faire quelque chose « pour déverrouiller les portes que j’ai moi-même claquées ? », ce à quoi Unwin répond : « Nous voulons absolument vous publier — ce ne sont que les circonstances qui nous ont retenus. » S’ensuit un long travail de relecture et de correction, au cours duquel il est finalement décidé de publier le livre en trois volumes. Après beaucoup d’hésitations, les titres La Fraternité de l’Anneau (The Fellowship of the Ring), Les Deux Tours (The Two Towers) et Le Retour du Roi (The Return of the King) sont choisis, ce dernier contre l’avis de Tolkien qui préfère La Guerre de l’anneau (The War of the Ring), moins révélateur de l’issue du récit.

Ce découpage en trois tomes fait que l’on décrit souvent le Seigneur des anneaux comme une trilogie, mais ce terme est techniquement incorrect, car il a été écrit et conçu d’un seul tenant. Néanmoins, Tolkien lui-même reprend dans ses lettres, de temps à autre, le terme de « trilogie » lorsqu’il est employé par ses correspondants

La Fraternité de l’Anneau est publié au Royaume-Uni par Allen & Unwin le 29 juillet 1954, suivi par Les Deux Tours le 11 novembre 1954 et par Le Retour du Roi le 20 octobre 1955, ce tome ayant été retardé à cause des difficultés de Tolkien pour écrire les appendices. Aux États-Unis, Houghton Mifflin publie le volume 1 le 21 octobre 1954, le volume 2 le 21 avril 1955 et le volume 3 le 5 janvier 1956. Défiant les prévisions pessimistes de Rayner Unwin, le premier tirage des deux premiers volumes, assez faible (4 500 exemplaires pour La Fraternité de l’Anneau et 4 250 pour Les Deux Tours, couvrant les marchés britannique et américain) est rapidement épuisé, réclamant une réimpression rapide. Ce succès explique que le tirage initial du Retour du Roi, paru un an plus tard, ait été de 12 000 exemplaires

Au début des années 1960, Donald Wollheim, un auteur de science-fiction pour la maison d’édition Ace Books, estime que Le Seigneur des anneaux ne bénéficie pas de la protection du copyright américain  à l’intérieur des États-Unis, en raison de l’édition en couverture rigide (hardcover) du livre chez Houghton Mifflin, compilée à partir de pages imprimées au Royaume-Uni pour l’édition britannique. Ace Books publie une édition pirate, sans avoir obtenu d’autorisation de la part de Tolkien et sans lui offrir aucune compensation. Tolkien le fait savoir clairement aux fans américains qui lui écrivent et passe l’été 1965 à réviser le texte du livre, corrigeant les fautes, adaptant quelques éléments de la mythologie toujours mouvante du Silmarillion et rédigeant un nouvel avant-propos, disant à propos de celui de la première édition : « confondre (comme il le fait) de véritables éléments personnels avec la « machinerie » du Conte est une grave erreur ». Cette seconde édition du Seigneur des anneaux est publiée au format poche chez Ballantine Books  en octobre 1965. Ace Books finit par abandonner l’édition non autorisée et par signer un accord à l’amiable avec Tolkien, lui payant 4 % des bénéfices et s’engageant à ne pas réimprimer le livre. Par la suite, Wollheim continue cependant à affirmer qu’Ace Books était dans son droit en publiant cette édition pirate. Ce n’est qu’en 1992 que cette controverse est tranchée par une décision de justice, qui statue que la première édition américaine du Seigneur des anneaux chez Houghton Mifflin était bien soumise au copyright américain.

À l’occasion du cinquantième anniversaire de la publication du Seigneur des anneaux, une nouvelle édition du livre est parue, sous la direction de Wayne G. Hammond et Christina Scull. Un grand nombre de coquilles y sont corrigées, ainsi que certaines erreurs du texte lui-même. La liste des corrections se trouve dans l’ouvrage séparé The Lord of the Rings: A Reader’s Companion.

Avec la sortie de l’adaptation filmée, les ventes de livres grimpent. Selon David Brawn, l’éditeur de Tolkien chez HarperCollins, qui détient les droits pour le monde anglo-saxon, à l’exception des États-Unis : « En trois ans, de 2001 à 2003, il s’est vendu 25 millions d’exemplaires du Seigneur des anneaux – 15 millions en anglais et 10 millions dans les autres langues. Et au Royaume-Uni les ventes ont augmenté de 1000 % après la sortie du premier film de la trilogie ».

 

Traductions

Le livre a été traduit dans une trentaine de langues. La traduction initiale en français est due à Francis Ledoux et est publiée par l’éditeur Christian Bourgois en 1972-1973. Le premier tome reçoit le Prix du Meilleur livre étranger en 1973. Cette traduction est sujette à débat : si elle est d’une certaine qualité littéraire (Ledoux a également traduit Charles Dickens, Daniel Defoe, Edgar Allan Poe, entre autres), elle est truffée de coquilles et d’erreurs de traduction, certaines imputables au fait que Ledoux ne disposait pas du Silmarillion, notamment pour les pluriels des noms en quenya : the Valar est ainsi traduit par « le Valar » au lieu de « les Valar ». Le premier tome d’une nouvelle traduction, assurée par Daniel Lauzon, est paru chez Christian Bourgois en 2014 sous le titre La Fraternité de l’Anneau, suivi des Deux Tours en 2015 et du Retour du Roi en 2016.

Philologue, connaissant une douzaine de langues anciennes et modernes (parmi lesquelles le norrois, le gotique, le vieil anglais, le latin, le grec, l’espagnol, le français, le finnois, le gallois, le russe ou l’italien), Tolkien s’intéresse de près aux premières traductions de son livre (néerlandaise en 1956-1957, suédoise en 1959-1961) et émet plusieurs commentaires afin d’éclairer ses intentions dans la création de tel ou tel nom, en particulier les toponymes du Comté, dans lesquels Tolkien a glissé nombre de jeux de mots philologiques à plusieurs niveaux. Conscient des difficultés posées par les noms propres de son œuvre, Tolkien aborde la question dans un long essai, « Guide to the Names in The Lord of the Rings », publié à titre posthume dans le recueil A Tolkien Compass (1975). Les dernières éditions de ce recueil ne contiennent plus l’essai de Tolkien, mais une version augmentée est reprise dans The Lord of the Rings: A Reader’s Companion. Les problèmes posés par la traduction des livres de Tolkien ont par la suite été abordés par d’autres auteurs.

 

Accueil critique

Si la valeur littéraire du Seigneur des anneaux est reconnue presque universellement, le livre est longtemps l’objet d’un certain mépris universitaire qui s’inscrit dans un mouvement qu’Ursula K. Le Guin caractérise comme une « méfiance puritaine profonde à l’égard du fantastique ». Les accusations les plus récurrentes touchent au discours politique attribué au texte, tour à tour qualifié de paternaliste, réactionnaire, anti-intellectuel ou fasciste.

 

Dans le monde anglophone

À la parution de La Fraternité de l’Anneau, les critiques sont dans l’ensemble mitigées. La plus élogieuse est celle de C. S. Lewis, ami de Tolkien, qui déclare, dans sa critique pour Time and Tide :

« Ce livre est comme un éclair dans un ciel ensoleillé : aussi différent, aussi inattendu à notre époque que Les Chants d’Innocence l’étaient à la leur. Il est inadéquat de dire qu’à l’intérieur la romance héroïque, superbe, éloquente, et vierge de toute honte, a soudain réapparu dans une période à l’antiromantisme presque pathologique. Pour nous, qui vivons en ces étranges temps, le retour, et le soulagement pur qui en découle, est sans nul doute chose importante. Mais dans l’histoire du Roman elle-même, une histoire qui remonte jusqu’à l’Odyssée et au-delà, il ne s’agit pas d’un recul, mais d’une avancée et d’une révolution : la conquête de nouveaux territoires. »

— C. S. Lewis, « The Gods Return to Earth », dans Time and Tide, 14 août 1954

Néanmoins, Lewis, auteur controversé, prévient Tolkien que son soutien « peut [lui] faire plus de mal que de bien », et c’est effectivement ce qui se passe : plusieurs critiques préfèrent moquer l’enthousiasme de Lewis et sa comparaison du Seigneur des anneaux avec L’Arioste que s’attacher vraiment au livre de Tolkien. Beaucoup d’entre eux trouvent à redire au style : dans le Daily Telegraph, Peter Green trouve qu’il varie « du préraphaélite au Boy’s Own Paper [un journal pour enfants] », et ajoute que le livre « devrait être immensément populaire chez les enfants de 10 ans qui ne préfèrent pas la science-fiction ». Même ainsi, il reconnaît que « cet ouvrage informe exerce une fascination indéniable », et la plupart des critiques s’accordent avec lui : quels que soient les défauts qu’ils lui trouvent, Le Seigneur des anneaux possède quelque chose d’indéfinissable et de marquant, qui fait que « même une simple lecture ne sera pas oubliée de sitôt ».

Les critiques des deux autres volumes suivent peu ou prou le même modèle, mais la parution du Retour du Roi permet aux journalistes d’appréhender enfin Le Seigneur des anneaux dans son entièreté. C. S. Lewis publie une seconde critique dans Time and Tide, où il déclare que, s’il est encore trop tôt pour juger le livre, « il nous a fait quelque chose. Nous ne sommes plus tout à fait les mêmes » À l’opposé se trouve la critique fameuse d’Edmund Wilson pour The Nation, selon laquelle peu de choses, dans le livre, « dépasse[nt] l’entendement d’un enfant de sept ans », et que les compliments qui lui sont faits ne sont dus qu’au fait que « certaines personnes – peut-être en particulier en Grande-Bretagne – ont toute leur vie un goût pour des déchets juvéniles » ». Dans sa propre critique, W. H. Auden, qui a déjà déclaré au sujet de La Fraternité de l’Anneau qu’« aucune œuvre de fiction ne [lui] a donné autant de plaisir ces cinq dernières années », résume les réactions passionnées au Seigneur des anneaux : « Je ne me rappelle guère d’autre livre au sujet duquel nous ayons eu d’aussi violentes disputes. Personne ne semble avoir une opinion modérée ; soit, comme moi-même, les gens trouvent qu’il s’agit d’une œuvre maîtresse de son genre ou ils ne peuvent le supporter. » Amusé par ces querelles, Tolkien compose ce petit quatrain :

Le Seigneur des anneaux
Est une de ces choses :
Si vous l’aimez c’est bien
Sinon vous criez bah !

À la fin du xxe siècle, plusieurs sondages effectués au Royaume-Uni montrent l’engouement populaire suscité par Le Seigneur des anneaux : un sondage organisé par la chaîne de magasins Waterstone’s et la chaîne Channel 4 en 1996 l’élit « plus grand livre du siècle », loin devant 1984 de George Orwell. Ce résultat est confirmé peu après par des sondages réalisés par le Daily Telegraph et la Folio Society. En 2003, Le Seigneur des anneaux arrive encore en tête d’un sondage de la BBC concernant le livre favori des sondés.

 

En France

En France, le premier à évoquer Tolkien et son roman dans une publication est Jacques Bergier, tout d’abord par une mention dans Le Matin des magiciens (1960), puis plus longuement dans Admirations, en 1970. Celui-ci recommande ensuite Le Seigneur des anneaux à Christian Bourgois, qui le fait traduire et le publie en 1972-1973. La réception de la presse est alors bonne, tant locale (Le Républicain lorrain) que nationale : Le PointLe Figaro où Jean-Louis Curtis fait l’éloge d’un livre qu’il avait proposé à la publication chez Julliard.

Par la suite, outre la citation du Seigneur des anneaux comme source de La Gloire de l’Empire, de Jean d’Ormesson (1971) et l’admiration manifestée par Julien Gracq pour un livre « où la vertu romanesque ressurgissait intacte et neuve dans un domaine complètement inattendu », ou encore celle manifestée par le père Louis Bouyer, ami personnel de Tolkien, dans ses Lieux magiques de la légende du Graal, il faut attendre vingt ans pour qu’un premier ouvrage critique, écrit par Pierre Jourde, soit publié sur Tolkien, avant ceux d’Édouard Kloczko, de Nicolas Bonnal et de Vincent Ferré. À la suite de la sortie des films de Peter Jackson, de nombreux ouvrages ont par la suite été traduits ou publiés.

Avant cette occasion, les critiques restent rares : divers articles dans la presse lors de la sortie des différentes traductions suivantes, articles commentés par Vincent Ferré comme pleins d’erreurs, un article de l’essayiste « traditionaliste » Julius Evola dans la revue Totalité qui célèbre la dimension spirituelle du livre en 1981, ou Les Cahiers de l’imaginaire l’année suivante. Les critiques littéraires rouvrent en 2001 Le Seigneur des anneaux, comme Patrick Besson, qui publie dans Le Figaro un article titré « Le Seigneur des Fachos », auquel répondent des spécialistes de Tolkien, parlant de « critiques largement réfutées ». Du reste, Le Figaro littéraire fait sa une à la même époque sur « Tolkien : le dernier des magiciens » où Jean-Marie Rouart, de l’Académie française affirme que :

« Avec le retour de Tolkien, dont le succès brave tous les ukases de la littérature expérimentale ou minimaliste, le romanesque reprend sa revanche : une orgie de féerie, un bain dans l’imaginaire le plus débridé, un abandon dans l’irrationnel. »

— Jean-Marie Rouart

 

Postérité

Forrest J Ackerman est le premier à entrer en contact avec J. R. R. Tolkien, en 1957, pour lui proposer une adaptation cinématographique du Seigneur des anneaux, alors que les ventes du livre restent confidentielles : il obtient les droits pour un an et penche pour un film en prise de vues réelle alors que l’auteur privilégie un film d’animation ; mais aucun producteur ne se montre intéressé.

Durant les années 1960 et 1970, Le Seigneur des anneaux devient la base d’un véritable phénomène : le livre est considéré comme un symbole de la contreculture. On peut citer les slogans « Frodo Lives! » (« Frodo est vivant ») ou « Gandalf for President » (« Gandalf président »), très populaires chez les fans de Tolkien durant ces deux décennies, ou les nombreuses parodies dérivées de l’œuvre, dont la plus connue est sans doute Lord of the Ringards (Bored of the Rings), écrite par des rédacteurs du Harvard Lampoon et publiée en 1969.

En plein succès, les Beatles cherchent à monter une adaptation cinématographique sur l’impulsion de John Lennon ; ils s’accordent à ce que ce dernier joue le rôle de Gollum, Paul McCartney celui de Frodo, George Harrison celui de Gandalf et Ringo Starr celui de Sam ; Heinz Edelmann, qui travaille alors pour le quatuor sur leur film d’animation Yellow Submarine, imagine « un genre d’opéra, une sorte d’impression opératique […] une distillation de l’ambiance et de l’histoire qui n’aurait pas suivi chaque recoin de l’intrigue » ; mais Stanley Kubrick décline la proposition de réaliser ce projet et J. R. R. Tolkien n’est pas séduit par l’idée.

Le studio United Artists achète les droits d’adaptation en 1969 pour 250 000 dollars : John Boorman est chargé de mener le projet et collabore avec Rospo Pallenberg ; les Beatles sont toujours envisagés par le studio dans le rôle des Hobbits ; mais le scénario élaboré est finalement rejeté par United Artists, ainsi que par d’autres studios dont Disney. Boorman et Pallenberg s’inspirent cependant de leur travail pour produire Excalibur (1981).

Le succès populaire du Seigneur des anneaux a pour effet d’étendre la demande pour la science-fiction et la fantasy. L’évolution de ce genre dans les années 1960 et 1970 est largement due au Seigneur des anneaux. Un grand nombre de livres dans la même veine sont alors publiés, comme Le Cycle de Terremer de Ursula K. Le Guin ou les livres de Shannara de Terry Brooks.

L’industrie du jeu de rôle a aussi été fortement marquée par Le Seigneur des anneaux : Donjons et Dragons, l’ancêtre du genre, inclut de nombreuses races issues du roman : hobbits, elfes, nains, demi-elfes, orques et dragons. Gary Gygax, principal créateur du jeu, maintient cependant n’avoir été que peu influencé par Tolkien, n’ayant inclus ces éléments que pour rendre son jeu plus populaire. L’univers de Tolkien a connu deux adaptations directes en jeu de rôle, la première en 1984 (JRTM, édité par Iron Crown Enterprises), la seconde à la suite de l’adaptation de Peter Jackson, en 2002 (Jeu de rôle du Seigneur des Anneaux, édité par Decipher).

Le livre a également influencé de nombreux musiciens. Le groupe de rock anglais Led Zeppelin a composé plusieurs morceaux qui font explicitement référence au Seigneur des anneaux : Ramble On (sur Led Zeppelin II), The Battle of Evermore et Misty Mountain Hop (sur Led Zeppelin IV), et Over the Hills and Far Away (sur Houses of the Holy). Le Seigneur des anneaux est souvent considéré comme ayant eu une influence directe sur Stairway to Heaven, la plus célèbre composition du groupe, mais Robert Plant a déclaré qu’il n’en était rien. Le musicien suédois Bo Hansson   consacre l’intégralité de Music Inspired by Lord of the Rings, son premier album, au livre de Tolkien. Mirage, le second album du groupe Camel, contient trois morceaux inspirés par le livre (NimrodelThe Procession et The White Rider). Le pseudonyme de Steve Peregrin Took, percussionniste du groupe T. Rex, vient du nom du hobbit Peregrin Touc. Le groupe de rock progressif canadien Rush a été également influencé par l’œuvre de Tolkien, avec la chanson Rivendell, par exemple.

L’œuvre de Tolkien a beaucoup inspiré les groupes de metal. La quasi-totalité de la discographie du groupe Summoning se fonde sur celle-ci. Le groupe de power metal allemand Blind Guardian a composé un grand nombre de morceaux contenant des références à l’œuvre de Tolkien. Plusieurs groupes, comme Burzum, Gorgoroth ou Amon Amarth tirent leurs noms de termes forgés par J. R. R. Tolkien, en général associés au Mordor : le terme burzum (qui apparaît dans les vers gravés sur l’Anneau unique) signifierait « ténèbres » en noir parler, Gorgoroth est le nom d’une région du Mordor, et Amon Amarth est le nom sindarin du Mont Destin.

 

L’univers

L’histoire du Seigneur des anneaux se déroule sur la Terre du Milieu, principal continent d’Arda, univers créé de toutes pièces par l’auteur. J. R. R. Tolkien appelle ce travail littéraire « sous-création » (aussi traduit par « subcréation »). En réalité, Le Seigneur des anneaux n’a pas lieu sur une autre planète ou dans une autre dimension : il s’agit simplement d’un « passé imaginaire » de la Terre :

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L’univers de la Terre du Milieu

« J’ai construit, je le crois, une époque imaginaire, mais quant au lieu j’ai gardé les pieds sur ma propre Terre maternelle. Je préfère cela à la mode moderne qui consiste à rechercher des planètes lointaines dans « l’espace ». Quoique curieuses, elles nous sont étrangères, et l’on ne peut les aimer avec l’amour de ceux dont nous partageons le sang. »

— Lettre no 211 à Rhona Beare (14 octobre 1958)

Ce « passé imaginaire » est décrit avec une précision chirurgicale par son créateur, qui va jusqu’à réécrire des passages entiers du Seigneur des anneaux afin que les phases de la lune soient cohérentes. La géographie du récit a été soigneusement élaborée par l’auteur : « J’ai commencé, avec sagesse, par une carte, à laquelle j’ai subordonné l’histoire (globalement en apportant une attention minutieuse aux distances). Faire l’inverse est source de confusion et de contradictions. ». Les trois cartes que comprend Le Seigneur des anneaux (la carte générale, celle du Comté et celle représentant le Gondor, le Rohan et le Mordor à grande échelle) ont été dessinées par Christopher Tolkien d’après des croquis de son père.

Tolkien a doté la Terre du Milieu d’une histoire propre, de la création du monde à la naissance des hommes en passant par celle des Elfes et des Nains. Cette histoire, qui n’apparaît qu’en retrait dans le texte du livre, à travers les nombreuses allusions qui y sont faites et les poèmes qui émaillent le récit, est détaillée dans les Appendices, ainsi que dans Le Silmarillion. Elle sous-tend néanmoins Le Seigneur des anneaux tout entier, lui conférant une grande profondeur. Comme son auteur le reconnaît lui-même :

« Une partie de l’attrait du Seigneur des anneaux est due, je pense, aux aperçus d’une vaste Histoire qui se trouve à l’arrière-plan : un attrait comme celui que possède une île inviolée que l’on voit de très loin, ou des tours d’une ville lointaine miroitant dans un brouillard éclairé par le soleil. S’y rendre, c’est détruire la magie, à moins que n’apparaissent encore de nouvelles visions inaccessibles. »

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Menaçantes montagnes de Mordor

— Lettre no 247 au colonel Worskett (20 septembre 1963)

Pour maintenir cette fiction historique, Tolkien prétend ne pas être l’auteur du Seigneur des anneaux, mais simplement son traducteur et éditeur, sa source étant le fictif Livre Rouge de la Marche de l’Ouest, c’est-à-dire les mémoires de Bilbo, qui forment Le Hobbit, et de Frodo, qui constituent Le Seigneur des anneaux. Par un procédé de mise en abyme, la page de titre de ce Livre Rouge est visible dans le dernier chapitre du Seigneur des anneaux, « Les Havres Gris » : il s’intitule La Chute du Seigneur des anneaux et le Retour du Roi.

La richesse du développement de la Terre du Milieu se voit aussi dans des domaines plus inattendus. Elle est peuplée de nombreuses créatures plus ou moins fantastiques, des mouches du Mordor aux trolls des cavernes. L’auteur s’est également soucié de la flore d’Arda dont l’elanor ou le mallorn sont les exemples les plus évidents. Pour ce qui est de l’astronomie, si les constellations et les planètes visibles dans le ciel nocturne sont les mêmes que les nôtres, elles reçoivent de nouveaux noms : par exemple, la Grande Ourse devient Valacirca, la « Faucille des Valar », et la planète Mars   devient Carnil, « la Rouge ». Cette polyvalence ne va pas sans poser quelques problèmes à Tolkien, bien en peine de répondre à toutes les demandes de ses lecteurs :

« … beaucoup réclament comme vous des cartes, d’autres veulent des indications sur la géologie plutôt que sur les lieux ; beaucoup veulent des grammaires et phonologies elfiques et des exemples ; certains veulent de la métrique et de la prosodie […] Les musiciens veulent des mélodies et une notation musicale ; les archéologues veulent des précisions sur la céramique et la métallurgie. Les botanistes veulent une description plus précise des mallorn, elanor, niphredil, alfirin, mallos et symbelmynë ; et les historiens veulent davantage de détails sur la structure sociale et politique du Gondor ; ceux qui ont des questions plus générales veulent des informations sur les Chariotiers, le Harad, les origines des Nains, les Morts, les Béorniens et les deux mages (sur cinq) disparus. »

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Conception des langues et d’alphabets de fiction qui jouent un rôle central dans la Terre du Milieu

Le travail de Tolkien débute par la création de langues puis la mise en place d’un décor et de personnages parlant ces langues, élaborées pendant plus de soixante ans. Au début, les récits sont en quelque sorte là pour donner de la crédibilité aux langues et rendre leur existence plus vraisemblable : à un fâcheux, Tolkien répond que Le Seigneur des anneaux est « une tentative pour créer une situation dans laquelle on pourrait avoir comme phrase de salutation habituelle elen síla lúmenn’ omentielmo, et que cette phrase précédait de beaucoup le livre ». Il s’agit clairement d’une exagération : l’expression elen síla lúmenn’ omentielmo, qui signifie « une étoile brille sur l’heure de notre rencontre », n’est apparue qu’au cours de la rédaction du livre. Cette anecdote permet toutefois de saisir l’importance des langues dans l’œuvre de Tolkien, qu’il qualifie lui-même « d’inspiration fondamentalement linguistique».

 

 

Adaptations

 

Films

Après un premier projet de dessin animé avorté, dont le scénario a été abondamment commenté par Tolkien, suivi de tentatives plus ou moins abouties par les Beatles ou John Boorman, la première adaptation du Seigneur des anneaux sur grand écran sort en 1978. Ce film d’animation, réalisé par Ralph Bakshi, ne couvre qu’une partie du récit : il s’arrête à la bataille de la Ferté-au-Cor. Le réalisateur néo-zélandais Peter Jackson a réalisé une seconde adaptation, intégrale, dont les trois volets sont sortis en salles entre 2001 et 2003.

En 2014 la chaine Arte diffuse À la recherche du Hobbit, une série documentaire en cinq épisodes de 26 minutes, produite par Yannis Metzinger et Alexis Metzinger, et réalisée par Olivier Simonnet. La série amène le spectateur aux sources des légendes et des inspirations qui ont mené J. R. R. Tolkien à écrire les romans du Hobbit et du Seigneur des anneaux.

 

Série télévisée

En novembre 2017, Amazon acquiert les droits TV mondiaux du Seigneur des anneaux et annonce la production d’une série médiéval-fantastique adaptée

 

Radio

Deux versions radiophoniques du Seigneur des anneaux ont été produites par la BBC, en 1955 et en 1981. La première s’est faite sous le regard de Tolkien, qui a échangé une correspondance volumineuse avec le producteur Terence Tiller, tandis que la seconde, réalisée par Brian Sibley et Michael Bakewell, est généralement considérée comme la plus fidèle74. Une troisième adaptation a été réalisée aux États-Unis en 1979.

 

Jeux

De nombreux jeux sont adaptés de l’univers du Seigneur des anneaux. En premier lieu, plusieurs jeux de rôle en ont été directement dérivés, notamment par Iron Crown Enterprises (JRTM) et Decipher (Jeu de rôle du Seigneur des Anneaux). Par la suite, de nombreux jeux vidéo se sont inspirés de l’œuvre, ainsi que des jeux de société et de figurines. Les années 2000 ont connu une accentuation du phénomène à la suite du succès des adaptations cinématographiques de Peter Jackson.

 

Musique

Dès 1965, Donald Swann met en musique six poèmes du Seigneur des anneaux et un des Aventures de Tom Bombadil, avec l’approbation de Tolkien, qui suggère un arrangement en plain-chant pour le Namárië. Les chansons sont publiées en 1967 dans le recueil The Road Goes Ever On: A Song Cycle, auquel Tolkien contribue en produisant des calligraphies des poèmes Namárië et A Elbereth Gilthoniel. La même année paraît chez Caedmon Records un enregistrement des chansons par William Elvin au chant et Donald Swann au piano.

Entre 1984 et 1988, le compositeur néerlandais Johan de Meij écrit sa Symphonie no 1 « Le Seigneur des anneaux » pour orchestre d’harmonie en cinq mouvements. Elle est créée le 15 mars 1988 à Bruxelles sous la direction de Nobert Nozy. En 2001, De Meij l’adapte pour orchestre symphonique, et cette nouvelle version est créée la même année par l’Orchestre philharmonique de Rotterdam.

L’ensemble danois du Tolkien Ensemble a publié quatre albums entre 1997 et 2005 qui reprennent l’intégralité des poèmes du Seigneur des anneaux, parfois avec la participation de l’acteur Christopher Lee.

 

Bibliographie

 

  1. R. R. Tolkien(trad. de l’anglais par Daniel Lauzon, ill. Alan Lee), Le Seigneur des Anneaux[« The Lord of the Rings »], vol. 1 : La Fraternité de l’Anneau, Christian Bourgois, 2014, 2268-3 éd. (1re éd. 1954), 515 p., broché
  2. R. R. Tolkien (trad. de l’anglais par Daniel Lauzon, ill. Alan Lee), Le Seigneur des Anneaux[« The Lord of the Rings »], vol. 2 : Les Deux Tours, Christian Bourgois, 2015, 2304-2 éd. (1re éd. 1954), 427 p., broché
  3. R. R. Tolkien (trad. de l’anglais par Daniel Lauzon, ill. Alan Lee), Le Seigneur des Anneaux[« The Lord of the Rings »], vol. 3 : Le Retour du Roi, Christian Bourgois, 2016, 2337e éd. (1re éd. 1955), 517 p., broché
  4. R. R.Tolkien(trad. Francis Ledoux, Tina Jolas), Le Seigneur des anneaux [« The Lord of the Rings »]

Humphrey Carpenter (trad. Pierre Alien), J. R. R. Tolkien, une biographie [« J. R. R. Tolkien: A biography »], Pocket, coll. « Littérature – Best », novembre 2004, 320 p.

Vincent Ferré, Tolkien : sur les rivages de la Terre du Milieu, Pocket, coll. « Agora », 2002, 354 p. .

Vincent Ferré (dir.), Tolkien, trente ans après (1973 – 2003), Christian Bourgois, 2004

J.R.R.. Tolkien, Christopher Tolkien et Humphrey Carpenter (trad. Delphine Martin et Vincent Ferré), Lettres [« Letters of J.R.R. Tolkien »]

 

Source Wikipédia

ECRIVAIN ANGLAIS, JOHN RONALD REUEL TOLKIEN (1892-1973), LITTERATURE, LITTERATURE BRITANNIQUE, LIVRES, ROMAN, ROMANS

John Ronald Reuel Tolkien (1892-1973)

John Ronald Reuel Tolkien

Nationalité : Royaume-Uni
Né(e) à : Bloemfontein (Afrique du Sud) , le 03/01/1892
Mort(e) à : Bournemouth , le 02/09/1973

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Biographie :

John Ronald Reuel Tolkien, plus connu sous sa signature : J. R. R. Tolkien, est un écrivain, poète, philologue et professeur d’université anglais.

Il est principalement connu en tant qu’auteur des romans de high fantasy « Bilbo le Hobbit » et « Le Seigneur des anneaux ».

Tolkien est professeur d’anglo-saxon à l’université d’Oxford (Pembroke) de 1925 à 1949, et professeur de langue et de littérature anglaise à Merton de 1945 à 1959. Durant sa carrière universitaire, il défend l’apprentissage des langues, surtout germaniques, et bouleverse l’étude du poème anglo-saxon Beowulf avec sa conférence « Beowulf : Les Monstres et les Critiques » (1936). Son essai « Du conte de fées » (1939) est également considéré comme un texte crucial dans l’étude de ce genre littéraire.

Ami proche de C. S. Lewis, qui fut plus tard l’auteur de la série du « Monde de Narnia », il est, comme lui, membre du groupe littéraire connu sous le nom d’Inklings. Tolkien est nommé commandeur de l’Ordre de l’Empire britannique par la reine Élisabeth II le 28 mars 1972.

Après sa mort, son troisième fils Christopher publie plusieurs ouvrages basés sur les nombreuses notes et manuscrits inédits de son père, dont « Le Silmarillion ».

Avec « Bilbo le Hobbit » et « Le Seigneur des anneaux », ces livres forment un ensemble inspiré des légendes germaniques et celtiques, de récits, poèmes, essais et langues, concernant le monde imaginaire d’Arda, dont la Terre du Milieu est le continent principal. Dans les années 1950, Tolkien donne le nom de legendarium à ces écrits.

Ses ouvrages ont eu une influence majeure sur les écrivains de fantasy ultérieurs. En 2008, le Times l’a classé sixième d’une liste des « 50 plus grands écrivains britanniques depuis 1945 ». Ses romans « Le Hobbit » et « Le Seigneur des anneaux » ont connus des adaptations réalisées par Peter Jackson. Elles ont rencontré un grand succès, tant populaire que critique avec 17 Oscars (sur 36 nominations).

Bibliographie de J.R.R. Tolkien

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Par bibliographie, on entend tout ouvrage, texte ou recueil d’écrits ou d’illustrations de J.R.R. Tolkien, publiés avant ou après 1973, date de sa mort. Pour des raisons de simplicité, les ouvrages ayant trait à la Terre du Milieu ont été séparés du reste des contributions et présentés en deux sections : ouvrages publiés de son vivant et les ouvrages posthumes. Les autres ouvrages sont eux présentés par type (contes, réécritures, traductions, essais universitaires, etc.).

Le sigle (en) signifie que l’ouvrage ou le texte n’a pas été traduit en français.

 Ouvrages portant sur la Terre du Milieu

Ouvrages publiés de son vivant

1937 : Le Hobbit (The Hobbit, or there and back again).

1969 — traduction de Francis Ledoux : Bilbo le Hobbit.

2012 — traduction de Daniel Lauzon : Le Hobbit.

1954–1955 : Le Seigneur des Anneaux (The Lord of the Rings : The Fellowship of the Ring & The Two Towers en 1954 ; The Return of the King en 1955).

1972-1973 — traduction de Francis Ledoux : Le Seigneur des Anneaux.

La Communauté de l’Anneau.

Les Deux Tours.

Le Retour du Roi.

2014-2016 — traduction de Daniel Lauzon : Le Seigneur des Anneaux.

La Fraternité de l’Anneau.

Les Deux Tours.

Le Retour du Roi.

1962 : Les Aventures de Tom Bombadil (The Adventures of Tom Bombadil), traduit par Dashiell Hedayat (1975), revue par Céline Leroy (2003).

2014 : (en) The Adventures of Tom Bombadil Extended Edition, version étendue du volume The Adventures of Tom Bombadil publiée de façon posthume par Wayne Hammond & Christina Scull.

1965 : Il était une fois (Once Upon A Time), poème sur Tom Bombadil non intégré à The Adventures of Tom Bombadil et publié dans Winter’s Tales for Children 1, traduit par Stéphanie Loubechine.

2013 : Tom Bombadil’s Last Song: Tolkien’s “Once Upon A Time” in Tolkien Studies volume 10, réédition du poème Once Upon A Time et commentaire par Kris Swank.

1967 : (en) The Road Goes Ever On : A Song Cycle, édité en collaboration avec Donald Swann.

 

Ouvrages posthumes

Textes

1974 : L’Album de Bilbo (Bilbo’s Last Song), illustré par Pauline Baynes, traduit par Pierre de Laubier (1991).

1975 : (en) Guide to the Names in the Lord of the Rings — édité par Christopher Tolkien dans A Tolkien Compass de Jared Lobdell

2006 : Réédition sous le titre Nomenclature of the Lord of the Rings — éditée par Christina Scull & Wayne Hammond dans The Lord of the Rings, A Reader’s Companion

1977 : Le Silmarillion (The Silmarillion) — édité par Christopher Tolkien, traduit par Pierre Alien (1978).

1980 : Contes et légendes inachevés (Unfinished Tales) — édité par Christopher Tolkien, traduit par Tina Jolas (1982).

Le Premier Âge.

Le Second Âge.

Le Troisième Âge.

1983–1995 : L’Histoire de la Terre du Milieu (The History of Middle-earth) — édité par Christopher Tolkien.

1983 : Le Livre des Contes Perdus (The Book of Lost Tales), traduit par Adam Tolkien (1995).

1984 : Le Second Livre des Contes Perdus (The Book of Lost Tales 2), traduit par Adam Tolkien (1998).

1985 : Les Lais du Beleriand (The Lays of Beleriand), traduit par Daniel Lauzon & Elen Riot (2006).

1986 : La Formation de la Terre du Milieu (The Shaping of Middle-earth), traduit par Daniel Lauzon (2007).

1987 : La Route perdue (The Lost Road and Other Writings), traduit par Daniel Lauzon (2008).

2009 : Les Étymologies1), traduit par Daniel Lauzon (oct. 2008).

1988 : (en) The Return of the Shadow.

1989 : (en) The Treason of Isengard.

1990 : (en) The War of the Ring.

1992 : (en) Sauron Defeated.

1993 : (en) Morgoth’s Ring.

1994 : (en) The War of the Jewels.

1995 : (en) The Peoples of Middle-earth.

2007 : Les Enfants de Húrin (The Children of Húrin) — édité par Christopher Tolkien, traduit par Delphine Martin (fév. 2008).

2007 : (en) The History of The Hobbit, vol. 1: Mr. Baggins et vol. 2: Return to Bag-End — édité par John D. Rateliff.

2017 : Beren et Lúthien (Beren and Lúthien) — édité par Christopher Tolkien, traduit par Adam Tolkien, Elen Riot et Daniel Lauzon (oct. 2017).

2018 : La Chute de Gondolin (The Fall of Gondolin) — édité par Christopher Tolkien, traduit par Tina Jolas, Daniel Lauzon et Adam Tolkien (avr. 2019).

Illustrations

1976 : (en) Drawings of J.R.R. Tolkien – édité par Ian Lowe & Lady Diana Caroline Caithness.

1979 : Peintures et Aquarelles de J.R.R. Tolkien (Pictures by J.R.R. Tolkien) — édité par Christopher Tolkien, traduit par Adam Tolkien (1994).

1995 : J.R.R. Tolkien : Artiste & Illustrateur (J.R.R. Tolkien: Artist & Illustrator) — édité par Wayne Hammond & Christina Scull, traduit par Jacques Georgel (1996).

2011 : (en) The Art of the Hobbit — édité par Wayne Hammond & Christina Scull.

2015 : (en) The Art of the Lord of the Rings — édité par Wayne Hammond & Christina Scull.

2018 : Trésors de Tolkien (Tolkien: Treasures) — édité par Catherine McIlwaine, traduit par Vincent Ferré (oct. 2018).

2019 : Tolkien : Créateur de la Terre du Milieu — édité par Catherine McIlwaine (juin 2018).

2019 : Tolkien. Voyage en Terre du Milieu — édité par Vincent Ferré et Frédéric Manfrin.

 

Textes ou fragments publiés dans divers ouvrages

En français :

2014 : Fragments sur la réincarnation elfique in La Feuille de la Compagnie n°3 : Tolkien l’Effigie des Elfes.

En anglais :

(en) Vinyar Tengwar (13 numéros sur 50 reprenant des travaux de Tolkien sur ses langues imaginaires).

(en) Parma Eldalamberon (11 numéros sur 22 reprenant des travaux de Tolkien sur ses langues imaginaires).

2009 : (en) Fate and Free Will in Tolkien Studies: An Annual Scholarly Review, volume 6.

2005 : (en) The Lord of the Rings: A Reader’s Companion — Wayne G. Hammond & Christina Scull (contient de nombreux commentaires de Tolkien sur Le Seigneur des Anneaux, ainsi que la Nomenclature of the Lord of the Rings

 Autres publications

Les divers textes qui suivent ont connu une histoire de publication assez confuse, paraissant dans divers recueils, en anglais comme en français, dont le détail serait trop complexe à retracer dans le cadre de cette bibliographie qui se veut simple d’usage. Nous avons donc décidé de lister les textes plutôt que les compilations en retenant la date de leur première publication.

Concernant les éditions françaises, dans les listes qui suivent :

une obèle (†) indique que le texte a été publié dans le recueil Faërie (1974) ;

une double obèle (‡) indique que le texte a été publié dans le recueil Faërie et autres textes (2003), version révisée en augmentée de Faërie qui inclut également une version révisée des Aventures de Tom Bombadil ;

une astérisque (*) indique que le texte a été publié dans Les Monstres et les critiques (2006).

Lettres et contenu biographique

1977 : (en) J.R.R. Tolkien, une biographie — Humphrey Carpenter

1981 : (en) Lettres — édité par Humphrey Carpenter avec l’assistance de Christopher Tolkien, traduit par Delphine Martin & Vincent Ferré (2005).

1992 : The Tolkien Family Album — John Tolkien & Priscilla Tolkien

2003 : (en) Tolkien et la Grande Guerre — John Garth

2014 : (en) Tolkien at Exeter College: How an Oxford undergraduate created Middle-earth — John Garth

2017 : (en) The J.R.R. Tolkien Companion and Guide — Wayne G. Hammond & Christina Scull (contient de nombreux documents inédits, comme par exemple des extraits de lettres) 

2018 : (en) Trésors de Tolkien — Catherine McIlwaine, traduit par Vincent Ferré (2018).

2019 : (en)Tolkien : Créateur de la Terre du Milieu (catalogue de l’exposition éponyme de la Bodleian) — Catherine McIlwaine

2019 : (en) Tolkien. Voyage en Terre du Milieu (catalogue de l’exposition éponyme de la BnF) — Vincent Ferré et Frédéric Manfrin

Histoires et textes à destination des enfants

1976 : Lettres du Père Noël (The Father Christmas Letters) — édité par Baillie Tolkien, traduit par Gérard-Georges Lemaire, revue par Céline Leroy (2004).

1982 : Monsieur Merveille (Mr. Bliss), traduit par Pierre Grammont (fév. 2009).

1998 : Roverandom (Roverandom) — édité par Wayne Hammond & Christina Scull, traduit par Jacques Georgel (1999).

2018 : Conférence sur les Dragons — éditée par Wayne Hammond & Christina Scull dans l’édition Facsimile Gift Edition de The Hobbit.

Contes et poèmes

1911 : La bataille du Champ Oriental (The Battle of the Eastern Field) in The King Edward’s School Chronicle, poème parodiant The Lays of Ancient Rome de Thomas Babbington Macaulay, traduit par Damien Bador (2017).

2008 : The Battle of the Eastern Field in Mallorn volume 46 — réédition posthume et commentaire de Maggie Burns.

1922 : (en) The Clerkes Compleinte in The Gryphon, poème en moyen-anglais parodiant les textes de Chaucer et publié sous le pseudonyme de N.N.

1984 & 1986 : The Clerkes Compleinte & The Clerkes Compleinte Revisited in Arda volumes IV & VI — réédition posthume et commentaire du poème par Anders Strenström, Tom Shippey et Christopher Tolkien.

2009 : A “Clerkes Compleinte”: Tolkien and the Division of Lit. and Lang. in Tolkien Studies volume 6 — réédition posthume et commentaire par Jill Fitzgerald.

1936 : (en) Songs for the Philologists, recueil de textes en vers édité avec E.V. Gordon.

1936 : (en) Noel, poème publié dans Annual of Our Lady’s School.

1945 : Feuille, de Niggle (Leaf, by Niggle) †‡

1945 : Le Lai d’Aotrou et Itroun (The Lay of Aotrou and Itroun) in The Welsh Review volume IV, n°4.

2016 : (en) The Lay of Aotrou and Itroun — réédition posthume augmentée commentée par Verlyn Flieger

1949 : Le Fermier Gilles de Ham (Farmer Giles of Ham) †‡.

1999 : (en) Farmer Giles of Ham (50th Anniversary Edition) — version étendue publiée de façon posthume par Wayne Hammond & Christina Scull.

1953 : Le Retour de Beorhtnoth fils de Beorhthelm (The Homecoming of Beorhtnoth Beorhthelm’s Son.

1967 : Smith de Grand Wootton (Smith of Wootton Major) †‡.

2005 : (en) Smith of Wootton Major Extended Edition — version étendue publiée de façon posthume par Verlyn Flieger.

1967 : For W.H.A, in Shenandoah: The Washington and Lee University Review volume 18, n°2, poème en vieil-anglais et anglais moderne en l’honneur du 60ème anniversaire du poète W.H. Auden.

1975 : (en) Doworst publié de façon incomplète dans Monash Review volume 3.

1988 : Mythopoeia ‡.

Réécritures et traductions

1975 : (en) Sir Gawain and the Green Knight, Pearl and Sir Orfeo (traduction) — édition posthume de Christopher Tolkien.

1982 : (en) The Old English Exodus (traduction) — édition posthume de Joan Turville-Petre.

1983 : (en) Finn and Hengest: the Fragment and the Episode (traduction) — édition posthume d’Alan Bliss.

2009 : La Légende de Sigurd et Gudrún (The Legend of Sigurd and Gudrún) — édition posthume de Christopher Tolkien, traduit par Christine Laferrière (2010).

2013 : La Chute d’Arthur (The Fall of Arthur) — édition posthume de Christopher Tolkien, traduit par Christine Laferrière (2013).

2014 : (en) The Book of Jonah (traduction) — édition posthume de Brendan N. Wolfe publié dans The Journal of Inklings Studies, volume 4, n°2.

2014 : Beowulf : Traduction et commentaire (Beowulf: translation and commentary) — édition posthume de Christopher Tolkien, traduit par Christine Laferrière (2015).

2015 : (en) The Story of Kullervo — édition posthume de Verlyn Flieger.

Essais, conférences et diverses publications universitaires

1922 : (en) A Middle English Vocabulary, un glossaire de vocabulaire moyen-anglais publié comme complément au Fourteenth Century Verse and Prose, un recueil de textes moyen-anglais de Kenneth Sisam (1921).

1925 : (en) Some Contributions to Middle-English Lexicography in The Review of English Studies, volume 1, n°2.

1925 : (en) The Devil’s Coach-Horses in The Review of English Studies, volume 1, n°3.

1925 : (en) Sir Gawain and the Green Knight, co-édition avec E.V. Gordon du texte moyen-anglais.

1929 : (en) Ancrene Wisse and Hali Meiðhad in Essays and Studies by Members of the English Association.

1931 : Un vice secret (A Secret Vice)*.

2016 : (en) A Secret Vice — édition étendue posthume par Andrew Higgins et Dimitra Fimi.

1932 : (en) The Name “Nodens” in Report on the Excavation of the Prehistoric, Roman, and Post-Roman Site in Lydney Park, Gloucestershire, R.E.M. Wheeler and T.V. Wheeler.

2007 : The Name “Nodens” in Tolkien Studies volume 4 — réédition posthume.

1932 : (en) Sigelwara Land Part 1 in Medium Ævum volume 1, n°3.

1934 : (en) Sigelwara Land Part 2 in Medium Ævum volume 2, n°2.

1934 : (en) Chaucer as a Philologist: The Reeve’s Tale in Transactions of the Philological Society 1934.

2008 : Chaucer as a Philologist: The Reeve’s Tale (avec The Reeve’s Tale) in Tolkien Studies volume 5 — réédition posthume.

1936 : Beowulf : les monstres et les critiques (Beowulf: The Monsters and the Critics)*.

2002 : (en) Beowulf and the Critics — édition étendue posthume par Michael D.C. Drout.

1939 : (en) The Reeve’s Tale: Version Prepared for Recitation at the ‘Summer Diversions’, publication privée (?).

2008 : The Reeve’s Tale (avec Chaucer as a Philologist: The Reeve’s Tale) in Tolkien Studies volume 5 — réédition posthume.

1940 : Traduire Beowulf (On Translating Beowulf ou Prefatory Remarks on Prose Translation of ‘Beowulf’)*.

1944 : (en) Sir Orfeo, édition du texte moyen-anglais.

2004 : “Sir Orfeo”: A Middle English Version in Tolkien Studies volume 1 — réédition posthume de Carl Hostetter.

1947 : Du Conte de Fées (On Fairy-Stories)†‡*.

2008 : (en) Tolkien On Fairy-stories — édition étendue posthume par Douglas Anderson & Verlyn Flieger.

1947 : (en) “iþþlen” in Sawles Warde in English Studies, co-écrit par Simonne d’Ardenne.

1948 : (en) MS. Bodley 34: A re-collation of a collation in Studia Neophilologica volume 20, n°1—2, co-écrit avec Simonne d’Ardenne.

1953 : (en) Middle English ‘Losenger’ in Essais de philologie moderne (1951).

1953 : Essai sur Sire Gauvain et le Chevalier vert (Sir Gawain and the Green Knight)*.

1962 : (en) Ancrene Wisse: The English Text of the Ancrene Riwle, édition du texte.

1963 : L’anglais et le gallois (English and Welsh)*.

1979 : Discours d’adieu à l’université d’Oxford (Valedictory Adress to the University of Oxford)* — édition posthume de Christopher Tolkien.

2010 : (en) Essays on Kalevala in ‘The Story of Kullervo’ and Essays on KalevalaTolkien Studies volume 7 — édition posthume de Verlyn Flieger (réédité en 2015 dans The Story of Kullervo).

2019 : (en) Tolkien’s Lost Chaucer — édition posthume de John M. Bowers

Divers

1923 : (en) Henry Bradley, 3 Dec. 1845-23 May 1923, nécrologie de Henry Bradley, superviseur de Tolkien lors de son travail à l’Oxford English DictionaryBulletin of the Modern Humanities Research Association, octobre 1923.

2015 : Henry Bradley, 3 Dec. 1845-23 May 1923 in Tolkien Studies volume 12 — réédition posthume avec un commentaire de Tom Shippey et Peter Gilliver.

1932 : (en) A Philologist on Esperanto in The British Esperantist, volume 28 ; lettre de Tolkien au secrétaire du comité éducatif de l’association britannique espérantiste.

2000 : Tolkien and Esperanto in SEVEN: An Anglo-American Literary Review, volume 17 — réédition posthume avec un commentaire de Arden R. Smith et Patrick Wynne.

2017 : Tolkien and Esperanto in J.R.R. Tolkien the Esperantist. Before the arrival of Bilbo Baggins d’Oronzo Cilli — réédition de la contribution précédente de Arden R. Smith et Patrick Wynne.

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ECRIVAIN FRANÇAIS, EMMANUEL ROBLES (1914-1995), LITTERATURE FRANÇAISE, LIVRE, LIVRES, LIVRES - RECENSION, ROMAN, ROMANS, SUR LES HAUTEURS DE LA VILLE

Sur les hauteurs de la ville : un roman d’Emmanuel Roblès

Sur les hauteurs de la ville

Emmanuel Roblès

Paris, Le Livre de Poche 1960.

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Résumé

L’histoire débute par l’arrestation, pour acte de résistance, de Smaïl un jeune algérien pour dénoncer l’envoi en Allemagne de travailleurs au nom de l’opération Todt (organisation chargée de recruteur de jeunes français pour travailler au service de l’Allemagne pendant la Guerre de 1939-1945). Humilié par un certain Almaro, le colon français qui collabore avec les Allemands, le  jeune homme n’aura de cesse de se venger

 

Le sentiment d’humiliation et de désespoir qu’il ressent face à cette arrestation va faire naître en lui de la haine. La vengeance devient alors son leitmotiv, voire une raison d’être contre laquelle même l’amour ne peut rien.

A travers ce roman et son protagoniste, Emmanuel Roblès met en exergue le désarroi qui tourmente les jeunes Algériens dans les années 1946, le début de cette résistance contre le colonialisme…

 

 

Ce qu’en disait l’auteur lui-même en préfaçant son livre :

 

 » À l’époque où il fut écrit, c’est-à-dire dans les années 1946-47, ce récit avait le dessein de témoigner sur un aspect du désarroi qui tourmentait alors de jeunes Algériens. Il voulait également illistrer certaines aspirations, nées avec plus ou moins d’élan et de clarté, au feu des évènements qui transformaient le monde. Comment, en particulier, ne pas reconnaître que pour beaucoup de ces jeunes hommes, l’exemple de la Résistance française a été décisif ?

En mai 1945, je me trouvais du côté de Stuggart lorsque me parvinrent les premières rumeurs de la révolte algérienne dans le Constantinois. Un immense incendie s’éteignait à peine en Europe. Un autre s’allumait dans mon propre pays de l’autre côté de la mer. S’il n »était pas de même proportion, ses flammes en avaient déjà le même rougeoiement de malheur.

A mon retour en Algérie, l’année suivant, ce que j’ai constaté là-bas m’a fait vivre dans la certitude que le brasier noyé un peu plus tôt dans le sang de milliers de victimes reprendrait plus dévorant. On tue les hommes, on ne tue pas l’idée pour laquelle ils acceptent de mourir, chacun de nous le sait

Aux jeunes Algériens, l’avenir n’offrait aucun espoir. L’esprit comme les structures mêmes du régime colonial, les destinaient à buter contre un mur, sans la moindre possibilité de percée, d’ouverture sur un monde plis équitable. Une découverte de ce genre conduit déjà, presque à coup sûr, à la violence. Mais elle s’est complétée, pour les meilleurs, d’une conscience précise des forces qui, au mépris de toute justice, maintenaient ce mur.

Six ans à peine après la publication des Hauteurs de la ville, l’Algérie prenait son visage de guerre. Par milliers, des Smaïl, décidés à conquérir leur dignité, ont surgi du fond de leur nuit, la torche au poing.

À leur cri ont répondu, dans l’autre camp, des Montserrat qui, pour avoir douté de la légitimité du combat dans lequel la France les engageait, expient dans les prisons de Casabianda ou de Constantine.

Qu’on me croie, je ne cite pas mes personnages par complaisance tant je suis convaincu que tout écrivain, pour peu qu’il nourrisse sa création de vérité humaine, sait qu’il rencontrera tôt ou tard, à certains tournants de la vie, ses propres créatures, celles de « chair et d’os » dont se préoccupait Unamuo et qui « pèsent sur la terre ».

Mais si j’ai réunit ici, Smaïl et Monserrat, c’est qu’ils sont à mes yeux, sortis tout  brûlants d’un unique foyer : celui où la conscience de l’homme forge sa résistance à la plus grande défaite qui la menace qui est sa négation même.

 

Emmanuel Roblès ‘juillet 1960