MARGUERITE-MARIE ALACOQUE (sainte ; 1647-1690), PARAY-LE-MONIAL, SACRE-COEUR DE JESUS, SAINTETE, SAINTS

Sainte Marguerite Marie Alacoque

 

Sainte Marguerite Marie

 

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Messagère du Message de Jésus

Nous sommes au XVlle siècle, le siècle de Louis XIV (1638-1715).

La France sort meurtrie des guerres de religion et se débat avec le jansénisme qui, peu à peu, insuffle dans l’Église plus de crainte que d’amour pour Dieu. Dans l’élan réformateur du Concile de Trente, l’Église voit surgir de nouvelles fondations comme l’ ordre de la Visitation-Sainte-Marie fondé dès 1610 à Annecy et dont les fondateurs, l’évêque François de Sales et Mère Jeanne de Chantal, écrivent:

Notre petite congrégation est un ouvrage du Coeur de Jésus et de Marie. Le Sauveur, en mourant, nous a enfantés par l’ouverture de Son Sacré Coeur.François de Sales et Mère Jeanne de Chantal

L’emblème de l’Ordre est un coeur surmonté d’une croix, entouré d’une couronne d’épines et percé de deux flèches, gravé des noms de Jésus et Marie. En 1626, un couvent de la Visitation s’ installe à Paray-le-Monial à la demande des Pères jésuites qui y résident.

Dans le Charolais voisin, le 25 juillet 1647, est baptisée une petite fille de trois jours, du nom de Marguerite Alacoque. Elle grandit dans une famille fervente et se sent très tôt animée d’un vif amour pour le Christ qu’elle reconnaît présent dans l’Eucharistie.

Dès l’âge de 5 ans, au cours d’une messe célébrée dans le château de sa marraine elle se sent pressée par le Christ à prononcer ces mots:

Mon Dieu, je vous consacre ma pureté et vous fais voeu de perpétuelle chasteté.

Marguerite-Marie

À la mort de son père elle est recueillie avec sa mère chez des parents aux moeurs rudes et brutaux. Elle trouve réconfort dans la prière et c’est alors qu’elle a les premières visions du Christ qui lui apparaît généralement sur la croix ou, comme un soir où elle avait été entraînée au bal, sous la forme de l’Ecce Homo ayant subi les coups de la flagellation. Elle ne s’en étonnait guère et pensait que les autres bénéficiaient du même genre de manifestations. Au cours de cette période, le Christ Lui-même lui apprend à prier et à se recueillir dans l’oraison du coeur : elle doit se prosterner, demander pardon pour ses fautes puis Lui offrir ce moment de prière.

Le 20 juin 1671, elle entre à 24 ans au couvent de la Visitation de Paray-le-Monial après avoir entendu Jésus lui dire: « C’est ici que Je te veux ». Lorsque un an et demi plus tard elle se prépare à sa profession religieuse, elle expérimente de façon extraordinaire la présence intime de Dieu – « les fiançailles mystiques » – qui la conduisent en des extases particulières. Elle comprend que sa vocation sera d’ être un apôtre de l’Amour de Dieu en s’offrant tout entière en union avec le Christ immolé sur la Croix.
Elle fera sa profession religieuse le 6 novembre 1672. Elle s’y prépare par une retraite de dix jours sans interrompre son travail : elle est en charge de l’ânesse du monastère qu’elle garde pour éviter qu’elle ne dévaste le jardin avec son ânon. Sous un bosquet de noisetier elle reçoit du Christ des lumières particulières sur le mystère de Sa Passion.

Au cours de ses premières années de vie religieuse, elle connaît de nombreux moments de grâces particulières, comme ce 1er juillet 1673 où, au cours du chant de l’office, une lumière divine vient reposer sur ses bras sous « la figure d’un petit enfant » qui la guérit d’une grave extinction de voix.
Le 4 octobre de la même année, elle contemple saint François d’Assise dans une éminente lumière de gloire auprès du Seigneur Jésus, au-dessus des autres saints, et le reçoit comme guide particulier « pour, écrit-elle, me conduire dans les peines et les souffrances qui m’arriveraient ».

Entre 1673 et 1675 ont lieu les « Grandes apparitions » au cours desquelles Jésus lui dévoile son Coeur « passionné d’ amour» et lui exprime son désir d’être aimé en retour. Il lui rappelle son amour pour tous les hommes dont il regrette la froideur et l’ ingratitude , spécialement envers sa présence Eucharistique. Il demande alors l’institution d’une nouvelle fête pour honorer son Coeur en communiant avec un amour tout particulier ce jour-là.
Il s’agit de la Fête du Sacré-Coeur, célébrée trois semaines après la Pentecôte, qui sera instituée officiellement en 1765 et étendue à toute l’ Église en 1856.

En 1675 arrive un jeune Père jésuite à l’âme fervente et dont l’intelligence vive, comme sa délicatesse, en font un homme apprécié en haut lieu : « Il a des talents remarquables , un jugement rare, une prudence achevée. Son expérience est grande … Je le crois apte à toutes sortes de ministères » avait dit de lui son Père Maître au Père Général de la Compagnie de Jésus.
Pour le moment cependant, le voici nommé supérieur de la résidence des Jésuites à Paray-le-Monial, cependant qu’à la Visitation de Paray, une jeune mystique a besoin d’un guide éclairé. Dès les premières visites au monastère, il reconnaît en Marguerite-Marie « une âme de grâce ». La supérieure, Mère de Saumaise, ordonne à la soeur de s’entretenir avec lui de son expérience mystique. Au fil des rencontres, le père Claude met à l’épreuve son âme de religieuse pour sonder la vérité des communications qu’elle reçoit. Se rendant à l’évidence il apaise alors son coeur angoissé et lui recommande de s’abandonner sans crainte, mais toujours humblement, aux mouvements de l’esprit qui l’habite. Il l’encourage, mais aussi lui impose de ne pas répugner à la prière de l’office avec ses soeurs au profit d’une prière plus sublime qui ne cesse de l’attirer. Il lui commandera aussi de mettre par écrit tout ce qui se passe en elle, injonction à laquelle Marguerite-Marie se pliera par obéissance, mais avec néanmoins de vives réticences intérieures.

Les années passent. Le père La, Colombière est nommé en 1676 prédicateur de la Duchesse d’York en Angleterre. Marguerite-Marie poursuit son chemin et, peu à peu, la communauté des religieuses est acquise au culte du Sacré-Coeur. La vie au monastère reste rude et exigeante et la Visitandine ressent de plus en plus l’impasse de son péché. et de celui des hommes dont elle veux consoler le Coeur de Jésus. En 1684, elle fait une retraite au cours de laquelle elle reçoit la grâce du mariage spirituel qui l’introduit dans une vie de profonde intimité avec son Époux. Elle est nommée maîtresse des novices qu’elle désire conduire sur le chemin de la sainteté en leur enseignant le culte du Sacré Coeur qui est, selon elle, « le plus court chemin » pour y parvenir. Le récit des apparitions et les demandes du Christ à Marguerite-Marie sont prises au sérieux au sein du couvent qui entreprend de vivre l’Heure Sainte et de vénérer l’image du Coeur de Jésus. En 1686, une chapelle construite dans le jardin du monastère lui est dédiée où les soeurs célèbrent la première fête du Sacré Coeur.

En 1686, Marguerite-Marie prononce un « voeu de perfection » où elle s’engage à suivre le plus parfaitement possible la règle de vie la Visitation et à supporter avec confiance les joies comme les peines de sa vie de religieuse afin, écrit-elle, de « me lier, consacrer et immoler plus étroitement, absolument et parfaitement au Sacré Coeur de Notre Seigneur Jésus-Christ ».
Le 9 octobre, une fièvre l’oblige à garder le lit. Le médecin estime que sa maladie, causée par l’amour, est sans remède.

Hélas, dit-elle un soir à ses soeurs, je brûle ! Mais si c’était de l’amour divin, quelle consolation! Mais je n’ ai jamais su aimer mon Dieu parfaitement. Demander à Dieu pardon pour moi et aimez-le bien de tout votre coeur pour réparer tous les moments que je ne l’ai pas fait. Quel bonheur d’aimer Dieu! Ah ! Quel bonheur ! Aimez donc cet Amour, mais aimez-le parfaitement !

Marguerite-Marie

Le 17 octobre, alors qu’on lui donne le Sacrement des Malades, elle murmure les noms de Jésus et de Marie et s’éteint à 43 ans dans un dernier soupir. Il est 20 heures. Dès le lendemain, la nouvelle se répand dans la ville « La sainte est morte ! » . La voix populaire précédait le discernement de l’Église : soeur Marguerite-Marie sera béatifiée par Pie IX en 1864 et canonisée par Benoît XV en 1920 .

 

 

Dates de la vie de Marguerite-Marie

1ere période

Lundi 22 juillet 1647

Naissance de Maguerite Alacoque près du village de Verosvres, en Charolais. Elle est baptisée trois jours plus tard.

1652

À 5 ans, alors qu’elle est chez sa marraine dans la chapelle du château de Corcheval, Marguerite fait voeu de chasteté perpétuelle: « Je ne comprenais pas ce que signifiait ce mot de « voeu », ni celui de « chasteté », mais j’étais poussée à le faire ».

Décembre 1655

Mort de Claude Alacoque, le père de Marguerite. Elle est placée en pension à Charolles où elle fait sa 1ère communion

1657

Gravement malade, Marguerite retourne à Verosvres où elle reste alitée quatre années durant. Elle est guérie de son mal à la suite d’un voeu fait à Marie: si elle revient à la santé, elle se fera religieuse dans un ordre consacré à la Sainte Vierge.

Septembre 1669

Marguerite reçoit le sacrement de confirmation. Elle ajoute à son prénom celui de Marie.

2ème période

20 juin 1671

Marguerite-Marie Alacoque entre au monastère de la Visitation-Sainte-Marie de Paray-le-Monial.

6 nov. 1672

Marguerite-Marie fait sa profession religieuse.

27 déc. 1673
Première grande Apparition

Vision du Coeur de Jésus: « Il me fit reposer fort longtemps sur sa divine poitrine, où il me découvrit les merveilles de son amour et les secrets inexplicables de Son Sacré-Coeur: « Mon divin Coeur est si passionné d’amour pour les hommes et pour toi en particulier que, ne pouvant plus contenir en lui-même les flammes de son ardente charité, il faut qu’il les répande par ton moyen »….

1674

Vision de la Trinité « sous la forme de trois jeunes hommes vêtus de blanc, tous resplendissants de lumière, de même âge et grande beauté ». Vision du Coeur de Jésus adoré par les Séraphins.

Deuxième grande Apparition

« Les hommes n’ont que des froideurs et du rebut pour tous mes empressements à leur faire du bien » lui dit Jesus. Il lui demande de réparer leurs ingratitudes par une communion chaque premier vendredi du mois et, tous les jeudi entre 11h00 et minuit, de passer une heure avec Jésus à Gethsémani : ainsi naît l’Heure Sainte.

Juin 1675
Troisième grande Apparition

« Voilà ce Coeur qui a tant aimé les hommes ! » Le Christ demande l’instauration d’une fête universelle de son Coeur. Cette même année arrive le Père Claude La Colombière à Paray. « Voilà celui que je t’envoie », est-il dit intérieurement à Marguerite-Marie. Le Père La Colombière confirme Marguerite-Marie sur son chemin spirituel.

3ème période

Sept. 1676

Le Père Claude La Colombière quitte Paray pour l’Angleterre.

31 déc. 1678

À la demande de Jésus, Marguerite-Marie lui fait don par testament de tout son être. Il la constitue alors « Héritière de son Coeur ».

15 février 1682

À 41 ans , banni d’Angleterre où il a contracté la tuberculose, le Père Claude La Colombière meurt à Paray-le-Monial.

1684

Mariage mystique de Marguerite-Marie avec le Christ. Elle devient maîtresse des novices cette même année.

20 juil. 1685

Marguerite-Marie et ses novices se consacrent au Coeur de Jésus.

1686

Le Père Rolin lui demande d’écrire son autobiographie. Le premier dessin représentant le Coeur de Jésus est exposé au choeur  des religieuses qui lui rendent hommage.

31 oct. 1686

Marguerite-Marie fait le « voeu de perfection» .

Ascension 1687

Marguerite-Marie est nommée assistante de la Mère Supérieure.

2 juillet 1687

Vision du Sacré-Coeur et message donné aux Visitandines et aux Jésuites: ils doivent propager la dévotion au Coeur de Jésus.

7 sept. 1688

Construction, dans le jardin du monastère, d’une chapelle dédiée au Coeur de Jésus.

22 Juillet 1690

Très malade, Marguerite-Marie entame une ultime retraite pour se préparer à la mort.

17 oct. 1690

Mort de Marguerite-Marie, à l’âge de 43 ans.

1765

Autorisation par Rome de la Fête universelle du Sacré-Coeur.

18 sept. 1864

Béatification de Marguerite-Marie.

13 mai 1920

Canonisation de Marguerite-Marie par le pape Benoît XV

CULTE DU SACRE-COEUR DE JESUS, DEVOTIONS, EGLISE CATHOLIQUE, SACRE-COEUR DE JESUS

Le culte du Sacré-Coeur de Jésus

 

Sacré-Cœur

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Sacré-Cœur de Jésus, peinture de l’école portugaise, xixe siècle.

Le Sacré-Cœur est une dévotion au cœur de Jésus-Christ, en tant que symbole de l’amour divin par lequel Dieu a pris la nature humaine et a donné sa vie pour les hommes. Cette dévotion est particulièrement présente au sein de l’Église catholique mais aussi, quoiqu’à moindre échelle, dans l’Église anglicane et dans certaines Églises luthériennes. Elle met l’accent sur les concepts d’amour et d’adoration voués au Christ. La solennité du Sacré-Cœur a été instituée par le pape Clément XIII en 1765 et étendue à toute l’Église catholique par le pape Pie IX en 1856.

L’extension de cette dévotion dans l’Église catholique à partir du xviie siècle vient des révélations d’une visitandine de Paray-le-MonialMarguerite-Marie Alacoque, qui a affirmé l’avoir reçue du Christ lui-même lors de différentes apparitions entre 1673 et 16752. Plus tard, à partir du xixe siècle, elle provient des révélations d’une autre religieuse catholique, la mère supérieure du couvent de la congrégation du Bon Pasteur de PortoMarie du Divin Cœur Droste zu Vischering, qui a demandé au pape Léon XIII qu’il consacre le monde entier au Sacré-Cœur de Jésus.

La tradition catholique associe le Sacré-Cœur aux actes de réparation dédiés au Christ. Dans son encyclique Miserentissimus RedemptorPie XI a indiqué : « L’esprit d’expiation ou de réparation a toujours tenu le premier et principal rôle dans le culte rendu au Sacré-Cœur de Jésus. » La dévotion au Sacré-Cœur est parfois pratiquée au sein des Églises orthodoxes, où elle reste un point de controverse, étant perçue comme un exemple de latinisation liturgique.

Le Sacré-Cœur est souvent représenté, dans l’art chrétien, sous la forme d’un cœur enflammé brillant d’une lumière divine, saignant car ayant été percé par la lance du soldat romain Longinus, entouré d’une couronne d’épines et surmonté d’une petite croix. Parfois, le cœur est centré sur le corps du Christ, avec ses mains transpercées dirigées vers lui, comme s’il allait l’offrir à la personne qui se tient devant lui. Les blessures et la couronne d’épines font allusion aux conditions de la mort de Jésus-Christ, alors que le feu symbolise le pouvoir transformateur de l’amour.

 

Histoire

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Le cœur rayonnant de Jésus-Christ peint vers 1630 dans une chapelle privative de l’église Saint-Gervais de Paris

 

Origines

La tradition du Sacré-Cœur trouve son origine avec l’apôtre saint Jean, qui a reposé sa tête sur le cœur de Jésus durant la Cène (Évangile selon st Jean 13,23) et a vu le Cœur transpercé de Jésus lors de la Passion (Évangile selon st Jean 19,34-37). Par la suite, de nombreux saints ont parlé du Cœur du Christ, tels sainte Catherine de Sienne, sainte Gertrude de Helfta, saint François de Sales, des Chartreux

 xviie siècle

Pendant les premiers siècles du christianisme, dans l’Antiquité, le cœur ne symbolisait pas tant l’organe de l’affectivité et des émotions, comme il le fait aujourd’hui, que le siège de toute activité mentale, de façon indifférenciée.

Au xviie siècle, saint Jean Eudes (16011680) mit en place les éléments d’un culte du cœur de la Vierge Marie, puis de celui de Jésus.

L’Église catholique se trouva confortée dans l’instauration de ce culte à la suite des apparitions que Marguerite-Marie Alacoque (plus tard proclamée sainte) dit avoir reçues de Jésus à partir de 1673 à Paray-le-Monial : “Et il me fit voir qu’il fallait honorer (le Cœur de Dieu) sous la figure de ce Cœur de chair, dont il voulait l’image être exposée et portée sur soi et sur le cœur, pour y imprimer son amour et le remplir de tous les dons dont il était plein et pour y détruire tous les mouvements déréglés. Et que partout où cette sainte image serait exposée pour y être honorée, il répandrait ses grâces et bénédictions.” Saint Claude de La Colombière a aidé Marguerite-Marie Alacoque à répandre ce culte du Sacré-Cœur. L’image qu’elle propage, entouré de rayons d’or et de flammes de feu, comporte au centre le mot « caritas » c’est-à-dire charité.

En 1689 Marguerite-Marie Alacoque affirme devoir délivrer quatre demandes particulières à l’intention du pouvoir temporel. Celles-ci auront des répercussions politiques et religieuses et seront successivement réalisées sous les régimes royaux, impériaux et républicains français.

 

xviiie siècle

Sœur Anne-Madeleine Rémusat (16961730) fut une propagatrice de la dévotion au Sacré-Cœur. Pour arrêter la peste à MarseilleMgr  de Belsunce, sous l’inspiration de cette religieuse, plaça la ville de Marseille et son diocèse sous la protection du Sacré-Cœur, lors d’une messe célébrée le 1er novembre 1720.

Marie Leszczyńska, initiée à cette dévotion par la Visitation de Varsovie, obtient des évêques de France que la fête du Sacré-Cœur soit étendue à toute la France, ainsi que l’office, et propage ce culte à la cour et dans la famille royale. Son fils, le dauphin, demanda un autel du Sacré-Cœur dans la chapelle du château de Versailles6, ville d’une des premières confréries du Sacré-Cœur.

 

Guerre de Vendée

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Sacré-Cœur vendéen.

En France, durant la guerre de Vendée, les membres de l’Armée catholique et royale de Vendée, opposée aux troupes républicaines envoyées par la Convention nationale, arborent régulièrement le Sacré-Cœur pour montrer leur dévotion envers la religion, face au supposé athéisme de la Première République.

 

xixe siècle

 Pie IX

En 1856, le pape Pie IX étend la Fête du Sacré-Cœur à Église catholique. Trois encycliques confirment l’attachement de l’Église à cette dévotion : Annum Sacrum (Léon XIII – 1899), Miserentissimus Redemptor (Pie XI – 1928) et Haurietis Aquas (Pie XII – 1956). Le 19 août 1864, il béatifie Marguerite-Marie Alacoque, puis il bénit le projet d’édification de la Basilique du Sacré-Cœur de Montmartre.

 

Consécrations au Sacré-Cœur

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Peinture de la bienheureuse Marie du Divin Cœur Droste zü Vischering et de sainte Marguerite-Marie Alacoque, les deux en adoration au Sacré-Cœur de Jésus.

Dans sa bulle pontificale Auctorem Fidei, le pape Pie VI loua la dévotion au Sacré-Cœur. Finalement, le pape Léon XIII consacra, par son encyclique Annum Sacrum (le 25 mai 1899), chaque être humain au Sacré-Cœur. L’idée de cet acte, que Léon XIII surnomma « le grand acte » de son pontificat, lui avait été soumise par la bienheureuse Marie du Divin Cœur, comtesse Droste zu Vischering, une religieuse supérieure de la Congrégation du Bon Pasteur de Porto, en Portugal, qui prétendait l’avoir surnaturellement reçue du Christ lui-même. Depuis le milieu du xixe siècle, des groupes, des congrégations et même des États se sont consacrés au Sacré-Cœur.

La France a été consacrée le 29 juin 1873 par un groupe d’une cinquantaine de parlementaires lors d’un pèlerinage à Paray-le-Monial conduite par Gabriel de Belcastel. Le 8 octobre 1873, sur pétition remis au président Gabriel García Moreno, l’Équateur fut le premier pays du monde ainsi consacré, accomplissant enfin ce que Dieu avait demandé à Marie-Madeleine un peu moins de deux mille ans auparavant, selon la vulgate chrétienne.

Les familles catholiques se sont appliquées à l’« intronisation du Sacré-Cœur » dans leurs maisons et dans leurs pays.

 

Basilique du Sacré-Cœur de Montmartre

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La basilique du Sacré-Cœur de Montmartre est dite Vœu national. Elle est déclarée d’utilité publique par une loi votée le 24 juillet 1873 par l’Assemblée nationale de 1871. Le 16 juin 1875, l’archevêque de Paris, le cardinal Guibert pose la première pierre de la basilique, honorant après deux cents ans jour pour jour, la quatrième demande rapportée par Marguerite-Marie Alacoque, le 16 juin 1675.

 

xxe siècle

Au début du xxe siècle, Saint Pie X afin de clore chaque messe quotidienne ajoute aux prières dites prières léonines, une louange au Sacré-Cœur, le Cor Jesu Sacratissimum, invoquée trois fois.

Le 29 janvier 1929, le pape Pie XI officialise la composition d’une nouvelle messe et d’un nouvel office liturgique du Sacré-Cœur12. La Fête du Sacré-Cœur est établie comme Solennité et dès lors célébrée le troisième dimanche après la Pentecôte afin de « compenser à l’égard de l’amour incréé, l’indifférence, l’oubli, les offenses, les outrages qu’il subit » Dans ce nouvel office liturgique, le Saint-Siège fait pour la première fois explicitement mention du lien entre le message de Paray-le-Monial et la fête du Sacré-Cœur, corroborant ainsi la quatrième demande mentionnée par Marguerite-Marie Alacoque.

Depuis 1931, la continuation de la dévotion au Sacré-Coeur est la Miséricorde Divine.

 

Les promesses du Sacré-Coeur

 

Promesses particulières

La révélation la plus significative se produit le 16 juin 1675, jour de la Fête-Dieu. A la demande expresse de ses supérieurs et à la suite de ces apparitions, Marguerite-Marie Alacoque rédige de nombreuses lettres, cent trente cinq au total, pour transmettre les messages du Sacré-Cœur. L’ensemble de ces lettres connut un remaniement et un abrégé constituant dès lors une liste de douze promesses.

On ignore encore quand et par qui ces faveurs furent fixées en cette forme qui nous est connue aujourd’hui. Ces promesses ne furent répandues que bien après la mort de la sainte de Paray, et ce n’est qu’à la fin du xixe siècle qu’elles connurent une diffusion mondiale. En 1882, Kemper, modeste commerçant de Dayton aux États-Unis, entreprit de les diffuser partout ; il les fit traduire en plus de 238 langues et imprimer sur des images du Sacré-Cœur, qu’il répandit par millions à travers le monde.

En 1890, le Cardinal Adolph Perraud déplore la circulation de ces promesses sous pareille forme dont il préférerait une publication usant de mots sens et expressions employés dans les écrits révélés de Sainte Marie-Marguerite.

Je leur donnerai toutes les grâces nécessaires à leur état.

Je mettrai la paix dans leur famille.

Je les consolerai dans toutes leurs peines.

Je serai leur refuge assuré pendant la vie et surtout à la mort.

Je répandrai d’abondant bénédictions sur toutes leurs entreprises.

Les pécheurs trouveront dans mon Cœur la source et l’océan infini de la miséricorde.

Les âmes tièdes deviendront ferventes.

Les âmes ferventes s’élèveront à une grande perfection.

Je bénirai moi-même les maisons où l’image de mon Sacré-Cœur sera exposée et honorée.

Je donnerai aux prêtres le talent de toucher les cœurs les plus endurcis.

Les personnes qui propageront cette dévotion auront leur nom écrit dans mon Cœur, où il ne sera jamais effacé.

Je te promets, dans l’excès de la miséricorde de mon Cœur, que son amour tout-puissant accordera à tous ceux qui communieront les premiers vendredis du mois, neuf fois de suite, la grâce de la pénitence finale, qu’ils ne mourront point dans ma disgrâce, ni sans recevoir leurs Sacrements, et que mon divin Cœur se rendra leur asile assuré à cette dernière heure.

 Promesses publiques

Aux promesses s’adressant à la dévotion personnelle, il faut ajouter trois lettres écrites les 17 juin et au mois d’août 1689, lettres qui auront par la suite des répercussions importantes sur les politiques publiques et par lesquelles Jésus par le truchement de sa servante demande un culte justement public du Sacré-Cœur.

Le premier message s’adresse aux rois :  » Il désire entrer avec pompe et magnificence dans la maison des princes et des Rois, pour y être honoré, autant qu’il y a été outragé, méprisé et humilié en sa passion… Le Père Éternel voulant réparer les amertumes et angoisses que l’adorable Cœur de son divin Fils a reçues dans la maison des princes de la terre veut établir son empire dans le cœur de notre Grand monarque, duquel il veut se servir pour l’exécution de ses desseins « .

Le deuxième message est de  » faire construire un édifice où sera le tableau de ce divin Cœur, pour y recevoir la consécration et les hommages du Roi et de toute la cour. Dans cet édifice le chef de la nation française reconnaîtra l’empire du divin Cœur sur lui-même et la nation, il proclamera sa royauté, se dira lieutenant du Christ « .

Le troisième message demande au Roi :  » d’être peint sur ses étendards et gravé sur ses armes pour le rendre victorieux de tous ses ennemis, en abattant à ses pieds les têtes orgueilleuses et superbes, afin de le rendre triomphant de tous les ennemis de la Sainte-Église « .

Ces messages explicites ne varieront pas au cours des siècles suivant et seront successivement suivis des faits : une église dédiée au Sacré-Cœur pour consacrer la France, le Sacré-Cœur sur les drapeaux.

Le 16 juin 1875 est honoré la deuxième demande rapportée par Marguerite-Marie Alacoque par l’intermédiaire du Cardinal Guibert. L’Archevêque de Paris pose la première pierre de la basilique du Sacré-Cœur de Montmartre conçue comme Vœu national par la loi du 24 juillet 1873. La troisième requête de Marguerite-Marie Alacoque est instituée lors de l’inauguration du Mémorial Heiho Niten Ichi Ryu le 8 décembre 2014. Officialisé par la France, le Japon, le Cambodge, l’ASEAN et la Russie, au sein duquel flottent les drapeaux du Sacré-Cœur royal et du Sacré-Cœur républicain.

 

Promesses adressées à Sœur Marie du Divin Cœur

Sœur Marie du Divin Cœur Droste zü Vischering née le 8 septembre 1863 en Allemagne et décédée à Porto le 8 juin 1899, rapporte de ses oraisons une demande émise par Jésus Christ afin de construire un lieu de pèlerinage dédié à son Sacré-Cœur20. L’Église du Sacré-Cœur de Jésus appelée aussi Église du Bon Pasteur ou Sanctuaire du Sacré-Cœur de Jésus fut construite entre le 14 juillet 1957 et le 21 avril 1966 à Ermesinde au nord du Portugal et consacrée au Sacré-Cœur accomplissant le vœu évoqué par la religieuse. Le corps de Sœur Marie du Divin Cœur retrouvé sans corruption lors sa première exhumation repose depuis dans une Tombe-reliquaire au sein de l’Église d’Ermesinde.

 

Basilique du Sacré-Cœur de Montmartre

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Spiritualité du cœur de Jésus

Dans le Directoire sur la piété populaire et la liturgie, publié le 9 avril 2002, la Congrégation pour le culte divin rappelle le sens du culte rendu au cœur de Jésus : « L’expression « Cœur de Jésus », entendue dans le sens contenu dans la divine Écriture, désigne le mystère même du Christ, c’est-à-dire la totalité de son être, ou le centre intime et essentiel de sa personne: Fils de Dieu, sagesse incréée; Amour infini, principe du salut et de sanctification pour toute l’humanité. Le « Cœur du Christ » s’identifie au Christ lui-même, Verbe incarné et rédempteur (…) » .

Dans l’encyclique Haurietis Aquas in GaudioPie XII définit le mystère du cœur de Jésus comme le mystère de l’amour miséricordieux du Christ et de la Trinité tout entière, Père, Fils et Saint-Esprit, envers l’humanité.

Le mois de juin lui est consacré, mois pendant lequel a lieu la Fête du Sacré-Cœur qui est célébrée dans toute l’Église catholique depuis 1856. Cette solennité est célébrée 19 jours après le dimanche de Pentecôte, soit un vendredi.

 

 

Edouard Glotin, La Bible du Cœur de Jésus, Éd. Presses de la renaissance, 2007

Jean Ladame, Marguerite-Marie : la sainte de Paray, Éd Resiac, 1994

Jean Ladame, Les Faits mystiques de Paray, Éd Resiac, 1991

Anne Sauvy, Le Miroir du cœur : quatre siècles d’images savantes et populaires, Paris, Cerf, 1989

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EGLISE CATHOLIQUE, FETE DU SACRE-COEUR, FETE LITURGIQUE, JESUS-CHRIST, SACRE-COEUR DE JESUS

La fête du Sacré-Coeur

Le Sacré-Coeur

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La Fête du Sacré-Cœur est célébrée le 3e vendredi après la Pentecôte. Elle trouve son origine dans les apparitions du Christ à sainte Marguerite Marie Alacoque, religieuse à Paray-le- Monial. La dévotion au Sacré Cœur  invite à fixer l’attention sur le coeur aimant de Jésus, compatissant et miséricordieux

 

Le culte du Sacré-Cœur

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En 1673, à Paray-le-Monial, une religieuse de l’ordre de la Visitation, Marguerite-Marie Alacoque, voit Jésus et l’entend lui dire : « Voici ce Cœur qui a tant aimé les hommes et qui en est si peu aimé. » Ce message sera reconnu par le pape Clément XIII en 1765. C’est le début du culte du Sacré-Cœur. En 1856, le pape Pie IX décide de lui consacrer une fête pour toute l’Église. Les représentations figurées du Sacré-Cœur font alors le tour du monde. En 1899, le pape Léon XIII lui consacre toute l’humanité. C’est le pape Pie XII qui explicitera pour le « monde d’aujourd’hui » la théologie du Sacré-Cœur dans son encyclique Haurietis aquas in gaudio (« Vous puiserez les eaux dans la joie aux sources du Sauveur »). En 1995, Jean-Paul II associe la fête du Sacré-Cœur à une journée de prière pour la sanctification des prêtres. En 2011, lors des Journées mondiales de la jeunesse à Madrid, Benoît XVI consacre la jeunesse du monde entier au Sacré-Cœur de Jésus. Au XVIIe siècle, au cœur des controverses protestantes ou jansénistes, l’Église développa le culte au Sacré-Cœur pour rappeler la primauté de l’amour de Dieu. Aujourd’hui, dans un monde hyper technicisé, la dévotion au Sacré-Cœur permet de reconsidérer les dons de la tendresse, de l’amour, des relations humaines qui donnent un surplus de sens à la vie.

 

Paray-le-Monial cité du sacré cœur

Paray Le Monial, France - September 13, 2016:  Shrine of St.. C

Le sanctuaire de Paray-le-Monial est mondialement connu. Cette petite ville de Bourgogne est devenu en près de 400 ans une grande destination de Pèlerinage au Sacré-Cœur  de Jésus.

Apparition du 27 décembre 1673

 » Mon divin cœur est si passionné d’amour pour les hommes et pour toi en particulier, que ne pouvant plus contenir en lui-même les flammes de son ardente charité, il faut qu’il les répande par ton moyen et qu’il se manifeste à eux pour les enrichir de ses précieux trésors que je te découvre. « 

Grande apparition, de juin 1675

 » Voilà ce Cœur qui a tant aimé les hommes qu’il n’a rien épargné jusqu’à s’épuiser et se consommer pour leur témoigner son amour. Et pour reconnaissance je ne reçois de la plupart que des ingratitudes « 

Dans une communication plus personnelle, Jésus demande à Marguerite-Marie de l’accompagner chaque jeudi soir, durant une heure, pour participer à son agonie à Gethsémani. Il lui dit : « C’est ici où j’ai le plus souffert qu’en tout le reste de ma Passion (…) ; il n’y a point de créature qui puisse comprendre la grandeur des tourments que je souffris alors ».

Marguerite-Marie n’a pas « inventé » la dévotion au Sacré Cœur. Celle-ci se déploie particulièrement au XVIIe siècle et prépare la mission que Jésus lui confiera.

St Jean Eudes (1601 -1680) missionnaire au cœur de feu, travaille ardemment à la réforme du clergé. Aux prêtres de la congrégation qu’il a fondée, il écrit : » Il nous faut apprendre de notre divin Docteur, qui est Jésus, à être humbles non seulement d’esprit mais de cœur. « Il composera la première messe en l’honneur des coeurs de Jésus et Marie.

 

Lettre de Marguerite-Marie au Père Croiset :

 » La première grâce particulière qu’il me semble avoir reçue pour cela, ce fut un jour de saint Jean l’Évangéliste qu’après m’avoir fait reposer plusieurs heures sur cette sacrée poitrine, je reçus de cet aimable Cœur  des grâces dont le souvenir me met hors de moi-même. Après cela, ce divin Cœur  me fut présenté comme dans un trône de flammes, plus rayonnant qu’un soleil et transparent comme un cristal, avec cette plaie adorable, et il était environné d’une couronne d’épines, qui signifiait les piqûres que nos péchés lui faisaient, et une croix au-dessus qui signifiait que dès les premiers instants de son Incarnation, c’est-à-dire que dès lors que ce sacré Cœur  fut formé, la Croix y fut plantée, et il fut rempli dès ces premiers instants, de toutes les amertumes que devaient lui causer les humiliations, pauvreté, douleurs et mépris que la sacrée humanité devait souffrir, pendant tout le cours de sa vie et en sa sainte Passion… ».

Un autre témoin du Cœur de Jésus a marqué de sa présence discrète et rayonnante Paray-le-Monial : Claude la Colombière, jésuite, qui fut le confesseur de Marguerite-Marie.

La chapelle de La Colombière se trouve sur la droite en sortant de la Visitation, à 100 m. Elle est confiée à la garde de la communauté des Pères de la Compagnie de Jésus résidant à Paray-le-Monial.

Bâtie en 1930, juste après la béatification de Claude La Colombière, le 16 juin 1929. Son style rappelle les Basiliques de Fourvières (Lyon) et de Montmartre (Paris) par les mosaïques nombreuses et les vitraux.

Au début du XVIIe siècle, Paray-le-Monial compte un nombre important de protestants. Des Pères jésuites résident alors de temps en temps dans la ville à partir de 1618 pour prêcher la foi catholique. Ils s’y établissent définitivement à partir de 1651. Le Père Claude La Colombière fut supérieur de la petite résidence pendant 18 mois, en 1675-1676, et revint à Paray pour y mourir en 1682, à l’âge de 44 ans. Il fut confesseur de Marguerite-Marie, envoyé par Dieu comme son » fidèle serviteur et parfait ami. « 

La grande fresque de l’abside relate la vision de Marguerite-Marie du 2 juillet 1688, deux ans avant sa mort Le Christ siège au sein de flammes qui représentent le feu brûlant de son amour. À droite, Marie a le visage tourné vers Marguerite-Marie. Elle lui confie ce message : les sœurs de la visitation doivent promouvoir la dévotion au Cour de Jésus, mais les jésuites sont chargés d’expliquer théologiquement le mystère du Cœur de Jésus. Cette phrase est transcrite au bas de la fresque. Les anges présentent tous des images du Sacré Cœur, que Jésus a demandé que l’on dessine pour les répandre dans les foyers chrétiens.

Châsse de Sainte Marguerite-Marie : ses ossements sont enveloppés dans une effigie de cire et de coton revêtue de l’habit de l’Ordre au XVIIe siècle. Cette chasse date de sa béatification en 1864. Décédée le 17 octobre 1690, Marguerite-Marie fut canonisée en 1920.

Au-dessus de la châsse, un tableau représente une autre vision de Marguerite-Marie : au moment de communier des mains du Père la Colombière, elle a la vision des trois cœurs : le plus grand est celui du Christ, uni désormais aux deux plus petits que sont ceux de Marguerite-Marie et de Claude.

 

Marguerite-Marie Alacoque

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Née le 22 juillet 1647, Marguerite-Marie Alacoque entre au monastère de la Visitation à Paray-le-Monial en 1671. Le 27 décembre 1673, le Christ lui apparaît. Elle reçoit un premier message : « Mon divin Cœur est si passionné d’amour pour les hommes, et pour toi en particulier, que ne pouvant plus contenir en lui-même les flammes de son ardente charité, il faut qu’il les répande par ton moyen. » Jésus demande à la voyante de « faire connaître aux hommes l’Amour débordant de Dieu… » Un an plus tard, elle voit de nouveau le cœur de Jésus « tout rayonnant de gloire avec ses cinq plaies brillantes comme cinq soleils ». En 1675, Jésus lui dit : « Voilà ce Cœur qui a tant aimé les hommes, qu’il n’a rien épargné jusqu’à s’épuiser et se consommer pour leur témoigner son amour ; et pour reconnaissance, je ne reçois de la plupart que des ingratitudes, par leurs irrévérences et leurs sacrilèges, et par les froideurs et les mépris ». Jésus poursuit en demandant que soit rendu un culte public au Sacré-Cœur. Elle meurt à Paray-le-Monial le 17 octobre 1690. Elle est canonisée en 1920.

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JESUS-CHRIST, SACRE-COEUR DE JESUS

fête du Sacré-Coeur de Jésus

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L’ARBRE DE VIE, par SAINT BONAVENTURE

« En toi est la source de vie » Considère attentivement, toi qui as été racheté, quel est celui qui, pour toi, est suspendu à la Croix, quelle est sa grandeur, quelle est sa sainteté, lui dont la mort rend la vie à ceux qui sont morts, lui dont le trépas met en deuil le ciel et la terre, et fait se briser les pierres les plus dures. Pour que, du côté du Christ endormi sur la Croix, surgisse l’Église, et pour que soit accomplie la parole de l’Écriture : Ils contempleront celui qu’ils ont transpercé, la sagesse divine a bien voulu que la lance d’un soldat ouvre et transperce ce côté. Il en sortit du sang et de l’eau, et c’était le prix de notre salut qui s’écoulait ainsi. Jailli de sa source, c’est-à-dire du plus profond du cœur du Christ, il donne aux sacrements de l’Église le pouvoir de conférer la vie de la grâce et, à ceux qui ont déjà en eux la vie du Christ, il donne à boire de cette eau vive qui jaillit jusque dans la vie éternelle. Debout ! toi qui es aimé du Christ, sois donc comme la colombe qui fait son nid sur le bord de l’abîme. Et là, comme l’oiseau qui a trouvé un nid, ne te relâche pas de ta vigilance ; là, comme la tourterelle, viens cacher les enfants de ton amour chaste, et de cette plaie approche tes lèvres pour puiser de l’eau à la source du Sauveur. C’est là qu’on trouve la source qui jaillissait au milieu du Paradis et qui, se partageant en quatre bras puis répandue dans les cœurs aimants, arrose et féconde la terre tout entière.  À cette source de vie et de lumière, accours donc, animé d’un brûlant désir, qui que tu sois, toi qui es donné à Dieu, et de toute ta force, du plus profond de ton cœur, crie vers lui : O beauté ineffable du Dieu très-haut, éclat très pur de l’éternelle lumière, vie qui communique la vie à tous les vivants, lumière qui donne son éclat à toute lumière, toi qui conserves dans leur immuable splendeur et leur diversité les astres qui brillent, depuis la première aurore, devant le trône de ta divinité ! O jaillissement éternel et inaccessible, plein de lumière et de douceur, de cette source cachée à tous les regards humains ! profondeur sans fond, hauteur sans limite, grandeur incommensurable et pureté inviolable ! C’est de toi que coule ce fleuve qui réjouit la cité de Dieu et c’est grâce à toi qu’aux accents des acclamations et des actions de grâce, nous pouvons te chanter le cantique de louange, car nous pouvons témoigner, par expérience, qu’en toi est la source de la vie, et que par ta lumière, nous verrons la lumière.