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Annonciation : Eglise du Saint-Esprit (Aix-en-Provence)

Retable du Parlement dans l’Eglise du Saint-Esprit 

L’Annonciation

 

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Au revers du retable du Parlement dans l’Eglise du Saint-Esprit(Aix-en-Provence).

 

 

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Le Retable du Parlement avec le panneau central repreésentant l’Assomption de la Vierge Marie.

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A l’intérieur de l’Eglise du Saint-Esprit à Aix-en-Provence

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A l’intérieur de l’Eglise du Saint Esprit

Mobilier classé Monument Historique conservé dans l’édifice :

Tableau : La Pentecôte
Orgue de tribune : partie instrumentale de l’orgue
Orgue de tribune : buffet d’orgue
Orgue de tribune
Croix de procession et sa hampe
Ciboire
Tableau : Crucifixion
Tableau : Saint François
Encensoir
Tableau : Vision ou Mort de saint Jérôme
Calice
Paire de chandeliers
Ensemble de sept vases
Croix-reliquaire
Fonts baptismaux
Plat de quête
Tableau ex-voto

13002920-Aix-en-Provence-Interieur-de-lEglise-du-Saint-EspritIl est résolument moderne, les lignes sont épurées, les arcs sont en plein-cintres. Laurent Vallon joue énormément avec l’espace, créant de nombreuses illusions : les nefs latérales sont écrasées par la nef principale afin de donner une impression d’espace, et une corniche fait le tour de tout l’intérieur, constituant un liant unifiant les différents éléments de l’église en assurant une continuité.

Très riche, mais hétéroclite, la décoration de l’intérieur de l’église du Saint-Esprit s’est étoffée au cours des troubles révolutionnaires, ainsi qu’au…

Voir l’article original 783 mots de plus

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Tableau « La Pentecôte » de Jean Daret dans l’église du Saint-Esprit (Aix-en-Provence)

La Pentecôte

 

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Ce tableau de Jean Daret date de 1653

Aujourd’hui on ne peut admirer que la partie centrale : l’Annonciation et le Baptême du Christ ont disparu ainsi  que deux autres manifestations du Saint-Esprit qui l’encadraient. Seule subsiste la partie centrale. L’ensemble avait été commandé à Jean Daret par la confrérie du Saint-Esprit dont les noms sont inscrits sur le parapet au premier plan à gauche ainsi que la date d’achèvement du tableau : 1653.

Composition recueillie qui s’ouvre sur la figure lumineuse de Marie entourée des Apôtres ordonnés comme en une frise dont les horizontales équilibrent le jeu des verticales ascendantes qui accompagnent les regards levés vers l’apparition.

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Hommage à Jean Daret

 

 

 

 

 

 

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L’Eglise du Saint-Esprit vue de l’extérieur

Eglise du Saint-Esprit : Extérieur

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Vue sur la façade de l’église du Saint-Esprit

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Saint Roch : Au dessus du presbytère

 

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Au dessus des portes de l’église

 

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Détail d’un chapiteau

 

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Les grandes portes de l’entrée de l’église

 

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La porte de l’entrée de « l’accueil »

 

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Détail qui orne la porte de l’entrée de l’église

 

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Ornementation de l’une des portes de l’glise

 

 

Porte d’entrée et plaque en l’honneur de l’abbé Emery, curé de la paroisse du Saint-Esprit

 

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Rue Espariat ; hier et aujourd’hui (Bibliothèque Méjanes)

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Un paroissien inatendu au Saint-Esprit

 

Mirabeau-la Bourrasque se marie à Saint-Esprit…

ça promet !

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Le mariage de la Bourrasque

Mais l’église voit surtout se dérouler un grand moment, en ce jour de 23 juin 1772 : le mariage de Mirabeau ! Le comte de Mirabeau Gabriel-Honoré de Riquetti, 23 ans, se marie avec la demoiselle Marie-Marguerite-Emilie de Covet de Marignane, 19 ans !

La jeune fille est une riche héritière, courtisée par tout ce qui se fait de plus noble dans le pays. Mais elle a dit oui à celui qu’on surnomme monsieur de la Bourrasque, Mirabeau ! Incompréhensible… Emilie, si jolie, lui si moche ! Un visage à faire peur, ravagé par la petite vérole, une gueule effrayante qu’il décrit lui-même comme une « hure »… En plus, le monsieur a des mauvaises manières et il n’a pas un sou en poche.

Mais qu’est-ce qui a traversé la tête de leur fille pour aller s’amouracher d’un homme pareil, ont dû penser, effrayés, les parents d’Emilie en découvrant le carrosse de Mirabeau arrêté devant chez eux toute une nuit ? Là, ça suffit : on crie au scandale, il faut marier les deux jeunes gens. Chose faite en 1772 ! Mais les parents d’Emilie coupent les ponts et ne leur versent plus un kopeck.

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Tant pis ! Notre Bourrasque multiplie les dettes chez tous les commerçants d’Aix… Ce qui lui vaudra un emprisonnement au château d’If plus un divorce, en 1783. 6 ans plus tard, Mirabeau se fait élire aux Etats-Généraux…

 

https://fr.anecdotrip.com/anecdote/mirabeau-la-bourrasque-se-marie-a-saint-esprit-ca-promet-par-vinaigrette

 

 

Biographie de Mirabeau

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Ecrivain, journaliste et homme politiquerévolutionnaire
1749-1791    

Honoré Gabriel Riqueti, comte de Mirabeau, plus connu sous de nom de Mirabeau, est né dans le château de Bignon-Mirabeau dans le Loiret. Souffrant de malformations physiques (un pied tordu, deux grandes dents et une énorme tête) et défiguré à l’âge de trois ans par la petite vérole, il compense sa laideur impressionnante par une remarquable intelligence et vivacité d’esprit.
Mirabeau étudie le droit à l’université d’Aix-en-Provence. Il mène une vie de débauche et a des relations très difficiles avec son père. Pour le soustraire à ses dettes ce dernier le fait enfermer plusieurs fois au fort de Vincennes. Après un exil au château de Joux (Jura), il s’enfuit en Hollande avec Sophie de Ruffey, épouse du marquis de Monnier. Condamné à mort par contumace, il est extradé en France et emprisonné pendant trois ans dans le fort de Vincennes où il écrit « Lettres à Sophie » et rencontre le marquis de Sade qui y est enfermé à cette époque.

Libéré en 1780, Mirabeau essaie de vivre en écrivant et publiant des textes politiques et notamment un Essai sur les lettres de cachet et les prisons d’État (1782). En 1786, Talleyrand lui obtient une mission secrète à Berlin, où il reste pendant six mois pour le compte du Contrôleur général des finances, Charles Alexandre de Calonne.

A la veille de la Révolution, rejeté par la noblesse, Mirabeau est nommé au Tiers-état d’Aix-en-Provence en 1789 puis à l’Assemblée nationale dont il devient l’un des plus illustres orateurs grâce à son éloquence hors du commun.

Il est l’auteur de la célèbre phrase prononcée pendant les États généraux, lors de la séance royale du 23 juin 1789 :
« Allez dire à ceux qui vous envoient que nous sommes ici par la volonté du peuple, et qu’on ne nous en arrachera que par la puissance des baïonnettes. »

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Mirabeau participe à la rédaction de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen. Avec Condorcet, La Fayette et l’Abbé Sieyès, il fait partie de la Société des amis des Noirs qui défend l’abolition de la traite des Noirs et la fin progressive de l’esclavage. Voulant réconcilier le roi et l’Assemblée nationale, il se montre favorable à une monarchie constitutionnelle forte pour laquelle il défend sans succès le véto absolu, tout en continuant à défendre le peuple. Il contribue à la nationalisation des biens du clergé.

Mirabeau meurt brusquement, usé par le travail et les excès, le 2 avril 1791 à l’âge de 42 ans. Sa mort est perçue comme un deuil national et son corps est amené en grande pompe au Panthéon. En 1792, on découvre par sa correspondance qu’il s’était rallié secrètement au roi Louis XVI qu’il informait et conseillait en échange d’argent pour payer ses dettes. Il est accusé de trahison et sorti du Panthéon en 1794.

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Grande rue Saint Esprit

Les Rues d’Aix – Grande rue St Esprit

Les Rues d’Aix
ou recherches historiques sur l’ancienne capitale de Provence
par Roux-Alpheran en 2 tomes 1848 et 1851

PARTIE SUPÉRIEURE

DE LA

GRANDE-RUE-SAINT-ESPRIT

A portion de la rue actuelle de ce nom , qui s’étend depuis la place Saint-Honoré jusqu’à l’ouverture de la rue de Nazareth, n’en faisait pas partie anciennement et se trouvait comprise dans ce qu’on appelait la rue des Salins qui se prolongeait jusqu’à l’extrémité orientale de celle des Gantiers. 1 Sur la ligne septentrionale de cette portion, est situé le bel hôtel d’Eguilles auquel sont attachés une foule de souvenirs. Cet hôtel fut bâti vers 1675, sur les dessins du célèbre architecte Pierre Puget, surnommé le Michel-Ange français, par les soins de Magdelaine de Forbin d’Oppède, veuve de Vincent de Boyer, seigneur d’Eguilles, conseiller au parlement, le même qui avait été l’héritier du poète Malherbe. 2 Jean-Baptiste de Boyer d’Eguilles, conseiller au parlement, né à Aix le 21 décembre 1645, mort le 4 octobre 1709, fut un amateur très distingué des beaux-arts et possédait l’un des plus riches cabinets qui aient jamais existé dans cette ville. On y voyait un grand nombre de tableaux originaux de Raphaël, d’André del Sarto, du Titien, de Michel-Ange Caravage, de Paul Véronèse, du Corrège, du Carrache, du Tintoret, du Guide, de Poussin, de Bourdon, de Lesueur, de Puget, de Rubens, de Van-Dyck, etc. Il avait gravé lui-même plusieurs de ces tableaux qu’on trouve dans la première édition de ses estampes, publiée en 1709, par Coelmans 3 et par Barras 4, et qui ne se trouvent plus dans la seconde édition donnée par Mariette, à Paris, 1744, in-f°. 5
Jean-Baptiste de Boyer, marquis d’Argens, 6 célèbre petit-fils du précédent, né dans cet hôtel le 27 juin 1703, et non le 24 juin 1704, comme il est dit dans toutes les biographies, 7 est si connu par le nombre et la nature de ses ouvrages, qu’il serait superflu d’en parler longuement ici. Nous nous bornerons donc à dire que le grand Frédéric roi de Prusse, dont le marquis philosophe fut longtemps le chambellan et l’ami, lui fit élever dans l’église des minimes d’Aix, à sa mort arrivée en 1771, un mausolée en marbre qui se trouve aujourd’hui au musée de la ville, et dont on petit lire la description dans Millin. 8
Alexandre-Jean-Baptiste de Boyer, seigneur d’Eguilles, président au parlement, frère puîné du marquis d’Argens, né dans le même hôtel le 29 mars 1708, mort le 8 octobre 1785, fut un des plus grands magistrats de son temps. En 1745 le roi Louis XV le députa auprès du Prétendant d’Angleterre, le prince Charles-Edouard Stuart, auquel il conduisit un secours en hommes et en argent lors de sa descente en Ecosse.
En 1762 commencèrent les poursuites que le parlement d’Aix dirigea, comme les autres parlements de France, contre la société de Jésus et qui se terminèrent par son fameux arrêt du 28 janvier 1763, portant suppression des jésuites dans toute l’étendue de son ressort, condamnation de leur morale, etc. Le président d’Eguilles et plusieurs de ses collègues dévoués à la société, tentèrent d’incroyables efforts pour empêcher sa ruine, prévenir l’arrêt ou le faire révoquer. Le président rendit publics des mémoires qu’il avait présentés au roi contre le parlement qu’il accusait de prévarication dans cette affaire; ensuite de quoi il fut mis en mercuriale par sa compagnie qui, par arrêt du 17 mai de la même année 1763, condamna le président de Boyer d’Eguilles à être et demeurer banni du royaume à perpétuité ; l’abbé de Barrigue-Montvalon, conseiller-clerc, à être banni de la province et du ressort de la cour pendant le temps et terme de vingt années ; les conseillers de Coriolis, Laugier de Beaurecueil, Deydier-Curiol de Mirabeau, d’Arbaud de Jouques père, de Barrigue-Montvalon père, et de Barrigue-Montvalon fils, à être rayés de la liste des officiers de la cour comme incapables d’exercer aucun office de magistrature ; enfin, les conseillers Méri de la Canorgue et de Cadenet de Charleval, à être et demeurer interdits de toutes fonctions de leurs charges pendant le temps et terme de quinze années.
Cet arrêt, auquel concoururent trente-trois membres du parlement, les autres s’étant abstenus soit comme parents des prévenus, soit comme ayant témoigné dans la procédure, excita des haines dans Aix qui ne disparurent entièrement qu’à la révolution, lorsque des dangers communs réunirent les hautes classes de la société menacées également par les partisans des nouvelles opinions. 9

Le président d’Eguilles laissa en mourant des mémoires très curieux contenant l’histoire de sa vie et qui sont demeurés manuscrits, sauf la partie relative à l’expédition du prince Edouard. 10 M. de Monclar les appelait, assez plaisamment. le roman de M. d’Éguilles, voulant faire allusion à ceux que le marquis d’Argens, son frère, avait publiés en si grand nombre.
Un autre de leurs frères, Luc de Boyer d’Argens, chevalier de Malte, né à Aix en 1710, a fait imprimer, à la Haye, chez Paupie, en 1739, des Réflexions politiques sur l’état et les devoirs des chevaliers de Malte, en un petit volume in-16.
L’hôtel d’Albertas qui touche immédiatement le précédent, est infiniment plus vaste et le surpassait en magnificence. Les vieillards se souviennent encore du grand état de maison que ses maîtres y tenaient avant la révolution, à l’égal de ceux du gouverneur ou du commandant en chef de la province, du premier président du Parlement qui unissait à ses fonctions celles d’intendant de Provence, de l’archevêque président-né des états et premier procureur-né du pays, et d’autres nobles seigneurs que leur haute position et leur grande fortune plaçaient à la tête de la province et de la cité. Ces hautes positions et ces grandes fortunes qui élevaient jadis la ville d’Aix au rang des premières villes de France, ont disparu avons-nous dit plus haut. Puissent du moins nos faibles écrits en perpétuer pendant quelque temps le souvenir !
Henri-Reynaud d’Albertas, seigneur de Bouc et de Dauphin, etc., succéda en 1707, aux quatre Seguiran, marquis de Bouc, ses aïeux maternels qui, durant un siècle, avaient occupé, de père en fils, la charge de premier président de la Cour des comptes, aides et finances de Provence. C’est lui qui, sur la fin de ses jours, entreprit la construction du superbe hôtel dont nous parlons. Jean-Baptiste d’Albertas, son fils et son successeur, en acheva la bâtisse et fit construire au-devant, en 1745 et 46 la jolie place en forme de fer à cheval qui porte son nom, ornée de maisons d’une élégante symétrie, au nombre desquelles se trouve celle de l’honorable chef actuel de la cité. 11 Jean-Baptiste d’Albertas, après avoir résigné sa charge à son fils 12 en 1775, jouissait en paix des douceurs de la vie et d’une considération justement méritée, lorsque la révolution éclata, il fut l’un des premiers gentilshommes possédant fiefs qui, aux états-généraux de Provence tenus à Aix au commencement de 1789, fit volontairement le sacrifice des privilèges pécuniaires dont jouissaient ses terres nobles et il signala par de nombreux actes de bienfaisance son désir de maintenir la paix publique. Le 14 juillet 1790, jour mémorable de la fédération qu’on célébrait dans toute la France, il partageait l’allégresse générale dans son parc de Gémenos, se mêlant familièrement à ses anciens vassaux, lorsqu’un monstre s’approcha de lui et le perça d’un coup de couteau qui l’étendit mort sur la place. Les repas, les jeux et les danses furent interrompus à l’instant et le lâche auteur de cet exécrable assassinat, Anicet Martel, fut arrêté et conduit à Aix où il ne tarda pas à expier son crime sur l’échafaud. Par arrêt du Parlement, le dernier que cette cour prononça eu matière criminelle, Anicet Martel fut roué vif, le 2 août suivant malgré quelques tentatives qui furent faites sur le lieu et au moment de l’exécution pour le soustraire au supplice. 13
Nous avons tous vu en 1814 les fêtes brillantes, les superbes illuminations qui eurent lieu à l’hôtel d’Albertas, à l’occasion du retour des Bourbons. La vertueuse fille du duc de Penthièvre, alors duchesse douairière d’Orléans, y logea pendant quelques jours au mois de juillet et S. A. R. MONSIEUR, comte d’Artois qui a été depuis l’infortuné Charles X, y passa une partie de la journée du 29 septembre et la nuit suivante, puis une seconde fois, à son retour de Marseille et de Toulon, charmant tous les cœurs par sa douce affabilité, son urbanité chevaleresque et toutes les grâces répandues sur sa personne. Combien la ville d’Aix était heureuse alors de le posséder dans ses murs ! Quel enthousiasme, disons mieux, quel délire l’accompagnait partout où il se montrait! Et qu’on était loin de prévoir les nouveaux malheurs qui devaient accabler ce prince et son auguste famille !
Sur l’emplacement de cet hôtel existait à la fin du XVIe siècle la maison qu’habitait Jean Agar, de Cavaillon, conseiller au Parlement d’Aix, l’un des plus ardents ligueurs de Provence. Il commanda plusieurs fois les troupes levées par sa compagnie contre le service d’Henri III et d’Henri IV, notamment en 1589 au siége de Grasse après la mort du baron de Vins. S’étant brouillé à cette époque avec la fameuse comtesse de Sault dont nous parlerons ailleurs 14 et qui méditait déjà d’appeler le duc de Savoie en Provence, il fit cacher dans le palais, de concert avec trois de ses collègues, pendant la nuit du 14 au 15 mars 1590, trois cents hommes de troupe, espérant forcer le Parlement à se déclarer contre la comtesse et faire prévaloir le comte de Carces sur le duc.
Mais les consuls et le conseiller Honoré Sommat du Castellar, chef de la faction opposée, s’étant montrés ayant à leur suite deux pièces de canon et environ neuf cents hommes qui criaient dans les rues : Vive la Messe et son Altesse ! ceux qui gardaient le palais prirent la fuite ; Agar et ses collègues les conseillers Pierre Puget, seigneur de Tourtour, Melchior Desideri et Arnoux de Bannis, seigneur de Châteauneuf, coururent se cacher derrière une vieille tapisserie où il furent bientôt découverts. 15 On les traîna honteusement en prison d’où ils furent transférés le 7 mai suivant au château de Meyreuil. Le duc de Savoie les en fit sortir au mois de novembre 1591 après s’être brouillé à son tour avec la comtesse de Sault, et ils rentrèrent dans la compagnie. Agar mourut le 4 septembre 1595, huit mois après que la ville d’Aix eût reconnu Henri IV, et il fut enseveli le lendemain dans l’église des Augustins, accompagné de toute la cour, des consuls et des plus notables habitants de la ville qui tous honoraient son mérite personnel, malgré les égarements dans lesquels l’esprit de parti l’avait entraîné.
Sur le sol de la place d’Albertas existait la maison de la famille de Paule, qui nous était venue de Marseille où elle tenait un rang honorable. Louis de Punie, reçu procureur général au parlement d’Aix en 1611, puis conseiller en la même cour en 1614, était soupçonné d’être favorable à l’établissement des Elus que les états de la province repoussaient comme contraire aux privilèges du pays. C’en fut assez pour que ses ennemis ameutassent la populace contre lui en 1650, lorsque le cardinal de Richelieu, premier ministre, voulut faire cet établissement. La maison de Paule fut saccagée et pillée le 27 octobre, comme celles du prévôt Dumas, de l’auditeur Chaix et du greffier Menc, ainsi que nous le dirons plus longuement ailleurs. 16 Quant à de Paule, il en fut dédommagé deux ans plus tard par le don que lui fit le roi de la charge de président, qui venait d’être confisquée sur Laurent de Coriolis. 17
La maison qui fait le coin opposé à l’hôtel d’Albertas et dont nous avons vu abattre une partie, il y a peu d’années, pour l’élargissement de la rue de l’Official, a appartenu, pendant près de trois cents ans, à l’une des plus anciennes familles consulaires, aujourd’hui éteinte, et celle qui avait peut-être le mieux mérité l’affection et la reconnaissance du pays. Nous voulons parler de la famille Gaufridi dont le nom est cependant presque oublié dans Aix, au point qu’on l’y appelle Gaufrédi lorsqu’on parle d’un charmant pavillon qui lui avait également appartenu pendant plus de deux siècles, et qui est situé à l’extrémité du Faubourg, sur la route d’Avignon, dans le voisinage de l’ancien couvent des chartreux et de celui des dames du Sacré-cœur. 18 Sans entrer dans la généalogie de cette famille, qui avait fourni un très grand nombre de consuls et d’assesseurs d’Aix depuis 1572, et des magistrats distingués tant au parlement qu’à la cour des comptes, nous allons mentionner ceux d’entre eux qui se firent le plus remarquer par leur amour pour la patrie, leurs lumières et leur talent. Alexis Gaufridi était assesseur lorsque fut mis à exécution le célèbre édit de la réformation de la justice en Provence, donné par François 1er, au mois de septembre 1535, et en vertu duquel il fut mis en possession, avec les trois consuls ses collègues, par le président Feu, commissaire à ce député par le roi, en présence des Etats-généraux assemblés dans le réfectoire des PP.prêcheurs, le 4 décembre de la même année 1535, de la charge de procureurs-nés des gens des trois états du pays et comté de Provence. L’empereur Charles-Quint entra dans cette province au mois d’août de l’année suivante 1536. Gaufridi et ses collègues s’en étaient déjà absentés pour ne pas être contraints de paraître devant lui et de subir la loi de cet ennemi de leur légitime souverain, comme on le verra ailleurs ; 19 et depuis il fut deux fois premier consul, en 1543-44 et en 1551-52, 20 donnant toujours des preuves de son zèle et de sa capacité. Il mourut en 1584, faisant profession de la religion reformée. 21
Jacques Gaufridi, son petit-fils, né à Aix en 1597, fut deux fois assesseur d’Aix, ensuite président de la chambre des requêtes établie près le parlement en 1641, enfin premier président du parlement semestre. Il fut le principal conseil du comte d’Alais, gouverneur de Provence, et partagea la haine populaire que l’établissement du Semestre excita contre ce prince c’est pour cette raison que sa maison, qui est celle dont nous parlons, fut saccagée, ses meubles et ses livres pillés ou brûlés le 20 janvier 1649, 22 et il fut obligé lui-même de s’absenter de la province pendant un grand nombre d’années pour échapper à la rage de ses ennemis. Revenu à Aix longtemps après, il vécut dans la retraite et mourut en 1684, dans son pavillon voisin des chartreux, dont nous avons parlé ci-dessus et à l’occasion duquel nous donnerons ci-après une biographie plus ample de cet illustre magistrat.
Jean-François de Gaufridi, baron de Trets, fils du précédent, naquit à Aix le 13 juillet 1622 et fut reçu conseiller au parlement en 1660. Il composa une Histoire de Provence, qu’après sa mort, arrivée le 2 novembre 1689, Anne de Grasse-Mouans, sa veuve, et l’abbé de Gaufridi, leur fils, donnèrent au public, en deux volumes in-f°.23 Cette histoire est exacte pour les faits, particulièrement ceux du XVIe siècle, et renferme des recherches curieuses; mais l’auteur ne cite jamais les sources où il a puisé, et ce défaut nuit beaucoup à la confiance qu’on peut avoir en lui.
Jacques-Joseph de Gaufridi, fils de l’historien, né encore dans la maison dont nous parlons le 1er janvier 1674, fut reçu, en 1701 avocat-général au parlement, et se signala par son érudition et son éloquence jusqu’à sa mort arrivée en 1741. C’est lui qui vendit l’ancienne demeure de sa famille.

1 C’est encore une des bévues commises en 1811 et dont nous avons parlé plus haut. pag. 8, note 1Retour

2 Voyez nos Recherches biographiques sur Malherbe et sur sa famille, Aix, Nicot et Aubin, 1840, in-8° de 64 pag., avec fac-similé de quatre signatures différentes de Malherbe. Ces recherches se trouvent aussi dans le tome IV des Mémoires de l’Académie des sciencesagriculture, arts et belles-lettres d’Aix. Elles furent suivies d’un appendice, à Aix, chez les mêmes, 1841, trois p. in-8°. Retour

3 Jacques Coelmans, né à Anvers, de Guillaume Coelmans et de Marguerite de la Garde, se fixa à Aix vers la fin du XVIIe siècle, et s’y fit connaître par un nombre infini de gravures, notamment de portraits que les curieux conservent encore. Il s’était marié à Aix en 1699 et y mourut le 11 février 1732, âgé de 66 ans. Retour

4 Sébastien Barras, peintre et graveur, était né en 1653, ce qui résulte de son acte de mariage avec Catherine Orcel, du 25avril 1691, paroisse Ste Magdelaine, où il se dit âgé de 38 ans et fils de Bris Barras et de Françoise Jaubert. Ses gravures sont aussi rares qu’estimées et par cela même très recherchées. Ses peintures ne sont pas moins précieuses. La principale est un plafond magnifique dans la grande salle du rez-de-chaussée de l’hôtel d’Eguilles, hôtel appartenant aujourd’hui à M. Augier, négociant, et où l’on ne voit plus que ce plafond peint par Barras et une superbe statue colossale représentant un Faune qu’on attribue à P.Puget, et qui est plus probablement de Christophe Veyrier, son élève. Tout le reste du beau cabinet de messieurs d’Eguilles a disparu. Retour

5 Voyez son article dans la Biographie universelle de Michaud, t. V, p. 246, où il y a bien des erreurs quant aux dates. Retour

6 La terre d’Argens, près Castellane, fut érigée en marquisat en 4722, en faveur de Pierre-Jean de Boyer, seigneur d’Eguilles, procureur-général au parlement, qui en fit prendre le nom et le titre à son fils aîné alors âgé de 19 ans. Retour

7 Nous avons commis la même erreur dans nos Recherches biographiques sur Malherbe, pag. 58, et nous la rectifions ici, après avoir vérifié les registres des baptêmes de la paroisse Sainte Magdelaine. Retour

Voyage dans les départements du midi, tom. II, p. 249 et suiv. Retour

9 Le roi adoucit, quelques années après, la rigueur de cet arrêt qui n’avait été rendu que par contumace contre le président, et il lui fut permis de se retirer dans sa terre d’Éguilles où il mourut. On raconte qu’il s’y faisait raser par un barbier qui était en même temps le chirurgien du lieu. Un jour ayant été assez fortement indisposé, il fit appeler le docteur Pontier, habile médecin et chirurgien d’Aix, en qui il avait confiance, ce qui humilia singulièrement le barbier. Celui-ci lui en fit ses plaintes, prétendant qu’il en aurait su autant que le docteur, et citant pour exemple l’opération de la pierre qu’il avait pratiquée depuis peu sur un habitant d’Eguilles. – Tu as raison d’en tirer vanité, dit le président ; n’est-il pas vrai que le malade mourut dans tes bras, sous l’opération ? – Belle question répondit le barbier; le malade mourut dans mes bras, je l’avoue ; mais n’est-il pas vrai aussi que je finis par lui extraire la pierre ? (Noun aguéri la peiro !). Le malheureux avait terminé l’opération sur le cadavre du patient ! Retour

10 On la trouve dans les Archives littéraires de l’Europe, etc., par une société de gens de lettres, t. 1er, p. 78 à 101, Paris, 1804, in-8°. Retour

11 M. Antoine-François Aude, notaire royal, maire d’Aix, officier de l’ordre royal de la Légion D’honneur. Retour

12 M. le marquis d’Albertas (Jean-Baptiste Suzanne), qui fut depuis préfet des Bouches-du-Rhône et pair de France sous la Restauration, mort en 1829.Retour

13 Anicet Martel et l’exécuteur étaient à peine arrivés sur l’échafaud, lorsque des pierres, lancées par des malintentionnés répandus dans la foule des spectateurs qui encombraient la place et la toiture des maisons voisines, annoncèrent le dessein formé d’exciter du désordre et d’enlever l’assassin. Mais quelques coups de fusils chargés à poudre et tirés en l’air par les soldats de l’escorte, suffirent pour dissiper les attroupements. Cependant l’exécuteur s’était évadé et Martel se voyant libre, s’était élancé de l’échafaud, espérant se sauver à l’aide du tumulte. Un capitaine au régiment de Lyonnais, M. Payan de la Tour, qui commandait l’escorte, le retint en le collant à terre avec la pointe de son épée qu’il lui appuya sur la poitrine. Le bourreau ayant été retrouvé dans un confessionnal de l’église des capucins, hors la ville (aujourd’hui celle de l’hôpital Saint-Jacques), où il était allé se cacher, fut ramené sur les lieux et il consomma l’exécution. A. Martel, à peine âgé de vingt ou vingt-un ans, était un très petit homme, bossu, ayant la tête grosse et le visage effilé. Retour

14 Voyez ci-après, rue du Pont-MoreauRetour

15 C’est ce qu’on nomma dans le temps la journée du palaisRetour

16 Voyez ci-après rue du Grand-Séminaire, Petite rue saint jean, place de la Plate forme et rue Villeverte. Retour

17 Le dernier rejeton de la famille de Paule, vendit cette maison à M. d’Albertas qui la fit abattre pour y construire la place actuelle. Nous avons ouï dire à notre aïeul maternel, dont la maison visait sur cette place, que M. de Paule, voulant forcer pour ainsi dire la vente de la sienne, en avait fait barbouiller la façade en gris très foncé et presque noir, en sorte que l’hôtel d’Albertas était dans l’obscurité pendant la plus grande partie du jour, la rue des Salins, comme on l’appelait encore alors, étant fort étroite à cette époque, principalement dans cette partie. Retour

18 Le dernier Gaufridi, fils de l’avocat-général, fit héritier de ses biens son neveu d’Estienne du Bourguet, conseiller au parlement, à la charge de porter le nom et les armes de Gaufridi. Croirait-on que le fils de celui-ci étant mort en 1851, on a placé sur sa tombe, au cimetière d’Aix, une inscription sépulcrale dans laquelle il est nommé d’Estienne-Gouffrédy ? Cette erreur a sans doute été commise à l’insu de la famille à laquelle nous la signalons pour l’honneur d’un nom aussi recommandable à tant de titres, et qu’on ne devrait pas défigurer, ce nous semble. Retour

19 Voyez rue Sainte-CroixRetour

20 Nous observerons une fois pour toutes, que jusqu’en 1669, les consuls et assesseur d’Aix et avant eux les syndics de la ville, entraient en exercice le 1er novembre et restaient en charge jusqu’au 31 octobre de l’année suivante, ce que nous expliquons par abréviation on disant 1543-44, 1551-52, et ainsi chaque fois que l’occasion s’en présentera. Faute d’avoir fait cette observation, quelques auteurs ont placé sous tel ou tel consulat des faits qui appartenaient au consulat précédent ou au suivant, et nous en citerons plusieurs exemples remarquables. Retour

21 Voyez son testament du 1er juin 1584, Nicolas Borrilli, notaire, par lequel il exprime la volonté d’être enterré suivant les usages de cette religion.Retour

22 Voyez ci-après rue et procession de Saint SébastienRetour

23 A Aix, chez David, 1694. Voyez le Journal des savants du 19 Janvier 1699 ;
– la Bibliothèque historique de la France, par P. Lelong, tom. III, n° 38110 ;
-et la Biographie universelle de Michaud, tom. XVI, pag. 575, au mot GaufridiRetour

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Jean Espariat (1747-1827)

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Jean Espariat (1747-1827)

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Espariat calmant les oppositions entre soldats de Royal-Vexin et Royal-Marine.

Jean Espariat (Aix-en-Provence, 17 septembe 1747 – 14 janvier 1827)) est un avocat français qui fut le premier maire de la ville d’Aix-en-Provence, commissaire du Roi pour la création du département des Bouches-du-Rhône, président du Tribunal civil du district d’Aix, député à l’Assemblée Législative, procureur général sous l’Empire et chevalier de la Légion d’honneur. Il reste célèbre pour son intervention courageuse ayant évité un massacre entre le régiment de Royal-Vexin et celui de Royal-Marine le 26 mai 1790.

 

Biographie

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Avocat au parlement d’Aix

Issu d’une ancienne famille provençale enrichie dans le commerce (soie, orfèvrerie, …) Jean Espariat est avocat au Parlement jusqu’aux  débuts de la Révolution française.

 Administrateur d’Aix lors de la Révolution

Jean Espariat est proclamé premier maire d’Aix le 10 février 1790 au soir avec 663 voix sur 858 votants, contre le président de la chambre des Comptes, Aides et Finances de Provence, M. d’Albert de Bornes, installé à sa charge le 21 février. En revanche, l’élection des onze officiers municipaux est plus laborieuse et nécessite quatre jours. Jean Espariat est rapidement confronté aux débordements révolutionnaires.

Le 26 mai 1790, le maire Espariat, considéré comme un homme d’ordre modéré, se rend célèbre en s’interposant courageusement, décoré de son écharpe, entre un régiment patriote, le Royal-Vexin et un régiment royaliste, le Royal-Marine, alors que ceux-ci allaient s’entre-massacrer sur le cours Saint-Louis à Aix. Se jetant entre les deux régiments, il s’écrie : « Non, citoyens, je ne serai point témoin d’un aussi horrible spectacle, non, je n’aurai pas la douleur de voir mes frères s’exterminer entre eux. Faites feu, et la première victime sera celui qui voulait rétablir la concorde ». Des gravures restituent cet acte héroïque. De cette manière, Espariat prouve à ses administrés qu’il ne laisse pas l’anarchie s’installer et sauvegarde la paix civile à Aix durant quelques mois encore.

Espariat administre Aix dans un contexte agité et doit endurer les attaques répétées des Antipolitiques (menés par l’abbé Rive, révolutionnaire forcené) qui forment la faction la plus avancée de la Gauche. Il est élu juge du Tribunal civil d’Aix à l’automne 1790 et se démet de ses fonctions de maire alors que des massacres se préparent à Aix. À l’époque de ces massacres qui emportèrent notamment son collègue l’avocat Pascalis, Espariat avait, depuis le 11 novembre 1790, remis ses pouvoirs au vice-maire Toussaint-Bernard Émeric-Davidqui eut certaines difficultés à justifier ces débordements tant le corps municipal d’Aix sembla passif en cette occasion.

Jean Espariat fut également, au printemps 1790, l’un des trois commissaires du Roi délégués à la formation du département des Bouches-du-Rhône avec l’abbé de Quinson, prévôt de l’église d’Arles, et d’Antoine Balthazar Joachim d’André, député à la Constituante.

 Député à la Législative

Les électeurs envoient Jean Espariat, alors président du Tribunal civil du district d’Aix, à l’Assemblée législative pour le département des Bouches-du-Rhône en septembre 1791. Député de la Plaine, Espariat prend notamment la parole pour condamner les crimes d’Avignon et demander le renvoi des responsables devant la Haute Cour de justice. Mais c’est à la commission des finances qu’il se rend le plus utile.

 Procureur général sous l’Empire

À l’expiration de son mandat législatif, le 20 septembre 1792, Jean Espariat revient à Aix et reprend ses anciennes fonctions judiciaires. Il est emprisonné sous la Terreur Sous le Directoire, Espariat est administrateur du département des Bouches-du-Rhône. Sous le Consulat, Bonaparte nomme Jean Espariat procureur général près la Cour de justice criminelle des Bouches-du-Rhône et l’Empire en fera l’un des premiers chevaliers de l’Ordre de la Légion d’honneur. Il est également membre de la société académique d’Aix. Il décède le 14 janvier 1827 dans sa ville natale.

Rue Espariat à Aix-en-Provence

Une rue historique de sa ville natale porte le nom d’Espariat en son souvenir. Cette rue est la réunion de deux rues qui, avant 1811, se nommaient « rue des Salins » pour la partie haute et « rue du Saint-Esprit » pour la partie basse. C’était à cette époque une des portes d’entrée dans la ville d’Aix-en-Provence. Au bas de la rue, en effet, se dressait la porte des Augustins qui permettait de pénétrer dans l’ancienne ville comtale d’Aix.

En séance du 24 juillet 1879, parmi d’autres « dénominations nouvelles de quelques rues ….
… Le Conseil (municipal) émet le vœu suivant :…
5°)  que la rue Grande Saint Esprit s’appelle rue Espariat ».
(Archives Communales, registre D1 26, page 163 verso).

De plus, il avait habité non loin de là au n° 4 de la rue du Trésor (actuelle rue Paul-Doumer)

Sa vie

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Né à Aix (paroisse St-Sauveur) le 17 septembre 1747, dans une ancienne famille provençale enrichie dans le commerce. (les ESPARIAT avaient des racines à Roumoules dans les Alpes de Hte Provence), il devint avocat.

En 1790, il se présenta aux élections municipales : Il devint alors le premier maire élu de la ville

Si l’élection de leur maire n’avait pas passionné les aixois, l’accueil qu’ils lui réservèrent fut enthousiaste : 

Relation de la fête du 21 février 1790, en l’honneur du maire et du corps municipal au complet : 
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… »on alla chercher le maire chez lui pour l’amener en cérémonie…. annoncé par les tambours de deux compagnies de la milice citoyenne devant la porte principale de l’hôtel de ville que le patriotisme des citoyens avait décoré de guirlandes….présentation des armes par la troupe, haie d’honneur de la milice citoyenne, applaudissements, cris de joie, sonneries de trompettes…. 
Le maire remercia, fit un discours promettant de se dévouer à sa tâche et prononça le « serment de maintenir de tout son pouvoir la Constitution, d’être fidèle à la Nation, à la Loy et au Roy et de bien remplir ses fonctions »…. puis tout le corps municipal se rendit en cortège à la messe, et  retour en cortège dans les rues de la ville avec apparition au balcon de l’hôtel de ville aux cris de  ‘Vive la Nation’,  etc….(AC Cérémonial d’Aix, registre AA55, pages 322 à 328).

Un mandat bref (de février à novembre 1790) mais fertile en péripéties

Voici ce que durent affronter en quelques mois le maire et ses conseillers :

– la gestion quotidienne des affaires de la ville avec des difficultés d’approvisionnement en blé, et le maintien de l’ordre public car cette pénurie était cause d’émeutes,
– des tracasseries administratives dues au démantèlement de tout l’ancien système et son remplacement par de nouvelles structures, de nouvelles lois à appliquer et des rapports à transmettre à l’Assemblée à Paris,
– des tensions politiques entre les Royalistes encore présents, le Club des Amis de la Constitution (en faveur d’une révolution raisonnée, dans la légalité) et celui des Antipolitiques (réclamant une révolution violente) fondé par l’Abbé Rive, qui échauffait les esprits.
– des événements qui reflétaient le trouble de l’époque : quelques émeutes dans Aix dues au prix élevé du blé, des émeutes aux Milles ou les femmes s’étaient révoltées contre le « piquet » (péage du grain), troubles occasionnés par les régiments en garnison à Aix et leurs démêlés avec les « Marseillais », assassinat de Monsieur d’Albertas et  
   exécution à Aix de son meurtrier Anicet Martel., etc…
– sans oublier la création du Département des Bouches-du-Rhône, et la dissolution du Parlement de Provence.

Outre sa compétence au quotidien, son courage dans des circonstances exceptionnelles est resté dans les mémoires :

Un acte héroïque : les événements des 25 et 26 mai 1790

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La ville était en effervescence depuis le 23 mai : des insultes avaient été échangées entre le régiment de Royal-Vexin en garnison à Marseille et celui de Royal-la-Marine, stationné à Aix. 
Ce dernier était accusé de « faits de barbarie » sur certains de ses soldats (l’un était à l’infirmerie avec une oreille coupée et trois autres étaient emprisonnés en attendant leur jugement). 
Espariat avait d’ailleurs décidé de faire partir ce régiment qui menaçait l’ordre public.

Mais le 25 mai, il fut informé de l’approche d’une troupe de soldats armés venant de Marseille, composée de grenadiers du Régiment Royal Vexin et de soldats de la Garde Nationale de Marseille, venant demander réparation de l’affront subi. Il fit en sorte de les empêcher d’entrer en ville et les fit loger dans une auberge pour la nuit. Les troupes de Royal-la-Marine, et celles du Lyonnais aussi présent à Aix, furent consignées. 

Dès l’aube du lendemain 26 mai, Jean Espariat et tout le conseil municipal, aidés par les soldats du Rgt Lyonnais et de la Garde Nationale, s’employèrent à apaiser les arrivants, dont le nombre avait décuplé pendant la nuit, et à satisfaire au mieux à toutes leurs exigences, notamment obtenir « la rétractation des Injures, et une déclaration d’attachement à la Constitution et aux principes de l’Assemblée Nationale », puis une entrevue solennelle à la maison commune, etc…Après un défilé en cortège dans les rues de la ville, les « marseillais » avaient enfin pris le chemin du retour lorsqu’ils décidèrent de vouloir récupérer les soldats emprisonnés.

A partir de ce moment la situation semblait échapper à tout contrôle. Divisés en petits groupes fortement armés, les marseillais convergeaient vers la caserne de la Charité, suivis par la population, dont de nombreuses femmes. Ils furent heureusement devancés par Jean Espariat qui les persuada de le laisser agir en intermédiaire pour présenter leur requête. Le Régiment de Royal-la-Marine au grand complet était massé en ordre de bataille, attendant l’affrontement. Jean Espariat obtint de pouvoir s’avancer avec trois officiers municipaux et réclamer les soldats emprisonnés, au nom de la municipalité. Les soldats lui furent enfin remis par le Major, contre une décharge, et chacun rentra chez soi. Il est certain que par son courage, Monsieur Espariat avait évité un bain de sang.

Au soir du 26 mai, les membres du conseil municipal assemblés après cette journée mouvementée décidèrent de « relater les événements graves qu’ils avaient vécus, ainsi que la conduite héroïque de leur maire, Monsieur Espariat, afin d’en informer l’Assemblée Nationale ». Ils en dressèrent donc un « verbal » de six feuillets (Archives Communales, LL 73, fin du registre).

L’imagerie populaire illustra aussitôt l’événement. Même si on veut y voir « le thème amplement  exploité : les cadres modérés se flattent de contrôler les « fureurs » et de tenir la balance égale entre les deux parties », (HISTOIRE D’AIX-EN-PROVENCE, planche 53), symbolisé de façon simpliste, les faits sont indiscutables : le courage et le sens du devoir de M. ESPARIAT furent exemplaires.

La règle de non-cumul des mandats le contraignit à démissionner

Le 13 novembre 1790  Jean ESPARIAT, venant d’être nommé juge au Tribunal du district d’Aix, il signa sa lettre de démission du poste de maire. BOUCHE fut élu le 15, « maire en remplacement », mais aussitôt remplacé par EMERIC-DAVID, « président en absence de Monsieur le Maire », et le 16 novembre EMERIC-DAVID devint « président par démission de Monsieur le Maire » (BOUCHE)
 (Archives Communales – LL 74, Délibérations du Conseil Municipal,  pages 40, 44 et 45).

EspaDemission
                                                     
En 1791, il fut élu Président du tribunal civil du district d’Aix, puis député des Bouches-du-Rhône pour représenter notre département à l’Assemblée Législative à Paris en 1791 et 1792. Ensuite il revint à Aix où il reprit ses fonctions de magistrat. 
Le 25 prairial an XII (1804), Napoléon 1er le nomma Chevalier de la Légion d’Honneur.

En 1811, il devint Procureur général de la justice criminelle du département, et membre du Conseil de discipline et d’enseignement de l’école de Droit.

 Il décéda à Aix le 14 janvier 1827, en son domicile, 4 rue du Trésor (actuelle rue Paul-Doumer).

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<Sources : AD dépôt d’Aix (usuels) , AC Registres AA55, BB114, LL73, LL74
Bibliothèque Méjanes (usuels), Bibliothèque du Musée Arbaud 
    Internet : Wikipédia, Bibliothèque Nationale (site Gallica)
Ouvrages : Encyclopédie des Bouches-du-Rhône, Histoire d’Aix (Edisud)
Réalisation : Michèle Renoux AG13  2008

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Jérôme Champion de Cicé, archevêque d’Aix-en-Provence

Monseigneur Jérôme Champion de Cicé

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C’est lui qui consacre l’Eglise du Saint-Esprit en 1806

Jérôme Marie Champion de Cicé (né le 3 septembre 1775 à Rennes, mort le 19 août 1810 à Aix-en-Provence, est un home d’Eglise, un home politique français du XVIIIè siècle

Nommé Garde-des-sceaux par Louis XVI, il est l’auteur du projet de déclaration des droits en 24 articles qui a servi de base à la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789.

 

Biographie

Né à Rennes le 3 septembre 1735, Jérôme Champion de Cicé fait ses études au Collège du Plessis, où il a pour condisciples Boisgelin de Cucé, Loménie de Brienne, Morellet et Turgot. En 1763, il est docteur en théologie à la Sorbonne. Il est le petit-neveu de Louis-Armand Champion de Cicé, missionnaire au Canada, en Chine puis au Siam dont il est le vicaire apostolique et évêque in partibus infidelium de Sabule de 1701 à 1727.

Dès 1760, il est nommé abbé commenditaire de l’abbaye de Chantemerle, qui lui procure un revenu annuel de 2 000 à 2 500 livres.   Ordonné prêtre en 1761, il devient vicaire-général à Auxerre, où son frère aîné Jean-Baptiste-Marie Champion de Cicé  vient d’être nommé évêque.

De 1765 à 1770, il est agent général  du clergé de France et conseiller d’État. En 1770, il se lie d’amitié avec Turgot et publie avec César-Guillaume de La Luzerne, son collègue à l’agence (depuis évêque de Langres), les Rapports de l’agence, contenant les principales affaires du clergé, qui se sont passées depuis l’année 1765 jusqu’en l’année 1770, où il relate son expérience d’agent du clergé.

Il est nommé évêque de Rodez en 1770. En 1771, il lance une grande enquête à travers son diocèse, par l’intermédiaire d’un questionnaire imprimé envoyé à tous les curés. La majeure partie des questions concerne l’état de la population, ses moyens de subsistance, l’économie, la santé… une seule le domaine spirituel. Il publie en 1776 le Procès verbal de l’Assemblée générale du clergé de France tenue à Paris en 1770, un fort volume de 868 pages. En 1779 est créée au sein de la généralité de Montauban, l’administration provinciale de Haute-Guyenne, regroupant le Quercy et le Rouergue, et c’est Mgr Champion de Cicé qui en est nommé président. À ce titre, il supervisera notamment la modernisation du cadastre, dans le but d’une réévaluation des impôts.

Nommé ensuite archevêque de Bordeaux en 1781, il contribua en 1786 à créer l’Institut national des jeunes sourds (INJS) de Bordeaux.

Le 14 février 1789, il publie un Mandement prescrivant des prières pour le succès des États généraux, qui déplaît fortement à la noblesse.

Élu — comme son frère aîné Jean-Baptiste-Marie, évêque d’Auxerre — député du clergé aux États généraux de 1789, il fut chargé de présenter les travaux du Comité sur la Constitution dont le texte de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789. Il faut tout de même préciser qu’il ne souhaitait pas une Déclaration, car il considérait que la société française n’était pas, contrairement à celle des États-Unis, composée d’individus égaux, lors de la séance du 1er août 1789 (source : Archives nationales).

Au lendemain de la nuit du 4 août, Jérôme Champion de Cicé fut nommé Garde des sceaux par Louis XVI. Trois jours à peine après sa nomination, le 7 août, il se rendit à l’Assemblée nationale avec sept autres ministres, envoyés par le roi « qui ne veut faire qu’un avec sa nation » pour demander comment rétablir l’ordre. Necker parle alors de l’état des finances.

Par la suite, il ne s’adressera à l’Assemblée que comme garde des sceaux pour maintenir, dans la mesure du possible, la liaison entre le roi et les députés. Le 21 novembre 1790, après la proclamation de la Constitution civile du clergé, il démissionna de sa charge de garde des sceaux, et décida de reprendre ses fonctions de député. Ayant demandé un congé pour se reposer, il ne fut pas présent lors du débat sur le serment qu’il ne prononça pas.

Son nom ayant été placé sur la liste des absents (18 juillet 1791), il émigra, d’abord à Bruxelles, puis en Hollande. De 1795 à 1802, il s’installe à Londres, où il retrouve des monarchistes comme Malouet ou comme  ou Lally-Tollendal, ainsi que des prélats libéraux comme Boisgelin et Fontanges.

Le 8 octobre 1801, il publie à Londres un document de 15 pages Lettre de Mgr l’archevêque de Bordeaux à ses diocésains, dans lequel il leur expose les motifs de sa démission, intervenue à la demande du pape.

Le 21 février 1802, il rentre en France, et est presque aussitôt (le 9 avril) nommé archevêque d’Aix-en-Provence, diocèse qui comprenait à la fois les Bouches-du-Rhône et le Var.

Jérôme Champion de Cicé fut sensible à la question des langues régionales, et publia dans les différents diocèses dont il eut la charge des Catéchismes en idiome local.

Le 15 janvier 1805, Jérôme Champion de Cicé est élevé à la dignité d’officier de l’ordre national de la Légion d’honneur. Trois ans plus tard, le 16 septembre 1808, il est fait comte d’Empire par Napoléon.

Il meurt de maladie à Aix-en-Provence au palais épiscopal le 19 août 1810.

 

 

 

 

AIX-EN-PROVENCE (BOUCHES-DU-RHÔNE), CHARLES GASPARD GUILLAUME DE VINTIMILLE DU LUC (1655-1729), DIOCESE D'AIX ET ARLES (France ; Bouches-du-Rhône), PAROISSE DU SAINT-ESPRIT (Aix-en-Provence : Bouches-du-Rhône), SAINT-ESPRIT (paroisse ; Aix-en-Provence), SAINT-ESPRIT (paroisse du ; Aix-en-Provence)

Charles Gaspard Guillaume de Vintimille du Luc, archevêque d’Aix-en-Provence

Charles Gaspard Guillaume de Vintimille du Luc

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Sous son épiscopat la nouvelle église fut bénite par le chanoine de Forbin-La Barden en 1716. En mémoire du fondateur de la paroisse, le cardinal Grimaldi, elle recoit le titre de Saint-Jérôme

 

Charles Gaspard Guillaume de Vintimille du Luc (Le Luc, 15 novembre 1655 -Paris 13 mars 1746), troisième duc de Saint-Cloud, est un évêque français. Il est le fils cadet de François de Vintimille, Seigneur du Luc, et d’Anne de Forbin.

 Biographie

Charles Gaspard Guillaume de Vintimille du Luc naît au Luc le 15 novembre 1655.. Il est fils de François de Vintimille, maréchal de camp des armées du roi, premier consul d’Aix-en-Provence et viguier de Marseille, seigneur du Luc, et d’Anne de Forbin,

Il est le neveu de Jean de Vintimille, évêque de Toulon  qui le fit chanoine de sa cathédrale ; Il est licencié en théologie de la faculté de Paris, prieur de Flassans, de Saint-Pierre et de Sainte-Catherine du Luc, abbé de Saint*Denis-de-Reims, en 1718 ; abbé de Belleperche en 1721 et dom d’Aubrac, au diocese de Rodez en 1723..

Il est évêque de Marseille de 1692 à 1708 puis archevêque d’Aix-en-Provence de 1708 à 1729, au temps de la peste qui ravagea Aix et la Provence. Il est nommé archevêque de Paris le 10 mai 1729.

Son épiscopat parisien est marqué par une querelle avec les Jansénistes. Il condamne les Nouvelles ecclésiastiques par un mandement de 1732 et multiplie les vexations contre les curés appelants. Malgré son hostilité officielle aux partisans de Port-Royal des Champs, il n’en confie pas moins la rédaction de son nouveau bréviaire et de son missel à des liturgistes aux sympathies jansénistes manifestes.

Une partie de ses livres, reliés à ses armes, est conservée à la Bibliothèque d’étude et du patrimoine de Toulouse

 

Iconographie

À l’instar de son frère, Charles-François en 1713, et du fils de ce dernier, Gaspard-Hubert-Magdelon, l’année suivante, c’est en 1731, et contre 3000 livres, que l’archevêque se fait peindre par Hyacinthe Rigaud, arborant sa croix de l’ordre du Saint-Esprit, distinction obtenue le 3 juin 1724. La toile, superbe par ses couleurs et sa taille (1,57 m × 1,34 m), est conservée au memorial art Galerie of University de Rochester. Elle apparaît dans l’inventaire après décès de l’archevêque, dressé à partir du 24 mars 1746 par le notaire François-Jean Roger, sous le numéro 37. Elle a été gravée par Claude Drevet, en 1736 selon Huslt, en contrepartie, à mi-corps et dans un encadrement de pierre, puis, par Jean Daullé, en buste et en 1737 : « Buste sans mains, pris dans le grand tableau pour une thèse de Louis-Jérôme de Suffren de Saint Tropez ».

 

 

AIX-EN-PROVENCE (BOUCHES-DU-RHÔNE), DANIEL DE COSNAC (1628-1708), DIOCESE D'AIX ET ARLES (France ; Bouches-du-Rhône), PROVENCE, SAINT-ESPRIT (paroisse ; Aix-en-Provence), SAINT-ESPRIT (paroisse du ; Aix-en-Provence)

Monseigneur Daniel de Casnac, archêque d’Aix-en-Provence

Monseigneur Daniel de Cosnac

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C’est sous l’épiscopat de Mgr Daniel de Cosnac que commencent les travaux pour la construction de l’église du Saint-Esprit

  

Daniel de Cosnac (Cosnac, 18 janvier 1628–Aix-en-Provence, 21 janvier 1708) est un prélat français qui fut archevêque d’Aix de 1693 à 1708.

Fils cadet de François de Cosnac, théologien devenu maître de camp d’infanterie et auteur d’ouvrages contre le protestantisme, et d’Eléonore de Talleyrand-Chalais, petite-fille du maréchal Blaise de Monluc et petite-nièce de Jean de Monluc, évêque de Valence et de Die.

 

Années de jeunesse

D’origine limousine (de la commune de Cosnac, en Corrèze), issu d’une famille dont Saint-Simon disait qu’elle fournissait des évêques « de père en fils », il fut attaché fort jeune à la maison du prince de Conti, gouverneur du Languedoc résidant à Pézenas, en qualité de gentilhomme où se produisit grâce à lui la troupe itinérante de Molière qui prit alors le titre de « comédiens de S.A.S. le prince de Conti ». Il se trouva donc mêlé aux troubles de la Fronde ; il semble qu’il ait fait le bon choix puisqu’il décida le prince à faire la paix avec la cour et resta fidèle à Mazarin. Cette attitude lui valut en récompense l’évêché de Valence et de Die, quoiqu’il n’eût que 24 ans (1654) et n’eût même pas encore reçu les ordres religieux ; il ne le fit qu’après sa nomination, lors de laquelle Mazarin lui aurait dit : « Le roi vous fait maréchal sur la brèche ».

 

Carrière ecclésiastique

Très actif auprès des Conti et à l’assemblée générale du clergé (qui dura de 1655 à 1657 et valida sa nomination malgré un recours de l’évêque de Grenoble), il ne fit ses entrées dans ses villes épiscopales qu’en 1657, en septembre à Valence et en novembre à Die.

Il fut présent également au mariage de Louis XIV à Saint-Jean-de-Luz où il prononça le discours et fit la quête avec une bourse de daim brodée aux armes de France et d’Espagne. Il présida en mars 1661 au mariage de Monsieur avec la princesse Henriette d’Angleterre, malgré la contestation de l’abbé de Montaigu, aumônier de la reine d’Angleterre, et devint possesseur de tapisseries dites de Mortlake qui obligèrent les héritiers à agrandir les salons de leur château.

Le 17 avril 1666, il fut chargé du discours de clôture de l’assemblée du clergé (1665-1666), dont le sujet principal était la question des huguenots et l’interprétation de l’édit de Nantes, et durant laquelle il obtint du roi les fonds, prélevés sur le Dauphiné, pour la reconstruction de la cathédrale de Die

Peu après, il devint aumônier de Monsieur, frère du roi, déplut à ce prince par les efforts même qu’il fit pour le ramener au bien et le rapprocher de Madame, et fut, sur la demande du prince, enfermé au For-l’Évêque, Saint-Simon, mauvaise langue notoire, écrit de lui : « Personne n’avait plus d’esprit ni plus d’activité, d’expédients, de ressources ; né pour l’intrigue, il avait le coup d’œil juste, au reste peu scrupuleux et extrêmement ambitieux ». Il rentra cependant en grâce et fut nommé en 1687 archevêque d’Aix et commandeur du Saint-Esprit. Du fait des querelles entre Louis XIV et le pape Innocent XI, il ne reçut confirmation de sa nomination que par bulle du 9 novembre 1693. Il fut abbé commendataire de l’abbaye de Saint-Riquier de 1695 à 1708.

 Anecdote

Une anecdote racontée que François-Timoléon de Choisy tient sans doute de Cosnac lui-même montre l’humour de cet homme épris de pouvoir et d’action. Cosnac se rend chez M. de Paris (l’archevêque de Paris) :

« Le Roi, lui dit-il, monseigneur, m’a fait évêque ; mais il s’agit de me faire prêtre.
— Quand il vous plaira, répondit M. de Paris.
— Ce n’est pas là tout, répliqua M. de Valence; c’est que je vous supplie de me faire diacre.
— Volontiers, lui dit M. de Paris.
— Vous n’en serez pas quitte pour ces deux grâces, monseigneur, interrompit M. de Valence ; car, outre la prêtrise et le diaconat, je vous demande encore le sous-diaconat.
— Au nom de Dieu, reprit brusquement M. de Paris, dépêchez-vous de m’assurer que vous êtes tonsuré, de peur que vous ne remontiez la disette des sacrements jusqu’à la nécessité du baptême. »

Cosnac a laissé des Mémoires, qui n’ont été publiés qu’en 1852, par le comte Jules de Cosnac. Ces mémoires, écrits par un homme d’esprit, qui avait été mêlé à toutes les intrigues de la cour, offrent un vif intérêt.

 

Bibliographie

Chanoine Jules Chevalier, Essai historique sur l’église et la ville de Die, tome 3, 1909, p. 444-512.

M.-M. Macary, Châteaux de Corrèze, 1977, p. 6-7.

 

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