AIX-EN-PROVENCE (BOUCHES-DU-RHÔNE), ANDRE BOISSON (1643-1733), ANNONCIATION, ANNONCIATION A MARIE, EGLISE SAINT-JEAN-DE-MALTE (Aix-en-Provence), EVANGILE SELON SAINT LUC, PEINTURE, SAINT JEAN DE MALTE (Eglise ; Aix-en-Provence), VIERGE MARIE

L’Annonciation : tableau dans l’Eglise Saint-Jean-de-Malte (Aix-en-Provence)

L’Annonciation :

tableau d’André Boisson (Eglise Saint-Jean-de-Malte, Aix-en-Provence)

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EVANGILE

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc ‘(1, 26-38)

 En ce temps-là,
l’ange Gabriel fut envoyé par Dieu
dans une ville de Galilée, appelée Nazareth,
à une jeune fille vierge,
accordée en mariage à un homme de la maison de David,
appelé Joseph ;
et le nom de la jeune fille était Marie.
L’ange entra chez elle et dit :
« Je te salue, Comblée-de-grâce,
le Seigneur est avec toi. »
À cette parole, elle fut toute bouleversée,
et elle se demandait ce que pouvait signifier cette salutation.
L’ange lui dit alors :
« Sois sans crainte, Marie,
car tu as trouvé grâce auprès de Dieu.
Voici que tu vas concevoir et enfanter un fils ;
tu lui donneras le nom de Jésus.
Il sera grand,
il sera appelé Fils du Très-Haut ;
le Seigneur Dieu
lui donnera le trône de David son père ;
il régnera pour toujours sur la maison de Jacob,
et son règne n’aura pas de fin. »
Marie dit à l’ange :
« Comment cela va-t-il se faire,
puisque je ne connais pas d’homme ? »
L’ange lui répondit :
« L’Esprit Saint viendra sur toi,
et la puissance du Très-Haut
te prendra sous son ombre ;
c’est pourquoi celui qui va naître sera saint,
il sera appelé Fils de Dieu.
Or voici que, dans sa vieillesse, Élisabeth, ta parente,
a conçu, elle aussi, un fils
et en est à son sixième mois,
alors qu’on l’appelait la femme stérile.
Car rien n’est impossible à Dieu. »
Marie dit alors :
« Voici la servante du Seigneur ;
que tout m’advienne selon ta parole. »
Alors l’ange la quitta.

 

 

 Le tableau de l’Annonciation

L’Annonciation est une composition aux coloris agréables dans le style Contre-Réforme du XVIIè siècle qui a renouvelé le thème de la peinture religieuse après le Concile de Trente (1542-1563) dans toute l’Europe.

  A la fin du Moyen-Age l’Annonciation se passe dans une atmosphère intimiste loin de tout regard extérieur où l’ange et la Vierge sont seuls, face à face dans une pièce où l’on relève des livres de piété et des fleurs. Ici le quotidien s’efface pour signifier une annonce triomphante : l’ange Gabriel lève la main droite et tient dans sa main gauche un lys, symbole de pureté. Derrière la Vierge une foule d’anges dans un ciel rempli d’une lumière irréelle où l’on distingue la colombe du Saint-Esprit. C’est le ciel qui descend sur Marie agenouillée et les mains jointes dans une attitude de totale acceptation.

 

André Boisson

André Boisson (1643-1733) est né à Aix en 1643. Il entre en apprentissage chez Reynaud Levieux pour trois ans. Il continue à travailler avec lui quelque temps malgré l’expiration de son contrat.
En 1667, il fait son testament avant de partir pour Rome où il est rejoint par Reynaud Levieux.
En 1676, il est de retour à Aix. Il exécute simultanément en 1678, le cycle des six tableaux de la Vie de la Vierge pour la chapelle de la Cour des Comptes et les trois tableaux du cycle de sainte Madeleine pour le chœur de la basilique de Saint-Maximin. Il se marie l’année suivante à 36 ans, engage trois apprentis de 1679 à 1681. Devenu veuf, il se remarie en 1681 et aura dix enfants. Dès lors, il accepte les travaux les plus divers (plans de l’Etang de Berre) puis travaille à Avignon jusqu’en 1691 attiré par une clientèle appréciant sa peinture de petit format. Il est alors un artiste aisé.
En 1693, il obtient de réaliser la grande fresque de la Transfiguration du Christ au-dessus de la chapelle du Corpus Domini dans la cathédrale Saint-Sauveur d’Aix. Il participe en 1701 aux décors des entrées des Princes de Bourgogne et de Berry. Il fait plusieurs voyages à Toulouse dans les années 1700 pour revenir à Aix en 1706.
En 1715, il exécute la gravure du frontispice de l’Histoire des plantes de Garidel puis en 1716-1717, une fresque derrière le maître-autel et un retable pour l’église du Saint-Esprit. On perd sa trace de 1719 à 1725. Il meurt à Aix en 1733 de contagion.

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AIX-EN-PROVENCE (BOUCHES-DU-RHÔNE), EGLISE SAINT-JEAN-DE-MALTE (Aix-en-Provence), NICOLAS MIGNARD (1606-1668), PEINTRE FRANÇAIS, PEINTURE, SAINT JEAN DE MALTE, SAINT JEAN DE MALTE (Eglise ; Aix-en-Provence), VIERGE DU CARMEL

Vierge du Carmel de Nicolas Mignard (église Saint-Jean-de-Malte à Aix-en-Provence)

Vierge du Carmel de Nicolas Mignard

Eglise Saint-Jean de Malte (Aix-en-Provence)

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La Vierge du Carmel de l’Eglise Saint-Jean-de-Malte provient de l’église des Grands Carmes où elle décorait la chapelle de la Confrérie du Carmel. Transportée à la Révolution dans l’église du Saint-Esprit, elle fut finalement attribuée à cette église.

Cette une oeuvre complexe avec des coloris agréables et d’une composotion assez ingénieuses puisqu’elle associe deux éoisodes de l’histoire du Carmel. En haut, la Vierge Marie, patronne de l’Ordre qui a adopté le vêtement blanc en son honneur, est assise sur une montagne (le Mont Carmel) : elle remet à saint Simon Stock le scapulaire (un vêtrment qui auriat été donné au XIIIè siècle pour éviter les peines de l’Enfer à ceux qui le porteraient). Ce scapulaire est d’une grande dévotion dans l’Ordre du Carmel et il est remis sous le regard du prophète Elie (à droite) considéré comme leur fondateur. En bas à droite on peut voir un autre religieux de cet Ordre en train de regarder le Démon terrassé, un démon aux traits humains mais sous les traits d’un bagnard avec de petites cornes.

 

Nicolas Mignard

Peintre français (Troyes 1606  – Paris  1668).

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Il fut formé à Troyes, à Fontainebleau et à Paris, comme son frère Pierre. À part un séjour à Rome (1635-36) au cours duquel il étudia attentivement A. Carracci, Nicolas Mignard fit la plus grande partie de sa carrière en Avignon. Ce n’est qu’en 1660 qu’il gagne Paris ; il est reçu à l’Académie en 1663 et consacre ses dernières années à la décoration du palais des Tuileries ; sa réputation est alors l’égale de celle de son frère. Si ses portraits ne sont plus connus que par la gravure (citons pourtant son Molière, Paris, Comédie-Française) si ses œuvres mythologiques sont devenues rares (Mars et Vénus, 1658, musée d’Aix-en-Provence ; cycle décoratif, en partie d’atelier, au musée d’Avignon), ses compositions religieuses — conservées en grand nombre à Avignon (église Saint-Pierre, chapelle des Pénitents gris et des Pénitents noirs, 6 tableaux à Notre-Dame-des-Doms ; Saint Bruno, 1638, Saint Simon Stock, 1644, Déploration du Christ, 1655, au musée) ou dans la région (bel ensemble au musée, notamment le Christ et les Docteurs, 1649, et à l’église de Villeneuve-lès-Avignon, églises de Tarascon, Apt, Cavaillon notamment) — font de lui l’un des peintres français les plus importants de sa génération. D’abord proche de Vouet, son art évolue autour de 1650 vers un style plus dépouillé et plus lourd, parfois assez proche de celui de son frère. La quasi-totalité des dessins de l’artiste est entrée au Louvre en 1978. Une exposition a été consacrée à Nicolas Mignard à Avignon (palais des Papes) en 1979.

 

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Notes complémentaires

Ordre du Carmel

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L’ordre du Carmel est un ordre religieux catholique contemplatif. Ses membres sont appelés carmes (pour les hommes) et carmélites (pour les femmes). Leur père spirituel est le prophète Élie. Fondé par des ermites sur le mont Carmel en Palestine à la fin du XIIè siècle, les premiers Carmes quittent leurs ermitages au début du XIIIè siècle pour  se réfugier en Europe. Après bien des tribulations, l’ordre érémitique se transforme en ordre monastique.Il connaît de nombreuses réformes dont la plus marquante est la réforme instituée par Thérèse d’Avila au XVIè siècle.  

Il existe aujourd’hui deux branches principales : les Grands Carmes (n’ayant pas suivi la réforme de sainte Thérèse d’Avila) et la branche issue de la réforme thérésienne, les Carmes déchaux. Ces deux branches sont découpées en trois ordres :

les Carmes (pour les hommes) ;

les Carmélites (pour les femmes), appelées le second ordre (du Carmel) car leur ordre a été créé après l’ordre des Carmes ;

le Tiers-Ordre carmélite (pour les laïcs), appelé le troisième ordre car créé dans un troisième temps.

L’ordre du Carmel est porteur d’une tradition spirituelle riche, qui a une grande importance pour l’Église catholique tout entière, notamment grâce à plusieurs docteurs de l’Église issus de l’ordre : Thérèse d’Avila, Jean de la Croix, Thérèse de Lisieux. Ils sont spécialement connus pour leur enseignement sur l’oraison, centre de la vie spirituelle du Carmel. De nombreux mystiques ont également laissé des écrits ayant éclairé leur époque et même faisant parfois référence jusqu’à nos jours (Jean de Saint-Samson, Laurent de la Résurrection, Marie-Madeleine de Pazzi, Élisabeth de la Trinité, Marie Candide de l’Eucharistie, Maria Petyt).

 

Saint Simon Stock

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La Vierge remettant le scapulaire à saint Simon Stock. 1644 Avignon, Église St Symphorien.

Simon Stock est un carme Anglais du XIIIè siècle. Il a été un des premiers Généraux de l’ordre, et il est resté l’un des plus célèbres. Sa grande notoriété vient d’une vision qu’il aurait eue de la Vierge Marie lui remettant le Scapulaire. Il est vénéré comme bienheureux  dans l’Église catholique romaine, et considéré comme saint dans l’ordre du Carmel. Il est fêté le 16 mai ou localement le 17 juillet.

La vision du Scapulaire

La grande renommée de Simon Stock est liée à l’apparition qu’il a eu à Cambridge (Angleterre), le 16 juillet 1251, à une époque où l’Ordre du Carmel traverse une période difficile (perte de membres, questions sur la nouvelle forme et/ou mission à donner à l’ordre qui ne peut plus être un ordre érémitique). Dans sa vision, la Vierge Marie lui remet un scapulaire pour tous les membres de son ordre. Elle lui dit « Recevez, mon fils bien-aimé, ce scapulaire pour mon Ordre, c’est le signe particulier de ma faveur, que j’ai obtenu pour toi et pour mes fils du Mont-Carmel. Celui qui meurt revêtu de cet habit sera préservé du feu éternel » Cette promesse raffermit les membres de l’Ordre et entraîne de nombreuses arrivées.

À noter que toutes les sources relatant cette vision sont largement postérieures à la mort de Simon Stock. Les plus anciens écrits remontent au xve siècle (soit plus d’un siècle après les faits). Ce qui est probablement la cause des différentes versions des récits de cette vision qui tournent toutes autour du don par Marie du scapulaire à Simon Stock avec la promesse de protection et du salut de l’âme pour ceux qui le porteraient (avec dévotion).

 

POEME, POEMES, SAINT JEAN DE MALTE (Eglise ; Aix-en-Provence)

A Saint-Jean-de-Malte

A SAINT-JEAN DE MALTE

 

Pour le Frère Daniel qui a longuement semé

Pour Pascale et Edith qui veillent avec bienveillance

 

L’église Saint-Jean de Malte

Quand les siècles passent

Elle reste toujours jeune

Les chevaliers ne sont plus là

Les comtes de Provence ne dorment plus là

On ne part plus aux Croisades

On ne part plus abattre les musulmans

On ne traque plus les protestants

On chasse seulement le calisson

Les dimanches de septembre

 

L’église de Saint-Jean de Malte

Ne loge plus de preux chevaliers

Ne loge plus de comtes ou de rois

Elle abrite de simples moines

Qui traquent de leurs épées tranchantes

Par leur  art oratoire consommé

Les hérésies de ce monde

Et qui n’oublient pas de nourrir le peuple

Du matin jusques au soir

Du pain de la Parole

Où se côtoient profane et sacré

Dans de magnifiques liturgies

Où se marient tradition et modernité

Quand se n’est pas le pauvre qui

Apprécie un bon croissant et un café chaud

Les matins d’hiver

 

L’Eglise Saint-Jean de Malte

Qui domine  fièrement la ville

Qui attend ses cloches

Et qui veille au carrefour.

De l’Espagne et de l’Italie

A l’ombre du cardinal

C’est peut-être tout cela

Un mariage de passion

Entre hier et aujourd’hui

Entre le ciel et la terre

 

 

©Une paroissienne qui s’en vient, qui s’en va et revient quelquefois

Une paroissienne illuminée au soleil d’une nuit de décembre

16 janvier 2018280px-Saint-Jean-de-Malte,_à_Aix-en-Provence

 

©Claude-Marie T.

16 JANVIER 2018