HANS URS VON BLATHASAR, LITTERATURE CHRETIENNE, LIVRES, LIVRES - RECENSION, LIVRES DE SPIRITUALITE, MEDITATIONS, SEUL L'AMOUR EST DIGNE DE FOI, SPIRITUALITE

Seul l’amour est digne de foi

L’amour seul est digne de foi

Hans-Urs von Balthasar

Saint-Maur, Parole et Silence, 1999. 125 pages

 

Résumé

 » Quel est, dans le christianisme, l’élément spécifiquement chrétien ? Le christianisme, dans sa réflexion sur lui-même, ne peut être considéré ni comme une doctrine de sagesse surélevant la sagesse religieuse de l’humanité grâce à un enseignement divin, ni comme un avènement définitif de l’homme personnel et social grâce à la révélation et à la rédemption. Il ne peut être compris que comme l’amour divin se glorifiant lui-même. Dans l’Ancien Testament, cette gloire est la présence de la majesté souveraine de Yahvé dans son Alliance ; dans le Nouveau Testament, cette gloire sacrée se manifeste comme le geste de Dieu qui dans le Christ aime « jusqu’à la fin », c’est-à-dire s’abaisse jusque dans la mort et dans les ténèbres. Cet amour qui va jusqu’à l’extrême et que le monde et l’homme ne peuvent même soupçonner, ne peut être perçu que s’il est reçu comme le « tout Autre ».  » Hans-Urs von Balthasar

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Le silence de Dieu

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Dieu parle aussi à travers le silence – Benoit XVI

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– « Comme le montre la croix du Christ, Dieu parle aussi à travers son silence. Le silence de Dieu, l’expérience de l’éloignement du Tout-Puissant et du Père est une étape décisive du parcours terrestre du Fils de Dieu, Parole incarnée. Pendu au bois de la croix, il a crié la douleur qu’un tel silence lui causait: «Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné?» (Mc 15, 34; Mt 27, 46). Persévérant dans l’obéissance jusqu’à son dernier souffle de vie, dans l’obscurité de la mort, Jésus a invoqué le Père. C’est à lui qu’il s’en remet au moment du passage, à travers la mort, à la vie éternelle: «Père, entre tes mains je remets mon esprit» (Lc 23, 46).

Cette expérience de Jésus est comparable à la situation de l’homme qui, après avoir écouté et reconnu la Parole de Dieu, doit aussi se mesurer avec son silence. Bien des saints et des mystiques ont vécu une telle expérience qui aujourd’hui encore fait partie du cheminement de nombreux chrétiens. Le silence de Dieu prolonge ses paroles précédemment énoncées. Dans ces moments obscurs, il parle dans le mystère de son silence. C’est pourquoi, dans la dynamique de la Révélation chrétienne, le silence apparaît comme une expression importante de la Parole de Dieu. »

 Benoit XVI, in Verbum Domini, du 30.9.2010, numéro 21

 

Par-delà le silence : Quand Dieu se tait

Gérard Delteil

Lyon, Editions Olivétan, 2018.  206 pages.

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Présentation de l’éditeur

Le religieux s’affiche bruyamment, mais Dieu s’efface de notre horizon. Tel est l’un des paradoxes de notre temps : la violence et le silence. Quiconque réfléchit sur le sens de l’existence se heurte à ce silence. Nulle évidence. Nulle trace d’une Présence. Nous vivons, nous pensons à l’aplomb du silence. Serions-nous à nous-mêmes une question sans réponse ? Les drames de la vie, les tragédies de l’histoire rendent encore plus brûlante l’interrogation : pourquoi ? Le malheur est toujours non-sens. C’est d’un tel questionnement que procède cet essai. Il n’est pas surprenant que la figure de Job, emblématique de l’affrontement au tragique, y tienne une place importante. Plus surprenantes, les pages consacrées au Cantique des Cantiques, ce silence de Dieu dans l’éblouissement de la vie. Au travers d’une enquête à travers les écrits bibliques, l’auteur relève différentes interprétations données de ce silence. Blessure au coeur de la foi, qui l’empêche de se boucler en un système. Retrait d’un Dieu qui s’efface pour que l’humain grandisse dans son autonomie. Mystère d’une altérité irréductible. Ce silence serait-il l’ombre portée de la Parole ? Entre confiance et doute, comment assumer la traversée du silence ? Ces pages invitent à un questionnement ouvert. Le silence serait-il le dernier mot ? Par-delà le silence… le peut-être de Dieu

Biographie de l’auteur

Gérard Delteil est Doyen honoraire de la Faculté de théologie protestante de Montpellier.

 

Le point de vue de la Nouvelle Revue Théologique

Dans notre monde où les guerres, les conflits et tant de « misère » humaine semblent triompher, pourquoi Dieu reste-t-il silencieux ? Pourquoi la plupart de nos contemporains ont-ils le sentiment que, s’il existe, Dieu est bien lointain ? Que signifie cette distance ? Cette interrogation est en arrière-fond du paysage contemporain par ailleurs bruissant de religiosité et de recherche « religieuses » tous azimuts ! « La fièvre et le silence ». Cette situation paradoxale doit rencontrer bien des situations humaines et, on en convient, énigmatiques pour le « bon sens ». Mais « il faut risquer de dire des choses contestables pourvu que des questions vitales soient soulevées » (Dietrich Bonhoeffer). Faudra-t-il se « situer entre violence et silence » ? Les nombreuses recherches bibliques et aussi profanes, ici proposées, explorant ces mêmes contrées dangereuses et éprouvantes pour la conscience religieuse et l’histoire profane mondaine sont et font l’intérêt de ces pages. « Rien n’est plus proche de l’angoisse du non-sens que la timide espérance. » (Paul Ricoeur, Histoire et vérité, Paris, Seuil, 1955, p. 334). Que recèle le « silence de Dieu » ? Il a tant aimé le monde… – J. Burton s.j.

https://www.nrt.be/fr/recensions/par-dela-le-silence-quand-dieu-se-tait-13202

 

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Quand Dieu ne répond pas : une réflexion biblique sur le silence de Dieu

Pierre Coulange

Paris, Le Cerf, 2013. 232 pages

9782204100427 (1)

« Où donc est Dieu ? : le cri angoissant de chacun devant la souffrance, cri qui retentit du Golgotha jusqu’aux camps de la mort ; un cri toujours actuel face à la pandémie du Coronavirus . Pourquoi ce silence de Dieu ? Face à cette question l’auteur nous fait découvrir ce que tous les textes bibliques nous disent de ce Dieu qui se tait : les mots du Psaume 22 « Mon Dieu, mon Dieu pourquoi m’as-tu abandonné ? » expriment la souffrance d’Israël, des prophètes, la déréliction de Jésus sur la Croix, ainsi que la nôtre.

Mais le silence de Dieu ne serait-il qu’apparent ? Ne serait-il pas une manière de révéler sa transcendance et sa miséricorde ? Les prophètes et les grands mystiques nous disent le mystère de ce « Dieu caché ». Et un saint Jean de la Croix peut écrire écrire ; « Ô nuit qui m’a guidé ! »

®Claude Tricoire

Présentation de l’éditeur

Dieu aux abonnés absents… Quel homme ne s’est jamais senti défaillir face à ce silence angoissant ? Pourquoi Dieu se tait-il quand son peuple souffre, au moment même où il a besoin de lui ? Cette question lancinante et immémoriale fait chuter l’homme de foi le plus convaincu et transperce les athées comme les cœurs fervents.

Il est donc temps de revenir au texte sacré. Les grands personnages de la Bible ont déjà éprouvé le silence angoissant du retrait divin. Du Dieu qui se cache du prophète Isaïe au cri d’abandon de Jésus sur la croix, du silence à l’absence, il n’y a qu’un pas. Pierre Coulange nous invite à prendre de la hauteur : la nuit est un chemin de foi. Le chemin obscur ne peut être séparé de l’expérience de Dieu ni de sa miséricorde, comme en témoigne le cri de Jean de la Croix : « Ô nuit qui m’as guidé ! »

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Quand Dieu se tait

Charles Wackenheim 

Paris, Le Cerf, 2002. 190 pages.

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Présentation de l’éditeur

Au terme de ce siècle où l’idée d’un Dieu absent a été fortement ressentie, tout se passe, semble-t-il, comme si l’image traditionnelle du Dieu parlant cédait insensiblement la place à celle d’un Dieu qui s’efface et se tait. Silence et parole de Dieu s’expriment, certes, en termes de métaphore ou d’analogie, mais est-il plus pertinent de partir d’un Dieu qui parle ou, au contraire d’un Dieu dont ni la parole ni l’agir ne sont immédiatement perceptibles ? En se mettant à l’écoute du silence de Dieu et en s’exposant au souffle de son Esprit, l’homme acquiert la faculté de discerner dans la production langagière d’hier et d’aujourd’hui l’écho de l’agir créateur et sauveur du Dieu vivant.

 

Quatrième de couverture

Dans la tradition biblique, juive et chrétienne, l’image de Dieu s’est construite autour d’un rapport original à la parole et à l’histoire. C’est en parlant que Dieu suscite le monde et conduit le destin de l’humanité. Simultanément, des croyants se disent sensibles et attentifs aux silences de Dieu. Au terme d’un siècle où l’idée d’un Dieu absent a été fortement ressentie, tout se passe, semble-t-il, comme si l’image traditionnelle du Dieu parlant cédait insensiblement la place à celle d’un Dieu qui s’efface et se tait. Silence et parole de Dieu s’expriment, certes, en termes de métaphore ou d’analogie, mais est-il plus pertinent de partir d’un Dieu qui parle ou, au contraire d’un Dieu dont ni la parole ni l’agir ne sont immédiatement perceptibles ? En privilégiant la seconde hypothèse, l’auteur passe en revue six propositions qui requièrent aujourd’hui un nouvel examen : Dieu nous parle, dit-on, par la création, par ses témoins, dans l’histoire des hommes, par l’Écriture sainte, en Jésus Christ, enfin dans et par l’Église. Mais on doit se demander aussi si le silence de Dieu ne pourrait pas s’interpréter comme un acte délibéré de retrait pour permettre à l’homme d’exercer pleinement sa liberté d’action et de parole. En se mettant à l’écoute du silence de Dieu et en s’exposant au souffle de son Esprit, l’homme acquiert la faculté de discerner dans la production langagière d’hier et d’aujourd’hui l’écho de l’agir créateur et sauveur du Dieu vivant. Il évitera ainsi le recours fétichiste à une parole délestée de son substrat humain. L’image d’un Dieu qui se tait offre à la théologie et à la vie spirituelle un espace singulièrement fécond.

 

Silence de Dieu, silence de l’homme

Dans notre monde où « ça parle » partout et dans tous les sens, Dieu apparaît comme le grand silencieux. De nombreuses voix lui en font aujourd’hui le reproche. Ce silence n’est-il pas le signe d’une absence et d’un désintérêt pour l’aventure humaine ? Où était Dieu lors des grands drames du XXe siècle : deux guerres mondiales aux millions de morts, les camps de concentration nazis et soviétiques, la Shoah, plus près de nous les atrocités commises dans les Balkans et le terrorisme qui se donne libre cours ?  Où était Dieu à Auschwitz ? Où était Dieu à Stalingrad ? La question est devenue si pressante que le « comment parler de Dieu après Auschwitz ? » est devenu un lieu commun. Jamais Dieu n’est apparu aussi silencieux et aussi absent que depuis cette dernière centaine d’années. Comment répondre à de telles questions sans une inconscience, peut-être naïve, mais pas innocente ? Ne vaudrait-il pas mieux se taire à son tour ? Que le lecteur se rassure, les réflexions qui suivent se veulent modestes et ne prétendent pas résoudre l’énigme opaque du mal.

Dieu en procès
Quand l’homme souffre au-delà de ce qu’il estime tolérable, en effet, sa réaction première est de s’en prendre à Dieu, de le mettre en procès. La Bible elle-même est le témoin émouvant de ce cri de détresse. On le trouve dans les Psaumes : « O Dieu, ne reste pas muet, plus de repos, plus de silence, ô Dieu » (83,2) ; « Seigneur, je fais appel à toi. Mon roi, ne sois pas sourd ! » (28,1) ; « Tu as vu, Seigneur, ne sois pas sourd ! » (35,22 ; de même 39,13 ; 50,3 ; 109,1). On le rencontre aussi dans la bouche de Job qui souffre sans raison : « Je hurle vers toi et tu ne réponds pas ; je me tiens devant toi et ton regard me transperce » (30,20). Mais allons tout de suite au terme de cette série. Ce cri est aussi celui du Christ en croix, hurlé « d’une voix forte » : « Eli, Eli lema sabaqthani : Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » (Mt 27,46). Que Jésus ait été jusqu’à faire sien le cri de toutes les détresses du monde devant le silence de Dieu nous dit immédiatement la profondeur d’un tel mystère. L’épître aux Hébreux nous dira bien qu’après avoir « offert prières et supplications avec grand cri et larmes à celui qui pouvait le sauver de la mort » il fut « exaucé en raison de sa soumission » (5,7) : il reste qu’au moment de la détresse et de la mort le ciel est resté d’airain.
Aujourd’hui encore, nous voyons de partout le procès intenté à Dieu : ce Dieu sensé être bon et qui tolère sans ciller tant d’atrocités ; ce Dieu unique qui est à l’origine de la violence dans le monde, parce qu’il justifie que les hommes s’entre-tuent en son nom. Récemment, un chroniqueur n’hésitait pas à faire l’éloge du polythéisme païen des Grecs et des Romains. Ces dieux-là étaient à mesure humaine, ils avaient des moeurs d’hommes, et surtout ils ne demandaient pas de tuer en leur nom 1. On retrouve l’antique objection qui revient de la nuit des âges : « Ou donc est Dieu ? « 

Revue Christus, avril 2002

 

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Hans Urs von Balthasar

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LE COEUR DU MONDE DE HANS URS VON BALTHASAR

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Beaucoup de livres dits «de spiritualité» déçoivent et laissent le lecteur sur sa faim. Il y a, bien sûr, quelques exceptions. Le « Cœur du Monde », de Hans Urs von Balthasar en est une. C’est un des quelques livres de spiritualité chrétienne qu’il m’ait été donné de découvrir récemment et que l’on aime reprendre…

Que dire de ce chef d’œuvre? C’est une œuvre «de jeunesse» du grand théologien suisse, sans doute très différente de ses grands ouvrages, en particulier de sa trilogie (esthétique, dramatique et théologique). Celui que le P. Henri de Lubac présentait comme l’homme «sans doute le plus cultivé de son temps» y médite le mystère chrétien sur un ton lyrique et poétique, qui emporte le lecteur comme un flot au-delà de lui-même !

En voici un extrait glané au cours de cette lecture…. mais dès les premières lignes on se laisse prendre au piège

«En quelle prison gémit tout être fini ! C’est en prison que l’homme, comme tout être, est né: son âme, son corps, sa pensée, sa volonté, ses aspirations, tout en lui est entouré d’une frontière, constitue même une frontière palpable, tout le sépare et l’isole. Par les ouvertures grillagées des sens, chacun regarde au-dehors vers une réalité étrangère à lui qu’il ne sera jamais. Et son esprit s’élancerait-il, comme l’oiseau, à travers les espaces du monde: lui-même n’est pas cet espace qu’il parcourt, et de son passage il ne subsiste aucune trace durable. D’un être à l’autre, quelle distance! Et même lorsqu’ils s’aiment et se font signe mutuellement de l’îlot qui leur sert de prison, même lorsqu’ils tentent de faire communiquer leurs solitudes et de se donner une illusoire unité, bien vite les surprend, d’autant plus douloureuse, la désillusion, lorsqu’ils retrouvent les barreaux invisibles, la froide paroi de verre contre laquelle ils viennent buter, pauvres oiseaux captifs… (p. 21).

Tu restes seul. Tu es tout en tous. Même si ton amour nous veut pour se déployer en nous et pour célébrer en nous le mystère de la génération et de la fécondité, c’est pourtant ici et là ton amour qui donne et qui est donné, qui est à la fois semence et terre féconde. Et l’enfant mis au monde, c’est toi encore. Lorsque l’amour a besoin de deux pieds pour marcher, celui qui marche est unique, et c’est toi. Et lorsque l’amour a besoin de deux êtres qui aiment, un amant et un aimé, alors il n’y a qu’un seul amour, et c’est toi qui es l’amour. Tout est ordonné à ton cœur qui bat éternellement. Maintenant encore, le temps et la durée battent la mesure de la création et, à grands coups douloureux, poussent en avant le monde et son histoire. C’est l’inquiétude de l’horloge, et ton cœur est inquiet jusqu’à ce que nous reposions en toi, et toi en nous, temps et éternité absorbés l’un dans l’autre. Mais soyez tranquilles: j’ai vaincu le monde. Le fracas du péché a disparu dans le silence de l’amour. Celui-ci en est devenu plus sombre, plus flamboyant, plus ardent, à cause de l’expérience de ce qu’est le monde. Mais l’abîme moins profond de la révolte a été englouti par la miséricorde insondable, et en battements majestueux règne paisiblement le Cœur divin» (p. 196-197).

Voilà, il ne vous reste plus qu’à lire les 175 pages qui séparent le début de la fin et découvrir comment nous sommes conduits de notre prison au Cœur du Christ

(*) Editions Saint-Paul, réédition 2014, 208

 

L’amour seul est digne de foi

Urs von Balthasar

Saint-Maur, Parole et Silence, 1999. 125 pages.

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Résumé

 » Quel est, dans le christianisme, l’élément spécifiquement chrétien ? Le christianisme, dans sa réflexion sur lui-même, ne peut être considéré ni comme une doctrine de sagesse surélevant la sagesse religieuse de l’humanité grâce à un enseignement divin, ni comme un avènement définitif de l’homme personnel et social grâce à la révélation et à la rédemption. Il ne peut être compris que comme l’amour divin se glorifiant lui-même. Dans l’Ancien Testament, cette gloire est la présence de la majesté souveraine de Yahvé dans son Alliance ; dans le Nouveau Testament, cette gloire sacrée se manifeste comme le geste de Dieu qui dans le Christ aime « jusqu’à la fin », c’est-à-dire s’abaisse jusque dans la mort et dans les ténèbres. Cet amour qui va jusqu’à l’extrême et que le monde et l’homme ne peuvent même soupçonner, ne peut être perçu que s’il est reçu comme le « tout Autre ».  » Hans-Urs von Balthasar.

 

La Prière contemplative 

Hans Urs von Balthasar

Paris, Parole et Silence, 2002. 280 pages.

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Présentation de l’éditeur

Bien des chrétiens connaissent la nécessité et la beauté de la prière contemplative et y aspirent sincèrement. Mais peu, en dehors d’essais tâtonnants, bientôt abandonnés, restent fidèles à cette prière, et moins nombreux encore sont ceux qui sont convaincus et satisfaits de leurs efforts propres en cette matière. Une atmosphère de découragement et de pusillanimité entoure, dans l’Eglise, la contemplation. Nous voudrions bien, mais nous n’y arrivons pas. L’heure de méditation projetée s’écoule dans la distraction et dans l’incohérence et, parce qu’elle ne produit aucun fruit visible, nous sommes tentés d’abandonner. Le présent livre tente, en partant d’une vue d’ensemble de la révélation chrétienne, de décrire la profondeur et la splendeur de cette forme de prière. Il cherche à éveiller la joie qu’elle fait naître, à faire éprouver sa nécessité, à affirmer son caractère indispensable pour la vie. La prière contemplative nous découvre et exalte cette dimension verticale de la vie chrétienne. Rien de critique ni de négatif en ces pages, mais la plus constructive, la plus belle, la plus stimulante des ascensions spirituelles.

Quatrième de couverture

Bien des chrétiens connaissent la nécessité et la beauté de la prière contemplative et y aspirent sincèrement. Mais peu, en dehors d’essais tâtonnants, bientôt abandonnés, restent fidèles à cette prière, et moins nombreux encore sont ceux qui sont convaincus et satisfaits de leurs efforts propres en cette matière. Une atmosphère de découragement et de pusillanimité entoure, dans l’Église, la contemplation. Nous voudrions bien, mais nous n’y arrivons pas. L’heure de méditation projetée s’écoule dans la distraction et dans l’incohérence et, parce qu’elle ne produit aucun fruit visible, nous sommes tentés d’abandonner.

Le présent livre tente, en partant d’une vue d’ensemble de la révélation chrétienne, de décrire la profondeur et la splendeur de cette forme de prière. Il cherche à éveiller la joie qu’elle fait naître, à faire éprouver sa nécessité, à affirmer son caractère indispensable pour la vie. La prière contemplative nous découvre et exalte cette dimension verticale de la vie chrétienne. Rien de critique ni de négatif en ces pages, mais la plus constructive, la plus belle, la plus stimulante des ascensions spirituelles.

 

 

L'EVANGILE INTERIEUR, LITTERATURE CHRETIENNE, LIVRES - RECENSION, LIVRES DE SPIRITUALITE, MAURIE ZUNDEL (1877-1975), MEDITATIONS, SPIRITUALITE

L’Evangile intérieur de Maurice Zundel

L’Evangile intérieur

Maurice Zundel

Editions Saint-Augustin, 2007. 151 pages

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Résumé :

« L’humanité n’a Jamais éprouvé plus tragiquement le besoin de Dieu. Elle ne semble repousser le plus souvent que pour avoir mis sous son nom des choses incompatibles avec l’idée que toute âme droite est appelée à s’en faire… Dieu n’est pas une invention, c’est une découverte. » Maurice Zundel situe le message chrétien dans la perspective intérieure qui fait saisir son rapport avec la vie spirituelle. L’Évangile intérieur relate les entretiens du Père Zundel diffusés sur Radio-Luxembourg en 1935. Le fruit de ces méditations lumineuses et prophétiques reçut un accueil unanime qui ne s’est jamais démenti.

Extrait

À la recherche de l’âme

Vous vous rappelez cette inscription que les pèlerins de la Grèce antique lisaient à Delphes sur le fron­ton du temple d’Apollon :
ΓΝΩΘΙ ΣΑΥΤΟΝ
«Connais-toi toi-même.»

Elle signifiait : connais-toi mortel, et non point dieu.
Les Sages y virent une invitation à philosopher. Ils pensaient avec raison que la vie intérieure de l’homme est le premier sanctuaire de la divinité, et ils inscrivaient dans leur âme les mots qu’ils avaient lus sur la pierre :

ΓΝΩΘΙ ΣΑΥΤΟΝ
«Connais-toi toi-même.»

C’est là que commence la découverte de la vie, et rien n’est plus passionnant que cette recherche : savez-vous qui vous êtes et quel est votre vrai nom ?
Quand vous vous poserez sérieusement cette question, vous sentirez soudain tout ce qu’elle soulève de mystère.
Une mère ne peut oublier l’instant où, pour la première fois, son petit enfant a dit : Maman. Une voix enfin répondait à la sienne. Après tant de sourires, où silencieusement déjà s’épanchait la lumière de l’esprit, cet appel soudain jaillissait comme l’explosion de l’âme : le dedans venait au jour. Elle ne cessera plus d’écouter cette révélation. Elle voudra connaître ce cœur  qu’elle s’applique à former. Elle n’aura pourtant jamais fini de le découvrir : son secret est à lui, et peut-être un jour sera-t-elle atrocement meurtrie d’y demeurer étrangère : jusqu’à ce qu’elle comprenne qu’on ne rencontre une âme qu’en baissant les yeux.
Nous ne savons pas qui nous sommes, et chaque jour, nous voyons surgir en nous des régions inexplorées, des terres inconnues, des continents en dérive, des cités qui s’élèvent ou s’écroulent : tout un univers en perpétuelle gestation.
Et le mystère de notre vie : nos espoirs et nos rêves, nos douleurs et nos faiblesses, notre grandeur et notre misère, tout cela chacun de nos semblables, à sa manière, le vit.
Voici notre ami le plus cher ; nous lui serrons la main pour lui donner le bonjour. À peine réalisons-nous le contact matériel qui s’établit entre nous par ce geste : sa main n’est dans la nôtre que le symbole et le gage de son amitié. Notre intention se porte au-delà, c’est son cœur  que nous cherchons. Non point évidemment ce muscle de chair qui bat dans sa poitrine, mais ce cœur spirituel avec lequel il nous aime : ce cœur , qu’on ne peut situer nulle part, et que les mains ne saisiront jamais, ce cœur  qui est l’être même en sa source : toute sa vie intérieure et tout le mystère de sa personne.
Combien de tragédies d’amour s’exaspèrent dans cette impuissance à saisir ce dedans qu’on ne peut atteindre qu’en renonçant à le posséder, car il est infini comme le rêve d’une pensée libre.
Personne ne pourra jamais forcer notre estime, contraindre notre jugement ou violer notre cœur .

 

Maurice Zundel (1897-1975).

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Maurice Zundel est un prêtre et théologien catholique suisse.

Ordonné prêtre pour le diocèse de Lausanne-Genève en 1919, il passe quelques années à Rome pour y obtenir un doctorat en théologie. Il s’initie aux recherches de la science, de la littérature et des arts. En 1920 sa rencontre avec le philosophe Pascal Goofy le bouleversera.

Il mène ensuite une vie itinérante de conférencier qui le conduit de Suisse en France, en Israël, en Égypte et au Liban. C’est à Paris, en 1926, qu’il fait la connaissance de l’abbé Jean-Baptiste Montini qui deviendra le pape Paul VI. Une profonde amitié liera les deux hommes tout au long de leur vie. Paul VI invite Maurice Zundel à prêcher la retraite au Vatican en 1972.

Publiée sous le titre de « Quel homme et quel Dieu? » (1986), cette retraite est la synthèse de sa recherche personnelle.
Écrivain, poète, mystique et conférencier, Maurice Zundel a publié une trentaine de livres.

site : http://www.mauricezundel.com/fr/
Source : Wikipedia