ELIZABETH CADY STANTON (1815-1902), FEMINISTE AMERICAINE, LA BIBLE DES FEMMES, THE WOMAN'S BIBLE

Elizabeth Cady Stanton (1815-1902)

 

Elizabeth Cady Stanton

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Elizabeth Cady Stanton, née le 12 novembre 1815 à Johnnstown (New York)  et morte le 26 octobre 1902 à New York, est une féministe abolitionniste et suffragiste américaine.

 

Biographie

Enfance

Elizabeth Cady Stanton naît dans une famille bourgeoise de Johnston de dans l’État de New York. Son père, Daniel Cady, est un homme de loi éminent, élu au Congrès pour les fédéralistes de 1814 à 1817, qui devient ensuite le juge d’une cour de circuit (tribunal d’appel) et en 1847 juge de la Cour suprême de l’État de New York. Sa mère, Margaret Livingston Cady, est une descendante de colons hollandais, fille du colonel James Livingston, officier de l’armée continentale  l’ pendant la Révolution américaine.

Elizabeth est la huitième des onze enfants du couple. Au sein de cette grande fratrie, seule Elizabeth et quatre de ses sœurs parviennent à l’âge adulte ; Eleazar, le garçon de la famille Cady à survivre à l’enfance, meurt pour sa part à l’âge de vingt ans, juste après avoir été diplômé de l’Union College

Dévastée par la mort successive de plusieurs de ses enfants, Margaret Cady semble avoir été plongée dans une dépression qui l’a tenue éloignée de l’éducation des enfants survivants4. Le poids de l’éducation de la jeune Elizabeth repose pour une grande part sur sa sœur, Tryphena, de onze ans son aînée, et sur le mari de celle-ci, Edward Bayard, le fils d’un ancien sénateur du Delaware et un ancien camarade d’Eleazar à l’Union College qui a travaillé un temps comme apprenti chez le juge Cady. Elizabeth baigne pendant son enfance dans l’atmosphère de l’étude de son père qui reçoit très fréquemment de jeunes stagiaires. C’est en fréquentant le bureau de son père qu’elle se rend compte à quel point la loi favorise les hommes au détriment des femmes. Elle réalise qu’en vertu du principe de la coverture, les femmes mariées n’ont légalement aucun droit de propriété, aucun revenu propre ou n’exercent pas de droit de garde sur leurs propres enfants. Elle est régulièrement tourmentée à ce sujet par les clercs de l’étude de son père, au nombre desquels figure Edward Bayard. Ce dernier joue un grand rôle dans sa compréhension croissante de la hiérarchie des sexes inscrite dans le système juridique américain.

À la différence de beaucoup de femmes de cette période, Elizabeth reçoit une éducation solide. Elle fréquente une école mixte, la Johnstown Academy, où elle étudie le latin, le grec et les mathématiques jusqu’à l’âge de 16 ans et remporte plusieurs prix, notamment en grec. La mort de son frère, le seul garçon de la famille, est un traumatisme familial qui touche tout particulièrement son père. Elizabeth fait tout pour le réconforter, en l’assurant qu’elle essaiera d’être à l’image de son frère. La réponse de son père qui s’exclame qu’il aimerait tant qu’elle soit un garçon la laisse complètement désespérée7. Comprenant à ces paroles que son père estime davantage les garçons que les filles, Stanton confie son désarroi à son voisin, le révérend Hosack qui, l’assurant de la confiance qu’il place en ses capacités, parvient à atténuer sa déception. Le révérend lui enseigne le grec, l’encourage à lire et lui confie même son lexique de latin. Ce soutien renforce la confiance et l’estime de soi de la jeune fille

 

Vie familiale

C’est chez son cousin Gerrit Smith, un riche philanthrope réformateur, qu’Elizabeth Cady rencontre son futur mari, Henry Bewster Stanton.. Journaliste libéral et orateur anti-esclavagiste,   éduqué mais sans projet de carrière clairement défini, il ne correspond pas à l’idée que Daniel Cady se fait du gendre idéal. En dépit de ses fortes réserves, le couple se marie en 1840, tout en s’étant préalablement accordé pour qu’Elizabeth ne prononce pas les vœux d’obéissance à son mari. « J’ai obstinément refusé d’obéir à celui avec lequel j’étais censée entrer mais une relation égalitaire », écrit-elle dans ses mémoires. Le couple a six enfants entre 1842 et 1856, tous planifiés aux dires de Stanton selon le principe de la « maternité volontaire » (volontary motherhood). Seul le septième et dernier enfant, Robert, est un enfant inattendu, né en 1859 alors qu’Elizabeth Cady Stanton a 44 ans.

Peu après être rentrés de leur lune de miel en Europe, les Stanton s’installent au domicile des parents d’Elizabeth à Johnstown. Henry étudie le droit sous la férule de son beau-père jusqu’en 1843, date à laquelle le couple prend le chemin de Boston   où Henry s’est placé dans un cabinet d’avocat. À Boston, Stanton s’épanouit au contact du milieu intellectuel réformateur qu’elle côtoie assidûment. Elle fréquente entre autres Frederick Douglass, William Lloyd Garrison, Louisa May Alcott ou Ralph Waldo-Emerson.

Le mariage des Stanton n’est pas sans quelques tensions, liées aux opinions politiques de ses deux protagonistes. Relativement ouvert aux revendications féministes, Henry s’oppose cependant, comme son beau-père, au droit de vote pour les femmes. Les voyages et le travail d’Henry tiennent le couple plus souvent séparé que réuni. Cependant, les deux parties considérèrent leur mariage comme un succès total qui, après 47 ans de vie commune, ne prit fin qu’en 1887 à la mort d’Henry Stanton. En 1847, préoccupés des effets néfastes que les hivers de Nouvelle-Angleterre infligeaient à la santé d’Henry, les Stanton quitte Boston pour la ville de Seneca Falls, située au nord du Lac Cayuga, un des Finger Lakes   de l’État de New York. Leur maison, achetée par le juge Cady, est située à quelque distance de la ville. Les quatre derniers enfants du couple – deux garçons et deux filles – naissent dans cette nouvelle maison. Bien qu’elle apprécie la maternité et qu’elle ait choisi d’assurer elle-même l’éducation de ses enfants, Stanton se montre insatisfaite et même déprimée par son isolement et le manque de stimulation intellectuelle procurée par la petite ville de Seneca Falls. En réponse à l’ennui et à la solitude, elle s’investit de manière croissante dans la vie sociale de la cité et tisse des liens avec les femmes des environs qui partagent sa disposition d’esprit. Elle est alors impliquée très directement dans la naissance du mouvement pour les droits des femmes sur le sol américain et contribue à lui donner une forme organisée.

 

Engagement pour le droit des femmes

Peu après son mariage, Stanton assiste à une scène qui la frappe durablement et joue un rôle fondamental dans son parcours militant. En guise de voyage de noce, le jeune couple se rend à Londres pour la Convention internationale contre l’esclavage de 1840. À leur grande stupeur, les représentantes des délégations de Boston et de Philadelphie se voient dans un premier temps refuser l’entrée de la réunion, au motif qu’elles sont des femmes. Les protestations de quelques délégués et des heures de débats houleux leur ouvrent finalement les portes de la salle mais les femmes sont tenues de s’asseoir derrière un rideau qui les soustrait à la vue des participants masculins ; la prise de parole leur est bien entendu interdite. Elles sont rejointes par deux militants américains, William Lloyd Garrison et Nathaniel Peabody Rogers   qui, arrivés au milieu du débat, choisissent de partager leur infortune par solidarité. Venue pour accompagner son mari, Stanton partage l’indignation des déléguées officielles et se rapproche à cette occasion de Lucretia C. Mott, une militante d’expérience venue de Philadelphie, avec qui elle tisse des liens durables.

Stanton organise avec Lucretia Mott et quelques autres la « Convention des droits de la femmes » qui se tient à Senaca Falls les 19 et 20 juillet 1848   et constitue l’acte fondateur du mouvement pour les droits des femmes aux États-Unis. Elle y fait adopter un manifeste intitulé la Déclaration des droits et des sentiments dans lequel elle est parvenue à faire inclure la revendication du suffrage féminin.

 

Pendant les années 1850, le droit de vote partage les préoccupations de Stanton avec la question de la réforme du statut des femmes mariées. Elle reprend à cette occasion le flambeau porté par certaines pionnières, comme Ernestine Rose,   dans les années 1830. La jouissance de ses biens et de son salaire par l’épouse, le droit à l’héritage ou encore l’autonomie juridique sont autant de points sur lesquels Stanton s’attache à attirer l’attention du législateur. Elle s’attaque même à la libéralisation du divorce,   domaine dans lequel elle fait figure de pionnière.

La rencontre avec Susan B. Anthony, orchestrée par Amelia Bloomer, est l’origine d’une association féconde. Pendant plusieurs décennies, les deux femmes travaillent de concert, se partageant les rôles en fonction de leur tempérament mais surtout des contraintes matérielles qui pèsent sur Stanton. Cette dernière mène en effet de front une carrière de mère et une carrière militante qui, à mesure qu’elle s’engage sur plusieurs fronts, exige une disponibilité toujours plus importante. Son journal est ainsi émaillé de scènes cocasses où elle doit simultanément faire face aux débordements de ses jeunes garçons et aux injonctions d’Anthony lui pressant de lui rendre au plus vite son prochain discours. Dans ce partage des tâches, Stanton joue le rôle de rédactrice tandis qu’Anthony se fait la porte-parole du mouvement, parcourant le pays en tous sens pour y répandre les idées jetées sur le papier par sa comparse.

Elle est nommée présidente de la « radicale » National Woman Suffrage Association qu’elle fonda avec Susan B. Anthony, puis de celle qui lui succéda, la National American Woman Sufrage Association   (NAWSA).

Elle meurt le 26 octobre 1902, avant d’avoir pu assister à l’aboutissement du combat de toute sa vie avec l’adoption par le Congrès des Etats-Unis en 1919 de l’amendement sur le droit de vote des femmes.

 

The Woman’s Bible

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La critique de la religion organisée est un thème récurrent du discours de Stanton, dont on trouve trace dès le début de son engagement public en 1848. Toutefois, c’est dans la dernière partie de sa vie, alors que les défenseurs des droits des femmes sont confrontés à l’intensification des attaques des évangéliques conservateurs, qu’elle approfondit réellement cette critique. En 1885, elle publie l’article « Has Christianity benefited woman ? » et tente l’année suivante de réunir un comité de révision, chargé d’étudier le discours tenu sur les femmes dans la Bible.  Son projet avorte, puis renaît près de dix ans plus tard, en 1894 : Stanton parvient alors à réunir un petit groupe composé de théosophes et de libres-penseurs. C’est toutefois elle qui rédige l’essentiel des deux volumes de The Woman’s Bible, publiés en 1895 et 1898. Loin de « réviser » la Bible, comme le laisserait penser son nom, le comité de révision sélectionne et interprète des passages misogynes de la Bible. Contestant l’origine divine du texte, Stanton l’étudie comme une construction historique dont l’Église établie, constituée par des hommes, s’est servie comme d’un instrument pour justifier la subordination des femmes.

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Descendance

Sa fille Harriett Stanton Blatch suivit ses traces pour continuer le combat pour les droits des femmes. Son fils Theodore Stanton est l’auteur de The Woman Question in Europe(1884), où il résume et analyse les travaux des écrivains comme Jules Simon, Julie-Vicrtoire Daubié, Emile Deschanel, Eugène Pelletan, George Sand…,  pour ne citer que les Français. Il participe à Paris en 1878 au premier congrès international pour les droits des femmes.

Hommages

En 1948, un timbre est émis pour les 100 ans de la Convention de Seneca-Falls sur lequel y est représentée Elizabeth Stanton.

Elle est inscrite au National Women’s Hall of Fame.

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Publications

Eighty Years & More: Reminiscences 1815–1897. Northeastern University Press; Boston, 1993. 

La Bible des femes (Woman’s Bible), commentaire de la Bible par E. Stanton. .

 

Bibliographie

Jean H. Baker, Sisters : the lives of America’s suffragists, New York, Hill and Wang, 2005, 277 p. 

Lois Banner, Elizabeth Cady Stanton : a radical for woman’s rights, New York, Addison Wesley Longman, 1997 (1re éd. 1980), 189 p. 

Elisabeth Griffith, In her own right : the life of Elizabeth Cady Stanton, )New York, Oxford University Press, 1984, 268 p. 

Elizabeth Cady Stanton. Naissance du féminisme américain à Seneca Falls, textes traduits et présentés par Claudette Fillard, ENS Éditions, Paris, 2009.

 

Source : Wikipedia

BIBLE, ELIZABETH CADY STANTON (1815-1902), LA BIBLE DES FEMMES, LIVRE, LIVRES, THE WOMAN'S BIBLE

The Woman’s Bible par Elizabeth Cady Stanton

La Bible de la femme

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La Bible de la femme est un livre de non-fiction en  deux parties, écrit par Elisabeth Cady Stanton et un comité de 26 femmes, publié en 1895 et 1898 pour contester la position traditionnelle de l’orthodoxie religieuse selon laquelle la femme devait être soumise à l’homme. En produisant le livre, Stanton souhaitait promouvoir une théologie libératrice radicale, celle qui mettait l’accent sur le développement personnel.  Le livre a suscité beaucoup de controverse et d’antagonisme lors de son introduction.

Beaucoup de militantes des droits des femmes qui travaillaient avec Stanton étaient opposées à la publication de The Woman’s Bible ; ils ont estimé que cela nuirait à la volonté du suffrage féminin.   Bien que cela n’ait jamais été accepté par les érudits bibliques comme une œuvre majeure, il est devenu un best-seller populaire, à la grande consternation des suffragistes qui ont travaillé aux côtés de Stanton au sein de la NAWSA (National American Woman Suffrage Association). Susan B. Anthony a  essayé de calmer les plus jeunes suffragistes, mais ils ont officiellement dénoncé le livre et se sont employés à distancer le mouvement pour le suffrage de Stanton, qui comprenait des attaques contre la religion traditionnelle.  En raison de la réaction négative généralisée, y compris celle des suffragistes qui l’avaient côtoyée, la publication du livre a effectivement mis fin à l’influence de Stanton sur le mouvement du suffrage. 

 Lucretia Mott a utilisé des passages de la Bible   pour répondre à ceux qui plaidaient pour la soumission des femmes.

Au début du 19e siècle, les défenseurs des droits des femmes ont commencé à accumuler de nombreuses réfutations à des arguments contre elles fondés sur des interprétations traditionnelles des écritures bibliques. Lucreci Mott  a opposé ceux qui la mettraient à sa place en citant d’autres passages de la Bible ou en contestant l’interprétation originale de l’Écriture. En 1849, Mott écrivit Discours on Woman qui traitait d’Adam et Eve, des activités de diverses femmes citées dans la Bible, et affirmait que la Bible confirmait le droit de la femme de parler à haute voix de ses croyances spirituelles.  Indépendamment de Mooott, Lucy Stone décidé elle-même que les interprétations bibliques de la Bible, dominées par les hommes, devaient être erronées – elle travaillait pour apprendre le grec et l’hébreu et permettait ainsi de mieux comprendre les traductions de la Bible antérieures, qui, selon elle, contiendrait des termes plus favorables l’égalité des femmes. À New York, aidée par Mott, Elizabeth Cady Stanton a contribué à la rédaction de la Déclaration des sentimen en 1848 et comprenait deux résolutions qui protestaient contre l’usurpation par l’homme des droits relatifs à sa position dans l’église et à son rôle sous Dieu. Dans les années 1850, Mott était devenu un expert du désarmement des hommes qui utilisaient les Écritures contre elle. À la Convention nationale des droits de la femm en 1852 et à nouveau en 1854, elle s’est levée pour débattre d’hommes qui venaient préparés, Écriture en main. Le révérend Henry Grew a déclaré au public du congrès de 1854 que la Bible prouvait que les hommes étaient naturellement supérieurs aux femmes. Hannah Tracy Cutter le contrecarrant point par point, puis Mott dans ses grandes lignes sur les plans politique et social, qui commençait par: « Ce n’est pas le christianisme,  mais les intrigues de prêtres qui ont soumis la femme telle que nous la trouvons. unis, et il est bon pour nous de le voir ainsi. « .

 

Comité de révision 

 En 1881, 1885 et 1894, l’ Eglise d’Angleterre a publié une version révisée de la Bible, la première nouvelle version anglaise depuis plus de deux siècles. Stanton était mécontent de l’incapacité de la version révisée à intégrer la récente bourse d’études de la traductrice biblique Julia Evelina Smith. . Elle a écrit :

Quoi que la Bible puisse être faite en hébreu ou en grec, en clair, elle n’exaltent ni ne digne la femme. Mon point de vue critique est l’édition révisée de 1888. Jusqu’à présent, je rendrai hommage au comité de révision composé de sages qui nous ont offert la meilleure exégèse possible, bien que M. Disraeli ait déclaré que le dernier avant sa mort contenait 150 000 gaffes. l’hébreu et 7 000 en grec. 

Stanton a réuni un « comité de révision » chargé de rédiger un commentaire sur la nouvelle version de la Bible. Un grand nombre des personnes qu’elle a approchées en personne et par lettre ont refusé d’y participer, notamment des érudits qui risquaient de perdre leur réputation professionnelle. Quelque 26 personnes ont accepté d’aider. Partageant la détermination de Stanton, le comité souhaitait corriger l’interprétation biblique, qu’il considérait comme un parti pris contre les femmes, et attirer l’attention sur la petite fraction de la Bible qui traitait des femmes.  Ils voulaient démontrer que ce n’était pas la volonté divine qui humiliait les femmes, mais le désir humain de domination.  Le comité était composé de femmes qui n’étaient pas des érudites de la Bible, mais qui s’intéressaient à l’interprétation biblique et étaient actives dans le domaine des droits de la femme. Augusdta Jane Chapin, Lillie Devereux Blake, Mathilda Joselyn Gage, Olympia Brown, Alexandra Grigenberg, Ursula Mellor Bright, Phebe Ann Coffin Hannaford, Clara Bewick Colby et Irma von Troll-Borostyani figuraient au  nombre des membres les plus remarquables du comité international.

En 1890, lors de la création de la NAWSA (Association des femmes  femmes afro-américaines), Stanton fut élu président. Elle a laissé de telles tâches à Susan B. Anthony et a plutôt voyagé en Europe pendant deux ans. Pendant son séjour, elle a rencontré des femmes qui ont partagé ses points de vue et elle a rassemblé des observations critiques sur la place de la femme dans la Bible. À Greenbank, Bristol, Stanton a rencontré la suffragiste anglaise Helen Bright Clarck   et a parlé à un groupe de la position de la femme dans la Bible. Clark se demanda si les idées libérales de Stanton avaient choqué les assistants. Stanton répondit: « Si nous voyons les absurdités des vieilles superstitions, nous ne les dévoilerons jamais aux autres, comment le monde pourra-t-il progresser dans les théologies? Je au crépuscule de la vie, et j’ai le sentiment que c’est ma mission particulière de dire aux gens ce qu’ils ne sont pas disposés à entendre…  » 

Mahilda Josly Gage  a estimé que la Bible, même réinterprétée, ne pouvait pas défendre les droits des femmes.  

En 1893, Matilda Joslyn Gage prenait du temps après sa participation au Comité de révision pour écrire Woman, Church and State , un livre qui mettait en cause l’enseignement judéo-chrétien traditionnel selon lequel les femmes étaient la source du péché et que le sexe était un péché. Gage a écrit que le double standard de la moralité faisait du tort aux deux sexes.  Gage diffère de la plupart des femmes du Comité de révision en ce qu’elle ne pensait pas que la Bible, une fois interprétée sous une forme plus vraie et originale, soutiendrait les droits des femmes. Gage a déterminé que l’Église avait agi de manière importante contre les intérêts des femmes: du droit canon catholique romain à l’Écriture en passant par le plaidoyer en faveur du célibat, etc. L’histoire d’Adam et Eve est particulièrement troublante pour Gage.

Le 1 er août 1895, la première partie de la Bible de La femme est publiée. Elle couvre le (les cinq premiers livres de la Bible): genèse, Exode, Lévitique, Nombres, Deutéronome. Le texte a été imprimé sept fois en six mois. c’était un best-seller.  En janvier 1898, la deuxième partie a été publiée, couvrant le reste de ‘Ancien Testament l’  ainsi que l’ensemble du Nouveau Testament.   Il comprenait une préface de Stanton dans laquelle elle reconnaissait que « l’ami et l’ennemi s’opposent au titre ». Néanmoins, elle a félicité le Comité de révision pour avoir manifesté « un respect plus vénéré pour le grand Esprit du Bien que l’Église ne le fait ».  Stanton a écrit: « Nous avons fait un fétichisme [ sic ] suffisamment longtemps. Le temps est venu de le lire comme nous faisons tous les autres livres, acceptant le bien et rejetant le mal qu’il enseigne. » 

 

Réaction 

Lors de son introduction, The Woman’s Bible a été largement critiquée dans les éditoriaux et au pupitre. Stanton écrivait que « le clergé l’a dénoncé comme étant l’œuvre de Satan… »   Certains ont été rebutés par son titre préjudiciable et sacrilège, notamment ceux qui n’ont pas pris le temps de lire le livre.  D’autres ont contré les conclusions les plus extrêmes du livre, un par un dans des forums publics tels que des lettres à l’éditeur.  Une lectrice du New York Times a  écrit pour critiquer The Woman’s Bible pour ses déclarations radicales affirmant que la Trinité   était composée « d’une mère céleste, d’un père et d’un fils », et que les prières devraient être adressées à une « mère céleste idéale ». ]Mary Seymour Howell, membre du comité de révision, a écrit au New York Times pour défendre le livre, affirmant que son titre pourrait être mieux compris en tant que « Commentaire de la femme sur les femmes de la Bible ». Stanton a contré les attaques de lectrices, écrivant « la seule différence entre nous, c’est que nous disions que ces idées dégradantes sur la femme émanaient du cerveau de l’homme, alors que l’église disait qu’elles venaient de Dieu ». 

Susan B. Anthony, la meilleure et la plus fidèle collaboratrice de Stanton, a conclu, après des années de travail pour les droits des femmes, que la concentration sur un sujet – le vote des femmes  – était la clé du succès du mouvement. Les organisations de femmes avaient des membres trop variés pour se mettre d’accord sur quelque chose de plus complexe. Stanton a toutefois insisté sur le fait que les conventions sur les droits des femmes étaient trop étroitement ciblées; elle a présenté une variété de concepts stimulants sous forme d’essais pour qu’Anthony puisse lire au public.  Quand Stanton a fait connaître son intérêt pour compléter The Woman’s Bible , Anthony était malheureux face à la futilité de cet effort, une digression néfaste du chemin focalisé menant au suffrage féminin. Anthony a écrit à Clara Bewick Colby pour dire à Stanton « de tous ses grands discours, je suis toujours fière – mais de ses commentaires bibliques, je ne suis pas fière – ni de leur esprit ni de leur lettre … Mais je l’aimerai et l’honorerai la fin, que sa Bible me plaise ou non. J’espère donc qu’elle fera pour moi.

Rachel Foster Avery pensait que la Bible de la femme entravait la cause du suffrage des femmes.

Aux congrès de la NAWSA, les 23 et 28 janvier 1896, la secrétaire correspondante, Rachel Foster Avey dirigea la bataille pour distancer l’organisation de The Woman’s Bible .  Après que Susan B. Anthony ait ouvert la convention le 23 janvier, Avery a surpris Anthony en déclarant aux plus de 100 membres de l’auditoire:

Au cours de la dernière partie de l’année, le travail a été entravé dans plusieurs directions par la conception erronée générale de la relation de la soi-disant « Bible de la femme » avec notre association. En tant qu’organisation, nous avons été tenus responsables des actes d’un individu … en publiant un volume avec un titre prétentieux, couvrant un enchevêtrement de commentaires … sans valeur académique ni valeur littéraire, présenté dans un esprit qui n’est ni respectueux ni demander. 

Avery a appelé à une résolution: « Que cette association ne soit pas sectaire, étant composée de personnes de toutes les tendances religieuses, et qu’elle n’ait aucun lien avec la soi-disant » Bible de la femme « , ni avec aucune publication théologique. »  La motion a été déposée jusqu’à plus tard  et des motions ont été faites pour radier les commentaires d’Avery du compte rendu officiel.  Un récit complet des remarques d’Avery a été rapporté le lendemain dans le New York Times . 

L’avis de la déléguée de la NAWSA, Laura Clay, dans son rapport du 27 janvier du Comité du Sud, selon lequel « le Sud  est prêt pour le suffrage des femmes, mais ce doit être le suffrage des femmes et rien d’autre »,  était typique des réponses au conflit de la Femme . La plupart des suffragistes ne voulaient travailler que sur le droit de vote, « sans l’attacher à une tenue vestimentaire, ni à la bicyclette, ni à autre chose … »

Dans l’après-midi du 28 janvier, une liste de résolutions a été mise aux voix. Les sept premiers ont été passés sans commentaire. Le huitième était la dissociation proposée par Avery avec The Woman’s Bible , et sa présence a suscité un débat actif. Anna Howard Shaw, Alice Stone Blackwell, Henry Browne Blackwell, Carrie Chapman Catt et d’autres se sont exprimés en sa faveur, tandis que Colby, Lillie Devereux Blake et d’autres se sont prononcés contre. [25] Anthony a quitté son fauteuil pour se joindre au débat contre la résolution et s’est exprimé longuement en déclarant: « Lucretia Mott a d’abord pensé que Mme Stanton avait porté atteinte à la cause des droits de la femme en insistant sur la demande de suffrage féminin, mais elle avait du sens. assez pour ne pas adopter de résolution à ce sujet …  »  Une majorité de 53 à 41 délégués ont approuvé la résolution,  une action qui était considérée comme une censure de Stanton, et qui n’a jamais été abrogée.  Le rapport d’ouverture d’Avery du 23 janvier a été adopté avec la partie supprimée de la Bible de la femme .

Stanton n’a pas assisté au congrès de 1896; elle avait 80 ans, était obèse et alitée.  Elle a reconnu la controverse suscitée par la publication de la première partie, mais a continué d’écrire la seconde partie du livre et a travaillé sur son autobiographie Eighty Years & More: Reminiscences 1815-1897. Elle écrivit à son amie de longue date, la révérende Antoinette Brown Blackwell, en avril 1896: «Nos politiciens sont calmes et complaisants sous notre feu, mais le clergé saute au moment où vous dirigez une arme à feu vers eux » comme des pois secs sur une poêle chaude  » « . 

 

Legacy 

Stanton souhaitait un plus grand degré de connaissances dans The Woman’s Bible , mais fut incapable de convaincre les érudits de la Bible de son époque de prendre part à ce qui devait être un projet controversé. Les érudits ont continué à ne pas aborder le sujet du sexisme   dans la Bible jusqu’en 1964, année où Margaret Brackenbury Crook a publié Women and Religion , une étude du statut de la femme dans le judaïsme et le christianisme. Dans son livre Au-delà de Dieu le père , en 1973, Mary Daly discutait de la Bible de la femme et des travaux ultérieurs de Letty Russel et Phyllis Trible renforçaient  le lien entre le féminisme   et la Bible. Aujourd’hui, les études bibliques des femmes sont arrivées à maturité, les femmes posant de nouvelles questions sur la Bible et remettant en cause les bases mêmes études bibliques

Stanton elle-même a été marginalisée dans le mouvement du suffrage féminin après la publication de The Woman’s Bible . À partir de ce moment, Susan B. Anthony a occupé une place de choix parmi la majorité des suffragettes. Stanton n’a plus jamais été invité à s’asseoir à une place d’honneur sur scène lors du congrès de la NAWSA.

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Bibliographie

Avery, Rachel Foster. , rédactrice. Actes de la vingt-huitième convention annuelle de la National American Woman Suffrage Association. . Philadelphie, Alfred J. Ferris, 1896.

Bellis, Alice Ogden. Editeurs: Meyers, Carol L .; Craven, Toni; Kraemer, Ross Shepard. Bourse biblique féministe, dans Women in Scripture , Houghton Mifflin, 2000, p. 24–32. 

Murphy, Cullen. La parole selon Eve, First Mariner Books, 1999. 

Newsom, Carol Ann; Ringe, Commentaire biblique de Sharon H., Westminster John Knox Press, 1992, 1998. 

Stanton, Elisabeth ; Anthony, Susan B. ; Gage, Mathilda Joslyn.. Histoire du suffrage des femmes . volume I. couvrant la période 1848-1861. Copyright 1881.

Stanton, Elizabeth Cady. Quatre-vingts ans et plus: Souvenirs de 1815 à 1897. Northeastern University Press; Boston, 1993. 

Stanton, Elizabeth Cady. La Bible de la femme : une perspective féminine classique (1895), sur Google Book Search

Stanton, Elizabeth Cady. La Bible de la femmes. Paries I et et ii.  (1895, 1898), Textes sacrés

Stanton, Elizabeth Cady. Quatre-vingt ans et plus : souvenirs de 1815à 1897 (1898), chez Google

 

Source Wikipedia