CROIRE AU DIEU QUI VIENT, DE LA CROYANCE A LA FOI CRITIQUE, JOSEPH MOINGT (1915-....), LIVRE, LIVRES, LIVRES - RECENSION, THEOLOGIEN

Croire au Dieu qui vient de Joseph Moingt

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Croire au Dieu qui vient : De la croyance à la foi critique 

Joseph Moingt

Paris Gallimard, 2014. 624 pages.

 

Présentation de l’éditeur

La foi chrétienne a pour singularité, origine et histoire de croire en un Dieu qui a parlé aux hommes depuis toujours et qui est venu habiter parmi eux voici deux mille ans, incarné en Jésus de Nazareth, mort sur une croix et rappelé par Dieu à la vie pour conduire l’humanité à sa destinée éternelle. Mais cette révélation, reçue de la faiblesse et de la folie de la croix, dit saint Paul, est difficile à croire, et elle tombe de si haut et vient de si loin qu’elle paraît en voie de s’effacer de la culture occidentale qu’elle a si longtemps inspirée et régentée. Ce livre revisite la tradition qui a répandu cette foi et éprouve si elle est encore capable de donner à croire que Dieu vient aux hommes du futur de notre destin. Le nom de Dieu apparaît en toutes langues avec les premières traces de la rationalité humaine ; le dieu des Hébreux surgit lui-même du panthéon du Proche-Orient ancien avant d’être promu Dieu unique par les prophètes d’Israël ; Jésus, se disant envoyé par lui, qu’il appelle Père, le fait reconnaître Père commun de tous les hommes qui veut les réconcilier avec lui et entre eux pour en faire ses fils. Recueillant son enseignement, la tradition chrétienne proclame que Jésus est le Fils éternel de Dieu, né homme de la Vierge Marie pour régénérer l’humanité dans l’Esprit de Dieu et la conduire par l’Église à la vie éternelle. Mais la science moderne des textes bibliques et évangéliques a creusé un fossé entre ce qu’on peut connaître avec certitude de l’histoire de Jésus et l’interprétation qui en est faite par le dogme de l’Église, dogme que l’évolution des esprits rend peu crédible à nos contemporains. Aussi, les théologiens, qui entendent respecter la vérité historique des textes et les rendre intelligibles à notre temps, se sentent obligés de repenser cette tradition en son entier sous l’éclairage d’une foi critique. Telle est l’ambition de ce livre : entreprendre une démarche de véracité et de liberté dans la recherche du sens de la foi. Il s’attachera dans ce but à déchiffrer le mystère qui tend à s’exprimer sous le mythe de la préexistence du Christ, idée qui est à la base de l’articulation dans le dogme des concepts de trinité, incarnation et rédemption : il s’agit en fait de la révélation de l’humanité de Dieu, comprise comme l’amour par lequel il entre en communication avec les hommes pour les libérer de leur finitude, du repli égoïste et mortifère de chacun sur soi qui les empêche de parvenir à l’unité entre eux et avec l’univers. Un second livre, en préparation, envisagera de dire, dans un langage dépouillé de technicité, en quoi consistent la vie et la mission de l’Église, vie de communion fraternelle dans l’Esprit du Christ, mission de «salut» ou d’humanisation du monde.

 

Biographie de l’auteur

Joseph Moingt, né en 1915, est un jésuite français, théologien spécialisé en christologie. Dès 1956, il enseigne à la faculté jésuite de Fourvière à Lyon, à partir de 1968 à l’Institut catholique de Paris. Parallèlement, il dirige jusqu’en 1997 la revue Recherches de science religieuse. Il enseigne au Centre Sèvres depuis 1974. Il a beaucoup publié en revue ainsi que chez d’autres éditeurs comme le Cerf, Desclée de Brouwer, Bayard et Flammarion.

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Une recension sans concession publié par France-Catholique

 

Joseph Moingt, « ex »-jésuite de 99 ans.

L’actualité m’a donné un coup au cœur que je ne pensais pas pouvoir ressentir avec une telle violence. Je vais, pour moi-même car j’aurais honte de m’y refuser, devoir écrire dans ce mien Journal un de mes plus longs textes afin d’éliminer de mes pensées ce qui a été injecté dans mes neurones.

Cette riposte nécessaire va concerner le livre d’un prêtre, un jésuite auteur d’une nouvelle hérésie (selon mon jugement), d’une sorte même d’apostasie, à ce que je crois. Son ouvrage remet en cause le cœur même de la foi que nous confessons depuis vingt siècles ! Il s’agit d’une attaque dont tous les chrétiens sont les victimes potentielles ! D’une prétendue nouvelle « intelligence » des Écritures qui effacerait tout ce qui a précédé ce gentilhomme.

Sur mon écran, je vois la photographie de ce prêtre, et je regarde son sourire entendu, qui rend son visage empreint d’une sorte de fierté qui exprimerait en quelque sorte un « c’est ainsi et pas autrement » – ce qui en soi n’est pas inimaginable ni interdit – mais que j’éprouve une difficulté extrême à accepter vu le sujet de son ouvrage : rien de moins, et sans jeu de mot quoique l’auteur de ce livre se nomme Joseph Moingt, rien de moins donc que ce que je ressens comme un assassinat de la foi enseignée depuis les apôtres jusqu’à ce jour, jusqu’à François notre pape.

C’est donc aujourd’hui, entre 8 et 9 heures, que j’ai entendu parler à la radio de cet ouvrage paru très récemment chez Gallimard un livre portant le titre suivant, si je m’en souviens bien : « Croire au Dieu qui vient : De la croyance à la foi critique ». Foi critique ? Non, foi désossée, purement intellectuelle, foi que même Calvin aurait rejetée comme insultant le Christ : que cette interprétation plaise ou non.

N’ayant entendu que la première partie du titre, j’avais d’abord cru qu’il s’accordait à la fête de Noël, mais bien vite mon attention s’est muée en effarement, au fur et à mesure que je prenais conscience de l’ampleur du désastre : chercher sur l’Araignée l’information dont j’avais besoin, notamment en allant directement sur le site de cet auteur ou sur ceux des journaux qui en ont rendu compte, m’a aidé à mieux appréhender l’étendue des saccages commis.

Effarement ou plutôt consternation : je déteste que des prêtres, présentés comme des monstres d’intelligence, ce qui n’est pas l’essentiel, également hommes de foi, ce qui devrait compter par-dessus tout, se lancent aussi dangereusement dans l’élaboration de théories et de thèses aussi aventurées : reconnues aisément même par moi comme invérifiables et mettant à mal nos évangiles. Je m’étonne encore qu’un prêtre, dont on sait d’expérience qu’il est en première ligne dans le combat spirituel, puisse s’exposer aussi directement aux souffles de l’Ennemi.

La déesse Raison a été par lui invoquée ; il semblerait que chez Monsieur Moingt elle soit davantage crédible, ou recevable, que la Parole du Christ, qui est Parole du Père ; que le témoignage des apôtres, qui ont accepté, comme l’écrit saint Paul, de souffrir et de mourir pour que cette foi reçue soit à jamais soutenue ! Comment ce jésuite a-t-il pu se croire ainsi « capable » d’une telle ambition, explorer selon ses seules normes les vérités de la foi chrétienne afin d’en vérifier le bien fondé, explorer son « intelligibilité », décider de sa crédibilité ? Il parle de sa « quête existentielle » : ne voulait-il pas creuser jusqu’à l’os la moindre des définitions dogmatiques pour arriver au bout du compte à « une foi totalement nue, dépourvue de toute béquille, libérée des mythes » dont il dit que l’Église en a fait ses dogmes ! Formulation suffocante dont l’origine, pour moi, se découvre comme une tentation impossible à renverser : et qui l’a conduit à l’extrême d’une certaine imposture.

Il n’est pas le premier, au cours des siècles, à avoir cherché cette « foi nue » qui n’a aucun sens – le Verbe s’est incarné et il n’a en rien rejeté ce qui vient de notre « chair » assumée, hormis le péché. Il n’a jamais enseigné une foi purement intellectuelle, ce que, malgré de possibles dénégations, Joseph Moingt n’a su éviter. Ses déclarations médiatisées en sont comme le sceau.

Sur RCF, un commentaire très clair, une conclusion musclée. Fut d’abord expliqué le ressort principal du bouquin en question : de 600 pages tout de même, en attente d’un complément tout aussi volumineux ! Dans un certain sens, c’est une bénédiction que de tels propos calamiteux aient besoin d’autant de pages pour être présentés… Qui ira jusqu’au bout ? J’espère pour Gallimard un échec cuisant, une perte sèche… Mais dans un autre sens, c’est une catastrophe, car rares en effet seront ceux qui voudront éplucher l’ouvrage, sauf les convaincus de l’exactitude de la théorie des mythes, des impossibilité, des faits réputés invraisemblables etc… si bien que la plupart des gens entendront que les dogmes chrétiens ont été passés à la moulinette d’un curé intelligent et que l’Église catholique en a été renversée.

Souvent, il suffit de très peu, un éloge tendancieux, une approbation de surface, pour que les positions personnelles d’un tel ex-père jésuite – ne pas confondre avec « expert » –, fassent admettre aux chrétiens qu’ils sont perdus.

Point capital : Jésus ne serait pas ressuscité, du moins selon ce qu’il est possible de « penser » des faibles capacités conceptuelles des pauvres nullités que furent (sans doute ou non) les apôtres. Il est supposé qu’ils ne comprenaient pas que Celui qu’ils reçurent à leur table après sa mort n’avait été présent, non pas à leurs côtés, mais seulement qu’« en leur esprit » … abusés en somme par leur ignorance de tout ce que les sciences d’aujourd’hui ont pu nous apprendre, à nous privilégiés, que l’on veut ainsi convertir à une sorte d’ultra rationalisme.

Chers apôtres qui ont donné leur vie, non pour une illusion, mais pour une certitude ! Qui ont entendu et compris peu à peu, tout au long de l’éducation reçue de leur Maître qu’Il était bien Le Fils de Dieu, le Sauveur des hommes. Ressuscité, Il ne l’aurait été « qu’en eux », invisiblement, en leurs seules pensées ? Quel bluf, et quelle horreur de se permettre une aussi consternante lâcheté conceptuelle : qui va jusqu’à dire que le cadavre de Jésus aurait été, purement et simplement, « peut-être jeté dans une fosse commune » ! Abject ! J’assume l’adjetif. Saint Jean raconte les étapes de l’ensevelissement, et l’on voit très bien Joseph d’Arimathie faire toutes les démarches nécessaires afin que justement on ne jette pas son cadavre dans la fosse prévue pour les crucifiés, tout près du sommet du Golgotha. L’indécence est ici tellement énorme qu’on se demande comment il a pu en arriver là ! Comment a-t-il pu oser !

Voilà ce qu’il en est d’aimer en aveugle… L’orgueil se loge où il veut mais il se débusque aussi aisément qu’un lapin de garenne.

Puis-je ajouter que la foi en la résurrection de Jésus ne s’explique, pour cet auteur, que par « la crédulité » des apôtres ? Ce simple fait me paraît une sorte de monstruosité. Je ne puis situer d’où elle provient.

Interrogé sur les événements fondateurs que furent les écrits des apparitions du Christ après sa résurrection, le contempteur de la vérité des témoignages apostoliques n’hésite pas à les qualifier d’« inventions » ! Ce mot remplace une idée qu’il n’a pas osé formuler : et qui serait celle d’une supercherie. Chez de tels saints, allés jusqu’au martyre ? Quelle justification donne-t-il à « l’invention » ? A ce qu’il pré,d e somme pour un mensonge ? est ici pris également pour une invention ? Celle-ci, qui vaut son pesant de plomb : « C’est invraisemblable, donc c’est une fiction. Les apôtres ont seulement ressenti en eux-mêmes que Jésus était ressuscité… » Je vais oser un jugement subjectif : ce que je viens de citer me paraît une sottise énorme et invraisemblable… Mais pout moi, je ne vois en ces spéculations que pur scandale, pure ignominie, pure délation, sans me résoudre à oublier qu’il s’agit d’un prêtre ! J’ai du mal, beaucoup de mal, à penser qu’un prêtre a pu se livrer à cette tâche infondée avec autant de persévérance et de fixité mentale aun point de se livrer à une véritable destruction.

Un journaliste le questionne, dubitatif ; il lui est répond : « Vous avez besoin de preuves pour croire ? Moi pas ! Il faut renoncer aux preuves. » Ce serait admirable s’il n’avait pas commencé par réduire à quasi rien la foi dont il est pour lui question. Et si je me trompe à son sujet, c’est qu’il aura passé son temps à s’exprimer mal et à nous tromper. Cependant, le fait objectif est cette foi nue qui cesse en réalité d’être la foi.

Pauvre jésuite, pauvre égaré au cœur de ces sciences qui, sur ce sujet divin, n’ont strictement rien à dire, rien à prétendre, rien à expliquer. Possible que sa seule excuse soit son âge. Exemple du drame que serait l’allongement du temps de vie prôné par les gens de Google ! Dommage que les lecteurs de chez Gallimard ne savent plus rien de la foi chrétienne, ils aurait compris en quelques pages l’inanité de ces travaux, opinon d’un lecteur qui pendant plusieurs années fut notamment lecteur de manuscrits chez Jean Paulhan.
Que cet ex-père de la maison de saint Ignace de Loyola (pour moi, impossible de le nommer « Père Joseph Moingt ») aille donc à Turin et médite, ‘quarante jours’ durant, devant le Saint-Linceul du Ressuscité. Je serais tenté de lui conseiller mon propre livre sur le sujet, « Le Linceul de Jésus de Nazareth, cinquième évangile » : à lui seul il réfute tout ce qu’il dit, prétend, car ce longe donn, notamment, à contempler ce qui présente à notre intelligence un ‘indice’, lui aussi ‘pensable’, de cette résurrection par lui donnée comme « invraisemblable » ; vaut mieux qu’il aille entre les mains de mon lecteur !

*

Le pire de son détournement découle de ce que cet « être humain », qui restera prêtre à jamais et trouvera, je l’espère, le temps de revenir sur ses allégations fantaisistes – ne serait-ce que pour reprendre, dans la clarté, sa place au sein de l’Église, n’a probablement pas assez réfléchi au mystère central de l’Incarnation du Verbe : comment faire passer par les filtres des technologies les plus raffinées Dieu lui-même ? Ce qui signifierait qu’il n’a que fort mal compris le désir du Père, l’obéissance du Fils, le savoir-faire de l’Esprit-Saint. Rien compris en outre au « mystère » de la maternité de Marie. Et, bien entendu, à celui de notre Église, de son « corps » qui est celui même du Christ, de sa « vocation ». De plus, il rend cette « survenue de Dieu » en notre nature totalement inutile : de fait, il tue l’Institution en même temps qu’il nous rejette aux temps d’avant le Salut. Au temps où les Justes attendaient avec une espérance à toute épreuve, patiente au delà du concevable, la visite que leur rendrait le Sauveur pour qu’enfin ils puissent entrer dans le Royaume d’éternité.

Aurait-il alors mieux entendu le mystère de l’engendrement de ce Verbe, dit Fils Unique du Père, qui fut conçut en Marie « grâce » à l’intervention en elle de la puissance recréatrice de Dieu ?

Me semblait terminé le temps des chrétiens se prenant pour plus avisés que le Christ : je vois que j’étais en pleine erreur.

Il allait de soi que je devais donner quelques exemples : le premier fut celui de la résurrection. Je prends, pour compléter, l’attaque frontale à laquelle se livre Joseph Moingt contre la notion de « péché originel ». Que dit-il qui soit suffisant pour en rejeter jusqu’à la « notion » ? « Ce n’est plus audible aujourd’hui. » Ah ? Non audible ? Pour qui serait-ce inaudible ? Les intellos de Paris ? Les bobos ?

Qui est audible sinon le Christ ? Ni lui ni moi. Qui est Parole du Père ? Celui qui nous a aimé jusqu’à la mort. Faut-il aller si loin pour atteindre la foi nue ? Et quelle est cette foi ? Qu’elle est sa réalité, sa justification ? Je n’ai pas eu un seule instant le souci ou la curiosité d’aller la découvrir : ce que j’ai découvert tout au long de cette journée m’a suffi pour ne vouloir jamais fréquenter cette prose pour moi blasphématoire.

Propos facile donc, quelconque, que pourrait avancer un militant deux fois centenaire de l’Hôtel des Fossiles Rationalistes… Contrairement à ce qui est prétendu avec une assurance personnalisée des plus redondante, aussi redoutable, dont il a été dit qu’il ne cherchait que « son Graal personnel », ce qui le disqualifie pour s’exprimer sur ces sujets, il faut revenir à cette « notion » qu’il a osé éliminer d’un coup de baguette de mauvais bois. Son système de déduction touche à l’absurde et n’aboutit à rien de sérieux : on ne peut penser qu’à une certaine ignorance ou un certain aveuglement. Pas de raisons valables pour aboutir à sa conclusion, sorte d’impression personnelle que ce péché tel que l’enseigne l’Église ne signifie rien d’intelligible, d’assuré, en rien susceptible d’être réellement fondé sur les sciences objectives avec lesquelles cette « notion » n’a aucun lien : il se pare d’une confiance d’aveugle en cette Science, en la discipline historique, comme si tout ce qui touche à l’Être et à l’Amour d’infini les concernait au premier chef ! Les Sciences ne nous permettent que de saisir ce qui touche à la seule « matière », énergie comprise, telle qu’elle se découvre dans le cheminement du temps. L’Esprit n’est qu’une « terra incognita » en laquelle il serait vain, ou absurde pour elles de chercher à les pénétrer. Comme si et en outre, puisque l’Histoire est convoquée au festin de Joseph Moingt, les connaissances historiques contemporaines, additionnées à celles des sciences, suffisaient pour comprendre pleinement, « jusqu’à l’os », une vie et une action telles celles de Jésus le Christ !

Je suis certain que Jean-Christian Petitfils serait stupéfié ou ahuri par l’affirmation d’une telle théorie.

Personnellement, je pense autant que je crois que cette « notion » est capitale, en ce sens qu’il ne peut s’agir que d’un événement d’une extrême importance, à « l’origine » justement, cette « origine » que je tentais il y a peu de mieux me reformuler cette vertigineuse conception, ici même, de mieux creuser ce qui en avait été déjà étudié, afin de mieux exprimer qu’elle ne pouvait en aucun cas appartenir au « temps des commencements et des fins » : nécessaire de saisir que sa « mise en lumière » fit apercevoir qu’elle n’avait pu se dérouler qu’avant l’explosion initiale dite « bigbang » ; intuition qui fut pensée très peu de temps après les débuts de l’Église, sans pouvoir être rendue plausible du fait justement de l’absence de connaissances scientifiques, exprimée pourtant d’une façon convaincante même si incomplète à cause des mêmes ignorances, par Duns Scott au XIIIe siècle, puis abordée par Benoît XVI. Et ce qu’il y a d’admirable c’est justement que l’on découvre aujourd’hui à quel point la foi chrétienne colle au réel tel que le décrivent les sciences. À quel point la découverte de cette explosion initiale, que rien avant elle ne pouvait laisser prévoir – ce qui régnait était le néant, le rien absolu – dont poutant est sorti notre univers, correspond à ce que l’on peut, dans la foi, penser appartenir à l’ensemble de ce que fut et reste la Création.

À ce propos, un livre d’une tout autre portée est à conseiller en ce qui concerne la réflexion sur la Création et le péché d’origine : celui du père Frédéric Marlière, la « Trilogie de la Gratuité divine », aux éditions Desclée de Brouwer-Anne Sigier !

Sans ce dogme qu’est depuis toujours le péché dit originel, on ne peut rien comprendre à l’Être humain, et je suis très loin d’être le seul à penser ainsi : Chesterton déjà l’écrivait… Bernanos de même. Et si l’Église catholique l’enseigne, c’est bien parce qu’elle sait, avec une conviction à la fois sage, documentée et raisonnable, qu’il ne peut en être autrement.

J’espère qu’une catéchèse globale sur ce sujet sera formulée au plus tôt, ne serait-ce que pour faire mieux comprendre cette réalité de toujours. Nier ce péché-là revient en effet à nier la nécessité du Salut conquis par le Christ de sa naissance humaine à sa mort sur la Croix : ce serait une insulte adressée à Celui qui est venu, sorti de l’éternité pour, en notre temps, nous tirer de l’abîme des Ténèbres ; ce serait alors le triomphe du gnosticisme le plus dur, de l’orgueil le plus fou. L’homme n’est rien sans Dieu, ce qui ne l’empêche guère de s’imaginer son égal.

Sans cette « notion », on ne peut rien entendre de ce qui se passe, notamment dans le domaine des sciences. (Il faut faire retrouver aux chrétiens le vrai sens du mot « dogme » : pour moi, étincelle de lumière en mesure d’ouvrir l’esprit et d’ainsi mieux approfondir les « mystères » de la foi.)

Le fait par exemple qu’une découverte importante puisse être utilisée autant pour le bien des hommes que pour leur malheur suffit à illustrer l’existence de ce péché universel : dont la pensée fut d’abord celle du Prince des Ténèbres, l’Ennemi pour toujours du Père, ange qui fut si grand, si beau, et qui finira comme un glaçon au creux de l’univers quand celui-ci ne sera plus qu’un désert de mort, toute l’énergie de son royaume ayant été, au fil des temps, totalement épuisée.

Je reviens à notre auteur, pour qui l’Église catholique « n’a pas le souci de la vérité des textes » et c’est pourquoi « les gens se sont détachés d’elle ». Admirable capacité de fausser un jugement, une réflexion profonde : la vérité des textes, il serait le seul à l’avoir tirée de la tourbe ? Quant aux raisons des « détachements » invoqués, n’ont-ils pas été provoqués par de tous autres comportements ? Il ne peut que les connaître parfaitement, l’histoire en a été suffisamment explorée en ses causes : dont une en particulier que j’ajouterai volontiers : la teneur en soufre d’écrits frères des siens !

Je comprends qu’il avoue, avec une nuance de tristesse, la grande incapacité de ses proches à le comprendre. Il se plaint : « Oui je donne prise à tous les reproches possibles. Beaucoup de mes frères jésuites ne sont pas d’accord avec moi. Mais l’important est que je sois vrai avec moi-même » : le mieux serait qu’il soit vrai devant Dieu. J’espèce qu’en réalité il s’agit de « tous » ses confrères jésuites ! Ces « soldats du Pape » ne peuvent pas dire lui obéir en même temps qu’ils le bafoueraient en détruisant ce qui fait, ce qui est la vie même de l’Église catholique. Il précise, avec un culot qui me confond : « Ne peut donc être tenu pour matière de foi que ce qui est plausible du point de vue historique et qui se communique à l’esprit de façon rationnelle et intériorisée »… Si l’on s’en tenait à la seule donnée psychologique de cette rationalité rêvée, le Christ revenant parmi nous trouverait disparue la foi, comme Il l’avait supposé avant de quitter ce monde. Il ne resterait rien depuis lurette des dogmes catholiques. Par contre, que Joseph Moingt étudie mieux ce que sont les grands axes des découvertes scientifiques, mais ils ne pourra que vérifier à quel point les dogmes qu’il rejette, une fois bien compris, ne sont en rien déphasés par rapport à tout l’ensemble des connaissances : leur grand mérite toutefois est d’aller beaucoup plus loin, beaucoup plus haut, vers l’éternité…

Justement, et pour donner un autre exemple de la teneur du livre, soit le but que s’est fixé Joseph Moingt, je cite l’une de ses perles rares : « … que la foi chrétienne devienne, dans les temps qui sont les nôtres, pensable et vivable au sein de l’Église, crédible et attractive pour le monde environnant ». Je lui conseille de lire un travail effectué par un certain Brunor et qui a été publié en cinq bandes dessinées sous le titre global des : « Indices pensables ».

« Sa démarche fait cependant penser au plan du métro que l’on trouvait jadis sur le quai de Châtelet, à Paris : à force d’être effleuré des milliers de fois, le nom de la station avait disparu sous l’index des voyageurs », écrit excellemment le journaliste de La Vie, tandis que celui de Radio Chrétienne Francophone (RCF) osât une expression dont le mot exact a échappé à ma mémoire, hélas car très fort, mais qui signifiait aussi bien imposture, fraude, abus de confiance, prétention, etc..

J’avance dans ma conclusion. Et je prends connaissance d’un article qui commence par présenter l’auteur : « Dans quelques jours, il fêtera sa… 100e année. Mais Joseph Moingt se porte comme un charme et son activité intellectuelle reste au beau fixe. Il l’est pas près de s’arrêter de penser. » Au moins une remarque positive !

Je m’arrête toutefois sur l’expression « n’est pas près de s’arrêter de penser ». Qu’est-ce donc que « penser » ? Une opération de l’esprit qui se complète par le verbe « mépenser », ou « penser mal », « penser de travers  » ; etc.. Ce que Joseph Moingt dit à propos de son travail sur la foi des chrétiens est assez étrange : il n’entend pas éclairer les uns ou les autres sur cette foi, puisqu’il la détruit. ll entend seulement vérifier, à des fins qui lui sont propres, ces « vérités » auxquelles il a (peut-être ou non ?) crues autrefois afin de savoir si elles sont ou non restées crédibles en les confrontant aux résultats obtenus par les sciences : le problème est que les sciences et les dogmes, sans se quereller, n’appartiennent pas aux mêmes registres. Il convient particulièrement à ce que ces chevauchements soient évités, les confrontations refusées dont les niveaux ne peuvent être situés au même plan.

De qui tient-t-il l’autorité, qu’il s’attribue et qui lui permet de garder souverainement ce qui est crédible et de rejeter, non moins souverainement, le non-crédible ? De lui seul puisque la fin recherchée est de conclure, avec le seul couteau des sciences et de l’histoire tels qu’il les analyse, donc selon ses seules connaissances, s’il peut « penser » acceptable ou non ce qui est de foi [1] pour les fidèles du Christ, tout en essayant de donner une tournure impérative à ses conclusions.

Eh bien, il fait ce qu’il veut et je ne veux dire de ce qu’il fait que ce qui ne devra que correspondre à ce qu’en dira l’Église catholique : elle au moins sait « penser » en usant de toutes les sources, qu’elles soient d’origine scientifique, historique, mystique, théologique et, d’abord, de Révélation.

[1] Mais la pensée chez un chrétien n’est pas extérieure à la foi, elle lui est tout aussi consubstantielle qu’elle pourrait l’être dans les neurones d’un physicien… Peut-être avec une nécessité plus impérative…

 

https://www.france-catholique.fr/Joseph-Moingt-ex-jesuite-de-99-ans.html

 

 

CROIRE AU DIEU QUI VIENT, DE LA CROYANCE A LA FOI CRITIQUE, EGLISE, ESPRIT ET MONDE, JOSEPH MOINGT (1915-....), LIVRES, LIVRES - RECENSION, THEOLOGIEN

Croire au Dieu qui vient de Joseph Moingt

 

Croire au Dieu qui vient

Joseph Moingt
Croire au Dieu qui vient 
I. De la croyance à la foi critique. 
Essai, NRF-Gallimard, 2014, 612 pages, 29 €.

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Publié dans la prestigieuse NRF-Gallimard, éditeur inhabituel pour la théologie, cet essai assume sa visée apologétique au regard des exigences de la raison contemporaine sans pour autant taire la voix propre de Joseph Moingt, riche de plus de soixante ans de recherche, d’écriture et d’enseignement. Comme l’évoquent le titre, et l’ampleur, de ce nouveau volume, l’auteur repart sur des chemins déjà parcourus, tant par ses méthodes que dans ses thèmes, mais avec une nouvelle problématique qui explore la manière dont le salut est la motivation de la croyance en Dieu, salut offert à tous les hommes depuis les origines. Une première partie « De la croyance à la révélation du salut » est donc consacrée à l’attente d’un salut aux origines de l’histoire humaine, dans lesquelles J. Moingt entre, pour la première fois dans son œuvre, en débat avec historiens et anthropologues de l’antiquité et de la philosophie grecques. Un second chapitre, tirant parti de travaux d’exégèse biblique récents, se concentre ensuite sur la révélation du salut en Jésus, que poursuit la seconde partie du livre, « De la révélation du Christ à la foi des chrétiens aujourd’hui ». Le lecteur y retrouve la démarche qui fut celle de Dieu qui vient à l’homme appliquant aux énoncés de la foi une lecture doctrinale et critique dans l’espoir d’élaborer un nouveau langage « dont les chrétiens ont besoin aujourd’hui pour préserver leur foi dans la culture de notre temps et pour la lui présenter de manière intelligible ». La tonalité de l’essai retentit particulièrement dans cette quête assumée en première personne où le « souci de véracité de ma foi » se confronte à « un égal souci de véracité de ma pensée », sans que ne soit jamais perdu de vue de servir l’intelligence des croyants en Église. Exposant patiemment sa démarche et ses choix, justifiant longuement sa méthode et ses détours, et exprimant amèrement sa déception face au statut des fidèles dans l’Église, l’étude se donne la tâche délicate de réunir en un livre une apologétique et un exposé critique de la foi dans le dialogue entre théologiens, toujours précis et technique. Le lecteur sera sans doute porté, après cette traversée exigeante, à discuter avec Joseph Moingt un grand nombre de thèses qui nourriraient débats théologiques, exégétiques et philosophiques ; mais il pourra aussi entendre l’appel de l’auteur à inventer un langage nouveau pour dire la foi d’une manière aujourd’hui intelligible.

 

Présentation de l’éditeur

La foi chrétienne a pour singularité, origine et histoire de croire en un Dieu qui a parlé aux hommes depuis toujours et qui est venu habiter parmi eux voici deux mille ans, incarné en Jésus de Nazareth, mort sur une croix et rappelé par Dieu à la vie pour conduire l’humanité à sa destinée éternelle. Mais cette révélation, reçue de la faiblesse et de la folie de la croix, dit saint Paul, est difficile à croire, et elle tombe de si haut et vient de si loin qu’elle paraît en voie de s’effacer de la culture occidentale qu’elle a si longtemps inspirée et régentée. Ce livre revisite la tradition qui a répandu cette foi et éprouve si elle est encore capable de donner à croire que Dieu vient aux hommes du futur de notre destin. Le nom de Dieu apparaît en toutes langues avec les premières traces de la rationalité humaine ; le dieu des Hébreux surgit lui-même du panthéon du Proche-Orient ancien avant d’être promu Dieu unique par les prophètes d’Israël ; Jésus, se disant envoyé par lui, qu’il appelle Père, le fait reconnaître Père commun de tous les hommes qui veut les réconcilier avec lui et entre eux pour en faire ses fils. Recueillant son enseignement, la tradition chrétienne proclame que Jésus est le Fils éternel de Dieu, né homme de la Vierge Marie pour régénérer l’humanité dans l’Esprit de Dieu et la conduire par l’Église à la vie éternelle. Mais la science moderne des textes bibliques et évangéliques a creusé un fossé entre ce qu’on peut connaître avec certitude de l’histoire de Jésus et l’interprétation qui en est faite par le dogme de l’Église, dogme que l’évolution des esprits rend peu crédible à nos contemporains. Aussi, les théologiens, qui entendent respecter la vérité historique des textes et les rendre intelligibles à notre temps, se sentent obligés de repenser cette tradition en son entier sous l’éclairage d’une foi critique. Telle est l’ambition de ce livre : entreprendre une démarche de véracité et de liberté dans la recherche du sens de la foi. Il s’attachera dans ce but à déchiffrer le mystère qui tend à s’exprimer sous le mythe de la préexistence du Christ, idée qui est à la base de l’articulation dans le dogme des concepts de trinité, incarnation et rédemption : il s’agit en fait de la révélation de l’humanité de Dieu, comprise comme l’amour par lequel il entre en communication avec les hommes pour les libérer de leur finitude, du repli égoïste et mortifère de chacun sur soi qui les empêche de parvenir à l’unité entre eux et avec l’univers. Un second livre, en préparation, envisagera de dire, dans un langage dépouillé de technicité, en quoi consistent la vie et la mission de l’Église, vie de communion fraternelle dans l’Esprit du Christ, mission de «salut» ou d’humanisation du monde.

Biographie de l’auteur

Joseph Moingt, né en 1915, est un jésuite français, théologien spécialisé en christologie. Dès 1956, il enseigne à la faculté jésuite de Fourvière à Lyon, à partir de 1968 à l’Institut catholique de Paris. Parallèlement, il dirige jusqu’en 1997 la revue Recherches de science religieuse. Il enseigne au Centre Sèvres depuis 1974. Il a beaucoup publié en revue ainsi que chez d’autres éditeurs comme le Cerf, Desclée de Brouwer, Bayard et Flammarion.

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Présentation de l’éditeur

Ce second tome de Croire au Dieu qui vient se propose de vérifier ce qu’il est advenu de la nouveauté évangélique en comparant l’existence des communautés dans les temps apostoliques à ce qu’elle est de nos jours sous le rapport de l’essentiel de la vie chrétienne : entrée dans l’Eglise par la profession de foi baptismale, célébration de la mort de Jésus par le partage du pain eucharistique, vie fraternelle selon les enseignements de l’Evangile, unité de l’Eglise sous la conduite des successeurs des apôtres. Tout cela est maintenu, mais compris et vécu très différemment. Ces changements sont significatifs du tournant vers l’Ancien Testament amorcé par l’Eglise au IIIe siècle pour échapper aux dérives hérétiques. Alors qu’elle vivait du souvenir de Jésus dans l’attente de son retour, la foi est devenue religion, ceinte de rites purificateurs et d’interdits, le sacré a envahi la communion à l’Esprit, la tradition a refoulé le libre essor de la parole, la démarcation du sacerdoce et du laïcat a renforcé la clôture de l’Eglise sur le monde. La nouveauté évangélique n’en continuait pas moins à inspirer le goût de la liberté, mais plus la société se sécularisait et plus le monde se vidait de l’esprit du christianisme, au point que des mots tels Dieu, salut ou péché ont perdu tout sens pour un grand nombre de gens. Ainsi le second parcours de l’ouvrage s’attache-t-il à repenser les visées essentielles de la foi chrétienne, en Dieu, au Christ, au salut, à l’Evangile, celles sur lesquelles tout chrétien est interrogé sous l’horizon de l’incroyance généralisée de notre temps, non pour « convertir » son interlocuteur, ni pour justifier (excuser !) les chrétiens d’être croyants, mais sur la base de la rationalité commune aux hommes d’aujourd’hui, à leurs critères de véracité et de vérité, dans le but de témoigner du sens de l’homme et de l’humain qu’inspire la foi chrétienne, de répondre à leurs interrogations sur l’avenir de l’humanité, et de leur proposer une action commune pour sauver l’homme de la déshumanisation qui le menace.

Quatrième de couverture

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Le second tome de Croire au Dieu qui vient se propose de vérifier ce qu’il est advenu de la nouveauté évangélique en comparant l’existence des communautés dans les temps apostoliques à ce qu’elle est de nos jours sous le rapport de l’essentiel de la vie chrétienne : entrée dans l’Église par la profession de foi baptismale, célébration de la mort de Jésus par le partage du pain eucharistique, vie fraternelle selon les enseignements de l’Évangile, unité de l’Église sous la conduite des successeurs des apôtres. Tout cela est maintenu, mais compris et vécu très différemment. Ces changements sont significatifs du tournant vers l’Ancien Testament amorcé par l’Église au IIIᵉ siècle pour échapper aux dérives hérétiques. Alors qu’elle vivait du souvenir de Jésus dans l’attente de son retour, la foi est devenue religion, ceinte de rites purificateurs et d’interdits, le sacré a envahi la communion à l’Esprit, la tradition a refoulé le libre essor de la parole, la démarcation du sacerdoce et du laïcat a renforcé la clôture de l’Église sur le monde. La nouveauté évangélique n’en continuait pas moins à inspirer le goût de la liberté, mais plus la société se sécularisait et plus le monde se vidait de l’esprit du christianisme, au point que des mots tels Dieu, salut ou péché ont perdu tout sens pour un grand nombre de gens. Ainsi le second parcours s’attache-t-il à repenser les visées essentielles de la foi chrétienne, en Dieu, au Christ, au salut, à l’Évangile, celles sur lesquelles tout chrétien est interrogé sous l’horizon de l’incroyance généralisée de notre temps, non pour «convertir» son interlocuteur, ni pour justifier (excuser !) les chrétiens d’être croyants, mais sur la base de la rationalité commune aux hommes d’aujourd’hui, à leurs critères de véracité et de vérité, dans le but de témoigner du sens de l’homme et de l’humain qu’inspire la foi chrétienne, de répondre à leurs interrogations sur l’avenir de l’humanité, et de leur proposer une action commune pour sauver l’homme de la déshumanisation qui le menace. Ce livre est tourné vers le futur que Jésus a ouvert au Dieu de l’homme et à son projet créateur, dégagé des liens et des ombres du passé, et l’Église est invitée à se présenter au monde dans la nouveauté, tissée de folie et de sagesse, préparée par l’Évangile depuis toujours.

 

Au vu de la quatrième de couverture le livre fera sans doute débat comme lces livres publiés en 2014 et 2016 (voir ci-dessous).

Théologien jésuite de réputation mondiale, Joseph Moingt est, à 102 ans, une voix libre et très écoutée du monde catholique. Face au constat d’une Eglise en difficulté, qui doit affronter les scandales à répétition et le recul des vocations, Joseph Moingt se demande comment maintenir vivants son héritage et son message. La solution, selon lui, passe par l’émancipation de la foi et par le maintien du lien entre christianisme et raison. Il développe ses arguments autour de trois grandes questions fondamentales qui structurent son livre : la religion, la révélation et le salut. Un thème très actuel surgit au cœur  de ces réflexions, celui du rapport aux autres. Comment, en tant que croyant, peut-on être habité par la foi en l’Autre, habillé d’une majuscule sacrée, et rejeter les autres, devenus ennemis parce que différents d’origine, de culture ou de religion ? Pour Joseph Moingt, on ne peut dissocier l’identité de l’Autre et celle des autres. Elles sont une seule et même question qui rebondit de majuscule en minuscule, et inversement, puisque l’Esprit de Dieu se découvre dans l’esprit de l’homme, et réciproquement. Dans cet ouvrage exceptionnellement écrit à la première personne, qu’il présente comme son « livre-testament », l’auteur n’hésite pas à interroger sa propre foi. Si Joseph Moingt, dont le nom est inscrit dans la liste des « dossiers sensibles » du Vatican, prend à nouveau le risque de bousculer son Eglise, c’est avant tout pour l’aider et la rendre audible du plus grand nombre. En quoi il se rapproche de son frère jésuite et lecteur attentif, le pape François.

 

Croire au Dieu qui vient

Tome I. De la croyance à la foi critique. 2014

Tome 2. Esprit, Eglise et monde : De la foi critique à la foi qui agit. 2016

Recension de la Revue Etudes (numéro de Janvier 2015)

https://www.revue-etudes.com/article/croire-au-dieu-qui-vient-16634

JOSEPH MOINGT (1915-....), L'ESPRIT DU CHRISTIANISME, LIVRE, LIVRES - RECENSION, Non classé, THEOLOGIEN

L’esprit du christianisme de Joseph Moingt

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L’Esprit du christianisme.

Joseph Moingt

Tharaux (30430), Editions Temps Présent, 2018. 282 pages

 

Quatrième de couverture

Théologien jésuite de réputation mondiale, Joseph Moingt est, à 102 ans, une voix libre et très écoutée du monde catholique. Face au constat d’une Eglise en difficulté, qui doit affronter les scandales à répétition et le recul des vocations, Joseph Moingt se demande comment maintenir vivants son héritage et son message. La solution, selon lui, passe par l’émancipation de la foi et par le maintien du lien entre christianisme et raison. Il développe ses arguments autour de trois grandes questions fondamentales qui structurent son livre : la religion, la révélation et le salut. Un thème très actuel surgit au coeur de ces réflexions, celui du rapport aux autres. Comment, en tant que croyant, peut-on être habité parla foi en l’Autre, habillé d’une majuscule sacrée, et rejeter les autres, devenus ennemis parce que différents d’origine, de culture ou de religion ? Pour Joseph Moingt, on ne peut dissocier l’identité de l’Autre et celle des autres. Elles sont une seule et même question qui rebondit de majuscule en minuscule, et inversement, puisque l’Esprit de Dieu se découvre dans l’esprit de l’homme, et réciproquement. Dans cet ouvrage exceptionnellement écrit à la première personne, qu’il présente comme son « livre-testament », l’auteur n’hésite pas à interroger sa propre foi. Si Joseph Moingt, dont le nom est inscrit dans la liste des « dossiers sensibles » du Vatican, prend à nouveau le risque de bousculer son Eglise, c’est avant tout pour l’aider et la rendre audible du plus grand nombre. En quoi il se rapproche de son frère jésuite et lecteur attentif, le pape François.

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Âgé de 102 ans, Joseph Moingt est le doyen des théologiens français.

Jésuite attaché à son Église, il en est une voix libre et écoutée, qui n’hésite pas à en pointer les failles et les dérives.

Peu nombreux sont les théologiens dans le monde à avoir touché autant de lecteurs que lui, en particulier avec son best-seller publié en 2010 par Temps Présent, Croire quand même, vendu à plus de 20 000 exemplaires.

Au crépuscule d’une vie d’enseignement et d’écriture, il a souhaité reprendre le chantier qui l’occupe depuis vingt ans : alors que l’Église catholique s’efface en occident, comment maintenir vivants son héritage et son message ?

Il l’invite à adapter son langage à l’époque et à revoir la façon dont elle aborde trois grandes questions qui engagent sa survie : la religion, la révélation et le salut.

Il n’hésite pas à interroger sa propre foi dans cet ouvrage exceptionnellement écrit à la première personne, qu’il a présenté à son éditeur comme son « livre testament ».

Si Joseph Moingt, dont le nom est inscrit dans la liste des « dossiers sensibles » du Vatican, prend à nouveau le risque de bousculer son Église, c’est avant tout pour la rendre audible du plus grand nombre. En quoi il se rapproche du pape François.

Il se dit d’ailleurs, de source romaine, que lorsque les « dossiers sensibles » de théologiens lui ont été soumis, le pape François exprima le souhait de ne pas rouvrir celui de Joseph Moingt, et de laisser son frère jésuite « tranquille »

Site : Editions du Temps Présent.

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 « L’Esprit du christianisme » par Joseph Moingt

Le théologien jésuite Joseph Moingt prolonge sa réflexion sur la foi chrétienne face à l’incroyance et au doute, en questionnant certaines formulations du dogme chrétien. Un ouvrage qui met la foi au travail.

 A a aujourd’hui 103 ans et, pour la première fois, il prend la plume à la première personne du singulier. Ce « je » est essentiel à la compréhension de ce livre, qu’il présente comme son ultime écrit, où il poursuit et approfondit le projet qui est le sien depuis plusieurs décennies : repenser la foi chrétienne dans la situation de déclin et la menace d’effacement qu’elle affronte aujourd’hui, pour lui redonner un avenir.

Le jésuite a consacré sa vie à l’intelligence de la foi chrétienne, comme enseignant à l’Institut catholique de Paris et au Centre Sèvres, comme directeur de la revue Recherches de sciences religieuses (RSR) et, depuis trente ans, comme auteur de sommes théologiques essentielles (L’Homme qui venait de DieuDieu qui vient à l’homme…). S’il emploie dans cet ouvrage un ton plus personnel, c’est parce qu’il a conscience que ce livre est plus audacieux, plus risqué aussi, que les précédents dans son effort de concilier la foi et la raison.

Porter la foi vers demain

Le travail théologique de Joseph Moingt est marqué par une constante : le refus de surmonter les obstacles que l’intelligence rencontre dans l’acte de croire en glissant du côté de l’irrationnel ou en cédant à un sens du « mystère » frelaté. Son honnêteté intellectuelle est totale, parce qu’il prend en charge, pour lui-même d’abord, la question de l’incroyance et le défi que pose la perte du sens de la foi. L’importance qu’il confère à la raison humaine n’est pas une concession au rationalisme. Elle est un témoignage rendu au Dieu de Jésus-Christ qui jamais n’humilie l’homme qu’Il a créé à son image.

C’est avec cet arrière-plan qu’il convient d’aborder cet ouvrage où l’auteur confie chercher « à exprimer l’essentiel de ma foi et de ma vie religieuse dans un langage pleinement accessible à ma raison naturelle ». Pour répondre à une crise profonde où l’Église est interrogée sur « la question de sa propre vérité », Joseph Moingt recherche les « outres neuves », qui pourront porter la foi vers demain.

Retrouver « l’esprit du christianisme »

Pour cela, le théologien puise aux sources de la tradition apostolique, méditant essentiellement saint Paul et saint Jean pour retrouver « l’esprit du christianisme » et le libérer de la gangue religieuse qu’il a revêtue au tournant du IIIe siècle, pour faire face à la grave crise gnostique. Tournant qui le conduisit à adopter une théologie du sacrifice et de la rédemption, une Église hiérarchique et un corps de prêtres, un culte et un ritualisme que l’auteur juge étrangers aux sources scripturaires qu’il privilégie et qu’il veut nous faire entendre.

Cette lecture dessine clairement un avant et un après, une rupture nette sur laquelle historiens et théologiens auront matière à débattre. Toutefois, en différenciant la prédication apostolique de la tradition de l’Église qui lui succède, Joseph Moingt prend soin de ne pas les opposer. À ses yeux, cette dernière a conservé « l’essentiel » de la prédication apostolique. Il écrit aussi qu’elle l’a « recouvert » mais « pas au point de l’effacer ». En sorte que le théologien se voit « fondé à penser qu’il (lui) sera possible de dénoncer et d’amender les écarts de son discours par rapport à sa source apostolique en [se] recommandant de la même foi ».

Peu de théologiens font entendre aussi nettement la voix du Dieu

« Dénoncer et amender les écarts », Joseph Moingt le fait en revisitant vigoureusement les principaux dogmes de la foi (Incarnation, Trinité, Salut…), sans se soucier d’abord d’orthodoxie. Il questionne les héritages religieux, mythologiques et philosophiques qu’ils contiennent à la recherche d’un sens universellement partageable du salut chrétien. On pourra le lui reprocher, juger certaines propositions téméraires, contestables.

Prévenons le lecteur catholique : chacun d’entre nous trouvera dans ces pages une raison (ou plusieurs) d’être questionné, déplacé et/ou choqué. On pourra donc discuter cet ouvrage, le critiquer, l’amender, le prolonger, mais on aurait tort de le pourfendre ou de l’ignorer, car peu de théologiens font entendre aussi nettement la voix du Dieu qui « a tant aimé le monde » (Jean 3, 16).

 

https://www.la-croix.com/Culture/Livres-et-idees/LEsprit-christianisme-Joseph-Moingt-2019-01-17-1200996078

RENE LAURENTIN (1917-2017), THEOLOGIEN

René Laurentin (1917-2017)

Vie et oeuvre du  Père René Laurentin

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Le Père René Laurentin, prêtre, et historien des apparitions de Lourdes, est décédé dimanche 10 septembre 2017. Il allait avoir 100 ans en octobre.

Né le 19 octobre 1917 à Tours (France), l’abbé René Laurentin était théologien, exégète et historien. Il était notamment spécialiste des apparitions mariales. Il fut longtemps chroniqueur religieux au Figaro. Ancien expert au Concile Vatican II, membre de l’Académie théologique pontificale de Rome et professeur à l’Université catholique de l’Ouest, il intervint également dans plusieurs universités d’Amérique et d’Italie. En 1996, il reçut le prix de la culture catholique.

 

Œuvres du P. Laurentin

 

Le Père René Laurentin a écrit près de 160 livres.

 

Ouvrages de mariologie

Le titre de corédemptrice, étude historique Éditions Lethielleux (1951)

Iconographie du sacerdoce de la Vierge, Thèse secondaire de doctorat ès lettres – inédit (1952)

Marie, l’Église et le sacerdoce : I Étude historique – II Étude théologique – Éditions Lethielleux (1953)

Court traité sur la Vierge Marie – Éditions Lethielleux (1953) – Éd. FX de Guibert (2009)

Notre Dame et la messe – Éditions Desclée de Brouwer (1954)

Le mystère de la naissance virginale – Tirage privé (1955)

La question mariale – Éditions du Seuil (1963)

Marie, Mère du Seigneur – Éd. Desclée (1984)

Vie de Marie – Éd. FX de Guibert (1987)

Une année de grâce avec Marie – Éd. Fayard (1987)

Je vous salue Marie – Éd. Desclée de Brouwer (1988)

Le vœu de Louis XIII – Éd. FX de Guibert (1988)

Un avent avec Marie vers l’an 2000 – Éd. Fayard (1990)

Retour à Dieu avec Marie : de la sécularisation à la consécration – Éd. FX de Guibert (1991)

Comment la Vierge Marie leur a rendu la liberté – Éd. FX de Guibert (1991)

Magnificat : action de grâce de Marie – Éd. Desclée de Brouwer (1991) – Éd. FX de Guibert (2011)

Lire la bible avec Marie – Éd. FX de Guibert (1993)

Marie, clé du mystère chrétien – Éd. Fayard (1994)

Vie authentique de Marie – L’œuvre Editions (2008)

Présence de Marie histoire, spiritualité, fondements doctrinaux – Éd. Salvator (2011)

La Vierge des derniers temps – Éd. Salvator (2014)

Le Rosaire. Les Vingt Mystères revisités – Éd. du Gingko (2016)

 

Ouvrages sur les apparitions

Général

Multiplication des apparitions de la Vierge aujourd’hui. Est-ce elle ? – Éditions Fayard (1988, augmenté en 1996)

Dictionnaire des apparitions de la Vierge Marie, avec Patrick Sbalchiero- Éd. Fayard (2007).

Lourdes

Sens de Lourdes – Éd. Lethielleux (1955)

Lourdes : documents authentiques 7 volumes – Éd. Lethielleux (1957-1966) En collab. avec Dom B. Billet à partir du t. 2

Bernadette raconte les apparitions – Éd. Lethielleux (1958)

Lourdes, l’Église et la science – Éditions Albin Michel (1958)

Messages de Lourdes – Éditions Bonne Presse (1958)

Lourdes, histoire authentique des apparitions 6 vol. Éditions Lethielleux (1961-1964)

Lourdes, pèlerinage pour notre temps – Éd. du Chalet (1977)

Lourdes, récit authentique des apparitions, (2002)

Medjugorge

La Vierge apparaît-elle à Medjugorje ? – Éd. FX de Guibert (1984 et 1990, livre bilan augmenté)

Dernieres nouvelles de Medjugorje, série de 17 volumes – Éd. FX de Guibert (1984-1998)

Études médicales et scientifiques sur Medjugorje – Éd. FX de Guibert (1984 et 1998)

Medjugorje – Récit et chronologie des apparitions – Éd. FX de Guibert (1986)

Apparitions de la Vierge à Medjugorje, où est la vérité – Éd. du Berger (1987)

Message et pédagogie de Marie à Medjugorje. Corpus chronologique des messages – Éd. FX de Guibert (1990)

Autres

Pontmain, histoire authentique 3 vol. – Apostolat des éditions (1970)

Miracle à El Paso – Éd. Desclée de Brouwer (1981)

El Paso : le miracle continue – Éd. Desclée de Brouwer (1988)

Scottsdale: Messages du Christ et de Marie à une paroisse des États-Unis – Éd. FX de Guibert (1993)

Le secret de La Salette  avec M. Corteville – Éd. Fayard (2002)

Argentina

San Nicolas en Argentine : des apparitions assumées par l’Église – Éd. FX de Guibert (1990)

 

Ouvrages d’exégèse et de théologie

Structure et théologie de Luc 2 tomes – Éditions Gabalda (1957)

Jésus et le Temple – Éditions Gabalda (1966)

Jésus-Christ présent – Éd. Desclée de Brouwer (1980)

Qu’est-ce-que l’Eucharistie ? – Éd. Desclée de Brouwer (1981)

Les Évangiles de l’enfance – Paris, Éditions Desclée, 630 p. (1982)

Les Évangiles de Noël – Paris Éd. Desclée, 235 p. (1985,1999) – Ed Lethielleux (2010)

L’année sainte – Éd. FX de Guibert (1983)

Les routes de Dieu – Éd. FX de Guibert (1983)

Comment réconcilier l’exégèse et la foi – Éd. FX de Guibert (1984)

Comment prier – Éd. Desclée (1992)

Dieu existe, en voici les preuves – Éd. Brechant (1993)

Le Démon, mythe ou réalité – Éd. Fayard (1996)

Vie authentique de Jésus-Christ – Éd. Fayard (1996)

L’Esprit Saint – 1. Cet Inconnu, découvrir son expérience et sa personne – Éd. Fayard, (1997)

L’Esprit Saint – 2. Source de vie : Les beaux textes – Éd. Fayard, (1998)

Au-delà de la mort du Père, Dieu Notre Père – Éd. Fayard (1998)

Traité de la Trinité – Éd. Fayard (1999)

La Trinité, mystère et lumière – Éd. Fayard (1999)

Traité sur la Trinité. Principe, modèle et terme de tout amour – Éd. Fayard (2001)

Nouveau Diatessaron – Les quatre évangiles en un seul – Éd. Fayard (2002)

 

Ouvrages sur l’Église et le Concile

L’enjeu du Concile, bilan des quatre sessions et bilan général 5 vol. – Éditions du Seuil (1963 à 1966)

Enjeu et bilan du Synode 4 vol. – Éditions du Seuil (1966 à 1970)

L’Église et les juifs à Vatican II – Éditions Catermann (1967)

Nouveaux ministères et fin du clergé devant le 3e Synode (1971)

Crise et promesses d’Église aux États-Unis. Apostolat des Editions- (1971)

Réorientation de l’Église après le Synode – Éd. du Seuil (1972)

Renaissance des Églises locales : Israël (1973)

L’Église a-t-elle trahi ? Verse et controverse – Dialogues avec Jean Fourastié – Éditions Beauchesne (1974)

Pentecôtisme chez les catholiques – Éditions Beauchesne (1974)

L’Évangélisation après le quatrième Synode – Éd. du Seuil (1975)

20 ans après le Concile : un synode extraordinaire – Éd. FX de Guibert (1984)

Église qui vient : Au-delà des crises – Éd. Desclée (1989)

 

Regards sur la société

Flashes sur l’Amérique latine – Éditions du Seuil (1966)

Dieu est-il mort ? – Apostolat des éditions (1968)

Développement et Salut – Éditions du Seuil (1969)

Nouvelles dimensions de la charité – Apostolat des éditions (1970)

Nouvelles dimensions de l’espérance – Éditions du Cerf (1972)

Flashes sur l’Extrême-Orient – Éd. du Seuil (1972)

Israël – Éd. du Seuil (1973)

Chine et christianisme – Éd. Desclée de Brouwer (1977)

Les chrétiens détonateurs des libérations à l’Est – Éd. FX de Guibert (1991)

Aveugles et voyants, Au-delà des malentendus – Éd. Salvator (2010)

Science philosophie révélation, Trois voies convergentes – Éd. Salvator (2013)

 

Vies de saints et cas de mystiques

Bernadette Soubirous

Logia de Bernadette 3 vol. – Apostolat des éditions (1971)

Bernadette vous parle 2 tomes – Apostolat des éditions (1972)

Visage de Bernadette 2 volumes – Éd. Letheilleux (1978)

Vie de Bernadette – Éd. DDB : Livre de poche – Livre Cadeau – Livre pour jeunes (1978 et 1979),

Petite vie de Bernadette – Éd. Desclée de Brouwer (1987)

Thérèse de Lisieux

Thérèse de Lisieux : Mythe et réalité – Éditions Beauchesne (1972)

Thérèse de Lisieux : Verse et controverse – Dialogues avec J.F. Six – Éditions Beauchesne (1973)

Catherine Labouré

Catherine Labouré et la médaille miraculeuse. Documents authentiques – Éd. Letheilleux (1976)

Procès de Catherine Labouré. Documents authentiques – Éd. Letheilleux (1978)

Vie authentique de Catherine Labouré 2 volumes – Éd. DDB – Livre de poche racontée à tous (1980 et 1981)

Petite vie de Catherine Labouré – Éd. Desclée de Brouwer (1988)

Alphonse de Ratisbonne

Alphonse de Ratisbonne: vie authentique – 1. La jeunesse 2 volumes – Éd. FX de Guibert (1980)

Alphonse de Ratisbonne : vie authentique – 2. L’apparition à Alphonse de Ratisbonne 2 volumes – Éd. FX de Guibert (1993)

Mère Yvonne-Aimée de Malestroit

Un amour extraordinaire : Yvonne-Aimée de Malestroit – Éd. FX de Guibert (1985)

Prédictions de Mère Yvonne-Aimée de Malestroit : cas unique de vérification scientifique – Éd. FX de Guibert (1987)

Écrits spirituels de Mère Yvonne-Aimée de Malestroit – Éd. FX de Guibert (1987)

Yvonne-Aimée : priorité aux pauvres en zone rouge et dans la Résistance – Éd. FX de Guibert (1988)

Stigmates de Mère Yvonne-Aimée – Éd. FX de Guibert (1988)

Formation spirituelle et discernement chez Mère Yvonne-Aimée de Malestroit – Éd. FX de Guibert (1990)

Bilocations de Mère Yvonne-Aimée – Éd. FX de Guibert (1990)

L’amour plus fort que la souffrance. Dossier médical d’Yvonne-Aimée, en collaboration avec le Docteur Mahéo – Éd. FX de Guibert (1993)

Biographie de sœur Yvonne-Aimée : 1. La sainte enfance – Éd. FX de Guibert (1998)

Biographie de sœur Yvonne-Aimée : 2. L’essor mystique – Éd. FX de Guibert (1999)

Biographie de sœur Yvonne-Aimée : 3. Premiers pas dans la vie religieuse et mort manquée – Éd. FX de Guibert (2000)

Biographie de sœur Yvonne-Aimée : 4. La grande épreuve et les gloires – Éd. FX de Guibert (2001)

Grigon de Montfort

Dieu est ma seule tendresse : Grignon de Montfort – Éd. FX de Guibert (1994) avec édition critique du secret (1996)

Petite vie de Grignon de Montfort – Éd. Desclée de Brouwer (1996)

Vassula Ryden

Quand Dieu fait signe. Réponse aux objections contre Vassula – Éd. FX de Guibert (1993)

Qui est Vassula ? – Éd. FX de Guibert (1995)

Autres

Petite vie de saint Pierre – Éd. Desclée de Brouwer (1992)

Petite vie de Jean-Baptiste – Éd. Desclée de Brouwer (1993)

Petite vie de Marie-Louise Trichet – Éd. Desclée de Brouwer (1993)

La passion de Madame R. Édition du journal d’une mystique – Éd. Plon (1993)

Marie Deluil Martiny – Précurseur et martyre – Béatifiée par Jean-Paul II – Éd. Fayard (2003)

La vie de Marie d’après les révélations des mystiques : Que faut-il en penser ?, avec François-Michel Debroise – Presses de la Renaissance (2011)

Marie Valtorta

Dictionnaire des personnages de l’Évangile, selon Maria Valtorta, avec François-Michel Debroise et Jean-François Lavère – Éd. Salvator (2012)

BENOIT XVI, JOIE, JOSEPH RATZINGER, RELIGION, THEOLOGIEN

Benoît XVI : théologien de la joie

Benoît XVI un théologien de la joie

Article original en anglais par Joseph MurphyPAPE BENOIT XVI
Traduction de Marianne (8/6/2008) 
Une analyse à la fois très érudite (par un spécialiste) et très humaine de l’œuvre  théologique de Joseph Ratzinger. 

[..] J’ai remarqué que la joie était très présente dans toute l’œuvre de Ratzinger. ..
C’est vraiment le genre de message que les gens aujourd’hui, avec toutes leurs questions et leurs difficultés, ont besoin d’entendre encore. De plus, cette façon de présenter le message chrétien pourrait surmonter l’indifférence ou le découragement qui touche de nombreux membres de l’Église et rallumer leur enthousiasme et leur amour pour la foi.
 

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J’ajouterai que la joie ne fait pas seulement partie de son œuvre , de sa théologie, elle fait partie de sa vie tout court, et chacun peut le voir dans les expressions de son visage, dans ses gestes, et dans le moindre de ses propos.
Je me souviens qu’avant son voyage en Bavière, en aôut 2006, recevant à Castelgandolfo la télévision allemande, il avait parlé de joie à deux reprises au moins:

[..] je trouve qu’il est très important de savoir cueillir les côtés amusants de la vie et sa dimension joyeuse et de ne pas tout prendre de façon tragique, et je dirais que cela est même nécessaire pour mon ministère. Un écrivain a dit que les anges pouvaient voler parce qu’ils ne se prennent pas trop au sérieux. Et nous, nous pourrions peut-être voler un peu plus, si nous ne nous donnions pas toujours de grands airs. 

Et à la question « Est-ce que votre mission n’est pas un poids pour vous? », il répond:
Ce serait aller trop loin, parce qu’en fait c’est fatigant, mais quoiqu’il en soit j’essaye de trouver de la joie là aussi.

 

BENOÎT XVI, THÉOLOGIEN DE LA JOIE
Entretien de Carl Olson, d’Ignatius Insight, avec Mgr Joseph Murphy, auteur de « Christ our Joy : the Theological Vision of Pope Benedict XVI.
I.I. Ignatius Insight Mgr M. Mgr Murphy


I.I. : Comment est né votre livre ? Qu’espérez-vous que les lecteurs apprennent et apprécient dans l’œuvre théologique du Pape Benoît XVI ?

Mgr M. : Les écrits de Joseph Ratzinger me fascinent depuis longtemps. Séminariste, je me suis familiarisé avec des livres comme The Ratzinger Report, Introduction au Christianisme*, Regarder le Christ, etc. Dès lors, j’ai été frappé par l’extraordinaire clarté et la profondeur de pensée de Ratzinger, sa capacité de diagnostiquer les problèmes de notre temps, de dialoguer avec les idées contemporaines et, puisant dans les richesses pérennes de la Tradition, de présenter un moyen d’avancer.

I.I : Comment le livre est-il né ? 

Mgr M. : Quand Joseph Ratzinger fut élu pape, je fus tout de suite frappé par le contenu de ses premières homélies. Elles offraient du message chrétien une présentation inspirante qui donnait à réfléchir. En particulier, l’accent qu’il met sur la joie m’a intrigué. C’est pourquoi j’ai décidé d’examiner de plus près ses écrits pour mieux comprendre ce qu’il voulait dire par là. J’ai d’abord trouvé ce que je cherchais dans un article intitulé « La foi en tant que confiance et joie ». C’était sa contribution au Festschrift de Bernhard Häring, publié en 1977. Cet article fut repris plus tard dans Les Principes de Théologie catholique. Par la suite, en lisant d’autres textes, j’ai remarqué que la joie était très présente dans toute l’œuvre de Ratzinger. Elle se présente en lien avec tous les thèmes clés de la foi chrétienne. C’est vraiment le genre de message que les gens aujourd’hui, avec toutes leurs questions et leurs difficultés, ont besoin d’entendre encore. De plus, cette façon de présenter le message chrétien pourrait surmonter l’indifférence ou le découragement qui touche de nombreux membres de l’Église et rallumer leur enthousiasme et leur amour pour la foi.

J’espère que les lecteurs de Christ our Joy auront autant de plaisir à le lire que j’ai eu à l’écrire ! J’ai essayé de montrer que si Benoît XVI – en raison de ses lourdes tâches – n’a jamais eu l’occasion de faire une présentation systématique de la foi chrétienne (ce qu’il a fait de plus approchant est son Introduction au Christianisme) – on trouve quand même quelque chose de cette vision complète du Christianisme dans ses divers écrits et la joie est le centre de cette vision. Il a une façon de présenter le message chrétien qui convient singulièrement à notre époque.

I.I. Pour beaucoup de gens, surtout ceux qui ne connaissent pas grand chose de Benoît XVI, à part ce qu’ils en ont lu dans les médias, associer la joie avec le saint Père pourrait sembler surprenant, et même curieux. Que leur diriez-vous ? Comment la joie fait-elle partie de la vision théologique de Benoît XVI ?

Mgr M. : Bien sûr, on pourrait critiquer la manière dont certains médias présentent le pape. Cela frôle la caricature. Mais enfin, il faut noter que c’est aussi grâce aux médias et en particulier grâce à la télévision et aux journaux que de nombreuses personnes en sont venues à mieux connaître le saint Père, en particulier, lors de ces événements marquants comme les funérailles de Jean-Paul II, la messe inaugurale du pontificat et la récente visite pastorale du pape aux Etats-Unis.
Ceux qui étaient habitués à l’image simplifiée du ci-devant préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, associer le mot « joie » avec le pape a de quoi surprendre. Toutefois, je les inviterais simplement à l’écouter et à lire certains de ses écrits. Ils verraient que sa pensée est en fait pleine d’espérance, elle encourage, elle inspire.
Plutôt que de dire que la joie fait partie de la vision théologique du pape Benoît, je dirais qu’elle caractérise et sa pensée et, en général, la vie chrétienne même. Après tout, c’est une vie dans l’Esprit Saint, l’ « Esprit de la joie éternelle », comme le pape l’appelle. La joie authentique est attachée à la foi chrétienne dans son intégralité et elle découle de cette foi vécue pleinement. Dans l’article que j’ai mentionné, le pape montre comment la joie présuppose l’harmonie intérieure et la sérénité – joie et sérénité qui naissent de ce que l’on est aimé d’un amour vrai et indéfectible. Seul Dieu, qui se révèle en Jésus Christ peut donner cet amour vrai et indéfectible. Comme le dit l’ami de Ratzinger, Josef Pieper, le philosophe allemand, seul Dieu peut nous dire en vérité : « Oui, c’est bon que tu sois, que tu existes ».

I.I. Quels sont certains aspects de la joie que vous trouvez dans l’œuvre de Benoît et qui pour les lecteurs seraient neufs ou surprenants? Quelles sont les autres qualités essentielles de la pensée de Benoît liées à la joie ?

Mgr M. Bien sûr, la joie est un thème biblique central et donc le Christianisme et la joie doivent être étroitement liés. Par exemple, dans l’intimité de la dernière Cène, Christ dit à ses disciples : « Je vous ai dit ces choses afin que ma joie soit en vous et que votre joie soit entière » (Jn 125, 11). Le Christianisme, ce n’est pas imposer de lourds fardeaux aux gens, ce n’est pas non plus un système écrasant de « tu dois » et « tu ne dois pas ». C’est bien plutôt le chemin vers la liberté et la joie véritable. De ce fait, l’accent que le saint père met sur la joie va tout simplement de pair avec son désir de transmettre l’essentiel du Christianisme.

De ce point de vue, il y a certains aspects de la pensée de Benoît XVI que les lecteurs pourront trouver neufs ou du moins qui donnent à réfléchir. Par exemple, bien des gens, quand ils entendent parler de l’Église pensent aussitôt à son côté institution, structures et personnel. Mais le Pape place l’accent ailleurs. Pour lui, l’Église est, entre autres choses, ce que j’appelle dans mon livre la servante, la gardienne et le professeur de joie. Il fait allusion à cette idée dans son Introduction au Christianisme, quand il écrit : « Seul celui qui a vécu comment l’Église – malgré les changements de ses ministres et de ses formes – relève les hommes, leur donne une maison et une espérance, une maison qui est espérance – le chemin vers la vie éternelle – seul celui qui a fait cette expérience sait ce qu’est l’Église, et dans le passé et aujourd’hui. »

Le pape cite souvent des auteurs catholiques français. On trouve dans le grand roman de Georges Bernanos, Le Journal d’un curé de campagne, des idées comparables sur l’Église. À propos, ce livre nous apprend beaucoup de choses sur la nature de la joie chrétienne, malgré l’apparence plutôt sombre du roman. Dans un passage bien connu, le curé de Torcy décrit la vraie nature de l’Église et dit à son jeune collègue, le curé d’Ambricourt : « La joie est le don de l’Église, toute joie qu’il soit possible de partager dans ce monde triste ».
Le pape aborde une question importante : la joie peut-elle exister face à la souffrance et à la mort ? Une joie toute superficielle ne peut soutenir ces réalités pénibles qui nous mettent face à la fragilité de nos vies et à la question du sens final. Toutefois, la joie chrétienne est quelque chose de plus profond. Elle jaillit de ce que nous savons que le Dieu d’amour est près de nous dans toutes les circonstances de notre vie et, ainsi que l’enseignent les saints, c’est ce qui nous rend capables de faire face à la maladie, à la souffrance et à la mort avec sérénité, confiance et espérance. Finalement, c’est la victoire du Christ sur le péché et la mort qui fait que la joie et la souffrance peuvent coexister.

I.I. On a souvent dépeint Benoît comme quelqu’un de triomphaliste et de rigide, et pourtant l’œuvre de sa vie n’a t-elle pas été marquée par un dialogue sérieux et profond avec les autres religions et systèmes de croyances ? Qu’est-ce qui ressort pour vous dans ce qu’a écrit Benoît sur le sécularisme, la modernité et le scepticisme ? 

Mgr M. Toute personne qui a écouté ou lu le pape Benoît sait à quel point le décrire comme quelqu’un de rigide ou de triomphaliste, c’est être vraiment à côté de la plaque ! Sa théologie est marquée par une volonté d’entamer le dialogue. Il est très bien informé sur les questions que posent la culture contemporaine et le débat théologique. À cet égard, ceux qui souhaitent avoir une idée plus juste de ce qu’est vraiment le pape feraient bien de lire le premier chapitre du livre du Frère Vincent Twomey « Pope Benedict XVI : The Conscience of Our Age » (Ignatius Press 2007). Twomey qui a fait son doctorat sous la direction du professeur Ratzinger, nous donne une description intéressante des méthodes de son ancien professeur pour mener des séminaires lesquels se caractérisaient par des débats ouverts et le respect des vues d’autrui.

Le pape a discuté d’autres religions et systèmes de croyances en diverses occasions, surtout ces dernières années dans des œuvres telles que « Plusieurs religions – une seule alliance », « Vérité et Tolérance ». De ce qu’il a écrit là-dessus, tout comme sur le sécularisme, la modernité et le scepticisme, ce qui émerge clairement, c’est la primauté de la vérité, sans laquelle il n’est pas de joie. Il est intéressant de voir que, dans son encyclique, Deus caritas est, il souligne que l’homme, en vivant dans la fidélité au Dieu unique, fait lui-même l’expérience d’être celui qui est aimé de Dieu et qu’il découvre la joie dans la vérité, dans la justice, la joie en Dieu qui devient son bonheur essentiel .

 

L’homme est fait pour la vérité ; il ne peut éviter de poser les questions sur le sens, sur la vie et la mort, sur ses origines et sa destinée. Dans toutes les cultures et toutes les religions, on essaie de répondre à ces questions. Dans l’esprit de Ratzinger il n’y a pas de doute : le Christianisme peut engager un dialogue fructueux avec les religions sur la base de cette recherche commune de réponses, de la connaissance de l’existence humaine et de la morale qui transcende les frontières nationales, culturelles et religieuses.

Ratzinger montre bien que le scepticisme moderne et le relativisme, en ignorant les vérités de la religion et les intuitions fondamentales de l’être humain sur les questions profondes de la vie représentent un grave danger pour l’homme car ils risquent de le conduire dans un vide dépourvu de tout sens, un vide qui pourrait être fatal. La vérité est nécessaire pour nous faire sortir de l’aliénation, mais s’il n’y a pas moyen de connaître la vérité, alors l’homme perd tout sens de la vie et toute direction. Mais l’homme a une soif inextinguible de la vérité, d’amour et de sens. Il en a besoin pour vivre. Dans ce contexte, le Christianisme nous assure à nouveau que la vérité et le sens existent, mais qu’ils sont personnels et doivent, en fin de compte, être identifiés à Dieu qui est amour. Ratzinger le dit d’une façon très percutante dans son Introduction au Christianisme .

I. I. On compare sans arrêt Benoît XVI et Jean-Paul II, parfois à juste titre, parfois non. Quelles sont, selon vous, les ressemblances et les différences dans leur œuvre théologique ?
Mgr M. Il est évident que Benoît XVI et Jean-Paul II ont un tempérament, une spiritualité, une formation, un style de théologie très différents. Mais ils sont aussi très complémentaires. Le pape Jean-Paul était davantage philosophe, formé dans les traditions aristotélicienne et thomiste. Ces orientations ont laissé sur sa pensée une marque durable. L’intérêt qu’il porte à la personne et à la réalité de l’amour humain, la sexualité et le mariage l’a conduit à intégrer sa première formation philosophique avec les intuitions plus personnalistes de la phénoménologie, produisant ainsi une synthèse très intéressante et originale. Nous en trouvons les fruits dans son livre « Amour et responsabilité », « La théologie du corps ». Son amour pour le théâtre et sa dette envers la tradition carmélitaine ont aussi contribué à sa formation de pasteur, de penseur et d’homme de prière. Le pape Jean-Paul a laissé un corpus important qu’il faudra beaucoup de temps pour absorber. Parmi ses enseignements sur les questions éthiques, la doctrine sociale et l’anthropologie (la théologie du corps) tiennent sans aucun doute une place toute particulière et elles ne sont pas encore tout à fait intégrées dans la vie de l’Église et de ses membres.

La formation du pape Benoît est assez différente. Sa spiritualité a subi l’influence profonde du mouvement liturgique comme on peut le voir dans ses écrits sur la liturgie et dans sa manière de célébrer l’eucharistie. Sa théologie est très biblique et patristique. Elle doit beaucoup aux Pères de l’Église, surtout à saint Augustin et aux auteurs du Moyen-Âge, comme saint Bonaventure. Même si la pensée du pape Benoît est moins ouvertement philosophique que celle du pape Jean-Paul, elle est très attentive aux questions soulevées par les Lumières et par les penseurs qui ont façonné la culture moderne. Le pape Benoît enseigne avec une grande clarté, c’est un professeur remarquable. Il a le don d’enseigner des idées profondes très simplement. Ce n’est donc pas étonnant si la foule qui assiste à l’Angélus et aux audiences générales fait très attention à ce qu’il dit. S’il s’intéresse certainement aux questions morales et sociales, le pape Benoît, fidèle à sa propre formation en théologie fondamentale et dogmatique, a consacré plus d’attention aux articles fondamentaux de la foi, au dialogue entre la foi et la raison et à la liturgie, comme on le voit clairement dans ses encycliques sur l’amour et l’espérance, et son très beau livre sur le Christ, Jésus de Nazareth.

Bref, les enseignements des deux papes, dans leur complémentarité, nous donnent une compréhension extraordinairement profonde des richesses de la foi chrétienne.

I.I. Dans Christ, notre joie, vous montrez bien comment Joseph Ratzinger, dans sa christologie, se centre et sur l’Incarnation et sur la Croix. Pourquoi est-ce significatif et quels rapports ces thèmes ont-ils avec les autres aspects de son œuvre, en particulier la sotériologie et l’ecclésiologie ?
Mgr M. Dans la partie christologie de son Introduction au Christianisme, Ratzinger dit que, en gros, il y a eu deux grandes façons d’aborder le mystère du Christ. L’une se fonde sur le mystère de l’Incarnation, et l’autre sur la Croix. Quand on se fonde sur l’Incarnation, on tend à se concentrer sur l’être du Christ, à la fois homme et Dieu. Les relations entre l’homme et Dieu paraissent être décisives. Cette approche est en harmonie avec le vieil adage patristique : « Ce qui n’est pas assumé, n’est pas sauvé », adage qui fut immensément utile dans la formulation des premiers dogmes christologiques. Mais aborder le mystère de la rédemption uniquement sous l’angle de l’Incarnation risque d’aboutir à une vue statique et optimiste de l’homme, dans laquelle le péché ne joue plus qu’un rôle très secondaire.

L’autre grande perspective, surtout marquée par saint Paul et, plus tard, par les Réformés, se fonde sur la Croix. Elle souligne la victoire du Christ sur le péché et la mort. Ici, le risque est de tomber dans une interprétation opposée au monde, qui voit le christianisme comme une « brèche dans la confiance et l’assurance de l’homme et de ses institutions, y compris l’Église » (voir l’Introduction au Christianisme).

Une christologie adéquate, et donc une sotériologie et une ecclésiologie adéquates, doit en quelque sorte unir les deux perspectives, sans les réduire à une synthèse facile et superficielle. Elle doit tenir compte et de l’unité du Christ et de son œuvre salvatrice. L’être du Christ – centre de la perspective fondée sur l’Incarnation – est aussi un faire. Cela signifie qu’il est intrinsèquement lié à son activité salvatrice – centre de la perspective fondée sur la Croix. L’être du Christ est en réalité « actualitas » ; c’est aller au-delà de soi, c’est un exode. Son être n’est pas statique, il ne se repose pas en lui-même, mais il est l’acte d’être envoyé, d’être fils, de servir. Pour parler brièvement, ce qu’il est est ce qu’il fait, et ce qu’il fait est ce qu’il est.

Cette manière intéressante de joindre l’Incarnation et la Croix est intimement liée à la notion que Ratzinger a de la personne. La personne est « reliée », elle est de quelqu’un (ultimement de Dieu) et pour les autres. Plus elle s’abandonne pour les autres, et en particulier pour cet autre qui est Dieu, plus elle s’éloigne d’elle-même, plus elle est elle-même et s’accomplit. Jésus-Christ, en se donnant, « est celui qui est allé au-delà de soi et donc, l’homme qui est totalement lui-même » (Introduction au Christianisme).

Tout cela a des conséquences pour notre compréhension de l’Église et de la vie chrétienne. Le fait que Jésus ait eu le côté percé par la lance montre que son existence est tout ouverte : « à présent, il est entièrement « pour » ; à présent il n’est plus du tout un individu singulier, mais « Adam », du côté duquel Ève – la nouvelle humanité – fut formée » (Introduction au Christianisme). L’eau et le sang qui coulent du côté du Christ désignent les sacrements du baptême et de l’eucharistie et par là, l’Église qui est la nouvelle communauté d’hommes et de femmes. Vivre en tant que nouvelle création, faire pleinement partie de la nouvelle communauté, c’est vivre comme le Christ, dans une communauté de relations, dans un esprit de don à autrui. C’est l’œuvre salvatrice du Christ qui rend cela possible, œuvre que – par les sacrements – nous recevons dans notre propre vie.

I.I. Quand il écrit sur la Sainte Vierge, Ratzinger insiste souvent sur le fait qu’elle est la fille de Sion. Quelle en est l’importance et comment cela se rapporte-t-il au thème de la joie ?

Mgr M. En 1977, Joseph Ratzinger a publié un petit livre profond sur la mariologie (La Fille de Sion). Il reconnaît dans le thème de la Fille de Sion l’un des 5 grands thèmes de l’Ancien Testament, repris par le Nouveau Testament et plus tard, par la Tradition chrétienne, surtout par la liturgie, afin de mieux comprendre la personne de la Vierge Marie et son rôle dans l’histoire du salut. Les autres thèmes sont 1) la figure d’Ève ; 2) les femmes stériles qui , finalement, enfantent un fils : Sarah, Rachel, Anna 3) les grandes figures salvifiques d’Esther et de Judith et 4) la Sagesse personnifiée.

Pour Ratzinger, la Fille de Sion a une signification particulière. Dans la pensée de l’Ancien Testament, cette figure en vient à représenter Jérusalem et, en fait tout Israël. Israël, le peuple élu, jouit de l’alliance avec Dieu, fondée sur l’amour de Dieu, sa grâce et sa miséricorde. L’alliance elle-même est davantage considérée en termes de relations conjugales qu’en termes juridiques ou politiques. Dans ce contexte, spécialement dans les écrits prophétiques, on décrit souvent Israël comme une femme, vierge, aimée, épouse et mère. Dans le Nouveau Testament, la Vierge Marie est considérée comme la vraie Fille de Sion, en qui Dieu fait sa demeure au point qu’elle devient la Mère de Dieu, la Theotokos.

Le lien avec la joie est déjà clairement exprimé chez les prophètes Zacharie et Sophonie qui poussent le peuple, Fille de Sion, à se réjouir parce que Dieu est présent et victorieux parmi Israël. Israël peut se réjouir parce que son espérance est fondée puisqu’elle s’appuie sur l’œuvre salvatrice de Dieu, sa présence consolante et ses promesses. Mais, dans l’Ancien Testament, la promesse attend sa réalisation.

L’espérance d’Israël se réalise dans la Vierge Marie qui doit être la mère du Sauveur tant attendu. Quand l’ange Gabriel s’adresse à elle, il le fait d’une façon qui rappelle les prophéties à la Fille de Sion : « Réjouis-toi ! » C’est pourquoi le pape Benoît souligne sans cesse que le Christianisme, qui réellement commence avec les paroles de l’ange à Marie, est une invitation à la joie. En même temps, Marie est la Fille de Sion et le vrai Israël, en qui l’ancienne et la nouvelle alliance, Israël et l’Église sont inséparablement un. Marie nous enseigne ce que l’Église doit être : la demeure de Dieu. Elle nous enseigne aussi à mettre notre confiance en Dieu dans une attitude de totale ouverture et de don de soi. Ce faisant, elle nous montre où nous trouverons la joie authentique. De là, on peut comprendre la place de la dévotion mariale dans la vie chrétienne. Ainsi que le dit Joseph Ratzinger : « La dévotion envers Marie est le ravissement de la joie sur l’Israël vrai et indestructible ; c’est l’entrée merveilleuse dans la joie du Magnificat et donc la louange de celui à qui la Fille de Sion doit tout son être et dont elle porte la véritable arche d’alliance, incorruptible et indestructible ». (
La Fille de Sion)

I. I. Vous évoquez souvent l’Introduction au Christianisme, que l’on considère en général comme un livre essentiel de Joseph Ratzinger. Pourriez-vous nous dire quels sont les autres ouvrages de Ratzinger/Benoît que vous estimez être au cœur de son œuvre théologique ?

Mgr M. L’Introduction au Christianisme est ce qui se rapproche le plus d’une synthèse théologique, bien qu’elle soit incomplète ; Ratzinger la développe d’une manière significative dans ses derniers écrits. Rappelons-nous que l’Introduction au Christianisme fut publié pour la première fois il y a 40 ans (1968) mais cet ouvrage a gardé une extraordinaire fraîcheur et est resté un classique de la théologie catholique moderne. L’Introduction au Christianisme traite les questions de foi et de croyance dans le monde moderne, avant d’aborder de manière originale le symbole des apôtres. Comme mon livre a pour objet de présenter la façon dont Ratzinger traite les éléments principaux de la foi chrétienne, il est normal que je le cite très souvent.

Quel dommage que la thèse de doctorat de Ratzinger Le Peuple et la maison de Dieu dans la doctrine de l’Église de Saint Augustin n’ait jamais été traduite en anglais ! Elle nous ferait mieux comprendre la genèse de la pensée de Ratzinger qui contient des intuitions fondamentales sur l’Église, sa nature intérieure et sa relation avec l’État.

On en trouve des développements dans ses écrits plus tardifs. Son livre sur la théologie de l’Histoire de saint Bonaventure est important pour comprendre sa pensée sur l’histoire du salut et la distinction entre l’eschatologie et l’utopie. 
Pour ce qui regarde le travail strictement théologique de Ratzinger, on devrait mentionner Eschatologie : la mort et la vie éternelle. Quant aux autres aspects de sa théologie, il a développé sa pensée dans une série d’articles publiés dans des collections ou journaux divers. On les a souvent regroupés dans des livres, tel les Principes de théologie catholique, ouvrage important de théologie fondamentale ; ses méditations sur la Trinité qu’on vient récemment de republier, ses travaux plus récents sur l’ecclésiologie, sa collection d’articles et de méditations sur l’eucharistie, Dieu nous est proche, de même que son volume d’articles sur le pluralisme religieux, le relativisme et la foi intitulé Foi, Vérité et Tolérance. En christologie, à part les chapitres qu’il y consacre dans l’Introduction au Christianisme, on doit citer son livre tout récent Jésus de Nazareth. Les écrits qu’il a consacrés à la liturgie sont très significatifs et exercent déjà une influence certaine. 
Pour les lecteurs qui ne connaissent pas sa pensée, sa brève autobiographie peut servir d’introduction facile et ses trois livres d’entretiens avec P. Seewald et G. Messori. 

I. I. Quelle est la place de Joseph Ratzinger dans la théologie du 20e siècle ? Quels sont les aspects de son œuvre qui exerceront sans doute une influence significative sur les études théologiques futures ?
Mgr M. Il est très difficile de faire des pronostics sur la manière dont on considérera Joseph Ratzinger dans l’histoire de la théologie du 20e siècle. Maintenant qu’il est pape, beaucoup de gens qui auparavant n’étaient pas familiers avec sa pensée vont vouloir la connaître mieux. Sa théologie est moins spéculative que celle de Karl Rahner ou de Bernard Lonergan et, parce qu’il a eu d’autres engagements, il n’a pas fait – comme Hans Urs von Balthasar une synthèse monumentale. Sa pensée a beaucoup en commun avec les théologiens du ressourcement, comme Henri de Lubac. Lubac a beaucoup fait pour retrouver le riche héritage des Pères de l’Église et il a poussé à une plus grande appréciation de la complexité, de la subtilité et de la variété de la pensée médiévale qui déborde largement les simplifications des manuels. Pour ce qui regarde les penseurs médiévaux, il est clair que l’augustinisme et sa perpétuation dans la tradition franciscaine avec Saint Bonaventure l’a beaucoup plus marqué que la pensée de Saint Thomas d’Aquin, alors qu’Henri de Lubac accorde plus d’attention à ce dernier. Il faut dire aussi que la pensée de Ratzinger a une forte composante scripturaire, comme on peut le voir dans son Introduction au Christianisme et plus encore dans son Jésus de Nazareth.

À mon avis, la façon qu’a le pape Benoît d’aborder la théologie aura sans doute une forte influence. Dans l’introduction de mon livre, Christ our Joy, j’ai exposé certains traits de sa théologie. J’ai montré qu’elle était très scripturaire, fondée sur la Tradition, spécialement les Pères de l’Église, et qu’elle était à la fois pastorale et spirituelle. Bien que l’on doive faire la distinction entre la théologie personnelle du pape et son magistère, on retrouve dans ses enseignements officiels quelque chose de sa manière d’aborder la théologie. Le pape, au cours des audiences, a parlé des apôtres et de l’Église primitive, puis il a commencé une série captivante sur les Pères de l’Église où il explique les aspects principaux de leur pensée et montre leur pertinence dans les débats contemporains. Je crois que cette attitude encouragera les étudiants à fouiller dans les richesses de la patristique et cela profitera, dans l’avenir, tant à la réflexion qu’à la prédication. Nous pouvons donc espérer pour les écrits théologiques un style plus réfléchi, plus spirituel, et qui ferait appel à l’Écriture et à la Tradition, tout en étant sensible aux questions que se posent nos contemporains. 
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Pope Benedict XVI, Theologian of Joy: An Interview with Monsignor Joseph Murphy, author of Christ Our Joy: The Theological Vision of Pope Benedict XVI | Carl E. Olson
Ignatiusinsight.com

 

 

*Introduction au Christianisme repris en français en 2000 sous le titre La Foi chrétienne hier et aujourd’hui.

Karl Rahner, jésuite, (1904-1984), après des études de philosophie et de théologie (entre autres avec Heidegger) à Fribourg-en-Brisgau, enseigna la dogmatique à Innsbruck. Il participa activement au concile Vatican II et fonda, en 1965, avec Yves Congar et Edward Schillebeeckx la revue internationale de théologie Concilium. Il enseigna à partir de 1964 à Munich. 
Il est l’auteur principalement des « Écrits théologiques » (12 volumes, DDB, 1959-1970) et du « Traité fondamental de la foi » (Centurion, 1983).

Bernard Lonergan, jésuite, (1904– 1984), fut un philosophe et théologien canadien qui a consacré l’œuvre de sa vie aux questions les plus fondamentales de l’éthique, de l’économique, de la philosophie, de la théologie et de la méthodologie dans les sciences naturelles et les sciences humaines. La profondeur de ses travaux a reçu un accueil chaleureux de la part de ses pairs et il fut « considéré par beaucoup d’intellectuels comme l’un des penseurs philosophiques les plus raffinés du vingtième siècle » (Time Magazine, 1971). Des érudits du monde entier ont tant et si bien reconnu l’importance de ses travaux qu’ils ont fondé partout dans le monde des centres consacrés au développement et à l’application de sa pensée.

Les écrits du pape Benoît XVI

 

Pour découvrir les écrits de Benoît XVI, quelques références

 Encycliques et exhortations
– Dieu est amour (Deus caritas est) – Cerf, Bayard, Mame, Fleurus, 2006 –
– Sauvés dans l’espérance (Spe Salvi) – Cerf, Bayard, Mame, Fleurus, 2007 –

– Le sacrement de l’amour : exhortation apostolique sur l’Eucharistie – Cerf, Bayard, Mame, Fleurus, 2007 –

 Autres livres récents
– Jésus de Nazareth, volume 3 : l’enfance de Jésus – Flammarion 2012 –
– Jésus de Nazareth, volume 2 : de l’entrée dans la ville de Jérusalem à la résurrection, – Editions du Rocher – Parole et Silence, 2011-
– Jésus de Nazareth, volume 1 : du baptême dans le Jourdain à la transfiguration – Flammarion, 2007 –
– L’essence de la foi – Plon, 2006

– Les apôtres et les premiers disciples du Christ : aux origines de l’Eglise – Bayard, 2007 –

Livres publiés quand il était cardinal
– La foi chrétienne entre hier et aujourd’hui – Cerf, 2005 –
– L’Europe, ses fondements, aujourd’hui et demain – Saint Augustin, 2005 –
– La mort et l’au-delà : court traité d’espérance chrétienne – Fayard, 2006 –
– Catéchèse et transmission de la foi – Tempora, 2008 –
– Ma vie : souvenirs, 1927-1977 – Fayard, 2005 –
– Le sel de la terre : le christianisme et l’Eglise catholique au seuil du IIIe millénaire. Entretiens avec Peter Seewald – Cerf, 2005 –
– Voici quel est notre Dieu : conversations avec Paul Seewald – Plon, Mame, 2005 –

BENOIT XVI, INVITATION A LA JOIE, JOSEPH RATZINGER, ROBERT MURPHY, THEOLOGIEN

Invitation à la joie : Joseph Murphy

INVITATIONInvitation à la joie : essai sur la théologie de Joseph Ratzinger

Joseph Murphy

Perpignan, Artège, 2010. 260 pages.

 

Présentation  de l’ouvrage.

« Réjouissez-vous sans cesse dans le Seigneur !’ » (Ph4, 4) : une phrase clé qui résume à elle seule toute l’œuvre du théologien Joseph Ratzinger et de l’enseignement du Pape Benoit XVI. Aussi étonnant que cela puisse paraître, celui qui était pour beaucoup – souvent par médias interposés   – le Panzerkardinal, le Grand Inquisiteur est donc finalement et avant tout un apôtre de la joie chrétienne.

Mgr Joseph Murphy offre en langue française une réflexion, à la fois systématique, exhaustive et accessible qui ouvre de toutes nouvelles perspectives sur les sources de la pensée du cardinal Ratzinger et de Benoît XVI en parcourant son œuvre. Il s’appuie notamment sur un ouvrage du cardinal Ratzinger La foi chrétienne entre hier et aujourd’hui (paru aux éditions du Cerf en 2005. La Joie chrétienne y apparaît non comme un thème annexe, un plus, mais bien comme le cœur comme le nœud central du message du Christ en même temps que le signe et la marque d’une vie chrétienne : cette marque de la vie chrétienne doit, comme le rappelle l’auteur, citant Ratzinger, être témoignage et donc communiqué.

 Cet ouvrage où l’auteur chapitre après chapitre en reprenant les principaux fondements de la foi, constitue une introduction qui sait être exigeante mais également accessible pour mieux comprendre l’enseignement de Joseph Ratzinger ; ceci constitue une étape importante pour la réception de sa théologie.

 

La foi chrétienne : fondement de notre Espérance, source de notre Joie.

 

Sommaire de l’ouvrage

Un monde qui a besoin de joie

Joie et vérité

Vivre la joie dans la foi, l’espérance et l’amour

La Trinité

La Création

Jésus-Christ, porteur de la joie

L’Esprit de la joie éternelle

L’Église, gardienne de la joie

La joie eucharistique

Joie, souffrance et mort

La joie éternelle

 

Biographie de l’auteur

Mgr Joseph Murphy, né en 1968 à Cork, en Irlande, a été ordonné prêtre en 1993 pour le diocèse de Cloyne. Après des études de Lettres et de Théologie au Collège Saint-Patrick de Maynooth et à l’Université Pontificale Grégorienne où il a obtenu le doctorat en théologie, il est entré au service du Saint-Siège. Il travaille actuellement à la Section pour les Relations avec les Etats de la Secrétairerie d’Etat.

 

Les écrits de Benoît XVI, quelques références : Encycliques  et exhortations
– Dieu est amour (Deus caritas est) – Cerf, Bayard, Mame, Fleurus, 2006 –
– Sauvés dans l’espérance (Spe Salvi) – Cerf, Bayard, Mame, Fleurus, 2007
– Le sacrement de l’amour : exhortation apostolique sur l’Eucharistie – Cerf, Bayard, Mame, Fleurus, 2007 –

Autres livres récents
– Jésus de Nazareth, volume 3 : l’enfance de Jésus – Flammarion 2012 –
– Jésus de Nazareth, volume 2 : de l’entrée dans la ville de Jérusalem à la résurrection, – Editions du Rocher – Parole et Silence, 2011-
– Jésus de Nazareth, volume 1 : du baptême dans le Jourdain à la transfiguration – Flammarion, 2007 

– L’essence de la foi – Plon, 2006 –– Les apôtres et les premiers disciples du Christ : aux origines de l’Eglise – Bayard, 2007

Livres publiés quand il était cardinal
– La foi chrétienne entre hier et aujourd’hui – Cerf, 2005
– L’Europe, ses fondements, aujourd’hui et demain – Saint Augustin, 2005
– La mort et l’au-delà : court traité d’espérance chrétienne – Fayard, 2006– Catéchèse et transmission de la foi – Tempora, 2008 –
– Ma vie : souvenirs, 1927-1977 – Fayard, 2005 –
– Le sel de la terre : le christianisme et l’Eglise catholique au seuil du IIIe millénaire. Entretiens avec Peter Seewald – Cerf, 2005 –– Voici quel est notre Dieu : conversations avec Paul Seewald – Plon, Mame, 2005 –

ECRIVAIN CHRETIEN, THEOLOGIEN

MAURICE ZUNDEL (1897-1975)

MAURICE ZUNDEL (1897-1975)

Maurice Zundel, né le 21 janvier 1897 à Neuchâtel et mort le 10 août 1975 à Ouchy (Lausanne) est un prêtre et théologien catholique suisse. On a dit de lui qu’il se situe « au croisement des théologies protestante et catholique, de la philosophie existentielle et du personnalisme. »
Sa vie
Ordonné prêtre dans le diocèse de Lausanne-Genève en 1919, il passe quelques années à Rome pour y obtenir en 1927 un doctorat en théologie à l’Université pontificale Saint-Thomas-d’Aquin, Angelicum. Il s’initie aux recherches de la science, de la littérature et des arts.
Il mène ensuite une vie itinérante de conférencier qui le conduit de Suisse en France, en Palestine, en Égypte et au Liban. C’est à Paris, en 1926, qu’il fait la connaissance de l’abbé Jean-Baptiste Montini qui deviendra le pape Paul VI. Paul VI invitera Maurice Zundel à prêcher la retraite de carême au Vatican en 1972.
Écrivain, poète et conférencier, Maurice Zundel a publié une trentaine de livres. Il meurt à Ouchy (Lausanne), en 1975. Son corps repose en la Basilique Notre-Dame de l’Assomption de Neuchâtel.
Son œuvre
La pensée de Zundel est à la fois mystique, éthique.
Le mysticisme de Zundel est orienté sur la libération des déterminismes biologiques par l’intervention de l’Esprit dans l’art, la science, et surtout la religion. Pour lui, le don ou sacrifice de soi est un acte joyeux de communion et non un renoncement triste. Il affirme que l’homme ne devient une personne libre qu’en se libérant radicalement de son statut d’individu biologique. Reprenant à son compte la formule de Rimbaud « on ne naît pas libre, on le devient », il lui donne un sens philosophique et mystique porté sur l’altérité, selon lequel la liberté s’obtient par la totale désappropriation de soi sur le modèle trinitaire. C’est alors que « je est un autre » par la rencontre du « tu ». La libération est donc le passage de l’homme réel à l’homme possible, de l’individu à la personne. La personne est « l’homme possible » ou libre ; l’individu, c’est l’homme réel asservi aux déterminismes cosmiques.
La mystique de Zundel prend appui sur la méditation trinitaire du don infini de chacune des trois personnes divines en direction des deux autres. La doctrine trinitaire est ainsi la méditation d’une circulation infinie d’Amour entre les trois personnes. Enfin elle met en avant la conception d’un Dieu d’Amour, selon laquelle Dieu n’est pas un Dieu vengeur mais un Père tendre qui aime et pardonne. Ce n’est pas un pharaon ou un souverain, c’est un homme-dieu qui aime et qui souffre dans la personne du Christ.
Du point de vue éthique, Zundel fonde une « morale de la libération » rompant avec les morales de l’obligation ou du devoir. La morale de la libération n’est pas une morale de tabous ou d’interdits. Elle consiste en un dépassement de soi par le don infini de soi. Pour Zundel en effet, l’homme ne se trouve qu’en se perdant joyeusement, qu’en se désappropriant totalement de soi.
Publications
Bibliographie indicative
Aux éditions Anne Sigier :
Hymne à la joie, 1992.
Je est un autre, 1986.
Je parlerai à ton cœur (retraite aux franciscaines du Liban), 1990.
Morale et mystique, 1986. Silence, Parole de vie (retraite aux franciscaines du Liban), 1990.
Ta Parole comme une source – 85 sermons inédits (1953-1975), 1987.
Vie, mort, résurrection (retraites données en 961-1972), 1995.
Pèlerin de l’espérance, 1997.
Aux éditions du Cerf :
Croyez-vous en l’homme ?, Coll. Foi vivante, 1992.
Notre Dame de la Sagesse, Coll. Foi vivante, 1995.
La Pierre vivante, 1992.Fidélité de Dieu et grandeur de l’homme. Retraite à Timadeuc, 2009
Aux éditions Desclée :
Ouvertures sur le vrai, 1989.
Recherche de la personne, 1990.
Ton visage, ma lumière -90 sermons de Maurice Zundel (1960-1975), 1989.
Dialogue avec la vérité, 1991.
Aux éditions Saint Augustin :
Avec Dieu dans le quotidien, 1988.
Emerveillement et pauvreté (retraite aux oblates bénédictines de La Rochette), 1990.
L’Evangile intérieur, 1991. La liberté de la foi, 1992.
Quel homme et quel Dieu ? (Retraite au Vatican), 1986.
Chez Mame / Le Moustier :
Poème de la Sainte Liturgie, coll. goûtez et voyez, 1991. Sous le pseudonyme de Frère Benoît
.
Bibliographie
Michel Fromaget, Mort et émerveillement dans la pensée de Maurice Zundel, Lethielleux éd., 2011
Bernard de Boissière et France-Marie Chauvelot, Maurice Zundel, préface de Sylvie Germain, Paris, Presses de la Renaissance, 2009
Gustave Martelet, Maurice Zundel, un christianisme libérateur, Actes du colloque de Paris, mars 1997, éd. Anne Sigier, 2004
François Darbois, Oraison sur la vie, Anne Sigier, Quebec, 1997, 170p.
Marc Donzé. La pensée théologique de Maurice Zundel, pauvreté et libération, Paris, Cerf, 1980
Marc Donzé. L’humble présence. Maurice Zundel, inédits recueillis et commentés par Marc Donzé. éditions du Jubilé, 2008
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