EGLISE CATHOLIQUE, FOUILLES DU VATICAN, NECROPOLE DU VATICAN, PAPAUTE, TOMBEAU DE SAINT PIERRE, VATICAN

La nécropole du Vatican et le tombeau de Saint Pierre

Nécropole du Vatican

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La nécropole du Vatican également connue sous le nom de Scavi, s’étend sous la Cité du Vatican, à une profondeur qui varie de 5 à 12 mètres, sous la basilique Saint-Pierre.

Elle a été un lieu de sépulture romaine abritant des tombes païennes et chrétiennes qui datent de la fin du Ier siècle av. J.-C. au IVè siècle ; elle n’est accessible que depuis les fouilles des années 1940.  Dans la nécropole du Vatican se trouve ce que l’on pense être la tombe de saint Pierre, l’apôtre.

La nécropole du Vatican ne doit pas être confondue avec les grottes du Vatican appelées également Nécropole papale. Celles-ci résultent de la construction de Saint-Pierre et se trouvent au niveau du sol de l’ancienne basilique constantinienne. La nécropole du Vatican, un ancien cimetière, était située sur la colline du Vatican, le long de la Voie triomphale.

Historique

Origine de la nécropole

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La nécropole du Vatican est, à l’origine, un lieu de sépulture, où se côtoient les tombes païennes et chrétiennes, à proximité d’un cirque romain (le Cirque de Caligula et de Néron ou Cirque du Vatican) sur la colline du Vatican, en dehors de la ville de Rome. Conformément à la loi romaine, il était interdit d’enterrer les morts dans les murs de la ville. Pour cette raison, plusieurs cimetières sont apparus le long des routes en dehors de Rome entre la Via Cornelia, qui cheminait au nord le long de la colline du Vatican et la Via Trionfale (« Voie Triomphale ») situé entre le Vatican et le centre de la cité (celle-ci passait par le mausolée d’Hadrien qui se trouve au château Saint-Ange).

Au milieu du cirque, construit par l’empereur Caligula, se trouvait un obélisque égyptien qui marquait le centre de la spina mur central partageant la piste). Une tradition immémoriale place le martyre de l’apôtre Pierre à quelques mètres du monument. Il s’agit de l’obélisque qu’on voit actuellement sur la place Saint-Pierre-de-Rome et qui fut déplacé d’environ 250 mètres par Domenico Fontana sur l’ordre du pape Sixte V  entre 1586 et 1587. L’emplacement d’origine (marqué d’ailleurs par une plaque sur le sol) se trouvait alors sur le côté sud de la basilique Saint-Pierre, juste avant l’actuel bureau d’excavation (Scavi) de la Fabrique de Saint Pierre. À moitié enseveli sous des ruines, il fallut 37 jours pour lui faire franchir la distance, 160 chevaux attelés à 40 cabestans, et 900 hommes marchant au son de la trompette et s’arrêtant à celui de la cloche.

 

Construction de la première basilique

La tradition veut que l’apôtre Pierre, en l’an 64 ou 67, sous l’empereur Néron a souffert le martyre puis il aurait été enterré dans la nécropole. Entre 326 et 333, l’empereur Constantin fait construire l’ancienne basilique connue comme l’antique basilique vaticane ou encore la basilique de Constantin. La construction nécessite la démolition du Circus Vaticanus ou Cirque de Caligula qui s’étendait sur la partie sud du chantier. Pendant ce temps, les cimetières étaient, en vertu d’une protection juridique spéciale, intouchables. La basilique de l’empereur Constantin I est située juste au-dessus de la tombe de l’apôtre Pierre. Pour obtenir une surface suffisamment grande pour la construction envisagée, l’empereur Constantin I ordonne de démanteler les parties du bâtiment du cimetière, tous les mausolées de la nécropole ainsi que des parties de la colline du Vatican. Avec les matériaux retirés de la colline du Vatican, le cimetière est comblé à l’exception de la tombe de saint Pierre, les chambres funéraires sont nivelées, pour être réduit à un plateau où est fondé l’édifice de la première basilique.

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Les fouilles

Cette nécropole est reconnue en 1543 lors de la construction d’un des bastions des fortifications de l’Etat du Vatican.

Les premières fouilles de la nécropole sont entreprises à la demande de Pie XI qui voulait être enterré dans un lieu des grottes vaticanes aussi proches que possible de la tombe de saint Pierre. Elles débutent sous le pontificat de Pie XII, entre 1940 et 1949. Le but de ces fouilles était aussi de trouver la tombe de saint Pierre sous la basilique. Comme les lieux étaient étroits, il est décidé d’abaisser le sol pour rendre la tâche plus facile. C’est ainsi que sont découverts les restes d’un premier sarcophage ; un examen plus approfondi, révèle qu’il s’agit en fait de la corniche d’un immeuble.

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La tombe de Saint-Pierre

Puis les fouilles font apparaître une double rangée de bâtiments funéraires, situés sur la pente de la colline du Vatican, placés côte à côte à partir de l’Ouest vers l’Est. Ils sont construits en maçonnerie de briques et l’intérieur est orné de stucs, de peintures et de mosaïques. D’autres fouilles révèlent une nécropole dont le noyau principal remonte au iie siècle, mais qui aurait été utilisée pendant une longue période entre le ier siècle et le début du ive siècle.

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Au centre du cimetière, autour duquel les enfouissements ultérieurs se sont faits, est découvert un mausolée aux murs rouges, portant en graffiti, des lettres grecques qui font penser que Pierre y aurait été enterré. Ce mémorial, sans corps, serait le trophée de Gaïus du nom d’un prêtre, Gaïus, qui affirmait que l’Église de Rome avait été fondée par les apôtres Pierre et Paul. Il aurait placé une tombe sur la colline du Vatican. Une cachette aménagée sur un mur perpendiculaire, contient les ossements d’un individu de sexe masculin âgé de soixante à soixante-dix ans, de robuste constitution. En 1950, Pie XII annonce triomphalement, sur Radio Vatican, « On a découvert le tombeau du prince des Apôtres ». Le pape Paul VI annonce, en 1968, après avoir pris connaissance des études scientifiques réalisées, qu’il doit s’agir, selon toute probabilité, des restes du corps de saint Pierre.

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La restauration

En 1998, les travaux de restauration sont entrepris dans la nécropole du Vatican, sous la responsabilité de la Fabrique de Saint-Pierre et la contribution de Enel. Le but du travail était de préserver les murs, stucs et les fresques mais aussi d’installer un système d’éclairage qui permettrait d’améliorer les bâtiments et en particulier le tombeau de Pierre. Un soin particulier a été placé dans l’éclairage qui présente la situation originale de la nécropole.

La restauration est précédée d’une enquête approfondie, consacrée à l’étude du micro-climat, l’identification des micro-organismes   présents, la détérioration bio et l’analyse de salinisation trouvés sur les murs et les fresques. Afin de protéger l’équilibre thermohygrométrique entre l’intérieur des structures et le milieu environnant, certains mausolées ont été fermés par des portes en verre. D’autres obstacles similaires, à ouverture automatique, sont placés à l’entrée des fouilles du cimetière et le long du chemin. Le flux d’air est filtré et humidifié, les pressions à l’intérieur ainsi que les conditions microclimatiques de l’excavation sont également améliorées par des trappes spéciales. Lors de la restauration, les meilleurs agents sont identifiés pour prévenir une agression microbienne (bactéries, champignons et algues) et chimique (sels, plus précisément, les sulfates, les nitrates et les chlorures). En outre, les fresques sont consolidées au plâtre et des pigments sont rajoutés à leur substrat.

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Bibliographie

(Vatican, la nécropole et le tombeau de Saint-Pierre éd. Collectif

Les Trésors du Vatican. (basilique de saint -pierre, galeries et musées pontificaux, trésor de saint-pierre, grottes vaticanes et nécropole, palais du Vatican) de CALVESI (M.)

Le Vatican, son histoire et ses trésors de Paul Poupard

Le Vatican de Paul Poupard (PUF, collection Que sais-je ?)

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CHANOINE DE LA BASILIQUE DU LATRAN, HISTOIRE DE FRANCE, HISTOIRE DE L'EGLISE, VATICAN

Le titre de chanoine du Latran

Pourquoi Macron devient-il chanoine de la basilique de Latran ?

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Mardi 26 juin, le président Emmanuel Macron est à Rome où il doit prendre possession de son titre de chanoine honoraire de la basilique du Latran, la cathédrale du pape.

1/Pourquoi Saint-Jean du Latran est-elle la cathédrale du pape ?

Après sa victoire du pont Milvius contre Maxence (312), l’empereur Constantin fait don à l’Église d’un vaste domaine, situé sur la partie orientale du Caelius, qui avait autrefois appartenu à la famille des Laterani. Le pape Sylvestre Ier y fait construire une vaste basilique, consacrée au Saint-Sauveur en 324, qui devient la cathédrale de l’évêque de Rome (le Vatican n’est, à l’époque, « que » le tombeau de saint Pierre).

Au VIe siècle, la basilique est appelée Saint-Jean, du nom du baptistère construit à ses côtés, tandis que le magnifique palais attenant devient le centre politique et administratif de la communauté chrétienne de Rome, comme du gouvernement central de l’Église. Néanmoins, à partir du XIIIe siècle, les papes préfèrent résider près de Saint-Pierre, le quartier du Vatican étant plus facilement défendable derrière sa muraille. Au XIVe siècle, à leur retour d’Avignon, ils s’y installeront définitivement, le palais du Latran étant trop délabré – « un amas de ruines et de décombres dont la vue arracherait des soupirs à des cœurs même de pierre », écrira Pétrarque.

 
« Mère et tête de toutes les églises de la ville et du monde », la « basilique du Sauveur et des saints Jean Baptiste et Jean l’Évangéliste au Latran » demeure toutefois la cathédrale des papes qui s’emploient à la restaurer.

Au XVIe siècle, à la demande de Sixte V, Domenico Fontana reconstruit le palais sur le modèle du palais Farnèse tandis que, au siècle suivant, Borromini restaure complètement la basilique, prévoyant notamment les niches de la nef où, au XVIIe siècle, seront installées les statues des Apôtres. À la fin du XIXsiècle, Léon XIII fait restaurer le chœur et l’abside tandis qu’en 1962 Jean XXIII réinstalle dans le palais l’administration du diocèse de Rome.

 

2/ Quels sont les liens du Latran avec la France ?

Dès le Moyen Âge, Carolingiens puis Capétiens s’attachèrent à développer leurs liens avec la cathédrale du pape. Ainsi, vers 1370, quand Urbain V engage une série de restaurations, le roi Charles V offre le splendide ciborium, l’espèce de baldaquin installé au-dessus de l’autel et qui contient, dans un reliquaire d’argent, les têtes de Pierre et Paul. Les armes de France y sont toujours visibles au fronton. Mais c’est surtout Louis XI qui, à la fin du XVe siècle, va combler de bienfaits le clergé du Latran, concédant à son chapitre d’importants revenus en Guyenne et dans le Languedoc, dont l’abbaye de Clairac (Lot-et-Garonne).

Henri IV, dans ses négociations avec la papauté pour faire reconnaître son passage au catholicisme et la légitimité de ses droits au trône, va s’appuyer sur cette tradition francophile : le chapitre l’aidera à contrer les intrigues de l’Espagne pour convaincre le pape de sa bonne foi.

 

3/ Pourquoi le président français en est-il chanoine ?

En remerciement de ses bons offices, Henri IV confirme les droits du chapitre du Latran sur l’abbaye de Clairac. Le chapitre lui érige alors une statue de bronze dans le portique de la basilique et lui donne le titre de chanoine honoraire de la basilique. La France s’insérait ainsi dans la géopolitique romaine aux côtés des autres puissances de l’époque : l’empereur germanique était chanoine de Saint-Pierre, le roi d’Espagne chanoine de Sainte-Marie-Majeure tandis que, avant la Réforme, les rois d’Angleterre avaient été chanoines de Saint-Paul-hors-les-murs.

Les chefs d’État français ont hérité de cet honneur fait aux rois de France, qui ne ménagèrent jamais leurs libéralités pour le chapitre (la chapelle à côté de la sacristie renferme ainsi le magnifique monument érigé par les chanoines pour remercier Louis XV de ses dons).

Après la Révolution, le titre sera un peu négligé, mais les liens avec la France ne seront toutefois jamais rompus : lors de la République romaine de 1849, le drapeau français sera hissé sur la basilique en signe de protection et les clés du trésor conservées à l’ambassade et, en 1863, la France veillera à ce que les biens du chapitre en Italie ne soient pas saisis. En 1932, le chapitre célèbre un service funèbre solennel après l’assassinat du président Doumer.

Il faut toutefois attendre René Coty pour que, en 1957, un président français vienne officiellement au Latran prendre possession de son titre. Ses successeurs Charles de Gaulle, Valéry Giscard d’Estaing, Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy firent de même, tandis que Georges Pompidou, François Mitterrand et François Hollande acceptèrent le titre sans en prendre possession. En outre, une messe « pour la prospérité de la nation française » est célébrée dans la basilique chaque 13 décembre, jour anniversaire de la naissance d’Henri IV. Interrompue à la Révolution, cette tradition a été rétablie par Napoléon III, puis en 1926 grâce à Mgr Gaston Vanneufville, un prêtre lillois et chanoine du Latran (et correspondant de La Croix à Rome).

 

4/ À quoi sert ce titre ?

En lui-même, le titre de « premier et unique chanoine honoraire de l’archibasilique du Latran » n’accorde aucun droit à son titulaire, pas même, contrairement à une légende tenace, celui d’entrer à cheval dans l’église.

Mais cet honneur fait à la France à travers son chef d’État demeure un instrument de « diplomatie douce ». Dans un monde du Vatican où les symboles demeurent extrêmement importants, ce privilège, accordé dans la cathédrale même du pape, signe la singularité et l’importance de la France auprès de l’acteur diplomatique et moral majeur que demeure le Saint-Siège.

Même si, depuis le Concile, les papes ont tenu à réserver le chapitre du Latran aux prêtres du diocèse de Rome (l’archiprêtre de la basilique est d’ailleurs le vicaire du pape pour le diocèse de Rome), un Français en demeure membre : le titulaire actuel, Mgr Louis Duval-Arnould, prêtre du diocèse de Paris, porte ainsi dans le chapitre le titre de « préfet pour l’abbaye de Clairac », même si celle-ci n’existe plus depuis la Révolution.

 

https://www.la-croix.com/Religion/Catholicisme/Pourquoi-Emmanuel-Macron-devient-chanoine-basilique-Latran-2018-06-22-1200949405?from_univers=lacroix