ANCIEN TESTAMENT, EVANGILE SELON MATTHIEU, LETTRE DE SAINT PAUL AUX ROMAINS, NOUVEAU TESTAMENT, PREMIER LIVRE DES ROIS, PSAUME 118

Dimanche 26 juillet 2020 : 17è dimanche du Temps Ordinaire : lectures et commentaires

Dimanche 26 juillet 2020 : 

17éme dimanche du Temps Ordinaire

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Commentaires de Marie-Noëlle Thabut

 

1ère lecture

Psaume

2ème lecture

Evangile

 

PREMIERE LECTURE – Livre du premier livre des Rois 3, 5. 7-12

En ces jours-là,
5 A Gabaon, pendant la nuit,
le SEIGNEUR apparut en songe à Salomon.
Il lui dit :
« Demande ce que je dois te donner. »
6 Salomon répondit : (…)
7 « SEIGNEUR, mon Dieu, c’est toi qui m’as fait roi,
moi, ton serviteur, à la place de David, mon père :
or, je suis un tout jeune homme,
ne sachant comment se comporter,
8 et me voilà au milieu du peuple que tu as élu ;
c’est un peuple nombreux,
si nombreux qu’on ne peut ni l’évaluer ni le compter.
9 Donne à ton serviteur un coeur attentif
pour qu’il sache gouverner ton peuple
et discerner le bien et le mal ;
sans cela gouverner ton peuple qui est si important ? »
10 Cette demande de Salomon plut au Seigneur,
qui lui dit :
11 « Puisque c’est cela que tu as demandé,
et non pas de longs jours,
ni la richesse,
ni la mort de tes ennemis,
mais puisque tu as demandé le discernement,
l’art d’être attentif et de gouverner,
12 je fais ce que tu as demandé :
je te donne un coeur intelligent et sage,
tel que personne n’en a eu avant toi
et que personne n’en aura après toi. »

Salomon fut le successeur de David sur le trône de Jérusalem à une époque où toutes les tribus d’Israël étaient réunies sous une même couronne. On situe le règne du premier roi, Saül, dans les années 1030 à 1010 av.J.C environ, celui de David de 1010 à 973 et celui de Salomon de 973 à 933.
Le texte du livre des Rois que nous lisons aujourd’hui nous rapporte la première grande cérémonie de son règne. Le roi, fraîchement couronné, s’est rendu en pèlerinage au sanctuaire de Gabaon, à quelques kilomètres de Jérusalem, pour y offrir un sacrifice (mille animaux précise le texte) ; et là, il prononce la fameuse prière qui est restée dans la mémoire d’Israël comme un modèle. Mais, pour comprendre les enjeux de ce texte, il faut en relire le contexte : car à ne lire que ces seules lignes, on risquerait d’orner Salomon de toutes les qualités ! La réalité est moins flatteuse : son accession au trône avait été émaillée de péripéties peu vertueuses, intrigues politiques et assassinats compris. Trois frères aînés au moins briguaient la place, car David avait plusieurs autres fils (nés de mères différentes) plus âgés que Salomon ; ses chances de parvenir au trône étaient donc des plus minimes. Les luttes fratricides des aînés se chargèrent de déblayer le terrain (1er livre des Rois) et sa mère, Bethsabée, fit le reste : au moment où Adonias, le survivant des trois aînés, savourait déjà sa victoire, elle s’arrangea pour le griller de vitesse. Salomon fut sacré en grande précipitation à la source de Gihôn.
Et le peuple, prêt à tout, acclama ce nouveau roi, comme il aurait acclamé l’autre. Salomon était parvenu à ses fins, il était sur le trône. Il ne restait plus qu’à liquider les opposants, ce qu’il fit sans tarder. Ce n’était donc pas apparemment un grand saint qui se présentait devant Dieu ! Et si sa sagesse est proverbiale, on voit qu’elle ne lui est pas venue tout de suite ! Elle fut pour lui un don de Dieu. (Celui qui écrit ce texte compte bien que nous retenions cette vérité élémentaire).
Salomon savait que, maintenant, il fallait régner, ce qui était bien difficile, et c’est là qu’il fit preuve d’un commencement de sagesse et de lucidité. Car ce jeune roi, et c’est là tout son mérite, avait compris au moins une chose, première leçon de ce texte, c’est que la sagesse est le bien le plus précieux du monde (Matthieu parlera de trésor et de perle ; cf l’évangile de ce dimanche Mt 13, 44-46) et que Dieu seul détient les clés de la vraie sagesse. Ainsi la prière de Salomon au sanctuaire de Gabaon est-elle un modèle d’humilité et de confiance : « Je suis un tout jeune homme, incapable de se diriger. Donne à ton serviteur un coeur attentif pour qu’il sache gouverner ton peuple et discerner le bien et le mal ; comment sans cela gouverner ton peuple qui est si important ? »
La deuxième leçon de ce passage concerne les rois d’abord mais aussi tous les détenteurs d’un pouvoir, quel qu’il soit : ce qui est remarquable dans la prière de Salomon, c’est que sa demande vise exclusivement le service du peuple. Il ne demande rien pour lui-même personnellement, il demande seulement les capacités nécessaires pour exercer la mission que Dieu lui a confiée. Le jeune roi prouve ici qu’il a parfaitement intégré l’idéal monarchique prescrit par Dieu à David (par l’intermédiaire du prophète Natan) : en Israël, dès le tout début de la royauté, les prophètes les uns après les autres rappellent à tous les rois qu’ils ne doivent avoir qu’un souci en tête, à savoir le bonheur et la sécurité du peuple qui leur est confié.
La réponse de Dieu insiste sur ce désintéressement tout à fait remarquable de la prière de Salomon : « Puisque tu ne m’as demandé ni de longs jours, ni la richesse, ni la mort de tes ennemis (y a-t-il là une pointe d’ironie ? Dieu n’ignorait pas que Salomon s’en était fort bien occupé lui-même), mais puisque tu as demandé le discernement, l’art d’être attentif et de gouverner, je fais ce que tu as demandé : je te donne un coeur intelligent et sage, tel que personne n’en a eu avant toi et que personne n’en aura après toi. » Voilà qui dépasse toutes les espérances du jeune roi. Et Dieu ne s’arrête pas là : la liturgie, malheureusement, ne nous fait pas entendre la suite qui est pourtant une bien belle leçon sur la générosité de Dieu : « Et même ce que tu n’as pas demandé, je te le donne : et la richesse et la gloire, de telle sorte que durant toute ta vie il n’y aura personne comme toi parmi les rois. »
Belle révélation pour nous : ce n’était pas un grand saint qui se présentait devant Dieu, mais parce qu’il a prié humblement, il a été comblé ; cela fait penser à un certain publicain de la parabole (Lc 18, 9-14) ; enfin et surtout, nous découvrons une fois de plus, grâce à Salomon, que Dieu continue à donner et pardonner quel que soit notre passé, si peu vertueux soit-il. Ainsi vérifions-nous le sens du mot « pardon » : c’est le don qui passe par-dessus toutes les offenses.
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Compléments

1 – Lire la méditation puis la superbe prière que le livre de la Sagesse prête au roi Salomon : Sg 8, 17-21 puis 9, 1-12. On sait que, malheureusement, vers la fin de sa vie, Salomon s’est écarté gravement de ce beau chemin de sagesse ; ses nombreuses femmes l’ont poussé à l’idolâtrie et il s’est laissé envahir par la mégalomanie du pouvoir. Il suffit de relire le résumé que Ben Sirac écrit de sa vie : Si 47, 12-22.
2 – « Et même ce que tu n’as pas demandé, je te le donne : et la richesse et la gloire, de telle sorte que durant toute ta vie il n’y aura personne comme toi parmi les rois. » : à rapprocher de Mt 6, 33 : « Cherchez d’abord le Royaume et la justice de Dieu et tout cela (le reste) vous sera donné par surcroît. »
3 – Pour une introduction au livre de la Sagesse et aux livres Deutérocanoniques, voir au seizième dimanche du temps ordinaire – A, le commentaire de la première lecture.

 

PSAUME – 118 (119)

57 Mon partage, Seigneur, je l’ai dit,
c’est d’observer tes paroles.
72 Mon bonheur, c’est la loi de ta bouche,
plus qu’un monceau d’or ou d’argent.

76 Que j’aie pour consolation ton amour
selon tes promesses à ton serviteur !
77 Que vienne à moi ta tendresse et je vivrai :
ta loi fait mon plaisir.

127 Aussi j’aime tes volontés,
plus que l’or le plus précieux.
128 Je me règle sur chacun de tes préceptes,
je hais tout chemin de mensonge.

129 Quelle merveille, tes exigences,
aussi mon âme les garde !
130 Déchiffrer ta parole illumine
et les simples comprennent.

Dans la première lecture, nous avions vu que Salomon, tout au moins au début de son règne, avait tout compris : la vraie sagesse est le trésor le plus précieux, et elle ne peut venir que de Dieu. Dans ce psaume, c’est la même méditation qui continue : « Mon bonheur, c’est la loi de ta bouche, plus qu’un monceau d’or ou d’argent. »
Et le bonheur, d’après ce psaume, c’est donc tout simple ; la bonne route, pour un croyant, c’est tout simplement de suivre la Loi de Dieu. Le croyant connaît la douceur de vivre dans la fidélité aux commandements de Dieu, voilà ce que veut nous dire ce psaume : « Quelle merveille, tes exigences, aussi mon âme les garde ! »
Les quelques versets retenus aujourd’hui ne sont qu’une toute petite partie du psaume 118 (119 dans la Bible), l’équivalent d’une seule strophe. En réalité, il comporte 176 versets, c’est-à-dire 22 strophes de 8 versets. 22…8… ces chiffres ne sont pas dûs au hasard.
Pourquoi 22 strophes ? Parce qu’il y a 22 lettres dans l’alphabet hébreu : chaque verset de chaque strophe commence par une même lettre et les strophes se suivent dans l’ordre de l’alphabet : en littérature, on parle « d’acrostiche », mais ici, il ne s’agit pas d’une prouesse littéraire, d’une performance ! Il s’agit d’une véritable profession de foi : ce psaume est un poème en l’honneur de la Loi, une méditation sur ce don de Dieu qu’est la Loi, les commandements, si vous préférez. D’ailleurs, plus que de psaume, on ferait mieux de parler de litanie ! Une litanie en l’honneur de la Loi ! Voilà qui nous est passablement étranger.
Car une des caractéristiques de la Bible, un peu étonnante pour nous, c’est le réel amour de la Loi qui habite le croyant biblique. Les commandements ne sont pas subis comme une domination que Dieu exercerait sur nous, mais des conseils, les seuls conseils valables pour mener une vie heureuse. « Aussi j’aime tes volontés, plus que l’or le plus précieux. Je me règle sur chacun de tes préceptes, je hais tout chemin de mensonge. » Quand l’homme biblique dit cette phrase, il la pense de tout son coeur.
Et, non seulement la Loi n’est pas subie comme une domination, mais elle est accueillie comme un cadeau que Dieu fait à son peuple, le mettant en garde contre toutes les fausses routes ; elle est l’expression de la sollicitude du Père pour ses enfants ; tout comme nous, parfois, nous mettons en garde un enfant, un ami contre ce qui nous paraît être dangereux pour lui. On dit que Dieu « donne » sa Loi et elle est bien considérée comme un « cadeau ». Car Dieu ne s’est pas contenté de libérer son peuple de la servitude en Egypte ; laissé à lui-même, Israël risquait de retomber dans d’autres esclavages pires encore, peut-être. En donnant sa loi, Dieu donnait en quelque sorte le mode d’emploi de la liberté. La Loi est donc l’expression de l’amour de Dieu pour son peuple.
Il faut dire une fois de plus qu’on n’a pas attendu le Nouveau Testament pour découvrir que Dieu est Amour et que finalement la Loi n’a pas d’autre but que de nous mener sur le chemin de l’amour. Toute la Bible est l’histoire de l’apprentissage du peuple élu à l’école de l’amour et de la vie fraternelle. Le livre du Deutéronome disait : « Ecoute Israël, le Seigneur ton Dieu est le Seigneur UN ; tu aimeras 1 le Seigneur ton Dieu de tout ton coeur, de tout ton être, de toute ta force ». (Dt 6, 4). Et le livre du Lévitique enchaînait : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même » (Lv 19, 18). Voici le commentaire que les rabbins faisaient de ce verset : « Tu aimeras ton prochain, de sorte que ce que tu détestes pour toi-même, tu ne le lui feras pas à lui. » C’est ce que l’on appelait « la Règle d’or ». Et le célèbre rabbin Hillel qui a précédé Jésus de quelques dizaines d’années (il a vécu de -70 + 10) commentait : « Ce que tu détestes pour toi-même, ne le fais pas à ton prochain : c’est là toute la Torah, le reste est explication. Va et étudie. » Il aimait dire également : « Ne juge pas ton prochain jusqu’à ce que tu sois à sa place ». Jésus était exactement dans la même ligne lorsqu’il disait que les deux commandements de l’amour de Dieu et de l’amour du prochain étaient le résumé de la loi juive. Quant à la « Règle d’or », il la reprenait à son compte en disant : « Tout ce que vous voulez que les hommes fassent pour vous, faites-le vous-mêmes pour eux : c’est la Loi et les Prophètes. » (Mt 7, 12).
Pour revenir au psaume 118 (119), il ressemble bien à une sorte de litanie : après les trois premiers versets qui sont des affirmations sur le bonheur des hommes fidèles à la loi, les 173 autres versets s’adressent directement à Dieu dans un style tantôt contemplatif, tantôt suppliant du genre : « Ouvre mes yeux, que je contemple les merveilles de ta loi. » Et la litanie continue, répétant sans arrêt les mêmes formules ou presque : par exemple, en hébreu, dans toutes les strophes, reviennent huit mots2 toujours les mêmes en hébreu pour décrire la loi. Seuls les amoureux osent ainsi se répéter sans risquer de se lasser.
Huit mots toujours les mêmes et aussi huit versets dans chacune des 22 strophes : le chiffre 8, lui non plus, n’est pas dû au hasard ; dans la Bible, c’est le chiffre de la nouvelle création : la première Création a été faite par Dieu en 7 jours, donc le huitième jour sera celui de la Création renouvelée, des « cieux nouveaux et de la terre nouvelle », selon une autre expression biblique. Celle-ci pourra surgir enfin quand toute l’humanité vivra selon la loi de Dieu, c’est-à-dire dans l’amour puisque c’est la même chose !

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Note
1 – « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton coeur, de tout ton être, de toute ta force » : tu aimeras, ici, veut dire « tu t’attacheras » au Seigneur ton Dieu, à l’exclusion de tout autre. Le livre du Deutéronome lutte encore contre l’idolâtrie).
2 – On trouvera dans le commentaire de ce même psaume pour le sixième dimanche ordinaire – A, une étude de vocabulaire.

 

DEUXIEME LECTURE – Lettre de saint Paul aux Romains – 8, 28 – 30

Frères,
Nous le savons,
quand les hommes aiment Dieu,
lui-même fait tout contribuer à leur bien,
puisqu’ils sont appelés selon le dessein de son amour.
Ceux que, d’avance, il connaissait,
il les a aussi destinés d’avance à être configurés à l’image de son Fils,
pour que ce Fils soit le premier-né d’une multitude de frères.
Ceux qu’il avait destinés d’avance,
il les a aussi appelés ;
ceux qu’il a appelés,
il en a fait des justes ;
et ceux qu’il a rendus justes,
il leur a donné sa gloire.

Depuis plusieurs semaines, nous lisons le chapitre 8 de la lettre aux Romains : saint Paul contemple toute l’histoire de l’humanité, il la décrit comme une longue marche vers un avenir magnifique. Un jour, nous serons semblables à Jésus-Christ, nous serons à son image et nous ne ferons plus qu’un en Lui. Voilà le projet de Dieu : « les hommes sont appelés selon le dessein de son amour » (v. 28).
Le meilleur commentaire du passage d’aujourd’hui se trouve chez Paul lui-même dans sa deuxième lettre aux Thessaloniciens : « Dieu vous a choisis dès le commencement pour être sauvés par l’Esprit qui sanctifie et par la foi en la vérité : c’est à cela qu’il vous a appelés par notre Evangile, à posséder la gloire de Notre Seigneur Jésus-Christ. » (2 Th 2, 13-14). Tout est là, dans ces quelques lignes, de ce que nous avons lu ces derniers dimanches dans la lettre aux Romains : ce projet de Dieu qui débouche sur notre union à Jésus-Christ (ce qu’il appelle « posséder la gloire de Jésus-Chrit »), l’œuvre de l’Esprit sur laquelle Paul insiste beaucoup, et enfin notre propre participation sollicitée, mais libre, évidemment, à ce dessein de Dieu. Ailleurs, dans la première lettre aux Thessaloniciens, Paul dit plus simplement encore : « Dieu vous appelle à son Royaume et à sa gloire. » (1 Th 2, 12).
Nous sommes donc en chemin vers cette transformation de tout notre être, ce façonnage, pourrait-on dire, qui nous modèlera à l’image de Jésus-Christ. Plus haut, dans la lettre aux Romains, Paul comparait ce processus de transformation à une naissance : « La création tout entière passe par les douleurs d’un enfantement qui dure encore », disait-il (8, 22). Ici l’image est plutôt celle de l’entrée dans une grande famille : « Dieu nous a a destinés à être l’image de son Fils, pour faire de ce Fils l’aîné d’une multitude de frères. » (v. 29). Quelques lignes auparavant, sur le même registre, il avait employé à notre sujet l’expression : « enfants de Dieu ». Et il avait continué : « Enfants, et donc héritiers : héritiers de Dieu, cohéritiers du Christ » (8, 17).
Pour entrer dans cette famille, la porte est ouverte à tous, mais nous restons libres. Dans le passage de la lettre aux Thessaloniciens que je lisais tout-à-l’heure, Paul emploie le mot « foi » : à l’appel de Dieu, sa proposition de participer au grand projet, au « dessein de son amour », nous répondons par la foi, la confiance : « Dieu vous a choisis dès le commencement pour être sauvés par l’Esprit qui sanctifie et par la foi en la vérité ». Nous disons volontiers « L’homme propose, Dieu dispose », mais il me semble que Paul nous dit juste l’inverse : « Dieu propose, l’homme dispose ».
Car Dieu ne nous impose pas son projet, il nous le propose ; c’est pourquoi, depuis les origines de la Révélation, on entend Dieu appeler l’homme et lui proposer son Alliance ; un peu comme si Dieu inlassablement répétait : « Aime-moi, fais-moi confiance, puisque je t’aime. » Paul nous dit en quelque sorte, « Dieu ne vous force pas la main, mais si vous décidez de lui faire confiance, de le laisser mener votre vie, soyez bien certains qu’il fera progresser son dessein en vous et par vous. »
Dans le passage d’aujourd’hui de la lettre aux Romains, notre liberté d’adhérer ou non au projet de Dieu est dite également, mais autrement : « Quand les hommes aiment Dieu, lui-même fait tout contribuer à leur bien, puisqu’ils sont appelés selon le dessein de son amour. » (v. 28). Le mot choisi ici par Paul « aiment » dit la réponse libre de l’homme à la proposition, l’appel de Dieu. Ce n’est pas un sentiment, c’est un élan, c’est l’adhésion de la « foi ». Il est l’équivalent du mot « foi » dans la lettre aux Thessaloniciens.
Il reste que les formules de Paul peuvent prêter à confusion : ici, il dit : « quand les hommes aiment Dieu, lui-même fait tout contribuer à leur bien, puisqu’ils sont appelés selon le dessein de son amour. » Mais alors on voit bien tout de suite l’objection qui pourrait jaillir : alors, pour ceux qui n’aiment pas Dieu, son plan d’amour n’existe-t-il pas ?
Bien sûr que si : croire que la bonté de Dieu est restreinte à quelques-uns serait une mauvaise lecture des paroles de Paul et de toute la Bible, la fameuse lecture du soupçon qui nous guette toujours. Le vrai croyant sait bien que le « dessein » de Dieu ne vise que notre bonheur ; il veut rassembler tous les hommes, et même l’univers entier, nous le savons bien. Mais nous restons libres de ne pas aimer Dieu.
Autre difficulté, Paul continue : « Ceux que, d’avance, il connaissait, il les a aussi destinés d’avance à être configurés à l’image de son Fils » ; et, à plusieurs reprises, il emploie cette expression « ceux que » : « Ceux qu’il avait destinés d’avance… ceux qu’il a appelés… ceux qu’il a rendus justes … ». N’imaginons pas qu’il y aurait les privilégiés, les chanceux et les autres. Dieu ne fait pas des choix comme les hommes peuvent en faire. Pour reprendre le vocabulaire de Paul, nous sommes tous « connus » de Dieu, « appelés, justifiés, introduits dans sa gloire », à condition de l’accepter, bien sûr.
L’expression « Ceux que, d’avance, il connaissait » n’est donc pas restrictive ; elle désigne sans limitation tous ceux qui acceptent d’entrer dans le projet de Dieu. Par ces formulations successives « Ceux qu’il avait destinés d’avance… ceux qu’il a appelés… ceux qu’il a rendus justes… », Paul décrit tout simplement l’itinéraire de tous ceux qui veulent bien entrer dans ce merveilleux plan de salut. En premier lieu, Dieu a envoyé son Fils ; c’est lui qui est « le commencement, premier-né d’entre les morts, afin de tenir en tout, lui, le premier rang. » (Col 1, 18). Ainsi ceux qui répondent à l’amour de Dieu ressemblent à ce Fils qui a réalisé la volonté de salut du Père. « Ceux qu’il avait destinés d’avance, il les a aussi appelés ; ceux qu’il a appelés, il en a fait des justes ; et ceux qu’il a rendus justes, il leur a donné sa gloire. » Manière de dire que cette rencontre les a mis en harmonie parfaite avec Dieu (justifiés), rendus participants de sa nature divine (sanctifiés), et d’ores et déjà accueillis dans sa gloire (glorifiés).
Pas étonnant que Paul écrive dans le verset qui suit immédiatement cette contemplation : « Que dire de plus ? »
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Complément
Les prophètes ont annoncé à plusieurs reprises que le projet de Dieu est pour tous les hommes ; Isaïe par exemple : « Le Seigneur, le tout-puissant, va donner sur cette montagne un festin pour tous les peuples… on dira ce jour-là : c’est lui notre Dieu… Exultons, jubilons, puisqu’il nous sauve. » (Is 25, 6… 9). Et ailleurs : « Ma maison sera appelée Maison de prière pour tous les peuples. » (Is 56, 7 ; voir le commentaire de ce texte au vingtième dimanche ordinaire – année A).
C’est bien ce que dit le texte de la lettre aux Ephésiens : « Dieu nous a fait connaître le mystère de sa volonté, le dessein bienveillant qu’il a d’avance arrêté en lui-même pour mener les temps à leur accomplissement ; réunir l’univers entier sous un seul chef, le Christ, ce qui est dans les cieux et sur la terre. » (Ep 1, 9-10). C’est exactement cela que Paul contemple ici.

 

EVANGILE – selon saint Matthieu 13, 44 – 52

En ce temps-là,
Jésus disait à la foule ces paraboles :
« Le Royaume des cieux est comparable
à un trésor caché dans un champ ;
l’homme qui l’a découvert le cache de nouveau.
Dans sa joie, il va vendre tout ce qu’il possède,
et il achète ce champ.
Ou encore :
Le Royaume des cieux est comparable
à un négociant qui recherche des perles fines.
Ayant trouvé une perle de grande valeur,
il va vendre tout ce qu’il possède,
et il achète la perle.
Le Royaume des cieux est encore comparable
à un filet qu’on jette dans la mer,
et qui ramène toutes sortes de poissons.
Quand il est plein, on le tire sur le rivage,
on s’assied,
on ramasse dans des paniers ce qui est bon,
et on rejette ce qui ne vaut rien.
Ainsi en sera-t-il à la fin du monde :
les anges sortiront pour séparer les méchants du milieu des justes
et les jetteront dans la fournaise :
là il y aura des pleurs et des grincements de dents.
Avez-vous compris tout cela ? Ils lui répondent « Oui ».
Jésus ajouta :
« C’est pourquoi tout scribe
devenu disciple du Royaume des cieux
est comparable à un maître de maison
qui tire de son trésor du neuf et de l’ancien. »

Voilà trois ou plutôt quatre histoires bien dans le style de Jésus et des rabbins de son temps 1. Toutes les quatre parlent du Royaume de Dieu : il y a d’abord un laboureur qui trouve dans un champ (qui ne lui appartient pas) un trésor qui l’éblouit ; puis c’est un négociant en perles fines qui tombe sur une perle plus belle que toutes les autres ; et puis encore des pêcheurs qui ont ramené un filet tellement plein de poissons qu’il leur faut passer du temps à trier ce qui est bon pour le garder et ce qui ne vaut rien et qui sera rejeté à la mer. Enfin, un scribe juif devenu chrétien comparé à un propriétaire qui fait du tri dans ses affaires.
On peut se demander quel est le lien entre ces quatre paraboles ?
Première remarque : dans les versets précédents, nous avions lu la parabole de l’ivraie et Jésus avait terminé par une annonce du jugement : à la fin du monde, les anges feront le tri entre les bons et les méchants ; et nous avions noté que bons et méchants ne sont pas deux catégories distinctes d’hommes mais des comportements. Or ici, Jésus reprend la même annonce du jugement après la troisième parabole : « A la fin du monde, les anges viendront séparer les méchants des justes ».
C’est certainement une insistance sur la gravité des enjeux qui sont représentés dans ces trois premières paraboles qui sont ainsi enchâssées entre deux annonces du jugement représenté comme un tri.
C’est dans la troisième petite histoire, celle du filet plein de poissons que l’image du tri est la plus manifeste. « Le Royaume des cieux est comparable à un filet qu’on jette dans la mer, et qui ramène toutes sortes de poissons. Quand il est plein, on le tire sur le rivage, on s’assied, on ramasse dans des paniers ce qui est bon, et on rejette ce qui ne vaut rien. »
Mais de quel tri s’agit-il ? Là, ce sont les deux premières paraboles qui nous disent de quoi il s’agit : elles sont très ressemblantes : les deux personnages font une découverte. Pour le premier, c’est totalement inopiné ; la charrue qu’il pousse dans le champ du propriétaire qui l’a embauché bute sur quelque chose qui a été caché là et probablement oublié depuis longtemps : un trésor, quelle aubaine, cela va changer sa vie ! Pour le second, au contraire, c’est au bout de longues recherches qu’il découvre enfin la perle qui supplante toutes les autres.
L’évangéliste cherche-t-il à nous faire remarquer la différence de caractère des deux personnages ? Le premier exulte de joie devant sa découverte (« Dans sa joie, il va vendre tout ce qu’il possède, et il achète ce champ »), le second est moins démonstratif, mais lui aussi « il va vendre tout ce qu’il possède, et il achète la perle ».
Le point commun entre ces trois histoires, c’est une affaire de choix : entre les bons et les mauvais poissons du filet, il y a un choix à faire ; entre le trésor enfoui dans le champ et ce que le laboureur possédait jusque là, entre la perle et ce que le négociant possédait jusque-là, c’est aussi une affaire de choix. La leçon est claire : Recevoir la Bonne Nouvelle du Royaume de Dieu exige un choix et mérite que nous sacrifiions tout le reste. Mais grâce à la joie de cette découverte, le dépouillement, le renoncement deviennent possibles !
Nous retrouvons là, en définitive, un thème très fort de l’enseignement de Jésus : « Nul ne peut servir deux maîtres » ; ou encore l’image de la porte étroite ou celle de la maison bâtie sur le roc. Et ces choix que nous avons à faire sont d’une extrême gravité. La sévérité de l’image du jugement est là pour nous le rappeler. Cela nous fait penser à la toute première prédication de la vie publique de Jésus : « Convertissez-vous : le Règne des cieux s’est approché. » (Mt 4, 17). Et au jeune homme riche de biens matériels et spirituels qui vient lui demander : « Maître, que dois-je faire de bon pour avoir la vie éternelle ? », Jésus répond : « Si tu veux être parfait, va, vends ce que tu possèdes, donne-le aux pauvres et tu auras un trésor dans les cieux. Puis viens, suis-moi ! » (Mt 19, 16… 21). On connaît la suite : le jeune homme n’a pas compris le trésor que représentait cet appel de Jésus, il n’a pas, du coup, trouvé la force du renoncement et il s’en est retourné à sa vie ordinaire, tout triste.
On voit tout de suite, bien sûr, les exigences que Jésus pose ici pour notre vie de baptisés : à l’entendre, il n’y a pas de demi-mesure. Cela veut dire que tout, désormais, dans nos vies, se juge à la lumière du Royaume de Dieu. « Réintroduire dans nos pensées, nos jugements, nos comportements, une référence au Royaume de Dieu qui vient, disait Mgr Coffy, est aujourd’hui une tâche essentielle de l’Eglise. »
Reste la quatrième parabole : elle est précédée d’un court dialogue entre Jésus et ses disciples : « Avez-vous compris tout cela ? », leur demande-t-il et eux répondent Oui. Alors Jésus reprend : « C’est ainsi que tout scribe devenu disciple du Royaume des cieux est comparable à un maître de maison qui tire de son trésor du neuf et de l’ancien. »
Les scribes étaient familiers des Ecritures, c’est-à-dire de l’Ancien Testament, pétri de la foi et de l’espérance de leur peuple. Mais Jésus savait quel effort ils auraient à faire pour accueillir la nouveauté qu’il apportait par rapport à leurs idées préconçues et pour se mettre au diapason de Dieu ; il les met en garde d’une certaine manière : pour accueillir le Royaume, vous aurez vous aussi des renoncements à opérer. Vous allez devenir propriétaires d’un trésor fait de neuf et d’ancien. 2 Il vous faudra savoir garder tous les acquis de l’Ancien Testament, tout son trésor de découverte du mystère de Dieu et, en même temps, vous préparer à accueillir la nouveauté révélée par Jésus-Christ.
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Notes
1 – Tout ce passage est propre à Matthieu
2 – Sur le rapport entre Ancien et Nouveau Testament, et notre trésor fait à la fois d’Ancien et de Nouveau, relire Mt 5, 17 : « N’allez pas croire que je sois venu abroger la Loi ou les Prophètes : je ne suis pas venu abroger mais accomplir. » Nous savons combien les mystères révélés par Jésus s’enracinent dans la révélation de la première Alliance ; nous savons aussi que celle-ci trouve tout son son sens et son accomplissement en Jésus-Christ. Connaître l’Une et l’Autre, inséparablement, voilà le grand, l’unique trésor.
Complément
La vie de Paul est une illustration de ces quatre paraboles ; il suffit de relire les confidences qu’il fait aux Philippiens : après avoir énuméré ses titres de fierté en tant que Juif et Pharisien, il ajoute : « Toutes ces choses qui étaient pour moi des gains, je les ai considérées comme une perte à cause du Christ. Mais oui, je considère que tout est perte en regard de ce bien suprême qu’est la connaissance de Jésus-Christ mon Seigneur. » (Ph 3, 7-8).

CATHEDRALE DE NANTES (Loire-Atlantique), CATHEDRALE SAINT-PIERRE-ET SAINT-PAUL, CATHEDRALES, CLAIR (saint ; IIIè siècle - v. 310), DIOCESE DE NANTES (Loire-Atlantique), EGLISE CATHOLIQUE, HIPPOLYTE FLANDRIN (1809-1864), NANTES (Loire-Atlantique), PAUL FLANDRIN (1811-1902), PEINTRE FRANÇAIS, PEINTURE, SAINT CLAIR GUERISSANT LES AVEUGLES

Saint Clair guérissant les aveugles d’Hippolyte Flandrin, cathédrale de Nantes

Le tableau Saint Clair guérissant les aveugles d’Hippolyte Flandrin

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Dans l’incendie qui a ravagé la cathédrale de Nantes le tableau d’Hippolyte Flandrin, Saint Clair guérissant les aveugles, qui se trouvait dans le bras droit du transept, sur le mur droit, juste à côté du tombeau de François II et de Marguerite de Foix, à été entièrement détruit.

Il s’agissait d’une œuvre importante du peintre, l’un des meilleurs élèves d’Ingres, prix de Rome en 1832, et d’un de ses envois de l’Académie de France peint en 1836. C’est donc le premier grand tableau religieux d’un des plus grands peintres religieux du XIXe siècle qui a disparu corps et bien. Heureusement, celui-ci est très documenté et des esquisses et des dessins sont conservés. Le Louvre conserve en réserves une copie de son frère Paul Flandrin (ill. 4). Malheureusement il ne s’agit pas d’une copie à grandeur nature, mais de petite taille, qui ne pourra donc pas remplacer l’œuvre disparue.

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Hippolyte Flandrin (1809-1864)
Saint Clair guérissant les aveugles, 1836
Huile sur toile – 300 x 140 cm
Nantes, cathédrale (détruit)
Photo : Photo : D. Pillet/Inventaire Pays de Loire

 

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Paul Flandrin (1811-1902)
d’après Hippolyte Flandrin
Saint Clair guérissant les aveugles, 1836
Huile sur toile – 34,5 x 19 cm
Paris, Musée du Louvre
Photo : RMN-GP/G. Blot

 

L’emplacement de ce tableau qui a été détruit sans qu’il ait aucune proximité avec l’orgue (il en est même très loin) pose la question de l’origine d’un incendie qui s’est déclaré dans trois endroits différents. Mais son emplacement a de quoi surprendre : il est troublant en effet de constater que la toile de Flandrin était placée au-dessus d’une armoire électrique qui a complètement brûlé.

 

Saint Clair de Nantes

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Présentation

Il arriva dit-on de Rome, avec en sa possession un clou provenant de la croix qui supporta le martyre de Saint Pierre, pour lequel il fit bâtir un oratoire dédié à l’Apôtre, et qui serait à l’origine de la cathédrale de Nantes.

Il aurait pris une part importante dans l’évangélisation de la Haute-Bretagne, et la fondation de plusieurs paroisses entre Nantes et Vannes.

Il mourut à Kerbellec, village de la commune de Réguiny (Morbihan), et son tombeau (vidé depuis les invasions normandes à fin du IXè siècle se situe dans une chapelle jouxtant l’église de Réguiny. Une fontaine votive se trouve également nom loin du village de Kerbellec de cette commune bretonne.

On le confond parfois à tort avec Saint Clair, premier évêque d’Albi au ve siècle.

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Ouvrages

« Saint Clair et les origines de l’église de Nantes selon la véritable tradition nantaise » / Arthur de La Borderie, Plihon, 1884. Consultable sur la bibliothèque numérique de Rennes 2 [archive]

(br) Pierre-Jean Nédélec, « Sant Klêr, Kenta Eskob Naoned », Kroaz Breiz, n°28-29, 1950, p. 2.

 

 

Hippolyte Flandrin

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Jean Hippolyte Flandrin, dit Hippolyte Flandrin, né à Lyon le 23 mars 1809 et mort à Rome le 21 mars 1864, est un peintre français.

Il est le frère d’Auguste Flandrin (1804-1842) et de Paul Flandrin (1811-1902), également peintres. Il épouse Aimée-Caroline Ancelot (1822-1882) en 1843, dont naîtra Paul Hippolyte Flandrin (1856-1921), peintre d’art sacré, portraitiste et décorateur.

 

Biographie

Hippolyte Flandrin est l’élève de Jean-Auguste-Dominique Ingres. Son travail est représentatif du mouvement néo-classique. Après avoir obtenu le premier grand prix de Rome de peinture en 1832, il part pour la villa Médicis à Rome, en compagnie de Claudius Lavergne (1815-1887). Il pratique d’abord la peinture d’histoire, avant de se tourner vers la peinture religieuse, dont il est avec Alphonse Le Hénaff un des rénovateurs de ce siècle.

Son Jeune homme nu assis au bord de la mer (Paris, musée du Louvre) peint à Rome en 1836, est une de ses œuvres les plus réputées.

Il exécute les peintures murales des églises Saint-Séverin, Saint-Germain-des-Prés et Saint-Vincent-de-Paul à Paris.

En 1853, Flandrin est élu membre de l’Académie des beaux-arts. Le 4 avril 1856 il assiste à la fondation de l’Œuvre des Écoles d’Orient plus connue actuellement sous le nom de L’Œuvre d’Orient ; il fut membre de son 1er conseil général du 25 avril 1856.

En 1863, sa santé déclinante le pousse à retourner en Italie, où il meurt de la variole. Il est inhumé à Paris au cimetière du Père-Lachaise (57e division).

Réception critique

« Hippolyte Flandrin complétait Monsieur Ingres ; il était son côté spiritualiste, le transformateur de l’idée païenne de l’enseignement du maître en idée chrétienne : plus préoccupé de l’idéalisation de la pensée que de celle de la forme même, plus amoureux du sens que de la lettre, plus saisi par le sentiment psychologique que par le sens matériel, adonné à ces vagues aspirations mystiques des âmes religieuses qui trouvent les lois de leur esthétique dans les plus profonds et les plus secrets abîmes de leurs croyances. »

— Charles Lahure, Histoire populaire contemporaine de la France, t. IV, Paris, Hachette, 1866, p. 412.

Œuvres dans les collections publiques

Madame Hippolyte Flandrin (1846), son épouse Aimée-Caroline Ancelot. Paris, musée du Louvre.

Évreux, musée d’Évreux : Étude de personnages, graphite avec rehauts d’aquarelle blanche sur papier vélin ;

Grenoble, musée de Grenoble : Mme Bordier mère, 1852, huile sur toile ;

Lisieux, musée d’Art et d’Histoire : Le Christ et les petits enfants, 1839, huile sur toile ;

Lyon :

musée des Beaux-Arts :

Jeune Berger assis, 1834, huile sur toile ;

Dante et Virgile aux Enfers, 1835, huile sur toile ;

Pietà, 1842, huile sur toile ;

Portrait de Madame Édouard Brame, 1861, huile sur toile ;

Autoportrait à la casquette, huile sur toile ;

Autoportrait au chevalet, vers 1860, huile sur toile ;

Portrait de Madame Oudiné, huile sur toile ;

Georges Brölemann, huile sur toile ;

Madame Georges Brölemann, huile sur toile ;

basilique Saint-Martin d’Ainay : décoration de l’abside de Saint-Martin d’Ainay et de l’absidiole de saint Badulphe ;

Montauban, musée Ingres-Bourdelle :

Euripide écrivant ses tragédies, huile sur toile ;

La Comtesse de Goyon, 1853, huile sur toile ;

Nantes :

cathédrale Saint-Pierre-et-Saint-Paul : Saint Clair guérissant les aveugles, 1836, huile sur toile, 300 × 140 cm, détruite lors de l’incendie du 18 juillet 2020 ; une copie (34,5 × 19 cm) par son frère Paul Flandrin est conservée à Paris au musée du Louvre ;

musée des Beaux-Arts :

La Florentine, vers 1840, huile sur toile ;

Double autoportrait, 1842, huile sur toile ;

La Rêverie, 1846, huile sur toile ;

Nîmes, église Saint-Paul : peinture murale, 1848 ;

Paris :

abbaye de Saint-Germain-des-Prés : peinture murale, 1842-1864, achevé à sa mort par son frère Paul Flandrin ;

École nationale supérieure des beaux-arts : Thésée reconnu par son père, 1832, huile sur toile ;

église Saint-Séverin, chapelle Saint-Jean, La Cène, peinture murale, 1841 ;

église Saint-Vincent-de-Paul : peinture murale, 1848-1853 ;

musée du Louvre :

Jeune homme nu assis au bord de la mer, 1836, huile sur toile ;

Madame Hippolythe Flandrin, 1846, huile sur toile ;

musée d’Orsay :

La Force, 1854, huile sur toile ;

La Justice, 1856, huile sur toile ;

Joseph-Charles-Paul, prince Napoléon, 1860, huile sur toile ;

Saint-Étienne :

église Saint-Louis (ancien couvent des Minimes) Vitraux du chœur, 1928 à 1931, en collaboration avec Victor Orsel et Gabriel Tyr ;

musée d’Art et d’Industrie : Polytès, fils de Priam, observant les mouvements des Grecs à l’approche de Troie, 1833-1834, huile sur toile ;

Saint-Martory, église Mater Dolorosa ;

Versailles, musée de l’Histoire de France : Napoléon III, 1862, huile sur toile ;

Villeneuve-sur-Lot, musée de Gajac : La Comtesse Maison, 1852, huile sur toile.

Œuvres d’Hippolyte Flandrin

Polytès, fils de Priam, observant les mouvements des Grecs (1833-1834), musée d’Art et d’Industrie de Saint-Étienne.

Jeune homme nu assis au bord de la mer (1836), Paris, musée du Louvre.

La Florentine (1840), musée des Beaux-Arts de Nantes.

Portrait de la comtesse de Goyon (1853), Montauban, musée Ingres-Bourdelle.

Joseph Charles Paul Bonaparte (1860), Paris, musée d’Orsay.

 

Élèves

Antoinette Cliquot.

Pierre-Désiré Guillemet.

Émile Hirsch.

Louis Lamothe, vers 1839.

James Tissot, de 1856 à 1859.

 

 

Paul Flandrin

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Double autoportrait avec Hippolyte Flandrin

Paul Jean Flandrin, dit Paul Flandrin, né à Lyon le 28 mai 1811 et mort à Paris le 8 mars 1902, est un peintre français.

Il est le frère cadet des peintres Auguste Flandrin et Hippolyte Flandrin.

 

Biographie

Paul Flandrin reçoit d’abord les conseils du peintre paysagiste et animalier lyonnais Antoine Duclaux, ainsi que du sculpteur Jean-François Legendre-Héral, avant d’intégrer l’École des beaux-arts de Lyon, puis celle de Paris et l’atelier de Jean-Auguste-Dominique Ingres.

Il échoue à deux reprises au concours du prix de Rome mais rejoint néanmoins à ses frais son frère Hippolyte, lauréat de cette épreuve, en Italie. Ils demeurent quatre années à Rome, durant lesquelles Paul se spécialise dans la peinture de paysage. Il réalise des études d’après nature qui lui servent à entreprendre des compositions historiques qu’il présente aux Salons parisiens. Il collabore également régulièrement aux paysages des tableaux de son frère aîné.

Flandrin perpétue jusque tard dans le xixe siècle cette tradition du paysage classique dont il est l’un des meilleurs représentants, aux côtés d’Édouard Bertin ou de son beau-père Alexandre Desgoffe. Il allie celle-ci à un sens de la ligne et de l’idéal hérité des leçons de son maître Ingres. Charles Baudelaire l’accuse ainsi de vouloir « ingriser » le paysage, critique qui lui sera longtemps associée. L’artiste évolue néanmoins dans son travail vers un naturalisme plus présent dans la seconde partie de sa carrière.

Paul Flandrin est également l’auteur de portraits peints et dessinés, ainsi que de caricatures.

Il épouse Aline Desgoffe (née vers 1835), en 1852, fille du peintre Alexandre Desgoffe (1805-1882), qui lui donnera un fils : Joseph Flandrin (1857-1939), architecte, père de l’artiste peintre Marthe Flandrin (1904-1987).

Il repose à Paris au cimetière du Père-Lachaise.

Collections publiques

Bordeaux, musée des Beaux-Arts : Paysage de Rome. Vue de l’aqueduc de la villa Borghèse, 1874.

Dijon, musée des Beaux-Arts : Paysage. Souvenir de Provence, 1874, huile sur toile, 90 × 118 cm.

Langres, musée d’Art et d’Histoire Gorges de l’Atlas, vers 1844-1845.

Lyon, musée des Beaux-Arts :

Les Pénitents de la mort dans la campagne de Rome, 1840 ;

Les Bords du Rhône à Givors, 1855.

Montpellier, musée Fabre : Environs de Vienne.

Montauban, musée Ingres-Bourdelle : Les Bords du gardon 1850, exposé au Salon de 1859.

Nîmes, musée des Beaux-Arts : Paysage.

Paris :

église Saint-Germain-des-Prés.

église Saint-Séverin, chapelle des Fonts-Baptismaux : La Prédication de saint Jean-Baptiste

musée du Louvre :

Paysage, les adieux d’un proscrit à sa famille ou Montagnes de la Sabine, 1838 ;

Solitude, 1857.

palais de la Légion d’honneur : La Maison d’éducation de Saint-Denis, vue prise du parc.

Roanne, musée des Beaux-Arts et d’Archéologie Joseph-Déchelette : La Vue du campo Vaccino, 1839.

Œuvres de Paul Flandrin

Le Palais impérial sur le mont Palatin, Rome (1834), Art Institute of Chicago.

Les Gorges de l’Atlas (vers 1844-1845), Langres, musée d’Art et d’Histoire.

Les Bords du Gardon (1850), Montauban, musée Ingres-Bourdelle.

Paysage de Rome. Vue de l’aqueduc de la villa Borghèse (1874), musée des Beaux-Arts de Bordeaux.

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CATHEDRALE DE NANTES (Loire-Atlantique), CATHEDRALE SAINT-PIERRE-ET SAINT-PAUL, CATHEDRALES, EGLISE - CHAPELLE, EGLISE CATHOLIQUE, MONUMENTS HISTORIQUES, NANTES (Loire-Atlantique)

Cathédrale Saint-Pierre-et-Saint-Paul de Nantes

cathédrale Saint-Pierre-et-Saint-Paul de Nantes

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La cathédrale Saint-Pierre-et-Saint-Paul (appelée aussi localement « cathédrale Saint-Pierre ») est une cathédrale catholique située place Saint-Pierre, à Nantes (Loire-Atlantique). C’est la cathédrale du diocèse de Nantes, siège de l’évêque de Nantes. Sa construction s’est étalée sur 457 ans, de 1434 à 1891, mais ces délais n’altèrent en rien la qualité ni la cohérence de son style gothique. Elle est classée monument historique depuis 1862.

Actuellement, le siège épiscopal est vacant. Dans l’attente de la nomination d’un nouvel évêque par le Saint-Siège, le diocèse est régi par un ecclésiastique qui porte le titre d’administrateur apostolique.

La cathédrale est touchée par les bombardements de Nantes, une bombe en 1944 atteint la sacristie de la cathédrale et endommage considérablement l’abside et trois chapelles. Durant les travaux de restauration, un incendie se déclare le 28 janvier 1972, et détruit la plus grande partie de la toiture. La restauration de l’édifice dure jusqu’en 1985. Un nouvel incendie détruit l’orgue, la verrière du XVe siècle de la façade Ouest et divers éléments du mobilier, le 18 juillet 2020.

 

Histoire

Les édifices antérieurs

Le site aurait été initialement occupé par un temple druidique dédié à Janus ou « Bouljanus ».

Par la suite, trois édifices religieux chrétiens ont précédé l’actuelle cathédrale sur les mêmes lieux :

une basilique bâtie au ive siècle ;

une première cathédrale, bâtie au vie siècle ;

une deuxième cathédrale romane, bâtie au xie siècle.

L’édifice actuel est bâti à l’emplacement de cette dernière, en l’absorbant peu à peu.

Saint-Clair et la première église

Une tradition légendaire fait remonter au iiie siècle l’arrivée de saint Clair, premier évêque de la ville, venu de Rome en possession d’un clou qu’il affirme provenir de la croix qui supporta le martyre de saint Pierre. Il aurait fait édifier une chapelle pour abriter la relique qu’il dédie à saint Pierre et saint Paul. Historiquement, on trouve effectivement trace d’un oratoire à l’ouest de la ville, sur les coteaux de Saint-Similien

Mais c’est au ive siècle qu’une première véritable église est implantée, cette fois à l’est, là où les futurs bâtiments de la cathédrale se succèderont. Cet édifice est implanté près de l’enceinte gallo-romaine, et ce choix va en conditionner le développement ultérieur : le chevet de l’église étant très proche des remparts, l’extension de la future cathédrale a été par la suite en butte à ce problème. Sous cette basilique sont creusées trois petites cryptes. Elle durera jusqu’au vie siècle, où le besoin d’accueillir des fidèles plus nombreux poussera à l’établissement d’une première véritable cathédrale.

 

La première cathédrale

Église Saint-Jean-du-Baptistère

La cathédrale diffère de l’église paroissiale nommée « Saint-Jean-du-Baptistère » édifiée au ive ou ve siècle sur son côté nord, et dont les vestiges furent mis au jour lors des fouilles menées par le chanoine Durville, entre 1910 et 1913. Cette église, qui était aussi le siège du doyenné de la « chrétienté », c’est-à-dire de la partie du diocèse qui s’étendait entre la Loire, le diocèse d’Angers et le cours de l’Erdre, se composait d’une nef coupée par un transept débordant, sans abside, mais était de dimension suffisante pour recevoir durant le xe siècle « tout le peuple chrétien de la cité ».

Comme son nom l’indique, l’édifice renfermait un baptistère et, de fait, deux piscines baptismales ont été retrouvées dans la nef. L’une de ces piscines, datant du ive siècle, formait un bassin octogonal de côtés inégaux de 0,60 à 0,71 mètre de longueur, pour un diamètre de 1,56 mètre et une profondeur d’environ 1 mètre. L’autre, du vie siècle, consistait en un bloc circulaire de maçonnerie d’un diamètre de 3,65 m pour 0,70 m de profondeur, dans lequel s’enfonçait une excavation octogonale, en briques, qui constituait, à proprement parler, la cuve baptismale.

Le chevet de l’église fut détruit, vers la fin du ixe siècle, tandis que la nef disparut avant la fin du xve siècle, entre 1469 et 1486, pour faire place au collatéral nord de la cathédrale.

La cathédrale

La construction de la première cathédrale débute au vie siècle, à l’initiative de l’évêque Evhemerius, Evhémérus ou Eumélius II (527-549). Elle est consacrée en 567 ou 568 ou même le 30 septembre 580 par son successeur, Félix Ier (550-582).

Cet édifice avait trois nefs, avec trois portiques correspondant en façade, et était surmonté d’une tour carrée surmontée d’une lanterne en forme de dôme. La cathédrale fait alors l’admiration de Venance Fortunat, évêque de Poitiers, qui la décrit en ces termes :

D’une hauteur élevée s’étend une triple nef
dédiée à Dieu, sous le vocable des Apôtres.
Autant parmi les saints leur gloire prédomine,
Autant dépasse les autres le faîte de cette église.
En son milieu se dresse en hauteur une tour élancée.
L’ouvrage d’abord carré s’élève en forme de rotonde.
On dirait une forteresse, soutenue par des arcs,
qui monte à une hauteur stupéfiante.
Elle domine l’édifice, comme le sommet d’une montagne.
Des figures de pourpre y représentent des êtres vivants :
Peintures qui semblent vivre par un effet de l’art
Quand le soleil mouvant vient les colorer à travers la toiture d’étain…

Fortunat évoque par ailleurs la lumière des toits « couverts de métal » ; les lambris intérieurs et le toit étaient couverts d’étain, issu probablement des mines proches de Piriac-sur-Mer et Pénestin

Outre les descriptions dithyrambiques d’observateurs (Fortunat, Albert le Grand), diverses fouilles aux xixe siècle et xxe siècle attestent également de la richesse et de la magnificence de l’église d’Evhémérus et de Félix, ce qui en fit sans doute une cible de choix pour les Normands au cours des ixe et xe siècles.

Ainsi le 24 juin 843, lors d’une invasion normande, l’évêque Gohard y est massacré avec ses paroissiens. L’évêque Fulquerius ou Foucher procède à une restauration et à un renforcement entre 897 et 906, mais en 919 l’église est à nouveau pillée lors d’un nouveau raid, et cette fois considérablement incendiée. Il faut attendre la fin du xe siècle pour que l’édifice soit reconstruit, à l’initiative du duc Guérec. De cette époque daterait le noyau de la crypte médiévale. Un ambitieux projet de reconstruction, probablement dû à l’évêque Benoît de Cornouaille entre 1079 et 1111, est abandonné après la construction de départs d’un bras sud du transept.

La cathédrale romane

Pour rebâtir la cathédrale, le choix est fait de ne pas détruire la crypte de Guérec. Celle-ci n’étant pas souterraine il faut alors surélever le sol pour établir le chœur. La nef, probablement dotée de collatéraux, aurait été couverte de trois coupoles faites de blocages, à l’image de la cathédrale du Puy. L’hypothèse généralement retenue établit la période de construction après 1130. Il n’y a pas de certitudes concernant l’aspect extérieur et les détails de cette cathédrale. À la fin du xiie siècle le chœur est modifié, étape la plus achevée de l’église romane. En 1415, un incendie entraîne la démolition d’une tour carrée, au xvie siècle puis au xviie siècle les ébauches du bras sud du transept sont supprimées, en 1733 le chœur roman est aplani, l’ensemble est détruit en 1876. De cette époque, il ne subsiste au xxie siècle que la crypte située sous le chœur, et quelques chapiteaux conservés au musée Dobrée. L’un des chapiteaux conservés au musée Dobrée présente un personnage barbu à deux paire d’yeux, vêtu d’un pagne. Il est entouré d’un sphynx à tête humaine et d’un dragon dont la queue se termine par une tête crachant du feu.

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Personnage barbu

 

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sphynx

 

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dragon

 

La cathédrale actuelle

Première phase de construction

La construction de l’édifice actuel est initialement conduite par Guillaume de Dammartin, dont les liens avec Guy de Dammartin ou Jean de Dammartin (architecte de la cathédrale de Tours) ne sont que suppositions, puis par Mathurin Rodier, sous l’impulsion du duc de Bretagne Jean V et de l’évêque Jean de Malestroit, qui posent la première pierre le 14 avril 1434.

Le milieu du xve siècle est en effet une période propice au lancement de tels projets, la Bretagne ayant retrouvé une prospérité commerciale suffisante grâce à une politique diplomatique opportuniste et habile qui lui permet de rester relativement à l’écart des déchirements européens de l’époque, notamment entre les royaumes de France et d’Angleterre.

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Blason du chapitre de la cathédrale de Nantes.

De plus, l’établissement d’une aussi imposante cathédrale, et l’implication qu’y met le pouvoir ducal, participent à la légitimation de ce pouvoir dans un contexte difficile à la suite des guerres de succession du duché de Bretagne. Nantes n’est pas la seule ville à bénéficier de cette volonté politique de Jean V : citons, par exemple, le chantier similaire de la façade de la cathédrale de Quimper, initié dix ans plus tôt en 1424.

Le portail central qui orne la façade est achevé en 1481, pour les grand-messes. Henri IV la franchira en 1598, lors de son passage à Nantes pour y signer l’Édit de Tolérance.

Si la façade est achevée dès la fin du xve siècle, les tours ne le sont qu’en 1508 ; la nef et les collatéraux le sont également au début du xvie siècle, mais la voûte gothique de la nef, le bras sud du transept et les arcs-boutants sont terminés au xviie siècle. Un projet d’achèvement du xviie siècle (dont il reste une maquette) envisageait d’ajouter un transept ainsi qu’un chevet court, adossé aux remparts.

Révolution et Empire

Sous la Révolution, la cathédrale est utilisée comme poste d’observation militaire lors du siège de Nantes en 1793. Une tour de bois de 10 mètres de hauteur est construite sur la tour sud, et la surveillance est assurée au moyen d’un télescope. Les décisions militaires sont prises en fonction des renseignements ainsi obtenus.

Dans cette période, elle est transformée en arsenal et en écurie, puis un arrêté départemental de 1794 la consacre officiellement à la célébration des fêtes publiques (ce à quoi doit également servir le grand-orgue)

La cathédrale est menacée de destruction en 1796, et il est envisagé de prolonger la « rue du Département » (devenue rue du Roi-Albert) en droite ligne jusqu’à la « rue Brutus » (rue Prémion) face au château. L’intervention, en tant qu’expert, de Mathurin-Julien Grolleau, évite la destruction de l’édifice. Il rédige un rapport où il stipule que la cession de l’église ne peut se faire qu’à la condition que le bâtiment ne subisse aucune modification de structure extérieure, et rappelle l’importance d’un observatoire aussi élevé à Nantes, qu’il aurait été coûteux de construire si la cathédrale était détruite.

Le 25 mai 1800, l’explosion d’une poudrière dans la tour des Espagnols du château des ducs de Bretagne entraîne d’importants dommages sur l’aile sud de la cathédrale.

Par la suite, l’observatoire est maintenu, pour les études astronomiques, et pour les besoins de l’école d’hydrographie, qui forme les officiers de marine aux nouvelles techniques de navigation. La tour en bois présente rapidement des signes de vétusté13, et, la cathédrale ayant retrouvé sa vocation religieuse, n’est pas située à un endroit adapté à un usage civil intensif. L’observatoire est déplacé en 1823 dans la tour de la « maison Graslin », rue Molière.

Achèvement

La démolition des murailles à l’est de la ville permit l’achèvement de la cathédrale au xixe siècle: le bras nord du transept et le chevet sont entrepris en 1840, le vieux chœur roman est abattu à partir de 1876 et l’ancienne tour de la croisée du transept en 1886. Après 457 années de travaux, la cathédrale est enfin inaugurée le 25 décembre 1891 par Mgr Le Coq.

Les lustres de la nef sont réalisés vers 1870 par François Evellin, et classés en 1994 au titre objet des Monuments historiques.

Restaurations et incendies

Bombardements de 1944 et incendie de 1972

Les violents bombardements du 15 juin 1944 conduisent également à des travaux de restauration de l’édifice qui sont presque achevés lorsque, le 28 janvier 1972, se déclenche dans les combles un gigantesque incendie (dû à la mauvaise manipulation d’un chalumeau par Clair Brevet, ouvrier couvreur soudant un chéneau) qui embrase la toiture. Les pompiers parviennent à maîtriser le sinistre, mais la charpente est largement détruite, et de nombreux autres dommages sont à déplorer. Les suites judiciaires qui seront données à cette affaire après huit ans de procédure concluront à la responsabilité de l’État (et non celle de l’entreprise nantaise Rineau Frères) qui sera finalement condamné à payer les dégâts. Les juges reprocheront en effet à l’État de ne pas avoir fait nettoyer la poussière (matière très inflammable) qui s’y était accumulée depuis des décennies avant d’y envoyer des ouvriers. Après cet incendie, les cathédrales Saint-Maurice d’Angers et Saint-Julien du Mans avaient été dépoussiérées.

Restaurations

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La façade restaurée de la cathédrale.

À la suite du sinistre accidentel de 1972, d’importants travaux de restauration sont entrepris. La charpente en bois d’origine est remplacée par une structure en béton (seuls les liteaux retenant les ardoises sont en bois). La technique et les matériaux utilisés pour la reconstruction de la charpente ont permis la réouverture du chœur de l’édifice dès 1975, lors d’un office solennel, mais il a fallu encore attendre dix ans pour la reconstruction d’un chœur provisoire et 2013 pour son achèvement définitif. Son aspect actuel est dû à une rénovation complète due aux architectes Jean-Marie Duthilleul et Bruno Ferré. Mgr Jean-Paul James, inaugure le nouveau chœur le 12 mai 2013.

On profite également des travaux pour reconstituer le décor de la façade ouest, telle que celle-ci se présentait à l’origine au xve siècle (cette opération prend fin en septembre 2008).

Il est envisagé d’effectuer après cette phase des travaux similaires, notamment sur la façade est de la tour sud, puis sur le portail du transept nord (côté Porte Saint-Pierre), et enfin sur le chevet.

Incendie de 2020

Un nouvel incendie se déclenche le 18 juillet 2020 vers 7 h 45, dont les flammes sont visibles à travers les vitraux principaux de la façade. Grâce à l’intervention de 104 pompiers, le feu est circonscrit vers 10 h du matin. Trois départs de feu ont été repérés, un au niveau de l’orgue et un de chaque côté de la nef. La piste d’un incendie criminel est évoquée par Pierre Sennès, procureur de la République de Nantes, qui confie une enquête en ce sens à la police judiciaire. Un premier bilan de l’incendie fait état de la destruction totale du grand orgue de tribune, datant du xviie siècle, d’un affaiblissement dangereux de la tribune qui le supporte et de la destruction probable des ultimes vitraux datant de la fin du xve siècle, contemporains d’Anne de Bretagne. Le tableau Saint Clair guérissant les aveugles d’Hippolyte Flandrin aurait aussi été réduit en cendres.

Une enquête pour incendie volontaire a été ouverte.

L’édifice

Architecture

La cathédrale présente les dimensions suivantes :

hauteur de l’édifice : 63 mètres (Notre-Dame de Paris : 69 mètres) ;

longueur intérieure : 103 mètres (Notre-Dame de Paris : 130 mètres) ;

hauteur de la nef sous voûtes : 37,5 mètres (Notre-Dame de Paris : 33 mètres).

La façade de la cathédrale de Nantes est encadrée de deux tours assez massives, au sommet en terrasse. Elle présente quelques particularités remarquables, comme la présence d’une chaire extérieure prévue pour prêcher aux foules assemblées sur la place, ou encore l’organisation en cinq portails aux voussures richement décorées, trois centraux et deux latéraux. Les portails sont respectivement dédiés, du nord au sud, aux Enfants nantais (les martyrs Donatien et Rogatien), à saint Pierre, au Jugement Dernier, à saint Paul et enfin à saint Yves ; les sculptures des voussures ont une fonction historiographique, en fonction du personnage auquel le portail est dédié.

Éléments remarquables

On peut y admirer le tombeau et les gisants du duc François II de Bretagne et de son épouse Marguerite de Foix (parents d’Anne de Bretagne) exécutés au début du xvie siècle par Michel Colombe et Jean Perréal. Considéré comme un chef-d’œuvre de la sculpture française, il établit un lien entre les époques (du Moyen Âge vers la Renaissance) et les régions (le style italien côtoie et s’unit harmonieusement au style français). Ce tombeau de marbre, que Michel Colombe a mis cinq ans à réaliser (1502-1507), est décoré des douze apôtres et de quatre femmes, figures allégoriques des vertus cardinales de force, prudence, tempérance et justice. Il est installé dans la cathédrale en 1817.

L’édifice abrite également le cénotaphe du général de Lamoricière, monument érigé en 1878 en hommage papal aux services rendus par cet enfant du pays nantais.

Tableaux

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Saint Clair guérissant les aveugles. Hippolyte Flandrin

Saint Clair, premier évêque de Nantes, guérissant les aveugles par Hippolyte Flandrin en la cathédrale Saint-Pierre et Saint-Paul de Nantes.

La cathédrale compte plusieurs tableaux :

Descente de Croix d’André Mineaux (1956).

Série de saintes et de saints de Joachim Sotta, xixe siècle.

Saint Clair guérissant les aveugles d’Hippolyte Flandrin. Ce tableau a été détruit lors de l’incendie du 18 juillet 2020.

Christ en croix, atelier de Charles de La Fosse ?

La Remise des clefs à saint Pierre de Charles Errard dit l’ancien.

L’Adoration des Mages de Mathurin Bonnecamp, dans la sacristie.

Saint Charles Borromée communiant les pestiférés de Milan, de Jean-Baptiste-François Désoria.

Saint Clair rendant la vue à un aveugle, de Jean-Baptiste Mauzaisse.

La Crucifixion avec la Vierge et saint Jean, d’Édouard Hauser.

La Vierge aux anges, de Charles Doussault.

L’Ensevelissement de la Vierge, de Charles-Auguste Van den Berghe.

Le Martyre de saint Donatien et saint Rogatien, de Théophile-Auguste Vauchelet.

La Descente de Croix, d’Étienne-Barthélémy Garnier.

Ex-voto, Vincent Vidal.

La Communion des apôtres, Jules-Élie Delaunay.

La Tempête apaisée, François Donné.

Saint Jean-Baptiste, François Lemoyne.

Vitraux

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Anne de Bretagne (XVè siècle)
Vitrail de la façade de la cathédrale de Nantes Certainement détruit dans l’incendie
Photo : Selbymay (CC BY-SA 4.0)

La création des 500 m2 de vitraux modernes (1978-1988) est confiée à Jean Le Moal, ainsi qu’à Anne Le Chevallier.

Cénotaphes

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Tombeau de François II de Bretagne.

 

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Gisant de François II de Bretagne.

 

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La Prudence.

 

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Cénotaphe du général de Lamoricière.

 

Événements

C’est devant la cathédrale, place Saint-Pierre, que Nicolas Fouquet   est arrêté par d’Artagnan le 5 septembre 1661 sur ordre de Louis XIV.

Cryptes

La cathédrale comporte deux cryptes :

une crypte romane du xie siècle datant de l’époque de la deuxième cathédrale. Elle est formée d’un martyrium rectangulaire s’achevant en abside entourée d’un couloir déambulatoire qui s’achève en cul-de sac. Au centre du martyrium, quatre épaisses colonnes romanes à chapiteaux et imposte portaient la voûte qui retombait sur les colonnes engagées dans le mur. Le chœur de la cathédrale romane étant surélevé par rapport au reste de l’édifice, la voûte romane a été détruite pour aplanir le sol pendant la construction du chœur néo-gothique et remplacée par le plafond plat actuel. Le long de l’abside, le sol est creusé d’un couloir auquel on accède par un escalier à chaque extrémité. Le couloir-déambulatoire à colonnes engagées permettait de voir les reliques exposées dans le martyrium par les trois fenestrellae percée dans le mur épais. Des objets de culte y sont exposés : ciboires, calices, encensoirs. On peut y voir la crosse de Mgr Fournier, évêque de Nantes de 1870 à 1877, réalisée par François Evellin en 1870, et classée en 1982 au titre objet des monuments historiques.

Plus bas, la vaste crypte du xixe siècle fut créée pour soutenir le nouveau chœur. Quatre salles qui y sont ouvertes retracent l’histoire de la cathédrale.

Cloches

La cathédrale contient une sonnerie de 8 cloches de volée électrique en lancé-franc et en super-lancé, situées dans la tour sud :

Cloche 1 : Jeanne Antoinette ; 2,04 m de diamètre ; 5650 kg ; fondue en 1842 (ou 1843) par Bollée Frères (Le Mans) ; FA#2

Cloche 2 : Françoise Thérèse ; 1,83 m de diamètre ; 4010 kg ; fondue en 1841 par Guillaume-Besson (Angers) ; SOL#2

Cloche 3 : Joséphine ; 1,61 m de diamètre ; 2945 kg ; fondue en 1842 (ou 1843) par Bollée Frères (Le Mans) ; LA#2

Cloche 4 : Julie Félicité ; 1,57 m de diamètre ; 2431 kg ; fondue en 1841 par Guillaume-Besson (Angers) ; SI2

Cloche 5 : Marie Françoise ; 1,39 m de diamètre ; 1675 kg ; fondue en 1841 par Guillaume-Besson (Angers) ; DO#3

Cloche 6 : Perrine Marie ; 1,24 m de diamètre ; 1200 kg ; fondue en 1841 par Guillaume-Besson (Angers) ; RÉ#3

Cloche 7 : Émilie ; 1,11 m de diamètre ; 870 kg ; fondue en 1841 par Guillaume-Besson (Angers) ; FA3

Cloche 8 : Louise ; 1,03 m de diamètre ; 690 kg ; fondue en 1841 par Guillaume-Besson (Angers) ; FA#3

Dans une des baies de la tour sud (côté ouest) est suspendue un carillon d’Horloge de 12 cloches fixes, fondues en 1843 par Bollée Frères (Le Mans), d’un poids total de 1209 KG et donnant les notes suivantes : SOL#3 – LA#3 – SI3 – DO#4 – RÉ#4 – FA4 – FA#4 – SOL#4 – LA#4 – SI4 – DO5 – DO#5

Outre cet ensemble campanaire de 20 cloches, la cathédrale contient également une cloche (actuellement déposée) :

 

Donatienne ; 0,65 M de diamètre ; ? KG ; fondue en 1829 par SARRAZIN (Nantes) ; DO#4

Orgues

Les grandes orgues

280px-NantesCathédraleOrgues_02

Les documents témoignent de la présence d’un orgue dans la cathédrale dès le xve siècle, époque à laquelle l’édifice est érigé. L’orgue à l’origine de l’instrument actuel est l’œuvre de Jacques Girardet pour la partie centrale et le positif, et date de 1619. Les parties latérales sont dues au facteur Adrien Lépine au siècle suivant (1768), puis c’est François-Henri Clicquot, facteur du Roi, qui refait cet orgue à neuf en 1784. Il est alors doté de 49 jeux, répartis sur 5 claviers manuels et un pédalier.

À la Révolution française, l’organiste Denis Joubert sauve l’orgue neuf de la vente ou de la destruction en le faisant participer aux fêtes révolutionnaires qui se déroulent à la cathédrale. En 1833, le Chapitre confie à Geiger, facteur de Nantes, le soin de relever le grand orgue. Mais le travail reste incomplet, avant d’être achevé en 1893.

Le 15 juin 1944, l’orgue subit des dégâts à la suite d’un violent bombardement sur Nantes. Un dommage de guerre affecté à l’instrument permet d’envisager une restauration. La manufacture Beuchet-Debierre, de Nantes, s’occupa du chantier et l’inauguration du nouvel instrument a lieu le 21 novembre 1971. Le nombre de jeux est alors porté à 74.

Lors de l’incendie qui se produit en 1972, Joseph Beuchet, alors à la tête de la manufacture, et ses ouvriers risquent leur vie pour bâcher l’instrument afin d’éviter des dégâts trop importants : cette opération permit d’abriter l’instrument de l’eau des pompiers qui, si elle s’était introduite dans les tuyaux, aurait rendu l’orgue hors d’usage. Des travaux doivent néanmoins être réalisés à la suite de cet incendie.

Les titulaires de cet orgue sont actuellement Michel Bourcier, Mickaël Durand et Marie-Thérèse Jehan. Félix Moreau (1922-2019) en a été titulaire de 1954 à 2013, puis titulaire honoraire jusqu’à son décès survenu le 24 février 2019.

La composition du grand orgue, avant sa destruction, était la suivante :

I. Grand-Orgue
C–c6
61 notes
II. Positif
C–c6
61 notes
III. Récit
C–c6
61 notes
IV. Bombarde
C-c6
61 notes
Pédale
C-g3
32 notes
Montre 16
Bourdon 16
Montre 8
Flûte harmonique 8
Principal 8
Diapason 8
Bourdon 8
Grosse Quinte 5 1/3
Prestant 4
Flûte 4
Grosse Tierce 3 1/5
Quinte Flûte 2 2/3
Quarte 2
Doublette 2
Tierce 1 3/5
Grosse Fourniture 2 à 4 rgs
Fourniture 4 rgs
Cymbale 4 rgs
Cornet (dessus)
1ère Trompette 8
2ème Trompette 8
Clairon 4
Montre 8
Salicional 8
Bourdon 8
Prestant 4
Flûte douce 4
Nasard 2 2/3
Doublette 2
Tierce 1 3/5
Larigot 1 1/3
Piccolo 1
Fourniture 4 rgs
Cornet (dessus)
Trompette 8
Clairon 4
Cromorne 8
Quintaton 16
Principal 8
Flûte 8
Bourdon 8
Gambe 8
Voix céleste 8
Prestant 4
Flûte 4
Doublette 2
Nasard 2 2/3
Quarte 2
Tierce 1 3/5
Doublette 2
Plein Jeu 4 rgs
Cymbale 4 rgs
Bombarde acoustique 16
Trompette 8
Clairon 4
Hautbois 8
Voix humaine (tremblant) 8
Violoncelle 8
Cornet (dessus)
Bombarde 16
Trompette 8
Clairon 4
Hautbois
Soubasse 32
Soubasse 16 (par extension)
Basse 8 (par extension)
Flûte 16
Flûte 8
Flûte 4
Principal 16
Principal 8
Principal 4
Principal 2
Doublette 2
Plein Jeu 4 rgs
Bombarde acoustique 32
Bombarde 16
Trompette 8
Clairon 4

Commandes aux pieds :

Accouplements II/I, III/I, IV/I, III/II, IV/II, IV/III,

Tirasses I, II, III, IV,

Tutti/Renvoi Pédale,

Tutti Anches, Appels Anches Pédale, Anches I, Anches II, Anches III, Anches IV,

+/-, Crescendo (programmable), Plénum, Tutti général, Trémolo III

Expression par bascule (récit).

Commandes digitales :

Tirasses I, II, III, IV,

Accouplements II/I, III/I, IV/I, III/II, IV/II, IV/III,

Tutti Pédale, I, II, III, IV,

Tutti général, Mutations, Anches,

Mixtures Pédale, I, II, III, IV,

Anches Pédale, Anches I, Anches II, Anches III, Anches IV,

Combinateur (depuis 2006).

La traction des jeux et des notes est électropneumatique, la console en fenêtre.

 

Les grandes orgues

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Détail

 

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Vue de la tribune

 

L’orgue de chœur

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Les cérémonies ordinaires sont généralement accompagnées par l’orgue de chœur, aussi appelé « petit orgue », qui n’en est pas moins le plus grand orgue d’accompagnement de France. Achevé par Louis Debierre en 1897, il est doté de 31 jeux. Également endommagé par les bombardements de 1944 puis par l’incendie de 1972, il est restauré puis rendu à ses fonctions en 1985. La partie instrumentale de l’orgue est classée au titre des monuments historiques depuis le 2 décembre 1987. La composition en est la suivante :

I. Grand-Orgue
C–g5
56 notes
II. Positif
C–g5
56 notes
III. Récit
C–g5
56 notes
Pédale
C-f3
30 notes
Bourdon 16
Montre 8
Bourdon 8
Flûte harmonique 8
Montre douce 4
Plein-jeu IV
Trompette 8
Salicional 8
Bourdon 8
Prestant 4
Doublette 2
Cornet II-V
Fourniture IV
Trompette 8
Clairon 4
Flûte traversière 8
Cor de nuit 8
Gambe 8
Voix céleste 8
Flûte octaviante 4
Octavin 2
Trompette 8
Basson-hautbois 8
Cromorne 8
Clairon 4
Contrebasse 16
Soubasse 16
Dolce 8
Basse 8
Flûte 4
Bombarde 16

Combinaisons par cuillères :

Appel grand orgue

Tutti tirasses

Tutti copulas

Tutti quanti

Fonds de 8

Fonds de 8 et 4

Fonds de 16, 8 et 4

Fonds et mixtures

Anches récit

Anches positif et grand orgue

Expression récit par bascule

Octave aigüe

Combinaisons

Combinaisons par tirettes dans les bras de claviers :

Tirasse grand orgue

Tirasse positif

Tirasse récit

Copula récit / grand orgue

Copula récit / positif

Copula positif / grand orgue

Trémolo récit

Traction électrique.

Orgue détruit par un incendie potentiellement criminel le 18 juillet 2020

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Cinéma

La cathédrale de Nantes apparaît dans plusieurs scènes du film Une chambre en ville de Jacques Demy, réalisé en 1982, ainsi que dans le film Cessez-le-feu d’Emmanuel Courcol, sorti en 2017

 

Galeries

Vues extérieures

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De nuit.

 

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Détails de la façade occidentale en 2008, après restauration.

 

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Vue de la façade de la cathédrale en HDR.

 

Détails

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Saint Pierre trônant au milieu du portail restauré.

 

Tympan sud.

Vues intérieures

 

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Le chœur.

 

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Chapelle dédiée à la bienheureuse Françoise d’Amboise.

 

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Orgue au-dessus de l’entrée principale, tribune, buffet et candélabre après restauration.

 

800px-Cathédrale_de_Nantes_-_clé_de_voûte_travée_sud

Clé de voûte de la travée sud.

 

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Plaque commémorative aux combattants de l’Empire britannique morts en 1914-1918.

 

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La nef

 

 

Bibliographie

Charles Marionneau, Peintures de la cathédrale Saint-Pierre de Nantes et tableau d’autel par Charles Errard. 1618-1622, dans Réunion des sociétés des beaux-arts des départements à la Sorbonne du 15 au 19 avril 1884, typographie E. Plon, Paris, 1884, p. 156-163

Martine Bey et Louis Grodecki (dir.), Les vitraux du Centre et des Pays de la Loire, Corpus vitrearum : Recensement des vitraux anciens de la France, vol. 2, Paris, Éditions du Centre national de la recherche scientifique, 1981, 335 p. . 281.

Marie-Christine Bocquet, La cathédrale de Nantes, Patrimoine des Têtes en l’air, 2010.

Eusèbe Girault de Saint-Fargeau, Histoire Nationale et Dictionnaire Géographique de toutes les communes du département de la Loire-Inférieure, Paris, Nantes, Baudouin Frères, 1829, 147 p.

Jean-Marie Guillouët, Les Portails de la cathédrale de Nantes : un grand programme sculpté du xve siècle et son public, Rennes, Presses universitaires de Rennes, coll. « Art et société », 2003, 303 p.

Jean-Paul James (dir.), Jean Bouteiller, Hervé Chouinard, Marcel Launay et Michel Leroy (directeurs scientifiques) et al.Nantes, Strasbourg/Paris, La Nuée Bleue/DNA, coll. « La Grâce d’une Cathédrale », 2013, 393 p.

Jean-Michel Leniaud, Gilles Bienvenu, Pierre Curie, Véronique Daboust, Dominique Eraud, Catherine Gros, François-Charles James, Odette Riffet et al. (photogr. Patrice Giraud, Denis Pillet), Nantes, la cathédrale : Loire-Atlantique, Nantes, Inventaire général des monuments et des richesses artistiques de la France ; commission régionale Pays de la Loire, coll. « Images du patrimoine » (no 100), 1991, 64 p.

Martial Monteil, « Les édifices des premiers temps chrétiens (ive – viie siècle de notre ère) à Nantes », dans Hélène Rousteau-Chambon (dir.) et al.Nantes religieuse, de l’Antiquité chrétienne à nos jours : actes du colloque organisé à l’université de Nantes (19-20 octobre 2006), Département d’histoire et d’archéologie de l’université de Nantes, coll. « Bulletin de la Société archéologique et historique de Nantes et de la Loire-Atlantique » (no hors série), 2008, 268 p. p. 29-38.

Félix Moreau, Le Grand-Orgue de la Cathédrale de Nantes, Nantes, brochure auto-éditée, 2005, 81 p.

Jean-Baptiste Russon et Donatien Duret, La Cathédrale de Nantes, Savenay, Roumegoux, 1933, 145 p.

Olivier Sauzereau (préf. Jacques Gapaillard), Nantes au temps des observatoires, Nantes, Coiffard éditions, 2000, 120 p. .

Pierre Curie, « Les peintures de la cathédrale Saint-Pierre de Nantes », In Situ revue des patrimoines, no 26,‎ 2015

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DIOCESE D'AVIGNON, EGLISE CATHOLIQUE, EPISCOPAT FRANÇAIS, Monseigneur Raymond Bouchex (1927-2010), RAYMOND BOUCHEX (1927-2010)

Monseigneur Raymond Bouchex

Monseigneur Raymond Bouchex (1927-2010)

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Raymond Bouchex, né le 25 janvier 1927 à Lugrin et mort le 9 mai 2010 à Avignon  fut archevêque d’Avignionn, d’Apt, Carpentras, Cavaillon, Orange et Vaison-la-Romaine de 1978 à 2002.

 

Repères biographiques

Ordonné prêtre le 3 juin 1950, il est nommé évêque auxiliaire d’Aix, Arles et Embrun le 23 février 1972 et est consacré évêque le 19 mars suivant par Mgr Jean-Baptiste Sauvage, évêque d’Annecy.

Il est nommé par le pape Paul VI archevêque d’Avignon, d’Apt, Carpentras, Cavaillon, Orange et Vaison-la-Romaine le 25 avril 1978. Il se retire le 21 juin 2002, ayant atteint l’âge de 75 ans.

Son épiscopat est marqué par la crise de l’Église dont l’archidiocèse d’Avignon subit de plein fouet les conséquences. Le taux des baptisés passe de 84,5% (334 000) en 1980 à 70% (350 000) en 2000 et le nombre de prêtres de 227 en 1980 à 162 en 2001. Le nombre de religieux est stable, mais les effectifs des religieuses s’effondrent (de 492 en 1980, elles passent à 257 en 2002). Les ordinations s’effondrent également, ainsi que la pratique dominicale.

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Publications

Mystère de la vie et mystère de l’Église, parole et silence 2004, 

Il est grand le mystère de la foi, parole et silence 2005, 

Que ta parole devienne en moi prière, parole et silence 2006, 

Il a habité parmi nous, parole et silence 2006, 

Il est avec nous tous les jours, parole et silence 2007, 

Marie au fil de l’année liturgique, parole et silence 2008, 

Vivre le carême, parole et silence 2008, 

Nous avons vu sa gloire, parole et silence 2009, 

A la découverte de Vatican II, parole et silence 2009, 

Vivre Vatican II, parole et silence 2010, 

ANCIEN TESTAMENT, EVANGILE SELON MATTHIEU, LETTRE DE SAINT PAUL AUX ROMAINS, LIVRE DE LA SAGESSE, NOUVEAU TESTAMENT, PSAUME 85

Dimanche 19 juillet 2020 : 6è dimanche du Temps Ordinaire : lectures et commentaires

Dimanche 19 juillet 2020 :

6ème dimanche du Temps Ordinaire

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Commentaires du dimanche 19 juillet

 

1ère lecture

Psaume

2ème lecture

Evangile

 

PREMIERE LECTURE – Livre de la Sagesse 12,13.16-19

13 Il n’y a pas d’autre dieu que toi,
qui prenne soin de toute chose :
tu montres ainsi que tes jugements ne sont pas injustes.
16 Ta force est à l’origine de ta justice,
et ta domination sur toute chose
te permet d’épargner toute chose.
17 Tu montres ta force
si l’on ne croit pas à la plénitude de ta puissance,
et ceux qui la bravent sciemment, tu les réprimes.
18 Mais toi qui disposes de la force,
tu juges avec indulgence,
tu nous gouvernes avec beaucoup de ménagement,
car tu n’as qu’à vouloir pour exercer ta puissance.
19 Par ton exemple tu as enseigné à ton peuple
que le juste doit être humain ;
à tes fils tu as donné une belle espérance :
après la faute tu accordes la conversion.

Le « Livre de la Sagesse » a été écrit en grec par un juif d’Alexandrie, donc sur le sol grec, dans les toutes dernières décades avant la venue du Christ ; pourtant, comme tous les auteurs bibliques, l’auteur de ce livre veut transmettre à ses lecteurs la foi juive reçue de la tradition des pères ; mais la difficulté réside dans le fait que ses lecteurs sont insérés dans la culture grecque, ou plutôt ils en sont imprégnés. Or dans le monde grec, ce qu’on admire le plus, c’est l’intelligence, et en particulier la philosophie ; le mot même « philosophie » veut dire « l’amour de la sagesse » : ce sont tous les efforts de l’intelligence humaine pour atteindre les secrets de la connaissance. Or pour les juifs il ne fait pas de doute que Dieu seul les connaît : l’auteur du livre biblique de la sagesse, je devrais dire le prédicateur, va donc dire haut et fort à ses contemporains que la vraie sagesse, les secrets de la connaissance, Dieu seul les possède. Il a compris déjà ce que Jésus dira quelques dizaines d’années plus tard, à savoir que les secrets de Dieu ne sont pas à la portée des sages et des savants mais des humbles. Je fais allusion ici à cette phrase de Jésus que nous avons entendue récemment dans l’évangile de Matthieu (c’était au quatorzième dimanche) : « Père, Seigneur du ciel et de la terre, je proclame ta louange : ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout-petits. » (Mt 11,25).
Dans le passage que nous lisons aujourd’hui, il médite sur deux thèmes majeurs de la foi juive : la puissance de Dieu et la bonté de Dieu ; je commence par cette dernière, car l’auteur y insiste particulièrement. Je reprends ses termes ; d’après lui, Dieu « prend soin de toute chose », il « épargne toute chose », il « juge avec indulgence », il « nous gouverne avec beaucoup de ménagement », et enfin « après la faute il accorde la conversion ». Dans toutes ces affirmations, nous reconnaissons bien les acquis de la foi juive au terme de l’histoire biblique.
En même temps, le Dieu d’Israël est tout-puissant, cela ne fait aucun doute : « Il n’y a pas d’autre dieu que toi, Seigneur »… « Il domine sur toute chose »… « Il dispose de la force »… « Il n’a qu’à vouloir pour exercer sa puissance ».
Mais ce qui est particulièrement intéressant dans le texte d’aujourd’hui, c’est que l’auteur fait un lien entre la bonté de Dieu et sa puissance : pour lui, c’est une évidence : si Dieu est aussi indulgent avec les hommes, c’est parce qu’il est tout-puissant : « Ta domination sur toute chose te permet d’épargner toute chose ».
Ici il compare la puissance de Dieu et la volonté de puissance des hommes ; parce qu’ils ne possèdent pas la force en eux-mêmes, les hommes éprouvent le besoin d’en faire étalage : le verset 17 peut aussi se traduire : « Il fait montre de sa force, celui dont le pouvoir est mis en doute » (ce qui est un fait d’expérience). Dans la vie courante, il nous arrive de rencontrer ce qu’on appelle des « petits chefs » : ils prennent des airs importants, précisément parce que leur pouvoir est limité. Dieu au contraire qui dispose de la puissance infinie ne montre que douceur et patience : Il montre sa force, l’homme dont la puissance est discutée… Toi, (Seigneur), qui disposes de la force, tu juges avec indulgence, tu nous gouvernes avec beaucoup de ménagement, car tu n’as qu’à vouloir pour exercer ta puissance. »
Cette découverte d’un Dieu à la fois tout-puissant et bon est un acquis magnifique de la religion juive et il a fallu des siècles de pédagogie de Dieu pour en arriver là ; ce regard sur Dieu ne nous est absolument pas spontané : il semble même que le mystère d’un Dieu d’amour soit irrémédiablement inaccessible à notre intelligence. « Vos pensées ne sont pas mes pensées et mes chemins ne sont pas vos chemins – oracle du SEIGNEUR. C’est que les cieux sont hauts par rapport à la terre ; ainsi mes chemins sont hauts, par rapport à vos chemins, et mes pensées par rapport à vos pensées. » (Is 55,8).
Mais grâce à la Révélation patiente de Dieu par l’intermédiaire de ses prophètes, indiscutablement, au long des siècles, le regard des croyants sur Dieu s’est peu à peu transformé : on a appris que Dieu est tendresse et douceur et pardon. Ici, par exemple, nous avons entendu : « Après la faute, tu accordes la conversion. » On a appris également que sa puissance n’est pas tapageuse, qu’elle est celle, invincible, mais discrète du véritable amour. C’est bien la même découverte qu’avait faite le grand prophète Elie à l’Horeb : le Dieu tout-puissant n’est pas dans l’ouragan ni dans le feu, ni dans le tremblement de terre, mais dans le murmure de la brise légère.
Et ce n’est pas fini : notre texte de ce dimanche va encore plus loin ; car toute découverte du mystère de Dieu entraîne des exigences nouvelles pour l’homme si celui-ci prend au sérieux sa ressemblance avec Dieu. Du coup, et c’est le deuxième aspect de la foi d’Israël, le regard sur l’homme change, et avec le regard, l’idéal humain change : si Dieu n’est qu’amour et tendresse et s’il nous a créés à son image, la conséquence ne se fait pas attendre : il nous faut abandonner peu à peu toute idée de violence et de puissance. On en a l’écho dans notre texte d’aujourd’hui : « Par ton exemple tu as enseigné à ton peuple que le juste doit être humain. »
Jésus, à son tour, s’inscrivait bien dans la même ligne quand il disait à ses disciples : « Les chefs des nations les dominent en maîtres et les grands les tiennent sous leur pouvoir et les grands sous leur domination. Il ne doit pas en être ainsi parmi vous. » (Mt 20,25-26). Pourquoi ? Parce que notre vocation est de ressembler chaque jour davantage à Celui qui « épargne toute chose. »
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Compléments
Pseudépigraphie
Les usages littéraires des temps bibliques n’étaient pas les nôtres : on n’hésitait pas à attribuer au grand roi Salomon, réputé pour son amour de la sagesse un livre écrit quelque 900 ans après sa mort par un auteur anonyme. Dans la Bible grecque, le livre dont nos lisons un extrait ce dimanche est intitulé « Livre de la Sagesse de Salomon » mais il ne doit rien au grand roi, sinon la reconnaissance que l’on doit à celui qui introduisit à la cour de Jérusalem ce souci de la recherche philosophique qu’il tenait probablement des Egyptiens. (L’une de ses épouses était une princesse égyptienne).
Les livres « deutérocanoniques »
Parce qu’il a été écrit tardivement, et en grec, à Alexandrie (en Egypte), le livre de la Sagesse fait partie des livres qu’on appelle « deutérocanoniques ».
Lorsqu’à la fin du premier siècle de notre ère, les Juifs ont souhaité fixer définitivement la liste des livres destinés à figurer dans la Bible, ils ont basé leur choix sur trois critères : le contenu du livre (sa conformité à la foi d’Israël), la langue de composition du livre (l’hébreu exclusivement) et le lieu de composition (la terre d’Israël exclusivement).
Le livre de la Sagesse (ainsi que quelques autres) ne répond pas aux deux derniers critères, puisqu’écrit en grec (et non en hébreu) à Alexandrie, en Egypte (et non sur la terre d’Israël). Il ne fait donc pas partie de la liste officielle hébraïque. En revanche, la communauté juive de langue grecque (qui comprenait toutes les communautés juives du bassin méditerranéen hors Israël) l’a inscrit dans sa liste en plus des livres reconnus dans la liste hébraïque. Ce sont les livres de cette seconde liste que l’on appelle « deutérocanoniques » (en grec « deutero » = deux ; « canon » = règle).
Liste des livres deutérocanoniques :
Esther (partie grecque) ; Judith ; Tobit ; 1 et 2 Maccabées ; Sagesse ; Siracide ; Baruch ; lettre de Jérémie.

 

PSAUME – 85 (86), 5-6, 9-10, 15-16a

5 Toi qui es bon et qui pardonnes,
plein d’amour pour tous ceux qui t’appellent,
6 écoute ma prière, Seigneur,
entends ma voix qui te supplie.

9 Toutes les nations que tu as faites
viendront se prosterner devant toi,
10 car tu es grand et tu fais des merveilles,
toi Dieu, le seul.

15 Toi, Seigneur, Dieu de tendresse et de pitié,
lent à la colère, plein d’amour et de vérité,
16 regarde vers moi,
prends pitié de moi.

La première lecture de ce dimanche est extraite du livre de la Sagesse : l’auteur s’émerveille à la fois de la grandeur et de la tendresse de Dieu ; et il dit que l’une explique l’autre : si Dieu est indulgent avec l’homme, c’est précisément parce qu’il est tout-puissant. « Toi, Seigneur, qui disposes de la force, tu juges avec indulgence… Ta domination sur toute chose te permet d’épargner toute chose. »
On retrouve bien ce double accent dans le psaume d’aujourd’hui : la première et la troisième strophes que nous avons entendues développent le thème de l’indulgence, la deuxième strophe dit la grandeur de Dieu. Je les reprends partiellement : première strophe sur l’indulgence de Dieu : « Toi qui es bon et qui pardonnes, plein d’amour pour ceux qui t’appellent », troisième strophe sur le même ton : « Toi, Seigneur, Dieu de tendresse et de pitié, lent à la colère, plein d’amour et de vérité » ; deuxième strophe sur la grandeur de Dieu : « Tu es grand et tu fais des merveilles, toi Dieu, le seul. »
Je les reprends maintenant une à une. Je commence par la troisième qui évoque d’emblée pour nous une phrase célèbre : « Toi, Seigneur, Dieu de tendresse et de pitié, lent à la colère, plein d’amour et de vérité, regarde vers moi, prends pitié de moi. » La première phrase de cette strophe est l’une des grandes révélations de Dieu à Moïse au Sinaï. Je vous la rappelle : « Le SEIGNEUR passa devant Moïse et proclama : Le SEIGNEUR, le SEIGNEUR, Dieu miséricordieux et bienveillant, lent à la colère, plein de fidélité et de loyauté. » (Ex 34,6). Or cette révélation de la miséricorde de Dieu intervenait au meilleur moment qui soit : c’était immédiatement après l’épisode du veau d’or ! Moïse est entré dans une grande colère et a jeté par terre les tables de la Loi que Dieu venait de lui donner. C’est donc le signe de l’Alliance qui était détruit par Moïse lui-même, après que l’Alliance elle-même ait été profanée par le peuple qui s’était fabriqué une idole, le veau en or.
Dieu, lui, ne renie pas l’Alliance pour autant, il dit à Moïse : taille deux nouvelles plaques de pierre qui seront les tables de la Loi. J’écrirai sur ces nouvelles tables les mêmes paroles que sur les premières tables. Voilà bien une preuve de sa miséricorde. Et c’est à ce moment précis qu’il dit à Moïse cette phrase : « Le SEIGNEUR, le SEIGNEUR, Dieu miséricordieux et bienveillant, lent à la colère, plein de fidélité et de loyauté. »
Et comment Moïse a-t-il réagi ? Il a pris Dieu au mot, si j’ose dire : « Aussitôt, Moïse s’agenouilla à terre et se prosterna. Et il dit : « Si vraiment j’ai trouvé grâce à tes yeux, ô Seigneur, que le SEIGNEUR marche au milieu de nous ; c’est un peuple à la nuque raide que celui-ci, mais tu pardonneras notre faute et notre péché, et tu feras de nous un peuple qui t’appartienne. »
L’auteur de notre psaume réagit exactement comme Moïse : il rappelle la miséricorde de Dieu et il le prend au mot, c’est-à-dire qu’il le supplie : « Toi, Seigneur, Dieu de tendresse et de pitié, lent à la colère, plein d’amour et de vérité, regarde vers moi, prends pitié de moi. » Au fond, dans toutes nos prières, nous faisons la même chose, nous prenons Dieu au mot. Nous nous souvenons de son projet de bonheur, de son dessein bienveillant pour l’humanité et nous le supplions de hâter son accomplissement. (voir la deuxième lecture de ce dimanche : Rm 8,26-27). Nous retrouvons exactement le même mouvement dans la première strophe que nous lisons aujourd’hui : le rappel de la miséricorde de Dieu précède et encourage la prière : « Toi qui es bon et qui pardonnes, plein d’amour pour ceux qui t’appellent, écoute ma prière, Seigneur, entends ma voix qui te supplie. »
Vous allez voir que le parallèle entre notre psaume et le livre de l’Exode continue : jusqu’ici nous avons lu dans le livre de l’Exode la révélation de Dieu et la réponse de Moïse. Dieu dit qu’il est miséricordieux et bienveillant et Moïse répond : « tu nous pardonneras » ; je lis maintenant la phrase suivante de Dieu : « je vais conclure une alliance. Devant tout ton peuple, je vais réaliser des merveilles, telles qu’il n’en fut créé nulle part sur la terre, ni dans aucune nation. » En écho la deuxième strophe de notre psaume chante : « Tu es grand et tu fais des merveilles, toi Dieu, le seul ». On peut penser que l’auteur du psaume connaissait bien le livre de l’Exode puisqu’il reprend exactement le même vocabulaire.
Mais l’autre verset de cette même strophe nous offre une nouveauté par rapport au livre de l’Exode : parce qu’il est probablement plus tardif, le psaume aborde un autre aspect de la foi juive : au cours de l’exil à Babylone, on a mieux pris conscience de l’universalisme du projet de Dieu et on a compris que toutes les nations sont appelées à le connaître. Or comment se convertiront-elles ? En découvrant l’oeuvre de Dieu en faveur de son peuple. C’est une découverte tardive mais magnifique de la foi juive. Le peuple juif ne prétend pas convertir les autres peuples, mais il réalise que l’oeuvre de Dieu en sa faveur devient le moyen de la conversion des autres peuples : s’ils ouvrent les yeux, ils sont amenés à reconnaître le Dieu d’Israël comme le sauveur et ils se tournent vers lui, condition nécessaire et suffisante pour être sauvés à leur tour.
Je vous lis cette strophe et je terminerai par elle : « Toutes les nations que tu as faites viendront se prosterner devant toi, car tu es grand et tu fais des merveilles, toi Dieu, le seul. »

 

DEUXIEME LECTURE – Lettre de saint Paul aux Romains 8, 26-27

Frères,
l’Esprit Saint vient au secours de notre faiblesse,
car nous ne savons pas prier comme il faut.
L’Esprit lui-même intercède pour nous
par des gémissements inexprimables.
Et Dieu, qui scrute les coeurs,
connaît les intentions de l’Esprit :
puisque c’est selon Dieu
que l’Esprit intercède pour les fidèles.

Vous avez entendu l’insistance de saint Paul sur le rôle de l’Esprit Saint ! Dans ce seul chapitre 8 de la lettre aux Romains, il le nomme 18 fois ! A l’entendre, notre vie de baptisés se déroule tout entière sous l’influence de l’Esprit Saint : si nous nous laissons faire, évidemment. Nous restons libres, nous ne le savons que trop bien. Mais Paul, rappelez-vous, a des formules très fortes. Par exemple, il a affirmé que « l’Esprit habite en nous » (8,9.11), (c’était il y a 15 jours pour le 14ème dimanche). La semaine dernière, pour le 15ème dimanche, il nous a parlé de ce grand projet de Dieu qui couvre toute l’histoire de l’humanité et qui ressemble à une naissance. Il nous disait : les douleurs de la mise au monde d’un nouveau-né ne sont pas rien, mais elles sont le prélude d’un grand bonheur. Je vous rappelle ce passage de la lettre de Paul : « J’estime qu’il n’y a pas de commune mesure entre les souffrances du temps présent et la gloire que Dieu va bientôt révéler en nous… Nous le savons bien, la création tout entière crie sa souffrance, elle passe par les douleurs d’un enfantement qui dure encore. »
Aujourd’hui, il nous parle de la prière : il nous dit que l’Esprit guide notre prière pour nous faire entrer dans ce fameux projet de Dieu. Le texte d’aujourd’hui est très court mais il met bien en valeur un rapprochement intéressant : d’une part, et c’est le dernier verset, « c’est selon Dieu que l’Esprit intercède pour les fidèles », dit Paul. Et, d’autre part, il « vient au secours de notre faiblesse, car nous ne savons pas prier comme il faut. » Si je comprends bien, « prier comme il faut », c’est entrer dans la volonté de Dieu, « vouloir ce que Dieu veut » ; c’est regarder le monde au sens large, mais aussi notre entourage proche avec le regard de Dieu ; c’est nous réjouir quand nous voyons des signes même petits de l’avancement du Royaume de Dieu, des progrès de fraternité, de partage, de solidarité, de respect. C’est refuser de baisser les bras devant les lenteurs des progrès de l’humanité, puisque l’Esprit souffle sans arrêt, même si cela n’apparaît pas toujours en pleine lumière. C’est donc continuer, quoi qu’il arrive, à désirer de toutes nos forces la croissance du projet de Dieu.
On pense aussitôt au Notre Père : « Que ton nom soit sanctifié, que ton règne vienne, que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel » Ces trois voeux que nous formons sont notre manière d’entrer dans les vues de Dieu. Nous comprenons du coup pourquoi nous ne savons pas prier comme il faut : comment saurions-nous nous hisser par nous-mêmes au niveau du projet de Dieu ? Il nous faut bien l’assistance de l’Esprit Saint pour éclairer notre prière. Au fond, c’est ce que Jésus lui-même avait promis à ses disciples le dernier soir : « Moi, je prierai le Père et il vous donnera un autre Défenseur qui sera pour toujours avec vous. » (Jn 14,15). Si je comprends bien, la prière commence peut-être tout simplement par appeler l’Esprit à notre secours. Car il connaît, lui, les secrets du projet de Dieu ; Paul le dit plus longuement dans la première lettre aux Corinthiens : « L’Esprit sonde tout, même les profondeurs de Dieu. Qui donc, parmi les hommes, connaît ce qui est dans l’homme, sinon l’esprit de l’homme qui est en lui ? De même, ce qui est en Dieu, personne ne le connaît, sinon l’Esprit de Dieu. Pour nous, nous n’avons pas reçu l’esprit du monde, mais l’Esprit qui vient de Dieu, afin que nous connaissions les dons de la grâce de Dieu. » (1 Co 2,10-12).
Le meilleur modèle pour notre prière, en définitive, est certainement Jésus lui-même, puisqu’il était en permanence conduit par l’Esprit-Saint. Or tout au long de sa vie terrestre on peut voir à quel point sa prière et toutes ses paroles et ses gestes ont été sous le signe de l’accomplissement de la mission confiée par son Père : les évangiles sont parsemés d’épisodes où il se montre à l’écoute de la volonté du Père. J’en retiens quelques-uns ; cela commence dès son adolescence, d’après l’évangile de Luc : à sa maman qui s’inquiète de lui, l’enfant répond : « Ne saviez-vous pas qu’il me faut être chez mon Père ? » (Lc 2,49). Quelques années plus tard, avant de commencer ce que l’on appelle sa vie publique, il affronte le Tentateur au désert ; et ce qui fait la différence entre les deux protagonistes, justement, c’est la volonté ferme de Jésus de se maintenir dans l’obéissance à la Parole de son Père : à chaque sollicitation du diable, il répond par une parole de l’Ecriture.
Quelques années plus tard, à la veille de sa mort, au cours de la longue prière qu’il développe devant ses disciples, et que Jean nous rapporte, on est frappé de cet ajustement du Christ à la volonté de son Père : « Les paroles que je vous dis, je ne les dis pas de moi-même ! Au contraire, c’est le Père qui, demeurant en moi, accomplit ses propres oeuvres. » (Jn 14,10) ; « J’aime mon Père et j’agis conformément à ce que le Père m’a prescrit. » (Jn 14,31). Et l’on connaît la prière qu’il prononcera quelques heures plus tard, au jardin de Gethsémani : « Père, non pas ce que je veux, mais ce que tu veux ». On comprend pourquoi l’auteur de la lettre aux Hébreux résume la vie de Jésus en une phrase : « En entrant dans le monde, Jésus dit : Voici je suis venu pour faire ta volonté. » (He 10,9)
Une autre caractéristique de la prière de Jésus qui doit être le modèle de la nôtre, c’est l’action de grâce. Or sa joie éclate chaque fois qu’il voit des signes de l’accomplissement du projet de Dieu : par exemple, chaque fois qu’il constate la foi de ses interlocuteurs ; ou encore au retour des soixante-douze disciples qu’il avait envoyés en mission, Jésus laisse déborder sa joie ; Luc écrit : « A l’instant même, il exulta sous l’action de l’Esprit Saint et dit : Je te loue, Père, Seigneur du ciel et de la terre, d’avoir caché cela aux sages et aux intelligents et de l’avoir révélé aux tout-petits. » (Lc 10,21) Voilà qui devrait chasser nos craintes : tout-petits, nous le sommes ; mais ne nous attristons plus de notre faiblesse : elle est en nous la porte ouverte à l’Esprit-Saint.

 

EVANGILE – selon saint Matthieu 13, 24-43

Jésus proposa cette parabole à la foule :
« Le Royaume des cieux est comparable
à un homme qui a semé du bon grain dans son champ.
Or, pendant que les gens dormaient,
son ennemi survint ;
il sema de l’ivraie au milieu du blé
et s’en alla.
Quand la tige poussa et produisit l’épi,
alors l’ivraie apparut aussi.
27 Les serviteurs du maître vinrent lui dire :
Seigneur, n’est-ce pas du bon grain
que tu as semé dans ton champ ?
d’où vient donc qu’il y a de l’ivraie ?
28 Il leur dit :
C’est un ennemi qui a fait cela.
Les serviteurs lui disent :
Veux-tu donc que nous allions l’enlever ?
Il répond :
Non, en enlevant l’ivraie,
vous risquez d’arracher le blé en même temps.
Laissez-les pousser ensemble jusqu’à la moisson ;
et, au temps de la moisson,
je dirai aux moissonneurs :
Enlevez d’abord l’ivraie, liez-la en bottes pour la brûler ;
quant au blé, ramassez-le pour le rentrer dans mon grenier. »

Il leur proposa une autre parabole :
« Le Royaume des cieux est comparable
à une graine de moutarde
qu’un homme a prise et qu’il a semée dans son champ.
C’est la plus petite de toutes les semences,
mais, quand elle a poussé,
elle dépasse les autres plantes potagères
et devient un arbre,
si bien que les oiseaux du ciel viennent
et font leurs nids dans ses branches. »
Il leur dit une autre parabole :
« Le Royaume des cieux est comparable
au levain qu’une femme a pris et qu’elle a enfoui
dans trois mesures de farine,
jusqu’à ce que toute la pâte ait levé. »
Tout cela, Jésus le dit aux foules en paraboles
et il ne leur disait rien sans parabole,
accomplissant ainsi la parole du prophète :
J’ouvrirai la bouche pour des paraboles,
je publierai ce qui fut caché depuis la fondation du monde.
Alors, laissant les foules, il vint à la maison.
Ses disciples s’approchèrent et lui dirent :
« Explique-nous clairement la parabole de l’ivraie dans le champ. »
37 Il leur répondit : « Celui qui sème le bon grain, c’est le Fils de l’homme ;
38 le champ, c’est le monde ;
le bon grain, ce sont les fils du Royaume ;
l’ivraie, ce sont les fils du Mauvais.
L’ennemi qui l’a semée, c’est le diable ;
la moisson, c’est la fin du monde ;
les moissonneurs, ce sont les anges.
De même que l’on enlève l’ivraie
pour la jeter au feu,
ainsi en sera-t-il à la fin du monde.
Le Fils de l’homme enverra ses anges
et ils enlèveront de son Royaume
tous les causes de chute
et ceux qui font le mal,
ils les jetteront dans la fournaise :
là il y aura des pleurs et des grincements de dents.
Alors les justes resplendiront comme le soleil
dans le Royaume de leur Père.
Celui qui a des oreilles, qu’il entende ! »

Extraite de son contexte, on pourrait penser que la parabole de l’ivraie est un début de réponse au problème de l’origine du mal : ce n’est pas Dieu qui le crée tout comme ce n’est pas le maître de maison qui a semé l’ivraie : le récit de la création dans la Genèse y insistait déjà : alors que les autres religions considéraient que les divinités avaient créé le mal autant que le bien, l’auteur inspiré affirmait que tout ce que Dieu a fait était très bon ! (Gn 1,31). Jésus s’inscrit dans cette ligne, puisqu’il affirme que le maître de maison n’a semé que du bon grain.
Mais, si on replace la parabole de l’ivraie dans le contexte du chapitre 13 de saint Matthieu, il semble qu’elle parle d’autre chose. Car elle suit immédiatement la parabole du semeur et l’explication que Jésus en donne. La parabole du semeur que nous lisions dimanche dernier nous obligeait à admettre que les semailles ne sont pas forcément récompensées : pour le dire autrement, l’annonce de la Bonne Nouvelle ne rencontre pas toujours les oreilles attentives et les cœurs ouverts dont nous rêvons. La parabole de l’ivraie prend exactement la suite en posant la question : si l’on peut identifier les causes de nos échecs dans la mission d’évangélisation, ne peut-on pas prendre des mesures tout de suite ?
Nous nous retrouvons dans ce champ que son propriétaire a ensemencé. Le récit précédent insistait sur la qualité du terrain, plus ou moins favorable à une bonne récolte ; la présente parabole fait intervenir un ennemi qui sème nuitamment au milieu du blé une mauvaise herbe qui risque de l’étouffer.
Le traducteur l’appelle « ivraie », en grec c’est « zizanion » ; c’est de là, nous le savons, qu’est venue l’expression « semer la zizanie, la discorde ». Alors qu’il était bien difficile de changer la nature du terrain (dans la parabole du semeur), il paraît davantage possible d’intervenir pour supprimer le parasite. Mais l’histoire nous dit que le propriétaire s’y oppose : c’est au maître de la moisson, et à lui seul, qu’il revient de faire le tri quand il le jugera bon. Traduisez : c’est à Dieu et à personne d’autre qu’il revient de déraciner le mal « Qui es-tu pour juger un serviteur qui ne t’appartient pas ? » dit Paul dans la lettre aux Romains (Rm 14,4).
Cela veut dire que Jésus nous invite à accepter comme notre condition de créatures ce mélange permanent de bien et de mal. Il vise peut-être ici la tentation d’élitisme qui prend certaines communautés ; certains pharisiens, par exemple, méprisaient parfois ceux qu’ils appelaient le petit peuple du pays, ceux qui avaient bien du mal à respecter toute la loi et les commandements ; d’autre part les zélotes partaient parfois en guerre contre ceux qu’ils considéraient comme trop tièdes ; on sait maintenant que ce fut l’origine de la révolte juive de 70 ap.J.C. Or Matthieu est le seul des évangélistes à rapporter cette parabole, on peut en déduire que la communauté pour laquelle il écrivait avait particulièrement besoin d’entendre cette leçon-là.
Un jour viendra pourtant où le maître de la moisson dira que l’heure a sonné de faire le tri. Jésus reprend là, dans l’explication qu’il donne à ses disciples, le style et l’imagerie traditionnelle du thème du jugement dans toute la Bible : il est toujours présenté comme une division en deux camps, les bons d’un côté, les mauvais de l’autre, mais personne ne s’y trompe : personne n’oserait se vanter d’être entièrement bon, personne non plus ne peut être accusé d’être entièrement mauvais ! La frontière qui sépare les bons des méchants passe en réalité en chacun de nous ! Nous sommes tous des êtres partagés. Quand Malachie oppose les humbles aux arrogants (Ml 3,191), quand les psaumes parlent des justes et des méchants (Ps 1), quand Jésus oppose bon grain et ivraie, nous sommes tous concernés : tous à la fois humbles et arrogants, justes et méchants, bon grain et ivraie ; nous retrouverons exactement la même opposition dans la parabole du jugement dernier également chez Saint Matthieu (Mt 25,31-46).
Mais alors comment comprendre concrètement, et comment concilier la brutalité promise aux méchants et la récompense promise aux bons, si nous sommes chacun les deux à la fois ? C’est Malachie qui nous donne la réponse : le soleil de justice fera germer tout ce qui est bon, le mal disparaîtra en un clin d’oeil. Le psaume 1 dit la même chose avec une autre image : le bon grain sera moissonné, le mal sera tout simplement emporté par le vent. Jésus traduit : le maître de la moisson qui ne peut supporter de voir déraciner le moindre épi de blé avec l’ivraie (Mt 13,29) ne condamnera pas en nous le bien avec le mal.
A l’histoire de l’ivraie, Jésus ajoute deux autres paraboles très courtes : la graine de moutarde et le levain ; elles apparaissent comme un contrepoint aux deux grandes paraboles précédentes qui décrivaient tous les obstacles à la croissance du Royaume ; elles disent au contraire sa puissance intérieure qui le fera aboutir infailliblement à son parfait déploiement : la graine de moutarde et le levain sont tous deux enfouis et disparaissent, la graine pour devenir elle-même le grand arbre, le levain, lui, au profit de la pâte qui lève grâce à lui.
Par là, Jésus nous invite à la confiance, à la patience et à l’humilité : remarquez la fragilité des commencements, la petitesse de la graine ou du levain comparée à la taille du résultat. Patience : la moisson viendra. Ce message de patience qui consonne si bien avec la première lecture nous suggère une nouvelle lecture de la parabole de l’ivraie : si Dieu se montre aussi patient, c’est peut-être parce qu’il ne faut pas risquer de perdre de bonnes gerbes en arrachant les mauvaises herbes (tout jardinier connaît ce risque). Mais c’est surtout parce qu’il ne désespère jamais de transformer l’ivraie de nos coeurs elle-même en bon grain !

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Note
1 – Le prophète Malachie emploie l’image d’un soleil purificateur qui brûle tout ce qui est mauvais et fait germer tout ce qui est bon : « Voici que vient le jour, brûlant comme un four. Tous les arrogants et les méchants ne seront que paille. Le jour qui vient les embrasera, dit le SEIGNEUR, le Tout-Puissant. – Il ne leur laissera ni racines ni rameaux. Pour vous qui craignez mon nom, le soleil de justice se lèvera portant la guérison dans ses rayons. » (Ml 3,19-20). L’image de Malachie est très parlante : devant Dieu, soleil de justice, chaque personne humaine est là, avec ses grandeurs et ses misères, ses péchés et ses grâces : en la libérant de toutes les entraves du mal, Dieu permettra à tout ce qui est bon en elle de s’épanouir.
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Compléments
1 – « Il ne leur disait rien sans employer de paraboles, accomplissant ainsi la parole du prophète : C’est en paraboles que je parlerai, je proclamerai les choses cachées depuis les origines. » (versets 34-35). Il semble que Matthieu fasse référence ici au psaume 78 (77),2 : « J’ouvrirai la bouche pour une parabole, je publierai ce qui fut caché dès l’origine. »
2 – La « fournaise ardente » (verset 42) : l’expression est tirée du livre de Daniel dans l’épisode des trois jeunes gens jetés dans la fournaise sur ordre du roi Nabuchodonosor (Dn 3,6).
3 – « Pleurs et grincements de dents » (même verset 42) : Matthieu reprend ici une expression classique dans la Bible pour dire la rage et le désespoir des impies devant le bonheur des justes. Exemple : « Ils ouvrent la bouche à tes dépens, tous tes ennemis ; ils sifflent et grincent des dents. » (Lm 2,16). On trouve des formules similaires dans le livre de Job (Jb 16,9) et dans les Psaumes (Ps 35,16 ; Ps 37,12 ; Ps 112,10). On la trouve plusieurs fois chez Matthieu (Mt 8,12 ; 13,42.50 ; 22,13 ; 24,51 ; 25,30) et une fois chez Luc (Lc 13,28).

JOAQUIN SOROLLA (1863-1923), JOAQUIN SOROLLA (1863-1923), PEINTRE ESPAGNOL, PEINTRE ESPAGNOL, PEINTRES, PEINTURE

Joaquin Sorolla (1863-1923), peintre espagnol

Le peintre Joaquín Sorolla

Joaquin_Sorolla_by_Gertrude_Käsebier,_1908

Joaquín Sorolla y Bastida (en catalan : Joaquim Sorolla i Bastida), né le 27 février 1863 à Valence (Espagne) et mort le   août 1923 Cercedilla, est un peintre espagnol.

Sorolla est connu pour ses scènes de genre alliant réalisme et lyrisme ainsi que pour ses scènes de plage et sa maîtrise de la couleur blanche dont il use avec brio dans de nombreux tableaux. Son style a été qualifié d’impressionniste, de post-impressionniste   ou encore de luministe.

 

Biographie

Marina   1880

Marine (1880), Madrid, musée Sorolla. Œuvre de jeunesse de Sorolla, avant qu’il ne finisse sa formation académique.

Sorolla est né à Valence, en Espagne. Il est l’aîné d’un marchand, également nommé Joaquín Sorolla et de son épouse Concepción Bastida. Sa sœur Concha naît un an plus tard. En août 1865, leurs deux parents meurent lors d’une épidémie de choléra ; les enfants sont pris en charge par leur tante maternelle et leur oncle, serrurier de profession. Avec les années, l’oncle tenta en vain d’enseigner la serrurerie à son neveu. Joaquin fait connaître tôt sa volonté d’étudier la peinture. Il apprit le dessin à l’école des artisans de Valence Durant ses études au 12 rue Avellanas, il eut comme compagnons José Vilar y Torres, les frères Benlliure et Pinazo.

À la fin de ses études, il envoie des œuvres pour participer à des concours en province et à des expositions nationales des beaux-arts – celle de Madrid en 1881 – où il présenta trois marines de Valence qui furent ignorées car elles ne correspondaient pas à la peinture officielle qui demandait des thèmes historiques et dramatiques. L’année suivante, il étudia l’œuvre de Vélasquez et d’autres auteurs au Musée du Prado. Après ces visites, Sorolla peignit en 1883 une toile inédite Étude du Christ redécouverte récemment, et où on note l’influence de Christ crucifié de Vélasquez. C’est avec cette toile que commença son étape « réaliste » où il eut Gonzalo Salva pour professeur. Finalement, en 1883, il obtint la médaille de l’exposition régionale de Valence et en 1884 il obtint la médaille de deuxième classe de l’Exposition Nationale grâce à son tableau Défense du Parc d’artillerie de Montéléon, œuvre mélodramatique et obscure, réalisée expressément pour l’exposition. Il confia à ce propos à un de ses collègues « Ici, pour se faire connaître et gagner des médailles, il faut qu’il y ait des morts ».

Il obtint un grand succès à Valence avec son tableau El Crit del Palleter (« Le Cri du marchand de paille ») sur la guerre d’indépendance espagnole grâce à quoi il obtint en 1885 une bourse de la Députation Provinciale de Valence pour Rome où, en parallèle de son travail, il découvrit l’art classique et renaissance, visita les grands musées et noua des liens avec les autres artistes. Il y développa son style et sa technique.

Avec son ami, le peintre Pedro Gil, il se rendit à Paris durant le premier semestre 1885, pour y observer de près la peinture impressionniste, qui, de retour à Rome, produisit un changement de thèmes et de style, avec des toiles à motifs religieux L’Enterrement du Christ, avec lequel il n’eut pas le succès espéré. Il se rapprocha ainsi des avant-gardes européennes. Les peintres qui l’influencèrent le plus furent John Singer Sargent, Giovanni Boldini et Anders Leonard Zorn.

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La Vente des melons (1890), huile sur toile, Malaga, musée Carmen Thyssen.

En 1888 il se maria avec Clotilde García del Castillo à Valence, bien qu’ils vécurent une année en Italie, à Assise. Il réalisa à cette époque quelques tableaux importants comme La Vente des melons (Malaga, musée Carmen Thyssen) ainsi que plusieurs autres sur des thèmes costumbristes qu’il pouvait vendre facilement. C’étaient en général de petites aquarelles commercialisées par son marchand Francisco Jover.

Ascension

En 1889, le peintre et sa famille s’installèrent à Madrid. En à peine cinq années, Sorolla jouit d’un grand renom comme peintre. Avec le retour en Espagne, sa palette s’éclaircit, illustrant les plages méditerranéennes, les ébats d’enfants, les nus, les pêcheurs valenciens. Il obtint son premier succès important avec Une autre Marguerite, qui lui valut la médaille d’or à Madrid et fut vendu à la galerie Saint-Louis. Il devient vite très connu, meneur incontesté de l’école moderne espagnole de peinture.

En 1894, il voyagea de nouveau à Paris, où il développa le style appelé luminisme qui devient dès lors caractéristique de son œuvre. Il commença à peindre à l’air libre, maîtrisant et utilisant la lumière pour des scènes quotidiennes et des paysages du bord de la Méditerranée. Joaquin Sorolla exposa au Salon des artistes français en 1893, où il fut régulièrement admis entre cette date et 1909, obtenant un 3e prix pour le Baiser à la Relique, puis un 2e prix pour Retour de la pêche : halage de la barque (1894), œuvre très admirée au salon de Paris et acquis par l’État pour le musée du Luxembourg.

Consécration

Dans ses tableaux, le Retour de la pêche : halage de la barqueLa Plage de Valence, ou Triste héritage, il communique sa vision de la Méditerranée, la splendeur d’une matinée à la plage dans des coloris vibrants, un style léger, vigoureux. Avec Triste héritage, il reçoit en 1900 le « Grand Prix » du concours international de Paris. Il continue à traiter des thèmes sociaux qui lui avaient valu son succès, avec notamment Et en plus elles disent que le poisson est cher ! (1894).

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Traite des blanches (1895), Madrid, musée Sorolla.

En août 1900, à Valence, son ami sculpteur Ricardo Causarás Casaña lui rend visite. Il pose pour une statue de terre et de plâtre finalement exposée à l’exposition générale des beaux-arts de Madrid. Elle se trouve actuellement dans les jardins royaux de Los Viveros à Valence. À cette époque, la ville de Valence lui fait l’honneur d’une rue à son nom, le nommant fils émérite de la ville. Après avoir beaucoup voyagé en Europe – en Angleterre et en France – il remporte une médaille d’honneur l’exposition universelle de Paris en 1900 et en 1901, est nommé chevalier de la Légion d’honneur. Ce succès lui donne des moyens financiers et une reconnaissance internationale nouvelle, aidant à la diffusion de son œuvre dans toute l’Europe et aux États-Unis.

À l’été 1905, il se rend à Jávea pour réaliser une série de peinture d’enfants nus, dont l’une de ses plus célèbres lui vaut une commande de l’Hispanic Society of America et parmi lesquelles figure notamment Le Bain (Musée Métropolitain, New York). Une exposition de ses œuvres — paysages, portraits — à la galerie Georges Petit à Paris en 1906 lui apporte une gloire encore plus grande : il est fait officier de la Légion d’honneur. Son succès social comme économique est complet.

En 1905, le peintre acquiert un terrain sur le paseo del Obelisco à Madrid (Actuellement rue General Martínez Campos), à côté de la résidence de l’actrice María Guerrero. Peu après il achète le terrain contigu qu’il transforme en trois jardins. Sorolla inaugure en 1911 sa nouvelle résidence madrilène.

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Jardín du musée Sorolla à Madrid.

Il expose à New York en 1909, où il obtient un succès sans précédent, avec notamment les tableaux Soleil du soir et Les Nageurs et triomphe également en 1911 au musée d’Art de Saint-Louis et à l’Art Institute of Chicago.

Vision d’Espagne

En novembre 1911, il signe une commande pour Hispanic Society de New York. Il réalisa quatorze panneaux de très grandes dimensions pour décorer les salles de l’institution. Chacune est dédicacée à une région d’Espagne. Il réalise cette commande entre 1913 et 1919.

Chaque tableau mesure 3,5 mètres de haut ; mis bout à bout, ils mesurent 70 m de long, ce qui en fait un monument magistral d’Espagne. En 1912, Sorolla consacre l’année à voyager dans toute l’Espagne, faisant des croquis des scènes populaires ou coutumières auxquelles il assiste. Chaque tableau décrit des détails caractéristiques des diverses provinces espagnoles et portugaises

Portraitiste

Une facette importante de Sorolla est son activité de portraitiste. Il réalise de nombreux portraits de célébrités Santiago Ramón y CajalGaldós, Machado, Vicente Blasco Ibáñez, des politiques comme Emilio Castelar, le roi Alphonse XIII, le président William Howard Taft, ainsi qu’une collection de portraits de famille et autoportraits.

En 1914 il est nommé universitaire. Après ses travaux pour l’Hispanic Society il travaille comme professeur de composition et de couleurs à l’école des beaux arts de Madrid.

En août 1919, il se rend à Majorque, aux Baléares, près de Pollença. Il puise plusieurs tableaux dans la lumière majorquine, dont Elena en la cala de San Vicente. Le voici à Ibiza en septembre 1919. Ce sont bientôt ses derniers tableaux.

Le 17 avril 1920, alors qu’il peignait le portrait de l’épouse de l’écrivain Ramón Pérez de Ayala, dans le jardin de sa maison madrilène, il est victime d’un accident vasculaire cérébral qui le laisse hémiplégique. Diminué dans ses facultés physiques il ne peut plus peindre. Il mourut trois années après dans sa résidence d’été à Cercedilla, le 10 août 1923.

Portraits

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Portrait de William Howard Taft, Président des États-Unis (1909), Taft Museum of Art

 

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Autoportrait de Joaquín Sorolla, (1909), musée Sorolla, Madrid

 

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Portrait de Raquel Meller (1918), musée Sorolla, Madrid

 

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Portrait de Ramón Pérez de Ayala (1920), Hispanic Society of America, New York

 

Postérité

Après sa mort, sa veuve fait don de beaucoup de ses tableaux à l’État espagnol. Ces peintures forment le fonds du musée Sorolla   situé depuis 1932 dans la maison de l’artiste à Madrid. En 1933, Paul Getty achète dix de ses tableaux représentant des scènes de plages impressionnistes. Son principal disciple est Théodore Andreu .

Œuvres

En plus de la maison-musée Sorolla, on trouve ses tableaux à la Alte Nationalgalerie de Berlin, au musée national d’Art de Catalogne de Barcelone, dans les musées de Venise et Madrid et dans de nombreuses collections privées en Europe et en Amérique, en particulier à Buenos Aires. Il peignit des portraits du roi Alphonse et de la reine Victoria Eugénie d’Espagne.

Collections publiques

La liste est non exhaustive. Le musée Sorolla à Madrid rassemble plusieurs centaines d’œuvres. Le classement par pays, villes et institutions est fait selon l’ordre alphabétique. Celui des œuvres est chronologique.

Argentine

Buenos Aires, Musée des Beaux-Arts

Dans la sacristie (1893) huile sur toile (39,5 × 58 cm)

Loup de mer (1894) aquarelle (35,5 × 48,5 cm)

Le retour de la pêche (1898) huile sur toile (50 × 98 cm)

Sur la côte de Valence (1898) huile sur toile (57 × 88,5 cm)

Nuage d’été (1899) aquarelle (48,5 × 77,5 cm)

Assemblage du filet de pêche (1902) huile sur toile (48 × 59,5 cm)

Portrait de José Prudencio de Guerrico (1907) huile sur toile (148,5 × 103 cm)

La prière (1907) aquarelle (59 × 36 cm)

Paysage avec personnage (1912) huile sur toile (68 × 97,5 cm)

La última copla (non daté) huile sur toile (100 × 156 cm

Mucha alegria (non daté) aquarelle (49 × 96,5 cm)

Espagne

Bilbao, Musée des Beaux-Arts

Table de pétition (vers 1892) huile sur toile (86 × 107 cm)

Le baiser de la relique (1893) huile sur toile (103,5 × 122,5 cm)

Portrait du peintre Mañanos (1903) huile sur toile (112 × 72 cm)

Portrait d’Unamuno (vers 1912) huile sur toile (143 × 105 cm)

Madrid, Musée du Prado

Tête de femme à la mantille blanche (vers 1882) huile sur toile (48 × 33 cm)

Dos de mayo (Défense du Parc d’artillerie de Monteleón) (1884) huile sur toile (400 × 580 cm)

Rafael Altamira y Crevea (1886) huile sur toile (55,5 × 41 cm)

Sainte Clotilde (1888-1889) huile sur toile (78 × 61 cm)

Le peintre Juan Espina y Capo (1892) huile sur toile (69,5 × 54,5 cm)

Jaime García Banús (1892) huile sur toile (85,5 × 110 cm)

Ils disent toujours que le poisson coûte cher! (1894) huile sur toile (151,5 × 204 cm)

María Teresa Moret (1901) huile sur toile (111 × 88 cm)

María Figueroa vêtue en ménine (1901) huile sur toile (151,5 × 121 cm)

Le peintre Aureliano de Beruete (1902) huile sur toile (115,5 × 110,5 cm)

Aureliano de Beruete y Moret, fils (1902) huile sur toile (140 × 82 cm)

Jacinto Felipe Picón y Pardiñas (1904) huile sur toile (65 × 98 cm)

María de los Ángeles Beruete y Moret, comtesse douairière de Muguiro (1904) huile sur toile (180 × 132,5 cm)

Le docteur Francisco Rodríguez de Sandoval (1906) huile sur toile (104,5 × 104,5 cm)

L’actrice Maria Guerrero en Dama boba (1906) huile sur toile (131 × 120,5 cm)

Mercedes Mendeville, comtesse de San Félix (1906) huile sur toile (198 × 99 cm)

Le peintre Antonio Gomar (1906) huile sur toile (59 × 100 cm)

Le docteur Joaquín Decref y Ruiz (1907) huile sur toile (67 × 91,7 cm)

Enfants sur la plage (1909) huile sur toile (118 × 185 cm)

 Don Ramón Piña y Millet (1909) huile sur toile (80 × 62 cm)

 Ella J. Seligman (1913) huile sur toile (151 × 108 cm)

Madrid, Musée de l’Académie royale des Beaux-Arts de San Fernando

Roma (1884-1889) huile sur panneau (14 × 19 cm)

Huerta de Valence (1895-1910) huile sur panneau (14 × 19 cm)

Repas sur le bateau (1898) huile sur toile (180 × 250 cm)

Le Bain à la Plage (1909) huile sur toile (77 × 105 cm)

Madrid, Musée Sorolla

Scène de port; marine (1880) huile sur toile (44,5 × 78 cm)

Amandier en fleurs (1888-1889) huile sur panneau (15,5 × 25,3 cm)

Traite de blanches (1894) huile sur toile (166,5 × 195 cm)

Mère (vers 1895-1910) huile sur toile (125 × 169 cm)

Mes enfants (1904) huile sur toile (160,5 × 230,5 cm)

Autoportrait (1904) huile sur toile (66 × 105,5 cm)

Le bateau blanc, Jávea (1905) huile sur toile (105 × 150 cm)

Ombre du pont d’Alcántara, Tolède (1906) huile sur toile (66 × 93,5 cm)

Plage de Valence (1908) huile sur toile (66 × 96 cm)

Promenade au bord de la mer (1909) huile sur toile (205 × 200 cm)

Elena à la plage (1909) huile sur toile (200 × 120 cm)

Autoportrait (1909) huile sur toile (70 × 50,5 cm)

Clotilde assise sur un canapé (1910) huile sur toile (180 × 110 cm)

Le vieux pont d’Ávila (1910) huile sur toile (82 × 105 cm)

Lagarterans typiques ou Mariée Lagarterane (1912) huile sur toile (200 × 206,5 cm)

 Vue sur le Tage, Tolède (1912) huile sur toile (49,5 × 65,5 cm)

Andalouse (1914) huile sur toile (72 × 54,5 cm)

Joaquina la gitane (1914) huile sur toile (125,5 × 81 cm)

Sortie de baignade (1915) huile sur toile (130 × 150,5 cm)

Les voiles (1915) huile sur toile (75 × 90 cm)

Jardin de la maison Sorolla (1920) huile sur toile (104 × 87,5 cm)

Málaga, Musée Carmen Thyssen

La vente de melons (1890) huile sur toile (52 × 79 cm)

Oviedo, Musée des Beaux-Arts des Asturies

En Courant sur la Plage. Valence (1908) huile sur toile (90 × 166,5 cm)

Valence, Musée des Beaux-Arts

Etats-Unis

Buffalo, Albright-Knox Art Gallery

Mrs. William H. Gratwick (1909) huile sur toile (152 × 99 cm)

Portrait of Charles M. Kurtz, Founding Director, Albright Art Gallery (1909) huile sur toile (102 × 76 cm)

Chicago, Art Institute

Rochers près du phare, Biarritz (1906) huile sur toile (61,5 × 103 cm)

Deux sœurs, Valence (1909) huile sur toile (176 × 112 cm)

Los Angeles, The J.Paul Getty Museum

Le Pied blessé (1909) huile sur toile (109 × 100 cm)

La Salle des Ambassadeurs, Alhambra, Grenade (1909) huile sur toile (104 × 82 cm)

Pepilla la Gitane et sa Fille (1910) huile sur toile (182 × 110,5 cm)

Cour des Danses, Alcazar, Séville (1910) huile sur toile (95 × 63,5 cm)

Coin du Jardin, Alcazar, Séville (1910) huile sur toile (95 × 63,5 cm)

New York, Brooklyn Museum

Paysage asturien (1903-1904) huile sur toile (62 × 94,5 cm)

Plage à Valence (vers 1908) huile sur panneau (13 × 27 cm)

New York, The Metropolitan Museum of Art

Le Bain, Jàvea (1905) huile sur toile (90 × 128 cm)

Señora de Sorolla en noir (1906) huile sur toile (187 × 119 cm)

Chateau de San Servando, Tolède (1906) huile sur toile (67 × 93 cm)

Mrs. Winthrop W. Aldrich (1909) huile sur toile (102 × 77 cm)

Philadelphia Museum of Art

Enfants au bord de la mer (1903) huile sur toile (96 × 130,5 cm)

Saint Louis Art Museum

Sous l’auvent, Zarautz (1910) huile sur toile (99 × 114 cm)

San Diego Museum of Art

Au bord de la mer, Valence (1908) huile sur toile (129,5 × 104 cm)

San Francisco, Fine Arts Museums

Sur le plage (1908) huile sur toile (83 × 105 cm)

France

Bayonne, Musée Bonnat-Helleu

Enfant au bord de la mer (1905) huile sur toile (35 × 37 cm)

Bordeaux, Musée des Beaux-Arts

Portrait de Madame Dequis (1913) huile sur toile (73 × 93 cm)

Castres, Musée Goya

Portrait de Jacques Seligmann (1911) huile sur toile (151 × 108 cm)

Limoges, Palais de Justice

Barques et groupes de pêcheurs à Valence (1894) huile sur toile (47 × 67 cm)

Paris, Musée d’Orsay

Retour de la pêche: halage de la barque (1894) huile sur toile (265 × 403,5 cm)

Pau, Musée des Beaux-Arts

La préparation des raisins secs (1901) huile sur toile (195 × 139 cm)

Royaume-Uni

Leeds Museums and Galleries

Une Dame et un Chien à la Plage (1906) huile sur toile (15,9 × 22,2 cm)

Dames sur la Plage (1906) huile sur toile (15,9 × 22,2 cm)

Le Pont (1906) huile sur toile (15,9 × 22,2 cm)

Personnes Assises sur la Plage (1906) huile sur toile (15,9 × 22,2 cm)

La Plage (1906) huile sur toile (15,9 × 22,2 cm)

Londres, National Portrait Gallery

La Princesse Beatrice de Battenberg (1908) huile sur toile (129 × 97 cm)

Southampton City Art Gallery

L’estuaire du Nalón (date non indiquée) huile sur toile (62 × 93 cm)

Collections privées

Espagne

Banco de España

Voltaire raconte une de ses histoires (1905) huile sur toile (40 × 28 cm)

 

Élèves

Álvaro Alcalá Galiano y Vildósola (1873-1936)

Vicente Santaolaria (1886-1967).

BASILIQUE SAINTE SOPHIE DE CONSTANTINOPLE, CHRISTIANISME, CONSTANTINOPLE (Turquie), GRECE, ISLAM, TURQUIE

Basilique Sainte-Sophie de Constantinople (Turquie)

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Ancienne basilique de Constantinople, construite entre 532 et 548, transformée en mosquée après la prise de la ville par les Ottomans en 1453, et devenue musée (musée de l’Aya Sofya) depuis 1934. En juillet 2020 la Turquie la transforme à nouveau en lieu de prière pour les musulmans : elle redevient donc une mosquée.

 

 

HISTOIRE

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Sainte-Sophie, Istanbul

C’est en l’année 325, la vingtième de son règne, que l’empereur Constantin fit élever la première basilique, consacrée non pas comme on le croit parfois à une sainte du nom de Sophie, mais à la Sagesse Divine (en grec : Haghia Sophia), sur un emplacement où, du temps où la ville grecque s’appelait encore Byzance, s’élevaient des temples païens. Son fils Constance la fit agrandir et l’Haghia Sophia devint l’église épiscopale de Constantinople. En 404, sous l’empereur Arcadius, elle fut incendiée en partie au cours d’une émeute suscitée par l’exil de saint Jean Chrysostome. Rebâtie en 415 par Théodose II, la basilique fut brûlée une seconde fois en 532 lors de la grande sédition Nika (ou insurrection des Victoriats), causée par des rivalités du Cirque, la cinquième année du règne de Justinien Ier.

C’est à ce dernier empereur que nous devons l’édifice qui existe encore aujourd’hui. Il voulut que le sanctuaire de sa capitale fût le monument le plus magnifique que l’on eût vu depuis la fondation de la ville : aussi fit-il recueillir dans toutes les provinces de l’empire les matériaux les plus précieux, les marbres les plus rares, les colonnes les plus fines des temples les plus renommés. C’est ainsi qu’il reçut d’Éphèse huit colonnes de brèche verte provenant probablement du célèbre temple de Diane, et de Rome huit colonnes de porphyre enlevées autrefois par l’empereur Aurélien au temple de Jupiter Héliopolitain à Baalbek. Les temples grecs d’Athènes, de Délos, de Cyzique, ceux d’Isis et d’Osiris en Égypte, furent aussi mis à contribution.

Deux architectes grecs, Anthémios de Tralles et Isidore de Milet, furent chargés de la direction des travaux, mais on fit courir la légende que l’empereur avait reçu d’un ange le plan de l’édifice et l’argent nécessaire à sa construction. Justinien voulut en jeter les fondations en personne.

Une vaste esplanade, recouverte d’une sorte de ciment formant une couche de vingt pieds d’épaisseur, et qui finit par acquérir la dureté du béton, servit d’assise à la construction. Les murs furent élevés en briques, mais on bâtit les piliers en grandes pierres calcaires qui furent reliées par des crampons de fer, ainsi que des tables de marbre dont tous les murs intérieurs furent revêtus. Dix mille ouvriers conduits par cent maîtres maçons étaient employés à la fois sur le chantier. À toute heure, l’empereur venait surveiller les travaux et récompenser les plus zélés.

Pour la construction du dôme, Justinien fit confectionner à Rhodes des briques d’une terre si légère que douze d’entre elles ne pesaient pas plus qu’une brique ordinaire ; elles portaient l’inscription suivante : « C’est Dieu qui l’a fondé, Dieu lui portera secours. » On les disposa en assises régulières ; de douze en douze assises, on y maçonnait des reliques, et le clergé disait des prières.

Le temple fut décoré avec splendeur, et les sommes immenses dépensées réduisirent l’empereur aux expédients les plus coupables pour se procurer de l’argent. Enfin le monument fut achevé en 548. L’empereur procéda à l’inauguration avec magnificence. Après une marche triomphale sur l’Hippodrome, il se rendit à la basilique et s’écria : « Gloire à Dieu qui m’a jugé digne d’accomplir cet ouvrage ; je t’ai surpassé ô Salomon ! » Les prières, les festins publics et les distributions d’aumônes durèrent quatorze jours.

 

 

LES ALÉAS DE LA POSTÉRITÉ

La coupole, bâtie avec trop de hardiesse, s’écroula en 558/559 sous l’effet d’un tremblement de terre. L’architecte Isidore le Jeune fut chargé de la reconstruire. Il diminua son diamètre et renforça les piliers en leur accolant extérieurement de fortes murailles. En 975, sous les empereurs Basile II et Constantin IX, une nouvelle restauration fut nécessaire. En 1347, un séisme endommagea la coupole qui dut être à nouveau restaurée sous la direction des architectes Astaros, Faciolatus et Giovanni Peralta ; les travaux durèrent jusqu’en 1354. En 1371, un nouveau tremblement de terre renversa la croix.

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Sainte-Sophie, à Constantinople

Le 29 mai 1453, le soir même de la prise de Constantinople, le sultan Mehmet II se rendit à Sainte-Sophie et donna l’ordre de la transformer en mosquée. Le 1er juin, il y faisait sa prière. Il fit construire un minaret et les deux contreforts qui soutiennent l’édifice au sud-est. Bayazid fit ériger le minaret du nord-est, et le sultan Sélim II, ceux de l’ouest ainsi que de nouveaux murs de soutènement. Les sultans firent de nombreuses donations pour enrichir le sanctuaire : Süleyman Ier (Soliman le Magnifique) offrit deux candélabres qui flanquent le mihrab. Ahmet Ier donna à la loge impériale son aspect actuel et fit suspendre le candélabre qui pend sous la grande coupole. Les inscriptions des cartouches furent l d’un célèbre calligraphe du xviie siècle. Au xviiie siècle, on fit disparaître les mosaïques byzantines sous un épais badigeon, mais en 1847 le sultan Abdülmeçit confia à l’architecte Fossati le soin de restaurer l’édifice, et quelques mosaïques furent alors dégagées. Jusqu’en 1934, Sainte-Sophie, l’Aya Sofya servit ainsi de mosquée. À cette date, Atatürk la fit transformer en musée.

 

 

L’ARCHITECTURE

 

L’EXTÉRIEUR

De l’extérieur, il est très difficile de reconnaître le plan primitif de la basilique. Des contreforts massifs, ajoutés pour étayer l’édifice ébranlé par les tremblements de terre successifs, ainsi que plusieurs constructions postérieures adossées aux murs de la basilique, en masquent l’architecture et alourdissent les formes.

Seuls, les quatre minarets édifiés au xve siècle (lors de la transformation de l’église en mosquée) aux angles de l’édifice allègent quelque peu son aspect extérieur. Celui du nord-est, attribué à Bayazid, est cannelé. Celui du sud-est, assigné à Mehmet Fatih, est polygonal, à facettes planes. Les deux minarets de l’ouest, érigés par Sélim II, sont polygonaux, à nervures saillantes sur les arêtes. La coupole, aujourd’hui surmontée d’un immense croissant, est soutenue par des murs dont les assises sont alternativement blanches et roses.

 

L’ESPACE INTÉRIEUR

L’intérieur de l’église, en revanche, est un chef-d’œuvre de légèreté. La lumière y pénètre de toutes parts par sept étages de baies. La base de la coupole, elle-même percée d’une couronne de 40 fenêtres, et flanquée à l’est et à l’ouest de deux demi-coupoles, est soutenue par quatre pendentifs, qui reposent sur des piliers massifs et permettent de passer du plan carré au plan circulaire. Cette coupole de brique de 31 m de diamètre et dont la clé est placée à 55 m du sol, prend appui sur quatre gigantesques piliers et sur les arcs de tête des deux demi-coupoles, par l’intermédiaire de quatre pendentifs imposant un plan circulaire au plan carré délimité par les quatre piliers ; au sol, le sanctuaire se présente intérieurement comme un rectangle de 77 m de long sur 71,20 m de large, partagé en trois travées. La nef centrale est surplombée à l’est et à l’ouest par deux demi-coupoles, dont celle placée à l’est crée une abside en cul-de-four, elle-même prolongée par une absidiole. Ces demi-coupoles, qui flanquent la coupole centrale, sont elles-mêmes flanquées de petites coupoles (une succession de voûtements en cascade que reprendront les architectes ottomans, et notamment Sinan, au xvie s.). Les travées latérales sont surmontées, ainsi que le double narthex permettant d’accéder à la nef, d’une galerie (gynécée) à colonnes de marbre vert.

Au fond de l’abside, le mihrab n’est pas exactement placé dans l’axe de la basilique, mais au contraire désaxé pour indiquer la direction de La Mecque.

 

LE DÉCOR

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Jean II Comnène

La riche décoration intérieure se signale par une luxuriante polychromie : marbres de couleurs et mosaïques à fond d’or ; les plus justement célèbres sont, entre autres, celles ornant le tympan de la porte ouvrant sur le narthex (la Madone trônant avec l’Enfant ; à ses côtés, Constantin Ier lui offre symboliquement la ville de Constantinople, tandis que Justinien lui présente une maquette de Sainte-Sophie), celle au-dessus du tympan de la Porte Royale (le Christ trônant), et, dans la tribune sud, une superbe Déisis. Les mosaïques ont été dégagées de l’enduit noir qui les recouvrait lorsque l’édifice était une mosquée. Période dont témoigne encore, dans cet édifice dont Mustapha Kemal fit un musée en 1934, quatre grand disques noir, accrochés à la hauteur de la première galerie, portant les calligraphies en or des noms d’Allah, de Mahomet, et des compagnons du Prophète, Abou Bakr, Othman, Hossein, Hassan, Ali et Omar.

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CHEF D'ORCHESTRE, COMPOSITEUR ITALIEN, COMPOSITEURS, ENNIO MORRICONE (1928-2020), FILMS, MUSIQUE

Ennio Morricone

Ennio Morricone (1928-2020)

 

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Ennio Morricone , né le 10 novembre 1928 à Rome et mort le 6 juillet 2020 dans la même ville, est un compositeur, musicien, producteur et chef d’orchestre italien.

Il est réputé notamment pour ses musiques de films, en particulier celles réalisées pour son ami et camarade de classe Sergio Leone. Sur une carrière s’étalant sur plus d’un demi-siècle, la popularité de ses musiques depuis les années 1960 en a fait une des personnalités les plus importantes et influentes du cinéma italien, puis mondial.

L’un de ses fils, Andrea Morricone, est également compositeur et a collaboré avec lui.

 

Biographie

Formation et débuts

Ennio Morricone est le fils aîné de Mario Morricone, trompettiste de jazz dans des orchestres, et de Libera Ridolfi, femme au foyer qui lui donne quatre frère et sœurs : Adriana, Aldo, Maria et Franca.

Son père, qui le sensibilise à la musique dès ses premières années, l’inscrit à l’Académie nationale Sainte-Cécile de Rome. Élève de Goffredo Petrassi, il y obtient un diplôme de trompette en 1946. À l’académie, il rencontre aussi Bruno Nicolai, avec lequel il se lie d’amitié et qui sera un de ses collaborateurs les plus proches tout au long de sa carrière. Il obtient ensuite ceux de composition, d’instrumentation et de direction d’orchestre en 1954 et débute dans la musique classique ou expérimentale dès 1953. La même année, il compose son premier arrangement professionnel pour une série d’émissions radiophoniques

En 1956, il se marie à Maria Travia avec qui il a trois fils (dont Andrea Morricone qui devient lui aussi compositeur et son assistant) et une fille.

Il écrit sa première œuvre classique en 1957, mais les bénéfices sont trop faibles pour lui permettre de vivre de son œuvre. Il est alors embauché à la RAI en 1958, mais démissionne après un seul jour de travail2. Sans abandonner la musique classique, il se tourne vers une musique plus populaire en écrivant de nombreux arrangements pour la télévision et des chansons. Ces travaux le font connaître et apprécier par des artistes divers, y compris par des réalisateurs qui font appel à lui à partir de 1960. Il débute donc en musique de film, après des arrangements et des travaux pour d’autres musiciens chevronnés, officiellement à partir de 1961 avec Il federale de Luciano Salce.

Il fait quelques incursions dans le domaine de la chanson en composant et dirigeant deux albums consacrés à une diva de la chanson mondiale : sa compatriote Milva, avec l’album Dedicato A Milva Da Ennio Morricone en 1968, et à la chanteuse française Mireille Mathieu, avec l’album Mireille Mathieu chante Ennio Morricone en 1974. Il arrange aussi plusieurs titres de l’album de Richard Cocciante Anima, la même année.

En 1971, Marc Gilbert, producteur de l’émission Italiques de l’ORTF, lui demande l’autorisation d’utiliser la musique du film À l’aube du cinquième jour, pour le générique de l’émission. Illustrée par un dessin animé de Jean-Michel Folon, elle servira dès lors de référence sur le service public.

Compositeur de bandes originales

Auteur de musiques pour Bernardo Bertolucci, Pier Paolo Pasolini, Dario Argento ou Marco Bellocchio, il acquiert une renommée internationale et la reconnaissance quasi immédiate de ses pairs, surtout avec Sergio Leone et la partition de Pour une poignée de dollars. Réitérant avec succès sa collaboration avec Leone, pour des classiques comme Le Bon, la Brute et le Truand ou Il était une fois dans l’Ouest qui obtiennent un triomphe discographique sans précédent, ou encore avec Il était une fois la révolution, Morricone poursuit également son travail dans des domaines de plus en plus divers, touchant à tous les genres.

Au cours des années 60, 70 et 80, son style fait de nervosité et de lyrisme est maintes fois imité tout en inspirant également l’univers des variétés. Le succès discographique accompagne par ailleurs souvent ses œuvres, comme la chanson Here’s to you que chante Joan Baez pour Sacco et Vanzetti ou le fameux Chi Mai qui rythme Le Professionnel avec Jean-Paul Belmondo. Il compose, par ailleurs, la bande originale de succès tels que Le Clan des Siciliens en 1969, 1900Les Moissons du cielLe PréIl était une fois en Amérique, ou encore Mission, pour lequel il est nommé aux Oscars. Dans les années 2000, il compose notamment pour la télévision italienne (Padre Pio en 2001, Cefalonia en 2005).

C’est un musicien infatigable et inclassable, son style éclectique allie mysticisme, sensibilité, poésie, force et lyrisme. Il est récompensé à de nombreuses reprises durant sa carrière : BAFTA de la meilleure musique de film en 1987, plusieurs Nastri D’argento, cinq nominations aux Oscars, trois Golden Globes, un Grammy Award et un Lion d’or du Festival de Venise. Il est également distingué par des titres honorifiques : le président italien Carlo Azeglio Ciampi lui décerne la Medaglia di prima Classe di Benemerito dell’Arte e della Cultura en 2000, et le président français Nicolas Sarkozy le fait chevalier de la Légion d’honneur en 2009.

Durant la 79e cérémonie des Oscars en 2007, il est récompensé par un Oscar d’honneur pour l’ensemble de sa carrière.

En 2015, il est révélé qu’il composera la bande originale du film Les Huit Salopards de Quentin Tarantino, qui est grand fan de ses compositions qu’il réutilisait souvent pour ses films. C’est un retour au western pour le compositeur après un arrêt de 40 ans. Cette composition lui vaut une sixième nomination aux Oscars qu’il remportera pour la première fois à l’âge de 87 ans.

Compositeur de musique « absolue »

Sa musica assoluta, terme utilisé par le compositeur pour désigner sa musique de concert (en réaction à la musica applicata, appliquée à un sujet, par exemple le scénario d’un film) débute en 1946. En 1965 il intègre le groupe d’improvisation et de composition avant-gardiste Nuova Consonanza.

Il compose un nombre important de pièces de musique de chambre et pour orchestre, telles que Concerto pour orchestre en 1957, Concerto pour flûte et violoncelle en 1983, Cantate pour l’Europe en 1988, Terzo concerto pour guitare, marimba et cordes créé par l’Orchestre symphonique français dirigé par Laurent Petitgirard en 1992 ou encore Voci del Silenzio en 2002 (œuvre chorale dirigée notamment par Riccardo Muti au festival de Ravenne). En 1991, il dédie son concerto pour trompette Ut (1991) au trompettiste soliste Mauro Maur, un de ses musiciens préférés. De 2012 à 2015, il compose une messe intitulée Missa Papae Francisci. Dédiée au pape François, elle est écrite à l’occasion du bicentenaire du rétablissement de la Compagnie de Jésus.

 

Le chef d’orchestre

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Ennio Morricone au siège des Nations Unies.

À partir de 2001, Ennio Morricone ralentit son activité cinématographique et renoue avec la direction orchestrale. Il entame une tournée musicale avec des dates européennes à Vérone, Paris, Londres au Royal Albert Hall en 2003 puis dans le monde entier. Il se produit principalement à la tête de l’Orchestre symphonique national de la RAI ou de l’orchestre Roma Sinfonietta, accompagné d’une centaine de choristes, dirigeant des morceaux tirés de ses compositions pour des films à succès tels Mission ou Cinema Paradiso, ou pour des films moins connus tels MalènaVatel ou ceux de Roberto Faenza.

En 2004, il enregistre un disque avec le violoncelliste Yo Yo Ma contenant ses thèmes à succès. Le 2 février 2007, il dirige l’orchestre Roma Sinfonietta pour un concert au siège des Nations Unies célébrant la prise de fonctions du secrétaire général Ban Ki-moon. Lors d’un concert dédié à la mémoire de Jean-Paul II en 2007 à Cracovie, il interprète avec ce même orchestre un oratorio basé sur un texte et un poème de l’ancien souverain pontife

 

Mort

Ennio Morricone meurt le 6 juillet 2020 dans une clinique de Rome des suites d’une chute ayant provoqué une fracture du fémur, selon les médias italiens

 

Œuvres

Ennio Morricone a composé la musique de plus de 500 films et programmes télévisés, et vendu plus de 70 millions de disques dans le monde, tous genres confondus.

Certains d’entre eux, de par leur importance dans la carrière du compositeur ou la singularité de l’utilisation de la musique, méritent une attention particulière.

Pour une poignée de dollars (1964)

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Seulement trois ans après ses débuts pour le cinéma, Morricone rencontre un succès international lors de sa première collaboration avec Sergio Leone. Ce western spaghetti est signé sous le pseudonyme Dan Savio, nom qu’il reprendra (avec Leo Nichols) par la suite dans les années soixante (certains producteurs de ce genre de cinéma voulant faire croire à des films américains).

La musique du générique d’ouverture est née de la volonté du compositeur de reproduire une atmosphère de vie quotidienne à la campagne, de nature archaïque dominée par l’homme. Le thème principal est, lui, inspiré de la mélodie d’une chanson de marins composée pour la télévision, sur laquelle la trompette recrée l’atmosphère militaire mexicaine que Leone avait en tête : ce dernier demandait à l’origine une reprise du thème Deguello de Rio Bravo composé par Dimitri Tiomkin (utilisée comme musique temporaire lors du montage).

L’expérimentation musicale du compositeur se traduit ici de plusieurs manières, d’une part, par l’utilisation musicale de bruits (le sifflement et le fouet représentant la campagne pour le citadin, la cloche la ville pour le campagnard), aussi par la combinaison de sons de la nature, de celui de la guitare électrique et de celui de l’orchestre, enfin, par la contribution narrative de la partition (elle aide ainsi à définir les personnages, à appuyer l’opposition entre l’Homme sans nom (Clint Eastwood) et son antagoniste (Gian Maria Volonté).

 

L’Oiseau au plumage de cristal (1970)

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Ce Giallo est le premier film du réalisateur Dario Argento et des trois films pour lesquels ils collaboreront. L’attrait de Morricone pour l’atonalité trouve ici un canevas idéal dans la vision abstraite, d’avant-garde du réalisateur : ainsi, les moments dramatiques et traumatiques de ce thriller horrifique permettent un anti-conventionalisme de la musique, utilisé jusque-là (et surtout à cette époque) dans la musique expérimentale de concert. Ces moments sont mis en valeur par la présence de séquences à compositions tonales, plus « traditionnelles », et par l’utilisation du silence

La technique du re-recording est utilisée de façon créative pour la première fois par le compositeur grâce à l’enregistrement multi-pistes sur bande magnétique. Chacune des 16 pistes est alors dédiée à la captation de motifs quasi similaires se succédant de façon aléatoire.

 

Il était une fois en Amérique (1984)

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Sergio Leone durant le tournage du film.

Ce film est l’ultime collaboration entre Ennio Morricone et Sergio Leone, qui mourra cinq ans plus tard d’une crise cardiaque. Le compositeur, se basant sur le scénario (et sur des thèmes composés mais non utilisés pour un film de Franco Zeffirelli), écrit et enregistre la musique avant même le tournage du film. Leone, comme dans Il était une fois dans l’Ouest, l’utilise sur le tournage à la manière des musiciens de plateau des années 1920 pour aider les acteurs à trouver les émotions adéquates.

La partition se veut discrète et empreinte de nostalgie : le film étant basé sur des alternances entre les époques à l’aide de flashbacks et de flashforwards, la musique établit un lien temporel. De plus, les thèmes musicaux (PovertyDeborahCockeye et Friendship) sont réutilisés plusieurs fois lors de scènes complètement différentes, créant ainsi des atmosphères diverses tout au long du film. Il est à noter l’utilisation de la flûte de pan (jouée par le virtuose Gheorghe Zamfir pour le thème de Cockeye) qui n’est pas sans rappeler celle de l’harmonica dans Il était une fois dans l’Ouest. Edda Dell’Orso, soprano du thème principal de ce même film, prête ici sa voix pour le thème de Deborah.

Dans une des scènes du film, Noodles (Robert De Niro) visite l’endroit d’où il épiait Deborah s’entraînant à la danse. Le thème de la jeune fille intervient alors, mais rapidement la mélodie d’Amapola (chanson populaire espagnole) se fait entendre, ce qui plonge le personnage dans ses souvenirs. Sans aucun dialogue, la scène démontre leur amour impossible… comme dans la chanson.

 

Distinctions

En 2010, il reçoit le prix Polar Music.

Le 26 février 2016 il obtient son étoile sur le Hollywood Walk of Fame (2 574e étoile). Quelques jours plus tard, en remportant l’Oscar de la meilleure musique de film pour Les Huit Salopards, il devient, à l’âge de 87 ans, le plus vieux récipiendaire de toute l’histoire des Oscars, cela, neuf ans après avoir reçu un Oscar d’honneur « en reconnaissance de ses contributions magnifiques et multiples à l’art de la musique de film » (« in recognition of his magnificent and multifaceted contributions to the art of film music »)

 

Hommages d’autres artistes

En 1971 : Michel Polnareff compose la bande originale du film La Folie des grandeurs. Le thème principal est un hommage à Ennio Morricone et à ses musiques de western-spaghetti des années 60-70, et plus particulièrement aux musiques des films de Sergio Leone. Quentin Billard a écrit : « Très inspiré du style de Morricone même jusque dans les harmonies employées et dans le choix de l’instrumentation, on retrouve dans la musique de Polnareff les chœurs épiques et les fameux riffs de guitare électrique typiques des travaux de Morricone dans ces années-là, le tout agrémenté de percussions enjouées et un ensemble instrumental évoquant les chevauchées de cow-boys dans le Far-West d’antan. ».

Depuis 1983, le groupe de metal Metallica utilise régulièrement The Ecstasy of Gold comme introduction lors de ses concerts. Le morceau est inclus sur les albums live Through The NeverS&M et Français pour une nuit. De plus, Metallica a repris à sa sauce le morceau sur l’album hommage à Ennio Morricone We All Love Ennio Morricone .

En 2011 : Turn Loose The Mermaids, dans Imaginaerum, le 7e album de Nightwish.

En 2007, Céline Dion chante aux Oscars en hommage à Ennio Morricone.

En 2020, le rappeur français Isha lui rend hommage dans le morceau « décorer les murs » sur son ep « La vie augmente, vol.3 »

 

Bibliographie

Anne Lhassa et Jean Lhassa, Ennio Morricone : Biographie, Lausanne/Paris, Favre, 1989, 404 p.

Ennio Morricone, ma musique, ma vie – entretiens avec Alessandro De Rosa, trad. de Florence Rigollet, Paris, Editions Séguier, 2018, 624 p.

LITTERATURE, LIVRE, LIVRES, LIVRES - RECENSION, LIVRES DE SPIRITUALITE, ROMANS, SOCIOLOGIE, SPIRITUALITE

Lectures été 2020

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Lectures d’été en 2020

 

BAZIN, Réné. – Charles de Foucauld au Maroc, ermite au Sahara. Paris,  Nouvelle Cité, 2003. 543 pages.

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En écrivant cette biographie de Charles de Foucauld en 1921, l’auteur révélait au grand public une figure encore assez peu connue, même si certains milieux vantaient déjà sa science et sa foi missionnaire. L’auteur a fait un véritable travail d’enquête sur les lieux de la vie du Frère Charles. Convaincu qu’il était en présence d’un saint, il s’est contenté de tracer l’itinéraire de sa vie et de le faire parler. Ce livre qui fut un best-seller à sa sortie (200 000 exemplaires) reste une œuvre  majeure et un document fondamental pour mieux connaître l’ermite du Sahara, d’autant plus que la canonisation de Charles de Foucauld est proche.

 

BECK,  Béatrix. – Léon Morin, prêtre. – Paris, Gallimard, 1972. 215 pages.

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Un roman sorti en 1952 et qui a obtenu – peu le savent – le prix Goncourt cette même année. Le récit passionnant de la rencontre d’un prêtre intelligent et charismatique avec une jeune femme agnostique et rebelle. Une histoire adaptée au cinéma par Jean-Pierre Melville en 1961 (avec Jean-Paul Belmondo dans le rôle titre) puis dans le film sous le titre  « La Confession ». Comme souvent, le livre est encore bien mieux que le film

 

 

 

BENSON, Robert Hugh. – Le Maître de la terre : la crise des derniers temps. – Paris, Téqui, 1993. 420 pages.

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Un roman visionnaire, pourtant écrit en 1907. Une réflexion très actuelle sur les inévitables dérives d’un monde qui veut se construire sans Dieu.

« J’ai l’idée d’un livre si vaste que je n’ose y penser, écrit Hugh Benson en 1905. L’Antéchrist commence à m’obséder. Si jamais je l’écris, quel livre ce sera ! ». Un an plus tard, paraît Le Maître de la terre. Ce roman est une sorte de broderie flamboyante ; c’est un livre de mysticisme intense, un cri de foi éperdu. Véritable fresque de la fin des temps – spectacle fort et grandiose à la fois-, qui fait vibrer le lecteur au son des trompettes de l’Apocalypse. Ce remarquable récit contient une vision prophétique d’un monde coupé en deux empires apparemment antagonistes, mais bien unis dans la persécution des chrétiens. Ce livre, écrit par un des plus grands romanciers catholiques de son temps, est tout simplement passionnant ! L’auteur est né en 1871, au sein d’une famille anglicane (son père deviendra archevêque de Cantorbery). Pasteur anglican, sa quête de la vérité le pousse à s’interroger sur sa foi, et sa sincérité intellectuelle le conduit à la conversion. Il est reçu dans l’Église romaine en 1903. Ordonné prêtre, il partage son temps entre la prédication intense et la rédaction d’une trentaine d’ouvrages : uvres théâtrales, romans et essais apologétiques. Il meurt en 1914, au début d’une guerre qu’il pressentait déjà lorsqu’il rédigeait Le Maître de la terre. « Le Maître de la terre est une de mes lectures préférées. » « En le lisant, vous comprendrez le drame de la colonisation idéologique. » (Pape François) « La lecture du Maître de la terre fut pour moi un fait de grande importance. » (Benoît XVI)

 

BERNET,  Anne. – Père Jérôme  : un moine au croisement des temps. – Paris, Le Cerf, 2015. 608 pages.

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La biographie d’un homme dont le rayonnement a été immense et qui perdure encore, alors qu’il est décédé depuis quelque temps déjà, après une longue vie dans un cloître, vouée au silence, à la prière, au travail manuel et à l’étude.

La vie monastique est un chemin de vérité. Elle est une conquête, lente et quotidienne, de l’Évangile. C’est ce que prouve le récit de la vie de Père Jérôme (1907-1985), dans une époque où tout semble contrarier ce désir d’absolu. Moine trappiste de l’abbaye de Sept-Fons, en Bourbonnais, Père Jérôme a été révélé au public comme l’un des grands maîtres spirituels du xxe siècle. C’est tout le mérite d’Anne Bernet, à travers ce portrait vivant et habité, de nous faire découvrir le visage de cet homme de Dieu qui a offert à toute sa génération des sentiers dans un monde désorienté. Rédigée à partir d’archives inédites conservées à Sept-Fons, cette première biographie retrace une existence passée dans un cloître, vouée au silence et à la prière, au travail manuel et à l’étude. La vie simple d’un moine, à l’image des Pères du désert, qui fut, depuis son monastère, le contemporain et le pédagogue de ses frères chrétiens.
Un livre pour retrouver vivant, tel qu’en lui-même, Père Jérôme ; recueillir et accueillir sa parole jaillissante de la prière et de la foi.

BLOY,  Léon. – La femme pauvre : un épisode contemporain. – Paris, Gallimard, 1980. 448 pages.

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Un livre oublié et un livre habité ; ne serait-ce qu’à cause de ce constat final qu’il délivre : « Il n’y a qu’une tristesse, c’est de n’être pas des saints » 

Ce grand roman poétique, dominé par l’image du feu, glorifie la femme, identifiée au thème chrétien de la pauvreté. Clotilde, l’héroïne de La femme pauvre, parvient à la lumière lorsque, dépouillée de tout, elle est laissée à la totale solitude et à la misère absolue. Au-delà de toute tristesse et de tout malheur humain, elle accède alors à l’univers spirituel «et sa continuelle prière est une torche secouée contre les puissants…»

 

CANDIARD, Adrien. – Quand tu étais sous le figuier je t’ai vu. –  Paris, Le Cerf, 2017. 176 pages.

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Beaucoup ont du mal à prendre le temps de lire des bouquins spirituels, de peur de s’ennuyer au bout de trois phrases. Pourtant c’est bien nécessaire pour nourrir sa foi et ne pas faire du sur-place ! En voilà un, à conseiller vivement, simple, concret, profond et plein d’humour. Dès le lycée, on peut le lire avec profit et sans difficulté ; mais toutes les générations s’y retrouveront. Des pages utiles pour avancer sur un tas de sujets très quotidiens de notre vie chrétienne.

Qui est cette personne assise, dans l’Évangile, sous un figuier ? C’est vous, c’est moi, c’est chacune, chacun d’entre nous rêvant de vivre enfin notre vie en plénitude. Mais à quelle existence Dieu appelle-t-il Nathanaël ? En quoi l’accomplira-t-il en suivant Jésus ? Qu’est-ce qu’une vocation ? Nos vies sociale, intellectuelle, amoureuse, ne sont jamais que la recherche et la poursuite de la vie véritable. Jusqu’à la lumineuse évidence que la vie que nous désirons et la vie que Dieu veut pour nous ne sont qu’une. Explorant comme jamais le fil anodin de la quotidienneté anonyme, Adrien Candiard en délivre ici le miroitement secret au regard de l’éternité. Une grande leçon, sans leçon, de spiritualité simple et haute. Un livre pour se jeter sur la voie, après l’avoir lu et dévoré. Dominicain vivant au couvent du Caire, Adrien Candiard est l’auteur notamment de En finir avec la tolérance, Veilleur, où en est la nuit ?, Comprendre l’islam, ou plutôt : pourquoi on n’ycomprend rien.

 

 

CANDIARD, Adrien. – A Philémon, réflexions sur la liberté chrétienne. – Paris, Le Cerf, 2019. 144 pages.

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Même si la morale a mauvaise presse, le questionnement « obligé ou interdit ? » est plus présent que jamais. Ceux qui le posent ne sont pas des névrosés, mais des personnes estimables – croyants ou non croyants – qui s’efforcent de bien vivre et de bien faire. Pour cela, ils se débattent de leur mieux avec le grand bazar contradictoire de leurs désirs, de leurs convictions, de leurs attachements, de leurs devoirs, de leurs envies, de leurs fatigues… s’efforçant de faire rentrer le réel compliqué dans trois catégories simples : le permis, le défendu, l’obligatoire. Et si la réponse était plutôt dans un tout autre chemin : celui d’une authentique et exigeante liberté, sous la conduite de l’Esprit Saint ? Religieux dominicain, l’auteur a également publié d’autres ouvrages lumineux.

 

CHAUTARD,  Jean-Baptiste. – L’âme de tout apostolat. – Perpignan, Artège, 2010. 345 pages.

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Le pape saint Pie X en avait fait son livre de chevet. La description d’une recette intemporelle, toujours d’actualité : notre action et notre engagement dans ce monde doivent être le trop plein de notre vie intérieure. Un classique incontournable de la spiritualité chrétienne à mettre dans toutes les mains, rien que pour entendre cette belle parole : « Si le monde va de mal en pis, c’est qu’il y a plus de batailles que de prières »

 » Ceux qui prient font plus pour le monde que ceux quicombattent, et si le monde va de mal en pis, c’est qu’il y aplus de batailles que de prières. « L’âme de tout apostolat, classique parmi les classiques,propose des indications précieuses sur le sens de la viechrétienne. Dom Chautard rappelle que la mission du chrétien n’a de sens qu’enracinée dans une rencontrepersonnelle avec le Christ. Conformèment aux intuitionsde son époque et en particulier de l’Action Catholique,il encourage une évangélisation authentique qui se gardede tout activisme. Devenu le livre de chevet de nombreuxsaints, L’âme de tout apostolat répond aux préoccupationsde tous ceux qui vivent dans un monde en manque de repères. Dom Chautard, excellent guide spirituel, nous enseigneque l’apostolat authentique n’est qu’un déploiement de lavie intérieure.Jean-Baptiste Chautard (1858-1935), moine cistercien,entré l’age de 19 ans à l’abbaye d’Aiguebelle, fût tourà tour abbé de Chambarand puis de la Trappe de Sept-Fons. L’âme de tout apostolat, son principal ouvrage, a étéimprimé à plusieurs centaines de milliers d’exemplairesdepuis sa parution en 1907.

 

CHIRON, Yves. – Fatima : vérités et légendes. – Perpignan Artège, 2017. 248 pages.

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A l’occasion du centenaire des apparitions de la Vierge Marie à Fatima en 1917, voici un récit complet des événements, depuis les préparations (les apparitions de l’Ange en 1915 et 1916) jusqu’à aujourd’hui. Tout en s’appuyant sur les études les plus sérieuses consacrées à Fatima, l’auteur revient aux sources : les mémoires rédigés par sœur  Lucie, la biographie qu’ont publiée après sa mort les carmélites de Coïmbra et la vaste Documentação Crítica de Fátima – inédite en français – qui recueille toutes les pièces du dossier depuis les premiers interrogatoires des trois voyants jusqu’au long procès canonique. Les controverses sur Fatima n’ont pas cessé et l’auteur répond à toutes les objections. Il a aussi interrogé le pape émérite Benoît XVI et publie sa réponse, inédite

 

CISZEK,  Walter J.  – Avec Dieu au Goulag : témoignage d’un jésuite. – Paris, Editions des Béatitudes, 2010. 320 pages.

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Accusé d’être un espion du Vatican, un prêtre est interné 23 années en Sibérie durant les années les plus terribles de la guerre froide. On y découvre l’itinéraire spirituel impressionnant d’un jésuite qui surmonte une épreuve terrible, à travers désarroi et souffrances, qu’il ne cache pas. A lire comme une odyssée spirituelle et un acte de foi et d’abandon à la volonté de Dieu qui ne veut pas le mal mais le permet.

Traduit de l américain par Emilie Pecheul et Cathy Brenti Capturé par l armée russe durant la Seconde Guerre mondiale, accusé d être un « espion du Vatican », Walter J. Ciszek, prêtre jésuite américain, a passé vingt-trois ans dans les prisons soviétiques et les camps de travail de Sibérie entre 1940 et 1963. Son livre présente un intérêt historique certain car très peu de témoignages ont été édités sur le ministère des prêtres catholiques dans les camps soviétiques durant cette période. Mais il est avant tout le récit d un itinéraire spirituel impressionnant que le père Ciszek a accepté de rédiger parce qu après son retour aux Etats-Unis, on lui demandait comment il avait pu surmonter pareilles épreuves. Avec beaucoup de simplicité, il relate les événements auxquels il a été confronté les cinq ans d emprisonnement à la Lubianca, le travail dans les mines de sel en Sibérie, etc. et qui l on conduit à un long dépouillement, mais aussi à un abandon de plus en plus confiant à la Providence, à une sérénité intérieure grâce à laquelle il a pu se préserver de « l arrogance du mal » qui l entourait. Il rapporte son désarroi, ses souffrances mais aussi le cheminement intérieur qu il a été amené à faire jusqu à considérer tout événement, grâces ou épreuves, comme un don de Dieu et une expression de Sa volonté. Cela lui a donné la force de tenir bon et d exercer ensuite son ministère avec discrétion mais audace dans les conditions extrêmement éprouvantes des camps puis des villes de Sibérie. Un cheminement humain hors du commun et une odyssée spirituelle unique. Auteur: Prêtre américain, ce témoignage retrace la période où il a été capturé par les Russes durant la seconde guerre mondiale et sa détention pendant 23 ans

 

CUCHET,  Guillaume. – Comment notre monde a cessé d’être chrétien. – Paris, Le Seuil, 2018. 288 pages.

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Dans un ouvrage de haute qualité, cet universitaire analyse les raisons du déclin du catholicisme en France depuis les années 1960. Comment a-t-on pu arriver à une pratique dominicale inférieure à 2 %, le seuil sous lequel les enquêtes d’opinion sont discutables, tellement les indicateurs sont faibles ? Un livre qui offre une analyse sociologique et historique redoutable de la déchristianisation de notre pays

 

 

 

DAUZET, Dominique-Marie. – Claire de Castelbajac. – Paris, Presses de la Renaissance, 2010. 250 pages.

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L’histoire de cette jeune fille, disparue en 1975 qui découvre l’amour de Dieu, immense, étonnant, si simple. Une sainte pour notre temps ?

La première biographie de Claire de Castelbajac, dont l’existence, à la fois simple et fulgurante, est marquée par son aspiration à la sainteté.

Née en 1953, Claire de Castelbajac frappe ses proches par sa joie de vivre et sa confiance en Dieu. Étudiante, elle va au-delà des conventions de la bourgeoisie catholique : musicienne, douée pour le dessin, elle expérimente la difficulté d’aimer vraiment et d’être aimé, de rester fidèle à la foi de l’enfance, dans l’immédiat après-mai-68.
En 1973, elle est admise au concours d’un prestigieux institut de restauration de peinture et se retrouve projetée dans un milieu artistique, au cœur de la vie romaine, loin des siens. Claire s’étourdit du plaisir de vivre libre. Mais son cœur, d’amours en amitiés, cherche douloureusement sa voie.
À l’été 1974, elle fait un pèlerinage en Terre sainte qui la remet dans une quête spirituelle intense. À l’automne, elle restaure les fresques de la basilique inférieure de Saint-François à Assise. Deux mois de grâce qui la conduisent au terme de sa recherche : seule, désormais, compte la louange de Dieu par sa vie. Mais aux vacances de Noël, une méningo-encéphalite l’emporte en deux semaines. Claire meurt à Toulouse le 22 janvier 1975, elle a 21 ans.
Claire de Castelbajac est de plus en plus connue et aimée en France et au-delà, spécialement par les jeunes. Bien des grâces divines semblent passer par elle. L’enquête diocésaine pour son procès de béatification s’est terminée en février 2008. Le dossier a été ouvert à la Congrégation pour la cause des saints à Rome, le 3 juin 2008. Sans prétendre anticiper aucunement sur les conclusions romaines, le présent ouvrage retrace le parcours de Claire. Il s’agit de la première biographie exhaustive réalisée à partir des nombreuses sources disponibles.

 

DENIS,  Jean-Pierre. – Un catholique s’est échappé.- Paris, Le Cerf, 2019. 192 pages.

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 Dans la crise que traverse l’Eglise en Europe et en France, le rédacteur en chef du journal La Vie est convaincu – et nous aussi ! – que le christianisme représente encore aujourd’hui une contre-culture agissante. Entre la dilution ou la crispation, comment les catholiques peuvent-ils échapper aux deux grands pièges qui les guettent : être naïfs ou médiocres ? La démonstration est source d’espérance et exprime avec force ce qu’on peut (encore) attendre des chrétiens dans une société sécularisée. Stimulant !

 

DERVILLE, Tugdual. – Le temps de l’homme : pour une révolution de l’écologie humaine. – Paris, Plon, 2016. 320 pages.

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La menace de ce 21ième siècle est claire : c’est celle de ne plus être des hommes. Le fondateur de « A bras ouverts » et délégué général de « Alliance Vita » délivre un diagnostic et propose des remèdes. Un must read pour comprendre les enjeux d’une écologie humaine qui nous évitera l’avènement d’une société atomisée, remplie d’individus errants et sans racines

 

 

 

DERVILLE, Tugdual.  – La bataille de l’euthanasie : enquête sur les 7 affaires qui ont bouleversé la France. – Paris, Salvator, 2012. 230 pages.

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Une enquête minutieuse et captivante qui montre comment l’émotion médiatique peut être utilisée pour manipuler l’opinion. Un ouvrage qui se lit comme un roman policier. Une question d’actualité brûlante qui nous concerne tous, un jour ou l’autre …

 

 

DOSTOÏEVSKI, Fedor. – Les frères Karamazov. – Paris, Gallimard, 1994.  992 pages.

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L’odieux Féodor Karamazov est assassiné. De ses trois fils – Dimitri le débauché, Ivan le savant et l’ange Aliocha –, tous ont pu le tuer, tous ont au moins désiré sa mort.
Drame familial, drame de la conscience humaine, interrogations sur la raison d’être de l’homme, tableau de la misère, de l’orgueil, de l’innocence, de la Russie au lendemain des réformes de 1860, orgies, miracles, la richesse de ce roman de Dostoïevski, son dernier, et considéré comme son chef-d’œuvre, ne sera jamais épuisée.
Le génie de Dostoïevski est à ce point divers que Nabokov a même osé écrire : « N’oublions jamais que Dostoïevski est avant tout un auteur de romans policiers… un maître du suspens. »

Célèbre écrivain russe qui y fait la synthèse des problèmes philosophiques, religieux et moraux qui ont hanté son univers. Il aborde la question ultime de l’existence de Dieu, qui l’a tourmenté toute sa vie. De nombreux thèmes chers à l’auteur y sont développés : l’expiation des péchés dans la souffrance, l’absolue nécessité d’une force morale au sein d’un univers irrationnel et incompréhensible, la lutte éternelle entre le bien et le mal, la valeur suprême conférée à la liberté individuelle. C’est de cet ouvrage qu’on a tiré la célèbre citation : « Si Dieu n’existe pas, alors tout est permis »

 

GUEULETTE Jean-Marie. – La vie en abondance : la vertu de chasteté pour les prêtres et les religieux.- Paris, Le Cerf, 2019. 288 pages.

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La chasteté : mirage ou imposture ? Mal compris, le célibat sacerdotal suscite beaucoup de suspicion, à la lumière des récents scandales qui frappent l’Église. Les prêtres et les consacrés n’ont-ils pas d’autre choix que de tuer leurs désirs ? En mobilisant l’histoire, la théologie, la biologie ou encore la psychologie, c’est en religieux et en scientifique que l’auteur livre ici une réflexion concrète où la frustration s’efface devant la transfiguration. La réponse est simple : il ne s’agit pas de tuer le désir, mais de le vivre autrement. Et les centaines de milliers de consacrés heureux dans leur célibat, dont on parle beaucoup moins, sont là pour le prouver

 

GROSJEAN, Pierre-Hervé. – Catholiques, engageons-nous ! – Perpignan, Artège, 2018. 196 pages.

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Face à ce monde hostile ou indifférent, quelle marge entre démission ou exil ? Dilution ou repli sur soi ? Plein d’espérance, l’abbé nous explique qu’on ne peut se résigner à regarder ce monde comme un spectateur regarde un match depuis les tribunes ou le banc de touche. Il faut passer à l’action ! En montrant comment l’engagement des catholiques est possible, en particulier en politique, dans l’enseignement, les médias ou la culture, il appelle la génération qui vient à être celle des « témoins décomplexés » évoqués par le pape Benoît XVI et à « descendre du balcon » pour passer à l’action, comme le réclame le pape François

GROSJEAN, Pierre*Hervé. – Aimer en vérité. – Perpignan, Artège, 2014. 150 pages.

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Depuis des années qu’il rencontre et écoute des jeunes, l’abbé Grosjean les connaît bien. De son expérience d’accompagnement et de ses conférences, il a recueilli le meilleur pour répondre à toutes leurs questions sur la construction d’un amour vrai.Ni cours de morale, ni code de conduite, ce livre veut transmettre aux jeunes de 15 à 22 ans des convictions qui font grandir et encouragent, pour se préparer à aimer. Un ouvrage indispensable également pour tous ceux qui veulent donner à leurs ados et leurs aînés une vision juste et constructive de l’amour.

L’abbé Pierre-Hervé Grosjean est prêtre du diocèse de Versailles. Ordonné en 2004, il est aujourd’hui curé de paroisse à Saint-Cyr-l’école. Aumônier de lycée, il accompagne également beaucoup de jeunes, dans le cadre du scoutisme ou des Universités d’été « Acteurs d’Avenir » qu’il a fondées. Il anime Padreblog.fr avec d’autres cinfrères.

 

GROSJEAN, Pierre-Hervé. – Donner sa vie : Es-tu prêt à donner ta vie ? Si oui, pour qui et pour quoi ? – Perpigan, Artège, 2018. 168 pages.

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Voilà la question fondamentale qui se pose à tout jeune entre 15 et 30 ans au moment de discerner sa vocation, puis de faire ses choix de vie. Comment y répondre ? Comment vivre aujourd’hui cette joie du don de soi dans ses études, sa vie spirituelle ou le service des autres ? Et demain, comment discerner une vocation, quelle qu’elle soit ? Un discours franc et concret, très encourageant, qui nous rappelle que toute vie est belle quand elle est donnée

 

HADJADJ Fabrice . – Résurrection, mode d’emploi. – Paris, Magnificat, 2016. 192 pages.

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Vous souvenez-vous du brûlot intitulé : Suicide, mode d’emploi de C. GUILLON et Y. le BONNIEC ? Paru en 1982, il est désormais interdit à la vente en France. Cet essai est en quelque sorte la suite, en beaucoup mieux et pour cause ! Jésus revient parmi les siens (!) et sa vie a désormais une prise directe sur la nôtre : l’argent, la féminité, le service, l’attention aux autres, les repas, la Bible, le pardon, le martyre, la foi, la nouvelle évangélisation, l’amour… rien n’est oublié, le tout dans un style à la fois tonique et profond.

« Forcément, l’événement d’un Ressuscité paraît difficile à avaler pour un habitué des avatars, des profils, des objets 3D qui ne sont ni nés ni morts ni vivants. Mais pour un gars positif et manuel d’autrefois, un paysan, un meunier, un mégissier, c’était de l’invraisemblable, sans doute, et cependant à peine entendait-il : Amen, amen, je vous le dis : si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il reste seul ; mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruit (in 12, 24), ça devenait simple, c’était aussi vrai qu’avril, le renouveau de la verdure, l’or des moissons… » Que nous disent les apparitions du Christ après sa Résurrection ? Comment les comprendre aujourd’hui ? A travers une méditation à la fois profonde et légère, Fabrice Hadjadj pose un regard neuf et plein de finesse sur le mystère du Ressuscité.

 

HUMBRECHT Thierry-Dominique – Eloge de l’action politique. – Paris, Parole et Silence, 2015. 206 pages.

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Le théologien et philosophe y décrit l’avènement d’une génération politique qui se lève, composée de chrétiens et de non chrétiens. Elle veut passer à l’action et s’illustrer dans le débat. Des questions se posent : légitimité de l’ambition, fins du politique, équilibre du nécessaire et du possible, manipulation des passions publiques, rayonnement professionnel, disponibilité des acteurs, recherche des terrains d’entente. Avec en outre, pour les chrétiens, la place du témoignage dans une société sécularisée

 

 

 

UMBRECHT, Thierry-Dominique.L’évangélisation impertiente : guide du chrétien en pays postmoderne.Paris, Parole et Silence, 2012. 286 pages.

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Un ouvrage pour devenir un évangélisateur impertinent qui délivrera un message d’espérance par temps de relativisme.

Dans les débats de société, pourquoi le catholique se reconnaît-il surtout à son silence ? Intimidé, exclu de la culture, il se demande ce qui se passe. Le pays dans lequel il vit n’est plus chrétien, il est devenu celui des postmodernes. En a-t-il pris la mesure ? Les postmodernes ne cessent de s’affranchir de leur héritage chrétien. Leur nihilisme affiché masque une stratégie de pouvoir, parfois une nostalgie. Comment un chrétien peut-il se situer, entre compassion, complicité et contre-culture ? Par rupture de transmission, culture antichrétienne, dictature du relativisme, athéisme catholique, le paquebot est devenu barque. Les chrétiens eux-mêmes y trouvent leur compte :  » j’en prends et j’en laisse « . Comment, dans ces conditions, faire entendre l’Evangile ? Par la parole ou par l’exemple ? Dans quels lieux : famille, éducation, politique, culture ? Entre laïcité mal comprise et vains appels au miracle, le chemin est celui d’une providence qui compte sur notre courage public. Le chrétien aussi a quelque chose à dire à ses contemporains. Il n’y a pas d’Eglise sans évangélisateurs impertinents, qui délivrent un message d’espérance par temps de relativisme.

 

JEAN-PAUL II. – Mémoire et identité.- Paris, Flammarion, 2005. 250 pages.

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Le livre testament du Pape, publié à peine trois mois avant sa mort. Sous un ton très personnel, celui qui a été canonisé en 2014 décrit la mort d’un Occident qui perd sa mémoire et ne sait plus définir son identité. Un véritable bréviaire pour une Europe désincarnée

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JOURDAN ; François. – La Bible face au Coran : les vrais fondements de l’Islam. – Editions de l’Oeuvre, 2011. 160 pages.

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Après « Dieu des chrétiens, Dieu des musulmans », qui a connu un vrai retentissement, le père François Jourdan récidive avec cette nouvelle incursion du côté des fondements de l’islam. Ses conclusions sont révolutionnaires. Pas à pas, avec le sens de la formule et de la pédagogie, il démontre que la religion musulmane n’est pas biblique, qu’elle ne tire pas ses sources de l’Ancien Testament et que les musulmans ne sont pas des enfants d’Abraham. Un petit livre clair qui refuse la facilité et la paresse intellectuelle, et contribue à une meilleure compréhension des réalités de l’islam.

 

KESSEL,  Joseph. – Les mains du miracle. – Paris, Gallimard Folio, 2013. 416 pages.

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L’incroyable histoire du docteur finlandais Felix Kersten. À la veille de la seconde guerre mondiale, Felix Kersten est spécialisé dans les massages thérapeutiques. Parmi sa clientèle huppée figurent les grands d’Europe. Pris entre les principes qui constituent les fondements de sa profession et ses convictions, le docteur Kersten consent à examiner le puissant chef de la Gestapo : Heinrich Himmler. Affligé d’intolérables douleurs d’estomac, celui-ci en fait bientôt son médecin personnel. C’est le début d’une étonnante lutte, Felix Kersten utilisant la confiance du fanatique bourreau pour arracher des milliers de victimes à l’enfer nazi.

 

LYONNET, Pierre. – Traverser la souffrance avec le Christ. – Perpignan, Artège, 2014. 170 pages.

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Assumer les douleurs et les peines de la maladie oblige à descendre au plus profond de soi-même, là où Dieu est présent, pour puiser en lui le courage de continuer à avancer, malgré tout. Un ouvrage qui aidera les personnes éprouvées, et tous ceux qui se dévouent auprès d’elles, à traverser la souffrance avec le Christ.

 

 

 

 

MALEGUE Joseph. – Augustin ou le maître est là. – Paris, Le Cerf, 2014. 832 pages.

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Le « Proust catholique » des années 1930, écrivain lu avec ferveur par saint Paul VI comme le conteur de l’histoire de l’âme et par le pape François comme le grand romancier moderne des « classes moyennes de la sainteté ». Un magnifique roman d’une confondante actualité sur la crise religieuse des sociétés d’abondance.

L’heure est venue de redécouvrir Joseph Malègue, célébré comme le « Proust catholique » dans les années 1930, écrivain lu avec ferveur par le pape Paul VI comme le « conteur de l’histoire de l’âme », et par le pape François comme le grand romancier moderne des « classes moyennes de la sainteté. De 1876 à 1924, des monts d’Auvergne aux boulevards de Paris, de la France rurale des clochers à la France urbaine des usines et des universités, c’est tout un monde qui disparaît, marqué par la séparation de l’Église et de l’État, puis par la Grande Guerre, et que traverse Augustin Méridier, héros déchiré entre la foi et le doute, la transmission et la sécularisation, l’espérance et la mélancolie. De cette destinée tourmentée, hantée par les femmes, et de ce temps de convulsion, qui oppose les hommes, Malègue dresse superbement la double chronique où l’abandon à la transcendance ordinaire s’impose comme le seul héroïsme. Un magnifique roman-univers, d’une confondante actualité, sur la crise religieuse des sociétés d’abondance.

 

MANENT, Pierre. – Situation de la France. – Paris, Desclée de Brouwer, 2015. 176 pages.

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Un ouvrage réaliste qui n’a pas peur de dire que la laïcité française veut exclure de son champ de vision tous les phénomènes religieux pour se convaincre qu’il n’y a aucun problème d’intégration des populations arabo-musulmanes. L’auteur considère qu’une telle attitude est contre-productive et, à plus ou moins long terme, suicidaire pour notre pays. Il faut au contraire faire mémoire de nos origines et y retrouver la place singulière de la « marque chrétienne » pour fuir deux tentations : la résignation et le renoncement. On a très envie de lui donner raison.

 

 

MARION, Jean-Luc. – Brève apologie pour un moment catholique. – Paris, Grasset, 2017. 128 pages.

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De Descartes et de Heidegger (les « pères » de notre postmodernité), Jean-Luc Marion occupe le siège du cardinal Lustiger à l’Académie française. Alors qu’on dit les catholiques de France désunis, affaiblis et découragés, l’auteur remarque qu’ils n’ont jamais autant été à la fois courtisés et dénigrés. Preuve s’il en est, de leur place singulière ! Comme les Apôtres le jour de la Pentecôte, nous avons reçu un Esprit de douceur et de force, de créativité et d’unité, de lucidité et d’espérance. Que notre époque n’ait pas peur des chrétiens : leur amour d’une vérité toujours à approfondir, leur exigence éthique, leur rapport à l’universel peuvent être salutaires pour notre cité. Un livre qui donne du souffle

MENTHIERE, Guillaume de.- Dix raisons de croire. – Paris, Salvator, 2010. 240 pages.

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On ne peut aujourd’hui être un chrétien adulte sans l’avoir voulu et réfléchi. Un exposé simple et accessible qui montre que la foi ne relève pas d’une déficience mentale. Le livre qui pourra aider pour les discussions du soir entre amis.

Il y a dans ce monde des raisons de croire et des raisons de ne pas croire. Un grand nombre de nos contemporains se réfugient frileusement dans ce qu on appelle l agnosticisme. Mais Jésus n a-t-il pas dit : « Que votre oui soit oui, que votre non soit non, tout le reste vient du Malin » ? Les catholiques ont « la faiblesse de croire » ce que l Église enseigne. N est elle pas bien révélatrice cette étrange expression : « faiblesse de croire » ? Comme si la foi ne pouvait relever que d une déficience, d une asthénie mentale. Quelle force d âme, bien au contraire, n est-elle pas requise pour croire ! De nos jours on ne peut guère être un chrétien adulte sans l avoir voulu et réfléchi. Ne doit-on pas renouer avec cette vieille discipline par trop oubliée, l apologétique, en présentant simplement toutes les bonnes raisons qu il y a d adhérer à la vérité du christianisme ?

MOREAU, Denis. – Comment peut-on être catholique ?. – Paris, Le Seuil, 2018. 368 pages.

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Un livre à offrir à tous ceux qui vous ont dit un jour : « c’est drôle, t’es catho mais… t’es sympa ! ». Cet ouvrage ne convertira probablement personne au catholicisme. Mais à ceux qui ne croient pas, il suggérera qu’un catholique n’est pas nécessairement un imbécile. À ceux qui croient déjà, il fournira quelques arguments susceptibles d’affermir leur foi. À tous, il expliquera que lorsque se pose la seule question qui vaille vraiment — comment tenter de réussir sa vie ? — le catholicisme constitue une des bonnes réponses envisageables. Et même un choix de raison.

 

O’BRIEN Michael D. – Père Elijah : une apocalypse. – Paris, Salvator, 2008. 589 pages.

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« Père, dit le Pape, vous vous demandez pourquoi nous vous avons fait venir ici à Rome dans des circonstances si inhabituelles.
– Oui, Saint-Père.
– L’affaire qui nous échoit ne concerne que très superficiellement l’archéologie. C’est un sujet des plus délicats. Je vous demande de garder les choses dont nous allons parler dans la plus grande confidentialité.

Père Elijah est le récit d’un moine carme, ancien homme politique israélien et rescapé de la Shoah, appelé par le Pape à une mission particulièrement périlleuse. Sorti de son monastère du Mont Carmel, le Père Elijah se retrouve dans un tourbillon où se croisent les forces les plus ténébreuses. À qui pourra-t-il faire confiance et comment pourra-t-il accomplir sa mission ? L’épreuve à laquelle il est soumis prend au fil des pages une dimension politique et spirituelle des plus complexes et passionnantes.
Miroir du monde contemporain et aventure palpitante, Père Elijah donne une profondeur nouvelle aux thrillers du genre. Un récit d’exception écrit par un expert des âmes et un orfèvre des complots.

Un thriller par un vrai spécialiste du Vatican.

Les romans de Michael O’Brien sont puissants, chargés d’une réflexion métaphysique, psychologique et religieuse de haut vol. Ce bon connaisseur des âmes sait décrire à merveille la vie humaine et notre temps. Ce roman présente un monde où le mal a pris l’apparence d’un jeune dirigeant du monde, mâtiné de bons sentiments. Une histoire qui vous donnera certainement envie de lire l’ensemble des livres de l’auteur !

 

PAPPERT Aloysius. – Mémoires de guerre. – Paris, Salvator, 2017.  (tome 1 « une jeunesse volée » et tome 2 « Le sang des prisonniers »).

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Le récit authentique et troublant d’une épopée : celle d’Aloysius Pappert, né en Allemagne en 1924 dans une famille catholique et antinazie. Contre son gré, il doit partir en guerre en Russie alors qu’il a à peine 17 ans. Le jour de son départ, sa mère lui donne une médaille et le confie à la protection de la Vierge Marie pour qu’il revienne sain et sauf. Ses mémoires  évoquent son parcours en deux tomes. A travers l’épopée d’un jeune homme emporté dans le tourbillon d’une terrible guerre, on découvre une remarquable profession de foi qui transmet une force inégalable.

POLTAWSKA,  Wanda. – Journal d’une amitié : la famille Poltawski et Karol Wojtyla. – Paris, Médiaspaul, 2011. 624 pages.

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Peu de gens savent que le 2 avril 2005, jour de la mort de saint Jean-Paul II, deux personnes se trouvaient à ses côtés dans les appartements pontificaux : Mgr Stanisław Dziwisz, son fidèle secrétaire mais aussi une femme, sa « sœur spirituelle » de toujours : Wanda Połtawska. Ancienne résistante et médecin réputé, cette mère de quatre enfants a vécu 55 ans d’une amitié unique avec Karol Wojtyła. Elle est donc l’une des personnes au monde qui le connait le mieux. Cette amitié inédite, source d’élévation et de méditation, se nourrit d’une imposante correspondance mais aussi de randonnées au contact de la nature. Sorti en 2011, ce livre qui se lit par étapes, est le récit de la rencontre entre l’auteur et Karol Wojtyła, son guide spirituel et son ami. On y découvre avec intérêt le recueil d’une riche correspondance qui nous révèle l’intimité du pape polonais mais nous éclaire aussi sur une saine et sainte amitié entre un homme de Dieu et une femme

 

POTDEVIN Jean-Marc. – Les mots ne peuvent dire ce que j’ai vu : l’expérience mystique d’un business angel. – Paris, Editions de l’Emmanuel, 2012. 192 pages.

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Sous-titré « L’expérience mystique d’un business angel » cet ouvrage s’adresse à la fois aux non-chrétiens et aux chrétiens. L’auteur, baptisé et en fait « mal-croyant », raconte comment le Seigneur a employé de grands moyens pour le repêcher. Le récit d’une conversion assez radicale

 

 

 

 

RASPAIl, Jean. – Le jeu du roi. – Paris, Robert Laffont, 2003. 359 pages.

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Un petit garçon rêvait d’un royaume.
Un roi – réellement, légitimement roi, mais de Patagonie – vivait seul, face à l’océan, dans un fort délabré de la côte du Ponant, attendant l’héritier qui recueillerait son rêve avec sa royauté. Il choisit l’enfant. Il lui fit partager les mirages de cette Terre de Feu où il n’avait peut-être jamais mis les pieds, mais qui était toute sa vie, son être même ; il l’introduisit dans les mystères du royaume invisible qu’il portait en lui ; il le fit roi…
C’est le petit garçon devenu adulte qui nous raconte cette histoire, au lendemain de la mort d’Antoine IV,  » roi de Patagonie par la grâce de Dieu et la volonté des Indiens de l’extrême sud du continent américain « . Une histoire qui a un fondement historique vérifiable par tous, mais que la passion et l’imagination de Jean Raspail ont élevée au rang des grandes aventures de l’esprit. Tandis que le monde, notre monde, s’agite au rythme inquiétant des grandes foules contemporaines, le vieil homme et l’enfant contemplent l’horizon marin ; ils l’identifient à l’océan patagon hérissé de  » furies  » et aux archipels de la Terre de Feu, porteurs d’un certain destin dont l’homme d’aujourd’hui a perdu le chemin.
Là-bas, l’homme devient roi. Sa longue nuit s’illumine… Une grande et belle histoire, pleine de significations, comme on n’en écrit plus, comme seul pouvait l’écrire Jean Raspail.

La grande et belle histoire, pleine de significations, entre un petit garçon et un roi. Il faut avoir lu au moins une fois ce roman écrit par l’auteur de Sire ou de L’Anneau du pêcheur qui signe ici une authentique aventure de l’esprit. Le résultat est immédiat ; le récit nous fait quitter la grisaille du monde pour nous faire entrer dans un royaume imaginaire : la Patagonie. Des milliers de Français se revendiquent aujourd’hui Patagons, une confrérie du cœur qui se vit comme une deuxième nationalité. Une manière décalée et pleine de fraîcheur pour résister aux temps présents.

 

RASPAIL, Jean.Le camp des saints. Précédé de Big Other – Paris, Robert Laffont, 2011.  372 pages

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 » Dans la nuit, au midi de notre pays, cent navires se sont échoués, chargés d’un million d’immigrants. Ils viennent chercher l’espérance. Ils inspirent la pitié. Ils sont faibles… Ils ont la puissance du nombre. Ils sont l’Autre, c’est-à-dire multitude, l’avant-garde de la multitude. À tous les niveaux de la conscience universelle, on se pose alors la question : que faire ? Il est trop tard ».
Paru pour la première fois en 1973, Le Camp des Saints, qui est un roman, relève en 2011 de la réalité. Nous sommes, tous, les acteurs du Camp des Saints. C’est notre destin que ce livre raconte, notre inconscience et notre acquiescement à ce qui va nous dissoudre.
C’est pourquoi, en guise de préface à cette nouvelle édition, dans un texte intitulé Big Other, j’ai voulu, une dernière fois, mettre un certain nombre de points sur les i. »
Pas très politiquement correct mais tellement bien écrit ! La réédition du roman qui prédit la troisième guerre mondiale, sans armes, entre une multitude affamée et une minorité de nantis. « Le récit de notre inconscience et de notre acquiescement face à ce qui va nous dissoudre » dit l’auteur.

 

RASPAIL, Jean. – Moi, Antoine de Tounens, roi de Patagonie. – Paris, Albin Michel, 1981. 316 pages.

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Sur une modeste tombe d’un petit cimetière du Périgord, on peut lire cette épitaphe: Ci-gît Orélie-Antoine Ier, roi de Patagonie, décédé le 18 septembre 1878. La plus étrange épopée qui se puisse concevoir… Durant les vingt-huit années du règne d’Orélie-Antoine, le rêve et la réalité se confondent aux bornes extrêmes du monde, là-bas, en Patagonie, au détroit de Magellan. Qui est Antoine de Tounens, roi de Patagonie, conquérant solitaire, obscur avoué périgourdin embarqué sur les flottes de la démesure, son pavillon bleu, blanc, vert claquant aux vents du cap Horn ? Un fou ? Un naïf ? Un mythomane ? Ou plus simplement un homme digne de ce nom, porteur d’un grand destin qu’il poursuivra toute sa vie en dépit des échecs, des trahisons, des sarcasmes qui peupleront son existence… Es-tu roi de Patagonie ? Je le suis! Il n’en démordra pas. Roi il fut, quelques jours au moins, et toute une vie. Des sujets, il en eut : Quillapan, cacique des Araucans, Calfucura, cacique des Patagons, mais aussi Verlaine, Charles Cros, le commodore Templeton, le général Chabrier, l’amiral Dumont d’Urville, l’astronome Camille Flammarion, le colonel von Pikkendorff, Véronique, reine de Patagonie, aux multiples visages, et tant d’autres, le cœur débordant d’émotion, qui se déclarèrent un jour ou l’autre, l’espace d’un instant, sujets du roi Orélie-Antoine. Car nous sommes tous des Patagons. Là-bas, en Patagonie, l’homme devient roi. Sa longue nuit s’illumine

 

RASPAIL, Jean. – La miséricorde. – Editions des Equateurs, 2019. 174 pages.

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A partir d’un fait divers particulièrement horrible, la réponse à la grande question du pardon et du salut.

À la fin des années 1950, l’affaire du curé d’Uruffe a été l’une des plus grandes histoires criminelles françaises de l’après guerre. Un jeune curé amateur de femmes avait tué sa maîtresse et l’enfant qu’elle portait, qu’il considérait comme « l’enfant du péché ». De ce fait divers terrifiant, Jean Raspail a écrit un roman sur le péché, le catholicisme et la miséricorde. Son narrateur est un avocat qui fut le secrétaire d’un as du barreau qui a défendu le curé criminel. Au hasard d’une promenade dans une église, il se retrouve dans le confessionnal avec ce curé criminel, l’occasion de raconter ce drame qui foudroya l’église.

 

RATZINGER,  Joseph. – Mon Concile Vatican II  : 1962-1965. – Perpigan, Edition Artège, 2011. 304 pages.

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Les divisions qui se sont fait jour au moment du Concile Vatican II ont resurgi avec l’élection de Benoît XVI. Considéré comme un tenant de la réaction conservatrice, beaucoup ignorent encore la place importante qu’a pu occuper le jeune abbé Ratzinger comme expert au Concile. Inédit en France, ce document exceptionnel rassemble les prises de positions du futur pape au cours de cette étape historique pour l’Église.

 

RATZINGER, Joseph. – Lumière du monde. – Paris, Bayard-Centurion, 2010. 300 pages.

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Une série d’entretiens où le pape se livre sans détours. On a l’impression d’être en face de Benoît XVI, assis dans un bon fauteuil, avec, dans la cheminée, le feu qui crépite ! Le ton est libre, simple, léger parfois, mais au fil de la « soirée », la conversation se fait plus profonde, embrassant les enjeux du monde et de l’Eglise ou les grandes interrogations spirituelles

 

 

SABOURDIN-PERRIN, Dominique. – Madame Elisabeth de France (1764-1794) : l »offrande d’une vie. – Paris, Salvator, 2017. 90 pages.

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Un livre pour découvrir la personnalité attachante de la sœur de Louis XVI, guillotinée pendant la Révolution française. D’une exigence spirituelle rare, comprenant qu’elle ne se mariera pas, elle trouve dans son célibat non-choisi une véritable fécondité, dans le soin des pauvres et la fidélité au devoir d’état. Son procès en béatification vient de connaître de singulières avancées, plus de deux cents ans après sa mort, redonnant toute sa valeur à une belle prière qu’elle aimait réciter chaque jour.

Née à Versailles le 3 mai 1764, Madame Élisabeth de France est la petite-fille de Louis XV, fille du dauphin et soeur du roi Louis XVI. Belle personnalité, cultivée, elle se montre très attentive aux autres et à l’exigence spirituelle. Comprenant qu’elle ne se mariera pas et qu’elle n’est pas appelée non plus à la vie religieuse, elle décide de mener son existence dans la prière et le soutien des pauvres. Sa réputation de bonté se répand. Dans le contexte dramatique de la Révolution, elle réactive la dévotion du Voeu Louis XIII et au Coeur de Marie. Pour son courage lors d’une émeute, on va même la surnommer la « sainte Geneviève des Tuileries » Emprisonnée au Temple, elle est exécutée sur l’échafaud le 10 mai 1794 en donnant jusqu’au bout un témoignage de foi exemplaire. Dominique Sabourdin-Perrin retrace ici son parcours au moment où le diocèse de Paris vient d’introduire sa cause de béatification.

 

SAINT-EXUPÉRY,  Antoine de. – Terre des hommes. – Paris, Gallimard, 1972. 181 pages.

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Un petit livre superbement écrit, tout en caresses et en légèreté, sur le dos des nuages. Un sublime morceau de littérature française qui offre des réponses à une question essentielle : qu’est-ce qui permet de devenir vraiment un homme ? L’occasion de redécouvrir la plume de l’écrivain-aviateur disparu trop vite.

« Nous habitons une planète errante. » Saint-Exupéry, qui vient d’être nommé pilote de ligne, découvre, admire, médite notre planète. Assurant désormais le courrier entre Toulouse et Dakar, il hérite d’une vaste responsabilité à l’égard des hommes, mais surtout de lui-même et de son rapport au monde. Tout en goûtant « la pulpe amère des nuits de vol », il apprend à habiter la planète et la condition d’homme, lit son chemin intérieur à travers les astres. En plus du langage universel, il jouit aussi chaque jour de la fraternité qui le lie à ses camarades du ciel. Il rend hommage à Mermoz ou à Guillaumet, à qui est dédicacé le roman, et dont il rappelle les célèbres paroles : « Ce que j’ai fait, je le jure, jamais aucune bête ne l’aurait fait. » Dès Courrier Sud et Vol de nuit, l’homme d’action a su admirablement se mettre au diapason de l’homme de pensée et de l’humaniste qu’était tout à la fois Saint-Exupéry. Dans Terre des hommes, l’aviateur-écrivain s’intéresse particulièrement à la rigueur qu’exigent les relations humaines. –Laure Anciel

 

SARAH, cardinal. Robert. – Dieu ou rien : entretien sur la foi. – Paris, Fayard,  2016. 424 pages.

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Dans ce livre d’entretien réalisé avec Nicolas DIAT, le préfet de la Congrégation pour le Culte divin et la discipline des sacrements raconte avec humilité et profondeur son incroyable histoire. Un récit étayé de réflexions personnelles franches, argumentées et souvent directes, notamment sur le néo-colonialisme idéologique exercé en Afrique par l’Occident décadent. Décapant, émouvant, tonifiant

 

 

 

SARAH, cardinal Robert. – La force du silence. – Paris, Fayard, 2017. 378 pages.

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Un livre paradoxal puisqu’il nous parle en plus de 300 pages… du silence ! Le sous-titre éclaire déjà le propos : « Contre la dictature du bruit ». Il invite à l’action, peut-être même à un exercice spirituel, fait de pensées numérotées qui reflètent la richesse du silence : le lecteur peut butiner chacune pour en faire librement son miel .

 

 

 

 

SARAH, cardinal Robert. – Le soir approche et déjà le jour baisse. – Pari, Fayard, 2019. 448 pages.

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Comme d’habitude, l’auteur ne mâche pas ses mots et son constat est simple : notre monde est au bord du gouffre. Crise de la foi et dans l’Église, déclin de l’Occident, trahison de ses élites, relativisme moral, mondialisme sans limite, capitalisme débridé, nouvelles idéologies, épuisement politique, dérives d’un totalitarisme islamiste… Mais si le diagnostic est sans concession, le cardinal démontre aussi qu’il est possible d’éviter l’enfer d’un monde sans Dieu, sans homme et sans espérance. Il livre surtout une importante leçon spirituelle : il faut faire du chemin de notre vie l’expérience d’une élévation de l’âme et quitter ainsi l’existence en créature plus élevée qu’elle n’y était entrée.

 

 

STREB,  Blanche. – Bébés sur mesure : le meilleur des mondes. – Perpigan, Editions Artège, 2018. 266 pages.

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Le saviez-vous ? Les bébés génétiquement modifiés sont déjà nés. C’est ce qu’affirme, preuves à l’appui, cette jeune docteur en pharmacie dans un essai décapant qui nous révèle ce qui se trame dans le secret des labos. A quoi ressemblerait le monde des meilleurs, un monde où les êtres humains, en plus d’être triés, seraient améliorés, voire augmentés ? Les générations futures seront-elles encore libres de faire des bébés sous la couette ou allons-nous vers un avenir sans sexe où la fabrication des bébés serait confiée à des experts ? Ce livre accessible à tous aide à comprendre les basculements qui s’opèrent dans le domaine de la procréation artificielle et dénonce l’emballement technique qui se retournera contre l’homme.

 

STREB, Blanche. –  Eclats de vie : témoignages. – Paris, Editions de l’Emmanuel, 2019. 287 pages.

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Un petit concentré de vie, d’espérance et d’amour, à glisser dans toutes les mains. Alors qu’elle n’est pas épargnée par l’épreuve, notre pharmacienne connue pour d’autres écrits plus engagés (comme celui présenté juste au-dessus) parle ici de la souffrance avec une plume juste et sensible. En refermant son livre, on a envie de partager sa conviction : la vie est courte, fragile mais tellement belle !

 

 

 

SUREAU François. – Inigo : portrait. – Paris, Gallimard, 2010.150 pages.

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Comment un gentilhomme espagnol découvre l’enjeu de la vie : se divertir ou se convertir. Le boulet tranchera…

« J’ai longtemps détesté Ignace de Loyola, lui trouvant l’air d’un égaré baigné de larmes. nous appelant sans discrétion aux sacrifices qu’une imagination médiévale lui faisait concevoir. Je n’aimais ni sa phrase, ni ses deux étendards, ni son passé de soldat ni son avenir de général du pape, ni son visage au front étroit et fuyant. Son militarisme m’écoeurait, tout comme ses règles et ses disciplines et les mille arguties de sa correspondance. Je ne voyais pas comment le même homme qui avait voulu, selon la tradition orientale, devenir « fou pour le Christ », et méprisé. pouvait dans ses lettres peser à ce point le pour et le contre et composer avec les puissants ». En un portrait bref et acéré, François Sureau fait céder l’image trop lisse d’un homme auquel les livres pieux sont impuissants à rendre justice.

 

VERLINDE,  Joseph-Marie. – Initiation à la lectio divina . – Paris, Parole et Silence, 2002. 180 pages.

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Le livre qui vous permettra de suivre l’invitation du pape à prendre l’évangile dans vos bagages de vacances !

La Parole est le lieu privilégié de la rencontre avec le Dieu vivant qui s’est fait proche. L’Ecriture en effet n’annonce pas seulement le Verbe de Dieu; elle est le Verbe de Dieu, présent et agissant parmi nous, un des « lieux » privilégiés où se donne à contempler son Visage et où se communique sa grâce.

Le but de l’ouvrage est de faciliter l’accès à cette présence, en conviant le lecteur à l’école de la grande tradition monastique de lecture priante des Ecritures. Au fil des nombreuses citations puisées dans les écrits des Pères, il invite à une mise en pratique personnelle à partir d’exemples donnés par les auteurs anciens.

La lecture savoureuse des Ecritures, passant par les degrés de la lectio, la meditatio, l’oratio et la contemplatio, conduit à une intériorisation progressive de la Parole, qui peut dès lors accomplir son ouvre de transformation au plus intime de l’être.

En invitant à boire à la Source vive de la Parole, l’ouvrage rappelle de façon opportune la spécificité de la spiritualité chrétienne au milieu des multiples propositions qui sollicitent le pèlerin de l’Absolu en ce début de troisième millénaire.

Le Père Joseph-Marie Verlinde, docteur en sciences, docteur en philosophie et titulaire d’un DEA de théologie, enseigne à l’Université catholique de Lyon, au séminaire de Belley-Ars et au studium Intermonastique de France. Il est l’auteur de nombreux ouvrages et a prêché les conférences du Carême 2002 à Notre-Dame. Il est également prieur de la fraternité monastique de la Famille de Saint Joseph, dont la spiritualité est centrée sur la lectio divina.

 

WARREN, Rick. – Une vie motivée par l’essentiel : pourquoi suis-je sur Terre ? – Ourania Editions, 2013.  400 pages.

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Pasteur baptiste, fondateur de la célèbre « Saddleback Church » en Californie aux Etats-Unis, Richard Warren est l’auteur de nombreux ouvrages chrétiens. Celui-ci est le plus connu et répond à une question essentielle : pourquoi ou pour quoi suis-je sur terre ?

Quel est le sens de notre vie? Dieu aurait-il des projets pour nous, pour notre vie et pour l éternité? Pendant 40 jours et autant de chapitres quotidiens, le pasteur Rick Warren propose de partir à la découverte du sens de la vie. «Pourquoi suis-je sur terre?»: la réponse à cette question permet de vivre l essentiel, d affronter la vie avec sérénité, et de se préparer pour l éternité. Une vie motivée par l essentiel est un guide de vie chrétienne pour les chrétiens du 21e siècle, pour une existence basée sur les plans éternels de Dieu et non sur les valeurs culturelles. A partir de plus de 1200 citations et références bibliques, il remet en question les définitions conventionnelles de l adoration, de la communion fraternelle, de la maturité, du ministère et de l évangélisation. Dans la tradition d Oswald Chambers, Rick Warren nous offre des explications judicieuses sur le vrai sens de la vie. C est un livre plein d espoir que vous allez lire et relire, et qui deviendra un classique apprécié des générations futures.

 

ZANOTTI-SORKINE,  Michel-Marie. – L’Amour, une affaire sacrée, une sacrée affaire. – Paris, Le Rocher, 2014. 120 pages.

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On y explique, avec flamboyance et vérité, comment s’aimer et s’aimer bien.

L’ Amour avec un grand A. Dans un très beau texte, parseméd’ exemples ancrés dans la réalité, Michel-Marie Zanotti-Sorkine entre avec délicatesse dans ce qu’ est l’ Amour, le grand, levrai. Sans jamais désespérer, il montre combien l’ Amour a besoind’un cadre et de temps, de patience et d’ écoute pour atteindreson plein épanouissement. De l’ enfance à l’ âge d’ homme enpassant par l’ adolescence, de la rencontre de l’ être aimé à la viecommune, comment s’ aimer et s’ aimer bien ? Michel-Marie Zanotti-Sorkine répond : « […] l’ Amour, le vrai,l’ enivrant, le fort, l’ éclatant, l’ absolu, l’ irrésistible et l’ immuable,vous désire depuis la nuit des temps, vous espionne à tous âgeset sur tous les fronts, vous guette sur chaque seconde, et surtout,vous espère, vous attend et vous veut, pour qu’ un brin d’ éternitédescende en votre temps. »

ZELLER, Guillaume. – La baraque des prêtres  : Dachau 1938-1945. – Paris, Tallandier, 2015. 424 pages.

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Le récit d’un drame méconnu : celui de milliers de religieux qui ont été déportés dans le camp de concentration de Dachau où beaucoup y laissèrent la vie. Outre les conditions de subsistance et de détention, l’auteur détaille la façon dont la vie spirituelle et sacerdotale a pu se maintenir dans le camp grâce à l’entretien d’une chapelle, la seule autorisée dans tout le système concentrationnaire nazi.

De 1938 à 1945, 2 720 prêtres, religieux et séminaristes sont déportés dans le camp de concentration de Dachau, près de Munich. Regroupés dans des « blocks » spécifiques – qui conserveront pour l’histoire le nom de « baraques des prêtres », 1 034 d’entre eux y laisseront la vie. Polonais, Belges, Allemands, Français, Italiens, Tchèques, Yougoslaves : derrière les barbelés de Dachau, l’ « universalité de l’Église » est palpable. Ces hommes qui, dans une Europe encore christianisée, jouissaient d’un statut respectable, parfois éminent, se retrouvent projetés dans une détresse absolue. La faim, le froid, les maladies, le travail harassant, les coups des SS et des kapos, les expériences médicales ou les transports d’invalides ont raison de ces hommes de tous les âges. Quelques-uns sombreront dans le désespoir et s’effondreront, d’autres – la grande majorité d’entre eux – ne fléchiront pas, peut-être soutenus par leur foi. Partageant le sort commun des déportés, les prêtres de Dachau s’efforcent de maintenir intacte leur vie spirituelle et sacerdotale. Une chapelle, la seule autorisée dans tout le système concentrationnaire, leur apporte un secours considérable. Cette expérience unique dans l’histoire de l’Église éclaire d’un jour nouveau les rapports entre le nazisme et le christianisme. Près de 70 ans après sa libération, le camp de concentration de Dachau demeure le plus grand cimetière de prêtres catholiques du monde.

 

 

 

 

Et pour terminer : L’évangile selon Saint Marc. 

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Oui, vous avez bien lu ! L’évangile, tout simplement… et celui de Saint Marc est le plus accessible. A travers le texte, d’une brièveté et d’une simplicité extrêmes (mais génial d’expressivité), Saint Marc nous fait percevoir le Christ et nous fait vivre auprès de lui. Il nous le donne à lire et à aimer ! Nous vous proposons une lecture lente, dans le silence, terminée – pourquoi pas ? – par une courte prière. Afin de comprendre que Jésus n’est pas un concept mais une personne : à connaître, à aimer et à suivre.

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Dimanche 12 juillet 2020 :15è dimanche du Temps Ordinaire : lectures et commentaires

Dimanche 12 juillet 2020 :

15ème dimanche du Temps Ordinaire

 

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Commentaires de Marie-Noëlle Thabut,

 

1ère lecture

Psaume

2ème lecture

Evangile

 

PREMIERE LECTURE – Livre du prophète Isaïe 55, 10-11

Ainsi parle le SEIGNEUR
10 La pluie et la neige qui descendent des cieux
n’y retournent pas sans avoir abreuvé la terre,
sans l’avoir fécondée et l’avoir fait germer,
donnant la semence au semeur
et le pain à celui qui doit manger ;
ainsi ma parole, qui sort de ma bouche,
ne me reviendra pas sans résultat,
sans avoir fait ce qui me plaît,
sans avoir accompli sa mission.

Comme le font souvent les prophètes, Isaïe emploie une image pour se faire comprendre. L’image ici est celle de la pluie et de la neige. A Babylone où il est en exil avec son peuple (au 6ème siècle av.J.C), on a l’expérience des bienfaits de la pluie : un pays gorgé de soleil, comme est Israël ou comme est Babylone, ne demande qu’à refleurir dès la première pluie : « La pluie et la neige qui descendent des cieux n’y retournent pas sans avoir abreuvé la terre, sans l’avoir fécondée et l’avoir fait germer, pour donner la semence au semeur et le pain à celui qui mange… »
Le prophète applique cette image d’efficacité à la Parole de Dieu : « Ainsi ma parole, qui sort de ma bouche, ne me reviendra pas sans résultat, sans avoir fait ce que je veux, sans avoir accompli sa mission. »
Pourquoi insiste-t-il sur l’efficacité de la Parole de Dieu ? Pour deux raisons :
Première raison, il est en train d’annoncer la fin de l’Exil à Babylone, le retour à Jérusalem des déportés. Voilà cinquante ans que les habitants de Jérusalem sont déportés à Babylone ; eh bien, c’est fini, leur promet Isaïe de la part de Dieu, vous allez très bientôt être libérés, vous allez sortir d’ici.
Evidemment, pour oser croire à une telle promesse, à une libération attendue depuis si longtemps, il faut avoir confiance dans la parole de Dieu. C’est pour cela qu’Isaïe est si ferme : « ma parole, qui sort de ma bouche, ne me reviendra pas sans résultat, sans avoir fait ce que je veux, sans avoir accompli sa mission. »
On ne s’étonne pas que de tels propos sur l’efficacité de la Parole de Dieu aient été prononcés toujours dans des moments difficiles de l’histoire du peuple d’Israël. C’est à ces moments-là qu’il faut se raccrocher à sa foi. Par exemple, dès le début du deuxième Isaïe, on trouve cette phrase : « Tous les êtres de chair sont de l’herbe et toute leur constance est comme la fleur des champs : l’herbe sèche, la fleur se fane, mais la parole de notre Dieu subsistera toujours. » (Is 40,6… 8). Ou encore, le premier chapitre de la Genèse, ce long poème de la Création qui a été rédigé lui aussi pendant l’Exil à Babylone, répète à plusieurs reprises : « Dieu dit et cela fut ». On lit la même insistance chez le prophète Jérémie, qui prêche lui aussi en période d’inquiétude ; il dit de la part de Dieu : « Je veille à l’accomplissement de ma parole. » (Jr 1,12). Au passage, vous savez que c’est le même mot en hébreu (« Davar ») qui signifie à la fois « parole » et « événement ».
La deuxième raison de l’insistance d’Isaïe sur l’efficacité de la Parole de Dieu, c’est sa volonté de lutter contre l’idolâtrie : car la tentation de perdre confiance en Dieu renaissait inévitablement pendant l’Exil ; voilà le raisonnement qu’on entendait parfois : puisque nous (les gens de Jérusalem), nous sommes vaincus, anéantis, nous ferions peut-être mieux de nous tourner vers les dieux des vainqueurs, les Babyloniens en l’occurrence. Eux au moins ils ont des dieux efficaces !
C’est bien chez le deuxième Isaïe, le prophète du temps de l’Exil, qu’on trouve les paroles les plus cinglantes contre les idoles des autres nations : sur le thème : Notre Dieu n’est pas comme les idoles qui sont désespérément muettes et qui ne peuvent rien pour nous. Je vous en cite une phrase : « Qu’un homme crie vers lui (le faux dieu), il ne répond pas, de sa détresse, il ne le sauve pas. » (Is 46,7). Et si vous avez la curiosité de lire le chapitre 44 d’Isaïe, vous y trouverez tout un développement assez sarcastique sur les pauvres gens qui utilisent le même bois pour faire du feu et pour se fabriquer des statues ; et les malheureux attendent une aide de ces statues inertes qu’ils ont fabriquées eux-mêmes ! En écho, vous connaissez cette phrase du psaume 113 (115 dans la Bible) : « Notre Dieu, il est au ciel ; tout ce qu’il veut, il le fait. Leurs idoles : or et argent, ouvrage de mains humaines. Elles ont une bouche et ne parlent pas, des yeux et ne voient pas, des oreilles et n’entendent pas, des narines et ne sentent pas. Leurs mains ne peuvent toucher, leurs pieds ne peuvent marcher, pas un son ne sort de leur gosier ! »
Je reviens au texte d’aujourd’hui : « Ma parole ne me reviendra pas sans avoir accompli sa mission. » Je m’arrête sur ce mot de mission : Isaïe avait compris une chose, c’est que la grande particularité de la parole de Dieu est d’être une parole de pardon et de réconciliation. Je vous lis les versets qui précèdent tout juste notre texte d’aujourd’hui : « Recherchez le SEIGNEUR parce qu’il se laisse trouver, appelez-le puisqu’il est proche. Que le méchant abandonne son chemin, et l’homme malfaisant, ses pensées. Qu’il retourne vers le SEIGNEUR qui lui manifestera sa tendresse, vers notre Dieu qui pardonne abondamment. CAR vos pensées ne sont pas mes pensées… » (Is 55,6-9). La mission dont il est question dans le passage d’aujourd’hui (« ma parole ne me reviendra pas sans avoir accompli sa mission ») est donc une mission d’annonce du pardon gratuit de Dieu, et donc de réconciliation de l’humanité avec lui : Traduisez : Dieu finira bien par réconcilier l’humanité avec lui. Plus tard, Saint Paul ne dira pas autre chose : « Dieu notre sauveur, veut que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité. » (1 Tm 2,4).
Même s’il faut pour cela envoyer le Verbe dans le monde : « Celui-ci est mon fils bien-aimé, écoutez-le. » Les disciples, à leur tour, sont envoyés en ambassade de réconciliation : « Tout vient de Dieu qui nous a réconciliés avec lui par le Christ et nous a confié le ministère de la réconciliation. » (2 Co 5,18). Le Verbe fait chair n’est pas retourné vers le Père « sans résultat… sans avoir accompli sa mission » de réconciliation.
Comme le dit la lettre aux Hébreux : « Après avoir, à bien des reprises et de bien des manières, parlé autrefois aux pères dans les prophètes, Dieu, en la période finale où nous sommes, nous a parlé à nous en un Fils qu’il a établi héritier de tout, par qui aussi il a créé les mondes. Ce Fils est resplendissement de sa gloire et expression de son être et il porte l’univers par la puissance de sa parole. » (He 1,1-3).

 

PSAUME – 64 ( 65 ), 10, 11, 12-13, 12b. 14

10 Tu visites la terre et tu l’abreuves,
tu la combles de richesses :
les ruisseaux de Dieu regorgent d’eau :
tu prépares les moissons.

Ainsi tu prépares la terre,
11 tu arroses les sillons ;
tu aplanis le sol, tu le détrempes sous les pluies,
tu bénis les semailles.

12 Tu couronnes une année de bienfaits ;
sur ton passage ruisselle l’abondance.
13 Au désert les pâturages ruissellent,
les collines débordent d’allégresse.

14 Les herbages se parent de troupeaux
et les plaines se couvrent de blé.
Tout exulte et chante !

La liturgie de ce dimanche nous propose une partie seulement du psaume 64 : ce sont les versets 10 à 14 qui sont les derniers. Et ils sonnent comme une heureuse et tranquille contemplation de la nature. Mais il ne faut pas s’arrêter là, car, avant ceux-ci il y a neuf autres versets qui parlent de tout autre chose. Et ce sont ces neuf versets qui donnent la véritable dimension de ce psaume.
Je vous donne le premier verset : « Il est beau de te louer, Dieu, dans Sion, de tenir ses promesses envers toi, qui écoutes la prière. » (Au passage, Sion, c’est le deuxième nom de Jérusalem). De quelles promesses s’agit-il ? De celles que l’on a faites quand on était en exil à Babylone, au sixième siècle av.J.C. Là-bas, on avait fait un vœu : Si Dieu nous libère de cet exil forcé et nous ramène en Israël, alors on fera la fête au temple de Jérusalem. Ce psaume est donc ce qu’on appelle un ex-voto : il a été composé au retour d’Exil pour rendre grâce pour la libération accordée par Dieu. Vous voyez qu’on est loin d’un simple chant sur les bienfaits de la pluie et du retour des saisons !
Cette libération est vécue comme un pardon : à l’époque, l’Exil a été considéré comme un châtiment pour les fautes du peuple et de ses dirigeants ; le retour est accueilli comme un retour en grâce : Dieu efface notre passé de pécheurs. C’est le sens des versets suivants : « Nos fautes ont dominé sur nous ; toi, tu les pardonnes. » Au passage, il y a une phrase superbe que beaucoup d’entre nous connaissent car elle fait partie de la musique de certains requiems célèbres : « Jusqu’à toi vient toute chair avec son poids de péché » (« Ad te omnis caro veniet »).
C’est donc le peuple qui célèbre la fidélité de Dieu à son Alliance : « Heureux ton invité, ton élu : il habite ta demeure ! » Il faut entendre le poids de ces mots : « ton élu ». Sans aucun mérite de sa part, mais par pure grâce, par un choix délibéré de Dieu, ce petit peuple a été choisi, admis dans l’intimité de Dieu. C’est ce que l’on appelle « l’élection d’Israël ».
L’auteur du psaume propose ici une comparaison : au milieu du peuple d’Israël, il y avait une tribu privilégiée, celle des lévites ; elle avait une place à part, celle d’être consacrée au service exclusif de Dieu. Eh bien, la position du peuple élu au milieu des autres nations est comparable à celle des lévites au sein d’Israël. « Heureux ton invité, ton élu : il habite ta demeure ! Les biens de ta maison nous rassasient, les dons sacrés de ton temple ! »
Mais c’est également au cours de l’Exil à Babylone que l’on a pris conscience de la dimension universelle du projet de Dieu ; alors le peuple d’Israël a compris que son élection était en fait une mission, celle de messager auprès des autres nations ; quand les autres peuples verront que Dieu a sauvé Israël, ils auront la preuve que le Dieu d’Israël est le seul sauveur et ils se tourneront vers lui et alors ils possèderont la vraie joie, celle de connaître enfin Dieu. Cela nous vaut encore un autre verset magnifique : « Dieu notre sauveur » est « l’espoir des horizons de la terre et des rives lointaines ».
Avec le retour au pays, une vie nouvelle va commencer ; c’est une véritable re-création. C’est ce qui explique la fin du psaume : l’apparence bucolique des derniers versets (ceux qui ont été retenus par la liturgie) ne doit donc pas faire oublier le vrai thème de ce psaume qui est une action de grâce du peuple libéré. L’évocation des beautés de la nature n’est là que pour suggérer cette vie nouvelle : « Tu couronnes une année de bienfaits ; sur ton passage ruisselle l’abondance. »
Mieux même, la profusion des dons de Dieu dans la nature se prête admirablement bien à l’évocation des dons combien plus hauts et merveilleux, et plus encore de ses inlassables pardons. Ca r on a compris, déjà, que le jugement de Dieu est un jugement qui sauve.
Je crois que maintenant nous sommes prêts à entendre ce psaume en entier :
« Il est beau de te louer, Dieu, dans Sion, de tenir ses promesses envers toi, qui écoutes la prière. Jusqu’à toi vient toute chair avec son poids de péché ; nos fautes ont dominé sur nous ; toi, tu les pardonnes. Heureux ton invité, ton élu : il habite ta demeure ! Les biens de ta maison nous rassasient, les dons sacrés de ton temple ! Ta justice nous répond par des prodiges, Dieu notre sauveur, espoir des horizons de la terre et des rives lointaines. Sa force enracine les montagnes, il s’entoure de puissance ; il apaise le vacarme des mers, le vacarme de leurs flots et la rumeur des peuples. Les habitants des bouts du monde sont pris d’effroi* à la vue de tes signes ; aux portes du Levant et du Couchant, tu fais jaillir des cris de joie. Tu visites la terre et tu l’abreuves, tu la combles de richesses : les ruisseaux de Dieu regorgent d’eau : tu prépares les moissons. Ainsi tu prépares la terre, tu arroses les sillons ; tu aplanis le sol, tu le détrempes sous les pluies, tu bénis les semailles. Tu couronnes une année de bienfaits ; sur ton passage ruisselle l’abondance. Au désert les pâturages ruissellent, les collines débordent d’allégresse. Sur ton passage ruisselle l’abondance : Les herbages se parent de troupeaux et les plaines se couvrent de blé. Tout exulte et chante ! »
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Note
* – « Effroi » ici ne veut pas dire épouvante : c’est un mot du vocabulaire de cour qui signifie que, désormais, Dieu est reconnu comme le grand roi sur toute la terre.

 

DEUXIEME LECTURE – Lettre de saint Paul aux Romains 8, 18-23

Frères,
18 j’estime qu’il n’y a pas de commune mesure
entre les souffrances du temps présent
et la gloire qui va être révélée pour nous.
19 En effet la création attend avec impatience
la révélation des fils de Dieu.
20 Car la création a été soumise au pouvoir du néant,
non pas de son plein gré,
mais à cause de celui qui l’a livrée à ce pouvoir.
Pourtant, elle a gardé l’espérance
21 d’être, elle aussi, libérée de l’esclavage de la dégradation,
pour connaître la liberté
de la gloire donnée aux enfants de Dieu.
22 Nous le savons bien,
la création tout entière gémit,
elle passe par les douleurs d’un enfantement
qui dure encore.
23 Et elle n’est pas seule.
Nous aussi, en nous-mêmes, nous gémissons ;
nous avons commencé à recevoir l’Esprit Saint,
mais nous attendons notre adoption
et la rédemption de notre corps.

« La création attend avec impatience la révélation des fils de Dieu ». Cela veut dire que la création n’est pas un événement du passé : elle est un projet en marche.
Je vous propose une comparaison : Imaginons la naissance d’une oeuvre d’art, une immense sculpture de bronze, par exemple. J’ai en tête une grande croix de bronze offerte à une église de mon diocèse par un sculpteur tchèque ; aujourd’hui, elle est admirable, mais que de difficultés, petites et grandes, pour en arriver là !
Depuis le premier jour, l’artiste sait où il va et il sait qu’il lui faudra beaucoup de patience et de temps ; il faudra passer par bien des étapes, des débuts de réalisation, des échecs, peut-être… Dans bien des cas, il devra s’entourer de collaborateurs. Ceux-ci devront endurer les fatigues et les peines, les risques sans très bien savoir où ce travail parfois ingrat les mènera. Car seul l’artiste imagine déjà l’oeuvre achevée ; et la beauté entrevue, comment la décrire, la faire partager à ses collaborateurs ? Ceux-ci devront faire preuve de beaucoup de confiance pour s’engager sur ce chantier.
On pourrait comparer le projet de Dieu à cette naissance d’une oeuvre d’art : d’ailleurs Paul parle bien d’enfantement. Dieu seul, pour l’instant, peut décrire l’oeuvre achevée ; qui est en train d’achever l’oeuvre ? Nous, chacun, pour notre petite part, mais surtout l’Esprit qui souffle sur le monde pour le tourner vers Dieu. « Nous avons commencé à recevoir le Saint Esprit, mais nous attendons notre adoption et la rédemption de notre corps. » : au sens biblique, notre corps, c’est notre être tout entier ; la rédemption de notre corps, cela veut dire que notre être tout entier, actuellement encore enchaîné, lié au péché, sera enfin libéré, libre de vivre en fils de Dieu.
La traduction liturgique dit « Nous avons commencé à recevoir le Saint Esprit, mais nous attendons notre adoption » et c’est déjà magnifique, mais il est bon de lire aussi d’autres traductions, tant la réalité qui nous est promise est de fait intraduisible ; ainsi la Traduction Oecuménique a-t-elle préservé le mot « prémices » : « Nous qui possédons les prémices de l’Esprit, nous gémissons intérieurement, attendant l’adoption… » Au sens biblique, les prémices, c’est la première gerbe de la récolte ou l’agneau premier-né du troupeau au printemps. Ils étaient à la fois début et promesse de la récolte tout entière. Belle image pour dire que nous possédons déjà les arrhes du salut définitif ; « car l’amour de Dieu a été répandu dans nos coeurs par l’Esprit Saint qui nous a été donné » (Rm 5,5). Et c’est parce que nous possédons déjà les prémices, parce que nous sommes déjà animés par l’Esprit, que nous gémissons dans l’attente de notre transformation définitive.
La quatrième Prière Eucharistique a cette phrase superbe : « Il (Ton Fils) a envoyé d’auprès de toi, comme premier don fait aux croyants, l’Esprit qui poursuit son oeuvre dans le monde et achève toute sanctification. » « Toute sanctification », c’est-à-dire toute transformation. Pour l’instant, la création est encore « livrée au pouvoir du néant » : la formidable puissance qui anime la création tout entière est trop souvent dirigée contre elle-même, elle est le théâtre de toutes sortes de violences. Mais dans les cieux nouveaux et la terre nouvelle que nous attendons, vers lesquels nous tendons, plutôt, cette puissance sera devenue passion de l’unité : « Nous attendons des cieux nouveaux et une terre nouvelle où la justice habitera. » (2 P 3,13). Alors la création sera « libérée de l’esclavage de la dégradation, pour connaître la liberté ».
Il semble bien que Paul parle de l’ensemble de la création et du cosmos, pas seulement de nous. En cela, il ne fait que reprendre un thème familier aux hommes de la Bible, pour lesquels par exemple, la dysharmonie engendrée par le mauvais choix d’Adam entraîne le jardin tout entier, c’est-à-dire toute la création dans le chaos : « Le sol sera maudit à cause de toi. » (Gn 3,17). A l’inverse, quand la justice habitera sur la terre, non seulement les hommes, mais aussi les animaux connaîtront la paix. Car l’homme fait partie du cosmos et ne se conçoit pas sans lui ; c’est, je crois, l’un des sens de la magnifique « parabole » des animaux du prophète Isaïe : « Le loup habitera avec l’agneau, le léopard se couchera près du chevreau. Le veau et le lionceau seront nourris ensemble, un petit garçon les conduira. La vache et l’ourse auront même pâture, leurs petits même gîte. Le lion, comme le boeuf, mangera du fourrage. Le nourrisson s’amusera sur le nid du cobra. Sur le trou de la vipère, le jeune enfant étendra la main. Il ne se fera ni mal ni destruction sur toute ma montagne sainte, car le pays sera rempli de la connaissance du SEIGNEUR, comme la mer que comblent les eaux. » (Is 11,6-9). Comme le dit Paul ailleurs, dans la lettre aux Ephésiens : c’est « l’univers entier, ce qui est dans les cieux et ce qui est sur la terre » qui sera un jour réuni sous un seul chef (tête), Jésus-Christ. (Ep 1,9-10).
Je reprends ma comparaison de l’œuvre d’art : pour nous qui sommes engagés dans le projet de Dieu, nous avons un immense privilège par rapport aux collaborateurs habituels d’un artiste : nous entrevoyons déjà l’oeuvre achevée : « Le verbe s’est fait chair et il a habité parmi nous et nous avons vu sa gloire, cette gloire que, Fils unique plein de grâce et de vérité, il tient du Père. » (Jn 1,14). En attendant, ce grand travail d’enfantement de l’humanité nouvelle se poursuit encore dans les douleurs et les gémissements. Raison de plus pour que les croyants trouvent l’audace d’annoncer dès à présent la gloire promise à toute la création.
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Complément
« La gloire que Dieu va bientôt révéler en nous » : la résurrection des fils d’Adam s’accompagnera d’un renouvellement de toutes choses : « La création attend avec impatience la révélation des fils de Dieu… Elle a gardé l’espérance d’être, elle aussi, libérée de l’esclavage… pour connaître la liberté, la gloire des enfants de Dieu. » « Nous tous qui, le visage dévoilé, reflétons la gloire du Seigneur, nous sommes transfigurés en cette même image, avec une gloire toujours plus grande par le Seigneur qui est Esprit. » (2 Co 3,18).

 

EVANGILE – selon saint Matthieu 13, 1-23

1 Ce jour là, Jésus était sorti de la maison,
et il était assis au bord du lac.
2 Une foule immense se rassembla auprès de lui,
si bien qu’il monta dans une barque où il s’assit ;
toute la foule se tenait sur le rivage.
3 Il leur dit beaucoup de choses en paraboles :
« Voici que le semeur est sorti pour semer.
4 Comme il semait,
des grains sont tombés au bord du chemin,
et les oiseaux sont venus tout manger.
5 D’autres sont tombés sur le sol pierreux,
où ils n’avaient pas beaucoup de terre ;
ils ont levé aussitôt
parce que la terre était peu profonde.
6 Le soleil s’étant levé, ils ont brûlé
et, faute de racines, ils ont séché.
7 D’autres grains sont tombés dans les ronces ;
les ronces ont poussé et les ont étouffés.
8 D’autres sont tombés sur la bonne terre
et ils ont donné du fruit
à raison de cent, ou soixante, ou trente pour un.
9 Celui qui a des oreilles,
qu’il entende. »
10 Les disciples s’approchèrent de Jésus et lui dirent :
« Pourquoi leur parles-tu en paraboles ? »
11 Il leur répondit :
« A vous il est donné de connaître
les mystères du Royaume des cieux,
mais à eux, ce n’est pas donné.
12 Celui qui a recevra encore
et il sera dans l’abondance ;
mais celui qui n’a rien
se fera enlever même ce qu’il a.
13 Si je leur parle en paraboles,
c’est parce qu’ils regardent sans regarder,
qu’ils écoutent sans écouter et sans comprendre.
14 Ainsi s’accomplit pour eux la prophétie d’Isaïe :
Vous aurez beau écouter, vous ne comprendrez pas.
Vous aurez beau regarder, vous ne verrez pas.
15 Le coeur de ce peuple s’est alourdi :
ils sont devenus durs d’oreille,
ils se sont bouché les yeux,
pour que leurs yeux ne voient pas,
que leurs oreilles n’entendent pas,
que leur coeur ne comprenne pas,
et qu’ils ne se convertissent pas.
Sinon, je les aurais guéris !
16 Mais vous, heureux vos yeux parce qu’ils voient,
et vos oreilles parce qu’elles entendent !
17 Amen, je vous le dis :
beaucoup de prophètes et de justes
ont désiré voir ce que vous voyez,
et ne l’ont pas vu,
entendre ce que vous entendez,
et ne l’ont pas entendu.
18 Vous donc, écoutez ce que veut dire la parabole du semeur.
19 Quand l’homme entend la parole du Royaume sans la comprendre le Mauvais survient
et s’empare de ce qui est semé dans son coeur :
cet homme, c’est le terrain ensemencé au bord du chemin.
20 Celui qui a reçu la semence sur un sol pierreux,
c’est l’homme qui entend la Parole
et la reçoit aussitôt avec joie,
21 mais il n’a pas de racines en lui,
il est l’homme d’un moment :
quand vient la détresse ou la persécution à cause de la Parole,
il tombe aussitôt.
22 Celui qui a reçu la semence dans les ronces,
c’est l’homme qui entend la Parole ;
mais les soucis du monde et les séductions de la richesse
étouffent la Parole, et il ne donne pas de fruit.
23 Celui qui a reçu la semence dans la bonne terre,
c’est l’homme qui entend la Parole et la comprend ;
il porte du fruit
à raison de cent, ou soixante, ou trente pour un. »

La « parabole » est un genre littéraire de la tradition juive qui ressemble à ce que nous appelons une « fable » : son but est pédagogique ; il s’agit d’amener l’auditeur à changer de point de vue.1
Pourquoi donc Jésus parle-t-il en paraboles ? Les disciples ne manquent pas de lui poser la question. La réponse de Jésus tient en trois points : premièrement une distinction entre les disciples et les autres interlocuteurs de Jésus, deuxièmement un constat (les autres écoutent sans comprendre) et enfin, troisièmement, ce qui ressemble à un dicton « Celui qui a recevra encore… mais celui qui n’a rien se fera enlever même ce qu’il a. »2
Je reprends ces trois points : premièrement la distinction entre les disciples et certains autres interlocuteurs de Jésus : « A vous, il est donné de connaître les mystères du Royaume des cieux, mais à eux, ce n’est pas donné. » Pour éclairer cette distinction, il faut remettre l’enseignement de Jésus dans son contexte : dans l’évangile de Matthieu, comme dans celui de Marc, cet enseignement en paraboles suit immédiatement le récit des polémiques avec les Pharisiens et avec ceux qui, comme eux, refuseront de reconnaître en Jésus le Messie de Dieu.
Deuxièmement, Jésus fait un constat : « Ils (ses opposants) regardent sans regarder, ils écoutent sans écouter et sans comprendre. » Et il leur applique une phrase que le prophète Isaïe, des siècles plus tôt, disait de ses propres contemporains : « Le coeur de ce peuple s’est alourdi : ils sont devenus durs d’oreille, ils se sont bouché les yeux, pour que (de sorte que) leurs yeux ne voient pas, que leurs oreilles n’entendent pas, que leur coeur ne comprenne pas, et qu’ils ne se convertissent pas. Sinon, je les aurais guéris ! » (Isaïe 6,9-10)3. Ici, le mot « pour » ne veut pas dire un but mais seulement une conséquence (de sorte que) ; « ils sont devenus durs d’oreille, ils se sont bouché les yeux, et du coup, leurs yeux ne voient pas, et leurs oreilles n’entendent pas ». De nombreuses fois, Jésus a pu faire ce constat : plus les auditeurs s’enferment dans leurs propres certitudes, plus ils deviennent imperméables à la Parole de Dieu. Et c’est pour cela qu’il leur parle en paraboles : c’est une pédagogie pour essayer de toucher ces cœurs endurcis. C’est dire l’importance des dispositions du coeur pour comprendre les enseignements de Jésus.
Troisièmement, cette phrase qui ressemble à un dicton : « Celui qui a recevra encore et il sera dans l’abondance ; mais celui qui n’a rien se fera enlever même ce qu’il a. » Voilà une formulation particulièrement abrupte du thème des deux voies, classique dans l’Ancien Testament. Je vous rappelle ce thème des deux voies : on peut comparer l’existence humaine à un chemin qui débouche sur une grande route perpendiculaire : quelle direction prendre ? A gauche ? Ou à droite ? Si nous prenons la bonne direction (la bonne « voie »), chaque pas que nous faisons dans ce sens nous rapproche du but : « Donne au sage, et il deviendra plus sage, Instruis le juste, et il augmentera son acquis. » (Pr 9,9). Si, par malheur, nous choisissons la mauvaise direction, chaque pas fait dans ce sens nous éloigne du but.
Le choix est clair : ou bien écouter, entendre, ouvrir ses oreilles pour laisser la Parole nous instruire et nous transformer peu à peu ; ou refuser d’entendre au risque de devenir de plus en plus durs d’oreille : « Le coeur de ce peuple s’est épaissi, ils sont devenus durs d’oreille. » Alors que le seul désir de Dieu était de les guérir : « Et moi, je les aurais guéris. »
La parabole du semeur, ainsi que l’explication que Jésus en donne, apparaît alors plus clairement comme une illustration des obstacles que rencontre la prédication évangélique. Jésus est la parole de Dieu venue habiter parmi les hommes (Jn 1,14) ; il ne dit que la Parole du Père : « Cette parole que vous entendez, elle n’est pas de moi mais du Père qui m’a envoyé. » (Jn 14,24). Mais sa parole trouve difficilement le terrain favorable dans lequel elle va pouvoir germer ; il y a d’abord les difficultés inhérentes à tout chemin de conversion (les exigences du Royaume sont sans cesse étouffées par les soucis du monde (cf Mt 6,25-34) ; mais il y a aussi, plus profondément les difficultés pour les contemporains de Jésus de lui faire confiance au point de le reconnaître comme le Messie : les disciples eux-mêmes ont achoppé sur cet enseignement ; Saint Jean nous a rapporté leurs réactions au discours sur le pain de vie : « Après l’avoir entendu, beaucoup de ses disciples commencèrent à dire : cette parole est rude ! Qui peut l’écouter ?… Dès lors, beaucoup de ses disciples s’en retournèrent et cessèrent de faire route avec lui. Alors Jésus dit aux Douze : Et vous, ne voulez-vous pas partir ? Simon Pierre lui répondit : Seigneur, à qui irions-nous ? Tu as des paroles de vie éternelle. » (Jn 6,60… 68).
Je reviens à la parabole du semeur ; Jésus annonce qu’il y aura une récolte, (de cent, soixante ou trente pour un), et c’est certain, mais à quel prix ! Le règne de Dieu, il faut bien l’admettre, ne s’établira qu’au travers de nombreux échecs ; car entrer dans l’intelligence du Royaume ne peut être que l’effet d’un don de Dieu : « A vous il est donné de connaître les mystères du Royaume des cieux… Heureux vos yeux parce qu’ils voient, et vos oreilles parce qu’elles entendent !… Celui qui a reçu la semence dans la bonne terre, c’est l’homme qui entend la Parole et la comprend. » Cela suppose un coeur disponible, capable de recevoir de Dieu la lumière qui vient de Lui seul : cette disponibilité elle aussi doit être reçue comme un cadeau. Les Pharisiens et la foule n’y étaient pas encore prêts.
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Notes
Une parabole n’est pas une allégorie : chaque détail du conte ne prétend pas avoir une signification précise, c’est de l’ensemble de la comparaison que l’auditeur doit dégager une leçon bien concrète.
Jésus répétera cette formule dans la parabole des talents (Mt 25,29).
Paul faisait le même constat à Rome face à certains de ses interlocuteurs juifs qui refusaient sa prédication : il cite, lui aussi, la phrase d’Isaïe (Ac 28,26-27). Jean, dans son évangile, fait la même analyse (Jn 12,40).

Compléments
– A propos du verset 15 : « Le coeur de ce peuple s’est alourdi : ils sont devenus durs d’oreille, ils se sont bouché les yeux, pour que (de sorte que) leurs yeux ne voient pas, que leurs oreilles n’entendent pas, que leur coeur ne comprenne pas, et qu’ils ne se convertissent pas. Sinon, je les aurais guéris ! » (Isaïe 6,9-10). J’ai choisi de comprendre « pour » dans le sens de « de sorte que ». Mais n’y a-t-il pas des cas où l’on choisit sciemment de ne pas voir et de ne pas entendre pour ne pas courir le risque de se convertir ?
– Jésus pensait-il à Ezéchiel lorsqu’il disait : « Celui qui a reçu la semence dans les ronces, c’est l’homme qui entend la Parole ; mais les soucis du monde et les séductions de la richesse étouffent la Parole, et il ne donne pas de fruit. » (verset 22) ? Voici comment le SEIGNEUR prévenait son prophète des difficultés qui l’attendaient dans l’annonce de la Parole : « Ecoute, fils d’homme ! les gens de ton peuple, ceux qui bavardent sur toi le long des murs et aux portes des maisons – parlant les uns avec les autres, chacun avec son frère – ils disent : Venez écouter quelle parole vient de la part du SEIGNEUR. Ils viendront à toi comme au rassemblement du peuple ; ils s’assiéront devant toi, eux, mon peuple ; ils écouteront tes paroles mais ne les mettront pas en pratique car leur bouche est pleine des passions qu’ils veulent assouvir : leur cœur suit leur profit. Au fond, tu es pour eux comme un chant passionné, d’une belle sonorité avec un bon accompagnement. Ils écoutent tes paroles mais personne ne les met en pratique. » (Ez 33,30-32).
– On est frappé par les échecs répétés du semeur. S’agit-il de Jésus qui est « sorti » au sens de « s’est incarné » ? Oui, certainement : une fois encore, ses contemporains sont affrontés au mystère de l’échec partiel du Messie : et c’est ce qui fera la différence entre ceux qui accepteront d’entrer dans le mystère et ceux qui rejetteront le mystère du dessein de Dieu et donc Jésus lui-même.